BD·C'est lundi...·Comics·Jeunesse·Manga

C’est lundi, que lisez-vous? #4

Un peu noyé sous la gestion du blog et des lectures tout azimut (grâce notamment à Iznéo et aux services de presse), j’ai manqué de temps pour suivre la chronique « c’est lundi ». Petit rattrapage donc…

1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?

couv_312568couv_6474couv_23646

couv_39329couv_310113213163_c

Deux nouveautés (dont une pour Iznéo et la suite des Spectaculaires dont le premier tome a été chroniqué ici), et je suis très content d’avoir repris Hariti dont j’avais acheté le premier volume il y a plus de 10 ans (!!) et que je n’avais pas continué pour je ne sais quelle raison. Excellente série du coup, que je vais chroniquer bientôt sur les Trouvailles du vendredi. Enfin l’album du dingue Kim Jung Gi (découvert via Twitter avec ses dessins NB incroyables!),

2. Que suis-je en train de lire en ce moment?

couv_311785couv_312102nils-tome-2-vf

couv_316018

Le dernier Tuniques Bleues (bien longtemps que j’en ai pas lu, mais j’adore cette série), un Lupano (fait-il des albums moyens?) et le Lepage en espérant qu’il se rachète après la déception d’Ulysse. Et puis je commence à rattraper les sorties de l’automne avec Nils 2 (qui nécessite de relire le 1 je pense).

3. Que vais-je lire ensuite ?

justice-league-crise-d-rsquo-identitecouv_164372couv_240362

sunkenrock1_16062008_185503

J’ai tenté le coup de JL crise d’identité en voyant des critiques dithyrambiques sur le web, une BD pour la rubrique Trouvaille du vendredi et le manga de Shin’ichi Sakamoto, un des rares mangaka qui me fait très envie, après la claque Ascension. Du coup je me remets au manga avec l’apparemment hardcore Sun-Ken Rock…

Et vous? Toujours dans l’orgie de la rentrée ou vous avez fini de digérer? Donnez vos lectures du moment en commentaires, ça m’intéresse!

Publicités
BD·BD de la semaine·Nouveau !

Shalin

BD de David et Bourgier
Soleil (2017), 50p.

couv_312847La maquette est toujours aussi élégante, avec pour la première fois de la série un personnage de dos. Également comme d’habitude un extrait de texte ancien introduisant le peuple Riddrak cette fois-ci. Pas de glossaire (peut-être dans le t6?). Comme expliqué sur le précédent article concernant Servitude, le tirage de tête à venir est vivement conseillé pour profiter pleinement de la finesse des extraordinaires dessins…

Après le siège d’Al Astan qui a vu la fuite des Fils de la terre, après  l’exil des Drekkars accompagnant l’Hégémon Sekal d’Aegor et les esclaves Riddrak libérés, toutes ces factions semblent se diriger vers Shalin, la cité sortie des sables du désert. Là, alors que le navire Iccrin transportant F’lar et Kiriel atterrit en catastrophe, une rude négociation commence entre les différents peuples. Le félon Othar de Vériel commence le siège de Shalin et Sékal commence un intriguant voyage solitaire aux confins du désert…

Le cinquième tome de Servitude est là, tragiquement car ce devrait être le dernier (zut) et que c’est finalement l’avant-dernier (youpi): les auteurs expliquent en petite post-face qu’ils ont été contraints de scinder le dernier album en deux parties pour éviter de repousser la sortie d’un volume de 100 pages. Personnellement cela ne m’aurait pas gêné mais l’on peut imaginer que l’éditeur a souhaité une telle solution. 9782302065055_pgPas grave, on replonge dans le royaume des Fils de la terre et l’on ne va pas s’en plaindre. A la fermeture de l’album la frustration est immense. D’abord par-ce que cet album coupé en deux ne se clôt pas vraiment (logique). Mais surtout par-ce que le rythme reste celui adopté depuis le début: lent mais fourmillant de détails, mystérieux, soulevant autant de question qu’il en pose. Comment vont faire les auteurs pour boucler avec brio un tel monument? Personnellement je leur fais confiance étant donné le sans faute total de cette série.

