****·BD·Jeunesse·Nouveau !·Service Presse

Hammerdam #1

BD de Enrique Fernandez
Ankama (2021), 40 p. série en cours.

bsic journalismMerci aux éditions Ankama pour leur confiance.

Lorsque le marteau magique vint se planter dans la bourgade d’Hammerdam tout le monde convergea pour tenter sa chance, en vain… Jusqu’au jour où une fillette ressentit l’appel et souleva la masse. La légende veut que le porteur du marteau voit sa vie changée. Bientôt rejointe par une troupe d’être aussi farfelus que puissants, elle partit à l’appel de l’aventure…

Peut être un dessin animéPeu connu du grand public, Enrique Fernandez est pourtant une pointure dans le dessin espagnol, doté d’un univers graphique très particulier prenant à la fois de l’Animation jeunesse et aux manga en mode Super-Deformed. Très impressionné par les aperçus de ses BD publiées depuis une quinzaine d’années j’ai participé au Crowdfunding de sa série solo Brigada et ait été un peu échaudé par une narration très complexe. L’arrivée d’une nouvelle série originale chez Ankama était l’occasion de voir si la double casquette posait un vrai problème à l’auteur ou si la simplification du registre jeunesse lui correspondait plus.

Et bien rassurez-vous car ce premier tome d’une nouvelle série s’inscrit tout à fait dans le cadre du conte en jouissant de la folie de l’univers unique de Fernandez. Si l’ouverture reprend l’habitude cryptique de l’auteur avec bien peu d’explications et des cases sans bulles, rapidement on comprend que les différents personnages et histoires autour de ce marteau vont converger pour constituer une troupe bigarrée totalement destinée à satisfaire le public jeune auquel l’album se destine. Car outre les dessins crayonnés qui rappellent le talent visuel indéniable de l’auteur, c’est l’imaginaire foutraque qui transpire de ce monde qui éblouit: ici un loup au pouvoir multiplicateur incontrôlé, là une héroïne indomptable, une fée prisonnière et une troupe d’archers-clones … tout ce petit monde va aider la jeune Melina dans sa quête alors que se lancent déjà contre eux des adversaires puissants et des effets magiques aux conséquences imprévisibles!

La richesse et la liberté graphique d’Enrique Fernandez plairont absolument aux enfants même si elles peuvent dérouter. Maniant différentes techniques, colorisations, cadrage et découpage, il nous immerge dans un monde foisonnant dont le seul risque est qu’une imagination folle ne noie le récit. Ce n’est pas le cas dans cette ouverture qui fonctionne parfaitement et donne bigrement envie de découvrir comment les amis de Melina vont pouvoir l’aider et où va la mener sa quête.

A partir de 8 ans.

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***·****·Manga·Rétro

Manga en vrac #13: Adam l’ultime robot #4 – Astra lost in space #1 -Alma #1

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Séquence SF ce samedi manga avec deux premiers volumes de série et une conclusion, dans trois registres très différents…

  • Adam l’ultime robot #4 (Azuma – Pika) – (2016) 2021, série finie en 4 volumes.

bsic journalismMerci aux éditions Pika pour leur confiance.

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La difficulté première du genre SF est de parvenir à boucler des idées et réflexions souvent perchées très haut et qui aboutissent généralement à une fin en suspension (comme dans Origin), cryptique ou qui fait pschit… Très rares sont les œuvres de SF a boucler une thématique de façon satisfaisante, à commencer par le mythique Universal War one, qui se concluait en six tomes seulement. Avec seulement quatre volumes pour boucler une série au rythme plutôt lent, Ryuko Azuma choisit la seconde solution en proposant une fin entre deux eaux, ni pessimiste ni optimiste. S’il n’est pas véritablement en mesure d’expliquer tous les évènements qu’il a mis en place (notamment l’attaque martienne) non plus que la nature des Psyché, il nous révèle en revanche les secrets des personnages dans un final en mode thriller plutôt bien mené. L’innocence paradoxale d’Adam est touchante, fétu technologique balloté dans une complexité humaine emplie de nos pulsions autodestructrices. La réussite de cette série c’est d’avoir réussi à installer une psychologie cohérence pour cette IA en relation avec les humains. L’hypothèse sur l’objectif des Psyché et la destinée d’Adam est plutôt intéressante scientifiquement parlant, même si le déroulement proprement dit des évènements peut laisser sur sa faim avec une chronologie obscure. L’équilibre entre le pédagogique et le mystérieux est toujours compliqué dans une narration et on ne pourra pas reprocher à l’autrice ces quelques chiffonnements, pour une œuvre globalement remarquable de maîtrise, d’ambition et de lisibilité. Une très belle quadrilogie que je conseille à tous les amoureux de science fiction.

