***·Comics·East & West·Nouveau !

Year Zero #1

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Album de 110 pages comprenant les cinq volumes de la mini-série Year Zero, écrite par Benjamin Percy et dessinée par Ramon Rosanas. Parution en France chez Panini Comics le 17/03/2021.

Dur, dur d’être un zombie

En cette période pour le moins singulière où chacun de nous est un survivant, Panini Comics a jugé opportun de lancer deux nouveaux albums sur le thème de la pandémie. Cet argument de vente, certes opportun, d’en comporte pas moins des promesses de frissons, et, pourquoi pas après tout, de bonnes lectures.

Dans ce Year Zero, nous allons suivre les mésaventures d’un certain nombre de protagonistes, répartis dans le monde et ayant chacun leur manière d’affronter cette fin du monde.

Sara Lemons est en mission dans le cercle polaire, afin d’étudier les couches glaciaires. Elle espère y trouver un remède aux maux qui agitent notre siècle, qu’ils soient climatiques, énergétiques, sociétaux ou médicaux.

A Mexico, Daniel Martinez, jeune orphelin des rues, fait ce qu’il peut pour survivre et échapper aux cartels qui ont tué sa mère, convaincu qu’il survit par la grâce divine.

Saga Watanabe, lui, tue des gens pour vivre, principalement à Tokyo. Il exécute un dernier contrat censé lui offrir une porte de sortie, une retraite bien méritée avec l’amour de sa vie.

Fatemah Shah, quant à elle, vit en Afghanistan, où elle sert d’interprète et d’informatrice aux soldats américains.

B.J. Hool, enfin, est un américain moyen, un survivaliste nihiliste qui a passé sa vie à se préparer à ce genre d’événement.

Comment ces gens très différents vont-ils réagir lorsque les morts vont se relever, victimes d’un pathogène qui en fait des zombies anthropophages ? La réponse est simple: plutôt mal. Mais ça n’empêchera aucun d’eux de poursuivre ses objectifs ou de s’en trouver de nouveaux, car la vie, au contraire de la mort, n’a rien de permanent et évolue sans cesse.

Vaut mieux vivre avec des vrais morts qu’avec des regrets

Il apparaît assez vite après le premier chapitre que ces protagonistes ne sont pas destinés à se rencontrer. Oublions-donc tout de suite la perspective d’un récit choral ou de survie à la Walking Dead. Chacun des protagonistes possède sa propre ligne narrative, qui ne croise à aucun moment celle des autres, excepté celle de Sara Lemons, qui se déroule un an avant la pandémie, et qui influe donc sur le reste.

Les sauts et ellipses entre les différents personnages dynamise le rythme du récit mais donne également une sensation de survol, l’auteur se concentrant sur l’essentiel de sa narration sans étoffer davantage certains points qui auraient mérité de l’être.

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Le point de vue interne des protagonistes reste tout de même très intéressant, chacun d’entre eux ayant des croyances et un vécu qui définissent leur vision du monde, et nécessairement, leur réaction face l’apocalypse zombie. Saga Watanabe et Daniel Martinez recherchent la vengeance, tandis que Fatemah cherche l’émancipation et la rédemption. BJ Hool quant à lui, a vécu isolé toute sa vie et ne découvre que maintenant l’intérêt de créer du lien avec une autre personne.

Le parcours de Sara, qui sert de préquel, a des relents de The Thing (la base polaire, une créature sortie de la glace) mais n’exploite malheureusement pas le vivier horrifique que recèle cette prémisse, du fait des ellipses et du peu de temps consacré à cette partie. Le reste des trames individuelles est ô combien classique, hormis sans doute celle du nerd survivaliste qui tombe amoureux, qui comporte son lot d’ironie et d’humour grinçant.

Year Zero vous sera sans aucun doute un peu survendu par Panini Comics en raison du contexte pandémique, mais pas d’affolement: nous ne sommes pas en présence d’un incontournable du récit de zombies, même si l’exécution reste bonne et agréable à suivre. A priori, un deuxième volume est sorti aux US et ne devrait pas tarder à traîner des pieds jusqu’ici pour tous nous dévorer.

****·BD·Nouveau !

Yojimbot #1: Silence métallique

La BD!

Premier tome de 147 pages d’une série écrite et dessinée par Sylvain Repos. Parution le 29/01/2021 aux éditions Dargaud.

Drone Wolf & Cub

Dans un environnement devenu hostile pour les humains, une communauté de droïdes, partie intégrante d’un parc à thème aujourd’hui en ruines, poursuit inlassablement sa routine malgré la disparition des visiteurs.

