***·Comics·Rapidos·Rétro

Siege

image-39
Comic de Brian M. Bendis et Olivier Coipel
Panini (2021), one-shot.

siege-must-have

A la tête du HAMMER et de ses Dark Avengers Norman Osborn est le nouvel homme fort du pays. Lorsque Loki se présente à lui il se laisse convaincre de la nécessité de déclarer la guerre à Asgard, terre étrangère hébergée sur Terre à la suite des évènements de Civil War et Secret invasion. Le duo provoque un incident qui déclenche l’attaque. La bataille des Dieux contre les Dark Avengers puis avec les Avengers commence…

Comme l’éditeur français de la Distinguée Concurrence, Panini a lancé depuis quelques années une collection fort alléchante de « must-have » bien pratiques pour ceux qui comme moi restent un peu en retrait des foultitudes d’arcs infinis de l’univers Marvel. Avec la garantie de se lancer dans les lectures indispensables et marquantes on peut alors piocher sur ses personnages préférés ou les top-dessinateurs du monde des super-slip. Le soucis c’est que les liens entre ces arcs majeurs sont tellement étroits que l’on tombe parfois sur un os avec le sentiment d’arriver au milieu du gué. Ne vous inquiétez pas, votre hôte est là pour essuyer les plâtres et vous défricher non seulement ce qui vaut le coup mais… l’ordre dans lequel il faut lire ces albums. Et pour faire bref, Siège nécessite des lectures préalables pour apporter toute sa saveur.MARVEL DELUXE - SIEGE de Brian M. Bendis & Olivier Coipel -  hellrick.over-blog.com

En effet on ouvre cette courte mais fort sympathique baston avec un contexte qui laisse sans voix: Asgard est situé sur Terre (en Oklahoma…), Osborn (le Bouffon vert, ennemi de Spider-man) est à la tête d’Avengers qui comprennent Vénom, Wolverine, Hawkeye ou Sentry (personnage pour lequel je vous invite vivement à lire le billet de Dahaka avant de vous plonger dans Siège). Côté gentils on a rien de moins que deux Captain America, un autre Hawkeye, Miss Marvel et Spider-girl… Bref pas mal de bazar dans le who is who pour un lecteur qui suivrait tout cela principalement via le MCU. L’intrigue est simplissime puisque cet event très axé fan-service est surtout là pour résoudre les incidences de Civil War et Secret Invasion avant le chamboulement global de Secret wars. N’ayant pas encore lu Secret invasion (qui vient de sortir en Must-Have) je ne saurais aller plus loin dans les liens entre les deux. Conscients de cette difficulté les éditions Panini proposent en fin de volume un important dossier permettant à la fois de comprendre ce qu’on vient de lire mais aussi de plonger dans l’histoire des super-héros Marvel. Bon point.Practitioners 20: Olivier Coipel | Beyond the Bunker

Pour revenir à nos moutons, le principal intérêt de ce Siège (qui est plus une bliszkrieg en fait…) repose sur les planches parfaites d’un Olivier Coipel au trait mature et qui propose juste ce qui se fait de mieux en matière de super-héros avec un certain Stuart Immonen. Aux dessins sur tout l’album (hormis un prologue dessiné par Michael Lark) il nous propose des plans hyper-dynamiques parfois en doubles pages, quelques grandioses panorama et les inévitables poses collectives. On est là pour ça et on ne boude pas son plaisir de voir Thor et Sentry se projeter au-travers des tours d’Asgard. Si l’album devait être adapté au cinoche il n’y a qu’un Michael Bay qui serait apte à rentrer dans la subtilité du joujou… On parle de Sentry, c’est l’autre point fort de l’album, https://i0.wp.com/www.4thletter.net/wp-content/uploads/2011/02/bhm-coipel-siege-02.jpgavec un aspect très sombre et inquiétant sur un certain nombre de cases, jusqu’à l’évènement central, inattendu et choquant que l’on ne pensait pas pouvoir trouver ailleurs que dans Injustice. S’exonérant comme jamais du Comic code authority, Brian M. Bendis arrive ainsi à proposer des séquences très gonflées dans un cadre archi-formaté. Son méchant devant dépasser le pitch de départ (on a quand-même les plus grands méchants de Marvel qui remplacent les Avengers sur Terre!), on nous envoie donc un super-man déviant et implacable qui va contraindre Thor à user de toute sa puissance.

Frustrant, court mais intense, ce Siege n’est peut-être pas un véritable Must-have (ou pour Coipel) mais c’est un vrai bon moment de pop-corn à la très bonne tenue, finalement pas si fréquent dans l’océan des albums de la Maison des idées. Si vous aimes les beaux dessins et les comics de héros pas trop prise de tête (adorateurs de HoX/PoX passez votre chemin…), attrapez Secret invasion et Siege lors de votre prochain passage chez votre dealer, mettez la bière au frais et Rock’n’roll!

note-calvin1note-calvin1note-calvin1

*****·Comics·East & West·Nouveau !

Spider-Man: Spider-Island

esat-west

Intégrale de 296 pages, comprenant les épisodes d’Amazing Spider-Man 665 à 673, Spider-Island: Deadly Foes, et Spider-Island: Spider-Woman, parus en 2011. Troisième réédition le 08/12/2021 dans la collection Deluxe, chez Panini Comics. Au scénario, Dan Slott, au dessin, Humberto Ramos, Stefano Caselli, et Giuseppe Camuncoli.

Spider-what ?

Coup de coeur! (1)

Retour en 2011 avec une saga discrète, qui avait à l’époque été quelque peu éclipsée par des events tels que Fear Itself. Circonscrite à la série Amazing-Spider-Man, qui à l’époque sortait tout juste de la période Brand New Day et de la reprise en main subséquente par Dan Slott, Spider-Island n’en conserve pas moins le caractère épique de certains de ses concurrents éditoriaux de la même année.

