****·Comics·East & West·Nouveau !

Coda Omnibus

Intégrale de 336 pages comprenant les 12 chapitres de la série Coda, écrite par Simon Spurrier et dessinée par Matias Bergara aux US chez Boom! Studios. Parution en France chez Glénat le 28/10/20.

Once upon a time…

Toutes les bonnes histoires ont une fin, dit-on. Surtout lorsqu’il s’agit d’un compte de fée. Et si, dans cette histoire-là, le Mal finissait par triompher ? Que se passerait-il ensuite ?

C’est ce que est arrivé au monde Hum, barde taciturne et solitaire. Le royaume magique dans lequel il vivait s’est finalement brisé sous les fracas d’une énième guerre, mettant fin à la Magie qui sous-tendait le tout. Ne restèrent alors plus que des ruines et des âmes en perdition, tentant de survivre en donnant un sens nouveau à leurs existences après le désastre.

Toutefois, ce monde englouti par les gravats de sa gloire passée n’est pas le seul problème de Hum. Le barde vagabond est à la recherche de sa bien-aimée, Serka, et d’un moyen de la sauver d’une terrible malédiction. Mais dans un monde où la magie n’existe plus, Hum trouvera-t-il le moyen de préserver son épouse ?

Conte de fous

Brillante idée qu’a eue Simon Spurrier de passer le genre heroic fantasy à la moulinette du post-apocalyptique. En effet, de mémoire de lecteur, il n’y avait pas eu jusqu’ici de croisement entre Mad Max et le Seigneur des Anneaux, alors voir un monde autrefois féérique tomber en déliquescence, au point de transformer ses habitants en pilleurs et en sauvages, est un plaisir tout au long des 336 pages que compte cet omnibus.

Hum, héros solitaire à la jambe de bois, est un parallèle assez évident avec le fameux Max Rockatansky (qui a lui aussi, un handicap à la jambe), et la comparaison ne s’arrête pas là: dans le monde du Guerrier de la Route, la ressource précieuse pour laquelle les survivants s’entretuent est le carburant ou l’eau, selon les opus; Dans Coda, ce sont plutôt les derniers vestiges d’une magie agonisante qui attirent les convoitises. Là où Max et son V8 Interceptor vont souvent devoir défendre à contrecœur une communauté recluse et assiégée, Hum et sa Licorne vont devoir aider Ridegtown, cité fortifiée possédant de quoi produire encore de la magie.

Cependant, comme dans toutes les bonnes histoires, il ne s’agit pas simplement que d’aventures et de baston. Coda, c’est aussi et avant tout, une histoire sur l’amour, et le sens véritable qu’il revêt dans un monde qui a perdu le sien.

Malgré l’aspect monolithique de l’album, le tout demeure très bien écrit, aucun élément ne s’avérant gratuit ni mal employé. Dialogues riches et intuitifs, scènes d’action très fun servis pas les dessins impeccables de l’excellent Matias Bergara, tout est là pour faire de Coda la découverte de cette fin d’année. Amateur de comics, vous auriez tort de passer à côté !

***·Comics·East & West·Jeunesse·Nouveau !

Giants: Brotherhood

Récit complet en 128 pages, écrit par Carlos Valderrama et dessiné par Miguel Valderrama. Parution le 25/09/2020 aux éditions Urban Comics, collection Urban Link (format comics).

Kaiju-palooza !

Il y a de nombreuses années déjà, le monde s’est écroulé sous les pas des géants. Des monstres à la peau impénétrables, qui ont rasé ce que l’homme tenait pour acquis et qui l’ont forcé à se cacher profondément sous terre. De cette catastrophe a émergé une nouvelle société, post-apocalyptique, violente, régie seulement pas la loi du plus fort.

C’est dans cet environnement hostile, contrôlé par des gangs en guerre perpétuelle, qu’ont grandi Gogi et Zédo. Deux jeunes orphelins réunis par le destin, prêts à affronter ensemble toutes les galères, mus par un simple rêve: faire partie du gang des Bloodwolves.

Pour ça, les deux survivants vont se voir confier une mission, déguisée en rite de passage: remonter à la surface, et mettre la main sur de l’ambrenoir, une ressource rare et puissante, issue du corps même des monstres géants. L’ambrenoir donne l’avantage à ceux qui la possède, et ici-bas, ne sert qu’à faire la guerre.

Gogi et Zédo vont donc embarquer pour leur périlleuse mission en territoire kaiju, impatient à l’idée de rapporter le trésor qui leur vaudra de faire enfin partie d’une famille, aussi toxique soit-elle. Mais les deux jeunes ne sont pas prêts pour ce qui les attend en haut. Leur fraternité sera-t-elle à l’épreuve des monstres ? Et d’ailleurs, qui sont les véritables monstres ?

