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Maestros #1

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Comic de Steve Skroce
Hi Comics (2019) – Image (2018), 167 p. 1 volume paru, série en cours.

badge numeriquecouv_357320Le Maestro et toute sa famille ont été massacrés après la libération du plus dangereux démon enfermé par celui qui était le plus puissant sorcier de l’univers. L’héritier est un fils humain, banni il y a des années. Le problème c’est que le Maestro était une ordure, un tyran, macho, dominateur, imbu de sa personne, et que son fils le déteste…. Une révolution des pratiques se prépare dans les différents mondes où cet humain désormais doté de pouvoirs absolus a bien l’intention d’appliquer les utopies politiques humaines à un univers basé sur la force… 

Steve Skroce n’a pas une très longue biblio, ayant fait ses armes chez Marvel et du storyboard de cinéma (notamment sur Matrix!) avant de partir sur de l’indé qui semble bien mieux lui convenir quand on voit le plaisir qu’il a à insérer des scènes gores et vaguement chaudes dans ses planches. Avant Maestros il a dessiné avec Brian K Vaughan une uchronie où les USA envahissent le canada. On saisit déjà l’amour des renversements.

Résultat de recherche d'images pour "skroce maestros"Comme dessinateur Skroce s’en tire plus qu’honorablement, livrant des dessins assez classiques (on pense parfois à du Frank Quitely) mais très propres techniquement et très au-dessus de la moyenne des dessins de comics. Le gars sait tenir un crayon et se permet des expérimentations formelles en habillant ses pages un peu à la manière d’un Olivier Ledroit. Car son univers est basé sur les codes de la Fantasy avec magiciens à chapeau pointu, dragons, ogres et monstres en tous genres. C’est assez cliché mais c’est voulu, afin de créer un clivage entre ces images de contes et un langage très fleuri, des exécutions tout sauf douces et un univers noyé dans la violence, la force brute et le sexe.

Du coup, si l’univers est vraiment sympa (même s’il reprend pas mal l’idée de décalage d’un Millar sur Jupiter’s Legacy), une fois passés les premiers chapitres vraiment réussis, on tombe progressivement dans une pseudo histoire d’amour un peu mièvre et irréelle au regard de l’univers et du projet. Plusieurs fois on se dit que l’auteur va nous balancer une chute destabilisante pour constater qu’il ne s’agit bien que d’une banale vengeance du vizir contre son sultan… on a connu idée plus novatrice.Résultat de recherche d'images pour "skroce maestros"

Du coup ce premier tome d’une série annoncée commence de façon tonitruante pour finir assez sagement, comme si Skroce avait oublié en cours de route qu’il était dans du comic indé adulte et n’avait plus à se censurer. Un peu dommage tant l’ouvrage commence sous de très bons auspices tant graphiques que scénaristiques en se livrant à de très joyeux et nombreux massacres bien rouges et bien réalistes que tous les amateurs de films d’horreur apprécieront. Résultat de recherche d'images pour "skroce maestros"On se marre pas mal sur les dialogues de sales gosses, profite des jolis dessins et se demande quel sort galactique le Maestro et ses adversaires vont s’envoyer à la tronche. Construit en allers-retours entre la nouvelle vie du héros et son difficile et douloureux apprentissage, le comic se lit assez rapidement et avec plaisir. Il est juste dommage qu’il arrive après un certain Jupiter’s Legacy dont la comparaison en nombre d’idées et de radicalisme n’ira pas en faveur de l’ouvrage de Steve Skroce. Ce n’est pas honteux tant le maître est haut et de nombreux auteurs ont fait les éloges de cet album clairement au-dessus de la moyenne mais qui n’est pas non plus le choc que certains ont annoncé. Peut-être que la suite sera plus délirante encore, c’est tout ce qu’on peut souhaiter à cette série.

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****·Cinéma·Manga·Nouveau !

Visionnage: Alita, Battle angel

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Comme beaucoup j’étais très sceptique à la sortie de cette adaptation du célèbre manga Gunm (l’un des premiers sortis en France par Glénat dans les années 1990, à l’époque d’Akira, Appleseed et autres Dragonball) tant, de mémoire, aucune adaptation live de manga n’a jamais été faite suffisamment sérieusement pour mériter un visionnage. Les noms de Robert Rodriguez et de James Cameron à la production ne suffisaient pas pour justifier une adaptation réussie et le débat sur les yeux surdimensionnésyeux surdimensionnés de l’héroïne à la sortie n’ont pas aidé à donner plus envie que cela.