Cet album est un peu différent des autres puisqu’il s’agit principalement de discussions entre seigneurs et chefs de guerre (Vériel et les Drekkars, les mercenaires qui l’accompagnent, le chef Riddrak et le roi Arkanor,… Peu de découverte ethnologiques cette fois hormis les magnifiques passages muets montrant des éléments de la vie pratique des gens de ce monde (cuisson des briques, marchands dans leur échoppe, gestion de l’eau). Car l’une des spécificités de cette série c’est l’intérêt tout particulier porté au détail et à la cohérence de chaque société. C’est en cela que je la comparais à l’œuvre de Bourgeon. Alors oui il y a des batailles toujours excellemment bien menées, il y a des paysages contemplatifs, un peu moins de décors (on est dans le servitudet5-4.jpgdésert) mais des trognes toujours incroyables (et très balafrées!). Tout est frustrant dans Servitude, avec des auteurs maîtres de l’ellipse, qui permet sans doute de tenir cette intrigue et cette ambiance si particulière. Le combat s’interrompt au premier coup d’épée, des personnages charismatiques disparaissent brutalement (là encore un peu de Game of Throne), des scènes muettes intrigantes restent sans explication, des personnages majeurs n’intervenant que sur une page… On voudrait le même espace que celui dont a joui Bablet sur Shangri-la, des volumes de 80 pages… mais le travail incroyable déjà accompli aurait sans-doute signifié des attentes de 5 ans par album.

Dans Shalin l’on comprend un peu mieux les intérêts des différentes factions et notamment les évènements du tome 3 (qu’éclairent pas mal les bonus intégrés au second tirage de tête rassemblant les tomes 3 et 4). Mais Servitude est un tout formidablement ficelé et plus qu’aucune autre série il est conseillé de lire l’ensemble des tomes depuis le premier. Une telle maîtrise scénaristique sur plus de deux-cent pages au total est vraiment un tour de force. Pas un plan, pas une phrase, pas un arrière-plan n’est inutile, tout se tient, tout se relie. Vous pouvez avoir une phrase ou une scène graphique illustrant ou expliquant une séquence du tome 1 ou 3 par exemple. Quel plaisir pour le lecteur que de voir une telle harmonie! Ce tome illustre également la complexité des personnages, sans aucun manichéisme. Toute décision s’explique, toute trahison est logique selon la morale du personnage. Hormis Othar de Vériel il n’y a pas réellement de méchant dans Servitude. Car l’objet de la série est bien la servitude volontaire de ces différents peuples auprès du Créateur dont l’intervention pointe enfin dans les toutes dernières cases…

11887859_879954945387684_5514333905975523886_nServitude, je ne le dirais jamais assez, est une lecture totalement indispensable à tout amateur de BD, quel que soit son genre de prédilection. Une lecture relativement exigeants, qui demande de s’immerger dans un monde total (je renvoie à mon précédent billet sur ce point). Je ne mets pas 6 Calvin par-ce que j’ai pas le droit mais bon… 🙂

note calvinnote calvinnote calvinnote calvinnote calvin

Cet article fait partie de la sélection de22528386_10214366222135333_4986145698353215442_n, cette semaine hébergée chez Mo

Comics·Rétro

The red star

Comic de Christian Gossett et Archangel Studio

(2000/2008). 2 Vol/4. Publiés en France par SEMIC.

redstar-treasury-pr-1-d1aae-665x1024The red star est un ovni dans la production de comics, à la fois par ses éléments créatifs et par sa vie éditoriale compliquée.
La série comprend:
Battle of Kar Dathra’s Gate (correspondant aux 4 premiers épisodes reliés dans le premier tome publié chez SEMIC).
Nogorka (correspond aux épisodes 5 à 8 publiés dans le volume 2 chez SEMIC).
Prison of souls (inédit).
Sword of lies (inédit).
Les deux derniers volumes ne sont disponibles à la vente que sur le site du studio en VO, ou en prix spéculé sur les sites d’occasion… Des one-shot courts dans l’univers de Red star sont parus, jusqu’en 2013 et différentes rééditions collector sont éditées par l’auteur. Attention, la complexité des textes rend la lecture en VO un peu compliquée.

Dans un univers fantastique inspiré de l’Union soviétique, Maya, une sorcière officiant dans l’Armée de l’étoile rouge comme « générateur d’énergie » des formidables forteresses volantes, se remémore la bataille de Kar Dathra durant laquelle son marin le héros de guerre Marcus a péri. Lorsqu’elle apprend que la divinité protectrice de l’Union des Républiques de l’Etoile Rouge a sauvé Marcus, elle entreprend une odyssée pour le retrouver.

