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Glaucos #1

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Manga de Akio Tanaka

Glénat (2006-2007) – Kodansha (2004), 220p./volumes, série finie en 4 tomes.

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Cissé est né dans la mer, mystérieusement, et sauvé par des dauphins. Ayant grandi auprès d’un pécheur sur un îlot du Pacifique, il est un jour repéré par l’ancien champion du monde de plongée en apnée qui voit en lui le successeur destiné à récupérer le record de profondeur…Killy on Twitter: "À noter qu'Ascension est une adaptation du ...

L’ouvrage commence comme un mythe, surprenant, un peu brutal: l’image d’une femme accouchant au milieu de l’océan, sur des planches en couleur de toute beauté et très poétiques. Puis on bascule dix-sept ans plus tard: Cissé, jeune homme longiligne et sec, aux yeux et lèvres le rapprochant des poissons, danse au fond de l’eau. Le rythme de ce premier tome avance vite puisque en deux-cent pages on assiste à la naissance de Cissé, son départ pour le Japon, lui qui n’a jamais reçu la moindre éducation scolaire et n’est jamais parti de son îlot, ses analyses médicales surprenantes et le début de sa formation pour reconquérir le titre de champion détenu par un certain Petit dont l’image commence déjà à hanter le jeune homme. Les interactions entre les personnages sont assez intéressantes, avec ce champion déchu et revanchard dont on soupçonne la manipulation, la chercheuse qui voit en Cissé l’archétype de l’évolution du genre humain et ce héros tout à fait immature qui va devoir apprendre que les capacités innées, aussi incroyables soient-elles, ne suffisent pas sans entraînement et travail. Le travail graphique est plutôt réussi avec de très beaux paysages et des visages de type franco-belge malgré quelques faiblesses anatomiques assez surprenantes. J’ai retrouvé dans ce bel album l’énergie sport-nature d’Ascension de Shin’ichi Sakamoto (sorti après Glaucos), avec des images de nature aquatique, l’aspect technique du sport extrême et la figure classique du jeune homme rebelle mais à la volonté d’airain.  Une belle découverte!

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Hope

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Histoire complète en 80 pages noir et blanc, écrite par Guy Adams et dessinée par Jimmy Broxton, parue initialement chez 2000AD et publiée le 27/05/20 aux éditions Delcourt.

L’Espoir fait vivre

Mallory Hope est un détective privé qui se respecte: moribond, alcoolique, désabusé tout en restant badass, il enchaîne les enquêtes obscures dans une sorte d’uchronie américaine en 1940.

Ce qui distingue Mallory Hope de votre Jack Gittes habituel, c’est qu’il manie de périlleuses forces issues des arcanes magiques, qui peuvent l’aider dans ses enquêtes, mais qui sont tout aussi susceptibles de causer sa perte.

Il s’avère, dans ce monde en noir et blanc, que la magie est derrière beaucoup d’événements historiques, sous-tendant les grands changements et bien souvent, attisant les plus grandes catastrophes.

Hanté par son passé, comme tout bon personnage de roman Noir, Hope va bien évidemment se voir confier une enquête qui y fait écho, et ainsi se lancer à la recherche d’un enfant-star disparu dans les méandres de Los Angeles. Hope, adepte des backstages, saura-t-il manœuvrer sous les feux des projecteurs ?

Noir c’est noir…

En lisant Hope, on ne pense pas seulement aux œuvres noires comme Chinatown ou Boulevard du Crépuscule, mais aussi inévitablement à Hellblazer. En effet, difficile de ne pas remarquer les similitudes entre Hope et le fameux John Constantine, les deux étant des enquêteurs de l’étrange, adeptes des forces occultes au caractère bien trempé, évoluant dans un univers crépusculaire.

L’intrigue quant à elle, suit une trame assez linéaire sans parti-pris spécifique, l’usage de la magie étant lui-même relativement sporadique, voire anecdotique, puisque l’enquête aurait finalement eu le même cours dans un univers « normal », sans magie.

Le point fort de Hope, outre l’ambiance, ce sont les magnifiques dessins de Jimmy Broxton, qui sortent des cases à chacune des pages. Le noir et blanc met totalement son style en valeur, pour un rendu final assez bluffant.

Hope se lit vite et installe une ambiance noire de façon efficace. On peut déplorer la linéarité de l’intrigue et une fin abrupte, mais la partie graphique rehausse indubitablement le tout !

