A propos...·Bilan

Le bilan du mois #16: juin 2020

Le Bilan

Salut à tous et bienvenue sur ce nouveau bilan mensuel! Les échanges toujours plus nombreux avec vous m’enchantent et permettent parfois de vraies discussions sur un album, ce qui est l’un des objectifs de ce blog. Mon constat est que l’Etagère évacue progressivement les effets mécaniques des recherches internet en orientant (à mesure que la fréquentation se fidélise) les visites vers les choix éditoriaux et l’actualité à laquelle vous réagissez plutôt bien. Ce qui me fait dire qu’il faut que j’augmente les billets liés à l’actu, hors critiques.

Côté statistiques, on retombe légèrement avec 2300 vues et surtout en repassant juste sous les 2 vues/visiteur. Cela m’étonne car mes vues sur les pages fixes (les top, PAL, A venir,…) sont toujours aussi hautes… Du coup on retombe a environ 500 vues/semaine et une grosse irrégularité (que j’attribue aux billets de nouveautés) avec un début de mois à plus de 100/jour puis une vague entre 60 et 80. Je le prendrais positivement en me disant donc (ce que confirme ce début juillet) que les billets d’hyper-nouveautés permettent de gros boost sur quelques jours. Mes constats des précédentes années me permettaient d’être moins réactif sur la date de parution des nouveautés… il semble que je doive revoir cela! Petit constat rigolo quand je regarde la provenance géographique des vues, si par le passé ça ressemblait un peu à n’importe quoi (hormis à se gargariser d’avoir un blog mondialement visité…) je constate le mois dernier que l’essentiel des vues viennent de pays francophones (Belgique, Suisse, Canada) avec une montée notable de La Réunion et de la Nouvelle Calédonie. Ça n’apporte pas grande chose hormis de me dire que ces stat sont fiables. Bienvenue donc aux lecteurs d’outre-mer et internationaux!Capture du 2020-07-05 10-03-11

Côté RS Instagram atteint une belle audience (286 abonnés) avec des rythmes de publi réguliers et c’est le réseau le plus propice aux discussions. J’ai constaté ainsi que mon réseau Insta s’oriente plus BD et celui de Twitter est plus axé comics. Les visites depuis FB et Twitter sont stables au-dessus de la centaine. Twitter atteint 500 abonnés (merci à vous!) et reste stable en progression, avec logiquement quelques boost sur les billets « réseau » que je relaie. Peu à l’aise avec les listes d’abonnés, je reste pour le moment sur des publi simples de billets de blog et quelques actu relayées. Je passe assez peu de temps sur Facebook qui ne génère que peu de discussions et dont le nombre d’abonnés plafonne depuis des mois juste au-dessus de 1000 sans que je sache si c’est une raison technique ou autre…

  • Les billets les plus vus du mois:

Le retour des nouveautés devait être attendu puisque ce moi-ci ce ne sont que des nouvelles sorties (toutes excellentes, vous ne vous y êtes pas trompés!) qui prennent les premières stat de fréquentation. Sun-ken Rock se glisse encore et j’espère que les billets sur Origin vont bientôt prendre sa place, ce qui indiquera si c’est réellement la série qui attire ou les images toujours très fortes de Boichi… Dahaka a glissé une nouvelle fois un billet dans le top et je suis ravi qu’un Oldies assez ardu (Uncle Sam) et mon billet sur le site de gestion de bdthèque BDphile se classent si bien!

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  • East & West: 5 billets manga / 3 Comics
  • BD: 7 billets
  • La Trouvaille: 1 billet
  • Actu: 2 billet
  • Jeunesse: 1 billet

J’ai retiré la rubrique C’est lundi de ce décompte puisque c’est par définition 4 par mois et rajouté le détail Manga/comics… qui est un peu faussé par le fait qu’une Trouvaille ou un Docu peuvent être issus de ces genres.

Mes reflexions du mois dernier sur les jours des rubriques se poursuivent avec la problématique de perdre parfois une semaine, ce qui n’est pas très souple et réduit la fraîcheur de parution des billets par rapport à la sortie des albums. Les derniers billets sortis très tôt après la parution librairie ont cartonné. Je pense donc que je vais acter l’éclatement des jours fixes, ce qui remet aussi en cause le #mercredibd habituellement destiné à la sortie nouveauté, ce qui est désormais trop peu.

