***·BD·Nouveau !

Korokke et l’esprit sous la montagne

Second tome de la série écrite par Josep Busquet et dessinée par Jonathan Cantaro. 104 pages, parution le 27/05/22 grâce à Spaceman Project.

Sauce Samouraï

Korokke, l’Oni rouge et bravache, parcourt le Japon en compagnie de son ami Fugu, un renard afin de se confronter aux meilleurs combattants du pays et ainsi, devenir les meilleurs lames nippones de tous les temps. Au cours de leur pérégrinations, Korokke et Fugu croisent la route de Negi, une nonne désespérée qui cherche par tous les moyens à sauver son temple, promis à la destruction par l’immonde Nobunaga.

Le conquérant, qui a sous ses ordres une armée de plus de vingt-cinq mille hommes, qu’il sacrifierait jusqu’au dernier pour accéder au trésor gisant sous la montagne qui abrite le fameux temple. Negi, qui n’a pas de quoi se payer les services de ronins aguerris, va faire des pieds et des mains pour bénéficier du secours de ce duo de sabreurs magiques. Mais Korokke, trop absorbé par sa quête de perfection, et déjà lésé autrefois par la malice des humains, n’est pas prêt à accorder sa confiance une nouvelle fois, et déboute la nonne éplorée.

Décidée à sauver son temple quoi qu’il en coûte, notamment en souvenir de son grand-père, va ruser pour convaincre l’oni et son ami renard de s’associer à sa cause. Ainsi vont commencer les nouvelles aventures de Korokke pour sauver l’esprit sous la montagne !

On peut compter sur les éditions Spaceman Project pour dégoter des projets originaux, variés, et leur donner leur chance via le financement participatif. Korokke, qui avait déjà été plébiscité par les lecteurs lors de la campagne de financement du premier tome, a reçu pour cette suite plus de 120% de participations.

Le protagoniste, Korokke, est un « oni », des démons issus du folklore japonais que l’on pourrait considérer comme des mélanges entre ogres occidentaux et djinns orientaux. Il est généralement admis que les oni rouges sont turbulents, agressifs, extravertis et fortes-têtes, tandis que les bleus seraient plus bienveillants, réfléchis et sereins. On trouve des duos oni rouge / oni bleu à de nombreuses reprises dans la pop culture, comme par exemple Captain America (bleu) et Iron Man (rouge), Superman (rouge) et Batman (bleu), Sonic et Knuckles, Leonardo (bleu) et Raphael (rouge), Hellboy et Abe Sapiens.

En parlant de Hellboy, on peut aisément faire le rapprochement avec Korokke, deux démons rouges au grand cœur qui parcourent le pays et affrontent des adversaires magiques. L’auteur mène cependant son intrigue sans trop de rebondissements ni coups de théâtre, jusqu’à un final qui fleure bon le deus ex machina. Cette fin gâchera quelque peu le plaisir de lecture aux lecteurs pointilleux, mais l’ensemble est suffisamment bien mené pour pour garder son sceau qualitatif.

Entre Hellboy et les Sept Samouraïs, Korokke emportera l’adhésion des amateurs de folklore japonais et d’aventures sabreuses.

****·BD·La trouvaille du vendredi·Rétro

Tebori

La trouvaille+joaquim

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BD de José Robledo et Marcial Toledano
Dargaud (2022)- (2016-2017), 144p., intégrale des trois tomes en édition poche estivale.

Tebori T. 2/3 - Par José Robledo & Marcial Toledano - (...) - ActuaBDLe Tebori est le tatouage traditionnel japonais réalisé sans aide mécanique grâce à des aiguilles. C’est le cœur de cette série et un marqueur important de la tradition japonaise et de la culture Yakuza directement issue des codes Samouraï. Présenté comme cela, pour qui n’est pas fana de manga et de culture nipponne cela paraît moyennement engageant. Pourtant, cette trilogie d’un duo espagnol se fit remarquer lors de sa sortie et je comprend mieux pourquoi à la lecture de cette intégrale format poche qui permet pour l’occasion de tester cette incursion de l’ogre Dargaud dans les formats alternatifs (après Casterman et Futuro). Petit apparte: si vous avez suivi l’actualité de l’édition et les chiffres proprement gargantuesques de la BD en 202, il est tout à fait logique que, forts d’une grande solidité économique, les éditeurs BD poussent leurs expérimentations. Je vois deux avantages à cela: le format entre le comics et le manga peut facilement attirer de nouveaux lecteurs et faire franchir la redoutable barrière des genres (notamment des lecteurs de manga) avec une pagination certes courte pour du manga, mais en full couleur pour moins de dix euros il serait dur de se plaindre. A ce titre, si certains titres de la sélection peuvent interroger, ce Tebori comme le Mecanique Celeste de Merwan (que je vous conseille vivement quel que soit le format!) jouit d’un dessin et d’un découpage diablement dynamique qui cadre parfaitement avec le modèle manga.