Conçus pour être des samouraïs automatisés, les droïdes agitent régulièrement leurs sabres, croisant le fer comme ils le faisaient autrefois pour divertir les clients. Un beau jour, le n°063 découvre un jeune garçon errant dans le parc. Bien vite retrouvé par son père, le jeune Hiro est traqué par une escouade de soldats, acquise à une sombre cause mettant manifestement en jeu le sort de l’Humanité.

D’abord déboussolé par des directives antinomiques, n°63 finit par outrepasser les contradictions de sa programmation et sauve Hiro des cruels soldats, façon bushido.

Malheureusement, ces soldats n’étaient pas les seuls à en vouloir à Hiro, qui est désormais orphelin et a besoin d’assistance, pour laquelle n°63 est en partie programmé… à moins que ?

Débute alors une course-poursuite haletante à travers les ruines du parc, n°63, désormais baptisé Sheru s’étant donné pour mission d’assurer la sécurité du jeune garçon en le remettant aux alliés de feu son père. En chemin, le duo se trouvera d’autres alliés métalliques, et bien sûr, d’autres ennemis acharnés…

Métal muet

Comme évoqué dans nos précédents articles, le thème du duo badass/enfant est largement utilisé en fiction, associant deux figures opposées, l’enfant dépendant du badass pour sa protection, tandis que le badass se découvre ou se redécouvre au contact de l’enfant.

Dans Yojimbot, ce duo prend une coloration particulière, de par la nature mécanique du protecteur. L’ambiance post-apocalyptique est avant-tout reflétée dans l’état de décrépitude du parc, autrefois temple de la consommation, aujourd’hui mausolée abritant les vestiges de la gloriole humaine.

On sent l’attachement du garçon envers son gardien impromptu sincère, tout comme doit l’être celui de l’auteur envers ses personnages. Néanmoins, à première vue, on peut se demander comment des robots, conçus pour le show et le divertissement, peuvent se révéler être des machines aussi létales. Mais comme vous vous en doutez, la règle implicite de coolitude permet de dépasser ce genre d’incongruité, pour un plaisir de lecture débridé.

Si le cœur de l’histoire, à savoir le lien entre Sheru et Hiro, fait mouche, l’univers quant à lui soulève pour le moment beaucoup de questions. Gageons que l’auteur saura révéler ses cartes en temps voulu afin de donner une profondeur bienvenue à ce récit d’action décomplexée dont le titre est bien entendu un hommage au mythique lapin-samouraï Yojimbo.

La partition graphique de Sylvain Repos est impeccable, sa narration éclatée donne de la respiration et du dynamisme à l’album. Ce premier tome interpelle, flatte la rétine et accroche pour la suite !

*****·East & West·Manga·Nouveau !·Service Presse

Ajin, semi-humain #15-16

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Manga de Gamon Sakurai
Glénat (2015-2021) – ed. japonaise Kodansha (2012). 228 p., 16 volumes parus (série finie en 17 vol.).

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Merci aux éditions Glénat pour leur confiance.

 

couv_414624La base d’Iruma dévastée, Sato dans son Jet, son bras a été récupéré et inséré dans le piège qui doit mettre un point final à l’odyssée de ce génie du crime… Mais alors que Kei Nagaï et son équipe ne voient toujours pas le retour de Sato, le doute étreint le jeune homme: est-il seulement possible de vaincre Sato? Son esprit n’est-il pas tout simplement supérieur au leur?

Attention Spoilers! Il vaut mieux être à jour avant de lire cette chronique…

Scan Ajin 78 VF scan • one piece scanEn miroir des héros d’Ajin, le lecteur qui entame les trois derniers volumes (de ce qui est pour moi la meilleure série manga depuis Akira!) doute en se demandant comment l’auteur va pouvoir boucler son intrigue avec un dix-septième tome paru au Japon… Quand on aime se faire manipuler par des scénarii minutieux on ne peut bouder son plaisir devant cette série qui a donné le jour à rien de moins que le plus charismatique méchant jamais vu en BD… Cela permet de maintenir le lecteur sur la brèche, ne sachant jamais où va tourner le vent.

