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Empyre volume 4/4

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Dernier volume de la série écrite par Dan Slott et Al Ewing, parution le 23/06/2021 chez Panini Comics.

Capable du meilleur comme de l’empire

Chapitre final de notre space opéra marvelien annuel. Les Avengers et les Quatre Fantastiques ont du unir leurs forces pour contrer une incursion de l’alliance Kree-Skrull, qui, après des millions d’années à se taper dessus, ont décidé de détourner leurs pulsions violentes vers les Cotatis, une espèce végétale avancée dont les derniers représentants avaient élus domicile dans la Zone Bleue de la Lune.

Parmi eux, Quoi, le Messie Céleste issu de l’union de deux anciens Avengers. Ce dernier, quelque peu chauffé par son père en coulisses et lassé de millénaires de persécution, a décidé, de façon assez radicale il faut bien l’admettre, d’éradiquer purement et simplement tous les représentants du règne animal à travers l’univers, en commençant par la Terre.

Pour ce faire, il compte utiliser une fleur spéciale qui décuple ses pouvoirs, et la faire pousser sur la montagne de vibranium qui fait la fierté du Wakanda, la patrie protectionniste de la Panthère Noire. Pendant ce temps, les Skrulls et les Krees grincent des dents mais acceptent d’aider les Avengers et les FF à repousser l’attaque.

Cependant, Quoi n’est pas le seul à avoir été manipulé. En effet, Teddy Altman, alias Hulkling, le fils du légendaire héros Kree Captain Marvel et de la Princesse Skrull Anelle, a été parachuté malgré lui à la tête de l’alliance, lui qui représente le pont idéal entre les deux civilisations belligérantes. Pétri de bonnes intentions, il était prêt à tous les compromis pour parvenir à la paix entre les deux peuples. Malheureusement pour lui, d’autres personnes haut placées avaient d’autres intentions bien plus néfastes. Teddy, ainsi que Quoi, ont donc fait les frais des ambitions mortifères de leurs aînés, ce qui fait d’eux les deux faces d’une même pièce.

Ces jeux d’influence et de manipulation nous montrent bien qu’au final, les vieilles rancunes sont les plus tenaces et que les volontés bienveillantes de quelques bonnes âmes ne suffisent pas toujours pour étouffer les braises du conflit, comme c’est le cas dans la réalité. Cependant, on est ici chez Marvel, et même si on aime les propos à la fois amers et réalistes sur notre monde, il n’en demeure pas moins qu’on ouvre les pages de ces albums avant tout pour rêver et se divertir.

Nos héros parviennent donc à s’en sortir une fois de plus, avec plus ou moins de panache et d’effets pyrotechniques. On pourra apprécier de réelles bonnes idées, comme Reed Richards et sa nouvelle armure signée Stark, ou encore le playboy-milliardaire-philanthrope en pleine crise de foi. L’irruption de Thor fleure cependant le deus ex machina étant donné que sa quête de pouvoir auprès de sa mère Gaïa n’est pas traitée dans la mini-série, ni dans les tie-ins.

En somme, cet Empyre en quatre volumes constitue une agréable lecture popcorn, pas nécessairement de quoi secouer les fondations de l’univers Marvel, mais contenant malgré tout son lot d’action et d’émotions. Le casting est sans doute un peu trop large pour que chacun puisse briller comme il le devrait, mais les tie-ins apportent tout de même suffisamment de substance pour donner au tout le liant nécessaire.

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Empyre volume 3/4

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Troisième volume de 168 pages de la série écrite par Dan Slott et Al Ewing. Parution le 12/05/2021 chez Panini Comics.

Des racines et du seum

Troisième quart pour notre saga cosmique made in Marvel. Après des millions d’années de guerre, les Krees et les Skrulls ont jumelé leurs civilisations intergalactiques et n’ont rien trouvé de mieux pour sceller leur alliance que de venir sur Terre pour éradiquer les Cotatis, race extraterrestre végétale dont les origines remontent au fameux conflit.

Alors que les Avengers et les Quatre Fantastiques se sont opposés à ce projet, ils ont été trahis par Quoi (Sequoia de son véritable nom), le Messie Céleste des Cotatis, dont le projet est de venger des millénaires de massacres en éliminant toute créature non-végétale de l’univers, en commençant par sa planète d’origine, la Terre.

Alors que les héros sont divisés en factions pour défendre la Terre, les intrigues politiques au sein de l’empire spatial réunifié prennent racine, avec au centre l’empereur Dorrek VIII, alias Hulkling, dont les origines triples-Skrull, Kree, et Humain-sont à la fois une force et une faiblesse.

Alors que les Cotatis gagnent du terrain, les enjeux augmentent sérieusement, ce qui pousse les alliés à envisager des solutions radicales. Une fois de plus, c’est donc la Terre qui fait les frais d’un conflit intergalactique auquel elle n’était pas censée prendre part. Cela aura bien sûr des conséquences sérieuses pour nos héros, qui sont en première ligne du conflit.

Encore une fois, Empyre et ses séries dérivées se révèlent être une aventure rythmée et entraînante, avec quelques bémols toutefois. Le casting, proportionnel à l’ampleur de l’event, ne permet pas à tous les personnages de briller, notamment les FF. Certes, dans ce numéro, Ben Grimm (la Chose) a son quart d’heure de gloire, mais cela ne suffit pas à équilibrer la balance. Le reste se déroule de façon assez expéditive, mais contient tout de même suffisamment de coups de théâtre pour conserver un certain intérêt.

D’un point de vue éditorial, Panini Comics a insisté dans sa promo de l’event sur le format, similaire à celui qui avait été tenté sur House of X / Powers of X, mais la comparaison ne tient pas vraiment dans le sens ou ces deux mini-séries étaient conçues de façon complémentaire, ce qui n’est pas le cas d’Empyre vs ses tie-ins.

En conclusion, un lecteur quelque peu désabusé par la ribambelle de sagas à la qualité plus qu’inégale sera agréablement surpris, pour peu qu’il accepte le divertissement proposé pour ce qu’il est.

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Empyre volume 2/4

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Second volume de la série Marvel Empyre, écrite par Dan Slott et Al Ewing, dessinée par Pepe Larraz. Contient les chapitres 2 et 3 de la série, ainsi que les tie-ins consacrés aux Avengers, à Captain America, aux Savage Avengers et au Messie Céleste. Parution le 07/04/2021 chez Panini Comics.

Les racines de la guerre

Dans le premier volume d’Empyre, nous explorions les origines du légendaire conflit entre les Krees et les Skrulls, deux puissantes et belliqueuses civilisations extraterrestres de l’univers Marvel. Il s’avère que ces deux espèces ont en commun une troisième engeance, les Cotatis, êtres végétaux et supposés pacifiques, dont sont issus plusieurs personnages amis des Avengers. Initialement, les Skrulls, dans une logique colonisatrice et conquérante, avaient proposé aux deux autres espèces, qui étaient alors primitives et cohabitaient sur la même planète, une sorte de challenge destiné à déterminer qui des deux tirerait le meilleur parti de la technologie avancée des Skrulls.