Le pitch est tellement simple qu’il en devient presque ridicule: tous les habitants de New York sont atteints d’un virus qui leur confère les pouvoirs de Spider-Man ! Mais contrairement à un certain adage, qui aurait ou n’aurait pas été prononcé par un certain tonton posthume, les pouvoirs et les responsabilités ne vont pas nécessairement de pair. C’est ainsi que la pagaille s’installe promptement au sein de la Grosse Pomme, qui se transforme en capharnaüm arachnéen sous le regard impuissant de notre héros favori.

Après une mise sous quarantaine de la ville (on peut s’étonner que personne n’aie pensé au confinement à cette époque), Spider-Man et ses alliés vont tenter d’endiguer le chaos tout en recherchant un remède à l’épidémie. Pendant ce temps, de vieux adversaires trament dans l’ombre leur grand retour.

Spider-Island, pourquoi c’est bien ?

Pour commencer, le pitch de départ, qui illustre de façon plutôt amusante la dichotomie toute marvelienne du pouvoir et des responsabilités. L’auteur s’intéresse, tout au long du récit, à ce qui distingue Peter Parker du commun des mortels. En effet, la substantifique moelle du personnage de Spider-man, c’est qu’il n’est au fond que Peter Parker, un gars du Queens comme les autres. Ici, Slott prend l’iconographie arachnéenne et en fait le négatif, pour voir ce qui se passerait si finalement, Spider-Man devenait lui aussi un gars « comme les autres ».

Cela a le mérite de répondre à la fameuse question: qu’est-ce qui rend une personne spéciale ? Sont-ce ses facultés, le rôle qu’il joue au sein de la société, où bien ses intentions, ses principes directeurs ? La réponse est bien entendu toute trouvée pour notre héros, qui prouve avec brio que ce ne sont pas ses pouvoirs qui le rendent spécial, mais bien la façon dont il a décidé d’en user.

Pour accompagner cette petite morale, nous avons bien entendu droit à une donne bien généreuse d’action façon blockbuster, avec de multiples guests qui confèrent à l’event sa dimension épique. Ceux qui connaissent bien les travaux de Dan Slott reconnaitront bien entendu son goût pour la continuité et sa connaissance encyclopédique des personnages Marvel, puisqu’il est capable d’implémenter des items narratifs vieux de plusieurs décennies, qui font sens pour la plupart.

En l’espèce, Slott nous ressort une antagoniste de derrière les fagots, en l’occurrence la Spider-Queen, qui jusque-là n’avait fait qu’une brève apparition dans Spectacular Spider-Man volume 2 en 2004. C’est à elle que l’on devait la fameuse toile organique, qui avait fait son apparition dans les films de Sam Raimi et avait été plus ou moins adroitement introduite dans les comics, pour être ensuite oubliée avec une aisance déconcertante en 2008 lors de Brand New Day post-Civil War. Ce personnage de Spider-Queen n’évoquera rien aux lecteurs récents ou occasionnels, mais ce genre de pirouette est un plus indéniable pour les fans les plus affranchis, car cela créée une connivence instantanée entre l’auteur et les lecteurs.

Ce recours à d’anciens éléments de continuité n’est pas le seul, mais c’est le plus notable car il concerne la big bad de cette saga. Les dessins, assurés en grande majorité par Humberto Ramos, font partie intégrante de l’esprit de la série, puisque mine de rien, Ramos dessine régulièrement l’Araignée depuis au moins 2004. Comme quoi, c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleurs comics !

***·Comics·East & West

Original Sin

esat-west

Intégrale de 22 pages comprenant les épisodes 0 à 8 de la mini-série Original Sin écrite par Jason Aaron et dessinée par Mike Deodato Jr. Parution originale en 2014, réédition chez Panini Comics le 25/11/2020.

Péché mortel

L’univers Marvel, et plus précisément sa planète Terre, n’est pas surveillée que par des super-héros. Depuis l’aube des temps, elle est minutieusement épiée, scrutée, par un être appartenant à l’une des premières espèces intelligentes qui aie parcouru le cosmos.

Uatu le Gardien, a pour mission d’observer tous les événements se déroulant sur Terre, du plus insignifiant au plus important. Son voeu, et celui de toute son espèce, est d’observer fidèlement sans jamais intervenir. Ce serment, fait après l’échec d’une tentative d’intervention des Gardiens auprès d’une espèce primitive, empêche Uatu de s’impliquer directement auprès des terriens.

Mais notre gardien silencieux, attaché aux humains (parce que les humains sont spéciaux, c’est bien connu), a rompu a quelques occasions son voeu de non-intervention. La plus célèbre de ces incartades est la toute première, lorsqu’il persuada Galactus, qui s’apprêtait à dévorer la Terre, de rebrousser chemin grâce au Nullifieur Ultime.

Ce matin-là de 2014, le calme apparent permet à quelques héros, Captain America, Wolverine, Black Widow et Nick Fury, de se réunir dans un snack pour partager quelques bons souvenirs. Ce moment de détente sera interrompu par une inquiétante alerte. En effet, dans son sanctuaire lunaire, d’où il voyait tout, Uatu le Gardien a été retrouvé mort. Cet être immensément sage et puissant gît désormais avec un trou dans la tête, et les yeux absents de leurs orbites.

Qui a pu commettre un tel acte ? Et à quoi vont servir ses yeux ? Les réponses à ces questions vont apporter leur lot de fâcheuses conséquences pour tous les héros qui vont mener l’enquête.

En 2014, c’est Jason Aaron qui est aux commandes de l’event estival de Marvel. Il concocte donc une histoire à grands spectacles, sous la forme plutôt inattendue d’un whodunnit, avec deux lignes narratives distinctes qui se rejoignent lors du climax. On peut dire que la recette fonctionne, notamment grâce à une intrigue sans trop de temps morts, et munie de certains coups de théâtre, qui, sans être excessivement puissants, restent efficaces dans le contexte de l’œuvre.

