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Ultramega, #1

Premier tome de 200 pages, de la série écrite et dessinée par James Harren. Parution aux US chez Skybound, publication en France chez Delcourt le 19/10/2022.

Merci aux éditions Delcourt pour leur confiance

Aux grands monstres, les grands remèdes

Vous ne l’avez peut-être pas encore remarqué, mais le monde est assailli par une force cosmique antédiluvienne. Ce danger mortel peut émerger n’importe quand, n’importe où sur la planète, car il se trouve en chacun de nous. Un virus venu des tréfonds glaciaux du cosmos, touche aléatoirement des humains ordinaires, pour les transformer en gigantesques kaijus assoiffés de sang.

Mais l’Humanité n’est pas seule pour affronter ce péril: trois élus ont reçu d’Atum Ultraméga, un messie cosmique ennemi juré des kaijus à travers l’Univers, une part congrue de ses pouvoirs. Ces trois hommes, Jason, Stephen et Erm, peuvent ainsi se transformer en Ultramégas, de titanesques guerriers.

Leurs ennemis sont légion. La menace est insidieuse. Leurs batailles, massives. Priez pour qu’ils soient de taille !

Après avoir fait ses armes sur B.P.R.D. et RUMBLE en tant que dessinateur, James Harren se lance en solo pour son premier projet complet. Hommage plus qu’évident aux fleurons du sous-genre tokusatsu tels qu’Ultraman, Ultramega nous plonge dans une sanglante bataille entre titans et monstres géants en pleins centres urbains.

Harren prend ici le pitch de base pour le transformer en autre chose, et adopte un point de vue plus pragmatique sur le postulat des monstres géants. En effet, si dans la franchise Ultraman, le héros éponyme a quelque chose d’éthéré et d’immatériel, ici, le héros est incarné de façon bien plus charnelle et physique, avec un style graphique tout à fait organique et artisanal appuyé sur la colorisation toujours incroyable de Dave Stewart (cité dès la couverture, une fois n’est pas coutume!). Quand il est touché, il saigne, il est susceptible de perdre pas mal d’organes et de membres… vous l’aurez compris: Ultraméga est sensiblement plus gore que la plupart des histoires classiques de kaiju, ce qui est cohérent avec le style de l’auteur.

Les conséquences des combats sont elles aussi bien plus appuyées et dramatiques, les dégâts collatéraux ne sont pas mis de côté et parfois même appuyés: on parle d’immeubles qui volent en éclats, de quartiers entiers réduits à l’état de gravats, des rues inondées de sang, enfin tout ce qu’implique des combats à morts entre des entités géantes. James Harren ne fait donc pas de concession et pousse son concept jusqu’au bout. Ainsi les apparitions d’Ultraméga sont toujours mises en valeur de façon spectaculaire, et il se dégage d’emblée un sentiment de désespoir, de combat perdu d’avance: ultra-violents, les affrontements sont très différents des boures-pif à l’infini des classiques combats de super-héros. Ici les coups sont généralement fatales et très graphiquement exprimés tant dans les conséquences organiques que dans les onomatopées et effets de souffle. Impressionnant et marquant!

Un autre élément permet à Ultramega de se détacher du tout-venant: la structure du récit, qui débute de façon classique pour mieux nous surprendre à la fin du chapitre 1. La suite nous prend à rebours en nous plongeant dans un univers post-apocalyptique un peu barré. Malgré une narration quelque peu baroque, pour ne pas dire foutraque, l’auteur propose là encore des idées intéressantes et originales (je pense notamment aux kaijus qui souhaitent construire des méchas. Dit comme ça c’est délirant, mais ça fait sens dans son contexte).

Reprenant des thèmes abordés dans Pacific Rim l’auteur propose un univers où l’utilisation des cadavres de kaiju et d’Ultramega est très pragmatiquement exploité avec une société post-apo qui s’est structurée sur la défaite initiale, un peu dans l’esprit de Coda dont Harren semble très proche tant graphiquement que dans son idée disruptive du récit héroïque.

On a donc ici un condensé d’action, empli de référence au sous-genre kaiju et à Ultraman, mais qui sait aussi se détacher de ses modèles pour proposer quelque chose d’innovant. Là où l’auteur ne nous surprend pas, c’est sur le design des monstres, qui est comme à l’accoutumée, totalement délirant et unique.

Sorte de croisement entre Ultraman et Invincible, Ultramega est le coup de cœur comics immédiat de cette fin d’année et potentiellement une très grande série en devenir !

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La Tour #2

Deuxième volume de 62 pages, de la série écrite par Omar Ladgham et Jan Kounen, avec Mr Fab au dessin. Parution le 14/09/22 chez Comix Buro.

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Merci aux  éditions Glénat pour leur confiance.

