**·BD

Larkia

La BD!

Histoire complète en 84 pages, écrite par Ingrid Chabbert et dessinée par Patricio Angel Delpeche. Parution le 24/03/2021 aux éditions Glénat.

Sad Max: Sorry Road

Dans les ruines d’une cité décrépite, la jeune Larkia traverse la plus forte des épreuves: elle donne la vie pour la première fois, avachie sur une banquette de voiture, tandis que la vieille Thésy, dont on peut douter de la clarté d’esprit, entonne des prières à qui mieux-mieux. L’accouchement est sanglant, difficile, mais Larkia survit et peut enfin tenir son enfant dans ses bras. 
Cependant, quelque chose cloche: le bébé n’ouvre pas les yeux. A peine recousue à l’aide d’un hameçon trouvé sur place, Larkia doit fuir avec son nouveau-né, traquée implacablement par une milice armée et prête à tout pour mettre la main sur l’enfant. Ce sera le début d’une course-poursuite à travers les terres désolées, avec pour enjeu la survie de la mère et de son bébé aux yeux clos. 

Dans sa note d’intention, Ingrid Chabbert explique avoir été impressionnée par le chef-d’oeuvre de George Miller, Mad Max Fury Road, ce qui lui aurait inspiré cette histoire post-apocalyptique boostée à l’adrénaline. En effet, mue par une saine émulation, la scénariste a eu pour but de créer une héroïne aussi captivante que Furiosa, la deutéragoniste de Fury Road, qui, incarnée par Charlize Théron, crevait l’écran dans le long-métrage. Le problème qui se pose ici, est que n’est pas George Miller qui veut. Apparemment, il ne suffit pas de s’extasier (à raison!) devant un excellent film de genre pour être ensuite capable d’en produire un fac-similé qui soit à la fois original et respectueux du matériau d’origine. Sinon, tous les fanboys de la Terre seraient d’excellents auteurs, ce qui est loin d’être le cas.


Ingrid Chabbert s’est donc ingéniée à vider toute la substantifique moelle du long métrage, pour n’en retenir que des éléments superficiels, en pensant que cela suffirait à produire un récit riche et un univers intéressant. Ce processus homéopathique dessert grandement l’album, puisqu’en lieu et place d’une héroïne forte et intéressante (Furiosa), on se retrouve à suivre les péripéties invraisemblables (par exemple, elle pilote un hélicoptère, sans que cet élément ne soit ni préparé (on montre qu’elle est serveuse, mais pas militaire), ni exploité par la suite) d’un personnage assez creux et unidimensionnel. Cette écriture à l’emporte-pièce n’a pas porté préjudice qu’au personnage central, mais également à l’univers qui sous-tend le récit. 

Où sont les symboles forts de Fury Road (la lutte pour les fluides: Eau, Sang, Lait et Pétrole; la symbolique des quatre Cavaliers) ? Que dit l’effondrement des sociétés évoqué dans l’album sur notre propre monde ? Aucune de ces questions centrale ne trouve de réponse, ce qui est inentendable pour un one-shot. En cherchant bien, toutefois, on peut trouver d’autres sources d’inspirations probables, comme Les Fils de l’Homme, mais là encore, il ne suffit pas de poser au milieu de l’histoire un nourrisson poursuivi par des méchants pour qu’elle devienne instantanément digne d’intérêt. 

Les flash-back qui émaillent le récit tentent de donner un semblant de justification à ce qu’il se passe ensuite, sans toutefois que cela fasse grand sens au regard de l’intrigue générale. Côté graphique, toutefois, on doit reconnaître le talent de Patricio Angel Delpeche, qui use de plans très cinématographiques et d’un dessin très vif, qui rehausse complètement les scènes d’action. 

Une écriture décousue, une intrigue pauvre et invraisemblable, et surtout, un personnage central mal pompé sur un parangon du genre, voilà ce à quoi vous aurez droit en lisant cet album.

***·Comics·East & West·Nouveau !

Year Zero #1

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Album de 110 pages comprenant les cinq volumes de la mini-série Year Zero, écrite par Benjamin Percy et dessinée par Ramon Rosanas. Parution en France chez Panini Comics le 17/03/2021.

Dur, dur d’être un zombie

En cette période pour le moins singulière où chacun de nous est un survivant, Panini Comics a jugé opportun de lancer deux nouveaux albums sur le thème de la pandémie. Cet argument de vente, certes opportun, d’en comporte pas moins des promesses de frissons, et, pourquoi pas après tout, de bonnes lectures.

Dans ce Year Zero, nous allons suivre les mésaventures d’un certain nombre de protagonistes, répartis dans le monde et ayant chacun leur manière d’affronter cette fin du monde.

Sara Lemons est en mission dans le cercle polaire, afin d’étudier les couches glaciaires. Elle espère y trouver un remède aux maux qui agitent notre siècle, qu’ils soient climatiques, énergétiques, sociétaux ou médicaux.

