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Sushi et Baggles #6

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Dragonball Super #5

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Ce que j’aime avec Dragonball c’est que par rapport à tant de Manga qui s’étendent sur des dizaines et des dizaines de volumes, ici on est déjà au cinquième tome et le second arc (Zamasu) se termine! Toriyama a toujours aimé jouer sur les espaces-temps (jusqu’à nous présenter par un schéma les différents chevauchements de temporalité) sans se formaliser avec les invraisemblances et Deus Ex Machina tous plus gros les uns que les autres. Cela fait trente qu’il balade ses lecteurs dans des combats toujours impossibles, où les héros n’ont de cesse de monter en niveau devant un adversaire invincible, à affronter des dieux, des rois de dieux, etc… et le pire c’est qu’on marche encore et qu’on en redemande!

Ce volume est donc à cheval entre la fin de l’épisode Zamasu et le début du tournoi des univers qui rassemblera à la demande de Maître Zen-o (le seigneur de tous les univers) les champions des douze univers. Avec un retour attendu du désormais mythique Monaka (!!). C’est donc moins baston, un peu plus d’humour à la sauce n’importe quoi et on revoit des personnages étrangement disparus de la circulation (la Goku family). Bref, business as usual mais j’adore et je continue jusqu’à la fin des temps…

 

Hit girl en Colombie

Je reconnais à Mark Millar une radicalité toute européenne et des concepts qui s’ils ne sont pas toujours révolutionnaires ont pour eux un traitement toujours fun. J’avais découvert Kick-ass au cinéma et le personnage de Hit-girl m’avait bien plu avec son côté bad-ass psychopathe. Je découvre donc le personnage en comics et je dois dire que si l’aspect déjanté et ultra-gore change un peu des BD de super-héros aseptisés, il y a un relent un peu malsain qui s’en dégage. Sous couvert de buter du narco on plonge en plein sadisme sans aucune autre justification ou prise de recul que le fun. C’est un peu court. Le dessin de Ricardo Lopez Ortiz rappelle par certains côtés celui de Kaare Andrews sur Renato Jones (notamment l’utilisation de trames) mais est moins travaillé dans son découpage. La thématique aussi rappelle le 1% killer mais justement, si Renato avait pour lui la morale, Hit-girl dézingue pour le sport uniquement. Millar aurait pu travailler le côté psychopathe en livrant un message sur cette anti-héroïne. On termine un peu épuisé par autant de violence vide de sens, moyennement graphique et l’on oublie cet album vite lu pour se replonger dans le Jupiter’s Legacy du magnat Millar, oeuvre autrement plus ambitieuse.

 

Tales of suspens: Hawkeye et le Soldat de l’Hiver

Excellente surprise que cet album post Secret Wars (Panini comme à son habitude nous relate les dernières évolutions du monde Marvel dans une introduction), qui a la même fraîcheur que le récent Esprits de la vengeance, des albums courts et libérés du carcan de la trame infinie du Marvelverse… Des auteurs qui ne sont pas des cadores de l’industrie peuvent alors se livrer à une enquête simple mais réjouissante, notamment grace à un Hawkeye au tempérament constamment décalé par rapport à la gravité de la situation. C’est très drôle et très bien dessiné par Travel Foreman dans un style assez technique mais à l’encrage un peu léger à mon goût. Sorte de Buddy-story avec deux personnages aux antipodes, Hawkeye l’ado attardé et Bucky Barnes le super-tueur ultra sérieux recherchent une Veuve Noire… officiellement tuée par le Captain lors des événements Secret Wars. On plonge donc en pleine guerre secrète des organismes d’espionnage: c’est dynamique, les séquences d’action très réussies, les dialogues donc sont délirants, bref, on a du bon comics d’espions, sans aucun super-machin (ou presque) et on espère que Marvel sortira d’autres épisodes stand-alone de cet acabit.