Ce challenge a très mal tourné puisqu’il a conduit au massacre des Cotatis, initiant la fameuse guerre Kree-Skrulls. Aujourd’hui, les deux belligérants ont enterré la hache de guerre, pour se rassembler sous la bannière d’un hybride, le super-héros Hulkling, passerelle entre les deux mondes.

Malheureusement, la paix a toujours un prix, si bien que le nouvel empire, transfuge des Krees et des Skrulls s’est mis en route vers la Terre pour exterminer les Cotatis, qu’ils ont érigés en bouc émissaire. Les Avengers se sont donc courageusement dressés pour défendre les opprimés. Cependant, il s’avère que la coalition avait raison de craindre les Cotatis, qui attendaient leur heure pour se venger de millénaires d’oppression et de massacres, et qui ont dans l’idée d’exterminer toute vie non-végétale dans l’Univers.

Les fleurs du mâle

Il se pourrait bien d’ailleurs que les moyens des Cotatis soient en adéquation avec leurs ambitions. C’est donc aux Avengers et aux Quatre Fantastiques (dont la plupart a déjà été un Avengers à un moment donné) qu’il revient d’organiser la contre-attaque avant qu’il ne soit trop tard.

Le space-opéra du premier volume laisse la place à des batailles épiques sur Terre cette-fois, où les héros répartis en factions doivent repousser les hordes d’hommes-brocolis qui surgissent de partout. L’action est donc au rendez-vous ici également, superbement mise en image par M. Larraz. Son dessin me semble un peu formaté depuis quelques temps mais retient tout de même l’attention, notamment grâce au soutient de l’encrage et de la couleur.

La formule en elle-même reste ultra-classique, avec les sous-groupes de héros ayant chacun une sous-mission essentielle au salut de tous. C’est ce que l’on retrouvait déjà dans les gros events de l’époque, les derniers qui reviennent en tête étant Secret Invasion (retrouver Reed Richards, retrouver Stark, reprendre New York lors d’une immense bataille), Fear Itself (défendre les grandes villes attaquées par les Dignes à travers le monde, forger des armes asgardiennes pour les héros, se rassembler pour les affronter lors d’une immense bataille), ou plus récemment War of the Realms.

Pour le reste, l’intrigue tient encore la route, il n’y a plus qu’à espérer qu’elle parvienne à surprendre tout du long. Je vous rassure néanmoins, un certain nombre de rebondissement permet de maintenir l’intérêt sur ce second volume.

Le casting demeure attractif, même si l’on ne peut s’empêcher de relever quelques incongruités, comme par exemple l’absence de Spider-man, qui est un membre historique des Avengers ET des FF. Puisque le label de la mini-série met ces deux équipes en avant, il aurait aussi été intéressant de les mettre en opposition, par exemple sur des méthodes ou des choix à faire durant le conflit. Cela viendra peut-être sur les prochains chapitres, mais pour l’heure, c’est la coopération totale, ce qui n’est guère surprenant.

Les tie-ins, chapitres annexes à l’intrigue principale, sont souvent dénués d’intérêt mais ici, la magie opère et l’on prend tout de même plaisir à lire les à-cotés, qui contextualisent suffisamment les évènements pour permettre de raccrocher les wagons.

Ce volume 2 fait donc entrer la série dans une phase de plateau, tout en conservant un rythme soutenu.

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Empyre volume 1/4

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Premier volume de 168 pages de la mini-série écrite par Dan Slott et Al Ewing, dessinée par Pepe Larraz. Contient le premier numéro de la série ainsi que les prologues consacrées aux Avengers et aux Quatre Fantastiques.

Peur bleue et enfer vert

Dans notre réalité, il existe des conflits ancestraux, interminables, entre deux ennemis héréditaires, et dont peu de gens se souviennent des événements déclencheurs, comme par exemple le conflit israélo-palestinien. L’univers 616 de Marvel (la continuité classique, donc) reflète bien cet état de fait, au travers de la fameuse guerre Krees-Skrulls.

Les Krees sont une civilisation intergalactique fondée sur des valeurs guerrières, des sortes de spartiates de l’espace, à l’esprit conquérant et impitoyable. Les Krees ont déjà, par le passé, interféré avec l’Humanité, notamment par le biais d’expérimentations ayant engendré le peuple Inhumain. L’un des grands héros de l’écurie (et l’un des rares à ne pas avoir été ressuscité) Captain Marvel, premier du nom, est un guerrier Kree qui, par amour pour l’Humanité, a tourné le dos à son peuple pour devenir protecteur de la Terre. Après sa mort tragique, son titre revint à son faire-valoir de l’époque, le Colonel Carol Danvers, qui après des années passées sous les alias de Miss Marvel, Warbird ou Binaire, assuma enfin son héritage pour s’émanciper et devenir la nouvelle Captain Marvel.

Les Skrulls, quant à eux, sont des êtres métamorphes organisés eux aussi en civilisation intergalactique. Expansionnistes et belliqueux, ils utilisent leurs dons pour infiltrer les mondes cibles et utilisent ensuite leur technologie supérieure pour en prendre le contrôle. Depuis la destruction de leur planète par Galactus, les Skrulls ont des vues sur la Terre, qu’ils convoitent pour eux-mêmes. Motivés par une ferveur religieuse, sous la forme d’une prophétie qui leur promettait le salut sur Terre, ils ont tenté, en 2008, de conquérir la Terre après avoir remplacé de nombreux héros par leurs propres agents (Secret Invasion). Lors de cette attaque de grande ampleur, on s’apercevait que Hank Pym, Spider-Woman, Elektra, Flèche Noire et d’autres avaient été remplacés par des Skrulls, causant la confusion et semant la paranoïa parmi les héros.

Pris séparément, ces deux factions représentent déjà une menace pour l’Humanité. Mais si l’on prend en compte le conflit millénaire qui les oppose, le risque augmente alors de façon exponentielle. En effet, Krees et Skrulls se mènent une guerre sans merci à travers les galaxies, sans que les uns ou les autres ne prévalent jamais. Ce conflit s’est délocalisé sur Terre à plusieurs occasions, mais la plus connue reste la Guerre Krees Skrulls, racontée dans la saga éponyme dans les années 70.

