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Blue period #8/9 – La guerre des mondes #3 – Dragonball Super #16

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Salut la compagnie! retour des mangas avec deux belles séries que j’aime suivre chez deux éditeurs toujours qualitatifs. Pas mal de retard sur Blue period qui malgré mon enchaînement de deux tomes commence à voir son intérêt se tasser, à l’inverse de la Guerre des mondes qui m’a procuré un grand plaisir assez inattendu qui confirme le flair de ki-oon pour dénicher des pépites presque à chaque publication. Les aventures de Goku passent elles sans grand intérêt mais sans inquiétude non plus sur un probable rebond dès le mois prochain.

  • Blue period #8 et 9 (Yamaguchi/Pika) – 2022, 208p./volume, 9/12 vol. parus.
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Merci aux éditions Pika pour leur confiance!

 

blue_period_8_pikaVolume 8: ce huitième tome se partage en deux parties. Une première voit Yatora rencontrer un nouveau camarade un peu pot de colle et avec qui le courant ne passe pas vraiment. Le voilà embarqué dans des beuveries un peu contre sa volonté alors que les premières années doivent rendre un travail qui demande à notre peintre de se documenter sur le quartier de Shibuya qui l’avait tant inspiré lors de sa préparation du concours. Par la suite il découvre que les vacances estivales sont destinées à préparer la grande parade de l’Ecole en Septembre, exigeant un énorme travail d’équipe pour réaliser un char de toutes pièces. Si la créativité de ces jeunes artistes est tous les jours impressionnante, l’épuisement guette néanmoins ces passionnés. Tome un peu moins prenant du fait des séquences culturelles sur Tokyo, ses quartiers, sa gastronomie, qui n’intéresseront peut-être moins les lecteurs qui suivent Blue Period avant tout pour l’apprentissage artistique. Heureusement la seconde partie retrouve la fluidité et l’interaction entre personnages qui font tout le charme de cette série depuis le début.

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blue_period_9_pikaVolume 9: on enchaîne sur la fin de la construction du char et la fête qui s’ensuit puis après un épisode de découverte de Velasquez les étudiants entament un travail sur les techniques de la fresque et de la mosaïque. Toujours mal dans ses pompes Yatora navigue entre doute artistique et relations toujours faciles avec ses camarades… hormis avec le très complexe Yotasuke. Ce volume continue ainsi d’explorer les différentes facettes psychologiques du monde de l’art, avec les figures de professeurs parfois très originaux et des questionnements sur le moment où l’on devient un artiste, la différence entre profs et étudiants dans la relation à l’art (des étudiants ne peuvent-ils pas être plus doués que des prof?). L’enchaînement des séquences reste assez brutal et n’aide pas à suivre le cheminement de l’autrice qui par moment semble perdue dans ses pensées et souvenirs d’étudiante en école d’art. Ça reste intéressant et cohérent avec l’état psychologique un peu chaotique de son personnage mais on perd un peu en intérêt didactique.

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    • La guerre des mondes #3 (Yokoshima/Ihata/Wells) – 2022, 192 p./volume, 3/3 volumes parus, série finie.
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Merci aux éditions Ki-oon pour leur confiance!

guerre-des-mondes-3-ki-oonCette très belle série, beaucoup plus ambitieuse qu’il n’y parait, se termine donc sur ce troisième tome qui parvient à accentuer l’intérêt scénaristique alors que la conquête semble passer à un nouveau stade et que le héros découvre la source des terrifiants engins martiens et leur méthode génocidaire. Les deux précédents volumes décrivaient principalement des destructions et la sidération de certains personnages. Un peu moins de scènes de destruction ou de bravoure ici mais le constat de la perte de santé mentale de certains et une avancée certaines dans l’intrigue puisque l’on découvre l’organisation d’une forme de résistance aux martiens. En se basant sur le matériau d’origine les auteurs gardent une certaine contrainte qui explique la brutale conclusion, mais le tout est très intelligemment mené et fait de cette trilogie l’une des versions les plus intéressantes que l’on ait pu lire de ce grand classique de la littérature SF.

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  • Dragonball Super #16 (Toriyama-Toyotaro/Glénat) – 2022, 176 p./volume, 16 volumes parus, série en cours.

bsic journalismMerci aux éditions Glénat pour leur confiance!

dragon_ball_super_16_glenatOn continue sur ce nouvel arc original de la série bientôt quarantenaire (!!!)… qui malheureusement fait retomber les ardeurs perçues sur le quinzième tome. Pendant que Goku s’entraîne avec l’Ange Whis, Vegeta s’entraîne avec Beerus le dieu de la destruction… vous comprendrez comme moi vers quoi on s’oriente, notamment dans l’optique d’une fin possible (quand-même) de la série. L’idée est fort séduisante et aurait l’intérêt de la cohérence après tant de combats contre les plus dangereuses menaces de la Terre/galaxie/Univer(s)…  A côté de cela on nous fait suivre l’itinéraire de ce nouveau personnage « céréalien » qui va se retrouver doté de capacités gigantesques grâce à une des plus grosses feignantises scénaristiques de l’histoire de la saga. Pendant ce temps toujours pas de Freezer à l’horizon et on se demande bien comment Toriyama va se débrouiller pour éviter la redite en annonçant un nouvel affrontement contre « l’armée de Freezer ». Bref, ce tome ne brille vraiment pas par son scénario et n’a ni personnage charismatique ni combat rageur pour nous réveiller. Hormis le jeu avec Beerus et Whis qui fonctionne toujours bien on est donc franchement sur un intermède paresseux.

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Manga en vrac #27: Alpi #6 – Radiant #16- Ashidaka #4 – L’atelier des sorciers #9

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Salut les sushi! Gros retard (comme d’hab 🙂 ) sur les manga et je vous propose une fournée de séries magistrales pour la plupart, avec un gros loupé au milieu tout de même (ça arrive). Si vous n’avez pas encore commencé ces séries précipites-vous, c’est le très haut du panier…

  • Alpi the soul sender #6 (Rona/Ki-oon) – 2022, 208p., série finie, 6/7 tomes parus.

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Merci aux éditions Ki-oon pour leur confiance!

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Mauvaise nouvelle, nous abordons la conclusion de cette très bonne série puisque le septième sera le dernier! C’est frustrant car depuis le tome cinq l’intrigue s’est fortement intensifié et cet avant-dernier tome confirme avec un long flashback qui nous narre l’origine de la rencontre entre Alpi et Pelenaï, en laissant presque totalement de côté les rituels. Du coup ce déroulé classique prend le temps d’installer un relationnel avec un très joli découpage qui nous guide dans la lecture. Ces explications densifient l’univers et permettent de mieux comprendre les derniers évènements. Le cliffhanger final rajoute une couche à l’envie, bien que je reste sceptique sur la possibilité de conclure correctement…dès le prochain tome, cette histoire qui démarre juste. On n’en voudra pas à l’autrice qui pour une première création flirte avec la qualité des mangas ethnologiques type Bride story ou L’Atelier des sorciers.

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  • Radiant #16 (Valente/Ankama) – 2022, 192p./volume, série en cours.

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Merci aux éditions Ankama pour leur confiance.

