***·****·East & West·Numérique·Rapidos·Service Presse

All-New X-men #5-6

esat-west

 


  • All-new X-men #5: (Collectif/Pannini) 2013 (US)/2015

couv_257680Attention, ce volume a une construction pour le moins étrange puisqu’il commence directement à la suite du volume 4 sur les dessins (toujours superbes d’Immonen) après que les x-men du passé aient rejoint Cyclope. Puis un nouvel arc s’ouvre avec le sauvetage de X-23 (le clone féminin de Wolverine aperçu dans le film Logan) en nous faisant découvrir un nouvel antagoniste en la personne du fils Stryker qui a organisé des commando de chasseurs de mutants avec des technologies poussées… Le dernier gros tiers de l’album est composé d’historiettes sans aucune portée, aux dessins banals.

Outre la baisse sensible du niveau graphique, on a donc un album qui justifie difficilement la cohérence d’une version reliée tant il mélange des histoires sans rapport. Si les dialogues restent bons tout au long des textes de Bendis, ce cinquième opus des All-new X-men version 2014 reste très dispensable et à réserver aux fans des X-men qui veulent tout lire des aventures des mutants.

note-calvin1note-calvin1


  • All-new X-men #6: (Bendis, Immonen, Pichelli/Pannini) 2013 (US)/2015

couv_280095Je ne lis pas souvent des arcs complets de comics de super-héros et avoue être assez surpris par le côté inégal de ces publications… Ce dernier volume de All-new X-men dessiné par Immonen (les deux ultimes tomes sont pris en charge par l’assez bon Mahmud Asrar) revient à la qualité des trois premiers… et les dépasse même en raison d’un scénario plus mature, construit et structuré sur l’affrontement entre méchants et gentils, plus facile à lire. Non que j’évite la complexité mais souvent en matière de X-men, de voyages et paradoxes temporels, les auteurs semblent aimer nous faire des nœuds dans le cerveau. Les dessins sont simplement parmi les meilleurs que j’ai lu sur un album de super-héros! Immonen nous fait baver à chaque planche (les coloristes et encreurs font également un boulot tout à fait remarquable!) et Pichelli se hisse à son niveau si bien qu’il est difficile de distinguer les deux participations. La cohérence des dessins (et donc des découpages) fait beaucoup pour élever le niveau quand le scénario de Bendis se concentre sur un explicatif des motivations du fils Xavier et une certaine maturité acquise par Jean Grey. Ce qui pouvait ainsi agacer un peu dans le début de l’arc (les multiples versions des X-men, amusantes mais finalement un peu futiles) disparaît ici avec notamment l’absence du jeune Cyclope (parti dans l’espace lors de l’intermède Gardiens de la Galaxie/All-new X-men qu’il n’est pas indispensable d’avoir lu pour comprendre celui-ci). Cet album se présente donc bien comme une résolution (… partielle) de l’intrigue qui peut s’arrêter là même si le cliffhanger final peut donner envie de continuer. L’équipe changeant je ne suis pas sur de prolonger et pense me concentrer plutôt sur l’aventure spatiale citée plus haut (et réalisée par le même trio juste génial). Après un cinquième volume vraiment mineur cet album redonne confiance dans la capacité de Marvel à proposer des équipes créatives inspirées. A noter, une première séquence faite d’images mentales du Fauve et permettant à toute une brochette d’invités de proposer une illustration intégrée à l’histoire. Très sympa et original.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1note-calvin1

Publicités
***·East & West·Manga·Nouveau !·Numérique·Rapidos·Service Presse

Sushi & Baggles #16

esat-west

 


  • Hit-Girl à Rome (Scavone/Albuquerque/Panini) – 2019

couv_364209Cet album a été lu dans le cadre du programme SuperlecteursRésultat de recherche d'images pour "iznéo"

