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Space Bastards

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Récit complet de 256 pages, écrit par Joe Aubrey et Eric Peterson, et dessiné par Darick Robertson.

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Merci aux Humanos pour leur confiance!

Going Postal

Si aujourd’hui, certaines personnes en viennent aux mains pour obtenir certains biens très convoités, demain, ce seront les livreurs qui s’entretueront pour avoir l’insigne honneur d’apporter aux clients leur précieuse marchandise.

Le SPI, le Service Postal Intergalactique, est une entreprise florissante qui loue les services de milliers de livreurs qui écument la galaxie pour satisfaire les envies des consommateurs, qu’ils vivent sur Terre où sur l’une de ses nombreuses colonies. Les livreurs sont payés en fonction du nombre de mains par lesquelles transitent les colis, si bien que les coups-bas sont légion et provoquent souvent des dégâts considérables, étrangement tolérés par les autorités.

Au milieu de tout ce chaos, Dave Proton, qui était sûr d’obtenir une promotion après des années de bons et loyaux services chez Powers, concurrents acharnés du SPI, se retrouve finalement licencié sans préavis. Désabusé, désespéré, Proton se lance dans cette activité dont tout le monde parle et qui rapporterait gros: livreur pour le SPI !

Cependant, Dave risque d’avoir du mal à s’adapter aux méthodes violentes des livreurs. A moins que, contre toute attente, l’ancien comptable ait ça en lui ? Aurait-il finalement trouvé sa voie ? Comment survivra-t-il dans ce monde impitoyable ?

Deliver or die trying

La société de consommation, paroxysme des mondes civilisés, est omniprésente et conditionne les vies et les mentalités de millions de personnes. Il n’est donc pas étonnant de voir fleurir, dans la pop culture, des satires qui attaquent et vilipendent, plus ou moins subtilement, ce mode de vie. Déjà à son époque, Robocop et son OCP, montraient une vision acerbe du futur et de la consommation.

L’ultralibéralisme, censé garantir la prospérité de tous, laisse beaucoup de gens sur le carreau et n’a donc généralement pas bonne presse non plus dans les œuvres de fiction. Récemment, par exemple, nous évoquions The Invisible Kingdom, qui mettait également en scène des livreurs de l’espace soumis aux affres d’une société toujours plus avide de possessions matérielles.

Space Bastards ne cache donc aucunement son affiliation avec la satire, qu’il déguise sous une bonne quantité de violence et de gore irrévérencieux. Ici, uberisation rime avec atomisation, si bien que la violence intrinsèque du système se traduit sur les pages par une violence tout à fait explicite entre les pauvres livreurs, ces rouages fongibles et sacrifiables, qui ne trouvent d’accomplissement que dans ce boulot mortellement dangereux.

Pourtant, à bien y regarder, la critique n’est pas dirigée que vers l’uberisation, car l’on s’aperçoit bien vite que beaucoup de livreurs adorent leur job, et y voient une catharsis de leurs pulsions violentes. En effet, être payé pour dégommer d’autres gens, qui n’en a jamais rêvé ? Cet aspect cathartique est finalement assez culpabilisant, si bien que dans Space Bastards, la critique n’est pas double, mais triple, puisqu’elle critique une société de consommation dont l’expansion la pousse à phagocyter des planètes entières et pousse des gens désespérés à faire un travail dangereux et précaire, puis vient la critique de ces gens, qui utilisent ce travail comme prétexte pour laisser libre cours à leurs pulsions, et enfin, elle nous critique, en sous-texte, nous qui apprécions ce spectacle.

L’intérêt principal de ce Space Bastards réside donc dans ce sous-texte et cette mise en abîme de la satire politico sociétale. L’intrigue en elle-même ne transcende pas les poncifs du genre, et reste même étrangement sage par certains aspects, surtout si on la compare, comme le fait le joli sticker de couverture, à The Boys, cocréée par Darick Robertson. Les personnages, comme c’est souvent le cas dans les œuvres misant tout sur leur pitch, sont un peu lisses, et se cantonnent pour certains à un rôle caricatural.

Space Bastards gagne donc à être lu pour sa vision cynique du phénomène de l’ubérisation et de l’ultralibéralisme, mais cette vision limite malheureusement ses propositions narratives.

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Sapiens Imperium

La BD!

Premier tome de 108 pages d’une série écrite par Sam Timel et dessinée par Jorge Miguel. Parution aux Humanoïdes Associés le 16/06/21.

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Merci aux Humanos pour leur confiance.

Sins of the Father

La planète Tazma n’est pas la destination rêvée par les vacanciers de la galaxie. Hostile, sa surface ne peut accueillir la vie, mais ses entrailles recèlent quelques ressources susceptibles de nourrir quelques êtres vivants. Qu’à cela ne tienne, le nouvel empereur Thésol, issu de la dynastie Kerkan, y enferme, après les avoir détrônés, tous les Kheleks et leurs partisans, sans autre forme de procès. 