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Red Sun #2

BD du mercredi
BD de Stéphane Louis et Alessandra de Bernardis
Kamiti (2020), 54 p., volume 2/2.

bsic journalism Merci aux éditions Kamiti pour leur confiance.

Le financement de ce second tome a été fait suite à une campagne Ulule visant a amortir une partie des coûts, pour ce jeune éditeur qu’est Kamiti. 177 contributeurs ont participé à cette campagne à hauteur de 300% des 4000€ mis comme premier objectif sur les 25.000€ nécessaires au lancement de l’album. Quatre éditions de l’album ont été éditées. L’album du commerce comprend une reproduction d’ex-libris et une double page d’illustrations en plus de la BD. Contrairement au premier tome l’intérieur de couverture est illustré par un paysage spatial. Je profite de ce descriptif pour m’étonner et déplorer le gros problème de relecture, déjà constaté sur le premier volume et malheureusement non corrigé ici, entraînant un nombre de coquilles anormal. Vraiment dommage pour un éditeur qui doit faire ses preuves de professionnalisme auprès des lecteurs…

couv_396090L’inhibiteur de violence a été vaincu! L’humanité a repris son destin en main avec à sa tête Cass, qui ne s’est toujours pas remise de la perte de son frère. Alors que la guerre de reconquête dans le système Trappist fait rage, les choix binaires de vengeance sont remis en question par des avis divergents au sein de la rébellion mais aussi parmi le Conclave des Nations aliens dont un émissaire s’apprête à rendre visite au commandant suprême des forces humaines…

Le premier album avait été une très agréable surprise. Cette conclusion marque une rupture assez nette avec ce dernier dans un étonnant scénario assez ambitieux et construit donc en deux parties qui abordent des questions tout à fait différentes. Le style même est autre puisque après avoir parcouru les couloirs des stations spatiales des mineurs et assisté au conflit entre le frère et la sœur, on bascule ici en plein cœur d’une guerre spatiale où seule l’extinction totale d’une des deux parties semble un aboutissement possible. Alternant les séquences de dogfights et de bombardements d’aliens étonnamment faibles et les discussions stratégiques musclées entre Cass et son Etat-Major, l’album se lit agréablement en provoquant d’intéressantes réflexions sur la destinée de la guerre et le concept de libre-arbitre. Car le sujet de la série est bien celle du choix et des compromis nécessaires pour vivre en communauté. Si le trouble jeu des aliens reste camouflé jusqu’à une conclusion plutôt réussie (ce qui n’est pas toujours le cas dans le genre SF), assez tôt l’héroïne dont la solitude est palpable se retrouve confrontée à la contestation de ses hommes, des premiers Dots, mais aussi en conflit intérieur. La discussion sur l’idée de chef suprême avec l’ambassadeur alien est à ce titre tout à fait passionnante avec en filigrane l’argument défendu par Cass que les humains ont besoin d’un chef autoritaire et tout puissant. A l’heure où les nations semblent remettre en question les vertus de la démocratie cette BD a le gros intérêt de nous interroger mine de rien sur un choix majeur des sociétés humaines. Désormais scénariste chevronné, Stephane Louis montre sa très bonne maîtrise des structures scénaristiques pour proposer une lecture fluide.

Graphiquement l’ouvrage est un peu plus exigeant que le précédent avec moultes vaisseaux en mouvement qui pointent les quelques faiblesses techniques d’Alessandra de Bernardis en matière de perspective.  Du coup les séquences les plus réussies sont bien les débats politiques avec des personnages (et des visages) toujours aussi expressifs. Heureusement l’excellent design général des technologies humaines et aliens et le très bon découpage compensent une légère redondance des séquences de bataille spatiale qui manquent un peu d’antagonisme.Alex De Bernardis - Red Sun 2 cover and splash pages

Avec cette conclusion réussie, Red Sun confirme les qualités d’un projet qui a su éviter l’essoufflement d’une longue série et tire remarquablement parti de la structure binaire en se focalisant sur les problématiques politiques de l’émancipation humaine. Nombres de séries BD et de saga SF oublient de poser des problématiques intéressantes en cachant ce vide sous de beaux plans spatiaux. Cela peut suffire. Ici un scénariste intelligent s’associe à une dessinatrice débutante mais talentueuse pour proposer une série spatiale qui a su trouver un axe réflexif dans un genre pourtant très balisé. Une réussite.