Si Original Sin mérite d’être mentionné, toutefois, ce n’est pas nécessairement pour l’identité du tueur ni pour l’originalité de l’intrigue, mais plutôt pour ces conséquences, dont certaines ont laissé une empreinte durables sur les personnages durant les années qui ont suivi. On pense notamment à Thor, qui perd sa dignité et son accès à Mjolnir jusqu’en 2019, ou à Spider-Man, qui se découvre une âme-soeur mordue par la même araignée que lui.

Le reste des révélations a été assez vite enterré, comme par exemple la soeur de Thor, Angela (qui est en fait un personnage de l’écurie Top Cow racheté par Marvel), ou encore l’implication de Tony Stark dans l’explosion qui donna naissance à Hulk.

ATTENTION SPOILER

On peut également débattre de la révélation-phare de la mini-série, qui concernait alors le personnage de Nick Fury. Aaron nous apprend que Fury, depuis des décennies, assure le rôle de la « Sentinelle », qui assure une mission proactive et secrète de protection de la Terre. A l’insu de tous, le fondateur du SHIELD a abattu des dizaines de menaces potentielles, à grands renforts de balles Gamma et d’assassinats intergalactiques. Le scénariste fait donc appel au tout-puissant outil de Retcon (continuité rétroactive, ou révélation sur un personnage qui offre une réinterprétation ou réécrit des éléments de continuité), et nous laisse nous creuser les méninges pour faire coexister cette révélation avec tous les éléments déjà inscrits dans le passé du personnage.

D’ailleurs, quand on y pense, on peut trouver incongrue la réaction de certains personnages face à cette révélation. Nick Fury tue des monstres souterrains et des conquérants qui veulent s’en prendre à la Terre, depuis des lustres, avec des balles radioactives ? Ça n’en fait pas vraiment un adversaire, au pire un mal nécessaire, mais le bât blesse lorsqu’on découvre les raisons plutôt obscures derrière l’assassinat d’Uatu, puisqu’il s’agit bien de lui, initialement.

En résumé, Original Sin n’est pas le pire event que Marvel nous aie balancé ces dernières années, notamment grâce à l’écriture de Jason Aaron et aux dessins de Deodato Jr, qui n’avait alors pas encore entamé son déclin. Néanmoins, le scénario, sans doute trop audacieux, oublie trop vite sa dynamique de départ mais évite de peu la sortie de route.

**·Comics·East & West·Nouveau !

King in Black

esat-west

Mini-série en quatre volumes, avec Donny Cates au scénario, secondé par Jason Aaron, Al Ewing, Clay Mc Leod Chapman, Seanan Mcguire, Christopher Cantwell, et Torunn Gronbekk. Au dessin, Ryan Stegman, Danilo Beyruth, Vakueva, Nina, Vilanova, Guiu. Parution en France chez Panini Comics, de juillet à octobre 2021.

Les symbiotes ça dépote

Tiré de son sommeil millénaire par Kletus Casady, tueur en série plus connu sous le nom de Carnage, le dieu des symbiotes, Knull, s’est dit qu’il était temps de rendre une petite visite à la planète bleue, histoire de la raser entièrement à l’aide de son armée de symbiotes dragons et de sa célèbre Nécro-épée. La Terre, qui se remet à peine de la guerre entre les Skrulls, les Krees et les Cotatis (confère War of the Realms), doit mobiliser une nouvelle fois ses héros pour faire face à cette menace.

Ce sont donc encore une fois les Avengers dans leur entièreté qui vont se dresser, mais également les X-men et les Quatre Fantastiques, menés de façon étonnante par Eddy Brock, le fameux Venom, réuni pour la première fois depuis longtemps avec son symbiote éponyme. Pour les lecteurs peu familiers du marvelverse, les symbiotes, dont le véritable nom est Klyntars, sont une espèce vivante intelligente et semi-parasitique, dont les individus doivent, pour survivre, se lier à un hôte dont ils amplifient les capacités.

Après des décennies de mystère quant aux origines véritables des symbiotes, on découvre qu’ils ont été créés par Knull, une entité primordiale personnifiant l’abysse qui précédait la création. En guerre contre les Célestes à ce sujet, Knull a façonné la Nécro-épée, le tout premier symbiote, pour décimer les géants de l’espace au cours d’une guerre cosmique. Blessé, Knull perdra un temps son arme, qui atterrira plus tard dans les mains d’un certain Gorr, qui donnera du fil à retordre à Thor. Trahi par ses symbiotes, Knull sera enfermé par ces derniers, qui se sacrifieront en masse afin de l’emprisonner dans une gigantesque structure symbiotique, qui de loin pourrait passer pour un corps astral, la fameuse planète Klyntar.

Donc, réveillé par les machinations de Carnage, Knull se dirige vers la Terre, ayant quelques comptes à régler avec certains de ses habitants. Nos héros parviendront-ils à lutter encore contre cette armée de monstres et leur invincible créateur ?

La saga commence par le grand débarquement de Knull et de ses symbiotes-dragons. Décrit comme une menace mortelle depuis plusieurs mois maintenant, son retour a effectivement de quoi être attendu par le lecteur. Nos héros, résolus à sauver le plus de monde possible, lancent une frappe préventive en utilisant les carcasses piégées de vaisseaux krees et skrulls encore en orbite autour de la Terre après les évènements de War of the Realms.

