***·BD·Comics·East & West

Ether

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Deux premiers tomes de 114 pages, d’une série écrite par Matt Kindt et David Rubin. Parution dès 2017 aux US chez Dark Horse, parution en France le 21/09/2018 et le 30/08/2019 aux éditions Urban Comics, dans la collection Urban Indies.

Blondin avait publié un avis à la sortie du premier tome.

Enquêtes mortelles au pays des rêves

Boone Dias est un aventurier d’un genre bien particulier: après avoir découvert une nouvelle dimension, nommée l’Éther, ce scientifique rigoureux bien que controversé s’est lancé à corps perdu dans son exploration, devenant au fil des années une sorte d’enquêteur attitré pour cet univers régi par des règles étranges.

Si Boone Dias a pu résoudre des affaires toutes plus inextricables les unes que les autres dans l’Ether, c’est grâce à son esprit affuté et son absolu pragmatisme, qui sont à contre-emploi dans un monde dont le substrat semble défier toute logique. Le scientifique-explorateur met en pratique la fameuse Troisième Loi de Clarke, qui veut que toute science suffisamment avancée soit indiscernable de la magie, si bien qu’il perce aisément tous les mystères qui se présentent à lui en se raccrochant à ses connaissances.

Mais si l’Ether représente le rêve de tout aventurier, sa découverte et son exploration ont eu un coût exorbitant pour Dias: le temps passant différemment dans chaque monde, le scientifique a du laisser derrière lui sa vie terrienne, sacrifiée sur l’Autel de la Science…

Le Sherlock Holmes transdimentionnel

Lors d’une de ses excursions dans l’Ether, Boone va se voir confier une enquête bien particulière: élucider le meurtre de la Flamme d’Or, la gardienne réputée invincible du royaume. Ses investigations périlleuses vont le mener dans les recoins sombres et inexplorés d’Agartha, la capitale, et le confronter à son insidieux adversaire, Lord Ubel, gardien du savoir de l’Ether, maître de la duplicité et fourbe ourdisseur de complots les plus retords.

Dès les premiers chapitres d’Ether, on est frappé par la dynamique très holmesque de l’univers mis en place par Matt Kindt. Comme l’incontournable détective de Baker Street, Boone est un homme gouverné par la raison, doté d’un esprit si cartésien et détaché qu’il en devient presque antipathique, car sa manie de décortiquer les évènements magiques de l’Ether l’empêche d’en saisir toute la beauté (il faut savoir également qu’Arthur Conan Doyle n’aimait pas Sherlock, ou en tout cas, il souhaitait dénoncer à travers ce personnage le détachement scientifique).

Boone Dias se paie même le luxe d’avoir à ses côtés un Watson, en la personne de Glum, une Irène Adler en la personne de Violette, sans oublier son Moriarty, se cachant sous les traits de Lord Ubel.

Malgré ses manies, Boone reste un personnage attachant, notamment du fait des sacrifices auxquels il a consentis pour pouvoir explorer l’Ether. Chacun de ses retours dans le monde réel, chacun de ses départs pour le monde magique est déchirant, ce qui confère une dimension humaine à cet aventurier hors du commun.

Le dessin de David Rubin donne une forme spectaculaire à l’Ether, le dessinateur espagnol sait parfaitement rendre tangible l’architecture étrange et les personnages bigarrés qu’on y croise. Grâce à son trait, on saisit bien aussi la différence entre les deux mondes, par les jeux de couleurs notamment.

Les deux tomes d’Ether parus chez Urban comics sont une belle découverte, idéal pour combler votre confinement !

BD·C'est lundi...·Manga

C’est lundi, que lisez-vous? #95

septembre 2019

Ce rendez-vous a été initié par Galléane et son principe est de répondre aux trois questions:

1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?
2. Que suis-je en train de lire en ce moment?
3. Que vais-je lire ensuite ?
 
Cliquez sur les vignettes pour aller sur la critique quand il y en a une.
 

