BD·Service Presse·Nouveau !·***

Le Convoyeur #3 – Les veuves électriques #2 – Travis #16

La BD!

Hello les lecteurs! Cette semaine on va faire des rattrapages tous azimuts sur des séries en cours qui sortent des sentiers battus, avec le post-apo Convoyeur, la satire politico-écolo Veuves électriques et le grand ancien Travis qui conclut le dernier cycle.

  • Le convoyeur #3 (Armand-Roulot/Lombard) – 2022, 54p./volume, 3 vol. parus.

Attention Spoilers!

couv_448644

Accueillie un peu froidement à sa sortie, la série du Convoyeur se rapproche de sa conclusion maintenant que le secret du personnage a été dévoilé de façon choquante sur le cliffhanger du précédent opus. Le genre post-apo trouve toujours des détracteurs mais il est indéniable que tant graphiquement (les design comme le style de Dimitri Armand) que dans la création d’univers cette série ne laisse pas indifférent et revêt un travail qui force le respect. Chaque tome apporte beaucoup de nouveauté et si la construction inhabituelle surprend, on se laisse porter avec une forme de satisfaction dans cette incertitude permanente. Rarement le traitement des personnages aura été si dérangeant pour le lecteur habitué à des schémas archétypaux… Sur ce troisième volume nous avons donc une une bascule majeure entre héro et antagoniste puisque le personnage de Minerva découverte juste avant devient centrale et nous narre son histoire familiale tragique qui la lie au Convoyeur. Par ce processus risqué les auteurs perdent ainsi un personnage central extrêmement charismatique, laissant le lecteur un peu démuni. On perd également la richesse du décors médiéval-steampunk, sacrifice nécessaire pour faire fortement avancer l’intrigue qui repart sur de nouvelles bases à la conclusion. Sommes nous seulement au mitan d’une longue série ou proche de la fin, seules les auteurs peuvent le dire mais on reste bien accroché sur une saga qui aura su se démarquer sérieusement de la concurrence et nous enivre sur les planches toujours sublimes d’Armand.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1

 

  • les veuves électriques #2 (Relom-Geoffroy-Degreff/Delcourt) – 2022, 62 p., 2/2 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Delcourt pour leur confiance!

couv_448226Le premier tome était une franche surprise au vitriol et j’avais hâte de connaître le dénouement de cette grosse farce très critique. Ce tome enchaîne directement en flirtant par moment avec du Fabcaro dans le genre n’importe quoi. C’est mieux dessiné, souvent drôle et on monte encore d’un cran dans la critique du président des riches qui se retrouve soumis à un chatelain-milliardaire décidant de la politique de la Nation au sein d’un aréopage de chefs à plumes tous corrompus. On aura droit à la privatisation de l’eau, au comportement prédateur des milliardaires, la collusion de l’Etat avec les milieux d’affaire, la précarisation d’EDF et sa gestion des centrales,… L’attaque sur Macron et sa politique est toujours aussi violente et les auteurs ont l’intelligence de ne pas chercher ni circonstances atténuantes ni héros qui irait sauver cette satire… noire jusqu’à la dernière page. On peut se demander si la fin en est bien une mais le fait est que les auteurs tirent à balles réelles et que ça fait du bien de rire pour dérider notre actualité si sombre.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1

    • Travis #16 : opération Gorgone (Quet-Duval/Delcourt) – 2022, 46 p./, cycle 5 acheté en 3 tomes.

couv_445280Bon, on ne va pas se mentir, un mauvais album de Travis ce n’est pas vraiment possible (un mauvais Duval en revanche…). On a quitté la bande de Vlad sur Terre en pleine action pendant que Travis faisait dodo en direction de Ceres. Cela fait quelques albums maintenant que Fred Duval utilise cette technique pour faire cohabiter les deux faces héroïque de sa série en alternant albums full-action et albums spatiaux et techno… et ça marche. Juste que l’intrigue spatio-politique étant condensée en un unique album de quarante-six planches on peine un peu à s’y retrouver entre les multiples factions qui interviennent dans ce balkan spatial alors que certains cherchent à récupérer la première forme de vie extra-terrestre en provenance d’Europe, que les pourritures Fulci-Baxter&Martin (il faudra l’émergence d’une sacrée puissance pour contrer l’alliance des plus belles ordures terrestres) visent à dominer les astéroïdes, que les mutants cherchent leur indépendance et que… Carmen MacCallum s’en mêle… Enfin, juste en théorie puisque toutes ces portes ouvertes se finissent un peu en eau de boudin après de très belles séquences de bataille en apesanteur qui rappellent combien le duo Quet-Duval est à l’aise dans l’exercice. On ressort de cet épisode un peu confus (avec l’envie de relire le cycle d’affilée pour voir si on s’en sort mieux), très motivé par le cycle à venir (ce cycle semble bien inachevé malgré toutes ses promesses) et convaincu qu’on pourrait suivre le camionneur spatial jusqu’au bout du système solaire.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1

***·East & West·Manga·Nouveau !·Numérique·Rapidos·Service Presse

Sweet Home #1

Webtoon de Kim Carny et Hwang Youngchang
Ki-oon (2022), webtoon (2020), série en cours, 1/12 volumes parus.

sweet_home_1_ki-oon

bsic journalismMerci aux éditions Ki-oon pour leur fidélité.

