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Terence Trolley #1

La BD!

BD de Serge Le Tendre, Patrick Boutin-Gagné et Aurélie Frémineur (coul.)

Drakoo (2020), 48p., un volume paru sur deux.

bsic journalism Merci aux éditions Drakoo pour cette découverte.

L’ouvrage comporte une illustration d’intérieure de couverture et un « avertissement »… qui introduit en fait l’univers en expliquant le contexte. Étrange formule, qui aurait pu être poussée avec de faux journaux comme sur Les Dominants ou On mars. La série est prévue en deux volumes (format court comme toutes les séries Drakoo, ce qui est une excellente politique!).

couv_390477Terence Trolley est un recouvreur, travaillant pour de grandes sociétés pour récupérer leur bien auprès d’associés ou de clients indélicats. Actuellement il œuvre pour la Panaklay, multinationale spécialisée dans les biotechnologies. Lorsque son oncle fait appel à lui pour protéger des enfants il se retrouve confronte à son employeur dans un combat qui le dépasse…

https://www.ligneclaire.info/wp-content/uploads/2020/05/Terence-Trolley-1.jpgAnnoncé en grande pompe, la venue du vétéran Serge Le Tendre (La Quête de l’Oiseau du Temps) est (avec Arleston lui-même) une exception dans la politique éditoriale de l’éditeur Drakoo, qui vise plutôt à faire travailler des auteurs de littérature et globalement des équipes de « jeunes » auteurs. Cela a plutôt bien fonctionné jusqu’ici avec des ouvrages qui parviennent à proposer de l’originalité dans des cadres très balisés (la SF, la fantasy).

Cet album est plutôt bien conçu, avec un scénariste et un dessinateur qui maîtrisent une certaine efficacité du découpage et de l’action. Les personnages sont sympathiques avec ces ancien militaire badass circulant dans un camping-car avec deux demoiselles mal assorties, déterminé et torturé par un traumatisme. Ajoutez à cela une méchante multinationale, un professeur en fuite et des enfants aux capacités inexplicables et vous avez de quoi proposer une bonne série d’anticipation comme les sérieB Delcourt et Fred Duval en proposent des pelletées. Et c’est là que le bas blesse…

Au premier titre j’ai été très surpris que Serge Le Tendre réutilise exactement le même concept qu’une de ses grandes séries, récemment achevée, L’histoire de Siloé. Je vous renvoie à ma critique qui explique l’ambition originale de cette série et les difficultés à la terminer. Les histoires d’enfants aux pouvoirs incroyables pourchassés par une multinationale sont légions au moins depuis LA référence, Akira et personnellement j’aime beaucoup ces schémas. Mais qu’un scénariste se copie lui-même à ce niveau (on a vraiment beaucoup de points communs entre les deux séries) et que l’éditeur trouve cela original je surprend beaucoup.

Graphiquement le québecois Patrick Boutin-Gagne fait un boulot très correcte et venant plutôt de la BD historique il parvient à se glisser sans difficulté dans le genre SF avec des design plutôt réussis. Son style très particulier qui donne un peu des têtes de robots à ses personnages ne plaira pas à tout le monde. Personnellement je m’y suis fait et ai apprécié l’aspect général des planches, notamment du fait d’un encrage assez réussi. Ce qui pose problème en revanche c’est une colorisation vraiment difficile qui rappelle les mauvaises heures des colorisation numériques des années quatre-vingt-dix lorsque Schell et Rosa expérimentaient les dégradés pas très subtiles des logiciels dédiés. C’est peut-être un aspect recherché mais j’ai franchement bloqué en ayant l’impression de dénicher une vieille BD dans un bac Gibert… C’est d’autant plus problématique que le dessin plutôt léger sur les arrières plans exigeait une colorisation poussée avec ajout de détails, ce que ne fait pas Aurélie Frémineur, laissant des arrières-plans terriblement vides. Elle utilise en outre une trame assez grossière et mal adaptée pour ses ciels en donnant l’impression que l’action se situe sur une base lunaire ou un vaisseau avec ciel artificiel, ce qui impacte la lecture du scénario. Cela me désole de critiquer ainsi le travaille d’une jeune coloriste mais cet apport impacte suffisamment la lecture pour justifier ces commentaires. En espérant que les lecteurs passeront outre et seront moins tatillons que moi…

Il ressort de cette lecture une petite colère contre un éditeur qui faisait jusqu’ici du très bon travail et qui publie avec Terrence Trolley une fausse bonne idée. On peut donner sa chance à des jeunes et passer outre des lacunes graphiques. Mais oublier de façon aussi patente qu’avec autant de BD publiées l’originalité est tout de même la base  pour trouver un public a de quoi surprendre. Terence Trolley reste un album plutôt efficace  (qui peut corriger ses failles sur le second opus) et pourra convenir à des lecteurs occasionnels, à des débutants dans le genre SF ou a de jeunes lecteurs. Des BDvores exigeants  risquent fort de bailler devant une histoire vue et lue mille fois.