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Arrivés tranquilou au cœur de l’Inquisition en la cité de Bôme, Seth et ses amis se retrouvent désormais confrontés à la redoutable puissance des hommes de Torque. Seth emprisonné, Dragunov gravement blessé, Melie plongée dans sa torpeur psychopathe, bien malin celui qui dira comment se sortir de ce mauvais pas. A moins que… le mystérieux Grimm revient se rappeler à notre bon souvenir, fort de sa puissance monumentale, alors que les Domitor se rassemblent autour de leur chef Adhès… Ce tome est un poil moins marrant que ce à quoi Tony Valente nous a habitué mais compense allègrement par un dessin et un design redoutables d’efficacité. Surtout, le plaisir de l’auteur de jouer avec ses pouvoirs magiques et son univers est totalement jouissif et terriblement addictif. La peur qu’il se noie dans la profusion de concepts, personnages et sous-intrigues est toujours là à mesure que les tomes avancent sans que l’on sache bien vers quoi on va mais l’envoutement demeure suffisamment fort pour ne vraiment pas se préoccuper des finalité d’un manga qui reste toujours dans le top 5 des shonen les plus agréables à suivre. Avec les quelques indiscrétions que l’on peut piocher dans le cahier final au milieu de plein de n’importe quoi, on a suffisamment d’envie pour continuer à faire monter l’impatience à lire la suite.

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  • Ashidaka, the iron hero #4 (Sumiyoshi/Glénat) – 2022, 224p./volume, série finie en 4 tomes.

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Merci aux éditions Glénat pour leur confiance.

ashidaka_4_glenatAshidaka se conclut piteusement et confirme la fausse bonne idée d’une autrice dont les envies graphiques n’ont jamais trouvé d’histoire pour créer un intérêt. Par manque d’idée, manque d’ambition ou surestimation de sa capacité à assumer deux séries simultanées, la pourtant formidable Ryo Sumiyoshi s’écrase dans un gloubi-boulga de traits qui l’ont pas l’avantage de ce que le crayonné peut apporter à un dessin rapide. Si le premier tome permettait de s’accrocher à l’origin story et à la découverte d’un monde post-apo, ce manga n’aura jamais pu dépasser l’idée de bras robots accrochés aux dos des humains et de cette xénophobie pourtant si porteuse de drama. On termine donc la série aussi difficilement que l’autrice semble l’avoir réalisé, avec un combat final qui arrive maintenant mais aurait pu arriver deux tomes avant. Pour ne pas être complètement injuste on trouve encore quelques visions intéressantes et un épilogue qui montre le souhait de finir correctement. Mais c’est loin de suffire à justifier la lecture de plus que le premier tome, même pour les fans de l’autrice de Centaures. Dommage, vraiment dommage quand on connaît son talent et le potentiel de tout univers steampunk.

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  • L’atelier des sorciers #9 (Shirahama/Ki-oon) – 2021, 160p., 10 tomes parus au Japon.

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Merci aux éditions Pika pour leur confiance!

atelier-sorciers-9-pikaCoup de coeur! (1)Chronique très tardive pour ce dernier tome paru en fin d’année dernière, qui retrouve le grandiose des précédents volumes avec une richesse de mise en scène de chaque instant, un graphisme d’une minutie folle sur chaque case et un univers qui s’étoffe fortement avec la découverte de la Fête de la nuit d’argent. Après la pause du tome 8 l’autrice profite de chaque intermède pour nous présenter des créatures, des sorts et des costumes d’une esthétique incroyable qui donnent l’impression de naviguer dans un atelier de créateur de mode. Si les planches sont un très gros point fort de cette série majeure, l’aspect seinen prend le dessus avec l’évocation de violences, des arrestations musclées par la Milice et des des débats politiques qui nous font entrer plus avant dans la découverte du monde « moldus ». La bande de Coco reste un peu en retrait lors de ces premières heures dans la cité qui héberge la fête et on ne sait plus où donner de la tête devant la profusion de personnages, d’objets et de créatures qui font de ce manga un véritable Star Wars des magiciens. La lecture en est très rapide et l’on redoute l’attente du prochain tome, les japonais venant tout juste de le découvrir…

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Manga en vrac #26: Dai Dark #1 – Appare Ranman #1 – Ranking of kings #1

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Salut les mangavores! Je vous propose aujourd’hui une salve de premiers volumes de nouveautés assez fraiches et qui toutes perturbent les schémas du manga!

  • Dai Dark #1 (Q Hayashida/Soleil) – (2019) 022, 208p., 1/4 volumes parus.

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Merci aux éditions Soleil pour leur confiance!

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Après 23 volumes d’une série (Dorohedoro) fort réputée et adaptée en animé (visible sur Netflix) l’autrice Q Hayashida revient pour une nouvelle série qui sous ses aspects trash au possible recouvre bien l’approche shonen: un jeune garçon ère dans l’espace doté d’un pack magique nommé Sakadoh et de capacités en faisant une sorte de robot. Egalement équipé d’une « peau d’ombre » il apparaît tout puissant pour éliminer ses adversaires, comme les terribles pilleurs d’épave. Si le trait paraît souvent brouillon, l’ambiance à la Fluide glacial donne un ton bon enfant même si les démembrements, éviscérations et explosions en règle réserve ce manga aux jeunes peu sensibles. Une entrée en matière qui a le mérite de l’originalité en proposant une sorte de Berserk pour jeunes, entre la Légende de Ran et le fort sympathique Volcano Trash. Avec un design glauquissime fait d’os et lorgnant du côté de HR Giger, ce titre commence de façon intrigante, pour peu que l’autrice nous propose une véritable intrigue, pour l’heure pas du tout démarrée.

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  • Appare Ranman #1 (Ahndongshik-Apperacing/Doki-Doki) – (2020) 2022, 208p., série finie en 3 tomes.

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Merci aux éditions Bamboo pour leur confiance!

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Je suis toujours très friand de Steampunk et quand j’ai vu passer cette courte série du dessinateur de Renjoh Desperado (déjà un steampunk western découvert grâce aux opé Covid des éditeurs) ma curiosité s’est trouvée titillée. Ne perdant pas de temps en mise en place, ce premier tome nous envoie suivre deux japonais projetés en plein far-west alors qu’une coure de voitures « sauvage » s’apprête à partir traverser le continent. Si l’aspect samouraï reste pour le moment soft, l’apparition progressive des concurrents, tous fortement caractérisés (un milliardaire héritier industriel, redoutables bandits et noir expert en gunfight…) nous allèche avec l’impatience de voir l’action endiablée commencer dans la filiation d’un Streamliner. Avec un jeune héros aussi doué en bricole que Senku, ce qui surprend le plus c’est l’insertion d’un propos politique assez surprenant pour un shonen: entre la tradition d’obéissance japonaise pour lui, le jeune amérindien dont la famille a été massacrée, la jeune femme interdite d’être pilote en raison de sons sexe ou l’esclave affranchi, c’est une drôle de brochette de minorité opprimée qui se retrouve dans cette histoire! Fort bien dessiné et doté d’une progression lisible et dynamique, ce premier tome rappelle l’enthousiasme d’une autre trilogie Doki-doki: Tetsu et Doberman.

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  • Ranking of kings #1 (Toka/Ki-oon) – (2017) 2022, 208p., 1/10 volumes parus.