Adolescent renfermé sur ses jeux vidéo, Hyeon-Su se retrouve soudain seul au monde lorsque sa famille disparaît dans un accident de voiture. Propulsé dans une gestion d’adulte il emménage dans une résidence qui doit lui permettre de subvenir à ses besoins. Lorsqu’une catastrophe inexplicable survient à l’extérieur il se retrouve confronté aux voisins et à une menace invisible et terrifiante…

Sweet Home (Kim) -1- Tome 1Les toujours excellentes éditions Ki-oon poursuivent dans dynamique des webtoon puisque après le best-viewer Bâtard ils nous proposent la nouvelle série du dessinateur Hwang Youngchang. De quoi continuer la semaine dans le numérique puisque dimanche Dahaka vous parlait d’une adaptation américaine cette fois d’un webcomic.

Ce qui surprend au premier abord c’est très logiquement la mise en page et le découpage puisqu’il sont pensés pour un défilement sur écran et non sur un enchaînement de pages. Cela a certainement une incidence sur le rythme de lecture mais cela ne se ressent pas négativement. Avec un dessin assez simple et une colorisation minimaliste, c’est donc bien le scénario qui importe dans cette entame qui flatte les maîtres du suspens à commencer par Hitchcock ou Carpenter. En effet, la tension est maintenue très longtemps puisque après une mise en place de contexte qui aide à entrer tranquillement dans le bain, on se retrouve dans un huis-clos glacial à la première personne où les interactions étranges avec les voisins feront avancer le récit, dans une montée de la tension sur une menace impalpable. Le cadre est connu: un immeuble très impersonnel en forme de labyrinthe de béton , une poignée de survivants enfermés en lutte pour leur survie, une menace terrifiante et indicible, tout est bon pour une tension sur les onze prochaine tomes de la série.Sweet Home (Webtoon de Youngchan HWANG, CARNBY Kim) - Sanctuary

Si l’aspect graphique n’est pas à proprement parler joli, il fait le job en permettant de se concentrer sur l’enchaînement des séquences, jouant sur les silences et la confrontation des tempéraments des survivants. Et sur le plan de l’intrigue les auteurs connaissent leurs gammes puisqu’on est happé de la première à la dernière page avec juste ce qu’il faut d’informations pour ne pas s’ennuyer au long de cette avancée lente vers l’horreur. n’en gardant pas trop sous le coude, on achève donc cette entame bien accroché, avec le déclencheur horrifique qui ne se sera pas trop fait attendre, des personnages installés et une chasse qui peut commencer. Y’a plus qu’à enchaîner pour cette très bonne surprise qui confirme que les jeunes auteurs ont souvent la fraicheur qui manque aux grosses cylindrées!

note-calvin1note-calvin1note-calvin1

**·Comics·East & West·La trouvaille du vendredi·Rétro

Age of Ultron

Intégrale de 320 pages comprenant les épisodes #1 à #10 de la mini-série Age of Ultron, écrite par Brian Michael Bendis, et dessinée par Bryan Hitch, Carlos Pacheco, Brandon Peterson et Butch Guice. Parution en France chez Panini Comics le 14/09/2016.

Robot pas bô

Si vous connaissez vos classiques, alors vous savez déjà sûrement que l’IA, ça craint. La science fiction regorge en effet d’exemples édifiants de monumentaux ratages lorsqu’il s’agit pour l’Homme de créer la vie à son image, en commençant par le Golem jusqu’à Skynet en passant par Frankenstein.

Il est possible que ce soit parce que l’Homme, étant foncièrement corrompu, ne peut finalement rien créer d’autre qu’une engeance défectueuse et abjecte. En tout état de cause, les Avengers ne peuvent que partager ce sentiment, puisque depuis les années 60, ils sont harcelés par une intelligence artificielle tantôt guignolesque, tantôt génocidaire, nommée Ultron.

Ultron a de particulier qu’il est une création de Hank Pym, alias l’Homme-Fourmi, génie scientifique et Avenger fondateur quelque peu instable qui a, par erreur, donné naissance à l’un des ennemis les plus acharnés de nos héros. En effet, Ultron au fil des ans, connaît maintes incarnations et mises à jour qui le rendent chaque fois plus dangereux, et, à chaque fois, les héros arrachent une victoire sur le fil, en ignorant s’ils y parviendront la fois suivante. Parmi eux, les plus visionnaires, comme Tony Stark, savent que Ultron finira par atteindre un point au delà duquel il sera impossible de l’arrêter, et qu’il atteindra inexorablement son but, à savoir exterminer l’Humanité (très original…).