Après une nouvelle bataille épique dans une base exsangue l’intervention de l’équipe anti-Ajin semble boucler le plan infaillible de Kei Nagaï. Personne ne voit comment Sato peut s’en sortir… et pourtant! Avec toujours un coup d’avance ce dernier décide de quitter le Japon pour poursuivre son oeuvre révolutionnaire aux Etats-Unis… Le fil est tout trouvé pour réintroduire le professeur Ogura, le très désinvolte spécialiste des Ajin qui révéler des sa vision de l’origine des Ajin. A ce moment, surpris de ces révélations tardives alors même que l’intrigue semble loin d’être finie, on assiste à l’apparition d’un Flood, cette génération spontanée évoquée plus tôt dans la série par le professeur et qui crée une situation proche d’un apocalypse zombie…

AJIN: Demi-Human No.74.5 - Comics de comiXology: WebA ce stade, toujours sidéré par la précision des dessins et une action effrénée dans la maîtrise des corps et du mouvement on imagine que la conclusion de la série ne peut être que le commencement d’un autre cycle, plus vaste? J’ai eu le sentiment que les dessins des derniers volumes avaient évolué, notamment le visage de Nagaï, adolescent au début du manga et qui semble avoir acquis une physionomie adulte arrivé au seizième tome. Est-ce juste une progression technique de l’auteur ou une volonté d’exprimer dans les corps les effets de toutes ces morts et mutilations? Toujours est-il que rien à ce stade ne laisse penser dans le déroulement des opérations comme dans la structure du récit (qui propose un nouveau flash-back et des concepts sur les Ajin) que l’on arrive à la fin. Du coup la tension est à un niveau insoutenable avant d’entamer un dernier tome que l’on imagine probablement très frustrant… conclusion dans quelques mois!

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****·Manga·Nouveau !

Asadora! #2-3

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Manga de Naoki Urasawa
Kana (2020-)/ Shogakukan (2018-), série en cours, 3 tomes parus (4 au Japon).

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Asa Asada manque de reconnaissance! Dernière d’une famille nombreuse dans le Japon de 1959, personne ne se rappelle de son nom… Pourtant elle ne manque pas de tempérament et de détermination. Lorsqu’un Typhon ravage sa ville natale elle mets tout en œuvre pour aider les rescapés, avant même l’arrivée des secours. La voilà embarquée dans des aventures qui feront d’elle une as de l’aviation, avant que quelques années plus tard un mystérieux agent du gouvernement lui demande de venir en aide à son pays…

Asadora tome 3 - BDfugue.comJ’ai découvert cette série à l’occasion du jury BDGEST’arts et suis immédiatement tombé fan de cet auteur et de son héroïne. Je n’ai pu parler que très rapidement du premier volume, alors vue la qualité de la série je voulais vous parler plus en détail d’Asa…

Après un démarrage sur les chapeaux de roue, on continue à suivre Asa enfant dans le second tome qui nous montre comment elle en est venue à apprendre le pilotage, avant de basculer des années plus tard dans le troisième volume où, adolescente, elle se retrouve tiraillée entre ses envies de jeune fille des années soixante (et le projet de girls band de ses copines) et son esprit responsable qui la pousse à devenir… agent secret!

Jouant sur les temporalités (j’avoue que je regrette un peu de quitter si vite la pétillante gamine des deux premiers volumes…), Urasawa déroule son récit avec une maîtrise technique impressionnante, que ce soit dans le découpage, l’expressivité des personnages et les ficelles classiques mais efficaces du feuilleton. Avec une galerie de personnages et de tronches tous plus réussis les uns que les autres on ne s’ennuie pas une seconde dans une histoire dense qui égrène lentement ses indices reliant les premières images d’apocalypse Kaiju du premier volume avec la jeunesse de l’héroïne. Entre la tradition et la modernité naissante du Japon des sixties, la série est totalement accessible à un lectorat occidental, comme rarement un auteur japonais aura su le faire. Je suis assez peu intéressé par la psycho-sociologie japonaise qui est souvent décrite dans les manga, pas plus que par les détails sur le japon historiques et j’ai été ici tout à fait pris dans ce vernis qui fait par moment penser à la langueur d’un In the mood for love.

Asadora ! #3 • Naoki Urasawa – La pomme qui rougitL’aspect fantastique reste pour le moment totalement … fantastique (dans son sens littéraire) soit en sous-texte et permet de créer une tension légère en poussant Asa vers une double vie lorsqu’un ancien officier de son désormais partenaire d’aviation Kasuga lui propose d’entrer au service du gouvernement pour combattre la menace réel du monstre qu’elle a vu lorsqu’elle était enfant. Cette idée de double vie (avec peut-être une identité secrète?) nous plonge dans le feuilleton d’aventure malgré l’habillage très historique avec cette ambiance lycéenne et la course de son ami Shota vers les jeux Olympiques. Le propos général est toujours décalé dans Asadora!, créant une légèreté qui aide à aborder des sujets difficiles comme la pauvreté, le statut d’orphelin et les catastrophes coutumières du Japon. Que ce soit donc ce Shota que personne n’imagine arriver au niveau pour participer aux JO, cette gamine avec un manche à balais dans les mains distribuant des gâteaux par ballons-parachutes ou ce barbouze qui veut préserver les JO du Kaiju, rien n’est bien crédible et pourtant on marche à cent pourcent car le rythme est effréné et le plaisir graphique permanent.