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Merci aux éditions Ki-oon pour cette découverte.

ranking-of-kings-1-kioonSorti dans la collection « transversale » Kizuna, Ranking of kings est d’abord un projet auto-publié sur le net avant de devenir un manga et un animé. Sous un aspect très enfantin qui peut rebuter de prime abord, on est d’abord surpris par ce personnage de prince-héritier d’une dynastie de roi-géant… qui s’avère être muet et très chétif! Alors que la seule valeur royale reconnue est la force brute, ce jeune Boji va s’avérer être un enfant touchant, sensible qui au travers de sa rencontre avec une « ombre » d’un clan d’assassins va révéler de surprenants talents. Si les planches sont donc assez basiques (mais rendront le manga aux allures de conte très adapté aux plus jeunes, une fois n’est pas coutume), c’est dans le traitement tout sauf manichéen des personnages que l’on est surpris. Contrairement aux habitudes des contes fantasy il est bien difficile de déterminer qui est gentil, qui est méchant et les motivations de chacun dans ce volume, dans un univers surprenant avec cet allié qui a la forme d’une ombre plate parlante. Une bonne surprise à découvrir!

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Manga en vrac #25: Aposimz #7 – Shangri-la Frontier #3 – La danse du soleil et de la lune #1 – Pilote sacrifié #1

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Salut les amis! Retour des manga avec une grosse fournée, en attendant les suivantes pour écouler le retard sur les nouveautés. Au programme aujourd’hui deux suites (blockbusters) et deux premiers tomes (plus délicats) et autant d’excellentes lectures!

  • Aposimz #7 (Nihei/Glénat) – 2022, 192p., 16/17 volumes parus.

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Merci aux éditions Glénat pour leur confiance!

Une fois n’est pas coutume, j’ai voulu tester la série en cours de Tsutomu Nihei (Blame!) sur le dernier volume sorti, sans connaître l’histoire… Première bonne nouvelle, le tome comporte un résumé des derniers évènements et des personnages impliqués, ce qui permet de raccrocher les wagons assez facilement. N’ayant rien lu de Nihei à ce jour (mon fils a l’intégrale de Blame! et j’ai cependant vu l’adaptation anime sur Netflix), je connais néanmoins son univers urbain sombre et labyrinthique et ai été surpris par des planches au trait extrêmement dépouillés (sorte de négatif de Blame!) qui tirent de plus en plus vers les manga de Miyazaki.  Sur le plan narratif, on a une vraie BD, avec dialogues et progression, même si les pérégrinations dans des décors monumentaux restent l’ADN de l’auteur. L’intrigue semble très sympathique avec cet empire dirigeant des « marionettes », sortes d’androïdes organiques qui combattent un héros qui a comme ses comparses la particularité de changer de forme sans prévenir. C’est ce qui perturbera le plus, (avec un certain manque de lisibilité du à l’épure) le lecteur, sans exclure que tout cela soit expliqué plus tôt dans le manga. Je ressors de ma lecture avec une plutôt bonne impression, à la réserve près que l’édition Full color actuellement en cours de publication au Japon me semble une excellente initiative qui permettra de rendre plus accessible cette série. Gageons que Glénat n’attendra pas la conclusion de la série pour sortir une Perfect qui remettrait en tête de gondole un auteur qui le mérite.

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  • Shangri-la Frontier #3 (Katarina-Fuji/Glénat) – 2021, 192p., 3/7 volumes parus.

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Merci aux éditions Glénat pour leur confiance!

shangri-la_frontier_3_glenatEngagé dans un combat très inégal contre un monstre unique semblant invincible, Sunraku parvient néanmoins à accomplir la mission « au pays des lapins Vorpalins » (terme directement emprunté à Lewis Carroll). Désormais détenteur de l’esprit vorpalin (sans bien savoir ce qu’il signifie), notre héros va continuer à optimiser son personnage en attendant de parvenir au niveau suffisant qui lui permettra d’aider ses comparses à combattre l’un des Sept suprêmes, les plus puissants PNJ du jeu!

On continue à découvrir le monde de Shanfro avec notre héros et les mêmes qualités que précédemment. Si l’intrigue développe légèrement les relations entre les personnages extérieur au jeu (et les incidences qui auront lieu dans Shanfro) l’essentiel reste centré sur la découverte des fonctionnalités, techniques de combat, créatures et lieux, comme dans tout bon jeu vidéo à monde ouvert, ce qui nous fait parfois nous demander si le but de cette série est de remplir les rares temps « libres » des hard-core gamers ou de combler la frustration de ceux qui n’ont pas les moyens de s’équiper en consoles new-gen… Reste qu’on prend toujours autant de plaisir, graphique notamment, avec des séquences extrêmement lisibles, un design très classe et en somme tous les ingrédients pour assouvir la conso manga d’une large clientèle djeun’z Shonen.  On retrouve ainsi la découverte si gratifiante de jeux comme Zelda Breath of the wild et on n’a qu’une envie en sortant de sa lecture, attraper des manettes!

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  • Pilote sacrifié – chroniques d’un kamikaze #1 (Azuma-Kokami/Delcourt) – (2018) 2022, 208p., 1/10 volumes parus.

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Merci aux éditions Delcourt pour cette découverte.

pilote-sacrifie-1-delcourtJolie découverte que ce premier tome d’une série partie pour durer et qui nous chronique de façon très documentée l’histoire d’un membre de la première escouade Kamikaze de l’armée impériale du Japon lors de la seconde guerre mondiale… qui vécut malgré cela jusqu’en 2016! Cette seule incongruité historique suffit à nous intriguer et nous plonger dans une lecture qui nous fait découvrir sur ce premier opus la très courte formation (en quelques pages) d’un amoureux des avions présenté comme un naïf romantique avant de partir pour la mission kamikaze. Rythme très rapide donc, appuyé sur un dessin à la fois technique et très élégant qui fait plaisir aux mirettes et au-dessus de la moyenne. On découvre l’intérieur de cette armée à la fois fidèle mais dont les mêmes ne sont pas des fous furieux fanatiques comme il est souvent montré. Les auteurs jouent sur le suspens de savoir comment un kamikaze peut bien rechaper se con attaque suicide en alternant entre la guerre et les derniers jours de Sasaki alors qu’un jeune homme souhaite récolter son témoignage. A découvrir pour les amateurs d’Histoire et de drames militaires.

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  • La danse du soleil et de la lune #1 (Matsuura/Ki-oon) – 2021, 208p., 1/3 volumes parus.

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Merci aux éditions Ki-oon pour cette découverte.

danse_du_soleil_et_de_la_lune_1_ki-oonSur un chara design très maîtrisé, l’autrice  Daruma Matsuura nous plonge dans un japon féodal où l’héritier d’une lignée de modestes samouraï se trouve touché d’une malédiction: son corps repousse le métal, l’empêchant de pouvoir exercer la dignité dynastique du maniement des armes. Totalement dépressif il attend la mort avant que sa vie ne bascule brutalement lorsqu’une magnifique et mystérieuse jeune femme demande sa main… Nous avons ainsi affaire dans cette introduction à un classique récit de Samouraï mâtiné d’un vernis fantastique qui reste sobre jusqu’à la séquence finale où une accélération brutale nous aspire vers un terrible cliffhanger. L’autrice joue sur une réalité brouillée pour cet être anéanti par son malheur et qui ne s’autorise pas l’éventualité du bonheur. Touchant, le personnage nous agace un peu comme Calimero en tong s’appesantissant sur son sort. La narration est assez hachée entre différentes séquences qui nous intriguent dans une chronologie trouble. Encore une jolie trouvaille de l’éditeur ki-oon.

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Manga en vrac #21: Ajin #17 – Elio #4 – Alpi the soulsender #5

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  • Ajin #17 (Sakuraï/Glénat) – 2021, série achevée en 17 volumes.