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  • Astra – Lost in space #1 (Shinohara – Nobi nobi) – (2016) 2019, série finie en 5 volumes.
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Très sympathique premier tome d’une série courte en cinq volumes, dotée d’excellents dessins qui compensent l’aspect retro absolument assumé! Du titre au design général, on est dans l’hommage complet aux manga et séries TV SF des années soixante à quatre-vingt: une équipe d’adolescents part pour une « classe verte » sur une planète éloignée… avant de se retrouvés projetés ailleurs, loin dans l’espace, perdus, seuls et contraints de survivre par leurs propres moyens… Présenté comme ça on sent un aspect dramatique qui n’est pourtant jamais présent dans Astra! Résolument Shonen, la série est joyeuse, lumineuse mais n’oublie pas pour autant de créer des antagonismes entre certains membres de l’équipée. Une des originalités qui accentuent l’intérêt ce sont les flashback dans l’enfance des différents personnages, qui nous aide à comprendre leur tempérament et leurs actes pour revenir sur leur chère Terre. Remarquablement maîtrisée, les deux-cent pages se lisent d’une traite, comme une bonne série animée en découvrant chaque personnages, leur équipement, leurs défauts, les caractéristiques de la première planète (on va « sauter » sur cinq astres sur l’itinéraire de retour) sans oublier un gros mystère autour de cette mystérieuse boule qui les a aspiré et semble les poursuivre. Manigance des enseignants pour les tester ou véritable anomalie spatiale? Vous le saurez en regardant le prochain épisode des aventures du lycée Caird!

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  • Alma #1 (Mito – Panini) – (2019) 2021, série finie en 4 volumes.

alma-1-paniniAuréolée de très bons retours j’ai débuté cette récente série courte sans trop savoir où je mettais les pieds mais enthousiasmé par des aperçus graphiques au-dessus de la moyenne. Et je dois dire que ce qui accroche résolument dans ce premier volume qui avance relativement vite entre la séquence d’exposition en la conclusion qui nous révèle la problématique de la quadrilogie ce sont ces superbes décors post-apocalyptiques. On suit en effet un jeune homme parcourant les terres et cités dévastées à la manière du dernier homme sur Terre (Je suis une légende) – et une influence de Blame! évidente – après que son amie robot ait été désactivée brutalement. On trouve ainsi le carcan classique déjà vu dans l’excellent Heart Gear, à ceci près que dans Alma les humains n’ont pas totalement disparu et que le héros bien mystérieux se voit assez vite doté d’une aura messianique. On navigue donc plus sur la nostalgie d’une vie rêvée que sur la relation avec l’Intelligence artificielle (mais l’on sent que ça va venir) et l’atmosphère propagée par ces décors et un background bien plus travaillé que sur Heart Gear nous immergent pour une odyssée qui nous attrape dans un rythme soutenu. Doté d’excellents graphismes et d’un fort joli design, d’une relation originelle qui laisse mélancolique et de mystère déjà en place, il ne reste plus qu’un fort antagonisme pour faire monter la série d’un cran, sans doute dès le prochain tome. 

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Les veuves électriques #1: deuil atomique.

La BD!
BD de Relom, Geoffroy Damne et Degreff (coul.)
Delcourt (2021), 62p., série en cours.

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bsic journalismMerci aux éditions Delcourt pour leur confiance.

A Chissouane la centrale nucléaire fait vivre toute la commune. Aussi quand un accident tue trois employés, pas grand monde ne vient mettre son nez dans les défaillances… sauf les trois veuves qui se retrouvent bien malgré elles transformées en dangereuses militantes radicalisées contre lesquelles la machine répressive mediatico-policière se met en marche…

Les veuves électriques - BD, informations, cotesSacrée surprise que cet album à cheval entre l’humour potache et la charge politique au vitriol tout droit sorti des Vieux Fourneaux. Encore qu’il serait injuste (malgré tout son talent!) de donner à Wilfried Lupano la paternité d’un genre que le magazine Fluide Glacial a érigé en art. Car dans ces Veuves électriques tout respire le Fluide glacial, du sujet au type d’humour appuyé en passant par les dessins… et les auteurs, tous deux habitués à la maison de Gotlieb et Maëster. On se demande juste ce qui a pu se passer pour que cette série atterrisse chez Delcourt. Passons…

les auteurs ne vont pas par quatre chemin puisque dès les toutes premières pages l’accident survient. Tragique certes mais sans oublier d’être drôle dans toutes les situations, l’album enlève toute tension et se donne des airs de Duhamel à cette charge énervée contre un pouvoir politique (et policier!). Les auteurs ne cachent rien puisque si aucun nom de ministre actuel n’est cité on reconnaît bien Macron jouant à cache-cache (ou plutôt touche-touche) avec son garde du corps (toute ressemblance…). Tous plus débiles les uns que les autres, les personnages vont foncer dans un engrenage où surnage juste un peu de compassion pour ces pauvres filles bien nunuches. Les journalistes proclament l’attentat après que le maire se soit malencontreusement pris une pancarte sur la tête, l’expert écolo est déclaré terroriste-misogyne après que ses propos aient été détournés, les ministres se déplacent en avion (fonctionnant au charbon à en croire le panache de fumée qui s’en dégage) et le jeune « Tanguy » va de lâcheté en lâcheté. Notre trio de pieds-nickelés bien que victimes de cet emballement multiplie les absurdités, et on rit franchement à cette succession de scènes que d’autres auraient monté en drame social.

Ce qui plait dans ce deuil atomique c’est la franchise des auteurs qui ne cherchent pas à cacher leur gauchisme derrière leur petit doigt, ce qui fonctionne bien mieux qu’un format thriller pas toujours équilibré. Car derrière la satire c’est bien le gouvernement Macron qui est dénoncé, cette irresponsabilité criminelle qui envoie les policiers bardés de flashball éborgner les militants de tous ordres comme les télé d’info et leur storytelling tout à fait orienté. C’est l’incurie d’une politique nucléaire qui à force de réductions de coûts mets tout le parc de réacteurs en danger (et nous avec!), c’est la faiblesse démocratique de la France d’en bas, soumise à son emploi et que seule une injustice crasse pousse à la révolte. Au vu de la quantité de sujets abordés j’ai même hésité à placer cet album en rubrique documentaire. La farce m’en a dissuadé mais ce premier tome montre que l’humour est souvent capable de dénoncer avec une très grande efficacité.