Au milieu de tout ça, il existe un personnage, Teddy Altman alias Hulkling, qui, dans la série Young Avengers, découvrait son double héritage. Fils de Captain Marvel, héros Kree, et d’une princesse Skrull, il était le pont improbable entre les deux espèces, hybride porteur d’un message d’espoir et de paix. Malheureusement, qui veut la paix doit proverbialement se préparer à faire la guerre. Ainsi, Teddy, hissé à la hâte et bien malgré lui sur le trône des deux empires, subit le lobby des deux parties afin de les unifier contre un ennemi commun, la Terre…

Skrulls et autres Kree-minels

Comme à l’accoutumée, les Avengers, les plus puissants héros de la Terre, sont en première ligne pour accueillir la flotte combinée des Skrulls et des Krees. Mais ils ne sont pas seuls, car cette fois les Fantastiques, habitués aux contacts avec ces civilisations belliqueuses (Reed Richards, lors d’une des premières aventures des FF, avait hypnotisé des espions Skrulls pour les transformer en…vaches, qui furent plus tard mangées par des humains, entrainant des conséquences inattendues…mais c’est une autre histoire), sont aussi de la partie.

Les héros découvrent, via un appel de détresse, que Sequoia, le Messie Céleste, fils de deux anciens Avengers, est toujours en vie, et que son peuple, les Cotatis, sont la cible réelle de la coalition Kree-Skrull. Entre un jeune empereur réticent et dépassé par les événements, et deux races aliens prêtes à pulvériser la planète pour régler leurs différends, les Avengers et FF auront fort à faire tout au long des quatre volumes de la série.

Pour les lecteurs aguerris, les schémas de Marvel finissent par apparaître clairement, au bout de quelques années. Qui dit schéma dit redondance, et c’est ainsi que les cycles marveliens ont tendance à se répéter, pas forcément sur la forme, mais au moins sur le fond. En même temps, il faut bien avouer que les grandes sagas, tradition de l’éditeur, n’ont qu’un nombre limité de thèmes à aborder, si bien qu’il faut souvent recycler.

Ainsi, l’on passe de House of M (2005) à House X (2020) , de Civil War (2006) à Civil War 2 (2016), de Fear Itself(2011) à War of the Realms (2020), de la Guerre Kree-Skrull (1971) à Secret Invasion (2008) puis à Empyre. Il s’agit donc, pour le fan, de lutter contre l’éventuelle lassitude en prenant ces events pour ce qu’ils sont, un divertissement proposé à échéance régulière, et mettant en scène nos héros favoris.

Le minimum syndical que nous sommes en droit d’exiger, c’est donc, outre la partie graphique, des personnages bien campés, de l’action, si possible spectaculaire, et une intrigue un tant soit peu rythmée et cohérente.

Ce premier numéro d’Empyre (prononcer Aime-Paille-Heure), si l’on fait preuve d’indulgence quant à ses inévitables prologues, offre donc une entrée en matière tout à fait satisfaisante et promet une saga divertissante, à défaut d’être complètement révolutionnaire. Action ? check. Nos héros favoris ? check. Rebondissements ? check.

Vous l’aurez compris, rien de transcendant à ce stade, mais l’on peut faire confiance à Dan Slott et Al Ewing pour nous faire voyager, en faisant écho à l’héritage riche de Marvel et de sa longue continuité.

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War of The Realms, la Guerre des Royaumes

Intégrale de la mini-série en six chapitres, écrite par Jason Aaron et dessinée par Russell Dauterman. Parution le 09/06/2021 chez Panini Comics.

War (huh!) what is it good for ?

Après le catastrophique Infinity Wars, intéressons-nous maintenant à War of the Realms, dont l’intégrale est sortie peu avant l’été. Le pitch est, ma foi, relativement simple: l’elfe noir Malekith mène une offensive globale contre les dix royaumes, ce qui inclue bien évidemment Midgard, la Terre. Il revient donc à Thor et à ses alliés de sauver l’ensemble des mondes.

Montrant qu’il n’y a finalement pas trente-six façons de faire la guerre, Malekith commence par envahir New York avec ce qui ressemble fortement à une blitzkrieg. Le roi des elfes noirs la joue fine et retire du jeu son principal adversaire, Thor, qu’il exile sur Jotunheim, le royaume des géants de glace, afin de le garder au frais en attentant de terminer son invasion. Odin, quant à lui, s’est exilé dans les ruines d’Asgard où il rumine ses nombreux échecs. Mais Malekith ne l’a pas oublié pour autant.

A la tête d’une armée invraisemblable de géants, de trolls, d’elfes, de démons du feu et autres créatures issues des neuf, pardon, des dix royaumes, Malekith va représenter un défi de taille pour les Avengers, ainsi que pour tous les autres héros prêts à se dresser contre la tyrannie. On ne doit pas ignorer la proverbiale force octroyée par l’union, néanmoins, si les héros espèrent s’en sortir, ils vont devoir se séparer en plusieurs factions et couvrir ainsi plusieurs fronts.

Une première équipe, constituée de Captain America, Spider-Man, les inséparables Luke Cage et Iron Fist, et le nouvellement ressuscité Wolverine, sont parachutés sur Jotunheim pour porter secours à Thor. Une seconde escouade, menée par Freyya, emmène Miss Hulk, le Punisher, Blade et le Ghost Rider à Svartalfheim afin de détruire le Bifrost Noir, atout majeur des envahisseurs. Et enfin, les War Avengers de Captain Marvel, supposés tenir la ligne de front. Le tout est supervisé par Daredevil, qui se substitue à Heimdall et devient le dieu Sans Peur, nouveau gardien du Bifrost.

This is a Thor’s world

Durant son run, Jason Aaron a laissé une empreinte non négligeable sur le marvelverse, notamment sur la frange asgardienne, qu’il a revisité et transformé de bien des façons. Cela commença par la saga du Massacreur de dieux (bientôt adaptée au cinéma), qui sema la graine de la dévastation chez Thor, une dévastation qui durera plusieurs années et qui laissera le héros irrémédiablement transformé. Le tournant majeur du parcours de l’auteur sur son personnage fétiche sera Original Sin, crossover quelque peu inégal mais qui marquera les esprits par ses conséquences et ses ramifications.

La principale, c’est la déchéance de Thor, qui perd le bénéfice de son mythique marteau, et devient Thor l’Indigne. La nature (et Marvel!) ayant horreur du vide, un nouveau Thor brandit le marteau. Jane Foster, ancienne amante de Thor, devient donc une déesse du tonnerre peu commune, mais abandonnera son rôle lorsque Mjolnir sera détruit.

War of the Realms fait donc office de baroud d’honneur pour le scénariste, qui profite de l’occasion pour boucler toutes les pistes narratives initiées depuis 2012. Il y va donc de ses références et rappels aux évènements qui ont précédé le crossover, ce qui peut nécessiter d’avoir suivi les séries Thor et les événements susmentionnés.