En 2013, année de la publication de Age of Ultron, Brian Michael Bendis est en fin de course, après avoir présidé aux destinées des Avengers durant quasiment dix ans. Le scénariste, multirécompensé, aura engendré des sagas telles que Avengers Disassembled (2004), puis House of M (2005), Secret Invasion (2008), Siege (2010), avec toujours plus ou moins de succès.

En 2010 après la fin de Dark Reign (le règne sombre de Norman Osborn), l’auteur mettra d’emblée les héros face au robot tueur dans la V4 de la série Avengers, après une petite escarmouche dans la série Mighty Avengers en 2006 . Il implantera alors l’idée de son retour inévitable et de sa victoire éventuelle, et montrera ainsi toutes les extrémités auxquelles il faudra consentir pour tenter de l’arrêter. En effet, dans Avengers V4, les héros constatent que Kang le Conquérant, voyageur temporel, a tout tenté pour empêcher l’ascension d’Ultron dans le futur, en vain. Ce dernier remporte la victoire dans toutes les versions, forçant le Voyageur du Temps à tenter encore et encore de le vaincre jusqu’à briser le flux temporel. On voit donc déjà que l’idée de départ de Age of Ultron était déjà présente chez l’auteur auparavant. Recyclage ou exploitation avisée ?

Il faut admettre que le bilan est mitigé pour cette Ere d’Ultron (dont le titre sera repris pour le second opus de la saga Avengers au cinéma). La première partie dépeint un monde post-apocalyptique, dans lequel ce que craignaient les Avengers est arrivé: Ultron est revenu, est il a gagné. Secondé par une armée de robots à son image, l’entité artificielle s’est bâtie une forteresse gigantesque, d’où il observe maintenant les ruines fumantes du monde qu’il rêvait de dévaster.

Ce qu’il reste des héros vit terré dans des souterrains, démoralisés et hagards. Même Captain America, parangon de vertu et de courage, a baissé les bras face à l’ampleur de son échec et n’ose pas envisager une riposte. Certaines personnes, en revanche, comme Hawkeye et Black Widow, résistent et espèrent trouver une solution au problème. Cette solution va vite se présenter, sous la forme d’une plateforme temporelle, qui appartenait autrefois à Victor Fatalis. Les héros, enhardis par cette perpsective, se scindent en deux groupes: le premier va dans le futur, pour stopper l’ultime Ultron qui tire les ficelles, tandis que Wolverine décide de prendre le problème à la racine en allant supprimer Hank Pym avant la création d’Ultron.

Comme on peut s’en douter, lorsque vous mêlez voyage temporel et univers bâti sur des décennies de continuité, et que vous ôtez de surcroît un personnage fondateur, cela donne lieu à un petit festival d’effets papillon qui pourrait être exploré sur une bonne douzaine de chapitres. Wolverine se réveille donc dans un présent débarrassé d’Ultron, mais gouverné par quelque chose de pire, évidemment. Le mutant griffu va donc devoir payer de sa personne pour remettre le flux temporel sur les rails et réparer ses erreurs.

En effet, sans la présence d’Hank Pym dans l’univers Marvel classique, beaucoup d’événements majeurs n’auraient pas eu la même tournure, et les répercussions cumulées ont de quoi donner le vertige. En fouillant un peu, on peut même trouver la liste des effets de la mort d’Hank Pym sur la timeline Marvel, écrite par Bendis en personne.

Néanmoins, si l’idée est bien pensée, son exécution reste quelque peu en deçà de ce que l’on pouvait espérer. Après de longs moments de confrontation pas très fructueux, Wolverine et son alliée de circonstance sont capturés, par des héros qui ne les reconnaissent pas ou les prennent pour des imposteurs, tandis que certains commencent à entrevoir ce qu’il se joue réellement. Ce passage un peu décevant ne sert finalement qu’à donner à Wolverine la solution idoine à son problème de paradoxe temporel, qu’il se presse de mettre en œuvre sans trop d’obstacles sur son chemin. Quant à la partie action, la mission-suicide de Captain America et consorts dans le futur ? Pas un mot, pas une case sur son issue, l’apparence de cet Ultron Ultime n’étant révélée que dans les couvertures variantes.

Il peut parfois être salutaire de défier et prendre à revers les attentes des lecteurs, mais quand ces manœuvres confinent davantage de la roublardise fainéante que de la véritable subversion, cela pose un problème. Toute une ligne narrative tuée dans l’œuf, et une autre ligne narrative qui se contente d’un aller-retour dystopique sensé donner tort à la philosophie radicale de Wolverine, ce ne sont là que les symptômes d’une écriture en fin de course, comme nous le disions plus haut, qui rendaient d’autant plus opportun le passage de flambeau de Bendis sur les séries Avengers.