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Joe la pirate

La BD!
BD de Hubert et Virginie Augustin
Glénat (2021), 210p., n&b, One-shot.

Très bel ouvrage doté d’une maquette absolument art-déco, d’un signet-ruban, d’un épilogue en forme de post-face et d’une bio rapide des personnages apparaissant dans l’histoire.

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bsic journalismMerci aux éditions Glénat pour leur confiance.

Née en 1900, Marion Barbara Carstairs a parcouru le XX° siècle dans une furie de bonne humeur, de provocations et de liberté permise par sa fortune. Homosexuelle, roitelette d’une île des Bahamas où elle fit régner une loi sans partage aussi progressiste qu’autoritaire, championne de vitesse sur eau, croqueuse de femmes elle fut l’amante de Marlene Dietrich et rencontra le roi Edouard VIII… Une vie inouïe comme un reflet de la liberté des années folles et de la vie dissolue des héritiers d’une Amérique triomphante!

Joe la Pirate - BD, informations, cotesIl est toujours étrange de voir la notoriété d’un auteur augmenter juste après sa mort… Hubert est disparu en début d’année dernière et ses deux albums posthumes sont (seront) sans doute les plus réputés. N’ayant pas lu Peau d’homme je retrouve sur ce Joe la pirate beaucoup d’éléments de la saga des Ogres-dieux. De très belles qualités sur les relations humaines et la création de personnages, d’autres éléments qui me chagrinent plus. Tout ça pour dire que je ne suis pas un groupie d’Hubert… a l’inverse de Virginie Augustin, trop rare et qui montre une nouvelle fois sur cet album la diversité de sa compétence et sa force évocatrice. Dans un style épuré très proche de la BD classique des premiers Spirou et des premiers comics-strip elle parvient à exprimer magnifiquement en quelques traits et de superbes encrages sur une histoire qui demande beaucoup au dessin. Découpé comme des successions de séquences parfois presque au format strip justement, l’album place Joe au centre de toutes les cases. Avec son sourire permanent et sa trogne de cartoon, on pourrait avoir un risque de visages à la tintin. Pourtant il suffit de jeter un œil aux photos de Marion Barbara Carstairs pour réaliser combien la dessinatrice arrive à reproduire l’esprit de cette vie rêvée, jamais tout à fait mensongère, toujours un peu fantasmée. Sur les quelques planches colorisées on s’interroge sur le choix du noir et blanc. Economie sur un gros album de deux-cent pages ou véritable choix de s’insérer dans un univers graphique des années 1920? Probablement un peu des deux…BD, "Joe la pirate" de Virginie Augustin et Hubert, portrait de Barbara  Carstairs, femme libre des années 1920

Car la grande force de ce bel album est son sujet, cette incroyable personnalité qui fascine ses auteurs et marque indéniablement par sa liberté absolue, tant morale que dans ses « aventures ». On ne peut qu’être surpris qu’aucun film n’ait été tourné sur Joe, qui aurait souhaité se voir incarnée par Katharine Hepburn et savait absolument se mettre en scène. De telles vies ne semblent exister qu’en romans, et pourtant! On ne se lasse (presque) pas de voir les coups d’éclat, les innocences de Joe et sa bonne humeur communicative. On ne sait si les auteurs ont volontairement posé quelques points critiques quand au statut d’héritière millionnaire de Joe, l’argent permettant effectivement une grande liberté mais n’empêchant pas une certains Joe la pirate de Hubert, Virginie Augustin - BDfugue.comimmaturité dans une vision tout à fait coloniale du sous-développement… Néanmoins tous les millionnaires du XX° siècles n’ont pas eu cette vie et on ne peut qu’être admiratif devant cette féministe par l’action qui a toujours voulu enfoncer tous les blocages de son époque.

Les limites de l’album reposent surtout dans une construction qui semble finalement sans propos, une illustration biographique structurée en chapitres vaguement thématiques. Si la vie de Joe est marquée par quelques jalons (la Guerre, l’aménagement de l’île,…), on se perd par moment dans la redondance des conquêtes, des coups de gueule, et l’on a l’impression de voir un agencement de séquences strip qui forment au final un tout cohérent. C’est peut-être l’objectif des auteurs mais cela affaiblit selon moi un peu le projet d’ensemble en oubliant de poser un regard d’auteurs sur cette figure ô combien charismatique. Du coup, malgré l’habillage du livre, la qualité des dessins et le sujet central du livre on rate de peu le coup de cœur des cinq Calvin.

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Wat la fée

Rufus Stewart

Cette  rubrique vise à présenter un album jeunesse en regard croisé parent/enfants. Mes deux zozo parlent donc d’un album en mode question-réponse, puis vous trouverez en fin d’article mon avis dans un format plus classique. N’hésitez pas à me donner votre avis et idées sur la formule en commentaires!