1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?

couv_345029couv_356642couv_372107

couv_377354couv_386902Couverture de Thorgal -10- Le pays Qâ

https://www.unidivers.fr/wp-content/uploads/2020/01/2782788_image_82191072_2186541884988001_6089612684779585536_n.jpgcouv_303869

2. Que suis-je en train de lire en ce moment?

couv_385597Couverture de Le quatrième pouvoir -INT- Intégrale

3. Que vais-je lire ensuite ?

Couverture de Jakob Kayne -2- Le maître de l'oubliCouverture de Wonder Woman/Batman : La Chute de Tír na NógCouverture de Thorgal -11- Les yeux de Tanatloc

Couverture de Thorgal -12- La cité du dieu perduCouverture de Thorgal -13- Entre terre et lumièreCouverture de Jormungand -1- Tome 1

Avec le ralentissement des actu j’ai enfin réussi à enchaîner la série cyberpunk Ex-Arm, héritière directe de Ghost in the Shell et c’est de plus en plus bon malgré un retard à l’allumage. Je rattrape également le retard sur le dernier Blake et Mortimer (bof-bof…) et ai commencé le pavé documentaire du très bon dessinateur de Arale. Je constate que mes plans de lecture sont respectés et que la PAL descend. Ça ne permet toujours pas de se mettre à des vieilles séries (hormis Thorgal que je relis tranquilou avec ma fille… et c’est toujours aussi bon, ne serait-ce que cette sublime couverture de Rosinski sur le Pays Qâ!!!).

Pour la suite je vais continuer le cycle du paye Qâ avec ma fille (toujours génial de faire découvrir des saga aussi intenses…) avec probablement un billet qui suivra. La Chute de Tir na nog m’avait pas mal accroché graphiquement à sa sortie, il est temps de s’y mettre et pour finir je dois commencer la série Jormungand gentiment envoyée par mon nouveau partenaire Meian. Avec le pavé documentaire La bombe j’ai entamé en dernière minute l’intégrale du Quatrième pouvoir de Gimenez, magnifique auteur qui nous a quitté des suites du virus. Toujours dommage d’attendre la mort d’un auteur pour en parler mais il faudra que je fasse un billet sur cette intégrale voir un plus général sur l’auteur. Après il faudra que je me relise enfin Le Lama blanc


Rappel des billets de la semaine dernière:

  • Mardi:

Beaucoup de post-apo en ce moment sur le blog (symptôme d’une époque?). Dahaka a commencé la semaine avec le premier tome d’une série ambitieuse…

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  • Mercredi:

Série majeure qui termine son premier cycle sous les dessins toujours somptueux de Josep Homs!

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  • Jeudi:

Ankama propose décidément plein de petites séries très originales dont Bots, histoire de robots…

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  • Vendredi:

Fournée de BD en retard…

 

 

 

  • Samedi:

On continue les séries manga en cours avec le cyberpunk Ex-Arm et LastMan.

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  • Dimanche:

Changement de mois dit passage obligé par un bilan…

Le Bilan


 

Et vous? qu’avez-vous découvert? Vos coups de cœur et trouvailles, ça m’intéresse!

A propos...·Bilan

Le bilan du mois #13: mars 2020

Le Bilan

C’est l’heure du bilan du mois de mars, après un mois de février court et qui était passé sous les 2000 vues. Je ne cache pas que mon objectif est de maintenir le blog au-dessus de cette barre toute l’année, contrairement à l’an dernier où il y avait eu une baisse du printemps à l’automne. Pour le moment on reste donc (hormis le mois dernier à 1800) quasiment à 2000, de façon stable par rapport à 2019. L’étape cruciale c’est avril qui avait perdu de façon durable quelques 300 vues… Le passage à un billet quotidien depuis janvier aide à grossir les stat mais le ratio se maintient à environ 2.20 vues par personnes, ce qui est un gros gain par rapport à l’an dernier.

