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Silver-surfer: black

esat-westComic de Donny Cates, Tadd Moore et Dave Stewart (coul.)
Panini (2020), 100p., one-shot.

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Lors d’un combat le silver-surfer est aspiré dans une faille temporelle qui le renvoie à l’Aube des Temps, où il va devoir affronter une menace antédiluvienne contre l’Existence même…

Comic Review: Silver Surfer Black #5 - Sequential PlanetDepuis quelques albums je découvre par hasard (et notamment grâce à l’opé Printemps des comics!) l’auteur Donny Cates qui me passionne à chaque nouvel album par les sujets qu’il aborde et l’ambition de ses récits. Surtout il compose progressivement un univers partagé cohérent qui parvient (et ce n’est pas peu de chose!) à rendre accessible les concepts les plus fumeux de l’univers Marvel, comme Knull le dieu des Ténèbres ou Ego la planète vivante (vue dans le film Gardiens de la galaxy vol.2). Se basant sur l’un des fondements les plus puissants de l’univers Marvel récent, le diptyque du Massacreur de dieux où apparaît la nécro-épée, Cates donne une explication à cet artefact dans Venom Rex où il explique l’origine des symbiotes similaires à Venom avec la création de ce dieu maléfique. Après avoir fait du Surfer l’un des adversaires finaux de Thanos à la Fin des Temps, l’auteur propose avec le récent Silver-surfer: black une odyssée dans la genèse de l’univers Marvel, à l’Aube des Temps, alors que Galctus n’est pas encore né, que la planète Ego est en croissance et que Knull cherche à étendre son emprise sur le vivant… tout en convoquant le premier dessinateur du surfer, Jack Kirby, auquel Tradd Moore fait un hommage puissant…

SILVER SURFER : BLACK #1-5 (Donny Cates / Tradd Moore) - Marvel - SanctuaryCette aventure est de celles qui cherchent l’omnipotence, les failles entre les mondes, la rupture du temps et la genèse des astres… de ces combats cosmiques qui voient créer et détruire des soleils, broyer des dimensions et renaître après la mort. Le surfer est théoriquement immortel et tout puissant, doté de la puissance cosmique et son affrontement originel avec le dieu des Ténèbres s’inscrit dans une boucle/paradoxe du grand-père. En revenant à l’Aube des Temps il génère son propre destin, sa propre condamnation tout en cherchant sa rédemption, traumatisé par les infinités de vies que Galactus lui a fait prendre. Il est toujours compliqué pour les héros cosmiques d’intéresser les lecteurs sur des préoccupations humaines (la dualité Norin Radd/Héraut de Galactus) mais cet album parvient à rendre acceptable ce conflit intérieur et cosmique qui fait du Silver-Surfer une cosmogonie à lui tout seul puisque son voyage sera à l’origine de sa propre existence, de celle de son maître mais aussi de l’itinéraire de Knull et Ego. Totalement syncrétique, Cates semble parvenir à rattacher de façon cohérente tout ce qui a été fait sur le surfer auparavant, comme ces références au « cancer » qui dévore Radd dans le magnifique Requiem que lui ont offert Straczynski et Ribic.

SILVER SURFER : BLACK #1-5 (Donny Cates / Tradd Moore) - Marvel - SanctuaryGraphiquement, puisque c’est bien évidemment ce qui a été mis en avant autour de cette mini-serie, la partition de Moore et Stewart est clairement bluffante. Le multi-récompensé coloriste de Sean Murphy, Mignola et Tim Sale (sacrée carte de visite) complexifie encore plus le dessin déjà chargé de l’illustrateur en évitant le psychédélique par des teintes plutôt douces. C’est l’association des deux, comme dans un mandala, qui crée la surcharge magnifique qui explose la rétine en donnant vie à un combat galactique qui ne pouvait être sobre. Quand on perfore des planètes, que l’on taille la réalité, cela ne peut être lisse. Alors le duo fait parcourir les planches d’ondulations permanentes totalement empruntées à la technique de l’Animation. De l’infiniment grand à l’infiniment petit ces mondes fantastiques se reflètent sur la peau d’argent du surfer en une expérience sensorielle fascinante. Certains craindront le trop plein, mais chacun reconnaîtra la force et la complexité de ces dessins d’une profondeur organique sans nom…

Avec la fraîcheur de la jeunesse Donny Cates, Tradd Moore et Dave Stewart proposent avec ce one-shot un classique immédiat dont on reparlera sans doute dans quelques décennies. Que l’on aime/connaisse ou pas ce personnage si particulier, le Silver Surfer est le seul qui permette de telles odyssées graphiques alliées à la profondeur des thèmes philosophiques de la SF la plus exigeante.

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Les Avengers des Terres Perdues

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Recueil de 112 pages comprenant les cinq épisodes de la mini-série Avengers of the Wastelands, écrite par Ed Brisson et dessinée par Jonas Scharf . Parution le 17/02/2021 aux éditions Panini Comics.

Les Avengers sont morts, vivent les Avengers

Il y a des décennies, les pires criminels de l’univers Marvel ont pris la meilleure décision de leurs vies: s’organiser à grande échelle, et mettre en commun leurs ressources afin de mettre à bas leurs ennemis jurés. Ainsi, en une nuit, les plus grands héros de la Terre sont tombés, quasiment sans coup férir, laissant l’Amérique aux mains de mégalomanes nazis tels que Crâne Rouge. 

Puis, les vilains se sont partagés les territoires, donnant naissance à un nouvel ordre mondial basé sur les rivalités entre seigneurs de guerre, conduisant le monde à sa ruine. Plus aucun Avenger, plus aucun X-Men ni Fantastique pour les arrêter. Le rêve des super-vilains s’était enfin réalisé, mais le rêve de quelques uns peut vite se révéler le cauchemar de tous. 

Plus qu’aucun autre, Logan a fait les frais de cette catastrophe. Piégé par Mysterio, il a lui-même massacré ses frères d’armes mutants lors de la grande purge des super-vilains. Dès lors, Logan s’est retiré du monde des super-héros, et a pris sa retraite. Bien des années plus tard, alors qu’il a fondé une famille et qu’il fait de son mieux pour survivre, Logan est rattrapé par son passé. Sa famille est menacée par les rejetons dégénérés de Hulk, si bien qu’il doit s’embarquer dans un périlleux road trip avec le vieil Hawkeye afin de la sauver. Après moult péripéties, qui le conduiront à éliminer le Président Crâne Rouge, Logan rentre chez lui pour trouver sa famille massacrée. Ce traumatisme épouvantable va le conduire à faire ce qu’il se refusait jusqu’alors, et sort ses griffes d’adamantium pour massacrer le clan Banner, Bruce compris. 

Old Man Logan, initié par Mark Millar, nous montrait un monde désolé et impitoyable, qui est ici repris, après les mini-séries Old Man Quill et Dead Man Logan. La majorité des héros s’en est sans doute allée, mais elle a vocation à être remplacée par de nouveaux héros, entre nostalgie des temps passés et foi en un avenir meilleur. 

Après la chute de Crâne Rouge, c’est Fatalis qui s’est installé sur le trône, régnant avec la poigne de fer qu’on lui connait. Bien décidé à assurer sa suprématie, il entreprend de retirer de l’échiquier tous ses anciens conjurés, et écrase cruellement tous ceux qui pourraient lui causer du tort. Qui pourra détrôner le tyran sanguinaire ?

