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Shanghaï Red

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Histoire complète avec Christopher Sebela au scénario, Joshua Hixson au dessin. Parution en France le 21/04/2021 aux éditions Hicomics.

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Merci aux éditions Hicomics pour leur confiance.

L’enfer n’est rien face à la femme qu’on a shanghaïée

Molly « Red » Wolfram est une femme marquée par la vie à plus d’un titre. Après le départ de son père, Red a du assumer seule le rôle du soutien de famille, veillant sur sa mère et sa sœur tandis qu’elles faisaient route vers Portland. La particularité de la jeune femme est que pour subsister aux besoins des siens et intimider d’éventuels prédateurs, elle a pris l’habitude de se grimer en homme, se faisant appeller Jack.

Un soir où « Jack » alla noyer ses turpitudes dans l’alcool, il fut piégé par des hommes peu scrupuleux qui l’ont drogué, et emmené contre son gré sur le Bellwood, un navire où Jack et d’autres ont travaillé de force deux années durant. Après tous ces mois d’infernale navigation, le capitaine du Bellwwod laisse une alternative à ses marins captifs: débarquer à Shanghaï et rentrer par leurs propres moyens en Amérique, ou poursuivre leur odyssée déplaisante sur le bateau, cette fois sous contrat.

Ce choix ne satisfait pas du tout Jack/Red, qui choisit une troisième option: se rebeller et massacrer tout l’équipage, à l’exception des autres esclaves. Désormais maîtresse de son destin et capitaine de son âme, pour paraphraser Henley, Red se met en tête de regagner Portland pour retrouver sa famille, et obtenir sa vengeance contre ceux dont l’avidité l’ont condamnée à ces deux ans de supplice.

Red is raide

La vengeance et la double identité sont décidément deux items narratifs complémentaires tant on les retrouve en fiction (Le Comte de Monte Cristo et ses adaptations, par exemple). Comme beaucoup d’autres œuvres auparavant, Shanghaï Red choisit la voie sanglante comme catharsis pour son héroïne aux deux visages, qui va trancher, empaler, brûler ses ennemis les uns après les autres sur le chemin qu’elle s’imagine devoir emprunter.

Car en effet, après avoir vu la dévastation causée par son absence, Red ne concevra alors plus qu’un tonitruant massacre en guise de vengeance, seule façon pour elle d’obtenir réparation pour le grief subi sur le Bellwood.

L’histoire nous embarque rapidement dans cette épopée vengeresse, dans laquelle l’auteur donne à voir une Amérique corrompue et violente, tout juste sortie de la Conquête de l’Ouest. On peut toutefois regretter que la dichotomie entre Red et Jack ne soit pas davantage exploitée au service de l’intrigue. Elle est certes mentionnée et évoquée longuement au cours du récit, mais ne sert pas vraiment d’élément moteur pour ce dernier, car si l’on y réfléchit, l’intrigue se serait déroulée sensiblement de la même manière si Red était restée Red. L’alter-égo Jack est donc une bonne idée, mais sous-exploitée dans l’ensemble.

En revanche, la prose et les dialogues de Sebela sonnent rudement juste, chose suffisamment rare pour être mentionnée. Les dessins de Hixson, quant à eux, donnent aux texte une manifestation sombre, grâce à des enrages lourds et des palettes de couleur savamment choisies. Côté édition, on peut s’interroger sur l’utilité de mettre en avant le lettreur de la version originale, tout en sachant que la version française-pas terrible, avouons-le-est venue détricoter son travail.

Shanghaï Red est un récit de vengeance amer et sombre, qui noie les tourments de son héroïne dans un tourbillon de sang et une prose talentueuse.

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BD en vrac #19: Le moine mort – Ira Dei 4 – Jylland

La BD!

Salut les bdvores! Fournée de BD médiévales aujourd’hui, avec deux dessinateurs très graphiques et une découverte en terre viking.

  • Le moine mort #1 (Morvan-ScieTronc/Glénat) – 2021, 48p., série en cours.

badge numeriqueJe suis de plus en plus difficile avec Jean-David Morvan… comme avec tous les autres très bons scénaristes devenus plus solo-éditeurs que créateurs en perdant de vue le travail de préparation et de sélection de ce qu’est un bon album et en croyant pouvoir être sur tous les fronts. Quand on dit auteur prolifique ce n’est pas toujours en bien. Morvan aligne les projets personnels en mettant le pied à l’étrier à de jeunes auteurs et c’est tout à son honneur. Mais défricher les talents n’exige pas forcément d’aligner les scénarii sur ses épaules au risque de se noyer et de perdre en qualité… Bref, admettre des erreurs chez des primo scénaristes c’est normal quand on chronique un album. Chez un vétéran il n’y a pas d’excuse à proposer une simple introduction, si belles soit elle, sur un album entier au prix où sont aujourd’hui les BD. Surtout, la place et le confort doivent être justifiés par une progression narrative. Ce qui manque clairement à ce premier tome du Moine mort!