L’Homme est un kaiju pour l’Homme

Dans les œuvres post-apocalyptiques, il est intéressant de voir ce que ce serait devenue l’Humanité si elle avait faire face à l’éventualité de son extinction. Comment les sociétés et les institutions se seraient réorganisées, la résurgence de la loi du plus fort dans un monde dévasté, sont autant de sujets fascinants et traités à l’envi dans ce genre transmédia.

Autant le dire tout de suite, ce n’est pas vraiment le cas dans Giants. Les frères Valderrama mettent le focus sur la relation entre leurs deux protagonistes, et ne livrent que le strict minimum concernant le background. Tout ce que l’on apprendra dans la série, c’est que des gangs de jeunes s’affrontent dans des villes sous-terraines, tandis qu’à la surface, règnent des (deux?) monstres géants qui se livrent eux aussi bataille.

Où sont les adultes ? Quid du pouvoir politique dans ces villes ? Si l’ambrenoir est une source de combustion, est-elle utilisée autrement que pour la baston ?

Si l’idée de base est intéressante (on retrouve la thématique des bandes de jeunes et le duo d’orphelins post-apo comme dans Akira), elle donne l’impression de n’être qu’effleurée, sans que les auteurs ne prennent la peine de la contextualiser. Les monstres non plus n’ont pas droit à un traitement en profondeur (ce qui est parfois le cas dans certains films de kaijus, Cloverfield en tête), même si leur design reste intéressant en évitant les poncifs reptiliens du genre. On retrouve d’ailleurs, en parlant de Cloverfield, l’idée des parasites de kaijus, sortent de puces monstrueuses et agressives.

Giants exhibe donc ses influences de façons assez ostentatoires, sans nécessairement en tirer profit sur la longueur du récit. La dynamique des frères ennemis est traitée de façon classique, mais assez efficacement pour que l’on s’attache aux personnages et à leur sort.

Giants: Brotherhood reste une lecture agréable, que l’on aurait aimé voir traitée plus en profondeur, au vu des influences évidentes citées plus haut.

**·BD·Nouveau !·Rapidos

Les dominants #2: les dieux stellaires

La BD!
BD de Sylvain Runberg et Marcial Toledano
Glénat (2020), 58p. + cahier graphique de 6p., couleur, 2 volumes parus, série en cours.

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In aliens we trust

Dans un futur proche, l’Humanité a été ravagée par un virus répertorié sous le nom de Grande Souche. Les survivants ont ensuite assisté à la conquête de la Terre par des êtres vivants jusqu’alors inconnus, présumés d’origine extraterrestre.

Ces êtres, nommés les dominants, se distinguent en plusieurs catégories, selon l’effet qu’ils produisent sur les humains qui les approchent, ou bien en fonction de leur comportement: nausées, migraines… Face à ce phénomène sans précédent, les humains ont montré trois grands types de réaction: survivaliste, néo-religieuse, ou belliqueuse.

Andrew Kennedy est un américain ex-agent du FBI, qui a tout perdu dans cette crise. Du moins le croyait-il. En effet, le premier tome se concluait par la découverte par Kennedy de la survie de sa fille, tombée dans l’escarcelle des résistants !

Devenue une féroce guerrière (tout comme la sœur de Yorick dans Y, The Last Man), la fille d’Andrew a été endoctrinée pour être une tueuse impitoyable à la solde d’Adam, le chef des Résistants. Andrew a donc pris le parti d’abandonner son groupe de survivants afin de suivre sa fille, espérant la convaincre de quitter le groupe et partir avec lui.

Cthulhu Président

Pour ce second tome, Sylvain Runberg continue de nous faire profiter de son worldbuilding et après nous avoir fait partager le quotidien des survivants, fait la lumière sur la faction des Dévots tout en continuant de nous faire la démonstration de la cruauté des Résistants, dont le fanatisme n’a finalement rien à envier à celui de leurs ennemis naturels. Les journaux illustratifs en fin d’album continuent d’ailleurs (… dans une écriture pas forcément des plus subtiles).

Les enjeux montent donc d’un cran, tant pour le héros que pour l’ensemble de l’Humanité. Tandis qu’Andrew fait tout ce qu’il peut pour s’intégrer chez les Résistants, ces derniers préparent un assaut d’envergure tout en continuant leurs exactions particulièrement impitoyables contre les Dévots qui communient avec les créatures. Si l’action-héro et les relations humaines étaient particulièrement bien sentis sur le précédent volume, le scénariste nous laisse cette fois un peu perdu avec ce personnage-marionette qui ne semble plus avoir guère de psyché et une certaine lourdeur dans la façon d’appuyer sur le côté manichéen des relations entre groupes.

L’album contient donc son lot de tension, bien qu’il ne tente pas d’apporter de réponses aux questions qui taraudent le lecteur depuis le premier tome, avec un léger sentiment de surplace. Qu’à cela ne tienne, l’action est bien présente, et, si le cliffhanger de fin n’est pas de nature à vous retourner l’estomac, l’intérêt pour l’univers de la série est bien présent, notamment autour de ces fascinantes créatures alien au design et concept très intéressants.