Teenage Wasteland

Ed Brisson met au centre de son récit Danielle Cage, fille du super-héros Luke Cage et de la super-détective Jessica Jones. Cette dernière est à la tête d’une communauté paisible de survivants, épaulée par Bruce Banner Jr, seul survivant du massacre causé par le regretté Logan. Non contente d’être la fille de ses prestigieux parents, Danielle est également la dernière détentrice de Mjolnir, le mythique marteau de Thor, ce qui lui permet d’irriguer efficacement les cultures destinées à nourrir le groupe. 

Ce quotidien relativement serein est perturbé par l’irruption de Dwight, successeur d’Ant-Man, dont la communauté a fait les frais de la cruauté de Fatalis. Ensemble, Dwight, Danielle et Bruce Junior vont se dresser contre la tyrannie, forts de l’héritage glorieux des Avengers. Ils seront bien vite rejoints par Grant, un ancien soldat de Fatalis ayant survécu à l’injection du Sérum du Super-soldat, puis par Viv, fille du regretté Vision. Captain, Thor, Hulk et Ant-Man, on peut dire sans se tromper que c’est une bonne base pour une équipe d’Avengers. 

L’idée d’une équipe de jeunes héros succédant aux Avengers n’est pas nouvelle, loin s’en faut. Il n’y a qu’à regarder du côté des Young Avengers, qui réunit de la même façon des personnages jeunes et tous liés aux héros adultes. S’agissant de la trame narrative futuriste, on trouve également A-Next, version adolescente et future des Avengers apparue dans la série Spider-Girl au début des années 2000, ou encore la version que l’on découvre dans Avengers volume 4 n°1. Et il est ici inutile d’évoquer Avengers Forever et son casting méta-temporel. 

Danielle Cage, quant à elle, était apparue en 2006 sous la plume de Brian Bendis. Encore enfant dans l’univers classique, elle a néanmoins bénéficié d’une autre version future dans laquelle elle reprend le rôle de Captain America (Avengers: Ultron Forever). Quelle que soit le futur, il semblerait donc que la jeune Danielle soit appelée à un destin héroïque. Dans ces Avengers des Terres Perdues, il est donc question d’héritage, mais aussi d’espoir et des symboles qui le portent. Les jeunes héros ont donc le choix entre la simple survie où le poids supplémentaire des responsabilités que leur donnent leurs pouvoirs. 

Être à la hauteur de ses aînés est un défi conséquent, surtout quand il s’agit de remettre le monde sur les rails. Le récit est bien construit autour de cette thématique et contient suffisamment de rebondissements pour conserver l’intérêt du lecteur. En revanche, les scènes d’actions peuvent se montrer un tantinet répétitives, mêmes si elles bénéficient d’un dessin de qualité. On aurait aimé voir une progression plus nette dans la coopération des héros, qui auraient pu commencer leur mission de façon dysharmonique pour former peu à peu, au fil du récit, une équipe fonctionnelle. Ce n’est pas vraiment le cas ici, et il est dommage de noter que les combats se ressemblent un peu tous. 

Ces Avengers des Terres Perdues restent une lecture agréable qui prolonge le concept d’Old Man Logan en y apportant une touche d’espoir bienvenue. 

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Printemps des comics Marvel

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Mélange d’albums anciens de 2001 (Spiderman bleu, Daredevil Jaune), de Fresh start de 2018 (Venom Rex, la Vie de Captain marvel, immortal Hulk), NOW! de 2016 (Mighty thor), Marvel Legacy de 2018 (Thanos gagne).

Chaque volume comprend une introduction de contexte, un récapitulatif du personnage et une bio des auteurs. Les couvertures originales des issues sont présentes en entrées de chapitres et le volume se termine par des propositions d’albums pour prolonger sur le personnage et un rappel des autres titres de la collection. A noter que les titres le correspondent pas toujours exactement au titre original. Sinon rien à redire, c’est très bien fabriqué, solide, joli et bien conçu pour l’objectif de faire découvrir des séries (et acheter les suites derrière).

Couverture de Le printemps des comics (Panini 2021) -2- Venom - RexCouverture de Le printemps des comics (Panini 2021) -4- Thor - La déesse du tonnerreCouverture de Le printemps des comics (Panini 2021) -5- Ultimates - Super-humain

Couverture de Le printemps des comics (Panini 2021) -6- Thanos - Thanos gagneCouverture de Le printemps des comics (Panini 2021) -7- Immortal Hulk - Ou est-il les deux ?Couverture de Le printemps des comics (Panini 2021) -8- Captain Marvel - La vie de Captain Marvel

Serie Daredevil : Jaune [BDNET.COM]

  • #2 Venom  – Rex (Cates-Stegman)

Venom Gets a New Power and a New LookVénom est à l’origine un méchant de l’univers Spider-man, symbiote extra-terrestre un temps fusionné avec le tisseur et qui lui donna son mythique costume noir mis à l’écran par Sam Raimi dans le laborieux Spider-man III (c’était le monde d’avant MCU, celui où seuls les X-men et les films de Raimi parvenaient à tirer les super-héros de la masse des blockbusters). Depuis, Venom est arrivé au cinéma sous la peau de Tom Hardy, dans le semble t’il catastrophique film de 2018 et s’apprête à remettre le couvert en se foutant sur la gueule avec l’autre symbiote (rouge), Carnage… Pas franchement convaincu par les myriades d’excuses de Marvel pour sortir des albums sur n’importe quel personnage j’ai entamé ce Venom Rex grâce aux dessins franchement sympathiques de Ryan Stgman, habitué du symbiote adepte du syndrome de la Tourette. Et je dois dire que j’ai pris un grand plaisir à découvrir cet univers sombre où une entité divine maléfique souhaite récupérer ses ouailles dont fait partie Venom. Dans un intrigue qui a l’immense mérite de s’interfacer avec l’énorme diptyque du Massacreur de dieux en développant l’origine de l’arme de Gorr (que l’on s’apprête à découvrir dans le prochain film Thor Love and Thunder), on voit passer rapidement Spidey-Morales pour une alliance temporaire bien sympa. C’est fort joli, sombre, ça bastonne et c’est plutôt bien écrit dans le carcan des multiples dialogues télépathiques habituels des comics et last but nos least ça peut tout à fait se lire en mode one-shot bien qu’il s’agisse d’une introduction d’arc. Du coup mission accomplie pour cette découverte qui fait le job de nous donner envie de prolonger sur les trois autres volumes.

 

  • #4 Thor, la déesse du tonnerre (Aaron-Dauterman)

Mighty Thor T.1 – Par Jason Aaron, Russell Dauterman & Jorge (...) - ActuaBDDécouvrez la nouvelle incarnation (inattendue!) de Thor après que ce dernier soit devenu indigne de porter Mjolnir… L’album avait déjà été chroniqué sur le blog:

Passé le buzz de la sortie de l’album autour de ce Thor féminin, que vaut cet arc par l’auteur du génial Massacreur de dieux? Le premier volume est assez étrange puisque les deux-tiers du volume dessinés par Russel Dauterman sont un enchaînement de bastons parcourues de bons mots et sans grand intérêt en l’absence de dimension épique. Thor est un dieu, il est déjà mort, est immortel, on ne sait plus trop, bref. Pour peu que vous suiviez un petit peu l’actu des comics vous savez déjà qui est cette Thorette et perdrez donc beaucoup du pseudo mystère qu’essaye d’instiller Aaron. Les dessins de Dauterman, assez banales ne permettent pas de dépasser ce niveau correcte mais sans plus. Dès la fin du volume en revanche, sur la section dessinée par un Jorge Molina en forme, l’ouverture des discussions cosmologiques entre dieux, les stratégies d’un Odin en mode dictateur ne supportant pas le port de Mjolnir par une femme, on se réveille soudain, titillé par un scénario que Jason Aaron semblait avoir oublié. Si le pseudo-féminisme à la mode ricain fait un peu sourire par son ambition minimaliste, les relations familiales de cette famille et l’aspect très négatif donné à Odin suffisent à donner envie de continuer cette série pour voir ce qu’elle a dans le ventre.