Le récit prend la forme désormais classique du narrateur monastique modèle Le Nome de la rose qui témoigne de la croisade fondamentaliste d’une Église imaginaire mais bien inspirée du pire de notre Histoire. Sous des pinceaux réellement inspirés du jeune ScieTronc (qui avait déjà impressionné sur le premier Boris Vian, déjà scénarisé par Morvan), on en restera donc là après 48 pages où l’on ne fait que découvrir l’univers tout en architectures et contre-plongées visiblement inspiré par les dessins du Piranese (qui donne son nom au héros). C’est beau mais c’est maigre. C’est vraiment dommage car graphiquement l’univers mis en place accroche réellement notre intérêt en s’appuyant peut-être sur le design semi-historique de la série Game of Thrones, mais surtout sur un sens du cadrage qui permet de donner un cachet fou à la plupart des cases. Il n’aurait fallu que quelques séquences de plus pour semer l’envie de découverte au lieu de quoi l’effet retombe un peu comme un soufflet en oubliant l’envie. Difficile donc de se prononcer sur une série pas vraiment commencée. Il faudra donc attendre le second tome pour se faire réellement un avis.

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  • Ira Dei #4:  mon nom est Tancred (Brugeas-Toulhoat/Dargaud) – 2021, 54p., 2 cycles parus.

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Alors que le Strategos Maniakès revient sur le terrain les dissensions continuent entre les différents chefs mercenaires alors que le moine revient assisté d’un sicaire dont la cible reste mystérieuse…

Toujours compliqué de rester objectif lorsque j’ai entre les mains un album du duo Brugeas-Toulhoat qui propose toujours un niveau de réalisation très professionnel. C’est tout leur mérite quand on repense à la complexité du contexte et de l’intrigue qui évite toute linéarité. Avec ma formation d’historien j’imagine la difficulté d’appréhension de cette histoire de stratégie médiévale pour un lecteur qui n’aurait pas les références historiques. On peut prendre cela comme de la fantasy 100% imaginaires mais ça reste assez ardu. Reste donc une écriture tout à fait fluide et surtout ces planches explosives que seul Ronan Toulhoat propose parmi les dessinateurs réalistes actuels! En héritier de Lauffray, son plaisir du dessin se transmet dans des découpages toujours originaux, libres, rageurs, dont on ne se lasse pas. La finesse des détails et des décors habillent un encrage sauvage qui ne donne qu’une envie, continuer à savourer ses albums quoi qu’ils traitent! Si la stratégie machiavélique ravira les amateurs, le déroulement de ce tome reste un peu chaotique en ballotant le lecteur qui ne sait pas trop pourquoi on nous présente telle scène et pourquoi tel personnage disparaît soudain. Ce volume manque un peu de continuité, ce qui participe à l’inconfort sans doute recherché. La conclusion anticipée de la série a probablement joué également pour précipiter une fin un peu au milieu du gué qui ne résout vraiment rien. On sort ainsi de ces deux cycles (qu’il vaut mieux voir comme une vraie quadrilogie tant les quatre albums sont liés) vaguement déçu avec l’impression d’avoir participé par une fenêtre à une séquence historique sans début et sans fin. Un peu frustrant même si la qualité de ces albums restent dans le haut du panier en matière de bd médiévale.

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  • Jylland #1: Magnulv le bon (De Roover-Klosin/Anspach) – 2021, 44p., série prévue en 4 tomes.

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bsic journalismMerci aux éditions Anspach pour cette découverte.

Dans un thème très à la mode (appuyé sur des séries TV à succès), Jylland nous propose une nouvelle incursion dans l’univers des vikings, peuple qui ne cesse de fasciner les créateurs. Pour ses débuts en BD le polonais autodidacte Przemyslaw Klosin propose des planches sacrément pro. Si les couleurs n’arrangent pas forcément un dessin classique mais parcouru de visages très caractérisée, l’ensemble ne souffre pas de défauts majeurs dans une technique tout à fait remarquable. Ainsi le personnage principal, un machiavel à tresses, fils d’un roi viking mourant qui a choisi d’adopter la religion catholique et de renoncer aux coutumes du northland, imprime sa marque par une trogne brutale sans être caricaturale.  Si les autres personnages se distinguent surtout par leur coiffure (qui peut du coup prêter à confusion entre deux personnages), on sent un effort d’identification sur les rôles.

L’originalité de ce premier tome est donc le traitement de la christianisation pour ce peuple attaché aux traditions. L’itinéraire de ce second fils revanchard fait se rejoindre la jalousie familiale et le rejet de la nouvelle religion pacifique. Le scénariste lance des pistes intéressantes sur la sédentarisation et le passage de ce peuple de pilleur à un peuple commerçant, qui sera peut-être développé dans la suite de l’histoire. D’une lecture agréable, ce premier Jylland est donc une plutôt bonne surprise qui parvient à nous intéresser dans un océan d’albums sur les navigateurs de drakkars.

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La dernière ombre #1

La BD!
BD de Denis-Pierre Filippi et Yvan Gaspard
Vent d’ouest (2021), 46p., série prévue en 2 tomes.