Après la Colombie et le Canada, la plus bourrine et tarée des Vigilante débarque à Rome pour botter des culs et trancher des têtes! Le relaunch de la série initiée par Mark Millar va ainsi voyager avec une équipe différentes pour chaque one-shot. Si le premier volume était loin d’être inoubliable, notamment par son côté sadique un peu poussé, ici on reste dans les canons du personnage (à savoir de l’action brutale à base d’un mort par page et un langage très fleuri de la demoiselle) mais la course-poursuite initiée avec une sorte de Catwoman permet des scénettes drôles et plus structurées. On ne va pas se mentir, Hit-Girl ce n’est pas de la poésie ni Usual Suspects. C’est une lecture rapide, de la baston, super bien dessinée (par un Raphael Albuquerque qui prépare la série Prodigy avec Millar) avec des étoiles qui donnent un aspect cartoon… et des découpages de méchants bien sanglants! Ici les affreux sont une mafia de religieux timbrés, nonnes et moines en robes de bure armés d’Uzi et de masses d’armes, commandés par une vieille peau aussi psychopathe que bigotte, à la recherche d’une relique. Le cliché italien est assumé, le personnage est toujours aussi foutraque et primaire mais l’ensemble est très sympathique dans le genre, notamment grâce aux dessins (bien que les décors soient assez vides). Du coup on attend la suite, surtout que des pointures sont annoncées aux crayons…

note-calvin1note-calvin1note-calvin1


  • All-new X-men #4: La bataille de l’Atome (Collectif/Pannini) 2013 (US)/2015

couv_255426Je poursuis la série Marvel NOW! des All-new X-men entamée par Brian Michael Bendis et Stuart Immonen au dessin qui m’avait fait forte impression sur les trois premiers volumes. L’écriture des premiers et les somptueux dessins d’Immonen se retrouvent partiellement dans cet affrontement entre X-men d’hier, de maintenant et du futur bien que l’équipe créative ait grossie: si les dialogues sont toujours très savoureux et le découpage, avec de nombreuses doubles pages, percutant, l’histoire tourne un peu en rond avec ces interminables interrogations de qui est qui, faut-il renvoyer Jean et Cyclope à leur époque contre leur gré et que font-ils ici?… Même chose pour les dessins, parfois superbes (Immonen toujours sur les quelques planches qu’il réalise, Bachalo étonnant) mais pour l’essentiel moyens (y compris sur les quelques planches de la bataille finale dessinées par Esad Ribic un peu en service minimum sur ce coup, Frank Cho pas très à l’aise dans l’univers super-héroïque). C’est dommage car sur le papier on a quand-même une sacrée dream-team, mais le concept semble s’essouffler et viser surtout les quelques pleines pages d’offensive collective X-men dont sont friands les fans et les dessinateurs. A noter tout de même le superbe design général des versions des X-men et notamment cette Xorg à la tête de mort, terriblement originale et réussie. On ne sait pas si cet arc est une transition vers quelque chose de plus grand mais malgré un plaisir certain entrecoupé de longueurs, on a le sentiment que la série aurait pu s’arrêter aux trois premiers, cohérents en tant que tels.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1


  • Zetman #1 (Masakazu Katsura/Delcourt-Tonkam)  – 2004 – 20 tomes parus, série finie.

zetman01Je suis un grand fan de Masakazu Katsura, un des premiers mangaka, que j’ai découvert au travers de DNA2 à l’époque où l’éditeur-libraire Tonkam se lançait en premier (avec Glénat) dans l’aventure du Manga en France… Il est pour moi l’un des meilleurs dessinateurs japonais et si j’ai finalement lu peu de ses séries, j’avais depuis longtemps très envie de lire ce Zetman originellement issu de short-stories parues en 1997. La série a depuis été transcrite en dessin-animé.

Jin est un jeune orphelin vivant avec les sans abri. Élevé par son « grand-père » il est doté d’une force peu commune et s’occupe en défendant les gens contre les bandits. Lorsqu’une étrange créature non-humaine tue son grand-père, le naïf petit garçon se retrouve propulsé dans un univers violent où une étrange organisation semble le rechercher activement…

Je ne reviens pas sur les dessins vraiment chouettes, les nombreux tics et auto-références de l’auteur (la série animée Wingman qui l’a lancé, les petites culottes, les cheveu en pétard,…). Zetman commence vraiment bien avec un premier volume déjà plein d’action, de mystère fantastique un peu gore (la série est annoncée « mature ») et des personnages intéressants. L’auteur lance de nombreuses pistes qui ont vocation à se développer et nous mènent vers des expériences scientifiques monstrueuses liées à un enfant qui semble être un être doté de capacités hors norme. Ça va a cent à l’heures avec force cliffhangers entre les douze chapitres du volume avec pour objectif une première crise qui sort le héros de son état naïf initial pour l’emmener vers le statut de super-héros. Très riche mise en bouche qui donne envie d’enchaîner cette série finie à la taille maîtrisée.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1note-calvin1

Comics·East & West·Nouveau !

