****·BD·Nouveau !

Mécanique céleste

BD du mercredi
BD de Merwan
Dargaud (2019), 200 p., One-shot.

couv_373155Le volume est de format très large, presque carré et propose une grosse histoire d’un seul tenant de deux-cent pages, après un court prologue. Il s’agit de la onzième BD de Merwan Chabane. Titre au design rétro-futuriste avec vernis sélectif. L’ouvrage s’inscrit dans une petite collection d’albums SF d’auteurs lancée cette année par les éditions Dargaud. Rien de notable côté édition hormis le format généreux. Canal BD a en revanche sorti un Tirage de Tête grand format doté d’un cahier graphique.

2068, le monde d’après. La France a été ravagée par une guerre et une catastrophe nucléaire. Des communautés ont vu le jour dans de chaos où la Nature a repris ses droits. La petite Pan est une sorte de démocratie organisée en castes. Aster y est une hors caste au comportement étrange. Lorsque la puissante et technologique République de Fortuna arrive pour annexer ces agriculteurs il ne leur reste plus qu’à défier la Mécanique Céleste, jeu de balle représentant la destinée de tous…

Résultat de recherche d'images pour "mécanique céleste merwan"Il y a des ces albums qui inspirent la sympathie, sans doute celle dégagée par leur auteur. Il y a eu l’an dernier le formidable Il faut flinguer Ramirez de Pétrimaux, il y a cette année Mécanique Céleste. Contrairement à son comparse, Merwan a de la bouteille. Mais comme lui il vient de l’image animée, et cela se ressent tant ses planches dégagent une énergie folle. Dans une BD proposant un sport futuriste (pour ne pas se mentir, une simple balle au prisonnier) il y avait un vrai risque de scénario prétexte. Cela n’aurait pas forcément été grave tant la BD regorge d’albums totalement orientés action. Ayant fait ses armes sur d’autres scénarios en solo et en duo l’auteur formé aux arts décoratifs (c’est important, j’y reviens) intègre son histoire dans un monde vaste dont on ne saura que très peu. Une envie visuelle manifestement, de ces paysages urbains à moitié inondés, mangés par une végétation très à l’aise. Le premier quart de l’album voit les deux héros vaquer dans ces décors post-apo toujours fascinants mais qui ne font que semer des questions avant que ne commence véritablement l’histoire. Car des thèmes on sent que Merwan en a plein sa Résultat de recherche d'images pour "mécanique céleste merwan"besace sans forcément savoir jusqu’où pousser sans perturber son objectif. Des renaissances des sociétés à la dictature en passant par l’écologie, la liberté individuelle ou la famille, l’album est très bien équipé pour démarrer une saga SF… qu’il ne sera pas (ou pas tout de suite). On me souffle à l’oreillette qu’il y a matière à une suite…

La pagination gourmande est totalement justifiée par le style (rapide) de l’auteur et son envie d’action. C’est à ce moment que sa technique sans faille parle en nous laissant fascinés par une énergie totalement à propos, empruntée autant au manga qu’à l’animation (comme ses copains Vivès, Gatignol, Sanlaville,… au style proche). Comme d’autres auteurs formés aux Arts déco (Lauffray, Corentin Rouge) on sent autant une envie de design que la capacité à Résultat de recherche d'images pour "mécanique céleste merwan"s’extraire des nécessités de réalisme par une maîtrise redoutable des anatomies, mouvement et perspectives. Ainsi ces traits épurés dans le style de l’animation et ces jeux permanents de caméra, d’expressions, de torsions. C’est particulièrement marquant quand on réalise que l’album ne comporte quasi aucune des ligne de vitesse que le Manga a inventées et qui semblait le passage obligé pour faire bouger les cases. Sur Mécanique Céleste Merwan travaille à l’ancienne, probablement sans aucun travail numérique et quel plaisir que de retrouver à la fois l’imparfait du dessin « à la main » et la précision de la BD moderne.

Je parlais de sympathie car si on le regarde à froid cet album, hormis sa technique, aurait pu être banal. Une histoire sportive assez classique, des personnages archétypaux… saut que tout dans cet album respire l’envie de faire plaisir et de se faire plaisir. Comme l’album de Pétrimaux donc, on nage souvent en plein WTF, avec designs Résultat de recherche d'images pour "mécanique céleste merwan"à la cons (un petit fétichisme de l’auteur pour les bottes de pluie? ce n’est finalement pas pire que les aspirateurs…), des dialogues cinglants et des personnages presque tous débiles. Dans cette histoire improbable il fallait jouer de l’humour et l’on ne sait jamais si ce sont les gestuelles (on imagine des heures passées à décortiquer Buster Keaton et Chaplin) ou les dialogues qui nous font le plus sourire…

J’ai toujours pensé que la franco-belge avait quelque chose en plus par rapport au Manga et au comics. Sans doute cette liberté artistique que les deux autres industries ne permettent plus guère. Et ce genre d’album fait plaisir en rappelant que nous avons tout plein d’auteurs moins médiatisés mais tout aussi talentueux que des Jung-Gi Kim, des Immonen ou des Gamon Sakurai. Je ne sais pas encore s’il s’agit de l’album de l’année mais c’est sans aucun doute celui qui donne le plus la patate!