L’attaque ne fait que ralentir la progression de Knull, c’est pourquoi Captain America prend les devants et joue son va-tout en envoyant Sentry. La sentinelle dorée, figure controversée du marvelverse, va rapidement faire les frais de ce mécanisme narratif, qui veut que pour établir à quel point un antagoniste est badass, il doit mettre au tapis un personnage réputé puissant (pensez par exemple à Thanos au début d‘Infinity War, qui met une raclée à rien de moins que Hulk, dont ce sera la seule véritable défaite durant tout le MCU). Après avoir connu les affres de la mort et de la résurrection et démontré son incapacité à mourir (Thor l’a jeté dans le Soleil à l’issue de la saga Siege, et ça n’a pas suffi à l’époque), Sentry se voit infliger une mort tout à fait ironique, car elle rappelle simultanément deux de ses grands moments, à savoir la fois où il a déchiré Carnage en deux (New Avengers), et celle où il a fait la même chose à Arès (Siege).

Une fois cette formalité accomplie, on passe à la phase suivante qui veut que tout dégringole assez rapidement. Knull englobe la Terre dans un impénétrable dôme symbiotique et entreprend la dévastation de la planète. Il prend également possession, via ses symbiotes, de la première vague de héros, ne laissant que quelques survivants pour affronter ses hordes. Eddy Brock, quant à lui, était visiblement destiné, par Donny Cates, à être le protagoniste de cette saga de crise, celui qui, après une franche rédemption, œuvrerait pour vaincre Knull. Mais Cates crée la surprise en supprimant son héros dès le début de la crise, peu après que toutes les options prévues par les héros aient échoué.

Des ténèbres sorties de Knull-part

Le reste de l’histoire est réparti dans des ties-in, qui narrent les évènements secondaires se déroulant durant l’invasion des symbiotes: Spider-Gwen, munie d’un symbiote artificiel, affronte son amie Mary Jane possédée par un nouveau Carnage, tandis que le Black Knight affronte les monstres en Chine et attire l’attention de Knull en utilisant sa Lame D’Ébène, Spider-Man se demande comment affronter cette catastrophe dont il se sent responsable, Black Panther défend son pays comme à l’accoutumée et les Valkyries découvrent l’origine de la puissance de la Nécro-épée.

Pris dans leur ensemble, ces ties-in n’ont qu’un intérêt tout relatif, et peuvent même, dans certains cas, contredire la série principale. Ainsi, dans le numéro 3, le Silver Surfer déplore que le dôme symbiotique qui emprisonne la Terre soit infranchissable, alors que Black Panther, dans son tie-in, parvient à y percer un trou bien avant l’arrivée du Surfeur.

La série principale quant à elle, manque assez cruellement d’originalité, puisqu’encore une fois, elle met en scène un vilain surpuissant sans respecter la continuité ni les échelles de puissance, et qui n’affiche pas un charisme extraordinaire. Pour tout dire, Knull, qui était mentionné depuis un long moment et dont on était censés redouter la venue, s’avère unidimensionnel, relativement plat et les quelques apparitions qu’il fait ne sont pas de nature à marquer les esprits.

C’est d’autant plus regrettable lorsqu’on considère la montée en puissance et l’accumulation de tension dramatique dont il avait fait l’objet jusque-là. Pire encore, la résolution, qui intervient dans le cinquième numéro présent dans le quatrième volume, a de forts relents de deus ex machina. En effet, Donny Cates, ne sachant certainement plus comment se dépêtrer de son tout-puissant vilain, utilise sa carte « continuité rétroactive » (je déteste cette carte) pour sortir de son chapeau la Force Enigma et en faire l’opposé de Knull, dans un affrontement classique de lumière vs ténèbres. Mieux amené, cela aurait pu être une bonne révélation, si on ignore le fait que dans la continuité classique, les hôtes successifs de Captain Universe n’ont jamais été montrés comme étant mûs par le besoin de lutter contre les symbiotes ou les ténèbres de Knull.

Nous sommes donc dans un cas assez classique de « Sorti du chapeau » qui finit d’enfoncer le clou mortifère dans le cercueil symbiotique. Tel qu’il est écrit, Knull est soit invincible pour on ne sait quelle raison et tue des personnages dont le niveau de puissance préétabli ne devrait pas le permettre, soit il meurt en quelques pages après un power-up de dernière minute sorti de nulle part.

Vous l’aurez compris, inutile de vous encombrer avec les quatre volumes de King in Black, qui déçoit par de nombreux aspects après une préparation qui était pourtant prometteuse.

note-calvin1
note-calvin1
****·Comics·East & West·Nouveau !

Avengers #5: Le défi des Ghost Riders

esat-west

Cinquième tome de la série, qui comprend les épisodes 22 à 25. Jason Aaron à l’écriture et Stefano Caselli au dessin. Parution le 10/11/2021 aux éditions Panini Comics.

Highway to Hell

Dans le premier tome des Avengers par Jason Aaron, nous assistions aux débuts du jeune Robbie Reyes dans l’équipe. Le jeune américano-hispanique est depuis peu le détenteur des pouvoirs du Ghost Rider, une lignée de motards fantômes crachant le feu de l’Enfer et dédiés à la vengeance. Chaque Rider doit avoir sa monture, et celle de Robbie est quelque peu singulière, puisque c’est une voiture démoniaque qui semble avoir une personnalité propre, comme on a pu le voir à quelques reprises durant les précédentes aventures du groupe.

Depuis un moment déjà, Robbie sent que quelque chose cloche avec ses pouvoirs de Rider. Contrôlé par le roi des vampires dans le tome 3, il est depuis en grande remise en question et se persuade qu’il n’est pas digne de rester dans l’équipe des plus grands héros de la Terre. Notre Ghost Rider débutant va malheureusement se retrouver confronté aux dérangeantes vérités qui se cachent derrière son crâne enflammé et sa voiture démoniaque.

Bien entendu, lorsqu’un Avenger est en difficulté, il peut compter sur le soutien de ses frères et sœurs d’arme, qui vont le suivre jusqu’en Enfer… littéralement.