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Dans les forêts enneigées de Russie les tirs allemands ne sont pas les seuls dangers. Pour une troupe de soldats soviétiques en retraite le salut semble venir de ce magnifique manoir semblant sorti d’un roman russe. Un couple de barons accepte d’abriter les réfugiés le temps du repos. Mais les tensions de la guerre peuvent transformer les désaccords en affrontement, laissant un groupe d’enfant en témoins observateurs…

badge numeriqueSacrée découverte graphique que ce dessinateur dont ce premier album claque la rétine d’une élégance artisanale à la précision folle. Ayant commencé sa carrière comme (excellent) coloriste sur les albums de Denis-Pierre Filippi et Silvio Camboni, il propose avec cette Dernière ombre un album d’une maturité tout à fait étonnante. Ciselant les cheveux, boiseries ou architectures, il joue d’une grande variété de cadrages destinés à provoquer le « regard extérieur » propice faire naître l’inquiétude. Chaque élément et traité avec une précision d’orfèvre et recouvert de couleurs et de textures magnifiques.

La Dernière ombreL’intrigue de ce premier tome est du reste assez simple, sa linéarité temporisant l’émergence d’une véritable tension dramatique. Si l’on nous présente rapidement une intéressante galerie de personnages tout à fait identifiables (l’officier froid et martial, l’adjoint rebelle, le médecin idéaliste et ses deux filles, le groupe d’enfants,…), le mystère peine à s’installer malgré quelques visions fantastiques dont nous n’aurons l’explication que dans la conclusion du diptyque. En dévoilant trop (les enfants) ou trop peu (les créatures), Denis-Pierre Filippi semble partir sur un tempo de série longue alors qu’il devra résoudre ce qui a à peine commencé dès le prochain tome. On est du coup un peu sceptique sur les possibilités d’accroche sur le seul volume deux…

Reste une atmosphère feutrée loin de la fureur des tranchées, un monde des rêves que l’on soupçonne au travers de ces quelques visions fantasmagoriques non expliquées et des personnages nombreux qui permettent une avancée rapide et au lecteur de rester au contact en savourant chaque case. Ayant la forme d’un préambule, La dernière ombre ne convainc pas totalement (comme le récent Elecboy) tout en évitant de nous ennuyer, grâce à des dessins superbes, un art du dialogue très pro de Filippi et une once de mystère qui suffit à nous donner envie d’attendre les révélations du prochain opus.

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Year Zero #1

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Album de 110 pages comprenant les cinq volumes de la mini-série Year Zero, écrite par Benjamin Percy et dessinée par Ramon Rosanas. Parution en France chez Panini Comics le 17/03/2021.

Dur, dur d’être un zombie

En cette période pour le moins singulière où chacun de nous est un survivant, Panini Comics a jugé opportun de lancer deux nouveaux albums sur le thème de la pandémie. Cet argument de vente, certes opportun, d’en comporte pas moins des promesses de frissons, et, pourquoi pas après tout, de bonnes lectures.

Dans ce Year Zero, nous allons suivre les mésaventures d’un certain nombre de protagonistes, répartis dans le monde et ayant chacun leur manière d’affronter cette fin du monde.

Sara Lemons est en mission dans le cercle polaire, afin d’étudier les couches glaciaires. Elle espère y trouver un remède aux maux qui agitent notre siècle, qu’ils soient climatiques, énergétiques, sociétaux ou médicaux.

A Mexico, Daniel Martinez, jeune orphelin des rues, fait ce qu’il peut pour survivre et échapper aux cartels qui ont tué sa mère, convaincu qu’il survit par la grâce divine.

Saga Watanabe, lui, tue des gens pour vivre, principalement à Tokyo. Il exécute un dernier contrat censé lui offrir une porte de sortie, une retraite bien méritée avec l’amour de sa vie.

Fatemah Shah, quant à elle, vit en Afghanistan, où elle sert d’interprète et d’informatrice aux soldats américains.

B.J. Hool, enfin, est un américain moyen, un survivaliste nihiliste qui a passé sa vie à se préparer à ce genre d’événement.

Comment ces gens très différents vont-ils réagir lorsque les morts vont se relever, victimes d’un pathogène qui en fait des zombies anthropophages ? La réponse est simple: plutôt mal. Mais ça n’empêchera aucun d’eux de poursuivre ses objectifs ou de s’en trouver de nouveaux, car la vie, au contraire de la mort, n’a rien de permanent et évolue sans cesse.

Vaut mieux vivre avec des vrais morts qu’avec des regrets

Il apparaît assez vite après le premier chapitre que ces protagonistes ne sont pas destinés à se rencontrer. Oublions-donc tout de suite la perspective d’un récit choral ou de survie à la Walking Dead. Chacun des protagonistes possède sa propre ligne narrative, qui ne croise à aucun moment celle des autres, excepté celle de Sara Lemons, qui se déroule un an avant la pandémie, et qui influe donc sur le reste.

Les sauts et ellipses entre les différents personnages dynamise le rythme du récit mais donne également une sensation de survol, l’auteur se concentrant sur l’essentiel de sa narration sans étoffer davantage certains points qui auraient mérité de l’être.

Year zero - BDfugue.com

Le point de vue interne des protagonistes reste tout de même très intéressant, chacun d’entre eux ayant des croyances et un vécu qui définissent leur vision du monde, et nécessairement, leur réaction face l’apocalypse zombie. Saga Watanabe et Daniel Martinez recherchent la vengeance, tandis que Fatemah cherche l’émancipation et la rédemption. BJ Hool quant à lui, a vécu isolé toute sa vie et ne découvre que maintenant l’intérêt de créer du lien avec une autre personne.