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BD de Cazenove , William et Jaquemoire
Bamboo (2021), 48p., one-shot…?

bsic journalismMerci aux éditions Bamboo pour leur confiance.

Wat the fée ? Wat, la fée qui avait perdu ses ailes, planche du tome 1 ©  Bamboo Waterpouf est une fée des villes… A l'aise dans l'environnement  urbain, entre béton et bitume, suite à une rencontre avec un garnement  qu'elle avait reçu pour mission de ...Wat est une fée des villes. Mais lorsqu’au cours d’une mission elle se voit arracher ses ailes par accident, la voilà contrainte à un périple en Terre sauvage en compagnie de son ami Dorg le Troll, un endroit plein de dangers et d’habitants bien différents de ses fréquentations…

Salut Talia! Aujourd’hui on va parler d’une étrange BD qui nous rappelle beaucoup une autre série que l’on suit dans cette rubrique…

Effectivement, Cazenove et William sont les personnes qui font la série BD Les Sisters et Wat (la fée) a beaucoup de ressemblance avec Sammie, l’amie de Wendy. Un personnage semble également issu de Tizombi

Est-ce que tu as l’habitude des histoires fantasy? Sur quels albums?

Oui. L’un de mes styles de livre préférés est la fantasy et je lis beaucoup de romans (fantasy donc, notamment La Guerre des clans). En Bd, j’ai déjà lu Lanfeust, Thorgal…

Que peux-tu nous dire du format un peu particulier de cette (ces) histoire(s)?

Ce sont des sortes de mini-histoires avec une espèce de conclusion, bien que celles-ci s’enchaînent sur une histoire continue. On dirait des parties : comme si l’histoire avait été découpée.Wat -1- La fée qui avait perdu ses ailes

Il y a deux humains dans cette histoire… pas franchement sympathiques…

Au tout début deux enfants humains arrachent les ailes de Wat par mégarde. Ce sont deux gros débiles pourri-gâtés qui ne pensent qu’à jouer à la bagarre. Ensuite ils recherchent Wat et Dorg pour jouer avec et cassent tout en repartant…

Il y a un surprenant côté sexy dans cette BD jeunesse. Est-ce que cela t’a dérangé? Comment vois-tu les personnages féminin représentés dans les BD?

Ça ne m’a pas dérangé, j’ai l’habitude de de lire des BD et des manga où les filles sont souvent plutôt dénudées avec des gros seins. Ce sont des personnages imaginaires du coup ça ne me gêne pas que ce soit différent de la réalité. Dans les sisters ce sont des jeunes qui sont représentés, elles sont inspirées de vraies personnages, du coup c’est plus réaliste. Les fées sont souvent représentées parfaites!

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Merci Talia!

Voilà pour le retour de la fifille. Et le vieux qu’est-ce qu’il en dit?

Entré dans l’univers des Sisters pour découvrir ce que lit ma fille et ce qui cartonne dans cette série, j’ai fait la connaissance avec Samy, la cops’ de Wendy que je croyais retrouver sous les traits de cette fée qui a perdu ses ailes… eh bien que nenni, rien à voir hormis le dessinateur qui a repris le faciès de son personnage secondaire. Résolument axé jeunesse, l’album qui ne Wat, la fée qui avait perdu ses ailes - BDfugue.comcomprend pas de tomaison mais laisse envisager très sérieusement une série, a un format hybride entre les gags d’une page des Sisters et l’histoire longue, entrecoupant les séquences par des sortes d’épilogue sépia qui évoquent une légende. On sait l’envie des auteurs de varier les plaisirs avec les super-sisters et ils se sont fait plaisir dans cette petite aventure en « terres sauvages » en compagnie du sympathique troll, en fuite devant deux adolescents débiles. L’album est du coup plus axé aventure qu’humour, avec de vrais méchants, de la magie et une transposition de la fée citadine à la campagne finalement pas si compliquée que cela. Si le thème voulu n’est pas vraiment exploité à fonds, les dessins que l’on connaît jolis et précis nous font passer un très bon moment, sans que l’on sache trop si William et Cazenove voudront développer leur univers ou s’arrêteront en route. Cette parenthèse est de toute façon bienvenue pour profiter de ces auteurs hors de leur cocon, en donnant envie d’aller zieuter un coup du côté de Tizombie et en se disant qu’ils pourraient un jour nous proposer une grande aventure plus adulte…

A partir de 7 ans.

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***·****·Manga·Nouveau !·Rapidos·Service Presse

Manga en vrac #12: 008 apprenti espion – Blue period 2&3

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  • 008 apprenti espion #1 (Matsuena – Kurokawa) – 2021, 1/13 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Kurokawa pour leur confiance.