Je suis content d’avoir sorti deux billets actu, l’un sur le mouvement #Blacklivesmatter et l’autre pour vous faire partager ma BDthèque…

J’espère que ces infos back-office vous auront intéressés. N’hésitez pas à poser des questions en commentaires ou par mail et me faire part de vos suggestions sur l’évolution du blog, ce qui vous plaît ou pas. A très vite pour les billets du mois d’avril!

*****·Comics·Nouveau !

Harleen

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Comic de Stjepan Sejic
Urban (2020), 232 p., one-shot.

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On commence ce panégyrique par une édition aux petits oignons, une des plus intéressantes faites par Urban comics! On commence par un petit « entretien » avec l’auteur, puis une table des matières et les trois livres séparés par une page de titre (les couvertures originales et alternatives des épisodes sont classiquement en fin d’ouvrage). Aperçu exclusif: Harley Quinn, son propre nouveau patient dans ...On termine pas un cahier de trente-trois pages comprenant donc les couvertures, toutes à tomber, une chronologie de la genèse de l’oeuvre sur plusieurs années, quelques courtes histoires d’une ou deux pages qui calent le style de Sejic et du personnage, des recherches graphiques, une bio et enfin des extraits de découpage. En clair la totalité des éléments permettant de comprendre la conception d’une BD sont là, le tout agrémenté par moultes dessins très finis. Une perfection… simplement atténuées par la décidément mauvaise habitude qu’a l’imprimeur roumain d’Urban de proposer des bouquins mal fabriqués (quand ce n’est pas une impression double c’est la couverture qui cloque ou la colle qui ne tient pas). Les ratés sur un gros tirage peuvent arriver, me concernant c’est presque un album sur deux… Il est temps de changer d’imprimeur!

Harleen Quinzel est une jeune psychiatre fragilisée par des études compliquées. Souhaitant démontrer sa théorie liant la folie des psychopathes à une rupture de l’empathie, elle obtient un financement de la fondation Wayne pour travailler sur les patients d’Arkham, alors que certains justiciers de Gotham remettent en question la morale d’une Justice qui ne les protège plus du pandémonium enfermé à l’Asile…

HARLEEN #1-3 (Stjepan Šejić) - DC - SanctuaryAttention, choc! Si j’attendais cet album c’était au vu des superbes planches et couvertures révélées par l’édition américaine. Je ne connais pas Sunstone, la série « érotique » qui a lancé le croate mais avais été assez bluffé par la section qu’il avait illustré sur Batman Métal. Et c’est la profondeur du travail psychologique sur son personnage et son approche féminine qui marquent sur ce one-shot qui fera date, après un White Knight de Sean Murphy qui avait déjà bouleversé les canons scénaristiques et qualitatifs de DC en jouant déjà sur cette analyse psychologique des personnages de Batman, du Joker et de Harley Quinn.

Au-delà des dessins qui sont donc absolument sublimes de la première à la dernière page (très peu de déchets, y compris sur les arrières-plans, souvent délaissés dans l’industrie du comic), c’est donc la progression narrative qui impressionne, avec cette structure ternaire permettant de montrer simplement trois phases de ce qui va amener Harleen à tomber dans la toile du Joker. Si l’idée de départ du personnage créé par Paul Dini fascine, la nouveauté ici est l’absence totale de manichéisme. Alors que le Batman est quasiment absent du récit, on évite absolument de nous montrer le Joker en fou-dangereux mais plutôt en rock-star, en Apollon dont le docteur se méfie dès la première rencontre. La subtilité de son jeu est remarquable et la force expressive des visages de Sejic donne une fragilité constante à Harleen qui ne nécessite pas d’appuyer ce déséquilibre qui mènera inévitablement à la chute. De fait le rythme est assez lent, avec peu d’action hormis cette introduction marquante (qui jouera beaucoup dans la faille de l’héroïne), mais passionne de par la finesse de la progression qui infuse comme un goutte à goutte. L’auteur a l’intelligence d’utiliser d’autres personnages iconiques de Gotham sans pour autant se perdre dans des intrigues secondaires inutiles pour aérer la tension en rendant très crédibles l’évolution intérieure de la psy.