Sur Twitter les stat sont stables, avec environ 15 nouveaux abonnés par mois (435 en tout) et un gros saut à 70.000 impressions ce mois-ci, ce qui double la moyenne. Des discussions avec des blogueurs m’incitent à grossir l’activité Twitter qui semble apporter pas mal de vues chez les autres. Il faudrait que j’envisage des concours et autres processus classiques d’attraction d’audience. Je pense que je ne tag pas suffisamment de gros attracteur, comme le montre mon petit billet sur Batman Ninja qui a procuré énormément d’impression. A l’inverse mon billet sur Ultralazer T2 a créé beaucoup d’audience pour assez peu de retours blog. Les voies des RS sont impénétrables… Sur FB je ne donnerais que le nombre d’abonnés de la page (environ 1000), stable depuis plusieurs mois. J’ai beaucoup de mal à lire les stat de page de FB pour en sortir des infos claires mais j’ai l’impression que FB n’est pas très efficace en matière de vues blog, contrairement au relationnel auteur qui marche très bien. Sur Instagram enfin j’ai pris 30 abonnés depuis janvier malgré une activité très maigre. Pas encore trouvé de moyen économique de fructifier sur Instagram qui m’apparaît comme un réseau spécifique qui n’a pas vocation à être lié aux autres. Autant publier les billets sur Babelio, BDgest ou senscritique ne prends pas beaucoup de temps, autant doubler l’activité avec instagram ne m’apparaît pas très efficace…

  • Les billets les plus vus du mois:

Comme depuis le mois dernier on reste sur des nouveautés, ce qui est positif. Rags continue à être un aspirateur à vues mais Sun ken-Rock a disparu, ce qui normalise l’activité. Je suis content car hormis les 7 Ninja d’Efu qui a profité de la grosse activité manga sur Twitter, les autres sont plutôt des outsiders (et de très bonnes BD). Dommage que l’excellentissime Streamliner ne soit pas dans le top mais bon… Le billet sur Le mur de Dahaka est tout récent, s’il continue sur sa lancée il est probable qu’on le retrouve le mois prochain! Pour tous ces billets on est entre 20 et 70 vues sur le mois.

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couv_372707  couv_382245 47dca0c62522ebfebb210ed1c0bab8eb

  • East & West: 8 billets
  • BD: 11 billets
  • Docu: 1 billets
  • C’est lundi…: 4 billets
  • La Trouvaille: 0 billet
  • Jeunesse: 3 billet
  • Visionnage: 1 billets

Je n’ai pas avancé sur les bannières et l’intitulé des billets manga/comics que je trouve un peu confus… On reste à un haut niveau de comics dans les billets et on va basculer sur un nouvel objectif de réequilibrage vers les manga. Nos partenariats sont maintenant costauds et nous donnent une bonne visibilité ce qui facilite découvertes et un bon panorama. Sinon comme d’habitude (c’est bon signe) les pages permanentes, notamment les Top annuels, A venir (que je dois consolider un peu) et la PAL vous intéressent toujours beaucoup.

Nous serions intéressés par votre avis sur la différence entre les billets de Dahaka et les miens notamment en matière de mise en page. On n’a pas voulu être trop formaté, du coup la forme change. Est-ce que c’est dérangeant? Souhaitez-vous un blog très homogène ou pas forcément?…

J’espère que ces infos back-office vous auront intéressés. N’hésitez pas à poser des questions en commentaires ou par mail et me faire part de vos suggestions sur l’évolution du blog, ce qui vous plaît ou pas. A très vite pour les billets du mois de mars!

**·***·****·Comics·East & West·Manga·Numérique·Rapidos

Sushi & Baggles #31

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  • Lastman #2 (Balak, Vivès, Sanlaville/Casterman) – 2013, série finie en 12 volumes.

mediathequecouv_191184J’apprécie l’envie d’avancer rapidement dans cette série à lecture rapide. Ce tome voit la conclusion du tournoi entamé sur le premier volume et le développement du background de Richard et de sa relation avec le gamin et sa mère. L’univers est toujours surprenant, entre Moyen-Age et contemporain, sans que l’on sache si l’on est dans un monde post-apo ou non. Certainement que les auteurs vont profiter de la fin de ce premier arc pour construire leur univers et un antagonisme qui reste léger pour l’instant, hormis le fameux Lord Ignacio et son champion Cristo Canyon. Que ce soit sur les combats ou non le sens du cadrage et de l’action sont redoutables et confirment le talent de Michael Sanlaville pour transposer le dynamisme de l’Animation en BD.

