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Les gardiennes d’Aether

La BD!

Premier tome de 46 pages d’une série écrite par Olivier Gay, dessinée par Jonathan Aucomte. Parution aux éditions Drakoo le 01/09/2021. 

bsic journalism

Merci aux éditions Drakoo pour leur confiance.

The Unchosen One

Le Royaume de Valania jouit d’une paix qui va de pair avec la prospérité de ses habitants. Cette paix ne va bien entendu pas durer, puisqu’elle sera fortement perturbée par le déferlement de monstres insectoïdes insensibles à toutes les armes conventionnelles de Valania, qu’elles soient magiques ou technologiques. 

Aether, un gentil nicodème, qui officie en tant que serviteur pour la famille royale, passe innocemment sa serpillère quotidienne tout en se faisant houspiller par la princesse Tatianna Louisdottir, lorsque surgissent les monstres dans le palais. Meeri, amie d’enfance d’Aether et garde royale de son état, ne tarde pas à débouler pour sauver celui qu’elle aime, et accessoirement, la capricieuse princesse aux pouvoirs magiques. 

Lorsque le trio se retrouve encerclé et que ni les talents de bretteuse se Meeri ni la magie de Tatianna ne parviennent à les sortir de ce mauvais pas, Aether, dans le feu de l’action, saisit une épée qui prenait la poussière dans un couloir du palais, pour se défendre. Et il fait bien plus que se défendre. En effet, l’épée se révèle être le seul moyen de tuer les créatures. Seul problème, l’épée ne s’active plus que pour Aether, lui qui n’a jamais été un combattant et semble pas prêt de le devenir… 

Le trio parvient néanmoins à fuir le palais, ravagé par les cafards géants et se retrouve aux mains d’Opale, une pirate roublarde habituée à tirer parti de toute situation, aussi inattendue soit-elle. Ce quatuor improbable est donc le seul espoir de sauver ce qu’il reste de Valania. 

Olivier Gay, connu pour ses travaux littéraires, s’est récemment mis à la BD sous la houlette d’Arleston et de son label Drakoo. Comme vu précédemment dans Démonistes, l’ombre du créateur de Lanfeust planait encore au-dessus des créations prétenduement originales de Drakoo, menaçant d’annihiler son concept-même. On constate ici avec un certain soulagement que l’empreinte se fait moins forte, on sent que l’auteur prend ses marques et parvient à imposer son style. Un style qui n’est cependant pas complètement étranger à celui d’Arleston, certes, mais qui a le mérite d’exister par lui-même sans s’échiner à singer « le maître ». 

C’est toutefois dans les thématiques que se devine le plus l’influence arlestonienne. Un héros naïf, presque inepte, entouré de femmes fortes se disputant plus ou moins son affection, cela nous ramène immédiatement à ce bon vieux Lanfeust de Troy. Le fait qu’il possède un pouvoir/Macguffin le rendant unique n’arrange rien, et pourtant, le tout demeure digeste sans verser dans le déjà-vu. L’auteur évite cet écueil grâce à une finesse d’écriture qui transparaît autant dans les dialogues qu’au travers des récitatifs, à l’humour bien senti et jamais lourdingue. 

De façon générale, sur le plan narratif, il est toujours opportun de mettre au centre de l’intrigue le personnage qui est le moins bien placé pour la résoudre, ou, s’il est tout de même compétent, de lui ajouter des handicaps importants. On pense par exemple à Frodon, le paisible hobbit qui n’a jamais quitté sa Comté natale, qui doit amener l’Anneau Unique, soit l’objet le plus dangereux de l’univers de Tolkien, à la Montagne du Destin se trouvant sur les terres les plus dangereuses. On peut aussi se rappeler de John McLane, policier astucieux, qui doit arrêter des terroristes et sauver sa femme…pieds nus dans une tour de verre. 

Il est par conséquent très astucieux de la part d’Olivier Gay de confier la seule arme en mesure de juguler la menace à Aether, qui ne sait pas se battre, l’ironie s’en trouvant décuplée lorsqu’on compend que son amie Meeri est la plus fine lame du pays.  Le quatuor fonctionne très bien malgré la brièveté du format, l’auteur parvenant à mettre en scène des personnalités fortes et distinctes. Pour les amateurs de pop-culture, attendez vous à de nombreuses références, diverses mais bien choisies.

Côté graphique, on est très agréablement surpris par le talent de Jonathan Aucomte, dont c’est ici le premier album. Décors soignés, expressions travaillées, tout y est pour mettre en images l’univers du scénariste et son humour.  

Pour cette nouvelle série, Olivier Gay monte d’un cran et expose son talent de façon plus affirmée, ce que l’on doit sans doute à une prise de distance de l’éditeur, ou à une émancipation du romancier.

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Une histoire de voleurs et de trolls #2: Muroc

La BD!
BD de Ken Broeders
Drakoo (2021), 55p./album, 2/3 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Drakoo pour leur confiance.

