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Rick et Morty tome 11

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Onzième tome de la série crée par Justin Roiland et Dan Harmon. Kyle Starks, Tini Howard et Magdalene Visaggio au scénario, Marc Ellerby, Philipp Murphy et Ian Mc Ginty au dessin. Parution le 15/09/21 aux éditions HiComics.

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Merci aux éditions Hicomics pour leur confiance!

Le Rick, c’est chic

Si vous connaissez Rick et Morty, cela signifie très probablement que vous vous êtes départi de vos douces illusions sur la vie et sur votre place dans l’Univers, pour ensuite embrasser une philosophie joyeusement nihiliste. La série animée des studios Adult Swim, s’est en effet faite connaître pour le traitement cruel et amer de ses personnages dans un univers SF totalement déjanté, qui laissait néanmoins la part belle à leur développement.

Avec quatre saisons complètes (disponibles sur Netflix) et un succès qui ne dément pas, R&M se sont offert une adaptation BD, qui reprend les codes et les gimmicks de la série principale pour extrapoler les aventures ironiquement ubuesques de la famille Smith/Sanchez. Pour ceux qui ne connaitraient pas encore, la série raconte les tribulations de Morty Smith, entraîné bien malgré lui par son grand-père Rick Sanchez, scientifique fou, dans des missions et aventures spatio-temporelles assez baroques.

Ce qui fait le sel de la série, c’est bien évidemment le personnage de Rick Sanchez, sexagénaire rude et cynique au génie inégalé, qui lui confère à la fois une vision tristement lucide sur les affres de l’Humanité et une bonne dose d’humour noir. Dans ce tome 11, vous verrez un Morty et une Summer « ricktifiés« , un Jerry Smith toujours aussi loser, et des gags cruels dont seul Adult Swim a le secret. Le comics singe donc correctement son homologue animé, bien que toutes les histoires n’affichent pas le même attrait. Sur cet album, seuls les chapitres mettant en scène Jerry aux prises avec une arnaque pyramidale cosmique et celui des « ricktifications » évoqué plus haut, se détachent du reste, bien que l’ensemble conserve un intérêt du fait des personnages et de leurs traits d’esprit. Le reste est constitué essentiellement de scénettes courtes qui ne comprennent pas nécessairement de chute.

En conclusion, la version comics de Rick et Morty offre de bons moments de rire et permet de patienter entre deux saisons du show.

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Bleed them dry – Harley Quinn: Black+white+red

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Salut la compagnie! Aujourd’hui petite fournée de deux nouveautés estivales et très graphiques, venues de chez DC et Vault comics, que je vous propose en mode rapidos.

  • Comic de Eliott Rahal, Dike Ruan et Miguel Muerto (coul.) – Hicomics (2021), 164p., one-shot.

bsic journalismMerci aux éditions Hicomics pour leur confiance!

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Dans le futur, l’humanité vit pacifiquement avec les vampires, dans une cité idéale et technologique. Mais une série de meurtres remet en cause les équilibres lorsqu’il apparaît que malgré leur apparente intégration les vampires ne sont pas que de doux collègues…

Sous les atours d’un polar très classique transposé dans une cité futuriste, Bleed them dry propose une variation Ninja du thème du vampire que l’on connait, sa puissance bestiale, sa manipulation mentale et sa victime déchirée entre ses nouvelles capacités et le deuil de son ancienne vie. Etrange projet qui boucle une intrigue sur seulement six chapitres en nous laissant un peu sur notre faim. Alors que le récent These savage shores du même éditeur parvenait à instiller une nouveauté envoutante dans cette trame éculée, l’habillage techno et les dessins superbes du jeune prodige Dike Ruan, s’ils font passer un bon moment en mode Blockbuster bad-ass ne suffisent pas à nous enthousiasmer réellement dans cette trame qui n’a ni le temps ni l’envie de développer un background. On nous raconte bien l’histoire cachée derrière cette cité idéale et les affrontements comme les dialogues sont tout à fait fun mais lorsque l’on aborde un genre aussi fréquenté que le thème du vampire nocturne il est important de proposer un décalage novateur. C’est sans doute ce qui manque à ce donc fort joli album, qui défouraille et tranche sévère. Un conseil, débranchez vos neurones pour apprécier à plein cette « enquête » qui mord…