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Nextwave: Rendez-vous avec la H.A.I.N.E

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Intégrale de 265 pages, parue le 05/02/2020 chez Panini Comics, comprenant les douze numéros de la mini-série Marvel Nextwave, écrite en 2006 par Warren Ellis et dessinée par Stuart Immonen.

Voyage au cœur de l’absurde

L’escadron Nextwave est un aréopage disparate de surhumains outsiders, chargé par l’organisation H.A.I.N.E (il y des noms, comme ça, qui devraient faire fuir) de contrer ce qu’il convient d’appeler des « Armes Non-Conventionnelles de Destruction Massive« . Ainsi, Monica Rambeau, alias Photon, mène ses compères l’androïde Aaron Stack, la chasseuse de monstres Elsa Bloodstone, la mutante Tabitha Smith et l’ivrogne Captain, dans un combat acharné contre une flopée de monstres et de créatures bigarrées, toutes plus fantaisistes les unes que les autres.

Bien évidemment, durant leur croisade, Nextwave s’apercevra qu’on les a dupés, et ils devront lutter pour lever les faux-semblants, jusqu’à un final abracadabrantesque qui restera dans les annales, à tel point que la validité de la série dans la continuité Marvel sera longtemps débattue et référencée.

Une parodie de parodies

Warren Ellis est un auteur britannique connu pour ses travaux iconoclastes. Il est l’un des architectes de l’univers Wildstorm , avec à son actif quelques bijoux comme The Authority, Planetary, ou encore Transmetropolitan. Chez Marvel, Ellis est responsable notamment de la refonte du mythe d’Iron Man, grâce à sa saga Extremis.

Ellis aime donc jouer avec les codes narratifs, à la manière d’un Alan Moore, le côté sale gosse en plus. Son appétence pour le trash et la violence ne sont plus un secret, et, bien qu’elle reste estampillée Marvel, Nextwave ne déroge pas à la règle.

De son propre aveu, pour écrire Nextwave, Ellis a régurgité The Authority, tout en s’interdisant d’y inclure quelque forme que ce soit de logique, d’intrigue, ou de développement de personnage. Il a également fait peu cas de la continuité, réécrivant certains de ses personnages à rebours de ce qui avait été fait des années auparavant (on pense à certains flash-back revenant sur le passé des héros, ou encore au personnage d’Aaron, qui jusque là était un personnage assez dramatique et grandiloquant, transformé ici en ivrogne cynique).

Tout lecteur familier de Marvel reconnaîtra la trame de la série et ce qu’elle pastiche: H.A.I.N.E est un ersatz du SHIELD, tandis que S.I.L.E.N.C.E prend la place d’HYDRA, le personnage de Dirk Anger s’affichant quant à lui comme un Nick Fury déjanté.

En y réfléchissant, Ellis, en voulant casser des jouets qui n’étaient pas les siens, n’a finalement fait que tracer la voie à ce qui se fit peu de temps après dans la continuité principale, à savoir la découverte, par Fury lui-même, que le SHIELD était lui-même gangréné par HYDRA, de la même façon que H.A.I.N.E n’est qu’une façade de S.I.L.E.N.C.E.

Côté action Nextwave nous en donne pour notre argent. On a droit à des kaijus, des mechas, des conquérants interdimmensionnels, et des MODOKS en mode Rockabilly. Des explosions comme s’il en pleuvait, et surtout, des dialogues hilarants et du non-sens à tous les étages.

Warren Ellis et Stuart Immonen sont donc responsables d’une des plus grosses farces de l’histoire moderne des comics, à redécouvrir en intégrale chez Panini Comics !

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Malcolm Max #1: les pilleurs de sépulture

La BD!

