***·Manga·Numérique·Rapidos

Glaucos #1

esat-west

Manga de Akio Tanaka

Glénat (2006-2007) – Kodansha (2004), 220p./volumes, série finie en 4 tomes.

glaucos01

Cissé est né dans la mer, mystérieusement, et sauvé par des dauphins. Ayant grandi auprès d’un pécheur sur un îlot du Pacifique, il est un jour repéré par l’ancien champion du monde de plongée en apnée qui voit en lui le successeur destiné à récupérer le record de profondeur…Killy on Twitter: "À noter qu'Ascension est une adaptation du ...

L’ouvrage commence comme un mythe, surprenant, un peu brutal: l’image d’une femme accouchant au milieu de l’océan, sur des planches en couleur de toute beauté et très poétiques. Puis on bascule dix-sept ans plus tard: Cissé, jeune homme longiligne et sec, aux yeux et lèvres le rapprochant des poissons, danse au fond de l’eau. Le rythme de ce premier tome avance vite puisque en deux-cent pages on assiste à la naissance de Cissé, son départ pour le Japon, lui qui n’a jamais reçu la moindre éducation scolaire et n’est jamais parti de son îlot, ses analyses médicales surprenantes et le début de sa formation pour reconquérir le titre de champion détenu par un certain Petit dont l’image commence déjà à hanter le jeune homme. Les interactions entre les personnages sont assez intéressantes, avec ce champion déchu et revanchard dont on soupçonne la manipulation, la chercheuse qui voit en Cissé l’archétype de l’évolution du genre humain et ce héros tout à fait immature qui va devoir apprendre que les capacités innées, aussi incroyables soient-elles, ne suffisent pas sans entraînement et travail. Le travail graphique est plutôt réussi avec de très beaux paysages et des visages de type franco-belge malgré quelques faiblesses anatomiques assez surprenantes. J’ai retrouvé dans ce bel album l’énergie sport-nature d’Ascension de Shin’ichi Sakamoto (sorti après Glaucos), avec des images de nature aquatique, l’aspect technique du sport extrême et la figure classique du jeune homme rebelle mais à la volonté d’airain.  Une belle découverte!

***·BD·Jeunesse·Nouveau !·Numérique·Rapidos

Malcolm Max #1: les pilleurs de sépulture

La BD!

BD Peter Mennigen et Ingo Römling

Delcourt (2020), 72p., un volume paru sur quatre.

badge numeriqueLa série Malcolm Max est parue en Allemagne chez Splitter-Verlag avec quatre tomes et un spin-off

 

MALCOLM MAX 01 C1C4.indd

Étonnante série que ce Malcolm Max, premier tome d’une série allemande qui en compte  déjà  quatre et propose un personnage à la Sherlock holmes dans une atmosphère très victorienne teintée de mystères. Ce début d’enquête autour de meurtres atroces perpétrés sur des femmes dans des conditions rationnellement impossibles fait fortement penser à la série récente Les métamorphoses 1858.  L’album, très didactique sur l’époque, s’ouvre sur un rappel du contexte et une présentation du duo improbable formé par ce dandy brillant et une demi-vampire… dont on ne saisit pas bien l’utilité fantastique au terme de cette première partie. Les auteurs jouent beaucoup sur le comique des échanges entre ces Malcolm Max -1- Les pilleurs de sépulturesdeux êtres vifs à la répartie percutante et prennent le temps de bien expliquer le cheminement de l’enquête, au risque d’un petit rythme. Je disais étonnante car de par les dessins proches du cartoon (entre Bones et Clevinger) et des dialogues à la simplicité déconcertante on envisage une lecture destinée à la jeunesse… Malcolm Max peut ainsi être une bonne introduction à cette ambiance d’enquête brumeuse même si certaines idées peuvent apparaître déplacés  (le « ver libidineux » ou le récit des crimes) pour un tel public. Doté de dessins très sympathiques d’un Igo Römling passé sur l’adaptation comic de la série d’animation Star wars Rebels, l’album pèche un peu au niveau des textes un peu appuyés comme son scénario pourtant assez accrocheur faute d’une folle originalité. Au final on a un bon démarrage pour débuter dans la BD fantastique avec des personnages assez cool… ce qui ne suffira pas à accrocher des lecteurs chevronnés faute d’une idée vraiment novatrice. A noter que l’album comprend un volumineux cahier final rempli d’explications sur la réalisation de l’album.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1