Notre Tour viendra

Dans le précédent tome, nous assistions au combat des derniers survivants humains, au sein d’une tour constituant leur dernier refuge. Dehors, la vie humaine est devenue impossible, à cause d’une virulente bactérie, qui fait parfois des incursions dans l’habitant de moins en moins étanche de nos survivants. A l’intérieur, la vie est de plus en plus compliquée, et pas seulement par la vétusté galopante de la Tour, qui, à trente ans, commence à donner des signes de faiblesse et d’usure. Ce qui constitue le plus grand danger, ce sont les dissensions entre les habitants, qui se divisent en deux catégories.

D’une part, on trouve les anciens, ceux qui ont connu le monde d’avant, et qui vivent, ou plutôt survivent, accrochés à l’idée que la Tour est le dernier bastion humain et que la seule promesse faite par le monde extérieur est la mort. D’autre part, on trouve les Intras, de jeunes gens qui sont nés et ont vécu toute leur vie au sein de la Tour, et qui n’aspirent qu’à la liberté, et voudraient sortir dès que possible pour explorer le monde.

Tandis que ce choc des générations s’accentue et aggrave les tensions, Newton, l’intelligence artificielle conçue pour gérer la Tour, commence lui aussi à montrer des signes de faiblesse, voire même à des doutes très humains. Au milieu de tout ce chaos, Aatami, le fils d’Ingrid, une des dirigeantes de la Tour, a fait le choix de partir en exploration afin de trouver un nouvel habitat pour les survivants. Quels obstacles vont se dresser sur son chemin ? Terminera-t-il sa quête avant que les habitants de la Tour ne s’entretuent ?

Pour ce second tome, Jan Kounen et Omar Ladgham font monter la pression dans la cocotte-minute verticale qu’ils ont créée. Le parallèle existe encore avec les classiques du Post-Apo tels que Snowpiercer, dont les éléments constitutifs sont le confinement et les luttes intestines entre survivants.

Toutefois, comme nous le remarquions dans la chronique du premier tome, nous sommes assez loin de la critique sociale ou de l’oppression, puisque le conflit ici est générationnel, et la révolte des Intras, si elle peut se concevoir, manque encore d’assise argumentaire et philosophique. Dans ces circonstances, la perspective d’explorer plus avant le monde extérieur se pose effectivement, mais le faire à tous prix comme le suggéraient les jeunes ne peut pas faire sens aux yeux des lecteurs, pas plus que leur révolte, qui passe encore une fois un cap et se radicalise dans ce tome 2. De l’autre coté du spectre, on ressent davantage d’empathie et de compréhension envers Ingrid, qui est amenée à prendre des décisions difficiles pour le bien commun, préservant le statu quo à défaut d’autre chose.

Le conflit donne donc l’impression de s’enliser un peu, avec des Intras révoltés toujours aussi agaçants. On aurait aimé un débat un peu plus serré, dans lequel chacune des parties pose un point légitime dans son argumentaire, ce qui ne semble pas être le cas ici. La partie la plus intéressante concerne Newton, qui ne devrait pas tarder à se la jouer HAL 9000 dans le troisième et dernier tome.

Et puisque l’on en est à la citation de références, n’oublions pas de parler du dernier segment de l’album, qui puise dans les appétences personnelles de Jan Kounen, à savoir les expériences hallucinogènes chamaniques (comme on pouvait le voir dans son film Blueberry, avec Vincent Cassel, sorti en 2004). Cette partie déconcerte (c’est certainement le but), mais est aussi susceptible de casser l’immersion dans le récit, à moins que les deux auteurs n’aient déjà prévu leur coup et raccrochent les wagons avec le cœur thématique de l’intrigue. Pas encore de quoi râler, toutefois, à ce stade nous sommes davantage sur un cliffhanger déconcertant que sur une véritable sortie de route.

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Les Âges perdus #2: la Terre des Meutes

Second volume de la série écrite par Jérôme Le Gris et dessinée par Didier Poli. Parution le 20/05/22 chez Dargaud.

L’Apocalypse, c’était mieux avant !

Dans la chronique du premier tome, nous reprochions aux Âges Perdus un manque de worldbuilding et une intrigue qui ne se détachait pas vraiment du tout-venant post-apocalyptique. Avec le recul, ce constat demeure, mais il faut tout de même ajouter au crédit des auteurs une volonté affirmée de poursuivre la construction de leur monde à mi-chemin entre uchronie et post-apo.

Pour résumer, le monde dans lequel se situe le récit a été détruit en l’an mille par un cataclysme qui a failli exterminer la vie sur Terre. Des milliers d’années plus tard, alors que les humains survivants ont vécu terrés dans des grottes durant une période baptisée l’Obscure, la faune s’est adaptée et a profité de l’absence humaine. Une fois dehors, les survivants se sont organisés en clans, et vivent au gré des saisons et des migrations selon un mode de vie nomade.

Cependant, après des milliers d’années passés dans l’obscurité rassurante des grottes, l’Humanité doit repartir de zéro. En effet, tous les anciens savoirs ont été perdus, si bien que le lointain Moyen-Âge, vu par nous autres hommes modernes comme une période sombre, ressemble plutôt à une utopie pour nos survivants du futur.