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****·BD·Nouveau !

Soleil froid

BD du mercredi
BD de Pecau et Damien,
Delcourt (2016-2019), série terminée en 3 vol.

couv_278256couv_308804Couverture de Soleil froid -3- L'armée verte

Dans la série « mais que fait l’éditeur » je voudrais Soleil froid… Avec un titre accrocheur décliné visuellement sur les trois illustrations de couvertures, on réalise à la clôture de cette trilogie qu’il n’y a juste rien à voir! Je ne sais pas ce que les auteurs entendaient comme référence mais si vous pensez avoir une SP post-apo glaciaire ce n’est pas du tout ça. Cela n’enlève rien à la qualité de la série mais il est tout de même étrange que le responsable de la promotion et de la vente de l’album n’ait pas incité les auteurs à plus de précision… Ceci étant j’aime bien les couvertures qui déclinent une thématique proche.

Nous sommes en 2030 et une grippe aviaire a décimé les trois-quart de la population mondiale. Jan, ancien militaire, parcourt la France accompagné de sa « mule », robot porteur doté d’une intelligence artificielle. A mesure des rencontres qu’il fait avec les dernières communautés humaines, il découvre que des scientifiques seraient parvenus à développer un vaccin. Mais Jan n’a pas l’âme d’un messie et ce nouveau monde sauvage pose bien des problèmes quotidiens…

Résultat de recherche d'images pour "soleil froid damien"De Jean-Pierre Pécau j’ai lu l’une de ses premières séries, Nash, dont j’avais beaucoup aimé l’approche anticipation… et l’une de ses dernières, Wonderball, très bonne enquête conspirationniste. Membre de la fine équipe des premiers albums Série B, il se rapproche beaucoup de Fred Duval par l’idée que la SF peut être sérieuse et parler des problèmes actuels. Et c’est ce qui m’a plu, énormément, dans cette série (un peu courte vu le potentiel): l’anticipation crédible posant le cadre dans notre pays, laissant pour une fois les Etats-Unis loin de l’action, et l’omniprésence de technologie directement issue de notre époque avec quelques extrapolations. Ainsi les drones, l’intelligence artificielle un peu con de Marguerite la mule, les systèmes de tirs automatiques ou encore l’ascenseur spatial. Le background tout entier nous ramène au monde que l’on connaît, avec Google, le P4 lyonnais ou les réfugiés et écoterroristes. Ces sujets n’ont en eux-même rien de très originaux pour qui est habitué à la littérature SF, mais peut-être que nous arrivons à une époque charnière ou ces sujets abordés par les écrivains depuis le XIX° siècle rejoignent une réalité dont le miroir de la BD nous saisit. Surtout les auteurs ont la très bonne idée de ne pas placer de fantastique ou de zombies dans leur histoire. Tout est très terre à terre et crédible, avec une focale majeure mise sur les communautés.

Résultat de recherche d'images pour "soleil froid damien"L’autre point d’intérêt est le décors, souvent montagneux, permettant de superbes paysages que Damien aurait sans doute pu explorer de façon plus longue et contemplative avec un peu plus de place. Car il n’y a pas un instant de répit dans cette série qui aurait sans difficulté pu tenir six tomes. Est-ce qu’une faiblesse des ventes a incité l’éditeur à raccourcir? Vu le matériau et le nombre de thèmes, de pistes lancées, il est surprenant qu’un scénariste chevronné comme Pécau n’ait pas visé plus ambitieux. Surtout que la fin pourra en laisser certains sur leur faim. Pour ma part je la trouve cohérente mais tellement vite amenée que l’on a peut-être du mal à décortiquer une conclusion qui est induite par la dernière planche. Or, contrairement au dernier Jazz Maynard, l’auteur est ici en totale contrôle de son récit et de son aboutissement et pouvait simplement dérouler deux ou trois albums de plus pour bien terminer. Un peu frustrant.