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Merci aux éditions Glénat pour leur confiance!

ajin-17-glenatIl n’y a rien de plus compliqué que de clôturer une série BD, surtout quand elle a a atteint une telle intensité. Je me rappelle de chacune de mes lectures d’Akira où je me suis dit chaque fois que cette fin était un peu décevante. En fait pas décevante, juste impossible. Le happy end est trop facile, les fins ouvertes frustrantes… C’est partiellement le cas avec cet ultime tome d’une des plus grande saga manga des vingt dernières années. Tout d’abord du fait du découpage classique achevant les scènes au volume suivant. Ainsi la conclusion de l’intrigue était quasiment fermée au tome seize. Ensuite parce que la façon de vaincre Sato paraît un peu « tout ça pour ça » même si avec un tel méchant on peut toujours postuler sur sa lassitude à « jouer ». Ces pages sonnent donc plus comme un long épilogue, toujours magnifique, assez contemplatif, revenant sur la galerie de personnages et ce qu’ils vont faire après. Soyons honnêtes: après cette aventure on ne sait toujours pas grand chose des Ajin et de ce qu’il se passe dans le monde. La fin laisse donc mille et une possibilités de poursuivre sur de nouveaux cycles…. ou pas. la grosse post-face de l’auteur, assez surprenante de franchise, nous laisse entendre que le fait d’avoir été contraint de continuer seul une série entamée avec un scénariste l’a obligé à travailler des structures sur lesquelles il ne se sent pas forcément compétent et explique en partie la tournure action prise après le premier volume. Ce texte me laisse assez perplexe sur la volonté de Sakuraï de passer le reste de sa vie sur le développement de suites. Que ce soit sur Ajin ou sur d’autres projets il a montré au monde l’étendue de son talent et les informations sur ce qu’il fera seront de premier ordre pour le public Manga!

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  • Elio le fugitif #4 (Hosokawa/Glénat) – 2021, série achevée en 4 volumes.

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Merci aux éditions Glénat pour leur confiance!

elio_4_glenatAprès un billet récent sur les tomes 2 et 3 il est temps d’en finir avec une série où l’auteur semble s’être fait plaisir en visant le sillage de l’excellent Vinland Saga mais sans la solidité de la structure. Aussi on est passé d’une fuite de prison dans le premier tome à une affaire de vengeance familiale dans les deux suivants. Si le troisième et début du quatrième tome marquent une grosse envie de produire des combats à la croisée de The Raid et de Dragonball, on conclut la série sur les bribes de grande saga diplomatique et stratégique qui se met en place… avant une conclusion abrupte. Je ne sais si un nouveau cycle verra le jour mais on sent une forme de précipitation qui agence des genres sans jointure et aboutit un petit peu à une impression Frankenstein ou manga de fan. Ce dernier volume n’est pas inintéressant, surtout si l’on admet l’aspect shonen malgré la violence crue représentée, simplement on ne sait pas bien où veut nous emmener l’auteur. Avec des dessins moyens, bardé d’influences qui transpirent, les différents éléments de cette mini-série sont plutôt réussis, mais leur agencement trop grossier pour vraiment convaincre. Les fana de Vinland Saga pourront y trouver leur compte ente deux volumes de leur série préférée, les autres trouveront certainement d’autres séries courtes bien mieux réalisées.

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  • Alpi the soul sender #5  (Rona/Ki-oon) – 2021, 5/6 volumes parus.

 bsic journalismMerci aux éditions Ki-oon pour leur confiance!

alpi-soul-sender-5-ki-oonAprès deux volumes qui m’ont franchement inquiété sur le devenir de cette série, me voilà rassuré avec un cinquième tome qui est peut-être un des meilleurs depuis le début. Et cela pour une simple raison: après la découverte de rituels one-shot qui ont permis de découvrir cette mythologie et le personnage d’Alpi et l’accident du quatrième volume, l’autrice élargit enfin son champ avec l’arrivée d’une équipe de soul sender chargés de traiter une corruption particulièrement massive qui exige une collaboration. En parallèle deux mystérieux méchants apparaissent et des identités surprenantes sont également abordées. Tout cela approfondit drôlement le background d’une série graphiquement super et et à laquelle il ne manquait plus qu’un vrai drama et des perspectives de progressions au long cours.

Du coup la structure binaire des précédents tomes laisse ici la place à une unique histoire dont la conclusion nous laisse sur une sacrée révélation! Avec la trace des parents d’Alpi et de Sersella (dont il est une nouvelle fois question ici), on se retrouve happé dans une histoire qui dépasse les seules rituels pratiqués par Alpi avec la possibilité d’une ambition bien plus large. Il était temps, cette série est sur d’excellents rails pour durer avec de grandes qualités.

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Manga en vrac #21: Radiant #15 – FMA #8 – Le Cauchemar d’Innsmouth 1/2

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Trois tomes de séries en cours, très attendus avec une qualité variable mais sur des séries qui restent absolument majeures dans les publications actuelles et passées.

  • Radiant #15 (Valente/Ankama) – 2021, série  en cours.

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Merci aux éditions Ankama pour leur confiance!

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C’est le chaos à Bôme, capitale du Pharénos, où les Domitor et leur chef Adhès mène une attaque directement contre le roi et les généraux de l’Inquisition. Alors que les amis de Seth se réunissent, ce dernier parvient à faire évader son frère Diabal avant d’affronter les terribles dompteurs de Némesis…

Il se sera fait attendre celui-là! Alors que Tony Valente nous avait gratifié de deux volumes par ans depuis plusieurs années, ce quinzième Radiant a été retardé plusieurs fois et sort plus d’un an après le précédent. Pour un lectorat habitué à des publications rapproché, cela risque de bousculer les habitudes…. Alors ne boudons pas notre plaisir en plongeant dans ce qui nous enchante depuis le premier volume, à savoir un dessin superbe (bien qu’un peu minutieux pour le format type manga), un humour toujours efficace, une action effrénée et surtout un design et worldbuilding qui ne cesse de s’étoffer, au risque de subir le syndrome GRR Martin… Si la fin de la série ne semble toujours pas pour demain, on sent depuis l’arrivée à Bôme que l’on est entré dans le dur avec les rôles de chacun des groupes qui se clarifie: Inquisiteurs d’un côté, Domitors de l’autre, sorciers enfin parmi lesquels Seth et sa fratrie font office de danger pour l’équilibre en place… Ce volume est ainsi l’occasion d’une sacrée avancée dans la connaissance de l’univers et de son passé même si l’auteur se plait à nous jeter toujours de nouveaux cliffhanger et pistes avec – SCOOP! – le retour tant attendu de Grimm. La qualité est donc toujours au rendez-vous et on est prêts à patienter le temps qu’il faut pour chaque nouveau volume de cette magistrale série. Tony Valente est un sacré créateur et sait seul ce qu’il faut pour que ses épisodes soient parfaits.

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  • le cauchemar d’Innsmouth #1/2 (Tanabe/Ki-oon) – 2021, 204p., collection Les chefs d’œuvre de Lovecraft.