Second d’une trilogie est la traduction d’une série publié en Belgique par l’auteur. Le dernier tome sort en début d’année prochaine.

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Réfugiés en la cité de Muroc, Ysabeau et Delric trouvent l’aide du sorcier rouge doté de puissants pouvoirs, afin de comprendre le rôle de la jeune femme et de retrouver trace de sa sœur… Alors que la Mère des trolls vient en ambassade auprès des elfes, la mystérieuse et redoutable sorcière passe une nouvelle fois la brèche entre les mondes et lance une attaque magique contre nos héros…

Une Histoire de Voleurs et de Trolls (tome 2) - (Ken Broeders) - Heroic  Fantasy-Magie [LIBRAIRIE BDNET NATION, une librairie du réseau Canal BD]L’entrée en matière de cette trilogie belge m’avait laissé un sentiment mitigé. Le gros avantage des licences c’est qu’elles permettent de découvrir une histoire sur la même année, sans laisser se délayer l’intérêt. La série de Ken Broeders en profite puisque l’ouverture, originale mais abrupte, trouve à la fois une simplification et une densification avec ce second tome qui développe de façon importante l’univers et les évènements qui ont précédé. Le cœur de l’histoire reste la relation entre la mystérieuse Ysabeau dont les rêves funestes continuent de parcourir le tome et qui se révèle moins innocente qu’elle ne pouvait le laisser croire, et la terrible sorcière capable d’ouvrir des portails entre les mondes. Le voleur Delric de son côté, s’il continue à mener une vie aux mœurs décousues, est encore trop distant au regard de sa puissance dramatique. Menant son scénario avec toujours autant d’habileté à la manière de ses découpages très graphiques et intéressants, l’auteur nous balade sans beaucoup d’indications sur les liens entre les scènes… qui ont pourtant toute leur importance dans le développement de l’histoire. En tant que lecteur on prend toujours le même plaisir de lecture même si l’on ne sait pas bien pourquoi on passe d’une guerre redoutable dans le précédent volume à une bataille magique ici.

driftwereld 2 een verhaal over tovenaars - moors magazineGraphiquement les planches sont encore un régal en parvenant à dégager  une belle originalité tant technique que dans les designs qui permettent de sortir clairement Une histoire de voleurs et de trolls du tout venant de la fantasy en BD. Que ce soient les décors qui proposent quelques splendides panoramas ou les atmosphères sans oublier la très élégante manifestation de la magie, Broeders est vraiment doué avec ses pinceaux. Mine de rien à force de côtoyer des monstres dégueu dans les BD on finit par oublier combien un bon méchant peut créer une tension dans une histoire: avec sa face ravagée et ses irruptions brutales dans la réalité cette sorcière tire son épingle du jeu sans en nous faisant frissonner… L’arrivée d’un nouveau personnage en la personne du puissant sorcier rouge muscle l’alchimie des personnages et pour peu que Delric obtienne enfin ses moments de gloire on a bien des éléments pour conclure en apothéose cette BD finalement bien plus ambitieuse qu’il ne paraît.

Avec le sentiment que tout reste obscure mais tenu, on fait confiance à Ken Broeders pour mener son dénouement avec cohérence dans le dernier volume qui annonce un voyage de nos héros dans le monde des humains et son lot de révélations sur cette affreuse multi-bras qu’on aura adoré redouter.

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Spécial Drakoo: Dragon & poisons #2 – Les Artilleuses #2

La BD!

Le jeune label/éditeur lancé par Arleston chez Bamboo avait plutôt bien commencé en s’appuyant sur des auteurs de romans fantasy pour lancer de nouvelles séries fantasy/SF. Tous les titres sortis depuis 2019 n’ont pas été retentissants et quelques interrogations se posent sur la ligne éditoriale tiraillée entre l’ombre insistante d’Arleston et de quelques projets pas toujours bien ficelés d’auteurs réputés, et quelques titres vraiment originaux. Parmi ceux-ci, deux des premiers titres sortis voient leur conclusion ou quasi sur des formats courts (deux tomes pour Dragon et poisons, trois pour les Artilleuses) et confirment leurs qualités…

bsic journalism Merci aux éditions Drakoo pour leur confiance.

  • Dragon & poisons #2 (Bauthian-Morse-Kaori/Drakoo) – 46p., série finie en 2 volumes.

couv_422387Le premier tome avait été une plutôt bonne surprise, rafraichissant les certitudes des plus blasés des lecteurs de BD grâce à un trio de personnages particulièrement réussi. Et si j’attendais un changement de rythme sur cette conclusion je dois dire que je me suis trompé car les autrices restent sur les mêmes bases déstabilisantes (en bien). Le retour dans le passé était attendu comme un jeu classique entre les différentes incarnations des personnages alors que le scénario continue ses contre-pieds qui nous maintiennent sur la brèche avec plaisir. Détaillant un peu le personnage de Natch et les raisons de sa mort, l’album n’a pas vraiment le temps de développer plus avant un enchevêtrement temporel et bifurque chaque fois que l’on pense avoir capté l’intrigue. Malin!