Résultat de recherche d'images pour "soleil froid damien"Si l’intrigue est simple (l’itinérance d’un ex-soldat bourru) et construite en aller-retours entre maintenant, avant et après, elle nous tient en haleine tout le long en découvrant à chaque tome de nouveaux personnages qui enrichissent la compréhension du contexte et les décisions du héros. La qualité du récit est de nous surprendre à chaque instant en ne sachant jamais qui va continuer l’odyssée, qui est important, qui va mourir. Le coeur est incarné par Jan et sa mule, sorte de couple improbable d’un bourrin bavard et d’un robot que l’on se prend à aimer. Une sorte de syndrome RD2D où la forme boite anti-anthropomorphique au possible accouche d’une identification à cette chose stoïque qui réponds avec le sérieux d’une machine aux jurons de l’homme de chair. Les dialogues entre les deux zozo sont souvent drôles même si c’est finalement l’humain qui fait les questions-réponses.

L’aspect survie dans un monde hostile est réussi également avec un cadrage très efficace de Damien, qui nous fait ressentir le professionnalisme redoutable du soldat et la puissance de la technologie. Doté de dialogues forts, de personnages intéressants et nombreux et d’un monde cohérent, Soleil froid a bien peu de défauts. Si le dessin n’est pas mauvais et techniquement pro, il reste assez interchangeable avec nombre d’albums Soleil/Delcourt et, hormis sur les décors naturels et les rues désertées, n’aide pas à transformer cette série en gros carton. Soleil froid est au final une excellente surprise que je n’attendais pas et qui avec une économie de moyens parvient à nous faire ressentir l’atmosphère d’une triste époque. Une excellente BD de science-fiction que je conseille à tous les amateurs.

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**·***·Comics·East & West·Manga·Nouveau !·Rapidos

Sushi & Baggles #18

esat-west

  • Spider-man (Brian Bendis/ Pichelli/Pannini) – 2017

couv_313191Cet album est le premier de la série Marvel NOW!, que je rattrape album après album avec toujours autant de plaisir. Étant très méfiant envers les multiples reboot, relaunch etc de Marvel, je constate simplement que les dessinateurs de cette collection sont globalement excellents (cela m’a permis depuis plusieurs années de découvrir de petits scribouillards comme Esad Ribic, Stuart Immonen ou Sara Pichelli…) et les scénarios s’accommodent très bien du cahier des charges éditorial pour proposer des aventures rafraîchissantes pour le lecteur occasionnel de comics que je suis. Simplement, les choix de couvertures et de présentation de l’éditeur Pannini brouillent toujours autant la compréhension des suites et collections. Le mieux est donc de se reporter sur les fiches BDgest qui permettent de distinguer les séries homonymes par années notamment. J’ai découvert le personnage de Miles Morales, le nouveau spider-man afro-latino dont l’idée a été inspirée à Bendis par l’élection de Barack Obama dans le film Into the Spider-verse. Cet album très sympathique se déroule après l’arrivée de Morales dans l’univers commun, où il y a donc désormais deux spider-man. On constate que le MCU a fusionné le personnage de Moralès avec Peter Parker notamment dans ses relations avec son pote. Ce volume est assez surprenant car il présente des X-men comme parcourant ouvertement le monde, fait des allusions aux événements des Inhumains. Un plutôt bon album très agréable à lire et assez didactique. Je n’irais pas jusqu’à dire qu’il peut constituer une entrée en matière mais le lecteur occasionnel de Marvel y trouvera son compte.

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  • Talli, fille de la lune #2 (Sourya/Ankama) – 2019, 2 vol/3 parus.

bsic journalismMerci aux éditions Ankama pour cette découverte.

couv_370344Ma chronique du premier tome se trouve ici.

Nous retrouvons Talli et sa troupe de guerriers mal assortis dans un second volume qui fleure bon l’action et se présente essentiellement comme une confrontation avec une entité démoniaque increvable appelée « le roi de la forêt »: une sorte de loup géant corrompu qui nous rappelle celui du récent Nils mais on imagine que les références de l’auteur se tournent plutôt du côté des sangliers de Princesse Mononoké. Je dois dire que si le premier tome m’avais plutôt accroché avec le développement d’un univers intéressant avec cette guerre ancienne et ses invocatrices capables de faire apparaître des créatures géantes extrêmement puissantes (l’atmosphère rappelle par moment le comic Monstress), la linéarité de ce volume, si elle apporte de nouveaux personnages, m’interroge pour une série prévue assez courte. L’histoire n’ayant pas avancé (hormis pour Lélo et Alan) dans la compréhension des personnages, on se demande comment Sourya va boucler son affaire en un unique volume. Les séquences d’actions sont toutefois maîtrisées et assez efficaces alors que les paysages de montagne enneigée et de la tour de garde sont assez inspirants. Pour une création originale d’un jeune auteur la série est honnête. On n’a pas la déception d’un Nils mais cela reste bien moins efficace qu’un Radiant (d’un auteur qui a beaucoup plus de bouteille). J’imagine que la collaboration de Sourya avec un scénariste chevronné sur un album complet lui aurait été profitable avant de se lancer seul, ses collaborations sur les collectifs Doggybags et Midnight tales restant sur de petits formats.