En effet, Robbie Reyes est convoqué au royaume des damnés, dirigé par un ancien Ghost Rider, le bien nommé Johnny Blaze. Le Roi de l’Enfer provoque Robbie en duel, une course avec en jeu ses pouvoirs de Rider. Si Blaze l’emporte, il cumulera ses pouvoirs avec ceux de Reyes et sera ainsi capable de régner entièrement sur les légions des damnés. Et si les desseins de Blaze étaient initialement vertueux, on peut être quasiment certains que la charge du Trône Infernal l’aura corrompu jusqu’à l’os.

Après un quatrième tome assez dispensable, Jason Aaron revient à ses moutons et met en lumière un des personnages les plus prometteurs de sa nouvelle mouture des Avengers. Robbie Reyes, héros réticent, subissant un pouvoir qui confine davantage à la malédiction et dont il commençait progressivement à tester les limites. On découvre donc à l’occasion de ce défi des Ghost Riders les différentes facettes du pouvoir de Robbie.

Jason Aaron s’amuse clairement comme un petit fou avec cette série. Dans chaque nouvel arc, il implémente de nouvelles idées originales, et ce Défi ne fait pas exception, avec moult incarnations de Riders, une course folle en Enfer et des drakkars customisés. En parallèle, l’intrigue liée aux Avengers préhistoriques avance de façon significative, sans que l’on sache encore clairement de quoi il retourne et ce qui lie les deux époques.

En résumé, ce cinquième volume relance la série avec un cocktail d’action et d’intrigue, comme Jason Aaron nous y a habitué.

****·Comics·East & West·Nouveau !

Avengers: Nuit Noire

esat-west

Recueil des dix épisodes la mini-série Marvel Avengers No Road Home, écrite par Mark Waid, Al Ewing et Jim Zub, et dessinée par Paco Medina, Sean Izaakse et Carlo Barberi. Parution le 25/08/2021 chez Panini Comics.

Nyx sa mère

Peu de temps auparavant, les Avengers, les plus puissants héros de la Terre, ont fait face à une nouvelle menace cosmique. Deux entités extraterrestres surpuissantes issues des Doyens de l’Univers, le Grand Maître et le Collectionneur, ont pris la planète en otage et s’en sont servi comme d’un plateau de jeu, utilisant héros et vilains comme des pions à leur service.

Ce faisant, ils ont involontairement permis à Nyx, déesse de la Nuit et des Ténèbres, autrefois toute-puissante, de rompre l’enchantement qui la maintenait en captivité depuis que Zeus l’a bannie après avoir dispersé les morceaux de son âme. Très insatisfaite de ce sort peu enviable, Nyx resurgit accompagnée de sa progéniture, et impose sa vengeance au panthéon grec, n’épargnant personne.

Seul Hercules, fils immortel de Zeus, échappe au massacre, du fait de sa présence sur Terre au moment des faits. Seul, le Lion de l’Olympe ne peut rien face à la déesse de la nuit. C’est pourquoi Voyager, la fille du Grand Maître, grande admiratrice des Avengers, se lance dans une campagne express de recrutement pour épauler Hercules et repousser Nyx, dont le pouvoir grandissant provoque la disparition de la lumière à travers tout le cosmos.

Ainsi, Hercules retrouve-t-il la Sorcière Rouge, La Vision, Spectrum, Hawkeye, Hulk et Rocket Racoon, pour une quête qui va les mener aux quatre coins de l’univers, jusqu’à la source de la création, en passant par le royaume des rêves. Le souci qui va rapidement se poser, c’est que sept héros choisi aléatoirement ne seront pas nécessairement les mieux équipés pour affronter cette menace. En effet, Hercules a perdu les siens, et est donc aveuglé par la rage et le désespoir. La Sorcière Rouge, va se retrouver aveuglée par Nyx et projetée dans un monde inconnu, où elle fera la rencontre d’un célèbre Barbare. La Vision, quant à lui, est détérioré et entrevoit pour la première fois la possibilité de mourir comme un humain. Hawkeye doute de lui-même et de sa réelle place au sein de l’équipe, alors que Hulk caresse l’idée de se venger de l’archer suite aux événements tragiques de Civil War 2. Rocket Racoon, lui, se demande encore ce qu’il fait là, comme le reste de l’équipe.

Ce que l’on devient dans l’obscurité

Nous voici face à une histoire auto contenue des héros les plus populaires de Marvel, comme ont pu l’être des séries de la belle époque comme Avengers Forever. Waid et Ewing, désormais vieux briscards des comics et notoirement érudits en terme de continuité, s’entourent majoritairement de seconds couteaux, en évitant soigneusement les piliers du groupe tels que Cap, Iron Man ou Thor. En effet, Sorcière Rouge, Vision et Hawkeye, font depuis belle lurette partie du coeur de l’équipe, mais ont longtemps été considérés comme des personnages mineurs incapables de soutenir la série lors du départ des Big Three.

Nuit noire (par Mark Waid, Paco Medina, Al Ewing et Carlo Barberi)

L’Histoire a donné tort aux détracteurs, puisque la série Avengers, loin de se focaliser sur ses stars, a su perdurer en entremêlant les destinées des personnages dits secondaires, pour tisser une toile complexe au fil des décennies. Ici l’intrigue est relativement simple, mais permet à l’ensemble des personnages, dans ce casting bigarré à la limite du WTF (Rocket ?), de briller à sa manière en respectant sa caractérisation antérieure.

Il faut reconnaître cependant que l’antagoniste Nyx, si elle provoque la sympathie par moments, manque un tant soit peu de charisme et de présence. Ses pouvoirs, assez peu définis, semblent surgir et évoluer au gré des besoins des auteurs, qui nous ont habitués à plus de rigueur de ce côté-là (il n’y a qu’à lire les Ultimates de Al Ewing par exemple). L’inclusion de Conan le Barbare paraît quant à elle forcée, surtout si l’on prend en considération le fait que Marvel avait récupéré juste avant les droits du personnage.