On ne soulignera jamais assez l’importance d’avoir des personnages solides pour construire une bonne histoire et c’est donc le cas ici… alors que comme dans le premier tome le background nous laisse un peu sur notre faim avec une fantasy qui peine à justifier sa spécificité (les poisons) hormis par quelques facéties graphiques. Les planches sont toujours aussi fouillées, parfois un peu trop avec un sentiment de surcharge entre les traits fouillés de Rebecca Morse et la colo très chatoyante d’Aurélie Kaori. On sent que ce second tome porte sa focale sur Grayson qui fait clairement de l’ombre à son comparse Nevo (celui-ci avait plus de marge dans le premier volume). Au final ce Dragon & poisons reste une étonnante chronique amoureuse, bien mal vendue, et qui sait clairement marquer sa différence avec le tout venant fantasy. Les équipes artistiques féminines ont souvent cette qualité en BD et c’est tant mieux si cela apporte de la variété à un genre ultra-balisé! Un troisième tome aurait sans doute permis de détailler un peu tout cela mais il faut aussi parfois rester raisonnable et ne pas étirer un concept…

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  • Les artilleuses #2 (Pevel-Willem/Drakoo) – 46p., 2 tomes parus sur 3.

couv_418002Après avoir récupéré la sigillaire les Artilleuses cherchent à savoir pourquoi on cherche leur mort. Alors que la section B des services secrets entre dans la danse, les renseignements allemands maintiennent la pression en décidant de passer à l’attaque, résolus coûte que coûte à récupérer la bague…

Remarquablement fidèle au premier tome, ce second volume confirme la maîtrise scénaristique du romancier Pierre Pevel et sa gestion aux petits oignons des informations, (ni trop ni trop peu) sur son univers foisonnant. Déterminé à permettre une lecture fluide et sans contraintes, il insère beaucoup de phylactères narratifs qui nous rappellent ce qu’il y a besoin de savoir. Non que l’intrigue soit complexe (on reste sur un complot attendu) mais ces inserts permettent de se dispenser la révision des tomes précédents pour se souvenir de qui est qui et huilent les transitions avec les nombreuses séquences d’action fort réussies. Côté graphique, si le décors est vraiment sympathique et semble plaire au dessinateur dans ses multiples détails, certains personnages semblent moins l’inspirer. Vu qu’on parle de BD jeunesse ce n’est pas trop grave, ces derniers sont caractérisés avant tout par leur arme et leur costume. Avec des assassins en chapeau-melon sortis tout droit d’Adèle Blanc-Sec, de l’espionnage 1910, de méchants allemands et une once de steampunk, ce second tome des Artilleuses se savoure toujours avec plaisir. Si l’habillage reste tout à fait attirant, on aimerait avoir plus d’empathie pour les trois héroïnes qui semblent bien passives hors des séquences de baston. Gageons que le scénariste muscle un peu ses personnages sur la conclusion du triptyque et surtout, prévoie un nouveau cycle qui nous permettra de faire plus connaissance avec son monde merveilleux.

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**·***·****·BD·Nouveau !·Rapidos

BD en vrac #18

La BD!

Salut les bdvores! Pour démarrer cette jolie (et froide) semaine je vous propose une fournée spéciale SF avec une nouveauté Drakoo, le retour de Travis, ma série chouchou de chez Duval, la suite de la reprise Sillage par le virtuose Pierre-Mony Chan  et une découverte one-shot bien sympa…

  • Akkad (Clarke/Le Lombard) – 2021, 120p., one shot.

En 2027 la Terre n’est plus qu’un champ de ruine, depuis l’apparition d’aliens géants surgissant d’un autre espace-temps et « gelant » des pans entiers de la planète… La dernière chance de l’Humanité réside dans un programme secret visant à doter de jeunes gens de capacités intellectuelles dépassant les normes de l’espèce…