En lisant Harleen vous tomberez inévitablement amoureux de cette fille douce et fragile, une jeune femme abîmée par des expériences amoureuses qui ne pourra résister à la manipulation du clown. A moins que le Joker ne soit lui aussi réellement amoureux? Impossible de le dire en refermant l’ouvrage dont une autre grande réussite est de ne pas juger. De Harvey Dent et sa bascule criminelle à Gordon, Batman ou Harleen, tout le monde a raison dans sa vision de ce qu’est le crime, ce que doit être la sécurité collective, de la manière de traiter la folie. Au fil des pages on voit cette fille sincère, mise en garde par beaucoup mais qui ne parvient pas à décrocher de son besoin d’aider, de soigner. Mal préparée elle succombera. Et le jeu des réflexions intérieures nous montre que celle-ci est consciente du risque et de la faille dans laquelle elle tombera. Mais en devenant l’amante du Joker ne se sauve-t’elle pas aussi? La continuité avec la vision de Sean Murphy est étonnante et vous pourrez presque envisager White Knight comme la suite de Harleen.

Harleen, le destin tracé de la plus célèbre des super-vilaines ...Les comics me lassent souvent par leur approche très américaine (de moins en moins, il faut le reconnaître… avec l’apport d’auteurs étrangers!) souvent infantile. En lançant le Black Label, DC souhaitait créer une collection adulte intégrant anciens ouvrages (le Red son de Millar vient d’y être introduit) et créations récentes. Quand on voit la qualité de ce qui est sorti depuis deux ans cela amène les plus lassé de l’éditeur aux deux lettres à revoir leur vision. Plus BD franco-belge, de part son format comme son ambition, le one-shot du croate Stjepan Sejic marque plus que jamais l’arrivée de comics adultes proposant des réflexions réalistes et profondes sur une mythologie de héros originellement en slip. Ce que le cinéma est parvenu à réaliser avec des Christopher Nolan sur Batman ou Zack Snyder sur Watchmen Sejic l’offre en BD… en n’imaginant pas que l’actuelle actrice du personnage de Harley Quinn, la superbe Margot Robbie, n’apparaisse pas dans une version grand écran de cet ouvrage. Une grande BD, peut-être la BD de l’année tous genres confondus et un album majeur de l’industrie des comics.

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Comics·Nouveau !·Numérique

Lazarus #7

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Comic de Greg Rucka et Michael Lark
Glénat (2020) – Image (2019), 132 p., série en cours.

badge numeriqueLe précédent volume commence à remonter puisque ma critique date d’un an et demi… Je n’ai pas lu le tome noté « 6 » chez Glénat, qui reprenait des épisodes spin-off apparemment peu intéressants. L’intrigue reprend donc bien au tome « 7 ». A noter que le nouveau cycle est sous-titré « Risen » chez l’éditeur original Image, Glénat ayant choisi de maintenir une continuité de tomaison. Espérons que cela n’oblige pas dans quelques volumes à une révision de la maquette sur les réeditions…

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Alors que la guerre des familles s’intensifie Forever noue un pacte avec sa sœur pour enfin rencontrer son clone. La défaite contre le Dragon a marqué les esprits et les alliances se font et se défont dans un monde sur le point de basculer…

Est-ce le fait d’avoir attendu un temps inhabituel entre le précédent opus et celui-ci? Le fait est que cette reprise, si elle est plus que jamais marquée du sceau de l’action (entre intervention commando hyper-technologique et affrontement primaire entre lazares), semble patiner un peu dans la résolution de l’affrontement géopolitique. Le nouveau contexte marqué par un réequilibrage interne à la famille est désormais connu mais les aller-retours géographiques avec des informations temporelles assez absentes pour le lecteur ne facilitent pas la compréhension. Une carte des noms des clans en début d’album aiderait grandement à contextualiser de qui on parle car dans ces discussions stratégiques on est un peu perdu. De même, le changement de coiffure de Forever rend parfois compliquée la lecture des actions entre des soldats tous harnachés de combinaisons de storm-troopers. Le style de Michael Lark peut diviser, personnellement j’ai du mal depuis le début de la série, ce qui ne m’empêche pas de’apprécier l’excellent scénario, très sombre, froid et psychologique de Greg Rucka. Hormis cela on assiste à des assassinats violents, à l’apparition de la matriarche Carlyle, au retour du Dragon et aux incidences de la guerre sur les populations civiles.