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BD en vrac

Soucoupes

Joli objet aux couleurs douces et au regard tendre des auteurs sur un personnage, français moyen qui réagit le plus simplement du monde à l’arrivée des extra-terrestres. Il y a un peu du Tim Burton de Mars Attacks dans cette vision d’E.T. faits de scaphandres métalliques directement issus des visions kitsch de la SF des années 50. Sauf qu’ici les psychopathes criard laissent la place à de gentils observateurs ethnologues qui renvoient à ceux de Duval dans son Renaissance. Disquaire dépressif, le personnage principal est d’abord soupçonneux de ces gens étrangers puis entreprends de montrer la vie moyenne d’un humain moyen: les crises de couple, le sexe, la musique, l’art… On sent un esprit de court métrage animé dans ce petit album très vite lu et qui manque sans doute un peu de substance. Mais la lecture reste agréable, on sourit et profite de la jolie palette d’Obion qui maîtrise ses planches malgré un style désuet qui fait par moment penser à Colas Gutman, l’auteur de Chien pourri.

 

XIII , l’enquête : 2° partie

Cela fait 20 ans que la première partie de l’album spécial sous forme d’enquête journalistique autour des aventures de XIII est sorti. Vingt ans que les auteurs ont échoué à clôturer magistralement en 13 tomes une des saga les plus mythiques de la BD franco-belge. Je ne reviens pas sur les raisons commerciales qui ont poussé trop loin Jean Van Hamme. Pour beaucoup les aventures de XIII se sont arrêtées avec Rouge total, voir une poignée d’albums plus loin. Après un double album en forme de chant du cygne pour le prolifique scénariste belge (avec Jean Giraud en guest) l’Enquête restait en suspens. Entre temps un nouveau cycle avec nouveau scénariste et nouveau dessinateur a été adopté par une nouvelle génération de lecteurs. La question de la parution de cette seconde partie se pose donc. D’autant plus lorsque l’on lit ce qui ressemble plus à un recueil de notes perso du scénariste originel sur ses personnages pour ne pas s’y perdre. Les quelques planches de BD semblent hors sol, sans but. Les rappels biographiques des personnages de la série sont relativement mal écrits et inintéressants. Soit on a lu la saga et c’est inutile, soit on ne l’a pas lue et on  peut éventuellement avoir envie de la lire après cet album. On a ainsi la furieuse impression d’avoir droit à un dossier de presse payant, avec bien peu de matériau original, très peu d’illustrations nouvelles (surtout des vignettes prises dans les albums de la série) et aucun travail de mise en cohérence. Ce qui aurait pu être pensé comme un ultime cadeau un peu luxueux et nostalgique de maître Van Hamme à ses lecteurs échoue un peu piteusement, en ne parvenant même pas à lancer une éventuelle intrigue autour du journaliste. Au final je déconseille cet album à la plupart des lecteurs, hormis peut-être les fans hard-core qui voudront absolument rassembler les deux parties de l’Enquête…

 

Ceux qui restent

Couverture de Ceux qui restentCeux qui restent part du principe du « et si… », ce que les américains appellent l’elseworld ou encore l’envers du décors (que l’on trouvait dans le plutôt réussi Fairy Quest d’Umberto Ramos): que se passe-t’il pendant que les enfants aventuriers partent en volant, la nuit, vers les pays imaginaires, emportés par des créatures magiques? Pendant qu’ils vivent des aventures qui leur font oublier leurs parents, leur quotidien? Je dois dire que l’idée est assez géniale en ce qu’elle retourne totalement le concept de Peter Pan (et son interprétation psychanalytique) et s’intéressant aux parents et en faisant des enfants à la fois des monstres d’égoïsme et des victimes de leur crédulité. Car pendant leur absence les parents se morfondent, la police enquête sur la disparition et le temps s’écoule. La vie est infernale, l’attente d’autant plus dure que le regard des autres empli est de suspicion pour expliquer l’inexplicable. Et le retour, ponctuel mais régulier, de l’enfant en joie de raconter ses passionnantes aventures contraste avec la déprime qui gagne ceux qui restent…