 

  • #5 Ultimates (Millar-Hitch)

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est panini-comics-2017-(-marvel-2002)-1494059315.jpgAprès avoir frôlé la banqueroute à l’aube du millénaire, Marvel a su remonter la pente et a entrepris de revenir sur le devant de la scène, grâce à des opérations moins risquées que leurs derniers débâcles (La Saga du Clone, Onslaught, c’est vous qu’on regarde !), ou en tous cas plus réfléchies. Le but était d’attirer de nouveaux lecteurs, sans les rebuter avec des lustres de continuité. Ainsi est née la gamme Ultimates, un univers Marvel alternatif présentant des héros avec un nouveau point de départ, c’est-à-dire des origines remises au goût du jour par des auteurs possédant une vision audacieuse. Cette ligne éditoriale pensée pour les lecteurs nouveaux a été, avec le recul, couronnée de succès et a permis de relancer la Maison des Idées, ouvrant la voie aux adaptations cinématographiques. Mark Millar, sale gosse notoire des comics, s’est fait connaître pour son style impertinent, comme beaucoup d’autres auteurs britanniques. Alors dans l’ombre des X-men, c‘est sans doute à partir de ce point que les Vengeurs ont repris du galon, jusqu’à revenir sur le devant de la scène en 2005 grâce à Brian Bendis (autre ponte du ultimate universe). Le scénariste n’hésite pas, surtout à cette époque, à retourner les codes des comics en y injectant un bonne dose de trash talk via des dialogues ciselés au style très reconnaissable, notamment lors des phases d’exposition. Sous sa houlette, Captain America devient un réactionnaire dépassé par le 21e siècle, Tony Stark un milliardaire excentrique en mal de frissons, Hank Pym un dépressif rongé par un complexe d’infériorité, tout comme Banner, que le reste de l’équipe s’échine à rabaisser, et Thor, un illuminé new age flirtant avec l’imposture. En gros, Millar prend la substantifique moelle de chaque héros, et le « flanderise » (terme faisant référence au traitement réservé à Ned Flanders au fil de la série The Simpsons) afin de servir son propos tantôt ironique, tantôt cynique. Ce tome introductif donne le ton du premier volume, dont la suite compte parmi les meilleurs travaux de Millar chez Marvel D’ailleurs, la série ne survivra pas au départ de l’écossais puisqu’elle perd tout intérêt après son volume 2. ce premier chapitre de The Ultimates est un classique de ce début de siècle, un des meilleurs travaux de Millar chez Marvel…

 

  • #6 Thanos gagne (Cates-Shaw)

Thanos Wins - Les Ailes ImmortellesTous les spectateurs des films Marvel connaissent maintenant Thanos l’immensément charismatique méchant de Marvel dont le principal point-faible narratif est sa puissance semble t-il infinie. Et dont acte pour Donny Cates qui aime décidément chroniquer les méchants (il est à l’œuvre sur le Venom Rex chroniqué plus haut) et nous raconte ce qui se passera quand le titan fou aura réussi son génocide galactique (d’une dimension autrement plus systématique que le gentil claquement de la guerre de l’Infinité!). Sur ce vrai one-shot Thanos se retrouve embarqué par le Ghost-rider, héraut de la vengeance, vers un futur où un vieux roi-Thanos a gagné son pari d’apporter à sa dulcinée – la Mort elle-même! – ses hordes d’âmes… Comme vous le comprenez on a là un récit galactique proche encore une fois des passages futuristes du Massacreur de dieux où le roi Thor s’associait avec le jeune Thor pour combattre l’invincible Gorr. Déjà vu donc mais superbement illustré et pas trop éclaté dans sa narration pour nous faire profiter de combats dantesques avec le Surfer, le Rider ou Hulk en une sorte de Requiem doté de quelques visions réellement inspirées lorsque la Mort survient. Avec les défauts de sa brièveté, Thanos gagne est un très sympathique What-if, un des meilleurs de la sélection Panini.

 

  • #7 Immortal Hulk (Ewing-Bennette et collectif)

The Stack – Best Of The Best: 2018 – COMICONArc assez réputé, ce premier Immortal hulk est une assez franche déception, tant par ses dessins, correctes mais terriblement classiques que par une intrigue un peu bancale. Cela démarre au milieu du gué avec un Bruce Banner semble t’il revenu d’entre les morts. Hulk désormais doté de la parole terrorise les petites frappes du pays avant que l’on bascule sur un évènement raconté par les témoins d’une journaliste dans un épisode alternant les styles graphiques. On connait l’idée, pas forcément mauvaise, mais cela n’aide pas à construire une continuité narrative où survient ensuite le Sasquatch, sorte d’alter-ego poilu en canadien de Hulk (les canadiens sont décidément tous bestiaux après Logan…) qui va se mettre des mandales avec le géant vert et nous ouvrir sur une histoire surnaturelle de passage entre les mondes. J’avoue que si j’aime bien voir Hulk tout casser j’ai toujours été sceptique sur la capacité du personnage à porter une histoire à lui seul. Sans doute la raison pour laquelle le géant n’est qu’un personnage secondaire dans le MCU… La suite permet peut-être de donner du corps à cette histoire mais je reconnais que pour qui ne serait pas familier avec la mythologie du monstre on est un peu balloté sur des concepts à la fois très peu originaux et un peu kitsch. Album très dispensable donc, sauf si vous êtes un fanatique de Hulk. 

 

  • #8 La vie de Captain Marvel (Stohl-Pacheco)

La vie de Captain de Marvel : Carol Danvers succombera-t-elle aux secrets  de son passé ? [avis] - Top ComicsSans doute une des plus mal connue des héroïnes Marvel, le personnage a une histoire compliquée, changeant de nom et d’identité plusieurs fois avant de se stabiliser sous la forme de Carole Danvers. En lisant ce one-shot assez touchant vous constaterez néanmoins que les distorsions entre comics et films restent importantes, signe d’un manque de fonds pour ce personnage… Pourtant doté d’attributs graphiques très réussis, cet ersatz de superman version marvel fonctionne parfaitement à l’image avec un look sexy élégant et une once de féminisme bienvenu. Cette fausse origin story a la bonne idée de ne pas nous plomber avec une lente progression pour lui préférer les flashback familiaux qui reprennent clairement le modèle de l’originaire de Krypton: après un gros coup de blues, Carole Danvers retourne dans sa ville natale (en mode Smallville) où elle renoue avec ses amis et sa famille, loin des turpitudes des Avengers malgré les appels répétés de Tony Stark. Alors qu’elle gère un drame, un alien débarque en mode chasseur et révèle un secret qui bouleverse ce que nous savons de ce personnage. A la lecture très agréable, alternant les styles graphiques tout en gardant une homogénéité, j’ai eu une impression de déjà-vu avec le récent Naomi chez DC. L’album dont on parle étant plus ancien, les auteurs de Naomi (Bendis, tiens…) ont clairement copié bien que la trame ne soit pas à proprement parler révolutionnaire. Au final, si cet album ne pousse pas plus que cela à prolonger sur d’autres titres, il reste tout à fait réussi, comme une pause bienvenue dans le monde si dark et violent des super-héros…