Résultat de recherche d'images pour "alita battle angel movie concept art"Pour rappel, le manga Gunm (intitulé Alita, Battle Angel aux Etats-Unis) se déroule sur trois séries: Gunm, Last Order et Mars Chronicles. Le film de Rodriguez, en développant assez largement le background (bien plus que le premier manga il me semble) semble vouloir s’orienter vers une saga reprenant l’univers global de la BD et c’est la première bonne nouvelle. Le manga d’origine proposait une version très trash de Rollerball en mode cyberpunk avec des cyborg dans un univers où la limite entre robot et humain est bien faible et où toute morale organique a disparu. L’ambiance glaçante du manga se retrouve étonnamment dans ce film grand public où les deux auteurs (réalisateur et producteur) ont recherché une grande fidélité avec le matériau d’origine en aucunement une transposition dans des codes susceptibles de plaire au public nord-américain.Image associée C’est la second réussite du film. Si l’on reste sur l’intrigue du premier arc avec ce tronc semi-humain reconstruit par le professeur Edo, génie de la robotique et déchu de la cité haute de Zalem, et qui devient la plus redoutable des chasseuse de prime et joueuse de Motorball. La quantité de sujets issus plus ou moins directement du manga est impressionnante pour un film d’action et la gestion du rythme est à ce titre assez impressionnante, en parvenant sans ennui, sans ventre mou, à lier l’ensemble, sans frustration et avec une grosse envie de découvrir plus. La troisième réussite du film est de dépasser visuellement le manga (je n’ai personnellement jamais accroché avec le style du mangaka) avec un univers, certes tout à fait numérique, cohérent, un jeu des acteurs convaincants et une tension dramatique qui n’a pas l’artificialité de beaucoup de films à images de synthèses. Pour un métrage porté par une actrice numérique c’est un sacré succès et une nouvelle preuve que WETA est la meilleure compagne d’effets spéciaux du monde.

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Le box-office a très logiquement abouti à un semi échec directement issu de cette ambition artistique: les américains ont boudé le film, le reste du monde s’est laissé tenter. Les journalistes cinéma envisagent difficilement une suite facilement négociée avec les studios mais plutôt une possibilité selon les envies de James Cameron (qui porte le projet depuis de très nombreuses années) après le pactole que ne manqueront pas de rapporter les suites d’Avatar. On ne peut donc qu’attendre avec frustration tant personne n’attendait rien de ce projet et tant ce film a montré qu’avec de la passion et un respect créatif (contrairement à la citation qu’a été le Ghost in the shell de Rupert Sanders) une adaptation de manga est possible. Sachant qu’un certain Akira est en production…

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***·BD·Mercredi BD·Nouveau !·Numérique·Service Presse

Tremen/ The world

BD du mercredi
  • The world: Valentin Seiche – Kinaye (2019), 88 p. monochrome.bsic journalism
  • Tremen: Pim Bos -Dadrgaud (2019), 64 p., monochromebadge numeriquebsic journalism

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Hasard des publications, deux ouvrages étranges sont parus à quelques semaines d’écart, avec de grandes similitudes à la fois graphiques et dans la démarche de leurs auteurs. Deux prises de risque des éditeurs également puisque nous avons affaire à des albums ayant vaguement la forme de BD mais sans texte (ou quasi) et adoptant une narration qui rappelle plus l’art-book que la BD. Pas évident de trouver son public et super occasion que de voir ces objets hybrides. Qu’est-ce qu’on a donc?

