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Manga en vrac #18: Toilet Bound Hanako-Kun #3 – Elio le fugitif #2 et 3 – La guerre des mondes #2

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  • Toilet-Bound Hanako-Kun #3 (Aidalro/Pika) – 2021 série en cours, 3/15 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Pika pour leur confiance.

toilet-bound-hana-kun-3-pikaLa chronique des deux premiers volumes se trouve ici.

J’avais été comme mes camarades de blog assez enjoué par ma découverte des deux premiers volumes sortis cet été. En entamant ce troisième tome je découvre que contrairement aux précédents le mystère des archives de 16h s’étale sur plusieurs chapitres qui forment l’intégralité de ce volume, ce qui change pas mal la donne en matière de rythme. Ce qui était présenté comme des histoires courtes avec rotation rapide de l’action et des personnages s’installe plus dans la durée, avec approfondissement notamment dans la recherches qu’entreprend Nene sur son maître-allié Hanako. Ce jeune esprit qui nous est décrit ici comme ni plus ni moins que le chef des Mystères de l’école est depuis le début fort mystérieux et on va ainsi se retrouver dans son passé pour comprendre comment il est devenu un esprit. Les pages du volumes sont toujours très agréables dans leur mise en scène destructurée et fourmillant de détails. L’humour et l’action sont en revanche un peu en retrait et j’ai découvert cette intrigue un peu moins enthousiaste, je dois le reconnaître. La difficulté de ce format était dès le début de parvenir à s’inscrire dans la longueur car autant on a regretté le format très court d’un Tetsu & Doberman autant pour Toilet Bound une tomaison sur les doigts de la main aurais sans doute suffi. Je dis cela alors qu’aucune intrigue au long court n’a eu le temps de se mettre en place, aussi il faudra voir (je rappelle que la série compte déjà quinze volumes au japon, ce qui laisse à Pika le temps de développer sa licence)

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  • Elio le fugitif #2-3 (Hosokawa/Glénat) – 2021, série en 5 volumes, terminée au Japon

bsic journalismMerci aux éditions Glénat pour leur confiance.

elio-fugitif-2-glenatImpression mitigée et assez tranchée sur les deux volumes, qui recoupent au final le sentiment du premier volume. Le second tome est très faible (du niveau d’un calvin) même s’il met enfin en place une véritable intrigue liée à des vengeances dynastiques. Ce qui était attendu jusqu’ici s’étoffe donc un peu avec un descriptif politique de l’époque qui habille un peu une fuite tout à fait linéaire et que les quelques combats très hachés et coins d’humour shonen ne suffisent pas à rythmer. On attendait soit un récit historique à la Vinland Saga soit un prétexte en mode baston avec des personnages de jeux vidéo… on est au final entre deux et ce n’est guère satisfaisant, d’autant que les dessins juste correctes ne relèvent pas vraiment l’intérêt. Le personnage d’Elio dont le second degré touchait plutôt juste (un jeune gamin hyper-fort qui semble à peine réaliser dans quelles situations il est et s’en sort toujours haut la main) est ici plutôt effacé.

Sur le troisième volume on reprend de l’intérêt avec une histoire qui devient beaucoup plus structurée, simple mais cohérente avec une progression, des flashback sur les personnages et un final qui prépare un affrontement d’arène que l’on imagine aboutir la série sur les deux prochaine volumes. Si du coup le manga se laisse lire plus agréablement, les combats tout à fait rageurs, exagérés (les personnages sont presque aussi forts que dans Dragon ball!) souffrent d’un montage très haché et peu lisible, le lecteur devant fréquemment revenir en arrière avec l’impression d’avoir manqué des cases. Il ressort de tout cela l’impression d’une série de grande consommation destinée à ravir les boulimiques en attendant un prochain tome de Vinland Saga mais sans aucune ambition particulière.

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  • La guerre des Mondes (Ihara-Yokoshima/Ki_oon) – 2021, 170p., 2/3 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Ki_oon pour leur confiance.

guerre_des_mondes_2_ki-oonLa chronique du premier volume (détallant notamment la très jolie édition) est ici.

Ce second tome continue sur la même tonalité que le premier à savoir une course du personnage principal (témoin-photographe) parmi les populations fuyant devant l’avancée meurtrière des martiens. L’intrigue est donc tout à fait linéaire et construite autour des destructions terrifiantes et des quelques lueurs d’espoir qui surgissent avant d’être étouffées. Quelques morceaux de bravoure humaines (un peu désespérées) viennent donc pimenter ce qui pourrait devenir redondant et on enchaîne ces cent-soixante-dix pages à grande vitesse et un plaisir non feint. Les dessins, pas virtuoses mais très correctes et portés par des cardages  qui appuient le désespoir et le drame absolu portent ainsi bien ce récit qui confirme sa qualité et intrigue (pour qui ne se souviendrait pas par cœur du récit original) quand à son dénouement…

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**·BD

Larkia

La BD!

Histoire complète en 84 pages, écrite par Ingrid Chabbert et dessinée par Patricio Angel Delpeche. Parution le 24/03/2021 aux éditions Glénat.