Cet album est techniquement très réussi, son propos essentiellement en narration fait ressentir durement l’absence et l’épreuve de l’inconnu pour les parents. Le dessin à la fois simpliste et très maîtrisé, notamment dans les cadrages en plans larges et le découpage très aéré et horizontal, fait ressentir le temps qui passe, la pesanteur. C’est pourtant toute cette pesanteur qui m’a fait décrocher. Cet album est une dépression de 120 pages, pourtant joliment coloré mais vraiment pesant et sans espoir. Il semble que les auteurs ont voulu prendre le revers des contes, atteindre une noirceur à l’échelle du merveilleux des pays des rêves. Et franchement on ne comprend pas pourquoi proposer une histoire si nihiliste. C’est la même raison qui m’a dépité sur le pourtant acclamé Ces jours qui disparaissent. J’aime les ambiances sombres, les histoires barbares, éventuellement les bad-ending. Mais une intrigue totalement tournée vers le noir, je passe mon chemin.

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Sushi et Baggles #5

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Lazarus #5:

Couverture de Lazarus -5- Génocide programméL’intervention de Forever dans la guerre a été décisive mais a entraîné son incapacité à être déployée sur d’autres opérations et surtout a provoqué une rupture psychologique suite à l’arrêt des prises des drogues qui la conditionnaient. Alors que Johanna dirige les opérations d’une main de fer, l’équilibre entre les familles est bouleversé par la destruction de certaines et l’utilisation des lazares des alliés de Carlyle dans la guerre.

On sent qu’un cycle s’achève et que la nouvelles situation mise en place au cours de ces cinq volumes permettra de développer la suite avec des personnages plus stables. Ce que je reprochais en début de série est donc partiellement résolu et ce monde en guerre est plus passionnant que jamais avec des interactions inter et intra familiales, le chaos psychologique du personnage principal et cette SF d’anticipation tout à fait géniale. Le parallèle avec Game of Thrones est plus pertinent que jamais, ces séries incarnant notre époque au pessimiste très ancré. La suite mettra-t’elle un peu de légèreté dans l’intrigue? Rien n’est moins sur vue la conclusion barbare de ce tome…

 

Ajin #12:

Ajin - Tome 12Ajin est définitivement l’héritier de la série mythique Akira (et publié chez le même éditeur au japon comme en France). Les influences sont nombreuses tant dans le dessin de Gamon Sakuraï, d’une précision et d’une nervosité directement issues du dessin d’Otomo que dans les thématiques et la vision très moderne d’un conflit géopolitique faisant du Japon le centre d’une crise majeure. Ce qui fait la puissance d’Ajin c’est sa radicalité, son ambition: Sakuraï dépeint rien de moins que la plus grosse attaque terroriste de l’histoire, une véritable guerre intérieure menée par l’un des méchants les plus réussis de l’histoire de la BD en la personne de Sato qui vise à bouleverser les relations entre humains et Ajin (thème des X-men…). Ce machiavélique bonhomme semble inarrêtable et l’auteur rivalise d’ingéniosité en exploitant la rupture scientifique apportée par l’apparition des Ajin pour livrer des séquences d’action et de suspens rarement vues en BD! Chaque tome s’enchaîne à une vitesse frustrante en étant autant un plaisir visuel que cérébral. Ce douzième volume (la publication française suit de très près la publication japonaise) poursuit la sidérante attaque de la base militaire par Sato et l’on jubile à chaque action de ce génie du crime. L’intrigue avance peu mais quel plaisir! Ajin est une série obligatoire pour tout amateur de Manga, tout simplement.