BD Peter Mennigen et Ingo Römling

Delcourt (2020), 72p., un volume paru sur quatre.

badge numeriqueLa série Malcolm Max est parue en Allemagne chez Splitter-Verlag avec quatre tomes et un spin-off

 

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Étonnante série que ce Malcolm Max, premier tome d’une série allemande qui en compte  déjà  quatre et propose un personnage à la Sherlock holmes dans une atmosphère très victorienne teintée de mystères. Ce début d’enquête autour de meurtres atroces perpétrés sur des femmes dans des conditions rationnellement impossibles fait fortement penser à la série récente Les métamorphoses 1858.  L’album, très didactique sur l’époque, s’ouvre sur un rappel du contexte et une présentation du duo improbable formé par ce dandy brillant et une demi-vampire… dont on ne saisit pas bien l’utilité fantastique au terme de cette première partie. Les auteurs jouent beaucoup sur le comique des échanges entre ces Malcolm Max -1- Les pilleurs de sépulturesdeux êtres vifs à la répartie percutante et prennent le temps de bien expliquer le cheminement de l’enquête, au risque d’un petit rythme. Je disais étonnante car de par les dessins proches du cartoon (entre Bones et Clevinger) et des dialogues à la simplicité déconcertante on envisage une lecture destinée à la jeunesse… Malcolm Max peut ainsi être une bonne introduction à cette ambiance d’enquête brumeuse même si certaines idées peuvent apparaître déplacés  (le « ver libidineux » ou le récit des crimes) pour un tel public. Doté de dessins très sympathiques d’un Igo Römling passé sur l’adaptation comic de la série d’animation Star wars Rebels, l’album pèche un peu au niveau des textes un peu appuyés comme son scénario pourtant assez accrocheur faute d’une folle originalité. Au final on a un bon démarrage pour débuter dans la BD fantastique avec des personnages assez cool… ce qui ne suffira pas à accrocher des lecteurs chevronnés faute d’une idée vraiment novatrice. A noter que l’album comprend un volumineux cahier final rempli d’explications sur la réalisation de l’album.

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Dr. Stone #10

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Manga de Riichiro Inagaki et Boichi
Glénat (2020), 10/15 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Glénat pour leur confiance.

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La guerre est terminée et le royaume des sciences l’a emporté! Il est désormais temps de concentrer les forces physiques, techniques et intellectuelles sur un nouvel objectif: la découverte de la source du rayonnement qui a pétrifié l’humanité il y a des milliers d’année! Pour cela ils devront se rendre de l’autre côté du Globe… C’est l’ère des grandes explorations!

A l’occasion de la sortie du dixième tome (la productivité de Boichi est tout bonnement sidérante!) qui marque une grosse étape dans la série avec la fin effective de la première partie autour de l’affrontement entre le royaume de sciences de Senku et celui de la force de Tsukasa il est temps de faire un petit bilan d’étape.

Dr. Stone -10- Les Ailes de l'humanitéDr. Stone est la première incursion de l’auteur sud-coréen dans le Shonen, associé au scénariste Inagaki. Il peut ainsi mettre à profit son incroyable technique (je trouve notamment ses textures et ses encrages virant au pinceau magnifiques) sous contrôle en ne se vautrant pas dans le terrible fan-service qui rend sa série phare Sun-ken rock si inégale. Dans ma lecture des premiers tomes j’avais un peu oublié l’aspect Shonen et si j’avais beaucoup aimé l’aspect scientifique (assez unique il me semble dans la BD grand public…) j’avais trouvé l’intrigue et les dialogues un peu légers. J’insiste donc sur le fait que ce manga se destine à un public de jeunes… ce qui n’interdit en rien de l’apprécier lorsqu’on est adulte et lecteur coutumier de manga. Elle peut même être une porte d’entrée si vous voulez découvrir le manga et ses codes si particuliers. C’est un dessin agréable, facile qui vous permettra de vous familiariser avec cet univers culturel et si le pitch de départ est un peu WTF, l’approche des découvertes en mode jeu-vidéo est vraiment la qualité première de ce manga.

Dans ce dixième volume on passe donc véritablement un cap puisque les différentes intrigues annexes convergent maintenant que Tsukasa a été vaincu. Nous avions appris Scan Dr. Stone 85 VFvia les passages dans le passé avec le père de Senku que le rayonnement pétrificateur se situait en Amérique du Sud, aussi notre héro qui ne capitule jamais devant l’adversité entreprend un voyage en bateau de l’autre côté de la planète! Comme chaque fois on tique en se disant que cette fois ils va un peu vite en besogne mais entre l’annonce et la réalisation surviennent plein d’étapes permettant de découvrir de nouvelles étapes de la civilisation… matérialiste.

