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Homicide #1

Le Docu du Week-End

BD Philippe Squarzoni
Delcourt (2016-2019), série en cours, 4 volumes parus sur 5.

bsic journalismAlbum lu en numérique sur Iznéo.

badge numeriquecouv_279633Homicide propose la chronique d’une année de la brigade des homicides de la police municipale de la ville la plus violente des Etats-Unis. Adaptée d’un livre de David Simon qui a donné naissance à la mythique série TV The Wire (Sur Ecoute), la série de Philippe Squarzoni, spécialiste de BD documentaire, se mets à hauteur d’homme en nous livrant le quotidien de ces hommes, loin du show des films et séries policières. Quatre volumes sont parus (sur cinq prévus), chacun couvrant un ou deux mois d’activité de la brigade.

Dans les rues de Baltimore il y a en moyenne un meurtre deux jours sur trois. Pour résoudre ces meurtres la police municipale a deux brigades d’enquêteurs. Ainsi les affaires en cours s’accumulent avant que l’on ait le temps de les résoudre. Entre fonctionnement administratif, réalité des crimes et relations humaines, entrez dans le quotidien de ces policiers qui tâchent de confondre des criminels en se demandant pour qui, pour quoi…

J’avais été impressionné par la qualité documentaire de l’ouvrage Saison Brune que Philippe Squarzoni avait publié il y a quelques années à propos du réchauffement climatique, en adoptant le point du vue du novice. Ici la démarche est autre puisque l’on est sur l’adaptation d’un bouquin source qui n’envisage pas de récit de l’observateur mais agit plutôt comme la caméra d’un Depardon, captant froidement des scènes, des dialogues, des regards. Il y a bien une narration qui nous explique les dessous, des chiffres, mais toujours dans le sens didactique. N’ayant pas vu la série TV je ne savais pas à quoi m’attendre et ai été bluffé par l’intensité du récit, la profondeur des problématiques. Ce sont des tranches de vie qui nous sont ainsi montrées, entre différentes affaires dont on ne sait jamais la conclusion car elles ne se résolvent pas en quelques jours (ce premier tome couvre quelques semaines seulement de l’année 1988, année couverte par David Simon comme journaliste au sein de cette brigade). Mais très vite on nous explique qu’en raison de la profusion de crimes et des moyens limités certaines constantes doivent vite être intégrées par un enquêteur: premièrement que tout le monde ment pour différentes raisons, à différents degrés, ensuite que la plupart du temps les affaires sont réglées sur un coup de chance. La chance de tomber sur l’indice confondant, la chance d’un témoin qui craque, la chance d’un collègue qui fait bien son boulot… Les enquêtes ne tiennent qu’à des détails derrière une pression hiérarchique toute administrative: le maire, l’élu chargé de la sécurité, les différents échelons de la police et cette mise en concurrence des deux brigades.

On passe d’un enquêteur à l’autre, chacun avec un profile et des problématiques différentes. On est loin du manichéisme des films en effet, malgré la moustache et le costume de rigueur. Pas de salauds, pas d’enquêteur pourri, pas de méchant capitaine qui vous empêche de faire votre boulot. Juste des policiers qui s’efforcent de résoudre des meurtres qui n’en sont pas toujours, une réalité de la rue qui fait que 90% des crimes sont liés à des noirs pauvres habitant dans des cités… La réalité des Etats-Unis des années 80.

Visuellement c’est plus poussé que les précédents albums de Squarzoni que j’ai pu lire. On reste dans du dessin très contrasté, très encré, pas très détaillé au niveau des visages mais moins illustratif que Saison Brune. Toujours pas mon truc au niveau graphisme mais le dessin apporte au récit pur et fait le job. Surtout la mise en scène, homicide_2froide, découpée, avec de jolies mises en page par moment, nous donne très envie de continuer notre cheminement avec ces hommes dont on ne fait qu’effleurer la vie, les tourments, l’activité de fonctionnaires de police.