Condamnés à la survie la plus abjecte dans un réseaux humide de grottes souterraines, les Kheleks et leurs amis Lektars finissent, au fils des décennies, par se réorganiser en clan, s’adaptant autant que possible à la vie cavernicole. Cependant, l’esprit de conquête des Sapiens n’a d’égal que leur soif de liberté. Aussi, Daridian, l’un des descendants de la dynastie Khelek, cherche-t-il inlassablement le moyen de quitter la grotte où lui et sa sœur Xinthia sont nés. 

Malheureusement, s’échapper de Tazma ne sera pas aussi simple qu’y échouer, car les prisonniers, affamés et démunis depuis des lustres, doivent faire face aux forces impériales et aux metalnauts qui gardent l’entrée, alors même que des schismes internes menacent leur équilibre et leur survie.

De l’autre côté du système, l’impérium a lui aussi de nombreux défis à relever. Non content d’avoir effacé les Kheleks de l’histoire, l’empereur a instauré un joug dont l’usure pousse les différentes dynasties à remettre en cause avec toujours plus d’hardiesse sa légitimité. Que fera-t-il lorsque ses anciens rivaux resurgiront des tréfonds de Tazma ? 

Depuis Dune , les grandes sagas de SF mettant en scène des luttes de pouvoirs entre différentes dynasties sont pléthores. Il y est souvent question de l’exploitation d’une ressource rare (l’Épice pour Dune , des algues ici) ainsi que d’une quête d’émancipation et de liberté, ce qui passe très souvent par la révolte et la lutte armée. Ajoutez-y un duel à mort et une rivalité entre deux héritiers et la comparaison entre Sapiens Impérium et Dune sera complète. 

Le premier tiers de l’album pose un cadre intéressant, pour lequel il aurait été aisé d’exploiter certains aspects claustrophobes. L’auteur évoque un peu rapidement comment des générations d’infortunés ont du s’adapter pour survivre dans les tréfonds de cette lune désolée, mais cède bien vite l’aspect survival au profit d’une lutte de pouvoir sur fonds de mutinerie. 

L’évasion en elle-même se fait assez promptement, mais pas sans peine, forçant néanmoins le scénariste à chercher ailleurs le souffle nécessaire à son histoire, d’où son introduction plutôt tardive du réseau de personnages gravitant autour des Kerkans.

Le dernier tiers de l’album, marqué par la liberté au prix de l’exode, se perd quelque peu au niveau thématique mais aborde des idées intéressantes comme celles de l’altérité et du partage. La fin ouverte annonce celle du premier cycle, ce qui promet une suite aux aventures de Xinthia et de sa cohorte. Côté graphique, c’est le point fort de l’album, Jorge Miguel offre un trait précis et détaillé (notamment les visages), ce qui magnifie l’ensemble de l’album. 

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Porchery

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Histoire complète en 144 pages, écrite par Tyrone Finch et dessinée par Mauricet. Parution chez les Humanos le 19/05/2021.

Cochon qui s’en dédit

Ellis Rafferty est un homme brisé. Brisé par des années de prison, durant lesquelles il a ruminé ses échecs et ses fautes, parmi lesquelles la mort de son épouse, Becky, pour laquelle il a été condamné. Néanmoins, Ellis connaît la vérité et l’identité réelle du tueur, et il compte bien profiter de sa liberté conditionnelle pour se faire justice. Ce que toutes les tragédies à travers les siècles nous ont appris, c’est qu’un homme qui n’a rien à perdre est toujours plus déterminé, et donc beaucoup plus dangereux.

Cependant, Zoey, la sœur de Becky, persuadée qu’Ellis est le coupable, attend sa sortie depuis longtemps pour lui régler son compte. La jeune femme vindicative va vite s’apercevoir que sa sœur fut victime d’une terrible conspiration, dont les ramifications insoupçonnées pourraient bien causer la destruction du monde.

Après sa tentative de vengeance, Zoey s’aperçoit bien malgré elle, qu’Ellis était bien sur la piste du tueur-ou plutôt des tueurs-depuis sa sortie. L’ex-détenu s’en prend violemment à une troupe de cochons…qui parlent !

De la confiture pour les cochons

Ellis explique bien vite à sa belle-sœur, que Becky a été tuée par des cochons démoniaques dont elle avait percé à jour la mascarade. Désireux de couvrir leurs traces, les perfides porcins l’ont taillée en pièce et fait porter le chapeau au mari. Depuis des millénaires, ces démons chassés de la voûte céleste sont piégés dans ces corps animaux, et une catastrophe après l’autre, préparent leur revanche sans rien ni personne pour les en empêcher. Après tout, qui soupçonnerait des cochons d’être en réalité des rejetons de l’Enfer ?