008-apprenti-espion-1-kurokawaAmis coquinou je vais vous désoler en vous disant que cette nouvelle série shonen d’espionnage n’est pas franchement un ecchi hormis les formes non-euclidiennes de la donzelle en couverture… ce qui ne l’empêche nullement d’être une très sympathique entrée en matière tout à fait classique, pas prise de tête et très efficace dans le genre humour et action débile. Le héros est un adolescent qui galère à intégrer un lycée et se retrouve par hasard appelé au sein d’une prestigieuse académie d’apprentis espions… qui cache bien entendu une organisation secrète redoutable. Si on peut regretter une impression par moment un peu cheap, le dessin est tout à fait correcte, très lisible et surtout l’intrigue parodique avance de façon très linéaire. L’atout charme est incarné par une mystérieuse étudiants très très bien dotée par la nature et qui a l’étrange habitude de ne pas porter de culotte (ou alors très très petite…) mais qui est surtout là pour marquer des acrobaties ninja redoutables. On a donc un naïf incompétent et illégitime qui va montrer que la collaboration et l’intelligence peuvent primer sur la force brute et la tradition, dans un lycée qui soumet ses étudiants à moultes épreuves imprévisibles et potentiellement mortelles. Le ton parodique des dessins et de l’histoire permet d’assumer la légèreté de cette histoire et l’on passe un très bon moment de lecture-métro. Très bonne introduction qui pourrait même gagner un Calvin à mesure que l »action se développe, avec une Battle-Royale annoncée dès le prochain volume…

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  • Blue Period #2 (Yamaguchi – Pika) – 2021, 3/10 volumes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Pika pour leur confiance.

blue-period-2-pikaAprès un très bon premier tome, on enchaîne sans pause sur l’itinéraire de Yatora dans sa classe de prépa où il s’ouvre progressivement à un tout autre univers, à la fois relationnel, de perspectives et de centre d’intérêt… ce qui ne va pas aller sans heurts car l’insolente facilité apparente de ce jeune homme à qui tout réussit va le confronter à sa non appartenance au monde de l’art. Ce qui avait intéressé se confirme ici avec un accent mis encore plus fort sur les relations entre des personnages jamais caricaturaux (ca change!) et une remarquable construction scénaristique qui parvient à thématiser le volume jusque dans une forme de mise en abyme entre le personnage et l’autrice. La grande force de ce manga est de ne jamais basculer dans une histoire de prépa ou dans le mal être des jeunes mais bien de proposer un tout cohérent qui montre l’ouverture d’un jeune bien dans sa peau à un univers qu’il a touché par accident, suite à une improbable émotion suscitée par un tableau d’élève. Ce qui caractérise Yatora c’est sa capacité de travail et sa détermination, qui lui permettent de progresser sans cesse et de dépasser ses complexes techniques. On nous parle donc beaucoup du système des grandes écoles japonaises avec des informations précises sur les coûts d’entrée et les prépa obligatoires. L’autrice utilise ses personnages pour proposer différentes visions du système et de la création sans nous dire ce qu’il faut penser et l’on comprend que dans un itinéraire c’est vraiment les rencontres, les conseils et influences qui aident les individus à progresser et à se découvrir. Loin de nous présenter un prodige miraculeux comme le font nombre d’histoires, Tsubasa Yamaguchi raconte le destin d’un lycéen relativement ordinaire qui bouscule son destin par curiosité, sans préconçu. Un beau message qui nous dit que tout le monde peut faire ce qu’il souhaite à condition de se donner les moyens. Un manga dont l’intelligence frôle les cinq Calvin mais repose sur un graphisme un peu froid qui n’impressionne pas particulièrement. Ce qui ne doit absolument pas vous dissuader de le lire!

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  • Blue Period #3 (Yamaguchi – Pika) – 2021, 3/10 volumes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Pika pour leur confiance.

blue-period-3-pikaLe troisième tome entre plus encore dans le parcours créatif des artistes en faisant progresser le héros dans la compréhension du rôle des outils (support, taille de la toile, pinceaux, cutter, gommes et tout ce qui peut servir à travailler la peinture mais aussi la toile elle-même). Tout cela en devient passionnant avec une grosse densité qui va même parfois un peu vite dans les transitions. En même temps cela donne une idée du tourbillon psychologique dans lequel est le jeune homme qui absorbe toutes ces connaissances avec l’appétit d’une éponge. Du coup les amis restent un peu en retrait pour une mise en avant des deux enseignants, les très charismatiques prof du cours du lycée qui l’invite à se tester sur un « 100F » (une toile de deux mètres de haut) et la géante prof de prépa dont les entretiens individuels servent énormément Yatora en le bousculant dans une neutralité absolue en lui rappelant que s’il est encore faible techniquement la force d’une création reste son propos et sa composition. Par moment on se met à penser à Dr. Stone en lisant Blue Period, les deux séries ayant en commun une très grande capacité vulgarisatrice, remarquablement équilibrée entre le trop didactique et l’obscure étude sociologique. Il n’y a pratiquement pas de pathos dans ce manga, ce qui permet de rester focalisé sur les pensées de Yatora et de garder une normalité crédible. On dévore ainsi les deux cent pages du volume avec une grosse envie d’avancer sur une série qui compte déjà dix tomes, largement de quoi voir évoluer Yatora sur plusieurs années, avec un immense plaisir!

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Gun Crazy #2 – Elric #4

La BD!

Aujourd’hui deux sorties récentes de chez Glénat, deux séries qui se clôturent, rapidement pour la première, après neuf ans pour la seconde! Et comme vous le savez elles ne sont pas si nombreuses les séries qui parviennent à maintenir une cohérence et une qualité de bout en bout. C’est le cas pour Gun Crazy et Elric. Allez on part entre Vegas et Melniboné pour deux virée saglantes…

bsic journalismMerci aux éditions Glénat pour leur confiance.