 

Eternity:

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La trilogie Divinity était un objet scénaristique fascinant, plaçant dans un cadre classique de superhéros et de création d’une mythologie des thématiques passionnantes que sont la création (du scénariste, du Divinity), le livre, le temps. Eternity, qui est la suite directe, propose une prolongation et une ouverture: aux confins de l’univers, l’Observateur gardien de l’équilibre du temps a été assassiné. L’univers court à sa perte. Dans le même temps l’enfant de Divinity et Myshka a été enlevé, obligeant le couple divin à se lancer à sa poursuite, découvrant des mondes colorés aux lois nouvelles, aux gardiens les questionnant sur leur rôle et leurs pouvoirs infinis. Si Divinity abordait la question du temps et des réalités, dans Eternity les auteurs se font plaisir à développer des mondes fantasmagoriques permettant une liberté créative totale (avec quelques idées un peu old school tout de même…), tout en restant au service d’une idée maîtresse exigeante. Il achève la réflexion lancée précédemment, sur la création (l’enfant, déjà), sur la liberté de l’individu dans un univers codifié et réglementé (l’observateur) et sur le rôle de la lecture dans l’imaginaire d’Abram, le héros divin, sage, que seul sa conscience et son imagination (son enfance passée dans les livres de science fiction comme écho au scénariste Matt Kindt) permettent d’orienter sur un chemin vertueux ou mortel.

Eternity est un magnifique album one-shot, introduit par un superbe prologue de Renato Guedes (vu sur X-O  Manowar #2) permettant de se dispenser de la lecture de Divinity, puis dessiné par l’excellent et très organique Trevor Hairsine. Un ouvrage à part, intelligent qui fait s’interroger sur l’idée de création artistique.

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Shi #3: Revenge

BD du mercrediBD de Zidrou et Homs
Dargaud (2018), 56 p., 3 volumes parus/4

couv_344641Pour la fabrication, qualité Dargaud habituelle, belle maquette extérieure et intérieur de couverture soigné. Identique aux autres tomes.

Le (déjà) troisième tome de cette étonnante série rompt quelque peu le rythme de narration adopté sur les deux précédents. D’une part le scénario nous propose une linéarité à laquelle les auteurs ne nous avaient pas accoutumés. L’objet et le titre de l’album sont ceux de la vengeance de Jay qui va entreprendre d’éliminer un à un tous ces hommes dominants qui ont scellé son sort. Alors que les manigances politiques du roquet de l’impératrice Victoria (très bien rendue en dirigeants d’une froideur aristocratique brutale) progressent en parallèle, c’est sur ce volume un développement des secrets de la famille Winterfield que nous propose Zidrou. Le découpage au hachoir de la haute société victorienne est redoutable, emplie de perversions sexuelles, de domination masculine, de mensonges destinés à masquer les dérives des membres de la famille qui en internant sa femme à l’asile, qui en donnant un enfant illégitime à l’orphelinat,… L’autre changement est pour la première fois l’absence de séquences de nos jours, ce qui est surprenant tant le lien entre les deux époques est ténu et seuls les rappels réguliers nous permettent de progresser tome par tome vers une résolution finale après plusieurs cycles comme on le suppose. Du coup cette rupture est assez dérangeante et il risque d’être compliqué de raccrocher l’intrigue au quatrième tome. C’est un détail mais que j’espère calculé.

La continuité est sur la relation des deux jeunes femmes que l’histoire rude de chacune relie et qui va entraîner une alliance que l’on peut voir dès la couverture. Le surnaturel reste très discret et (totalement absent de ce tome) l’on se demanderait presque si l’irruption du second volume n’est pas une fantasmagorie tant le déroulement ressemble plus à un récit de vengeance tout ce qu’il y a de plus classique. Résultat de recherche d'images pour "shi revenge homs"Le dessin de Homs comporte moins de séquences d’action aux plans audacieux que le second tome et semble plus sage, sauf quand l’illustrateur espagnol nous envoie le visage sublime de Jay…

Revenge est un album de transition, qui reste de très haut niveau mais pâtit de son positionnement dans une histoire qui reste encore bien obscure. Il reste passionnant par sa dénonciation d’une réalité très noire de la société londonienne de l’époque et est rehaussé de quelques touches d’humour assez efficaces au travers de la petite clocharde qui accompagne les vengeresses dans leur croisade. Shi est une série qui se lit d’une traite et gagnera sans doute encore un niveau de qualité lorsque le premier cycle sera clôturé.

