***·****·East & West·Manga·Nouveau !·Rapidos·Service Presse

Special Ki-oon: Alpi #7 – Clevatess #3 – Tsugumi #5

esat-west

Salut les mangavores! (encore) un gros retard côté manga qui me permet de proposer aujourd’hui un billet spécial Ki-oon, un de mes éditeurs préférés qui ne sort pas que des cartons (le récent Lost Lad London m’a franchement laissé sur ma faim) mais dont la stratégie du peu mais bien leur permet autant de dénicher des pépites que tout simplement lancer des manga originaux qui confirment le statut de troisième marché au monde pour l’édition française de manga.

bsic journalismMerci aux éditions Ki-oon pour leur confiance.

  • Alpi the soul Sender #7 (Rona/Ki-oon) – 2022 (2019), 208p., série finie en 7 volumes.

alpi_the_soul_sender_7_kioonOn touche au but de cette très jolie série qui aura simplement péché par manque d’expérience et de construction d’une intrigue qui n’aura débuté que tardivement. Cet ultime épisode prend la forme d’une attaque finale sur le temple des soulsenders en mode Kaiju. La gestion de l’action manque parfois de lisibilité dans le mouvement mais l’ensemble reste très agréable et notamment sur les points forts du manga, les dessins des décors et des costumes. L’autrice a le mérite de refermer (un peu rapidement) les intrigues de fond (notamment l’histoire des parents) sans hésiter à aller dans le dramatique. Le volume en tant que tel est très honnête et l’on sent un vrai effort pour achever correctement le manga. Pour une première œuvre publiée en ligne on ne tiendra donc pas rigueur à Rona pour cette ambition modérée et cette progression au fil de l’eau. Alpi th soulsender restera une très belle lecture relativement courte, pas la plus impressionnante du catalogue Ki-oon mais très recommandable.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1


    • Clevatess #3 (Iwahara/Ki-oon) – 2022 (2020), 224p., 3/5 tomes parus.

clevatess_3_kioonToujours très axé action ce volume voit Alicia lutter contre le redoutable chef des sorciers entouré d’une nuée d’insectes. L’absence de Clevatess (parti affronter l’armée de l’envahisseur Dorel) permet au personnage de l’héroïne de se développer en la sortant du contexte d’outil aux mains du démon qui prévalait depuis le premier volume. En parallèle se déroule la bataille à grande échelle entre les deux armées et la réaction de la princesse de Hiden lorsque la rumeur concernant la survie de l’enfant héritier du pouvoir des Hiden survient.

Ce qui est intéressant dans cette série c’est la constance de l’auteur à essayer de renverser les canons de la fantasy en questionnant ce qui est habituellement acquis. Ici la position des héros est rattachée par le peuple à celle de la noblesse d’Ancien Régime qui revendiquait une gloire de principe alors que la plèbe toute attachée à sa survie ne faisait que constater les effets des guerres sur leur quotidien. En rappelant ainsi que le nationalisme monarchique (ou héroïque) fut souvent imposé, le mangaka dresse une véritable analyse politique dans ce cadre dark-fantasy, qui apporte un vent de fraîcheur au-delà du retournement initial du récit fantasy qui voit le mal gagner. On avait compris jusqu’ici une problématique des liens entre humains et rois-démons (qui assument un rôle similaire aux rois des animaux ou Gaïa dans les récits écologiques type Miyazaki) pas aussi binaire qu’attendue et nous voici questionné au sein d’un monde humain qui aussitôt vaincu se remet en guerre les uns contre les autres.

Si le dessin très foisonnant est parfois un peu brouillon et les dialogues dans le standard manga c’est donc bien le déroulé et les rôles assumés par les personnages qui apportent une vraie originalité, faisant de ce titre un succès critique mérité. En espérant que le roi Clevatess (ici étonnamment mis en difficulté!) ne tombe pas dans une mièvrerie incohérente, si l’auteur assume l’esprit sombre qui recouvre le titre depuis le tome un on  est parti pour une sacrée saga fort ambitieuse.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1


  • Tsugumi project #5 (Ippatu/Ki-oon) – 2022, 208p., 5 tomes parus, série originale.

tsugumi_project_5_kioonDepuis le dernier tome le rythme et le déroulement de la série ont fortement évolué en densité et en construction d’univers. L’impression d’une bascule dans une sorte de fantasy post-apo se confirme ici puisque nous voyons débarquer notre escouade mal assortie sur l’île où doit se trouver le centre de recherche, objectif de la mission de Léon. Comme au précédent épisode qui nous voyait découvrir la société des singes, nous voilà cette-fois projetés dans un monde d’hommes-oiseaux qui ont un lien très fort avec Tsugumi, l’occasion pour l’auteur de nous raconter sans temps mort la naissance de la jeune créature. On sent ainsi que l’on avance très fortement vers la conclusion de l’intrigue, ce qui n’empêche pas Ippatu de proposer des complications avec un héros très mal en point. Dans ce monde très hostile on n’oublie pas que le Japon radioactif reste une mission suicide, que nous avait fait oublier le ton farceur des relations avec Doudou. L’auteur avance donc étape par étape, avec une structure très carrée faite de rebondissements, d’intrigues politiques approfondies, de designs travaillés et spécifiques à chaque peuple et d’une dualité technologie d’avant/fantasy d’après qui ne cesse de surprendre. Ippatu aime de plus en plus son univers et nous régale de décors incroyables de finesse, si bien que l’on ne sait si les révélations majeures de ce tome indiquent que la fin est proche ou si l’envie de continuer à explorer son worldbuilding va inciter le mangaka à prolonger très loin l’aventure… Du tout bon et peut-être le meilleur volume depuis le début. Vite la suite!

note-calvin1note-calvin1note-calvin1note-calvin1

***·*****·East & West·Manga·Rapidos·Service Presse

Soloist in a cage #1/3

esat-west

BD de Shiro Moriya
Ki-oon (2023) – 2018, 208p./volume, 1/3 tomes parus.

soloist_in_a_cage_1_ki-oon

image-5Merci aux éditions Ki-oon pour leur confiance.