Le parcours de Sara, qui sert de préquel, a des relents de The Thing (la base polaire, une créature sortie de la glace) mais n’exploite malheureusement pas le vivier horrifique que recèle cette prémisse, du fait des ellipses et du peu de temps consacré à cette partie. Le reste des trames individuelles est ô combien classique, hormis sans doute celle du nerd survivaliste qui tombe amoureux, qui comporte son lot d’ironie et d’humour grinçant.

Year Zero vous sera sans aucun doute un peu survendu par Panini Comics en raison du contexte pandémique, mais pas d’affolement: nous ne sommes pas en présence d’un incontournable du récit de zombies, même si l’exécution reste bonne et agréable à suivre. A priori, un deuxième volume est sorti aux US et ne devrait pas tarder à traîner des pieds jusqu’ici pour tous nous dévorer.

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Rick et Morty tome 10

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Dixième tome de la série inspirée du show du même nom crée par Dan Harmon et Justin Roiland. Tini Howard et Kyle Starks au scénario, Marc Ellerby au dessin, parution le 17 mars 2021 aux éditions HiComics

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Merci aux éditions Hicomics pour leur confiance.

This is a Rick’s world

En apparence, le scientifique Rick Sanchez a tout d’un savant fou. Alcoolique, irresponsable, il vit aux crochets de sa fille Beth et méprise copieusement son gendre Jerry. Rick repousse même les limites de l’inconséquence puisqu’il embarque, depuis 4 saisons maintenant, son petit-fils Morty dans des aventures spatiales et dimensionnelles toutes plus dangereuses les unes que les autres. 

Toutefois, Rick n’est pas qu’un ivrogne sans vergogne. On pourrait même dire que tout ceci n’est qu’une façade, visant à cacher les blessures profondes d’un homme esseulé, que son génie isole encore davantage du reste du monde. Le show nous montre ainsi, entre deux blagues potaches et deux situations abracadabrantes, les tourments internes de cet homme brillant, qui est si lucide sur la vacuité de la vie et de l’univers qu’il se réfugie dans l’alcool et la contrebande inter dimensionnelle. 

A n’en pas douter, donc, Rick & Morty redéfinit et redynamise la série animée, en allant plus loin encore qu’une série comme Futurama. 

En parallèle de cet indéniable succès, le comic Rick & Morty tente de prolonger le plaisir en couchant les aventures du duo générationnel sur papier. 

Un Rick-anement Morty-fère

Ce dixième tome nous fait découvrir un énième délire de Rick, qui, pour souffler et catharsiser  ses émotions négatives, a construit un parc parcouru par des androïdes, sur lesquels il peut se défouler, à la manière d’un certain parc à thème mettant en scène des cyborgs dans l’Ouest Sauvage… 

Le comic book marche donc sur les traces de son ainé télévisuel en reprenant un concept SF déjà usité et en y ajoutant une bonne dose d’impertinence, voire de cynisme. La philosophie nihiliste de Harmon et Roiland semble avoir contaminé les scénaristes du comic book, qui reprennent donc allègrement les parangons de pop culture (ici, la série Wesworld, vous l’aurez compris) pour les tordre, les détourner de façon drôlement cruelle, ou cruellement drôle. 

Mention particulière pour l’épisode spécial, qui en l’espèce reprend verbatim le concept d’un épisode de la série, dans lequel Morty redécouvre les souvenirs traumatisants que Rick lui a retirés à sa demande. Comme dans l’animé, c’est l’occasion de rire face aux mésaventures tantôt humiliantes, tantôt horrifiantes du jeune paltoquet, qui est toujours condamné à revivre de façon récursive les mêmes traumas. 

Entre détournement des poncifs SF et cruauté froide d’un univers indifférent, les amateurs de la série animée sauront savourer ce tome 10 en attendant la prochaine saison du show !

***·****·Manga·Nouveau !·Rapidos·Service Presse

Manga en vrac #9

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  • Full Metal Alchemist – Perfect edition #6 (Arakawa/Kurokawa) – 2021, 6/27 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Kurokawa pour leur confiance.

Grosses révélations que l’on attendais sur ce volume! Devant une galerie de personnages qui commence à être conséquente, on apprend enfin les liens entre les méchants alchimistes alors qu’une conspiration au plus haut niveau de l’armée se fait jour… Premier point, je voudrais revenir sur la qualité éditoriale de cette édition Perfect qui ne paye pas de mine mais propose une qualité de lecture comme rarement vue en manga. J’ai assez peu insisté sur ce point jusqu’ici car la quasi absence de bonus m’avait un peu frustré. Pour autant la taille du volume, la qualité du papier et de l’impression y compris sur les pages couleur (ça n’a l’air de rien mais agencer des impressions qui n’ont rien à voir n’est pas toujours évident en imprimerie) offrent un sacrément beau volume qui justifie amplement son prix, qui plus est avec la très importante pagination des volumes de FMA. Revenons à nos moutons: l’équilibre entre bastons super sympa, humour efficace et thriller conspirationniste reste remarquable sur ce tome où l’on avance pas mal dans la découverte de la problématique (on avait jusqu’ici principalement abordé l’histoire des frères Elric et les principes de l’Alchimie). En une poignée de pages l’univers s’étoffe grandement avec la découverte de plusieurs nations et l’arrivée de personnages venus de équivalent chinois dans l’univers de FMA. Il faut un peu s’accrocher car stout au long des deux cent pages on voir revenir tel personnage qui disparaît ensuite pendant un volume entier et redeviennent centraux d’autres que l’on avait perdu de vue depuis les tous premiers tomes. Pour un shonen ça commence à devenir assez complexe et j’apprécie particulièrement une certaine noirceur des personnages parfois très ambigus. Avec son lot de morts, le sixième tome nous tient parfaitement en haleine et si cette fosi le cliffhanger reste soft, on trépigne d’attente jusqu’au mois de juin pour le suivant…

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  • Ashidaka, the iron hero #2 (Sumiyoshi/Kurokawa) – 2021, 2/3 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Glénat pour leur confiance.