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Sushi et Baggles #4

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Dr Stone #3

Dr. Stone - Tome 3Déjà le troisième tome de cette série très joliment dessinée par un Boichi en mode kawai qui semble se retenir pour ne pas dépoiler ses personnages féminins… On sent de plus en plus l’influence du jeu vidéo et ce tome plus qu’un autre reprend le fonctionnement des jeux de gestion avec l’acquisition de compétences et de niveaux progressifs pour la civilisation scientifique: d’abord l’age de pierre, puis du fer, puis du feu et enfin de l’électricité… Ce volume est centré sur la découverte par le héros du village de la jeune fille rencontrée au tome 2 et peuplé de natifs de l’après pétrification. L’humour et l’intérêt pédagogique retombent un peu par manque de révélations. On se rend compte que si le concept des découvertes scientifiques expliquées comme dans un Sciences et vie est sympa, il ne suffira pas à tenir en éveil le lecteur pendant des dizaines de volumes. A la vitesse à laquelle Senku avance dans l’histoire des sciences on commence à saisir que l’objet du manga n’est finalement pas la survie dans la nature mais plutôt la confrontation de deux civilisations surgies ex-nihilo, du world-building en manga. Il faudrait que ça rebondisse assez vite derrière sinon je risque de me lasser.

 

Couverture de Ninjak -1A- L'ArmurerieNinjak #1&#2:

Première relative déception depuis que j’ai commencé à lire des comics Valiant! Alors que Ninjak est un personnage central de l’univers partagé, très charismatique (une sorte de Batman moins perturbé et beaucoup plus fort physiquement), cette série est assez mineure pour son début, avec cette histoire d’infiltration d’une multinationale du crime dirigée par des super-assassins freaks. Les séquences d’infiltration sont très chouettes et l’univers des super-espions fun. On aurait pourtant aimé une origin story et l’on doit se contenter d’une avancée très progressive et décousue de la formation du héros entrecoupée de combats enCouverture de Ninjak -2- La Guerre des ombres mode boss de fin de niveau et parfois un peu WTF. Le dessin est inégal, entre les très bons Segovia et Man et les dessins médiocres de Juan José Ryp qui tranchent avec une certains classe à la James Bond qui sied au personnage. Les deux autres volumes permettront peut-être de rehausser l’intérêt, mais pour un début, sans être mauvaise, cette BD est assez dispensable. Dommage, j’espère que le reboot que Bliss sort en avril prochain sera plus ambitieux.

 

Lazarus #3: Conclave

Le terrible chef de famille Hock a mis la main sur Jonah, le frère de Forever et traître à la famille Carlyle. Un Conclave, réunion judiciaire de toutes les familles, est réuni pour trouver une solution au problème de cette détention. Enfermés sur une luxueuse plateforme en mer, Carlyle et Hock manigancent pour éliminer l’autre en usant de toutes les manipulations techniques ou d’allégeance des autres clans. Alors que Forever retrouve dans les autres Lazares des proches, la question de son appartenance réelle à la famille Carlyle revient sur la scène…

Cette série perturbe un peu par ses changements brutaux d’environnement, tantôt les déchets, ici le gratin des familles, Forever restant le seul fil conducteur. Ce personnage impitoyable, fort et dans le doute est touchant et très bien construit, comme tous les personnages du reste. Ce volume est le plus intéressant depuis le début de ma lecture, à la fois graphiquement et thématiquement. Encore une fois on s’accroche devant les dessins en essayent de trouver de la précision dans les visages… Encore plus frustrant quand on voit les très jolies couvertures originales. Bref… Quand je découvre qu’une série TV est en préparation chez Amazon mon sang ne fait qu’un tour et j’imagine déjà dans cette future série le successeur à Game of Thrones!