A Mexico, Daniel Martinez, jeune orphelin des rues, fait ce qu’il peut pour survivre et échapper aux cartels qui ont tué sa mère, convaincu qu’il survit par la grâce divine.

Saga Watanabe, lui, tue des gens pour vivre, principalement à Tokyo. Il exécute un dernier contrat censé lui offrir une porte de sortie, une retraite bien méritée avec l’amour de sa vie.

Fatemah Shah, quant à elle, vit en Afghanistan, où elle sert d’interprète et d’informatrice aux soldats américains.

B.J. Hool, enfin, est un américain moyen, un survivaliste nihiliste qui a passé sa vie à se préparer à ce genre d’événement.

Comment ces gens très différents vont-ils réagir lorsque les morts vont se relever, victimes d’un pathogène qui en fait des zombies anthropophages ? La réponse est simple: plutôt mal. Mais ça n’empêchera aucun d’eux de poursuivre ses objectifs ou de s’en trouver de nouveaux, car la vie, au contraire de la mort, n’a rien de permanent et évolue sans cesse.

Vaut mieux vivre avec des vrais morts qu’avec des regrets

Il apparaît assez vite après le premier chapitre que ces protagonistes ne sont pas destinés à se rencontrer. Oublions-donc tout de suite la perspective d’un récit choral ou de survie à la Walking Dead. Chacun des protagonistes possède sa propre ligne narrative, qui ne croise à aucun moment celle des autres, excepté celle de Sara Lemons, qui se déroule un an avant la pandémie, et qui influe donc sur le reste.

Les sauts et ellipses entre les différents personnages dynamise le rythme du récit mais donne également une sensation de survol, l’auteur se concentrant sur l’essentiel de sa narration sans étoffer davantage certains points qui auraient mérité de l’être.

Year zero - BDfugue.com

Le point de vue interne des protagonistes reste tout de même très intéressant, chacun d’entre eux ayant des croyances et un vécu qui définissent leur vision du monde, et nécessairement, leur réaction face l’apocalypse zombie. Saga Watanabe et Daniel Martinez recherchent la vengeance, tandis que Fatemah cherche l’émancipation et la rédemption. BJ Hool quant à lui, a vécu isolé toute sa vie et ne découvre que maintenant l’intérêt de créer du lien avec une autre personne.

Le parcours de Sara, qui sert de préquel, a des relents de The Thing (la base polaire, une créature sortie de la glace) mais n’exploite malheureusement pas le vivier horrifique que recèle cette prémisse, du fait des ellipses et du peu de temps consacré à cette partie. Le reste des trames individuelles est ô combien classique, hormis sans doute celle du nerd survivaliste qui tombe amoureux, qui comporte son lot d’ironie et d’humour grinçant.

Year Zero vous sera sans aucun doute un peu survendu par Panini Comics en raison du contexte pandémique, mais pas d’affolement: nous ne sommes pas en présence d’un incontournable du récit de zombies, même si l’exécution reste bonne et agréable à suivre. A priori, un deuxième volume est sorti aux US et ne devrait pas tarder à traîner des pieds jusqu’ici pour tous nous dévorer.

****·Comics·East & West

Black Hammer #4: Le meilleur des mondes

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Intégrale de 232 pages de la série Black Hammer, créée par Jeff Lemire et Dean Ormston. Contient Black Hammer: Age of Doom (2018) #6-12, Black Hammer: Giant-Sized Annual (2017), Black Hammer: Cthu-Louise (2018) et un récit de 12 planches paru initialement dans Free Comic Book Day 2019 (Dark Horse): General, puis The World of Black Hammer Encyclopedia (36 pages). En fin de recueil deux carnets de croquis (13 pages) et une galerie de couvertures (13 pages). Parution le 03/07/2020 aux édition Urban Comics.

Les aventuriers de la ferme perdue

Jeff Lemire et Dean Ormston concluent leur épopée super-héroïque avec ce quatrième volume de la série principale Black Hammer. Comme vu dans les trois premiers volumes, la série raconte les mésaventures d’un groupe de justiciers présentant tous des similitudes avec des héros bien connus de la Maison des Idées et de la Distinguée Concurrence.

Ainsi, Abraham Slam (sorte de Captain America vieillissant), Golden Gail (Une Shazam inversée), Barbalien (le Martian Manhunter local), le Colonel Weird (Adam Strange sous acides), Madame Dragonfly et l’éponyme Black Hammer (fusion de Thor et de Superman avec une bonne dose de New Gods), se sont-ils tous retrouvés piégés dans une bourgade américaine typique après avoir sauvé le monde d’un tyran cosmique nommé Anti-Dieu.

Après la mort soudaine de Black Hammer dès leur arrivée, les héros survivants ont du se rendre à l’évidence: ils n’étaient plus chez eux, et ne pouvaient en aucun cas s’éloigner du périmètre de la petite ville sous peine de finir comme leur leader. Certains héros, comme Abraham, y ont vu une chance de raccrocher et de profiter d’une retraite bien méritée. Mais d’autres, comme Gail, étaient déterminés à s’échapper par tout moyen.