Ce qui suit va être un jeu de massacre (jusque dans un abattoir !) au cours duquel les deux protagonistes vont devoir pondérer leur désir de vengeance tout en se confrontant à une menace totalement improbable.

Violence animalière et humour noir sont les ingrédients principaux de ce cocktail détonant. Les cochons peuvent paraître incongrus en tant qu’antagonistes, mais il s’avère que d’autres esprits tordus les ont déjà utilisés auparavant (Razorback en 1984, ou plus récemment La Traque en 2010). Cependant, ces précédentes itérations se faisaient sous le sceau de l’épouvante et de l’horreur, tandis que Porchery adopte l’angle du second degré tout en assumant son côté série B.

Malgré quelques maladresses mineures (comme des méchants qui capturent nos héros, les suspendent par les pieds façon barbaque mais sans les désarmer au préalable), le tout reste bien écrit et inventif sur le long du récit. Chaque chapitre à l’élégance de terminer sur un joli cliffhanger qui, mine de rien, donne envie de connaître la suite.

Porchery est donc une lecture à conseiller pour qui souhaite voir des khaloufs démoniaques comploter pour prendre le contrôle du monde!

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Peaux-épaisses

La BD!

Histoire complète en 96 pages, adaptée du roman de Roman Genefort. Au scénario, Serge Le Tendre, Pasquale Frisenda au dessin. La parution est le fruit de la collaboration entre les éditions Critic et les Humanoïdes Associés, le 12/05/2021.

Tanneurs des étoiles

Depuis des décennies, Lark est un redoutable mercenaire, qui écume tous les théâtres de guerre de l’univers connu. Cependant, depuis quelques temps, Lark se ramollit, sa conscience le ronge et il culpabilise d’avoir participé à tous ces massacres. Le mercenaire éhonté repense aux siens, le clan Nomaral, qu’il a quitté il y a bien longtemps pour mener cette vie solitaire et sanguinaire.

Malgré son apparence normale, bien que burinée par la guerre, il se trouve que les origines de Lark sont bien particulières. Il fait partie des Peaux-épaisses, une engeance génétiquement modifiée dont les propriétés physiques, principalement la peau, leur permettent de survivre au vide spatial et aux conditions extrêmes qu’il induit.

Utilisés pour les travaux périlleux durant la conquête spatiale, les Peaux-épaisses ont fini par tomber en désuétude et sont devenus des sortes de trophées de collection pour riches désabusés, qui les ont traqués et massacrés pour se faire ensuite des combinaisons spatiales de leurs peaux.

Lark, quant à lui, s’est fait retirer son épiderme spécial et a quitté son clan, qui a ensuite disparu dans les limbes intergalactiques. Mais un message crypté lui parvient, bien des années plus tard, laissant penser que les Nomaral ont besoin de lui. Lark va donc rompre les rangs et se mettre à la recherche des siens, sans savoir que la mega-corporation Colexo est également sur leurs traces. Le reste de l’aventure sera donc une course-poursuite spatiale entre Lark et l’un des anciens camarades, le cruel Roko Greach, qui souhaite faire d’une pierre deux coups en se vengeant des Nomaral puis en revendant leurs peaux…

Quelle est la mesure d’un transhumain ?

Nous sommes ici en présence d’un space-opéra bâti sur des concepts familiers de la SF. En effet, la science-fiction, grâce aux avancées technologiques qu’elle propose dans ses œuvres, est le terrain idéal pour projeter des notions philosophiques et éthiques d’aujourd’hui. Ici, le transhumanisme et l’édition génétique servent de prétexte pour explorer le racisme et la cupidité humaine.

Ces thèmes font également écho dans des classiques tels que Blade Runner et ses Réplicants, I,Robot et ses androïdes, La Planète des Singes, X-men, Underworld, et bien d’autres exemples encore. Ici, les Peaux-épaisses finissent par s’émanciper du joug des humains qui les exploitaient, mais doivent ensuite se cacher afin de se soustraire à leur cruauté. Ils ont formé une culture singulière, qui n’est qu’effleurée dans l’album, et adopté un mode de vie reclus en adéquation avec leurs particularités.

Au fil de l’album, on trouve en parallèle du racisme le thème de l’acceptation de soi, puisque Lark est allé jusqu’à se mutiler dans le but de passer pour un humain, et en devenant mercenaire, il a troqué une servitude contre une autre, plus avilissante encore. Malheureusement, ces débats sont quelque peu sacrifiés au profit de l’action, l’intrigue étant davantage centrée sur la course-poursuite que sur le besoin interne de Lark de se reconnecter avec ce qu’il est.