Lazarus #4:

Même constat que précédemment avec la mauvaise idée de casser à chaque début volume les très bons cliffhangers du précédent avec une rupture chronologique ou géographique complète. Du coup on mets quelques dizaines de pages à se raccrocher, le trait particulier n’aidant pas à repérer les personnages. Après un prologue intriguant on découvre un monde où la guerre déclarée entre Hock et Carlyle fait rage. Ce tome est un concentré d’action puisque Forever est plongée en pleine zone de guerre et va pouvoir faire parler ses incroyables talents guerriers. Je découvre que la série (ou plutôt le premier cycle) s’arrête dès le tome 5 alors que l’on commence juste à entrer dans le feu de l’action… Ce tome est néanmoins l’un des plus réussi depuis le démarrage.

BD·Rapidos

Renaissance #1: les déracinés

BD du mercrediBD de Fred Duval et Emem
Delcourt (2018), Série Renaissance T1.

Fred Duval est le grand Manitou de la SF d’anticipation. Depuis des années il propose régulièrement des ouvrages et des séries qui sont toujours rattachées à l’histoire ou au principe même de l’anticipation et de son « et si… ». Uchronies, dystopies, anticipation sont des variantes d’un principe: utiliser des variations pour parler d’aujourd’hui.

C’est ce qu’il fait dans sa nouvelle série (courte) avec le dessinateur de la saga Carmen Mac Callum, le talentueux Emem (qui a remplacé Gess, dessinateur d’origine). La couverture vraiment réussie et intrigante a beaucoup fait parler d’elle et la communication efficace (avec une couverture au texte « extra-terrestre » par exemple) donne très envie de savoir ce que sont ces extra-terrestres.

Résultat de recherche d'images pour "renaissance emem"Le travail de préparation graphique est conséquent. Ce n’est jamais évident en SF tant le mauvais goût et le déjà-vu peuvent très vite pointer le bout de leur nez… Ici pas de faute de goût même si le choix assez classique d’un univers E.T. très coloré peut paraître facile. Le projet étant une BD SF grand public les auteurs n’ont vraisemblablement pas cherché à déranger mais plutôt à assurer un design classieux, aidé par la jolie patte du dessinateur. Le plus intéressant visuellement repose sur la science des visiteurs et notamment les vaisseaux asymétriques.

Le grand intérêt de cet album est de nous proposer à la fois une inversion (les humains sont colonisés en tant qu’êtres inférieurs) et une projection de l’interventionnisme onusien et occidental sur notre monde actuel. Dans une Terre dévastée par les catastrophes climatiques issues (on ne suppose) de l’action débridée du capitalisme industriel et mercantile, une civilisation supérieure vote l’intervention (dans le cadre d’un protocole très stricte), afin de sauver la civilisation humaine car elle dispose d’un élément particulier qui pourrait enrichir toutes les espèces: la capacité artistique des humains. Ce premier tome est très linéaire bien qu’il superpose l’intrigue en cours avec un long flashback expliquant comment le protagoniste extra-terrestre en est venu à participer à ce corps expéditionnaire.

Résultat de recherche d'images pour "renaissance emem"Le contexte planétaire est très proche de l’univers pessimiste et cynique de Travis/Carmen Mac Callum. Deux familles humaines seront les témoins de l’intervention et aux premières loges des écueils d’une préparation naïve. Duval touche là les déboires des interventions américaines mal préparées en mode « zéro morts » et où la violence basique à l’arme blanche peut remettre en cause l’armée la plus moderne en attaquant au moral. Malgré leur supériorité scientifique et technique absolue, les envahisseurs doutent de la pertinence de leur arrivée, de l’accueil sombre qui leur est réservé malgré leur pacifisme affiché… On ne peut forcer une population malheureuse à être secourue. C’est en substance cette constante que Fred Duval nous rappelle avec cet album hautement politique qui donne envie de connaître la suite.