Résultat de recherche d'images pour "tremen pim bos"Dans les deux cas il s’agit de projets d’illustrateurs, le français Valentin Seiche pour The World, le néérlandais Pim Bos pour Tremen. Tous deux travaillent dans l’animation et cela s’en ressent par l’importance du seul graphisme pour installer une atmosphère. Dans The World une petite narration pose le récit d’une guerre ancestrale entre robots et magiciens et de l’évolution du monde depuis, alors que Tremen (qui signifie « passage ») est totalement muet. Pour ce dernier la post-face de Marc Caro incite à aller voir le court métrage Ghozer de l’auteur… qui ne vous en apprendra pas beaucoup plus pour la simple raison que l’album édité par Dargaud vise avant tout à illustrer des visions graphiques dans un univers cohérent. Et c’est en cela qu’il est intéressant. Beaucoup de com’ a été faite sur une pseudo-filiation avec l’Arzach de Moebius. Personnellement je ne vois pas l’intérêt de ce parallèle tant l’itinérance surréaliste et muette n’a pas été inventée par le dessinateur de l’Incal. Il est certain que Metal Hurlant a influencé Pim Bos, comme toute une galaxie d’illustrateurs qui publient chaque jour sur internet des foules d’images fabuleuses mais le projet est bien de donner vie au monde intérieur de l’auteur.

Résultat de recherche d'images pour "tremen pim bos"Il est indéniable que le trait de l’auteur est fort, dans une tonalité grise, mettant en scène une galerie de créatures biomécaniques où la thématique du vers, de la torture et de la violence froide ne sont pas absents. J’ai trouvé l’album plus soft que le court-métrage, plus accessible bien qu’il ne soit pas destiné à tous les yeux. Je ne pense pas qu’il faille chercher de sens à cette pérégrination d’un humanoïde avec sa monture (l’insertion de Hopper dans ce monde montre de simples envies graphiques qui n’ont pas nécessairement de raison d’être), et l’on peut s’interroger sur le format BD (comme pour Zao Dao du reste). Je pense que l’éditeur aurait pu proposer un bel ouvrage au format à l’italienne donnant de la place pour découvrir cet univers fascinant. Il n’est pas nécessaire de beaucoup d’intrigue pour faire une BD et il aurait suffi d’un peu de travail d’écriture à Pim Bos pour donner une véritable histoire à son Tremen. L’auteur a préféré reprendre le format des courts-métrages d’animation et du coup c’est un peu frustrant.

Résultat de recherche d'images pour "seiche the world"Valentin Seiche lui fait un peu le chemin inverse puisqu’il début son monde par des cartons très explicatifs sur des images puissantes de guerre entre créatures mécaniques gigantesques et châteaux tortueux. Là aussi la vision est très inspirante et l’on sent l’influence forte des jeux vidéo dans la conception des planches en vue aérienne comme des cartons de personnages placés à la fin de l’ouvrage. Progressivement la narration disparaît pour laisser la place à quelque chose de plus difficile à suivre à mesure qu’il mets en scène des humains, dans un dessin qui rappelle beaucoup Singelin et son PTSD jusque dans le cadrage et le découpage. On est alors dans l’influence manga. Les cartons finaux font remonter l’intérêt en nous laissant penser que son projet pourrait donner lieu à d’autres albums puisqu’il parle de plusieurs époques d’évolution technologique jusqu’au Steampunk, confirmant l’esprit worldbuilding des jeux vidéo.

Chacun à leur façon, avec des techniques très différentes et l’envie de faire travailler le lecteur, Seiche et Bos proposent de fascinantes lucarnes sur des univers lointains, souvent durs et froids, sans doute en réponse à leur époque. On touche à la fois à la liberté totale du graphiste et aux limites de l’absence de récit. Pour le fan d’imaginaire et de graphisme que je suis, ça suffit à me satisfaire et je me dis que cela aura pu être un premier pied à l’étrier de la BD pour ces jeunes auteurs. Doivent-ils adopter ce média particulier et exigeant? Pas certains, beaucoup de dessinateurs se sont cassés les dents en perdant leur sève créatrice. Nous verrons dans les années à venir mais il est certain que l’imaginaire est infini et fascine toujours.Résultat de recherche d'images pour "valentin seiche the world"

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***·Comics·East & West·Nouveau !

Death or glory #1

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Comic de Rick Remender et Bengal
Urban (2019) – Image (2018), 137 p.
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Depuis Tokyo Ghost je suis les publications de Rick Remender presque les yeux fermés. Lorsque les premiers visuels de Death or Glory sont sortis je n’avais pas particulièrement d’attente pourtant, les histoires autour de la culture de la route US ne m’attirant pas vraiment, malgré une couverture très réussie niveau cadrage et colorisation. Le fait d’avoir un frenchie aux dessins a sans doute joué dans la promotion de ce titre et le traditionnel prix de lancement à 10€ chez Urban m’a convaincu de tenter le coup.