The Magic order

esat-west

Comic de Mark Millar, Olivier Coipel et Dave Stewart
 Panini (2019) – Netflix/Image (2018), contient les épisodes 1 à 6.

couv_366137

C’est peu de dire que je l’attendais celui-là! Depuis ma découverte des illustrations d’Olivier Coipel et ma première lecture de l’auteur sur Spider-verse, la diffusion des planches de l’album, j’imagine ce qu’un Mark Millar qui nous a proposé autant de chefs-d’œuvres pourra nous proposer. A noter que ce volume est un one-shot, comprenant les six issues de la publication US avec les couvertures originales en séparations de chapitres, des couvertures alternatives et une bio des auteurs (y compris l’excellent coloristes sans qui, tout de même, les dessins de Coipel ne seraient pas aussi forts). Le fait qu’il s’agisse du premier album publié par Netflix avec comme objectif une adaptation (déjà annoncée) à l’écran est pour moi totalement secondaire bien que cette info ait accaparé une bonne partie de l’attention des sites de comics. Et je crains d’ailleurs que la brièveté de l’album ne limite pas mal les possibilités d’univers large en série TV.

La famille Moonstone protège le monde des dangers d’entre les dimensions, de ce qui se cache entre les réalités. Ils sont magiciens. Ils ont une famille. Ils ont des problèmes. Ils sont humains… Lorsqu’une puissante magicienne bannie passe à l’action, les membres de l’ordre tombent les uns après les autres, massacrés par un mystérieux personnage déguisé en vénitien. Leur dernier espoir réside dans le plus puissant d’entre eux: Gabriel. Mais Gabriel a renoncé à toute magie depuis la mort de sa fille…

Résultat de recherche d'images pour "coipel magic order"Les comics de Millar sont particuliers en ce que l’on sait à l’avance qu’ils ne seront pas ratés: la découverte réside dans la barre placée très haut et qui fait se demander si l’on aura été trop gourmand ou si l’on a un nouveau chef d’oeuvre. Sa très grande qualité (outre le choix d’immenses dessinateurs, contrairement à son compatriote Alan Moore qui semble opter pour l’inverse…) réside dans la cohérence de ses univers et la radicalité du traitement. Un peu comme Rick Remender, il aime placer de tout puissants personnages dans les affres des difficultés psychologiques du bas peuple. J’ai trouvé en cela de grandes proximités de Magic Order avec Jupiter’s Legacy, dans cette approche familiale alliant de brillants représentants confrontés aux désirs paternels et d’autres vilains canards qui n’arrivent pas à gérer leur vie quotidienne. Mark Millar a un vrai talent de dialoguiste et de metteur en scène (à quand une réalisation?), créant des caractères intéressants, des images géniales et des scènes d’actions que ses dessinateurs savent parfaitement dynamiser. On a tout autant de plaisir à voir un magicien faire ses courses avant d’affronter un Titan que des assassinats défiant les lois de la physique et un prestidigitateur compter les entrées de son spectacle du soir. Et lorsqu’il laisse divaguer son imagination sur le sort original qu’il pourrait trouver on a une explosion d’idées toutes plus inventive les unes que les autres.Résultat de recherche d'images pour "coipel magic order"

Contrairement à la famille d’Utopian dans Jupiter’Legacy, l’ambition ici reste celle d’une transposition adule du concept Harry Potter (jusque dans les baguettes). J’aime voir des variation sur le même thème, comme le Black Magick de Nicola Scott qui penche plus dans l’intimiste féminin. Pas de discours politique donc, aucune dénonciation, Magic order est (ce qui est beaucoup reproché à Millarworld) un concept destiné à lancer une poule aux œufs d’or audiovisuelle pour l’investissement de Netflix. Ce manque d’ambition de l’auteur écossais est dommage car son talent est fou et il est un des rares scénaristes à assumer ses envies, sans censure, se rapprochant beaucoup plus de la philosophie du Franco-Belge que de l’industrie super-héroïque formatée. Chez Millar on se drogue, des gamins égorgent des adultes dans la nuit, les personnages sont ouvertement homosexuels et même quand c’est édité chez Marvel les super-héros se font massacrer et le monde dominer par une famille Hulk consanguine et dégénérée (Old-man Logan qui a inspiré le Logan de James Mangold au ciné). Ce n’est pas le trash pour le trash mais juste plus réaliste que ce qu’on lit souvent. Millar donne à voir la vie réelle des super-héros une fois ôté le vernis politiquement correcte. Et c’est ce que veulent les lecteurs comme le montrent les grands succès de super-hero movies au cinéma. Malheureusement Magic Order est au format one-shot, ce qui est suffisant pour lancer un pitch mais bien trop court pour développer un background solide et réaliste. Pour rappel Jupiters’s Legacy tenait en deux tomes…