Côté graphique, on a tout de même l’impression que Marcial Toledano s’est mis sur la réserve, comme s’il souhaitait inconsciemment s’économiser, peut être pour une série qui s’annonce sur le long cours. Impression générale de baisse de niveau donc sur ce second tome sorti très (trop?) vite en ramenant une série très bien partie dans le peloton pléthorique des BD SF post-apo. En espérant que les auteurs redressent la barre d’une série qui a du potentiel.

***·Comics·La trouvaille du vendredi·Rapidos·Rétro

Solo #1: les survivants du chaos

La trouvaille+joaquim

Comic d’Oscar Martin
Delcourt (2014), 108 p.+12 pages de carnet de notes sur l’univers.
Série en cours, 4 tomes parus +1 HS et 1 série dérivée: « chemins tracés ».

L’album en format comics comprend deux illustration différentes en intérieur de couverture. L’édition Delcourt comprend les deux premiers chapitres de 48 et 55 planches et se termine par un « dossier technique » de 12 pages développant l’univers.

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Le monde est rude. La vie est chienne. L’homme est un loup pour l’homme. Solo sait que son enfance se termine. Il va devoir quitter le foyer pour fonder le sien. Une bouche de trop c’est la mort de tous. Il part dans la plaine, luttant contre les éléments, contre les esclavagistes, contre les bêtes féroces. Pour sauver sa vie il va devenir un roc. Un bloc de violence. Et perdre son âme. Peut-être…

Preview Solo (Martín) 1. Les survivants du chaosmediathequeCette série espagnole d’un auteur élevé au cartoon américain (comme beaucoup de ses compatriotes) jouit d’une réputation impressionnante, du niveau d’un Saga. Format hybride, proche du comics mais résolument européen, Solo est un Post-apo dépressif, nihiliste présentant un univers dont on ne sait rien hormis que les humains et humanoïdes sont regroupés en communautés fragiles ou soumises au despotisme de seigneurs tout puissants dans des places fortes surarmées. Ce premier volume au dessin élégant proche des albums de fantasy pour ado prend la structure du film Conan de John Milius avec un Solo capturé et devenu gladiateur dans une arène mortelle. L’intrigue est faite essentiellement de combats, contre des maraudeurs dans les wastlands ou des Golgothes dans l’arène. Cela aurait pu faire court si ce n’était le choix de narration très intéressant choisi par Oscar Martin. Le rat humanoïde devenu machine à tuer a été bien élevé, dans une famille aimante lui ayant inculqué les valeurs humaines. Alors que son physique est rattrapé par ce monde mort, son esprit reste accroché à cette humanité, même quand tout semble perdu. Parcourant des cases généreuses faites d’action et de créatures  grossières, les phylactères élégants proposent les réflexions intérieures de ce philosophe de l’extrême. On se plait à lire ces jolis textes en regard de la barbarie graphique cinématographiquement menée.

Pullbox Reviews: Oscar Martin's Solo - Survivors of Chaos - The ...Solo est un héro, un vrai, invincible. Passant d’une famille (dont on ne sait rien après les premières planches) à l’arène déshumanisant, l’album se clôture par le retour de l’espoir et la découverte de l’amour. On imagine le pire pour la suite et l’on tremble, ayant appris à nous intéresser à ce personnage sensible pour lequel on souhaite tout le bien du monde. Une fois l’album refermé je reste dans l’attente de quelque chose de grand, de noir, de radical. C’est déjà le cas sur cette introduction mais la répétition des combats violents et la toute puissance du personnage atténuent quelque peu le danger et la tension narrative. L’arrivée du bonheur induit nécessairement le drame à venir. A suivre donc dans un second tome qui je l’espère confirmera les bonnes intention du premier.

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BD·Mercredi BD·Nouveau !

Le convoyeur #1: Nymphe

La BD!

BD de Tristan Roulot et Dimitri Armand
Le Lombard (2020), 54p.

L’ouvrage existe en deux éditions, la classique en couleur ne présentant aucun bonus et l’édition grand format NB avec cahier graphique. Couverture très efficace qui n’est pas sans rappeler la mythique illustration de Frazzeta.