Dans le premier tome, nous faisions la connaissance de Primus, chef de la tribu de Moor, quelque part dans ce qui était certainement l’Angleterre. Primus avait un rêve: domestiquer les plantes, et permettre ainsi à son peuple de quitter la vie nomade pour se sédentariser. Pour ce faire, il a besoin d’occuper la Fort des Landes, plus longtemps que ce que lui permettent les lois qui régissent les clans, les Lois de L’Aegis.

En voulant mener à bien son projet, Primus provoque une guerre avec les autres tribus, et paye le prix fort car son clan est pratiquement rayé de la carte. Seule sa fille Elaine, accompagnée de quelques autres, parvient à en réchapper. N’ayant plus nulle part où aller, Elaine tente de traverser la Mer des Aigles pour atteindre la Terre des Meutes, espérant y trouver de quoi recréer les bases d’une nouvelle civilisation, comme le rêvait son père.

Durant sa quête sur la Terre des Meutes, Elaine va faire la rencontre de Mara, vagabonde qui va lui venir en aide. Les deux voyageuses vont devoir se serrer les coudes face aux terribles hommes cerfs, qui prennent en chasse sans pitié quiconque pénètre leur territoire.

On poursuit avec ce second tome l’exploration des âges perdus. La question centrale de la série, « de quelle manière un cataclysme planétaire affecterait-il les civilisations humaines ? », donne lieu à des postulats de l’auteur, qui, comme nous l’évoquions dans l’article précédent, sont pertinents sans nécessairement aller au bout de la réflexion.

La partie survie et prédation, face aux hommes-cerfs, a malheureusement des airs de déjà-vu (je pense notamment aux quatre ou cinq dernières BD post-apo dans lesquelles on trouvait aussi une faune mutante), mais offre pour le moment une tension bienvenue dans la quête d’Elaine, qui serait autrement quelque peu contemplative. La partie la plus intéressante, c’est néanmoins les phases de découverte de la Terre des Meutes, pendant laquelle Elaine va explorer les vestiges du Moyen-Âge, avec l’espoir qu’un jour les humains pourront reproduire les prodiges promis par cette époque lointaine. Cette partie fait donc écho, sur le plan thématique, au premier tome, où l’auteur explorait l’idée que certains pivots étaient inévitables dans le développement humain sur le plan chronologique. Ainsi, après avoir été ramenés à un niveau de développement équivalent à celui du néolithique, les hommes repasseraient par la voie tribale et la vie de chasseurs-cueilleurs, avant de se tourner inévitablement vers l’agriculture. Dans ce second tome, la domestication des plantes est un peu laissée au second plan, l’auteur préférant évoquer les prouesses de bâtisseurs qui ont suivi.

La partie graphique est toujours aussi qualitative, grâce à l’expérience de Didier Poli, l’album profite grandement de son trait réaliste et des couleurs de Bruno Tatti.

En bref, les Âges perdus est une série décente, écrite et réalisée avec sérieux et technique, mais à qui il manque encore un je-ne-sais-quoi pour se distinguer d’autres séries du même genre.

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Talion Opus II: Veines

La BD!
BD de Sylvain Ferret
Glénat (2021), 60p., série prévue en 3 tomes.

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bsic journalismMerci aux éditions Glénat pour leur confiance.

Tadeus et Billie ont du fuit la cité de Forenhaye après les tragiques évènements passés. Errant dans les terres mortes, entre toxicité et bellicisme des groupes humains qui y survivent, ils sont contraints de se rendre dans le royaume d’Orfèvre, où tout à commencé…

Talion tome 2 - BDfugue.comA ceux qui ont vécu la lecture du premier tome de cet ambitieux triptyque dans la frustration d’un récit touffu et par trop cryptique je les rassurerais sur le déroulé beaucoup plus linéaire de cette suite. Le mode d’expression de Sylvain Ferret n’est pas devenu soudainement accessible pour autant: comme expliqué précédemment son grand sens du cadrage cinématographique très créatif demande beaucoup d’interprétation au lecteur. La réduction du nombre de personnages (l’Opus I s’était terminé dans de belles effusions de sang…) et la concentration de la focale sur le duo central font pourtant beaucoup de bien et logiquement aident à s’immerger dans ce monde poisseux et désespéré.

Le worldbuilding et l’esthétique générale vaguement inspirés des design Wahammer 40K et des jeux vidéos convainquent parfaitement et frôlent parfois l’épique attendu. Les limites techniques pour une telle démesure empêchent des délires à la Ledroit qui demandent une grande lisibilité mais on ne peut que saluer le courage d’un si jeune auteur qui n’a pas attendu d’avoir dix ans de bouteille pour donner libre court à ses envies.