On ne peut pas nier l’aspect épique d’un tel event, même si, encore une fois, les antagonistes, si forts soient-ils, laissent quelque peu à désirer côté charisme et motivations. Enfin, on ne va pas se plaindre pour autant, la bataille dantesque qui résulte de ce conflit manichéen fait plaisir à voir et ne laisse pas de sentiment d’incohérence, ni de confusion, que l’on pouvait voir dans Infinity Wars, par exemple.

Revoir certains team-ups était tout à fait satisfaisant, comme celui de l’équipe de secours de Jotunheim, qui rappelait la belle époque des New Avengers de Bendis. Le retour de certains personnages lors du climax apporte également son lot de satisfaction, ne serait-ce que par le sentiment de boucle bouclée que l’on y perçoit à première lecture.

Pour les lecteurs un peu plus anciens, War of the Realms rappellera forcément un autre event sorti en 2011, Fear Itself, qui impliquait lui aussi une incursion de la mythologie nordique dans le reste du marvelverse. Dans Fear Itself, Tony Stark utilisait déjà la forge des nains afin de créer un arsenal magique pour les héros de la Terre. Ici, il fait la même chose, mais le résultat est…beaucoup plus cool.

Bien sûr, à l’issue de WOTR, le statu quo de Thor et compagnie évoluent encore, les lectures à venir nous confirmerons, ou pas, l’intérêt de ces changements.

War of The Realms relève donc le niveau des crossovers chez Marvel, en offrant à la fois action épique, casting élargi, et références nombreuses au long run d’un auteur talentueux.

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Infinity Wars

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Intégrale Deluxe de la mini-série en six chapitres écrites par Gerry Duggan et dessinée par Mike Deodato Jr. 233 pages, parution chez Panini le 30/12/2020.

Vers l’infini, et en-deçà

L’univers Marvel a subi, à la fin de Secret Wars, une déflagration purificatrice suivie d’une renaissance. Ce renouveau a permis l’émergence d’un nouveau batch de pierres d’infini, ces joyaux primordiaux qui contrôlent l’Espace, le Temps, le Pouvoir, l’Esprit, la Réalité et l’Âme. Bien évidemment, un tel pouvoir ne passe pas inaperçu et attire bien vite la convoitise de quelques initiés.

Déjà rompu à l’exercice grâce à ses nombreuses années d’Illuminati, le Docteur Strange convoque les nouveaux détenteurs des pierres afin de parer à toute menace éventuelle. Et par menace éventuelle, le Sorcier Supreme entend bien sûr Thanos, le titan fou, qui a déjà usé des pierres avec grand fracas par le passé (Infinty Gauntlet), et qui cherche bien sûr à retrouver sa gloire d’antan.

Évidemment, ni Strange, ni Thanos n’ont prévu ce qui va vraiment se produire. Le Titan fou est attaqué et occis dans sa propre forteresse, alors qu’il n’avait même pas achevé son premier « Mouahahahaha » diabolique. L’assaillant, qui œuvre masqué mais dont on sait très bien que c’est Gamora, la fille de Thanos, qui après l’avoir décapité se met en quête des pierres pour son propre compte.

De l’autre côté de l’univers, Loki, le prince de la discorde, le roi des mensonges et détenteur du copyright de la fourberie, traverse une crise existentielle. Il s’interroge en effet les raisons de ses échecs chroniques, et, biais d’autocomplaisance oblige, les impute à une force extérieure malveillante (quoique, tout bien réfléchi, une force qui vous empêche de faire le mal devrait logiquement être bienveillante).

Ce qu’il trouve lors de ses recherches le pousse à partir lui aussi en quête des pierres. La fille de Thanos qui s’est auto-orphelinisée ou le Roi des mauvais tour, qui prévaudra ? Et surtout, qui paiera les pots cassés ?

Pierre qui roule n’amasse Thanos

C’est avec un brin d’appréhension que nous avons abordé cet énième event, ces fameuses sagas qui promettent beaucoup pour ne livrer pas grand chose au final. Dès les premières pages, voir Thanos délivrer un monologue dégoulinant de cliché sur son grand retour n’est pas de nature à rassurer le lecteur. Effectivement, Thanos et les pierres d’infini sont étroitement liées, presque indissociables, mais le personnage a connu par la suite d’autres interprétations et des évolutions qui sont ici complètement ignorées.

C’est sans doute un choix audacieux de la part du scénariste, qui choisit de se détacher (sans mauvais jeu de mot) du célèbre Titan pour construire une antagoniste inattendue. Bien que les motivations de Gamora soient initialement entendables (retrouver une partie d’elle restée prisonnière de la gemme de l’Âme), ses actions, elles, le sont beaucoup moins. C’est sans doute la faute à une prémisse trop lourdingue et des enjeux qui ne sont pas clairement établis. Tuer Thanos ? pourquoi pas, s’il s’agit pour Gamora de s’assurer que les pierres ne tombent pas entre de mauvaises mains. S’emparer brutalement des pierres ? C’est là que le bât blesse, puisqu’on n’imagine pas Docteur Strange ni Adam Warlock refuser de l’aide à Gamora si elle leur demandait pacifiquement. Je veux dire, Strange était prêt il y a quelques années à ressusciter Tante May, bon sang, pourquoi il refuserait d’aider Gamora à retrouver son morceau d’âme ?

Partant de cette défaillance, il n’est pas étonnant que le reste de l’intrigue ne tienne pas debout. Faire fusionner la moitié des âmes de l’univers avec l’autre moitié, pourquoi pas (cela peut donner des fusions intéressantes, comme dans la série Amalgam back in the day), mais le tout est forcé et finalement, sans grand intérêt. C’est d’autant plus ennuyeux que Gamora, autour duquel cet event est centré, ne montre aucun signe d’évolution. Ce qu’elle fait durant IW ne lui apprend donc rien, ni sur elle-même, ni sur les autres, elle ne semble tirer aucune leçon de ce qu’elle vient de faire (elle a tout de même bousillé la réalité !).

D’ailleurs, les autres non plus, puisqu’à la fin, lorsque tout est rentré dans l’ordre, les autres personnages ne semblent pas lui en tenir rigueur plus que ça. Il suffit que Star-Lord mette son véto (alors qu’elle l’a techniquement tué deux fois) pour que chacun renonce à une quelconque forme de châtiment. De là où il est, un personnage comme Hank Pym doit se râcler amèrement la gorge, lui qui a été flandérisé pour ne plus être que le type qui a crée Ultron puis frappé son épouse il y a 40 ans.

Les six chapitres d’Infinity Wars se révèlent donc longs, bruyants, et inconsistants, la palme revenant au dernier numéro, qui nous fait nous demander à quoi tout ceci a bien pu servir. Du simple divertissement ? Bien trop confus. Une réflexion ? On se demande bien sur quel sujet. Une morale ? Allons bon.