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Sushi et Baggles #3

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Radiant #10

Ce dixième volume clôture l’arc des chevaliers-sorciers qui a un peu déporté l’intrigue des Nemesis vers l’affrontement Nature/sciences entre le royaume de Cyfandir des chevaliers-sorciers et les barons-marchands alliés à l’Inquisition. On a donc droit à un épisode séparé entre la fin de la guerre par l’intervention de Merlin et le début d’un nouvel arc qui voit l’équipe du héros retourner à l’Académie Artémis. L’arc des chevaliers-sorciers avait un peu perdu l’humour de la série pour de l’action grand format et des manigances politiques. On retrouve Seth et ses remarques à la con une fois retourné sur la cité des sorciers. On sent que l’univers est vaste et que l’on vient tout juste de le découvrir. L’Anime juste diffusé aidant on imagine que l’on en a encore pour des dizaines de tomes à rechercher le Radiant et c(‘est tant mieux tant Tony Valente parvient à associer rythme, action, humour et une certaine réflexion écologique et sur l’altérite dans ce manga référence.

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Ether #1

Boone Dias est le Sherlock Holmes de l’Ether, le seul humain ayant réussi à pénétrer longuement dans ce monde parallèle où les lois scientifiques semblent remplacées par la magie. Esprit profondément cartésien, ce scientifique de renom considère que même dans l’Ether tout trouve une explication rationnelle! Lorsqu’on le convoque pour découvrir le coupable de l’assassinat de la Flamme d’or, la mythique héroïne défenseuse de la loi et de l’ordre de ce monde, il commence une enquête qui impliquera sa vie privée et questionnera les sacrifices auxquels il a consenti pour pouvoir devenir un cartographe de l’Ether.

Excellente variation sur Sherlock Holmes que cette nouvelle série dont le premier attrait est l’imagination débridée et délirante des auteurs pour créer ce monde magique. Malheureusement le dessin (qui fait penser à celui de Benjamin Blackstone) n’est pas au rendez-vous et ne facilite pas l’immersion du lecteur. La construction est également assez sophistiquée, nous immergeant dès la première page dans une intrigue déjà en place avec plusieurs flash-back qui nous racontent la rencontre entre Boone Dias et ce nouveau monde. Si vous accrochez aux dessins vous passerez un excellent moment qui vous donnera envie de prolonger l’aventure de cette enquête ésotérique. Si ce n’est pas le cas vous risquez de vous contenter de ce moment rafraîchissant à la croisée entre Hellblazer et Black Science.

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Sheriff of Babylon

Attention, one-shot touffu! Tant par un dessin au couteau qui joue énormément (trop?) sur la saleté et la surimpression de textures que par une intrigue que le scénariste fait tout pour faire avancer trèèèès lentement, cette intrigue ethno-géopolitique se mérite. Un peu à la manière d’un Black Monday Murders il faut faire ses preuves pour mériter cette lecture! La connaissance du terrain par l’auteur (ex agent de la CIA) se ressent, trop sans doute, en l’empêchant de décoller sur un scénario simple, accaparé qu’il est à faire ressentir la complexité locale, la chaleur, et à sortir des clichés américains. Sur ce plan l’album est une réussite – qui n’est plus si rare dans le milieu du comics Indé. L’organisation autour des trois personnages typés aurait dû aider le lecteur à suivre le récit mais la déconstruction et le côté tardif du sens de tout cela retarde d’autant l’immersion dans un album que l’on lit un peu trop extérieur pour vraiment l’apprécier. C’est dommage car ces personnages sont réellement intéressant et le héros, que l’on voit trop peu, est très réussi en faux candide au pays de Saddam. Une seconde lecture aidera sans doute à reprendre les bases pour peu que le dessin (très différent de la magnifique couverture malheureusement…) vous en donne envie. Dommage, la réalité d’une occupation de cowboys violents dans un pays dévasté par les tensions entre groupes est très intéressante. Dans le genre le Green Zone de Peter Greengrass, plus politique mais plus lisible, arrive à transcrire cette ambiance sans perdre le spectateur. Un album bien surévalué à mon goût.