Talion tome 2 - Veines - Bubble BD, Comics et MangasL’évolution du scénario intègre le très tendance concept de transhumanisme ainsi que les plus classiques camps d’esclaves dans un néoféodalisme vu précédemment. Si le premier tome était centré sur Billie, ce second développe plus largement le passé du très mystérieux et charismatique Tadeus qui apparaît plus clairement comme le personnage principal. A la fois surpuissant, sombre, dramatique, il a tous les attraits du héros de BD que l’on a envie de voir vaincre l’injustice!

Avec un final qui assume un gros cliffhanger en mode veillée de bataille, on a la promesse d’une montée en puissance qui, libérée des scories d’un démarrage un peu poussif par l’envie de trop bien faire a tout pour proposer une conclusion grandiose, pour peu que l’auteur ailles là où il est le meilleur: un montage dément pour des batailles épurées et rageuses. La sophistication des concepts SF ne nécessite pas de brouillages narratifs. Si l’Opus III pousse dans la direction du II on devrait avoir du très bon l’année prochaine…

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The Unnamed: Geiger

Premier tome d’une série écrite par Geoff Johns et dessinée par Gary Franck. Parution chez Urban Comics, collection Indies, le 23/09/2022.

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Merci aux éditions Urban pour leur confiance.

Strangelove Max: Fury Bomb

Et voilà, le monde est encore parti en vrille, et cette fois, on ne sait même pas exactement pourquoi. Un beau jour, les bombes ont commencé à pleuvoir, emmenant avec elles leur flots de retombées radioactives. Tarik Geiger, lui, avait prévu le coup, en construisant un bunker autonome dans lequel sa famille et lui auraient été à l’abri. Ce qu’il n’avait pas prévu en revanche, c’est qu’au moment de se barricader avec son épouse, son fils et sa fille, les voisins, soucieux d’assurer leur survie au moment de l’apocalypse nucléaire, viendraient armés dans l’espoir de prendre leur place.

Tarik n’hésite pas une seconde et se sacrifie pour permettre aux siens d’entrer et ordonne à sa femme de verrouiller la porte blindée derrière elle, au moment où le souffle incandescent d’une ogive nucléaire balaie le Nevada. On pourrait croire que cette histoire tragique se terminerait-là, mais le sacrifice de Tarik Geiger n’est que le début.

Vingt ans plus tard, dans un monde ravagé par les radiations, seuls quelques communautés de survivants demeurent, rendus fous par l’effondrement d’une civilisation qui était déjà à l’agonie. Entre les mutants cannibales et les tyrans sanguinaires, il ne fait pas bon être un survivant, surtout pour Hailee et Henry, deux enfants en fuite à travers le désert radioactif. Poursuivis par un aspirant-roi mégalomane pour un objet spécial, le petit frère et la grande sœur vont croiser un être légendaire, l’Homme qui Brille, dont on dit qu’il ne laisse personne s’approcher d’un certain bunker situé dans les ruines de Boulder City, dans le Nevada…

Cet homme, ce n’est pas n’importe qui: il s’appelait autrefois Tarik Geiger, et sa condition particulière lui a non seulement permis de survivre au souffle des bombes, mais l’a aussi transformé en un véritable réacteur nucléaire. Depuis le jour où il a mis sa famille à l’abri, notre héros n’attend qu’une chose: que les retombées radioactives se dissipent pour faire sortir sa famille du bunker dans lequel elle est confinée. Et pour cela, il est prêt à incinérer tout pillard ou tout mutant qui viendrait en espérant se faire une proie facile.

En voulant protéger les siens, Tarik ne s’est pas seulement taillé une réputation légendaire parmi les survivants, il s’est par la même occasion attiré les foudres du nouveau roi de Las Vegas, qui règne d’une main de maître sur son nouveau royaume et ne tolère aucune forme de frustration ni de résistance. Ainsi, lorsque les deux orphelins s’aventurent sur le territoire de l’Homme qui Brille, ils emmènent dans leur sillage toute une troupe de cinglés décidée à en découdre.

L’évocation du duo Geoff Johns / Gary Franck a de quoi faire saliver tout amateur de comics. En effet, ces deux compères ont livré au fil des années quelques succès chez DC Comics tels que Green Lantern, Batman Terre-Un, Brainiac, Superman, Justice League, Shazam, Doomsday Clock, pour ne citer que ceux-là.

Rien de plus naturel de les voir se lancer en indépendant, après avoir fait leurs armes / subi le joug d’un gros éditeur. A première vue, étant donné la quantité pléthorique de récits post-apocalyptiques sur le marché, il était étonnant de voir Geoff Johns se lancer sur cette voie pour son premier récit original. Bien évidemment, il ne faut pas chercher dans ce type de récit déjà surexploité une extrême originalité, d’autant que celui-ci s’appuie sur le spectre de plus en plus tangible d’un conflit global nucléaire.

On retrouve donc inévitablement la décadence de la civilisation chère à Mad Max, avec sa nouvelle féodalité déjantée dans laquelle se réfugie une humanité déformée par les radiations et en manque de repères (et d’eau. et de nourriture. et d’organes sains!).

