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Thor: la mort de la puissante Thor

Recueil de la série Mighty Thor, écrite par Jason Aaron et dessinée par Russel Dauterman. Contient les numéros 700 à 706, parution en France chez Panini Comics le 10/07/2019.

Les rumeurs sur ma mort n’étaient…pas si exagérées.

Depuis des millénaires, le nom de Thor rime avec guerres, batailles, gloire et tonnerre. De ses exploits antiques à ses faits d’armes modernes, le dieu du tonnerre a tissé sa légende à travers les siècles, secondé par Mjolnir, son fidèle marteau d’Uru.

Confronté à Gorr, le massacreur de dieux, Thor a fini par admettre une vérité, qui lui fut révélée durant le chant du cygne de Nick Fury (saga Original Sin): Gorr avait raison, les dieux sont indignes de l’honneur et de la vénération qui leur sont faits par les mortels. Ce choc à suffi à rendre le fils d’Odin indigne de brandir son marteau, qu’il laissa planté sur le sol lunaire, signe ostensible de sa disgrâce.

La nature ayant proverbialement horreur du vide, le marteau ne tarda pas à trouver un nouveau maître, en la personne de Jane Foster. C’est donc l’ancienne amante du fils d’Odin qui devint la nouvelle déesse du tonnerre, recevant par le biais de l’enchantement divin les pouvoirs asgardiens.

Malgré la rage d’Odin, Jane reprit le rôle et le nom de Thor de façon flamboyante, se révélant cent fois à la hauteur du défi. Mais le pouvoir et l’héroïsme ont un prix élevé, et Jane ne tarde pas à en faire les frais. Souffrant d’un cancer sous sa forme humaine, chaque transformation annule les bénéfices des traitements qu’elle subit, affaiblissant progressivement et dangereusement sa santé.

Confrontée aux plus terribles adversaires d’Asgard, Jane sera face à un dilemme : poursuivre son combat contre le cancer, ou brandir le marteau une dernière fois.

A Thor et à travers

Alors que les neufs royaumes sombrent peu à peu dans la guerre et les ténèbres par l’action malveillante de Malekith le Maudit, le terrible Mangog refait surface. Créature bestiale et gigantesque personnifiant le plus grand crime d’Odin, Mangog ne vit que pour un seul but: à l’instar de Gorr, sa rage envers les dieux le pousse à tous les massacrer.

Après des années passées à forger le destin du dieu du tonnerre, après l’avoir fait choir de son piédestal, après nous avoir introduit et fait aimer cette nouvelle Thor, Jason Aaron s’ingénie à nous offrir une épopée digne de son héroïne. On peut dire que les enjeux sont de taille, tant sur le plan externe (la force de Mangog, qui est sans égale) qu’interne (Thor, tout comme Odinson avant elle, affronte un être dont la rage contre les dieux est largement justifiée, ce qui la confronte aux valeurs qu’elle défend en tant que déesse). Le tout est sous-tendu par le thème fétiche d’Aaron, le rapport à la divinité.

L’intrigue est donc simple, mais solide, et nous offre un final émouvant pour des personnages attachants, dotés d’arcs narratifs construits avec élégance et cohérence. Tous les personnages crées ou remis au gout du jour par Aaron sont présents (Thor le Guerrier, Odinson l’indigne, Odin, le Roi Thor…), ce qui donne à l’ensemble une agréable sensation de boucle bouclée.

Coté graphique, notons que le numéro 700 qui ouvre l’album accueille de nombreux artistes, parmi lesquels Daniel Acuna et James Harren. Russel Dauterman livre quant à lui de très belles planches à la hauteur du défi représenté par la conclusion de cette Thor féroce et déterminée.