Tebori T3, bd chez Dargaud de Robledo, ToledanoRevenons à nous moutons pour expliquer en quoi malgré les superbes dessins du très doué Marcial Toledano (passé depuis sur la saga SF de Runberg Les Dominants) c’est vraiment le thème qui emporte son lecteur sur cette série. Alors que l’album commence sur une poursuite en moto, hommage non voilé à l’ouverture d’Akira, l’intrigue s’avère relativement posée et manque même clairement d’action (le principal défaut de Tebori) pour se concentrer sur les explications très didactiques sur la culture du Tebori, son rôle chez les Yakuza et des descriptifs passionnants sur le développement de cette pègre et sa particularité qui puise ses racines dans la défaite de 1945, l’occupation américaine et l’insularité identitaire japonaise. Car ce n’est pas seulement la corruption qui permet la renaissance sans fin des clans Yakuza mais bien son insertion fondamentale dans la culture japonaise comme incarnation moderne de la tradition rigide du Bushido. Passionnés et passionnants, les auteurs insèrent d’ailleurs en fin de volume un lexique de certains termes utilisées, pas seulement pour l’exotisme mais par soucis de réalisme.

Le personnage principal est un ancien gangster (modèle petite frappe) adopté par un grand maître du Tebori et qui se retrouve à confesser les grands chefs de clans qui viennent recouvrir leur corps d’un « bodysuit », tatouage intégral crée progressivement tout au long de la vie et qui doit refléter l’existence du personnage. Étrangement la BD prend des aspects totalement documentaires pendant une bonne moitié avant qu’un switch fasse basculer l’histoire et accélère le rythme. Ce petit déséquilibre assaisonné d’un soupçon de mystique-fantastique n’est finalement pas dérangeant tant on se passionne pour ces témoignages, sur les innombrables liens culturels qui ont trait à l’obéissance, l’honneur, l’apprentissage d’un art-tisanat ancestral et le refus d’une modernité que beaucoup de japonais semblent rejeter. Si la vision du flic américain rappelle les fondements absolument fascistes de ces gangs (sans parler de leur violence), une autre vision fait de cette culture un conservatoire du Japon d’avant.La bande dessinée Tebori vous initie aux coutumes des Yakuzas en vous  dévoilant les mystères des tatouages japonais

Le personnage principal est étonnamment effacé, sorte de néo-antihéros et d’une personnalité que l’on calque souvent sur les personnages féminins dans la BD. Spectateur d’évènements il peut faire office d’alter-ego du lecteur qui se trouve à attendre un acte de bravoure et s’interroge sur le rôle de cette histoire d’amour à laquelle on a du mal à croire. On ressort ainsi un peu troublé, absolument enjoué par tout le packaging, des thématiques à ce qu’on a appris en passant bien sur par les planches aussi efficaces que précises et élégantes, mais aussi déstabilisé par un déroulement lors duquel on ne sait jamais vraiment sur quel pied danser, jusqu’à une conclusion qui pourrait autoriser un second cycle. Avec quelques défauts, Tebori reste une excellente lecture, une très belle découverte inattendue qui procure le plaisir du voyage sans filet vers une culture qui se dévoile avec respect.

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***·BD·Jeunesse·Nouveau !

Katsuo #1: Le Samouraï Noir

Premier tome de 58 pages de la série écrite par Franck Dumanche et Stéphane Tamaillon, dessinée par Raoul Paoli. Parution chez Jungle le 23/09/2021.

Kat sue, sang et eau

Le jeune japonais Katsuo n’a pas une existence trépidante, mais elle lui convient tout à fait comme elle est: chiller dans sa chambre et jouer aux jeux vidéos, telles sont ses aspirations du moment. Cependant, sa mère et son grand-père ne le voient pas de cet œil. Pour eux, Katsuo gâche son potentiel, alors qu’il pourrait poursuivre son entraînement au Kendo et ainsi reprendre, le moment venu, la direction du dojo familial.

En effet, le grand-père, quelque peu rigide et à cheval sur les traditions, insiste pour que Katsuo se plie au sacerdoce de la famille, et veille sur l’institution fondée par leur ancêtre Honjo il y a plusieurs siècles. L’adolescent, lui, traîne des pieds en allant s’entraîner et préfère ses écrans aux sabres de bois.

Un soir cependant, Katsuo est intrigué par les allées et venues de son grand-père au sous-sol du dojo, et décide d’aller y jeter un oeil. Alors qu’il pose la main sur le sabre révéré par le vieil homme, il se retrouve mystérieusement transporté dans le japon médiéval, où il fait la rencontre d’un jeune homme nommé Honjo, qui n’a alors rien d’un farouche guerrier, et qui est lui-même confronté aux attentes démesurées de son père.