Sad Max: Sorry Road

Dans les ruines d’une cité décrépite, la jeune Larkia traverse la plus forte des épreuves: elle donne la vie pour la première fois, avachie sur une banquette de voiture, tandis que la vieille Thésy, dont on peut douter de la clarté d’esprit, entonne des prières à qui mieux-mieux. L’accouchement est sanglant, difficile, mais Larkia survit et peut enfin tenir son enfant dans ses bras. 
Cependant, quelque chose cloche: le bébé n’ouvre pas les yeux. A peine recousue à l’aide d’un hameçon trouvé sur place, Larkia doit fuir avec son nouveau-né, traquée implacablement par une milice armée et prête à tout pour mettre la main sur l’enfant. Ce sera le début d’une course-poursuite à travers les terres désolées, avec pour enjeu la survie de la mère et de son bébé aux yeux clos. 

Dans sa note d’intention, Ingrid Chabbert explique avoir été impressionnée par le chef-d’oeuvre de George Miller, Mad Max Fury Road, ce qui lui aurait inspiré cette histoire post-apocalyptique boostée à l’adrénaline. En effet, mue par une saine émulation, la scénariste a eu pour but de créer une héroïne aussi captivante que Furiosa, la deutéragoniste de Fury Road, qui, incarnée par Charlize Théron, crevait l’écran dans le long-métrage. Le problème qui se pose ici, est que n’est pas George Miller qui veut. Apparemment, il ne suffit pas de s’extasier (à raison!) devant un excellent film de genre pour être ensuite capable d’en produire un fac-similé qui soit à la fois original et respectueux du matériau d’origine. Sinon, tous les fanboys de la Terre seraient d’excellents auteurs, ce qui est loin d’être le cas.


Ingrid Chabbert s’est donc ingéniée à vider toute la substantifique moelle du long métrage, pour n’en retenir que des éléments superficiels, en pensant que cela suffirait à produire un récit riche et un univers intéressant. Ce processus homéopathique dessert grandement l’album, puisqu’en lieu et place d’une héroïne forte et intéressante (Furiosa), on se retrouve à suivre les péripéties invraisemblables (par exemple, elle pilote un hélicoptère, sans que cet élément ne soit ni préparé (on montre qu’elle est serveuse, mais pas militaire), ni exploité par la suite) d’un personnage assez creux et unidimensionnel. Cette écriture à l’emporte-pièce n’a pas porté préjudice qu’au personnage central, mais également à l’univers qui sous-tend le récit. 

Où sont les symboles forts de Fury Road (la lutte pour les fluides: Eau, Sang, Lait et Pétrole; la symbolique des quatre Cavaliers) ? Que dit l’effondrement des sociétés évoqué dans l’album sur notre propre monde ? Aucune de ces questions centrale ne trouve de réponse, ce qui est inentendable pour un one-shot. En cherchant bien, toutefois, on peut trouver d’autres sources d’inspirations probables, comme Les Fils de l’Homme, mais là encore, il ne suffit pas de poser au milieu de l’histoire un nourrisson poursuivi par des méchants pour qu’elle devienne instantanément digne d’intérêt. 

Les flash-back qui émaillent le récit tentent de donner un semblant de justification à ce qu’il se passe ensuite, sans toutefois que cela fasse grand sens au regard de l’intrigue générale. Côté graphique, toutefois, on doit reconnaître le talent de Patricio Angel Delpeche, qui use de plans très cinématographiques et d’un dessin très vif, qui rehausse complètement les scènes d’action. 

Une écriture décousue, une intrigue pauvre et invraisemblable, et surtout, un personnage central mal pompé sur un parangon du genre, voilà ce à quoi vous aurez droit en lisant cet album.

*****·BD·East & West·Nouveau !·Service Presse

Vei

La BD!

Recueil de 344 pages de la série (inédite en France) écrite par Sara Elfgren Bergmark et dessinée par Karl Johnsson. Parution aux éditions Ankama le 14/05/2021. 

bsic journalism

Merci aux éditions Ankama pour leur confiance.

Sur les épaules des géants

Sur le drakkar affrété par le prince Eidyr, la tension a cédé au désespoir. Affamé, assoiffé, l’équipage a perdu de vue l’objectif de sa traversée, à savoir trouver et conquérir Jotunheim, la terre légendaire des géants des glaces. Alors que les marins ont presque cédé à la folie, ils trouvent flottant au milieu des eaux, le corps d’une jeune femme, qu’ils ramènent à bord et qui se révèle, contre toute attente, encore vivante. 

Vei, la miraculée, va cependant faire rapidement face à la convoitise des hommes, qui voient dans cette pêche providentielle une source de nourriture que leur situation a rendue alléchante. Qu’à cela ne tienne, Vei se défend férocement avant d’être finalement maîtrisée. Aidée par Dal, l’esclave de l’ambitieux prince Eidyr, Vei passe un marché avec l’équipage: elle les guidera jusqu’à Jotunheim, sa terre natale, afin de se soustraire aux estomacs vikings. 

Arrivés sur Jotunheim, les conquérants sont rapidement capturés par un gigantesque Jotnar, à l’exception de Dal, qui devient cette fois, assez ironiquement, dépendant de Vei pour sa survie. Dal, qui vénère Odin, le chef du panthéon nordique, doit donc compter sur une hybride d’humain et de Jotnar pour survivre sur la terre des ennemis des ses dieux. 