Bonne nouvelle, les impressions ressenties sur le premier tome se confirment ici avec un volume bien plus lisible, prenant et accrocheur! Une fois les difficultés de mise en place donc, l’autrice peut développer une galerie de personnages aux designs très réussis dans le style arachnéen et qui laisse entrevoir une myriade de possibilités techno-organiques dans l’interaction entre personnages et leurs Arms.. Je signale que ce manga est rangé en Shonen par l’éditeur ce qui correspond en effet à une simplification sans doute en partie responsable du retard à l’allumage. Le besoin de background est satisfait dans cet épisode où l’on voit Ashidaka intégrer une team de chasseur de vers géants après qu’il ait découvert la planque des commando multibras et leur très charismatique chef. Etonnamment ce n’est pas que l’histoire qui se densifie mais aussi les dessins, plus précis, plus lisibles et par conséquent plus immersifs. L’histoire semble ainsi s’orienter vers un périple pour retrouver les différents vers repérés sur la carte du monde qui nous est présentée. Le jeune héro s’associe avec une très balèze jeune-femme dans un volume qui se conclut sur un cliffhanger bien plus prenant que précédemment. Encore quelques petits réglages dans la furie graphique des combats et cette série pourrait rapidement devenir très prenante avec un postulat résolument original dans un univers pas si jeunesse que ça.

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  • Les 7 Ninja d’Efu #7-8 (Yamagushi/Meian) – 2021, 8/10 tomes parus (série finie en 10 tomes au Japon).

bsic journalismMerci aux éditions Meian pour leur confiance.

7-ninja-efu-8-meianCes deux volumes traitent du Loup de Mibu, un samouraï envoyé dans le passé et qui va prendre parti dans la chasse contre des démons vengeurs. Une des plus longues histoires découpée en pas moins de neuf chapitres, elle est aussi une des plus lisibles jusqu’ici avec une histoire résolument simple qui permet d’apprécier les multiples références historiques et légendaires que comporte l’œuvre de Yamagushi. Cette densification semble être liée à la conclusion proche puisque maintenant que différents protagonistes sont connus on semble s’orienter vers une résolution dans les deux derniers volume avec des personnages (héros ou démons) qui reviennent nous rendre visite, à commencer par le super-samouraï Momotaro et le démon androgyne à visage humain. Le propos se clarifie aussi puisque en même temps que les premières défaites d’Onshin, on voit des héros évoluer dans leur résolution à maintenir l’ordre totalitaire du Bakufu. Reste une narration très typée faite de cartons avec des noms, évènements, lieux, illustrant l’envie documentaire de l’auteur et qui demande toujours un peu de concentration, mais désormais on peut laisser ces informations de côté pour profiter plus facilement de combats dantesques contre des ennemis a priori invincibles. Si elle n’est pas faite pour tout le monde, cette série ne cesse de surprendre, au premier chef les amateurs d’histoire et de culture japonaise.

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***·BD·Jeunesse

Kanopé

Récit en deux tomes écrit et dessiné par Louise Joor, parution en 2014 et 2019 aux éditions Delcourt.

Jungle sauvage ouvre tes bras*

Les temps futurs n’ont pas été cléments envers l’Humanité. Survivant à peine dans un environnement devenu hostile et radioactif, les humains ont été forcés de se couper de ce qu’il restait de Nature sur Terre.

Quelque part en Amazonie, une zone encore vierge existe encore et abrite la vie, et même, la vie humaine. En effet, une petite communauté est parvenue à s’adapter à ces conditions impossibles, non sans quelques sacrifices et efforts. Leurs descendants ont continué à occuper la jungle, en accord avec les principes écologiques de leurs ancêtres.

Kanopé vient de la jungle. Elle y a passé sa vie, survivant comme les autres grâce aux bienfaits de la Nature. Néanmoins, la jeune femme, malgré son caractère trempé, fait figure d’exception dans la jungle, car elle vit seule, ostracisée par le Peuple de la Jungle qui avait aussi excommunié sa mère.

Tout change pour Kanopé lorsqu’elle fait la rencontre d’un transfuge de la ville, Jean, qui fuit un système totalitaire après avoir révélé des informations compromettantes sur les radiations qui empoisonnent la Terre. Au départ, Jean a le comportement typique d’un homme qui se pense supérieur à la Nature. Mais, privé de technologie, il lui sera bien vite nécessaire de s’adapter et de redescendre de son piédestal civilisationnel.

Ce sera, comme tout le monde s’en doute, le début d’une belle histoire d’amour contrarié, comme on les aime !