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Avengers #2: Tour du monde

Deuxième tome de la série écrite par Jason Aaron, et dessinée par David Marquez et Ed McGuiness, dont un épisode dessiné par Sara Pichelli. L’album comprend les épisodes 7 à 12, parution le 21/10/2020 aux éditions Panini

Lames de fond

Après leur combat cataclysmique contre les Célestes, les Avengers reprennent leur souffle alors que retombent les poussières cosmiques de leur affrontement. 
Suite à cette crise sans précédent, un nouveau groupe d’Avengers s’est formé: le trio de tête composé de Captain America, Iron Man et Thor, suivi de près par des piliers du groupe tels que Black Panther, Doctor Strange, Captain Marvel et Miss Hulk, et un petit nouveau en la personne du tout récent Ghost Rider, Robbie Reyes. 

A peine installés dans leur nouveau QG, qui n’est rien de moins que la carcasse éternelle du tout premier Céleste ayant foulé le sol terrestre, les Avengers s’organisent pour mieux protéger le monde en évitant si possible de reproduire les erreurs du passé. Mais sauver le monde est une tâche ingrate, et les Avengers ne tarderont pas à le découvrir lorsqu’un ancien allié va faire surface, littéralement. 


Namor, souverain du royaume d’Atlantis et ancien avenger, refait parler de lui avec grand fracas. Connu pour son caractère ombrageux peu prompt aux concessions, le Sub-Mariner ne supporte plus les dégâts causés aux océans par les hommes de la surface, et entend bien leur en interdire l’accès, quitte à faire quelques victimes au passage. Pour cela, il a réuni son propre groupe de surhumains aquatiques, s’opposant directement aux Avengers. 

Namor est un personnage ambigu aux allégeances changeantes. D’abord vu comme un antagoniste, il finira par rejoindre les héros qu’il aura tenté de détruire, avant qu’il ne soit révélé qu’il combattait déjà les nazis aux cotés de Captain America au sein des Envahisseurs. Plus récemment, Namor avait cédé à l’influence du Phoenix lors de son arrivé sur Terre (Avengers vs X-men) et utilisé son pouvoir pour noyer le Wakanda sous un tsunami, ce qui lui a valu la haine inextinguible de Black Panther, qu’il retrouve dans cet album en sa qualité de président du groupe. 

L’affrontement écologique prend donc ici une tournure toute personnelle, sachant que les héros ne seront pas dans leur élément, c’est le moins que l’on puisse dire. 

Avengers, passés et présents

Après un démarrage aux enjeux dantesques, Jason Aaron poursuit sa saga vengeresse en revoyant l’échelle cosmique à la baisse pour un arc plus terre à terre. Il n’en oublie toutefois pas de glisser des petits implants çà et là, pour bien rappeler au lecteur que quelque chose de grand se prépare. 

L’album s’ouvre avec un flash-back explorant le concept-phare du scénariste, à savoir les Avengers Préhistoriques. Peu utile pour la compréhension de l’ensemble, ce flash-back aura au moins le mérite d’éclaircir un tant soit peu les origines de ces héros précurseurs. Aussi fun soit ce concept d’Avengers préhistoriques, le seul bémol qui demeure après lecture est le côté parfois trop invraisemblable qui s’en dégage. Certes, tout fan de comics est plus que largement habitué à suspendre son incrédulité, il n’en reste pas moins que certains éléments auraient pu être mieux amenés (je pense à certains détails de temporalité, ou au langage qui est vu comme un don qui aurait émergé soudainement chez une certaine catégorie d’individus, sans plus de détails). 

Le cœur de l’album, à savoir la bataille contre Namor, remet immédiatement les choses à leur pas de course et nous amène une myriade de nouveaux personnages, dont la Winter Guard, héros russes souvent rivaux des Avengers, et se paye même le luxe d’introduire (de nouveau) l’Escadron Suprême, ce qui promet son lot de batailles épiques. 

Jason Aaron n’en a toutefois pas que pour l’action et prend du temps pour développer certaines intrigues interpersonnelles, comme le duo Miss Hulk/Odinson, Stark/Danvers, et nous surprend même avec un duo Ghost Rider/Odin ! 

L’introduction de Blade en guise de cliffhanger nous laisse entrevoir un troisième volume axé sur le surnaturel. La suite bientôt !