La Cité-prison est le monde du crime, une société fermée par des murs infranchissables où a été isolée toute la lie de l’humanité. Mais comme dans toute société des couples se forment, des enfants naissent… Chloé et son jeune frère Locke se retrouvent seuls à survivre dans un appartement de la Cité-prison. Lorsque un groupe de prisonniers décide de tenter une évasion Chloé les suit. Malheureusement son frère chute dans l’opération. Passée de l’autre côté, elle décide de tout faire pour aller récupérer son frère…

Nouvelle création d’une jeune autrice chez Ki-oon, qui reprend le schéma bien connu de la cité-prison (New-York 1997,…) pour nous parler de cette jeune fille au tempérament bien trempé qui se forme auprès des meilleurs combattants pour se plonger dans la fange pour réaliser l’improbable. En effet, lors de l’incident initial le lecteur n’a aucune information sur l’éventuelle survie de ce nourrisson tombé d’une hauteur vertigineuse en pleine tempête de neige du siècle. Pourtant… C’est sur un pitch très simple que l’autrice condense son récit en se basant sur une atmosphère très solide portée par des décors fort réussis. Sur des séries courtes il vaut mieux aller à l’essentiel sans complexifier outre mesure et Shiro Moriya ne se perd pas en chemin, s’appuyant sur sa compétence graphique pour dresser une ambiance nocturne de coupe-gorge où la jeune Chloé est devenue une combattante hors-paire. En posant dès le départ une galerie de personnages réussie et en rompant sa chronologie très vite, l’autrice nous tient en haleine avec l’envie de savoir si les alliés de circonstance de la jeune fille reviendront l’aider. De même le background nous titille puisque ce qui est décrit (et présenté) à l’image comme une société d’assassins renferme manifestement aussi des innocents ou du moins des condamnés de droit commun comme ce militaire au passé trouble qui opèrera comme mentor de Chloé.Le manga Soloist in a Cage annoncé par Ki-oon, 03 Octobre 2022 - Manga news

Avec un démarrage prenant en tout point et sans temps mort, le premier volume ralentit ensuite pour poser  le retour de Chloé dans la prison et son enquête pour retrouver son frère. Les combats et séquences d’action sont très efficaces, les visages un peu moins précis que les décors font néanmoins le job et on a hâte de connaître la suite pour cette entrée en matière pas révolutionnaire mais très solidement bâtie.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1

 

**·***·****·East & West·Manga·Nouveau !·Rapidos·Service Presse

Lost Lad London #1 – Clevatess #2 – Fool night #3

esat-west

Salut les mangavores! On monte en qualité sur ce billet avec trois volumes sortis récemment: une déception sur la pourtant grosse com’ de Ki-oon sur Lost Lad London, un Clevatess confirme la qualité de son ouverture et un Fool Night qui confirme sur ce dernier volume de l’année qu’il est peut-être la série de 2022…

  • Lost Lad London #1 (Shinya/Ki-oon) – 2022 (2019), 224p., volume, 1/3 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Ki-oon pour leur confiance.

lost_lad_london_1_ki-oonLe maire de Londres a été assassiné dans le métro. Au mauvais endroit au mauvais moment, Al se retrouve avec le couteau du crime dans la poche et un des plus fins limiers de New Scotland Yard sur le dos. Mais le vieil inspecteur a du flair et ne sent pas de coupable dans ce jeune étudiant. Il décide de faire équipe avec ce qu’il faut bien appeler le principal suspect du meurtre…

Une fois n’est pas coutume, cette nouvelle série courts lancée par les très bons Ki-oon… m’a parue vraiment un ton en dessous de leurs habitudes. En annonçant une approche très européenne du fait du séjour de l’autrice en Angleterre l’éditeur semble justifier un dessin absolument minimaliste qui empêche selon moi de parler véritablement de BD, voir de manga. Le scénario et les personnages sont assez sympathique bien que l’on ne saisisse pas encore tout à fait l’intérêt de cet attelage entre un flic bourru dans le plâtre et un jeune adulte issu d’adoption. On lit donc l’album sans aucun soutien graphique et si l’on ne s’ennuie pas il faut avoir une vraie vibration soit pour les polar, soit pour le graphisme de l’autrice, pour trouver un intérêt de poursuivre sur la série. Pas mauvais mais manquant cruellement de quelque chose de plus, Lost Lad London est une surprise, mais pas dans le sens attendu…

note-calvin1note-calvin1


    • Clevatess #2 (Iwahara/Ki-oon) – 2022 (2020), 224p., 2/5 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Ki-oon pour leur confiance.

clevatess_2_ki_oonLe premier tome de cette nouvelle série de Dark-fantasy Ki-oon avait fait l’effet d’un électrochoc! Très curieux de voir ce que pouvait donner ce switch initial qui voit la toute puissance du Démon (dans un esprit qui rappelle Le dernier des dieux) j’avais été surpris à la fois par des dessins aux encrages magnifiques et par une rudesse inhabituelle. On reprend immédiatement après le premier opus qui avait laissé l’héroïne démembrée juste revenue à la vie par le sang maléfique du démon. S’ensuit une première partie de manga très énergique alors qu’Alicia tente d’éliminer les redoutables bandits. Cela nous donnera l’occasion de découvrir la détermination, les talents guerriers de cette championne mal en point mais aussi un artefact très puissant qu’elle devra conquérir en affrontant un démon ancien tapi au fond du lac. Totalement pris par le rythme on bascule ensuite dans des considérations stratégiques moins rythmées et qui, si elles permettent de développer l’univers (avec l’émergence d’un grand méchant très réussi), font un peu retomber la hype de lecture. Alors que le manga en est déjà à son cinquième tome au Japon on patientera en se disant que le passage du second volume est souvent synonyme de ralentissement et qu’avec une telle qualités moyenne basée sur un potentiel très riche on n’est pas du tout inquiet sur l’ambition de l’auteur de bâtir une mythologie et un récit fort en personnages et disruptif.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1


  • Fool night #3 (Yasuda/Glénat) – 2022 (2020), 208p., 3/5 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Glénat pour leur confiance.

fool_night_3_glenatEn assumant l’orientation Polar de la série, Katsumi Yasuda développe les différentes factions de cette société, entre la police bien décidée à éliminer le sanctiflore assassin, l’Institut de transfloraison lancé dans la récupération de ce spécimen unique grâce à une milice privée ou l’arrivée d’un nouveau venu dans ces militants anti-transfloraison… juste évoqués. Est-ce que l’auteur est en train de construire un projet au grand format en prenant le temps de poser son cadre? Toujours est-il que si le personnage de Yomiko (et le duo un peu gnan-gnan qu’elle formait avec Toshiro) est absent de ce volume pour cause d’hôpital suite à l’agression précédente, ce volume reste plein d’action et surtout de planche absolument à tomber dans son style aussi technique que minimaliste. On savoure chaque ombre et la minutie des détails pour un niveau de précision loin des canons de l’édition manga. La corolaire de cela c’est que la parution s’étire et qu’il faudra attendre le mois de mai pour connaitre la suite des aventures dramatiques de Toshiro. On serait proche du 5 Calvin si ce n’était la très surprenante arrivée du méchant qui sonne vraiment baclée, tellement que l’on revient en arrière pour s’assurer que l’on n’a pas loupé des pages. Vraiment étrange au regard de très grande maitrise générale de Yasuda depuis le début. Erreur de jeunesse sans doute qui n’obère en rien le statut de révélation de l’année manga pour ce Fool Night.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1note-calvin1

***·****·East & West·Manga·Nouveau !·Rapidos·Service Presse

Eighty-six #1 -Les amants sacrifiés #1 – Coffee Moon #1 – The far east incident #1

esat-west

On commence à rattraper le retard manga, ce qui permet de vous proposer de tous frais avis de quatre premiers tomes fort alléchants chez trois éditeurs dont j’apprécie particulièrement les sélections manga et une excellente découverte chez Vega-Dupuis.