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Red sonja: l’autre monde #2

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  • Red Sonja #2 (Chu, Gomez, Mohan – Graph Zeppelin)  – 2020

couv_377313badge numeriqueSuite des aventures temporelles de l’alter-ego de Conan, la rouquine hyboréenne crée par Robert Howard, qui se poursuivront dans un troisième volume annoncé en fin d’album. L’ouvrage comporte donc cette seconde partie et se termine par un épisode préquel (non dessiné par Carlos Gomez) et comme pour le premier tome par une importante galerie de couvertures alternatives. Suite aux événements précédents Max se retrouve en Hyborée, ce qui permet les mêmes décalages humoristiques que ceux créés par la guerrière transportée au XXI° siècle. Si la rousse poursuit donc sa quête du « mage » qui lui permettra de rentrer chez elle (en lattant au passage méchamment une bande de bikers), le policier se retrouve lui accompagné de charmantes guerrières très impressionnées par ses talents. Le dessin de cette partie est toujours aussi bon, mais le scénario (qui n’ambitionne pourtant pas de révolutionner la fantasy) cale un peu faute du méchant renvoyé chez lui et de tension dramatique un tant soi peu travaillée. Du coup on a un peu l’impression d’une prolongation alimentaire pour les auteurs qui auraient aussi bien pu conclure sur l’ouvrage précédent ou sauter directement à un diptyque. Il reste plaisant de voir Sonja enquiller les bières, trancher des têtes (oui-oui, c’est un peu moins policé que chez le Big-two) et surtout dialoguer à la mode Conan, avec nombre de jeux de langue qui vous rappelleront l’humour d’Arleston (Lanfeust de Troy). Ce second volume est donc limité à une simple récréation dispensable qui se passera bien si vous aimez le style du dessinateur argentin.

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Lecture COVID: Optic squad #1

La BD!

Dernière « lecture COVID » avec la nouvelle série SF de Runberg sortie cette année.


 

BD de Sylvain Runberg, Stephane Bervas et Florence Fantini (coul.)
Rue de sèvres (2019), série en cours.

badge numeriquecouv_374947Très jolie couverture SF qui donne envie pour cette nouvelle série que l’on imagine au long court et qui permet à l’éditeur Rue de sèvres de se lancer dans la BD d’anticipation à la mode Série B Delcourt

Les Optic squad sont une équipe resserrée rattachée à l’ONU et chargés d’infiltrer divers groupes de trafiquants sur la planète. Grace à des micro-caméra rattachée au nerf optique de ses agents, l’équipe peut ainsi rassembler des preuves des agissements des plus discrets criminels…

Le problème de se lancer dans ce genre c’est justement que Série B est passée par là, et notamment le maître du genre, un certain Fred Duval, le véritable Van Hamme de l’anticipation, capable presque chaque fois de proposer des concepts originaux qui nous emmènent dans un futur proche et crédible. Que proposer de nouveau avec toutes ces séries déjà sorties? Ce premier tome d’Optic squad se lit bien, avec un joli design, de belles planches, des séquences d’action assez efficaces… seulement le pitch de départ fait pschit’ en ce qu’on ne voit absolument pas ce que cette idée de caméras greffées peut apporter d’original. On se retrouve donc avec une banale intrigue policière d’infiltration d’un réseau de prostitution infantile particulièrement glauque. Dans un album policier classique cela aurait pu passer mais ici le titre même semble n’apporter aucune valeur ajoutée à l’intrigue qui n’exploite aucune idée liée à ces caméras omniprésentes hormis l’équipe logistique à l’arrière du terrain d’opération. Entre du policier à l’ancienne et Ghost in the shell il y a un gouffre que ne parvient pas à combler cet album d’une série qui aura beaucoup de mal à trouver son public si Sylvain Runberg ne propose pas dès le prochain tome une bonne raison de s’intéresser à son héroïne. Grosse déception donc, pour un auteur qui sait créer de l’intérêt sur des schémas pourtant très classiques (je pense au récent Dominants ou à Zaroff).

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Carthago # 10: L’abîme regarde en toi

La BD!

badge numeriqueL’abîme regarde en toi est le dixième tome de la série Carthago, écrite par Christophe Bec, éditée aux Humanoïdes Associés. Ce tome de 54 pages paru le 23/10/2019, est dessiné par Ennio Buffi.