Glory a été élevée sur la route, dans la « famille » des routiers indépendants, sortes d’indiens hors de la société et tenant plus que tout à leur liberté. Lorsque son père tombe gravement malade elle décide de passer à l’action. Plongée dans les eaux troubles ds trafiquants d’organes et des policiers corrompus, elle ne pourra compter que sur son sang froid de pilote et son bolide…

Résultat de recherche d'images pour "death or glory bengal"La couverture annonce clairement la couleur: Remender et Bengal vont vous envoyer au pays des routiers et des bolides tunés dans des rodéos endiablés sur l’asphalte du sud américain… sauf ce premier volume d’une série qui s’annonce relativement courte, s’il démarre effectivement sur les chapeaux de roue et ne nous laisse pas deux minutes de répit, est loin de proposer autant de bagnoles et de courses que par exemple le carton de l’an dernier Il faut flinguer Ramirez. Death or Glory se placerait plutôt dans l’esprit des films de Tarantino bien déglingos et trash, voir par certains côtés par Largo Winch et ses fuites endiablées à coup de cadrages décalés. On a donc une histoire de trafic d’organe particulièrement sordide qui se chevauche avec une héroïne décidée coûte que coût à sauver son paternel malade du foi. Foi, organe,… vous l’aurez compris le braquage original va vite dériver sur le terrain des gangs mexicains et notre jolie pilote va montrer tout au long de ces cent pages combien elle encaisse les pains et court plus vite que son ombre.

Résultat de recherche d'images pour "death or glory bengal"L’album démarre dans un Diner par une scène improbable qui nous fait demander si nous ne sommes pas dans une histoire fantastique. Que nenni: si les méchants sont particulièrement dérangés (un batave équipé d’une sorte de lame à l’azote liquide et ses consœurs, l’une aveugle l’autre muettes mais toutes deux férues de machettes king size), Remender nous délivre une intrigue tout ce qu’il y a de plus terre à terre avec pour ambition première l’action et le plaisir. Il insère sur un chapitre le flashback qu’il affectionne (même formule que dans Tokyo Ghost par exemple), utilisant ces quelques pages pour régler le passé des héros et pouvoir reprendre sa course.

Niveau dessin j’avais beaucoup entendu parler de Bengal et dois dire que je suis légèrement déçu. Non que le dessinateur français ne sache dessiner, mais hormis les couleurs et la dynamique indéniablement réussies, le trait vaguement cartoon dans les expressions casse un peu l’aspect grave de l’histoire et nous présente plus Glory comme une énorme veinarde que comme une héroïne badass. Ce premier tome est très correcte, largement au-dessus des standards américains, mais ne brise pas non plus les rétines. Résultat de recherche d'images pour "death or glory bengal"Dans une BD d’action le plus important étant du reste l’efficacité des découpages et sur ce plan c’est aux petits oignons.

Annoncé comme le carton comics de l’année, ce Death or Glory vous procurera du plaisir efficace en vous rappelant les films de gangsters cracra mais ne surprendra pas beaucoup. Disons que pour une mise en route le job est fait avec une galerie de personnages particulièrement réussis pour le panthéon des crapules et une héroïne un peu en retrait et passive. Faisons confiance à Rick Remender, excellent scénariste, pour gérer la progression de son intrigue qui pour l’heure ne dépasse pas de bonnes BD d’action de consommation comme les Hit-girl. Personnellement j’attends un peu plus de cet équipage.

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****·Cinéma

Visionnage: Love, Death + Robots

Série de courts métrages d’animation de Tim Miller et David Fincher
Netflix (2019), 1 saison parus, saison 2 en production.

1377321Cette anthologie propose dix-huit court-métrages d’animation « pour adulte » sur les thèmes de l’amour, la violence, la SF et les robots. Rares sont les produits d’animation, sortis des jeux vidéos, assumant aussi franchement une approche adulte, qui signifie du sang, du sexe, des zizi, des monstres et des gros mots… Pour ceux qui comme moi ont été déçus des films Deadpool par leur côté « Disney s’encanaille », pour ceux qui ont aimé le fantastique Animatrix sorti il y a déjà pas mal d’années, pour ceux qui déplorent devoir être un hard-core gamer pour pouvoir profiter de l’immense richesse artistique et graphique que proposent de nos jours les jeux vidéo (que je considère comme totalement moteurs de l’industrie du cinéma en matière d’imaginaire), réjouissez-vous, cette série est juste formidable! Les producteurs font appel à une dizaine de studios d’animation (dont deux français) et des auteurs de Science-fiction, dont certains très connus (Peter F. Hamilton, Alastair Reynolds,…). Les films font entre six et quinze minutes environ.