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  • Comic collectif – Urban (2021), 240p., one-shot.

bsic journalismMerci aux éditions Urban pour leur confiance!

couv_428643En 2016 DC comics proposait à une ribambelle d’auteurs de BD de proposer leur vision du chevalier noir en mode court, avec comme seule consigne le noir et blanc. Cette année rebelotte avec la plus foldingue des copines des anti-héroïnes de Gotham qui reprend le même format en lui adjoignant (bien évidemment) le rouge. A noter que l’heure est aux anthologies puisque vient de sortir également un Batman The World qui vise à proposer cette fois le Dark Knight à un panel d’artistes non américains, histoire de montrer l’universalisme du personnage.

Au travers de dix-neuf courtes histoires d’une dizaine de pages chacune, c’est une sacrée brochette de stars (mais aussi de jeunes talents) de l’industrie du comics qui nous permet de découvrir une grande variété de styles. Premier constat qui ne surprendra pas les habitués des BD DC, la quantité d’artistes non américains est conséquente, ce qui ne cesse de nous interroger sur la destinée d’une école graphique américaine qui semble en déshérence (ou peut-être orientée plutot vers l’Indé?). J’ai constaté depuis pas mal de temps combien ces étrangers biberonnés à la culture US élèvent le niveau graphique en apportant une sensibilité nécessaire, et c’est tant mieux. Le second constat c’est que les scénarios sont résolument orientés humour avec un personnage de Harley complètement foldingue, qui aime raconter des histoires en mode petite fille trash. Et c’est souvent très drôle. Pour qui entre dans cet univers, on constate également combien l’ex-copine du Joker (oui-oui c’est déjà fini!) a évolué depuis sa naissance dans la série animée des années quatre-vingt-dix, désormais plus ou moins en couple avec Poison Ivy voir chef d’une équipe de super-héros/super-vilains -on ne sait jamais vraiment avec Harley). Au final cette anthologie navigue entre la vraie découverte dans un format idéal, quelques interventions de stars un peu au forceps (on pense au Stjepan Sejic ou au trop rare Adam Hughes) et le produit d’appel destiné à lancer le très très attendu spin-off de Batman White knight: Harley Quinn. Chaque lecteur y verra son intérêt mais on peut dire que l’offre est généreuse et devrait trouver un public assez large.

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TMNT 14: Le Procès de Krang

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Kevin Eastman et Tom Waltz au scénario, Cory Smith au dessin, parution chez HiComics le 07/07/2021.

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Merci aux éditions Hicomics pour leur confiance.

Accusé, levez-vous !

Après leurs rocambolesques aventures, les Tortues Ninja du clan Hamato auraient bien mérité une pause. Que nenni, puisqu’ils sont conviés sur la planète Neutrino dans la dimension X, afin d’assister au procès au cours duquel seront jugées les atrocités commises par Krang, tyran interdimensionnel que nos jeunes héros sont parvenus à vaincre dans la première partie de la série. Voici donc Leonardo, Raphael, Donatello et Michelangelo repartis pour de nouvelles aventures, qui s’annoncent peut-être plus tranquilles qu’à l’accoutumée. Ou pas ? 

Car c’est bien connu, les TMNT n’ont droit à aucun répis. Même emprisonné, Krang reste une menace, et il s’avère que le cerveau sur pattes a plus d’un atout dans sa manche. Prêt à tout pour échapper à la condamnation, le redoutable Utrom n’hésitera pas à commanditer des assassinats pour couvrir ses traces et discréditer l’accusation. 

Les tortues vont donc se remettre au boulot pour protéger les témoins clés du procès, Ace, B’een Go, Anemon, Souche, Polly et Leatherhead, tout en défendant la planète d’une attaque (pas si) inopinée de Maligna, la reine parasite. Krang parviendra-t-il à ses fins, ou la justice intergalactique finira-t-elle par triompher ?