Car il se trouve que le grand-père d’Honjo, et donc l’ancêtre de Katsuo, était parmi les quatre valeureux guerriers qui ont mis fin au règne de terreur du Samouraï Noir, un guerrier affublé d’une armure magique qui a semé le chaos dans l’achipel sous l’ère d’Azuchi Momoyama (1582). Katsuo a donc voyagé dans le temps, alors même que les quatre vieux guerriers sont attaqués et tués les uns après les autres. Le Samouraï Noir serait-il de retour ?

Aventures à la sauce Samouraï

A priori, le lecteur ne sera pas dépaysé à la lecture du pitch de Katsuo: un jeune garçon a priori lambda mais attachant, va sortir de sa zone de confort et être confronté à une situation extraordinaire qu’il devra résoudre en utilisant un pouvoir magique. Rien de bien neuf sous le soleil, même si l’on ajoute le paramètre du voyage dans le temps, qui promet des situations cocasses de décalage et d’incongruité.

Le thème des traditions et de l’impact qu’elles doivent et peuvent avoir sur la jeune génération reste néanmoins intéressant, la culture nippone, elle-même partagée entre tradition et modernité, étant un terreau idéal pour exploiter cette dichotomie.

On pourra reprocher un manque d’originalité dans l’antagoniste, qui, sous ses airs assumés de Shredder, n’apporte pas grand chose à la thématique du récit. On aurait sans doute préféré un adversaire plus étoffé, et qui, pourquoi pas, aurait lui-même été confronté à une sorte de pression familiale. Au lieu de ça, on a quelque chose de plus basique, et donc, de moins mémorable.

Ce petit manichéisme mis à part, le rythme de l’album reste dynamique, avec une introduction rapide, même si l’exposition est quelque peu pataude, ou en tous cas, très explicite, par moments. Difficile de déterminer si les auteurs ont pris ce parti en raison du lectorat cible ou bien par maladresse, toujours est-il que certains éléments auraient du être amenés avec plus de subtilité.

Une fois Katsuo projeté dans le passé, les actions s’enchaînent de façon fluide et rapide, amenant à un climax bref mais survitaminé. Côté graphique, Raoul Paoli fait le choix de la clarté et de la décompression pour ses planches, usant d’un trait résolument orienté manga, avec des expressions typiques de ce médium et des poses dynamiques.

En bref, un album jeunesse agréable à lire, quand bien même il ne révolutionne pas le genre.

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**·***·Manga·Nouveau !·Rapidos·Rétro·Service Presse

Manga en vrac #14: L’atelier des sorciers #8 – survivor’s club #1- Outsiders #2

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  • L’atelier des sorciers (Shrahama – Pika) – (2020) 2021, série en cours, 8/8 volumes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Pika pour leur confiance.

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Après un billet découverte enjoué et un gros billet de rattrapage, on prend une vitesse de croisière sur cette sublime série qui emprunte à l’ambiance graphique des dessinateurs italiens classiques. Avec une réalisation loin de la frénésie d’un Boichi sur Dr. Stone (qui ponds tout de même cinq volumes par an!!!) l’édition française apprend la patience puisque nous suivons de près la parution japonaise (qui sort tout de même deux volumes par an).

Ce volume marque une pause assez conséquente dans l’intrigue puisque de retour dans l’atelier, Coco se retrouve à travailler avec Tarta, le jeune artisan qui a enfin décidé de devenir sorcier. Les deux apprentis vont ainsi travailler à aider le jeune garçon dont les jambes avaient été écrasées lors de l’incident de la rivière du tome deux, en attendant de se rendre à la Fête de la Nuit d’argent. Dans cet intermède Kieffray et les amies de coco disparaissent pratiquement de l’intrigue pour laisser la place à un pure shonen où les enfants vont disserter du rôle de la magie, de l’amitié, des rêves de progrès etc.

Ca reste très beau à regarder, avec tout de même le développement de quelques personnages nouveaux (et fort mystérieux…) et l’on sent le doigt de l’autrice qui nous rappelle les risques pour les jeunes sorciers de vouloir se soustraire des règles d’utilisation de la magie (pour rappel il est interdit de ressusciter et même soigner par la magie). Cet épisode n’est donc pas inutile et a son rôle dans la progression psychologique de Coco… mais ne vous attendez pas à de grands moments d’action ni de paysages fantasmagoriques. C’est donc très sage, avant sans doute un rebonds dès le prochain volume prévu pour la fin d’année.

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  • Survivor’s club #1 (Aosei/Anajiro – Delcourt) – (2017) 2020 série en cours, 1/3 volumes parus.