Le guerrier viking va néanmoins découvrir, que, comme dans bon nombre de conflits, le tout est une question de point de vue, car les Jotnar, dépeints comme des monstres sanguinaires, règnent de façon relativement bienveillante sur les humains de leur terre, qui les vénèrent comme des dieux. Chaque géant à son « troupeau » d’humain, parmi lesquels un élu, le Ran, est désigné à chaque génération. 

Il se trouve que Vei est le Ran de son troupeau, celui du géant Veidar. Les Ran sont entraînés pour Mistarileikir, un combat légendaire et putatif entre les Ases, dieux d’Asgard, et les Jotnar. Les vainqueurs de ce tournoi millénaire gagnent le droit de régner sur Midgard, la Terre, que convoitent les deux parties. 

Ultimate Showdown of Ultimate Destiny

Manque de bol, le Mistarileikir est pour cette année, obligeant Vei à participer aux joutes, qui depuis des millénaires, tournent invariablement en faveur des dieux asgardiens. La jeune femme va donc devoir lutter pour sa vie ainsi que pour le devenir de son peuple, alors qu’autour d’elle se jouent des complots et duperies dont seules  les divinités ont le secret. 

Afin de vaincre ses adversaires, Valkyries sanguinaires et monstres en tous genres, Vei va devoir rivaliser d’adresse et d’ingéniosité. Alors que ses camarades Rans tombent les uns après les autres, la jeune guerrière, soutenue par Dal, va également bénéficier des conseils avisés d’un dieu d’asgard, qui favorise son propre agenda. 

Vei fait une entrée fracassante en France par le biais des éditions Ankama. Revisitant habilement les mythes nordiques, Sara Bergmark offre une geste épique, en prenant le parti d’une introduction mystérieuse et cryptique. Dans le premier chapitre, Dal nous sert de substitut, car nous découvrons en même temps que lui le monde de Jotunheim, ses dangers et sa beauté intrinsèque, ce qui a pour effet de nous plonger dans le récit avant même que les enjeux ne soient clairement établis.

Lorsque la perspective d’un tournoi à la Dragon Ball se présente, on est tenté d’anticiper la redondance et la succession des combats, ce qui, vue la pagination, peut décourager. Or, il n’en est rien, l’histoire trouve le parfait équilibre entre combats, intrigue et relations des personnages. Le rythme est donc très bien dosé, ce qui rend les 344 pages hautement digestes, d’autant que leur graphisme maintient un niveau élevé du début à la fin. D’ailleurs, on note que les différences d’échelle entre humains, Jotnars et asgardiens est très justement mise en scène, jusqu’au final épiques dignes des plus grandes sagas nordiques.

En conclusion, Vei est un must pour les amateurs de Fantasy, de mythologie nordique (et de géants !).

****·BD·Nouveau !

Yojimbot #1: Silence métallique

La BD!

Premier tome de 147 pages d’une série écrite et dessinée par Sylvain Repos. Parution le 29/01/2021 aux éditions Dargaud.

Drone Wolf & Cub

Dans un environnement devenu hostile pour les humains, une communauté de droïdes, partie intégrante d’un parc à thème aujourd’hui en ruines, poursuit inlassablement sa routine malgré la disparition des visiteurs.

Conçus pour être des samouraïs automatisés, les droïdes agitent régulièrement leurs sabres, croisant le fer comme ils le faisaient autrefois pour divertir les clients. Un beau jour, le n°063 découvre un jeune garçon errant dans le parc. Bien vite retrouvé par son père, le jeune Hiro est traqué par une escouade de soldats, acquise à une sombre cause mettant manifestement en jeu le sort de l’Humanité.

D’abord déboussolé par des directives antinomiques, n°63 finit par outrepasser les contradictions de sa programmation et sauve Hiro des cruels soldats, façon bushido.

Malheureusement, ces soldats n’étaient pas les seuls à en vouloir à Hiro, qui est désormais orphelin et a besoin d’assistance, pour laquelle n°63 est en partie programmé… à moins que ?

Débute alors une course-poursuite haletante à travers les ruines du parc, n°63, désormais baptisé Sheru s’étant donné pour mission d’assurer la sécurité du jeune garçon en le remettant aux alliés de feu son père. En chemin, le duo se trouvera d’autres alliés métalliques, et bien sûr, d’autres ennemis acharnés…

Métal muet

Comme évoqué dans nos précédents articles, le thème du duo badass/enfant est largement utilisé en fiction, associant deux figures opposées, l’enfant dépendant du badass pour sa protection, tandis que le badass se découvre ou se redécouvre au contact de l’enfant.

Dans Yojimbot, ce duo prend une coloration particulière, de par la nature mécanique du protecteur. L’ambiance post-apocalyptique est avant-tout reflétée dans l’état de décrépitude du parc, autrefois temple de la consommation, aujourd’hui mausolée abritant les vestiges de la gloriole humaine.

On sent l’attachement du garçon envers son gardien impromptu sincère, tout comme doit l’être celui de l’auteur envers ses personnages. Néanmoins, à première vue, on peut se demander comment des robots, conçus pour le show et le divertissement, peuvent se révéler être des machines aussi létales. Mais comme vous vous en doutez, la règle implicite de coolitude permet de dépasser ce genre d’incongruité, pour un plaisir de lecture débridé.