Si ce volume a les mêmes qualités que tous les autres je reconnais que pour la première fois j’ai tiqué sur l’apparition de l’argent et la présentation du pétrole comme formidable, sans que quiconque ne trouve à redire. Quand on met en parallèle la vision antagoniste très intéressante de Tsukasa qui estimait que la pétrification avait permis de purger le monde de ses perversions les plus graves (et notamment écologiques) on ne peut qu’espérer que les auteurs utilisent simplement cette découverte pour créer un nouveau méchant. A voir sur la suite mais le risque est très grand de transformer une série jeunesse très vertueuse en un plaidoyer pour la découverte technologie sans morale.

Je vous passe les différentes découvertes de ce tome et vous invite si ce n’est fait à découvrir cette série dont le succès est amplement justifié tant elle semble faite pour incarner l’essence du shonen.

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Demon Tune #1

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Manga de Yuki Kodama,
Kurokawa (2020) – 1/4 volume paru.

bsic journalismMerci aux éditions Kurokawa pour cette découverte.

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Wizard city est une ville cosmopolite qui accueille tout un chacun. Travaillant pour des mafias, des humains corrompus par du sang de démon font la loi de la nuit. Lorsque la petite fée Fran est capturée par ces hommes de main elle se retrouve obligée d’utiliser son pouvoir de guérison sur un étrange enfant aux étonnantes capacités de Ninja. Lancés à la recherche du mystérieux Rouleau du cataclysme, ils vont rapidement trouver sur leur chemin le terrible Boogeyman mais aussi le MBI (magical Bureau of investigation)…

https://static.hitek.fr/img/up_m/1977622801/demontune22.pngTrès bonne surprise que ce premier tome d’une série très courte puisque prévue en quatre tomes. Probablement une des raisons de l’efficacité de la progression dans ce manga qui avance très vite en ne perdant pas de temps à installer une atmosphère ou une psychologie sophistiquée des personnages. 100% shonen, Demon Tune nous propose les aventures d’un enfant Ninja dont le flaire sur-développé va intéresser le MBI, l’agence chargée de combattre les Demon tuner, ces personnes qui utilisent du sang de démon pour transformer des humains en créatures surpuissantes. Le plus dangereux d’entre eux est le Boogey man, un être apparemment invincible dont les visées restent mystérieuses et qui sème la terreur dans les rangs de la pègre locale.

Dès le premier chapitre l’aspect sombre et assez violent attire l’intérêt en voyant Koyukimaru littéralement torturé à mort par un gang qui utilise la fée pour lui redonner les forces suffisantes à poursuivre l’interrogatoire… Même si la torture n’est que suggérée on ressent la dureté de la vie de cet enfant et seul le personnage de la fée amène un peu de légèreté dans une histoire assez noire. Car on parle de démons, de monde clandestin Yûki Kodama, l'auteur de Blood Lad revient en force - MANGA et ...et de corruption des corps… Le style de graphisme de l’auteur permet d’aborder cela sans tomber dans le malsain puisque les personnages sont assez ronds et, autre point fort, les arrières-plans sont travaillés essentiellement en contrastes, donnant un ton de polar à l’ensemble.

Sur le plan de l’action c’est franchement efficace, très lisible et fun avec un personnage principal au design travaillé et dont les combats sautillants au Katana sont percutants et dynamiques. Ce premier tome installe essentiellement le héros et le grand méchant, le Boogeyman et seul le dernier chapitre introduit l’équipe du MBI dont l’officier féminin imprime déjà sa marque et aura sans doute plus de place dans la suite.

Peu friand de shonen que je trouve souvent similaires, j’ai trouvé de vraies qualités graphiques à ce volume qui arrive à attiser notre curiosité par un remarquable équilibre narratif dans la mise en place de cet univers noir. A voir ce que cela donne par la suite mais cette entrée en matière est clairement réussie.

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Karmen

BD du mercredi

BD de Guillem March et Tony Lopez (coul.)

Dupuis (2020), 160p. one-shot.