La grosse réputation de cet album et sa série ne sont donc pas du tout usurpés et je reconnais que si je m’attendais à un livre intéressant j’ai terminé l’album totalement accroché, cherchant le second que je n’ai pas encore sous la main et marqué par la force de l’immersion. Sans doute trop court, ce récit aurait mérité d’être rassemblé en un unique volume tant la césure est artificielle et casse la lecture. Totalement addictif, Homicide donne envie de se jeter sur The Wire, de lire l’ouvrage de Simon et tout documentaire vidéo sur la police américaine… Une claque qui aurait pris cinq Calvin avec un dessin plus artistique.

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**·Comics·East & West·Manga·Numérique·Rapidos·Rétro

Sushi & Baggles #21

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  • Bloodshot reborn #1 (Lemire/Alen, Suayan, Martin/Bliss) – 2016.

badge numeriquecouv_279990J’avais chroniqué l’intégrale Bloodshot il y a environ un an avec un très bon ressenti. Avec le nombre de séries en retard chez Valiant je ne m’étais pas précipité, privilégiant Ninjak. J’ai eu tort tant ce premier volume de Bloodshot Reborn est une belle claque et pour l’instant ma meilleure lecture de l’univers Valiant! D’abord par les dessins de Mico Suayan que l’on a pu voir sur Bloodshot Salvation et Harbringer wars, est juste sublime. Je suis pourtant généralement réticent à ce genre de style souvent très figé. Ici l’expressivité, le mouvement, l’encrage sont totalement dans l’esprit de ce badass de bloodshot, c’est beau et ça crée un univers. En outre il introduit visuellement des dialogues mentaux du monstre avec le personnage de Bloodsquirt, sorte de surmoi violent en mode dessin-animé. Car ce qui fait la grande force de ce volume c’est à la fois la grande simplicité de l’intrigue et la focale mise sur la perturbation mentale de cet homme dévasté qui s’affronte avec ses pulsions intérieures entre humanité et inhumanité, entre rêve et réalité. C’est bien écrit, drôle, puissant, passionnant! L’album nous avertit qu’il s’agit de la suite directe de The Valiant, à la fin duquel [ATTENTION SPOILER] Lire la suite « Sushi & Baggles #21 »

****·BD·La trouvaille du vendredi·Rétro

Tao Bang

La trouvaille+joaquim

La Trouvaille c’est un trésor que vous avez gardé dans votre mémoire, une pépite de votre bibliothèque et qui mérite d’être offerte à l’appétit de vos lecteurs. Une pause de fin de semaine hors du brouhaha des publications récentes…


BD de Blanchard, Vatine, Pecqueur et Cassegrain
Delcourt (1999-2005), série terminée en 2 volumes. 46 p./album

En 1999 le label série B lancé par Olivier Vatine chez Delcourt (bientôt rejoint par son comparse Fred Blanchard) a quatre ans. Après un album (Corail noir) que beaucoup considèrent comme un chef d’oeuvre mais qui ne clôture pas la série Aquablue, Vatine part faire un comic Star Wars puis revient chez Delcourt où il lance cette collection destinée à publier des BD de SF, des Western et tous les univers pulp d’action graphique débridés. Après une expérience d’animateur Didier Cassegrain se laisse tenter par l’expérience BD avec cette histoire de pirates sexy dans un univers de fantasy steampunk…

Résultat de recherche d'images pour "tao bang cassegrain"A Port-Xanath le lupanar d’Ellora fait grise mine: le terrible Chrik-dragon Ad Arphax a entrepris de faire concurrence en employant les mythiques sirènes dans sa propre maison close. Le colosse Norden et ses acolytes décident d’entrer dans le conflit, lorsqu’ils trouvent sur leur route la pirate Tao bang, qu’il connaît très bien…

Lorsque le premier tome sort c’est un événement tant l’alliance du design de Vatine et Blanchard avec la maîtrise technique et les couleurs de Cassegrain font mouche. Il faudra malheureusement attendre pas moins de six ans entre les deux volumes d’une série qui annonçait une suite (la vallée des géants). J’avais lu le premier tome à l’époque et viens de découvrir la clôture de cette histoire avec l’immense regret de savoir que la suite n’aura jamais vu le jour. Car avec le recul, Tao Bang est vraiment une grande réussite, totalement dans l’esprit Série B, avec des personnages attachants, de l’action très efficace (comme le montre le dessinateur sur son récent Conan) et un univers riche. Ce qui plaît c’est le côté coquinou bienheureux, un monde où le sexe est joyeux, les méchants bien bêtes et où les querelles ne durent jamais bien longtemps. Un esprit Walt Disney avec le puritanisme en moins. Car chez Tao Bang les filles sont très court vêtues, les messieurs torse-poil et les combats se finissent souvent tête tranchée. C’est la grande aventure remplie de scènes improbables et de vannes lancées dans les moments les plus dramatiques.