  • Gun crazy #2 (Steve D-jef – Glénat) – 2021, 117p., diptyque achevé.

couv_422214Le premier volume sonnait comme une superbe déclaration d’amour aux VHS pirates des années 80. Si Ramirez est la version Tony Scott luxueuse du concept, Gun Crazy est plus proche de l’univers défoncé de Michael Sanlaville et son Lastman. Maintenant que tous nos protagonistes sont à Vegas, il n’y a plus qu’à… Et en bon scénario tarantinesque ça ne se passe pas totalement comme prévu avec d’improbables incidents qui perturbent les plans biens huilés de ces anti-héros, à commencer par ce chien (le chien indiens-phobe de Chuck Norris pour rappel) redoutable et imprévisible. Jef se fait toujours autant plaisir à travailler ses planches par des couleurs baveuses délavées et autres effets eyefish qui laissent intrigués sur les optiques utilisés pour la réalisation du bidule… Après une mise en place si bien construite les personnages secondaires se retrouvent un peu relégués face à l’affrontement attendu entre Superwhite-man et les deux lesbiennes. Dans la continuité du premier tome on a de nouveau droit à un intermède publicitaire toujours aussi délirant et le tout se termine bien entendu dans des morts bien gores. Le cahier des charges était posé et on en a pour son argent pour peu que l’on accroche à ce délire graphique totalement maîtrisé bien qu’esthétiquement douteux. Une fois qu’on sait à quoi s’attendre il n’y a plus qu’à savourer cette série Z avec une bonne bière en regrettant peut-être que le « montage » ait pris le pas sur un scénario qu’on aurait pu attendre plus surprenant. Mais ne boudons pas le plaisir devant un boulot si rondement mené, maintenant qu’il est compliqué de pouvoir lire ce qu’il reste de vos vieilles K7…

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  • Elric #4: la cité qui rêve (Blondel – Cano – Telo/Glénat) – 2021, 55p., premier cycle de 4/4 achevé

Pour l’avis sur les trois premiers tomes c’est ici.

Après les révélations du tome précédent sur le passé des Melnibonéens, Elric, plus décidé que jamais à détruire la civilisation qui l’a faite empereur et à émanciper sa belle de l’idéologie du chaos monte une expédition pour aller aux sources de son peuple, là où tout commence, là où Arioch corrompit les hommes… Le premier cycle qui se termine ici a mis huit ans à se réaliser, faisant rouler les dessinateurs de Recht à Telo, en solo sur cet opus, tout en parvenant à maintenir une relative homogénéité graphique sur les quatre volumes. Car comme tout gros projet tenu par un maître d’œuvre (je pense aux 5 terres) le travail de storyboard et de préparation graphique crée un liant important. J’avais un peu décroché sur les deux précédents tomes et je dois dire que j’ai apprécié le retour à Melniboné dont la démesure est un élément indéniable dans l’intérêt de cette adaptation par rapport à la ribambelle de BD de fantasy. La relation entre Elric, son épée et le dieu Arioch est particulièrement retorse et pathétique (littéralement) et crée un vrai intérêt bien que l’on reste toujours un peu sceptique devant cet empereur déchu d’un peuple ultra-violent devenu presque pacifique dans son adversité envers les dieux. En seulement cinquante pages l’histoire avance vite dans une construction dotée d’un prologue enchevêtré très originalement mis en scène par Blondel et Cano, où les morts seront bien sur nombreux, avant d’aborder une énième confrontation (sanglante) entre le dieu et l’albinos. Le thème du temps est abordé ici (sujet toujours passionnant) avant une attaque de l’île aux dragons un peu rapide bien que graphiquement flamboyante… Bref, on pourra principalement reprocher à cet album de ne faire que la taille d’un album normal au vu de la quantité de lieux et d’actions à entreprendre. On imagine qu’une pagination doublée aurait encore prolongé la production qui reste d’une très grande tenue en parvenant à vulgariser une œuvre classique dotée de sa personnalité propre.

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Le troisième œil #1: la ville lumière

La BD!
BD d’Olivier Ledroit
Glénat (2021), 102 p., série prévue en 3 volumes.

bsic journalismMerci aux éditions Glénat pour leur confiance.

Le monde visible n’est que la partie superficielle de l’univers. Parmi nous certaines personnes ont ouvert leur Troisième oeil qui leur permet de voir la réalité de notre monde, un monde magique composé de courants d’énergie magnifiques… comme de créatures-vampires redoutables! Mickaël Alphange est de ceux-là. Jeune apprenti restaurateur d’art il se retrouve soudain plongé dans une effervescence qui l’enthousiasme et devra se former pour résister aux menace qui se cachent derrière le Voile…

Olivier Ledroit est un des artisans les plus impressionnants et durables de la BD franco-belge. Sorte de chaînon entre la génération des fondateurs de Metal Hurlant (il avait d’ailleurs participé à une rencontre vidéo avec Philippe Druillet lors de la sortie de Wika) et la nouvelle génération, il a toujours assumé son influence Gothique/Metal et Dark Fantasy/Lovecraft sans que l’on puisse déceler quels artistes ont pu l’influencer. Alors que Miura vient de disparaître, le français était de la même génération et avait commencé les Chroniques de la Lune Noire la même année que Berserk, créant quelques années plus tard un Requiem Chevalier Vampire dont le graphisme et l’ambiance extrême en font un cousin directe du anti-héros à l’épée géante. Longtemps cantonné à un public amateur de noirceur métal, Olivier Ledroit est revenu il y a quelques années à un aspect plus grand public grâce à sa série Wika où il montrait sa capacité à se renouveler non tant par ses traits que par l’apport de nouvelles techniques. Délaissant pour trois tomes l’univers fantasy qui a fait son succès il choisit de reprendre un style qui a permis son chef d’œuvre, Xoco, récit totalement lovecraftien au graphisme réaliste.Editions Glénat on Twitter: "Vous les voyez aussi n'est-ce pas ? ... Vous  aussi, vous voyez Paris comme je le vois ? 🌔 Le Troisième œil - Acte 1, La  Ville lumière.