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  • Ex-Arm #7 (Hi-rock/Shin-Ya Komi/Delcourt) – 2018

couv_326423Décidément cette série aux graphismes toujours impériaux fait les montagnes russes avec une vraie difficulté à maintenir une tension dramatique (sans doute du fait d’une intrigue générale assez légère…). Ce volume n’est pas mauvais en soi mais on sent l’aspect Ecchi gratuit (euphémisme?) prendre le dessus. C’est dommage car on commence par la fin du combat entamé au volume précédent et qui, comme toutes les bastons depuis le début est très bien tourné. Ça reste du corps à corps mais le dessinateur propose ce qui se fait de mieux en Manga en matière de cadrages et de dynamisme. Très vite on retombe ensuite dans de longues explications sur les relations entre les différentes mafia et sur le mystérieux « faucon du désert ». Depuis le début de l’arc on a bien compris que tout le monde possédait une Ex-arm et que la baston finale s’annonçait impressionnante. Le volume est donc un (nouvel) intermède permettant de voir Alma nue et les contre-plongées lourdingues sur les jolis arrières trains des demoiselles. On lit rapidos et on attend la suite…

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  • Ex-Arm #8 (Hi-rock/Shin-Ya Komi/Delcourt) – 2018

couv_345029On finira par s’y faire, dans cette série après un album passable vient toujours un autre excellent. Ce huitième volume des aventures de Minami et Alma l’androïde marquent une entrée dans l’action: les familles mafieuses se lancent dans une chasse sanglante dont il ne doit ressortir qu’une poignée d’enchérisseurs pour la vente des Ex-arm. De nombreux manipulateurs dans l’ombre surgissent et on a droit à de magnifiques combats dont les dessins font toujours autant baver, tant par la qualité du design que par la technique des dessins, jusqu’à la finesse des textures. Encore une fois, Ex-Arm est un manga très grand luxe! Comme l’histoire se développe (notamment des révélations sur le mystérieux roi du désert et ses liens avec Minami avant un combat dans le noir particulièrement tendu) on a moins de vues Ecchi et une intrigue plus linéaire ce qui fait du bien. Restent quelques ellipses brutales comme depuis le début mais cela reste un détail. Ce tome est pour moi le meilleur depuis le début et parvient à véritablement nous happer vers la suite. En espérant que cette tension se maintienne jusqu’au bout!

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**·***·****·BD·Nouveau !·Rapidos

BD en vrac #16

  • Les métamorphoses 1858 #3 (Ferret, Durand/Delcourt) – 2020

couv_381456badge numeriqueFerret du Durand avaient marqué un sacré coup de neuf lors de la sortie des deux premiers albums d’une série qui se termine ici. Conclusion oblige, on est ici dans le tome des résolutions et malheureusement, malgré un méchant plutôt réussi, les auteurs semblent ne pas savoir comment refermer les mystères et portes ouvertes. Commençant l’ouvrage avec un raccourci qui nous téléporte les deux visiteurs de l’ïle dans la fameuse clinique, on navigue ensuite dans une grande linéarité à base de destruction de laboratoire. Le découpage et cadrage sont toujours aussi sympathiques et percutants et les décors grandioses. Mais Le soufflet retombe donc sur un final qui ne soulève ni surprise ni grand enthousiasme. Il est toujours très compliqué de conclure une histoire et les auteurs l’éprouvent ici clairement. Ce n’est pas très grave et la série qui les a fait pénétrer le monde du neuvième art restera un très beau moment marqué par la passion et un sacré travail. De quoi attendre leurs prochaine création avec envie.