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Merci aux éditions Ki-oon pour leur confiance!

image-1629709044Avec ce deuxième Chef d’oeuvre de Lovecraft de l’année on se rapproche de la fin de la collection, avec la première partie de ce qui est considéré comme un des points majeurs de l’oeuvre du génie de Providence. Et malheureusement pour le coup Ki-oon aurait été bien inspiré de compacter les deux volumes originaux en un gros tome car la construction très progressive de l’intrigue nous laisse un peu sur notre faim à la conclusion de ce manga. Encore une fois un jeune homme (décidément pas beaucoup de femmes dans l’univers de Lovecraft!) voit sa curiosité l’entraîner à explorer une étrange bourgade, port de pêche peuplé d’adorateurs de Dagon (aperçu dans la très courte section sur le volume paru en mars) à l’apparence indicible… Si quelques visions de personnages cracra font leur effet et la maîtrise de Tanabe de la progression fantastique reste très efficace, on manque un peu de ce qui plait tant dans le Mythe de Cthulhu: les architectures folles, les regards perdus, l’irruption de l’impossible dans le réel. Car Innsmouth semble à la fois trop proche de la société des hommes et trop vide pour réellement nous happer. Sans doute le cliffhanger final marque-t’il la bascule vers l’horreur mais après deux-cent pages on reste sagement dans l’attente… A noter qu’après le second volume attendu il nous restera à découvrir L’abomination de Dunwich, dernière adaptation en date du japonais.

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  • Fullmetal Alchemist #8  (Arakawa/Kurokawa) – 2021, 8/18 volumes parus.

Coup de coeur! (1)bsic journalism Merci aux éditions Kurokawa pour leur confiance.

couv_432978Si la qualité éditoriale et la fabrication de ces volumes de la Perfect edition me ravissent à chaque sortie, j’ai toujours des moments de flottements avec un rythme un peu erratique voulu par l’autrice qui dilue un peu son action pour maintenir un suspens et faire durer le plaisir. Il y a bien sur l’effet Shonen et j’admet me placer un peu de côté par rapport au public cible bien que le ton relativement sombre du manga ne cesse de me surprendre. Ce huitième tome (on est presque à la moitié) m’a pourtant emporté de la première à la dernière page sans baisse de rythme, jusqu’à un coup de cœur que je ne pensais plus vraiment possible sur FMA! On ne le rappelle jamais assez, une bonne histoire n’existe qu’avec un bon méchant et si l’Ishval Scar avait marqué les esprits au tout début de l’histoire on l’avait pas mal perdu de vue jusqu’ici. Et on peut dire que l’autrice aime son personnage autant si ce n’est plus que le redoutable président Bradley. Terriblement féroce, martialement imbattable, il est parcouru d’une tension émotionnelle immense qui fait écho aux touchants passages parlant des enfants orphelins et de la douleur des mutilés et traumatisés de guerre, sujets on ne peu plus rares dans des shonen. En miroire à la densification de son récit, Arakawa nous régale graphiquement dans de superbes actions qui proposent comme d’habitude un cadrage et un découpage absolument libres. L’humour reste en retrait ce qu’il faut et l’intrigue se simplifie maintenant que les protagonistes se sont un peu stabilisés. Des personnages jusqu’ici  mystérieux entrent sur scène et avec quel panache! 

Ce huitième volume est clairement le meilleur depuis le démarrage en montrant que les très nombreuses trames et personnages secondaires proposés jusqu’ici peuvent converger vers un récit qui justifie son statut culte. Vite la suite!

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**·***·Manga·Nouveau !·Rapidos·Service Presse

Manga en vrac #18: Toilet Bound Hanako-Kun #3 – Elio le fugitif #2 et 3 – La guerre des mondes #2

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  • Toilet-Bound Hanako-Kun #3 (Aidalro/Pika) – 2021 série en cours, 3/15 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Pika pour leur confiance.

toilet-bound-hana-kun-3-pikaLa chronique des deux premiers volumes se trouve ici.

J’avais été comme mes camarades de blog assez enjoué par ma découverte des deux premiers volumes sortis cet été. En entamant ce troisième tome je découvre que contrairement aux précédents le mystère des archives de 16h s’étale sur plusieurs chapitres qui forment l’intégralité de ce volume, ce qui change pas mal la donne en matière de rythme. Ce qui était présenté comme des histoires courtes avec rotation rapide de l’action et des personnages s’installe plus dans la durée, avec approfondissement notamment dans la recherches qu’entreprend Nene sur son maître-allié Hanako. Ce jeune esprit qui nous est décrit ici comme ni plus ni moins que le chef des Mystères de l’école est depuis le début fort mystérieux et on va ainsi se retrouver dans son passé pour comprendre comment il est devenu un esprit. Les pages du volumes sont toujours très agréables dans leur mise en scène destructurée et fourmillant de détails. L’humour et l’action sont en revanche un peu en retrait et j’ai découvert cette intrigue un peu moins enthousiaste, je dois le reconnaître. La difficulté de ce format était dès le début de parvenir à s’inscrire dans la longueur car autant on a regretté le format très court d’un Tetsu & Doberman autant pour Toilet Bound une tomaison sur les doigts de la main aurais sans doute suffi. Je dis cela alors qu’aucune intrigue au long court n’a eu le temps de se mettre en place, aussi il faudra voir (je rappelle que la série compte déjà quinze volumes au japon, ce qui laisse à Pika le temps de développer sa licence)

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  • Elio le fugitif #2-3 (Hosokawa/Glénat) – 2021, série en 5 volumes, terminée au Japon

bsic journalismMerci aux éditions Glénat pour leur confiance.

elio-fugitif-2-glenatImpression mitigée et assez tranchée sur les deux volumes, qui recoupent au final le sentiment du premier volume. Le second tome est très faible (du niveau d’un calvin) même s’il met enfin en place une véritable intrigue liée à des vengeances dynastiques. Ce qui était attendu jusqu’ici s’étoffe donc un peu avec un descriptif politique de l’époque qui habille un peu une fuite tout à fait linéaire et que les quelques combats très hachés et coins d’humour shonen ne suffisent pas à rythmer. On attendait soit un récit historique à la Vinland Saga soit un prétexte en mode baston avec des personnages de jeux vidéo… on est au final entre deux et ce n’est guère satisfaisant, d’autant que les dessins juste correctes ne relèvent pas vraiment l’intérêt. Le personnage d’Elio dont le second degré touchait plutôt juste (un jeune gamin hyper-fort qui semble à peine réaliser dans quelles situations il est et s’en sort toujours haut la main) est ici plutôt effacé.

Sur le troisième volume on reprend de l’intérêt avec une histoire qui devient beaucoup plus structurée, simple mais cohérente avec une progression, des flashback sur les personnages et un final qui prépare un affrontement d’arène que l’on imagine aboutir la série sur les deux prochaine volumes. Si du coup le manga se laisse lire plus agréablement, les combats tout à fait rageurs, exagérés (les personnages sont presque aussi forts que dans Dragon ball!) souffrent d’un montage très haché et peu lisible, le lecteur devant fréquemment revenir en arrière avec l’impression d’avoir manqué des cases. Il ressort de tout cela l’impression d’une série de grande consommation destinée à ravir les boulimiques en attendant un prochain tome de Vinland Saga mais sans aucune ambition particulière.

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  • La guerre des Mondes (Ihara-Yokoshima/Ki_oon) – 2021, 170p., 2/3 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Ki_oon pour leur confiance.

guerre_des_mondes_2_ki-oonLa chronique du premier volume (détallant notamment la très jolie édition) est ici.