On attend toujours la série Amazon qui devrait propulser encore plus haut cette série dans la popularité geek et il faut reconnaître une solidité indéniable dans la progression dramatique (un peu lente….?) et des personnages forts. L’univers de Lazarus est noir, très très noir. Gageons que cette « résurrection » soit un chemin vers la lumière.

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****·Comics·East & West·Nouveau !

Mind MGMT: Guerres psychiques et leurs influences invisibles

esat-westPremier tome de 329 pages, comprenant les douze premiers numéros de la série écrite et dessinée par Matt Kindt, parution le 19/03/2020 aux éditions Monsieur Toussaint Louverture.

Where is my Mind ?

Depuis la publication de son best-seller, dans lequel elle résout des meurtres jusque-là non-élucidés, Meru Marlow cherche le rebond, la nouvelle inspiration qui lui fera noircir les pages de ce roman qu’elle espère, et, au passage, qui l’aidera à payer son loyer.

Seulement, la gestation de cette nouvelle œuvre est plus délicate que ce que la jeune femme avait pressenti. Les jours s’égrainent, tant et si bien que la hype de son premier roman a laissé la place à un vide existentiel qu’elle a grand mal à combler.

Toutefois, un jour a priori comme un autre avachie devant son écran de télévision, Meru tombe sur la commémoration d’un incident qui a laissé le monde entier sans voix: il y a deux ans, les passagers du « Vol 815 » ont posé le pied au sol amnésiques. Plus étonnant encore: l’un des passagers, Henry Lyme, s’est volatilisé durant le vol, sans laisser aucune trace.

Meru y voit là les prémisses d’un roman-fleuve, une enquête passionnante qui sera la base de son nouveau roman. Toutefois, en débutant ses investigations, Meru va s’apercevoir qu’elle a posé le doigt sur une couture qui pourrait détricoter la nature même de la réalité telle qu’on la connaît. Et bien vite, les agents du Mind Management, soucieux de maintenir le statu-quo tant qu’il sert leurs intérêts, vont se mettre à sa poursuite.

Ceux qui croivent savoir se trompent

Meru ne l’a pas encore réalisé, mais elle va bientôt découvrir une effrayante et silencieuse conspiration. Le Mind MGMT, entité anonyme, insaisissable, regroupe des agents dotés de capacités mentales hors-normes, formés à toutes sortent de techniques de manipulation, de coercition et de déstabilisation.

Certains de leurs agents sont capables, par exemple, de guérir n’importe quelle blessure par la seule force de leur volonté. D’autres encore ont le don d’anticiper l’avenir en décryptant les pensées de toutes les personnes autour d’eux, ou de créer des commandes subliminales par le biais de messages publicitaires ou de romans, manipulant ainsi les masses.

L’influence du Mind MGMT et ses ramifications sont insondables, quiconque étant susceptible de s’être fait effacer la mémoire, pour peu qu’il ou elle ait représenté une gêne. Meru est donc confrontée d’emblée à un ennemi invisible, invincible, même, qui peut prédire ses actions et jouer avec sa réalité comme bon lui semble.

Ainsi, les frontières du vrai et du faux se confondent-elles au fil des pages, au fur et à mesure que la jeune enquêtrice fauchée soulève les pierres que le MGMT aura bien voulu semer sur son chemin.

Encore une fois, Matt Kindt fait la retentissante démonstration de son talent d’auteur, en livrant une œuvre conceptuelle fourmillante de détails. L’ambiance y est pesante, et la paranoïa telle que l’on se surprend à revenir régulièrement en arrière, incertain de ce que l’on vient de lire un chapitre auparavant.

L’auteur pose patiemment les strates successives de son récit, alternant fausses pistes et révélations, certaines scènes posées dans un chapitre ne prenant sens que grâce à la nouvelle perspective apportée par une information jusqu’alors cachée. Dans Mind MGMT, la réalité perd de sa substance, elle se vide même de son sens étant donné qu’un souvenir peut être effacé, tronqué, altéré, ou tout bonnement fabriqué.

A l’ère de la toute-puissante information confrontée au péril de la Fake News, à l’heure des Deep Fakes et des algorithmes prédictifs, Mind MGMT vient apposer un filtre paralogique sur un questionnement quasi aporétique: où est la Vérité ?