L’ouvrage est proposé en grand format, de ces paginations des gros one-shot généreux permettant un graphisme libéré. L’intrigue est découpée en quatre parties à la pagination décroissante et se conclut par un cahier graphique de… trois pages. Il est surprenant que l’auteur n’ait pu fournir plus de matériau à compter du moment où un cahier était proposé. La couverture est très percutante avec ce design très réussi du personnage de l’ange sur un beau rouge vif. Un petit texte de présentation en quatrième de couverture n’aurait pas été de trop. Édition honnête qui aurait pu être plus travaillée pour accompagner ce très original projet.

couv_385071Catalina est une introvertie. Systématiquement déçue par ses relations, elle se concentre sur son amitié d’enfance avec Xisco, beau ténébreux qui collectionne conquêtes et déceptions amoureuses. Un jour elle décide d’en finir…

Encore un digne représentant d’une Ecole espagnole qui ne cesse de ravir nos pupilles! Avec vingt ans de carrière, le majorquin Guillem March propose avec Karmen sans doute son plus ambitieux travail graphique. L’espagnol a travaillé sur de nombreuses publications DC souvent sur des personnages féminins, souvent teinté d’érotisme. Projet aussi étrange, surprenant que personnel, Karmen reprend (en version féminine) le thème de l’excellent Essence de Benjamin Flao, celui de l’ange venu accompagner une âme pendant les quelques micro-seconde qui séparent la vie de la mort…

Qui dit projet de dessinateur dit graphisme généreux et très clairement la première qualité de cet ouvrage est sa liberté totale. L’auteur prend prétexte de ces heures de libération de l’âme, cette pérégrination de Catalina dans la cité ensoleillée accompagnée par l’ange contestataire Karmen pour donner libre cour à sa virtuosité et à ses envies. On observe ainsi la jeune femme vaguement grassouillette parcourir le monde, croiser ses contemporains dans le plus simple appareil, déviant les lois de la gravité quand elle comprend que seule sa volonté la limite dans ce nouveau plan d’existence. Les cases sont larges, les pages souvent pleines et le cadrage donne le tournis en  proposant des cadrages improbables par-ci en eye-fish, par-là accompagnés de formes en surimpressions… tout cela est hautement imaginatif et magnifique. Le modèle Manara est bien sur présent avec cette justification toute relative de montrer l’héroïne nue sous toutes les coutures avec un petit côté voyeur mais absolument pas vulgaire ni érotique. Le sexe féminin n’est jamais montré malgré certaines vues vertigineuses et l’on sort de l’album avec la vague impression d’avoir parcouru des travaux de graphisme anatomiques ou un carnet de paysages urbains. C’est beau, c’est précis, c’est inspiré… pour le dessin.Karmen - La Loutre Masquée

L’histoire, elle, est moins enthousiasmante. D’abord par-ce que l’on a déjà vu cela. March apporte certaines idées intéressantes sur le couple, l’amitié, les relations sociales, et nous accroche un peu tardivement lorsqu’il accélère sur le monde des anges en envoyant Karmen parlementer au sein de l’Administration des âmes. Comme je le constate souvent, ce genre de gros projets tire son essence dans des envies graphiques de leurs auteurs. Cela comble les amoureux du dessin mais ne suffit pas forcément à convaincre le grand public sur une intrigue qui aurait été plus forte en la condensant en un format plus classique de moins de cent pages. Hésitant entre une chronique amoureuse (sans que l’on ne voit la vie qui a mené Catalina à cette décision radicale) et un trip fantastique, l’auteur se fait plaisir de façon irrégulière. Le premier « cahier » (de soixante-dix pages) est clairement trop gros et étouffe la narration malgré le plaisir visuel. La seconde moitié de l’album est beaucoup plus rythmée et propose une progression narrative dont la chute (une sorte d’épilogue) fait presque regretter ce qui aurait pu être un diptyque avant/après.Éditions Dupuis (@EditionsDupuis) | טוויטר

Il ressort de cette lecture un sentiment étrange, une grande sympathie pour ces personnages, un grand plaisir de lecture frustré par une idée inaboutie d’un auteur qui a un peu délaissé l’histoire en draguant le lecteur par les formes de sa belle plus que par une tension dramatique.

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Black Badge

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Roman graphique de 290 pages, réunissant les 12 épisodes de la série écrite par Matt Kindt et dessinée par Tyler Jenkins, parue initialement aux US chez BOOM! Studios, publié en France depuis le 04/03/2020 aux éditions Futuropolis.

Charlie et ses drôles de drames

Les organisations occultes et les agents secrets foisonnent dans les œuvres de fiction, que l’on parle du SHIELD, du BPRD, de Mission: Impossible ou du Kingsman. Elles sauvent invariablement le monde de catastrophes diverses au prix de nombreux sacrifices, la rédemption du monde étant leur seule récompense.