Une vague de human-bomb survient dans les lycées japonais… L’une des victimes trois ans auparavant, réunit d’autres victimes pour leur dévoiler ses découvertes sur un lien entre tous ces élèves harcelés désespérés au point de vouloir emporter leurs camarades dans la mort…

La jeune équipe de cette trilogie (le dessinateur a une autre série en cours éditée chez nous par Ki-oon et le scénariste en est à sa première réalisation) nous convie dans la problématique du harcèlement scolaire colorée de la violence sociétale japonaise et de la difficile sexualité des lycéens.  Contrairement à ce que le titre pourrait laisser entendre il ne s’agit ni réellement d’un survival ni d’un battle royal, mais bien d’un thriller psychologique où un jeu malsain s’installe entre une preneuse d’otage et des élèves sommés de se dénoncer les uns les autres dans des détails bien sordides. On aborde les pulsions sexuelles cachées et la vie en société plus que le harcèlement proprement dit (qui est ici évoqué à des niveaux assez graves!). Le scénario malin met en parallèle la discussion d’une victime-enquêteur qui tente de confondre d’éventuels complices de celui qui a emporté son bras dans son acte kamikaz, et l’action en directe de la prise d’otage. On est assez mal à l’aise devant toute cette malveillance mais sur le point de l’intrigue on peut dire que c’est efficace et qu’on a bien envie de savoir comme cette affaire va tourner, d’autant que le format court implique une avancée rapide et une intrigue relativement simple.

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  • Outsiders #2 (Kanou – Ki-oon) – 2021 série en cours.

bsic journalismMerci aux éditions Ki-oon pour leur confiance.

outsiders-2-ki-oonJ’avais bien accroché sur le premier tome de cette série originale de chez Ki-oon (dont le premier volume est sorti début 2021), notamment sur un humour bourrin qui donnait une saveur sympa au duo vampire/garou et le développement d’un background qui évitait la fréquente temporisation inhérente au format long des manga. La chute laissait entrevoir des enquêtes fantastiques faisant qu’on avait hâte de lire la suite. Malheureusement ce second tome s’avère assez décevant en bifurquant vers du Shojo pure jus où l’héroïne Ema passe son temps à s’intéresser aux problèmes des copines et sa sœur aux relations, qu’elle croit homosexuelles, des deux êtres fantastiques. D’ailleurs la relation homosexuelle est traitée de façon étonnamment normale dans un manga qui n’est pas spécifiquement Yaoi, avec par exemple deux filles dont on nous parle du mariage sans commentaire particulier. L’histoire laisse un peu de côté l’agence de détectives (alors qu’on venait d’apprendre la vrais nature de l’alliance entre le vampire et le garou) pour nous parler des thématiques classiques de lycées: harcèlement, mal être, jeunes abandonnés par leurs parents, performance sportive,… Ce qui m’avait accroché dans le premier volume, les dessins chargés et l’humour lié aux deux personnages masculins est totalement mis de côté et on avance assez laborieusement vers un démarrage d’enquête autour de deux cadavres retrouvés et qui obligent Ema la curieuse à se lancer dans des recherches. Je n’ai pas compris pourquoi il fallait un tome entier pour commencer une enquête, qui est tout de même l’intérêt premier de cette série… ou pas? Il faudra donc attendre le prochain volume pour voir vers quel genre s’oriente Outsiders car entre les relations adolescentes et les enquêtes paranormales on n’est pas tout à fait sur le même public…

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***·Comics·East & West·Nouveau !

Year Zero #1

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Album de 110 pages comprenant les cinq volumes de la mini-série Year Zero, écrite par Benjamin Percy et dessinée par Ramon Rosanas. Parution en France chez Panini Comics le 17/03/2021.

Dur, dur d’être un zombie

En cette période pour le moins singulière où chacun de nous est un survivant, Panini Comics a jugé opportun de lancer deux nouveaux albums sur le thème de la pandémie. Cet argument de vente, certes opportun, d’en comporte pas moins des promesses de frissons, et, pourquoi pas après tout, de bonnes lectures.

Dans ce Year Zero, nous allons suivre les mésaventures d’un certain nombre de protagonistes, répartis dans le monde et ayant chacun leur manière d’affronter cette fin du monde.

Sara Lemons est en mission dans le cercle polaire, afin d’étudier les couches glaciaires. Elle espère y trouver un remède aux maux qui agitent notre siècle, qu’ils soient climatiques, énergétiques, sociétaux ou médicaux.

A Mexico, Daniel Martinez, jeune orphelin des rues, fait ce qu’il peut pour survivre et échapper aux cartels qui ont tué sa mère, convaincu qu’il survit par la grâce divine.

Saga Watanabe, lui, tue des gens pour vivre, principalement à Tokyo. Il exécute un dernier contrat censé lui offrir une porte de sortie, une retraite bien méritée avec l’amour de sa vie.

Fatemah Shah, quant à elle, vit en Afghanistan, où elle sert d’interprète et d’informatrice aux soldats américains.