Bien malin celui qui dira où nous emmène Naoki Urasawa mais avec un auteur maîtrisant autant son art on lue suivrait jusque sur la Lune!

***·Manga·Nouveau !·Rapidos·Service Presse

Les 7 ninja d’Efu #4-5

Salut, à tous! Exceptionnellement pas de C’est lundi cette semaine. En remplacement, une fournée de manga et comics très récents (et franchement WTF!) grâce à nos partenaires,  avec les derniers Teenage Mutant Ninja Turtles et Rick &Morty de chez Hicomics, le dingue Shaolin Cowboy et on terminera la semaine avec un nouveau guide de lecture sur le cycle de Shaïgan de Thorgal et le dernier Dr. Stone!

Allez, on commence tout de suite avec la suite de l’étonnant 7 Ninja d’Efu proposé par Meian.

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Manga de Takayuki Yamaguchi,
Meian (2019-), 190 p./tome, 5 tomes parus en VF (9 en VO).

Les volumes comprennent en introduction un résumé et un sommaire des chapitres et des cycles, qui aide bien à s’y retrouver dans cette histoire aux coupures sèches entre les parties. Je vous renvoie au billet sur le début de la série pour la description physique des volumes.

bsic journalismMerci aux éditions Meian pour leur fidélité.

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  • Tome 4:

Efu no Shichinin - Raw chap 25, Read Efu no Shichinin - Raw chap ...On termine l’intrigue commencée sur les îles Ryukyu situées à l’extrême sud de l’archipel japonais avec la trahison du seigneur fou Hideyori Toyotomi qu’une armée est venue sauver. Soumettant son ancien allié (et désormais considéré comme un « chien » à d’atroces sévices, il provoque la naissance d’un nouvel (et dernier) Onshin. Comme depuis le début, la description physique de certains personnages, le nombre de ceux-ci et le rythme très rapide de l’histoire fait que l’on peut avoir du mal à distinguer certains protagonistes et s’y perdre un peu. Il faut donc rester vigilants malgré des planches tournées vers l’action et à la lecture rapide.

Le volume démarre ensuite le « cycle des guerriers légendaires et des démons » où l’apparition d’un ronin légendaire va simplifier l’histoire, plus linéaire et plus facile à suivre. Son affrontement contre un démon rattaché à une chrétienne va occuper le reste du tome. Comme depuis le début, âmes sensibles s’abstenir, l’auteur fait œuvre de grande cruauté et de manipulations corporelles que ne renierait pas David Cronenberg…

  • Tome 5:

Efu no Shichinin - Raw chap 25, Read Efu no Shichinin - Raw chap ...Ce volume comprend la fin du récit du guerrier Musashi (l’histoire la plus simple et la meilleure jusqu’ici) et continue sur deux chapitres traitant de l’armure géante Burokken. L’aspect « mecha » par les différentes armures et carapaces d’Onshin prend de l’importance et accentue l’originalité de cette étonnante série dont la complexité narrative ne doit pas cacher une vraie création artistique, parfois sensiblement influencée par Berserk. L’aspect organique des dessins, très en phase avec un pan de l’imagerie manga et les magnifiques couvertures couleurs donnent une vraie particularité à une série qui demande un peu de patience, le temps que l’intrigue se mette véritablement en route.

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***·Comics·Jeunesse·Nouveau !·Service Presse

Ronin Island #2

Jeunesse

Deuxième tome de 112 pages d’une série écrite par Greg Pak et dessinée par Giannis Milonogiannis. Parution en France le 19/06/2020 aux éditions Kinaye.

Blanche-Neige et les 47 Ronins

badge numeriqueLe premier tome de Ronin Island n’avait pas convaincu le père Blondin, de par une intrigue convenue et des graphismes sans touche particulière. Qu’en est-il de ce second tome ?

Hana et Kenichi ont grandi sur la même île, mais ils ne sont pas du même monde. Dans l’ère féodale du Japon, chacun ne survit que s’il sait rester à sa place, et le système de castes s’assure du respect de ce statu quo. Kenichi, fils d’un samouraï déchu, porte sur ses épaules le poids des traditions et de la gloire perdue de son clan. Hana, quant à elle, rêve d’un avenir meilleur que ce à quoi sa basse extraction semble la promettre.