En parlant d’intrigue, il est possible qu’elle ait souffert du travail d’adaptation, puisque, sans toutefois spoiler, les motivations véritables de la Colexo, qui sont révélées en fin d’album, entrent quelque peu en contradiction avec ce que l’on sait des Nomaral, notamment le fait qu’ils vivent reclus.

La partie graphique assurée par Pasquale Frisenda reste dans une veine classique de la BD SF, avec un fort gout de métal hurlant. Le tout est un album aux thématiques fascinantes, qui ne sont abordées que de façon superficielle au profit de l’action.

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L’Évadé de C.I.D. Island

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Récit complet en 125 pages écrit et dessiné par Ibrahim Moustafa. Parution française chez les Humanoïdes Associés le 07/04/2021.

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Merci aux Humanos pour leur confiance.

Monte-Cristo à Alcatraz

Le jeune Redxan Samud n’avait pas tout pour réussir, mais la chance semble tout de même lui sourire. De basse extraction, il a du redoubler d’efforts pour faire ses preuves sur le navire marchand où il trime depuis des années.

Après un énième exploit qui attire sur lui l’attention de l’armateur, Redxan est désigné capitaine de son navire. Cette promotion inespérée, qui récompense des années d’efforts, va lui permettre de demander l’élue de son cœur, Meris, en mariage.

Ulcéré par cette ascension, Onaxis, un homme fourbe et cupide issu de la noblesse, fomente un complot contre Redxan afin de provoquer sa chute. Accusé de trahison envers le régime, Redxan est condamné lors d’une glaçante parodie de justice, puis jeté dans les geôles de C.I.D. Island, une prison impénétrable dans laquelle il rejoint nombre de prisonniers politiques. Clamer son innocence ne fait que précipiter sa disgrâce et durcir son châtiment, si bien que Redxan perd tout, son honneur, son avenir et la femme qu’il aimait.

Forcé de lutter pour sa survie lors de combats à mort, Redxan perd peu à peu espoir et sombre presque dans la folie. Un jour, il fait la rencontre d’Aseyr, un vieil homme enfermé depuis des décennies, avec lequel il va se lier d’amitié. A partir de là, Redxan va retrouver la volonté de vivre, puis préparer sa vengeance, contre ceux qui lui ont tout pris…

Un homme trahi en vaut deux

Nous sommes ici face à une adaptation du célèbre Comte de Monte-Cristo, d’Alexandre Dumas. Un homme est trahi et perd tout, puis revient des années plus tard sous un nom d’emprunt pour accomplir sa vengeance.

L’auteur s’approprie bien sûr l’histoire à sa manière, notamment en utilisant un décorum SF, qui n’impacte toutefois pas l’intrigue de façon significative. Si la première partie reste fidèle au modèle, la suite prend néanmoins une tournure plus personnelle à l’auteur. En effet, sur fond de lutte des classes, le scénario va passer du cadre intimiste de la vengeance personnelle à celui plus large de la révolution.

Cette direction élude donc tout un pan des manœuvres originelles d’Edmond Dantes, qui dans l’œuvre de Dumas, éliminait un à un ses anciens persécuteurs avec patience et froideur. Dans C.I.D. Island, la duplicité du héros ne dure qu’un temps, puisque le tout bascule bien vite dans l’action pure et les affrontements frontaux, ce qui est finalement dommageable, bien qu’entendable dans le cadre d’une adaptation.

Le tout est traversé par un souffle épique, en grande partie grâce aux fabuleux graphismes d’Ibrahim Moustafa, qui fait mouche tant sur les personnages que sur les décors. Vaisseaux volants, robots de guerre et îles flottantes, duels au sabre, tous les ingrédients sont réunis pour constituer ce récit prenant et divertissant.

En bref, L’Évadé de C.I.D. Island est un récit d’action et de vengeance fort bien réalisé, ambitieux et cohérent dans son ensemble, même si l’on aurait aimé que la partie mascarade, qui fait tout le sel de l’œuvre originale, soit davantage mise à l’honneur.

*·***·BD·Nouveau !·Rapidos·Service Presse

Hard rescue #1/ Amen #1

La BD!

bsic journalismMerci aux Humanos et à Glénat pour leur confiance.

BD de Harry Bozino et Roberto Melli
Humanoïdes associés (2021), 56., 1 tome sur 2 paru. Adapté du roman d’Antoine Tracqui.