Image associéeGraphiquement en revanche on a sans doute un des plus beaux comics de l’année. Olivier Coipel est un très grand dessinateur avec un style qui évite les dessins trop léchés de nombre de ses confrères. Un peu comme Jerôme Opena ou Sean Murphy j’aime le côté rapide, à la fois très précis et hachuré de ses cases. La colorisation de Dave Stewart rehausse incroyablement ces dessins et si Panini propose une édition spéciale n&b, personnellement je ne suis pas sur que ce soit préférable tant on à ici l’alchimie parfaite dessins/couleurs qui rend l’album supérieur. Le design général est également au top, avec une élégance et un côté décalé qui rend cette histoire vivante. Les différents magiciens sont à peine entraperçus, nous donnant terriblement envie de savoir de quoi ils sont capables, avant de disparaître… Encore frustrant.

Magic order est donc bien un des tous meilleurs comics sorti depuis longtemps, d’une facture irréprochable, mais aussi frustrant qu’enthousiasmant. Qu’il s’agisse des personnages, de l’histoire de l’ordre et de la Guerre secrète, de la famille Moonstone, tout n’a que le temps d’être effleuré et c’est déjà fini. Pourtant il y a de la bravoure, du mystère, du sang, de la folie,… tout ce qui fait un succès. Les auteurs s’amusent pendant quelques planches à imaginer les pouvoirs de ces sorciers, comme si détruire les amusait plus que bâtir sur le long terme. Le magnat des comics aurait pu nous gratifier d’un ou deux volumes supplémentaires pour bâtir un sommet des comics. Il préfère nous laisser là les yeux brillants, à relire ce qu’il nous a jeté et attendant sagement son prochain concept. Avec une prolongation sur Netflix pour les plus passionnés.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1note-calvin1

Achetez-le chez njziphxv

 

*·**·****·Comics·East & West·Manga

Sushi & Baggles #14

esat-west

  • Iron man, Season one (Parel/Chaykin) – 2019

couv_188880

Mauvaise pioche… J’ai découvert le talentueux Gerald Parel sur twitter où il publie régulièrement des fan-art de toute beauté. Du coup j’ai voulu tenter un des rares comics qu’il a dessiné… et comme pour nombre d’autres illustrateurs Parel est clairement plus attiré par les dessins de couvertures et autres concepts que par des albums complets. Celui qui doit publier une nouvelle version d’Astroboy très prochainement (on espère que Morvan saura cadrer) propose ici ce que je qualifierais de brouillon… Si l’histoire n’est pas inintéressante (bien que fortement reprise du scénario du film, avec un focus sur l’alcoolisme de Stark), si Parel excelle dans un style proche du rough tout numérique pour ce qui est des visages et premiers plans, les séquences action, arrière-plans et décors sont totalement brouillons, à peine esquissés et franchement pas chouettes à voir! Je suis dur mais quand on connait le talent du bonhomme on peu être assez choqué que l’éditeur ait accepté de publier cela. Je n’ai rien contre le dessin numérique esquissé, bien au contraire, et il est toujours impressionnant de voir combien en trois traits une silhouette lointaine prends vie. Mais tout de même… Est-ce le problème du calendrier imposé ou Parel qui n’a pas pris le boulot au sérieux, je n’en sais rien mais cela aboutit à un album que je déconseille clairement, même aux amoureux d’Iron-Man et du dessinateur.