B.J. Hool, enfin, est un américain moyen, un survivaliste nihiliste qui a passé sa vie à se préparer à ce genre d’événement.

Comment ces gens très différents vont-ils réagir lorsque les morts vont se relever, victimes d’un pathogène qui en fait des zombies anthropophages ? La réponse est simple: plutôt mal. Mais ça n’empêchera aucun d’eux de poursuivre ses objectifs ou de s’en trouver de nouveaux, car la vie, au contraire de la mort, n’a rien de permanent et évolue sans cesse.

Vaut mieux vivre avec des vrais morts qu’avec des regrets

Il apparaît assez vite après le premier chapitre que ces protagonistes ne sont pas destinés à se rencontrer. Oublions-donc tout de suite la perspective d’un récit choral ou de survie à la Walking Dead. Chacun des protagonistes possède sa propre ligne narrative, qui ne croise à aucun moment celle des autres, excepté celle de Sara Lemons, qui se déroule un an avant la pandémie, et qui influe donc sur le reste.

Les sauts et ellipses entre les différents personnages dynamise le rythme du récit mais donne également une sensation de survol, l’auteur se concentrant sur l’essentiel de sa narration sans étoffer davantage certains points qui auraient mérité de l’être.

Year zero - BDfugue.com

Le point de vue interne des protagonistes reste tout de même très intéressant, chacun d’entre eux ayant des croyances et un vécu qui définissent leur vision du monde, et nécessairement, leur réaction face l’apocalypse zombie. Saga Watanabe et Daniel Martinez recherchent la vengeance, tandis que Fatemah cherche l’émancipation et la rédemption. BJ Hool quant à lui, a vécu isolé toute sa vie et ne découvre que maintenant l’intérêt de créer du lien avec une autre personne.

Le parcours de Sara, qui sert de préquel, a des relents de The Thing (la base polaire, une créature sortie de la glace) mais n’exploite malheureusement pas le vivier horrifique que recèle cette prémisse, du fait des ellipses et du peu de temps consacré à cette partie. Le reste des trames individuelles est ô combien classique, hormis sans doute celle du nerd survivaliste qui tombe amoureux, qui comporte son lot d’ironie et d’humour grinçant.

Year Zero vous sera sans aucun doute un peu survendu par Panini Comics en raison du contexte pandémique, mais pas d’affolement: nous ne sommes pas en présence d’un incontournable du récit de zombies, même si l’exécution reste bonne et agréable à suivre. A priori, un deuxième volume est sorti aux US et ne devrait pas tarder à traîner des pieds jusqu’ici pour tous nous dévorer.

****·BD·Nouveau !

Yojimbot #1: Silence métallique

La BD!

Premier tome de 147 pages d’une série écrite et dessinée par Sylvain Repos. Parution le 29/01/2021 aux éditions Dargaud.

Drone Wolf & Cub

Dans un environnement devenu hostile pour les humains, une communauté de droïdes, partie intégrante d’un parc à thème aujourd’hui en ruines, poursuit inlassablement sa routine malgré la disparition des visiteurs.

Conçus pour être des samouraïs automatisés, les droïdes agitent régulièrement leurs sabres, croisant le fer comme ils le faisaient autrefois pour divertir les clients. Un beau jour, le n°063 découvre un jeune garçon errant dans le parc. Bien vite retrouvé par son père, le jeune Hiro est traqué par une escouade de soldats, acquise à une sombre cause mettant manifestement en jeu le sort de l’Humanité.

D’abord déboussolé par des directives antinomiques, n°63 finit par outrepasser les contradictions de sa programmation et sauve Hiro des cruels soldats, façon bushido.

Malheureusement, ces soldats n’étaient pas les seuls à en vouloir à Hiro, qui est désormais orphelin et a besoin d’assistance, pour laquelle n°63 est en partie programmé… à moins que ?

Débute alors une course-poursuite haletante à travers les ruines du parc, n°63, désormais baptisé Sheru s’étant donné pour mission d’assurer la sécurité du jeune garçon en le remettant aux alliés de feu son père. En chemin, le duo se trouvera d’autres alliés métalliques, et bien sûr, d’autres ennemis acharnés…

Métal muet

Comme évoqué dans nos précédents articles, le thème du duo badass/enfant est largement utilisé en fiction, associant deux figures opposées, l’enfant dépendant du badass pour sa protection, tandis que le badass se découvre ou se redécouvre au contact de l’enfant.

Dans Yojimbot, ce duo prend une coloration particulière, de par la nature mécanique du protecteur. L’ambiance post-apocalyptique est avant-tout reflétée dans l’état de décrépitude du parc, autrefois temple de la consommation, aujourd’hui mausolée abritant les vestiges de la gloriole humaine.