C032012_redstarette série fut l’une des premières à être conçue en studio avec l’aide de l’ordinateur pour les éléments techniques. Il s’agit d’une vraie réussite tant graphique que thématique, de part les liens avec l’histoire récente qui créent un certain réalisme et le caractère épique de cette histoire mythique et guerrière. L’alliance de traits proches du crayonné, de visuels souvent époustouflants et des bâtiments et engins parfaitement rectilignes dans un design industriel, ne laisse pas de marbre dans un paysage des comics où l’originalité est rare. Les éléments d’une grande histoire tragique sont là avec cette guerre perdue dans le territoire nationaliste d’Al Istan (inspiré de l’Afghanistan ou de la Tchétchénie), les mensonges d’une nation construite sur des mythes, la bataille des divinités protectrices et la quête de Maya pour retrouver l’esprit de son mari avec les éléments de l’amour universel… le tout porté par un design réellement réussi.
maya-antares-red-star-comics-mLe fait d’avoir associé le côté historique et austère avec des éléments de fantasy (des sorcières destructrices, des esprits, des entités divines bien réelles) renforce l’attrait en permettant d’en faire à la fois une série grand public et exigeante. Je vous la conseille vivement, même si vous devez vous contenter des deux premiers épisodes publiés chez SEMIC, avec l’espoir qu’un grand éditeur français voit l’intérêt de publier l’intégralité dans un format chouette!

note calvinnote calvinnote calvin

Comics

Monstress

Comic de Marjorie Liu et Sana Takeda
Delcourt comics 2017 (Première édition US Image comics 2015)
couv_296961

Gros volume relié de belle facture (magnifiques couvertures de Sana Takeda) avec vernis sélectif, comprenant les volumes 1 à 6 de l’édition américaine. Delcourt reprend ici l’édition reliée US, dont le volume 2 est sorti en juillet 2017 et prévu en octobre pour l’édition française.

Monstress c’est Maïka demi-loup, une arcanique capturée par les sorcières Comaea lors de la dernière guerre entre les deux peuples. Semblant dotée de pouvoirs proprement terrifiants liés au passé trouble de ce monde et de ses dieux anciens, elle va tenter de remonter son passé entre les feux croisés de ses poursuivants humains et les gardiens de la Cour du Soir…

Si vous n’avez rien compris c’est normal, l’histoire et le monde construits par les deux auteures sont extrêmement touffues et l’on peut regretter (une fois n’est pas coutume dans les comics) qu’elles n’aient pas pris plus de temps pour poser leur univers tellement celui-ci est riche. Les factions sont nombreuses et graphiquement très bien identifiées. Les noms et évènements envoyés au lecteur attisent la curiosité le poussent à avancer dans une lecture qui peut parfois être dure à suivre du fait des nombreuses ellipses, placement des bulles peu précis entre les personnages (qui parle?), les narrations. C’est assez classique de la narration comics et l’image doit souvent venir appuyer le récit pour aider le lecteur. Ici étrangement, alors que c’est bien le graphisme fascinant de Sana Takeda qui fait ouvrir le bouquin, un caractère peu fini, brouillon (même sentiment que sur Descender) n’aide pas la lecture. Ce point noir énoncé, rien de grave néanmoins, tant l’on peut gager que la lecture de l’entièreté du récit permettra de combler ces lacunes.22185496-_sx540_

Monstress est surprenant en ce qu’il est très trompeur graphiquement. En effet, si le style de l’illustratrice utilisant fortement (et excellemment) la colorisation informatique  avec des textures posées est résolument original et élégant, ce n’est pas a proprement parler sa technique (assez moyenne) qui attire mais l’univers construit, le design général, proprement unique. L’on pourrait trouver des similitudes avec l’univers d’un Olivier Ledroit, foisonnant, surchargé, où chaque centimètre doit être « habillé ». Ainsi si les arrière-plans, les scènes de bataille sont clairement gribouillés, cela est compensé par ses aplats informatiques 19870241-_sy540_qui donnent une matière à l’ensemble. Le design des personnages, fait de mythologies angéliques, de manga enfantin et assez inspiré par l’univers des jeux-vidéo japonais, est réellement ce qui retient l’attention. Et puis dans Monstress les chats sont trop forts et j’adore les chats!

Au final je dirais que cet album hybride (d’inspiration Manga mais de facture totalement comics) reprend les défauts de ces derniers mais est porté par un design , un monde et une histoire vraiment intéressants, qui hormis les couvertures de chapitre magnifiques, manque un peu de chocs graphiques.

 

note calvinnote calvinnote calvin

Fiche BDphile