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Luthor

Comic de Brian Azzarello, Lee Bermejo et David Stewart+ Jose Villarubia
Urban (2006-2019), 114 p. one-shot.

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Lee Bermejo fait partie de la Top list des dessinateurs virtuoses les plus réputés du circuit et comme beaucoup de membres de cette liste… il a très peu publié. Plus illustrateur de couvertures que de planches intérieures (ce qui est compréhensible au vu de sa technique photo réaliste et de sa colorisation très poussée), il est connu surtout pour son énorme Joker avec son comparse Brian Azzarello. Poussant l’idée de ce dernier sur la Némésis de Superman, le duo propose une analyse psychologique centrée sur un méchant et comme sur Joker, Batman comme superman sont quasi absents de ce one-shot. Nightwing Falling Quotes. QuotesGramSouffrant des mêmes difficultés que toutes les histoires de superman que j’ai lu (hormis Red son et Injustice, et pour cause: Kal El y passe du côté des méchants…), Luthor fait un peu du surplace avec un personnage bien connu pour son idéalisme humain et sa jalousie envers ce Dieu tombé du ciel. Le scénario d’Azzarello ne va pas plus loin que le pitch de départ et si le début (qui a peut-être inspiré Zack Snyder sur Dawn of justice…?) nous accroche avec justement une alliance entre Lex et Bruce qui aurait pu être le cœur de l’intrigue, l’histoire se prolonge avec la classique création d’un super-humain voué à contrer l’homme d’acier. Le scénariste semble ne pas avoir su choisir entre ces différentes directions et sur une relativement courte pagination on passe d’une micro-histoire à une autre. Le dessin de Bermejo est moins poussé, moins inspiré que sur Joker, plus épuré aussi avec une évolution de sa colorisation qui aboutira à son style actuel, photoréaliste très impressionnant vu sur Damned ou sur la cover très alléchante de ce Luthor. Etrangement les séquences les plus efficaces sont celles mettant en action Batman et superman, la vision de ce dernier, très sombre, proche du faciès de Darkseid (le grand méchant de l’univers DC), l’image presque naïve de Luthor nous laissant un peu impliqués.

Inabouti, ce projet semble n’avoir pas su dépasser le concept lancé avec succès sur Joker alors que le personnage focus ne recouvre pas du tout la même psychologie. L’album se lit néanmoins sans ennui, notamment pour profiter des dessins tout de même très agréables. A réserver aux fanas de Bermejo ou de Superman.

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**·Comics

Le Batman qui rit #2: Les infectés

Second volume consacré au personnage crée par Scott Snyder et Greg Capullo. Cet album de 289 pages comprend les épisodes suivants : Batman/Superman #1-5, Black Adam: Year of The Villain #1, The Infected: King Shazam, The Infected: Scarab et The Infected: Deathbringer. Parution le 12/06/20 chez Urban Comics.

Rira bien qui rira le dernier

Récemment, lors de la saga Dark Nights: Metal, Batman a du affronter des versions alternatives de lui-même, représentant tout ce qu’il craignait de devenir: un assassin sans remords, un exécuteur sans pitié, et pour l’un d’entre eux au moins, un irrécupérable psychopathe.

Parmi ces reflets déformés issus du Multivers, on a fait la connaissance du Batman qui rit, sorte d’amalgame impie du Chevalier Noir et de son ennemi le Joker. Retors, pervers et sadique comme a pu l’être le Clown Prince du Crime, redoutablement intelligent, prévoyant et manipulateur comme sait l’être le protecteur de Gotham, le Batman qui rit est l’un des êtres les plus dangereux qui soient.

Ayant survécu à ses dernières péripéties, le Bat-sadique n’a pas regagné sa dimension d’origine. Il s’est terré en préparant la phase suivante de son plan: infecter notre monde avec sa toxine du Joker pour le modeler à son image. Il va ainsi mettre ses machinations en branle et infecter six premiers héros, afin de se servir de ces nouveaux messagers pour répandre l’infection.

Qu’il est agréable de mou-rire !

Batman et Superman, la crème de la crème, auront donc fort à faire contre ce Batman qui rit. Aussi intelligent qu’imprévisible, il va donner du fil à retordre au Meilleur Détective du monde, car ce dernier est trop peu habitué à être confronté à un adversaire de son niveau sur le plan intellectuel. On va donc assister à un jeu du chat et de la (chauve)souris entre les deux Bruce Wayne, ponctué de combats contre ces nouveaux infectés.