Il n’en demeure pas moins que l’aventure cosmique de ces Avengers de la dernière chance se révèle dynamique et engageante, et prend même une dimension supérieure inattendue durant son dernier chapitre.

Dire que c’est une histoire auto contenue est peut-être un peu abusif, cependant, car les auteurs ont inclus de nombreux easter eggs et références, rappels à des événements antérieurs, qui peuvent remonter à plusieurs décennies pour certains d’entre eux. Rien de gênant pour les nouveaux lecteurs, mais très appréciable pour les true believers de la première heure.

Tout le monde devrait donc trouver son compte dans Nuit Noire: les lecteurs occasionnels ne souhaitant pas s’embarquer dans un lecture trop étalée ou trop fastidieuse, et les fans inconditionnels qui y retrouveront leurs personnages favoris, avec un avant et un après.

****·BD·Comics·East & West

Empyre volume 4/4

esat-west

Dernier volume de la série écrite par Dan Slott et Al Ewing, parution le 23/06/2021 chez Panini Comics.

Capable du meilleur comme de l’empire

Chapitre final de notre space opéra marvelien annuel. Les Avengers et les Quatre Fantastiques ont du unir leurs forces pour contrer une incursion de l’alliance Kree-Skrull, qui, après des millions d’années à se taper dessus, ont décidé de détourner leurs pulsions violentes vers les Cotatis, une espèce végétale avancée dont les derniers représentants avaient élus domicile dans la Zone Bleue de la Lune.

Parmi eux, Quoi, le Messie Céleste issu de l’union de deux anciens Avengers. Ce dernier, quelque peu chauffé par son père en coulisses et lassé de millénaires de persécution, a décidé, de façon assez radicale il faut bien l’admettre, d’éradiquer purement et simplement tous les représentants du règne animal à travers l’univers, en commençant par la Terre.

Pour ce faire, il compte utiliser une fleur spéciale qui décuple ses pouvoirs, et la faire pousser sur la montagne de vibranium qui fait la fierté du Wakanda, la patrie protectionniste de la Panthère Noire. Pendant ce temps, les Skrulls et les Krees grincent des dents mais acceptent d’aider les Avengers et les FF à repousser l’attaque.

Cependant, Quoi n’est pas le seul à avoir été manipulé. En effet, Teddy Altman, alias Hulkling, le fils du légendaire héros Kree Captain Marvel et de la Princesse Skrull Anelle, a été parachuté malgré lui à la tête de l’alliance, lui qui représente le pont idéal entre les deux civilisations belligérantes. Pétri de bonnes intentions, il était prêt à tous les compromis pour parvenir à la paix entre les deux peuples. Malheureusement pour lui, d’autres personnes haut placées avaient d’autres intentions bien plus néfastes. Teddy, ainsi que Quoi, ont donc fait les frais des ambitions mortifères de leurs aînés, ce qui fait d’eux les deux faces d’une même pièce.

Ces jeux d’influence et de manipulation nous montrent bien qu’au final, les vieilles rancunes sont les plus tenaces et que les volontés bienveillantes de quelques bonnes âmes ne suffisent pas toujours pour étouffer les braises du conflit, comme c’est le cas dans la réalité. Cependant, on est ici chez Marvel, et même si on aime les propos à la fois amers et réalistes sur notre monde, il n’en demeure pas moins qu’on ouvre les pages de ces albums avant tout pour rêver et se divertir.

Nos héros parviennent donc à s’en sortir une fois de plus, avec plus ou moins de panache et d’effets pyrotechniques. On pourra apprécier de réelles bonnes idées, comme Reed Richards et sa nouvelle armure signée Stark, ou encore le playboy-milliardaire-philanthrope en pleine crise de foi. L’irruption de Thor fleure cependant le deus ex machina étant donné que sa quête de pouvoir auprès de sa mère Gaïa n’est pas traitée dans la mini-série, ni dans les tie-ins.

En somme, cet Empyre en quatre volumes constitue une agréable lecture popcorn, pas nécessairement de quoi secouer les fondations de l’univers Marvel, mais contenant malgré tout son lot d’action et d’émotions. Le casting est sans doute un peu trop large pour que chacun puisse briller comme il le devrait, mais les tie-ins apportent tout de même suffisamment de substance pour donner au tout le liant nécessaire.

***·Comics·East & West·Nouveau !

Empyre volume 3/4

esat-west

Troisième volume de 168 pages de la série écrite par Dan Slott et Al Ewing. Parution le 12/05/2021 chez Panini Comics.

Des racines et du seum

Troisième quart pour notre saga cosmique made in Marvel. Après des millions d’années de guerre, les Krees et les Skrulls ont jumelé leurs civilisations intergalactiques et n’ont rien trouvé de mieux pour sceller leur alliance que de venir sur Terre pour éradiquer les Cotatis, race extraterrestre végétale dont les origines remontent au fameux conflit.

Alors que les Avengers et les Quatre Fantastiques se sont opposés à ce projet, ils ont été trahis par Quoi (Sequoia de son véritable nom), le Messie Céleste des Cotatis, dont le projet est de venger des millénaires de massacres en éliminant toute créature non-végétale de l’univers, en commençant par sa planète d’origine, la Terre.

Alors que les héros sont divisés en factions pour défendre la Terre, les intrigues politiques au sein de l’empire spatial réunifié prennent racine, avec au centre l’empereur Dorrek VIII, alias Hulkling, dont les origines triples-Skrull, Kree, et Humain-sont à la fois une force et une faiblesse.

Alors que les Cotatis gagnent du terrain, les enjeux augmentent sérieusement, ce qui pousse les alliés à envisager des solutions radicales. Une fois de plus, c’est donc la Terre qui fait les frais d’un conflit intergalactique auquel elle n’était pas censée prendre part. Cela aura bien sûr des conséquences sérieuses pour nos héros, qui sont en première ligne du conflit.