Radioactive Pocahontas

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Sur une thématique qui peut paraître galvaudée, celle du « syndrome du noble sauvage » (Lawrence d’Arabie, Blueberry, Danse avec les Loups, le Dernier Samouraï, Avatar, Pocahontas, John Carter…) dans laquelle le protagoniste rencontre une peuplade et s’y assimile, Louise Joor construit une fable écologique rafraîchissante. Elle n’oublie pas non plus d’être pertinente car elle interroge le lecteur sur l’avenir de la planète, en utilisant des problématiques actuelles.

L’histoire d’amour entre Jean et Kanopé, bien que d’une facture classique, nous emporte dans cette aventure où se mêlent émotion et conscience écologique. Les décors qu’elle dépeint, cette jungle qui accuse le coup des radiations, sont très immersifs et permettent de fantasmer cette jungle future/imaginaire.

Le bémol qui s’impose toutefois est sur la cohérence dans le traitement de Kanopé, dont la continuité dans le langage, les dialogues, les attitudes n’est pas toujours présente. On garde malgré tout plaisir à lire ce diptyque de Louise Joor, qui poursuit sa croisade écologique avec la série Résilience.

***·Comics·East & West·Nouveau !

Avengers #3: La guerre des vampires

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Troisième tome de la série Marvel écrite par Jason Aaron et dessinée par David Marquez. Comprend les numéros 13 à 17, parution le 20/01/2021 chez Panini.

Bon sang ne saurait mentir

Retour des Avengers version Jason Aaron. Depuis leur reformation, les Avengers ont repoussé la dernière Armée des Célestes, combattu leur ancien allié Namor ainsi que leurs homologues russes, la Garde d’Hiver. Mais ce qui les attend cette fois va les plonger dans les coulisses ténébreuses de notre monde et révéler un microcosme qui préfère d’ordinaire demeurer caché. 

Les nations vampires qui prospèrent dans l’ombre sont en plein chaos. Partout sur Terre, les différents clans sont en ébullition et s’affrontent dans une guerre sans merci qui risque de mettre en danger bien des vies humaines. Parmi cette débâcle, le Colonel de l’Ombre fait son apparition, secondé par sa Légion des Morts, et cherche à retrouver le roi des vampires, le célèbre Dracula, afin de le détrôner et prendre sa place. 

Le vieux monarque, sentant le danger, sollicite refuge auprès de la Garde d’Hiver, de quoi attiser les tensions déjà existantes entre Avengers et héros russes ! Heureusement, les plus puissants héros de la Terre vont pouvoir compter sur l’aide d’un spécialiste, en la personne de Blade, le diurnambule, chasseur de vampires. Ce qui tombe plutôt bien sachant que le jeune Robbie Reyes, nouveau détenteur du pouvoir du Ghost Rider, est passé malgré lui à l’ennemi. 

Jason Aaron poursuit son run sur la série phare de Marvel, en creusant davantage certains de ses personnages fétiches, comme Ghost Rider, qui s’offre ici une virée en Enfer sensée l’éclairer davantage sur la nature de ses pouvoirs. Le paradigme de départ est assez intéressant, avec un Dracula prisonnier en mode Hannibal Lecter, sournois et sûr de lui, avant de subir un changement et placer le roi des vampires en position de victime de la cruauté de la Garde d’Hiver. 

Certains mystères s’épaississent, comme l’identité de la Veuve Rouge, et font anticiper de fracassantes révélations, dont on espère qu’elles seront à la hauteur de l’attente suscitée. L’action est bien présente dans cet arc court mais efficace, guidée par les dessins qualitatifs de David Marquez

Comme précédemment, on trouve également dans l’album une aparté consacrée aux Avengers préhistoriques, ici la première Iron Fist, Fan Fei. Un troisième album qui maintient la qualité de la série.

**·***·****·BD·Nouveau !·Rapidos

BD en vrac #18

La BD!

Salut les bdvores! Pour démarrer cette jolie (et froide) semaine je vous propose une fournée spéciale SF avec une nouveauté Drakoo, le retour de Travis, ma série chouchou de chez Duval, la suite de la reprise Sillage par le virtuose Pierre-Mony Chan  et une découverte one-shot bien sympa…

  • Akkad (Clarke/Le Lombard) – 2021, 120p., one shot.

En 2027 la Terre n’est plus qu’un champ de ruine, depuis l’apparition d’aliens géants surgissant d’un autre espace-temps et « gelant » des pans entiers de la planète… La dernière chance de l’Humanité réside dans un programme secret visant à doter de jeunes gens de capacités intellectuelles dépassant les normes de l’espèce…