Toutefois, sur l’île des Ronins, chacun peut faire la démonstration de sa valeur, et c’est ainsi que les deux jeunes gens ont pu suivre l’entraînement du même maître, Ito, qui a fait d’eux des combattants dévoués à la cause commune. L’isolement insulaire de cette petite communauté va cependant être rompu par l’incursion des soldats du Shogun, seigneur local qui envoie ses hommes réquisitionner tout ce qui peut l’être, pour l’aider dans la grande lutte contre les Byonins, démons invincibles qui ont dévasté le pays.

Kenichi, Hana et Ito vont donc être embarqués de force à la rescousse du Shogun, qui va s’avérer n’être qu’un lâche machiavélique et cruel. Nos héros vont donc devoir conspirer, à la manière des 47 Ronins de la légende, dans le but de se débarrasser de l’indigne seigneur et ainsi préserver leur île.

Roninera bien qui Roninera le dernier

Le problème, c’est qu’Hana et Kenichi ont chacun leur idée sur la meilleure façon de protéger les intérêts de l’Île. Parviendront-ils à repousser les Byonins tout en évitant le pire à leur communauté ?

Comme le soulignait Blondin, l’intrigue de Ronin Island promettait quelque chose d’intéressant, pour peu que l’on soit intéressé par les univers nippons et la culture des samouraïs. L’utilisation des créatures-qui-ne-sont-pas-techniquement-des-zombies nous ramène nécessairement aux poncifs liés à ce genre de récits, et à la lecture, on sent bien que Greg Pak, scénariste pourtant confirmé, a du mal à s’en départir.

L’intrigue tient néanmoins debout, même si quelques retournements de situations peuvent donner un sentiment d’inconstance chez les héros. Mais même cet aspect-là peut s’entendre, les héros étant jeunes et dans une situation qui les force à s’adapter sans cesse. A ce stade de l’intrigue, on distingue d’ailleurs assez bien les différences de point de vue entre les deux guerriers, et les causes qui expliquent ces façons de penser différentes.

Les créatures quant à elles, sont un exact miroir de celles que l’on peut trouver dans Green Class, la cause de la transformation étant ici clairement attribuée à un champignon. Les dessins de Giannis Milonogiannis lorgnent résolument, et de façon assez logique, du côté du manga, sans nécessairement taper dans l’appropriation culturelle.

Forte de ses deux tomes, la série Ronin Island reste une lecture agréable, prenante et engageante, dont on a hâte de découvrir la suite notamment grâce à des personnages attachants et en pleine construction.

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Sushi & Baggles #33

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Excellente fournée Manga et Comics qui montre qu’il ne faut jamais désespérer de séries parfois mal embarquées et que les projets les plus improbables mènent parfois à de grandes choses…


  • Ex-Arm #11 (Hi-rock/Shin-Ya Komi/Delcourt) – 2020 série achevée en 14 volumes (Japon)

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badge numeriqueOn approche de la fin avec ce onzième tome où continue une action effrénée et un enchaînement de révélations. Je le répète, si cette série excellemment dessinée depuis le premier volume a un gros retard à l’allumage, dès le commencement de l’intrigue principale au tome 6 on se rapproche très fort du statut de digne successeur de Ghost in the ShellLa bataille finale a déjà commencé avec la disparition de la plupart des familles engagées dans le combat pour la possession de la dernière ex-arm. Confrontée à Alma, Minami se voit dans l’obligation d’assumer son rôle de flic, même si cela doit passer par l’élimination de son amie… Alors que l’arrivée de l’Ogre, ce cyborg à la puissance phénoménale est annoncée, la récupération d’Alma devient impérative pour éviter la destruction de tout le site. Seul Akira et sa puissance de Hacking peut pirater ce monstre via l’IA d’Alma. Alors que les Octopod déversent un déluge de feu qui menace de faire s’effondrer le stade, le propre frère de Minami s’apprête à révéler sa véritable puissance…

Quel plaisir de retrouver ce manga aux scènes d’action parfaites, d’une lisibilité, d’une élégance parfaites et aux thématiques enfin au niveau! Plus que trois tomes avant la conclusion… qui sera prolongée par une suite annoncée et un anime prévu pour cette année. Avec une durée très raisonnable il est vraiment temps de découvrir cette excellente série trop méconnue.

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  • Centaures #4 (Sumiyoshi/Glénat) – 2019, série finie en 4 volumes.