L’apparition de Lucy, la fille de Black Hammer, dans leur ferme isolée en ébranla plus d’un, sans pour autant apporter de réel éclairage quant à la nature véritable de leur prison rurale. Lucy ayant hérité de la ténacité de son père, elle finit par découvrir la vérité: les héros de Spiral City étaient prisonniers, depuis le départ, d’une illusion fomentée par Dragonfly et Weird, afin de les maintenir à l’écart du monde et empêcher le retour d’Anti-Dieu ! Après avoir mis fin à l’illusion, voici les héros de retour dans le monde. Mais bien évidemment, rien ne se passe jamais comme prévu…

Suite et fin douce-amère (SPOILER)

Au vu de la conclusion du troisième tome, ce dernier volume de la série principale promettait une fin épique aux héros transformés en famille dysfonctionnelle. Le voile était levé sur leur sort, ce qui les amenait inéluctablement à une nouvelle confrontation avec Anti-Dieu.

Jeff Lemire, qui jusque là avait su faire monter les enchères tout en construisant une caractérisation solide de ses personnages principaux, s’offre un petit détour meta en début d’album, comme s’il souhaitait conserver encore ses jouets et faire durer le plaisir.

L’auteur nous offre encore quelques méandres de péripéties, durant lesquelles les héros dispersés et de nouveau amnésiques vont devoir se rassembler une nouvelle fois. Personnellement, si j’ai adoré voir encore les personnages auxquels il fut aisé de s’attacher à l’occasion des trois précédents tomes, je n’ai pas vu l’intérêt thématique de cet arc. Au contraire, il a eu tendance à faire retomber la tension dramatique accumulée dans le tome 3, qui culminait par la révélation des supercheries nécessaires de Weird et Dragonfly. Ceci a eu pour effet de me laisser tout le temps nécessaire pour repenser et anticiper la conclusion, qui, lorsqu’elle arriva, avait donc un air de déjà-vu et manquait quelque peu de surprise.

En effet, le caractère récursif du sacrifice des héros semblait, avec du recul, inévitable, aussi aurait-il surement été plus efficace de l’amener peu de temps après la révélation du tome 3. En revanche, le final demeure poignant et garde une saveur particulière due au sacrifice des héros, cette fois en connaissance de cause.

Notez que Black Hammer a engendré un univers étendu, qui a déjà commencé à être traduit en France, et même un crossover avec la JLA.

*****·Manga·Nouveau !

L’attaque des Titans #31 et #32

Deux tomes récents de la série japonaise créée par Hajime Isayama. Parution le 19/08/2020 et le 25/11/2020 aux éditions Pika.

Dans la gueule des géants

Etant donné son phénoménal succès, il est assez peu probable que vous soyez passés à côté du phénomène Shingeki no Kyojin. Néanmoins, dans un souci de clarté, revenons si vous le voulez bien sur les bases de ce manga désormais culte, qui est sur le point d’atteindre sa conclusion. L’attaque des Titans, de quoi ça parle ?

Les Titans sont une mystérieuse race de géants humanoïdes, dont il est dit qu’ils ont exterminé l’Humanité il y a un siècle. Invincibles mais mus seulement par l’instinct, ces derniers ont poussé les survivants à se retrancher derrière trois grands murs concentriques, censés les protéger des invasions de ces inexorables prédateurs anthropophages.

[SPOILER]

Le statu quo bascule lorsqu’un jour, un titan dont la stature dépasse celle des murs surgit, et perce une brèche qui cause le chaos. Eren Jager, jeune garçon têtu mais encore insouciant, voit sa mère dévorée par un titan, à qui il vouera ensuite une haine féroce.

Des années plus tard, Eren, suivi de près par ses amis d’enfance Mikasa et Armin, devient membre des bataillons spécialisés dans la lutte contre les Titans. Ce que le jeune homme ignore, mais ne tardera pas à découvrir de manière assez sanglante, c’est qu’il peut lui même se transformer, quasiment à volonté, en un féroce titan, tout en conservant (plus ou moins) son intelligence humaine. D’abord pris pour cible, Eren devient ensuite un élément crucial dans la reconquête des murs, grâce à ce pouvoir qui lui donne l’avantage sur les autres titans.

Toi et quelle armée ?

Cependant, d’autres titans spéciaux ne tardent pas à faire leur apparition, comme un titan féminin, le colossal qui détruisit les murs, et même un titan pourvu d’une solide cuirasse, tous semblant avoir un dessein centré autour de la capture d’Eren. Tout ceci prendra sens lorsque la vérité, enfouie dans le laboratoire du père d’Eren, sera révélée: les habitants des Murs ne sont pas seulement attaqués par les Titans, ils sont les Titans. En effet, tous appartiennent aux eldiens, le peuple d’Ymir, le premier Titan, qui légua à sa mort le pouvoir des Neufs Titans primordiaux à son peuple, qui l’utilisa pour conquérir le monde.