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  • Tsugumi project #1 (Ippatu/Ki-oon) – 2019

couv_369819Démarrant rarement une nouvelle série avant sa clôture (j’évite les longues séries Manga), je me suis néanmoins laissé tenter par ce Tsugumi project à la couverture très réussie et intrigante. A lire l’interview de fin de volume il semble que ce soit une création originale en première édition chez Ki-oon, ce qui confirme le poids du marché français dans le Manga: si des auteurs hexagonaux commencent à être traduits au Japon (après l’expérience malheureuse de Jean Giraud avec Taniguchi sur ICARE), des orientaux font le choix de publications hors de leur pays d’origine. Tsugumi a beaucoup d’atouts, à commencer par son originalité, avec un concept post-apo classique (une arme terrifiante doit être ramenée du Japon dévasté par un commando après deux-cent ans d’une guerre nucléaire) qui vire très vite au survival avec un univers peuplé de créatures mystérieuses, à commencer par cette jeune fille aux pattes d’oiseau. Cela aurait pu être totalement WTF mais dans un univers graphique sombre, fouillé, ça passe totalement. L’auteur dont c’est un des premiers manga solo reconnaît son perfectionnisme qui se voit sur des planches de cité dévastée et réoccupée par la nature. C’est beau, très beau et ce premier volume se lit avec grand plaisir comme une mise en place d’une série que l’on imagine relativement courte. Tsugumi project apporte suffisamment d’originalité pour donner envie de continuer et constitue une réussite pour cette introduction.

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***·BD·Mercredi BD·Nouveau !

Hope one #1

BD du mercredi
BD de ‘Fane et Isabelle Rabarot
Comic Buro/Glénat (2019), 68p. couleur, 1/2 volumes parus.

couv_354106-1mediathequeLa jolie couverture très poétique de cet album et la maquette élégante (comme toujours chez Comix Buro) donnent envie d’ouvrir l’album. A noter que le studio d’Olivier Vatine publie désormais en tant que tel ses albums, dans le cadre d’une sorte de Join-venture avec Glénat, ce dernier gérant la fabrication quand tout le travail éditorial est intégré chez Comix-Buro. L’auteur ‘Fane a déjà collaboré avec le studio sur le diptyque Streamliner qui avait joui d’une excellente audience à sa sortie. Vatine travaille toujours en « famille » et je dois dire que si sa régularité d’auteur peut agacer, sa qualité artistique pour lancer projets, auteurs et collections impressionne.

Megan se réveille d’un sommeil de 49 ans, amnésique. Son hôte lui dit qu’elle était volontaire sur le projet Hope, anticipation d’un apocalypse nucléaire sur Terre et destiné à recommencer l’humanité avec une équipe triée sur le volet. Mais Megan a peur. Elle doute, elle panique. Elle veut sortir de cette station spatiale, cercueil autour d’une planète devenue inhabitable…

Résultat de recherche d'images pour "'fane hope one"Hope One est une version d’un genre très balisé: le huis-clos paranoïaque post-apocalyptique, ici transposé dans un vaisseau en orbite. Beaucoup de très bons films notamment sont sortis sur cette intrigue (récemment Cloverfield lane)et il est difficile de surprendre tant les hypothèses sont peu nombreuses et basées principalement sur la capacité de l’auteur à focaliser l’attention du lecteur sur le personnage principal et son esprit perturbé. Pour moi la réussite d’un tel album réside ainsi surtout dans l’efficacité et le respect des canons du genre. Faute d’originalité il faut parfaitement exécuter la figure de style.

Sur ce plan l’album est très réussi et montre une grande maturité, notamment scénaristique, de ‘Fane qui déroule son intrigue progressivement dans un faux-rythme constitué de coupures temporelles destinées à nous rendre impossible toute appréciation d’une continuité. L’idée est de nous faire ressentir la désorientation de son héroïne. Le cadrage de l’intérieur du vaisseau (assez réussi et détaillé) nous interdit toute exploration de l’environnement, qui ne transparaît que subrepticement par le hublot. et par des plans extérieurs de la station. Là encore dans une technique éprouvée, le lecteur ressent l’angoisse en étant obligé d’imaginer ce que peut être le hors champ.