Verdict tranchant

Avec ce 14e tome, les TMNT font l’économie d’une transition en nous emmenant directement dans les étoiles pour une aventure cosmique à mi-chemin entre le space-opéra et le procedural, montrant par la même occasion le caractère tout à fait syncrétique de leur univers. En effet, avec les Tortues, des ninjas peuvent côtoyer des mutants, autant que des cyborgs et des dieux, sans que cela paraissent choquant ni WTF. Assez étonnamment, on ne se lasse pas des dynamiques perpétuelles entre les quatre frères, qui gardent chacun leurs sempiternelles spécificités à travers le temps. 

Le fil rouge du procès permet de ne pas perdre le rythme entre les différentes péripéties, dont certaines sont néanmoins traitées au travers de salvatrices ellipses. Le verdict final en surprendra certains mais ne manquera pas d’en décevoir d’autres. Toujours est-il qu’il offre de nouvelles perspectives pour la suite de la série. En revanche, si l’interlude qui ouvre l’album enrichit encore davantage l’univers et promet de nouvelles batailles épiques, il pâlit tout de même en comparaison du cœur de l’album, à savoir le procès. 

En résumé, ce quatorzième tome de TMNT maintient son niveau qualitatif, que ce soit sur l’intrigue, le rythme, ou le graphisme. 

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We only find them when they’re dead #1

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Comic de Al Ewing, Simone Di Meo et Mariasara Miotti (coul.)
Hicomics (2021) – Boom! (2020), 144 p., série en cours.

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Merci aux éditions Hicomics pour leur confiance.

Nous sommes en 2367, le Vihan II est un vaisseau nécropsique comptant quatre membres d’équipage. Nous étions en 2323, le Vihan était un vaisseau nécropsique comptant quatre membres d’équipage… Entre maintenant et hier, voici l’histoire du capitaine Georges Malik, hanté par son passé, et son équipage qui comme ses confrères prélève la dernière ressource: la viande de corps gigantesques qui apparaissent soudainement dans l’espace. Les règles sont strictes et pour ceux qui voudraient s’en extraire, c'(est la mort qui s’annonce…

Voyageur (Le) (par Al Ewing et Simone Di Meo) Tome 1 de la série We only  find them when they're deadAuréolé d’aperçus sublimes, d’une notoriété importante et d’une mise en avant exceptionnelle de la part de l’éditeur Sullivan Rouaud, WOFTWTD nous arrive dans une édition reprenant la classique maquette Hicomics. Petit regret lorsque l’on voit les sublimes cover originales et leur logotitre immense mangeant l’illustration. La couv française est certes très jolie mais manque de la percussion de l’œuvre originale…

We only find them nous conquièrt immédiatement dès les premières pages d’une beauté spatiale froide et colorée à la fois. Ces dessins dans un style totalement issu de l’Animation chatoient et impressionnent par les très nombreux effets optiques (floutés, déformations, brillances,…) que certains trouveront gadget mais qui participent totalement à l’esprit de proposer un album de la qualité d’un Anime sans la perte graphique qui l’accompagne généralement dans ce genre de cas. Tout le long on est ébahi par la pureté des couleurs et la force de l’atmosphère d’un espace hostile. Noyés dans une pénombre éclairée par les écrans et rayons multiples de cet univers, on est transporté dans un space-opera intimiste et familial, celui d’un équipage qui comble difficilement la tragédie familiale de ce capitaine au look de pirate.Simone Di Meo a Twitter: "Paula Richter. It was fun create this character  design. @Al_Ewing wrote a great character. From WE ONLY FIND THEM WHEN THEY'RE  DEAD. Pre-Order at your local comic

Beaucoup de très belles BD oublient la nécessité d’une bonne histoire, ce qui n’est pas le cas ici. Avec sa construction en aller-retours entre trois époques et sa ritournelle de narration les auteurs densifient leur univers graphique d’un aspect littéraire fort élégant. Et chose remarquable pour un comic (genre plutôt habitué à la sur-complexification) l’histoire est relativement simple et permet ainsi d’apprécier le découpage sophistiqué sans se perdre.