Lassé de ce bain de sang, l’un des rois eldiens décida de se retirer avec son peuple sur l’île du Paradis, laissant l’empire rival, Mahr, renaître de ses cendres. De nombreux eldiens demeurèrent sur le continent et subirent le joug de Mahr, persuadés de devoir expier les crimes de leurs ancêtres. Utilisant à leur tour le pouvoir des Titans par le biais de leurs esclaves eldiens, les Mahrs se mirent en tête de prendre leur revanche, en s’emparant du pouvoir du Titan Originel, qui était détenu non plus par la famille royale eldienne, mais par… Eren.

Le pouvoir absolu corrompt absolument, le pouvoir titanesque corrompt…titanesquement ?

Suite à une habile ellipse temporelle, nous retrouvons Eren, quatre ans après ces fracassantes révélations. Infiltré chez les Mahrs, Eren observe ses véritables ennemis et prépare sa prochaine action, toujours guidé par son désir de vengeance. Convaincu de la justesse de sa cause, Eren profite d’une manifestation durant laquelle les dirigeants Mahrs déclarent la guerre totale aux eldiens, pour commettre un massacre, tant chez les militaires que chez les civils. Cet acte charnière marque un point de non retour chez notre protagoniste, qui passe donc dans la catégorie des anti-héros.

Peu de temps après, il dévoile son véritable plan, conçu grâce à une information cachée: maîtriser le pouvoir du Titan Originel pour libérer les Titans colossaux qui servirent à ériger les Murs de l’Île du Paradis, et les lancers à l’assaut du monde entier, provoquant ainsi le Grand Terrassement. Ainsi, Eren est allé au bout de sa logique, faire table rase du passé pour mettre fin au cycle de haine et de guerre qui lie les eldiens au reste du monde.

Nous arrivons donc bientôt, avec ces tomes 31 et 32, à la conclusion épique de la saga conçue par Hajime Isayama. Outre le fascinant worldbuilding basé sur différentes mythologies (notamment nordique et grecque), l’auteur impressionne par la qualité et la cohérence thématique de son intrigue. Loin des clichés manichéens, le mangaka utilise un arc narratif négatif pour son protagoniste Eren, ce qui lui permet d’apporter un propos nuancé et une morale relativiste dignes d’un grand seinen. Dans l’Attaque des Titans, aucun personnage n’est foncièrement bon ni mauvais, mais tous tentent de survivre ou agir au mieux en remplissant le rôle qui leur est dévoué. Par opposition à Eren, qui débute en protagoniste naïf pour finir en monstre génocidaire, on trouve le personnage de Reiner Braun, le Titan Cuirassé, qui devient notoire par sa duplicité et sa traîtrise pour ensuite attirer la sympathie du lecteur lorsque l’on en apprend davantage sur ses motivations.

Il va lui falloir un bon ostéo.

Sur le plan macro-narratif, les intentions de l’un ou l’autre des belligérants n’ont rien d’étranger à ce que l’on a pu voir dans notre monde. Comment en vouloir à Mahr de se méfier des eldiens et de les voir comme une menace potentielle ? Et en même temps, comment les excuser d’avoir parqué des eldiens pour en faire de la chair à canon ? Même chose pour Eldia, qui utilisa le pouvoir des Titans comme une arme dirigée contre le monde, avant de se retirer pacifiquement: comment juger des crimes vieux de plusieurs siècles, et comment excuser les actes d’Eren, qui, en voulant venger les torts commis aux eldiens, ne fait que confirmer l’image qu’en avait le monde ? Comme vous pouvez le constater, l’Attaque des Titans, ce n’est pas que des géants qui se cognent dessus (même si c’est important!), c’est aussi une trame complexe faite de personnages nuancés et de questionnements pertinents. L’un des meilleurs mangas de la décennie qui vient de se terminer, et dont la conclusion marquera certainement celle qui vient de débuter !

*****·Comics·East & West·Nouveau !

Wonder Woman: Dead Earth

Récit complet en 176 pages, regroupant les quatre premiers épisodes de la mini-série écrite et dessinée par Daniel Warren Johnson pour le Black Label de DC Comics. Parution en France le 27/11/2020 chez Urban Comics.

After the End

Le Black Label est une collection particulière de DC Comics, qui se concentre sur des récits hors-continuité mettant en scène les personnages les plus populaires de la Distinguée Concurrence. Parmi les plus récentes publications en France, on trouve Batman White Knight, et sa suite, Curse of the White Knight, Batman: Last Knight on Earth, et le très remarqué Harleen.