  • Eighty-six #1 (Asato-Yoshihara/Delcourt) – 2022 (2018), 192p., volume, 2/3 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Delcourt pour leur confiance.

Manga - 86 Eighty SixLe marché des Light novel est un phénomène de masse au Japon avec un essor important depuis les années 2000, qui permet à de jeunes auteurs de se faire publier. La particularité est le transmédia puisque ces histoires destinées aux young adults. Cet « Eighty-six » relate ainsi le destin croisé d’un commandant d’escouade issu d’une caste de parias et d’une brillante officier appartenant à l’élite, liés dans une guerre présentée comme sans victimes puisque officiellement uniquement menée par des drones. Bien entendu la réalité est toute autre dans cette histoire de SF militaire fortement inspirée par les guerres créées par les fascismes pour souder une population derrière son régime. Une tendance à l’utilisation de la 3D se développe dans le Manga, permettant des décors et habillages très techniques et des visuels alléchants, comme sur Egregor ou Ex-arm. Profitant donc de très sympathiques design mecha, ce tome d’ouverture présente le cadre général, abordant pas mal de sujets intéressants comme les drones, le nationalisme, les guerres lointaines, le racisme et les mensonges d’Etat. Assez brouillonnes, les séquences d’action se concluent sur une très épique attaque du héros qui nous réveille opportunément au moment d’enchaîner sur la suite. Destiné donc à un public ciblé, 86 a du potentiel qui nécessitera de ne pas trop tarder à lancer une intrigue pour l’heure cantonnée à l’exposition.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1


  • Les amants sacrifiés (Kakizaki/Ki-oon) – 2022 (2020), 144p., 1/2 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Ki-oon pour leur confiance.

amants_sacrifies_1_ki-oonSi certains auteurs se cantonnent à un genre exclusif, voir passent leur carrière sur une unique série, on ne peut pas dire que Masasumi Kakizaki soit du genre casanier! Auteur complet, il enchaine depuis 2010 des séries courtes sur des genres aussi variés que l’horreur, le western, le peplum et désormais le thriller policier historique. Sur un diptyque court (que Ki-oon aurait été inspiré de publier en one-shot) qui adapte un film de Kyoshi Kurosawa (sans rapport avec son illustre homonyme), il aborde une des faces sombres de l’histoire impériale du Japon et plus précisément les atrocités commises par l’armée d’occupation de la Mandchourie depuis les années 1930. Pour ceux qui ne connaissent pas cet auteur son dessin se caractérise par un travail des volumes et des textures très particulier qui fait littéralement sortir les formes de la page et peut donner un aspect de marionnettes à certains visages. Avec ce style beaucoup plus évident sur des genres horreur et fantastiques il est surprenant de le voir dans une intrigue contemporaine, qui manœuvre remarquablement bien la tension de cette période fascisante du Japon nationaliste et des hésitation d’une partie de la population modernisée sur une capitulation morale ou un refus de la ligne nationaliste. Le couple en question va ainsi se retrouvé confronté à ce dilemme. Et l’ensemble fonctionne parfaitement avec une économie et une densité qui devrait faire réfléchir pas mal d’auteurs de manga. Du tout bon, de l’inhabituel, qui se lit avec plaisir en attendant la conclusion au printemps 2023!

note-calvin1note-calvin1note-calvin1


  • Coffee Moon #1 (Bota/Doki-Doki) – 2022 (2020), 164p., 1/4 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Doki-Doki pour leur confiance.

Dans une cité à la nuit éternelle et à la pluie noire, Pieta vit chaque jour la même journée, enfermée dans une boucle temporelle. Avec on amie Danae elles commencent à s’interroger et cherchent à sortir de cette routine d’évènements. Mais sortir d’un « scénario » a un coût…

coffee-moon-1-dokiToujours très attentifs à la qualité des dessins, le label manga des éditions Bamboo nous lance une nouvelle série à l’ambiance ténébreuse et incertaine qui rappelle le récent SinOAlice sorti cet été chez Kurokawa. Il s’agit du premier manga de cet auteur qui n’a publié jusqu’ici qu’un recueil d’histoires érotiques. Et bien on peut dire que graphiquement c’est une sacrée claque! Que ce soit la technique de dessin, le design, ou l’atmosphère poisseuse de cette cité, c’est un régal graphique de bout en bout pour qui aime les encrages profonds et les ambiances contrastées. Je me suis toujours interrogé sur la qualité générale et l’intérêt des trames utilisées habituellement en manga et je dois dire que ce volume est une bannière à lui seul pour la finesse et la force de ces dégradés de volumes. Niveau scénario je dois dire que tout cela reste encore un peu vaporeux même si l’on sent l’envie de l’auteur de ne pas trop tarder sur la redondance de la boucle temporelle. Un univers commence doucement à apparaître (notamment dans le journal de conclusion), qui laisse penser à un développement à la Dark City ou Matrix ou lorgne vaguement du côté de Promised neverland en manga . Un premier tome absolument convaincant donc qui demande à avancer rapidement pour voir si l’auteur a une belle grosse idée derrière la tête…

note-calvin1note-calvin1note-calvin1


  • The far east incident #1 (Ohue/Vega) – 2022 (2019), 164p., 1/4 tomes parus.

Lors de son occupation de la Mandchourie, les forces d’occupation japonaises se livrèrent à des expériences sur des civils au sein de l’unité 731. Après la capitulation du Japon et alors que les soldats démobilisés affluent de toute l’Asie pour retrouver leur pays dévasté, l’armée américaine combat dans l’ombre une milice terroriste visant à réinstaurer un Etat fort dans le pays vaincu. Des deux côtés combattent des « variants », humains mutants dotés d’une résistance hors du commun. Ils ont tous comme point commun d’avoir été victimes des expériences de l’unité 731…

Prenant pour base les exactions de la véritable unité 731 en Chine, ce manga à la parution lente (un volume par an environ) nous accroche dès les premières pages pour ne plus nous lâcher jusqu’à la conclusion. Alors qu’il s’agit de sa première publication, Aguri Ohue marque la rétine dans une technique graphique qui rappelle les manga de Miyazaki mais doté d’encrages très précis et efficaces et d’un respect physique et des éclairages qui jouent beaucoup dans la dynamique des séquences. Profitant d’une galerie de personnages restreinte l’auteur se concentre sur la relation entre le héros, super-combattant démobilisé, et une gamine mutante dans un esprit tragi-comique. La force de ce tome réside dans la profondeur d’un contexte assez sombre (l’unité 731, le fascisme japonais, la récupération des criminels par les américains à la fin de la guerre,…) allié à une action endiablée à coup de fusillades sanglantes et explosives et à un humour noir très efficace. Sans tomber dans une farce déplacée, on a un parfait équilibre entre interaction avec des personnages marquants et un thriller uchronique avec un très gros potentiel. Le seul point noir réside dans la lenteur de publication qui se comprend par l’aspect artisanal et auteur du manga, ce dont on ne va pas se plaindre. Et au final un des manga marquants de cette année, tout simplement!

note-calvin1note-calvin1note-calvin1note-calvin1

***·****·East & West·Manga·Nouveau !·Rapidos·Service Presse

Leviathan #2 -Fool night #2 – Le Molosse – Shigahime #4-5

esat-west

Salut les mangavores! Fournées de suites récentes et globalement excellentes, qui montrent que la passion des jeunes auteurs a encore beaucoup à apporter et le dernier Chef d’oeuvre de Lovecraft de Tanabe.