Et puis, avec le recul, il y avait peut être plus intéressant comme personnage principal que Wolverine, le mutant dont le pouvoir caché semble être l’ubiquité, tant il était surexploité et omniprésent dans les productions globales du Marvelverse.

Maintenant que l’on sait tout ça, tentons de résumer cet Age of Ultron: un pitch intéressant mais recyclé, une exécution sommaire et finalement peu inspirée, un protagoniste bateau déjà-vu, un antagoniste invisible, une écriture hasardeuse et une conclusion expéditive. Clairement pas le meilleur event de Brian Bendis et une assez triste façon de clôturer un run monumental de dix ans qui figure parmi les meilleures périodes des Avengers.

****·Comics·Nouveau !·Rapidos·Service Presse

Scurry #2

Comic de Mac Smith

Delcourt (2022), 2/3 tomes parus.

Publication papier suite à la parution en webcomic.

couv_445856

bsic journalismMerci aux éditions Delcourt pour leur fidélité.

Wix continue sa quête pour sauver son amie enlevée par un corbeau. Cela va l’emmener bien loin de sa zone de chasse. Confronté aux énormes bêtes sauvages qui renvoient les chats à l’état de gentille peluche, il va découvrir le royaume des Castors, îlot préservant la vie des petits rongeurs mais menacé par un poison invisible…

Si le premier épisode de cette sublime aventure animalière laissait un peu dans l’expectative, ce second clarifie tout de suite les choses: oui Mac Smith nous propose bien une grande aventure pleine de traîtres, de rois fous et de prédateurs géants qui vont demander tout l’héroïsme du monde à nous deux souris! Un peu sur la réserve dans son introduction engoncée dans les débats politiques et le huis-clos de la maison, l’auteur ouvre ici les vannes du grand périple, appuyé sur la carte du monde qui aide le lecteur à suivre le parcours des protagonistes. ALL-NEW X-MEN HS 2 : DEADPOOL V GAMBIT | UniversComics : Le Mag'Avec une intrigue simple et linéaire, Scurry vous mène sur des rails dont le vernis animalier sur un schéma de quête fantasy apporte une vraie originalité. Comme dit précédemment on reste dans une structure Disney mais débarrassé de ses atours enfantins. Ici les animaux sont inquiétants, féroces, on saigne et le monde vu à hauteur de souris est très très menaçant… Comme toujours la galerie de personnages structure le récit et son intérêt et en la matière l’album est fort généreux: horde de souris sauvages timbrées par-ci, colosse Orignal par-là, armée de castors rigoureux et faux-frère de Grimma langue de serpent dans l’antre du roi, on n’a pas le temps de souffler entre deux attaques de loups et de serpent. La fin du tome laisse espérer une once de fantastique alors que la quête de Wix se rapproche d’une quête arthurienne et on en redemande. Tant mieux, l’éditeur Delcourt a choisi de conclure la chose dès le mois prochain! Vive Scurry!

note-calvin1note-calvin1note-calvin1note-calvin1

***·BD·Nouveau !·Rapidos

Yojimbot #2: Nuits de rouille

Second tome de 152 pages de la série écrite et dessinée par Sylvain Repos, paru le 04/02/2022 chez Dargaud.

Il est Bô le Robot

A l’occasion du premier tome, nous faisions la connaissance du jeune Hiro, pourchassé par une horde de robots meurtriers et de soldats sanguinaires, au cœur d’une île qui était autrefois un parc d’attraction géant dédié au japon féodal et à ses célèbres samouraïs.

Laissé à l’abandon, le parc était encore habité par toute une population de robots, programmés pour se comporter comme des samouraïs afin de faire des démonstrations de duels aux visiteurs ébahis. Après que son père fut abattu, Hiro trouve refuge auprès de l’unité 063, qui, étonnamment, prend la protection du garçon très à cœur. Au fur et à mesure de leurs péripéties, le robot, baptisé Sheru, et Hiro trouveront de nouveaux compagnons robotiques, qui ne seront pas de trop s’il veulent échapper au sadique Topu qui cherche à capturer le garçon.

Le tome 2 s’ouvre sur une ellipse de plusieurs mois, au cours de laquelle Hiro a bien changé. Désormais endurci, le jeune garçon s’est trouvé un nouveau protecteur, mais cherche toujours un moyen de réparer ses premiers compagnons, en fouillant l’île à la recherche de pièces détachées et de batteries. La vie est dure sur l’île, d’autant que Topu et les autres n’ont pas renoncé à leur traque. Mais il reste encore un espoir de fuir cet enfer, à condition d’atteindre l’ancien port et de trouver un bateau.

Narrativement parlant, ouvrir sur une ellipse est un pari quelque peu risqué car il coupe par définition le rythme du récit, et rend implicite certains événements qui peuvent diminuer l’immersion, voire nuire à la compréhension, ce qui a un impact indéniable sur l’adhésion du lecteur. Pour un récit centré autour de la relation entre un garçon et son protecteur, où chaque interaction doit être au service de leur relation, cela représente autant d’occasions manquées de construire leurs relations, et donne l’impression d’avoir raté quelque chose.