Résultat de recherche d'images pour "tao bang cassegrain"Si l’intrigue lancée dans le premier tome nous prépare à un voyage potentiellement long, il semble que les auteurs aient préféré clôturer l’histoire en seulement deux volumes, avec une accélération un peu dommage sur le second tome où nous avons des ellipses très brutales. Cela ne suffit pourtant pas à dégrader la qualité de ce diptyque tant l’action est effrénée, drôle, esthétique. Ce qui m’a beaucoup plu c’est à la fois la touche steampunk qui donne toujours une coloration originale aux univers et le côté « poignée de coqs dans une basse-cour »: sans jamais tomber dans le vulgaire, le thème de la sexualité et de la nudité sont permanents et introduisent un aspect paillard de marin fort sympathique à cette histoire. Didier Résultat de recherche d'images pour "tao bang cassegrain"Cassegrain, fort de son expérience en animation, sait déjà dynamiter ses pages avec une action extrêmement lisible malgré son style très particulier qui pourra faire tiquer certains lecteurs. On sent à chaque plan une maîtrise du cadrage, du mouvement et une vérité qui transpire de ces personnages dégingandés aux aspects de marionnettes mal dimensionnées. Personne ne pourra nier que Didier Cassegrain a un style unique que seule une colorisation très numérique (c’était l’époque de Schell et rosa…) sur le second album vient entacher. On ne lui tiendra pas rigueur de cela tant le début des années 2000 ont vu les dessinateurs s’engouffrer dans l’outil numérique sans toujours réaliser l’obsolescence de ces aspects lisses.

Ayant lu Tao Bang dans la foulée des Clous rouges j’ai été surpris de constater que le premier parvient bien mieux que le second à retranscrire cette magie de la fantasy, de ces mondes naïfs où chaque bâtisse est incroyable et où les barbares n’ont jamais froid aux yeux. Résultat de recherche d'images pour "tao bang cassegrain"Le dessinateur qui a passé beaucoup de temps dans des univers contemporains et SF entre les deux titres n’a finalement pas beaucoup bougé et le trait sur Tao Bang est déjà remarquablement mature. Sans doute la colorisation est-elle désormais plus subtile et maîtrisée mais l’on sent le plaisir (notamment sur le premier album) du dessin, de la construction d’univers. Étonnant de maturité, ce premier album mérite d’être redécouvert et constitue un témoignage des débuts d’une équipe créative initiée par Vatine, aujourd’hui arrivée à la notoriété alors que leurs meilleures productions se situent peut-être dans ces déclarations d’amour que sont Tao-Bang, 500 fusils ou les premiers Carmen MacCallum ou encore un certain Gipsy que Marini dessinait chez un autre éditeur…

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BD et vrac #11

Aujourd’hui pas de jeunesse ni de docu mais une fournée spéciale nouveautés toutes fraîches avec de grosses sorties très grand public. Après la grosse artillerie de com’ autour de ces albums, en vrai qu’est-ce que ça vaut?

  • Le dernier dragon #2 (Pecau/Pilipovic/Delcourt) – 2019, 2 vol parus.

Critique réalisée sur version numérique pour Iznéo.

bsic journalismbadge numeriqueLe premier tome de cette série est paru en mars dernier et nous voilà déjà avec la suite d’une très bonne surprise du printemps. Si la couverture est tout aussi magnifique que la première, l’album souffle le chaud et le froid et l’on se demande du coup s’il n’a pas été réalisé un peu vite… Le scénario très étrange commence sur des récits de Léonard de Vinci avant de nous faire retrouver l’héroïne envoyée en Terre-sainte pour finir par retrouver les protagonistes des toutes premières pages de la série. Les sauts sont du coup un peu brutaux et le scénariste pourtant chevronné oublie un peu de développer son background et la liaison entre les séquences. Même chose pour les dessins de Pilipovic, parfois superbes et précis, parfois manquant étrangement de netteté. Le duo a un talent certain et le matériau est riche mais les affrontements dragoniers ne suffisent pas à maintenir l’intérêt au niveau du premier volume. Espérons que ce ne soit qu’un petit coup de mou car il serait vraiment dommage que cette série tombe dans une banalité du tout venant Fantasy.