Résultat de recherche d'images pour "'fane hope one"Tout se passe donc entre les deux personnages et rapidement on réalise que Megan est totalement dépendante de ce que lui dit Adam. Celui-ci, d’un physique et d’une allure très bienveillante, bonhomme, rassure dans un premier temps, avant que Megan ne panique et nous fasse douter de lui. Quelques éléments font monter la pression, comme ces cachets qu’il lui fait avaler ou le fait de se réveiller chaque jour nue dans son lit sans se souvenir du comment… Adam agit normalement, en technicien de vol qu’il est, opérant des sorties spatiales, suivant le protocole de contact des autres Hope en orbite autour de la Terre, mais chaque fois il est impossible à Megan d’en savoir plus. Il lui explique que son amnésie et l’isolement spatial provoquent une paranoïa qu’il lui faut contrôler. Qui dit vrai?

J’avais feuilleté Streamliner et avais moyennement accroché sur les dessins, pas assez précis. ‘Fane est très clairement dans la filiation Vatine, avec des visages parfois presque sans contours, de beaux encrages mais une certaine économie du trait qui se repose sur la très jolie colorisation d’Isabelle Rabarot (coloriste de Vatine et figure incontournable Image associéede la collection Série B Delcourt à l’époque). Je trouve cela dommage et reprocherais donc la même chose à cet album qu’aux dernières BD d’Olivier Vatine: une qualité graphique un peu gâchée. On pourra dire que la sortie rapprochée des deux volumes de la série (le second était annoncé pour mai, on peut prévoir une sortie à l’automne) justifie une réalisation rapide. En outre on voit déjà une progression du trait de l’auteur depuis sa précédente série.

En conclusion, Hope one s’avère un album très formaté, comme tout bon blockbuster ciné, surfant sur des ressorts psychologiques éprouvés mais très bien maîtrisés. Hormis l’atypique Mort vivante (en raison du graphisme unique de Varanda), les albums de Comix Buro, comme ceux de Série B autrefois, n’ont pas une grande ambition mais assurent le job tant graphiquement que par leurs concepts. Je le disais en introduction le risque des histoire à twist final est d’être déçu. Il faudra voir le prochain album pour savoir où on en est après le cliffhanger attendu. D’ici là cet album jouit d’une réalisation tout à fait solide, qui donne du plaisir et fait attendre la suite. C’est ce qu’on attend avant tout…

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***·BD·Jeunesse·Nouveau !·Service Presse

Garbage night

Rufus Stewart

Cette rubrique propose une lecture/critique croisée parent-enfant sur un album jeunesse.

  • Ma fille c’est « Talia » (c’est un pseudo): à onze ans elle aime beaucoup Buddy Longway, La Rose écarlate, les Mythics, Harmony, les carnets de Cerise, Dragon Ball ou Flying Witch…

Comic jeunesse de Jen Lee
Kinaye (2019) – Nobrow (2017), 98 p. couleur, one-shot.

bsic journalismMerci aux éditions Kinaye pour cette découverte!

album-cover-large-38922L’ouvrage est composé de Garbage Night et de la préquelle « Vacancy« … proposée à la fin de l’histoire (…  alors qu’il a été publié originalement en amont). Pas de bonus. Service minimum donc, avec la maquette désormais habituelle de Kinaye (couverture à rabat avec vernis sélectif).

Dans un monde déserté par les humains, trois amis animaux parcourent des villes abandonnées à la recherche de nourriture. Lorsqu’ils rencontrent Barnaby ils croient avoir trouvé le leader né qui les aidera à trouver un coin plus serein. Mais bien vite l’équilibre de l’amitié dans le groupe est menacé par ce nouveau venu…

Salut Talia, est-ce que tu peux nous résumer ta nouvelle lecture Garbage Night?

Ça parle d’un chien, un raton-laveur et un rêne qui quittent leur maison pour chercher à manger, par-ce que la ville a été désertée par les humains. Ils veulent aller à la ville d’à-côté et croisent Barnaby (un chien) qui dit connaître le chemin. Au début Cliff le raton-laveur et Reynard se méfient mais Simon le chien lui fait entièrement confiance. Mais on finit par comprendre que Barnaby essaye de se débarrasser des deux amis pour garder seulement Simon avec lui…

Qu’est-ce qui t’a intéressé dans cet album?

C’est rare les histoires avec uniquement des animaux, d’habitude ils sont mélangés aux humains ou bien il n’y a que des humains. Ça parle de personnes qui ont faim mais qui ne trouvent pas à manger, ce sont des démunis. Je n’ai jamais lu d’histoire de gens comme ça et j’ai trouvé ça original.

Que peux-tu me dire des relations entre les personnages?

Barnaby n’aime pas Cliff et Reynard par-ce que ce qui l’intéresse c’est d’avoir avec lui Simon qui est plus fort et courageux par-ce que c’est un chien. Il a déjà combattu des coyotes et Barnaby n’en a jamais affronté. Il respecte la force et ne veut pas s’encombrer d’animaux qui ne lui servent pas.

Simon est donc le héros? Comment est-ce qu’il réagit?