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Venom vs Toxine: la nuit des tueurs de symbiotes

Recueil de 112 pages de la série Venom, écrite pour Marvel Comics par Cullen Bunn et dessinée par Declan Shalvey. Contient les épisodes 31 à 35 de la série, parution en France chez Panini Comics le 02-01-2019 dans sa collection Marvel Dark

Jamais sans mon hôte

Les fans du spider-verse le savent bien, l’histoire de Venom est pleine de circonvolutions et de coups de théâtres en tous genres, mais elle finit toujours par revenir à ses fondamentaux: la relation particulière qui unit l’entité extra-terrestre à son hôte le plus fameux, Eddie Brock

Ramené sur Terre par Peter Parker à l’issue des premières guerres secrètes, l’être symbiotique Venom, rejeté par son hôte arachnéen, a fini par se lier à Eddie Brock, ancien reporter amer et revanchard ayant une dent contre le Tisseur. De cette terrible union est née l’un des adversaires les plus coriaces de Spider-Man, qui n’aura de cesse de le pourchasser tout en clamant être lui-même le « protecteur létal » des rues new-yorkaises. Doté d’un sens de l’honneur qui lui est propre, le duo infernal a traversé bien des épreuves, jusqu’à ce que le symbiote décide de quitter son hôte malade pour se trouver une nouvelle marionnette humaine. 

Laissant Brock lutter seul contre son cancer, Venom a choisi de se lier à Mc Gargan, autre adversaire du Tisseur précédemment connu comme étant le Scorpion. Enrôlé parmi les Sinistres Douze puis les Thunderbolts, le duo Gargan/Venom durera quelques années, jusqu’à une nouvelles séparation. Sous contrôle gouvernemental, le symbiote sera confié à nul autre que Eugene Flash Thompson, ancien camarade de classe de Peter Parker et vétéran de guerre… 

Entre temps, Brock, lui aura touché le fond avant de remonter la pente. Devenu l’Anti-Venom (je vous passe les détails de cette transformation), puis le nouveau Toxin, Brock s’est lancé dans une croisade visant à débarrasser le monde des parasites extra-terrestres, ce qui inclue son ancien partenaire Venom. Qui que soit le nouvel hôte, aussi bon soit-il, Brock l’a décidé: Venom doit mourir ! 

Bienvenue à Philadelphie

Flash, après quelques aventures mouvementées qui lui ont montré les limites du contrôle qu’il pensait exercer sur le symbiote, décide de prendre un nouveau départ en s’installant à Philadelphie, ville apparemment sans super-héros. Alors qu’il peine à s’acclimater à sa nouvelle vie, Flash/Venom va devoir faire face à la fois à une nouvelle créature hostile, et à un ennemi déjà connu, Brock. Comment notre héros va-t-il s’en sortir face à ces menaces conjuguées ?

Débutée en 2011, la série Venom a été étonnamment bien menée. Centrée sur un duo improbable (qui aurait imaginé Flash Thompson, le bully qui martyrisait Peter Parker, en super-héros ?), elle a su mettre en lumière ces seconds couteaux en exploitant de façon opportune le lore finalement assez méconnu des symbiotes.

La rédemption de Flash est donc plutôt crédible, de brute à soldat pour finir en vétéran mutilé. Un héros sympathique, des pouvoirs difficiles à contrôler, il n’en faut pas beaucoup plus pour provoquer l’adhésion du lecteur. L’idée de l’opposer à Brock/Toxin est plutôt inspirée, Brock étant l’illustre partenaire du symbiote, et Toxin, sa progéniture. L’effet miroir fonctionne donc ici à plein, notamment grâce aux interactions entre les deux hôtes.

Les scènes d’action sont un réel plaisir, même si l’antagoniste extra-terrestre reste assez anecdotique. Les amateurs du personnage apprécieront ce numéro, qui pave la route au grand retour des symbiotes dans Venomverse et Absolute Carnage.

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Daredevil #1: Connaître la peur

Premier tome de 120 pages de la nouvelle série Daredevil, scénarisée par Chip Zdarsky et dessinée par Marco Checchetto. Ce volume contient les cinq premiers numéros de la série publiée outre-Atlantique chez Marvel, parution en France le 24/06/2020 chez Panini Comics.

