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Les Esprits de la vengeance

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Comic de Victor Gischler et Davd Baldeon
Panini (2018) -Marvel (2017), 122 p., comprend les épisodes 1-5 de la série. One-shot.
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Au niveau éditorial l’album est plutôt dans le haut du panier chez Panini, avec une préface habituelle de contexte sur Marvel Legacy, deux pages (assez moches) de présentation des personnages, les couvertures originales et des bonus en fin de volume sur le design des personnages et la création de l’histoire.

Tous les mille ans la Convention est formée pour permettre une discussion diplomatique entre Enfer et Paradis afin de régler les différents dans la guerre éternelle que se livrent les deux forces. Cette fois-ci les règles ont changées et menacent de rompre à jamais l’équilibre éternel, obligeant Daïmon Hellstrom (le fils du Diable) à réunir une équipe… pour sauver l’univers! 

Pour commencer cette chronique je précise que la quasi totalité des personnages et contexte de cet album Marvel m’est inconnue. Hormis les films Blade et Ghost Rider je découvre cet univers qui ressemble (en plus fun) à celui du Hellblazer (Constantine) de chez DC, au film Dogma de Kevin Smith et surtout au jeu de rôle In Nomine Satanis jadis illustré par monsieur Varanda, et dont on retrouve totalement le côté délirant. Je reconnais que j’adore absolument ces histoires de lutte entre enfer et paradis (le Rapture de Valiant avait ce côté très sympa et moins sérieux que Shadowman) avec ces archanges intervenant en personne, un Diable coquin au possible et des manigances pour contourner les règles. Avec ici des anti-héros très rock’n’roll (dont un Ghost Rider que je voyais comme assez kitsch jusqu’ici), on a résolument une histoire one-shot très fun et joliment mise en image par un illustrateur espagnol assez bon.

Résultat de recherche d'images pour "spirits of vengeance baldeon"Les dessins sont une surprise car hormis les pointures des Big-Two les comics indé ou sur des héros mineurs sont rarement un éblouissement oculaire. Je n’irais pas jusqu’à dire que Baldeon fait partie du gratin des illustrateurs de comics, mais franchement, dans l’école Humberto Ramos/Madureira on est quand-même dans la même catégorie. La colorisation très informatique ne permet sans doute pas de juger à sa juste valeur l’encrage (qu’on pourra apprécier dans les bonus) mais elle apporte, par une profusion d’effets de lumières et de flammes très jolis, une belle tonalité complémentaire à cet album. Sincèrement je me suis fait plaisir graphiquement alors que la couverture assez moyennement dessinée ne me préparait pas à cela. Les tronches un peu cartoon et le design à l’outrance assumée participent de cette idée d’une série B à gros moyens.

Et l’histoire est remarquablement construite, sans complication inutiles, sur le mode d’une enquête classique, avec un premier mort révélant une conspiration plus vaste, passage de témoins démoniaques à tabac et moultes bons mots échangés entre ces sales gueules de l’univers Marvel. Résultat de recherche d'images pour "spirits of vengeance baldeon"Les auteurs expliquent dans les bonus un traitement différencié selon le personnage suivi, de l’ambiance « actionner 80’s » pour Blade au polar pour Hellstrom ou Dragon ball pour Ghost Rider… Il y a de l’idée et cela permet de varier les planches et les séquences. Pas de faux rythme ou de ralentissement dans une histoire qu’on regrette presque une fois la centaine de pages achevées.

One-shot plus proche d’un indé de chez Image, Esprits de vengeance a le très gros mérite d’être absolument accessible à n’importe quel lecteur de BD, de se suffire à lui-même et d’avoir une cohérence graphique et scénaristique sans prétention mais terriblement efficace. Si le projet avait été un poil plus ambitieux (et si je ne l’avais pas lu en version numérique) on était pas loin des 5 Calvin!