  • #10 Daredevil jaune (Loeb-Sale)

Appartenant à la très réputée série des couleurs du duo Tim Sale/Jeph Loeb qui proposait des origin-story rétro sur un certain nombre de héros Marvel à l’orée des années 2000 (Spider-man bleu que vous trouvez dans la sélection Panini de cette année, mais aussi Hulk Grey et Captain america White), Jaune est un des plus grands chefs d’œuvre des comics Marvel, rejoignant les mythes des Daredevil par Miller ou les saga X-men de Claremont par exemple. Sur un one-shot parfait le duo rappelle le premier costume du diable de Hell’s Kitchen qui deviendra rouge, dans un opéra urbain autour de la figure du père. Très touchant, sublime graphiquement dans ces lavis uniques du dessinateur daltonien Tim Sale qui sortait de l’énorme saga Batman Un long Halloween, Jaune est sans aucun doute le chef-d’œuvre du duo et le meilleur album de cette sélection. Un must have!

Amazing splash page by Tim Sale from “Daredevil:Yellow” (2001) : comicbooks

 

Voilà, après ces quelques review il ne vous reste plus qu’à faire votre choix… et nous devons dire que si personnellement nous n’avons pas pris toute la sélection, pour un fois on ne pourra que donner raison aux collectionneurs tant Panini a fait un travail remarquable tant pour le choix des volumes que pour le boulot éditorial de montage! De quoi donner une sacrée pression aux collègues d’Urban en pleine préparation de leur opé estivale

Comics·East & West·Guide de lecture·Rétro

Sentry, un héros compliqué

Aujourd’hui, une rapide aparté sur un personnage Marvel singulier et pourtant assez méconnu, voire mésestimé. L’histoire de Sentry débute en 2000 par une campagne de marketing viral dans le magasine Wizard, dans lequel Stan Lee himself explique s’être rappelé d’un personnage qu’il avait crée au même moment que ses fameux Fantastiques, oublié pour une obscure raison.

Ce point d’entrée meta ouvre la voie à la première mini-série The Sentry, signée Paul Jenkins et Jae Lee. On y fait la rencontre de Robert Reynolds, quadragénaire désemparé par la vacuité de son existence. Le pauvre homme est hanté par les réminiscences d’une vie de super-héros, et finit par être persuadé qu’il fut autrefois celui que l’on nommait Sentry, le gardien doré.

Il s’est avéré que Bob avait raison: suite à l’ingestion d’un sérum, il est devenu l’homme le plus puissant de la Terre, et a côtoyé les Quatre Fantastiques, Spider-Man et bien d’autres au cours de sa croisade protectrice. Cependant, on apprend aussi durant cette mini-série que Sentry ne va pas sans Void: pour chaque acte bienveillant du héros, Void commet une atrocité d’égale importance.

La vérité, qui éclate à la fin de la mini-série, est dévastatrice pour Bob: Sentry et Void ne font qu’un, ils sont deux facettes de son esprit qui s’affrontent depuis le début, avec en jeu rien de moins que le sort du monde. Face à cette impasse, Robert avait fait le choix qui s’imposait: avec l’aide de Reed Richards et de Stephen Strange, Sentry a activé un mécanisme qui l’avait effacé de toutes les mémoires de la planète, neutralisant Sentry pour tenir Void à l’écart. Son retour était donc un erreur monumentale, si bien que Bob réitère son sacrifice et s’efface à nouveau des mémoires pour retourner dans l’oubli.

Ce nouveau sacrifice, en plus de marquer l’abnégation du personnage, concluait son histoire de façon assez péremptoire. C’était sans compter sur Brian Michael Bendis et ses Nouveaux Vengeurs.

En effet, en 2005, Sentry fait une nouvelle apparition, qui va complexifier son histoire. Suite à la séparation des Avengers, causée par la douloureuse trahison de la Sorcière Rouge, une nouvelle équipe se forme pour faire face à une évasion en masse de super-vilains. Ainsi, Captain America, Iron-Man, Spider-Woman, Luke Cage, Spider-man et Daredevil se réunissent-ils, bien vite rejoints par l’un des prisonniers, celui qui se nomme Sentry mais que personne ne connaît.

Bien vite après la formation de l’équipe, il devient clair que le cas de Sentry va poser un sérieux problème. En effet, les Avengers ne se sont pas encore remis du breakdown de la Sorcière Rouge, et il faut avouer que le comportement de Sentry, conjugué à sa puissance démesurée, inquiète les pontes du marvelverse, Stark en tête.

Confronté à son passé, Bob découvre qu’il a été manipulé des années auparavant par un vilain nommé le Général, secondé par le Cerveau, qui ont induit dans son esprit l’idée d’un croque-mitaine, dont il ne pourrait se défaire qu’en disparaissant des mémoires. Ces révélations font revenir Bob à lui, mais n’effacent pas pour autant le problème de Void, dont l’ombre plane encore de façon menaçante au-dessus du héros.

Des pages des New Avengers, Sentry repasse à une nouvelle mini-série, de Paul Jenkins cette fois secondé de John Romita Jr. On y apprend que Robert est atteint de schizophrénie et d’addiction, et qu’il a ingurgité le fameux sérum en pensant se procurer une dose de paradis artificiel. Les pouvoirs de Sentry et de Void ne seraient donc que la manifestation survitaminée des troubles dissociatifs de Robert, qui ne pourra donc jamais se débarrasser vraiment de ses deux identités antithétiques. La série reprend la mise en abyme initiée dans New Avengers, à savoir que Bob a inconsciemment inspiré un artiste de comics, nommé…Paul Jenkins, à raconter ses aventures sur papier.

Les années qui suivent voient Sentry participer aux missions des Avengers sous leurs différentes incarnations, tout en menant son combat intérieur contre Void. De plus en plus instable, il effraie son épouse Lindy, qui ne voit plus en lui qu’un monstre potentiel et incontrôlable, d’autant que les pouvoirs de Sentry semblent varier selon les auteurs, mais gagnent généralement en intensité. D’homme fort et volant, il se rapproche peu à peu de l’omnipotence, jusqu’à être capable de ramener sa femme d’entre les morts !

Vient ensuite la partie Dark Reign, durant laquelle Norman Osborn prend le pouvoir. L’ancien Bouffon Vert utilise le pouvoir de Sentry à son avantage, tout en manœuvrant pour offrir le contrôle à Void, notamment en ordonnant l’assassinat de Lindy. Osborn joue à un jeu très dangereux, et ne tardera pas à en payer le prix lors du Siège d’Asgard en 2010. Hors de contrôle, Sentry cède progressivement à l’influence de son alter-égo et tue l’avenger Arès, puis détruit Asgard avant de révéler son véritable visage.

Void sera vaincu par les Avengers, réunifiés pour la première fois depuis Civil War, puis jeté dans le Soleil par Thor. Ce n’est que quelques années plus tard qu’il reviendra, dans les pages d’Uncanny Avengers, par Rick Remender, Steve McNiven et Daniel Acuna. Ramené par les Jumeaux de l’Apocalypse en tant que Cavalier de la Mort, Bob se dit débarrassé du Void, qui, lassé du cycle sans fin de résurrection au cœur du Soleil, s’en est allé. Désormais persuadé d’être l’héritier d’Apocalypse, Sentry affronte Thor et les Avengers, avant de changer de camp en aidant les héros à repousser les Célestes.