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  • Conan: les mangeurs d’hommes de Zamboula (Gess/Glénat) – 2020

badge numeriquecouv_386004La série Conan continue son bonhomme de chemin avec toujours la même interrogation sur le motif de réalisation de chaque album. Si le matériau de départ n’est pas extraordinaire (ce qui est patent sur ce tome), la liberté de choix des nouvelles par les auteurs contactés par Glénat crée parfois des ouvrages assez dispensables. Ce Mangeurs d’hommes de Zamboula  est des mots même de Patrice Louinet (le spécialiste de Conan qui co-dirige la collection avec JD Morvan) totalement dérisoire et parfaitement mercantile. Si les autres histoires déjà publiées n’ont pas pour qualité premières leur profondeur, on nage ici en plein nanar que vous apprécierez d’autant que vous le prendrez au quinzième degré. Dès l’entame, malgré une mise en scène efficace du chevronné Gess, on tombe en pleine discussion de Conan avec un vieillard qui nous fait nous demander si l’on a raté un épisode. Dans ce qui suit tout est absurde, du héros qui se jette dans la gueule du loup à l’irruption tout à fait raciste des noirs mangeurs d’hommes (et pour le coup fidèle au texte source que le dessinateur n’a fait qu’adapter) en passant par la donzelle qui se balade à poil sur la totalité de l’album. On remarquera d’ailleurs l’incohérence de l’éditeur qui pousse le coquin Cassegrain à l’autocensure quand ici la nudité ne pose pas de problème… Du reste dans le genre pulp, cet album cohérent avec le genre, Conan est invincible et jamais effarouché, les filles sont belles, les cités sont orientales et les magiciens de redoutables illusionnistes dont on ne cherche pas d’autres motivations que d’être méchants. Côté dessin si vous aimez Gess, c’est plutôt chouette, notamment sur les décors. Sinon vous retrouverez les mêmes choses qui font tiquer, des couleurs étranges à certaines difficultés anatomiques… Je conseillerais donc cet album aux fana de Conan ou de Gess, pour les autres, reportez-vous plutôt sur le Colosse noir ou le Augustin.

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  • Harmony #5 (Reynes/Dupuis) – 2019

Le premier volume du second cycle a été chroniqué ici. Le premier cycle est visible ici.

couv_377306La construction des scénarios de Mathieu Reynes est de plus en plus sophistiquée et pourraient en déstabiliser certains. L’alternance temporelle et des personnages n’est pas toujours linéaire, ce qui complexifie la lecture. Ce volume se concentre sur le grand méchant qui cherche à redonner vie au dieu déchu Azhel. On rentre ainsi dans une phase décisive où l’antagonisme entre deux groupes d’humains puissants se révèle, jusqu’à une scène qui fait directement référence à Akira, le modèle assumé. Mais la série Harmony a montré depuis son premier volume combien elle était dotée d’atouts propres, de ces inspirations digérées pour accoucher d’une création originale. Je reprocherais peut-être un peu le manque de scènes épiques, l’auteur flirtant parfois avec un fantastique qui peut virer grandguignole… mais sans jamais y tomber. Au contraire, la maîtrise graphique (et la colorisation, superbe), le découpage cinématographique et l’esthétique générale ainsi que l’existence de simples humains très « normaux » donnent du corps à la série. Si le premier cycle a donné lieu à force affrontements magiques, ce n’est pas le cas ici où l’intrigue reste assez sage. Comme depuis le début on attend un peu plus de révélation (je crains une série très longue) mais le plaisir reste très grand à la lecture de l’album. Une réalisation très sérieuse, très pensée d’un auteur en pleine maîtrise de son projet et des moyens pour le réaliser. Une des meilleurs séries fantastiques actuelles.

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****·BD·Jeunesse·Nouveau !·Service Presse

Bots #3

Troisième et dernier tome de la série, 75 planches dessinées par Steve Baker et écrites pas Aurélien Ducoudray. Parution le 31/01/2020 aux éditions Ankama.

bsic journalismMerci aux éditions Ankama pour leur fidélité.