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Graphismes·La trouvaille du vendredi·Rétro

La BD animalière: Love/Pride of Bagdad/Gon

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J’étais parti sur une numérotation des billets de la rubrique « Trouvaille du vendredi » mais je me demande si, avec les logos de rubrique, ce ne serait pas plus parlant de mettre le titre des albums comme pour les autres rubriques… Qu’en pensez-vous?

Du coup pour cette 18° édition (pfiouuu, je pensais pas tenir ce rythme!) je vous ai déniché trois magnifiques BD qui parlent des animaux mais surtout de la dure Loi de la Nature! Et en plus (c’est pas fait exprès) on a une illustration des visions européenne, japonaise et américaine du sujet… En bonus (pas fait exprès non plus mais ça signifie surement que mon Moi est très organisé à l’intérieur…) le billet de mercredi parle aussi des animaux, avec la nouvelle BD de Dorison.

 

  • Pride of Bagdad
Comic de Brian Vaughan et Niko Henrichon – Panini/Vertigo (2006), 130 p.

Couverture de Pride of BaghdadPride of Bagdad proposait en 2006 soit juste après la seconde guerre d’Irak une parabole sur la guerre, le conditionnement, la sauvagerie… au travers de l’escapade (inspirée de faits réels) des lions du zoo de Bagdad libérés lors de l’attaque de la Ville par les forces américaines. J’aime la BD américaine (je préfère parler de BD en ce qui concerne les « graphic novels » comme ils disent… par-ce que « comics » est tout de même très très connoté super-héros) quand elle balance ainsi des paraboles puissantes, radicales, violentes, sans compromissions. Comme souvent les animaux permettent de parler des hommes en se centrant, par cet artifice du changement de prisme, sur le sujet brut. Ici le cheminement des animaux tiraillés entre leurs instincts dégradés par des années (voir une vie) de captivité et l’incompréhension des effets de la guerre qu’ils constatent, nous focalise sur ces visions d’apocalypse d’une cité plurimillénaire déserte. Résultat de recherche d'images pour "henrichon pride of baghdad"Outre les éléments sur le sort des animaux de cage, c’est bien le contexte politico-militaire de cet événement majeur des vingt dernières années qui donne toute la force au propos. Prédateur ultime, le lion ne comprend pas ce qui se passe, ce que sont ces animaux de fer lancés en furie, détruisant arbres et maisons, ce qu’est ce palais magnifique (celui de Saddam Hussein) doté de piscines et de peintures gigantesques. Créatures puissantes mais ingénues, ils sont observateurs de panoramas que peu d’œuvres ont permis de voir. A ce moment la BD se fait documentaire, prenant le recule de dépasser l’orgie d’images TV de l’époque. Les auteurs profitent des lumières du désert, de l’orient, de la finesse des félins. Dans le monde des animaux tout n’est que violence. Mais si petite au regarde de la violence des hommes, qui n’interviennent qu’à la toute fin, si cruelle, si terrible. Si bête.

  • Gon
Manga de Masashi Tanaka – Casterman/Kodansha (1995-2003), 7 volumes, 156 p. par volume, n&b.

Couverture de Gon - Tome 1Gon est l’une de mes premières lectures Manga, à une époque reculée où l’éditeur Glénat tenta d’introduire ces étranges BD petit format en noir et blanc, à l’époque des Akira, Appelseed, Dragonball,… Gon doit être l’un des tous premiers manga publiés par Casterman à cette époque et je dois dire que c’était assez gonflé tant cet ovni est particulier. Gon est un dinosaure… mais en format « SD« ! Dans une époque reculée ressemblant à l’Amérique du Nord, ce tyran absolu doté d’une force démentielle parcourt la nature en cherchant de la nourriture, mais aussi à exploiter les animaux qu’il rencontre. Et quand on dit exploiter, cela signifie les violenter férocement pour les mettre à sa merci. Il faut voir des grizzly et autres lions rendus à l’état de chatons pour éviter de subir les foudres de Gon. Ce dernier est également capable de bons que ne renierait pas un Résultat de recherche d'images pour "gon tanaka"certain Hulk et de raser une foret en quelques coups de dents. Bref, la terreur de l’ancien temps, le caïd du règle animal, j’ai nommé Gon! Le dessin très réaliste et les décors magnifiques participent de la qualité de ce manga muet (de fait) qui n’a jamais été copié et illustre la sensibilité toujours très particulière de nos amis nippons. Totalement burlesque, un (gros) brin sadique, Gon procure un sourire un peu gêné et demande à ne pas être allergique à l’humour noir.