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Un contrat doit être honoré. Telle est la loi du convoyeur… Dans un monde dévasté par la Rouille et revenu à l’âge du bronze la loi du plus fort domine. Personne ne sait d’où il vient mais le convoyeur est le plus sur moyen pour transmettre des biens d’une communauté à une autre. Son paiement est bien peu. Mais peut-on lui faire confiance?…

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L’art de Dimitri Armand a éclaté aux yeux du grand public sur son western Sykes, bientôt suivi par Texas Jack, tout aussi réussi. Maître dans la lignée des encreurs puissants, Armand s’épanouit dans le genre western qui permet de belles barbes (son tic), des matériaux nobles et des paysages naturels grandioses. Tristan Roulot ne s’y est pas trompé lorsqu’il lui a proposé un projet post-apo dont la coloration entre époque des colons américains et Moyen-Age semble bien connue. Le scénariste de Hedge Fund (où le personnage est déjà un anti-héros assez noir) avait proposé le très bon Arale, dystopie soviétique teintée de magie et de rouille avec le dessinateur du carton La Bombe. Ces caractères des deux auteurs se retrouvent parfaitement dans le Convoyeur pour un résultat tout à fait surprenant.

Tout le monde la craignait, mais nul n’y était vraiment préparé. La fin du monde a surgi de la où on ne l’attendait pas, à la fois des tréfonds insondables de notre planète et de l’infiniment petit. La Rouille,  fléau invisible mais ravageur, a dévasté toutes les infrastructures, en grignotant les fondations métalliques d’un monde devenu dépendant de ses industries lourdes. Ainsi, tous les objets contenant du fer sont devenus inutilisables, des simples outils aux smartphones en passant par les ponts et les grattes-ciel.

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Mais la Rouille ne s’est pas arrêtée là, elle a également ravagé les populations en altérant le fer présent dans nos organismes, engendrant de terribles difformités, qui s’accompagnent chez certains de facultés spéciales.

Dans ce monde changeant, nouveau et vétuste à la fois, la seule constante est tenue par un homme qui parcourt les terres hostiles et dont le sacerdoce est de transporter tout qui

lui est confié, à bon port. Son prix semble dérisoire, au premier abord, puisqu’il ne s’agit ni d’argent ni de biens matériels, mais simplement d’accomplir un étrange rituel apparemment sans conséquence. Cet homme se présente sous le nom du Convoyeur.

Ce premier tome du Convoyeur nous transporte, si vous me passez l’expression, dans un monde sombre mais dont les codes sont familiers: la dévastation des corps et des esprits, fort bien reflétée par le wasteland servant de décor, nous ramène de façon rassurante au maître-étalon du genre qu’est Mad Max, tandis que le héros vagabond, outre le fameux Road Warrior, peut davantage nous évoquer, parce qu’il a un but qui lui est propre, le héros éponyme du Livre d’Eli. L’intrigue est suffisamment vitaminée pour nous tenir en haleine tout en instillant des enjeux encore obscurs, et donc susceptibles de piquer notre curiosité de lecteur en prévision des autres tomes: d’où vient la Rouille ? Quels sont les desseins et les origines du Convoyeur ?

Le convoyeur tome 1 - BDfugue.comSous une forme classique les auteurs ont réussi à poser un background qui nous titille, entre cette Eglise itinérante tout aussi terrible pour les « déchus » que garante d’ordre. Comme les commanditaires du Convoyeurs, d’abord vus comme les bons, nous découvrons que les dessins des hommes sont plus gris que clairs. Avec une intrigue assez ténue on est suffisamment accrochés pour avoir très envie de connaître le rôle réel de ce personnage dans un monde où la morale est bien différente de la notre.

 

 

Nous sommes donc ici face au premier tome portant en lui les prémisses d’une série qui s’annonce passionnante, une saine lecture pour quiconque prévoit de se prélasser sur le sable de nos plages estivales !

Un billet écrit à quatre mains par Blondin et Dahaka.

***·BD·Mercredi BD·Nouveau !·Numérique

L’autoroute sauvage

BD du mercredi
BD de Mathieu Masmondet et Zhang Xiaoyu
Humanos (2019),  intégrale de 176 p.

couv_314577badge numeriqueNouvelle transposition d’un ouvrage de l’auteure SF Julia Verlanger chez les Humanos (après L’ange aux ailes de lumière, chroniqué sur le blog par Dahaka), l’Autoroute sauvage est un projet multimédia puisque écrit par le scénariste chevronné Mathieu Masmondet et en cours de production pour une version cinéma. Excellente nouvelle tant cette histoire faite de paysages naturels et de relations entre personnages peut donner un excellent métrage sans nécessiter un budget faramineux. L’intégrale (lue en numérique, je ne peux donc donner d’informations sur d’éventuels bonus) comprend les trois volumes de l’adaptation dessinée par l’excellent chinois Xiaoyu Zhang (dont on peut trouver des ouvrages chez Mosquito et dont le trait rappel l’un de ses compatriotes Dongzi Liu). Une édition fourreau est parue précédemment. Étrangement l’illustration de couverture, très jolie, tranche pas mal avec le dessin intérieur que reflétait mieux les couvertures originales.