Retour difficile

Depuis bien des années maintenant, le justicier Daredevil arpente les rues de Hell’s Kitchen, en quête d’une justice brutale et dispensée de façon expéditive. Sous le masque de l’Homme Sans Peur, se cache pourtant l’avocat non-voyant Matt Murdock, un homme pieu et idéaliste, qui a néanmoins pris le parti de défendre les victimes le jour pour mieux punir ensuite les coupables à la faveur de la nuit, utilisant ses sens surdéveloppés et son entrainement au combat.

Durant sa longue croisade contre le crime, Daredevil a vu sa vie et celles de ses proches remises en question à de multiples reprises. Les pertes ont été lourdes, handicapantes, mais Matt ne s’est que rarement laissé paralyser par le deuil et à continué à œuvrer en marge du système, dans ce qu’il croyait être l’intérêt de tous.

Malheureusement, malgré une volonté à toute épreuve, l’inexorable finit par se produire. Après une énième blessure, celle-ci plus grave que les autres, Matt a du raccrocher les gants, pour se laisser le temps de guérir. Une fois remis sur pied, l’avocat justicier n’a plus qu’une idée en tête: reprendre son combat, pour se prouver qu’il peut encore le faire, qu’il est encore à la hauteur de son sacerdoce.

Le Diable de Hell’s Kitchen sera toutefois rapidement rattrapé par la réalité, et par l’éventualité qu’il n’a peut-être plus ce qu’il faut pour un nouveau round.

Lâcher la rampe

Depuis qu’il est passé sous le rouleau-compresseur de Frank Miller, Daredevil est un personnage marqué par les épreuves. Tous les auteurs qui se sont succédés depuis Miller, notamment Brian Michael Bendis et Mark Waid, ont imposé à l’avocat justicier leur lot de tragédies, de deuil et de descente aux enfers.

Une chose est sûre, c’est que même si la vie lui en fait baver, Matt Murdock finit toujours par se relever. Machinations du Caïd, meurtre de sa (ses) bien-aimée(s), possession démoniaque, rien, jusqu’ici, n’avait fait flancher Tête-à-cornes suffisamment pour lui faire abandonner sa croisade.

Et si, à force, Murdock se lançait dans le combat de trop, comme son père, Battlin’ Jack Murdock, avant lui ? Et s’il y avait des limites à ce qu’un homme peut, et doit, endurer ? C’est sur ce chemin que nous emmène Chip Zdarsky, en nous montrant un héros déterminé mais convalescent, victime du décalage entre ce que son cœur lui impose de faire et ce que son corps lui permet. Le scénariste va même un peu plus loin, puisqu’il confronte le héros à sa plus grande peur, celle de devenir un meurtrier, lui qui navigue toujours à la lisière, qui pousse la violence toujours plus loin pour garder l’avantage.

Ces thématiques fort intéressantes font écho à la série Netflix, notamment à la saison 3 durant laquelle Matt n’est plus au faîte de son habileté suite à de graves blessures. A l’instar du Netflixverse, le comics se paye des guest-stars en la personne du Punisher, reflet déformé de notre héros, Luke Cage, Iron Fist et Jessica Jones, ses compagnons d’armes qui l’ont toujours épaulé, mais qui cette fois vont se donner pour mission de le raisonner.

La partie graphique assurée par Checchetto est impeccable. L’artiste avait déjà officié sur le personnage et montre qu’il n’a rien perdu de sa maîtrise, que ce soit en terme de poses, scènes d’action ou cadrages.

Un nouveau départ qui sonne pourtant comme une fin, à lire pour les amoureux du personnage !

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Avengers 1: La dernière armée

Premier tome de 160 pages de la nouvelle série Fresh Start Avengers, scénarisée par Jason Aaron et dessinée par Ed McGuiness. Parution le 17/06/2020 chez Panini Comics.