Si le cœur de l’histoire, à savoir le lien entre Sheru et Hiro, fait mouche, l’univers quant à lui soulève pour le moment beaucoup de questions. Gageons que l’auteur saura révéler ses cartes en temps voulu afin de donner une profondeur bienvenue à ce récit d’action décomplexée dont le titre est bien entendu un hommage au mythique lapin-samouraï Yojimbo.

La partition graphique de Sylvain Repos est impeccable, sa narration éclatée donne de la respiration et du dynamisme à l’album. Ce premier tome interpelle, flatte la rétine et accroche pour la suite !

***·BD·Nouveau !·Service Presse

Total Combat, round 1

La BD!

Premier tome du diptyque crée par Jack Manini, parution le 03/03/2021 aux éditions Grand Angle.

bsic journalism

Merci aux éditions Grand Angle pour leur confiance.

T’ar ta gueule à la récré

Jimmy Perez est un jeune homme à l’avenir prometteur. Pratiquant assidu des Arts Martiaux Mixtes (MMA), il s’entraîne ardemment sous la houlette de son coach, aux côtés de son ami Esteban. Les deux compères sont mus par une saine émulation qui les pousse à se dépasser pour s’attirer les faveurs de Jazlyne, la fille du coach.

L’entraîneur sent que le moment est venu pour ses poulains de jouer dans la cour des grands. Toutefois, seul le meilleur d’entre eux pourra disputer un match dans l’octogone face à l’ancien champion Brent Duty. Suite à un concours de circonstances, c’est Jimmy qui s’y colle, et crée la surprise en terrassant Duty dès le premier round. L’ascension ne fait que commencer pour le jeune Pérez…

Bien qu’il ne puisse pas partager sa joie avec son Grand-père, qui ne doit rien savoir des prouesses martiales de son petit-fils adoré, Jimmy peut néanmoins savourer sa victoire dans les bras de Jazlyne, si tant est que le coach accepte de leur donner sa bénédiction.

Malheureusement, le bonheur sera de courte durée pour le jeune combattant. Terrassé non pas par les poings d’un adversaire transpirant, mais par une méningite foudroyante, Jimmy va frôler la mort pour n’émerger qu’après un long coma qui l’aura privé d’une partie de ses fonctions psychomotrices. A son réveil, il apprend que Jazlyne a succombé au même mal, et que son grand-père a tout perdu en essayant d’assumer les frais médicaux.

Rocky bat le boa

D’outsider à challenger, Jimmy a fini par dégringoler au statut d’underdog, dans une situation pire qu’au départ. Ses capacités d’antan envolées, Jimmy doit réapprendre à marcher, à parler, bref, à vivre. Mais avec le soutien de son grand-père, le jeune homme prouve qu’il n’est pas qu’un combattant dans la cage, c’est aussi un bagarreur de la vie, qui prend les problèmes un par un en leur cassant les rotules.

Le jeune Perez, armé de sa seule volonté, apprivoise de nouveau son corps, mais cela ne veut pas dire qu’il toujours ce qu’il faut pour être champion. Qu’à cela ne tienne, le Papy va remotiver son petit en lui révélant une partie de ses origines: il a le combat dans le sang, car son père, et son père avant lui, étaient des champions de Ju-jitsu brésilien, discipline qui domine le game lorsqu’on parle de MMA. Jimmy, qui découvre une nouvelle facette de l’ancêtre, s’entraîne avec lui, apprenant les arcanes d’un nouvel art. C’est alors que, poussé par la nécessité de faire bouillir la marmite, Jimmy rencontre un mécène fortuné amateur de combats en cage, qui va faire de lui son nouveau poulain.

Jack Manini livre ici un diptyque solo centré autour de sa passion pour le MMA. Vous vous en douterez, la thématique du jeune combattant sous-estimé, voire mésestimé, a déjà été traitée dans des films devenus cultes, et d’autres à la facture et à l’intérêt un peu moins certains. Toujours est-il que les films traitant du MMA sortis à ce jour ne se sont pas encore démarqués…

Le pari de Jack Manini n’était donc pas gagné d’avance, et l’auteur savait certainement qu’il lui faudrait miser sur une intrigue solide et un protagoniste attachant pour gagner l’adhésion du public. Il commence par la rivalité amoureuse en enchainant ensuite avec une brève romance pour finalement faire dégringoler son héros et le priver de tous ses espoirs: une tactique qui a fait ses preuves lorsqu’il s’agit de gagner du capital sympathie. Instinctivement, on a donc envie de voir Jimmy se relever et revenir dans l’octogone après avoir dépassé les pires obstacles.

Car là est le premier intérêt de cette première partie: confronter la figure du combattant à l’une de ses pires craintes, celle de ne pas être à la hauteur, celle d’être dépossédé de la force qui le définit en tant qu’être. Jimmy fait face assez dignement, et se remet d’ailleurs assez (trop?) rapidement de sa convalescence. Le cliffhanger de fin a un caractère surprenant, mais perd en vraisemblance lors d’une seconde lecture, à moins que l’auteur ait prévu son coup pour expliquer logiquement ce qu’il lance en fin d’album.