Longtemps après la catastrophe, nous dit l’incipit… Après une attaque sur sa communauté privilégiée de l’ile de Porquerolles, Hélène voit sa sœur enlevée par une horde de sauvage. Lancée sur les routes de France vers Paris où est séquestrée sa frangine, elle affronte la violence sauvage de ce monde dévasté et réalise vite qu’elle doit trouver des alliés pour surmonter l’insurmontable. Lorsqu’elle rencontre le colosse Mo, presque muet, elle voit en lui le protecteur qui pourra l’aider à assouvir sa vengeance. Mais les  kilomètres de l’autoroute sauvage vont aussi les rapprocher…

L'Autoroute sauvage #1 | BoDoï, explorateur de bandes dessinées ...Le premier mérite de l’Autoroute sauvage est de se passer en France… Cette assertion peut paraître chauvine mais dans un monde archi-dominé par la culture anglo-saxonne au point de généraliser des titres d’ouvrages en anglais (stratégie d’exportation?) et où la quasi-totalité des invasions extra-terrestres se déroulent étrangement sur le continent américain, le déplacement d’une histoire type du genre post-apocalyptique en Europe et dans des lieux bien connus sonne presque comme une originalité! Un peu comme pour le très réussi Soleil froid le fait de poser un contexte connu participe au réalisme de cette histoire posée dans un futur mad-maxien où la sauvagerie (et le cannibalisme) ont pris le dessus sur toute idée de civilisation. On ne sait pas grand chose du cataclysme qui a détruit les sociétés mais la vision régulière de la lune détruite laisse imaginer l’ampleur du cataclysme. Autre idée intéressante (que l’on retrouvait également dans Amazing Grace) que de nous placer une génération après la chute, ce qui permet à certains personnages d’expliquer comment était le monde avant en renforçant l’aspect inconcevable de la situation.

L'Autoroute sauvage, T2 : Kilomètre sang - Par Masmondet ...Le scénario de cette série n’a rien d’original et tout l’intérêt repose sur l’interaction entre les personnages. Sur ce plan, aidé par les très jolis dessins de l’illustrateur chinois qui rappelle par moment les dessinateurs Valiant Tomas Giorello ou Trevor Hairsine, le scénariste axe son propos sur le couple formé par Hélène et Mo, sorte de Belle et Bête où tout le long on comprend que l’amour entre les deux est très relatif, l’homme traumatisé par son enfance ayant besoin d’assouvir ses « besoins sexuels » et la jeune femme que l’on comprend avoir été un jouet sexuel a elle besoin de la protection de ce colosse. Avec cet intérêt minime un véritable amour va néanmoins naître. Cela peut paraître naïf mais la dureté du récit, des séquences justifie un recentrement sur des thèmes fondamentaux, mythiques.

L'Autoroute sauvage - BD, avis, informations, images, albums ...L’essentiel des trois albums (à la progression très solide) décrit des séquences d’action lorsque le duo, bientôt rejoint par un troisième larron, se confronte à différents clans « sauvages » mais des éléments nous expliquent néanmoins la constitution de nouvelles communautés… jusqu’au dernier tome où l’arrivée à Paris va permettre de grandes révélations sur le passé. La plupart des récits Post-apo font le choix du minimalisme avec une quasi absence de background (comme Walking Dead). Cela m’a toujours dérangé, persuadé que ce qui fait la force d’un récit c’est son hors champ, son univers, son passé (ce que réussit très bien Runberg sur son récent Dominants). L’autoroute sauvage arrive donc à allier le récit intimiste (les vies dramatiques d’Hélène et Mo), les thèmes primordiaux et un vrai récit SF où l’Apocalypse a une raison expliquée et montrée. Sur un format triptyque cela peut faire un peu court mais on sent la solidité du matériau d’origine et le professionnalisme du scénariste pour proposer une excellente histoire SF à la fois belle, violente, radicale. Si le post-apo fascine, il brille rarement par son originalité. On connaît les constantes, elles sont ici réunies avec un vrai plaisir de lecture.

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***·BD·Nouveau !·Service Presse

Le Mur #1: Homo Humini Lupus

Premier tome d’une trilogie, 48 planches couleur écrites et dessinées par Mario Alberti, adaptées des travaux d’Antoine Charreyon, paru le 15/01/2020 aux éditions Glénat.

bsic journalismMerci aux éditions Glénat pour leur confiance.

 

Encore une fin du monde

Il est étonnant de constater qu’en cette période d’incertitude, où l’avenir de l’humain est pour le moins lugubre, le genre Post-Apocalyptique prospère et n’a jamais généré autant de propositions narratives, comme si la fiction cristallisait nos angoisses et nos projets.

C’est à se demander si, lorsque l’Humanité aura éventuellement accompli son expansion dans le cosmos, nous assisterons à une résurgence du Western et des récits de conquête.

Le Mur nous raconte le périple de Solal et sa sœur Eva, qui errent à travers la désolation d’un monde englouti par les débris de sa gloire d’antan. La civilisation s’est effondrée suite à un cataclysme qui ne nous est pas détaillé, mais dont on sait qu’il en a résulté la construction du Mur éponyme, une structure cyclopéenne érigée pour stopper les vagues de migration vers le Nord.