Non, ce sont Cliff, Reynard et Simon. Au début Simon pense que ses amis se méfient pour rien mais au final il voit que Barnaby est un menteur: il était prêt à se débarrasser de ses amis quand ils sont tombés dans le trou. Quand il a compris que Simon était fidèle à ses amis il décide de partir.

Et pour finir comment as-tu trouvé les dessins?

J’ai bien aimé les couleurs, elles sont originales, un mélange de vif, de foncé et de clair. J’aime bien le dessin des personnages. Ils sont à la fois réalistes et dessin-animé. Il y a une ambiance un peu triste et on a pitié d’eux.

 


Comme d’habitude, après l’avis de la principale intéressée, voilà mon avis sérieux de papa concerné…:

Image associéeJ’ai trouvé cet album étonnamment mature pour un ouvrage jeunesse. L’autrice, américaine, est freelance et a travaillé dans le design, ce qui se ressent fortement à la fois quand au trait, à la gestion de la profondeur et aux motifs de colorisation. Ses images sont à la fois très schématiques, ce qui se prête à de la BD jeunesse et assez techniques et lisibles. J’ai notamment beaucoup aimé les arrières-plans désolés, emplis d’herbes et de feuilles, d’architectures abîmées par l’abandon. C’est très plat mais l’espace est bien géré dans l’action.

Résultat de recherche d'images pour "garbage night lee"Surtout, l’ai été assez impressionné par le fait de proposer une histoire post-apo s’inscrivant totalement dans ce genre de la SF, souvent sombre voir désespéré, mais clairement destinée aux jeunes. Un peu comme pur Volcano Trash je trouve très chouette cette sorte d’initiation via le prisme des relations « humaines », la gestion compliquée des relations avec les amis et les personnes charismatiques, dans un contexte hostile. La peur irrationnelle et le danger sont notamment très bien rendus. Comme dans toute histoire post-apo c’est le changement, le vide qui crée une ambiance de tension. L’album est du reste relativement calme mais si on peut commencer à le lire à partir de 8 ans me semble t’il, je conseille une lecture partagée jusqu’à 10-11 ans pour atténuer cette pesanteur. Le scénario très verbeux permet cependant de garder le lecteur concentré sur ses personnages et de ne pas trop « regarder derrière le rideau »… Une très bonne surprise qui fait plaisir car la BD jeunesse est souvent gentillette ou inintéressante pour un adulte, ce qui n’est pas le cas. Garbage Night est un album exigeant qui ouvre sur un univers inhabituel pour les enfants et reste accessible pour parents comme enfants, ce qui est assez rare.

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Niourk

BD du mercredi
BD de Vatine
Ankama/Comix Buro (2019), 160 p. couleur.

bsic journalismMerci aux éditions Ankama pour cette lecture.


couv_363992Le travail éditorial d’Ankama et de Comix Buro est de grande qualité. Après la sortie des trois tomes de la série entre 2012 et 2015 pour le lancement de la collection Les univers de Stefan Wul, une intégrale N&B de Niourk est sortie en 2016 et enfin cette intégrale couleur qui reprend la même mise en page, à savoir la totalité de la série sans coupures, comme un gros one-shot de 160 pages. On n’est pas surpris par la superbe illustration de couverture d’Olivier Vatine, et la maquette est très soignée, avec des vernis sélectifs sur la première et quatrième de couverture. L’album comprend un entretien avec l’auteur sur les origines de l’album, son travail, et une galerie de croquis préparatoires. Il se termine par une couverture alternative et un hommage de Didier Cassegrain et les couvertures originales des romans de Stefan Wul. Dommage que l’on n’ait pas les jolies couvertures originales mais sinon on peut dire que le contenu est plus qu’honnête.

La terre est dévastée. Irradiée. Abandonnée. L’humanité a fui une situation devenue incontrôlable et s’est réfugiée sur Mars. Sur la planète bleue les survivants ont régressé à un stade néo-néanderthalien. Parmi eux un enfant noir va vivre un destin incroyable, un itinéraire vers l’appropriation du savoir et du pouvoir, aux portes du divin…

Résultat de recherche d'images pour "niourk vatine"Comme je le disais, ce qui surprend à la lecture de cette intégrale c’est l’impression de lire un one-shot alors que la publication s’est étalée sur trois ans. Cela car le scénario et le découpage ont très probablement été écrit en intégralité, mais aussi car le récit est aérées de pleines pages qui reviennent assez régulièrement et rendent invisibles les césures de tome, seulement repérables par les numéros de planches. L’histoire est rythmée par des chapitres aux titres aussi simples que le scénario: on va suivre Alpha, l’enfant noir passé du rang de paria de sa tribu néo-néanderthalienne à chef, puis à celui de dieu.