Graphiquement, Manini maîtrise son découpage, offrant des scènes de combat fluides qui n’ont rien à envier à des mangas comme Free Fight. En conclusion, Total Combat, malgré un titre un peu kitch et un pitch assez risqué, s’en sort avec les honneurs notamment grâce à la sympathie attirée par le personnage principal.

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Les Lames d’Ashura

Histoire complète en 180 pages, écrite et dessinée par Baptiste Pagani. Parution le 29/01/2021 aux éditions Ankama.

bsic journalism

Merci aux  éditions Ankama pour leur confiance.

Les Larmes de la Chourave

Le vaste territoire de Kalandra a été modernisé par l’apparition du transport ferroviaire. Reliant des régions jusque-là isolées, le train a permis des échanges commerciaux autant que culturels favorisant l’essor du pays. Cependant, si les villes ont prospéré, les steppes ont continué d’accueillir les désœuvrés et des troupes de brigands se sont mises à écumer les rails pour dévaliser les wagons de passagers et de marchandises. 

Parmi les Lames d’Ashura, on ne trouve que des femmes, à l’exception d’Osman, l’un des enfants de la matriarche qui a donné son nom à la troupe. Pillardes sauvages et expérimentées, les Lames font trembler les armateurs de trains de tout le pays. Toutefois, malgré leur réputation de farouches pirates des rails, les Lames sont à l’aube de leur plus grand schisme, une discorde meurtrière qui mettra chacune d’entre elles à l’épreuve. 

Parmi les héritiers potentiels d’Ashura, on trouve donc Osman, qui ne rêve que de quitter les steppes pour rejoindre une troupe de danseurs, Shota, au caractère spartiate et inflexible, et enfin Ikari, baroudeuse bravache et impétueuse. Le schisme prendra forme lorsque Ashura, souhaitant partir avec les honneurs avant de laisser les rênes à l’une de ses filles, va mettre sur pied une attaque ambitieuse visant une icône religieuse en or. 

Pour Shota, fervente adepte du Tigre Blanc de Duraga, c’en est trop: se retournant contre sa mère, elle provoque un putsch matricide qui aura de lourdes conséquences sur l’avenir du clan.

Alors on danse

A première vue, l’intrigue des Lames d’Ashura est en trompe-l’œil.  L’on pourrait croire le scénario centré sur Osman et son ardent désir de quitter la piraterie pour devenir danseur et vivre son rêve. Ici, pourtant, point de Billy Elliot: les camarades/sœurs d’Osman portent toutes d’emblée un regard, au pire, amusé, au mieux, admiratif sur les talents du jeune homme, qui les divertit soir après soir grâce à ses prouesses. 

L’auteur choisit donc de se départir d’une source d’opposition qui aurait pu justifier à elle seule une histoire et consacre avant tout son exposition à la découverte de l’univers fictif de Kalandra, sorte de melting-pot de plusieurs influences indo-asiatiques.

Loin de mettre le focus exclusif sur Osman, le récit devient rapidement choral, tentant de retracer les parcours fracassés de la fratrie d’Ashura, dont les membres vont s’entre-déchirer dans une thématique tout à fait shakespearienne. Alors que le pitch initial promet à Osman un conflit de loyauté, entre sa passion et sa famille, à aucun moment le jeune danseur androgyne n’a à faire de choix cornélien entre ces deux items d’égale importance pour lui, ce qui relègue finalement la passion d’Osman à un second plan, forçant Baptiste Pagani à compter en priorité sur les lignes externes d’antagonisme, à savoir la guerre entre Shota et Ikari. 

En revanche, si l’accomplissement du rêve d’Osman (intégrer la troupe du Samsara) se fait sans belligérance, il conserve un certain prix pour le héros, ce qui nous laisse penser que l’auteur n’a pas complètement perdu de vue ses thématiques. On regrette néanmoins le caractère somme toute passif du brigand-danseur, qui subit la plupart des événements durant la grande majorité de l’album (excepté lors du final où il fait un choix important).

D’un point de vue graphique, Baptiste Pagani assure avec brio une partition maîtrisée dont on perçoit sans peine l’empreinte nippone. On s’étonnera simplement dans certaines cases d’un trait plus « relâché« , sans doute du à la charge de travail importante que représente un album solo. 

Grâce aux Lames d’Ashura, Baptiste Pagani confirme son talent d’auteur complet, même si cet album laisse le lecteur sur sa faim quant aux conflits plus intimes qu’il aurait pu développer pour gagner en profondeur. 

**·Manga·Nouveau !·Service Presse

Cautious Hero, #1- 2

Série en cours avec Tuchichi Light au scénario, Koyuki au dessin. Les deux premiers tomes paraissent en France le 09/09/2020 aux éditions Doki-Doki (même niveau de publication au japon).

bsic journalism Merci aux éditions Doki-Doki pour cette découverte.

Prudence est mère de sureté

Le domaine unifié des dieux s’est donné une mission, d’importance capitale: sauver autant de mondes que possible à travers le cosmos. Les joies de la bureaucratie étant ce qu’elles sont, les mondes en détresse sont classifiés, selon la difficulté rencontrée pour les sauver.

La déesse Ristarte, relativement jeune, n’a pas un tableau de chasse mirobolant à son actif. Et pourtant, elle va se voir confier le sauvetage de Geanburande, une mission labélisée D, le plus haut niveau de difficulté !