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Avengers #4: La Guerre des Royaumes

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Quatrième tome de la série Marvel écrite par Jason Aaron et dessinée par Ed Mcguiness et Andrea Sorrentino. Parution en France chez Panini Comics le 14/04/2021.

Les clefs du Royaume

Après avoir affronté des Célestes, puis leur ancien compagnon d’armes Namor, puis leurs homologues russes et même une armée de vampires, les Avengers menés par Captain America, Black Panther, Thor et Iron Man n’ont semble-t-il pas le droit au répit puisqu’ils doivent maintenant faire face à l’armée de Malekith, le roi des elfes noirs, qui a décidé de ravager les neufs royaumes, ce qui inclut nécessairement Midgard, la Terre.

Les crises ouvrant souvent la porte aux changements radicaux, l’agent Coulson, qui œuvre en coulisse depuis le tome 1, en profite pour dévoiler les atouts qu’il gardait dans sa manche, à savoir le nouvel Escadron Suprême, sorte de parodie de la Ligue des Justiciers, rivaux des Avengers depuis de nombreuses décennies dans les comics. Hyperion (sorte de clone de Superman), Zarda (jumelle de Wonder Woman), Docteur Spectrum (Green Lantern), Nighthawk (Batman) et Whizzer (Flash), font donc leur entrée en scène officielle, soutenus par le gouvernement américain. Leur objectif est clairement de voler la vedette aux Avengers, mais il semblerait que rien n’échappe à la vigilance de T’Challa et de ses Agents du Wakanda.

Nos héros ont donc fort à faire puisqu’ils doivent défendre leur base, qui sert de refuge à des milliers de new-yorkais, d’une armée de trolls et de géants des glaces.

Jason Aaron finit son tour de chauffe sur son run Avengers. Malheureusement, cette partie de la série est comme phagocytée par l’event principal War of the Realms. En effet, ces quatre épisodes composant ce quatrième tome y font des références nombreuses, et essentielles à la bonne compréhension de l’intrigue.

Il est donc plutôt dommageable que l’album ne puisse pas se lire indépendamment du blockbuster principal, même si l’auteur continue de développer ses sous-intrigues et les relations de ses personnages. Entendez bien toutefois que le pitch en quatrième de couverture sous-entend un clash entre les Vengeurs et l’Escadron, bien que l’essentiel de l’action soit tournée autour de l’invasion de Malekith.

Compte tenu de l’importance de l’event principal, certaines ellipses peuvent déconcerter, étant donné que certains personnages apparaissent soudainement pour repartir tout aussi brusquement. L’impression en fin de lecture est donc celle d’un filler, c’est-à-dire d’un épisode de remplissage, intermédiaire. La suite de la série promet donc des choses palpitantes, mais cet album en soi reste dispensable.

Côté graphique, on retrouve le trait sous stéroïdes d’Ed Mcguiness qui a l’air d’aimer les triceps autant que des solilesses.

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Silver-surfer: black

esat-westComic de Donny Cates, Tadd Moore et Dave Stewart (coul.)
Panini (2020), 100p., one-shot.

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Lors d’un combat le silver-surfer est aspiré dans une faille temporelle qui le renvoie à l’Aube des Temps, où il va devoir affronter une menace antédiluvienne contre l’Existence même…

Comic Review: Silver Surfer Black #5 - Sequential PlanetDepuis quelques albums je découvre par hasard (et notamment grâce à l’opé Printemps des comics!) l’auteur Donny Cates qui me passionne à chaque nouvel album par les sujets qu’il aborde et l’ambition de ses récits. Surtout il compose progressivement un univers partagé cohérent qui parvient (et ce n’est pas peu de chose!) à rendre accessible les concepts les plus fumeux de l’univers Marvel, comme Knull le dieu des Ténèbres ou Ego la planète vivante (vue dans le film Gardiens de la galaxy vol.2). Se basant sur l’un des fondements les plus puissants de l’univers Marvel récent, le diptyque du Massacreur de dieux où apparaît la nécro-épée, Cates donne une explication à cet artefact dans Venom Rex où il explique l’origine des symbiotes similaires à Venom avec la création de ce dieu maléfique. Après avoir fait du Surfer l’un des adversaires finaux de Thanos à la Fin des Temps, l’auteur propose avec le récent Silver-surfer: black une odyssée dans la genèse de l’univers Marvel, à l’Aube des Temps, alors que Galctus n’est pas encore né, que la planète Ego est en croissance et que Knull cherche à étendre son emprise sur le vivant… tout en convoquant le premier dessinateur du surfer, Jack Kirby, auquel Tradd Moore fait un hommage puissant…

SILVER SURFER : BLACK #1-5 (Donny Cates / Tradd Moore) - Marvel - SanctuaryCette aventure est de celles qui cherchent l’omnipotence, les failles entre les mondes, la rupture du temps et la genèse des astres… de ces combats cosmiques qui voient créer et détruire des soleils, broyer des dimensions et renaître après la mort. Le surfer est théoriquement immortel et tout puissant, doté de la puissance cosmique et son affrontement originel avec le dieu des Ténèbres s’inscrit dans une boucle/paradoxe du grand-père. En revenant à l’Aube des Temps il génère son propre destin, sa propre condamnation tout en cherchant sa rédemption, traumatisé par les infinités de vies que Galactus lui a fait prendre. Il est toujours compliqué pour les héros cosmiques d’intéresser les lecteurs sur des préoccupations humaines (la dualité Norin Radd/Héraut de Galactus) mais cet album parvient à rendre acceptable ce conflit intérieur et cosmique qui fait du Silver-Surfer une cosmogonie à lui tout seul puisque son voyage sera à l’origine de sa propre existence, de celle de son maître mais aussi de l’itinéraire de Knull et Ego. Totalement syncrétique, Cates semble parvenir à rattacher de façon cohérente tout ce qui a été fait sur le surfer auparavant, comme ces références au « cancer » qui dévore Radd dans le magnifique Requiem que lui ont offert Straczynski et Ribic.

SILVER SURFER : BLACK #1-5 (Donny Cates / Tradd Moore) - Marvel - SanctuaryGraphiquement, puisque c’est bien évidemment ce qui a été mis en avant autour de cette mini-serie, la partition de Moore et Stewart est clairement bluffante. Le multi-récompensé coloriste de Sean Murphy, Mignola et Tim Sale (sacrée carte de visite) complexifie encore plus le dessin déjà chargé de l’illustrateur en évitant le psychédélique par des teintes plutôt douces. C’est l’association des deux, comme dans un mandala, qui crée la surcharge magnifique qui explose la rétine en donnant vie à un combat galactique qui ne pouvait être sobre. Quand on perfore des planètes, que l’on taille la réalité, cela ne peut être lisse. Alors le duo fait parcourir les planches d’ondulations permanentes totalement empruntées à la technique de l’Animation. De l’infiniment grand à l’infiniment petit ces mondes fantastiques se reflètent sur la peau d’argent du surfer en une expérience sensorielle fascinante. Certains craindront le trop plein, mais chacun reconnaîtra la force et la complexité de ces dessins d’une profondeur organique sans nom…

Avec la fraîcheur de la jeunesse Donny Cates, Tradd Moore et Dave Stewart proposent avec ce one-shot un classique immédiat dont on reparlera sans doute dans quelques décennies. Que l’on aime/connaisse ou pas ce personnage si particulier, le Silver Surfer est le seul qui permette de telles odyssées graphiques alliées à la profondeur des thèmes philosophiques de la SF la plus exigeante.