Cet opus nous amène dans un monde post-apocalyptique. Wonder-Woman, la farouche mais bienveillante princesse amazone, se réveille d’un sommeil long de plusieurs siècles, pour émerger dans les ruines d’un monde ravagé par les radiations. Les quelques survivants doivent lutter pour trouver de l’eau et de la nourriture, et n’évitent qu’à grand peine les Haedras, créatures monstrueuses qui écument les plaines irradiées.

Perturbée par son réveil, Diana n’a plus aucun souvenir des évènements et ses pouvoirs ont grandement décliné. Parviendra-t-elle à survivre suffisamment longtemps pour rassembler les bribes de son passé et faire la lumière sur le grand cataclysme qui a englouti la planète ?

Mad Diana: the Amazon Warrior

Voici donc la célèbre amazone propulsée dans un univers tout à fait millerien, avec son lot de dangers, de microcosmes guerriers hiérarchisés et de monstres cannibales. Le récit de Johnson, que l’on avait déjà vu officier sur du post-apo avec Extremity, nous donne à voir une Diana loin des clichés fanservice auxquels elle est parfois confinée, pour se concentrer sur ce qui fait l’essence du personnage crée autrefois par Marston.

Mue par un amour inconditionnel pour l’engeance humaine contre laquelle on l’a pourtant longtemps mise en garde, et bien que mise face aux échecs cuisants de ces derniers, Diana va voler au secours des survivants et les rassembler sous sa protection. Mais bien évidemment, ce qui était mauvais alors est devenu pire depuis l’apocalypse, ce qui confrontera notre héroïne à des désillusions quant à son sacerdoce.

Les révélations iront bon train à chaque chapitre, levant peu à peu le voile sur une vérité qui ébranlera irrémédiablement notre amazone.

Daniel Warren Johnson réussit un coup de maître en nous servant un récit à la fois amer et plein d’espoir, qui met l’accent sur les qualités intrinsèques de la guerrière amazone tout en la passant à la moulinette. Une petite bombe, expression qui prend tout son sens après lecture de l’album !

***·BD·Nouveau !·Service Presse

Apocalypse selon Lola

Semaine très humour avec la ressortie d’une BD qui, après celle de mercredi, coche toutes les cases de l’humour Fluide

La BD!

BD d’Arthur Qwak
Akiléos (2020), 66p. + cahier graphique de 37 pages, couleur. One-shot.
Réedition de l’album « Lola Cordova », paru en 2005 chez Casterman.

bsic journalismMerci aux éditions Akiléos pour cette découverte.

Bel album relié au vernis sélectif, avec illustration d’intérieur de couverture, préface et introduction à cette réedition par le fondateur d’Akiléos et très imposant cahier graphique. Des couvertures d’un faux magazine ont été introduites au sein de l’album. Jolie édition avec nouveau titre (… je n’aime jamais trop cette méthode qui brouille le statut d’ancien album) et pitch redoutablement drôle et parlant… Très bonne édition globalement.

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***·Comics·Jeunesse·Nouveau !·Service Presse

Ronin Island #2

Jeunesse

Deuxième tome de 112 pages d’une série écrite par Greg Pak et dessinée par Giannis Milonogiannis. Parution en France le 19/06/2020 aux éditions Kinaye.

Blanche-Neige et les 47 Ronins

badge numeriqueLe premier tome de Ronin Island n’avait pas convaincu le père Blondin, de par une intrigue convenue et des graphismes sans touche particulière. Qu’en est-il de ce second tome ?

Hana et Kenichi ont grandi sur la même île, mais ils ne sont pas du même monde. Dans l’ère féodale du Japon, chacun ne survit que s’il sait rester à sa place, et le système de castes s’assure du respect de ce statu quo. Kenichi, fils d’un samouraï déchu, porte sur ses épaules le poids des traditions et de la gloire perdue de son clan. Hana, quant à elle, rêve d’un avenir meilleur que ce à quoi sa basse extraction semble la promettre.

Toutefois, sur l’île des Ronins, chacun peut faire la démonstration de sa valeur, et c’est ainsi que les deux jeunes gens ont pu suivre l’entraînement du même maître, Ito, qui a fait d’eux des combattants dévoués à la cause commune. L’isolement insulaire de cette petite communauté va cependant être rompu par l’incursion des soldats du Shogun, seigneur local qui envoie ses hommes réquisitionner tout ce qui peut l’être, pour l’aider dans la grande lutte contre les Byonins, démons invincibles qui ont dévasté le pays.

Kenichi, Hana et Ito vont donc être embarqués de force à la rescousse du Shogun, qui va s’avérer n’être qu’un lâche machiavélique et cruel. Nos héros vont donc devoir conspirer, à la manière des 47 Ronins de la légende, dans le but de se débarrasser de l’indigne seigneur et ainsi préserver leur île.

Roninera bien qui Roninera le dernier

Le problème, c’est qu’Hana et Kenichi ont chacun leur idée sur la meilleure façon de protéger les intérêts de l’Île. Parviendront-ils à repousser les Byonins tout en évitant le pire à leur communauté ?

