BD·Rapidos

Lord of burgers

Pour garder une homogénéité au thème de ce blog (l’imaginaire et le graphisme) sans oublier les lectures moins glorieuses, je vais désormais publier des billets courts sur mes lectures, notamment prises en bibliothèque. Ça permettra d’être plus exhaustif.

Lord of Burgers c’est une série (plutôt pour ado) en 4 tomes d’Arleston et Barbucci (en directeur créatif: entendre « coach de jeunes illustrateurs qui n’en veulent »… puis en illustrateur principal sur les tomes 3 et 4). Un grand chef est assassiné alors que son fils bosses dans le burger pour le faire ch… et sa fille se passionne pour les lames japonaises. Ils se retrouvent contraints de reprendre le resto pour faire face aux dettes. En somme l’histoire du film « Ratatouille » mais en BD.LORD OF BURGER T01NEW[GL].indd.pdf

Et donc? Ben c’est sympa et original et se déguste plus comme un bon hamburger que comme un repas trois étoiles. On est en plein dans l’humour manga à base de grimaces et d’exagérations too much. Le dessin est correcte sans plus et l’arrivée aux crayons de Barbucci ne rehausse en rien la qualité (qui reste homogène sur les 4 volumes). L’esprit jeune branché est clairement destiné aux ado et l’on imagine plus cette série en lecture d’été dans Lanfeust Mag qu’en tirage de tête précieux dans votre bibliothèque. Une bonne lecture de bibliothèque en somme.

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Manga

Ascension

Manga de Shin’ichi Sakamoto (dessin) et Yoshio Nabeta (scénario)
Editions Delcourt
17 volumes (2008-2011).

113598_cCe manga de taille raisonnable est édité en France par la collection Manga de Delcourt. La qualité reste celle du manga (pour le prix du manga…) mais la BD est agrémentée dans chaque volumes de cahiers vraiment intéressants puisqu’ils consistent en un lexique de termes d’escalade et d’une interview d’un alpiniste japonais chevronné. L’intérêt de ce manga résidant justement dans sa fidèle description de l’univers de l’alpinisme, pour le coup c’est du bonus qui ne fait pas gadget comme souvent chez les éditeurs de manga. Sinon, le découpage du dessinateur étant assez aéré, l’on a une impression d’espace fort agréable lorsqu’on lit les aventures de Buntaro Mori.

Ascension est un Seinen et prends pour point de départ la découverte de l’escalade par un lycéen solitaire et la révélation qu’elle lui procure. Mori a un don pour l’escalade et l’on va très vite quitter l’univers du lycée pour celui, adulte et professionnel, de l’alpinisme, avec son esprit de compétition et de dépassement de soi. Le récit décrit l’évolution psychologique de ce garçon aux capacités exceptionnelles et ses difficultés à entrer dans le monde des adultes.

kokou_no_hito_2182375Ma connaissance des manga reste basée sur les grands chefs-d’œuvre de Masamune Shirow et Kastuhiro Otomo et je découvre progressivement les bonnes séries qui se rapprochent des habitudes du lecteur  de BD franco-belge. La plupart des Manga sont l’œuvre d’un seul auteur et le fait qu’Ascension soit une adaptation littéraire et créé par un duo scénariste-illustrateur n’est sans doute pas pour rien dans l’attrait de la série. S’il est certain que le trait de Shin’ichi Sakamoto est particulier, à la fois terriblement élégant et parfois très dur dans les élans fantasmagoriques que l’on peut également trouver dans sa série sur la révolution française, l’intérêt principal réside dans la précision chirurgicale de l’univers des grimpeurs. Le trait est extrêmement technique sur les très nombreuses cases présentant du matériel de montagne. Les visages androgynes sont plus coutumiers des manga et donnent un côté exotique à une histoire qui aurait parfaitement pu être racontée depuis l’Europe.

477549kokounohito2228781Cette série est une véritable découverte, à la fois graphique et scénaristique. La France est le second marché du Manga et il faut en profiter vue la richesse et la variété de ce qui est disponible. Ascension est une vraie bonne série (l’un des meilleurs manga que j’ai lu) qui dépasse largement la BD de consommation que l’on trouve dans pas mal de manga.

Fiche BDphile

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Jeunesse·Manga

Jaco, the galactic patrolman

Akira Toriyama79334

Glénat (2015)

(version japonaise Shueisha 2013)

L’ouvrage est au format manga avec lecture dans le sens original, sur une relativement petite pagination de 247 pages. Une jaquette reprenant la couverture et la quatrième équipe l’album. L’histoire est découpée en 11 chapitres plus un épilogue faisant la liaison avec la série Dragonball. L’impression est faite en Italie. Sur la fabrication rien à redire, c’est de la qualité manga (moyenne), mais l’impression reste de grande qualité et les traits et trames diverses du studio de Toriyama ressortent parfaitement.