Ce second tome continue sur la même tonalité que le premier à savoir une course du personnage principal (témoin-photographe) parmi les populations fuyant devant l’avancée meurtrière des martiens. L’intrigue est donc tout à fait linéaire et construite autour des destructions terrifiantes et des quelques lueurs d’espoir qui surgissent avant d’être étouffées. Quelques morceaux de bravoure humaines (un peu désespérées) viennent donc pimenter ce qui pourrait devenir redondant et on enchaîne ces cent-soixante-dix pages à grande vitesse et un plaisir non feint. Les dessins, pas virtuoses mais très correctes et portés par des cardages  qui appuient le désespoir et le drame absolu portent ainsi bien ce récit qui confirme sa qualité et intrigue (pour qui ne se souviendrait pas par cœur du récit original) quand à son dénouement…

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**·***·Manga·Nouveau !·Rapidos·Rétro·Service Presse

Manga en vrac #14: L’atelier des sorciers #8 – survivor’s club #1- Outsiders #2

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  • L’atelier des sorciers (Shrahama – Pika) – (2020) 2021, série en cours, 8/8 volumes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Pika pour leur confiance.

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Après un billet découverte enjoué et un gros billet de rattrapage, on prend une vitesse de croisière sur cette sublime série qui emprunte à l’ambiance graphique des dessinateurs italiens classiques. Avec une réalisation loin de la frénésie d’un Boichi sur Dr. Stone (qui ponds tout de même cinq volumes par an!!!) l’édition française apprend la patience puisque nous suivons de près la parution japonaise (qui sort tout de même deux volumes par an).

Ce volume marque une pause assez conséquente dans l’intrigue puisque de retour dans l’atelier, Coco se retrouve à travailler avec Tarta, le jeune artisan qui a enfin décidé de devenir sorcier. Les deux apprentis vont ainsi travailler à aider le jeune garçon dont les jambes avaient été écrasées lors de l’incident de la rivière du tome deux, en attendant de se rendre à la Fête de la Nuit d’argent. Dans cet intermède Kieffray et les amies de coco disparaissent pratiquement de l’intrigue pour laisser la place à un pure shonen où les enfants vont disserter du rôle de la magie, de l’amitié, des rêves de progrès etc.

Ca reste très beau à regarder, avec tout de même le développement de quelques personnages nouveaux (et fort mystérieux…) et l’on sent le doigt de l’autrice qui nous rappelle les risques pour les jeunes sorciers de vouloir se soustraire des règles d’utilisation de la magie (pour rappel il est interdit de ressusciter et même soigner par la magie). Cet épisode n’est donc pas inutile et a son rôle dans la progression psychologique de Coco… mais ne vous attendez pas à de grands moments d’action ni de paysages fantasmagoriques. C’est donc très sage, avant sans doute un rebonds dès le prochain volume prévu pour la fin d’année.

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  • Survivor’s club #1 (Aosei/Anajiro – Delcourt) – (2017) 2020 série en cours, 1/3 volumes parus.

Une vague de human-bomb survient dans les lycées japonais… L’une des victimes trois ans auparavant, réunit d’autres victimes pour leur dévoiler ses découvertes sur un lien entre tous ces élèves harcelés désespérés au point de vouloir emporter leurs camarades dans la mort…

La jeune équipe de cette trilogie (le dessinateur a une autre série en cours éditée chez nous par Ki-oon et le scénariste en est à sa première réalisation) nous convie dans la problématique du harcèlement scolaire colorée de la violence sociétale japonaise et de la difficile sexualité des lycéens.  Contrairement à ce que le titre pourrait laisser entendre il ne s’agit ni réellement d’un survival ni d’un battle royal, mais bien d’un thriller psychologique où un jeu malsain s’installe entre une preneuse d’otage et des élèves sommés de se dénoncer les uns les autres dans des détails bien sordides. On aborde les pulsions sexuelles cachées et la vie en société plus que le harcèlement proprement dit (qui est ici évoqué à des niveaux assez graves!). Le scénario malin met en parallèle la discussion d’une victime-enquêteur qui tente de confondre d’éventuels complices de celui qui a emporté son bras dans son acte kamikaz, et l’action en directe de la prise d’otage. On est assez mal à l’aise devant toute cette malveillance mais sur le point de l’intrigue on peut dire que c’est efficace et qu’on a bien envie de savoir comme cette affaire va tourner, d’autant que le format court implique une avancée rapide et une intrigue relativement simple.

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  • Outsiders #2 (Kanou – Ki-oon) – 2021 série en cours.

bsic journalismMerci aux éditions Ki-oon pour leur confiance.

outsiders-2-ki-oonJ’avais bien accroché sur le premier tome de cette série originale de chez Ki-oon (dont le premier volume est sorti début 2021), notamment sur un humour bourrin qui donnait une saveur sympa au duo vampire/garou et le développement d’un background qui évitait la fréquente temporisation inhérente au format long des manga. La chute laissait entrevoir des enquêtes fantastiques faisant qu’on avait hâte de lire la suite. Malheureusement ce second tome s’avère assez décevant en bifurquant vers du Shojo pure jus où l’héroïne Ema passe son temps à s’intéresser aux problèmes des copines et sa sœur aux relations, qu’elle croit homosexuelles, des deux êtres fantastiques. D’ailleurs la relation homosexuelle est traitée de façon étonnamment normale dans un manga qui n’est pas spécifiquement Yaoi, avec par exemple deux filles dont on nous parle du mariage sans commentaire particulier. L’histoire laisse un peu de côté l’agence de détectives (alors qu’on venait d’apprendre la vrais nature de l’alliance entre le vampire et le garou) pour nous parler des thématiques classiques de lycées: harcèlement, mal être, jeunes abandonnés par leurs parents, performance sportive,… Ce qui m’avait accroché dans le premier volume, les dessins chargés et l’humour lié aux deux personnages masculins est totalement mis de côté et on avance assez laborieusement vers un démarrage d’enquête autour de deux cadavres retrouvés et qui obligent Ema la curieuse à se lancer dans des recherches. Je n’ai pas compris pourquoi il fallait un tome entier pour commencer une enquête, qui est tout de même l’intérêt premier de cette série… ou pas? Il faudra donc attendre le prochain volume pour voir vers quel genre s’oriente Outsiders car entre les relations adolescentes et les enquêtes paranormales on n’est pas tout à fait sur le même public…

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**·****·Documentaire·Manga·Nouveau !·Rapidos·Service Presse

Manga en vrac #8

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  • Le discours de la méthode (Naha/Kurokawa) – 2021, one shot, collection Kurosavoirs.

bsic journalismMerci aux éditions Kurokawa pour leur confiance.

Pour la présentation du format de la collection de manga de vulgarisation Kurosavoirs je vous renvoie au billet sur le précédent volume dédié à Maltus.

Petite déception à la lecture de cet album visant à vulgariser la pensée de Descartes… Si le précédent réussissait très bien à proposer une vraie histoire permettant de s’immerger dans les concepts de l’économiste (la base de la vulgarisation), cette fois-ci il faut s’accrocher pour comprendre les concepts philosophiques du mathématicien… Après une introduction vaguement fantastique et franchement forcée voyant Descartes débarquer dans le logement d’un petit employé japonais baptisé « lambda », on nous explique plutôt simplement le contexte dans lequel le français a entamé son cheminement intellectuel. C’est la partie la plus intéressante même si graphiquement on reste sur du très basique. Voulant découper l’explication en suivant le plan du Discours de la Méthode, le grand œuvre du philosophe, l’auteur du manga peine à simplifier une logique philosophie basée sur des concepts et cheminements logiques pour lesquels il aurait sans doute fallu plus d’allégories et schémas pour les faire passer. On se retrouve donc dans la situation d’un élève de terminale à essayer de ne pas se noyer et surtout on perd assez vite l’idée de base de la collection, la simplification graphique. Fort dommage. En fin d’ouvrage une ouverture salutaire permet de prendre un recul critique sur certains éléments de la pensée de Descartes (comme ces « animaux-mécaniques », théorie fort datée à l’heure des animalistes), mais globalement on reste franchement sur sa faim en ayant l’impression de ne pas avoir bien plus avancé dans la compréhension du fondateur du cartésianisme et de la méthode scientifique. Le fait que cet album soit l’un des rares de la collection à ne pas être réalisé par la Team Banmikas n’est peut-être pas pour rien dans ces difficultés…

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  • Alpi the soulsender (Rona/Ki_oon) – 2021, série en cours (5 tomes parus au Japon au format webcomics).

bsic journalismMerci aux éditions Ki_oon pour leur confiance.