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  • Danthrakon (Arleston/Boiscommun/Drakoo) – 2019, 1 vol/3 parus.

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bsic journalismAprès des années passées chez Soleil où son univers fantasy a très grandement participé à marquer la ligne éditoriale de l’éditeur toulonnais, Arleston a accepté de prendre en charge le nouveau label Drakoo de chez Bamboo, avec en ouverture de bal ce Danthrakon, série jeunesse prévue en trois tomes. Si vous suivez ce blog vous savez que je considère les séries de plus de six volumes comme des démarches commerciales, aussi ce format me mets dans de bonnes dispositions. Je connais l’univers d’Arleston et ai toujours aimé Lanfeust (au moins les deux premiers cycles), en revanche si j’aime bien les images des BD de Boiscommun je n’avais rien lu de lui jusqu’ici. Cet album nous présente un univers (ou plutôt une cité) de magie ou différentes races cohabitent et se rangent par fonction. Les mages prennent des apprentis à leur service dans des maisonnées organisées comme les domaines du XVIII° siècle. Une caste d’inquisiteurs surveille l’utilisation de la magie dont la variante « magie du sang », considérée comme primale et incontrôlable, est interdite. Le héros, jeune marmiton un peu niais (ça ne vous rappelle personne?) se retrouve dépositaire de la puissance magique d’un ancien grimoire, qui le transforme en bête surpuissante… Résultat de recherche d'images pour

J’avoue avoir été un peu déçu par cet album qui se confirme être destiné à un lectorat jeune, avec une simplicité d’action et de textes qui se justifient en cela. Tout d’abord le dessin d’O.G. Boiscommun est étonnamment faible et brouillon par rapport à ce qu’il a produit jusqu’ici. Je soupçonne l’encrage et la colorisation (réalisées par deux autres personnes) assez plate et informatique d’être la cause de cela puisque le cahier graphique de fin de tome montre de superbes dessins. Ce dessinateur nous a habitué à apprécier ses couleurs directes et le style que l’on apprécie est ici perdu, c’est très dommage! Pour ce qui est de l’univers et de l’histoire il n’y a rien de très surprenant. Encore une fois l’efficacité d’Arleston plaira probablement aux jeunes lecteurs mais contrairement à Lanfeust et d’autres séries du scénariste les adultes risquent d’avoir du mal à se laisser tenter. Pour l’originalité on attendra de voir les autres tomes mais pour l’heure on reste avec de la BD très formatée dont a peine à détecter la plus-value dans l’océan de la BD fantasy. Pour un démarrage de collection j’attendais quelque chose de plus qualitatif, surtout que ce qui s’annonce chez Drakoo semble plutôt alléchant.note-calvin1note-calvin1


  • Time lost #1 (Sala/Khaled/Soleil) – 2019

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On ne va pas se mentir, ce pulp plein de nazis, de soldats amérloques malpolis, de pom-pom girls, de dino et de Mechas se lit très très vite. Si tout est dans la couverture et que certains pourront trouver le ratio prix d’achat/temps de plaisir un peu dur, il est indéniable qu’Afif Khaled est un super dessinateurs qui maîtrise à merveille la technique numérique et que son dessin ne souffre que de très peu de défauts avec une minutie des détails remarquable. Jean-Luc Sala est un scénariste expérimenté qui aime les univers d’aventure décalés (son très bon Spynest et le plus complexe Cross-fire avec Pierre-Mony Chan) et il aurais pu nous en donner un peu plus pour cette entrée en matière. Du coup je crains la série à rallonge très commerciale… Il n’en demeure pas moins que l’on prend un plaisir certain dans cette immersion pop-corn proche de ce que va nous proposer Herenguel avec son Kong Crew: c’est chatoyant, plein de testostérone, de clichés qu’on aime, bref une BD de garçon coupable qui souffre surtout de dialogues franchement bof avec beaucoup de bons mots qui tombent à plat. Mais ce n’est pas très grave puisqu’on est là pour les dessins et l’action.