  • Leviathan #2 (Kuroi/Ki-oon) – 2022, 224p., volume,2/3 tomes parus. Série originale Ki-oon.

bsic journalismMerci aux éditions Ki-oon pour leur confiance.

leviathan_2_kioonLe premier tomeLeviathan #1 sorti en début d’année nous avait happé dans un graphisme glacial tout à fait européen pour un huis-clos de survie spatiale en deux temporalités. Ici on s’attarde très peu sur les pilleurs dépave qui ne servent qu’à maintenir le suspens de qui est le survivant pour plonger résolument dans un Battle Royal qui évacue les éléments relationnels du précédent volume et tranche à tout va entre différents groupes et caïds du cerveau et des muscles. L’aspect le plus intéressant reste cette jeune fille qui mine de rien arrive à manipuler tout le monde pour viser le graal sans se salir les mains. Plus rythmé, plus linéaire mais tout aussi impliquant, ce deuxième épisode d’une série au format raisonnable coche donc toutes les cases d’efficacité dans le thriller spatial. Sacré performance pour une première œuvre et encore un strike pour cette création Ki-oon!

note-calvin1note-calvin1note-calvin1note-calvin1


  • Fool Night #2 (Yasuda/Glénat) – 2022, 208p., 2/4 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Glénat pour leur confiance.

fool_night_2_glenatPour sa première œuvre le mangaka Kasumi Yasuda avait impressionné sur un premier tome au dessin très inspiré et maîtrisé et qui demandait à confirmer. C’est chose faite avec ce second volume qui gagne directement un Calvin en simplifiant son intrigue vers une chasse au sérial killer. Pour une fois l’auteur évite ainsi d’étirer inutilement son entrée en matière et le cadre et les personnages étant posés il peut lancer son enquête paranormale avec comme vous vous en doutez un être transfloré qui semble avoir gardé la capacité de mouvement et décime la population, obligeant la police à collaborer avec l’Institut de Transfloraison en la personne de notre héros aux pouvoirs spéciaux. Tirant parti de cette atmosphère en clair-obscur alliant dynamisme issue de l’Animation et esthétique très polar, ce manga impressionne et convainc parfaitement en parvenant à garder un subtile équilibre entre cette mélancolie liée à la fin prochaine de ces êtres transformés et thriller classique très efficace. Aussi ne vous fiez pas à ces jaquettes atroces et à ce titre qui (pour l’instant) semble incongru et plongez dans une des plus jolies découvertes manga de cette année!

note-calvin1note-calvin1note-calvin1note-calvin1


  • Le Molosse (Tanabe/Ki-oon) – 2022, 176p., collection Les chef d’œuvres de Lovecraft.

bsic journalismMerci aux éditions Ki-oon pour leur confiance.

couv_453273Avec sa frénésie de publications Ki-oon a rejoint avec ce recueil les publications japonaises de Tanabe, ce qui signifie qu’il faudra attendre un peu avant de voir paraitre l’Abomination de Dunwich qui est parue fin 2021. Étranges choix éditoriaux que de sortir coup sur coup la dernière parution en date de Tanabe (Le Cauchemar d’Innsmouth) puis sa première tentative chez Lovecraft. Du coup l’intérêt pour ces trois courtes nouvelles qui auront les mêmes limites que Celui qui hantait les ténèbres, à savoir leur brièveté et leur aspect d’ébauche. Surtout, ce sont des histoires antérieures au Mythe de Ctulhu puisque ce dernier s’étale de 1926 à 1936 quand les trois nouvelles ici adaptées sont publiées au tout début des années vingt. Ce qui est étonnant c’est que Tanabe n’a pas encore figé le style tramé qui fait le succès des autres publications de cette collection, avec des visages plus classiques du manga, plus agréables aussi. Il commet en outre quelques erreurs comme ce drapeau nazi sur un sous-marin allemand en 1920. Si La cité sans nom peut paraitre assez redondante avec Dagon et Le Molosse un peu précipité, le Temple nous rappelle que Lovecraft est à l’origine d’à peu près tous les thèmes de l’épouvante fantastique moderne, cette nouvelle ayant été adaptée dans Sanctuaire et ayant inspiré à peu près toutes les histoires de fantômes en sous-marins, notamment le magique Namor d’Esad Ribic qui ressort enfin cet automne chez Panini.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1


  • Shigahime #4 et #5 (Hirohisa/Mangetsu) – 2022, 208., série terminée en 5 volumes.

bsic journalismMerci aux éditions Mangstsu pour leur confiance.

shigahime_5_mangetsuVoici la série bouclée après moins d’un an pour cette série d’un jeune auteur (qui annonce travailler seul, sans assistant, en post-face) qui a le grand mérite d’une pleine sincérité dans ce qu’il fait. Assumant le format court il nous a ainsi proposé une intrigue simple dont la conclusion prend très pertinemment le temps d’un long épilogue qui donne tout son sens au manga en lui évitant de se limiter à une simple orgie de démembrements et de relations perverses. Car on peut dire qu’en matière d’atmosphère dérangeante Sato Hirohisa est parvenu en peu de volumes à instiller un malaise et une noirceur qui joue sur le cliché romantique du trio amoureux et de la vampire manipulatrice. Si les trois premiers volumes développaient le personnage d’Osamu, le quatrième tome voit l’arrivée de la sœur de Miwako dont l’affrontement avec sa frangine va permettre à Soichi de retrouver ses capacités mais aussi entraîner un dénouement tragique. Je n’en dis pas plus mais sachez que ça éviscère plus que ça ne se dépoile sur les deux derniers volumes où l’on surprend l’auteur à proposer une intrigue à plusieurs niveaux et bien plus subtile que les planches ne semblent l’illustrer. Loin se de contenter comme nombre de mangas à un fan-service déviant, il cache sous son univers ultraviolent une parabole sur la solitude du monde moderne… Je vous laisse découvrir cette très jolie découverte que nous a proposé Mangetsu!