Ce troisième tome (en six mois) reprend au milieu de l’affrontement contre l’esprit divin de la foudre rencontré au tome précédent. La confrontation entre la jeune Alpi et l’expérimentée Sersela fait beaucoup évoluer la maturité de l’héroïne dans sa compréhension du rôle des Soul senders et l’équilibre écologique entre humains et forces de la nature. Ce volume se concentre sur la jeunesse de Sersela et le récit de sa rencontre déterminante avec les parents d’Alpi (un gros flashback donc) avant de voir cette dernière se rendre dans la Cité-bibliothèque (tiens, on retrouve des éléments de l’Atelier des sorciers et de Magus of the librarian et ce n’est pas pour me déplaire!) pour retrouver leur trace… On reste ici sur la base de deux esprits purgés comme dans chaque volume), avec toujours les superbes dessins sous la jaquette et dans les pages intérieures qui restent un ravissement sur chaque page. Un peu d’action point également alors qu’on découvre les capacités martiales de la jeune fille. La série commence à prendre son rythme avec la densification de la personnalité de l’héroïne et l’apparition de personnages secondaires qui font avancer l’intrigue. Manque encore peut-être un grand antagoniste pour ajouter du drame à tout cela (… qui est peut-être justement sur le point d’apparaître) pour achever de faire de cette série un must-read.

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  • Blue period #1 (Yamagushi/pika) – 2021, série en cours (9 volumes parus au Japon)

bsic journalismMerci aux éditions Pika pour leur confiance.

blue-period-1-pikaSérie qui me faisait très envie de par le sujet (la peinture et son apprentissage) et une superbe couverture, je remercie Pika pour ce nouveau partenariat qui me permet de découvrir un album qui a énormément fait parler de lui sur les réseaux sociaux à sa sortie et qui a raflé plusieurs prix importants au Japon. Et pour cause puisque cette introduction est tout à fait prenante en plus d’être (surprise pour moi) tout à fait pédagogique. Sur des dessins assez épurés au trait fin que j’attendais un peu plus impressionnants, l’auteur nous surprend d’entrée de jeu en brisant le modèle du manga de lycée avec un héros qui n’est non pas introverti mais plutôt la star du lycée, beau, brillant dans toutes les matières, parfaitement socialisé et curieux qui plus est. Le gendre idéal! Mine de rien ça change des habitudes et attise tout de suite l’intérêt en posant un récit très positif qui cherche plus à creuser la naissance d’une passion que d’appuyer le pathos. Le récit nous perturbe également en proposant un personnage de travesti qui semble parfaitement inséré dans son milieu, si bien qu’on doute tout le long d’avoir bien compris qu’il s’agit d’un garçon à l’apparence d’une fille. Dans un Japon aux codes conservateurs on se surprend à tiquer avec nos codes occidentaux sur cette normalité inhabituelle… De façon très posée, simple, le héros va donc d’abord découvrir les émotions graphiques puis le club d’arts plastiques où une professeur passionnante va délicatement lui ouvrir l’esprit, ce qui va éveiller en lui la possibilité de s’inscrire dans une université de beaux-arts alors que la voie lui était tracée vers une école d’élite scientifique. Cela permet de jolis passages de vulgarisation qui parleront aux amateurs de manga en les titillant sur leur consommation qui pourrait déboucher sur de la création, pour peu qu’ils aient envie de s’entraîner sur des techniques simples mais qui nécessitent un travail comme toute autre discipline. Une très belle introduction, très maîtrisée, qui a tout dans sa besace pour devenir une grande série. 

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  • Elio le fugitif #1(Hosokawa/Glénat) – 2021, série en 5 volumes, terminée au Japon

bsic journalismMerci aux éditions Glénat pour leur confiance.

elio-le-fugitif-1-glenatClassée en Shonen par l’éditeur, Elio le fugitif m’a vaguement déçu sur cette introduction, qui a néanmoins le mérite de ne pas perdre de temps (la vertu des séries courtes) puisque dès les toutes premières pages on découvre le héros, adolescent ayant grandit en prison pour le meurtre de son frère, gagner sa liberté en remportant son millième combat contre d’autres détenus. On comprend donc immédiatement que ce frêle jeune homme est doté de facultés martiales exceptionnelles qui lui permettent de rivaliser avec n’importe quel bretteur dans cette Castille du XIV° siècle. Très vite il va rencontrer une autres victime d’accusation abusive, une jeune noble qu’il sauve de l’échafaud. Commence donc une fuite dans le désert rigoureux de la Castille, d’abord pourchassés par les gardes puis par de redoutables assassins révélant un complot contre la jeune fille. Il s’agit donc d’une histoire plaçant un super-combattant au coeur d’une intrigue plus grande que lui et qui va devoir bien évidemment dépasser son égoïsme survivaliste pour la protection des plus faibles. Schéma classique du Ronin transposé en Castille médiévale. Graphiquement c’est assez correcte, notamment lors des combats. Ca ne défrise pas les mirettes mais la bonne gestion du cadrage, très serré, permet de ne pas avoir à se préoccuper de décors un peu pauvres. Je disais que j’en attendais plus car le contexte historique est vraiment très décoratif et n’apporte à peu près rien à l’intrigue et si l’album se lit sans ennui il reste très orienté action et ne révolutionne en rien le genre déjà rempli de pléthore de récits pseudo-historiques. Attendons la suite…

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**·***·Manga·Rapidos·Rétro

Manga en vrac #7

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Au fil de mon immersion dans le manga, de mes déconvenues et de mes découvertes, j’ai progressivement repéré quelques auteurs/séries majeurs qu’il convenait de découvrir… d’où cette fournée rapidos en mode exploratoire…

  • Dead Dead Demon DeDeDeDe Destruction #1 (Asano/Kana) – 2017-…, 9 tomes parus, série en cours (10 vol parus au Japon).

dead-dead-demon-1-kanamediathequeLorsque j’ai demandé à des mangavores chevronnés quels étaient les auteurs majeurs de ces dernières années (j’ai débuté le manga précocement avec Akira et les premiers Glénats et Tonkam dans les années 90 mais depuis je me suis un peu assoupi…) on m’a cité unanimement Naoki Urasawa et Inio Asano. Dont acte! Une recherche d’image me fait tomber sur les planches impressionnantes de précision de cette série qui a sans doute le titre le plus imprononçable de l’histoire…