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Ce quatrième volume achève (déjà!!) une série qui se classe nettement dans le très haut panier des mangas publiés depuis pas mal d’années. Pour une première publication, ce double diptyque s’avère d’une maturité impressionnante tant par des dessins qui visent à rappeler l’estampe que par l’ambition du découpage et des thématiques utilisées. Pour rappel les deux premiers volumes narrent la résistance du colosse Matsukaze dans un monde qui persécute et mets en esclavage les centaures. L’auteur avait prévu d’achever son récit sur une note sombre au bout de deux volumes mais devant la qualité du récit un second cycle a été lancé qui s’achève avec cet opus. Après avoir découvert que la guerre était finie et qu’humains et centaures apprenaient désormais à vivre ensemble, le fils de Matsukaze dont le père a fait promettre de se battre jusqu’à la fin des persécutions, se retrouve démuni face à ce nouveau monde et la nécessité du pardon. Le dernier tome nous montre Gonta employé pour transporter des bois sur un chantier commun aux deux Centaures tome 4 - BDfugue.comespèces. Là il trouve un amour qu’il ne sait assumer… Elevé en guerrier, aux habitudes très éloignées de la civilisation humaine, de très nombreux questionnements se bousculent dans sa tête, l’empêchant d’envisager une vie paisible et amoureuse qui lui tend pourtant les bras. Le pardon pour les souffrances infligées par les humains, le renoncement au mode de vie ancien (faut-il porter le kimono, présenté comme civilisé par la nouvelle société ou continuer à se promener la croupe à l’air comme toujours?), l’oubli du père en abandonnant son combat, la liberté individuelle de Tanikaze contre la prédestination, sont autant de thématiques très riches abordées dans ce seul et dernier tome d’une série construite comme deux faces, un premier cycle très dur posant la résistance contre une espèce humaine impitoyable et un second beaucoup plus posé, renvoyant les personnages au passé. Imprévue et subtile, cette construction prends tout son sens dans une conclusion potentiellement ouverte et aussi réussie que l’ensemble de la série. Une série majeure assurément!

Et Glénat annonce déjà la parution du dernier manga (Ashidaka) de cet autrice très talentueuse!

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  • Injustice, les dieux sont parmi nous – Année 1, 2° partie (Taylor/Collectif/Urban) – 2015

badge numeriquecouv_236040Je m’étais pris une grosse claque inattendue en janvier avec ma lecture de la première partie de l’année 1 de cette série. Fort heureusement à partir de l’année 2 de vraies couvertures de comics avec des dessinateurs plus classiques apparaissent et c’est tant mieux… Doté de dessins un peu moins réussis que précédemment, le scénario monte encore d’un cran dans cette fuite annoncée vers le totalitarisme d’un Superman qui a brisé ses chaînes morales. Si la première partie se structurait autour de la constitution de deux camps, la rupture est désormais rompue avec l’équipe du Chevalier noir quand l’Homme d’Acier commet son premier meurtre sur un super-héro… et pas le dernier! Tom Taylor réalise ici ce que personnellement je n’ai vu que dans Watchmen, une déconstruction totale des personnages iconiques, en supprimant tout le vernis éditorial d’autocensure posé jusqu’ici par la horde d’auteurs qui se sont succédé sans jamais oser passer à l’acte. Dans Red Son Superman abordait le rôle de méchant mais avec le soutien de son gouvernement, la dystopie créant une simple bascule d’Ouest en Est. Beaucoup plus ambitieuse la série dirigée par Taylor dit toutes les facettes psychanalytiques sombres des héros, Superman comme Batman, Wonder Woman comme Green Arrow. Tout cet habillage bien pensant auquel on n’a jamais cru, ces bourres-pifs menant les méchants en prison, bref, toute la règle posée par le Comic Code Authority et jamais vraiment démentie jusqu’ici est mise par terre pour nous proposer l’un des premiers récits adultes de super-héros chez DC.

Les seuls bémols que je mettrais sont l’irruption totalement WTF (et franchement mauvais goût) de Lobo, quelques dessins assez médiocres et quelques passages qui semblent rattachés à d’autres volumes et qui paraissent ici un peu perdus dans la trame scénaristique. Pour le reste Injustice est au bout de cette première « année » la meilleure chose que j’ai lu chez le Big Two depuis bien longtemps!

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***·Manga·Numérique·Rapidos

Lecture COVID: Renjoh desperado #1

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Les sources de lectures Covid que j’ai identifié sont les suivantes (vérifier sur les sites la durée de disponibilité variable). Si vous avez un compte Iznéo, les promo sont basculées mais en vrac entre les promo payantes et les véritables gratuits). N’hésitez pas à signaler en commentaire de ce billet des liens intéressants vers d’autres éditeurs!