On sent l’attachement du garçon envers son gardien impromptu sincère, tout comme doit l’être celui de l’auteur envers ses personnages. Néanmoins, à première vue, on peut se demander comment des robots, conçus pour le show et le divertissement, peuvent se révéler être des machines aussi létales. Mais comme vous vous en doutez, la règle implicite de coolitude permet de dépasser ce genre d’incongruité, pour un plaisir de lecture débridé.

Si le cœur de l’histoire, à savoir le lien entre Sheru et Hiro, fait mouche, l’univers quant à lui soulève pour le moment beaucoup de questions. Gageons que l’auteur saura révéler ses cartes en temps voulu afin de donner une profondeur bienvenue à ce récit d’action décomplexée dont le titre est bien entendu un hommage au mythique lapin-samouraï Yojimbo.

La partition graphique de Sylvain Repos est impeccable, sa narration éclatée donne de la respiration et du dynamisme à l’album. Ce premier tome interpelle, flatte la rétine et accroche pour la suite !

*****·East & West·Manga·Nouveau !·Service Presse

Ajin, semi-humain #15-16

East and west

Manga de Gamon Sakurai
Glénat (2015-2021) – ed. japonaise Kodansha (2012). 228 p., 16 volumes parus (série finie en 17 vol.).

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Merci aux éditions Glénat pour leur confiance.

 

couv_414624La base d’Iruma dévastée, Sato dans son Jet, son bras a été récupéré et inséré dans le piège qui doit mettre un point final à l’odyssée de ce génie du crime… Mais alors que Kei Nagaï et son équipe ne voient toujours pas le retour de Sato, le doute étreint le jeune homme: est-il seulement possible de vaincre Sato? Son esprit n’est-il pas tout simplement supérieur au leur?

Attention Spoilers! Il vaut mieux être à jour avant de lire cette chronique…

Scan Ajin 78 VF scan • one piece scanEn miroir des héros d’Ajin, le lecteur qui entame les trois derniers volumes (de ce qui est pour moi la meilleure série manga depuis Akira!) doute en se demandant comment l’auteur va pouvoir boucler son intrigue avec un dix-septième tome paru au Japon… Quand on aime se faire manipuler par des scénarii minutieux on ne peut bouder son plaisir devant cette série qui a donné le jour à rien de moins que le plus charismatique méchant jamais vu en BD… Cela permet de maintenir le lecteur sur la brèche, ne sachant jamais où va tourner le vent.

Après une nouvelle bataille épique dans une base exsangue l’intervention de l’équipe anti-Ajin semble boucler le plan infaillible de Kei Nagaï. Personne ne voit comment Sato peut s’en sortir… et pourtant! Avec toujours un coup d’avance ce dernier décide de quitter le Japon pour poursuivre son oeuvre révolutionnaire aux Etats-Unis… Le fil est tout trouvé pour réintroduire le professeur Ogura, le très désinvolte spécialiste des Ajin qui révéler des sa vision de l’origine des Ajin. A ce moment, surpris de ces révélations tardives alors même que l’intrigue semble loin d’être finie, on assiste à l’apparition d’un Flood, cette génération spontanée évoquée plus tôt dans la série par le professeur et qui crée une situation proche d’un apocalypse zombie…

AJIN: Demi-Human No.74.5 - Comics de comiXology: WebA ce stade, toujours sidéré par la précision des dessins et une action effrénée dans la maîtrise des corps et du mouvement on imagine que la conclusion de la série ne peut être que le commencement d’un autre cycle, plus vaste? J’ai eu le sentiment que les dessins des derniers volumes avaient évolué, notamment le visage de Nagaï, adolescent au début du manga et qui semble avoir acquis une physionomie adulte arrivé au seizième tome. Est-ce juste une progression technique de l’auteur ou une volonté d’exprimer dans les corps les effets de toutes ces morts et mutilations? Toujours est-il que rien à ce stade ne laisse penser dans le déroulement des opérations comme dans la structure du récit (qui propose un nouveau flash-back et des concepts sur les Ajin) que l’on arrive à la fin. Du coup la tension est à un niveau insoutenable avant d’entamer un dernier tome que l’on imagine probablement très frustrant… conclusion dans quelques mois!

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****·Manga·Nouveau !

Asadora! #2-3

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Manga de Naoki Urasawa
Kana (2020-)/ Shogakukan (2018-), série en cours, 3 tomes parus (4 au Japon).