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***·Comics·East & West·Nouveau !

Les Avengers des Terres Perdues

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Recueil de 112 pages comprenant les cinq épisodes de la mini-série Avengers of the Wastelands, écrite par Ed Brisson et dessinée par Jonas Scharf . Parution le 17/02/2021 aux éditions Panini Comics.

Les Avengers sont morts, vivent les Avengers

Il y a des décennies, les pires criminels de l’univers Marvel ont pris la meilleure décision de leurs vies: s’organiser à grande échelle, et mettre en commun leurs ressources afin de mettre à bas leurs ennemis jurés. Ainsi, en une nuit, les plus grands héros de la Terre sont tombés, quasiment sans coup férir, laissant l’Amérique aux mains de mégalomanes nazis tels que Crâne Rouge. 

Puis, les vilains se sont partagés les territoires, donnant naissance à un nouvel ordre mondial basé sur les rivalités entre seigneurs de guerre, conduisant le monde à sa ruine. Plus aucun Avenger, plus aucun X-Men ni Fantastique pour les arrêter. Le rêve des super-vilains s’était enfin réalisé, mais le rêve de quelques uns peut vite se révéler le cauchemar de tous. 

Plus qu’aucun autre, Logan a fait les frais de cette catastrophe. Piégé par Mysterio, il a lui-même massacré ses frères d’armes mutants lors de la grande purge des super-vilains. Dès lors, Logan s’est retiré du monde des super-héros, et a pris sa retraite. Bien des années plus tard, alors qu’il a fondé une famille et qu’il fait de son mieux pour survivre, Logan est rattrapé par son passé. Sa famille est menacée par les rejetons dégénérés de Hulk, si bien qu’il doit s’embarquer dans un périlleux road trip avec le vieil Hawkeye afin de la sauver. Après moult péripéties, qui le conduiront à éliminer le Président Crâne Rouge, Logan rentre chez lui pour trouver sa famille massacrée. Ce traumatisme épouvantable va le conduire à faire ce qu’il se refusait jusqu’alors, et sort ses griffes d’adamantium pour massacrer le clan Banner, Bruce compris. 

Old Man Logan, initié par Mark Millar, nous montrait un monde désolé et impitoyable, qui est ici repris, après les mini-séries Old Man Quill et Dead Man Logan. La majorité des héros s’en est sans doute allée, mais elle a vocation à être remplacée par de nouveaux héros, entre nostalgie des temps passés et foi en un avenir meilleur. 

Après la chute de Crâne Rouge, c’est Fatalis qui s’est installé sur le trône, régnant avec la poigne de fer qu’on lui connait. Bien décidé à assurer sa suprématie, il entreprend de retirer de l’échiquier tous ses anciens conjurés, et écrase cruellement tous ceux qui pourraient lui causer du tort. Qui pourra détrôner le tyran sanguinaire ?

Teenage Wasteland

Ed Brisson met au centre de son récit Danielle Cage, fille du super-héros Luke Cage et de la super-détective Jessica Jones. Cette dernière est à la tête d’une communauté paisible de survivants, épaulée par Bruce Banner Jr, seul survivant du massacre causé par le regretté Logan. Non contente d’être la fille de ses prestigieux parents, Danielle est également la dernière détentrice de Mjolnir, le mythique marteau de Thor, ce qui lui permet d’irriguer efficacement les cultures destinées à nourrir le groupe. 

Ce quotidien relativement serein est perturbé par l’irruption de Dwight, successeur d’Ant-Man, dont la communauté a fait les frais de la cruauté de Fatalis. Ensemble, Dwight, Danielle et Bruce Junior vont se dresser contre la tyrannie, forts de l’héritage glorieux des Avengers. Ils seront bien vite rejoints par Grant, un ancien soldat de Fatalis ayant survécu à l’injection du Sérum du Super-soldat, puis par Viv, fille du regretté Vision. Captain, Thor, Hulk et Ant-Man, on peut dire sans se tromper que c’est une bonne base pour une équipe d’Avengers. 

L’idée d’une équipe de jeunes héros succédant aux Avengers n’est pas nouvelle, loin s’en faut. Il n’y a qu’à regarder du côté des Young Avengers, qui réunit de la même façon des personnages jeunes et tous liés aux héros adultes. S’agissant de la trame narrative futuriste, on trouve également A-Next, version adolescente et future des Avengers apparue dans la série Spider-Girl au début des années 2000, ou encore la version que l’on découvre dans Avengers volume 4 n°1. Et il est ici inutile d’évoquer Avengers Forever et son casting méta-temporel. 

Danielle Cage, quant à elle, était apparue en 2006 sous la plume de Brian Bendis. Encore enfant dans l’univers classique, elle a néanmoins bénéficié d’une autre version future dans laquelle elle reprend le rôle de Captain America (Avengers: Ultron Forever). Quelle que soit le futur, il semblerait donc que la jeune Danielle soit appelée à un destin héroïque. Dans ces Avengers des Terres Perdues, il est donc question d’héritage, mais aussi d’espoir et des symboles qui le portent. Les jeunes héros ont donc le choix entre la simple survie où le poids supplémentaire des responsabilités que leur donnent leurs pouvoirs. 

Être à la hauteur de ses aînés est un défi conséquent, surtout quand il s’agit de remettre le monde sur les rails. Le récit est bien construit autour de cette thématique et contient suffisamment de rebondissements pour conserver l’intérêt du lecteur. En revanche, les scènes d’actions peuvent se montrer un tantinet répétitives, mêmes si elles bénéficient d’un dessin de qualité. On aurait aimé voir une progression plus nette dans la coopération des héros, qui auraient pu commencer leur mission de façon dysharmonique pour former peu à peu, au fil du récit, une équipe fonctionnelle. Ce n’est pas vraiment le cas ici, et il est dommage de noter que les combats se ressemblent un peu tous. 

Ces Avengers des Terres Perdues restent une lecture agréable qui prolonge le concept d’Old Man Logan en y apportant une touche d’espoir bienvenue. 