Olivier Vatine n’est pas un laborieux. Que ce soit dans son dessin qui va vers l’épure au fil de sa carrière (parfois jusqu’à donner des planches un peu légères de facilité…) ou de ses scénarii, il propose des intrigues simples aux schémas archétypaux (la vengeance dans Résultat de recherche d'images pour "niourk vatine"Angéla, l’ascension d’un héros dans Niourk,…). Le texte de fin d’album est assez éclairant sur son parcours et le rôle des romans de Stefan Wul dans sa construction d’auteur (il rappelle qu’Aquablue aussi parle de méchants humains, d’écologie et de peuples primitifs…). Si ses intrigues sont simples, son immense talent est celui de la mise en page, du storyboard. Plus affichiste-illustrateur que dessinateur BD (qui nécessite une attention minutieuse sur chaque case), il sait mieux qui quiconque produire de superbes visions et des mouvements par quelques traits suggérés et un travail sur les ombres qui fait la force de son dessin (et donne tout son intérêt aux versions N&B de ses albums). Il n’est ainsi guère étonnant de le voir travailler avec Alberto Varanda, son inverse perfectionniste dont la Mort Vivante reprenant à la fois l’univers de Niourk (sans le préciser on comprend que le contexte est le même) et une intrigue simple (le projet de contrer la mort au travers d’évolutions techno-biologiques) a marqué par la minutie de chaque case, de chaque arrière plan.

Résultat de recherche d'images pour "niourk vatine"Vatine est didactique dans Niourk, il explique au moment opportun ce qu’il s’est passé ces 300 dernières années sur Terre. Il explique aussi les séquences dessinées par la narration de l’Alpha d’après en écho à l’alpha primitif du début. Cela peut paraître un peu appuyé voir inutile alors que les dessins suffisent. A l’inverse (je n’ai pas lu le roman et ne pourrais dire si cela vient du texte ou de l’adaptation) on manque un peu d’explications sur le pourquoi des événements, de l’évolution d’Alpha, de la présence des « martiens » sur Terre. C’est un peu dommage car cela aurait pu donner lieu à quelques planches de pure SF en mode « fuite » et bataille spatiale. Mais Niourk est avant tout un survival et l’auteur se plait à voir déambuler son héros dans les ruines revégétalisées de New-York. Résultat de recherche d'images pour "niourk vatine"La relation d’Alpha avec son ours est touchante tout comme les caractères très différents de Coffy, Tomoe et du Doc. Finalement l’on ne sait si l’album va trop vite ou trop lentement, captivés que l’on est par un dessin qui malgré ses manques (notamment une colorisation un peu old-school qui aurait mérité des tonalités plus franches comme à l’époque bénie où Isabelle Rabarot le colorisait) ne laisse pas de nous fasciner.

Niourk est un album de dessinateur dont la narration graphique déborde très largement le texte. Comme souvent chez Olivier Vatine on est un peu frustré et aimerais voir la même application que sur ses nombreuses couvertures et illustrations solo. Mais celui qui a lancé toute une génération d’illustrateurs continue de nous fasciner par son univers visuel, sa maîtrise instinctive de l’action et l’anatomie suggérée. Doit-on attendre un prochain album, pas certain. Mais pour ceux qui aiment son dessin, cette intégrale est à apprécier comme tout ce qui est rare.

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BD en vrac #6

Salut les bdvores! pour cette nouvelle fournée de BD je vais faire une spéciale éditions Paquet, l’un de mes partenaires. J’ai découvert cet éditeur via les albums d’un de mes auteurs préféré, Romain Hugault et j’ai constaté que cette maison était assez attentive à la qualité de ses bouquins, avec notamment de fréquentes éditions grand format et intégrales, choses appréciées des lecteurs, qui ont ainsi le choix du format de leurs lectures. En outre l’éditeur est assez attaché à la qualité des dessins.

 

bsic journalismMerci aux éditions Paquet pour leur partenariat. Lu en numérique.

Je suis assez fan des BD de Romain Hugault, pourtant je n’avais pas démarré la série Angel wings (qui semble pourtant partie pour durer…), par crainte de redondance thématique. Mon billet sur le premier cycle (lien sur le titre de ce billet) suite à une lecture en bibliothèque m’avait pourtant séduit, tant graphiquement que pour le réalisme minutieux des auteurs. Paquet a la très bonne idée de proposer ses albums en format classique, grand format toilé et intégrale par cycles de trois albums. N’ayant pas lu le #4 Paradise Birds qui voit l’héroïne rejoindre l’OSS (ancêtre de la CIA) dans un contexte de préparation du projet Manhattan, je prends donc ce second cycle en cours de route. Cela ne m’a pas empêché d’apprécier encore et toujours les très grandes cases: Hugault dessine entre quatre et cinq cases par planches en moyenne, pour laisser la possibilité de panoramas, quand il n’envoie pas carrément des pleines pages d’un ciel écumé de chasseurs et bombardiers!