Pour l’aider dans sa mission, chaque divinité peut invoquer un héros, choisi au hasard parmi l’ensemble des mondes. Alors qu’elle browse les dossiers des potentiels candidats, Ristarte découvre le profil de Seiya Ryûgûin, dont les statistiques défient toute proportion. La jeune déesse en est persuadée, Seiya est un héros comme on n’en trouve qu’un sur des millions. Persuadée par cette aubaine, Ristarte invoque aussitôt le jeune homme.

Toutefois, elle s’est peut-être emballée un peu vite. Seiya a un potentiel sans limite, certes, mais il est si prudent que son attitude vire presque à la paranoïa. Questionnant tout ce que la déesse lui fait découvrir, il se révèle être moins un atout imparable qu’un formidable boulet pour l’impétueuse Ristarte. Quand les choses se gâteront sur Geanburande, Seiya sera-t-il à la hauteur de ses fantastiques talents ?

Le Magicien Dose (et ose)

Pour cette nouvelle entrée dans le genre Isekai, l’auteur est parti sur un postulat intéressant: Et si un héros pouvant tout, n’osait rien ? Bien souvent, les histoires de Fantasy classiques n’ont qu’un questionnement dramatique: le héros aura-t-il la force de triompher de son adversaire ? Ici, la réponse, en théorie du moins, est claire: oui, Seiya peut sauver Geanburande. La véritable interrogation est de savoir si son défaut, la prudence excessive, le lui permettra.

Durant les premiers chapitres, l’auteur joue avec ce paradigme autant qu’avec les nerfs de sa protagoniste Ristarte, qui désespère de voir son champion passer à l’action. Il est assez amusant de voir comment Seiya prépare et anticipe chaque combat, chaque situation, et de voir comment un être sensé s’engagerait dans une quête de cette ampleur.

Le souci qui se présente assez vite, c’est que ce qui est sensé être un défaut venant compenser un statut quasi-divin finit par s’effacer. J’entends par là que ce qui, dans nos attentes de lecteurs, devrait entraver Seiya dans sa mission et le forcer à changer, s’avère finalement être son grand atout puisque c’est justement cela qui le tire de mauvais pas éventuels. D’excessivement prudent, il en devient excessivement préparé, ce qui, en fait, lui donne l’avantage sur tous les antagonistes, dont on s’aperçoit de façon systématiques qu’il a anticipé tous les coups bas, prévoyant en conséquence.

Pour faire une comparaison avec les comics, c’est comme si on décidait finalement que la kryptonite ne tuait pas Superman, mais qu’elle ne lui allait tout simplement pas au teint.

Ce ressort dramatique manqué donne à Seiya des allures de Mary Sue, le distanciant ainsi du potentiel sympathie des lecteurs. Il n’en demeure pas moins que Cautious Hero est une série au démarrage dynamique, empruntant aux codes des univers Fantasy mais plus particulièrement aux RPG. On attend encore l’écueil qui forcera Seiya à prendre des risques, peut-être dans le tome 3 ?

***·BD·La trouvaille du vendredi·Rétro

Fausse garde (Nouvelle édition)

A l’occasion de la ressortie de l’album (indiquée comme comportant une nouvelle couverture et un cahier graphique… mais surtout en grand format!) je republie ma critique sur la précédente édition.

Fausse Garde - NE
Bd de Merwan
Vent d’ouest (2009), 188p, format comics broché avec couverture à rabats, one-shot.

couv_84922Premier album virtuose de Merwan, Fausse Garde est sorti en grand format en 2004 sous le titre Pankat et prévu en plusieurs volumes. Cet album propose donc une réédition qui clôture l’histoire. Le choix de réduire le format est assez dommageable puisque la finesse des dessins de l’auteur nécessite de la place, ce qu’a compris Dargaud sur son dernier album Mécanique Céleste. Excellente nouvelle, l’éditeur ressort dans les prochains jours cet album en format original agrémenté d’une couverture originale et de de bonus.

A Irap, tentaculaire cité du désert, le Pankat occupe une place centrale. Des écoles de combat, celles du champion Eiam est la plus réputée, par la gloire de l’arène et la morale d’airin qu’il enseigne à ses disciples. Lorsque le jeune Mané arrive dans la cité, son idéalisme va se confronter à la dureté du traitement fait aux sans grade. Doté de facultés exceptionnelles pour le Pankat il va devoir assumer des choix entre la lumière de l’arène et l’ombre des gens de sa condition qui contestent l’ordre établi.