note-calvin1


  • Dr Stone #5 (Boichi) – 2019

Couverture de Dr. Stone -5- Histoires du temps jadisDans cet épisode le tournoi pour déterminer le futur chef du village qui épousera la sœur de Kohaku bat son plein. L’arc du village touche à sa fin avec l’invention de la chimie et du médicament qui devra sauver la prêtresse. Je trouve que la série commence à s’essouffler en réduisant le côté world-building avec un combat où l’on retrouve les grimaces chères à Boichi mais pas très intéressant ni graphiquement ni thématiquement. Heureusement les auteurs savent rebondir régulièrement avec un cliffhanger assez costaud qui nous relate ce qui s’est passé juste après la pétrification… Je pense que je vais m’arrêter là pour ma part mais cette série reste de très bonne qualité pour les jeunes et peut aussi servir à introduire un lecteur (disons à partir de 10 ans?) au manga avec son aspect vulgarisation scientifique accélérée.

note-calvin1note-calvin1

Achetez-le chez njziphxv


  • Ajin #13 (Sakurai/ Glénat) – 2019

Couverture de Ajin : Semi-Humain -13- Tome 13Sa sent la fin! La vague finale de Sato est lancée pour détruire les institutions du pays après avoir pris le contrôle de la base d’Iruma dans une bataille dantesque! Ce volume comporte un peu moins d’action mais garde un rythme endiablé de révélations sur le fonctionnement des Ajin, de leurs fantômes et de leur « physique ». Gamon Sakuraï est un redoutable marionnettiste qui joue de ses personnages en recherchant toujours l’inattendu. Si quelques ficelles du plan de Sato s’avèrent un peu faciles, laissant les forces de défense et le gouvernement dans une sidération totale, on apprécie toujours autant ce diable se jouer de tout le monde avec une facilité déconcertante et une gestion de son corps totalement machiavélique. Au risque, depuis le début de la série, de vampiriser quelque peu l’attention du lecteur en laissant les personnages secondaires en retrait. On ne sait pas trop comment fait le héros Kei Nagaï pour parvenir à comprendre le raisonnement de Sato  mais c’est finalement un détail tant cette série continue tome après tome à nous aspirer dans ce tourbillon d’action géopolitique qui n’oublie pas de questionner la société japonaise sur son élitisme et son rapport à l’autre. Résolument un indispensable si vous appréciez les manga!

note-calvin1note-calvin1note-calvin1note-calvin1

***·Comics·Nouveau !

VS: ligne de front

East and west
Comic de Ivan Brandon et Esad Ribic
Panini (2019) – Image (2018),113 pages, one-shot.

couv_362698

Esad Ribic est un de mes dessinateurs chouchou depuis ma lecture du fantastique Thor: le massacreur de dieux et les graphic novels qu’il a sorti sur Loki, Silver surfer et Namor. Capable de l’exceptionnel comme de l’assez banal, ses dessins ont néanmoins toujours une ambiance unique, barbare et éthérée, que j’adore. Mercenaire de Marvel depuis des années, pour lequel il produit un nombre important de couvertures, toutes superbes, Ribic propose avec VS son premier comic indépendant, peut-être lassé par une industrie qui ne permet plus à des auteurs de proposer de beaux albums finis… Panini sort très rapidement sa traduction dans une édition identique à l’originale, avec la maquette particulière qui intègre intelligemment l’atmosphère télévisuelle aux chapitres de la BD et ajoute les couvertures originales et alternatives en fin de volume.

Sur une planète futuriste les conflits armés sont devenus un spectacle télévisé jouissant d’une audience record et sponsorisés par une foule de produits. Tout se vends, tout s’achète.  Satta Flyn est le meilleur soldat de la garde industrielle. Voici ses chroniques…

Je ne vais pas vous cacher que je n’ai pas compris grand chose à cette histoire… Est-ce d’ailleurs bien un one-shot? Rien ne le confirme ni ne l’infirme et j’espère sincèrement qu’un tome deux viendra expliciter quelque peu cette intrigue très obscure. Mais y a t’il seulement une intrigue ou le projet n’est-il pas plutôt de dépeindre les chroniques d’une société du spectacle publicitaire?