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Les Humanos se sont associés aux éditions Critic pour adapter des romans de SF de l’éditeur littéraire. Après les livres de Julia Verlanger, l’éditeur BD confirme son souhait de s’appuyer sur des créateurs et des matériaux solides plutôt que sur des créations originales. Je ne connais pas le livre Point zero à l’origine de cette BD mais sous la forme d’un blockbuster scientifique musclé aux dessins assez efficaces (et très bien colorisés) on suit une équipe de barbouzes embauchés pour une expédition en Antarctique visant à mettre la main sur une expérience enfouie sous la glace. Les canons sont respectés avec une gallérie de fortes têtes qui se jaugent à coups de clés de bras et de big-boss résolus aux motivations secrètes. La surprise n’est pas vraiment ce pour quoi on vient et comme dans tout gros film d’action hollywoodien on apprécie une réalisation carrée qui alterne fusillades et révélations choc. Graphiquement c’est donc solide avec de jolis encrages et peu de défauts techniques. On tiquera un peu sur les designs des armures SF aux justifications pas évidentes hormis pour faire plaisir aux auteurs et sur un héros un peu passif (passage obligé pour maintenir le suspens). On dira donc que ce premier tome fait le job sans ennui et on attendra la conclusion pour se prononcer sur la qualité intrinsèque d’un scénario pour l’instant pas vraiment révolutionnaire.

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BD de Georges Bess
Glénat-Comix Buro (2021), 62p., 1 tome sur 2 paru. Adapté du roman Au cœur des ténèbres de Joseph Conrad.

Tout amateur de BD sait que Georges Bess, compagnon de route de Jodorowsky et amoureux de la culture indienne est un auteur important. Capable de tout dessiner, héritier de la génération Métal Hurlant, il nous avait offert un petit chef d’œuvre graphique et narratif avec son adaptation du Darcula de Bram Stoker. Aussi c’est très alléché que me survient ce diptyque adaptant le célébrissime et multi-adapté Heart of Darkness, roman de la toute fin du XIX° siècle qui a donné les mythiques Apocalypse Now et Aguire la colère de Dieu au cinéma. Qu’allait nous apporter cette variation SF? Tout d’abord Bess est déjà venu à la SF avec le délirant et très réussi Anibal Cinq aussi il n’est pas un débutant dans le genre. Pourtant, hormis quelques beaux design de vaisseaux ou de bâtiments, il se contente tout au long de ce long périple de très grossiers fusils et tronches de barbouzes, caricaturant la violence des mercenaires mais bien peu subtile dans ce qui n’est pas tout à fait une farce…

Ce voyage qui propose de suivre un jeune indien à la tête d’une troupe de l’Inquisition appuyée par des mercenaires issus des pires geôles de la galaxie regroupe les visions les plus éculées du fanatisme religieux, de la sf décadente et de la violence militaire. Très surprenant de la part d’un auteur aussi chevronné qui est tout à fait capable de créer ses propres scénarii malgré l’ombre du maître chilien sur sa carrière, cet album ne brille ni par un dessin un peu rapide (malgré des couleurs et un trait reconnaissable et toujours aussi agréable), ni par une intrigue franchement longuette et totalement linéaire faisant le choix étrange d’un flash-forward en introduction qui ne semble justifié par rien de ce que nous allons découvrir. Les dialogues voulus comme caricaturaux sont très lourdement appuyés et on a compris après une page la folie des soldats comme des religieux, qui nous font sourire quelques pages de plus avant de nous lasser franchement. Guère de surprises dans l’histoire lourdement soulignée et qui ne fait pas vraiment appel à l’intelligence des lecteurs… Laissons le bénéfice du doute à un second tome conclusif qui arrive pour cet été et qui, espérons-le redressera la barre mais pour ce volume introductif, l’auteur passe complètement à côté et finit presque par nous ennuyer sans les belles visions SF qui auraient pu faire patienter. A moins que vous ne soyez des fana de Bess il vaut sans doute mieux passer votre chemin…

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***·Comics·East & West·Jeunesse·Nouveau !·Service Presse

Ninja malgré moi

Roman graphique de 128 pages, imaginé par Ricardo et Adara Sanchez et dessiné par Arianna Florean. Parution le 10 mars 2021 aux éditions des Humanoïdes Associés.

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Merci aux Humanos pour leur fidélité

Dur dur d’être un ninja

Rena n’a pas la vie facile. Victime de phobie sociale, quitter le havre sécurisant du foyer parental est une épreuve qui se répète au quotidien pour elle. A cela s’ajoutent les difficultés inhérentes à la vie d’une adolescente, à savoir les railleries incessantes des bullies et autres contrariétés.

Pour soigner sa phobie, Rena suit une thérapie cognitive qui lui impose de sortir de sa zone de confort par petites étapes, comme lever la main pour s’exprimer en classe ou choisir une activité périscolaire. Un véritable calvaire pour la jeune fille mal dans sa peau, qui n’aspire qu’à être invisible aux yeux d’autrui afin de faire l’économie de la moindre interaction sociale embarrassante.

Un jour, Rena découvre une académie bien singulière, où l’on n’apprend ni le solfège, ni le chant, ni le théâtre, ni toute autre activité qui viendrait à l’esprit pour soigner une phobie sociale, mais une discipline tout à fait singulière, le Ninjutsu. Poussée à la fois par sa thérapeute, par sa mère, son meilleur ami, et les éloges du Maître de l’école, Rena se laisse convaincre et accepte d’intégrer la formation.