Malgré une méta-narration maîtrisée de bout-en-bout, le graphisme de Kindt n’est clairement pas son point fort. On se laisse néanmoins porter par le trait esquissé et les chaudes aquarelles, qui accentuent encore le goût d’irréel qui traverse ce roman graphique d’une portée tout à fait étourdissante. Une lecture aussi dense que déroutante !

****·BD·Mercredi BD·Nouveau !

Léna dans le brasier

BD du mercredi

BD de Pierre Christin et André Juillard
Dargaud (2006-2020), 54 p/album, 3 tomes parus.

Troisième album de ce qui ne devait à l’origine pas être une série, Dans le brasier fait suite à un billet rétro sur les deux premiers volumes parus.

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La Grande conférence doit résoudre le conflit territorial qui déchire la Syrie. Des diplomates de différents pays protagonistes se retrouvent dans le huis clos très confortable d’un hôtel de luxe dont l’organisation logistique est dirigée par Léna Muybridge…

Léna -3- Léna dans le brasierÉtonnante non-série que ce triptyque autour du personnage de Léna, dont le scénariste Pierre Christin, connu pour sa rareté et l’intelligence de ses textes semble développer la biographie progressivement, de façon non préméditée. Nous l’avions connue endeuillée et recherchant un sens à sa vie dans le premier ouvrage qui date déjà de quatorze ans! Puis elle avait été enrôlée comme agent infiltré pour les services de renseignements. Comme un aboutissement après un second volume imparfait, la voici au cœur du Brasier, au cœur des négociations secrètes qui doivent déterminer de la paix alors que personne ne semble franchement désireux de résoudre ce conflit. Le risque de la caricature était grand, Christin y tombe un peu avec ces gros lutteurs post-soviétiques et cet iranien passé maître des coups d’éclat. Mais la série Le Bureau des légendes est passé par là et a redistribué les bases des histoires d’espionnage. Du coup le jeu de chacun deviens subtile et subtilement mis en scène par le trait toujours si élégant d‘André Juillard.

Léna Tome 3. Léna dans le brasier - André Juillard - Livres ...La caractéristique de la série c’est le contemplatif, là où le dessinateur excelle. Ainsi les pensées intérieures dominent les dialogues et l’on suit cette hôtesse de luxe sans vraiment être jusqu’au bout sur qu’elle est un agent infiltré. Au regard des précédents volumes c’est probable, au regard du personnage il n’est pas exclu qu’elle ait entamé une autre vie… Ainsi on navigue dans ce théâtre d’ombres à la suite de Léna, où les problématiques techniques de la résolution du conflit ne seront que survolées pour nous intéresser plutôt aux personnages, à ces profiles qui en disent long des pays et de leur diplomatie. Si le scénario traite partiellement d’une situation fictive (on est quand-même en Syrie), Christin veut tout de même parler du monde d’aujourd’hui. Les marqueurs empruntés à la Guerre froide et au monde décolonisé sont là, nous disant la permanence universelle des motifs de conflit (le plus souvent religieux!) mais nous rappelant immédiatement à l’actualité des pages internationales des journaux.Pierre Christin & André Juillard, Léna – t.03 : « Dans le brasier ...

Léna dans le Brasier n’est pas un thriller géopolitique mais bien un théâtre diplomatique marqué par la modernité des créations récentes sur le sujet. Abordant ce qui le passionne (la géopolitique) avec le style qu’on lui connait, Pierre Christin propose à son compère André Juillard le plus bel album de la trilogie, sans doute le dernier… a moins que les deux hommes ne puissent de séparer de ce fascinant personnage dont le mutisme grandit le mystère intérieur.

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****·Comics·Nouveau !

Black Hand & Iron Head #1

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Premier tome de 168 pages en format à l’italienne, écrites et dessinées par David Lopez, parution le 25 octobre 2019 aux éditions Urban Comics.

Sister Act(ion)

Alexia est une impétueuse jeune femme sur laquelle beaucoup d’espoirs sont placés. En effet, son père, le célèbre Iron-Head, est parvenu à mettre fin aux incessantes guerres entre super-héros et super-vilains grâce à sa Fondation, et canalise désormais les pulsions violentes de ces êtres surhumains par le biais de combats en cage retranscrits à la télévision, à mi-chemin entre les personnalités extravagantes du catch et la brutalité du MMA.