Et un autre avis chez Constellation. https://blogconstellations.home.blog/2019/09/27/time-lost-01-operation-rainbow-2-jean-luc-sala-et-afif-khaled/

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Sushi & Baggles #16

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  • Hit-Girl à Rome (Scavone/Albuquerque/Panini) – 2019

couv_364209Cet album a été lu dans le cadre du programme SuperlecteursRésultat de recherche d'images pour "iznéo"

Après la Colombie et le Canada, la plus bourrine et tarée des Vigilante débarque à Rome pour botter des culs et trancher des têtes! Le relaunch de la série initiée par Mark Millar va ainsi voyager avec une équipe différentes pour chaque one-shot. Si le premier volume était loin d’être inoubliable, notamment par son côté sadique un peu poussé, ici on reste dans les canons du personnage (à savoir de l’action brutale à base d’un mort par page et un langage très fleuri de la demoiselle) mais la course-poursuite initiée avec une sorte de Catwoman permet des scénettes drôles et plus structurées. On ne va pas se mentir, Hit-Girl ce n’est pas de la poésie ni Usual Suspects. C’est une lecture rapide, de la baston, super bien dessinée (par un Raphael Albuquerque qui prépare la série Prodigy avec Millar) avec des étoiles qui donnent un aspect cartoon… et des découpages de méchants bien sanglants! Ici les affreux sont une mafia de religieux timbrés, nonnes et moines en robes de bure armés d’Uzi et de masses d’armes, commandés par une vieille peau aussi psychopathe que bigotte, à la recherche d’une relique. Le cliché italien est assumé, le personnage est toujours aussi foutraque et primaire mais l’ensemble est très sympathique dans le genre, notamment grâce aux dessins (bien que les décors soient assez vides). Du coup on attend la suite, surtout que des pointures sont annoncées aux crayons…

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  • All-new X-men #4: La bataille de l’Atome (Collectif/Pannini) 2013 (US)/2015

couv_255426Je poursuis la série Marvel NOW! des All-new X-men entamée par Brian Michael Bendis et Stuart Immonen au dessin qui m’avait fait forte impression sur les trois premiers volumes. L’écriture des premiers et les somptueux dessins d’Immonen se retrouvent partiellement dans cet affrontement entre X-men d’hier, de maintenant et du futur bien que l’équipe créative ait grossie: si les dialogues sont toujours très savoureux et le découpage, avec de nombreuses doubles pages, percutant, l’histoire tourne un peu en rond avec ces interminables interrogations de qui est qui, faut-il renvoyer Jean et Cyclope à leur époque contre leur gré et que font-ils ici?… Même chose pour les dessins, parfois superbes (Immonen toujours sur les quelques planches qu’il réalise, Bachalo étonnant) mais pour l’essentiel moyens (y compris sur les quelques planches de la bataille finale dessinées par Esad Ribic un peu en service minimum sur ce coup, Frank Cho pas très à l’aise dans l’univers super-héroïque). C’est dommage car sur le papier on a quand-même une sacrée dream-team, mais le concept semble s’essouffler et viser surtout les quelques pleines pages d’offensive collective X-men dont sont friands les fans et les dessinateurs. A noter tout de même le superbe design général des versions des X-men et notamment cette Xorg à la tête de mort, terriblement originale et réussie. On ne sait pas si cet arc est une transition vers quelque chose de plus grand mais malgré un plaisir certain entrecoupé de longueurs, on a le sentiment que la série aurait pu s’arrêter aux trois premiers, cohérents en tant que tels.

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  • Zetman #1 (Masakazu Katsura/Delcourt-Tonkam)  – 2004 – 20 tomes parus, série finie.

zetman01Je suis un grand fan de Masakazu Katsura, un des premiers mangaka, que j’ai découvert au travers de DNA2 à l’époque où l’éditeur-libraire Tonkam se lançait en premier (avec Glénat) dans l’aventure du Manga en France… Il est pour moi l’un des meilleurs dessinateurs japonais et si j’ai finalement lu peu de ses séries, j’avais depuis longtemps très envie de lire ce Zetman originellement issu de short-stories parues en 1997. La série a depuis été transcrite en dessin-animé.