Résultat de recherche d'images pour "ribic vs"Car sur ce point l’affaire est tout à fait réussie avec une omniprésence de messages d’annonceurs qui rappellent les films de Paul Verhoeven et le récent Il faut flinguer Ramirez qui proposait comme ici de fausses publicités pleine page. Dans VS ces publicités sont placées idéalement comme pages de transition entre les chapitres, véritables intermèdes dans l’histoire. Bien vu! On découvre ainsi au fil de la lecture de nombreux messages par des bulles et icônes qui nous maintiennent dans cette omniprésence de l’intervention commerciale, du sponsor, sans jamais savoir si nous voyons à travers un écran de diffusion ou la réalité. Les BD traitant de Big Brother ou de l’hyperconsommation publicitaire sont nombreuses mais je n’avais jamais autant été immergé dans cette ambiance par des planches elles-mêmes. Ainsi nous voyons des soldats, entre le sportif et le gladiateur, soutenus par des sponsors qui peuvent décider au gré des choix des actionnaires de retirer leur soutien financier et l’équipement de haute technologie qui va avec. Le héros, amputé de la jambe, peut soudainement se retrouver infirme et le lendemain champion pour peu qu’il ait trouvé une autre écurie.

Résultat de recherche d'images pour "ribic vs"L’autre réussite est graphique, notamment le design des combattants et l’univers général hyper technologique que maîtrise Ribic depuis longtemps, avec ces arrières-plans brumeux laissant entrevoir de colossaux vaisseaux lardés de halos lumineux provenant des hublots et balises, que l’on voit souvent dans ses albums. C’est réchauffé mais que c’est puissant! Le découpage est généreux, avec un album d’un format ni trop gros ni trop court, des pleines pages et surtout cette science du mouvement, du cadrage dans laquelle le croate excelle.

Et j’en reviens donc à l’histoire, sans quoi on frôlerait l’album parfait (un message, des dessins, et…). Car hormis le démarrage avec de très belles séquences d’action en mode squad militaire SF dirigé par un héros qui déchire avec ses bras robotiques d’appoint très classes, on ne sait pas bien ce que l’on lit. Une description de sa vie de super-soldat, de son contexte, mais une gestion du temps tout à fait opaque (est-on avant, pendant, après?), le scénariste nous instillant par une bulle ici des infos qui seront contredites par la séquence d’après et surtout aucun élément pour attraper une linéarité. Du coup on voit combattre Satta comme un vieux soldat rouillé sans que l’on sache comment on est passé du statut de héros à celui de raté. Résultat de recherche d'images pour "ribic vs"Est-ce que l’héroïsme était fictif, qu’il le devait au talent de ses adjoints? Est-ce que le temps a passé? Est-il toujours en vie? Est-il un clone? Beaucoup de questions se posent, souvent riches, permettant d’aller dans plein  de directions… mais sans rien pour valider une thèse. Du coup ça fait mal à la tête et on finit par perdre totalement le fil à se désintéresser du personnage, pourtant très charismatique.

L’atmosphère militaro-spatial, le graphisme unique de Ribic, justifient pour moi la lecture de cet album mais on a tout de même ici un gros gâchis sur un projet qui avait tout pour donner une BD majeure. Je dis souvent sur ce blog que je suis particulièrement attaché aux dessins. Mais quand on en vient à oublier carrément de construire une intrigue il est difficile de garder une cohérence à un projet. Dommage.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1

Achetez-le chez njziphxv

 

 

****·Comics·East & West

Jupiter’s Legacy vol. 2

East and west
Comic de Mark Millar et Frank Quitely
Publié chez Panini (2017). Première publication US chez Image (2013), 2 volumes parus.

Couv_328568

Le second et dernier volume de la série Jupiter’s Legacy, intitulée « le soulèvement » reprend la couverture originale de l’édition US dans une maquette simple mais élégante de Panini. L’album comprend la traditionnelle galerie de couvertures additionnelles en plus d’un carnet de croquis et d’une bio à jour des auteurs. A noter que le coloriste du volume 1 a changé, avec une petite perte de qualité à ce niveau. L’album se termine avec une possibilité de suite et les Millar a produit avec un autre dessinateur un préquel, Jupiter’s Circle racontant les aventures de Skyfox, le meilleur ami d’Utopian, sorti entre les deux tomes de la série mère. Le potentiel de l’univers est évidemment gigantesque même si Millar continue rarement ses séries sur de longs arcs.