Sur cette base déjà familière, Johns ajoute une figure de héros solitaire et taciturne, là encore un parangon du genre post-apo. Lui donner pour désir la protection de sa famille n’a rien d’exceptionnellement original non plus, mais cela a le mérite de le caractériser suffisamment pour nous le rendre sympathique, d’autant plus lorsqu’on apprend qu’il veille sur le bunker depuis plus de vingt ans, ce qui démontre, au-delà de son altruisme, sa détermination.

Sur ce premier tome, l’intrigue se déroule donc sans accroc, avec un climax bienvenu dans lequel l’auteur oppose enfin une résistance digne de ce nom à notre héros radioactif. La progression du héros demeure satisfaisante malgré quelques poncifs, avec l’intemporel héros solitaire qui s’autorise finalement à se construire une famille.

Le dernier tiers de l’album rassemble des épisodes courts centrés sur le worldbuilding, les auteurs ayant visiblement à coeur de développer un univers étendu autour de ces fameux unnamed.

Graphiquement, nous sommes là sur un point fort grâce au trait réaliste de Gary Frank, et notamment au regard du design très réussi du héros, sorte de croisement entre le Ghost Rider et Radioactive Man.

En résumé, The Unnamed: Geiger peut être vu comme une version super-héroïque de Mad Max, qui bénéficie grandement de l’expérience du duo Johns/Frank, sans pour autant montrer une folle originalité.

**·BD·Jeunesse·Nouveau !

Green Class #4: l’Eveil

Jérôme Hamon au scénario, David Tako au dessin, Jon Lankry aux couleurs, 54 pages, parution aux éditions du Lombard le 26 aout 2022.

Y-a-t-il un Lovecraft pour sauver l’album ?

 NaïaNoahLucasSatoBeth et Linda sont cinq adolescents marginaux canadiens emmenés aux states par leur éducateur pour une classe verte. Les choses dégénèrent assez rapidement lorsque survient une mystérieuse pandémie, qui transforme les gens en créatures monstrueuses.

Peu de temps après, alors que la quarantaine a empêché nos jeunes sauvageons de regagner leur pays, Noah est infecté par le virus et devient un monstre, d’un genre tout particulier car il a le don de commander aux autres infectés. Cette particularité attire l’attention de l’armée, qui semble impliquée dans cette catastrophe nationale.

Les malversations du gouvernement conduisent ensuite à la mort tragique de Noah, tué par ses congénères infectés. Toutefois, son esprit semble avoir survécu dans un autre plan d’existence, comme le découvre Naïa, qui depuis le début fait tout ce qu’elle peut pour sauver son frère. Le groupe découvre finalement, dans le tome 3, que tout ça est le fait de Lyauthey, un méchant tout de noir vêtu qui a pour projet d’invoquer les Grands Anciens, des divinités cosmiques susceptibles d’annihiler le genre humain. Les infectés, qui répondent en fait au nom de Shoggoths, sont des créations de ces êtres omnipotents, mais leur rôle reste encore nébuleux.

Si vous suivez Green Class, alors vous savez que l’avis de l’Etagère sur la série s’est gentiment dégradé à l’occasion du tome 3. En effet, l’introduction du lore lovecraftien ne s’était pas faite sans mal, en l’espèce au détriment du rythme et de la cohérence de l’ensemble.

Le survival post-apo cède donc le terrain à l’horreur cosmique, mais le souffle de la série semble avoir disparu. L’action s’enlise, entre captures maladroites, fuites désespérées et recaptures, le tout sur un rythme qui se veut urgent mais qui relève finalement davantage de l’hystérie.

L’auteur semble avoir oublié que pour faire avancer l’intrigue, il faut introduire une nouvelle information, qui pousse un ou plusieurs personnages à prendre des décisions et agir en cohérence avec un objectif clair, avant de confronter lesdits personnages aux conséquences de ce choix, ce qui mène à une nouvelle information… et ainsi de suite. Ce tome 4 se révèle donc très laborieux, et le manque de charisme de l’antagoniste n’aide évidemment pas, à tel point qu’il est délicat après lecture de déterminer quel événement majeur est intervenu.

On note aussi un peu de flou concernant le plan du méchant, dont on se doute, sur la base d’une réplique et d’un regard larmoyant posé sur une photo de famille, qu’il a des raisons valables d’agir de la sorte. Son plan général paraît certes compréhensible (invoquer les Grands Anciens), mais sa méthode reste nébuleuse, à moins que je n’ai raté quelque chose. Par quel biais invoquer le portail ? comment compte-t-il communiquer avec eux, quel rôle précis jouent les Shoggoths ?

Malheureusement, sur ce coup, l’abondance des interrogations a tendance à diluer l’intérêt du lecteur plutôt que d’éveiller sa curiosité.