Du coup, après un premier tome au rythme survitaminé, où les enjeux vitaux étaient intrinsèquement liés au fait de quitter l’île, on se retrouve donc avec une situation qui s’est enlisée dans le temps, et que de surcroît l’auteur n’a pas jugé opportun de nous montrer. Sylvain Repos opte donc pour un rythme plus lent, au risque d’aliéner les lecteurs en quête d’adrénaline.

S’agissant du world-building, si le premier tome était avare en informations, ici quelques révélations viennent éclairer notre lanterne, ce qui compense l’effet indésirable de l’ellipse. En revanche, la partition graphique est toujours aussi virtuose, tant dans le découpage que dans le trait, montrant ainsi l’aboutissement de plusieurs influences.

Espérons qu’après le cliffhanger du tome 2, le tome 3 saura allier action et développement des personnages pour conclure cette super aventure.

****·BD·Jeunesse

Les Sauroctones #2/3

Deuxième tome de 233 pages, de la trilogie écrite et dessinée par Erwann Surcouf. Parution le 18/06/21 chez Dargaud.

Sots-Rock-Tonnes aguerris

Suite, mais pas fin, des aventure des Sauroctones, un trio improbable de jeunes chasseurs de monstres, dans un monde post-apocalyptique déjanté et pétri de références diverses à la pop-culture.

Zone, Jan et Ursti ont échappé à la confrérie des Meuniers, et au terrible Tamarro, qu’ils sont parvenus à vaincre in extremis. Malheureusement, cette victoire s’est faite au prix du barrage de la Rambleur, qui a cédé à l’issue de l’affrontement contre la bête, inondant la vallée au passage. Notre Trio Fantastico, dont on chante désormais les aventures au travers des terres désolées, se remet donc en route, afin de trouver la fusée légendaire qui permettra à Zone de quitter la planète.

Mais encore une fois, l’odyssée loufoque des nos jeunes sauroctones va les mener de charybde en scylla, et mettra sur leur chemin diverses congrégations plus ou moins éclairées, des citées en guerre et bien sûr, des monstres.

Erwann Surcouf transforme l’essai avec ce tome 2 des Sauroctones. Le plaisir de lecture est toujours aussi grand car l’auteur est parvenu à rendre ses protagonistes attachant, au travers de péripéties rocambolesques qui peuvent sembler loufoques mais qui conservent un objectif final très clair. C’est aussi ce sentiment d’assister à une épopée en bonne et due forme qui fait la qualité de la série, et l’attachement vient donc de l’aspect feuilletonnesque, renforcé par le découpage en chapitres, agrémenté des couvertures (diégétiques) des aventures de notre trio.

L’univers des Sauroctones, dont les bases étaient déjà posées dans le premier tome, continue de s’étoffer, grâce aux différentes villes et communautés traversées. L’ensemble a un aspect familier, puisque les personnages évoluent dans les ruines du monde contemporain, ce qui ouvre la porte à moult références visuelles ou textuelles qui donnent immanquablement au lecteur un rôle de « sachant », par opposition aux personnages qui ne saisissent pas le véritable sens de ces icônes. L’investissement du lecteur s’en trouve donc décuplé, puisque c’est bien connu, le lecteur adore être flatté dans son égo !

Plaisanteries mises à part, il est vrai que ce mécanisme aide à l’immersion dans le récit, mais l’on peut regretter que l’univers ne s’étende pas davantage sur le bestiaire prometteur (qui fait penser au très bon Love and Monsters) mais il reste encore à ce stade un troisième tome pour pouvoir apprécier la pléthore de créatures dangereuses et de situations mortelles.

***·BD·Jeunesse

Gravity Level #1/2: désertion

Série en deux tomes, écrite par Lorenzo Palloni et dessinée par Vittoria Macioci. Parution aux éditions Sarbacane le 08/01/20 et le 05/02/20. Lecture conseillée à partir de 10-12 ans.

Une grave idée de la gravité

Prenons cinq minutes pour revenir sur ce diptyque paru en 2020, et qui mérite certainement le détour. Depuis quelques siècles, la gravité a cessé de s’exercer sur Terre, provoquant la fin du monde tel que l’Humanité le connaissait. Les animaux, les humains, les océans, tout a été emporté vers la stratosphère, inexorablement. Une communauté de survivants s’est ainsi réfugiée sous terre, protégée par une bulle artificielle de gravité ainsi que des équipements conçus pour en contrer l’absence.

Bien entendu, nous savons tous que lorsque des humains ont besoin de sécurité, cela ne peut se faire qu’au détriment de la liberté. Et plus grand est le besoin de sécurité, plus grandes seront les atteintes liberticides. Zero-City, la ville des survivants, est donc une parfaite petite dictature inégalitaire, dans laquelle tout ce qui sort du cadre ne peut prospérer.