**·Comics·East & West·Nouveau !·Numérique·Rapidos

Red sonja: l’autre monde #2

esat-west

  • Red Sonja #2 (Chu, Gomez, Mohan – Graph Zeppelin)  – 2020

couv_377313badge numeriqueSuite des aventures temporelles de l’alter-ego de Conan, la rouquine hyboréenne crée par Robert Howard, qui se poursuivront dans un troisième volume annoncé en fin d’album. L’ouvrage comporte donc cette seconde partie et se termine par un épisode préquel (non dessiné par Carlos Gomez) et comme pour le premier tome par une importante galerie de couvertures alternatives. Suite aux événements précédents Max se retrouve en Hyborée, ce qui permet les mêmes décalages humoristiques que ceux créés par la guerrière transportée au XXI° siècle. Si la rousse poursuit donc sa quête du « mage » qui lui permettra de rentrer chez elle (en lattant au passage méchamment une bande de bikers), le policier se retrouve lui accompagné de charmantes guerrières très impressionnées par ses talents. Le dessin de cette partie est toujours aussi bon, mais le scénario (qui n’ambitionne pourtant pas de révolutionner la fantasy) cale un peu faute du méchant renvoyé chez lui et de tension dramatique un tant soi peu travaillée. Du coup on a un peu l’impression d’une prolongation alimentaire pour les auteurs qui auraient aussi bien pu conclure sur l’ouvrage précédent ou sauter directement à un diptyque. Il reste plaisant de voir Sonja enquiller les bières, trancher des têtes (oui-oui, c’est un peu moins policé que chez le Big-two) et surtout dialoguer à la mode Conan, avec nombre de jeux de langue qui vous rappelleront l’humour d’Arleston (Lanfeust de Troy). Ce second volume est donc limité à une simple récréation dispensable qui se passera bien si vous aimez le style du dessinateur argentin.

note-calvin1note-calvin1

****·Comics·Numérique·Rapidos·Rétro

Injustice – les dieux sont parmi nous #3-4

esat-west

  • Injustice, les dieux sont parmi nous – Année 2, 1° partie (Taylor/Collectif/Urban) – 2015couv_253967

badge numeriqueLe kiff continue sur cette série qui commence à ressembler à tout ce que j’ai toujours voulu lire chez DC… Ce début de seconde année simplifie (ou densifie) encore l’intrigue et les dessinateurs puisqu’on se retrouve avec seulement deux artistes et l’impression d’une très grande cohérence graphique tout le long de la centaine de pages centrées autour de l’intervention du Green Lantern corp pour raisonner Superman. Batman et Wonder Woman, laissés mal en point à la fin du premier arc, sont absents et laissent donc la place à différents green lantern (qui ne pensent pas tous pareil bien entendu!) et une résistance au pouvoir totalitaire qui s’organise à Gotham. Les morts des héros dans les précédents volumes ont laissé des traces indélébiles qui cristallisent un affrontement qui va encore s’annoncer très violent. L’épisode a en outre le mérite de représenter une véritable porte d’entrée vers la thématique des Green lantern en étant très didactique pour les nouveaux venus dans cet univers et on s’aperçoit progressivement que le scénariste fait un gros travail de pédagogie permettant à tout un chacun d’entrer dans l’univers DC via cette dystopie fascinante. On continue!