  • L’Avantage de Sonnie: Sonnie livre des combats de gladiateurs par l’intermédiaire de monstres connectés psychiquement aux combattants. Court en images de synthèses, très violent par le déroulé du combat bien trash. Impressionnant visuellement et doté de l’habituelle chute perturbante que l’on a souvent dans les court-métrages de SF.Résultat de recherche d'images pour "love death robots"
  • Les trois robots: Très drôle film où trois robots visitent une Terre dévastée où l’humanité à cessé d’exister. Ils découvrent des objets et imaginent les coutumes des humains, jusqu’à ce qu’ils découvrent un chat bien vivant… Dans l’esprit de Wall-E, ce film en images de synthèses est vraiment drôle de par ses dialogues et ses situations décalées. Visible par tout public.
  • Le témoin: artistiquement le plus impressionnant de la saison, pas forcément pas sa technique mais bien par sa mise en scène et par son scénario vertigineux en forme de « loop » qui mets en scène la poursuite d’une témoin d’un meurtre. Beaucoup de nu et de scènes très osées.Résultat de recherche d'images pour "love death robots"
  • Des fermiers équipés: un des segments les plus jouissifs après que l’on se soit fait à un design surprenant qui reprend sur des formes 3d une animation style dessin jeunesse. Des fermiers s’équipent pour éradiquer des incursions de créatures dans leur réalité. Bien bourrin, plein de Méchas et de monstres visqueux. Vraiment sympa et visible par tous.
  • Un vieux démon: segment en animation traditionnel, pas forcément le plus beau mais très maîtrisé techniquement. Séquence d’exécution bien trash, dialogues très réussis (globalement les doublages de tous les segments sont très réussis) dans une chasse au monstre (avec encore une fois des chats…).
  • La revanche du yaourt: film totalement WTF où le yaourt devient intelligent et propose à l’humanité de régler tous ses problèmes. Design enfantin des personnages, ce film vaut surtout pour son idée débile mais très bien menée.
  • Derrière la faille: grosse claque SF avec des personnages très impressionnants et une introduction qui fait baver à base de gros vaisseaux et de portail intergalactique. Le thème est du reste assez classique (déjà vu) et ne brutalisera pas vos neurones.Résultat de recherche d'images pour "love death robots"
  • Bonne chasse: animation traditionnelle avec ajout d’images de synthèses. L’histoire d’un chasseur de métamorphe dans la chine traditionnelle. Progressivement l’industrie va transformer le monde vers un univers steampunk où les talents mécaniques du personnage principal seront très utile. Très belle (et cruelle) histoire. Une de mes préférées.
  • La décharge: Animation 3D classique, pas hyper jolie (et pour cause, on est dans une décharge) avec une histoire de créature née dans la fange… Assez banal.
  • Métamorphes: une équipe de loups-garous est utilisée en zone de guerre par l’armée US. Hormis le côté discrimination de cette espèce particulière, si la technique est irréprochable (animation 3D), le propos tourne un peu court sans beaux décors ou grosse scène de bataille. La baston finale est bien gore.Résultat de recherche d'images pour "love death robots"
  • Le coup de main: le thème de Gravity est ici repris en plus trash mais sans grande surprise pour ceux, probablement nombreux, qui auront vu le film de Cuaron. Les images de synthèse sont néanmoins très réussies et il est toujours agréable de se balader en apesanteur dans un scaphandre…
  • Les esprits de la nuit: animation classique sur formes 3d. Délire psychédélique un peu trop WFT, pas spécialement beau et sans aucun sens… Deux types perdus dans le désert se retrouvent au milieu des fantômes des créatures du jurassique. Évidemment ça finit mal. Franchement inutile.
  • Lucky 13: SF militaire en images de synthèses, réussies pour les personnages mais assez cracra pour les décors. L’idée est assez sympa: le pilote d’un avion considéré comme maudit raconte ses derniers vols sur ce jet au sein d’un conflit planétaire. L’idée de la relation entre l’intelligence artificielle et le pilote est originale.
  • L’oeuvre de Zima: une journaliste est convoquée pour interviewer le plus grand artiste de tous les temps. Franchement moche question design, ce segment est néanmoins l’un des plus intéressant thématiquement (écrit par Alastair Reynolds) avec des questionnements sur l’icône médiatique, sur la portée et la dimension de l’art ainsi que sur l’humanité VS IA.Résultat de recherche d'images pour "love death robots"
  • Angle mort: séquence action en animation sur corps 3d, avec le braquage motorisé d’un camion par une escouade de cyborgs surpuissants. A la fois drôle, jouissif, assez joli. Un des courts les plus efficaces et sympa de la saison.
  • L’age de glace: seul segment en images réelles avec deux guest stars en Elisabeth Winstead et Topher Grace (le Venom du Spiderman 3 de Sam Raimi), idée totalement débile issue du cerveau de Tim Miller, du coup c’est rigolo trois seconde mais bien vite on se fout comme de notre dernière chaussette de cette civilisation hébergée dans un vieux congélateur…
  • Histoires alternatives: plusieurs versions de la mort d’Hitler qui entraînent des hypothèses historiques variées, au début originales, puis de plus en plus délirantes pour finir en un grand n’importe quoi. Malgré des images en animation 2D au style basique volontaire, c’est très drôle et assume totalement le quinzième degré. Un de mes préférés.Résultat de recherche d'images pour "love death robots"
  • Une guerre secrète: très balèze niveau réalisation, cette chasse au monstre au fin fond de la Sibérie pendant la seconde guerre mondiale mérite surtout par son aspect « Eastern » et un commencement de mythologie construite autour de l’histoire. Du coup on aimerait en savoir plus et apprendre l’avant et l’après de ces chasseurs de démons.