Comme le soulignait Blondin, l’intrigue de Ronin Island promettait quelque chose d’intéressant, pour peu que l’on soit intéressé par les univers nippons et la culture des samouraïs. L’utilisation des créatures-qui-ne-sont-pas-techniquement-des-zombies nous ramène nécessairement aux poncifs liés à ce genre de récits, et à la lecture, on sent bien que Greg Pak, scénariste pourtant confirmé, a du mal à s’en départir.

L’intrigue tient néanmoins debout, même si quelques retournements de situations peuvent donner un sentiment d’inconstance chez les héros. Mais même cet aspect-là peut s’entendre, les héros étant jeunes et dans une situation qui les force à s’adapter sans cesse. A ce stade de l’intrigue, on distingue d’ailleurs assez bien les différences de point de vue entre les deux guerriers, et les causes qui expliquent ces façons de penser différentes.

Les créatures quant à elles, sont un exact miroir de celles que l’on peut trouver dans Green Class, la cause de la transformation étant ici clairement attribuée à un champignon. Les dessins de Giannis Milonogiannis lorgnent résolument, et de façon assez logique, du côté du manga, sans nécessairement taper dans l’appropriation culturelle.

Forte de ses deux tomes, la série Ronin Island reste une lecture agréable, prenante et engageante, dont on a hâte de découvrir la suite notamment grâce à des personnages attachants et en pleine construction.

****·Comics·Nouveau !

Dceased

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Comic de Tom Taylor et Trévor Hairsine
Urban (2020) – (DC (2019), one-shot.

L’album est siglé au symbole de Darkseid (Omega), le grand méchant de l’univers DC. Un texte introductif explique la démarche créative de Tom Taylor et Trevor Hairsine. Chacun des six chapitres présente comme d’habitude la couverture original de l’issue et une grosse galerie de vingt-six cover alternatives !! est proposée en fin d’ouvrage. Édition très correcte donc avec une démarche particulière de DC puisque je ne suis pas certain qu’une précédente publication ait vu autant de cover variantes notamment sur l’édition classique qu’Urban propose en quatre versions (Batman, Joker, Wonder Woman et Superman). Une édition spéciale Angoulême a été tirée en quatre autres versions. Étrangement ces huit cover ne sont pas inclues dans la galerie finale.

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Darseid est parvenu à ses fins en résolvant l’équation d’anti-vie… qui se retrouve lâchée sur Terre et propagée via les réseaux informatiques. Coupés de leurs moyens de communication les héros tentent difficilement de contrer l’apocalypse qui menace…

MYSTERY COMICS: DCEASED #1, de Tom Taylor, Trevor Hairsine et ...Toujours méfiant à l’arrivée d’une nouvelle mini-série chez DC, les premiers échos de lecteurs étaient plutôt bons, et le fait que Trevor Hairsine (que j’ai découvert sur Divinity et d’autres titres Valiant) soit sur toute la partie graphique était plutôt bon signe. En commençant ma lecture je n’avais pas repéré que le titre était écrit par Tom Taylor, celui qui me bluffe à chaque épisode depuis que j’ai commencé Injustice! Avec un dessinateur venu du catalogue Valiant, bien moins formaté et plus « adulte » que le Big Two et l’auteur du comic de Super-héros le plus gonflé lu depuis longtemps, il n’est pas surprenant que Dceased soit une bonne claque qui rafraîchit (… si je puis dire en parlant de Zombies…) le genre et surtout l’ambition scénaristique.

Pour ceux qui ne connaissent pas Injustice, le concept est en gros de transposer le choc nécrologique d’un Game of Thrones sur la Justice League. Taylor reprend ce concept avec la propagation du virus à vitesse grand-V en tuant les uns après les autres un certain nombre de héros, sans aucune possibilité de savoir si les plus connus seront épargnés. A la différence de Injustice où la longueur nécessite de préserver certains héros et méchants, ici s’agissant d’un one-shot la liberté est totale. Et je dois dire que le morceau est sacrément gonflé si bien que jusqu’à la dernière page on se demande jusqu’où iront les auteurs…

MYSTERY COMICS: DCEASED #6, de Tom Taylor et Trevor Hairsine avec ...Reprenant les principes très codifiés des histoires de zombies (le rassemblement de survivants dans des îlots après que différentes tentatives aient échoué), Dceased est un peu plus qu’une récréation pour dessinateurs, le jeu de massacre sans lendemains que prévoyait le concept. En dynamitant certaines règles induites par le genre super-héroïque (en gros, on peut faire souffrir les héros mais tout doit être réversible), Taylor donne soudain une ambition nouvelle à son ouvrage… dont la fin vous laissera sonné. L’épisode intercalaire (qui n’est pas dessiné par Hairsine) rassemble un certain nombre de ce qu’il y a de plus foutraque chez DC mais cela permet de laisser un petit espoir… qui arrivera sans doute dans la suite annoncée.