WE ONLY FIND THEM WHEN THEY'RE DEAD #1-7 (Al Ewing / Simone Di Meo) - Boom!  Studio - SanctuaryMais venons en à l’originalité du background qui est sans doute ce qui fascine le plus: dans un univers techno très poussé des équipages se ruent sur des corps de « dieux » morts apparaissant dans l’espace et proposant des morceaux de viande de différents choix selon la partie repérée. Cette chasse est fortement règlementée et surveillée par un corps de limiers impitoyables qui éliminent immédiatement tout vaisseau débordant de son quotas ou tentant de s’échapper. Autrefois Georges Malik a dû faire un choix dramatique au sein de son équipage familial… dont il est le dernier représentant. Aujourd’hui capitaine sombre mais respecté, il va devoir assumer sa responsabilité dans la survie de son groupe entre règlement de compte avec leur limier de faction et nécessité de subvenir à leurs besoins. Histoire simple mais parfaitement tendue donc.

Si ce premier tome met en place une histoire torturée, le background n’évolue guère qu’en toute fin sur un cliffhanger très efficace dans une atmosphère qui rappelle le danger d’un 2001 l’Odyssée de l’Espace ou d’un Alien. Avec ce risque omniprésent, les interactions se font essentiellement par radio, proposant de belles joutes verbales où excelle le scénariste Al Ewing. Des « Dieux » on n’en verra que des bouts, en fonds de texte de même que les vaisseaux mystérieux du fait d’une gestion de l’éclairage hypnotisante. Tout à fait manipulatoire, le scénario nous capte du début à la fin en nous envoûtant par les planches fascinantes. A la réserve que l’on ne sait encore que peu de chose de l’aspect fantastique (ou cosmogonique) de cette histoire qui emprunte plus à la chasse à la baleine et au manga Drifting Dragons qu’à Star Trek, We only find them réussit haut la main son passage en donnant très envie de lire une suite certainement aussi structurée que cette ouverture.

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Locke & Key Hors Série: Ciel et Terre

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Recueil de trois histoires courtes reliées à la série Locke & Key, écrite par Joe Hill et dessinée par Gabriel Rodriguez. Parution le 16/06/21 aux éditions HiComics

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Merci aux éditions Hi-comics pour leur confiance.

Une clef pour chaque serrure

Après le décès brutal de leur père, les trois orphelins Locke emménagent dans la vieille demeure familiale, située sur l’île de Lovecraft, Massachussetts, et vont y découvrir d’étranges pouvoirs contenus dans des clefs, disséminées à travers la maison. Ces clefs vont bien évidemment attirer la convoitise de personnes mal intentionnées, et il reviendra alors à la fratrie Locke d’assumer son rôle de gardiens des clefs.

La série Locke & Key, publiée en France par HiComics, est un des succès retentissants ces dernières années en terme de comics indépendants. Abouti et fascinant par son ambiance, Locke & Key réussit le savant mélange entre horreur et teen drama, démontrant ainsi que le talent, chez les King en tous cas, peut passer d’une génération à l’autre. 

Après la conclusion de la série au sixième tome, les auteurs décident de prolonger l’aventure avec une série d’histoires courtes faisant office de préquels et mettant le focus sur les aïeux de la famille Locke ou bien sur leur célèbre manoir du comté de Lovecraft, le bien nommé Keyhouse. La première partie, poétique, nous fait remonter d’un siècle pour rencontrer des ascendants de la famille Locke, dont le fils aîné est malade. Son père va alors réaliser l’impossible pour l’embarquer dans le voyage le plus mémorable qui soit tout en tentant de le préserver.