Pour son premier scénario solo le breton propose un long trip visuel qui s’il nous ébahi esthétiquement comme toujours, peut laisser dubitatif quand à une intrigue tout à fait gelée. Long de cent pages, l’album commence excellement sur les bases d’un Highlander mystérieux monté comme un film d’action avant de nous faire pénétrer dans un milieu ésotérique feutré fait de canapés cuir, de belles cannes et d’érudit à la barbe impeccablement taillée… L’habillage est indéniablement agréable et il n’en faudrait guère plus pour nous happer dans une spirale d’action nocturne. Pris dans son propre trip graphique, Ledroit choisit pourtant de nous plonger dans une odyssée psychédélique à travers le temps et l’espace en oubliant un peu son histoire qui se https://www.actuabd.com/local/cache-vignettes/L720xH956/le-troisieme-oeil-o.ledroit-glenat-p25-6b36e.jpg?1621401346conclut après avoir fait juste connaissance avec le héros mais aucunement avec la moindre problématique ou antagoniste. Du coup on referme l’album certes comblé par ce très joli art-book mais avec l’impression d’avoir lu un très long teasing de l’éditeur. Un peu frustrant.

Un auteur comme Olivier Ledroit a besoin de place (pour rappel la quadruple pleine page de son dernier album!) et de la place il en a, avec une histoire qui commence après un prologue de vingt pages (doubles pages de titres, pages de citations de David Lynch, Frank Herbert ou Socrate inclus)! Le nombre de doubles-pages est tel qu’on pourrait presque parler de nouveau format d’album en parlant de ce Troisième Œil… Mais ce qui a pu lasser chez un des plus grands maîtres du scénario, Alejandro Jodorowsky, passe également difficilement ici. On comprend le propos de l’ouverture au monde mystique et du voyage astral, largement documenté en BD comme ailleurs… cela n’en fait pas pour autant une histoire. On attendra donc (avec plus ou moins d’impatience) le second tome après ce vrai-faux départ qui jouit pourtant de tout l’habillage et le potentiel pour nous emballer pour peu que, désormais sans scénariste, Olivier Ledroit n’oublie pas sa seconde casquette.

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***·****·Manga·Nouveau !·Rapidos·Service Presse

Manga en vrac #11: Dr. Stone 15 – Byakuya – Le renard et le petit Tanuki 2

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  • Dr. Stone #15 (Inagaki/Boichi – Glénat) – 2021, 15/20 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Glénat pour leur confiance.

dr_stone_15_glenatOn s’approche de la conclusion de la guerre de la pétrification avec une accélération conséquente du rythme et de l’action. Tant mieux! Les protagonistes sont maintenant connus et totalement machiavéliques. Le plan de Senku et ses amis pour récupérer l’artefact pétrificateur est en place et les opérations sont lancées contre le royaume pétrificateur dont le chef usurpateur est loin d’avoir dit son dernier mot, jamais à court de traquenards contre ses adversaires ou ses propres soldats. On va donc avoir notre lot de rebondissements dans une narration plus linéaire qu’à l’habitude et qui se lit ainsi très facilement. Ce quinzième tome est un des meilleurs depuis le début de la série en proposant une grosse séquence action dans ce manga scientifique. On savoure toujours autant les sublimes dessins d’une générosité folle de Boichi qui semble se régaler comme jamais à dessiner les aventures de Senku. Avec des hauts et des bas, cette série continue son bonhomme de chemin avec une qualité indéniable et une habitude de lecteur proche de Dragon ball qui nous fait dire qu’on pourrait encore y être dans trente tomes sans déplaisir!

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  • Byakuya (Boichi – Glénat) – 2021, one-shot.

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Etonnant album entièrement réalisé par Boichi (dont l’appétence pour la technologie est indéniable depuis Origin) avec l’appui d’uns conseillère scientifique ayant séjourné sur la station spatiale internationale. Cela pour dire que la recherche de véracité scientifique, malgré le scénario totalement théorique, est de mise dans ce one-shot préquel à Dr. Stone: après un gros tiers d’album présentant Byakuya (le père de Senku) et l’équipage de l’ISS découvrir la pétrification et préparant leur retour sur Terre, on nous laisse en compagnie du petit robot conçu par le japonais et qui va passer plusieurs millénaires à maintenir l’ISS en état en attendant le retour de son maître. Si la première partie est assez ennuyeuse, le reste du volume reprend le schéma narratif de Dr. Stone pour nous expliquer comment on bricole une station spatiale en récupérant des matériaux dans l’espace avec un élément déterminant: le temps devant soi. On prend ainsi plaisir à imaginer les possibilités infinies pour une intelligence artificielle de bâtir des outils, vaisseaux bricolés, source d’énergie etc, avec un petit côté Apollo 13 dans le bricolage spatial. Avec des dessins toujours aussi qualitatifs et un final qui ouvre des perspectives assez sidérantes pour la conclusion de Dr. Stone, on prend grand plaisir à cette lecture découplée de la série principale et l’on apprécie le talent de l’auteur pour tisser sans cesse des liens entre toutes ses œuvres.