Vikt, Ibu, Waka, Bek et Pwa, sont cinq adolescents rebelles, qui, après un terrible accident causé par leur insouciance, sont contraints à l’exil. Obligés de quitter Zéro-City, les cinq gamins vont devoir s’aventurer dans le monde extérieur, que personne n’a osé explorer depuis l’apocalypse. Nos pieds-nickelés zéro-G survivront-ils à ce périple insensé ?

A force de chercher des causes possibles à la fin du monde, (virus, guerres, astéroïdes, robots, zombies), il paraissait inévitable qu’on en vienne à puiser dans le terreau SF pour imaginer une planète sans gravité. Ce pitch était déjà celui de Skyward, et peut poser des soucis en terme de suspension d’incrédulité. En effet, il semble assez piégeux d’exploiter un tel concept en prenant bien en compte tous les paramètres hypothétiques qu’il engendrerait.

En effet, sans gravité, il n’y aurait déjà pas d’atmosphère pour commencer, l’air se serait donc carapaté bien avant les océans, sans parler des rayonnements cosmiques face auxquels l’atmosphère fait guise de rempart. Bref, vous l’aurez compris, à moins d’avoir été écrit par un docteur en physique un peu cinglé, il ne faut pas trop chercher de plausibilité dans le traitement de ce pitch, mais plutôt se laisser porter.

La confrontation entre innocente jeunesse et rudesse d’un monde apocalyptique est un thème souvent abordé dans ce genre pléthorique, mais il fonctionne ici suffisamment bien pour tenir en haleine au fil des deux albums. La quête initiatique et le prix qu’elle induit pour notre groupe de mauvais élèves sont donc ce qui donne au diptyque tout son intérêt, mais les graphismes ne sont pas pour autant en reste.

Vittoria Macioci fait carton plein sur le design des personnages, très cartoonesque, ainsi que sur la mise en scène des décors, tantôt claustrophobes (la ville et son régime dictatorial), tantôt angoissants d’ampleur (le monde extérieur). Une série courte qui se lit donc facilement !

****·Comics

Solo #4-5

image-39
Comic d’Oscar Martin
Delcourt (2016-2017),
Série en cours, 5 tomes parus (3 tomes par cycle)+1 HS et 1 série dérivée: « chemins tracés ».

couv_353811couv_414088

Le quatrième tome comprend en fin de volume une citation d’Albert Einstein et paraît après un premier spin-off, Chemins tracés. Le cinquième comporte un cahier de dix pages sur le peuple herbivore et pour la première fois une page de titre comportant un croquis, effet classique de la Franco-belge. Ces bonus montrent une structuration bien plus importante du projet à partir de ce second cycle.

Attention Spoiler révélant des évènements du premier cycle!

Legatus désormais seul, parcourt les terres stériles comme son père. Lorsqu’il fait une étonnante rencontre il décide de tracer un chemin différent, refusant le destin de prédation éternelle de ce monde morte et de choisir de vivre en harmonie avec les autres espèces. Une gageur, alors que les humains, en déclin, décident de passer à l’offensive pour regagner les territoires conquis…

mediathequeEn concluant le premier cycle de Solo je caressais l’espoir que le second soit plus structuré. Je peux donc vous rassurer pour vous annoncer que non seulement le saut qualitatif à partir de ce Legatus est très important, mais surtout que l’on peut imaginer que contrairement aux apparences d’une série qui avance spontanément le projet était peut-être ficelé dès l’origine. En effet, en refermant le quatrième tome on envisage très différemment ce premier cycle de rage et de sang désespéré en constatant la progression civilisationnelle et familiale: si le rat Solo était enfermé dans une incapacité à construire une famille et condamné à se battre éternellement comme tous les autres, la vision proposée par Martin sur ce cycle est dès les toutes premières pages un espoir messianique de changer le monde.

Solo (Martín) -5- Marcher sans soulever de poussièreÊtre naïf, pur, génétiquement plus puissant encore que son père car chien Alpha, Legatus n’est pas formaté par ce monde et ainsi libre de se projeter dans une nouvelle conception de la vie, celle de renoncer au cannibalisme et de la collaboration entre les êtres. Il n’en devient pas un agneau pour autant, redoutable combattant libérant les fermes de rats dans un premier temps, avant de découvrir les terres vertes dont le premier cycle nous avait donné un aperçu onirique sans que l’on sache si elle était réelle. L’aspect messianique est évident mais Oscar Martin ne tombe heureusement pas dans le piège de la parabole christique que l’on craint un moment. Les mécanismes et touffus débats philosophico-politiques sont très intéressant, pointant le système totalitaire des humains provoquant la misère pour maintenir leur pouvoir quand Legatus et ses ouailles comprennent que, sortis de la souffrance et de la faim ils pourront décider de leur destin. Propos éminemment politique en ces heures de défiance  démocratique…