La partie graphique est superbe, tant dans l’encrage, le dessin et les couleurs. L’anglais déjà très bon sur Divinity parvient à rester fidèle aux personnages DC  en donnant par son style une épaisseur aux dessins apocalyptiques. Et il était loin d’être évident de parvenir à ne pas tomber dans la monotonie de villes dévastées, de corps enragés et de sang à tous les étages. De la première à la dernière planche les dessins sont un régal.

Publié sous la forme d’une mini-série, Dceased se prolonge ainsi dès cet été avec le spin-off Unkillable centré sur les méchants. Aux Etats-Unis une véritable saga s’annonce puisque Hope at world’s End  (avec le dessinateur de Descender aux crayons) et la suite véritable du présent volume, Dead planet, ont commencé leurs publications (avec Hairsine toujours aux dessins). Le risque est grand de briser ainsi ce qui fait la force de cet album… gageons que Taylor ait suffisamment de liberté pour ne pas diluer déraisonnablement l’idée magnifique.

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**·Manga·Numérique·Rapidos

Lecture COVID: Seraph of the end

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Les sources de lectures Covid que j’ai identifié sont les suivantes (vérifier sur les sites la durée de disponibilité variable). Si vous avez un compte Iznéo, les promo sont basculées mais en vrac entre les promo payantes et les véritables gratuits).

Attention, avec l’annonce du déconfinement plusieurs éditeurs ont stoppé leur opération lecture gratuite. D’autres continuent au moins jusque fin mai. Si vous avez déjà ouvert un des albums proposés il se peut que la lecture soit toujours possible dans votre navigateur.


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Manga de Takaya Kagami et Yamato Yamamoto
Kana (2015-), série en cours,18/20 vol. parus en France.

badge numeriqueJ’aime beaucoup les histoires de conflit mythologique et l’esthétique des anges guerriers. Cette série me tentait bien avec ses belles couvertures et cette promesse de combat de fin du monde… et j’ai été très déçu par cette introduction franchement banale dont la principale qualité est de ne pas trainouiller dans la mise en place. En un seul volume on nous présente le contexte de la Chute, le personnage principal mis dans un contexte de bétail à vampire (séquence qui rappelle beaucoup The Promised neverland), sa fuite et ses errements rebelles dans un lycée situé dans la dernière zone de l’humanité, l’existence de démons et d’une brigade spéciale chargée de les combattre… Ca va donc très vite, peut-être trop pour nous permettre de vraiment nous attacher aux personnages. Surtout, les histoires d’ado rebelles dans un lycée ont tendance à m’agacer et j’attendais quelque chose de plus sombre, plus sérieux. Pas franchement un mauvais tome, mais avec des dessins qui ne dépassent pas le canon moyen et assez peu de tension dramatique, cette longue série pas encore terminée au Japon ne me donne pas forcément envie de prolonger l’expérience. je vais me renseigner sur des avis pour la suite et poursuivrais peut-être encore une poignée de volumes au cas où mais Seraph of the end ne fera clairement pas partie de mes priorités de lectures manga des mois qui viennent.

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****·BD·Comics·Rétro

Uncanny X-Force # 2: La Saga de l’Ange Noir

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Uncanny X-Force est une série Marvel, écrite par Rick Remender et dessinée par Jérôme Opeña et Mark Brooks. L’édition française est assurée par Panini Comics dans la collection Marvel Deluxe. Le volume 2 est paru le 06/04/2016, contient 194 pages et compile les numéros 11 à 19 parus en 2010. La critique du volume 1 est ici.

Apocalypse programmée

La X-Force est un escadron clandestin émanant des célèbres X-Men, dédié à l’élimination des menaces envers les mutants, qui (à l’époque de la série) ont été décimés par Wanda Maximoff, la Sorcière Rouge.

Cet état de fait a poussé les mutants dans leurs derniers retranchements, conduisant à la radicalisation de certains d’entre eux, parmi lesquels leur leader Scott Summers, alias Cyclope, qui était autrefois connu pour son idéalisme hérité de son mentor Charles Xavier.

Wolverine, lui, n’a jamais été un idéaliste. Il prie certes pour le meilleur, mais au fond de lui, son instinct le pousse à envisager le pire, façonné qu’il est par toutes les tragédies qu’il a traversées. Aussi prend-t-il sur lui de réunir sa propre version de X-Force, à l’insu même de Cyclope, afin de protéger de façon proactive le peu qu’il reste de mutants…et le monde, accessoirement.

Pour ce faire, il rassemble Warren Worthington III, alias Angel, membre fondateur des X-men, sa compagne Elizabeth Braddock, alias Psylocke, et le mystérieux Fantomex, issu comme Wolverine du programme Arme Plus, auxquels s’adjoindra le délirant Wade Wilson alias Deadpool, et ce quelques années avant son entrée fracassante au box-office cinématographique.