**·***·****·Comics·Edition·Nouveau !·Rétro

Printemps des comics Marvel

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Mélange d’albums anciens de 2001 (Spiderman bleu, Daredevil Jaune), de Fresh start de 2018 (Venom Rex, la Vie de Captain marvel, immortal Hulk), NOW! de 2016 (Mighty thor), Marvel Legacy de 2018 (Thanos gagne).

Chaque volume comprend une introduction de contexte, un récapitulatif du personnage et une bio des auteurs. Les couvertures originales des issues sont présentes en entrées de chapitres et le volume se termine par des propositions d’albums pour prolonger sur le personnage et un rappel des autres titres de la collection. A noter que les titres le correspondent pas toujours exactement au titre original. Sinon rien à redire, c’est très bien fabriqué, solide, joli et bien conçu pour l’objectif de faire découvrir des séries (et acheter les suites derrière).

Couverture de Le printemps des comics (Panini 2021) -2- Venom - RexCouverture de Le printemps des comics (Panini 2021) -4- Thor - La déesse du tonnerreCouverture de Le printemps des comics (Panini 2021) -5- Ultimates - Super-humain

Couverture de Le printemps des comics (Panini 2021) -6- Thanos - Thanos gagneCouverture de Le printemps des comics (Panini 2021) -7- Immortal Hulk - Ou est-il les deux ?Couverture de Le printemps des comics (Panini 2021) -8- Captain Marvel - La vie de Captain Marvel

Serie Daredevil : Jaune [BDNET.COM]

  • #2 Venom  – Rex (Cates-Stegman)

Venom Gets a New Power and a New LookVénom est à l’origine un méchant de l’univers Spider-man, symbiote extra-terrestre un temps fusionné avec le tisseur et qui lui donna son mythique costume noir mis à l’écran par Sam Raimi dans le laborieux Spider-man III (c’était le monde d’avant MCU, celui où seuls les X-men et les films de Raimi parvenaient à tirer les super-héros de la masse des blockbusters). Depuis, Venom est arrivé au cinéma sous la peau de Tom Hardy, dans le semble t’il catastrophique film de 2018 et s’apprête à remettre le couvert en se foutant sur la gueule avec l’autre symbiote (rouge), Carnage… Pas franchement convaincu par les myriades d’excuses de Marvel pour sortir des albums sur n’importe quel personnage j’ai entamé ce Venom Rex grâce aux dessins franchement sympathiques de Ryan Stgman, habitué du symbiote adepte du syndrome de la Tourette. Et je dois dire que j’ai pris un grand plaisir à découvrir cet univers sombre où une entité divine maléfique souhaite récupérer ses ouailles dont fait partie Venom. Dans un intrigue qui a l’immense mérite de s’interfacer avec l’énorme diptyque du Massacreur de dieux en développant l’origine de l’arme de Gorr (que l’on s’apprête à découvrir dans le prochain film Thor Love and Thunder), on voit passer rapidement Spidey-Morales pour une alliance temporaire bien sympa. C’est fort joli, sombre, ça bastonne et c’est plutôt bien écrit dans le carcan des multiples dialogues télépathiques habituels des comics et last but nos least ça peut tout à fait se lire en mode one-shot bien qu’il s’agisse d’une introduction d’arc. Du coup mission accomplie pour cette découverte qui fait le job de nous donner envie de prolonger sur les trois autres volumes.

 

  • #4 Thor, la déesse du tonnerre (Aaron-Dauterman)

Mighty Thor T.1 – Par Jason Aaron, Russell Dauterman & Jorge (...) - ActuaBDDécouvrez la nouvelle incarnation (inattendue!) de Thor après que ce dernier soit devenu indigne de porter Mjolnir… L’album avait déjà été chroniqué sur le blog:

Passé le buzz de la sortie de l’album autour de ce Thor féminin, que vaut cet arc par l’auteur du génial Massacreur de dieux? Le premier volume est assez étrange puisque les deux-tiers du volume dessinés par Russel Dauterman sont un enchaînement de bastons parcourues de bons mots et sans grand intérêt en l’absence de dimension épique. Thor est un dieu, il est déjà mort, est immortel, on ne sait plus trop, bref. Pour peu que vous suiviez un petit peu l’actu des comics vous savez déjà qui est cette Thorette et perdrez donc beaucoup du pseudo mystère qu’essaye d’instiller Aaron. Les dessins de Dauterman, assez banales ne permettent pas de dépasser ce niveau correcte mais sans plus. Dès la fin du volume en revanche, sur la section dessinée par un Jorge Molina en forme, l’ouverture des discussions cosmologiques entre dieux, les stratégies d’un Odin en mode dictateur ne supportant pas le port de Mjolnir par une femme, on se réveille soudain, titillé par un scénario que Jason Aaron semblait avoir oublié. Si le pseudo-féminisme à la mode ricain fait un peu sourire par son ambition minimaliste, les relations familiales de cette famille et l’aspect très négatif donné à Odin suffisent à donner envie de continuer cette série pour voir ce qu’elle a dans le ventre.

 

  • #5 Ultimates (Millar-Hitch)

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est panini-comics-2017-(-marvel-2002)-1494059315.jpgAprès avoir frôlé la banqueroute à l’aube du millénaire, Marvel a su remonter la pente et a entrepris de revenir sur le devant de la scène, grâce à des opérations moins risquées que leurs derniers débâcles (La Saga du Clone, Onslaught, c’est vous qu’on regarde !), ou en tous cas plus réfléchies. Le but était d’attirer de nouveaux lecteurs, sans les rebuter avec des lustres de continuité. Ainsi est née la gamme Ultimates, un univers Marvel alternatif présentant des héros avec un nouveau point de départ, c’est-à-dire des origines remises au goût du jour par des auteurs possédant une vision audacieuse. Cette ligne éditoriale pensée pour les lecteurs nouveaux a été, avec le recul, couronnée de succès et a permis de relancer la Maison des Idées, ouvrant la voie aux adaptations cinématographiques. Mark Millar, sale gosse notoire des comics, s’est fait connaître pour son style impertinent, comme beaucoup d’autres auteurs britanniques. Alors dans l’ombre des X-men, c‘est sans doute à partir de ce point que les Vengeurs ont repris du galon, jusqu’à revenir sur le devant de la scène en 2005 grâce à Brian Bendis (autre ponte du ultimate universe). Le scénariste n’hésite pas, surtout à cette époque, à retourner les codes des comics en y injectant un bonne dose de trash talk via des dialogues ciselés au style très reconnaissable, notamment lors des phases d’exposition. Sous sa houlette, Captain America devient un réactionnaire dépassé par le 21e siècle, Tony Stark un milliardaire excentrique en mal de frissons, Hank Pym un dépressif rongé par un complexe d’infériorité, tout comme Banner, que le reste de l’équipe s’échine à rabaisser, et Thor, un illuminé new age flirtant avec l’imposture. En gros, Millar prend la substantifique moelle de chaque héros, et le « flanderise » (terme faisant référence au traitement réservé à Ned Flanders au fil de la série The Simpsons) afin de servir son propos tantôt ironique, tantôt cynique. Ce tome introductif donne le ton du premier volume, dont la suite compte parmi les meilleurs travaux de Millar chez Marvel D’ailleurs, la série ne survivra pas au départ de l’écossais puisqu’elle perd tout intérêt après son volume 2. ce premier chapitre de The Ultimates est un classique de ce début de siècle, un des meilleurs travaux de Millar chez Marvel…

