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Seven to Eternity

East and west

Comic de Rick Remender et Jerome Opena
Urban (2017), Ed US Image comics (2016), 1 vol paru/2

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Album au format classique Indies Urban, couverture attirante même si on a vu plus inspiré (Urban avait bossé sur Tokyo Ghost en présentant une couverture différente de l’édition américaine et une édition N&B, ici ils reprennent exactement la couve originale). Comme habituellement on a du contenu additionnel avec une postface très intéressants de Rick Remender qui parle du travail de création (comme sur Low et Tokyo), dix pages de croquis de Jerome Opena et 6 couvertures alternatives. Par contre on aurait aimé avoir les illustrations des fascicules originaux. Enfin, petit soucis sur l’étalonnage des couleurs d’impression, c’est un peu fade si l’on compare à la version numérique. Clairement Urban est un peu passé à coté niveau éditorial ce coup ci, ce qui est inhabituel. Peut-être la volonté de sortir très rapidement le bouquin (parution en février aux USA, en novembre en France). L’éditeur reproduit le même tarif à 10€ pour le premier volume que sur ses autres parutions Indies, c’est super intéressant et bon coup pour attirer le lecteur. Malin.

seventoeternity-187521-1.jpgJe crois que je me suis encore fait prendre dans les filets de Rick Remender moi… Attiré par la couverture assez réussie (surtout en édition N/B chez Urban) j’ai pris l’album pour une critique sur Iznéo (en numérique donc). Assez sceptique sur les premières pages du fait d’un style graphique et de colorisation assez interchangeable sur pas mal de comics « industriels » et d’un monde de type Fantasy, au bout de quelques chapitres j’ai commencé à entrer dans un univers vraiment très original, subtile, à la fois en matière de design et sur les  thématiques. Sur une trame classique (un tyran voit des rebels se liguer contre lui), l’apport de Remender est celui de l’intelligence: le grand méchant, le « Maître des murmures« , n’a aucune force autre que celle de proposer à ses congénères d’assouvir leurs désir intimes. Lorsque ceux-ci acceptent ils deviennent des « capteurs » pour ce « Roi fange » qui peut ainsi voir, entendre, sentir au travers de millions d’individus. Quel pouvoir! Seven to eternity parle donc de la soumission volontaire et de la liberté individuelle (thème déjà central sur Tokyo Ghost). L’ensemble de l’intrigue repose sur ce concept de proposition, de torture intérieure que les personnages s’infligent seuls et qu’ils sont seuls à pouvoir résoudre… Le thème de la famille (et du père absent/défaillant) reste également central, véritable obsession et fil rouge du scénariste sur tous ses albums, de même que le pouvoir dictatorial qui soumet par la terreur, la délation, l’asservissement aliénant.

img_2223-e1460161093363-600x910Il faut reconnaître que l’entrée en matière est ardue, l’histoire commençant par un long passage du journal du héros fourmillant de termes spécifiques à l’univers, puis enchaîne sur une situation déjà installée. L’univers visuel est très original, organique, poussiéreux, et mêle fantasy (la magie est partout, un peu comme dans Lanfeust) et technologie type post-apocalyptique (fusils, pièces mécaniques). Dès les premières pages le héros va mourir, les méchants gagnent avant que l’on ne sache sur quelle terre on a mis les pieds… Bref, on est perdu et il faut attendre la confrontation avec le Maître des murmures (tous les termes sont vraiment poétiques et évocateurs) et l’incroyable retournement de situation pour pleinement entrer dans l’univers et l’histoire. Le lecteur est souvent malmené chez Remender et Seven to eternity ne déroge pas à la règle. C’est touffu, rapide. Ce plein demande une concentration particulière sur les premières pages mais provoque un vrai sentiment de satisfaction esthétique et intellectuelle. Rapidement on sent que l’on n’a pas affaire qu’à une énième série fantastique.

005_seventoeternity03Graphiquement Jerôme Opena (qui a déjà travaillé avec Remender sur la série parodique Fear Agent et dont le style me fait de plus en plus penser au grand Travis Charest) produit une partition assez impressionnants et le travail de création d’univers est sidérant! La Fantasy est souvent assez feignants avec ses nains, elfes et autres mages vaguement nécromants. Ici les marqueurs sont totalement détournés dans un sens jamais vu. Le joueur de flûte est à ce titre tout à fait marquant, de même que les acolyte d’Adam Osidis, chacun dotés de pouvoirs très recherchés. L’inventivité est de chaque instant, les auteurs ayant essayé d’innover à chaque objet, chaque pouvoir (comme ces flèches-serpent ou ces « clous » portant une partie de l’âme et du pouvoir des défunts).

Dans Seven to eternity le lecteur est surpris. Les premières pages montrent ainsi la défaite terrible des héros, les suivantes celle du maître des murmures… Pendant ces aventures l’on rencontrera des poulpes volants, des hiboux magiciens ou des dinosaures géants portant un portail quantique dans la gueule… Finalement cet ouvrage me fait penser au récent Jupiter Legacy de Mark Millar, qui mine de rien a renouvelé le genre super-héroïque avec la même intelligence et le même engagement que le mythique Watchmen. Seven to eternity pourrait suivre la même voie pour le domaine de la fantasy.

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Un autre avis chez Merry et Kloë.

 

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6 commentaires sur “Seven to Eternity

    1. Pas vraiment SF en fait. Bien plus proche de la fantasy (avec de la magie omniprésente). Remender fait généralement plutot de la SF en effet mais il est surtout connu pour développer des univers cohérents et détaillés (sombres). C’est ce qui m’a plu dans Seven, comme sur Servitude que je chronique aujourd’hui.

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