S’il veut assurer la survie d’Eva, gravement malade, Solal n’aura pas d’autre choix que de tenter de franchir le Mur, afin de se procurer des médicaments, que l’on dit abondants de l’autre côté du Mur. Très rapidement, le duo fraternel va se retrouver entre les griffes de B.A.S.T.A.R.D, un sanguinaire chef de guerre qui rêve lui aussi de s’emparer des richesses qui l’attendent de l’autre côté. Solal ne s’en sortira qu’en démontrant ses aptitudes en mécaniques, qui, à défaut de lui faire gagner les bonnes grâces du méchant, lui assureront un poste de pilote kamikaze, et ainsi, lui offrir une opportunité de franchir l’impénétrable rempart…

La Grande Mur-Aïe

Étant donnée la nature même du genre Post-Apo, on ne peut décemment pas reprocher à une nouvelle œuvre s’y rapportant de faire dans le déjà-vu. Au contraire, on dira que les bases sont là, avec un monde dévasté, des hommes devenus ou redevenus barbares, la loi du plus fort ayant enterré l’État de Droit et une technologie archaïque faite de bric et de broc.

Tous les ingrédients sont là, et le Mur en ajoute d’autres issus de diverses influences du genre, comme la ségrégation entre les pauvres et les privilégiés (Elysium), la promesse du salut dans cette enclave dévolue aux élites (Elysium encore), le chef de guerre brutal à la fois craint et adulé (Mad Max Fury Road), ou le duo familial (La Route).

L’intrigue nous propulse in media res sans davantage d’explication, ce qui n’est pas un mal en soi mais qui oblige le lecteur à raccrocher les wagons en cours d’album, ce qui le ramène parfois au même niveau que les protagonistes.

On peut reprocher des dialogues peut-être pas assez intuitifs ou insuffisamment clairs, mais cela participe sans doute au sentiment de confusion diégétique généré par et dans l’histoire.

Les planches de Mario Alberti ont un style très rétro, renforcé encore davantage par la mise en couleur et le lettrage, et s’enchaînent rapidement jusqu’à un cliffhanger final habile qui donne tout son intérêt à l’album. Les scènes d’action peuvent donner du fil à retordre de par leur manque de lisibilité, toutefois elles ne gâchent pas totalement le plaisir de découvrir cet univers violent et plein de surprises. On a hâte de lire le second tome !

 

***·BD·Rétro

Le fléau vert

La BD!
BD de Michael Sanlaville
Casterman (2012), 150 p. format comic relié. One-shot.

couv_161657On commence une semaine « animation » avec un OBNI sous amphet’ signé Michael Sanlaville. L’idée remonte à ma lecture du Mécanique Celeste de Merwan et des liens graphiques très forts entre une troupe d’auteurs passés par l’animation et dont le dessin respire une énergie de mouvement très intéressante. Il n’est pas surprenant que certains lecteurs crachent sur des planches qu’ils considèrent comme pas finies. L’envie de ces auteurs est de créer une dynamique permanente en s’éloignant souvent des canons techniques d’anatomie ou de perspective. Déformant leurs formes, créant des effets de caméra improbables ils cherchent à rendre l’effet des métrages d’animation sur papier. Ce n’est pas toujours heureux car si un dessin d’intervale peut justifier ses libertés par son association avec l’animation globale, sur un dessin fixe cela peut paraître exagéré. Un peu punk sur les bords, la troupe assume sa culture et se jette dans des projets pas franchement grand-public et qui parviennent parfois à le devenir. Je commence donc cette semaine spéciale par ce Fléau vert, nanarissime histoire tout droit sortie d’une mauvaise VHS section SF des années 70…

La prophétie de la Grande plante s’est réalisée: surgie des profondeurs de la terre, une racine cannibale a dévoré la totalité du genre masculin, laissant la Terre  gouvernée par un régime matriarcal autoritaire dirigé par Hildegarde. Les deux derniers survivants, le macho Murphy et le gamin Abdou, vont devoir faire équipe avec un transexuel et une bonne sœur pécheresse pour mettre à bas le régime de Hildegarde et la menace du Fléau vert…

Résultat de recherche d'images pour "fléau vert sanlaville"J’avais découvert Michael Sanlaville sur le très bon premier tome du Rocher rouge où j’avais pu apprécier son identité nanaresque et son approche graphique exagérée. Rencontré à l’occasion d’un salon de BD j’ai tenté l’aventure du Fléau vert en attendant de démarrer Lastman. Je savais à peu près le style de BD que j’avais sous la main mais j’avoue avoir été passablement surpris par la liberté totale et l’énergie de cet album que l’on imagine réalisé rapidement tant le dynamisme transpire chaque page que l’on imagine mal ciselée laborieusement. A l’inverse de Gatignol sur les Ogres-dieux et ses décors flamboyants, Sanlaville prépare ici ce qu’il fera sur la série à succès LastMan en tirant vers la simplification du trait dans la suite de Bastien Vivès.