Dead Dead Demon raconte l’amitié de deux lycéennes alors qu’un vaisseau spatial gigantesque est apparu quelques mois plus tôt dans le ciel de Tokyo en provoquant ce que l’on imagine des affrontements et des morts. On suit donc la vie quotidienne de ces super copines très modernes et un peu foutraques dans ce qui semble être l’An zéro d’une nouvelle ère. Entendons-nous bien, l’OVNI n’est qu’une tapisserie en fonds d’histoire et aurait très bien pu être remplacé par n’importe quelle catastrophe ou événement géopolitique majeur, le but étant surtout de créer cette étrange atmosphère toute asiatique de contemplation semi-burlesque. Il n’y a donc pas vraiment d’histoire, dans un esprit proche de celui d’Urasawa sur Asadora!, à savoir des chroniques de vies de jeunes japonaises dans un pays sans avenir, bloqué par un événement qui peut symboliser l’Etat lui-même. Outre le dessin totalement virtuose (on peut tout de même remercier les assistants pour les décors photo-réalistes), ce sont les dialogues (excellemment bien traduits!) qui marquent, plein d’une modernité et d’une énergie inhabituels dans le genre manga et qui marquent une sensibilité assez européenne de l’auteur que l’on retrouve sur le dernier carton de Ki-oon, My broken Mariko. Je sors de cette lecture du premier tome pas totalement immergé mais très intéressé par un auteur qui semble en parfaite maîtrise de son art.

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  • 20th century boys #6 (Urasawa/Panini) – 2002-2007, série finie en 22 tomes.

20th_01mediathequeJ’ai découvert Urasawa sur sa dernière série Asadora!, qui m’a pour le moment totalement conquis par une fraicheur, un dynamisme et des personnages aux interactions passionnantes.  Passons outre l’abominable couverture de cette première édition Panini (rassurez-vous, la toute récente réédition en format double « Perfect » corrige totalement le tir à en croire les premières chroniques) pour nous plonger dans un démarrage assez prenant du fait d’une importante galerie de personnages et un art du récit franchement rare, surtout quand on retrouve ce qui semble être sa marque de fabrique: la narration elliptique entre différentes époques. 20th Century boys nous plonge dans une ambiance d’enquête du Club des 5 après le suicide d’un des anciens amis d’un groupe de gamins. Chacun a fait sa vie et rapidement les retrouvailles vont pointer des éléments bien mystérieux reliant leur passé et des morts qui semblent liées à une secte… La construction d’Urasawa est très particulière et un cas d’école dans l’efficacité (quand d’autres séries utilisent cette méthode de façon plus artificielle). C’est découpé sans prévenir, parfois au milieu d’une page… et pourtant on n’est jamais perdu! Le style BD du trait de l’auteur simplifie des visages assez caricaturaux que l’on n’a pourtant aucun mal à repérer et malgré l’aspect très mystérieux de ce début d’enquête on enchaîne la lecture rythmée assez rapidement. On retrouve ainsi immédiatement les marqueurs vus sur Asadora! bien que le dessin de vingt ans plus vieux soit moins marquant. D’un caractère résolument original, tout à la fois très BD dans la technique mais totalement japonais dans les thèmes et contexte, Urasawa nous plonge dans son univers rétro, nostalgique, léger, très difficile à résumer mais qui mérite le détour. Un premier tome pas marquant mais qui donne le ton d’une série qu’on imagine volontiers monter son caractère adictif.

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  • Magus of the library #1 (Izumi/Ki-oon) – 2019, 5 tomes parus (série en cours).

magus-of-the-library-1-ki-oonmediathequeJ’en ai beaucoup entendu parler l’an dernier et l’aperçu vraiment magnifique des planches intérieur m’a donné envie de tenter l’expérience bien que la proximité thématique avec le best-seller l’Atelier des sorciers ou l’imprimerie des sorcières m’ait fait hésiter… Ce premier tome est plutot réussi comme introduction (bien qu’un peu volumineux pour une intrigue assez light) en nous imergeant progressivement dans un monde de fantasy inspiré de l’orient arabe et d’Asie centrale où une confrérie de bibliothécaires parcourt le pays à la recherche de tout contenu écrit pour enrichir la bibliothèque centrale… Le bibliothécaire que je suis fut donc très surpris de trouver en Magus of the Library un quasi documentaire sur le métier de bibliothécaire, jusqu’aux lieux communs que nous vivons (le fameux « vous avez de la chance vous devez lire beaucoup! ») et les détails de conservation liée aux insectes. Je soupçonne l’autrice d’avoir travaillé en bibliothèque tant tout ce qui est rattaché au livre et à ce métier transpire dans chaque page: l’imaginaire, le développement de la culture et du savoir, l’apprentissage de la jeunesse, le conservatisme VS l’ouverture du livre à tous, … Cette introduction qui rapelle par moment le très élégant Alpi introduit le personnage principal, jeune sang-mélé persécuté par tout le village et qui n’aspire qu’à s’imerger dans les livres. Les rares séquences de développement du background se font sur le mode des théâtres d’ombres chinoises, juste assez pour titiller notre curiosité. Simple prologue, ce premier tome est graphiquement superbe, très surprenant dans sa précision et son propos égalitaire et donne envie de prolonger la lecture pour enfin entrer dans le vif du sujet.

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  • Grand blue #1-2 (Inoue-Yoshioka/Meian) – 2021, 2 tomes parus (série en cours, 16 tomes publiés au Japon).

bsic journalismMerci aux éditions Meian pour leur confiance.Manga - Manhwa - Grand Blue Vol.1

Parmi la foison de nouvelles licences que lance Meian cette série a fait un gros buzz sur les réseaux sociaux, aussi lorsque j’ai trouvé les deux premiers tomes dans un envoi de mon partenaire j’étais plutôt optimiste sur cette découverte qui me fait sortir de mes habitudes. Alors disons le tout de suite, Grand blue s’adresse aux young adults en abordant l’entrée à l’université d’un jeune homme confronté aux affres du déjanté club de plongée de son oncle. Archi codifiés, ces deux premiers volumes nous rappellent immédiatement les délires du collège foufoufou, de DR. Slump et autres joyeusetés pas fines de l’humour populaire nippon. C’est d’ailleurs cet aspect énorme  qui fonctionne plutôt bien côté humour. Le schéma est le suivant: le club de plongée est composé de garçons qui passent leur temps à se mettre à poil et à picoler comme des trous, embarquant contraint et forcé le héros qui souhaiterait attirer le regards de l’une de ses cousines quand l’autre le méprise pour sa vulgarité (… bien involontaire vous l’aurez compris). Là où le bas blesse c’est qu’après cent-cinquante pages à rire plutôt volontiers on finit par se lasser des mêmes gags qui tirent la ficelle un peu trop longtemps. L’humour c’est toujours compliqué à régler et il est certain que les auteurs ne nous trompent pas sur la marchandise. Personnellement j’aurais aimé avancer un peu plus dans l’esprit plongée pour aérer un peu la farce permanente du manga et varier les interlocuteurs. Il reste néanmoins de belles séquences de running-gag comme cette séquence de décoration de la chambre qui passe par tout ce pour quoi ne veut pas passer Iori auprès des donzelles… Au final je reconnais que cet humour japonais de taverne m’a souvent laissé de marbre et que si j’ai rigolé par moment, cela ne suffit pas pour enchaîner une série de plus de quinze tomes à ce jour. J’en resterais donc là mais si vous pensez que ce type d’humour vous correspond n’hésitez pas à chausser les bouteilles, dans le genre Grand blue fait plutôt bien le job.

A noter qu’une série animée en douze épisodes et un film en live-action sont sortis au Japon.

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