Nietzsche au fond de l’eau

Suite à un forage sous-marin trop aventureux, de redoutables créatures préhistoriques, témoins d’un autre temps, remontent à la surface des mers. Parmi ces monstres, on trouve le Mégalodon, le plus terrifiant prédateur marin sensé être éteint depuis des millions d’années. Alors que de nombreux spécimens sillonnent les mers du globe, certains se mettent en quête du secret de ces créatures et de leur soudaine résurgence. Ferseinger, le Centenaire des Carpates, mobilise ainsi son meilleur homme, London Donovan, ainsi que l’océanographe Kim Melville, dont la fille Lou manifeste un lien singulier avec les créatures allant de pair avec une physiologie tout à fait hors-norme.

Au fil des tomes, l’apparition des fossiles vivants laissera entrevoir un secret bien plus complexe, impliquant une civilisation humanoïde sous-marine, dont seules les anciennes traditions en lien avec la mer peuvent encore témoigner. Nos héros vont découvrir que ces « Tritons Antiques » sont entrés en contact avec les prémisses de l’Humanité, ce qui a conduit à leur quasi-extinction et leur retrait subséquent dans les profondeurs abyssales. Ces contacts, bien que brefs, ont conduit à des métissages, engendrant des lignées d’êtres hybrides tels que Lou Melville.

Dans ce tome 10, Lou, devenue adulte après une habile ellipse, tente à son tour d’explorer les fonds marins pour contacter ces êtres aquatiques. Cependant, les abysses sont un endroit inhospitalier, même pour des plongeurs expérimentés. Lou et son équipe vont donc se retrouver piégés dans leur sous-marin endommagé, alors même que le réacteur nucléaire de l’engin menace d’exploser en engendrant une catastrophe planétaire.

Lou va donc douloureusement réaliser la portée de la maxime nietzschéenne qui sert de titre à l’album.

Les Dents de l’Abysse

Dès le premier tome de Carthago, l’on est frappé par un constat: la série porte en elle le germe de quelque chose de grand, amenant un sens du merveilleux à travers ses pages aux traits réalistes, traitant le sujet fascinant de la cryptozoologie dans une sorte d’uchronie très bien étudiée.

Le premier cycle laisse cependant apparaître le futur de son intrigue par des foreshadowings peut-être trop évidents pour le lecteur rompu à la SF et au fantastique. Ainsi, l’implication des Tritons et le croisement des espèces n’endosse pas nécessairement l’impact d’une révélation ou d’un twist, et l’on sent poindre très rapidement l’influence des classiques du genre, comme l’incontournable Abyss de James Cameron. Notons d’ailleurs, que, de façon assez prévisible, ce dixième volume partage avec le film, entre autres choses, la référence à Nietzsche.

Comme nous avions pu le remarquer sur d’autres séries de Christophe Bec, certains albums peuvent paraître dispensables à l’intrigue et semblent dépourvus de pivots majeurs, si bien qu’on finit par avoir une impression de longueur, voire de redondance entre certains volumes.

A la décharge du scénariste, qui ne répond peut-être qu’à une commande éditoriale, le nombre de situations dramatiques allant de pair avec la thématique de l’exploration sous-marine reste limité: fuir des monstres, traquer des monstres pour percer leur mystère, se retrouver piégé sous l’eau, on a l’impression avec ce dernier tome que tout a été vu, tout a été traité, à l’envi, si bien qu’au fil des album, l’auteur peut être tenté de recycler. L’intrigue tournant autour d’une explosion sous-marine dévastatrice colore elle-aussi l’album d’une teinte de déjà-vu, le scénariste ayant déjà basé sa série Olympus Mons sur ces enjeux-là. Les allers-retours surface/abysses effectués par les personnages au cours de ce volume ne font qu’enfoncer le clou.

Ce qui demeure également frappant, ce sont les dialogues parfois figés dans du techno-blabla, les personnages dépensant un nombre conséquent de phylactères à décrire des situations délicates en utilisant un jargon technique, qui, bien qu’adéquatement documenté, peut perdre le lecteur en l’éloignant de la tension dramatique. Il est toutefois possible que ce procédé puisse servir à immerger davantage le lecteur, mais ce n’est pas l’impression qui s’est imposée à nous en première lecture.

Côté graphique, Christophe Bec reste très bien entouré au fil de ses albums, Ennio Buffi respecte le canva suivi par la série jusque là.

Pour résumer, Carthago est une série portée par des thèmes fascinants, mais qui souffre d’une dilution trop importante de son intrigue, ce qui génère des redondances et parfois même, des redites avec d’autres série de l’auteur.