  • Love
BD de Brrémaud et Bertolucci – Ankama (2011), 79 p.

Couverture de Love (Bertolucci) -1- Le tigreLa plus récente des BD de cette sélection (… ou plutôt série, quatre volumes étant parus: Tigre, Renard, Lion, Dinosaures) propose au travers de graphismes absolument magnifiques et colorés, un reportage animalier en suivant à chaque album un animal sauvage dans ses activités quotidiennes. Ici nous suivons un tigre qui cherche à manger. Le dessin est réaliste et particulièrement réussi, on adore voir les têtes de peluches des félins, singes et autres animaux de la jungle. Album sans dialogues, Love nous illustre la dure loi de la Nature: manger ou être mangé, et où être le plus fort n’indique pas nécessairement que vous mangerez à votre faim… Maintes techniques de filoutage permettent à des animaux d’attraper une proie et généralement les plus malins, ceux qui attendent dans l’ombre de profiter du travail des autres sont récompensés. C’est aussi passionnant qu’un reportage animalier de France 5, très drôle et doté d’une morale succulente. Ça se dévore trop vite mais l’on n’a qu’une envie, d’aligner les autres albums de la série!

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Comics·East & West·Nouveau !

Extraordinary x-men : refuge X

East and west

Comics de Jeff Lemire et Humberto Ramos
Panini Comics  Marvel NOW (2017), Ed. US 2016. Comprend les volumes 1-5 de l’édition fascicule US.

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L’arc Extraordinary X-men scénarisé par Jeff Lemire fait suite à celui de Brian Michael Bendis intitulé Uncanny X-men (je ne suis pas un spécialiste, c’est juste pour resituer). La série est récente puisque publiée en 2016 aux Etats-Unis. Panini nous a donc sorti un premier volume doté d’une superbe couverture d’Umberto Ramos (… comme d’habitude l’artiste en charge est ma première motivation sur la lecture d’un Comics), qui comprend la première partie intitulée « Refuge-X« :

Après la libération des brumes teratogènes (voir mon billet sur les Inhumains, situé dans la même chronologie) et les mystérieux mais terribles actes de Cyclope, les mutants sont menacés (à nouveau…) et persécutés par les humains. Storm, qui a repris les rênes de l’école du professeur Xavier, tente de rassembler les mutants tandis qu’un adversaire bien connu des X-men refait surface…

Résultat de recherche d'images pour "extraordinary x men humberto ramos x-haven"Comme je l’ai dit je me suis laissé tenter par cet album en raison de la présence d’Umberto Ramos, qui fait partie des meilleurs illustrateurs US. Là-dessus il n’y a pas d’arnaque: hormis une poignée d’épisodes dessinés (assez correctement) par Victor Ibanez toutes les planches sont dessinées par le mexicain. Ce n’est pas le travail le plus impressionnant qu’il ait donné mais il garde une patte qui rend tout de même la lecture bien agréable. Le point positif (un peu l’inverse de Inhuman) c’est donc que la force de cette première partie repose sur le scénario et surtout les dialogues, percutants, qui nous font retrouver ce qu’on avait adoré sur les premiers films X-men de Bryan Singer: des répliques cinglantes, des vannes à tour de bras entre Wolverine et les X-men, une focale sur les démons intérieurs des personnages et leurs relations plus que sur le grand spectacle. La question de l’identité et de l’acceptation de la différence est toujours centrale. C’est devenu un classique mais c’est toujours pertinent et un message politique dans une industrie dominée par l’entertainment il faut le saluer. J’ai eu grand plaisir à rencontrer des personnages plus ou moins connus (je ne connaissais pas la Magik, la sœur de Colossus, très chouette mutante extrêmement puissante avec son épée des âmes).