La rébellion a sonné pour les descendants d’Utopian décidés à libérer les super-vilains, seuls à même de former une armée pur mettre à bas la dictature de Brandon et son oncle. Parmi eux, Skyfox, le chef des méchants, ancien meilleur ami du fondateur Utopian et accessoirement grand-père de Jason…

STK698478-1La lecture du premier tome m’avais subjugué, comme c’est souvent le cas avec les scénarii de Mark Millar. Le sentiment d’avoir sous les yeux un album majeur au même titre que son Red son, uchronie plaçant Superman dans un univers soviétique. Si la cesure entre les deux tomes peut surprendre (la coupure chronologique de plusieurs années avec l’arrivée du jeune Jason était intéressante mais aurait pu être placée entre les deux tomes), l’intrigue reste linéaire et passionnante, avec le cadre classique des derniers espoirs contestant un pouvoir dictatorial. La petite faiblesse tient à la moindre surprise, le basculement entre le monde d’avant, celui d’Utopian et celui de son frère se faisant dans le tome précédent. Du coup on attend des surprises du même ordre qui tardent à venir. le principal intérêt repose dans ce volume sur la vérité variable selon le camp que l’on occupe, avec un Skyfox présenté comme le super-méchant qui se trouve être en réalité un simple contestataire de l’ordre établi. Ici la dimension politique qui rend la série passionnante revient en illustrant que ce sont les détenteurs du pouvoir qui déterminent qui est bon et qui est méchant. Avec en petit bonus l’attitude très bad-ass du grand-père de Jason, sa clope au bec et son nihilisme égoïste. En revanche la virulence du propos économique retombe presque totalement et l’on se retrouve avec un comic plus classique, moins sulfureux. Quand Jupiter #1 trouvait l’alchimie parfaite entre l’entertainment graphique virtuose (les inventions délirantes de Quitely sur les pouvoirs) et le pamphlet à la Renato Jones, le deux se contente d’achever ce qui a été lancé. Il est probable que les deux volumes doivent se lire à la suite et devrait être désormais édités en un unique volume comprenant Jupiter’s Circle tant la coupure n’est scénaristiquement pas pertinente.

Hormis ce bémol, cette clôture reste de très haut niveau, avec toujours ce découpage très horizontal du dessinateur écossais qui permet une formidable lisibilité et un dynamisme digne d’un manga. La puissance des explosions, envols, la gestion de la temporalité des cases est affolante et rappelle par moments les jeux graphiques de Trevor Hairsine sur Divinity (les deux illustrateurs britanniques partagent d’ailleurs un style très crayonné et organique). La grands originalité de Jupiter’s Legacy, dans un cadre de Super-héros très formaté, repose sur les trouvailles quand aux pouvoirs et effets physiques: la téléportation d’un train en action sur une rangée de soldats, la manipulation mentale ou l’héroïne qui voyage sur les électrons sont des exemples d’idées très motivantes. Le changement de coloriste pose des textures moins subtiles que sur le premier tome, ce qui est dommage, même si la cohérence entre les deux n’est pas remise en question. STK698478-2Le design des héros reste génial et original. On ressent l’envie de changement et la liberté créatrice des auteurs. Cette série est une telle fraîcheur!

La déception principale après avoir lu cette incroyable réinvention du genre super-héroïque est donc bien la brièveté de ce concept que l’on aimerait voir prolongé sur d’autres arcs. L’alchimie entre le scénario et le graphisme est telle que l’on est déçu de voir tant d’idées qui n’ont pas le temps d’être développées. Je lirais à coup sur Jupiter’s Circle par curiosité et vous invite très vivement à vous procurer les deux volumes de Legacy, que vous soyez férus de comics ou novices. Il s’agit d’un grand moment de lecture que l’on a plaisir à reprendre en attendant comme toujours chez Millar, une adaptation ciné qui promet d’être grandiose pour peu que l’équipe parvienne à reproduire ce miracle dessiné.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1note-calvin1

****·Comics·East & West·Rétro

All-New X-men #1-3

esat-west

Comic de Brian Bendis et Stuart Immonen, David Marquez et David Lafuente
Panini (2014-2015)/ Marvel (2013), Série de 8 volumes, terminée.

Couverture de All-New X-Men (Marvel Now! - 2014) -1- X-Men d'hierCouverture de All-New X-Men (Marvel Now! - 2014) -2- Choisis ton campCouverture de All-New X-Men (Marvel Now! - 2014) -3- X-Men vs X-Men

Cet article porte sur les trois premiers tomes de All-New X-men, le « relaunch » de sa série par Marvel en 2013, qui s’est accordé pour l’occasion une énorme brochette de talents: Stuart Immonen puis Mahmud Asrar, Frank Cho, Esad Ribic, Sara Pichelli,… excusez du peu! Accompagnés par des encreurs monstrueux, cette série me fait découvrir Stuart Immonen dont je n’avais rien lu et qui devient instantanément mon nouveau chouchou comics depuis Esad Ribic.