La seconde partie, plus tendue et anxiogène, montre comment des Locke ont du se défendre contre des home invaders braqueurs de banque et redoutablement retors. Bien évidemment, les plus dangereux ne sont pas ceux que l’on croit. La troisième partie, enfin, nous met en présence de Tyler, Kinsey et Bode, les héros de la série principale, qui vont encore se confronter brièvement au pouvoir des clefs. 

Une serrure pour chaque clef

Autant le dire tout de suite, ce hors-série Locke & Key vous laissera sur votre faim. Après une intrigue aussi dense, ingénieuse et aboutie, il est normal de nourrir un niveau élevé d’attente, même pour des one-shots de ce calibre. Toutefois, à part quelques rappels des clefs incontournables de la série et quelques ajouts, rien de significatif ne vient renforcer l’attrait de ce recueil. 


Bien que les trois histoires bénéficient de la qualité d’écriture de Joe Hill, elles se révèlent finalement anecdotiques. Décrocher la Lune, n’en demeure pas moins émouvante et poétique, tandis que Grindhouse sa tout du huis-clos tendu à souhait, mais Petit coin, qui conclue l’album et met en scène les héros de la série, n’apporte paradoxalement rien en terme de contenu. 
Ce HS ne constitue donc pas un point d’entrée idéal pour les nouveaux lecteurs, mais sera à réserver aux fans hardcore ET complétistes de la série principale. 

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The Plot #1

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Premier tome comprenant les 4 premiers chapitres (sur 8) de la mini-série écrite par Tim Daniel, Michael Moreci, et dessinée par Josh Hixson. Parution en France chez HiComics le 19/05/2021.

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La hantise du Bayou

Après la mort brutale de son frère et sa belle-soeur, Chase Blaine se voit confier la garde de sa nièce Mackenzie et de son neveu Zach. En plus de devoir gérer le deuil de ce frère qu’il ne voyait plus depuis des années, Chase va donc devoir faire de la place à cette nouvelle famille, qu’il ne connait pas davantage. Ces événements vont le ramener sur la parcelle familiale, où se situe la maison des Blaine. Très vite, des secrets enfouis dans les marécages environnants, et les fondations même de la demeure, vont tenter de refaire surface. Des secrets liés de près à la mort de son frère et au destin de sa famille…

Le récit d’horreur est un exercice périlleux, surtout si l’on prend en compte les contraintes du médium utilisé. Le thème du retour à la maison est un lieu commun presque inévitable du genre, qui est presque indissociable de celui des secrets de famille, qui sert de colonne vertébrale à The Plot, sans que l’auteur ne donne, pour le moment, d’indice prégnant quant à la nature du pêché à l’origine du récit. Le deuil, bien sûr, est toujours un terrain propice à l’horreur et au surnaturel, tout comme l’exploration des dynamiques familiales (l’oncle éloigné qui récupère la garde de ses jeunes neveux orphelins rappelle le film Mama).

Vous l’aurez donc compris, The Plot s’inscrit dans le genre horrifique sans le révolutionner nécessairement. La tension est pourtant bien présente, au moyen de jump scares séquentiels bien utilisés, et d’une ambiance graphique immersive due à l’encrage lourd de Hixson et aux couleurs de Jordan Boyd.

Néanmoins, il apparaît évident que ces quatre premiers chapitres présentés tels quels font office de premier acte, les quatre derniers ayant certainement davantage de révélations et autres coups de théâtres en réserve (on soupçonne un pacte avec une entité engendrant une dette des Blaine). Il n’aurait donc pas été incongru de proposer les huit chapitres d’emblée en intégrale, au lieu de se contenter d’un premier tome d’exposition en espérant avoir accroché le public pour le second tome.

Étant donné sa nature essentiellement introductive, il n’y a donc pas énormément de choses à souligner sur ce premier tome de The Plot, si ce n’est sa correcte exécution et un mystère qui donne envie d’être découvert.

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Invisible Kingdom #2: La Bordure

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Second tome de 110 pages de la série écrite par G. Willow Wilson et dessinée par Christian Ward. Parution le 19/05/21 aux éditions HiComics.