La séquence d’introduction mets KO comme savent le faire les séquences rapides des films d’animation. Ne s’embêtant pas de superflu, l’auteur rend pourtant chaque case parfaitement lisible (ce ne sera pas toujours le cas sur l’album) avec une maîtrise technique qui permet de suggérer un décors ou une mécanique par quelques traits. L’utilisation de floutés en premiers plans illustre la culture ciné et une profondeur de champ Résultat de recherche d'images pour "fléau vert sanlaville"que la BD classique permet rarement. Si le Manga a apporté le mouvement à la BD, ce type d’albums montre que l’on peut briser l’image fixe par la suggestion. Le principe du cinéma.

Passé ce choc on découvre une histoire totalement déglingue avec tous les poncifs du nanar: le savant-fou moustachu à l’esthétique issue de la culture homo et maniant la tronçonneuse, un héros blond, très Blond, roulant en 4X4, une chaste bonne-soeur très sexy ou un hélicoptère de combat soviétique…  Dès les premières scènes l’irruption parfaitement gore de la plante cannibale qui bouffe les parties génitales des hommes en les coupant en deux pose le décors. L’auteur se fait plaisir en mettant tous ce qu’il a envie de dessiner sans soucis de cohérence particulier. On nous raconte une histoire dont on n’a que faire et vole de bulle en bulle dans des dialogues tantôt marrants de dixième degré tantôt jouant de typographie pour produire des textes-onomatopées. Bref, un gros lâchage bien sympathique. Attention, c’est une BD de garçon, rempli de hordes de filles nues, de bite, de sperme, de bave et de sang. La modération, Michael Sanlaville ne connait pas et c’est tant mieux. Je remarque souvent dans mes chroniques que le plaisir éprouvé par les auteurs à réaliser leurs albums se ressent à la lecture, quelle que soit la qualité de l’histoire ou des dessins. C’était le cas du Ramirez de Petrimaux ou du Streamliner de ‘Fane (en beaucoup plus travaillé). C’est le cas ici, dans toute la démesure et l’efficacité du dessin. Si quelques passages semblent néanmoins mal raccrochés avec la fuite de Murphy et ses copains, l’auteur parvient même à proposer une fin étonnamment pertinente, réfléchie, cohérente après ce grand n’importe quoi. La preuve qu’un auteur inspiré peut partir en vrille tout en restant parfaitement lisible.

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****·BD·Nouveau !

Green Class #2: L’Alpha

Deuxième tome de 56 planches, dessiné par David Tako, écrit par Jérôme Hamon, paru le 14/02/2020 aux éditions du Lombard.

The Walking Misfits

couv_383029Après la sortie fracassante de Pandémie, Jérôme Hamon et David Tako poursuivent leur série Post-Apo (ou oserais-je dire PostAdo) avec le tonitruant L’Alpha.

Lors d’une sortie éducative en Louisiane, un groupe de jeunes inadaptés canadiens se retrouve piégé dans une zone de quarantaine alors qu’éclate une épidémie mystérieuse. Les ados rebelles iront de charybde en scylla lorsque l’un d’entre eux s’avérera infecté par le virus, qui le métamorphosera inexorablement en une créature hybride, sorte de colosse mi-organique, mi-fongique.

Dans le premier tome, on découvrait avec horreur le danger viral ainsi que ses effets sur les personnes infectées, le tout rythmé par quelques ellipses menant à un final surprenant et bien amené, tandis que ce second tome profite de toutes les possibilités offertes par la conclusion du premier. L’auteur de l’excellente série Nils (Blondin avait émis un avis un peu plus mitigé...) s’engouffre dans la brèche qu’il a ouverte dans le mur de quarantaine, pour élargir son monde, ajoutant des factions antagonistes au milieu desquelles se retrouvent nos héros, qui ne devront leur survie qu’à leur détermination, leur ingéniosité, et, pour certains, à une chance insolente.

Night of the living Groot(s)

Loin du sentiment d’urgence qui régnait dans le premier épisode, l’auteur donne grâce à ce deuxième tome une ambiance de monde nouveau, crépusculaire, incertain et violent, dans lequel tous ceux qui ont survécu sont en sursis. Les infectés sont désormais arrivés à maturité pour la plupart, créant une nouvelle espèce qui entend bien se faire une place dans l’écosystème déjà précaire de la planète.

Alors que nos héros courent après leurs amis disparus, ils ne peuvent que supposer le sort du reste du monde, tandis que partout, s’affrontent ceux qui traquent les infectés et ceux qui leur portent un intérêt scientifique teinté de religieux. Noah, le benjamin du groupe d’adolescents désormais totalement transfiguré par le virus, va se retrouver au centre de toutes les attentions, attirant la convoitise des uns et la haine des autres. Nos djeuns survivants parviendront-ils à le sauver sans y laisser leur peau ?