Si le récit en lui-même n’est pas déplaisant, il faut en revanche admettre que les interludes, eux, ne représentent pas un intérêt primordial, et sont donc de l’ordre du superflu. Ces interludes vont même jusqu’à casser le rythme de la saga, qui n’est en elle-même pas tout à fait palpitante.

Le personnage du Batman qui rit, intéressant, voire fascinant lors de ses premières apparitions, perd un peu de sa superbe étant donné qu’on en a déjà fait le tour auparavant. Il se banalise donc ici en méchant sadique du type « mouahaha« , même s’il faut lui accorder le mérite de nous démontrer que Batman se révèle finalement être un Joker bien plus dangereux que l’original.

La fin de la saga prend un rythme bien plus soutenu mais déroule l’intrigue bien trop facilement. En bref, le Batman qui rit, personnage emblématique de la saga Metal, s’offre le luxe de la redondance mais ne parvient pas à convaincre complètement. A réserver aux fans de Batman et aux lecteurs des précédents tomes.

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Les dominants #2: les dieux stellaires

La BD!
BD de Sylvain Runberg et Marcial Toledano
Glénat (2020), 58p. + cahier graphique de 6p., couleur, 2 volumes parus, série en cours.

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In aliens we trust

Dans un futur proche, l’Humanité a été ravagée par un virus répertorié sous le nom de Grande Souche. Les survivants ont ensuite assisté à la conquête de la Terre par des êtres vivants jusqu’alors inconnus, présumés d’origine extraterrestre.

Ces êtres, nommés les dominants, se distinguent en plusieurs catégories, selon l’effet qu’ils produisent sur les humains qui les approchent, ou bien en fonction de leur comportement: nausées, migraines… Face à ce phénomène sans précédent, les humains ont montré trois grands types de réaction: survivaliste, néo-religieuse, ou belliqueuse.

Andrew Kennedy est un américain ex-agent du FBI, qui a tout perdu dans cette crise. Du moins le croyait-il. En effet, le premier tome se concluait par la découverte par Kennedy de la survie de sa fille, tombée dans l’escarcelle des résistants !

Devenue une féroce guerrière (tout comme la sœur de Yorick dans Y, The Last Man), la fille d’Andrew a été endoctrinée pour être une tueuse impitoyable à la solde d’Adam, le chef des Résistants. Andrew a donc pris le parti d’abandonner son groupe de survivants afin de suivre sa fille, espérant la convaincre de quitter le groupe et partir avec lui.

Cthulhu Président

Pour ce second tome, Sylvain Runberg continue de nous faire profiter de son worldbuilding et après nous avoir fait partager le quotidien des survivants, fait la lumière sur la faction des Dévots tout en continuant de nous faire la démonstration de la cruauté des Résistants, dont le fanatisme n’a finalement rien à envier à celui de leurs ennemis naturels. Les journaux illustratifs en fin d’album continuent d’ailleurs (… dans une écriture pas forcément des plus subtiles).

Les enjeux montent donc d’un cran, tant pour le héros que pour l’ensemble de l’Humanité. Tandis qu’Andrew fait tout ce qu’il peut pour s’intégrer chez les Résistants, ces derniers préparent un assaut d’envergure tout en continuant leurs exactions particulièrement impitoyables contre les Dévots qui communient avec les créatures. Si l’action-héro et les relations humaines étaient particulièrement bien sentis sur le précédent volume, le scénariste nous laisse cette fois un peu perdu avec ce personnage-marionette qui ne semble plus avoir guère de psyché et une certaine lourdeur dans la façon d’appuyer sur le côté manichéen des relations entre groupes.

L’album contient donc son lot de tension, bien qu’il ne tente pas d’apporter de réponses aux questions qui taraudent le lecteur depuis le premier tome, avec un léger sentiment de surplace. Qu’à cela ne tienne, l’action est bien présente, et, si le cliffhanger de fin n’est pas de nature à vous retourner l’estomac, l’intérêt pour l’univers de la série est bien présent, notamment autour de ces fascinantes créatures alien au design et concept très intéressants.