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Le prix de la rébellion

Dans le premier tome, nous faisions la connaissance de Vess, une jeune Rooliane qui quittait le confort relatif de son foyer pour s’engager auprès de l’église de la Renonciation, un culte intergalactique aux milliards de fidèles. Ce faisant, Vess savait qu’elle faisait défaut aux attentes placées en elle par son peuple, dont les traditions exigeaient d’elle qu’elle se reproduise pour perpétuer l’engeance Rooliane.

Alors qu’elle découvrait les arcanes secrètes de la Renonciation, qui prône le détachement matériel et la frugalité, Vess fit la rencontre de Grix et de son équipage, qui travaillent pour comme livreurs galactiques pour la méga-corporation Lux.

Lux est une métaphore à peine dissimulée de géants commerciaux bien réels comme Amazon, qui s’oppose depuis toujours aux idéaux prônés par la Renonciation. Toutefois, Vess découvre bien malgré elle un lien secret entre les deux entités, rendant caduc tout ce en quoi elle croyait. Depuis le début, Lux et l’église conspirent ensemble pour manipuler les foules planétaires, et maintenir un équilibre dont eux seuls semblent bénéficiaires. Consommez par-ci, mais renoncez par-là, les habitants de la galaxie semblent piégés dans cette seule alternative.

Témoins gênantes et alliées bien malgré elles, Vess et Grix sont poursuivies par la corporation à travers la Bordure, et échouent dans une région inhospitalière, où le vaisseau de Grix, véritable épave spatiale, tombe en rade. Était-ce là le prix de leur révolte ?

On retrouve donc dans ce tome 2 nos protagonistes en fâcheuse posture, perdues au milieu d’un champ de débris, promise à une lente agonie, et surtout, la proie des pirates qui écument la région. Désormais prisonnières, les deux rebelles vont devoir lutter pour leur survie, en mettant de côté leurs différends, alors même quelque chose de nouveau semble poindre entre elles…

Après un premier tome qui offrait une métaphore acerbe sur notre société de consommation et sur la assujettissement des masses, Invisible Kingdom met la contestation et le débat philosophique en pause pour se consacrer au développement de la relation entre ses deux héroïnes. Tout en augmentant les enjeux de leur survie, la scénariste se consacre à semer les graines de leur romance, une romance quelque peu attendue et qui n’offre pas de grande surprise en soi.

Ce tome 2 donne donc la sensation de n’être qu’un interlude, puisque l’équipage de Grix se retrouve durant un bon moment dans une situation passive, eux qui avaient pris dans le premier tome une décision courageuse. Lux et La Renonciation sont bien évidemment citées, mais de telle façon qu’on ne peut qu’avoir l’impression de s’éloigner de l’intrigue principale.

Si une histoire est traditionnellement découpée en trois actes, le second est classiquement considéré comme celui où l’auteur tient ses promesses, celles faites dans le premier acte. Or, ici, force est de constater que ce n’est pas le cas. Espérons que le troisième tome se recentrera sur l’intrigue principale, celle qui fait tout l’intérêt d’Invisible Kingdom.

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Shanghaï Red

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Histoire complète avec Christopher Sebela au scénario, Joshua Hixson au dessin. Parution en France le 21/04/2021 aux éditions Hicomics.

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L’enfer n’est rien face à la femme qu’on a shanghaïée

Molly « Red » Wolfram est une femme marquée par la vie à plus d’un titre. Après le départ de son père, Red a du assumer seule le rôle du soutien de famille, veillant sur sa mère et sa sœur tandis qu’elles faisaient route vers Portland. La particularité de la jeune femme est que pour subsister aux besoins des siens et intimider d’éventuels prédateurs, elle a pris l’habitude de se grimer en homme, se faisant appeller Jack.