Unis malgré tout

Après des années de combats et de sacrifices, l’heure n’est toujours pas au repos pour les plus puissants héros de la Terre. En effet, une nouvelle menace se profile, face à laquelle les forces conjuguées de Captain America, d’Iron Man et de Thor risquent de ne pas suffire. Le glorieux trio va donc devoir reformer une nouvelle escouade, et vont faire appel à quelques poids lourds ayant fait les grandes heures de l’équipe, telles que Captain Marvel et Miss Hulk, des vétérans et experts dans leurs domaines comme Black Panther et Docteur Strange, et un jeune talent en la personne du nouveau Ghost Rider.

Le groupe a peine formé sera confronté à l’arrivée d’une nouvelle armée de Célestes, géants extra-terrestres quasi-divins, ayant engendré la vie aux quatre coins de l’univers et rasant occasionnellement les mondes qu’ils ont ensemencés pour des raisons qu’eux seuls peuvent appréhender. Les Avengers risquent de ne pas être de taille face à cette titanesque menace !

Jason Aaron, remarqué pour son run sur The Mighty Thor, qui déjà a l’époque avait redéfini le dieu du Tonnerre, nous embarque dans une nouvelle bataille cosmique contre des adversaires à la puissance incommensurable. L’introduction est simple, et sans ambages: Captain, Thor et Iron Man, ont chacun besoin d’un nouveau départ, chacun besoin de prouver à eux-mêmes qu’ils peuvent encore mener le bon combat tout en formant une nouvelle génération prête à leur succéder. Thor revient d’un long calvaire durant lequel il a du se réinventer et faire face à ses échecs, Iron Man se remet à peine de sa période Superior et des séquelles de Civil War 2, tandis que Captain a vu sa nature même dévoyée par Crane Rouge, qui a fait de lui un agent d’Hydra convaincu et dangereux qui a conquis rien de moins que l’Amérique. Tous trois s’appuient donc fortement sur la famille Avengers, en cette période particulière où les trois piliers ont montré les limites causées par leurs fêlures.

Cette fois-ci, le roster de l’équipe est un peu plus sage que ce qui avait pu se faire auparavant, avec des personnages connus des fans, et un seul véritable nouveau. Les dynamiques interpersonnelles sont donc assez facilement anticipables, avec néanmoins quelques petites surprises osées par l’auteur (franchement, qui aurait vu ces deux-là ensemble ?).

Le choix des Célestes comme antagonistes n’est pas anodin, étant donné qu’ils sont considérés comme les créateurs de la vie dans le marvelverse. En revanche, on peut déplorer le manque de continuité avec leur dernière grande apparition, dans le premier volume de la série Uncanny Avengers, où ils jouaient un rôle essentiel, et étaient destinés à revenir en force suite aux événements de la série.

Avengers (The) (2018) -1- The Final Host

Ici, Aaron ignore méticuleusement tout ce qui avait été révélé par Remender sur UA, et n’en mentionne aucun des éléments importants. Pour un lecteur assidus des Avengers, il y a donc là de quoi semer la confusion, mais rien de rédhibitoire pour un nouveau lecteur qui voudrait profiter du Fresh Start. En revanche, on retrouve bien dans ce premier tome la volonté farouche de l’auteur de déconstruire la figure du divin en la ramenant à des réalités et des mécanismes très prosaïques.

Le réel plus de la série est le saut temporel qu’elle nous offre, en nous rendant témoins des exploits des premiers vengeurs, héros préhistoriques et antédiluviens ayant déjà repoussé la menace céleste. Le casting est pour ainsi dire parfait, en ce sens qu’il est cohérent avec les lignées de héros décrites dans l’univers Marvel. On trouve de façon assez ironique Odin, le premier Black Panther, la première Iron Fist, le premier sorcier suprême Aggamoto, le Starbrand et le Ghost Rider et le Phoenix de cette époque.

Reconnaissons-le, le final de cet arc ne manque pas de panache, et l’on peut même risquer le petit jeu de mot en révélant que c’est du lourd. La partie graphique est assurée par un Ed McGuiness qui aime toujours autant injecter des stéroïdes à ses personnages, mais le tout reste cohérent et correct.

Ce premier tome du Fresh Start revient aux fondamentaux des Avengers, idéal si vous prenez (ou reprenez) le train en marche !