Cet album fait partie des inspirations librairies, ces feuilletages rapides qui vous disent « prends moi » sans rien en savoir, avec un résultat à quitte ou double. Avec l’activité du blog et le suivi de l’actualité ces moments deviennent rares et j’en profite chaque fois que cela se présente… Si la couverture reflète très bien ce one-shot de SF « temporelle » (genre que j’adore, au même titre que Brane Zéro, Unité Z ou Alter), présentant les cinq « enfants » mutants, un ton gris bien froid qui habille toutes les cent pages du volume, et la grosse bébête… elle en résume aussi les limites comme pas mal de blockbusters ciné qui mettent tout dans leur affiche. Bon public, j’ai beaucoup aimé le trait épuré mais précis de Clarke qui rappelle les bonnes SF Delcourt des années 2000 (la seule première page montre la maîtrise technique du dessinateur sur les éléments mécaniques et architecturaux) et n’ai pas souffert d’une certaine monotonie des décors de destruction du fait de cadrages serrés provoquant le huis-clos et mettant en valeur des encrages Akkad - BDfugue.comprofonds très chouettes. Les quelques séquences d’action pas du tout centrales donnent une respiration à une narration construite sur le mystère constant, la technique scientifique et les allusions cryptiques des scientifiques. Les codes du récit conspirationniste sont maîtrisés et le tout est heureusement porté par un art des dialogues tout à fait percutant. Et bien tout ça semble bien sympa vous dites vous! Oui, avec les limites inhérentes au genre et au format. Tout le monde n’est pas Bajram et à ma connaissance hormis quelques adaptations de romans SF magistraux, UW1 reste une singularité dans un genre qui exige une maîtrise scientifique et scénaristique très élevée. Comme les volumes cités plus haut Akkad jouit des mêmes atouts pour qui aime les concepts SF sophistiqués mais aussi des mêmes manques à savoir une conclusion frustrante qui fait tirer la moue devant le nombre de questions laissées en suspens et quelques facilités dans la résolution d’une intrigue par définition compliquée. Reste pourtant une réalisation sans faute, élégante, rythmée, fort alléchante et assez lisible qui titille suffisamment notre envie d’énigmes spatio-temporelles.

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  • Teleportation .inc #1: perdus en translation (Latil-Sordet/Drakoo) – 2021, 48p., tome 1/2 paru.

bsic journalismMerci aux éditions Drakoo pour leur confiance.

Drakoo alterne entre les très bonnes surprises issues des collaborations avec des auteurs de romans reconnus et des séries à la qualité et à l’originalité plus discutables dans le sillage du grand manitou Arleston. Teleportation inc. me faisait plutôt envie au vu des premières planches et du pitch qui proposait une idée assez novatrice, celle d’agent de récupération d’usagers de téléporteurs en fuite. Après lecture, si les dessins sont plutôt rigolo et efficaces malgré un aspect un peu plat (… ce qui n’avait pas empêché le Warship Jolly Rogers de Miki Montllo d’être une superbe série) et des des décors vides, c’est surtout sur le déroulé de l’intrigue que ça coince avec une enquête à laquelle on a du mal à accrocher du fait d’ellipses et d’une narration assez erratiques. Si l’humour et l’action sont au rendez-vous, les auteurs ne nous donnent pas franchement les clés pour suivre les séquences qui s’enchaînent sans qu’on comprenne bien de quoi il retourne. On finit la lecture un peu frustré avec l’impression d’une lecture-consommation. Laissons une chance au tome deux qui arrive très vite (au mois d’août prochain) et qui pourra peut-être donner une cohérence à l’ensemble.

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  • Travis #15: La femme qui en savait trop (Quet/Duval) – 2021, 46p., cycle 5 tome 2.

Bon, je vous préviens tout de suite, Travis fait partie de mes séries chouchoutes mitonnées par l’orfèvre Fred Duval dont le talent commence à ressembler à celui d’un Van Hamme quand on voit ce qu’il arrive à faire sur des thèmes a priori tout à fait déjà vus… Après un cycle mexicain en demi-teinte, Travis repartait pour l’espace il y a un an vers la Mission Europe dont on entend parler depuis le tout premier cycle. De l’art de jointer des trames diverses et surtout de réunir les deux univers jumeaux, celui du camionneur rouquin et celui de la plus mortelle des hispano-irlandaises, Carmen MacCallum. Car l’équipe créative de Travis n’avait jamais été aussi loin dans le crossover, si bien qu’on se demande si Carmen ne va pas finir par pointer le bout de son nez sous les dessins toujours parfaitement efficaces de Quet. Ce volume est très orienté action puisqu’il consiste en une chasse (très prenante) de la blondasse transformée en serveur biologique des données cryptées du machiavel Dario Fulci par la tueuse Thundercat… Sous la protection de Vlad qui s’en prend plein la poire sans ses nanomachines, on traverse l’Europe, on bave devant les joujou techno de la tueuse et on réfléchit (quand-même) aux implications des manipulations génétiques qui ont abouti à la création de véritables créatures fantastiques (Centaures entre autres!) dans un univers SF. On pourra tiquer, les lecteurs de la série Carmen ne seront pas surpris, mais il reste que Travis est toujours une valeur sure de l’anticipation grand public et un vrai bon plaisir de BD! Ce cycle s’avère plutôt bon et on a hâte de lire la suite!

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  • Travis #15: La femme qui en savait trop (Quet/Duval) – 2021, 46p., cycle 5 tome 2.

La série Sillage se vend très bien depuis son premier tome et a mené à l’apparition d’une galaxie de séries parallèles qui risquent de vous perdre comme moi si vous n’êtes pas un habitué malgré un avertissement en page de titre indiquant que ce tome se situe entre les tomes 2 et 3 de la série mère. Pour résumer: la série principale suit les enquêtes de l’agent spécial Nävis et compte 20 tomes. Les Chroniques de sillage fait venir une ribambelle de guest graphiques pour des short-stories (6 tomes). Nävis raconte la jeunesse de l’héroïne avec Munuera aux dessins (6 tomes).