Un soir où « Jack » alla noyer ses turpitudes dans l’alcool, il fut piégé par des hommes peu scrupuleux qui l’ont drogué, et emmené contre son gré sur le Bellwood, un navire où Jack et d’autres ont travaillé de force deux années durant. Après tous ces mois d’infernale navigation, le capitaine du Bellwwod laisse une alternative à ses marins captifs: débarquer à Shanghaï et rentrer par leurs propres moyens en Amérique, ou poursuivre leur odyssée déplaisante sur le bateau, cette fois sous contrat.

Ce choix ne satisfait pas du tout Jack/Red, qui choisit une troisième option: se rebeller et massacrer tout l’équipage, à l’exception des autres esclaves. Désormais maîtresse de son destin et capitaine de son âme, pour paraphraser Henley, Red se met en tête de regagner Portland pour retrouver sa famille, et obtenir sa vengeance contre ceux dont l’avidité l’ont condamnée à ces deux ans de supplice.

Red is raide

La vengeance et la double identité sont décidément deux items narratifs complémentaires tant on les retrouve en fiction (Le Comte de Monte Cristo et ses adaptations, par exemple). Comme beaucoup d’autres œuvres auparavant, Shanghaï Red choisit la voie sanglante comme catharsis pour son héroïne aux deux visages, qui va trancher, empaler, brûler ses ennemis les uns après les autres sur le chemin qu’elle s’imagine devoir emprunter.

Car en effet, après avoir vu la dévastation causée par son absence, Red ne concevra alors plus qu’un tonitruant massacre en guise de vengeance, seule façon pour elle d’obtenir réparation pour le grief subi sur le Bellwood.

L’histoire nous embarque rapidement dans cette épopée vengeresse, dans laquelle l’auteur donne à voir une Amérique corrompue et violente, tout juste sortie de la Conquête de l’Ouest. On peut toutefois regretter que la dichotomie entre Red et Jack ne soit pas davantage exploitée au service de l’intrigue. Elle est certes mentionnée et évoquée longuement au cours du récit, mais ne sert pas vraiment d’élément moteur pour ce dernier, car si l’on y réfléchit, l’intrigue se serait déroulée sensiblement de la même manière si Red était restée Red. L’alter-égo Jack est donc une bonne idée, mais sous-exploitée dans l’ensemble.

En revanche, la prose et les dialogues de Sebela sonnent rudement juste, chose suffisamment rare pour être mentionnée. Les dessins de Hixson, quant à eux, donnent aux texte une manifestation sombre, grâce à des enrages lourds et des palettes de couleur savamment choisies. Côté édition, on peut s’interroger sur l’utilité de mettre en avant le lettreur de la version originale, tout en sachant que la version française-pas terrible, avouons-le-est venue détricoter son travail.

Shanghaï Red est un récit de vengeance amer et sombre, qui noie les tourments de son héroïne dans un tourbillon de sang et une prose talentueuse.

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Rick et Morty tome 10

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Dixième tome de la série inspirée du show du même nom crée par Dan Harmon et Justin Roiland. Tini Howard et Kyle Starks au scénario, Marc Ellerby au dessin, parution le 17 mars 2021 aux éditions HiComics

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This is a Rick’s world

En apparence, le scientifique Rick Sanchez a tout d’un savant fou. Alcoolique, irresponsable, il vit aux crochets de sa fille Beth et méprise copieusement son gendre Jerry. Rick repousse même les limites de l’inconséquence puisqu’il embarque, depuis 4 saisons maintenant, son petit-fils Morty dans des aventures spatiales et dimensionnelles toutes plus dangereuses les unes que les autres. 

Toutefois, Rick n’est pas qu’un ivrogne sans vergogne. On pourrait même dire que tout ceci n’est qu’une façade, visant à cacher les blessures profondes d’un homme esseulé, que son génie isole encore davantage du reste du monde. Le show nous montre ainsi, entre deux blagues potaches et deux situations abracadabrantes, les tourments internes de cet homme brillant, qui est si lucide sur la vacuité de la vie et de l’univers qu’il se réfugie dans l’alcool et la contrebande inter dimensionnelle. 

A n’en pas douter, donc, Rick & Morty redéfinit et redynamise la série animée, en allant plus loin encore qu’une série comme Futurama. 