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Manga de Ahndongshik
Kurokawa (2018-), 200 p./volume série terminée en 6 volumes.

badge numeriqueCette première série de l’auteur aurait fort pu trouver sa place dans la collection WTF de l’éditeur Akata tant l’idée semble totalement délirante: Renjoh Desperado propose de suivre une jeune ronin-desperado dotée d’un bras robot pouvant servir ce canon-propulseur (on pense à Berserk entre autres) et lancée dans une recherche de l’amour parfait… tout cela dans un croisement parfait entre l’Ouest des Renjoh Desperado tome 1 : à la recherche du parfait amour - Esprit ...cow-boys et le japon des samouraï… Clairement l’auteur a voulu se faire plaisir en un bon gros délire (fort bien dessiné du reste) où une succession de courtes histoires solo mettent l’héroïne dans des situations souvent similaires mais dont le ressort principal ressort sur l’improbable. Et je dois dire que cela fonctionne très bien, à la fois par un graphisme très clair, un design et une atmosphère originaux et un humour mêlé d’action très efficaces. Au sortir de ce premier volume on ne sait encore pas grand chose de ce cœur d’artichaut ni de ce qu’il est arrivé à son bras, seul élément steampunk du manga pour l’instant mais petit détail bien sympathique. Côté action ça défouraille fort, ça chevauche au grand air dans la rocaille rocailleuse et ça braque volontiers les trains quand un lézard des sables géant ne vous découpe pas la troupe en un tour de griffe. J’ai pris plaisir à cette lecture avec la seule réserve que des histoires courtes sur plusieurs volumes risquent de lasser le lecteur. J’espère qu’une intrigue générale sera construite par la suite mais en attendant, pour de la lecture rapide et délire ce manga fait clairement le job!

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***·Cinéma

Visionnage: Batman ninja

Film d’animation de DC comics (Warner), sorti en 2018, 85 minutes. Le film est réalisé par une équipe japonaise avec notamment le character designer du réputé Afro Samuraï.

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J’ai profité de l’arrivée de ce film d’animation (qui a déjà deux ans) sur Netflix pour tester ce projet assez WTF… ou pas, vues les excentricités de l’univers DC. Pour être direct, si vous ne l’avez pas deviné, ce film (et le manga qui en est issu en 2019) est un énorme prétexte pour placer Batman dans le Japon médiéval, mais pas que. C’est en fait tout un pan de la culture entertainment nippone qui est adapté dans le batverse. J’ai oui dire depuis quelques années que DC produit de bien meilleurs films d’animation que de films en prise de vue réelle et je veux bien le croire pour cette première incursion. Attention, je ne parle pas d’histoire qui est ici, encore une fois totalement expédiée sans même prendre la peine de faire semblant: le film s’ouvre en plein milieu d’un combat entre Batman et Gorilla Grodd à Arkham où ce dernier a déclenché une machine temporelle… qui propulse tout le petit monde du Batverse directement au japon des Shogun. En moins de cinq minutes on nous explique que la quasi totalité des méchants canoniques de Batman étaient présents ainsi que Catwoman, Alfred, la Batfamille… et la Batmobile. Rien que ça. Pas de justification c’est comme ça. J’imaginais une uchronie démarrant au japon mais non, on déplace juste tout Gotham (sauf Gordon et Batgirl, tiens, ils ne doivent pas aimer les sushi…) au Japon pour pouvoir se foutre sur la gueule avec le Joker et ses potes.

Résultat de recherche d'images pour "batman ninja"Dit comme ça cela ne doit pas vous engager beaucoup. Je ne vais pas faire le service après vente, je l’ai déjà dit et taggé, ce film est pas mal WTF et l’assume. Dernière pique dans le « scénario », le titre même est trompeur puisque l’on n’a affaire ici qu’à des samouraï et aucunement à des ninja. Ce n’est pas histoire de chipoter, je ne suis pas spécialiste mais visuellement tout est repris des codes des amures des guerriers japonais. Enfin, je remarque (le film est concomitant de l’Event Metal) que le clan des guerriers de la chauve-souris fait furieusement penser au clan du Hibou qui apparaît dans le DCverse depuis la Cour des hiboux je crois.