Résultat de recherche d'images pour "fausse garde merwan"Cet album m’a été très vivement conseillé par mon libraire lorsque je suis passé acheter le récent Méacnique Céleste du même auteur. Avant toute chose il faut bien distinguer les deux ouvrages, premier et dernier de la bibliographie de Merwan Chabane, virtuose passé par les Arts décoratifs, école donnant une technique graphique très poussée, et le dessin animé. Adepte d’arts martiaux, Merwan est aussi compagnon de route de la bande à Vivès. Un peu plus âgé que les Bastien Vivès, Michael Sanlaville, Bertrand Gatignol, il est le premier de la bande à publier son album en 2004, où l’on retrouve à la fois une grosse influence du manga (école Otomo, Merwan avait participé à l’ouvrage Tribute to Otomo publié à l’occasion d’Angoulême 2016) en même temps qu’un ADN de l’animation dans l’envie de mouvement. Si Bastien Vivès est le plus médiatique du groupe, Merwan est pour moi le maître technique en proposant dès cette époque un postulat, celui de s’affranchir des canons anatomiques et de perspective de la BD franco-belge pour y apporter, sous condition d’une très grande maîtrise technique donc, des effets de caméra que l’animation donne sur ses intervalles. C’était une vraie proposition artistique car il y a tout de même une sacrée différence entre un dessin-animé à vingt-cinq images par secondes et une case de BD qui peut faire appel à la mémoire visuelle du lecteur mais garde le côté extrême de ces déformations, nécessaires dans l’animation. A partir de là Merwan est celui qui est resté le plus proche de la BD, entre monsieur mouvement (Sanlaville) et monsieur épure (Vivès).

Résultat de recherche d'images pour "fausse garde merwan" Fausse garde est donc un premier ouvrage, qui comporte les défauts d’un projet précoce conçu sans l’aide d’un scénariste. Dès la série suivante il travaille d’ailleurs avec le déjà chevronné Fabien Nury et Fabien bedouel. Sur son dernier opus l’auteur a beaucoup mûri graphiquement, techniquement mais aussi scénaristiquement.

Le premier des trois chapitres est le plus impressionnant, à la fois puissant visuellement, doté d’une colorisation superbe (un des points forts de Merwan) très contrastée et vive et posant un cadre scénaristique très lisible. Ensuite cela se gâte avec un dessin qui s’affine mais évolue aussi vers quelque chose de plus estompé, perdant la force des encrages et des contrastes, tout comme l’intrigue qui se complexifie par trop d’ellipses et de sous-entendus parfois difficiles à capter. On attend une histoire d’ascension sportive vers la gloire, schéma archétypal connu et souvent réussi lorsqu’il reste simple. Les personnages sont là avec le héro naïf mais talentueux, les deux pères spirituels, le décors. Mais à force de chercher l’intelligence du lecteur l’auteur oublie parfois de suivre la linéarité nécessaire et de se concentrer sur des combats annoncés dès le titre (l’original s’intitulait Pankat). On a le sentiment que l’auteur a tout donné dans la première section, s’est vidé et a cherché à simplifier son travail pour la suite. On sort ainsi des quelques deux-cent pages un peu déçu, alléché par ce qui était proposé et un peu sur sa faim.

Résultat de recherche d'images pour "fausse garde merwan"Les qualités de l’album sont cependant nombreuses. Le dessin d’abord, qui malgré cette évolution vers du trait plus léger reste totalement maîtrisé en suggestion même si certaines cases de combat sont compliquées à lire. L’univers ensuite, ce monde très orientalisant, au design inspiré et coloré nous immerge et donne envie de suivre un héros attachant.Je dirais que la partie la plus contestable est pourtant ce qui semble intéresser le plus l’auteur, cette pulsion qui pousse le héros à renoncer à la lumière toute tracée pour suivre le sombre père, ce sicaire très violent aux motivations obscures jusqu’au bout. L’idée de cette opposition des mentors était intéressante pour peu que l’on comprenne ce qui pousse Mané à provoque le si charismatique et puissant Eiam. Toute la partie de l’école de Pankat et des tournois est superbement mise en scène. Les autres séquences d’école buissonnière du héros moins engageantes notamment par-ce que l’on s’éloigne du Pankat et ses séquences qui font le talent de Merwan.

Œuvre de jeunesse partiellement aboutie et qui aurait mérité d’être plus concentrée, Fausse garde reste une expérience visuelle très intéressante et qui donne envie de découvrir la bibliographie de Merwan Chabane et une variante proche de ce que proposeront plus tard Sanlaville et ses potes sur LastMan.

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***·Comics·La trouvaille du vendredi·Rapidos·Rétro

Solo #1: les survivants du chaos

La trouvaille+joaquim

Comic d’Oscar Martin
Delcourt (2014), 108 p.+12 pages de carnet de notes sur l’univers.
Série en cours, 4 tomes parus +1 HS et 1 série dérivée: « chemins tracés ».

L’album en format comics comprend deux illustration différentes en intérieur de couverture. L’édition Delcourt comprend les deux premiers chapitres de 48 et 55 planches et se termine par un « dossier technique » de 12 pages développant l’univers.