En parallèle de cet indéniable succès, le comic Rick & Morty tente de prolonger le plaisir en couchant les aventures du duo générationnel sur papier. 

Un Rick-anement Morty-fère

Ce dixième tome nous fait découvrir un énième délire de Rick, qui, pour souffler et catharsiser  ses émotions négatives, a construit un parc parcouru par des androïdes, sur lesquels il peut se défouler, à la manière d’un certain parc à thème mettant en scène des cyborgs dans l’Ouest Sauvage… 

Le comic book marche donc sur les traces de son ainé télévisuel en reprenant un concept SF déjà usité et en y ajoutant une bonne dose d’impertinence, voire de cynisme. La philosophie nihiliste de Harmon et Roiland semble avoir contaminé les scénaristes du comic book, qui reprennent donc allègrement les parangons de pop culture (ici, la série Wesworld, vous l’aurez compris) pour les tordre, les détourner de façon drôlement cruelle, ou cruellement drôle. 

Mention particulière pour l’épisode spécial, qui en l’espèce reprend verbatim le concept d’un épisode de la série, dans lequel Morty redécouvre les souvenirs traumatisants que Rick lui a retirés à sa demande. Comme dans l’animé, c’est l’occasion de rire face aux mésaventures tantôt humiliantes, tantôt horrifiantes du jeune paltoquet, qui est toujours condamné à revivre de façon récursive les mêmes traumas. 

Entre détournement des poncifs SF et cruauté froide d’un univers indifférent, les amateurs de la série animée sauront savourer ce tome 10 en attendant la prochaine saison du show !

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TMNT #13: Les grands remèdes

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Treizième volume de la série Teenage Mutant Ninja Turtles, écrite par Tom Waltz et Kevin Eastman, dessinée par Mateus Santolouco. Comprend les numéros 66 à 70 de la série, parution le 17/02/2021 aux éditions HiComics.

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Merci aux  éditions Hicomics pour leur confiance.

Seuls contre tous

Après avoir du gérer une crise impliquant le Clan des Foot, désormais dirigé par Maître Splinter, et d’autres dangereuses factions telles que les Dragons Pourpres et les Fantômes des rues, le Clan Hamato, composé de Léonardo, Raphael, Michelangelo et Donatello doit désormais affronter de nouveaux ennemis, qui travaillent cette fois sous la Bannière Étoilée.

Ces nouveaux défis vont mettre à l’épreuve les quatre frères à carapace, ces derniers ayant des choses à se prouver depuis que Splinter les a laissés prendre leur envol. Seront-ils les dignes protecteurs de cette ville ? Et surtout, le seront-ils tout en gardant leur intégrité et en restant solidaires ?

Alliances inattendues

Alors que l’Agent Bishop rassemble ses forces pour la contre-offensive, Raphael ouvre l’album par une rapide excursion en Alaska afin de retrouver son amie Alopex, qui lutte encore contre l’influence de la démoniaque Kitsune.Une fois de retour, le guerrier farouche, qui paradoxalement n’aspire qu’au repos, va devoir se battre de nouveau au coté de ses frères. Léonardo, quant à lui, hésite et flanche face au poids de ses nouvelles responsabilités. Et ce n’est qu’en unissant leurs forces que les frères pourront échapper à la traque sans merci de Bishop et de sa nouvelle arme, Slash.

Slash était un ami-ennemi occasionnel des Tortues, désormais sous la coupe de l’agent. Guerrier inarrêtable, il va donner du fil à retordre aux frères Hamato ainsi qu’à sa famille d’adoption, les Mutanimaux.

Encore une fois, Tom Waltz, accompagné de Kevin Eastman, co-créateur des tortues, convoque habilement le lore des TMNT pour créer une trame cohérente et familière à la fois. En effet, les initiés reconnaîtront l’ensemble du casting, qui est dépeint assez fidèlement. La qualité graphique, déjà présente sur le reste de la série, est au rendez-vous ici aussi.