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Savage Avengers #1: Le triomphe de Kulan Gath

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Premier tome de 115 pages comprenant les cinq premiers épisodes de la série Marvel Savage Avengers, écrite par Gerry Dugan et dessinée par Mike Deodato Junior. Parution le 11/03/2020 chez Panini Comics.

Sauver le monde, un sauvage à la fois

Profondément enfoui dans la Terre Sauvage, une enclave séculaire située en Antarctique où l’évolution s’est arrêtée, le Sorcier Kulan Gath, transfuge d’un autre monde, ourdit des plans machiavéliques à l’insu de tous. Son but est d’invoquer une entité maléfique grâce au sacrifice de guerriers de renoms, ce qui va le mettre sur la route des plus sauvages combattants du Marvelverse…et d’ailleurs !

Réunis par les méfaits du sorcier, Conan, l’inénarrable Barbare vieil ennemi de Kulan Gath, Wolverine, récemment ressuscité, le magicien Dr Vaudou, Venom, l’anti-héros symbiotique, la léthale Elektra et l’inarrêtable Punisher vont devoir s’associer bien malgré eux pour éviter un sort funeste à la Terre.

 

Venger à la sauvage

Le pitch de départ, nous présentant une énième version du groupe phare de Marvel, pouvait paraître alléchant. En effet, plusieurs rosters nous ont été présentés au fil des années, certains plus originaux, voire plus improbables, que d’autres.

Je pense notamment aux New Avengers de Brian Michael Bendis, qui à l’époque, réunissaient des héros disparates mais dont l’alchimie était présente grâce à la plume de l’auteur, ou encore aux Avengers One Million BC, dont le concept et le casting étaient tout aussi bien pensés. Cependant, ne nous voilons pas la face, ce n’est pas vraiment le cas ici. Le casting est certes diversifié mais ne paraît pas pensé outre mesure, au-delà du fait de réunir des anti-héros aux méthodes expéditives (pour la plupart), ce qui à notre sens sert avant tout de justification au gore et à une violence décomplexée.

Le groupuscule d’anti-héros violents ayant déjà été exploré (on évoque notamment les Thunderbolts du Général Ross, dont faisaient déjà partie Punisher, Elektra et Venom) ce qui ressort de Savage Avengers n’a rien de bien original.

Ça s’affronte un peu au début pour faire bonne mesure, puis ça se rassemble ensuite pour combattre le monstre, au cours d’un combat alambiqué et sans trop de saveur, avant de finir sur une note ouverte laissant présager la suite des aventures.

Le découpage manque de fluidité et certaines péripéties patinent un peu du fait d’un manque de lisibilité. Sur le plan graphique, Mike Deodato Jr nous a paru en roue libre: des approximations anatomiques (qui commençaient déjà à poindre lorsqu’il officiait sur New Avengers en 2012), et une digitalisation qui ne rend pas service à son trait sont les défauts les plus marquants sur cet album.

Un concept qui peut faire envie aux aficionados des Avengers, mais qui, en première lecture, se révèle en-deçà des attentes.

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Nextwave: Rendez-vous avec la H.A.I.N.E

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Intégrale de 265 pages, parue le 05/02/2020 chez Panini Comics, comprenant les douze numéros de la mini-série Marvel Nextwave, écrite en 2006 par Warren Ellis et dessinée par Stuart Immonen.

Voyage au cœur de l’absurde

L’escadron Nextwave est un aréopage disparate de surhumains outsiders, chargé par l’organisation H.A.I.N.E (il y des noms, comme ça, qui devraient faire fuir) de contrer ce qu’il convient d’appeler des « Armes Non-Conventionnelles de Destruction Massive« . Ainsi, Monica Rambeau, alias Photon, mène ses compères l’androïde Aaron Stack, la chasseuse de monstres Elsa Bloodstone, la mutante Tabitha Smith et l’ivrogne Captain, dans un combat acharné contre une flopée de monstres et de créatures bigarrées, toutes plus fantaisistes les unes que les autres.