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Lecture COVID: Seraph of the end

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Les sources de lectures Covid que j’ai identifié sont les suivantes (vérifier sur les sites la durée de disponibilité variable). Si vous avez un compte Iznéo, les promo sont basculées mais en vrac entre les promo payantes et les véritables gratuits).

Attention, avec l’annonce du déconfinement plusieurs éditeurs ont stoppé leur opération lecture gratuite. D’autres continuent au moins jusque fin mai. Si vous avez déjà ouvert un des albums proposés il se peut que la lecture soit toujours possible dans votre navigateur.


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Manga de Takaya Kagami et Yamato Yamamoto
Kana (2015-), série en cours,18/20 vol. parus en France.

badge numeriqueJ’aime beaucoup les histoires de conflit mythologique et l’esthétique des anges guerriers. Cette série me tentait bien avec ses belles couvertures et cette promesse de combat de fin du monde… et j’ai été très déçu par cette introduction franchement banale dont la principale qualité est de ne pas trainouiller dans la mise en place. En un seul volume on nous présente le contexte de la Chute, le personnage principal mis dans un contexte de bétail à vampire (séquence qui rappelle beaucoup The Promised neverland), sa fuite et ses errements rebelles dans un lycée situé dans la dernière zone de l’humanité, l’existence de démons et d’une brigade spéciale chargée de les combattre… Ca va donc très vite, peut-être trop pour nous permettre de vraiment nous attacher aux personnages. Surtout, les histoires d’ado rebelles dans un lycée ont tendance à m’agacer et j’attendais quelque chose de plus sombre, plus sérieux. Pas franchement un mauvais tome, mais avec des dessins qui ne dépassent pas le canon moyen et assez peu de tension dramatique, cette longue série pas encore terminée au Japon ne me donne pas forcément envie de prolonger l’expérience. je vais me renseigner sur des avis pour la suite et poursuivrais peut-être encore une poignée de volumes au cas où mais Seraph of the end ne fera clairement pas partie de mes priorités de lectures manga des mois qui viennent.

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BD en vrac #17

La BD!

  • Misères (Grimalt/Mosquito) – 2019

badge numeriquecouv_374565L’espagnol Francesc Grimalt a publié en 2015 ce magnifique conte que l’éditeur grenoblois Mosquito traduit chez nous à l’automne dernier. Travaillant dans l’animation et doté d’une technique redoutable qui rappelle par moment le travail de David Sala, ou les mécaniques d’Andreae, Grimalt propose un très original huis-clos, un conte surréaliste improbable où les textures ont une grande importance. Le jeune héros déguisé en indien débarque dans un village unique et perché sur un piton rocheux: les trente maisons du village Misères forment un unique alignement de bâtis dont la largeur ne dépasse pas une pièce! Poursuivi par une force invisible, le jeune garçon devra parcourir chaque maison, occupée par des fantômes d’anciens habitants qu’il devra se garder de froisser… L’occasion de nous présenter des séquences fantasmagoriques où Dali appelle Tim Burton, Lewis Caroll et le folklore anglais peuplé de Leprechauns. Avec un découpage très aéré d’un maximum de quatre cases par page, il s’agit bien d’un album destiné à la jeunesse qui permet de découvrir un auteur doté d’une forte personnalité graphique qui me rappelle plus le travail des artistes argentins qu’espagnols (souvent très influencés par Disney). L’album lui-même propose un gros travail sur l’architecture bois du village de même que sur les motifs des tissus. Les aperçus du travail de Grimalt sur des maquettes et marionnettes (le village a d’ailleurs été fabriqué en maquette) montre l’approche artisanale de l’auteur. Un artiste dont on suivra avec envie de prochains ouvrages et l’activité hors BD tant il donne envie d’imaginaires.

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  • Jakob Kayen #2: Le mange mémoire (Runberg, Guerrero – Le Lombard) – 2020

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couv_384889Ma lecture du premier volume m’avait emballé sur les dessins et l’univers général mais laissé sur ma faim quand à l’intrigue, un peu courte… et malheureusement cette suite confirme que Sylvain Runberg est en service minimum sur cette série où personne ne semble trop voir de problème à un scénario qui frise l’indigence. C’est très surprenant de la part d’un scénariste généralement très intéressant. Son idée de départ est sympathique mais passée la surprise du premier volume on ne peut que constater que l’histoire, très formatée, pouvait tenir en une simple séquence et est totalement inintéressante, d’autant qu’elle est redondante avec le premier tome. Jakob est déterminé à récupérer sa dulcinée emmenée au harem du grand sultan en plein cœur de la capitale de l’empire Omeykim. Sur de son coup il n’imagine pas qu’au même moment un coup d’Etat s’apprête à bouleverser ses plans…