En effet, quoi de mieux que l’art de la furtivité pour une jeune fille maladivement timide ?

Commence alors l’initiation de Rena, à qui l’on révèle que les ninjas œuvrent dans l’ombre pour le bien de tous depuis des siècles, et qu’elle est l’objet d’une prophétie promettant aux clans ninja le retour d’un élu doué de capacités exceptionnelles, nommé le Spectre. Loin de la décourager, cette pression supplémentaire permettra à Rena de se dépasser pour dévoiler tout le potentiel qui est en elle.

[Insérer le nom du protagoniste] à l’école des [Insérer une discipline mystique et mystérieuse promettant de l’action et des rebondissements]

Forte de son statut d’élue, Rena progresse rapidement et acquiert progressivement une meilleure confiance en elle. Certes, on ne guérit pas aussi facilement d’une phobie sociale, néanmoins les progrès sont visibles, ce que même la mère de Rena, pourtant absorbée par son travail sur la création d’une nouvelle IA, constate.

Pressée de mettre à l’épreuve ses nouveaux talents, Rena insiste pour se voir confier sa propre mission et découvre alors que son Maître prépare en effet une opération importante à laquelle il a l’intention de l’impliquer.

Avec cette série Shy Ninja (titre en VO), les Humanos lancent une nouvelle collection orientée jeunesse, ce qui se distingue des titres généralement orientés SF et au ton mature que l’on trouve dans leur catalogue.

La particularité de ce récit et qu’il fut initialement inspiré par la fille de l’auteur, Adara Sanchez. Son père, intrigué par le concept, a donc monté ce projet avec l’éditeur en incluant la jeune fille à chaque étape du processus de création, pour aboutir à ce projet, paru initialement dans la branche américaine des Humanoïdes Associés.

Le ton est assez léger bien que la thématique soit sérieuse et que les enjeux existent au sein du récit. L’identification au personnage de Rena fonctionne la plupart du temps, malgré des répliques sarcastiques qui ne font pas toujours mouche et ne semblent a priori pas forcément en phase avec le caractère de Rena et sa phobie sociale.

On se plaît à la voir progresser et maîtriser l’art des ninjas, sans qu’il en soit fait une esbroufe outrancière (pas de combats à la Naruto), cette initiation étant le symbole de sa guérison progressive. Les récits d’empowerment ont de toute façon le vent en poupe, alors autant en profiter et se plonger dans cette BD initiatique avec candeur.

Certes, les lieux communs ne sont pas toujours évités, comme celui de la prophétie et de l’élu. Cependant, les auteurs parviennent à s’en distancier de façon diégétique d’abord, avec quelques répliques ironiques sur cette ficelle narrative suivies d’une révélation à la Blade Runner 2049, puis de façon non-diégétique au travers des bonus qui exposent clairement les influences utilisées.

Ninja Malgré moi est donc un bon divertissement muni d’un message fort d’émancipation, auquel les jeunes lecteurs ne resteront pas insensibles.

**·BD·Nouveau !·Service Presse

Sirènes & Vikings #4: La Vague invisible

La BD!

Quatrième tome de 56 pages de la série initiée et dirigée par Gihef. Scénario de Nicolas Mitric, dessins de Francesco Trifogli et Maria Francesca Perifano. Parution le 24/03/2021 aux éditions des Humanoïdes Associés.

bsic journalismMerci aux Humanos pour leur confiance.

Sherlock Viking

Quatrième itération du conflit entre guerriers norrois et arpenteuses des mers pour cette collection signée Gihef. Cette fois, nous faisons la rencontre de Lydveig dont le quotidien tranquille est soudainement bousculé lorsque les hommes du Roi Hardeknud la ramènent manu militari devant le monarque sanguinaire. 

Ce dernier a fait mander la jeune mère de famille pour ses talents particuliers, talents dont elle se serait bien passée mais qui font pourtant partie d’elle. Il s’avère étonnamment que Lydveig est la fille d’Aasbjorn, le plus redouté des traqueurs norrois, capable de mener à bien les enquêtes les plus insolubles. Et si le Roi a initialement fait appel à lui ce n’était pas pour une broutille: Hardeknud souhaite retrouver la créature responsable du meurtre sanglant de son fils aîné, Swenborg. Le Roi est en effet persuadé qu’une sirène a le sang de son héritier sur les mains, lui qui se targue d’en avoir massacré une de chacune des huit castes et qui en expose les dépouilles au dessus de son trône. 