note-calvin1note-calvin1note-calvin1note-calvin1

  • Injustice, les dieux sont parmi nous – Année 2, 1° partie (Taylor/Collectif/Urban) – 2015couv_257190

badge numeriqueInjustice est un peu le Game of Thrones des super-héros… Le taux de mortalité de héros majeurs est très élevé et bouleverse tous les codes de l’univers. Il est impressionnant de voir combien la seule bascule psychologique de Superman (le drame originel) ouvre un infini des possibles dès lors que l’on a renoncé au manichéisme des codes du héro. Si l’on peut à la longue s’interroger sur ce qui peut faire basculer autant de braves à la morale d’airain (Superman est un être troublé par son origine, mais Wonder Woman? Flash? …), on participe très volontiers à cet affrontement cosmique qui fait monter d’un cran les enjeux avec l’arrivée du Green lantern corp, du corp de Sinestro et la conclusion franchement inattendue et énorme de cette seconde année. L’équilibre est parfait entre les enjeux terriens (la résistance sous l’égide de Batman), le tourment de Kal-el et le rôle des Gardiens de l’ordre et des Green lantern. Car à chaque intervention dramatique, si les actes de Superman sont d’évidence injustifiables, les remises en question qu’il porte sur le rôle des héros qui l’affrontent sont souvent pertinentes. Toujours beaucoup d’action mais là encore beaucoup plus équilibrée que dans la plupart des comics débordant de testostérone. Jouant sur la psychologie des héros, sur la fuite en avant totalitaire et on peut le dire, démoniaque de Superman (on se demande toujours après quatre volumes ce qui pourrait bien rompre cette dynamique), cette série reste en tout point exemplaire et parvient brillamment à faire ce que le Batman Metal de Scott Snyder n’a pas réussi, bouleverser tranquillement, intelligemment, l’univers DC.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1note-calvin1

***·East & West·Manga·Nouveau !·Rapidos

Samurai 8 – la légende de Hachimaru #1-2

esat-west

Manga de Masashi Kishimoto et Akira Okubo
Kana (2019), 200p./volume, série finie en 5 volumes (3 parus en France).

couv_380392couv_380393

Projet très ambitieux scénarisé par l’auteur de Naruto, cette série prévue au long court à dû s’arrêter abruptement après seulement cinq volumes parus. Dotée de gros défauts que l’on constate dès le premier tome, l’univers et les concepts graphiques sont néanmoins assez passionnants et dotés de grande qualités. Le démarrage rappelle par moment un autre auteur un peu barré qui avait proposé il y a pas mal d’années une oeuvre aussi impressionnante qu’incompréhensible: le Orion de Masamune Shirow.

Hachimaru est un jeune handicapé. Relié à une machine qui le maintient en vie, il passe ses journées dans les mondes virtuels des jeux vidéo, couvé par un père inquiet. Jusqu’au jour où survient un étrange chat samouraï qui l’enjoint à se faire seppuku pour montrer sa bravoure et de devenir un samouraï-cyborg…

Index of /uploads/manga/samurai-8-tales-of-hachimaru/chapters/1Dès les premières pages de Samuraï8 on tombe sur des marques du Shonen avec son jeune garçon chétif et un peu otaku, la relation à l’autre sexe qui oblige à sortir de ses habitudes, le sacrifice et la rébellion contre l’autorité traditionnelle… Outre des dessins plutôt dans le haut du panier, ce qui distingue cette série c’est son approche original des histoires de Bushido mêlant tradition et grosse SF lorgnant vers le cyberpunk! En effet, dans ce monde la plupart des personnages semblent être des cyborgs extrêmement sophistiqués et équipés de corps se régénérant dans un matériau malléable et pouvant adopter des formes changeantes, un peu comme la nano-armure d’Iron Man… Accompagnés par une sorte d’animal-totem leur procurant armement et protection, ils doivent utiliser leur âme, une sorte de boule d’énergie gardée dans leur abdomen pour activer un katana de puissance. Mine de rien ces idées permettent beaucoup de possibilités, d’abord en matière de design, très très élégant et de variation sur des thèmes moraux et philosophiques propres au code des Samouraï, parlant de corps et d’esprit, d’âme, de cœur, etc.

Le premier volume est, disons le franchement, très laborieux et nous perd par une accumulation d’événements, de changements de temporalité et de personnages avant que l’on ait le temps de comprendre où on a mis les pieds. L’éditeur ayant eu la bonne idée d’insérer un résumé et rappel des personnages au début du tome deux, je ne saurais que vous conseiller de démarrer directement au second volume qui donne toutes les explications bien plus posément et entame une intrigue de façon moins échevelée. L’irruption d’un méchant terriblement puissant et charismatique renforce l’attrait de cet épisode qui rassure sur le potentiel d’une série partie pour une quête entre les planètes pour éviter la destruction de l’univers, rien que ça!ᴀʏʀs on Twitter: "The first chapter of “Samurai 8: Hachimaruden ...