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Le retour de Wolverine issu de l’arc Old-man Logan (futur alternatif qui voit Wolverine tuer tous les X-men et les vilains devenir maîtres de la Terre) est également très sympa tant le personnage est désormais familier de tous les amateurs (hardcore ou dilettantes comme moi) de super-héros.

Ce relativement court épisode voit donc une chasse pour récupérer Jean Grey, Diablo, Wolverine (qui a désormais un jeu à trois avec Jean Grey en relation père-fille et Iceberg un peu jaloux) et les retrouve confrontés à Sinister. Les cinq parties débouchent sur l’apparition d’Apocalypse et ses cavaliers (episodes 6 à 20, à paraître dans les volumes suivants chez Panini). Il y a globalement pas mal d’actions, les X-men comme les méchants sont toujours a peu près invincibles, mais encore une fois ce sont les dialogues qui font mouche. Cet arc est donc plutôt une bonne surprise et je continuerais probablement la série, curieux de voir les versions graphiques des personnages de l’univers X-men dessinés par Ramos. Et si vous aimez cet auteur, sachez que son grand œuvre, Crimson est ressorti en Omnibus chez Glénat dans une très belle édition.

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Inhuman #1: inhumanity

East and west

Comic de Charles Soul, Matt Fraction, Olivier Coipel, Nick Bradshaw, Joe Madureira et Ryan Stegman.
Panini – Marvel NOW (2017)/ Marvel (2014). Contient les épisodes « Inhumanity » 1-2 et « Inhumans  » 1-6.

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Cette histoire se place dans la continuité de l’arc « Infinity » scénarisé par Jonathan Hickman et qui voit l’arrivée de Thanos sur Terre à la recherche de son fils. Un résumé introductif explique ces événements et leur conclusion: suite au duel de Thanos contre Flèche Noire (le roi des Inhumains) la cité d’Attilan, siège millénaire de la civilisation inhumaine, est détruite et révélée aux humains. Un nuage Teratogène se répand sur la Terre, révélant la nature génétique jusqu’ici cachée de milliers d’inhumains. Alors que les Avengers entrent en contact avec la reine Medusa et tentent de comprendre ce qu’il se passe, une ancienne faction inhumaine résidant en la cité d’Orollan cherche à rassembler les nouveaux inhumains qui découvrent soudainement leur nouvelle apparence et leurs pouvoirs…

Une galerie de couvertures originales des fascicules est présente entre les parties et à la fin (notamment une – assez moyenne – de Manara).

Je suis relativement novice en matière de chronologie de Super-héros et ai découvert assez tardivement le groupe des Inhumains (qui ne me semblent guère autre chose que de nouveaux Mutants à l’instar des X-men…). J’ai donc lu cet album avec un regard de novice, public cible de la collection Marvel NOW (destinée à proposer des reboot pour différents super-héros, ne nécessitant pas une connaissance approfondie de tous les arcs précédents). Tant mieux car les rares chroniques que j’ai trouvé concernant cet album critiquent justement le côté pédagogique et sur-place de l’intrigue. Personnellement je trouve que c’est pour une fois totalement adapté à un lectorat novice qui est souvent perdu dans la multitude de références aux événements précédents présentes dans les comics.

L’opération éditoriale semble donc plutôt réussie pour Marvel qui rassemble une équipe artistique relativement homogène graphiquement et un scénario très progressif et pédagogique expliquant de manière répétée qui sont les inhumains et quels sont les enjeux de l’explosion d’Attilan: cohabitation entre humains et mutantRésultat de recherche d'images pour "inhuman madureira coipel"s, administration d’une nouvelle Cité aux yeux de tous alors que les Inhumains ont toujours agi dans l’ombre, acquisition de nouvelles identités pour les Novhumains (nouveaux inhumains révélés par le nuage Teratogène), apparition de factions dans le monde Inhumain… On comprend que les fans hardcore de ces personnages soient peu intéressés par cette série mais elle est une véritable porte d’entrée dans l’univers des super-héros et des Inhumains, ce qui n’est pas si courant. Je suis cependant surpris que les Avengers (qui sont très présents dans la première section dessinée par l’excellent Olivier Coipel et qui permettent au lecteur familier des films de rentrer progressivement dans ce nouvel univers Marvel) disparaissent ensuite presque totalement.