Solo T4 : Legatus (0), comics chez Delcourt de MartinTrès équilibrés, ces deux premiers tomes sont une montée en puissance, d’abord avec la révolte de Legatus qui prennd des aspects de Spartacus libérant les esclaves avant que l’on découvre le peuple herbivore qui bouscule complètement le monde que l’on a découvert jusqu’ici (et introduit la question du végétarisme VS les cannibales). Bien plus intéressant, riche, aux perspectives variées, ce cinquième tome est une renaissance pour la série que l’on peut désormais envisager avec envie sur plusieurs cycles et qui passe de petit comics en exercice de style à un projet ambitieux tant thématiquement que dans sa narration. Toujours aussi agréable en image, Solo devient aussi moins violent et perd cette rage qui en faisait la marque. On pourra le regretter mais c’est la corollaire d’un affinement du propos. Sorte de passage à la maturité, ce second cycle est donc un vrai succès qui va rendre bien longue l’attente vers la conclusion que l’on espère donc provisoire vers un troisième cycle. Avec de multiples projets de spin-off qui font durer le plaisir, la série d’Oscar Martin mérite donc (enfin) son prestige.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1note-calvin1

*****·BD

Gung Ho #5: Mort Blanche

BD de Benjamin Von Eckartsberg et Thomas Von Kummant. Ce tome 5 comporte 100 pages, parution chez Paquet le 09/06/2021.

Péril jeune

Dans les précédents tomes de la série, on découvrait un monde ravagé par les hordes inextinguibles de rippers, des créatures mi-simiesques, mi-plantigrades qui traquent le peu de survivants qui arpentent encore la Terre.

Pour se protéger, des colonies ont été fondées, afin de regrouper les vivres et les survivants derrière des fortifications à même de repousser les créatures. Dès leur plus jeune âge, les habitants des colonies sont formés au maniement des armes et à la chasse, afin de perpétuer la communauté et augmenter ses chances de survie.

Zack et Archer sont deux orphelins que l’on transfère à Fort Apache, une colonie reculée mais encore préservée, qui n’est pas forcément prête à accueillir les deux rebelles. En effet, si Zack est plus prompt à faire des concessions pour s’intégrer, Archer est une forte tête allergique à toute forme d’autorité, ce qui lui vaut bien vite l’inimitié de Bagster, l’un des gérants de Fort Apache.

Bagster est un homme vil, qui profite de son statut, qui lui octroie la mainmise sur les denrées, pour extorquer des faveurs sexuelles à des jeunes femmes en détresse. Parmi ses victimes, Pauline, toxicomane, qu’il malmène comme bon lui semble dans la plus totale impunité. Pauline se lie d’amitié avec Archer, qui constate bien vite la perfidie de Bagster. Pour se débarrasser de lui, le vieux pervers s’arrange pour faire accuser Archer, ce qui conduit à son bannissement de la colonie. Zack, livré à lui-même, ne croit pas une seconde à la culpabilité de son frère, mais n’ayant pas d’autre choix, il reste à Fort Apache et se lie d’amitié avec d’autres adolescents de la colonie. Pendant ce temps, les hordes de rippers rôdent toujours à la recherche de chair fraîche, et les bannis des différentes colonies préparent un assaut de grande ampleur.

Sa majesté des louches

Si la série Gung Ho s’est démarquée, ce n’est pas par sa prémisse, ni par sa thématique accrocheuse. En effet, vous ne devez pas ignorer la pléthore d’histoires prenant place dans un monde post-apocalyptique, qui sont si nombreuses qu’elles ont fini par former un genre en soi. Certaines, comme The Walking Dead, ont eu un succès tel qu’elles ont laissé une empreinte durable sur le genre. L’aspect feuilletonnant, les dynamiques interpersonnelles et la grande morale voulant que l’Homme sera toujours ce qu’il y a de plus dangereux pour l’Homme, sont donc autant d’ingrédients incontournables que l’on retrouve encore aujourd’hui dans toutes les tentatives qui ont succédé.

Gung Ho peut également subir la comparaison avec d’autres œuvres centrées autour de jeunes personnages dans un cadre apocalyptique: Green Class, Seuls, Créatures, Kidz, les Sauroctones… les exemples ne manquent pas, et pourtant, on ne peut pas nier que Gung Ho sort du lot. Série débutée en 2013 avec un album tous les deux ans depuis, elle a su mettre en scène des personnages attachants et très identifiables, dotés de psychologies complexes toutes en nuances de gris.

Les auteurs, en évitant le manichéisme (sauf peut-être Bagster, qui ne possède bien évidemment aucune qualité rédemptrice. Vous noterez en aparté, chers lecteurs, qu’en fiction, le viol est toujours considéré comme un crime impardonnable et particulièrement monstrueux, les personnages qui s’y adonnent sont par conséquent toujours dépeints comme tels et sans arc narratif de rédemption), rendent leur univers tridimensionnel et donc plus palpable. Certains reprocheront sans doute l’aspect teen drama parfois outrancier, mais il participe selon moi à la thématique principale de l’œuvre, à savoir l’affranchissement de l’autorité par des jeunes en décalage avec leurs aînés.