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Le monde est rude. La vie est chienne. L’homme est un loup pour l’homme. Solo sait que son enfance se termine. Il va devoir quitter le foyer pour fonder le sien. Une bouche de trop c’est la mort de tous. Il part dans la plaine, luttant contre les éléments, contre les esclavagistes, contre les bêtes féroces. Pour sauver sa vie il va devenir un roc. Un bloc de violence. Et perdre son âme. Peut-être…

Preview Solo (Martín) 1. Les survivants du chaosmediathequeCette série espagnole d’un auteur élevé au cartoon américain (comme beaucoup de ses compatriotes) jouit d’une réputation impressionnante, du niveau d’un Saga. Format hybride, proche du comics mais résolument européen, Solo est un Post-apo dépressif, nihiliste présentant un univers dont on ne sait rien hormis que les humains et humanoïdes sont regroupés en communautés fragiles ou soumises au despotisme de seigneurs tout puissants dans des places fortes surarmées. Ce premier volume au dessin élégant proche des albums de fantasy pour ado prend la structure du film Conan de John Milius avec un Solo capturé et devenu gladiateur dans une arène mortelle. L’intrigue est faite essentiellement de combats, contre des maraudeurs dans les wastlands ou des Golgothes dans l’arène. Cela aurait pu faire court si ce n’était le choix de narration très intéressant choisi par Oscar Martin. Le rat humanoïde devenu machine à tuer a été bien élevé, dans une famille aimante lui ayant inculqué les valeurs humaines. Alors que son physique est rattrapé par ce monde mort, son esprit reste accroché à cette humanité, même quand tout semble perdu. Parcourant des cases généreuses faites d’action et de créatures  grossières, les phylactères élégants proposent les réflexions intérieures de ce philosophe de l’extrême. On se plait à lire ces jolis textes en regard de la barbarie graphique cinématographiquement menée.

Pullbox Reviews: Oscar Martin's Solo - Survivors of Chaos - The ...Solo est un héro, un vrai, invincible. Passant d’une famille (dont on ne sait rien après les premières planches) à l’arène déshumanisant, l’album se clôture par le retour de l’espoir et la découverte de l’amour. On imagine le pire pour la suite et l’on tremble, ayant appris à nous intéresser à ce personnage sensible pour lequel on souhaite tout le bien du monde. Une fois l’album refermé je reste dans l’attente de quelque chose de grand, de noir, de radical. C’est déjà le cas sur cette introduction mais la répétition des combats violents et la toute puissance du personnage atténuent quelque peu le danger et la tension narrative. L’arrivée du bonheur induit nécessairement le drame à venir. A suivre donc dans un second tome qui je l’espère confirmera les bonnes intention du premier.

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****·Manga·Nouveau !·Rapidos·Service Presse

Dragon ball super #10-11

esat-westManga de Akira Toriyama et Toyotaro
Glénat (2017-2020) – Ed. Japonaise Shueisha (2015), 11 vol parus en France (12 au Japon).

bsic journalismMerci aux éditions Glénat pour leur confiance.

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Les fins de volumes de cette série comprenaient jusqu’ici essentiellement des back-office de la réalisation des pages avec les dessins de Toyotaro corrigés par Toriyama. A partir du nouvel arc de la Patrouille galactique ce sont des histoires bonus très intéressantes en ce qu’elles tissent des liens avec la très volumineuse production animée de l’univers Dragon Ball (un peu comme l’Univers étendu de Star Wars). On a par exemple des éléments sur le personnage de Broly que les lecteurs du seul manga n’ont jamais vu même si ils ont pu en entendre parler. Sinon comme depuis le début un sommaire, résumé des épisodes précédents et des personnages principaux aident la mémoire. Et je viens de réaliser (vieux motard que jamais…) que la quatrième de couverture (sous la jaquette) comprenait depuis le début de la série une variation sur l’image de couverture!

L’affrontement contre Moro est finalement bien plus compliqué que prévu pour les deux Sayan Goku et Vegeta qui doivent empêcher que le sorcier ne réunisse les Dragon Ball sur la planète Namek. Pendant que le mystérieux chef de la Patrouille, Mérus, peaufine sa stratégie, un ancien adversaire bien connu est convoqué pour éliminer Moro…

Dragon Ball Super 044 - Page 46 - Manga Stream | Dragon ball super ...Le nouvel arc de la Patrouille galactique a débuté dans le précédent tome alors que Goku et Vegeta sont enrôlés pour arrêter le redoutable sorcier Moro. Un peu hautains quand au rapport de force après avoir participé au plus grand tournoi de l’histoire, ils vont déchanter devant les capacités magiques de Moro… qui ne sont pas sans rappeler les pouvoirs si particuliers de leurs anciens adversaires de la Terre. Si le précédent arc était sympa question combats et créatures, il commençait à devenir redondant et c’est un très grand plaisir que l’on a de retrouver les aventures spatiales des héros, de découvrir de nouvelles planètes, pouvoirs magiques et un humour mis un peu sous le couvert précédemment. La capacité de Toriyama à développer son univers est tout bonnement prodigieuse et si l’on trouve forcément un peu de familiarités voir de redites (les entraînements entre deux combats), la richesse des personnages et des intrigues ne cesse de me fasciner. On est sans cesse ballotté (assez rapidement d’ailleurs!) entre facilité et désespoir total  et ça fonctionne pour nous tenir en haleine. Si l’auteur a beaucoup joué sur les niveaux et couleurs de cheveux des personnages, il revient ici à un esprit plus proche des débuts de Dragon ball Z pour mon grand plaisir. J’espère sincèrement que les aventures de patrouilleurs se poursuivront sur de nombreux tomes tant les possibilités sont grandes et les univers planétaires infinis. Ajoutons à cela un Jaco toujours aussi drôle (lisez vite son aventure solo si ce n’est déjà fait, c’est tordant!) et du des coups de théâtre efficaces et vous obtenez une série qui est presque aussi fraîche qu’à ses premières années!

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