Aasbjorn semblait avoir identifié la caste de sirènes en cause, mais il a été lui-même occis par l’un de ces monstres, probablement par la coupable elle-même. Lydveig dont la fille est retenue en otage par le roi, doit mener sa propre enquête en usant des facultés inculquées par son intransigeant paternel, et chercher au-delà des apparences la réponse à ce mystère. 

Cependant, une femme plongée dans un monde d’hommes doit redoubler d’efforts, de stratégie et de détermination pour tirer son épingle du jeu. Y parviendra-t-elle ?

Meutres en eaux troubles

Après trois albums généralement centrés autour du conflit séculaire entre (vous l’aurez deviné) Sirènes et Vikings, et ayant pour thème l’amour contrarié entre deux membres de ces peuples ennemis, la série prend un nouveau tournant pour se transformer en whodunit médiéval, façon Le Nom de la Rose.

L’héroïne réticente mais douée est propulsée à son corps défendant au cœur d’une enquête risquée, dans un microcosme qui lui est hostile (l’on sait toutefois aujourd’hui que les femmes vikings vivaient au même rangs que les hommes et occupaient des places similaires dans la société, participant même à leurs raids armés:)

L’univers, travaillé depuis trois tomes, est en place, la présence de personnages récurrents aidant à densifier le tout. Avec un certain recul sur la série, on parvient à en dégager une thématique centrale plutôt manichéenne, à savoir le joug du patriarcat, ce qui dans certaines configurations, peut aller à l’encontre des réalités historiques, comme on vient de le démontrer plus haut. Néanmoins, il demeure très opportun pour une BD d’Entertainment comme celle-ci de questionner des thématiques actuelles. 

Ainsi, les sirènes, qui sont donc exclusivement de sexe féminin, vivent sous le joug d’un père aussi tyrannique que tentaculaire (non Cthulhu, rassied-toi!), bien que leur microcosme exploite les mâles, appelés tritons, uniquement pour leur semence. Ces derniers sont dépeints comme des créatures frustes, barbares et violentes (à l’exception de Gildwin, dans le tome 3), ce qui n’est pas sans rappeler une certaines catégorie de la population humaine soumise aux affres de la testostérone.

Chaque tome met donc en scène une femme devant s’affranchir d’un despote ou en tous cas d’un monde qui ne la considère pas à sa juste valeur (Blodughada dans le tome 3, Freydis dans le tome 2 et Borglinde dans le tome 1). 

Au contraire, les hommes, paradoxalement à leur statut de vikings, sont généralement dépeints comme cruels, lâches, lorsqu’ils ne sont pas carrément monstrueux, et même les plus sympathiques d’entre eux finissent par céder à la corruption et à l’infamie. Comme nous le disions, la critique est bienvenue, mais le prisme manichéen teinte le propos. 

Le changement de paradigme, avec cette enquête, dynamise l’anthologie en changeant la structure habituelle de l’album. Cependant, là aussi, on note des petites incohérences graphiques que l’on pourrait qualifier de faux raccords, qui écornent un tant soit peu la crédibilité du scénario: par exemple, lorsque la protagoniste explique avoir remarqué un détail sur l’un des suspects lors de sa première rencontre avec lui, l’on se sent, comme dans tous les bons polars, surpris, intrigué et piqués au vif de n’avoir pas su remarquer ce détail nous aussi. Mais lorsque l’on rebrousse chemin jusqu’à la dite rencontre, on s’aperçoit que…ce détail n’y est pas ! Comme si le dessinateur avait dessiné en lisant le script au fur et à mesure, car ce genre de décalage se reproduit plusieurs fois au long de l’album. 

Le mystère en lui-même est maintenu sur au moins les deux tiers de l’album, avec ce qu’il faut de fausses-pistes, toutefois, sans grande surprise, la révélation passe par la moulinette thématique en 

SPOILER

faisant de la victime le véritable monstre. 

FIN DU SPOILER

Côté graphique, la partition est assurée avec une qualité qui demeure constante. Ce quatrième album, s’il participe à renforcer un univers qui était attractif dès le premier tome, révèle néanmoins des failles de conceptions et des redondances thématiques malgré un virage tenté par les auteurs au travers de l’enquête. 

***·BD·Nouveau !·Service Presse

Carthago #12: Albinos

La BD!

Douzième tome de 59 pages de la série Carthago, écrite par Christophe Bec et dessinée par Ennio Buffi. Parution le 03/02/2021 chez les Humanos.

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Merci aux Humanos pour leur confiance.

Les Dents de l’Amère

Suite et fin du diptyque consacré au personnage de Kaine, hybride d’humain et de triton dont l’existence avait été prouvée dans les précédents cycles de la série. Kaine, du fait de ses particularités physiques, ne passe jamais inaperçu dans les endroits où il passe. Rejeté par certains et traqué par d’autres, Kaine mène une vie de paria et de fugitif. Tombé entre les griffes de Wolfgang Fiersinger, le Centenaire des Carpates, le jeune hybride a subi la curiosité déshumanisante du collectionneur jusqu’à sa fuite. Poursuivi de toutes parts, Kaine avait fini par tomber à nouveau en captivité, exposé telle une bête de foire par des malfrats indonésiens (tout prend son sens dans le contexte).