La Planète des Bots

couv_381512Rip-R, jeune robot mécanicien, fait la connaissance de son binôme, l’imposant War-Hol, sur l’un des champs de bataille perpétuels qui essaiment la planète depuis des temps immémoriaux. Ce duo improbable va se découvrir un destin hors du commun lorsqu’une étrange créature va émerger des entrailles de War-Hol: une toute petite unité d’un genre que personne n’a jamais vu, qui ne contient ni métal, ni batterie, ni boulon quelconque, et qui fait des drôles de bruits…

Car voyez-vous, les robots accomplissent leur programme et se sont reproduits depuis si longtemps que plus aucun d’entre eux n’a conscience de leur histoire, de leurs origines, ni de ce qui les a précédé. L’existence de l’Humanité relève dans le meilleur des cas du mythe, lorsqu’elle n’a pas été tout simplement effacée des bases de données.

Rip-R et War-Hol vont donc devoir percer à jour ce mystère, en découvrant ce que cette créature, ce « beh-beh », faisait à l’intérieur du robot de combat, et qui sont ceux que l’on appelle les « ohms ».

Après leur passage en prison et leur évasion spectaculaire dans le tome 2, le trio se retrouve aux prises avec des androïdes vouant un culte au bébé, qu’ils voient comme leur élu, la clef du renouveau du genre humain. Mais pour que l’élu puisse accomplir cette destinée, il va falloir le conduire à un endroit très dangereux…

Messie 2.0

Aurélien Ducoudray et Steve Baker concluent leur brillante trilogie en poursuivant dans la lignée des deux premiers tomes: des situations cocasses servies par des dialogues savamment écrits, des références graphiques et thématiques bien maîtrisées et des personnages attachants, désarmants d’humanité.

Sur le plan thématique, Bots explore la propension de l’Homme à s’autodétruire, ainsi que la trace qu’il laisse de son passage sur Terre, sous la forme de créatures à son image. Ici, point de haine de la créature envers son créateur ingrat, mais plutôt une bienveillance teintée d’émerveillement, qui rend l’artificiel plus humain que l’humain.

Comme Néo doit se rendre à la Source pour assurer le salut de l’Humanité, le « beh-beh » doit lui aussi se rendre là où tout doit recommencer, et dans les deux cas, le prix à payer prendra nos attentes à rebours.

Ce tome 3 de Bots confirme la virtuosité de l’écriture de Ducoudray et l’aisance graphique de Baker, une série à ne pas manquer !

****·BD·Nouveau !

Shi #4: Victoria

BD du mercrediBD de Zidrou et Homs
Dargaud (2020), 56 p., premier cycle de 4 volumes fini.

couv_383083Simple remarque en préambule: la fameuse citation affichée en page de garde de tous les albums de la série trouve ici son explication…

Alors que les crocs du redoutable limier de l’impératrice se referment sur Jay et Kita, l’heure de gloire des Glorieux Eriés semble venue quand Victoria adoube leur projet de flotte ultra-moderne de reconquête des colonies d’Amérique. C’est sans compter sur les sans-grade, ces enfants des rues invisibles à l’Empire mais qui ont bien décidé de prendre leur destin en main, sans crainte d’affronter la force des adultes…

Ça y est, le premier cycle de cette magnifique série victorienne un peu dérangeante se termine, dans les temps et en maintenant une qualité moyenne assez élevée. Ça semble enfoncer des portes ouvertes mais tenir à la fois une ligne graphique homogène (les dessinateurs évoluent souvent entre les albums) et un scénario équilibré entre les tomes est très loin d’être évident, même pour les grosses séries grand-public d’auteurs chevronnés. Il est donc l’heure de faire un premier bilan.