Dans le premier volume, Wolverine et ses assassins-ou plutôt ses farouches défenseurs de la cause mutante-affrontaient une résurgence du terrifiant Apocalypse, aussi connu sous le nom d’En Sabah Nur, un vieil ennemi des X-Men, mutant aussi ancien que puissant, dont la philosophie darwiniste le place en opposition directe avec la vision intégrationniste et pacifique de Xavier. Apocalypse est également connu pour forcer des mutants à devenir ses cavaliers (Mort, Guerre, Peste et Famine), ce qu’il a infligé à plusieurs X-men, notamment Angel, qu’il transforma en Mort. Il faut également noter qu’Apocalypse et si dangereux et si prévalent qu’il existe une ligne temporelle, jugée quasi-inévitable, dans laquelle il règne en maître sur un monde dévasté.

Après sa dernière défaite, En Sabah Nur avait réussi à revenir d’entre les morts, cette fois sous la forme… d’un enfant, tout à fait oublieux de son passé morbide, même si ses partisans s’échinaient à le reconditionner pour qu’il redevienne le tyran qu’il était.

Après avoir douloureusement lutté contre les Cavaliers Ultimes d’Apocalypse, la X-Force est parvenue à atteindre En Sabah Nur, s’apercevant par la même occasion de sa nouvelle condition. Se déchirant entre eux, ils ont du répondre à cet épineux dilemme éthique: peut-on tuer un enfant pour sauver le monde ? Est-il acceptable de supprimer un être encore innocent pour prévenir ce qu’il n’a pas encore fait ?

La réponse sera trouvée par Fantomex, qui face au refus de Wolverine et Psylocke et à l’hésitation d’Angel, prendra la décision de supprimer l’enfant d’une balle entre les deux yeux, sans état d’âme, suivant ainsi sa programmation de Sentinelle, en quelque sorte.

Ange déchu

Ce que les mutants radicaux ignorent, c’est que cet acte a déclenché un processus inéluctable dont il devront souffrir les conséquences. En effet, supprimer définitivement Apocalypse n’a fait que provoquer l’ascension de son successeur désigné, en la personne d’Angel, en qui il avait implanté une Graine de Mort issue de ses maîtres Célestes. Pour éviter à la personnalité de Warren d’être totalement effacée au profit de celle d’Archangel, X-Force va devoir tenter l’impossible et récupérer une Graine de Vie dans le futur, et pas n’importe lequel: la fameuse Ere d’Apocalypse.

Sauf que, règle dramatique oblige, rien ne va se passer comme prévu, Archangel ayant ses propres plans pour l’avenir.

La Saga de l’Ange Noir est fascinante à plus d’un titre. Tout d’abord, les dessins somptueux de Jérôme Opeña, qui servent avec brio la narration âpre de Remender. Ensuite, l’histoire en elle-même, qui est un concentré de ce que Remender a fait de mieux dans sa carrière d’auteur.

Lorsqu’on lit ses œuvres, il apparaît assez clairement que Remender tourne autour d’un certain nombre de thématiques qu’il affectionne (ou qui le terrifient, sans doute). La première et celle de la déchéance du héros, perverti par une influence interne qui lui a été imposée.

En effet, on retrouve souvent ce concept dans plusieurs de ses séries (Archangel dans X-Force, bien entendu, Sentry, et Banshee dans Uncanny Avengers, Ant-Man dans Secret Avengers, Hank Pym dans Rage of Ultron, et bien entendu tous les héros dans Axis), comme si la figure héroïque se devait inévitablement de choir face à un monde intrinsèquement mauvais.

La seconde thématique, qui est un corollaire de la première, est celle de l’inné contre l’acquis, que l’on voit traitée grâce au personnage d’Evan, clone d’En Sabah Nur. Evan, en plus de représenter la faute originelle dont découlent tous les ennuis ultérieurs des héros (notez qu’Evan choisit assez ironiquement l’alias Genesis) représente un défi personnel pour Fantomex, qui en clonant l’enfant qu’il avait assassiné et en veillant à ce qu’il soit élevé positivement, voulait s’assurer que l’inné pouvait être supplanté par l’acquis, le ramenant à son propre conditionnement par le programme Arme Plus.

L’intrigue se veut haletante, les héros étant constamment sur le point d’être vaincus, la situation est à chaque page plus désespérée, jusqu’à un final à la fois tragique et émouvant.

Enfin, ce qui fait d’Uncanny X-force une lecture importante, c’est la portée qu’elle aura pour le marvelverse, vu que ses ramifications s’étendront jusqu’à sa période Marvel Now ! à savoir dans la série Uncanny Avengers.

Rick Remender aura construit son intrigue sur plusieurs séries de très bonnes factures, allant crescendo jusqu’à la mini-série Axis, qui a malheureusement été un échec en demi-teinte, notamment du fait de l’interventionnisme éditorial qui a vidé l’event de sa substance. Mais c’est une autre histoire !