Sachant que la série s’est arrêtée prématurément j’espère vraiment que les auteurs sont parvenue à construire une intrigue correcte alors que la richesse du monde permettait un développement assez conséquent. Pour ma part après un premier tome qui m’a franchement ennuyé, je me suis bien régalé sur le second et continuerais volontiers jusqu’au bout pour assister à des combats qui s’annoncent titanesques et hautement originaux.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1

**·BD·Numérique·Rapidos

Lecture COVID: Optic squad #1

La BD!

Dernière « lecture COVID » avec la nouvelle série SF de Runberg sortie cette année.


 

BD de Sylvain Runberg, Stephane Bervas et Florence Fantini (coul.)
Rue de sèvres (2019), série en cours.

badge numeriquecouv_374947Très jolie couverture SF qui donne envie pour cette nouvelle série que l’on imagine au long court et qui permet à l’éditeur Rue de sèvres de se lancer dans la BD d’anticipation à la mode Série B Delcourt

Les Optic squad sont une équipe resserrée rattachée à l’ONU et chargés d’infiltrer divers groupes de trafiquants sur la planète. Grace à des micro-caméra rattachée au nerf optique de ses agents, l’équipe peut ainsi rassembler des preuves des agissements des plus discrets criminels…

Le problème de se lancer dans ce genre c’est justement que Série B est passée par là, et notamment le maître du genre, un certain Fred Duval, le véritable Van Hamme de l’anticipation, capable presque chaque fois de proposer des concepts originaux qui nous emmènent dans un futur proche et crédible. Que proposer de nouveau avec toutes ces séries déjà sorties? Ce premier tome d’Optic squad se lit bien, avec un joli design, de belles planches, des séquences d’action assez efficaces… seulement le pitch de départ fait pschit’ en ce qu’on ne voit absolument pas ce que cette idée de caméras greffées peut apporter d’original. On se retrouve donc avec une banale intrigue policière d’infiltration d’un réseau de prostitution infantile particulièrement glauque. Dans un album policier classique cela aurait pu passer mais ici le titre même semble n’apporter aucune valeur ajoutée à l’intrigue qui n’exploite aucune idée liée à ces caméras omniprésentes hormis l’équipe logistique à l’arrière du terrain d’opération. Entre du policier à l’ancienne et Ghost in the shell il y a un gouffre que ne parvient pas à combler cet album d’une série qui aura beaucoup de mal à trouver son public si Sylvain Runberg ne propose pas dès le prochain tome une bonne raison de s’intéresser à son héroïne. Grosse déception donc, pour un auteur qui sait créer de l’intérêt sur des schémas pourtant très classiques (je pense au récent Dominants ou à Zaroff).

note-calvin1note-calvin1

***·Manga·Numérique·Rapidos

Lecture COVID: Space brothers #1

esat-west

Les sources de lectures Covid que j’ai identifié sont les suivantes (vérifier sur les sites la durée de disponibilité variable). Si vous avez un compte Iznéo, les promo sont basculées mais en vrac entre les promo payantes et les véritables gratuits).

Attention, avec l’annonce du déconfinement plusieurs éditeurs ont stoppé leur opération lecture gratuite. D’autres continuent au moins jusque fin mai. Si vous avez déjà ouvert un des albums proposés il se peut que la lecture soit toujours possible dans votre navigateur.


couv_199547

Manga de Chuya Koyama
Pika(2013-), série en cours,20/37 vol. parus en France.

badge numeriquePour être franc en commençant cet album j’avais confondu avec le pavé Planètes et croyais donc m’attaquer à un manga achevé (j’évite systématiquement de commencer des grosses séries manga non achevées)… Cela obère la probabilité que je continue sur le long terme, pour autant j’ai pris un très grand plaisir à lire cette introduction particulièrement prenante sur un sujet que je n’attendais pas. Deux frères se sont promis de devenir astronautes… quelques années plus tard l’un d’eux a accompli son rêve et est en partance pour la Lune avec une équipe américaine. L’autre est ingénieur au chômage. Bousculé dans son honneur il est poussé à s’inscrire les tests d’intégration de l’agence spatiale japonaise…