note-calvin1note-calvin1note-calvin1

***·East & West·Manga·Nouveau !·Service Presse

FMA (Perfect) #11 – Dragonball Super #17 – Dai Dark #2 – Le cauchemar d’Innsmouth #2

esat-west

  • Fullmetal Alchemist  – Perfect #11 (Arakawa/Kurokawa) – 2022, 354p., 11/18 volumes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Kurokawa pour leur confiance!

fullmetal_alchemist_perfect_11_kurokawaLe volume conclut la guerre (le génocide) Ishval avec le très grand mérite de clore enfin les révélations sur l’origine de Scar, ses motivations, la réalité du génocide qui nous place enfin dans de bonnes conditions pour saisir les motivations du (jusqu’ici) assez plat Mustang, mais aussi de la très charismatique Hawkeye, ainsi que l’apparition d’un nouveau méchant en la personne de l’Alchimiste d’Etat que nous découvrons en couverture. Après un retour à Central city pour remettre les pieds dans le contextes avant flashback (une petite révision trois tomes plus tôt ne fera pas de mal) on part pour le Nord, nouveau territoire où vont les frères Elric dans la recherche du mystère de l’alchimie de Xin et où ils vont rencontrer la sœur du commandant Armstrong…

Maintenant que toutes les pièces sont en place et les enjeux enfin posés (la restauration de la Démocratie dans ce régime militaire corrompu par les Homonculus) Arakawa semble décidée à nous faire voyager pour réunir ce qui devrait former la résistance au régime de King Bradley. Avec une galerie de personnages et d’intrigues secondaires faramineux mis en place on espère que la structure est bien préparée pour éviter de se perdre. La matière est là, les longueurs aussi dans ce tome qui semble être un pivot avant un dernier arc, mais cette série reste de très bon niveau pour peu que les belles séquences d’action ne soient pas trop rares pour dynamiser l’ensemble.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1

  • Dragonball Super #17: le pouvoir du Dieu de la destruction (Toriyama-Toyotaro/Glénat) – 2022, 192p./volume, 17/19 volumes parus.
bsic journalism

 

Merci aux éditions Glénat pour leur confiance!

 dragon-ball-super-17-glenatAprès un quinzième très bon tome, un assez piteux seizième, ce volume exclusivement centré sur l’affrontement entre nos deux Sayan et Granola s’ouvre sur peut-être une des meilleures séquences de combat de toute la série! Dans une pleine maîtrise de son dessin et de la technique de matérialisation de la vitesse, Toyotaro propose des pages nerveuses de baston pure sans chichi de superpouvoirs et de fireballs. Mine de rien depuis les tournois des meilleurs combattants de la Terre on n’était jamais vraiment revenu à cet esprit arts-martiaux. Les coups sont secs, directs, le combat équilibré… avant de retomber dans l’habituel échange entre guerriers surpuissants et passages de niveaux cachés. On flirte sans cesse avec le stade ultime ce qui ne surprend guère. Chose étonnante en revanche, ce volume ne comporte pas les habituelles coupures scénaristiques. De ce fait si le combat seul est très réussi, le rythme de l’album (à la lecture fort brève) est un poil linéaire. Avec un Vegeta qui semble revenir à ses anciennes rancœurs maléfiques, on a comme souvent sur DB un enrobage fort classique et quelques fulgurances visuelles ou scénaristiques, très brèves. Mais on reste très tolérant avec cet ancêtre toujours fringant que sont les aventures de Son Goku.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1

    • Dai Dark #2 (Q-Hayashida/Soleil) – 2022, 208 p./volume, 2/5 volumes parus.
bsic journalism

 

Merci aux éditions Soleil pour leur confiance!

dai-dark-2-soleil

Les aventures de Sanko Zaha, son robot-chien Spectrum, le Sakadoh Avakian et la redoutable Death Delamort se poursuivent alors que les tueurs de la Photoforce se sont lancés dans une chasse impitoyable pour détruire les quatre Fléaux…

Sur le même ton délirant que précédemment et sur des thèmes absolument typiques du shonen, Q-Hayashida envoie ses héros dans une sorte d’Ikea spatial pour faire leurs emplettes avant de se lancer dans une cuisine du futur faite de boulettes lyophilisées et de pain en boite. Comme sur le premier tome ce qui continue de surprendre dans ce manga c’est qu’il semble destiné à une catégorie très particulière de jeunes lecteurs, comme si des enfants de métalleux gothiques percés proposaient un manga issu de cet univers. Le contrats entre les dialogues très simples, les intrigues linéaires et l’univers graphique extrêmement noir et délibérément répugnant ne cesse de surprendre. Sans doute le même attrait que celui des films d’horreur et une certaine passion pour les insectes pourra donner envie de lire ce manga qui sort résolument des sentiers battus. Le lecteur adulte pourra s’impatienter devant ce manque d’intrigue qui nous laisse dans la même situation initiale après deux tomes même si l’imagination délirante de l’autrice et l’humour(noir) tout à fait efficace rendent la lecture sympathique.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1

  • Le cauchemar d’Innsmouth #2 (Tanabe/Ki-oon) – 2022, 240p., collection Les chef d’oeuvres de Lovecraft.

cauchemar-dinnsmouth-2-ki-oonLe cauchemar d’Innsmouth est l’un des romans les plus connus de Lovecraft et son dernier publié. Si l’on peut comprendre l’intérêt économique pour Ki-oonde vendre deux volumes d’une pagination importante on rappellera que Dans l’abîme du temps (le meilleur pour l’instant) est paru en un unique volume pour une taille à peine moindre.

On reprend donc exactement là où le précédent s’arrêtait, avec cette fois une confrontation assez rapide avec les habitants pisciformes de la localité maudite, et c’est parti pour une fuite implacable du protagoniste devant une horde inouie de créatures maléfiques. C’est sombre comme jamais et un peu longuet dans un sens unique bien que la séquence très tendue de l’hotel soit redoutablement efficace pour nous faire stresser. Malheureusement les limites mythologiques très courtes sur cette histoire (pas d’archéologie, pas de Grand Ancien) atténuent sensiblement l’inétrêt jusqu’à oublier quelque peu le principe même du fantastique et les aller-retour entre la certitude de l’horreur et le doute rationel. Problème de rythme donc avec cette très longue découverte d’Innsmouth sur le tome un suivi d’une très longue échapée répétitive. Quelques planches feront leur effet terrifiant mais le sel de Lovecraft manque pour nous happer dans l’abîme indiscible recherché. On a au final une des histoires les plus faibles de la série, à réserver aux complétistes donc.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1

***·East & West·Manga·Nouveau !·Service Presse

SinOAlice #1 – Tsugumi project #4 – Appare Ranman #3

esat-west

  • SINoALICE #1 (collectif/Kurokawa) – 2022, 190p./volume, 1/4 volumes parus.
bsic journalism

Merci aux éditions Kurokawa pour cette découverte!