Côté graphique en revanche, David Tako demeure irréprochable et constitue l’atout principal en cette période délicate pour la série. L’intervention de Jon Lankry sur les couleurs permet d’ajouter un tonalité crépusculaire qui sied bien au ton de l’album.

**·BD·Nouveau !

Convoi

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BD de Kevan Stevens et Jef
Soleil (2022), 114p., one-shot.

J’ai découvert Jef récemment, en 2021 sur son trip sous acide Gun crazy. Extrêmement productif il a remis le couvert en ce début d’année sur l’excellent Mezkal, accompagné déjà de Kevan Stevens. Chez Jef un album ça fait minimum cent pages. Et on ne peut pas dire qu’il chôme tant le découpage est travaillé et les cases fourmillant de détails. Pourtant il faut parfois savoir faire court, surtout quand le projet est simple.

Convoi (Jef)- ConvoiCar ce Convoi au titre aussi limpide que son pitch, se résume en une course folle à la sauce Mad Max Fury Road matinée de dialogues tarantinesques fatigués. Le chef d’oeuvre de George Miller a fortement inspiré la galaxie des artistes graphiques et on comprend bien que certains aient eu envie de se faire un petit plaisir coupable. Le problème c’est que dans un Mad Max l’épure scénaristique s’appuie sur une virtuosité graphique. Jef est un bon dessinateur, là n’est pas le problème. Mais son dessin rapide s’inscrit dans un univers personnel et peut devenir lassant sur des plans larges et des étendues grises désolées. Je ne sais pas quand a été réalisé cet album mais l’on sent un niveau d’implication bien moindre que sur le précédent Mezkal où l’émotionnel nous touchait malgré l’habillage défouloir.

De même, les dialogues à la cons à base de grossièretés et de bons mots ne font pas un album et finissent par devenir lassant en donnant l’impression d’avoir confié les textes à un collégien en rupture scolaire. L’esprit fou de cette France post-apo se reflète dans ces dialogues comme dans les trognes totalement débiles des marionnettes qui font office de personnages. En roue libre, les auteurs nous abreuvent de critiques tous azimut sur les exagérations de notre société en fin de cycle, du végétarisme aux interrogations sur le genre. En 2074 les pingouins parlent, les poissons fument, les frères Bogdonaff sont trois, l’héroïne porte le blouzon de Michael Jackson sur Thriller et Tortue Géniale dirige une place-forte en zone iradiée…

Illustrant la formule qu’un concept ne fait pas un scénario, les deux auteurs du Convoi échouent là où ils avaient réussi en début d’année pour une raison simple: Mezkal s’appuie sur un scénario habillé de WTF quand le convoi pose un WTF en se dispensant de scénario. Si vous voulez du délire lisez Gun Crazy, si vous voulez un film lisez Mezkal. Si vous êtes archi-doingues des Wasteland le Convoi peut se tenter. Pour les autres on attendra un projet plus solide.

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We Live

Premier tome de la série écrite et dessinée par Roy et Inaki Miranda. Parution initiale aux US chez Aftershock, publication en France chez 404 Comics le 03/02/2022.

Et si on partait ?

Au cas où on ne vous l’aurait pas déjà répété, la planète Terre est foutue. Pour de vrai. Après des millénaires d’anthropocène abusifs, notre monde nous a sorti un bon et gros middle finger, sous la forme de catastrophes naturelles, qui ont conduit à des guerres, puis à une mutation de toute la faune et la flore, partout à travers le globe, dont le seul et unique but était désormais d’étriper des humains. Jusqu’ici, il n’y avait que trois façons de mourir en masse, les épidémies, les guerres, ou les famines, il y a désormais des lions mutants.

Un peu comme un aristocrate qui vous propose un jus d’orange à la fin d’une exquise soirée, la Terre nous pousse donc discrètement vers la sortie, mais il n’est pas évident de trouer une planète aussi accueillante. Pas de souci, l’Humanité a trouvé une issue, ou plutôt, une issue de secours, sous la forme d’un message extraterrestre. Plus qu’un message, c’était une promesse, celle qu’un certain nombre d’élus serait évacués, pour peu qu’ils soient présents autour d’une balise à la fin d’un compte à rebours. Ces élus sont ceux et celles qui ont trouvé un bracelet spécial, issu d’une technologie extraterrestre, tous des enfants.

Depuis la mort de leurs parents, Tala veille du mieux qu’elle peut sur Hototo, son jeune frère espiègle et encore innocent malgré les horreurs qu’il a vécues. Lorsqu’elle a trouvé un des fameux bracelets, Tala n’a pas hésité une seule seconde et a l’a enfilé au bras de son frère, se sacrifiant ainsi pour lui offrir une vie meilleure, sur une planète lointaine.

Après avoir survécu à toutes sortes de dangers, il est temps pour le duo fraternel de tout quitter pour se mettre en route vers la balise la plus proche, situé dans une des 9 mégalopoles, derniers bastions humains sur une Terre devenue hostile au genre homo. Ce sera là une dangereuse odyssée pour Tala et son frère, car les obstacles sont nombreux et veulent généralement déchiqueter tout ce qui marche et parle dans leur champs de vision.