J’espère qu’auteurs et éditeurs ne comptent pas produire ainsi une série de one-shot sur un type qui s’infiltre dans une forteresse comme dans du beurre grâce à ses capacités surnaturelles… Il faudrait penser à changer d’idée et si le principe du peuple ancien est intéressante, on marche ici sur de très grosses ficelles avec un scénariste qui ne propose jamais de pousser cette réflexion sur la mémoire. Projet assez incompréhensible, très feignant alors qu’il est doté de nombreux atouts, à commencer par un très bon dessinateur impliqué et un background à gros potentiel. Gros gâchis pour le moment. Si l’on regarde une autre grande série de Runberg, Orbital, démarrée très lentement, on se dit que ce n’est pas perdu. Mais franchement on pourrait attendre d’un éditeur qui travaille avec ses auteurs pour éviter ce genre de choses.

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  • Blake et Mortimer: La vallée des immortels #2 (Sente, Berserik, Van Dongen – Le Lombard) – 2019

couv_377354-1La lecture du tome précédent m’avait assez moyennement accroché pour les mêmes raisons que le précédent: depuis plusieurs albums, Yves Sente, scénariste attitré d’une reprise de Blake et Mortimer qui devait à l’origine permettre à des coupes d’auteurs changeants de proposer des adaptations riches, semble vouloir nous proposer des documentaires, tantôt sur l’histoire de la cryptographie (Le baton de Plutarque), de Shakespeare (Le testament de William S.) et ici de Hong-Kong sous mandat britannique. Sur le plan technique on ne peut pas dire que ce soit mauvais. On a une enquête policière avec Mortimer enlevé et recherché par Blake, comme souvent dans la série. Les dessins sont classiques et fidèles à l’esprit. On passe donc ce second volume à lire le récit de la trahison du premier empereur Shi huangdi et ce qui l’a amené à la vallée des immortels. Si la fin renoue vaguement avec la mythologie B&M en retrouvant un Nasir fort mal en point et un soupçon de fantastique, l’erreur originelle de cet album est bien de l’avoir découpé en deux parties soit tout de même cent pages! Les deux premières histoires de HP Jacob se déroulaient sur trois et deux tomes et c’est bien la nostalgie qui nous fait pardonner les longueurs d’alors. Plus rien ne justifie cela aujourd’hui et ce volume souffre des mêmes défauts que le précédent qui nous baladait longuement dans une visite touristique et historique de Hong-Kong. Pas franchement mauvais, cet album souffre surtout de la lassitude de lecteur qui a peut-être usé son envie de Blake&Mortimer et la patience envers un auteur capable de très bonnes choses (la vengeance du Comte Skarbek) mais qui se promène sur des séries archi-commerciales. En devenant banalement annuelle la série a perdu sa sève et des raisons justifiables de sortir des albums. Pour ma part j’attendrais patiemment le retour du grand Van Hamme sur un Dernier espadon annoncé…

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Lecture COVID: Berserk #1

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Les sources de lectures Covid que j’ai identifié sont les suivantes (vérifier sur les sites la durée de disponibilité variable). Si vous avez un compte Iznéo, les promo sont basculées mais en vrac entre les promo payantes et les véritables gratuits). N’hésitez pas à signaler en commentaire de ce billet des liens intéressants vers d’autres éditeurs!


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Manga de Kentaro Miura
Glénat (1996-2019), série en cours (40 volumes)

badge numeriqueBerserk est considéré comme un monument par une bonne partie des lecteurs assidus de manga, un peu comme l’est Elric pour la fantasy en occident… Je vais sans doute me faire conspuer à cette comparaison entre deux univers que je maîtrise et connais très mal mais le parallèle m’est venu assez vite après avoir terminé ce premier tome (et ma lecture de l’adaptation en cours du plus célèbre albinos de la littérature). L’atmosphère glauquissime, les démons visqueux omniprésents et le antihéros violent et désintéressé du sort de ses semblables se retrouvent dans les deux œuvres.