Le rôle d’Alexia dans tout ceci est très simple: reprendre le flambeau de son père à la tête de la Fondation, afin de maintenir la paix tout en entretenant le mythe d’un âge d’or des super-héros. Cependant, la jeune femme rêve d’autre chose, elle brûle de se jeter dans le feu de l’action pour réparer les injustices qui demeurent partout autour d’elle. Mais son père ne l’entend pas de cette oreille. Vieillissant, il compte bien prendre sa retraite après avoir confié les rênes à sa fille unique.

Après son décès soudain, Alexia, souhaitant respecter les dernières volontés de son père, va se retrouver propulsée à la tête de la Fondation. Mais elle découvrira durant les obsèques que son paternel cachait bien des secrets !

Je suis ta sœur !

Alors que les obsèques suivent leur cours, une jeune femme vindicative fait irruption dans la salle, clamant qu’elle est la fille illégitime…d’Iron Head ! Plus choquant encore, la jeune femme clame également être la fille de Black Hand, l’ennemie jurée d’Iron Head !

Ces révélations, corroborées par l’entourage d’Alexia, vont jeter une ombre sur cette figure paternelle bienveillante. Si Iron Head a menti quant à l’existence de sa propre fille, qu’a-t-il pu cacher d’autre sur sa vie et son accession au pouvoir ?

Alexia, déterminée marcher dans les traces de son père, devra d’abord déterrer ses secrets, tout en apprivoisant sa nouvelle sœur. Sacré programme !

Héritages et successions

Black Hand & Iron Head traite bien évidemment du thème de la transmission intergénérationnelle, de la façon que nous avons de nous conformer -ou pas- aux diktats familiaux et aux cases dans lesquelles les figures parentales veulent parfois faire entrer l’individu.

La famille est donc le paradigme utilisé par David Lopez pour développer son récit, durant lequel on prend plaisir à voir ces deux sœurs que tout oppose, apprendre à se connaître et se refléter en opposition à leur père.

Ce comics pourrait s’inscrire dans la même veine que Jupiter’s Legacy de Mark Millar, principalement par les thématiques abordées, l’ambiance du récit mais aussi par la disruption qu’il opère sur le compas moral habituellement attribué aux histoires de super-héros.

En outre, David Lopez nous offre un très beau comics au format à l’italienne, dans lequel il déploie tout le talent qu’il avait déjà mis au service des Big Two, durant une carrière étonnamment fournie.

 

C'est lundi...

C’est lundi, que lisez-vous? #107

septembre 2019

Ce rendez-vous a été initié par Galléane et son principe est de répondre aux trois questions:

1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?
2. Que suis-je en train de lire en ce moment?
3. Que vais-je lire ensuite ?
 
Cliquez sur les vignettes pour aller sur la critique quand il y en a une.
 

1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?

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Couverture de Thorgal -22- GéantsLibrairie Mollat Bordeaux - Collection - Graphic kidscouv_343822

2. Que suis-je en train de lire en ce moment?

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3. Que vais-je lire ensuite ?

couv_395244couv_384552Couverture de Glaucos -2- Tome 2

couv_1109Couverture de Terra Formars - Asimov -1- Tome 1

Salut les bdvores! Super semaine  de lectures avec de très bonnes surprises dans tous les genres! La Chute m’a un peu déçu par rapport à ce que j’en ai entendu mai sinon je me suis régalé, autant sur la relecture de Thorgal que sur le nouveau Léna… J’ai repris Origin que j’avais testé en numérique pendant le Covid et BAF! la grosse claque! J’ai du mal à décrocher… Du coup je pense que je risque de rattraper mon retard et conclure la série cet été et vais tester l’assez décrié Asimov (en deux tomes c’est pas très risqué). Je termine aussi le très sympathique Glaucos (en 4 tomes) avant de peut-être reprendre des séries manga en souffrance comme Innocent rouge ou Zetman

Sur la BD je vais enfin lire le nouveau Château des étoiles, un de mes marronniers les plus attendus avec les Vieux fourneaux… Je prends de l’avance sur les nouveautés comics avant de me lancer sur les très grosses sorties BD que sont le Lauffray et le Armand (allez voir la PAL si vous ne voyez pas de quoi je parle).