Jin est un jeune orphelin vivant avec les sans abri. Élevé par son « grand-père » il est doté d’une force peu commune et s’occupe en défendant les gens contre les bandits. Lorsqu’une étrange créature non-humaine tue son grand-père, le naïf petit garçon se retrouve propulsé dans un univers violent où une étrange organisation semble le rechercher activement…

Je ne reviens pas sur les dessins vraiment chouettes, les nombreux tics et auto-références de l’auteur (la série animée Wingman qui l’a lancé, les petites culottes, les cheveu en pétard,…). Zetman commence vraiment bien avec un premier volume déjà plein d’action, de mystère fantastique un peu gore (la série est annoncée « mature ») et des personnages intéressants. L’auteur lance de nombreuses pistes qui ont vocation à se développer et nous mènent vers des expériences scientifiques monstrueuses liées à un enfant qui semble être un être doté de capacités hors norme. Ça va a cent à l’heures avec force cliffhangers entre les douze chapitres du volume avec pour objectif une première crise qui sort le héros de son état naïf initial pour l’emmener vers le statut de super-héros. Très riche mise en bouche qui donne envie d’enchaîner cette série finie à la taille maîtrisée.

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Sushi & Baggles #15

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  • Dragonball Super #7 (Toriyama/Toyotaro/Glénat) – 2019

couv_363975Le tournoi en mode Battle Royal pour la survie des univers commence, dans une arène adaptée et avec un respect des règles très stricte: tous les combattants s’engagent en même temps, il est interdit de tuer l’adversaire et toute sortie du ring vaut élimination. La présence de Freezer va quelque peu fausser cette bataille… Ce tome est entièrement dédié au tournoi. Du coup, comme souvent sur DB l’alternance humour/baston tourne ici totalement vers le combat avec quelques rebondissements classiques dus aux coups tordus de Freezer ou des pouvoirs particuliers de certains combattants. Les auteurs se lâchent un peu en mode « invente-moi un combattant » et l’on retrouve un peu l’imagination délirante des premiers Drabonball avec ses dinosaures et autres démons invoqués… A mesure que les combattants sont éliminés on devine un affrontement Goku/Vegena/Jiren/Hit mais Toriyama joue maintenant depuis quelques temps avec son lecteur sur la rivalité Goku/Vegeta et on risque d’avoir des surprises. Pas le plus original des albums de la série mais si vous aimez les combats dans DB c’est suffisamment dynamique pour ne jamais vous lasser.

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  • Innocent rouge #1 (Sakamoto/Glénat) – 2017

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J’ai enfin lu le premier volume de la suite, « Rouge« , du manga Innocent paru en 9 volumes et critiqués sur le blog. Si la césure en deux séries distinctes me laisse un peu dubitatif (la petite sœur terrible, Marie-Joseph, est déjà adulte et possédant un office de bourreau à la fin de la série mère), on commence ici sur exactement les mêmes bases avec une exécution « clinique », des dessins somptueux (réalisés en numérique, pour ceux qui s’interrogent…), un Charles qui semble rentré dans le rang après ses velléités de changer l’ordre établi et une Marie-Joseph décidée à utiliser tous les expédiant en sa possession pour venger la mort de son amant. Ce premier volume s’attarde sur l’exécution du responsable de l’incendie criminel où ont péri les enfants d’Alain et sur une pauvrette, mise enceinte à douze ans et condamnée à mort après un accouchement assez barbare. Ça commence doucement, avec toujours un grand soin à la précision historique. On en redemande curieux de voir comment les idées abolitionnistes des frangins Sanson vont opérer à l’aube de la Révolution…

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  • Bolchoi Arena #1 (Boulet/Aseyn/Delcourt) – 2018