Côté graphique, on a tout de même l’impression que Marcial Toledano s’est mis sur la réserve, comme s’il souhaitait inconsciemment s’économiser, peut être pour une série qui s’annonce sur le long cours. Impression générale de baisse de niveau donc sur ce second tome sorti très (trop?) vite en ramenant une série très bien partie dans le peloton pléthorique des BD SF post-apo. En espérant que les auteurs redressent la barre d’une série qui a du potentiel.

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Cautious Hero, #1- 2

Série en cours avec Tuchichi Light au scénario, Koyuki au dessin. Les deux premiers tomes paraissent en France le 09/09/2020 aux éditions Doki-Doki (même niveau de publication au japon).

bsic journalism Merci aux éditions Doki-Doki pour cette découverte.

Prudence est mère de sureté

Le domaine unifié des dieux s’est donné une mission, d’importance capitale: sauver autant de mondes que possible à travers le cosmos. Les joies de la bureaucratie étant ce qu’elles sont, les mondes en détresse sont classifiés, selon la difficulté rencontrée pour les sauver.

La déesse Ristarte, relativement jeune, n’a pas un tableau de chasse mirobolant à son actif. Et pourtant, elle va se voir confier le sauvetage de Geanburande, une mission labélisée D, le plus haut niveau de difficulté !

Pour l’aider dans sa mission, chaque divinité peut invoquer un héros, choisi au hasard parmi l’ensemble des mondes. Alors qu’elle browse les dossiers des potentiels candidats, Ristarte découvre le profil de Seiya Ryûgûin, dont les statistiques défient toute proportion. La jeune déesse en est persuadée, Seiya est un héros comme on n’en trouve qu’un sur des millions. Persuadée par cette aubaine, Ristarte invoque aussitôt le jeune homme.

Toutefois, elle s’est peut-être emballée un peu vite. Seiya a un potentiel sans limite, certes, mais il est si prudent que son attitude vire presque à la paranoïa. Questionnant tout ce que la déesse lui fait découvrir, il se révèle être moins un atout imparable qu’un formidable boulet pour l’impétueuse Ristarte. Quand les choses se gâteront sur Geanburande, Seiya sera-t-il à la hauteur de ses fantastiques talents ?

Le Magicien Dose (et ose)

Pour cette nouvelle entrée dans le genre Isekai, l’auteur est parti sur un postulat intéressant: Et si un héros pouvant tout, n’osait rien ? Bien souvent, les histoires de Fantasy classiques n’ont qu’un questionnement dramatique: le héros aura-t-il la force de triompher de son adversaire ? Ici, la réponse, en théorie du moins, est claire: oui, Seiya peut sauver Geanburande. La véritable interrogation est de savoir si son défaut, la prudence excessive, le lui permettra.

Durant les premiers chapitres, l’auteur joue avec ce paradigme autant qu’avec les nerfs de sa protagoniste Ristarte, qui désespère de voir son champion passer à l’action. Il est assez amusant de voir comment Seiya prépare et anticipe chaque combat, chaque situation, et de voir comment un être sensé s’engagerait dans une quête de cette ampleur.

Le souci qui se présente assez vite, c’est que ce qui est sensé être un défaut venant compenser un statut quasi-divin finit par s’effacer. J’entends par là que ce qui, dans nos attentes de lecteurs, devrait entraver Seiya dans sa mission et le forcer à changer, s’avère finalement être son grand atout puisque c’est justement cela qui le tire de mauvais pas éventuels. D’excessivement prudent, il en devient excessivement préparé, ce qui, en fait, lui donne l’avantage sur tous les antagonistes, dont on s’aperçoit de façon systématiques qu’il a anticipé tous les coups bas, prévoyant en conséquence.

Pour faire une comparaison avec les comics, c’est comme si on décidait finalement que la kryptonite ne tuait pas Superman, mais qu’elle ne lui allait tout simplement pas au teint.

Ce ressort dramatique manqué donne à Seiya des allures de Mary Sue, le distanciant ainsi du potentiel sympathie des lecteurs. Il n’en demeure pas moins que Cautious Hero est une série au démarrage dynamique, empruntant aux codes des univers Fantasy mais plus particulièrement aux RPG. On attend encore l’écueil qui forcera Seiya à prendre des risques, peut-être dans le tome 3 ?