 


Et vous? qu’avez-vous découvert? Vos coups de cœur et trouvailles, ça m’intéresse!


Rappel des billets de la semaine dernière:

  • Lundi: 

Sympathique variation sur Sherlock Holmes venue d’Allemagne…

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  • Mardi:

Sur ce blog on aime beaucoup Stuart ImmonenDahaka vous a présenté cet OBNI totalement délirant!

 

  • Mercredi:

La conclusion du très sympathique diptyque Space-opera du petit éditeur Kamiti.

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  • Jeudi:

Ca a la couleur de Hellblazer, ca a le gout de Hellblazer… mais c’est Hope et c’est très bien!

  • Vendredi:

Vendredi c’était un billet d’actu avec un focus sur mon site de gestion de bibliothèque que vous invite vivement à découvrir!

  • Samedi:

Malgré un nom pour le moins étrange… une très sympathique découverte manga dans l’univers de la plongée. Après Centaures, décidément plein de pépites chez Glénat manga!

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  • Dimanche:

La semaine s’est terminée par un très joli livre enfant et encore une illustratrice britannique qui nous régale les yeux et le cœur…

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****·Jeunesse·Littérature·Nouveau !·Service Presse

Pandora

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Album jeunesse de Victoria Turnbull
Les Arènes (2020) – Lincoln Children’s books

bsic journalismMerci aux éditions Les Arènes pour leur fidélité

L’ouvrage au format carré comprend trente-deux pages d’illustrations. La couverture est en tissu brillant très agréable. Pandora est le troisième ouvrage de Victoria Turnbull, illustratrice britannique multiprimée.

Pandora est un petit renard qui vit seule sur une terre dévastée et polluée par les détritus. Très habile de ses pattes, elle récupère tout ce qu’elle trouve pour fabriquer des objets et réparer. Très seule, elle ne peut malheureusement pas partager ses trouvailles avec un ami. Jusqu’au jour où un oiseau bleu tombe du ciel. Cassé. Victoria ne sait pas comment réparer un être vivant. Pourtant grâce à son amour et sa patience l’oiseau se remit et prit son envol. Pandora se retrouve de nouveau seule… Mais l’oiseau revient un jour avec une étonnante plante… qui va pousser jusqu’à recouvrir la maison puis la terre entière d’un magnifique manteau de verdure…Victoria Turnbull and her book Pandora - Кристина Радкевич

Je chronique peu d’ouvrages d’illustrations et encore moins d’ouvrages de littérature jeunesse. Le graphisme et la poésie de Pandora m’ont pourtant attiré et la lecture de ce livre est un enchantement! J’ai beaucoup parcouru les ouvrages pour enfants quand mes pitchou étaient à l’école primaire et j’ai retrouvé avec grand plaisir la magie de ces univers d’histoires courtes où l’illustration a un rôle si important pour transmettre des sentiments, des idées, des sensations que la Bande-dessinée, plus technique, oublie souvent de passer.Pandora – Victoria Turnbull – Crescere Leggendo

La sensibilité artistique de l’autrice est palpable avec une étonnante technique qui donne un aspect vaguement flouté aux images. Alternant pleines pages, doubles pages et séquences, Turnbull nous raconte une histoire très moderne, parlant de nature dégradée, de réparation et de solitude. Autant de thèmes hyper-contemporains dont elle parle avec tendresse aux enfants. Fourmillant de détails, ses décors peuvent faire penser par moments au travail de Claude Ponti.

Pandora by Victoria Turnbull | 9781847807502 | Booktopia

Je suis toujours fasciné par la quantité d’informations que peuvent véhiculer ces ouvrages pour la jeunesse avec poésie. Avec cette courte histoire à la beauté onirique Victoria Turnbull nous propose un classique immédiat pour parler avec ses enfants d’écologie et d’amitié.

 

***·Manga·Numérique·Rapidos

Glaucos #1

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Manga de Akio Tanaka

Glénat (2006-2007) – Kodansha (2004), 220p./volumes, série finie en 4 tomes.

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Cissé est né dans la mer, mystérieusement, et sauvé par des dauphins. Ayant grandi auprès d’un pécheur sur un îlot du Pacifique, il est un jour repéré par l’ancien champion du monde de plongée en apnée qui voit en lui le successeur destiné à récupérer le record de profondeur…Killy on Twitter: "À noter qu'Ascension est une adaptation du ...