Ce premier tome nous présente donc le héros, dont la caractéristique est d’être doté d’un bras métallique portant une arbalète à répétition et surtout, icône absolue du manga, une épée, que dis-je, un arbre de métal de deux mètres de long sur cinquante centimètres de large qu’il utilise pour découper allègrement tout ce qui se place en travers de sa route… Parti en quête de vengeance (on ne sait pas encore laquelle), il semble invulnérable aux attaques des démons qui parcourent le pays et refuse l’aide d’une petite fée qu’il a délivré des griffes de méchants. On ne s’ennuie pas lors de la lecture de cette introduction, du reste fort mal dessinée (le manga date du milieu des années 90) et très fournie en combats violents et démembrements. L’aura sulfureuse qui entoure ce manga n’y est sans doute pas pour rien dans sa notoriété et je dois dire que cela m’a laissé de marbre, assez peu friand que je suis de la fameuse culture « monstrueuse » qui parsème nombre de mangas et anime. Les dialogues, pas franchement subtiles, sont parsemés d’humour noir et d’un esprit sadique qui fait l’ADN du manga. Par tous ces aspects cette lecture ne m’a pas convaincu (mais il paraît que les dessins s’améliorent grandement par la suite…).

L’apprenti Otaku vient justement de publier un guide de lecture de la série, que je vous conseille vivement si vous souhaitez vous lancer dans cette aventure. Pour ma part, suivant ses conseils, j’irais sans doute jusqu’à la fin des trois tomes d’introduction pour voir si le virus m’aura attrapé…

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Jormungand #1-3

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Manga de Keitaro Takahashi,
Meian (2019-), 190 p./tome, 5 tomes parus en VF (11 en VO).

bsic journalismMerci aux éditions Meian pour cette découverte.

Deuxième lecture d’une série chez Meian après l’étonnant (et violent!) 7 Ninja d’Efu. Cet éditeur est issu d’un des historiques de la distribution d’Anime japonais, IDP home video et s’est lancé dans l’édition papier depuis peu, avec notamment la publication du carton Kingdom pour lequel ils proposent une innovante formule d’abonnement, permettant d’assurer des pré-ventes et d’alléger un peu le budget des lecteurs sur de grosses séries.

Le titre de la série Jormungand fait référence au serpent-monde de la mythologie nordique, sans que l’on comprenne bien (au stade où j’en suis) le lien entre les deux. Les volumes comprennent une table des matières avec titres en anglais, à partir du volume deux une double page rappelant les personnages et en fin d’ouvrage une courte séquence humoristique décalée, que l’on retrouve assez fréquemment dans les manga.Jormungand, Tomes 1 et 2 | Le tempo des livres

Jonah est un redoutable enfant-soldat enrôlé dans l’équipe de la marchande d’arme Koko Hekmatyar. Son travail consiste à protéger sa patronne des assassins, clients et concurrents prêts à tout, dans un univers sans lois où la violence est la vertu première. Paradoxalement Koko a entrepris d’éduquer Jonah à une morale humaniste…

Le thème de la série est celui des marchands d’arme et de cet univers souterrain rassemblant syndicats du crime, armées semi-officielles et zones de guerre et sans loi. Les références de l’auteur sont clairement les films d’action violents et le cinéma de Hong-Kong. Le concept est plutôt intéressant et a tendance à m’attirer. On rentre Jormungand Tome 1 - Comics de comiXology: Webpourtant assez mal dans la création de Keitaro Takahashi puisque propulsés dans le premier tome en plein milieu d’une course-poursuite en voitures destinée à nous en mettre plein la vue en matière de fusillade motorisée en mode XXL. Sur ce plan c’est plutôt efficace et l’on pardonne les difficultés de lisibilité des dessins (le découpage va un peu trop vite avec une maîtrise technique pas suffisante pour faciliter la clarté de l’action) pour ces premières pages professionnelles de la carrière de l’auteur. L’histoire de Jonah et sa relation avec Koko ne seront pas expliqués avant plusieurs volumes, aussi il faut se concentrer sur le background à savoir l’équipe de super-crac des opérations spéciales qui accompagnent Koko. L’aspect ado et l’humour manga me laissent un peu de marbre (problème de génération sans doute…) mais le fonctionnement des personnages est assez efficace. La suite du volume est très laborieuse puisque Koko part sans que l’on ne sache ni pourquoi ni comment, signer un contrat en Ukraine (je suppose). Le déroulé de l’histoire est difficile à suivre et très mal appuyé par les dessins. L’auteur a un style qui semble influencé par le design de la série de jeux vidéo Metal Gear Solid. C’est esthétique par moment et permet des aspects rageurs à l’action mais cela reste trop brouillon pour immerger le lecteur comme il faudrait.

Dès le second tome les choses s’arrangent puisque l’on retrouve une linéarité et une simplicité propices avec l’équipe de Koko débarquée à Dubaï et prise en chasse par une organisation d’assassins. Cela permet, après ce premier tome bien peu original, de commencer à développer sérieusement le background et d’ouvrir des possibilités. Si la construction reste assez redondante avec des missions à remplir et des pages d’action à coup de sniper, de mitrailleuse lourde et de couteaux de combat, on commence à accrocher sur les basiques de la série. Pour le personnage principal tout cela reste bien mystérieux et périphérique, chose étonnante alors qu’on nous présente Jonah comme le personnage principal. Le dévoilement peut être progressif mais il ne faudrait tout de même pas trop tarder à faire commencer une histoire un peu complexe.