On l’a vu récemment avec No One’s Rose et d’autres sorties récentes, la thématique écologique, en plus d’être une urgence planétaire bien réelle, fournit une source actuelle et non négligeable d’inspiration pour la fiction, notamment pour le genre SF/Anticipation. Bien évidemment, les frères Miranda maîtrisent bien leurs codes narratifs, puisqu’avant d’être un énième récit de fin du monde, We Live compte avant tout l’histoire d’une fratrie, l’attrait du récit réside principalement dans les liens qui les unissent plutôt que dans le cadre post-apo, qui n’est finalement qu’un écrin pour l’évolution de ses personnages.

  • Les deux auteurs connaissent donc bien leur recette:
  • a) des personnages bien définis et pour lesquels les lecteurs ressentent de l’empathie: On ne peut que valider la cause de Tala, surtout lorsqu’on apprend qu’elle a privilégié la survie de son frère au détriment de la sienne.
  • b) un objectif simple avec des enjeux compréhensibles: survivre, ça reste, a priori, à la portée de tout le monde.
  • c) des obstacles de taille et un compte à rebours: comme on l’a dit, un environnement hostile rempli de monstres, pas évident à surmonter pour des enfants. Quant au compte à rebours, il est littéralement mentionné dans le récit puisque le duo n’a que quelques heures pour rejoindre le lieu d’extraction, sans quoi Hototo restera coincé sur une Terre mourante.

Le final fait basculer l’histoire du survival SF à un récit plus super-héroïque, ce qui est un peu désarmant il faut l’avouer, mais cela n’enlève rien à l’intérêt de l’album, et promet même une suite plutôt palpitante. Un des autres aspects questionnants est le caractère foisonnant de l’univers du récit, qui part dans plusieurs directions avec des animaux mutants, des zombies fongiques, des méchas, etc… Mettons-ça sur le compte d’un univers baroque, la richesse n’étant pas nécessairement un défaut. We Live est donc une quête initiatique bien construite, avec des personnages sympathiques, un univers violent mais poétique.

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SinOAlice #1 – Tsugumi project #4 – Appare Ranman #3

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  • SINoALICE #1 (collectif/Kurokawa) – 2022, 190p./volume, 1/4 volumes parus.
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Merci aux éditions Kurokawa pour cette découverte!

 Sine se réveille comme tous les matins pour se rendre au lycée où l’attend sa meilleurs amie. Sujette à un étrange rêve elle va se retrouver soudain entraînée dans un drame au sein du lycée. Lorsqu’elle se réveille la réalité semble avoir changé. Qu’est-ce qui est réel, qu’est-ce qui est un rêve? Qui est elle et que veut-elle lui demandent ces étranges poupées mécaniques qui parlent à son esprit?…

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SINoALICE est une  adaptation de l’univers du concepteur de jeu vidéo derrière les célèbres NieR. Introduisant dès les premières pages un parallèle avec le monde de Lewis Caroll qui fascine tant les auteurs, le manga joue sur la typographie typique de Taro que l’on pourrait traduire par « Péché d’Alice » (Sin of Alice). Outre une ambiance très noire et graphiquement fort réussie faite d’une certaine épure jouant sur les contrastes avec certains décors hyper-détaillés, ce premier tome brise la narration en nous plongeant dans une forme de torpeur visant à brouiller la frontière entre les différentes réalités. Après une première séquence à la focale centrée sur l’héroïne on bascule dans une sorte de Loop à la Un jour sans fin qui voit l’horreur surgir dans le quotidien de Sine. Entre un découpage qui déstructure toute temporalité et des insertions de textes qui semblent retoucher les images elles-mêmes, on ne sait plus qui voit quoi, qui est où et quand… très immersif même s’il ne fait qu’effleurer la surface d’un univers complexe, ce premier tome fait le job de nous intriguer et par son aspect original et dérangeant. La qualité graphique et les références aux contes (version dark) suffisent à donner envie de continuer pour voir. Bonne pioche donc, avec un second tome qui permettra de confirmer ou non ces bonnes impression, dès ce début septembre.

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    • Tsugumi Project #4 (Ippatu/Ki-oon) – 2022, 224 p./volume, 4 volumes parus.
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Merci aux éditions Ki-oon pour leur confiance!