Shi - Victoria, BD et tomes sur ZOOComme d’habitude je vais commencer par les deux seuls points qui peuvent faire discussion, à savoir l’aspect fantastique et le croisement entre les mésaventures de Jay et Kita et l’époque contemporaine. Ce n’est pas un détail car ces deux aspects sont selon moi deux des trois éléments scénaristiques qui rendent cette série si intéressante. L’aspect fantastique donc est a mon avis le plus discutable en ce que pour l’heure il n’apporte à peu près rien et fait porter le risque d’atténuer la touche « dikensienne » de la série. Ce qui m’a marqué sur ces quatre albums c’est cette vision ultra-réaliste, très britannique, d’une société victorienne déconstruite par Zidrou en montrant la réalité la plus sordide de cette domination du mâle blanc de la haute société, si droits, si dignes dans leurs costumes et si pitoyables une fois en robe de chambre dans le cocon opaque du foyer. Une coloration assez proche de ce que faisait Loisel il y a vingt ans, mais finalement moins sordide. Histoire de sensibilité et de graphisme sans doute. Sur cet album plus encore que sur les deux précédents le scénariste abuse de ces démons issus des tatouages sur le dos des filles et du vieux mentor en en faisant l’outil majeur de la vengeance contre le projet des glorieux Eriés. En cela il permet à Homs de nous faire plaisir avec de vastes pages très graphiques mais cela atténue la tension avec ce Deus Ex Machina pour lequel on ne nous a toujours rien dit et qui semble une grosse facilité scénaristique. C’est d’autant plus dommage que la montée en puissance des enfants des rue, comme une foule de rats inarrêtables, ainsi que le couple vengeur formé par les deux femmes suffisait à passionner avec cette idée de faibles victimes renversant l’empire britannique… Gageons que les auteurs savent où ils vont et le pourquoi de cette régulière mais brève irruption fantastique dans la série.

Sans titreÉtrangement après deux albums construits en croisement temporel avec une enquête de nos jours les deux suivants se déroulent intégralement au XIX° siècle. C’est étonnant et l’on se demande si Zidrou ne s’est pas aperçu en cours de route de la difficulté à maintenir ce croisement entre plusieurs cycles et l’attente instillée chez le lecteur. Une inversion temporelle est à prévoir pour le prochain cycle étant donnée la conclusion de ce Victoria qui sonne comme une vraie conclusion permettant une prolongation généalogique. On imagine donc un second cycle au XXI° siècle avec quelques insertions des descendants des héroïnes. Les quelques narration épistolaires vues dans les quatre albums deviennent plus systématiques à mesure qu’on approche du dénouement et structurent ce volume. C’est esthétique et intéressant même si la chute m’a parue assez brutale. Globalement, si l’intrigue de vengeance est aboutie, beaucoup de pistes lancées (comme ces scènes familiales et intimes de l’impératrice…) n’ont guère progressé, ce qui peut produire une certaine frustration… de celles qui naissent de BD talentueuses.

Sans titreGraphiquement Josep Homs continue de nous ravir, malgré des pages bien plus sombres que d’habitude mais qui lui permettent de montrer son travail de textures et de hachures. L’espagnol n’est pas seulement un très grand coloriste, ses dessins se suffisent à eux-même. Les personnages qu’il crée sont terriblement marquants et justes, entre la caricature et le réalisme. Le dessinateur est à l’aise dans tout ce qu’il dessine, de près, de loin, architecture comme corps, tissus comme nature… la véritable révélation de Shi c’est lui et sur le plan graphique c’est un sans faute total!

Le dernier tome de ce premier cycle est à la fois efficace comme conclusion d’un arc cohérent et marqué par les quelques hésitations scénaristiques d’un auteur qui semble avoir parfois du mal à ne pas mettre tout ce qu’il voudrait dans ses histoires. Je me garderais bien de critiquer, tant la richesse de ses intrigues, des personnages, du découpage ou surtout de la peinture sociale sont les marques d’un grand scénariste. Shi apparaît ainsi comme la version BD de ces grands films hollywoodiens qui parviennent à propose des histoires visuellement impressionnantes et grand-public tout en assumant une radicalité sociale et historique qui dépassent très largement le seul entertainment. Une série majeure assurément.

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