Notre héros réapparaîtra ensuite dans les pages du Docteur Strange, qui requiert son aide pour retrouver son titre de Sorcier Supreme. Bien que cette apparition passe sous silence les événements d’Uncanny Avengers, elle prépare le terrain pour la mini-série de Jeff Lemire, qui va concocter en 2018 un nouveau paradigme pour le héros doré.

Côté analyse, il est aisé d’affirmer que Sentry représente une sorte de reflet Marvel de Superman. Il est souvent dit que la particularité qui est à la racine de la Maison des Idées est d’avoir des héros à problèmes. Il est donc tout à fait logique que le Superman sauce Marvel ait des problèmes à la mesure de son pouvoir. Ici, il s’agit tout simplement de la folie. Sentry est fou, dérangé, déséquilibré.

Ce qui est fascinant avec ce personnage est donc de constater l’impact qu’aurait un tel pouvoir sur la psyché d’un homme déjà fragile. Cela ajoute un aspect plus vraisemblable, malgré le caractère résolument invraisemblable de ses pouvoirs. On remarque aussi, de façon également plus réaliste, la défiance que provoque une tel puissance de la part des autres personnages, qui redoutent Sentry plus qu’ils ne le respectent. Là où Superman est souvent admiré dans la continuité classique, Sentry est craint, voire détesté pour ses actes commis en tant que Void. A ce titre, un élément symbolique assez fort concernant le personnage apparaît dans l’une des miniséries appréciées du public, Marvel Zombies. Dans cet univers en effet, Sentry est la source de l’infection, dans une ingénieuse boucle temporelle qui laisse penser que Sentry, transfuge malgré lui de l’univers DC, vient « contaminer » Marvel.

Certains de ses auteurs, Jenkins en tête, ont également utilisé la dichotomie Sentry/Void pour explorer la thématique de l’identité, mais aussi celle de la responsabilité et du repentir. A partir du moment où Bob ne reconnaît pas les actes de Void comme étant les siens, puisqu’il n’en conserve pas le souvenir, peut-il en être jugé responsable? Si oui, à quel point ?

Du point de vue purement narratif toutefois, il peut être reproché beaucoup de choses au personnage, mais surtout aux auteurs qui l’ont utilisé. En premier lieu, ses origines, volontairement ou involontairement, ne sont pas seulement drapées de mystère, elles ont floues, voire sur certains détails, incohérentes. Bendis lui-même explique que Void n’est que la résultante d’une manipulation mentale antérieure dans l’esprit de Bob, avant de sous-entendre, dans les pages de Dark Avengers, que le Void a une dimension biblique en le comparant à l’Ange de la Mort… Lemire, quant à lui, met de côté des événements importants (la mort de Lindy, la résurrection de Sentry en héritier d’Apocalypse…) pour se concentrer sur la relation de Bob avec ses alter-égos.

En second lieu, un grande partie de ses apparitions reste anecdotique, les scénaristes ne sachant généralement que faire avec un personnage aussi puissant: écarté ou gentiment ignoré durant Civil War et Secret Invasion, il finit en boss de fin de Siege avant d’être finalement sacrifié dans un soulagement presque général. Sa résurrection quant à elle offrait de nouvelles perspectives qui n’ont pas porté leurs fruits. Espérons que Marvel rebondira et saura exploiter ce personnage à son plein potentiel.

Lectures conseillées pour découvrir/suivre le personnage:

-Sentry, La Sentinelle, parution le 12/06/2019 chez Panini Comics

-Dark Avengers, éditon Deluxe, 2 volumes parus en 2012 et 2013 chez Panini Comics

-Siege, édition Deluxe, un volume paru en 2012 aux éditions Panini Comics

-Uncanny Avengers, éditions Deluxe, 2 volumes parus en 2020 et 2021 chez Panini Comics

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Avengers #3: La guerre des vampires

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Troisième tome de la série Marvel écrite par Jason Aaron et dessinée par David Marquez. Comprend les numéros 13 à 17, parution le 20/01/2021 chez Panini.

Bon sang ne saurait mentir

Retour des Avengers version Jason Aaron. Depuis leur reformation, les Avengers ont repoussé la dernière Armée des Célestes, combattu leur ancien allié Namor ainsi que leurs homologues russes, la Garde d’Hiver. Mais ce qui les attend cette fois va les plonger dans les coulisses ténébreuses de notre monde et révéler un microcosme qui préfère d’ordinaire demeurer caché. 

Les nations vampires qui prospèrent dans l’ombre sont en plein chaos. Partout sur Terre, les différents clans sont en ébullition et s’affrontent dans une guerre sans merci qui risque de mettre en danger bien des vies humaines. Parmi cette débâcle, le Colonel de l’Ombre fait son apparition, secondé par sa Légion des Morts, et cherche à retrouver le roi des vampires, le célèbre Dracula, afin de le détrôner et prendre sa place. 

Le vieux monarque, sentant le danger, sollicite refuge auprès de la Garde d’Hiver, de quoi attiser les tensions déjà existantes entre Avengers et héros russes ! Heureusement, les plus puissants héros de la Terre vont pouvoir compter sur l’aide d’un spécialiste, en la personne de Blade, le diurnambule, chasseur de vampires. Ce qui tombe plutôt bien sachant que le jeune Robbie Reyes, nouveau détenteur du pouvoir du Ghost Rider, est passé malgré lui à l’ennemi. 

Jason Aaron poursuit son run sur la série phare de Marvel, en creusant davantage certains de ses personnages fétiches, comme Ghost Rider, qui s’offre ici une virée en Enfer sensée l’éclairer davantage sur la nature de ses pouvoirs. Le paradigme de départ est assez intéressant, avec un Dracula prisonnier en mode Hannibal Lecter, sournois et sûr de lui, avant de subir un changement et placer le roi des vampires en position de victime de la cruauté de la Garde d’Hiver. 

Certains mystères s’épaississent, comme l’identité de la Veuve Rouge, et font anticiper de fracassantes révélations, dont on espère qu’elles seront à la hauteur de l’attente suscitée. L’action est bien présente dans cet arc court mais efficace, guidée par les dessins qualitatifs de David Marquez

Comme précédemment, on trouve également dans l’album une aparté consacrée aux Avengers préhistoriques, ici la première Iron Fist, Fan Fei. Un troisième album qui maintient la qualité de la série.

*·Nouveau !

Spider-Man: De père en fils

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Intégrale reprenant les cinq numéros de la mini-série Spider-Man: Bloodline, écrite par JJ et Henry Abrams, dessinée par Sara Pichelli. Parution en France chez Panini Comics, le 17 février 2021.

Appren-Tissage adolescent

Il y a douze ans, l’impensable s’est produit pour Spider-Man: vaincu et mutilé par Cadavérique, un nouvel adversaire qui lui en voulait personnellement, le héros a vu l’amour de sa vie, Mary Jane, périr des mains du monstre. Mortifié par le deuil, Peter s’est éloigné de son fils Ben, qui ignore tout du passé de son père et de la cause du décès de sa mère. 

Ne voyant qu’un père lâche et absent, Ben rumine son mal-être adolescent en rejetant l’image paternelle. Un jour, Ben se découvre de stupéfiantes facultés, similaires à celle du héros arachnéen d’autrefois. Ce sera l’occasion pour l’adolescent d’explorer ses origines et de faire face à son deuil, tout en apprenant le poids des responsabilités. Malheureusement, cette quête initiatique ne fera pas dans la quiétude, car Cadavérique est de retour, plus déterminé que jamais à obtenir ce qu’il désire. 