Ces Premières armes sont des histoires solo présentant les premières missions de l’agent Nävis et dont le mérite premier est de permettre un retour du virtuose Pierre-Mony Chan, tellement apprécié sur l’excellente série Cross fire. Ce second opus se situe dans l’univers des pirates de l’espace et s’adresse clairement à un public Young adult avec une jeune Nävis invincible, directe, irrespectueuse, bien décidée à régler cette affaire qui lui fait perdre son temps… C’est donc bien sur les planches que vous allez baver devant une technique et un design parfaits du dessinateur qui semble se régaler en proposant des cases d’une minutie… encore améliorée par la colorisation sublime d’Alice Picard. L’attelage des deux auteurs est clairement une pépite graphique derrière laquelle se range le vétéran Morvan sur des textes un peu (trop) bavards et langage d’jeunz. Quand on voit la dynamique du dessin très influencé par le Manga, on est surpris que le format manga n’ait pas été essayé par l’éditeur pour élargir le public dans une démarche proche de celle d’Urban.

On prend donc un superbe plaisir visuel autant que thématique avec tout de même une perte d’informations croisées pour ceux qui ne suivent pas la série principale à laquelle on fait fréquemment référence… Une bonne série, qui a le mérite du format one-shot mais sur laquelle les auteurs devraient faire attention à ne pas réserver leurs intrigues au seul public fidèle.

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Une histoire de voleurs et de trolls #1: le monde dérivant

La BD!
BD de Ken Broeders
Drakoo (2021), 55p./album, 1/3 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Drakoo pour leur confiance.

Ce premier tome d’une trilogie est la traduction d’une série publié en Belgique par l’auteur. Le second tome paraîtra dès l’été 2021 et le dernier en début d’année prochaine.

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Dans les zones désertiques au sud du Monde dérivant règle la tyrannique loi de Mère Knosser, la reine des trolls. Face à son joug les peuples Domovois font le dos rond en attendant que l’elfe Durys ne parvienne à fédérer une révolte. Pendant ce temps le malicieux voleur Delric Twotter entame le cambriolage d’un temple Domovois lors duquel tout se passe mal suite à l’irruption d’une sorcière par une faille d’entre les mondes…

Je parle souvent du rôle de la couverture pour déclencher un achat au sein des piles pléthoriques des librairies et l’on peut dire que sur ce point la trilogie de Ken Broeders est très réussie. En proposant de très jolies illustrations bien maquettées, dans l’esprit de l’illustration jeunesse traditionnelle anglosaxone il semble nous convier à des contes et légendes à l’ancienne, emplis de nature, d’action et de créatures fantastiques. Reste que si l’illustration est fort jolie… elle est tout à fait décalée par rapport à l’intrigue narrée dans les pages intérieure! Et cela résume le principal problème de cet album qui semble mélanger des envies graphiques avec une construction en décalage. Un peu troublant…

L’album s’ouvre en effet sur une page de texte expliquant le contexte et lance l’intrigue avec l’impression de démarrer au tome deux de la série… Le déroulé narratif proprement dit n’est pas en cause, sur une histoire très classique et linéaire de fantasy (le voleur et la belle s’échappent, sont fait prisonniers, puis s’échappent à nouveau pour découvrir le monde et l’origine de l’antagonisme) on suit agréablement les courses rocambolesques des deux héros mal assortis, on savoure les paysages et les créatures cracra plutôt originales et on s’intéresse à ce fort réussi anti-héros de Delric Twotter et son bagou digne de Han Solo. Le rythme est rapide et on ne voit pas vraiment passer les cinquante pages très rythmées de ce tome. Simplement, de l’irruption de l’humaine sans que l’on sache exactement d’où elle débarque à l’assaut sur la forteresse Troll, on a souvent l’impression que l’auteur nous fait rater un épisode intercalaire qui aurait permis de lier les séquences. En cause la focale mise tout au long de la BD sur les deux héros en oubliant le hors champ. Au sortir de cette lecture je ne sais si ces problèmes sont du ressort de véritables ratés scénaristiques ou s’ils trouveront leur justification dans la suite par le biais de révélations rétrospectives. Laissons à Ken Broeders le bénéfice du doute.

Passées ces réserves nous avons donc droit à une fort jolie et très classique fantasy qui apporte une touche de nouveauté dans le plaisir contagieux de l’auteur de sculpter ses monstres (les trolls tout à fait répugnants au premier chef) et cavernes avec une technique d’une précision surprenante qui rappelle les premiers travaux de Fabrice Meddour et son jeu sur la profondeur de champ. Ce premier tome se laisse donc lire sans déplaisir, en mode loisir, et fait ressortir un personnage principal dont on a envie de découvrir la suite des péripéties dans ce toujours mystérieux monde dérivant.

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Démonistes #1: Vlad

La BD!

Premier tome de 48 planches du diptyque écrit par Olivier Gay et dessiné par GeyseR. Parution le 03/02/2021 aux éditions Drakoo.