L’explication du passé de Jonah intervient au tome trois qui propose un court flashback détaillant le recrutement par le frère de Koko… avant de passer à une nouvelle mission en Afrique du sud impliquant un agent américain renégat particulièrement collant. Hormis une escarmouche sur le porte container avec des pirates africains ce tome retombe dans une certaine confusion du premier… Il ressort de cette lecture du début de la série une impression de travail semi-pro qui pourra vous intéresser si vous êtes passionné par l’univers des armes et des trafics internationaux, mais en exigeant une concentration assez conséquente du fait d’un manque de lisibilité à la fois graphique et dans les intrigues. Cette série manque clairement de peps et d’un plus qui donnerait envie de s’y accrocher.

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Sushi & Baggles #31

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  • Lastman #2 (Balak, Vivès, Sanlaville/Casterman) – 2013, série finie en 12 volumes.

mediathequecouv_191184J’apprécie l’envie d’avancer rapidement dans cette série à lecture rapide. Ce tome voit la conclusion du tournoi entamé sur le premier volume et le développement du background de Richard et de sa relation avec le gamin et sa mère. L’univers est toujours surprenant, entre Moyen-Age et contemporain, sans que l’on sache si l’on est dans un monde post-apo ou non. Certainement que les auteurs vont profiter de la fin de ce premier arc pour construire leur univers et un antagonisme qui reste léger pour l’instant, hormis le fameux Lord Ignacio et son champion Cristo Canyon. Que ce soit sur les combats ou non le sens du cadrage et de l’action sont redoutables et confirment le talent de Michael Sanlaville pour transposer le dynamisme de l’Animation en BD.

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  • Ex-Arm #7 (Hi-rock/Shin-Ya Komi/Delcourt) – 2018

couv_326423Décidément cette série aux graphismes toujours impériaux fait les montagnes russes avec une vraie difficulté à maintenir une tension dramatique (sans doute du fait d’une intrigue générale assez légère…). Ce volume n’est pas mauvais en soi mais on sent l’aspect Ecchi gratuit (euphémisme?) prendre le dessus. C’est dommage car on commence par la fin du combat entamé au volume précédent et qui, comme toutes les bastons depuis le début est très bien tourné. Ça reste du corps à corps mais le dessinateur propose ce qui se fait de mieux en Manga en matière de cadrages et de dynamisme. Très vite on retombe ensuite dans de longues explications sur les relations entre les différentes mafia et sur le mystérieux « faucon du désert ». Depuis le début de l’arc on a bien compris que tout le monde possédait une Ex-arm et que la baston finale s’annonçait impressionnante. Le volume est donc un (nouvel) intermède permettant de voir Alma nue et les contre-plongées lourdingues sur les jolis arrières trains des demoiselles. On lit rapidos et on attend la suite…

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  • Ex-Arm #8 (Hi-rock/Shin-Ya Komi/Delcourt) – 2018

couv_345029On finira par s’y faire, dans cette série après un album passable vient toujours un autre excellent. Ce huitième volume des aventures de Minami et Alma l’androïde marquent une entrée dans l’action: les familles mafieuses se lancent dans une chasse sanglante dont il ne doit ressortir qu’une poignée d’enchérisseurs pour la vente des Ex-arm. De nombreux manipulateurs dans l’ombre surgissent et on a droit à de magnifiques combats dont les dessins font toujours autant baver, tant par la qualité du design que par la technique des dessins, jusqu’à la finesse des textures. Encore une fois, Ex-Arm est un manga très grand luxe! Comme l’histoire se développe (notamment des révélations sur le mystérieux roi du désert et ses liens avec Minami avant un combat dans le noir particulièrement tendu) on a moins de vues Ecchi et une intrigue plus linéaire ce qui fait du bien. Restent quelques ellipses brutales comme depuis le début mais cela reste un détail. Ce tome est pour moi le meilleur depuis le début et parvient à véritablement nous happer vers la suite. En espérant que cette tension se maintienne jusqu’au bout!

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BD en vrac #16

La BD!