Résultat de recherche d'images pour "angel wings black sands"Angela est en route pour l’ile d’Iwo Jima où elle va devenir sauveteur-aviateur, seule possibilité qu’on lui laisse de voler malgré son pedigree d’Angel Wing. Si elle reste toujours en retrait de grands événements qui permettent au duo de proposer toujours autant de scènes d’aviation magistrales, l’album n’en propose pas moins un vrai scénario proposant une histoire d’amour compliquée, les relations hommes/femmes toujours difficiles dans l’armée tout en continuant de suivre le déroulement stratégique des derniers mois de la guerre et de la capitulation du Japon après la bataille d’Iwo Jima. Je pense que je me procurerais l’intégrale du cycle en fin d’année lors de la sortie du troisième volume.

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couv_359087J’avais proposé il y a deux ans un long billet de synthèse sur la série que j’avais découvert et beaucoup apprécié. Je rappelle que Paquet propose chaque volume en intégrale et en version grand format divisée en deux tomes, ce qui revient quand-même à 50€ le volume 4 pour le grand format avec cahier graphique…).

Le dernier volume se terminait sur l’exclusion d’Archer pour le viol de Céline et le départ des ado pour lui porter secours dans la zone de danger. On retrouve ici le même plaisir graphique avec essentiellement des paysages naturels (peu de séquences dans la colonie) et les tensions entre les deux groupes d’adolescents. La grande force de la série est ses personnages et là encore les « méchants » sont très travaillés et évitent le manichéisme. Clipboard01.jpgHolden, le blond agaçant de service fait des coups pendables mais toujours avec une raison et détaille sa vision divergente des frères Goodwoody. Progressivement malgré ces tensions (les auteurs n’hésitent pas à marquer les protagonistes dans leur chair) on voit se créer une opposition frontale entre les jeunes et les adultes, alors que la menace de renégats et des Ripers se fait plus menaçante. Bagster, le pourri de la série cristallise ces tensions autour de la fidélité de groupe plus que du statut d’adulte, remis en question par le contexte qui replace le statut majeur sur le critère de la capacité combattante plus que sur celle de la morale. Intéressant! Du coup on évite (par une description de contexte sérieuse) le simplisme méchants adultes contre gentils ado intelligents pour voir plutôt des oppositions de vision de cette nouvelle société. Je suis toujours aussi fan de ces contextes qui remettent en jeu les notions de base de démocratie, de violence légitime et de justice. Et avec ce traitement « série TV », ces superbes planches, et ce cliffhanger terrible Gung Ho est en passe d’acquérir le statut de série majeure de la BD franco-belge!

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  • Le collecteur d’âmes (Alma Cubrae #1)

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Couverture de Alma Cubrae -1- Le Collecteur d'ÂmesAttention, grosse surprise que ce premier tome d’une saga de Dark Fantasy espagnole, dessinée par un impressionnant Sergio Sandoval, vétéran des collaborations graphiques au cinéma fantastique, notamment les films de Guillermo del Toro. Et outre les dessins (que l’on peut ranger dans la catégorie hyper-réaliste comme Christophe Bec ou Michael Lark), c’est surtout le design général de cet univers qui bluffe! Les auteurs prennent leur temps pour installer un univers cohérent, dès l’introduction en forme de genèse de ce monde barbare où une ancienne guerre a confronté les trois grandes Cités à des armées de monstres dirigés par les Druides. Comme pour Game of Thrones et la série BD Servitude, le principe est de bâtir un monde sophistiqué, cohérent, en plaçant des vestiges des temps anciens, plus mystérieux qu’expliqué mais participant grandement à l’intérêt de la série. Ce tome présente du reste l’itinéraire (un peu complexe niveau articulation temporelle) de la Garde blanche vers les marches du royaume où un baron semble devenu moyennement coopératif. On retrouve les grands marqueurs des deux œuvres citées, à savoir la trahison permanente, la menace maléfique invisible et l’intervention d’une puissance hors norme, incarnée ici par un chevalier qui ressemble fortement au Ginea Lord de la Complainte des Landes perdues.Résultat de recherche d'images pour "alma cubrae sandoval"

Vous l’aurez compris, hormis quelques réglages de déroulement, les dessins sont superbes (y compris leur mise en couleur), le design génial (je veux dire VRAIMENT génial et rarement vu en fantasy européenne), les scènes d’action barbares et dynamiques et les références à peu près parfaites. Une très grosse surprise pour ce qui peut devenir une série fantasy majeure des prochaines années et qui, j’espère s’étalera sur un certain nombre de tomes.

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