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Merci éditions Drakoo pour leur confiance.

Dessine-moi un démon

Autrefois, la Terre était habitée par des démons. Exilé mystérieusement vers un autre plan d’existence, ils ont néanmoins laissé suffisamment d’indices derrières eux pour permettre à certains mages de les invoquer et les lier afin de les mettre à leur service.

Ces mages, nommés démonistes, étudient leur art dans une prestigieuse académie de Surin, qui leur enseigne l’invocation et le contrôle de ces puissantes créatures interdimensionnelles. Le réel problème survient lorsqu’une faille spontanée apparaît, menaçant de libérer des démons libres de toute contrainte humaine.

Face à l’échec des meilleurs démonistes disponibles, le Roi fait mander Vlad, pointure dans le domaine. Tout irait pour le mieux si Vlad n’avait pas disparu il y a vingt ans. Le monarque dépassé envoie donc une délégation chercher le démoniste boudeur avant qu’il ne soit trop tard. Tillie, démoniste de quelque renom et amour de jeunesse de Vlad, est aussi de la partie, tant l’enjeu est grand.

Démons et merveilles

Comme si la situation n’était pas déjà assez délicate, voilà que nos émissaires découvrent que Vlad, depuis plusieurs années maintenant, est plongé dans un profond coma, protégé par le démon Hepsar, qui prend son devoir de protection très à cœur. Toutefois, rien dans le règlement n’interdit Tillie de prendre le corps de Vlad avec elle. La démoniste virtuose prend donc le chemin du retour avec pour compagnie, un soldat couard, son ex-amant endormi, et le démon. Ce petit périple servira à éclairer le passé des deux mages, mais aussi le lien qui existe entre leurs amours contrariés et la faille qui menace le royaume.

Que dire de cette nouvelle entrée du catalogue Drakoo ? Narrativement parlant, la qualité est au rendez-vous. Olivier Gay maîtrise indéniablement son art, son expérience littéraire est ici un atout franc pour la mise en scène et le développement de l’univers. Connu pour sa saga littéraire Les Épées de Glace, Olivier Gay est aussi un auteur rompu aux travaux sous licence, ce qui tend à transparaître dans cet album. En effet, derrière chaque effet, chaque vanne, on sent l’ombre d’Arleston, qui, en bon chaperon, a sur modeler la ligne éditoriale de Drakoo à son image.

Ainsi, malgré le plaisir que l’on a à parcourir l’album, au gré des flash-back et des combats de démons, la trame n’en reste pas moins hantée par le spectre arlestonien. Le créateur de Lanfeust s’ingénie-t-il à attirer dans son giron uniquement des auteurs avec lesquels il sait avoir des atomes crochus, ou bien les drive-t-il pour qu’ils correspondent à son image et à son style ?

La question mérite d’être posée, et la réponse est susceptible de déterminer si Drakoo est bel et bien une jeune maison d’édition dynamique, capable d’oser des nouveautés, ou simplement un égo trip d’Arleston.

Démonistes est pour autant un bon album, drôle et intelligemment rythmé. Il reste maintenant à savoir si Olivier Gay saura, sur ses prochains albums, se détacher de la figure tutélaire qu’Arleston semble attaché à devenir.

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Danthrakon # 3: le marmiton bienheureux

La BD!

Troisième tome de 48 pages de la trilogie écrite par Christophe Arleston, et dessinée par Olivier Boiscommun. Parution chez Drakoo le 04/11/2020. 

bsic journalismMerci aux éditions Drakoo pour leur confiance.

Cuisine-moi un mage

Nous avions découvert dans les précédents volumes le personnage de Nuwan, qui par de bien tristes circonstances, s’était vu investi-littéralement-par le pouvoir d’un grimoire magique ancien, le Danthrakon. Le jeune marmiton, apprenti dans les cuisines d’un mage respecté, avait donc du briser sa routine pour partir à l’aventure et trouver une solution à son épineux problème. 

En cela, il était épaulé par Lerëh, apprentie du mage susmentionné, et dont il se trouve être amoureux. Au fil de leurs péripéties, Nuwan et Lereh avait atterri entre les griffes de Lyreleï, la mère de Lereh, qui avait égoïstement pris possession du corps de sa fille. 

Nuwan se retrouve donc seul pour faire face à ses ennemis, parmi lesquels l’Inquisiteur Amutu, qui conspire toujours pour le pouvoir absolu. Le jeune cuisinier aventureux va remonter aux origines du grimoire et s’apercevoir que la solution n’a jamais été très loin, en fin de compte…

Magie réchauffée

Comme évoquée dans les précédentes chroniques, Danthrakon fleure bon la nostalgie liée aux aventures d’un certain apprenti forgeron. En effet, on y retrouve les mêmes éléments de décorum, si bien qu’au fil de la lecture, la cité de Kompiam finit par revêtir des allures de facsimilé de la glorieuse Eckmül. Ce sentiment est renforcé encore davantage par le style très reconnaissable de l’auteur, donnant ainsi aux aventures de Nuwan le marmiton un goût de…réchauffé

Cependant, il ne s’agit pas non plus de se complaire dans la comparaison pour le principe. L’aventure Danthrakon reste prenante et son protagoniste attachant, la lecture reste donc agréable. Certes, certains running gags finissent pas tomber à plat (les bottes de sept lieux), le climax a un caractère un peu décousu, il n’en demeure pas moins que la trilogie prise dans son ensemble représente une entrée plus que correcte dans le genre de la fantasy. On appréciera en outre le début de réflexion engagé sur la thématique de la connaissance et du poids qu’elle peut représenter une fois portée à son apogée. L’ignorance ne serait-elle finalement pas le plus beau des dons ?