Encore une fois, Empyre et ses séries dérivées se révèlent être une aventure rythmée et entraînante, avec quelques bémols toutefois. Le casting, proportionnel à l’ampleur de l’event, ne permet pas à tous les personnages de briller, notamment les FF. Certes, dans ce numéro, Ben Grimm (la Chose) a son quart d’heure de gloire, mais cela ne suffit pas à équilibrer la balance. Le reste se déroule de façon assez expéditive, mais contient tout de même suffisamment de coups de théâtre pour conserver un certain intérêt.

D’un point de vue éditorial, Panini Comics a insisté dans sa promo de l’event sur le format, similaire à celui qui avait été tenté sur House of X / Powers of X, mais la comparaison ne tient pas vraiment dans le sens ou ces deux mini-séries étaient conçues de façon complémentaire, ce qui n’est pas le cas d’Empyre vs ses tie-ins.

En conclusion, un lecteur quelque peu désabusé par la ribambelle de sagas à la qualité plus qu’inégale sera agréablement surpris, pour peu qu’il accepte le divertissement proposé pour ce qu’il est.

***·Comics·East & West

Empyre volume 2/4

esat-west

Second volume de la série Marvel Empyre, écrite par Dan Slott et Al Ewing, dessinée par Pepe Larraz. Contient les chapitres 2 et 3 de la série, ainsi que les tie-ins consacrés aux Avengers, à Captain America, aux Savage Avengers et au Messie Céleste. Parution le 07/04/2021 chez Panini Comics.

Les racines de la guerre

Dans le premier volume d’Empyre, nous explorions les origines du légendaire conflit entre les Krees et les Skrulls, deux puissantes et belliqueuses civilisations extraterrestres de l’univers Marvel. Il s’avère que ces deux espèces ont en commun une troisième engeance, les Cotatis, êtres végétaux et supposés pacifiques, dont sont issus plusieurs personnages amis des Avengers. Initialement, les Skrulls, dans une logique colonisatrice et conquérante, avaient proposé aux deux autres espèces, qui étaient alors primitives et cohabitaient sur la même planète, une sorte de challenge destiné à déterminer qui des deux tirerait le meilleur parti de la technologie avancée des Skrulls.

Ce challenge a très mal tourné puisqu’il a conduit au massacre des Cotatis, initiant la fameuse guerre Kree-Skrulls. Aujourd’hui, les deux belligérants ont enterré la hache de guerre, pour se rassembler sous la bannière d’un hybride, le super-héros Hulkling, passerelle entre les deux mondes.

Malheureusement, la paix a toujours un prix, si bien que le nouvel empire, transfuge des Krees et des Skrulls s’est mis en route vers la Terre pour exterminer les Cotatis, qu’ils ont érigés en bouc émissaire. Les Avengers se sont donc courageusement dressés pour défendre les opprimés. Cependant, il s’avère que la coalition avait raison de craindre les Cotatis, qui attendaient leur heure pour se venger de millénaires d’oppression et de massacres, et qui ont dans l’idée d’exterminer toute vie non-végétale dans l’Univers.

Les fleurs du mâle

Il se pourrait bien d’ailleurs que les moyens des Cotatis soient en adéquation avec leurs ambitions. C’est donc aux Avengers et aux Quatre Fantastiques (dont la plupart a déjà été un Avengers à un moment donné) qu’il revient d’organiser la contre-attaque avant qu’il ne soit trop tard.

Le space-opéra du premier volume laisse la place à des batailles épiques sur Terre cette-fois, où les héros répartis en factions doivent repousser les hordes d’hommes-brocolis qui surgissent de partout. L’action est donc au rendez-vous ici également, superbement mise en image par M. Larraz. Son dessin me semble un peu formaté depuis quelques temps mais retient tout de même l’attention, notamment grâce au soutient de l’encrage et de la couleur.

La formule en elle-même reste ultra-classique, avec les sous-groupes de héros ayant chacun une sous-mission essentielle au salut de tous. C’est ce que l’on retrouvait déjà dans les gros events de l’époque, les derniers qui reviennent en tête étant Secret Invasion (retrouver Reed Richards, retrouver Stark, reprendre New York lors d’une immense bataille), Fear Itself (défendre les grandes villes attaquées par les Dignes à travers le monde, forger des armes asgardiennes pour les héros, se rassembler pour les affronter lors d’une immense bataille), ou plus récemment War of the Realms.

Pour le reste, l’intrigue tient encore la route, il n’y a plus qu’à espérer qu’elle parvienne à surprendre tout du long. Je vous rassure néanmoins, un certain nombre de rebondissement permet de maintenir l’intérêt sur ce second volume.

Le casting demeure attractif, même si l’on ne peut s’empêcher de relever quelques incongruités, comme par exemple l’absence de Spider-man, qui est un membre historique des Avengers ET des FF. Puisque le label de la mini-série met ces deux équipes en avant, il aurait aussi été intéressant de les mettre en opposition, par exemple sur des méthodes ou des choix à faire durant le conflit. Cela viendra peut-être sur les prochains chapitres, mais pour l’heure, c’est la coopération totale, ce qui n’est guère surprenant.

Les tie-ins, chapitres annexes à l’intrigue principale, sont souvent dénués d’intérêt mais ici, la magie opère et l’on prend tout de même plaisir à lire les à-cotés, qui contextualisent suffisamment les évènements pour permettre de raccrocher les wagons.

Ce volume 2 fait donc entrer la série dans une phase de plateau, tout en conservant un rythme soutenu.

***·BD·Comics·East & West·Nouveau !

Empyre volume 1/4

esat-west

Premier volume de 168 pages de la mini-série écrite par Dan Slott et Al Ewing, dessinée par Pepe Larraz. Contient le premier numéro de la série ainsi que les prologues consacrées aux Avengers et aux Quatre Fantastiques.