On ne présente plus JJ Abrams, devenu en quelques années une figure inévitable de la pop culture. Star Trek, Star Wars, Mission Impossible, mais également Cloverfield, le producteur/réalisateur/scénariste a étendu son répertoire jusqu’aux confins de la galaxie Pop, avec plus ou moins de succès. Titillé depuis quelques années par l’envie d’écrire pour la BD, Abrams donne suite à un appel du pied de plusieurs années d’un « senior editor » de chez Marvel pour entamer un récit hors-continuité sur Spider-Man, secondé par son fils Henry. 

Venant d’un auteur prolifique et fin connaisseur du genre, ce récit avait de quoi susciter les attentes les plus élevés en terme de qualité, d’autant plus que l’homme écrit avec son fils un récit évoquant les générations, ce qui promettait une alléchante mise en abyme pleine d’émotion. 

La scène d’ouverture du récit donne le ton en nous faisant assister à une cuisante défaite pour Spider-Man, aux prises avec un colossal homme-cyborg-zombie, qui l’attaque pour des raisons que nous ne connaissons pas encore. Mary Jane est prise entre deux feux, et meurt empalée par le monstre, sans raison apparente. Les funérailles qui suivent sont déchirantes, et permettent d’échanger le point de vue, en passant à celui de Ben, le fils de Peter et MJ. 

Douze ans plus tard, on découvre que Ben a grandi seul avec Tante May, Peter ayant décidé de partir travailler à l’étranger pour le Daily Bugle. Il hait son père pour l’avoir abandonné, et entre dans une phase de rébellion qui le mène à rencontrer Faye Ito. Viendront ensuite les pouvoirs et la découverte qu’en fera Ben avec les aléas prévisibles dans ces situations. 

Le reste du récit sombre ensuite dans la confusion, se concentrant sur une intrigue aux circonvolutions à la fois attendues et déconcertantes. Il y a dans ce De père en Fils un sentiment de dispersion et de futilité qui fait perdre le fil dès le second chapitre. Il est en effet assez difficile, à mon sens, d’écrire des personnages adolescents intéressants tout en évitant l’écueil de les aliéner au lecteur. 

C’est toutefois ce qui se produit ici, car Ben, bien que l’on puisse s’identifier à ses tourments au premier abord, perd vite de sa substance et ne donne alors plus qu’à voir angoisse existentielle et passivité mal employée. Rien n’est juste dans les deuxième et troisième actes, si ce n’est la quête de Ben pour secourir son père, mais même celle-ci est entrecoupée de dialogues maladroits, décousus, et de tartines d’exposition pivotale censées nous éclairer sur les motivations du méchant. 

Le méchant, justement, entre dans la catégorie des « monstres tragiques »  mais ne parvient à aucun moment à émouvoir ni à effrayer, ce qui le rend totalement oubliable. Pire encore, le mystère qu’apportaient les zones d’ombres sur ses motivations, laisse place à la confusion une fois révélées, ce qui tire encore davantage la mini-série vers le bas. Ne parlons même pas de la véritable antagoniste, sorte de boss de fin WTF, qui n’apporte pas grand-chose non plus.

La relation entre Ben et Peter a quelque chose de touchant, en revanche là encore, elle est parasitée par l’intrigue qui peine à tenir debout et un rythme décousu qui ne permet pas de s’attarder réellement dessus.

Le casting semble acceptable à première vue, mais les personnages sont sous-utilisés (Riri Williams) ou employés de façon si maladroite (Tony Stark, Peter Parker) que cela en devient gênant pour la lecture. La palme revient malheureusement à Faye, acolyte/love interest de Ben, qui a tout de la fameuse « Manic Pixie Dream Girl « déjà décrite dans des précédentes chroniques. Certes, elle décrit un intérêt pour les causes sociales qu’elle défend et offre un point de vue intéressant sur le célèbre leitmotiv de Spidey, mais son intérêt semble s’arrêter là, ce qui la réduit à un stéréotype, comme souvent dans des histoires pour les garçons écrites par des garçons, ou encore dans les fan fictions, ce dont relève finalement ce scénario. 

Ce qui ressort de ce fiasco est le terrible gâchis qui est fait des talents de Sara Pichelli, qui fait ici ce qu’elle peut pour rehausser le tout malgré le sabotage en règle des Abrams père et fils. Ce qui est d’autant plus irritant au vu du potentiel que pouvait avoir un comic book écrit par un scénariste et producteur de cinéma.

Spider-Man: De père en fils nous aide au moins à réaliser que talent et succès ne sont apparemment pas liés, en tout cas pas outre-Atlantique. 

**·Comics·East & West

Spider-Man (Mavel Legacy): Le retour des Sinister Six

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Album de 160 pages comprenant les épisodes 234 à 240 de la série Spider-Man. Brian Michael Bendis au scénario, Oscar Bazaldua et Sara Pichelli au dessin. Parution le 04/09/2019 aux éditions Panini Comics.

Araignée Nouvelle

Crée par Brian M. Bendis en 2011 dans les pages de Ultimate Spider-Man, Miles Morales a rapidement gagné une grande popularité aux yeux des fans de l’Araignée, qu’il avait été crée pour remplacer.

Quelques années plus tard, en 2015, l’univers Ultimate dans lequel Miles évoluait en tant que Spider-Man fut détruit lors de Secret Wars, mais le jeune héros échappa miraculeusement à l’annihilation, et intégra l’univers 616, soit la continuité Marvel classique. Ainsi, Miles a pu prouver sa valeur auprès du Spider-Man original (les deux personnages s’étaient toutefois déjà croisés lors d’un crossover entre univers parallèles) et même remplacer son aîné en tant que protecteur de New York lorsque ce dernier embarqua pour des aventures plus globales.

En tant que Spider-Man, Miles a également intégré les Avengers, avec Miss Marvel, Nova, Vision, Iron Man et Captain America. Cette collaboration fut de courte durée puisqu’elle pris fin l’année suivante lors de la seconde Guerre Civile des super-héros. Miles, déçu par le comportement des héros séniors, va dans la foulée former, avec d’autres jeunes héros, les Champions, désireux de s’affranchir de la tutelle des adultes.

En parallèle, Miles doit s’adapter à ce nouvel univers, en menant du mieux qu’il peut la vie d’un adolescent new-yorkais. Ce quotidien au fragile équilibre sera perturbé lorsque Miles verra resurgir une figure de son passé récent.

Affaires de Famille

Car Miles n’est pas le seul transfuge de l’univers Ultimate. Lorsqu’il lui a épargné l’effacement à l’issue de Secret Wars, Molecule Man a aussi permis aux proches du jeune homme de subsister. Ce qui inclue Aaron Davis, son oncle, malfrat autrefois connu sous le nom du Rôdeur.

Revenu à la vie, Aaron compte bien profiter de cette nouvelle chance et prépare un coup audacieux avec une équipe de Sinisters nouvellement constituée. Sa route va bien sûr croiser celle de son neveu, ce qui promet un conflit de loyauté pour la petite Araignée.

Brian Bendis est ici aux commandes de l’un de ses personnages fétiches, dont il préside à la destinée depuis plusieurs années, et pour lequel il raccroche ici les gants. Nous sommes donc en droit d’attendre une aventure épique et émouvante, condensant tous les meilleurs aspects du personnage, à l’instar de la fin du run de Dan Slott sur Amazing Spider-Man.