Doté de dessins correctes mais loin d’être virtuoses, d’un sujet qui peut paraître banal, ce manga a pour première qualité l’intelligence de sa construction et de ses dialogues. Sur ce volume on entre assez vite dans le vif du sujet en suivant les différentes épreuves d’accession à l’Agence. Entre des qualités que l’on n’a pas le temps de connaître et un supposé piston lié à la stature de son illustre frère, le héros passe étape après étape en rencontrant ceux que l’on imagine faire partie de sa future formation. Happé de la première à la dernière page on prends fait et cause pour cet aîné qui n’a pas confiance en lui et tiré par un rêve commun. C’est drôle, touchant et donne très envie d’enchaîner les volumes de cette très belle histoire!

note-calvin1note-calvin1note-calvin1

****·East & West·Manga·Nouveau !·Numérique·Rapidos

Sushi & Baggles #33

esat-west

Excellente fournée Manga et Comics qui montre qu’il ne faut jamais désespérer de séries parfois mal embarquées et que les projets les plus improbables mènent parfois à de grandes choses…


  • Ex-Arm #11 (Hi-rock/Shin-Ya Komi/Delcourt) – 2020 série achevée en 14 volumes (Japon)

couv_386199

badge numeriqueOn approche de la fin avec ce onzième tome où continue une action effrénée et un enchaînement de révélations. Je le répète, si cette série excellemment dessinée depuis le premier volume a un gros retard à l’allumage, dès le commencement de l’intrigue principale au tome 6 on se rapproche très fort du statut de digne successeur de Ghost in the ShellLa bataille finale a déjà commencé avec la disparition de la plupart des familles engagées dans le combat pour la possession de la dernière ex-arm. Confrontée à Alma, Minami se voit dans l’obligation d’assumer son rôle de flic, même si cela doit passer par l’élimination de son amie… Alors que l’arrivée de l’Ogre, ce cyborg à la puissance phénoménale est annoncée, la récupération d’Alma devient impérative pour éviter la destruction de tout le site. Seul Akira et sa puissance de Hacking peut pirater ce monstre via l’IA d’Alma. Alors que les Octopod déversent un déluge de feu qui menace de faire s’effondrer le stade, le propre frère de Minami s’apprête à révéler sa véritable puissance…

Quel plaisir de retrouver ce manga aux scènes d’action parfaites, d’une lisibilité, d’une élégance parfaites et aux thématiques enfin au niveau! Plus que trois tomes avant la conclusion… qui sera prolongée par une suite annoncée et un anime prévu pour cette année. Avec une durée très raisonnable il est vraiment temps de découvrir cette excellente série trop méconnue.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1note-calvin1

Achetez le sur Decitre, librairie en ligne, achat et vente livres


  • Centaures #4 (Sumiyoshi/Glénat) – 2019, série finie en 4 volumes.

couv_376767badge numerique

Ce quatrième volume achève (déjà!!) une série qui se classe nettement dans le très haut panier des mangas publiés depuis pas mal d’années. Pour une première publication, ce double diptyque s’avère d’une maturité impressionnante tant par des dessins qui visent à rappeler l’estampe que par l’ambition du découpage et des thématiques utilisées. Pour rappel les deux premiers volumes narrent la résistance du colosse Matsukaze dans un monde qui persécute et mets en esclavage les centaures. L’auteur avait prévu d’achever son récit sur une note sombre au bout de deux volumes mais devant la qualité du récit un second cycle a été lancé qui s’achève avec cet opus. Après avoir découvert que la guerre était finie et qu’humains et centaures apprenaient désormais à vivre ensemble, le fils de Matsukaze dont le père a fait promettre de se battre jusqu’à la fin des persécutions, se retrouve démuni face à ce nouveau monde et la nécessité du pardon. Le dernier tome nous montre Gonta employé pour transporter des bois sur un chantier commun aux deux Centaures tome 4 - BDfugue.comespèces. Là il trouve un amour qu’il ne sait assumer… Elevé en guerrier, aux habitudes très éloignées de la civilisation humaine, de très nombreux questionnements se bousculent dans sa tête, l’empêchant d’envisager une vie paisible et amoureuse qui lui tend pourtant les bras. Le pardon pour les souffrances infligées par les humains, le renoncement au mode de vie ancien (faut-il porter le kimono, présenté comme civilisé par la nouvelle société ou continuer à se promener la croupe à l’air comme toujours?), l’oubli du père en abandonnant son combat, la liberté individuelle de Tanikaze contre la prédestination, sont autant de thématiques très riches abordées dans ce seul et dernier tome d’une série construite comme deux faces, un premier cycle très dur posant la résistance contre une espèce humaine impitoyable et un second beaucoup plus posé, renvoyant les personnages au passé. Imprévue et subtile, cette construction prends tout son sens dans une conclusion potentiellement ouverte et aussi réussie que l’ensemble de la série. Une série majeure assurément!