Résultat de recherche d'images pour "batman ninja"Non, la première qualité de ce film est clairement graphique, avec d’une part un design très élégant des costumes et personnages (notamment un Joker sous amphet’ particulièrement bien transposé en Shogun dément), des équipements mécaniques de Batman et des méchants et de la technique utilisée, en cell-shading. Comme souvent cette technique est idéale pour permettre de véritables effets BD avec un aspect crayonné (et quelques séquences de variation graphique expérimentale plutôt chouettes) sur une animation que seule la 3D peut rendre si fluide. Du coup l’expérience visuelle, très colorée, est vraiment plaisante. Comme le film est essentiellement une grosse baston sur terre, sur mer et dans les airs, on peut profiter des belles images en débranchant son cerveau et en sirotant une bière (ou un saké). Je parlais d’éléments mécaniques, car on est ici dans une réalité uchronique créée par l’arrivée du Joker où la technologie a évolué (sacrément!) jusqu’à permettre la création de Mechas géants en forme de châteaux médiévaux… Je vous avais prévenu, les créateurs se sont fait plaisir jusqu’à un combat final qui fleure bon le Bioman.

Résultat de recherche d'images pour "batman ninja"Etant donnée la durée assez courte et le plaisir visuel mais surtout un second degré totalement assumé, ce Batman Ninja se laisse absolument regarder. Sans ambition aucune, il ne dispense pas de revoir la magistrale oeuvre avortée de Zack Snyder mais donne envie d’aller jeter un œil vers les autres films d’animation DC.

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Ronin island #1

Comic de Greg Pak, Giannis Milonogiannis et Irma Kniivila (couleurs)
Kinaye (2020)- Boom studio (2019), 96p., 1 vol paru sur 3.

bsic journalismMerci aux éditions Kinaye pour leur confiance.

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L’album est comme tous les ouvrages Kinaye en format comics a couverture brochée à rabats avec bio des auteurs sur le premier rabat et pub sur une prochaine parution sur le deuxième. L’histoire est composée de quatre chapitres et se termine par un cahier de onze pages de couverture.

Après le Grand vent les survivants se sont regroupés sur une ile où toutes les différences ont été balayées et où fut fondée une société égalitaire. Hana la roturière et Kenichi le jeune homme de bonne famille s’affrontent pour le titre de meilleur guerrier… quand survient une troupe envoyée de l’extérieur par le nouveau Shogun. Coupés du monde, les habitants n’ont pas eu connaissance de l’instauration d’un nouveau pouvoir ni de la menace que représentent les Byonin, démons morts-vivants qui ont conquis une grande partie de l’empire. Les deux jeunes gens vont alors se retrouvés embarqués dans une lutte qui les dépasse et dont la morale risque de se confronter à la devise de Ronin Island: l’union fait la force…

Résultat de recherche d'images pour "ronin island milonogiannis"Je dois dire que les premiers visuels envoyés par l’éditeur pour cette nouvelle série courte (trois volumes) m’avaient plutôt alléchés en proposant des dessins plus adultes que les précédentes parutions du catalogue. Habitué à traduire des séries qui ont déjà quelques années, Kinaye sort ici un album dans la foulée directe de sa publication US. Et ce n’est pas forcément une bonne nouvelle tant Ronin Island m’a paru décevant et banal. J’ai toujours eu du mal avec les histoires dans l’univers des samouraï, qui contrairement à beaucoup ne me fait pas spécialement fantasmer et qui implique une complexité géographique, sociale et politique qui ne me semble pas tellement propice à une publication jeunesse…

Soyons beau joueur, l’ouvrage se lit avec plaisir, rempli d’action et de personnages que l’on attend: le grand général austère, la mamie sage et combative, le jeune impétueux et les politiques retors… Le nom du réputé Greg Pak ne suffit pas à donner du souffle à cette BD qui semble trop formatée sur des lignes formatées de ce genre d’histoire. Pour faire simple, on a affaire à une invasion zombie Résultat de recherche d'images pour "ronin island milonogiannis"qui oblige les deux héros antagonistes mais forcés à collaborer à se porter au secours du Shogun et découvrent une conspiration machiavélique… Peut-être que des enfants qui découvriront cet univers pourront y trouver leur compte, notamment du fait du personnage de la jeune fille combative et de l’aspect cracra des Byonins. Les nombreuses allusions à des termes japonais risquent de les perdre en revanche.

Plutôt bien dessiné (avec toutefois des décors très pauvres, comme de coutume malheureusement dans la BD américaine), Ronin Island peine à nous enflammer par un scénario un peu feignant. Le titre appelait le thème des samurai rônins, des sans-maîtres rebelles à l’ordre établi. Cette idée est quasiment absente puisque l’on quitte très vite l’île dont le background était intéressant, pour partir affronter des vagues de zombies. Les combats sont plutôt bien dessinés et prouvent que c’est bien Giannis Milonogiannis qui sauve les meubles d’une série dont on se demande un peu quel est l’objectif. Dommage.

A partir de 12 ans.

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