Vous le voyez, c’est bien entendu d’inspiration variable, mais globalement très beau, souvent très drôle, parfois impressionnant artistiquement. Étrangement ce sont les films en image de synthèse classique qui impressionnent le moins car ils se reposent essentiellement sur leur technique (à laquelle nous avons désormais l’habitude). Quelques pépites même si la durée (on aurait aimé un final en moyen métrage qui aurait permis de développer une vraie histoire) ne permet pas de dépasser le propos liminaire et condamne souvent les réalisateurs au fameux twist final. Love, Death+Robots est cependant une excellente anthologie dont on attend impatiemment la suite en espérant des invités de marque.

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Sushi & Baggles #16

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  • Hit-Girl à Rome (Scavone/Albuquerque/Panini) – 2019

couv_364209Cet album a été lu dans le cadre du programme SuperlecteursRésultat de recherche d'images pour "iznéo"

Après la Colombie et le Canada, la plus bourrine et tarée des Vigilante débarque à Rome pour botter des culs et trancher des têtes! Le relaunch de la série initiée par Mark Millar va ainsi voyager avec une équipe différentes pour chaque one-shot. Si le premier volume était loin d’être inoubliable, notamment par son côté sadique un peu poussé, ici on reste dans les canons du personnage (à savoir de l’action brutale à base d’un mort par page et un langage très fleuri de la demoiselle) mais la course-poursuite initiée avec une sorte de Catwoman permet des scénettes drôles et plus structurées. On ne va pas se mentir, Hit-Girl ce n’est pas de la poésie ni Usual Suspects. C’est une lecture rapide, de la baston, super bien dessinée (par un Raphael Albuquerque qui prépare la série Prodigy avec Millar) avec des étoiles qui donnent un aspect cartoon… et des découpages de méchants bien sanglants! Ici les affreux sont une mafia de religieux timbrés, nonnes et moines en robes de bure armés d’Uzi et de masses d’armes, commandés par une vieille peau aussi psychopathe que bigotte, à la recherche d’une relique. Le cliché italien est assumé, le personnage est toujours aussi foutraque et primaire mais l’ensemble est très sympathique dans le genre, notamment grâce aux dessins (bien que les décors soient assez vides). Du coup on attend la suite, surtout que des pointures sont annoncées aux crayons…