Ce scénario ni révolutionnaire ni indigne pour un comics de super-héros est rehaussé par des illustrateurs qui proposent un niveau plus que correcte. Résultat de recherche d'images pour "inhuman ryan stegman"L’industrie du comics nous a habitué à supporter des planches atroces à côté des illustrations des maîtres du dessin US alors pour une fois on ne va pas bouder son plaisir. Dans le comics je lis essentiellement des one-shot ou des arcs créés par des duos d’auteurs alors je dirais qu’ici c’est une agréable surprise.

Personnellement un nom m’a donné envie de lire ce récit: le trop rare Joe Madureira, auteur du mythique Battle Chasers et parti depuis de longues années dans le monde du jeu vidéo. Il est la star du récit, illustrant trois parties que j’ai savouré longuement. Que ce soit dans le pur graphisme (les ombres chinoises jouant sur la chevelure de Medusa) ou dans les scènes d’action (la bataille avec Cap’ est courte mais vraiment excellente), Madureira est vraiment un des tous meilleurs illustrateurs actuels de comics (… et ce depuis longtemps!). Ceux qui le découvriront à l’occasion de cette BD pourront lire le fameux Battle Chasers et les déjà-fans seront ravis d’apprendre qu’il a annoncé (… depuis quelques temps maintenant…) travailler enfin à une suite après la sortie de son dernier jeu vidéo issu de l’univers de BC. Olivier Coipel n’illustre que la première section, pas très bien colorisée mais vraiment agréable au niveau du dessin. Enfin Ryan Stegman m’est totalement inconnu mais arrive à maintenir la barre derrière ces deux monstres. Une rapide recherche d’image sur internet montre un travail vraiment intéressant de cet artiste. J’aime bien découvrir de nouveaux auteurs, notamment via les comics et je crois que dorénavant je regarderais d’un peu plus près ses productions.

Au final on a une BD qui commence un cycle et a les défauts du système de l’édition BD US (multiplicité d’auteurs-tacherons, histoire à rallonge, schémas très manichéens) mais a le grand mérite d’être accessible aux lecteurs novices en matière de comics. Surtout, elle permet de savourer des planches magnifiques de Joe Madureira et d’Olivier Coipel. Plaisir des yeux comme on dit!

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Comics·East & West

Jupiter’s Legacy vol. 1

East and west
Comic de Mark Millar et Frank Quitely
Publié chez Panini (2016). Première publication US chez Image (2013), 2 volumes parus.

250px-jupiterschildren2c1byfrankquitelyAttention événement ! Mark Millar est désormais une figure familière du monde des comics avec des séries à succès fréquemment adaptées au cinéma. Sa dernière création est pourtant partie pour être un séisme semblable à la sortie du Watchmen d’Alan Moore dans les années 80, excusez du peu ! Avec son acolyte Frank Quitely (vu notamment sur All-star Superman), il ambitionne de produire une relecture du mythe des super-héros, de leur apparition à leur disparition en lien avec la société humaine et la question du contrôle et de la sécurité. Des thèmes devenus fréquents depuis le Dark Knight de Miller ou le Kingdom Come d’Alex Ross. Outre la qualité du dessin et du traitement radical (ça saigne chez Millar, bien loin du comic code Authority), la grande claque vient de l’introduction d’une critique virulente des politiques économiques libérales dans le comic, rejoignant les thèmes très politiques du grand Watchmen. Un vent de fraîcheur apporté par le britannique pour des planches qui se dévorent de bout en bout en attendant impatiemment la suite. La barre est mise très haut… et c’est tant mieux !

Cette critique a été publiée sur mon compte Superlecteur Iznéo.