Cet album fait partie des inspirations librairies, ces feuilletages rapides qui vous disent « prends moi » sans rien en savoir, avec un résultat à quitte ou double. Avec l’activité du blog et le suivi de l’actualité ces moments deviennent rares et j’en profite chaque fois que cela se présente… Si la couverture reflète très bien ce one-shot de SF « temporelle » (genre que j’adore, au même titre que Brane Zéro, Unité Z ou Alter), présentant les cinq « enfants » mutants, un ton gris bien froid qui habille toutes les cent pages du volume, et la grosse bébête… elle en résume aussi les limites comme pas mal de blockbusters ciné qui mettent tout dans leur affiche. Bon public, j’ai beaucoup aimé le trait épuré mais précis de Clarke qui rappelle les bonnes SF Delcourt des années 2000 (la seule première page montre la maîtrise technique du dessinateur sur les éléments mécaniques et architecturaux) et n’ai pas souffert d’une certaine monotonie des décors de destruction du fait de cadrages serrés provoquant le huis-clos et mettant en valeur des encrages Akkad - BDfugue.comprofonds très chouettes. Les quelques séquences d’action pas du tout centrales donnent une respiration à une narration construite sur le mystère constant, la technique scientifique et les allusions cryptiques des scientifiques. Les codes du récit conspirationniste sont maîtrisés et le tout est heureusement porté par un art des dialogues tout à fait percutant. Et bien tout ça semble bien sympa vous dites vous! Oui, avec les limites inhérentes au genre et au format. Tout le monde n’est pas Bajram et à ma connaissance hormis quelques adaptations de romans SF magistraux, UW1 reste une singularité dans un genre qui exige une maîtrise scientifique et scénaristique très élevée. Comme les volumes cités plus haut Akkad jouit des mêmes atouts pour qui aime les concepts SF sophistiqués mais aussi des mêmes manques à savoir une conclusion frustrante qui fait tirer la moue devant le nombre de questions laissées en suspens et quelques facilités dans la résolution d’une intrigue par définition compliquée. Reste pourtant une réalisation sans faute, élégante, rythmée, fort alléchante et assez lisible qui titille suffisamment notre envie d’énigmes spatio-temporelles.

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  • Teleportation .inc #1: perdus en translation (Latil-Sordet/Drakoo) – 2021, 48p., tome 1/2 paru.

bsic journalismMerci aux éditions Drakoo pour leur confiance.

Drakoo alterne entre les très bonnes surprises issues des collaborations avec des auteurs de romans reconnus et des séries à la qualité et à l’originalité plus discutables dans le sillage du grand manitou Arleston. Teleportation inc. me faisait plutôt envie au vu des premières planches et du pitch qui proposait une idée assez novatrice, celle d’agent de récupération d’usagers de téléporteurs en fuite. Après lecture, si les dessins sont plutôt rigolo et efficaces malgré un aspect un peu plat (… ce qui n’avait pas empêché le Warship Jolly Rogers de Miki Montllo d’être une superbe série) et des des décors vides, c’est surtout sur le déroulé de l’intrigue que ça coince avec une enquête à laquelle on a du mal à accrocher du fait d’ellipses et d’une narration assez erratiques. Si l’humour et l’action sont au rendez-vous, les auteurs ne nous donnent pas franchement les clés pour suivre les séquences qui s’enchaînent sans qu’on comprenne bien de quoi il retourne. On finit la lecture un peu frustré avec l’impression d’une lecture-consommation. Laissons une chance au tome deux qui arrive très vite (au mois d’août prochain) et qui pourra peut-être donner une cohérence à l’ensemble.

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  • Travis #15: La femme qui en savait trop (Quet/Duval) – 2021, 46p., cycle 5 tome 2.

Bon, je vous préviens tout de suite, Travis fait partie de mes séries chouchoutes mitonnées par l’orfèvre Fred Duval dont le talent commence à ressembler à celui d’un Van Hamme quand on voit ce qu’il arrive à faire sur des thèmes a priori tout à fait déjà vus… Après un cycle mexicain en demi-teinte, Travis repartait pour l’espace il y a un an vers la Mission Europe dont on entend parler depuis le tout premier cycle. De l’art de jointer des trames diverses et surtout de réunir les deux univers jumeaux, celui du camionneur rouquin et celui de la plus mortelle des hispano-irlandaises, Carmen MacCallum. Car l’équipe créative de Travis n’avait jamais été aussi loin dans le crossover, si bien qu’on se demande si Carmen ne va pas finir par pointer le bout de son nez sous les dessins toujours parfaitement efficaces de Quet. Ce volume est très orienté action puisqu’il consiste en une chasse (très prenante) de la blondasse transformée en serveur biologique des données cryptées du machiavel Dario Fulci par la tueuse Thundercat… Sous la protection de Vlad qui s’en prend plein la poire sans ses nanomachines, on traverse l’Europe, on bave devant les joujou techno de la tueuse et on réfléchit (quand-même) aux implications des manipulations génétiques qui ont abouti à la création de véritables créatures fantastiques (Centaures entre autres!) dans un univers SF. On pourra tiquer, les lecteurs de la série Carmen ne seront pas surpris, mais il reste que Travis est toujours une valeur sure de l’anticipation grand public et un vrai bon plaisir de BD! Ce cycle s’avère plutôt bon et on a hâte de lire la suite!

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  • Travis #15: La femme qui en savait trop (Quet/Duval) – 2021, 46p., cycle 5 tome 2.

La série Sillage se vend très bien depuis son premier tome et a mené à l’apparition d’une galaxie de séries parallèles qui risquent de vous perdre comme moi si vous n’êtes pas un habitué malgré un avertissement en page de titre indiquant que ce tome se situe entre les tomes 2 et 3 de la série mère. Pour résumer: la série principale suit les enquêtes de l’agent spécial Nävis et compte 20 tomes. Les Chroniques de sillage fait venir une ribambelle de guest graphiques pour des short-stories (6 tomes). Nävis raconte la jeunesse de l’héroïne avec Munuera aux dessins (6 tomes).