Néanmoins, rien dans l’album ne laisse transparaître l’amour du scénariste pour son personnage. L’arc en lui-même est plutôt banal, le scénariste nous ayant habitué à mieux en terme d’action et de rebondissements. L’équipe de méchants, menée par l’oncle de Miles, n’a rien de très impressionnant, et sert même par moment de ressort comique, ce qui nuit clairement à la tension dramatique. L’aspect « film de casse » que l’on pourrait attendre du pitch est mis de coté ou tout simplement bâclé, ce qui rend finalement ces nouveaux Sinister Six regrettablement anecdotiques.

Bien évidemment, on retrouve les tics habituels de l’auteur, notamment les dialogues vifs et ciselés, presque tarantiniens, et une intervention finale à la limite du deus ex machina (c’était le cas dans sa mini-série Spider-Woman, mais aussi dans la mini-série Moon Knight et d’autres exemples du même genre). Cependant, ces petits artifices, qui peuvent agrémenter le récit, ne parviennent pas à faire monter la mayonnaise.

Tout ceci donne un goût d’inachevé à ce qui aurait du être une histoire poignante et haletante, mais qui contrevient finalement à la réputation de l’auteur et de son personnage.

****·Comics·East & West

Amazing Spider-Man (Marvel Legacy) #2: Fin de Ligne

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Second tome comprenant les épisodes 797 à 801 de la série Marvel Amazing Spider-Man, avec Dan Slott au scénario, Stuart Immonen, Humbertos Ramos, Giuseppe Camuncoli, Marcos Martin au dessin. Parution en octobre 2019 chez Panini Comics.

Les Toiles Montantes

Dans le précédent volume, nous étions témoins du creux de vague vécu par Spider-Man suite au désastre de la Conspiration des Clones. Plus de multinationale, plus de succès, Peter Parker était redevenu le loser arachnéen lambda luttant contre le crime les poches vides. 

Cependant, le propre d’un héros de la trempe de Spidey est de toujours se relever, même après avoir touché le fond. Et il ferait mieux, car ses ennemis de toujours n’attendent pas pour se remettre en scelle. En effet, alors que l’Araignée était occupé à déblayer les décombres de sa vie tout en continuant de veiller sur New York, Norman Osborn, dont la personnalité si exquise du Bouffon Vert avait été neutralisée, à continué à comploter pour prendre sa revanche sur son ennemi héréditaire. 

Ce bon vieux Norman est un personnage à l’historique complexe. Méchant emblématique de l’Araignée, l’un des seuls à connaître son secret, Osborn a toujours su frapper Peter là où ça fait le plus mal. En effet, son tableau de chasse n’est pas des moindres, puisque c’est lui qui jeta Gwen Stacy du haut d’un pont, affermissant sa réputation de psychopathe avec cet acte qui marqua tant Peter que le monde des comics dans son ensemble. Il y a quelques années, sous la houlette de Brian Michael Bendis, Norman Osborn avait su regagner sa popularité et était devenu « le premier flic d’Amérique« , régissant l’Initiative des super-héros et dirigeant même sa propre équipe d’Avengers

Après sa chute provoquée par sa tentative avortée d’envahir Asgard (Siège), Osborn avait été emprisonné quelques temps avant de revenir plus dangereux que jamais, cette fois à la tête d’un conglomérat de sociétés secrètes, l’Hydra, l’AIM et la Main. Nouvel échec pour l’ancien Bouffon, qui avait ensuite renoué avec son ancienne gloire faite de Planeurs et de Bombes Citrouilles. L’ami Normy a un nouveau plan pour se débarrasser de notre araignée favorite: le dangereux symbiote Carnage, qui a causé bien du soucis à bien des gens ces dernières années (se référer à Maximum Carnage, Carnage USA, la mini série Carnage de 2016 et plus récemment Absolute Carnage, qui se situe après les événements de ce tome). 

La fusion inédite de ces deux entités donne le Bouffon Rouge, plus meurtrier et plus instable que jamais. Le Bouffon Rouge va désormais y mettre du sien pour faire souffrir Peter, et va, on ne se refait pas, viser les êtres chers du héros. 

Araignée au pied du mur

Spider-Man en tant que personnage, noue très souvent des liens intimes avec les scénaristes de sa série, comme en témoigne le run de Bendis sur Ultimate Spider-Man, qui est ici au coude à coude avec Dan Slott en terme de longévité. Slott n’a jamais caché son amour inconditionnel du personnage, ce qui transparaît durant une quasi décennie marquée par les histoires les plus ambitieuses proposées au personnage depuis longtemps. 

Le numéro 800, qui compose le cœur de cet album, fait penser à plusieurs égards au numéro 700, déjà signé Slott, par le caractère survitaminé de l’action et la sensation d’urgence vécue par le Tisseur. Le scénariste convoque tous les items narratifs qu’il avait mis en place depuis son arrivée pour une impression de boucle bouclée des plus satisfaisantes. En effet, tout y passe pour les lecteurs de longue date, qui retrouveront une mention de nombreux événements liés au run de l’auteur. Le casting est donc assez large, mais chacun y a son utilité, ce qui rend l’affrontement final d’autant plus savoureux et la conclusion émouvante. 

Cerise sur le gâteau, ou devrais-je dire, Petite mouche juteuse au centre de la Toile, les artistes emblématiques ayant collaboré avec Slott depuis 2010 (voire avant pour certains), sont de retour, faisant de ce numéro 800 une sorte de madeleine arachnéenne pleine de nostalgie. 

Cette fin de ligne est le chant du signe d’un auteur méticuleux et amoureux de son personnage, dans laquelle on retrouve la quintessence de l’Araignée, à ne pas rater si vous aimez l’Araignée.

***·Comics·East & West

Amazing Spider-Man (Marvel Legacy) #1: La chute de Parker

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Salut amis tisseurs! On entame avec cette critique une série Spider-man qui prendra tout le reste de la semaine jusqu’à dimanche. Et on démarre avec Monsieur Immonen…

Premier tome du relaunch Marvel Legacy de Amazing Spider-Man. Comprend les épisodes 789 à 796 de la série. Parution en août 2019 aux éditions Panini.

L’Araignée de Wall Street

Peter Parker en a connu de dures durant ses années de justicier. Le plus récent de ses déboires était sa mort (!) des mains de son ennemi juré Dr Otto Octavius, génie du crime qui était parvenu à s’emparer du corps de l’homme araignée afin de vivre une seconde vie. Marqué par les souvenirs de Peter, Otto avait perçu son sens des responsabilités et s’était donné pour mission d’être un Spider-Man Supérieur, plus à même de protéger le monde. Entre hommage et égo trip, Octavius a été durant quelques années le nouveau Spider-Man, à sa façon, ce qui n’a pas été sans conséquences dans la vie de Peter, dont les proches ont parfois eu du mal à saisir la nouvelle personnalité.

Otto a donc passé avec aisance le doctorat en sciences qui manquait à Peter (ironie du sort, il sera plus tard accusé d’avoir plagié un certain…Otto Octavius!) et ne tarda pas à fonder Parker Industries, multinationale au succès fulgurant. Otto a en parallèle rendu une justice beaucoup plus expéditive, toutefois une série d’événements a finalement ramené Peter Parker dans son corps légitime.