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Très bonne surprise que cet album à la maquette et identité graphique surprenante. Que ce soit le dessin d’Aseyn qui emprunte totalement aux manga un peu rétro et mal imprimés ou aux vieilles BD vintage on sent dans la démarche du projet l’intention de s’éloigner des canons commerciaux faits de belles couvertures aux couleurs éclatantes. On a donc un vrai manga, que ce soit par son thème (de jeunes gens découvrent un monde virtuel qui prends le dessus sur leur vie réelle) ou par le dessin et design. Sur ce plan, si les personnages sont un peu rapidement dessinés, les plans larges spatiaux et vaisseaux sont remarquables par leur technicité et gigantisme. Du coup la lecture de ce premier volume est très agréable et nous introduit dans l’univers des jeux vidéo avec son langage particulier à base de Level et de respawn… Sur le pitch on est très proche du Ready player One de Spielberg, avec des airs narratifs des Jours qui disparaissent. On suit donc une étudiants du futur qui découvre ce monde virtuel et à tendance à s’y perdre, le récit passant abruptement de séquences virtuelles au réel de façon à montrer la perte de sens de l’héroïne qui s’éclate avec les possibilités fabuleuses de cet univers où elle semble exceller en tout. Une BD qui donne du peps et qui peut devenir un vrai blockbuster pour peu que le graphisme s’affine un peu.

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Nevada #1: l’étoile solitaire

BD de Fred Duval, Jean-Pierre Pecau, Colin Wilson et JP Fernandez
Delcourt (2019), 1 volume paru. Existe en édition collector N&B grand format.

bsic journalism

Album lu en numérique dans le cadre du programme Superlecteurs Résultat de recherche d'images pour "iznéo"

couv_366393L’équipe de la très sympathique série Wonderball revient chez son éditeur de toujours pour une nouvelle série éponyme qui sent bon l’Ouest et le soleil. Avec la qualité des trois auteurs on pouvait s’attendre à un nouveau succès parti pour de longues années de têtes de gondoles.

Nevada est un arrangeur: il est envoyé récupérer les acteurs d’Hollywood partis en vadrouille et qui mettent en péril l’équilibre financier des films en cours de tournage. Nous sommes aux Etats-Unis quelques années après la Grande guerre. Entre enquêteur et gâchette, il sait déjouer tous les traquenards. Lorsque son employeur l’envoie aux trousses de l’Etoile solitaire il se retrouve aux prises avec la mafia mexicaine…

Dans ce genre de BD je pars en confiance aveugle entre les mains de bons conteurs chevronnés. Car finalement dans la BD d’action et d’aventure le contexte est souvent secondaire face à l’efficacité des dessins, du découpage et des dialogues. On a de ça bien sur dans ce premier tome de Nevada. Des séquences amusantes lorsque dès l’introduction le héros trouve une actrice dans une situation fort scabreuse, un art de la réplique, des séquences d’action efficaces… Colin Wilson sait mettre en image bien que son style très années 90 n’évolue guère et conserve des lacunes notamment sur les visages étrangement plats de ses personnages. Résultat de recherche d'images pour "wilson duval nevada"C’est vraiment surprenant car nombre de cases sont particulièrement léchées avec leur aspect western à la Giraud (Wilson a commencé sur Blueberry) quand beaucoup de gros plans semblent mettre l’artiste en difficulté. Les couleurs aussi (on a  l’habitude chez Delcourt) sont remarquables et si les encrages de Wilson restent superbes (je conseille la version n&b) le travail de Jean-Pierre Fernandez donne une autre dimension à ces planches.

Tout devrait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes… sauf qu’une fois clôturé cet album on a un vague sentiment de consommation d’une énième BD dont la justification est discutable. Il semble évident que l’envie des auteurs de travailler dans une ambiance western avec ce profile inhabituel (encore que…) explique l’existence de cette série. Pourtant on cherche l’originalité. Le héros est abordé de trop loin pour être charismatique, le background est vraiment léger et seules les péripéties du personnage permettent de faire avancer une histoire dont on se préoccupe guère. C’est assez gênant car on finit ce joli album bien construit avec une impression de vacuité. Peut-être la mauvaise idée qu’un éditeur avisé aurait dû demander à retravailler… Devant la profusion de publications, L’étoile solitaire est aussitôt lue aussitôt oubliée.

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