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Hope one #2

La BD!
BD de ‘Fane et Grelin
Comix Buro/Glénat (2020), 68p. couleur, 2/2 volumes parus.

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badge numeriqueLe premier tome de  Hope One avait été une réussite dans le genre efficace du huis-clos spatial qui s’achevait par un twist en apnée. Le second a pris beaucoup de retard puisqu’il était annoncé la même année que le premier et on le retrouve donc après un délai plus classique… avec la surprise de voir un nouveau dessinateur prendre en charge les planches. Et la surprise ne s’arrête pas là puisque l’on change totalement de registre avec une très classique enquête policière dans l’Amérique profonde (et neigeuse) des années soixante-dix! Je ne sais si ‘Fane a très bien caché son jeu mais de mémoire de bdvore je n’ai jamais assisté à un tel retournement de style dans une même série. Pour gonflé c’est gonflé et passée la surprise on se laisse porter https://www.ligneclaire.info/wp-content/uploads/2020/08/Hope-One-2-1-800x1098.jpg.webppar cette recherche de disparus en suivant un agent du FBI alcoolique et tout à fait antipathique accompagné par une policière de bourgade plus habituée à régler les querelles de voisinage que de retrouver des morts. Surtout quand l’un des disparus est son cher papa… le sheriff du bled! On connait le talent de ‘Fane pour les dialogues et les personnages couillus depuis son excellent Streamliner. On retrouve cette patte ici et le changement de dessinateur perturbe un peu en matière de style (on n’est pas du tout dans le même registre que le tome 1) mais sans perte de qualité. La principale qualité de l’album est donc cette ambiance proche des frères Cohen et la dynamique verbale entre les personnages, franchement réussie. On en oublierait presque que les deux tomes sont liés. Malheureusement la jointure est parfaitement téléphonée (il aurait été compliqué de faire autrement au vu du Grand Canyon qui sépare les deux intrigues) et on repose l’ouvrage un peu nostalgique des promesses (déçues) du début de diptyque et sans bien comprendre ce qu’a voulu faire l’auteur. Une fausse bonne idée probablement…

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Kaijin Reijoh #1

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Manga de Testuya Tashiro, 296 p., série en cours, 1 vol. paru (4 au Japon).

Kurokawa (2020) – Square-Enix (2018), Shonen.

Merci aux éditions Kurokawa pour leur confiance.

Le monde est menacé par l’apparition de monstres issus des pulsions négatives des humains. Afin de lutter contre ce fléau, une organisation secrète a été constituée, chargée de sélectionner des jeunes gens capables d’utiliser les reliques des monstres autrefois vaincus. Asuma vit lui très loin de ces préoccupations… Obsédé sexuel assumé, il n’a pour seul but que de profiter des faveurs féminines…

Kaijin Reijoh est un manga de Lycée mettant en scène un jeune homme introduit contre toute attente dans un lycée de jeunes filles. Dans ce genre très formaté et fourni, l’originalité de cette série est le second degré assumé du fan service au travers du personnage principal dont les préoccupations mènent directement aux petites culottes et palpations de poitrines que l’on peut attendre dans un manga destiné aux adolescents japonais aux hormones échauffées.

漫画】怪人丽孃第1话

Dès les premières pages on est marqué à la fois par des dessins très agréables et par des dialogues drôles (mention à l’excellente traduction!) qui jouent du côté vulgaire de cet anti-héros. Pour preuve que le projet est autre qu’un seul voyeurisme, on est loin du vulgaire d’un Boichi et les séquences « chaudes » sont finalement peu nombreuses. L’essentiel se joue sur les dialogues, le caractère débridé d’Asuma et un humour de décalage entre la gravité des missions des filles et le garçon très pro pour tripoter des fesses ou admirer un décolleté. Avec une thématique très Magical Girls on s’approche du coup d’un Midnight Tales pour l’organisation secrète (… en moins scénarisé) et de Magical Girl Holy shit pour la déconne (… là encore moins efficace dans le WTF). Si les premières séquences d’action sont assez efficaces, ce premier volume assez épais reste pourtant un peu poussif malgré l’envie de l’auteur d’introduire très vite un contexte sans s’ennuyer avec une quelconque vraisemblance. On ressort donc de la lecture avec un sentiment inachevé du fait d’un background et d’une intrigue sommes toutes assez maigres et de séquences d’action pas assez pêchues et nombreuses pour compenser, même si l’idée des reliques et le design général sont plutôt bien foutus. L’équilibre entre humour et fan service devrait satisfaire un public de jeunes garçons. Les lecteurs de manga occasionnels et les adultes risquent de ressentir un certain déjà vu.