Résultat de recherche d'images pour "all new x men immonen"Le monde des mutants a changé. Rendu fou par la Force Phénix , Cyclope a tué le professeur Xavier et entamé une nouvelle carrière de « méchant » en s’alliant avec Magnéto afin de rendre leur dignité aux mutants. Terrassé par ce nouveau contexte, Hank MacCoy, « la bête » retourne dans le passé pour demander de l’aide aux jeunes X-men. Le fait d’accepter sa proposition va envoyer Cyclope, Jean Grey et leurs amis dans un maelstrom de questionnements identitaires sur leurs pouvoirs, le bien, le mal et comment choisir ce qui est le mieux pour tous…

Avant de commencer, très distant des chronologies Marvel et DC, je n’ai absolument aucune idée du lien temporel entre cette série sortie en 2013 et celle dessinée par Humberto Ramos (et chroniquée ici) et dont certains personnages qui semblaient nouveaux apparaissent bien chez Stuart Immonen et Brian Bendis… Ceci étant dit, je suis tombé fou dingue du trait du canadien Stuart Immonen dont le style m’indique ce que produirait Olivier Vatine s’il exerçait dans une industrie aussi exigeante que les comics. Il y a une réelle proximité entre les deux dessinateurs dont les encrages et la gestion des ombres sont à tomber. C’est bien simple, sur les trois volumes parcourus c’est un sans faute et chaque case inspire une telle maîtrise et expression que l’on en oublierait presque de se concentrer sur les dialogues et le scénario… très verbeux!

Résultat de recherche d'images pour "all new x men immonen"Il va sans dire que dans un scénario de BD de super-héros (qui plus est dans un relaunch, impliquant une dimension créative assez limitée) le dessin facilite grandement la perméabilité du lecteur aux thèmes du scénariste. Brian Bendis en scénariste chevronné maîtrise son sujet en alternant le récit autour de trois groupes: les X-men adultes, les jeunes X-men en tenue originale jaune et une bande de renégats autour de Mystic. La série porte sur les effets psychologiques (et dans le contrôle de leurs pouvoirs) sur les jeunes X-Men confrontés à la perte du Père, le professeur Xavier. Le plus intéressant est le traitement donné à Cyclope qui n’est pas présenté comme un méchant mais plutôt comme un héros mature et dérangé par son acte  mais qui semble souhaiter réellement le bien de tous. Au passage la réinvention graphique de Cyclope est absolument magique, les deux auteurs se faisant plaisir en lui procurant des costumes tous plus inventifs les uns que les autres.Résultat de recherche d'images pour "all new xmen immonen tome 2"

Ce run a le gros avantage de ne pas trop perdre le lecteur « débutant » en se concentrant sur les premiers X-men… que l’on trouve également dans les films (première série et deuxième série) ce qui permet de toucher un relativement grand public. Bien sur les références aux différents événements passés (la mort de Xavier, la Force Phénix, le génocide mutant) complexifient un peu la trame mais c’est présenté de manière didactique comme un simple « hors champ » qui densifie l’univers sans donner l’impression d’avoir raté un épisode. L’irruption des Uncanny Avengers donne très envie de voir ce crossover des deux franchises au cinéma et la qualité du dessin permet de profiter pleinement de la BD sans en faire un simple argument commercial pour donner des billets au Marvel Studio.

Ce run sublimement dessiné (je vais de suite me lire le reste de la biblio de Stuart Immonen!) profite d’une mise en scène (découpage, utilisation des voix entendues par Jean Grey) et de dialogues drôles autour d’une trame simple qui permet de se focaliser sur ce qui fait la force des séries X-men: les relations entre personnages. Assez peu d’action finalement et plus de réflexions intimistes sur l’identité de mutant et les incidences du voyage temporel sur la suite des événements. Comme sur la version d’Humberto Ramos, les perso et leurs pouvoirs tiennent le tout, et franchement ca donne envie de continuer la série…

note-calvin1note-calvin1note-calvin1note-calvin1

Achetez-lebadge-cml