Et si une de ces organisations se dissimulait sous des atours simples, voire improbables ? Et si une confrérie inoffensive aux yeux de tous façonnait notre monde en secret ? Et si…les Scouts étaient de redoutables espions ?

C’est la prémisse choisie par Matt Kindt pour Black Badge, où il raconte le parcours de Kenny, Cliff, Mintz et Willy, jeunes membres de la division secrète éponyme, dont le rôle consiste à mener à bien des missions de sabotage, d’exfiltration ou d’assassinats sous couverture. Leur jeunesse est leur meilleur atout: en effet, qui se soucierait d’une bande d’adolescents, et a fortiori, qui les penserait capables de telles actions ?

Cependant, Black Badge doit faire face à des menaces bien plus insidieuses et subversives que les terroristes lambdas qu’ils affrontent ordinairement. Au cours de leurs missions, les jeunes scouts vont croiser le chemin d’autres cellules occultes, aux ambitions perfides. Mais, en matière d’espionnage, la réalité n’est bien souvent qu’un voile qui dissimule d’autres vérités, ce qui va forcer nos héros à remettre en question leur crédo.

Les Quatre Scout-tastiques

Matt Kindt nous plonge dans un monde dangereux et opaque, reprenant avec habileté la triste thématique des enfants-soldats. Comme c’était le cas dans la réalité, les protagonistes sont des orphelins ou des jeunes que l’on a soustraits à leur foyer, pour les conditionner et les envoyer prendre des risques au nom des adultes.

Nos audacieux Black Badges, tels les X-Men du Professeur Xavier, sont donc de dévoués soldats, conditionnés qu’ils sont à de pas questionner les ordres. C’est pourtant là le propre de la jeunesse, aussi nos héros vont-ils progressivement dévoiler le mystère qui entoure leur unité de Scouts, au fil des missions et des épreuves rythmées par les douze chapitres. La lecture qu’a Kindt du jeune soldat que l’on sous-estime m’a fait penser à celle qu’avait Ed Brubaker concernant Bucky, l’acolyte de Captain America lors des flash-backs de la saga du Winter Soldier.

Graphiquement, on doit reconnaître à Tyler Jenkins une constance certaine sur presque 300 pages. Les couleurs qu’il emploie, posent un filtre rétro sur cette aventure aux tons et aux circonvolutions parfois désuètes, fleurant bon les récits d’espionnages de la grande époque.

Si vous aimez les récits à tiroirs, les faux-semblants et le camping derrière les lignes ennemies, alors Black Badge est fait pour vous !

***·****·East & West·Jeunesse·Manga·Nouveau !

Dr. Stone #6-9

esat-westBillet spécial Dr. Stone, la série phénomène en cours de publication (quinze volumes parus au Japon et un rattrapage par Glénat probablement d’ici deux ans). J’avais stoppé ma lecture au cinquième tome et ai entrepris un rattrapage costaud pour rejoindre le dixième volume qui est juste sorti.

  • Dr. Stone #6 (Boichi, Inagaki – Glénat)  – 2019

couv_365865Après une grosse pause depuis le tome cinq d’une série qui commençait à me lasser, ma fille qui est accro m’a incité à m’y remettre. Du coup cette pause a été bénéfique puisque j’ai bien accroché à ce sixième volume qui marque la fin du « Livre 1 » que l’on comprend comme l’introduction à cet univers après la pétrification et les explications de ce qu’il s’est passé juste après avec l’intervention du père de Senku, seul rescapé avec son équipage de la station spatiale internationale. Le lien entre avant et maintenant est désormais fait et le manga peut lancer la bataille entre le royaume de science de Senku et celui de la force de Tsukasa (arc de la « guerre de la pierre »). Les inventions reprennent de plus belle et l’arrivée de nouveaux personnages fait du bien ainsi que le personnage du mentaliste qui anime beaucoup les manigances des deux groupes. La construction est toujours un peu erratique et demande un peu de concentration avec beaucoup de sauts géographiques ou temporels un peu abruptes, comme dans tous les manga de Boichi du reste. Le niveau graphique reste phénoménal et le statut de best seller de ce manga est tout à fait compréhensible vue sa qualité générale, notamment dans le public Shonen.