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Rick et Morty: Pocket Mortys, soumettez-les tous !

esat-westHuitième tome de la série inspirée de la série animée créée par Dan Harmon et Justin Roiland. Scénario de Tini Howard et dessin de Marc Ellerby, parution en France le 27/05/20 aux éditions Hicomics.

bsic journalismMerci aux éditions Hicomics pour leur confiance.

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Un Morty peut (doit?) en cacher un autre

Morty Smith pourrait être un adolescent comme un autre, si son grand-père Rick Sanchez ne le trainait pas derrière-lui dans des missions périlleuses aux confins de l’espace, et parfois même, dans d’autres dimensions.

Rick est un génie, un savant fou qui a tout vu, tout vécu, et dont le cynisme n’a d’égal que sa propension à absorber du gin en quantités industrielles. Avec Morty, il s’embarque dans des aventures psychédéliques et bigarrées, qui convoquent adroitement tous les lieux communs de la SF, au travers de quatre saisons d’une série animée plébiscitée par le public.

Ce succès a engendré des déclinaisons en jeux vidéos, en comics, et dans le cas présent, en comics adaptés du jeu vidéo ! Le jeu, Pocket Mortys, parodie le célèbre Pokémon® et exploite le concept du multivers qui fait tout le sel de la série animée: remplacez les dresseurs par des Rick interdimensionnels sadiques et les petites bêtes par des Morty apeurés et vous obtenez Pocket Mortys !

Rick-upérez-les tous !

Notre protagoniste pour ce tome est un Morty venant d’un univers non-identifié, qui découvre avec effroi que des Rick traquent et collectionnent des Mortys, pour les faire s’affronter dans des combats à mort.

Comme dans la série originale, Morty s’efforcera d’être la boussole morale de son grand-père (interdimensionnel) mégalomane en lui faisant comprendre la portée de ses actes, et en lui rappelant qui sont les ennemis de toujours: le Conseil des Rick, un groupe réunissant les plus puissants Rick venus de toutes les dimensions.

L’histoire en elle-même pourrait être intéressante, mais il faut avouer que ce tome est en deçà du reste de la série papier, certainement par le côté forcé de l’intrigue. En effet, on sent ici que la scénariste Tini Howard accomplit ici un travail de commande, dans lequel elle ne semble pas s’épanouir pleinement.

Le tout conserve donc un gout d’inachevé, bien que des thèmes chers à la série et quelques références soient abordés. Les scènes et les péripéties s’enchainent sans trop de fluidité, délaissant l’amertume en demi-teinte propre à l’écriture de Harmon. Néanmoins, il est plaisant de croiser certains personnages déjà aperçus dans la série, ce qui donne un sentiment de continuité assez bienvenu.

Sur le plan graphique, la cohésion entre ce tome et les précédents est assurée par Marc Ellerby, qui réussit très bien à adapter son trait aux graphismes de la série signée Adult Swim.

Pocket Mortys tente de capitaliser à la fois sur le succès de la série et sur le jeu vidéo Rick et Morty, mais peine à se hisser au niveau de son modèle. Malgré tout, un bon divertissement pour patienter entre deux saisons du show !

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Batman: last knight on earth

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Comic de Scott Snyder et Greg Capullo
Urban (2020) – (DC (2019), one-shot.

L’album est paru dans la collection Black label de DC. Il comprend un texte introductif relatant le contexte éditorial dans lequel paraît cette histoire, étrangement découpée en trois livres de neuf chapitres.