Les lecteurs qui n’ont pas été biberonnés aux Lanfeust (il doit y en avoir !) apprécieront sûrement cette aventure pour ce qu’elle est, les autres seront sans doute apaisés d’y retrouver le gout nostalgique d’un succès d’autrefois.  

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Sheïd tome 1: le piège de Mafate

La BD!

Premier tome de 46 pages d’une série écrite et dessinée par Philippe Pellet, parution le 04/11/20 aux éditions Drakoo.

bsic journalismMerci aux éditions Drakoo pour leur confiance.

Mafate, nid d’espions

Après des mois de navigation, Sheïd, mercenaire rugueux mais combinard, rentre à Mafate, la capitale de l’Empire, pour y régler ses affaires courantes avec Mhaus, son commanditaire. En effet, depuis qu’il a quitté les légions impériales, Sheïd vit de chasse à la prime et autres missions que la morale réprouverait sans doute, dépensant ses soldes en substances psychoactives et en compagnie féminine tarifée.

Ce Sheïd ignore, c’est qu’à Mafate se jouent des affaires politiques liées à la résurgence d’un culte ancien maniant une puissance destructrice normalement réservée à une élite. A peine débarqué de son bâtiment volant, Sheid se voir confier une mission relativement simple: enlever un vieil archéologue objecteur de conscience, en opposition avec le pouvoir central.

Seul contre tous

Bien évidemment, les choses ne seront pas aussi simples que Sheïd ne l’aurait souhaité. A cause d’une rivalité mesquine, la mission tourne mal et le vieil archéologue ne survivra pas à la tentative de rapt. Sa petite-fille en revanche, en réchappera et finira sous la protection du mercenaire réticent.

Désormais pourchassé par les soldats de l’Empire et par les sbires de Mhaus, Sheid est donc aussi affublée de la petite Nyl, qui, de surcroît, détient des informations capitales pour les dirigeants de Mafate. Le baroudeur et la jeune fille risquent de ne pas survivre si facilement cette traque impitoyable.

Les duos badass/enfant sont assez répandus en fiction. Le badass est très souvent un homme, viril et combatif, tandis que l’enfant est plus souvent une fille. Si ce duo est si populaire, c’est sans doute à cause des archétypes et stéréotypes qu’il convoque, le masculin y étant représenté comme une force protectrice et tourmentée tandis que le féminin y est mis en avant comme pur mais ayant besoin de protection. La complémentarité du duo fonctionne donc pleinement (malgré les stéréotypes de genre), ce qui explique donc qu’on le retrouve dans plusieurs médias: Lone Wolf and Cub, Piccolo et Gohan dans Dragon Ball Z, Léon et Mathilda,ou encore True Grit, Terminator 2, Code Mercury, Les Mondes de Ralph, Logan…

Les exemples ne manquent pas, Sheïd reprend donc la formule à la lettre pour ce premier tome. L’action est néanmoins au rendez-vous, l’auteur profitant ainsi de sa grande expérience pour créer un univers cohérent grâce à des enjeux clairement établis. Les décors sont dessinés avec brio et ornent quelques pages véritablement somptueuses. Les personnages ne sont pas en reste, notamment grâce à des visages réalistes et très expressifs.

Philippe Pellet maîtrise donc son trait et son scénario, ce qui augure une suite de qualité sur le reste de la série.

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Spirite tome 1: Tunguska

La BD!

Premier album de 56 pages, écrites et dessinées par Mara, parution le 01/10/2020 aux éditions Drakoo.

Esprit(s) de contradiction

Ian Davenport est un jeune homme malhabile mais passionné par son travail. Parcourant les rues de New York avec son mentor Boris Voynich, il étudie et répertorie un genre tout particulier de créature: les spectres.

En effet, ces derniers existent bel et bien, et peuvent être observés pour peu que l’on soit dûment équipé. Ian et Boris les ont même catégorisés en dix classes différentes, en fonction de leur capacité à se manifester dans le monde matériel.

Malheureusement, le passé mystérieux de Boris finit par le rattraper, et Ian assiste ainsi, impuissant, à l’assassinat de son mentor par une singulière silhouette surgie du passé. Ce n’est que le début des ennuis pour le jeune spiritologue. D’autres éminences du domaine sont tuées, toutes reliées d’une façon ou d’une autre à la même expédition, celle qui suivit la célèbre explosion de Tunguska.