 Sine se réveille comme tous les matins pour se rendre au lycée où l’attend sa meilleurs amie. Sujette à un étrange rêve elle va se retrouver soudain entraînée dans un drame au sein du lycée. Lorsqu’elle se réveille la réalité semble avoir changé. Qu’est-ce qui est réel, qu’est-ce qui est un rêve? Qui est elle et que veut-elle lui demandent ces étranges poupées mécaniques qui parlent à son esprit?…

sin-no-alice-1-kurokawa

SINoALICE est une  adaptation de l’univers du concepteur de jeu vidéo derrière les célèbres NieR. Introduisant dès les premières pages un parallèle avec le monde de Lewis Caroll qui fascine tant les auteurs, le manga joue sur la typographie typique de Taro que l’on pourrait traduire par « Péché d’Alice » (Sin of Alice). Outre une ambiance très noire et graphiquement fort réussie faite d’une certaine épure jouant sur les contrastes avec certains décors hyper-détaillés, ce premier tome brise la narration en nous plongeant dans une forme de torpeur visant à brouiller la frontière entre les différentes réalités. Après une première séquence à la focale centrée sur l’héroïne on bascule dans une sorte de Loop à la Un jour sans fin qui voit l’horreur surgir dans le quotidien de Sine. Entre un découpage qui déstructure toute temporalité et des insertions de textes qui semblent retoucher les images elles-mêmes, on ne sait plus qui voit quoi, qui est où et quand… très immersif même s’il ne fait qu’effleurer la surface d’un univers complexe, ce premier tome fait le job de nous intriguer et par son aspect original et dérangeant. La qualité graphique et les références aux contes (version dark) suffisent à donner envie de continuer pour voir. Bonne pioche donc, avec un second tome qui permettra de confirmer ou non ces bonnes impression, dès ce début septembre.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1

    • Tsugumi Project #4 (Ippatu/Ki-oon) – 2022, 224 p./volume, 4 volumes parus.
bsic journalism

Merci aux éditions Ki-oon pour leur confiance!

Deux ans et demi entre le troisième et ce quatrième tome de la série originale Ki-oon on peut dire que ça explose littéralement les rythmes habituels de parution en manga! Etant donnée la qualité et la minutie des dessins on comprend que ça prenne du temps et l’auteur nous rassure en expliquant qu’il a engagé des assistants. Car depuis le premier volume de cette série post-apo le niveau d’exigence nous rapproche plus d’un dessin franco-belge avec des arrière-plans somptueux et aucune case qui se contente d’un personnage en premier plan comme souvent sur ce format. Niveau histoire on a ici une assez nette rupture puisque pas moins de deux flashback nous racontent le passé de Léon et du « monstre » Satake et la constitution d’une équipe qui nous sort des seules explorations des humains et de leur interaction avec Tsugumi, ici assez en retrait. On est donc surpris par un changement de ton qui nous passe de l’exploration post-apo à ce qui ressemblerait plus à une sorte de fantasy avec créatures finalement pas si anormales. Ce tome se concentre donc principalement sur cette puissante Satake et ses motivations pour ainsi venir en aide aux explorateurs. La création d’êtres semi-humanoïdes passionne Ippatu et si la finalité de cette odyssée reste brumeuse, on continue très volontiers le voyage à la découverte du Japon d’après.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1

  • Appare Ranman #3 (AHN Dongshik- Appercacing/Doki-Doki) – 2022, 176p./volume, série finie en 3 tomes.

bsic journalismMerci aux éditions Doki-Doki pour leur confiance!

appare_ranman_3_dokiLigne d’arrivée en vue pour cette adaptation en trois tomes d’un animé populaire. Et comme souvent sur ce format très court, la qualité des dessins finissent pas être un peu courts pour compenser une intrigue… de dessin animé. Au menu grande révélation de l’identité cachée du gros méchant absolument méchantissime, alliances et trahisons et baston finale en trois temps. On peut dire que jusqu’au bout la mécanique du manga est très bien huilée, avec un scénario aux rebondissements réguliers. On pourra regretter un manque de folie sans doute à mettre sur le compte du carcan de l’adaptation. On est tout de même surpris par la place prise par les intermèdes et la brièveté des séquences d’action pourtant parfaitement fun. Hésitant toujours un peu entre course de bagnole steampunk et western, ce troisième tome se lit sans déplaisir mais avec un risque d’oublie une fois refermé le tome. Comme pour beaucoup de très bonnes séries Doki-Doki très dotées esthétiquement mais un peu courts pour une course de fond. Une trilogie donc portée par des personnages très charismatiques et qui fait le job pour une lecture-conso.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1

****·East & West·Manga·Nouveau !·Service Presse

Clevatess #1

image-39
Manga de Yuji Iwahara
Ki-oon (2022), série en cours, 1/3 tomes parus

clevatess_1_ki-oon

bsic journalismMerci aux éditions Ki-oon pour leur fidélité.

Clevatess est l’un des rois-démons majeurs qui règnent dans l’ombre sur la terre d’Edthea. Lorsque les 13 héros mythiques lancent l’offensive il décide de contre-attaquer en ravageant de toute sa puissance les terres des hominidés. Pourtant, lorsqu’un mourant lui demande d’épargner un nourrisson, le démon doute. Pourquoi les humains veulent-ils le tuer? La responsabilité de la société hominidé peut-elle reposer sur les épaules d’un nouveau né? Il décide d’épargner l’enfant et de l’élever jusqu’à l’âge adulte afin de déterminer si les hommes sont tous à éliminer…

Les Trésors du Nain Clevatess Tome 1  Avis Review Critique Yuji Iwahara Ki-oon éditions Démon Dark Fantasy Synopsis Présentation De par leur format (long) les manga sont souvent un peu longuets à entrer en matière. J’avais déjà bien apprécié l’ouverture de Frieren qui proposait également une variation sur la thématique éculée de la lutte entre héros et démons dans la fantasy. Et je dois dire que la ligne « peu mais bien » qui décrit la politique éditoriale des éditions ki-oon continue de faire des merveilles puisque cela fait très longtemps qu’un premier tome de manga ne m’avait autant convaincu de la première à la dernière page! Pour cela l’auteur révèle une étonnante maîtrise du rythme de l’intrigue dans un récit pas si simple à mettre en route. En effet, au-delà de l’introduction visant à briser (comme c’est la mode depuis quelques temps) le schéma traditionnel de la lutte du bien contre le mal, il parvient à présenter de façon assez détaillée son décors, introduire ses personnages, ficeler la problématique de façon intelligible, tout cela en se permettant une première sous-intrigue et le tout en deux-cent pages. Et le tout fonctionne, s’enchaîne, avec quelques impressionnants panorama de destruction et un design du démon franchement réussi…