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  • All-new X-men #4: La bataille de l’Atome (Collectif/Pannini) 2013 (US)/2015

couv_255426Je poursuis la série Marvel NOW! des All-new X-men entamée par Brian Michael Bendis et Stuart Immonen au dessin qui m’avait fait forte impression sur les trois premiers volumes. L’écriture des premiers et les somptueux dessins d’Immonen se retrouvent partiellement dans cet affrontement entre X-men d’hier, de maintenant et du futur bien que l’équipe créative ait grossie: si les dialogues sont toujours très savoureux et le découpage, avec de nombreuses doubles pages, percutant, l’histoire tourne un peu en rond avec ces interminables interrogations de qui est qui, faut-il renvoyer Jean et Cyclope à leur époque contre leur gré et que font-ils ici?… Même chose pour les dessins, parfois superbes (Immonen toujours sur les quelques planches qu’il réalise, Bachalo étonnant) mais pour l’essentiel moyens (y compris sur les quelques planches de la bataille finale dessinées par Esad Ribic un peu en service minimum sur ce coup, Frank Cho pas très à l’aise dans l’univers super-héroïque). C’est dommage car sur le papier on a quand-même une sacrée dream-team, mais le concept semble s’essouffler et viser surtout les quelques pleines pages d’offensive collective X-men dont sont friands les fans et les dessinateurs. A noter tout de même le superbe design général des versions des X-men et notamment cette Xorg à la tête de mort, terriblement originale et réussie. On ne sait pas si cet arc est une transition vers quelque chose de plus grand mais malgré un plaisir certain entrecoupé de longueurs, on a le sentiment que la série aurait pu s’arrêter aux trois premiers, cohérents en tant que tels.

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  • Zetman #1 (Masakazu Katsura/Delcourt-Tonkam)  – 2004 – 20 tomes parus, série finie.

zetman01Je suis un grand fan de Masakazu Katsura, un des premiers mangaka, que j’ai découvert au travers de DNA2 à l’époque où l’éditeur-libraire Tonkam se lançait en premier (avec Glénat) dans l’aventure du Manga en France… Il est pour moi l’un des meilleurs dessinateurs japonais et si j’ai finalement lu peu de ses séries, j’avais depuis longtemps très envie de lire ce Zetman originellement issu de short-stories parues en 1997. La série a depuis été transcrite en dessin-animé.

Jin est un jeune orphelin vivant avec les sans abri. Élevé par son « grand-père » il est doté d’une force peu commune et s’occupe en défendant les gens contre les bandits. Lorsqu’une étrange créature non-humaine tue son grand-père, le naïf petit garçon se retrouve propulsé dans un univers violent où une étrange organisation semble le rechercher activement…

Je ne reviens pas sur les dessins vraiment chouettes, les nombreux tics et auto-références de l’auteur (la série animée Wingman qui l’a lancé, les petites culottes, les cheveu en pétard,…). Zetman commence vraiment bien avec un premier volume déjà plein d’action, de mystère fantastique un peu gore (la série est annoncée « mature ») et des personnages intéressants. L’auteur lance de nombreuses pistes qui ont vocation à se développer et nous mènent vers des expériences scientifiques monstrueuses liées à un enfant qui semble être un être doté de capacités hors norme. Ça va a cent à l’heures avec force cliffhangers entre les douze chapitres du volume avec pour objectif une première crise qui sort le héros de son état naïf initial pour l’emmener vers le statut de super-héros. Très riche mise en bouche qui donne envie d’enchaîner cette série finie à la taille maîtrisée.

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****·BD·Mercredi BD·Nouveau !

Conan: Chimères de fer dans la clarté lunaire

BD du mercredi
BD de Virginie Augustin
Glénat (2019), 57 p. couleur, one shot.

couv_365856A chacun des albums de la (plutôt très intéressante) collection Conan le cimmerien j’hésite longuement entre les deux versions proposées. Je possède la NB grand format de La fille du géant de gel qui est vraiment superbe, tant par le format, papier utilisé que par le rendu graphique des planches non colorisées… mais n’a que peu de bonus (quelques illustrations additionnelles et aucun rédactionnel). La version couleur de Toulhoat et Brugeas et celle-ci de la très douée Virginie Augustin (dessinatrice d’une des meilleurs séries de ces dernières années, Alim le Tanneur avec Lupano) comporte un très intéressant texte explicatif sur la nouvelle qui sert de matériau de base à l’album et permet d’apprendre pas mal de choses sur l’auteur Robert E. Howard. Quelques illustrations d’autres dessinateurs complètent le cahier bonus. Tip-top donc question édition, juste étonnant que Glénat ne propose pas le même contenu sur la version de luxe. Enfin, malheureusement, la couverture ne rend vraiment pas hommage à la qualité graphique d’Augustin sur cet album. C’est étonnant et vraiment dommage…