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Bruce Wayne se réveille, ligoté dans une chambre blanche. Un étrange docteur au sourire appuyé lui dit qu’il est enfin soigné et sorti de son délire paranoïaque. Toutes ces années il s’est construit une image mentale de vengeur masqué, terré dans une folie que les psy d’Arkham n’étaient jamais parvenu à réduire…

Batman : Last Knight on Earth - BD, informations, cotesCe pitch est génial, et l’album commence franchement bien, nous plongeant immédiatement dans un doute que la publication de ce one-shot dans le black label avait toutes les raisons de confirmer… Hélas! Très clairement le logo noir apposé sur la couverture est absolument non pertinente tant il n’y a aucune différence d’approche entre ce livre et les précédentes productions de Snyder et Capullo. Comme beaucoup j’imagine, j’espérais que les auteurs profiteraient de la spécificité de la collection pour produire leur grand œuvre, un projet adulte chargé de changer notre regard sur le Dark Knight avec une prise de risque sur un récit innovant. L’idée est folle et aurait dû être poussée. Car depuis des années nombre de récits du Batman nous instillent le doute sur sa santé mentale, nombre d’auteurs travaillent sur cette question, celle de l’identité de Wayne, traumatisé, de son double maléfique aux cheveux verts et sur l’aberration de ce bestiaire impossible à Gotham. Ce sous-texte rend les histoires de Batman les plus intéressantes pour les conteurs et pour les lecteurs et récemment Sean Murphy est parvenu à pousser assez loin cette idée. Les premières pages de Last knight on earth nous poussent dans cette direction (avec une superbe couverture comme toujours!), celle d’une réalité réveillée nous expliquant comment Wayne a transformé tel personnel d’Arkham en méchant et sa propre identité idéalisée en Chevalier noir… Mais cela ne dure que quelques pages, avant de retomber dans les délires Dcesques proches de ce que Snyder a créé sur Metal.

Ten Page Preview of Batman: Last Knight On Earth by Scott Snyder ...Rien ne nous est proposé pour lier les deux parties, malgré un récit coupé sur plusieurs temporalités et complexifié sans raison, comme Snyder aime le faire. Rapidement on découvre une dystopie reprenant l’idée d’Old Man Logan, avec un double maléfique de Batman (on commence à connaître…) suite à l’intervention (encore une) de Darkseid. Le fait de voir des versions alternatives et abîmées de Wonder Woman, Superman et d’autres personnages est toujours sympathique et Greg Capullo sait toujours aussi bien produire des planches à la fois lisibles et dynamiques. Mais rapidement l’histoire devient lourde, trop hachée, répétitive et surtout sans explication intéressante. On en ressort avec une grande impression de gâchis et la certitude que Snyder n’est plus capable que de recycler ses formules sans grande créativité, se reposant sur le talent de son comparse… qui ferait bien de refléchir à la suite de sa carrière s’il ne veut pas s’enterrer dans son couple qui n’a plus rien à dire.

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Savage Avengers #1: Le triomphe de Kulan Gath

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Premier tome de 115 pages comprenant les cinq premiers épisodes de la série Marvel Savage Avengers, écrite par Gerry Dugan et dessinée par Mike Deodato Junior. Parution le 11/03/2020 chez Panini Comics.

Sauver le monde, un sauvage à la fois

Profondément enfoui dans la Terre Sauvage, une enclave séculaire située en Antarctique où l’évolution s’est arrêtée, le Sorcier Kulan Gath, transfuge d’un autre monde, ourdit des plans machiavéliques à l’insu de tous. Son but est d’invoquer une entité maléfique grâce au sacrifice de guerriers de renoms, ce qui va le mettre sur la route des plus sauvages combattants du Marvelverse…et d’ailleurs !

Réunis par les méfaits du sorcier, Conan, l’inénarrable Barbare vieil ennemi de Kulan Gath, Wolverine, récemment ressuscité, le magicien Dr Vaudou, Venom, l’anti-héros symbiotique, la léthale Elektra et l’inarrêtable Punisher vont devoir s’associer bien malgré eux pour éviter un sort funeste à la Terre.

 

Venger à la sauvage

Le pitch de départ, nous présentant une énième version du groupe phare de Marvel, pouvait paraître alléchant. En effet, plusieurs rosters nous ont été présentés au fil des années, certains plus originaux, voire plus improbables, que d’autres.

Je pense notamment aux New Avengers de Brian Michael Bendis, qui à l’époque, réunissaient des héros disparates mais dont l’alchimie était présente grâce à la plume de l’auteur, ou encore aux Avengers One Million BC, dont le concept et le casting étaient tout aussi bien pensés. Cependant, ne nous voilons pas la face, ce n’est pas vraiment le cas ici. Le casting est certes diversifié mais ne paraît pas pensé outre mesure, au-delà du fait de réunir des anti-héros aux méthodes expéditives (pour la plupart), ce qui à notre sens sert avant tout de justification au gore et à une violence décomplexée.