L’intelligence de Iwahara est de ne pas se reposer sur son seul pitch d’une victoire du démon surpuissant mais d’adopter véritablement (pour l’instant) son point de vue en nous plongeant dans ses réflexions intérieures sur les raisons qui poussent ces si frêles créatures bipèdes à s’attaquer à lui. En vouant l’héroïne déchue au rang de servante honteuse l’auteur ne tombe pas non plus dans le sadisme courant chez les Clevatess - Maju no O to Akago to Kabane no Yusha Manga Chapter 4mangaka mais se contente d’un récit cru d’un monde violent où les bandits sont vraiment rudes et les gens se font vraiment viol(anter)… Sur un ton plutôt sérieux on voit ainsi ce trio se constituer entre le démon ayant pris forme humaine, la servante et le bébé. Le risque dans lequel l’auteur ne tombe pas aurait été de trouver un motif improbable pour cette expérience que mène Clevatess sur les humains. On imagine ainsi cette puissance supérieure, quasi-divine choisir de se rendre parmi ces fourmis pour tenter de saisir leur spécificités et de déterminer si un enfant naïf est mauvais par essence ou le deviendra. Sacré retournement de paradigme! Mine de rien on voit ainsi poindre des thèmes aussi complexes que celui de l’apprentissage, la prédestination sociale, le mythe national, et l’origine de la violence, le tout traité avec la pirouette ironique d’un démon par essence destructeur (comme on le voit sur les premières impressionnantes séquences de chaos), dont la supériorité n’est pas que physique mais aussi intellectuelle, le poussant à chercher à comprendre. On suit donc la naissance d’une variante du candide, le (mauvais) sage observant ses contemporains pour déterminer le sort final qu’ils méritent. Une base extrêmement solide, un dessin très élégant et un potentiel sacrément élevé pour ce démarrage qui risque surtout de pâtir de l’habitude à la brièveté de l’auteur. Ce récit mériterait un certain développement. Espérons que Yuji Iwahara tordra ses principes pour nous livrer une potentielle série majeure.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1note-calvin1

**·***·****·East & West·Manga·Nouveau !·Service Presse

Blue period #8/9 – La guerre des mondes #3 – Dragonball Super #16

esat-west

Salut la compagnie! retour des mangas avec deux belles séries que j’aime suivre chez deux éditeurs toujours qualitatifs. Pas mal de retard sur Blue period qui malgré mon enchaînement de deux tomes commence à voir son intérêt se tasser, à l’inverse de la Guerre des mondes qui m’a procuré un grand plaisir assez inattendu qui confirme le flair de ki-oon pour dénicher des pépites presque à chaque publication. Les aventures de Goku passent elles sans grand intérêt mais sans inquiétude non plus sur un probable rebond dès le mois prochain.

  • Blue period #8 et 9 (Yamaguchi/Pika) – 2022, 208p./volume, 9/12 vol. parus.
bsic journalism

Merci aux éditions Pika pour leur confiance!

 

blue_period_8_pikaVolume 8: ce huitième tome se partage en deux parties. Une première voit Yatora rencontrer un nouveau camarade un peu pot de colle et avec qui le courant ne passe pas vraiment. Le voilà embarqué dans des beuveries un peu contre sa volonté alors que les premières années doivent rendre un travail qui demande à notre peintre de se documenter sur le quartier de Shibuya qui l’avait tant inspiré lors de sa préparation du concours. Par la suite il découvre que les vacances estivales sont destinées à préparer la grande parade de l’Ecole en Septembre, exigeant un énorme travail d’équipe pour réaliser un char de toutes pièces. Si la créativité de ces jeunes artistes est tous les jours impressionnante, l’épuisement guette néanmoins ces passionnés. Tome un peu moins prenant du fait des séquences culturelles sur Tokyo, ses quartiers, sa gastronomie, qui n’intéresseront peut-être moins les lecteurs qui suivent Blue Period avant tout pour l’apprentissage artistique. Heureusement la seconde partie retrouve la fluidité et l’interaction entre personnages qui font tout le charme de cette série depuis le début.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1

blue_period_9_pikaVolume 9: on enchaîne sur la fin de la construction du char et la fête qui s’ensuit puis après un épisode de découverte de Velasquez les étudiants entament un travail sur les techniques de la fresque et de la mosaïque. Toujours mal dans ses pompes Yatora navigue entre doute artistique et relations toujours faciles avec ses camarades… hormis avec le très complexe Yotasuke. Ce volume continue ainsi d’explorer les différentes facettes psychologiques du monde de l’art, avec les figures de professeurs parfois très originaux et des questionnements sur le moment où l’on devient un artiste, la différence entre profs et étudiants dans la relation à l’art (des étudiants ne peuvent-ils pas être plus doués que des prof?). L’enchaînement des séquences reste assez brutal et n’aide pas à suivre le cheminement de l’autrice qui par moment semble perdue dans ses pensées et souvenirs d’étudiante en école d’art. Ça reste intéressant et cohérent avec l’état psychologique un peu chaotique de son personnage mais on perd un peu en intérêt didactique.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1

    • La guerre des mondes #3 (Yokoshima/Ihata/Wells) – 2022, 192 p./volume, 3/3 volumes parus, série finie.
bsic journalism

Merci aux éditions Ki-oon pour leur confiance!

guerre-des-mondes-3-ki-oonCette très belle série, beaucoup plus ambitieuse qu’il n’y parait, se termine donc sur ce troisième tome qui parvient à accentuer l’intérêt scénaristique alors que la conquête semble passer à un nouveau stade et que le héros découvre la source des terrifiants engins martiens et leur méthode génocidaire. Les deux précédents volumes décrivaient principalement des destructions et la sidération de certains personnages. Un peu moins de scènes de destruction ou de bravoure ici mais le constat de la perte de santé mentale de certains et une avancée certaines dans l’intrigue puisque l’on découvre l’organisation d’une forme de résistance aux martiens. En se basant sur le matériau d’origine les auteurs gardent une certaine contrainte qui explique la brutale conclusion, mais le tout est très intelligemment mené et fait de cette trilogie l’une des versions les plus intéressantes que l’on ait pu lire de ce grand classique de la littérature SF.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1note-calvin1

  • Dragonball Super #16 (Toriyama-Toyotaro/Glénat) – 2022, 176 p./volume, 16 volumes parus, série en cours.

bsic journalismMerci aux éditions Glénat pour leur confiance!