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  • Le renard et le petit Tanuki #2 (Tagawa/Ki-oon) – 2021, 2/4 tomes parus.

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Déjà un second volume pour ce petit Tanuki et son grognon compagnon. Dans ce tome on va faire la connaissance des multiples déesses de la nature qui protègent des coins spécifiques avec l’aide de métamorphes. Cela va nous permettre de rencontrer différents animaux et donner lieu à de courts combats au milieu desquels la naïveté désarmante du Tanuki mets fin à toutes les tensions… Plus progressif mais tout aussi erratique dans les changements de scènes du fait des transformations des personnages, j’avoue que je m’y suis un peu perdu… Heureusement l’intrigue est simple et les dessins toujours aussi sympa, avec un aspect animalier-Disney encore plus prononcé. Il est indéniable que l’autrice maîtrise ses expressions canines avec humour, comme ce chien qui reste langue pendante face à ses potes loups bien sérieux! On commence à voir l’évolution de l’histoire vers une succession de missions positives qui doivent amener le renard vers la rédemption. Pour cela le duo va commencer à se métamorphoser en humains et se mêler des affaires des deux-jambes, parmi lesquels un lycéen passionné par les légendes traditionnelles qui risque bien de croiser la route des deux métamorphes… Bien plus court que le précédent, ce tome comprend un ajout de trente-quatre pages d’historiettes de l’autrice publiées sur les réseaux sociaux. On continue donc avec plaisir cette jolie histoire simple qui paraît idéale pour une lecture partagée parent-enfant.

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****·BD·La trouvaille du vendredi·Littérature·Rétro

Le journal d’Anne Frank

BD d’Ari Folman et David Polonsky
Calmann-Levy (2017), 162p., one-shot.

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Le Journal d’Anne Frank est un monument auquel il est difficile de toucher de par son lien avec la Shoah et l’exceptionnelle émotion que sa lecture procure. Publié par le père d’Anne, rescapé de la Guerre, en 1947 aux Pays-Bas, il est adapté dans les années cinquante au théâtre et au cinéma, avant de voir d’autres adaptations pour les cinquante ans de la mort d’Anne. Les années deux-mille dix voient un renouveau des adaptations à l’approche de l’entrée dans le Domaine-Public du texte. Un conflit juridique commence avec le Fonds Anne Frank, chargé par le père de gérer l’héritage du texte. C’est cette fondation qui commande au réalisateur israélien Ari Folman une adaptation du texte en BD.

Le journal d'Anne Frank - roman graphique de Anne Frank, Ari Folman, David  Polonsky - BDfugue.comPour qui comme moi a lu le livre à l’âge recommandé (à tort), vers douze ans, on ne peut qu’être sidéré par la modernité, la maturité et la qualité d’écriture de la jeune fille qui a treize ans lorsqu’elle se retrouve enfermée, deux années durant, dans une maison cachée en compagnie de ses parents, sa grande sœur, et de deux autres familles. Comme il l’explique dans la passionnante post-face, Folman et son dessinateur commencent l’album de façon très graphique pour progressivement laisser plus de place au texte original sur la fin, à mesure que les réflexions intimes d’Anne deviennent trop complexes à mettre en image. Si l’adaptation proprement dite occupe donc une grosse moitié de ce gros volume, les moments les plus impressionnants, là où on réalise la force du propos, c’est quand on se retrouve ainsi plongé dans ce journal intime d’une fille qui ne semble pas voir la mort arriver mais souffre seulement de ne pouvoir vivre pleinement son adolescence et ses amours naissantes.

D’abord illustratif des derniers jours de liberté de ces gens, l’album nous montre la vie des années quarante aux Pays-Bas, plein de l’humour que dégage Anne en permanence, un sarcasme envers ces adultes si puérils dans leurs exigences matérielles. Probablement enfant précoce, Anne Sandra Marrs+John Chalmers on Twitter: "The annex also really comes  visually alive, more so for us than in the original diary. After reading  the original we went to see the house toanalyse avec une acuité et un détachement fous ses relations avec sa mère, vue très durement, aves sa sœur, la perfection incarnée et avec son père auquel elle voue une admiration excluant tout autre. L’absence de progressivité narrative aurait pu rendre la lecture compliquée. Il n’en est rien grâce à ces planches très libres qui montrent des saynètes de la vie tragique des Frank sans chercher à ajouter de la matière exogène au texte. En cela la fidélité avec le matériau est remarquable et le projet totalement abouti en permettant une facilité d’immersion (par le graphisme) sur un texte dont l’aspect historique voir scolaire pourrait rebuter. Au contraire cette adaptation est pleine de vie, d’une joyeuseté qui semble n’avoir jamais quitté Anne tout au long de sa captivité.

L’immense qualité de cet ouvrage est de donner envie de se replonger dans le texte intégral après avoir été sidéré par la maturité de réflexions (sur elle come sur ses contemporains ) d’une jeune fille qui explose de vie à chaque page. Ce qui rend son destin d’autant plus tragique et émotionnellement profondément touchant.

A partir de 12 ans.

 

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