  • Les métamorphoses 1858 #3 (Ferret, Durand/Delcourt) – 2020

couv_381456badge numeriqueFerret du Durand avaient marqué un sacré coup de neuf lors de la sortie des deux premiers albums d’une série qui se termine ici. Conclusion oblige, on est ici dans le tome des résolutions et malheureusement, malgré un méchant plutôt réussi, les auteurs semblent ne pas savoir comment refermer les mystères et portes ouvertes. Commençant l’ouvrage avec un raccourci qui nous téléporte les deux visiteurs de l’ïle dans la fameuse clinique, on navigue ensuite dans une grande linéarité à base de destruction de laboratoire. Le découpage et cadrage sont toujours aussi sympathiques et percutants et les décors grandioses. Mais Le soufflet retombe donc sur un final qui ne soulève ni surprise ni grand enthousiasme. Il est toujours très compliqué de conclure une histoire et les auteurs l’éprouvent ici clairement. Ce n’est pas très grave et la série qui les a fait pénétrer le monde du neuvième art restera un très beau moment marqué par la passion et un sacré travail. De quoi attendre leurs prochaine création avec envie.

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  • Conan: les mangeurs d’hommes de Zamboula (Gess/Glénat) – 2020

badge numeriquecouv_386004La série Conan continue son bonhomme de chemin avec toujours la même interrogation sur le motif de réalisation de chaque album. Si le matériau de départ n’est pas extraordinaire (ce qui est patent sur ce tome), la liberté de choix des nouvelles par les auteurs contactés par Glénat crée parfois des ouvrages assez dispensables. Ce Mangeurs d’hommes de Zamboula  est des mots même de Patrice Louinet (le spécialiste de Conan qui co-dirige la collection avec JD Morvan) totalement dérisoire et parfaitement mercantile. Si les autres histoires déjà publiées n’ont pas pour qualité premières leur profondeur, on nage ici en plein nanar que vous apprécierez d’autant que vous le prendrez au quinzième degré. Dès l’entame, malgré une mise en scène efficace du chevronné Gess, on tombe en pleine discussion de Conan avec un vieillard qui nous fait nous demander si l’on a raté un épisode. Dans ce qui suit tout est absurde, du héros qui se jette dans la gueule du loup à l’irruption tout à fait raciste des noirs mangeurs d’hommes (et pour le coup fidèle au texte source que le dessinateur n’a fait qu’adapter) en passant par la donzelle qui se balade à poil sur la totalité de l’album. On remarquera d’ailleurs l’incohérence de l’éditeur qui pousse le coquin Cassegrain à l’autocensure quand ici la nudité ne pose pas de problème… Du reste dans le genre pulp, cet album cohérent avec le genre, Conan est invincible et jamais effarouché, les filles sont belles, les cités sont orientales et les magiciens de redoutables illusionnistes dont on ne cherche pas d’autres motivations que d’être méchants. Côté dessin si vous aimez Gess, c’est plutôt chouette, notamment sur les décors. Sinon vous retrouverez les mêmes choses qui font tiquer, des couleurs étranges à certaines difficultés anatomiques… Je conseillerais donc cet album aux fana de Conan ou de Gess, pour les autres, reportez-vous plutôt sur le Colosse noir ou le Augustin.

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  • Harmony #5 (Reynes/Dupuis) – 2019

Le premier volume du second cycle a été chroniqué ici. Le premier cycle est visible ici.

couv_377306La construction des scénarios de Mathieu Reynes est de plus en plus sophistiquée et pourraient en déstabiliser certains. L’alternance temporelle et des personnages n’est pas toujours linéaire, ce qui complexifie la lecture. Ce volume se concentre sur le grand méchant qui cherche à redonner vie au dieu déchu Azhel. On rentre ainsi dans une phase décisive où l’antagonisme entre deux groupes d’humains puissants se révèle, jusqu’à une scène qui fait directement référence à Akira, le modèle assumé. Mais la série Harmony a montré depuis son premier volume combien elle était dotée d’atouts propres, de ces inspirations digérées pour accoucher d’une création originale. Je reprocherais peut-être un peu le manque de scènes épiques, l’auteur flirtant parfois avec un fantastique qui peut virer grandguignole… mais sans jamais y tomber. Au contraire, la maîtrise graphique (et la colorisation, superbe), le découpage cinématographique et l’esthétique générale ainsi que l’existence de simples humains très « normaux » donnent du corps à la série. Si le premier cycle a donné lieu à force affrontements magiques, ce n’est pas le cas ici où l’intrigue reste assez sage. Comme depuis le début on attend un peu plus de révélation (je crains une série très longue) mais le plaisir reste très grand à la lecture de l’album. Une réalisation très sérieuse, très pensée d’un auteur en pleine maîtrise de son projet et des moyens pour le réaliser. Une des meilleurs séries fantastiques actuelles.

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