Ces Premières armes sont des histoires solo présentant les premières missions de l’agent Nävis et dont le mérite premier est de permettre un retour du virtuose Pierre-Mony Chan, tellement apprécié sur l’excellente série Cross fire. Ce second opus se situe dans l’univers des pirates de l’espace et s’adresse clairement à un public Young adult avec une jeune Nävis invincible, directe, irrespectueuse, bien décidée à régler cette affaire qui lui fait perdre son temps… C’est donc bien sur les planches que vous allez baver devant une technique et un design parfaits du dessinateur qui semble se régaler en proposant des cases d’une minutie… encore améliorée par la colorisation sublime d’Alice Picard. L’attelage des deux auteurs est clairement une pépite graphique derrière laquelle se range le vétéran Morvan sur des textes un peu (trop) bavards et langage d’jeunz. Quand on voit la dynamique du dessin très influencé par le Manga, on est surpris que le format manga n’ait pas été essayé par l’éditeur pour élargir le public dans une démarche proche de celle d’Urban.

On prend donc un superbe plaisir visuel autant que thématique avec tout de même une perte d’informations croisées pour ceux qui ne suivent pas la série principale à laquelle on fait fréquemment référence… Une bonne série, qui a le mérite du format one-shot mais sur laquelle les auteurs devraient faire attention à ne pas réserver leurs intrigues au seul public fidèle.

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***·BD·Nouveau !

Olympus Mons #7: Mission Farout

La BD!

Septième tome de 48 pages de la série écrite par Christophe Bec et dessinée par Stefano Raffaele. Parution le 14/10/2020 aux éditions Soleil

Par delà les nouvelles frontières

Quelques années plus tôt, la Terre a frôlé l’annihilation après avoir découvert au fond de la Mer des Barents l’Anomalie 1, qui se révéla être un vaisseau extraterrestre échoué muni d’un système d’autodestruction dévastateur. 

Ce n’est qu’avec les efforts et les sacrifices conjugués d’Elena Chevtchenko, cosmonaute russe en mission sur mars, et d’Aaron Goodwin, médium hanté par des visions macabres, que l’apocalypse fut évitée de justesse. Ainsi, l’Humanité découvrit qu’elle n’était pas seule dans l’univers, et que le système solaire avait autrefois été le théâtre d’une guerre entre deux civilisations très puissantes dont notre bonne vieille Terre avait recueilli les débris militaires à l’issue de quelques escarmouches. 

Fortes de ces révélations et de leurs conséquences, les pays du monde entier, autrefois rivaux, ont mis leurs différends de côté pour travailler enfin de concert vers un but commun, l’expansion et la prospérité du genre humain, aidés en cela par des fragments de technologie alien récupérés dans des épaves, qui mettent enfin à portée de main des coins de l’espace jusque-là inaccessibles. 

C’est à stade que nous plongeons dans ce nouveau cycle de la série Olympus Mons, donc nous avions déjà brossé le portrait ici. Nouvelles connaissances rimant avec nouveaux enjeux, nous retrouvons Elena, qui s’apprête à embarquer de nouveau vers les étoiles, après que l’androïde Einstein, qui avait participé au sauvetage de la Terre, révèle l’existence d’une ressource précieuse pour l’Humanité, enfouie quelque part sur Farout, objet céleste situé aux confins de notre système solaire. 

Nouvelles frontières, nouveaux défis

Après un premier cycle intéressant mais souffrant des défauts d’écriture de son auteur, à savoir une intrigue délayée qui aurait gagné à être plus concise, nous voilà repartis pour une nouvelle odyssée spatiale qui va remettre en question la place de l’Humanité dans l’univers. Dans ce tome au rythme plutôt efficace, point de révélation choc encore, mais une dose de mystère suffisante pour éveiller l’intérêt du lecteur. 

Le premier mystère est celui du fameux remède promis par l’androïde Einstein. Cette panacée existe-t-elle et en quoi consiste-t-elle ? Résoudra-t-elle la crise profonde que traverse le genre humain en 2030, ou tout du moins, lui permettra-t-elle d’y faire face ? Comme le veut la tendance actuelle de l’auteur, le récit est traversé de données scientifiques censées lui apporter un ancrage pragmatique, ce qui fonctionne, pour peu, j’imagine, que l’on ne soit pas astrophysicien (ce qui ne devrait toutefois pas empêcher de lire de la BD !). 

Encore une fois, cependant, le casting secondaire sonne assez creux pour le moment, un album n’étant pas suffisant pour caractériser autant de nouveaux personnages. Bien que ce soit compréhensible, cela a pour effet de diminuer l’attachement aux personnages, leurs sorts prochains nous étant relativement indifférents à ce stade du récit.

Autre bémol à souligner, la présence de flash-back/flash-forward qui visent à éclater le récit à la manière d’un Nolan, mais qui ne font, en fin de compte, que brouiller les pistes, car ils ne sont pas balisés de manière suffisamment claire à mon sens. 

Le tout demeure digeste cependant, ce qui est du aussi, et en grande partie, au travail graphique de Raffaele et à la mise en couleur inédite de Natalia Marques