Voici donc l’Araignee 100% pur jus qui reprend le cours de sa vie, une vie sensiblement différente de celle qu’il connaissait. Vient ensuite la Conspiration des Clones, à l’issue de laquelle Parker doit prendre une décision qui met à mal Parker Industries. De fauché à milliardaire, il n’y avait qu’un pas, ce qui est aussi vrai à l’inverse.

Notre gentil voisin l’araignée repart donc de zéro, enfin pas tout à fait, puisqu’il doit assumer les conséquences de ses actes, responsabilités obligent.

Nouveau-nouveau départ

Les comics sont par définition attachés au statu quo, ce qui leur est souvent reproché, surtout par les fans de longue date qui se lassent de voir revenir inévitablement  les mêmes trames et les mêmes items autour du même héros. Spider-Man notamment, a souffert plusieurs fois de ces remaniements, qui annihilent de façon aussi péremptoire que cynique toute évolution que les auteurs se sont échinés à mettre en place.

A titre d’exemple, on peut (et l’on doit) citer le tristement célèbre One More Day/Brand New Day, qui avait typiquement ramené Spider-Man des années en arrière en effaçant sans vergogne tout un pan de la vie adulte de Peter. Effacé, littéralement.

Dan Slott, fan inconditionnel de l’Araignée, écrit la série depuis lors, et a mis dans son écriture tout son amour du personnage, n’hésitant pas à bouleverser en profondeur le statu quo du héros à plusieurs reprises (Spider man supérieur, et tout ce qui s’en suit).

Ici, l’on pourrait croire que Slott cède aux sirènes du remaniement mais ici, point de retcon ou de magie mais un revers de médaille. Certes, Parker redevient l’adulescent fauché et poissard qu’il fut des années durant, il n’en conserve pas moins son expérience et les amères leçons de ses récentes mésaventures.

Le relaunch est censé représenter un point d’entrée idoine pour les nouveaux lecteurs, qui doivent pouvoir raccrocher facilement les wagons et suivre la série sur le long court. Dans ce tome cependant, se trouvent beaucoup de références aux événements passés (ça remonte même à One More Day!) un novice devra donc faire quelques recherches sur le Marvel Wiki pour se mettre à jour. Rien de grave, la série à ce stade demeure abordable pour les novices. Les sous-intrigues soap propres au Tisseur sont toujours présentes, l’action est très bien servie par un Stuart Immonen en pleine forme.

Lecteurs novices ou expérimentés, ce tome tient ses promesses pour les fans du personnage.

***·Comics·East & West·Nouveau !·Service Presse

House of X/ Powers of X

East and west

Comic de Jonathan Hickman, Pepe Larraz et RB Silva.
Panini (2020). 228 p., série finie en quatre volumes, environ 80p./volume

La double série croisée House of X (dessinée par Larraz) et Powers of X (dessinée par Silva) est publiée en croisant les volumes dans un ordre irrégulier, agrémenté de nombreux graphiques et documents de background, assez indispensables pour raccrocher les wagons d’une narration chronologiquement volontairement chaotique.

couv_395737Après des décennies à combattre ses semblables en tentant de faire cohabiter l’homo sapiens et les mutants, le professeur Xavier a eu un rêve. Abandonnant sa naïveté sans pour autant admettre la violence de son amis Magneto, il rassemble le peuple mutant en une Nation reconnue par les gouvernements humains, située sur l’Ile de Krakoa. Ceci n’est que l’aboutissement d’une odyssée dans le temps et l’espace. Ceci n’est que le commencement…

MYSTERY COMICS: HOUSE OF X #3, de Jonathan Hickman et Pepe LarrazParmi la foultitude de groupes de héros Marvel les X-men ont toujours eu mes faveurs ce qui a peut-être facilité mon entrée dans les différents events des mutants. Ma lecture assez enthousiaste des All-new Xmen il y a quelques temps m’avait redonné envie de me tenter occasionnellement une série et ce relaunch annoncé comme historique et fort bien critiqué par les chroniqueurs m’a convaincu de tenter le coup, sur une série sommes toutes assez courte et jouissant d’une homogénéité graphique très proche du style Immonen.

Si je reconnais la qualité du travail du scénariste sur cette série je commencerais par dire que la pub faite par Marvel/Panini et reprise en chœur par mes confrères est clairement forcée et s’adresse avant tout aux habitués, à jour dans les séries X-men et sa complexissime chronologie. Hickman leur propose d’ailleurs une construction narrative fort ardue qui demande une grosse concentration. Si l’artifice peut avoir son attrait, il s’apparente au final à un gadget qui permet d’ailleurs assez facilement de relire la série à l’envers. Si l’idée (notamment au travers de l’histoire d’amour entre Xavier et Moira Mac Taggert) est très proche de Malgré tout, elle apparaît beaucoup plus artificielle et dispensable. L’auteur a d’ailleurs intégré de nombreux diagrammes et textes fort bien insérés au milieu des séquences graphiques. Cela réduit d’autant la pagination de BD à proprement parler et on peut s’interroger sur la nécessité d’expliquer dans des textes quelque chose qu’un scénario aurait été à même de développer. Pour autant la structure visant à sidérer le lecteur par des planches balancées sans contexte pour juste derrière préciser ce contexte est maline et donne le sentiment d’une BD sophistiquée.

House of X and Powers of X and Hickman - Imaginary WarsSi l’on regarde au global le récit est en fait très simple et linéaire, trop sans doute pour le laisser sous cette forme (d’où le croisement des trames proposé par Hickman). Ce qui est donc annoncé comme un event majeur est en fait une commande de relaunch qui refuse de lâcher la bride car il n’est là que pour lancer Dawn of X et X of Sword, les crossovers qui en découlent. Les spécialistes des X-men apprécieront peut-être mieux que moi la portée de HoX/PoX, pour les lecteurs occasionnels on a le sentiment, une fois finie la lecture, de juste débuter l’histoire. Frustrant.

HoX/PoX n’est pas pour autant mauvais, ne serait-ce que par des planches vraiment superbes et d’une harmonie impressionnante qui fait douter de changer de dessinateur entre les deux séries. House of X est de loin la plus intéressante car elle reste centrée sur des personnages que l’on a envie de suivre en se centrant sur la création de cette Nation mutante. Outre la très perturbante structure sur quatre temporalité dans Powers of X (de maintenant à +1000 ans), le saut permanent de période et de personnages qui n’ont pas toujours les mêmes noms/apparence empêche le lecteur de s’impliquer émotionnellement et MYSTERY COMICS: POWERS OF X #1, de Jonathan Hickman et R.B. Silvaaccentue l’hermétisme de l’univers. On a tout de même plusieurs très fortes séquences, notamment le second volume de HoX et les révélations vertigineuses sur Moira, ou les percées SF très profondes de PoX sur le post-humanisme et des hypothèses astrophysiques là aussi très puissantes. En extrapolant des réflexions sur l’avenir de machines biologiques, d’une utilisation génétique proche du processus informatique  et du classique thème des IA, la série ouvre il est vrai des portes assez fascinantes…

Très bien dessiné, d’une sophistication qui en laissera plus d’un sur le carreau, House of X/Powers of X est un projet de commande aussi ambitieux qu’industriel. En apportant des concepts motivants, il propose un roller-coaster temporel qui peut plaire mais s’adressera avant tout aux habitués de l’univers mutant et ceux qui envisagent sérieusement de continuer l’aventure sur les publications suivantes.  Pour les autres il vaudra mieux se reporter sur des publications plus anciennes et plus accessibles.

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