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Asa Asada manque de reconnaissance! Dernière d’une famille nombreuse dans le Japon de 1959, personne ne se rappelle de son nom… Pourtant elle ne manque pas de tempérament et de détermination. Lorsqu’un Typhon ravage sa ville natale elle mets tout en œuvre pour aider les rescapés, avant même l’arrivée des secours. La voilà embarquée dans des aventures qui feront d’elle une as de l’aviation, avant que quelques années plus tard un mystérieux agent du gouvernement lui demande de venir en aide à son pays…

Asadora tome 3 - BDfugue.comJ’ai découvert cette série à l’occasion du jury BDGEST’arts et suis immédiatement tombé fan de cet auteur et de son héroïne. Je n’ai pu parler que très rapidement du premier volume, alors vue la qualité de la série je voulais vous parler plus en détail d’Asa…

Après un démarrage sur les chapeaux de roue, on continue à suivre Asa enfant dans le second tome qui nous montre comment elle en est venue à apprendre le pilotage, avant de basculer des années plus tard dans le troisième volume où, adolescente, elle se retrouve tiraillée entre ses envies de jeune fille des années soixante (et le projet de girls band de ses copines) et son esprit responsable qui la pousse à devenir… agent secret!

Jouant sur les temporalités (j’avoue que je regrette un peu de quitter si vite la pétillante gamine des deux premiers volumes…), Urasawa déroule son récit avec une maîtrise technique impressionnante, que ce soit dans le découpage, l’expressivité des personnages et les ficelles classiques mais efficaces du feuilleton. Avec une galerie de personnages et de tronches tous plus réussis les uns que les autres on ne s’ennuie pas une seconde dans une histoire dense qui égrène lentement ses indices reliant les premières images d’apocalypse Kaiju du premier volume avec la jeunesse de l’héroïne. Entre la tradition et la modernité naissante du Japon des sixties, la série est totalement accessible à un lectorat occidental, comme rarement un auteur japonais aura su le faire. Je suis assez peu intéressé par la psycho-sociologie japonaise qui est souvent décrite dans les manga, pas plus que par les détails sur le japon historiques et j’ai été ici tout à fait pris dans ce vernis qui fait par moment penser à la langueur d’un In the mood for love.

Asadora ! #3 • Naoki Urasawa – La pomme qui rougitL’aspect fantastique reste pour le moment totalement … fantastique (dans son sens littéraire) soit en sous-texte et permet de créer une tension légère en poussant Asa vers une double vie lorsqu’un ancien officier de son désormais partenaire d’aviation Kasuga lui propose d’entrer au service du gouvernement pour combattre la menace réel du monstre qu’elle a vu lorsqu’elle était enfant. Cette idée de double vie (avec peut-être une identité secrète?) nous plonge dans le feuilleton d’aventure malgré l’habillage très historique avec cette ambiance lycéenne et la course de son ami Shota vers les jeux Olympiques. Le propos général est toujours décalé dans Asadora!, créant une légèreté qui aide à aborder des sujets difficiles comme la pauvreté, le statut d’orphelin et les catastrophes coutumières du Japon. Que ce soit donc ce Shota que personne n’imagine arriver au niveau pour participer aux JO, cette gamine avec un manche à balais dans les mains distribuant des gâteaux par ballons-parachutes ou ce barbouze qui veut préserver les JO du Kaiju, rien n’est bien crédible et pourtant on marche à cent pourcent car le rythme est effréné et le plaisir graphique permanent.

Bien malin celui qui dira où nous emmène Naoki Urasawa mais avec un auteur maîtrisant autant son art on lue suivrait jusque sur la Lune!

***·Manga·Nouveau !·Rapidos·Service Presse

Les 7 ninja d’Efu #4-5

Salut, à tous! Exceptionnellement pas de C’est lundi cette semaine. En remplacement, une fournée de manga et comics très récents (et franchement WTF!) grâce à nos partenaires,  avec les derniers Teenage Mutant Ninja Turtles et Rick &Morty de chez Hicomics, le dingue Shaolin Cowboy et on terminera la semaine avec un nouveau guide de lecture sur le cycle de Shaïgan de Thorgal et le dernier Dr. Stone!

Allez, on commence tout de suite avec la suite de l’étonnant 7 Ninja d’Efu proposé par Meian.

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Manga de Takayuki Yamaguchi,
Meian (2019-), 190 p./tome, 5 tomes parus en VF (9 en VO).

Les volumes comprennent en introduction un résumé et un sommaire des chapitres et des cycles, qui aide bien à s’y retrouver dans cette histoire aux coupures sèches entre les parties. Je vous renvoie au billet sur le début de la série pour la description physique des volumes.

bsic journalismMerci aux éditions Meian pour leur fidélité.

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  • Tome 4:

Efu no Shichinin - Raw chap 25, Read Efu no Shichinin - Raw chap ...On termine l’intrigue commencée sur les îles Ryukyu situées à l’extrême sud de l’archipel japonais avec la trahison du seigneur fou Hideyori Toyotomi qu’une armée est venue sauver. Soumettant son ancien allié (et désormais considéré comme un « chien » à d’atroces sévices, il provoque la naissance d’un nouvel (et dernier) Onshin. Comme depuis le début, la description physique de certains personnages, le nombre de ceux-ci et le rythme très rapide de l’histoire fait que l’on peut avoir du mal à distinguer certains protagonistes et s’y perdre un peu. Il faut donc rester vigilants malgré des planches tournées vers l’action et à la lecture rapide.