Deux ans et demi entre le troisième et ce quatrième tome de la série originale Ki-oon on peut dire que ça explose littéralement les rythmes habituels de parution en manga! Etant donnée la qualité et la minutie des dessins on comprend que ça prenne du temps et l’auteur nous rassure en expliquant qu’il a engagé des assistants. Car depuis le premier volume de cette série post-apo le niveau d’exigence nous rapproche plus d’un dessin franco-belge avec des arrière-plans somptueux et aucune case qui se contente d’un personnage en premier plan comme souvent sur ce format. Niveau histoire on a ici une assez nette rupture puisque pas moins de deux flashback nous racontent le passé de Léon et du « monstre » Satake et la constitution d’une équipe qui nous sort des seules explorations des humains et de leur interaction avec Tsugumi, ici assez en retrait. On est donc surpris par un changement de ton qui nous passe de l’exploration post-apo à ce qui ressemblerait plus à une sorte de fantasy avec créatures finalement pas si anormales. Ce tome se concentre donc principalement sur cette puissante Satake et ses motivations pour ainsi venir en aide aux explorateurs. La création d’êtres semi-humanoïdes passionne Ippatu et si la finalité de cette odyssée reste brumeuse, on continue très volontiers le voyage à la découverte du Japon d’après.

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  • Appare Ranman #3 (AHN Dongshik- Appercacing/Doki-Doki) – 2022, 176p./volume, série finie en 3 tomes.

bsic journalismMerci aux éditions Doki-Doki pour leur confiance!

appare_ranman_3_dokiLigne d’arrivée en vue pour cette adaptation en trois tomes d’un animé populaire. Et comme souvent sur ce format très court, la qualité des dessins finissent pas être un peu courts pour compenser une intrigue… de dessin animé. Au menu grande révélation de l’identité cachée du gros méchant absolument méchantissime, alliances et trahisons et baston finale en trois temps. On peut dire que jusqu’au bout la mécanique du manga est très bien huilée, avec un scénario aux rebondissements réguliers. On pourra regretter un manque de folie sans doute à mettre sur le compte du carcan de l’adaptation. On est tout de même surpris par la place prise par les intermèdes et la brièveté des séquences d’action pourtant parfaitement fun. Hésitant toujours un peu entre course de bagnole steampunk et western, ce troisième tome se lit sans déplaisir mais avec un risque d’oublie une fois refermé le tome. Comme pour beaucoup de très bonnes séries Doki-Doki très dotées esthétiquement mais un peu courts pour une course de fond. Une trilogie donc portée par des personnages très charismatiques et qui fait le job pour une lecture-conso.

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****·BD·Nouveau !

Elecboy #3: la data croix

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BD de Jaouen Salaün
Dargaud (2022), 62 p., 3/4 tomes parus.

Attention Spoilers!

Joshua est un androïde. La révélation est violente psychologiquement mais également pour son entourage qui le rejette comme un ennemi. Réfugié au sein d’une communauté religieuse très organisée dans une société qui semble utopique il va découvrir les secrets de son origine et de ce qui a provoqué l’apocalypse…

Data croix (La) (par Jaouen Salaün) Tome 3 de la série ElecboyOn ne l’attendait plus, Jaouen Salaün lâche enfin les freins dans cet album charnière tout en révélations. Ce qui nous fait nous demander pour quelle raison il a opté pour un format en quatre plutôt qu’une trilogie plus équilibrée… passons. Outre le titre un peu wtf on a tout bon dans ce troisième volume qui aurait été un carton s’il avait été le premier. Gageons qu’il n’est jamais trop tard pour découvrir une série lancée!

Cette accélération de rythme nous prend de cours puisque les premières pages forment un surprenant flashback en mode rapide qui détonne diablement avec la torpeur et le contre-temps sur lequel était construite la série jusqu’ici. On nous raconte ainsi l’élimination brutale de cet être par ses proches avant les longues révélations que lui procurent un être synthétique au sein de la Bibliothèque de la Connaissance passée, logée dans une formidable croix formée par un séquoia géant. Le lien entre Joshua, les wastlands, les séquences spatiales et les combats épiques vus jusqu’ici se fait enfin pour notre plus grand plaisir!

Elecboy tome 3 - La Data Croix - Bubble BD, Comics et MangasOn bascule ainsi résolument dans de la grande SF qui précise son propos sur le Transhumanisme ou le post-humanisme (sujet également abordé dans la récente réédition d’Eden en version Perfect ou encore le grand album récent qu’est Carbone & silicium). Le récit devient alors très classique mais passionnant grâce aux images toujours magistrales de l’auteur. On regretterait presque que la séquence passe si vite tant le déroulé de cette fin du monde nous happe par la richesse des thématiques abordées. Les séquences d’action ne sont pas en reste puisque si cette fois il n’y a pas trace de moins guerrier, l’affrontement mécanisé entre les puiseurs et le clan de Sylvio est tonitruant en une bataille tout à fait explosive. Entre les deux Salaün nous glisse une dénonciation du totalitarisme religieux, plus habituel mais logique dans cet univers, le tout avec un design aux élégances qui montent encore d’un cran.

Bref, on passe pas loin du coup de cœur pour un tome qui coche toutes les cases de la bonne et belle SF et qui réhausse très fortement l’intérêt d’une série qui, si elle maintient ce niveau pour son ultime volume pourrait bien être assez vite réévaluée comme une quadrilogie majeure…

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