Et Glénat annonce déjà la parution du dernier manga (Ashidaka) de cet autrice très talentueuse!

note-calvin1note-calvin1note-calvin1note-calvin1

Achetez le sur Decitre, librairie en ligne, achat et vente livres


  • Injustice, les dieux sont parmi nous – Année 1, 2° partie (Taylor/Collectif/Urban) – 2015

badge numeriquecouv_236040Je m’étais pris une grosse claque inattendue en janvier avec ma lecture de la première partie de l’année 1 de cette série. Fort heureusement à partir de l’année 2 de vraies couvertures de comics avec des dessinateurs plus classiques apparaissent et c’est tant mieux… Doté de dessins un peu moins réussis que précédemment, le scénario monte encore d’un cran dans cette fuite annoncée vers le totalitarisme d’un Superman qui a brisé ses chaînes morales. Si la première partie se structurait autour de la constitution de deux camps, la rupture est désormais rompue avec l’équipe du Chevalier noir quand l’Homme d’Acier commet son premier meurtre sur un super-héro… et pas le dernier! Tom Taylor réalise ici ce que personnellement je n’ai vu que dans Watchmen, une déconstruction totale des personnages iconiques, en supprimant tout le vernis éditorial d’autocensure posé jusqu’ici par la horde d’auteurs qui se sont succédé sans jamais oser passer à l’acte. Dans Red Son Superman abordait le rôle de méchant mais avec le soutien de son gouvernement, la dystopie créant une simple bascule d’Ouest en Est. Beaucoup plus ambitieuse la série dirigée par Taylor dit toutes les facettes psychanalytiques sombres des héros, Superman comme Batman, Wonder Woman comme Green Arrow. Tout cet habillage bien pensant auquel on n’a jamais cru, ces bourres-pifs menant les méchants en prison, bref, toute la règle posée par le Comic Code Authority et jamais vraiment démentie jusqu’ici est mise par terre pour nous proposer l’un des premiers récits adultes de super-héros chez DC.

Les seuls bémols que je mettrais sont l’irruption totalement WTF (et franchement mauvais goût) de Lobo, quelques dessins assez médiocres et quelques passages qui semblent rattachés à d’autres volumes et qui paraissent ici un peu perdus dans la trame scénaristique. Pour le reste Injustice est au bout de cette première « année » la meilleure chose que j’ai lu chez le Big Two depuis bien longtemps!

note-calvin1note-calvin1note-calvin1

***·Comics·East & West·Nouveau !·Rapidos

Wonder Woman: La chute de Tir na Nog

esat-west

Comic de Liam Sharp et ROmulo Fajardo (coul.)
Urban (2019), 132p., série en cours.

couv_376310L’album peut être lu comme un one-shot (l’histoire a une conclusion) mais va se prolonger avec une fin ouverte. Une introduction explique le projet graphique d’hommage à l’illustrateur Jim Fitzpatrick, connu pour avoir conçu la célébrissime image du Che, bichromie de la photo de Korda, mais également pour ses graphismes semi art déco inspirés de l’imagerie celte. L’ouvrage s’ouvre donc sur une préface de Fitzpatrick expliquant les inspirations de Sharp et le rôle de transmission de chaque auteur, produisant la matière aux futures générations de dessinateurs. Vient ensuite un court lexique des personnages du mythe apparaissant dans l’album et le volume se termine après six chapitres par deux simples planches de couvertures encrées. On a vu plus fourni chez Urban. La couverture est néanmoins absolument superbe et donne à elle seule envie d’ouvrir l’ouvrage…