Ce tome final conserve un plus-value émotionnelle tout en dégageant suffisamment d’espace pour l’action, trouvant ainsi un équilibre qui manque parfois à d’autres séries. Pour poursuivre sur cette fin de série, j’entends assez souvent les lecteurs reprocher l’absence d’explication quant aux causes de l’apocalypse dans ces séries (Walking Dead, Y The Last Man, etc). Si je partage en partie cette frustration, je dois dire qu’elle ne gâche pas nécessairement la cohérence de la série, elle peut même être considérée comme superflue dans certains cas. En effet, tout ce que l’on a besoin de savoir, c’est que le monde est parti en vrille, savoir pourquoi n’arrangera pas le calvaire des protagonistes.

Concernant la partie graphique, le père Blondin vous en a déjà vanté les mérites lorsqu’il a chroniqué les trois premiers albums. Rien de changé par rapport aux précédents albums, la patte graphique est toujours aussi singulière et qualitative, un raison supplémentaire de vous pencher sur cette série !

***·Comics·La trouvaille du vendredi·Rapidos·Rétro

Solo #2-3

La trouvaille+joaquim

Comic d’Oscar Martin
Delcourt (2016-2017),
Série en cours, 5 tomes parus +1 HS et 1 série dérivée: « chemins tracés ».

Les volumes comprennent des fiches techniques sur les « races » peuplant ce monde désolé. La chronique du premier volume est visible ici. le premier cycle de trois tomes est conclu, le second est en cours avec 2/3 tomes parus.

Solo s’est trouvé une famille, un clan qui a envie de protéger. Mais le monde est impitoyable et la vie n’a pas lieu dans cet apocalypse. Ce rêve d’amour et de relations est-il réellement impossible? Les êtres vivants ne sont-ils que proie et prédateur?

Attention spoilers!

mediathequeEn refermant le premier tome j’avais espéré qu’un scénario parvienne à emballer ce morceau de nerf, ce monde violent et dépressif qu’a construit Oscar Martin. Malheureusement, si l’atmosphère désespérée, la tension permanente et bien sur les combats sanglants sont toujours de grande qualité, on finit par se lasser de ce Solo tome 2 - BDfugue.comdésespoir et de cette fuite du rat musculeux dans les wastlands agrémentées de ses réflexions pseudo-philosophiques. L’artiste a un réel talent pour poser une ambiance mais une fois le principe posé il n’ose pas bâtir une intrigue qui finit par tourner en rond comme s’il ne savait pas comment sortir de sa spirale de désespoir. Etant donnée la pagination des albums il devient lassant de voir le héros se battre, se faire allumer, au bord de la mort avant que moultes Deus Ex machina ne viennent le sauver. Ses images du bonheur qu’il a pu effleurer sont touchantes mais là aussi redondantes.

Symbole de cette incapacité, aussitôt l’émotion des retrouvailles avec ses proches retombées, Solo repart dans une quête sans espoir. Aussitôt confronté à ces méchants humains dont la menace nous est montrée progressivement qu’il fuit à nouveau, nous laissant plein de frustration. Le problème de cette série c’est qu’elle ne semble pas parvenir à résoudre ce qu’elle met en place, se contentant d’un porte-monstre-trésor (sans trésor) qui paraît faire surtout plaisir à l’envie du dessinateur de croquer des éventrements de créatures hideuses par son rat-conan. Il est possible que cela fasse partie d’un grand plan de l’auteur visant à maintenir un désespoir qui sera résolu avec l’arrivée de la seconde génération (dont j’ai chroniqué l’intermède qui vient de sortir). En attendant on ronge un peu son frein. Si le premier tome avait été une découverte, le second maintient une sorte Solo T3 : Le monde cannibale (0), comics chez Delcourt de Martinde frustration tout en développant une intrigue… que le troisième maintient en sur-place. Entendons-nous bien: la progression familiale impossible avance (même lentement) dans la série et la destinée de Solo trouve une conclusion, sans doute inéluctable. Mais l’omniprésence d’adversaires interchangeables, finalement pas si forts que ça crée un paradoxe: malgré la dangerosité de ce monde on ne ressent pas la tension, la craint nécessaire à construire tout drama. Hormis quelques rares séquences brutales la routine de la survie et du malheur du héros finit par nous laisser un peu trop extérieurs, trop peu impliqués.

Comme malheureusement nombre de projets de dessinateurs Solo manque de structure, de projet et se repose par trop sur ses dessins et son worldbuilding. C’est très lisible mais pas suffisant pour en faire le monument que certains veulent bien clamer. En espérant que le second cycle me détrompera…

note-calvin1note-calvin1note-calvin1