Peur bleue et enfer vert

Dans notre réalité, il existe des conflits ancestraux, interminables, entre deux ennemis héréditaires, et dont peu de gens se souviennent des événements déclencheurs, comme par exemple le conflit israélo-palestinien. L’univers 616 de Marvel (la continuité classique, donc) reflète bien cet état de fait, au travers de la fameuse guerre Krees-Skrulls.

Les Krees sont une civilisation intergalactique fondée sur des valeurs guerrières, des sortes de spartiates de l’espace, à l’esprit conquérant et impitoyable. Les Krees ont déjà, par le passé, interféré avec l’Humanité, notamment par le biais d’expérimentations ayant engendré le peuple Inhumain. L’un des grands héros de l’écurie (et l’un des rares à ne pas avoir été ressuscité) Captain Marvel, premier du nom, est un guerrier Kree qui, par amour pour l’Humanité, a tourné le dos à son peuple pour devenir protecteur de la Terre. Après sa mort tragique, son titre revint à son faire-valoir de l’époque, le Colonel Carol Danvers, qui après des années passées sous les alias de Miss Marvel, Warbird ou Binaire, assuma enfin son héritage pour s’émanciper et devenir la nouvelle Captain Marvel.

Les Skrulls, quant à eux, sont des êtres métamorphes organisés eux aussi en civilisation intergalactique. Expansionnistes et belliqueux, ils utilisent leurs dons pour infiltrer les mondes cibles et utilisent ensuite leur technologie supérieure pour en prendre le contrôle. Depuis la destruction de leur planète par Galactus, les Skrulls ont des vues sur la Terre, qu’ils convoitent pour eux-mêmes. Motivés par une ferveur religieuse, sous la forme d’une prophétie qui leur promettait le salut sur Terre, ils ont tenté, en 2008, de conquérir la Terre après avoir remplacé de nombreux héros par leurs propres agents (Secret Invasion). Lors de cette attaque de grande ampleur, on s’apercevait que Hank Pym, Spider-Woman, Elektra, Flèche Noire et d’autres avaient été remplacés par des Skrulls, causant la confusion et semant la paranoïa parmi les héros.

Pris séparément, ces deux factions représentent déjà une menace pour l’Humanité. Mais si l’on prend en compte le conflit millénaire qui les oppose, le risque augmente alors de façon exponentielle. En effet, Krees et Skrulls se mènent une guerre sans merci à travers les galaxies, sans que les uns ou les autres ne prévalent jamais. Ce conflit s’est délocalisé sur Terre à plusieurs occasions, mais la plus connue reste la Guerre Krees Skrulls, racontée dans la saga éponyme dans les années 70.

Au milieu de tout ça, il existe un personnage, Teddy Altman alias Hulkling, qui, dans la série Young Avengers, découvrait son double héritage. Fils de Captain Marvel, héros Kree, et d’une princesse Skrull, il était le pont improbable entre les deux espèces, hybride porteur d’un message d’espoir et de paix. Malheureusement, qui veut la paix doit proverbialement se préparer à faire la guerre. Ainsi, Teddy, hissé à la hâte et bien malgré lui sur le trône des deux empires, subit le lobby des deux parties afin de les unifier contre un ennemi commun, la Terre…

Skrulls et autres Kree-minels

Comme à l’accoutumée, les Avengers, les plus puissants héros de la Terre, sont en première ligne pour accueillir la flotte combinée des Skrulls et des Krees. Mais ils ne sont pas seuls, car cette fois les Fantastiques, habitués aux contacts avec ces civilisations belliqueuses (Reed Richards, lors d’une des premières aventures des FF, avait hypnotisé des espions Skrulls pour les transformer en…vaches, qui furent plus tard mangées par des humains, entrainant des conséquences inattendues…mais c’est une autre histoire), sont aussi de la partie.

Les héros découvrent, via un appel de détresse, que Sequoia, le Messie Céleste, fils de deux anciens Avengers, est toujours en vie, et que son peuple, les Cotatis, sont la cible réelle de la coalition Kree-Skrull. Entre un jeune empereur réticent et dépassé par les événements, et deux races aliens prêtes à pulvériser la planète pour régler leurs différends, les Avengers et FF auront fort à faire tout au long des quatre volumes de la série.

Pour les lecteurs aguerris, les schémas de Marvel finissent par apparaître clairement, au bout de quelques années. Qui dit schéma dit redondance, et c’est ainsi que les cycles marveliens ont tendance à se répéter, pas forcément sur la forme, mais au moins sur le fond. En même temps, il faut bien avouer que les grandes sagas, tradition de l’éditeur, n’ont qu’un nombre limité de thèmes à aborder, si bien qu’il faut souvent recycler.

Ainsi, l’on passe de House of M (2005) à House X (2020) , de Civil War (2006) à Civil War 2 (2016), de Fear Itself(2011) à War of the Realms (2020), de la Guerre Kree-Skrull (1971) à Secret Invasion (2008) puis à Empyre. Il s’agit donc, pour le fan, de lutter contre l’éventuelle lassitude en prenant ces events pour ce qu’ils sont, un divertissement proposé à échéance régulière, et mettant en scène nos héros favoris.

Le minimum syndical que nous sommes en droit d’exiger, c’est donc, outre la partie graphique, des personnages bien campés, de l’action, si possible spectaculaire, et une intrigue un tant soit peu rythmée et cohérente.

Ce premier numéro d’Empyre (prononcer Aime-Paille-Heure), si l’on fait preuve d’indulgence quant à ses inévitables prologues, offre donc une entrée en matière tout à fait satisfaisante et promet une saga divertissante, à défaut d’être complètement révolutionnaire. Action ? check. Nos héros favoris ? check. Rebondissements ? check.

Vous l’aurez compris, rien de transcendant à ce stade, mais l’on peut faire confiance à Dan Slott et Al Ewing pour nous faire voyager, en faisant écho à l’héritage riche de Marvel et de sa longue continuité.