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  • Dr. Stone #7 (Boichi, Inagaki – Glénat)  – 2019

couv_369340Senku et sa bande ont entrepris de construire un « smartphone »!!! Bien entendu comme depuis le début de la série il y a un gros écart entre ce qui est annoncé avec des dessins anachroniques et la réalisation assez fruste, mais l’idée y est et hormis les délais de réalisation tout cela reste assez crédible à compter du moment où les matériaux et la connaissance sont présents. Sur le plan technique et scientifique on continue à apprendre énormément de choses et il est intellectuellement fascinant d’imaginer comment reconstituer notre société technologique en très peu de temps. Le scénariste Riichiro Inagaki fait toujours de gros efforts pour nous prendre à contre-pied avec un héros qui place systématiquement la finesse et l’intelligence devant la force brute. Ainsi, alors que le Royaume de Tsukasa imagine avec crainte Senku réaliser des armes à feu pour gagner cette guerre, ce dernier proclame comme arme ultime… la communication par ondes radio! Je ne sais pas si le système scolaire a déjà identifié ce manga comme support pédagogique mais ce ne serait pas une mauvaise idée tant la qualité visuelle et la multitude d’informations scientifiques débordent de chaque chapitre. Multipliant les personnages, Dr. Stone avance à « deux-millions à l’heure » vers l’affrontement final en proposant dans ce volume pour la première fois la question de l’état du reste du monde après la pétrification et le lien au travers des âges via la découverte d’un enregistrement…

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  • Dr. Stone #8 (Boichi, Inagaki – Glénat)  – 2019

couv_374734Comme depuis le début de la série le volume propose plusieurs intrigues assez linéaires et séparées facilitant la lecture du public cible: les jeunes. On  a donc la conclusion de la guerre de communication avec l’affrontement pour capturer Homura, l’espionne de Tsukasa puis des tentatives de récupération de membres de part et d’autre des deux royaumes et pour finir, la fameuse voiture vue sur la couverture. C’est d’ailleurs un des éléments que j’apprécie dans cette série, les couvertures sont extrêmement fidèles à l’intrigue et ne se contentent pas de jolies visions graphiques comme dans trop de manga.

Ce tome propose beaucoup plus d’action que les autres et c’est tant mieux! Si Senku n’est jamais avare d’idées mystérieuses dont on ne voit pas tout de suite l’utilité, l’avancée vers l’affrontement simplifie le récit et chaque découverte a une utilité immédiate qui nous parle (il faut dire on est plus dans la mécanique que dans la chimie ou la physique élémentaire). Au niveau des enjeux en revanche, ça se complexifie avec pour la première fois depuis les tous premiers chapitres, des doutes sur la conduite à tenir (peut-on éliminer des statues qui seront de futurs adversaires? Le risque de voir le royaume des sciences de Senku mener à la même catastrophe environnementale que le monde d’avant n’est-il pas trop grand?). Ça densifie fortement l’ambition du manga et le fait monter d’un cran avec quatre Calvin!

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  • Dr. Stone #9 (Boichi, Inagaki – Glénat)  – 2019

couv_381482L’offensive finale a commencé pour ce tome qui marque la fin du premier arc de Dr. Stone. Chrome est prisonnier et le plan de Senku va rapidement être mis à mal par la redoutable équipe de Tsukasa. Le cœur de cette guerre est la caverne miraculeuse, située au cœur du Royaume de la force et détenant le précieux élixir de dé-pétrification. Assez vite les inventions de Senku vont se heurter à la stratégie de Tsukasa, ce qui provoque de nombreux renversements de situation… Comme dans le précédent volume l’action est bien plus soutenue et les dessins deviennent par conséquent encore plus impressionnants en laissant de la place à Boichi pour montrer la qualité de sa technique.Beaucoup de personnages s’avèrent jouer un double jeu, à l’avantage ou au désavantage de Senku et ce jusqu’à la conclusion en gros cliffhanger! J’ai l’impression que les auteurs ont trouvé enfin un bon équilibre entre l’humour, la vulgarisation et world-building et l’action-suspens. Et quand on sait que le dixième volume démarre l’arc des Grandes découvertes, on imagine que la série peut durer encore pas mal de temps avec probablement l’ambition (tant que le succès est au rendez-vous) de nous narrer l’histoire de l’humanité jusqu’à nos jours…

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