Le groupuscule d’anti-héros violents ayant déjà été exploré (on évoque notamment les Thunderbolts du Général Ross, dont faisaient déjà partie Punisher, Elektra et Venom) ce qui ressort de Savage Avengers n’a rien de bien original.

Ça s’affronte un peu au début pour faire bonne mesure, puis ça se rassemble ensuite pour combattre le monstre, au cours d’un combat alambiqué et sans trop de saveur, avant de finir sur une note ouverte laissant présager la suite des aventures.

Le découpage manque de fluidité et certaines péripéties patinent un peu du fait d’un manque de lisibilité. Sur le plan graphique, Mike Deodato Jr nous a paru en roue libre: des approximations anatomiques (qui commençaient déjà à poindre lorsqu’il officiait sur New Avengers en 2012), et une digitalisation qui ne rend pas service à son trait sont les défauts les plus marquants sur cet album.

Un concept qui peut faire envie aux aficionados des Avengers, mais qui, en première lecture, se révèle en-deçà des attentes.

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Hit the Road

La BD!

Histoire complète en 48 pages, écrite par Dobbs et dessinée par Afif Khaled, parue le 01/07/2020 aux éditions Glénat/Comix Buro.

Hit the road, Clyde

La fin des sixties représente le crépuscule d’un âge d’or. Celui de bandits old school, des gangsters post-WW II venant d’une époque révolue où le manichéisme était encore de rigueur. Après ça, le Watergate, le Viet-Nam et la crise pétrolière se seront chargés de saper les fondations du vieux monde pour le faire entrer dans une ère pas nécessairement plus sombre, mais résolument plus grise.

Clyde n’en est pas conscient, mais il vit malgré lui la transition entre ces deux mondes. Bandit de grands chemins comme on en fait plus, bad boy nimbé de principes qui lui ont valu quelques années de placard, il ressort, libre, et prêt à régler quelques comptes avec Granny pour mieux repartir de zéro.

Non loin, la jeune Vicky gère la pression que lui met sa mère pour la faire participer aux affaires criminelles de sa famille dirigée par Granny, tout en cherchant le moyen d’avorter le plus discrètement possible. C’est alors qu’elle va faire la rencontre de Clyde, qui compte bien se servir d’elle pour atteindre la vieille cheffe de clan.

Arnaques, crimes et tatouages

Les histoires de gangsters sont devenues l’apanage de certains auteurs reconnus. On pense notamment à Quentin Tarantino ou Guy Ritchie, qui se sont fait une spécialité des populaces interlopes en créant des histoires à tiroirs, parfois sordides, souvent violentes, mais avec toujours ce ton mordant qui a fait leur renommée.

Force est de constater que leur travail a phagocyté le genre, tant et si bien que l’on parle de dialogues tarantiniens et de mise en scène « à la Ritchie« . Devenir ainsi le maître-étalon de tout un genre de fiction n’est pas chose aisée, mais peut avoir pour inconvénient de formater non seulement le genre en lui-même, mais également nos attentes de lecteurs.

C’est un peu ce qui se passe avec ce Hit the Road, dont l’intrigue, tout en restant cohérente dans son ensemble, ne s’aventure pas au-delà du premier degré, et se refuse le côté outrancier des œuvres tarantinienes. On trouve toutefois un peu d’ironie ainsi qu’un sens de la répartie dans les premières pages, mais qui s’efface bien vite au profit d’un scénario quelque peu convenu.

Reconnaissons néanmoins qu’il est délicat en 48 planches, de développer une histoire qui soit à la fois dense et dynamique. La révélation sur les motivations réelles de Clyde, bien pensée, est amenée assez maladroitement, trop pour élever le scénario dans son ensemble. A coté de ça, certaines thématiques, comme celle de l’avortement, auraient mérité un traitement plus dense mais paraissent saupoudrées ou survolées.

Le point fort de Hit the Road reste le graphisme excellent de Afif Khaled, qui livre de très belles planches grâce à un trait précis et dynamique.

En bref, malgré une partie graphique attractive et soignée, Hit the Road ne fait que passer, et c’est bien dommage !