L’ouvrage commence comme un mythe, surprenant, un peu brutal: l’image d’une femme accouchant au milieu de l’océan, sur des planches en couleur de toute beauté et très poétiques. Puis on bascule dix-sept ans plus tard: Cissé, jeune homme longiligne et sec, aux yeux et lèvres le rapprochant des poissons, danse au fond de l’eau. Le rythme de ce premier tome avance vite puisque en deux-cent pages on assiste à la naissance de Cissé, son départ pour le Japon, lui qui n’a jamais reçu la moindre éducation scolaire et n’est jamais parti de son îlot, ses analyses médicales surprenantes et le début de sa formation pour reconquérir le titre de champion détenu par un certain Petit dont l’image commence déjà à hanter le jeune homme. Les interactions entre les personnages sont assez intéressantes, avec ce champion déchu et revanchard dont on soupçonne la manipulation, la chercheuse qui voit en Cissé l’archétype de l’évolution du genre humain et ce héros tout à fait immature qui va devoir apprendre que les capacités innées, aussi incroyables soient-elles, ne suffisent pas sans entraînement et travail. Le travail graphique est plutôt réussi avec de très beaux paysages et des visages de type franco-belge malgré quelques faiblesses anatomiques assez surprenantes. J’ai retrouvé dans ce bel album l’énergie sport-nature d’Ascension de Shin’ichi Sakamoto (sorti après Glaucos), avec des images de nature aquatique, l’aspect technique du sport extrême et la figure classique du jeune homme rebelle mais à la volonté d’airain.  Une belle découverte!

Actualité·BD

Ma BDthèque: BDphile

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Aimer la BD c’est bien mais dès que l’on commence à avoir une grosse collection c’est utile de pouvoir la gérer sur autre chose qu’un vieux tableur excel/calc… Pas mal d’applications payantes existent (notamment le célèbre BDgest). Personnellement, très attaché au principe de Libre et de Communs j’ai cherché une base de donnée participative et l’ai trouvée dans le travail incroyable d’Adrien Lauqué et son site BDphile. Il ne s’agit pas a proprement parler de Libre puisque l’auteur est propriétaire de l’infrastructure logicielle et qu’il n’a pas posé de labellisation Creativ commons mais il s’engage à ce que le site reste toujours gratuit, d’inscription libre et basé sur la collaboration des utilisateurs dans la réalisation de la base de donnée.

Très franchement au regard de sites commerciaux il est très rare de ne pas trouver un album dans la BDD qui me semble peut-être même plus complète que Babélio ou Livraddict. Normal me direz-vous puisque c’est un site spécialisé, mais le travail de fonds reste très important. La simplicité et lisibilité des fiches de création et modification est remarquable et facilite la montée en charge de la base qui comprend actuellement 133000 albums! Le plus compliqué est finalement de rattacher la bonne édition…

 

Au niveau des fonctionnalités, outre le fait d’avoir la plupart du temps un grand nombre d’éditions, notamment les rééditions, éditions spéciales et de libraires (plus riche que sur BDgest sur ce plan) il est possible d’ajouter des dédicaces sur un album, des commentaires et une fonctionnalité de Critiques… qui ne semble malheureusement pas encore fonctionner. Du coup les critiques courtes sont faites en commentaires, ce qui reste tout à fait utilisable.

 

Vous avez accès à un gestionnaire de prêts, des graphiques représentant vos stat (achats, type d’albums comme BD/Manga/Comics), liste d’achats, parutions à venir,… Vous pouvez exporter votre bdthèque et le site vous indique même la valeur d’achat de votre collection… bref, tout cela est très complet, assez joli, agrémenté d’une communauté assez active et, donc, véhiculé par une démarche vraiment positive.

 

Je ne connais pas précisément les autres sites commerciaux de gestions de BDD mais sincèrement quand je vois tourner BDphile je ne vois pas ce que je pourrais trouver de plus ailleurs et je vous invite vivement à venir essayer le site et à l’alimenter de votre passion, avec un immense merci à Adrien Lauqué pour son investissement!

Précision: les captures affichée sont sur l’ancienne version. la nouvelle est plus jolie mais propose les mêmes informations.