Cet album sorti tardivement (presque 20 ans après la fin de parution de la série phare) propose une introduction douce à l’univers d’Akira Toriyama et à celui de Dragonball. L’on retrouve tout ce qui fait la force de l’auteur: l’humour décalé, la qualité du trait et des arrières-plans, le dynamisme et l’esprit d’amitié entre les personnages. L’on se prend ainsi à redécouvrir la précision des cases et un certain classicisme de Toriyama dans le découpage contrairement aux lacérages d’un Shirow par exemple. Et si les mangaka ont l’avantage de travailler en studio, la rectitude de tous les éléments architecturaux et perspectives rappelleront aux auteurs et éditeurs occidentaux que la BD reste un art total qui ne se limite pas aux personnages…

L’histoire est assez anecdotique (même si l’on trouve une foule de clins d’œil à Dragonball suffisamment mystérieux pour attiser l’imagination) mais la lecture plaira autant aux jeunes découvreurs de Dragonball qu’aux fans de l’auteur désireux de découvrir ses œuvres mineures. A ce titre, Glénat assure son rôle d’animateur de l’édition manga en France en permettant une exceptionnelle distribution des œuvres majeures en français, sans démarche commerciale exagérée. Une rafraîchissante introduction à un monument de la BD mondiale.

Fiche BDphile

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Comics

Tokyo Ghost

Rick Remender, Sean Murphy, Matt Hollingsworth91984

Urban comics – Indies (2016)

(version US Image comics 2015)

Ouvrage au format proche du comics, compact, élégant reprenant les cinq premiers volumes des fascicules américains. On notera avec plaisir le délai très court de l’adaptation française par Urban, avec une traduction très correcte. La couverture de l’édition française reprend celle du cinquième volumes américain. L’ouvrage est imprimé en Roumanie. Un cahier de 18 pages de bonus est inclus à la fin, reprenant l’ensemble des couvertures américaines, des croquis sur la création du logo, celle des personnages, sur la mise en couleur (toujours fascinant!) et des biographies des auteurs. La quatrième de couverture indique une histoire en deux volumes, information toujours précieuse. C’est (comme souvent chez Urban) un très bon boulot d’édition.

Rick Remender est l’étoile du comics indépendant du moment, avec des séries comme Fear Agent, Low ou Black science. Les choix d’association graphique de l’auteur ont la particularité d’être particulièrement homogènes et de se rapprocher d’un style européen. Il en est de même des thèmes et traitements que l’on pourra qualifier de « crus »… Il ne s’agit absolument pas d’une BD pour enfants tant les auteurs n’assument aucune contraintes dans leurs souhaits scénaristiques. C’est trash, gore, directe, sans compromis… et très loin du puritanisme codifié des grands éditeurs américains. Un esprit européen à 100% Et on aime!

Les thèmes de Remender ne sont pas nihilistes comme on peut le lire. S’ils sont clairement très noirs, il ressort toujours une forte note d’optimisme. Une clarté forte dans un univers très noir en somme. Dans Tokyo Ghost, nous suivons le chemin sanglant de Led Dent, une sorte de super-tueur à moitié cybernisé et sa dulcinée »tech-free ». Ce duo improbable parcourt un univers cauchemardesque où TF1 a gagné et zombifié l’ensemble de la population devant des programmes télé omniprésents, hyperviolents et pornographiques. Toute ? Pas tout à fait. Au japon survivrait un havre vierge de toute technologie que la multinationale Flak ne tolère plus… L’ensemble de la BD tourne autour de cette dualité technologie/nature. L’idée rappelle le film Wall-E avec ses humains obèses vissés devant leurs écrans, mais dans un esprit plus qu’adulte cette fois. Si un Black science patinait un peu dans ses premiers volumes, le cheminement de ce premier volume de Tokyo Ghost est particulièrement bien équilibré (bien que très tourné vers les carnages) et laisse peu de regrets une fois la dernière page tournée. On attend la suite avec impatience.

Addendum juin 2017: Le second et dernier volume est sorti et confirme largement les espoirs mis dans cette série, la meilleure de Remender à ce jour selon moi. Il est rare d’avoir des séries US aussi courtes et maîtrisées. C’est radical jusqu’au bout et intelligent en diable. Du coup on est pas loin des 5 « Calvin » de notation…

note calvin

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