Alors qu’elle jouit d’un repos mérité Diana de Thémyscira (Wonder Woman) est approchée par une créature mythique, le dieu Cernunnos Cernach, gardien de l’équilibre de Tir Na Nog, le royaume caché où vivent les clans du Petit Peuple depuis des siècles. Pourtant le conflit gronde sur place et lorsque Wonder Woman arrive sur place c’est pour constater que le pire a commencé: le roi des Fomoires a été tué, provoquant un vent de guerre inéluctable. L’amazone fait alors appel au plus grand détective de la Terre…

https://cdn-s-www.bienpublic.com/images/3BC89548-7AB7-407D-AE8E-A492EEEE9F72/NW_raw/urban-comics-2019-(-dc-comics-2018)-1571845556.jpgConcentrant mes lectures DC presque exclusivement sur les aventures du Chevalier noir, ce (presque) one-shot m’a vivement fait de l’œil avec son graphisme très particulier et cette enquête au pays des dieux celtes. Car ne soyez pas trompé par le rangement de l’ouvrage dans la collection Wonder Woman: il s’agit bien d’une enquête de Batman dans laquelle est conviée l’Amazone, personnage important mais clairement secondaire ici. Le seul fait que l’univers abordé soit féerique justifie ce rangement.

Ouvrage du seul Liam Sharp (plus proche des Frazetta, Bisley et des personnages de Vampirella et Judge Dredd que des super-héros en collant du Big Two), La chute de Tir Na Nog est une vraie bonne nouvelle dans le monde du comic mainstream. Organisé comme une enquête des plus classique, la narration se trouve complexifiée à la fois par le graphisme de Sharp jouant sur les cases et leur habillage de fioritures celtique qui font bien plus que décorer l’album et sur une navigation entre les deux mondes. Le cœur de l’intrigue étant de plonger le cartésianisme absolu de Batman dans un univers fait de magie, le dessin se devait de nous immerger dans cet impossible. Car pour une fois ce n’est pas la seule irruption de monstres dentus qui fait le fantastique mais bien Batman qui est une anomalie. Avançant tel Sherlock Holmes en dénichant indice après indice Preview of The Brave and the Bold: Batman and Wonder Woman #4jusqu’à révéler une impensable machination, Batman doit faire le lien avec des évènements inexpliqués survenus dans le quartier irlandais de Gotham… Pour une fois aucune implication du bestiaire du Batverse (eh oui, il est chez Wonder woman en guest star!) ne viens troubler son enquête.

Le propos de Sharp est bien de nous entraîner en visite touristique dans cet univers mythologique si particulier et complexe dont on nous relatera en détail les batailles épiques passées. Parfois complexe à prendre en main du fait des nombreux termes, noms et généalogies, cet album reste assez fascinant par l’immersion exotique qu’il procure. Deux lectures ne seront pas de trop au profane pour digérer cette richesse habillée par des superbes planches d’une grande homogénéité et bien peu de déchets. La Chute de Tir Na Nog est une bien belle balade en compagnie de l’élégante amazone et de la Chauve-souris. Accessible, une fois n’est pas coutume, aux nouveaux venus dans l’univers des héros DC et totalement détaché de toute autre arc de cet univers, je conseille cette découverte culturelle qui vous ravira par la chatoyance végétale de ses pages fort inspirées.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1

***·BD·Mercredi BD·Nouveau !·Rapidos

On mars_

La BD!
BD de Sylvain Runberg en Grun
Daniel Maghen (2017-),  54P./album, 2 tomes parus sur 3

Comme beaucoup de BD éditées par Daniel Maghen cette série m’a intrigué par des couvertures très esthétiques et une thématique SF qui titille systématiquement mon imagination. Chacun des albums, outre un format très confortable, est doté d’un cahier graphique luxueux (coutumier chez Daniel Maghen), dont le second prend la forme d’un journal que l’on retrouve dans l’intrigue et qui développe le background.