Who you gonna call ?

Désespéré, Ian se tourne vers la police pour résoudre ces meurtres. Cependant, il subit la mauvaise réputation de sa discipline jugée fantaisiste et ne récolte que du mépris de la part des forces de l’ordre, qui haussent les épaules sans écouter ce que le pauvre homme a à dire.

C’est alors qu’il fera la rencontre de Nell Lovelace, jeune journaliste qui vit dans l’ombre de sa brillante mère. Employée à contrecœur dans la rubrique paranormale d’un journal sans envergure, Nell, sceptique, voit dans l’histoire de Ian l’occasion de se faire remarquer par un scoop tonitruant, et se voit déjà félicitée pour avoir résolu une série de meurtres. La jeune reporter embarque donc le spiritologue en détresse pour une aventure qui promet d’être dangereuse.

Pour cette rentrée 2020, les éditions Drakoo attaquent fort avec cette nouvelle série fantastique. L’album débute dans le feu de l’action, par un énigmatique flash-back, avant de nous présenter de façon efficace les différents protagonistes de la série. Le ton est léger, en revanche les enjeux restent suffisamment sérieux pour que l’on soit pris dans l’histoire. On appréciera notamment que l’auteure évite l’écueil habituel voulant forcément présenter les revenants comme hostiles, et qu’elle préfère plutôt les développer sous un jour plus neutre, voire plus bienveillant.

Le graphisme de Mara fait ici des merveilles, son trait s’approprie avec grâce l’ambiance et l’architecture du New York des années folles (même si l’histoire est sensée se dérouler durant la Grande Dépression). Ses personnages sont tous très bien designés et expressifs, rendant la lecture d’autant plus agréable pour ce premier tome. Le tout porte une patte très particulière renvoyant aux codes de l’animation 2D.

Spirite est un album beau et efficace, une très belle sortie à ne pas manquer !

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Danthrakon #2: Lyreleï la fantasque

La BD!

Deuxième tome de 56 pages d’une série écrite par Christophe Arleston et dessinée par Olivier Boiscommun. Parution le 01/07/2020 aux éditions Drakoo.

Blondin avait proposé une critique du premier volume.

bsic journalismMerci aux éditions Drakoo pour leur confiance.

Grimoire, mon beau Grimoire…

Le savoir est une arme, et la curiosité, un vilain défaut. Nuwan en a récemment fait les frais en découvrant qu’un grimoire magique très ancien, le Danthrakon avait investi son corps, lui conférant un certain pouvoir, mais hélàs ! pas la maîtrise requise pour en profiter.

Ainsi, Nuwan doit-il tenter de rompre le charme qui le place sous la coupe du Danthrakon, avec l’aide de Lerëh, une apprentie mage étudiant auprès du puissant Waïwo, chez qui Nuwan travaille en tant que cuisinier?

Le jeune marmiton va devoir se soustraire à la convoitise d’Amutu l’Inquisiteur, un redoutable mage qui souhaite accaparer la puissance du grimoire. Amutu va utiliser toutes les ressources à sa disposition, parmi lesquelles la terrible Mygatule, pour mettre la main sur le fauteur de troubles involontaire.

Lerëh, quant à elle, devra, s’il elle veut pouvoir sauver Nuwan, fouiller dans son nébuleux passé et exhumer quelques secrets relatifs à ses origines.

 

Necronomi-quoi ?

L’aventure se poursuit sur les chapeaux de roues dans ce Danthrakon volume 2. Arleston ne ménage pas ses efforts pour tenir le lecteur en haleine, à grand renforts de péripéties faites de traques et de batailles magiques. Les affaires de familles sont à l’honneur, puisque le spotlight est ici mis sur Lerëh et les liens qui l’unissent à ses parents.

On reconnaît la touche de l’auteur notamment à travers ses récitatifs et certains de ses dialogues, et l’on peut même percevoir quelques auto-références ça et là, faisant écho à ses succès précédents: un jeune héros naïf et ingénu, dépositaire malgré lui d’une magie ancienne et très puissante, qui devra s’émanciper pour assumer le plein potentiel de ses pouvoirs…

L’inconvénient d’une telle prémisse est qu’elle éclaire sans doute un peu trop le lecteur sur le déroulement global de la trilogie. Néanmoins, gageons qu’Arleston saura aller à rebours des attentes qu’il aura ainsi lui-même suscitées, et qu’il nous surprendra en changeant ingénieusement la direction de son récit dans l’ultime volume de la trilogie.

On s’interroge par exemple sur les desseins véritables du Danthrakon, qui nous paraît doué d’une volonté propre, et sur le sort final qui l’attend: fusionnera-t-il avec Nuwan ? Retombera-t-il encore une fois dans la servitude, entre les griffes d’un mage ambitieux ?

La balle est dans le camp des auteurs, rendez-vous en septembre 2020 pour le savoir !