On embarque aisément avec les héros Lucas, Naïa, Sato, et les autres, dans cette aventure effrénée dont les mystères s’épaississent au fur et à mesure de l’album. Un bémol se dégage cependant quant à certaines parties des dialogues, qui manquent parfois de punch tout en se voulant refléter le langage adolescent. Rien de rédhibitoire malgré tout, cela relève davantage des sensibilités personnelles.

Les dessins et le découpage dynamiques de David Tako rendent l’ensemble très attractif, car on sent que l’artiste a gagné en maîtrise depuis Pandémie. Les postures et mouvements des personnages m’ont paru plus ciselés, il y a même des scènes de poursuites franchement impressionnantes.

Green Class, l’Alpha confirme fermement la qualité de la série, à lire absolument !

****·BD·Nouveau !

Les Sauroctones #1

Premier tome de 230 pages écrit et dessiné par Erwann Surcouf, paru le 31/01/2020 aux éditions Dargaud.

La figure du Sauroctone, littéralement « tueur de lézards« , est très ancienne puisqu’on en retrouve les premières traces au Paléolithique Supérieur. Il s’agit d’un héros venant à bout d’un dragon, ou de toute autre créature malfaisante représentant généralement les forces naturelles destructrices, et le Mal.

Depuis, beaucoup de mythes se sont rattachés à ce type de récit, d’Hercules terrassant l’Hydre de Lerne à Saint-Georges mettant à bas le Dragon. Quoi de plus logique alors, dans un monde post-apocalyptique ravagé par des monstres, que de puiser dans les récits fondateurs des anciennes civilisations pour convoquer de nouveau ces héros d’un autre temps ?

C’est l’exercice auquel s’adonne avec panache Erwann Surcouf dans le premier tome des Sauroctones !

Tératomachie déjantée

Erwann Surcouf, que l’on peut connaître grâce à Mars Horizon ou Pouvoirpoint, crée ici un monde nouveau qui peine à se reconstruire sur les ruines de l’ancien. Les survivants, regroupés en communautés, luttent quotidiennement contre des créatures qui infestent les contrées désolées, décimant bien souvent les rangs de ceux qui osent leur faire face. Au travers de ces carnages, un héros tire son épingle du jeu: Axel Excel, le plus célèbre des sauroctones, tueur émérite de nombreux monstres.

Axel Excel voyage avec sa troupe d’élite, à la recherche du plus redoutable des monstres: le Tamarro, colosse insectoïde invincible, qu’il s’acharne à traquer, tel le Capitaine Achab poursuivant de façon obsessionnelle son ennemi juré Moby Dick. Il est guidé dans la région par Lander, Fadet et Urtsi, trois ados aspirant eux aussi à la chasse aux monstres aux cotés de leur idole.

Au gré des rencontres, va donc se dérouler une quête initiatique, dans ce monde à la fois violent, ironique, et ultra-référencé.

The Walking Tremors

L’auteur prend ici le parti de mettre tous ses personnages de départ sur la sellette, car ceux que l’on considère comme des protagonistes peuvent passer l’arme à gauche à tout moment, généralement pas de façon délicate. C’est ici une force, qui, comme dans le célèbre (et regretté, désormais) comic The Walking Dead , cela vient nous rappeler le monde cruel et impitoyable dans lequel évoluent les personnages.

Les créatures, sans avoir de design particulier, restent menaçantes pour la plupart sans toutefois constituer la seule source d’antagonisme. En effet, et comme le veulent les nouvelles normes narratives instaurées par les piliers du genre post-apo, la plus grande source de danger n’est pas le zombie/scolopendre mutant auquel on s’attendrait, mais plutôt le proverbial Loup que l’Homme est pour son prochain….

Le monde qu’a construit Erwann Surcouf pour son album comprend de nombreuses références à la pop-culture, insérées ingénieusement et de façon diégétique, puisqu’elles en sont partie intégrante. On citait plus haut Moby Dick et The Walking Dead, et l’on pourrait aisément ajouter des séries B comme Tremors et même les comics avec les X-Men, et même le légendaire Kamandi de Jack Kirby.

En effet, comme dans ce classique du King des comics, les héros évoluent dans les vestiges d’un monde qui s’est auto-détruit, et dont le souvenir échappe même aux plus anciens, ce qui mène à des interprétations approximatives de ce qu’était tel objet ou tel bâtiment. Ainsi, certains passages, comme celui au sein de la Tribu de Lelolenn, m’ont clairement fait penser au phénomène du Culte du Cargo, pratiqué par certains peuples d’Océanie.

Les Sauroctones d’Erwann Surcouf nous plonge donc dans un univers original tout en étant construit sur des références solides, une très bonne lecture en ce début d’année !