Ancien policier d’élite antigang, Jasmine se retrouve condamnée à l’exile martien suite à une bavure. Là-bas elle découvre rapidement que la colonisation vendue à la population terrienne comme l’avenir de l’humanité repose sur des bagnards abaissés à leur seule force de travail. Laissant deux enfants sur Terre et ne se résignant pas à passer le restant de ses jours sur la planète rouge, elle décide d’entrer dans la nouvelle Eglise dont l’activité sur place semble jouir d’une grande influence sur le pouvoir local…

On Mars'. Sylvain Runberg, Grun. | L'actualité de la bande dessinéeSylvain Runberg étant un scénariste d’expérience capable du très bon comme du très banal je me suis attaqué à cette série carcérale prévue en trois tomes avec interrogations. Plongé sans introduction au sein de ces prisonniers patibulaires, on comprend rapidement que On mars ne fait que transposer les récits du bagne guyanais ou calédonien dont regorge la BD historique. Contre toute attente vous trouverez ainsi plus de proximité avec des ouvrages comme Forçats qu’avec de la SF space-opera ou worldbuilding. Si le sujet vous intéresse cela ne posera pas de problème, mais j’avoue que j’ai été surpris. Dès le second volume l’histoire s’oriente vers une révolte que l’on sent monter, plus pour des raisons de conspiration politico-religieuse que d’oppression des prisonniers. Le scénariste n’oublie pas le passage obligé des maltraitances diverses et procède à des flash-back nous relatant ce qui a amené l’héroïne dans ce enfer ou quelques séquences terriennes (un peu courtes…) destinées à densifier le contexte. De cela ressort, sur le premier tome surtout, une impression de mise en place, certes très belle, mais peut-être un peu longue à démarrer. La galerie de personnages est touffue et les intrigues entrecroisées relativement nombreuses, ce qui ne facilite pas forcément une lecture très fluide. Com On Mars T2 : Les solitaires (0), bd chez Daniel Maghen de Runberg, Grunme je l’avais ressenti sur Orbital, j’ai trouvé que Runberg tardait à dévoiler ses cartes, ce qui empêche de pénétrer pleinement dans une aventure que l’on pressent glorieuse. Soyons juste, On mars ne manque pas de coups fourrés, révélations et fausses pistes assez bien tenus et l’on prend un plaisir sadique à tenter de deviner si ce nouvel allié de Jasmine va la trahir ou mourir quelques pages plus loin…

Il est indéniable que Sylvain Runberg sait s’entourer de dessinateurs très talentueux qui savent flatter les rétines. Je ne connaissais pas Grun, dessinateur appartenant à l’école réaliste, dont la colorisation notamment (très contrainte par le rouge de l’idée martienne) procure à chaque planche une réelle beauté. Il n’y a rien à dire, ces albums sont magnifiques et le dessinateur sait à peu près tout croquer avec précision. Un vrai travail de design a été réalisé et les croquis préparatoires font envie… parfois plus que les planches elles-mêmes qui sont souvent un peu monotones du fait de costumes identiques des personnages et de décors minéraux… rouges. Si le design général est plutôt réussi dans un style un peu rétro parfois proche de Mad-Max, On Mars, rififi sur la planète rougej’ai trouvé les uniformes des bagnards assez bof. Il faut ainsi attendre le second volume et l’irruption de différentes factions au graphisme bien plus travaillé pour accrocher vraiment à chaque case. On connaît le risque des univers SF de se perdre dans des décors métalliques un peu vides. Ce n’est pas complètement le cas ici mais on ressent le manque de variété que seuls les intermèdes terriens aident à casser. Le scénariste, étonnamment, ne se précipite pas pour nous révéler le sens de tel engin comme ces araignées mécaniques qui récupèrent les morts…

Au final je suis un peu dans l’expectative d’un troisième volume qui viendra soit confirmer une montée en puissance totalement maîtrisée soit un petit manque de souffle et d’ambition pour une série certes très belle mais qui pour l’heure ne se démarque pas franchement de la moyenne des séries SF faute d’un élément scénaristique marquant.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1