dragon_ball_super_16_glenatOn continue sur ce nouvel arc original de la série bientôt quarantenaire (!!!)… qui malheureusement fait retomber les ardeurs perçues sur le quinzième tome. Pendant que Goku s’entraîne avec l’Ange Whis, Vegeta s’entraîne avec Beerus le dieu de la destruction… vous comprendrez comme moi vers quoi on s’oriente, notamment dans l’optique d’une fin possible (quand-même) de la série. L’idée est fort séduisante et aurait l’intérêt de la cohérence après tant de combats contre les plus dangereuses menaces de la Terre/galaxie/Univer(s)…  A côté de cela on nous fait suivre l’itinéraire de ce nouveau personnage « céréalien » qui va se retrouver doté de capacités gigantesques grâce à une des plus grosses feignantises scénaristiques de l’histoire de la saga. Pendant ce temps toujours pas de Freezer à l’horizon et on se demande bien comment Toriyama va se débrouiller pour éviter la redite en annonçant un nouvel affrontement contre « l’armée de Freezer ». Bref, ce tome ne brille vraiment pas par son scénario et n’a ni personnage charismatique ni combat rageur pour nous réveiller. Hormis le jeu avec Beerus et Whis qui fonctionne toujours bien on est donc franchement sur un intermède paresseux.

note-calvin1note-calvin1

*·****·*****·Manga·Nouveau !·Rapidos·Service Presse

Manga en vrac #27: Alpi #6 – Radiant #16- Ashidaka #4 – L’atelier des sorciers #9

esat-west

Salut les sushi! Gros retard (comme d’hab 🙂 ) sur les manga et je vous propose une fournée de séries magistrales pour la plupart, avec un gros loupé au milieu tout de même (ça arrive). Si vous n’avez pas encore commencé ces séries précipites-vous, c’est le très haut du panier…

  • Alpi the soul sender #6 (Rona/Ki-oon) – 2022, 208p., série finie, 6/7 tomes parus.

bsic journalism

Merci aux éditions Ki-oon pour leur confiance!

alpi-6-ki-oon

Mauvaise nouvelle, nous abordons la conclusion de cette très bonne série puisque le septième sera le dernier! C’est frustrant car depuis le tome cinq l’intrigue s’est fortement intensifié et cet avant-dernier tome confirme avec un long flashback qui nous narre l’origine de la rencontre entre Alpi et Pelenaï, en laissant presque totalement de côté les rituels. Du coup ce déroulé classique prend le temps d’installer un relationnel avec un très joli découpage qui nous guide dans la lecture. Ces explications densifient l’univers et permettent de mieux comprendre les derniers évènements. Le cliffhanger final rajoute une couche à l’envie, bien que je reste sceptique sur la possibilité de conclure correctement…dès le prochain tome, cette histoire qui démarre juste. On n’en voudra pas à l’autrice qui pour une première création flirte avec la qualité des mangas ethnologiques type Bride story ou L’Atelier des sorciers.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1note-calvin1


  • Radiant #16 (Valente/Ankama) – 2022, 192p./volume, série en cours.

bsic journalism

Merci aux éditions Ankama pour leur confiance.

radiant-16-ankama

Arrivés tranquilou au cœur de l’Inquisition en la cité de Bôme, Seth et ses amis se retrouvent désormais confrontés à la redoutable puissance des hommes de Torque. Seth emprisonné, Dragunov gravement blessé, Melie plongée dans sa torpeur psychopathe, bien malin celui qui dira comment se sortir de ce mauvais pas. A moins que… le mystérieux Grimm revient se rappeler à notre bon souvenir, fort de sa puissance monumentale, alors que les Domitor se rassemblent autour de leur chef Adhès… Ce tome est un poil moins marrant que ce à quoi Tony Valente nous a habitué mais compense allègrement par un dessin et un design redoutables d’efficacité. Surtout, le plaisir de l’auteur de jouer avec ses pouvoirs magiques et son univers est totalement jouissif et terriblement addictif. La peur qu’il se noie dans la profusion de concepts, personnages et sous-intrigues est toujours là à mesure que les tomes avancent sans que l’on sache bien vers quoi on va mais l’envoutement demeure suffisamment fort pour ne vraiment pas se préoccuper des finalité d’un manga qui reste toujours dans le top 5 des shonen les plus agréables à suivre. Avec les quelques indiscrétions que l’on peut piocher dans le cahier final au milieu de plein de n’importe quoi, on a suffisamment d’envie pour continuer à faire monter l’impatience à lire la suite.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1note-calvin1


  • Ashidaka, the iron hero #4 (Sumiyoshi/Glénat) – 2022, 224p./volume, série finie en 4 tomes.

bsic journalism

Merci aux éditions Glénat pour leur confiance.

ashidaka_4_glenatAshidaka se conclut piteusement et confirme la fausse bonne idée d’une autrice dont les envies graphiques n’ont jamais trouvé d’histoire pour créer un intérêt. Par manque d’idée, manque d’ambition ou surestimation de sa capacité à assumer deux séries simultanées, la pourtant formidable Ryo Sumiyoshi s’écrase dans un gloubi-boulga de traits qui l’ont pas l’avantage de ce que le crayonné peut apporter à un dessin rapide. Si le premier tome permettait de s’accrocher à l’origin story et à la découverte d’un monde post-apo, ce manga n’aura jamais pu dépasser l’idée de bras robots accrochés aux dos des humains et de cette xénophobie pourtant si porteuse de drama. On termine donc la série aussi difficilement que l’autrice semble l’avoir réalisé, avec un combat final qui arrive maintenant mais aurait pu arriver deux tomes avant. Pour ne pas être complètement injuste on trouve encore quelques visions intéressantes et un épilogue qui montre le souhait de finir correctement. Mais c’est loin de suffire à justifier la lecture de plus que le premier tome, même pour les fans de l’autrice de Centaures. Dommage, vraiment dommage quand on connaît son talent et le potentiel de tout univers steampunk.

note-calvin1

  • L’atelier des sorciers #9 (Shirahama/Ki-oon) – 2021, 160p., 10 tomes parus au Japon.

bsic journalism

Merci aux éditions Pika pour leur confiance!

atelier-sorciers-9-pikaCoup de coeur! (1)Chronique très tardive pour ce dernier tome paru en fin d’année dernière, qui retrouve le grandiose des précédents volumes avec une richesse de mise en scène de chaque instant, un graphisme d’une minutie folle sur chaque case et un univers qui s’étoffe fortement avec la découverte de la Fête de la nuit d’argent. Après la pause du tome 8 l’autrice profite de chaque intermède pour nous présenter des créatures, des sorts et des costumes d’une esthétique incroyable qui donnent l’impression de naviguer dans un atelier de créateur de mode. Si les planches sont un très gros point fort de cette série majeure, l’aspect seinen prend le dessus avec l’évocation de violences, des arrestations musclées par la Milice et des des débats politiques qui nous font entrer plus avant dans la découverte du monde « moldus ». La bande de Coco reste un peu en retrait lors de ces premières heures dans la cité qui héberge la fête et on ne sait plus où donner de la tête devant la profusion de personnages, d’objets et de créatures qui font de ce manga un véritable Star Wars des magiciens. La lecture en est très rapide et l’on redoute l’attente du prochain tome, les japonais venant tout juste de le découvrir…

note-calvin1note-calvin1note-calvin1note-calvin1note-calvin1