Mon ami le Meg

Chez un être né de l’union de la Terre et de la Mer, la liberté est un appel inévitable. Aussi Kane s’échappe-t-il encore une fois pour retrouver les étendues aquatiques. Il apprend alors que les ports sont en ébullition suite à une série d’attaques commises par ce qui s’apparenterait à un Mégalodon, créature antédiluvienne, prédateur le plus féroce à avoir jamais parcouru les océans réapparu mystérieusement.

Le jeune hybride n’est pas qu’un bon nageur: son héritage de triton l’affuble d’une sensibilité particulière et d’un lien mystérieux avec les animaux aquatiques. Kane le sent: le Mégalodon Albinos traqué par tous les chasseurs de requin en mal de reconnaissance court paradoxalement un grand danger. Il s’embarque donc dans une course contre la montre afin de sauver ce trésor de la Nature.

Christophe Bec poursuit son exploration des origines de l’un de ses personnages principaux. Dans ce préquel, on retrouve les incontournables piliers de la série, London Donovan, Fiersinger et l’Albinos. Néanmoins, c’est bien Kane qui demeure au centre de l’intrigue, lui et son lien privilégié avec l’océan. Les scènes d’action puisent dans les parangons du genre et offrent quelques moments bien rythmés. La qualité du dessin d’Ennio Buffi est désormais notoire et participe en grande partie à l’attrait de l’album. Ce douzième tome raccroche les wagons avec l’intrigue principale tout en révélant les origines d’une protagoniste.

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Omni #2: Éveillée

esat-west

Second tome de la série Omni, avec Devin Grayson et Melody Cooper au scénario, Giovanni Valeta, Enid Balam, et Alitha Martinez au dessin. Parution le 03/02/2021 aux éditions des Humanoïdes Associés.

bsic journalism

Merci aux Humanos pour leur confiance.

Omni-potence

Dans le premier tome, nous faisions la connaissance de Cecelia Cobbina, jeune médecin se découvrant des capacités intellectuelles soudainement décuplées. Ce phénomène, nommé « l’ignition« , a touché plusieurs personnes de par le monde, leur octroyant diverses capacités surnaturelles, que l’on découvre dans la série Ignited, se déroulant dans le même univers.

Après avoir appris à maîtriser ses nouvelles facultés, Cecelia a pris la tête d’Omni, une organisation dédiée au recrutement des Ignited, ces êtres extraordinaires, recherchés par certains, craints et détestés par d’autres. Malgré la vitesse fulgurante de sa pensée, Cecelia aura tout de même du mal à mener à bien sa mission, contrariée par les plans antagonistes d’organisations concurrentes et motivations bien sinistres.

A chaque Yin son Yang

Cecelia, aidée de son amie Mae, partant donc en road trip afin de localiser et encadrer les Ignited dont les pouvoirs se révèlent de par le monde. Cependant, leur quête va les mettre en opposition avec Gary Herrick, agent du gouvernement, mais aussi avec le Front Patriotique Européen, dont les idéaux racistes se répandent chaque jour un peu plus. Si l’on ajoute à ça les attaques dirigées contre les Ignited, vous comprendrez que notre jeune prodige à fort à faire.

Comme nous l’évoquions dans la chronique du premier tome, il n’est pas aisé d’écrire un personnage doué d’un intellect hors-nome de façon crédible. Jusque-là, Cecelia remplissait le cahier des charges, faisant preuve de déductions logiques cohérentes représentant adéquatement ses capacités.

Cet aspect est malheureusement atténué dans ce second tome. Les déductions à la Sherlock ont laissé la place à une démonstration plus basique de son intelligence, sans pour autant tomber dans le cliché ni le techno-blabla. Toutefois, comme pour les autres séries de l’univers H1 Comics, Omni ne centre pas son propos sur les seules capacités de sa protagoniste, fussent-elles prodigieuses. La série oriente donc ses thématiques autour de problématiques sociales et environnementales, dont l’urgence se fait ici sentir avec toujours plus d’acuité.

Le scénario, guise de fil-rouge, continue d’explorer le background lié aux Ignited, et met sur la route de Cecelia quelqu’un qui pourrait bien être son égal. Attention, nous ne sommes pas ici sur un affrontement Holmes/Moriarty, mais l’on sent bien que la complémentarité Cece/Herrick sera de mise lorsque le scénario l’exigera.

Ce second tome d’Omni voit donc le concept de base s’affaiblir quelque peu, en faveur d’un discours engagé autour de thématiques fortes.