La princesse Olivia, en fuite, est sauvée par Conan le cimmerien, lui-même rescapé d’une récente bataille. Les deux fuyards, parias, prennent la mer et trouvent refuge sur une île inhabitée. Apprenant à se connaître, ils constatent bientôt qu’une créature invisible les suit et découvrent un temple ancien aux statues de fer menaçantes…

Cet album est celui que j’attendais le plus depuis le lancement de la série. J’ai gardé un excellent souvenir d’Alim le tanneur, non que le style d‘Augustin soit absolument original, mais il se dégage de ses dessins un mouvement, une ambiance vraiment particulière. Il me semble qu’il s’agit en outre du premier album en solo de l’autrice et je dois dire qu’elle s’en sort remarquablement bien. L’adaptation des nouvelles Conan ne vise pas à révolutionner le scénario de BD. Il s’agit surtout d’une vision graphique d’auteurs confirmés et sur ce plan Augustin parvient à insuffler un esprit féministe très intéressant dans ce monde barbare où le Conan classique avec son slip de peau est conservé, pour mon plus grand plaisir (je suis un enfant de Conan le barbare, le film de John Milius!).

Dès les toutes premières pages la sauvagerie du cimmérien s’illustre, taillant en morceau le poursuivant de la donzelle. Si l’on ne voit que très subrepticement les palais des Hyrkaniens on en regretterait presque que l’autrice ne s’attarde pas plus sur cet univers des mille et une nuits où son dessin prends toute sa force en des matières subtiles. Mais le sujet est autre, fait d’île tropicale devant servir de piège pour les deux fuyards, en migrant vers l’univers de la piraterie que nous laisse deviner la conclusion très alléchante… mais que l’on ne verra jamais. Car on touche là une des limites de cette série, son format, variable selon les auteurs mais relativement proche d’un format classique de 46 planches… ce qui est trop peu pour pouvoir donner toute l’ampleur d’une histoire sauvage en one-shot. Il nous faut donc prendre ce que l’on nous offre avec ce petit regret.

Résultat de recherche d'images pour "clarté lunaire virginie augustin"Si la physionomie du barbare semble au début hésiter avec une étonnante gueule carrée presque néandertalienne (les croquis finaux nous montre les différentes versions), la subtilité du personnage surprend, lorsque la fille, incarnation de la faiblesse, craint de se faire viol(ent)er par lui. L’homme armé de son épée est sans peur dans l’espace ouvert de la forêt et y protège la fille. Dès qu’ils pénètrent dans l’étrange temple aux statues de fer le caractère féminin, perméable aux esprits, se connecte avec l’histoire du lieu pour avertir l’homme du danger. On aurait encore une fois aimé que soit poussée cette relation et l’histoire du personnage lumineux, mais il n’y avait pas la place. Cela permet cependant de garder cette part inquiétante que produit le genre fantastique, le lecteur ne sachant jamais le pourquoi du comment. L’équilibre est du reste parfait entre combats hargneux, début d’intrigue et pauses contemplatives sur les paysages luxuriants magnifiquement colorisés par Virginie Augustin. Tout est juste dans cet album, des dessins au découpage qui se permet quelques superbes pleines pages, dont cette séquence de massacre rouge remarquablement construite.

Résultat de recherche d'images pour "clarté lunaire virginie augustin"Un peu de frustration donc, avec une histoire qui se rapproche un peu du Colosse Noir, avec sa magie et sa relation homme/femme, les deux auteurs de celui-ci ayant pris quelques pages de plus pour finaliser une histoire qui s’avère ainsi plus confortable. Mais Virginie Augustin nous propose ce que l’on attend, une vraie histoire de Conan que l’on aurait très sérieusement envie de voir continuer ses aventures sur la mer intérieure. Pour ma part j’ai commencé à lister les albums d’Augustin que je n’ai pas encore lus avec une grande envie de rattraper mon retard! Et cet automne la version de Vatine et Cassegrain arrive alors que 2020 prépare du très lourd avec rien de moins que Valentin Sécher, Timothée Montaigne et Stepan Sejic

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