 

  • #6 Thanos gagne (Cates-Shaw)

Thanos Wins - Les Ailes ImmortellesTous les spectateurs des films Marvel connaissent maintenant Thanos l’immensément charismatique méchant de Marvel dont le principal point-faible narratif est sa puissance semble t-il infinie. Et dont acte pour Donny Cates qui aime décidément chroniquer les méchants (il est à l’œuvre sur le Venom Rex chroniqué plus haut) et nous raconte ce qui se passera quand le titan fou aura réussi son génocide galactique (d’une dimension autrement plus systématique que le gentil claquement de la guerre de l’Infinité!). Sur ce vrai one-shot Thanos se retrouve embarqué par le Ghost-rider, héraut de la vengeance, vers un futur où un vieux roi-Thanos a gagné son pari d’apporter à sa dulcinée – la Mort elle-même! – ses hordes d’âmes… Comme vous le comprenez on a là un récit galactique proche encore une fois des passages futuristes du Massacreur de dieux où le roi Thor s’associait avec le jeune Thor pour combattre l’invincible Gorr. Déjà vu donc mais superbement illustré et pas trop éclaté dans sa narration pour nous faire profiter de combats dantesques avec le Surfer, le Rider ou Hulk en une sorte de Requiem doté de quelques visions réellement inspirées lorsque la Mort survient. Avec les défauts de sa brièveté, Thanos gagne est un très sympathique What-if, un des meilleurs de la sélection Panini.

 

  • #7 Immortal Hulk (Ewing-Bennette et collectif)

The Stack – Best Of The Best: 2018 – COMICONArc assez réputé, ce premier Immortal hulk est une assez franche déception, tant par ses dessins, correctes mais terriblement classiques que par une intrigue un peu bancale. Cela démarre au milieu du gué avec un Bruce Banner semble t’il revenu d’entre les morts. Hulk désormais doté de la parole terrorise les petites frappes du pays avant que l’on bascule sur un évènement raconté par les témoins d’une journaliste dans un épisode alternant les styles graphiques. On connait l’idée, pas forcément mauvaise, mais cela n’aide pas à construire une continuité narrative où survient ensuite le Sasquatch, sorte d’alter-ego poilu en canadien de Hulk (les canadiens sont décidément tous bestiaux après Logan…) qui va se mettre des mandales avec le géant vert et nous ouvrir sur une histoire surnaturelle de passage entre les mondes. J’avoue que si j’aime bien voir Hulk tout casser j’ai toujours été sceptique sur la capacité du personnage à porter une histoire à lui seul. Sans doute la raison pour laquelle le géant n’est qu’un personnage secondaire dans le MCU… La suite permet peut-être de donner du corps à cette histoire mais je reconnais que pour qui ne serait pas familier avec la mythologie du monstre on est un peu balloté sur des concepts à la fois très peu originaux et un peu kitsch. Album très dispensable donc, sauf si vous êtes un fanatique de Hulk. 

 

  • #8 La vie de Captain Marvel (Stohl-Pacheco)

La vie de Captain de Marvel : Carol Danvers succombera-t-elle aux secrets  de son passé ? [avis] - Top ComicsSans doute une des plus mal connue des héroïnes Marvel, le personnage a une histoire compliquée, changeant de nom et d’identité plusieurs fois avant de se stabiliser sous la forme de Carole Danvers. En lisant ce one-shot assez touchant vous constaterez néanmoins que les distorsions entre comics et films restent importantes, signe d’un manque de fonds pour ce personnage… Pourtant doté d’attributs graphiques très réussis, cet ersatz de superman version marvel fonctionne parfaitement à l’image avec un look sexy élégant et une once de féminisme bienvenu. Cette fausse origin story a la bonne idée de ne pas nous plomber avec une lente progression pour lui préférer les flashback familiaux qui reprennent clairement le modèle de l’originaire de Krypton: après un gros coup de blues, Carole Danvers retourne dans sa ville natale (en mode Smallville) où elle renoue avec ses amis et sa famille, loin des turpitudes des Avengers malgré les appels répétés de Tony Stark. Alors qu’elle gère un drame, un alien débarque en mode chasseur et révèle un secret qui bouleverse ce que nous savons de ce personnage. A la lecture très agréable, alternant les styles graphiques tout en gardant une homogénéité, j’ai eu une impression de déjà-vu avec le récent Naomi chez DC. L’album dont on parle étant plus ancien, les auteurs de Naomi (Bendis, tiens…) ont clairement copié bien que la trame ne soit pas à proprement parler révolutionnaire. Au final, si cet album ne pousse pas plus que cela à prolonger sur d’autres titres, il reste tout à fait réussi, comme une pause bienvenue dans le monde si dark et violent des super-héros…

  • #10 Daredevil jaune (Loeb-Sale)

Appartenant à la très réputée série des couleurs du duo Tim Sale/Jeph Loeb qui proposait des origin-story rétro sur un certain nombre de héros Marvel à l’orée des années 2000 (Spider-man bleu que vous trouvez dans la sélection Panini de cette année, mais aussi Hulk Grey et Captain america White), Jaune est un des plus grands chefs d’œuvre des comics Marvel, rejoignant les mythes des Daredevil par Miller ou les saga X-men de Claremont par exemple. Sur un one-shot parfait le duo rappelle le premier costume du diable de Hell’s Kitchen qui deviendra rouge, dans un opéra urbain autour de la figure du père. Très touchant, sublime graphiquement dans ces lavis uniques du dessinateur daltonien Tim Sale qui sortait de l’énorme saga Batman Un long Halloween, Jaune est sans aucun doute le chef-d’œuvre du duo et le meilleur album de cette sélection. Un must have!

Amazing splash page by Tim Sale from “Daredevil:Yellow” (2001) : comicbooks

 

Voilà, après ces quelques review il ne vous reste plus qu’à faire votre choix… et nous devons dire que si personnellement nous n’avons pas pris toute la sélection, pour un fois on ne pourra que donner raison aux collectionneurs tant Panini a fait un travail remarquable tant pour le choix des volumes que pour le boulot éditorial de montage! De quoi donner une sacrée pression aux collègues d’Urban en pleine préparation de leur opé estivale