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Fiche BDphile

Autre avis de blogueur chez Comics inside

Comics·East & West

Thor – le massacreur de dieux

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Comic en 2 volumes de Jason Aaron et Esad Ribic
Panini (collection Marvel NOW) en 2014. Parution US 2012-2013.

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Les éditeurs de super-héros ont pris l’habitude de rebooter leurs personnages régulièrement. La série « Marvel NOW! » lancée en 2012 visait à proposer des album plus on moins one-shot permettant aux novices de s’introduire dans une histoire sans posséder une thèse en super-héros. Cet « arc narratif » (continuité scénaristique ayant un début et une fin même si elle s’inscrit dans une chronologie plus vaste) propose donc les épisodes 1 à 5 (pour le volume 1) et 6 à 11 (volume 2) de « Thor: god of thunder », publié en fascicule aux états-unis. La série se poursuit sur des tomes 3 et 4 toujours chez Panini, mais dissociés au niveau de l’histoire.

La fabrication éditoriale du livre est propre comme d’habitude chez Panini, avec des volumes reliés format comics incluant un Ours de l’édition américaine, un texte introductif original permettant de se situer dans la 7994922815b5c57b6e7be9e5cc7acb82trame du personnage et les couvertures originales des volumes US ainsi que des couvertures alternatives incluant un Thor par Manara (si-si !). Rien à redire.

Comme beaucoup d’albums que je chronique, l’élément déclencheur est le dessin. Ici une recommandation d’un libraire m’expliquant que Thor n’était pas forcément sa tasse de thé mais qu’il tenait là une pépite tant graphique que thématique. En effet, si la découverte d’Esad Ribic, fabuleux illustrateur croate très inspiré par Frazetta, est un choc, l’histoire et sa construction se hissent au niveau des meilleurs one-shot de la BD tout genre confondu. Totalement en phase avec le personnage de dieu, le massacreur de Dieux  propose de suivre le dieu du tonnerre dans une enquête galactique à la poursuite de 176e7b9d4a087a4e9be423ed814d08f7Gorr, celui qui cherche à éliminer toute trace divine dans l’univers. Il est rare qu’un nouveau méchant atteigne un tel niveau de charisme et de noirceur et je peux dire que Gorr est à inscrire dans le panthéon maléfique de la BD! Ses motivations sont cohérentes, sa puissance infinie et les combats récurrents avec Thor sont à l’échelle planétaire voir galactique. La construction de l’histoire est très intelligente puisqu’elle entrelace les Thor de 3 périodes: le jeune loup n’ayant pas encore dompté le marteau Mjolnir, le Thor des Avengers et le roi Thor, borgne et manchot, ayant succédé à Odin et luttant contre l’infinité de créatures sombres envoyées par Gorr au faîte de sa puissance dans un combat éternel… L’agencement des trois linéarités permet un grand dynamisme ainsi qu’une interaction très intéressantes entre les trois personnalités du même dieu. Enfin, le caractère mythique assumé de l’intrigue permet de donner toute la puissance graphique de l’album dans des planches décomplexées en dispensant de toute cohérence rationnelle (puisque nous sommes chez les dieux!).

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Quelques séquences sont dessinées par des tacherons peux alléchants graphiquement mais l’essentiel du double album est illustré par Ribic, un vrai régal oculaire. Et cerise sur le gâteau, rarement une fin aura été aussi aboutie, montrant la cohérence totale du projet. Marvel est décidément toujours aussi fort à allier la créativité réelle à la lourdeur des projets industrio-éditoriaux. Si le massacreur de dieux se clôt en deux volumes, Jason Aaron poursuit l’intrigue sur un tome 3 et 4 dont seul le 4 est illustré par Ribic. Ce dernier bien que valant le détour pour le combat d’anthologie entre Thor et Galactus (sic), reste un peu feignant niveau crayons et histoire.

Personnellement cette découverte m’a lancé dans une quête des précédents ouvrages de Ribic, notamment Namor: voyage au fond des mers, Loki et Silver surfer Requiem.

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Fiche BDphile