Le volume démarre ensuite le « cycle des guerriers légendaires et des démons » où l’apparition d’un ronin légendaire va simplifier l’histoire, plus linéaire et plus facile à suivre. Son affrontement contre un démon rattaché à une chrétienne va occuper le reste du tome. Comme depuis le début, âmes sensibles s’abstenir, l’auteur fait œuvre de grande cruauté et de manipulations corporelles que ne renierait pas David Cronenberg…

  • Tome 5:

Efu no Shichinin - Raw chap 25, Read Efu no Shichinin - Raw chap ...Ce volume comprend la fin du récit du guerrier Musashi (l’histoire la plus simple et la meilleure jusqu’ici) et continue sur deux chapitres traitant de l’armure géante Burokken. L’aspect « mecha » par les différentes armures et carapaces d’Onshin prend de l’importance et accentue l’originalité de cette étonnante série dont la complexité narrative ne doit pas cacher une vraie création artistique, parfois sensiblement influencée par Berserk. L’aspect organique des dessins, très en phase avec un pan de l’imagerie manga et les magnifiques couvertures couleurs donnent une vraie particularité à une série qui demande un peu de patience, le temps que l’intrigue se mette véritablement en route.

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Ronin Island #2

Jeunesse

Deuxième tome de 112 pages d’une série écrite par Greg Pak et dessinée par Giannis Milonogiannis. Parution en France le 19/06/2020 aux éditions Kinaye.

Blanche-Neige et les 47 Ronins

badge numeriqueLe premier tome de Ronin Island n’avait pas convaincu le père Blondin, de par une intrigue convenue et des graphismes sans touche particulière. Qu’en est-il de ce second tome ?

Hana et Kenichi ont grandi sur la même île, mais ils ne sont pas du même monde. Dans l’ère féodale du Japon, chacun ne survit que s’il sait rester à sa place, et le système de castes s’assure du respect de ce statu quo. Kenichi, fils d’un samouraï déchu, porte sur ses épaules le poids des traditions et de la gloire perdue de son clan. Hana, quant à elle, rêve d’un avenir meilleur que ce à quoi sa basse extraction semble la promettre.

Toutefois, sur l’île des Ronins, chacun peut faire la démonstration de sa valeur, et c’est ainsi que les deux jeunes gens ont pu suivre l’entraînement du même maître, Ito, qui a fait d’eux des combattants dévoués à la cause commune. L’isolement insulaire de cette petite communauté va cependant être rompu par l’incursion des soldats du Shogun, seigneur local qui envoie ses hommes réquisitionner tout ce qui peut l’être, pour l’aider dans la grande lutte contre les Byonins, démons invincibles qui ont dévasté le pays.

Kenichi, Hana et Ito vont donc être embarqués de force à la rescousse du Shogun, qui va s’avérer n’être qu’un lâche machiavélique et cruel. Nos héros vont donc devoir conspirer, à la manière des 47 Ronins de la légende, dans le but de se débarrasser de l’indigne seigneur et ainsi préserver leur île.

Roninera bien qui Roninera le dernier

Le problème, c’est qu’Hana et Kenichi ont chacun leur idée sur la meilleure façon de protéger les intérêts de l’Île. Parviendront-ils à repousser les Byonins tout en évitant le pire à leur communauté ?

Comme le soulignait Blondin, l’intrigue de Ronin Island promettait quelque chose d’intéressant, pour peu que l’on soit intéressé par les univers nippons et la culture des samouraïs. L’utilisation des créatures-qui-ne-sont-pas-techniquement-des-zombies nous ramène nécessairement aux poncifs liés à ce genre de récits, et à la lecture, on sent bien que Greg Pak, scénariste pourtant confirmé, a du mal à s’en départir.

L’intrigue tient néanmoins debout, même si quelques retournements de situations peuvent donner un sentiment d’inconstance chez les héros. Mais même cet aspect-là peut s’entendre, les héros étant jeunes et dans une situation qui les force à s’adapter sans cesse. A ce stade de l’intrigue, on distingue d’ailleurs assez bien les différences de point de vue entre les deux guerriers, et les causes qui expliquent ces façons de penser différentes.

Les créatures quant à elles, sont un exact miroir de celles que l’on peut trouver dans Green Class, la cause de la transformation étant ici clairement attribuée à un champignon. Les dessins de Giannis Milonogiannis lorgnent résolument, et de façon assez logique, du côté du manga, sans nécessairement taper dans l’appropriation culturelle.

Forte de ses deux tomes, la série Ronin Island reste une lecture agréable, prenante et engageante, dont on a hâte de découvrir la suite notamment grâce à des personnages attachants et en pleine construction.