Bien évidemment, durant leur croisade, Nextwave s’apercevra qu’on les a dupés, et ils devront lutter pour lever les faux-semblants, jusqu’à un final abracadabrantesque qui restera dans les annales, à tel point que la validité de la série dans la continuité Marvel sera longtemps débattue et référencée.

Une parodie de parodies

Warren Ellis est un auteur britannique connu pour ses travaux iconoclastes. Il est l’un des architectes de l’univers Wildstorm , avec à son actif quelques bijoux comme The Authority, Planetary, ou encore Transmetropolitan. Chez Marvel, Ellis est responsable notamment de la refonte du mythe d’Iron Man, grâce à sa saga Extremis.

Ellis aime donc jouer avec les codes narratifs, à la manière d’un Alan Moore, le côté sale gosse en plus. Son appétence pour le trash et la violence ne sont plus un secret, et, bien qu’elle reste estampillée Marvel, Nextwave ne déroge pas à la règle.

De son propre aveu, pour écrire Nextwave, Ellis a régurgité The Authority, tout en s’interdisant d’y inclure quelque forme que ce soit de logique, d’intrigue, ou de développement de personnage. Il a également fait peu cas de la continuité, réécrivant certains de ses personnages à rebours de ce qui avait été fait des années auparavant (on pense à certains flash-back revenant sur le passé des héros, ou encore au personnage d’Aaron, qui jusque là était un personnage assez dramatique et grandiloquant, transformé ici en ivrogne cynique).

Tout lecteur familier de Marvel reconnaîtra la trame de la série et ce qu’elle pastiche: H.A.I.N.E est un ersatz du SHIELD, tandis que S.I.L.E.N.C.E prend la place d’HYDRA, le personnage de Dirk Anger s’affichant quant à lui comme un Nick Fury déjanté.

En y réfléchissant, Ellis, en voulant casser des jouets qui n’étaient pas les siens, n’a finalement fait que tracer la voie à ce qui se fit peu de temps après dans la continuité principale, à savoir la découverte, par Fury lui-même, que le SHIELD était lui-même gangréné par HYDRA, de la même façon que H.A.I.N.E n’est qu’une façade de S.I.L.E.N.C.E.

Côté action Nextwave nous en donne pour notre argent. On a droit à des kaijus, des mechas, des conquérants interdimmensionnels, et des MODOKS en mode Rockabilly. Des explosions comme s’il en pleuvait, et surtout, des dialogues hilarants et du non-sens à tous les étages.

Warren Ellis et Stuart Immonen sont donc responsables d’une des plus grosses farces de l’histoire moderne des comics, à redécouvrir en intégrale chez Panini Comics !

****·BD·Comics·Rétro

Uncanny X-Force # 2: La Saga de l’Ange Noir

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Uncanny X-Force est une série Marvel, écrite par Rick Remender et dessinée par Jérôme Opeña et Mark Brooks. L’édition française est assurée par Panini Comics dans la collection Marvel Deluxe. Le volume 2 est paru le 06/04/2016, contient 194 pages et compile les numéros 11 à 19 parus en 2010. La critique du volume 1 est ici.

Apocalypse programmée

La X-Force est un escadron clandestin émanant des célèbres X-Men, dédié à l’élimination des menaces envers les mutants, qui (à l’époque de la série) ont été décimés par Wanda Maximoff, la Sorcière Rouge.

Cet état de fait a poussé les mutants dans leurs derniers retranchements, conduisant à la radicalisation de certains d’entre eux, parmi lesquels leur leader Scott Summers, alias Cyclope, qui était autrefois connu pour son idéalisme hérité de son mentor Charles Xavier.

Wolverine, lui, n’a jamais été un idéaliste. Il prie certes pour le meilleur, mais au fond de lui, son instinct le pousse à envisager le pire, façonné qu’il est par toutes les tragédies qu’il a traversées. Aussi prend-t-il sur lui de réunir sa propre version de X-Force, à l’insu même de Cyclope, afin de protéger de façon proactive le peu qu’il reste de mutants…et le monde, accessoirement.

Pour ce faire, il rassemble Warren Worthington III, alias Angel, membre fondateur des X-men, sa compagne Elizabeth Braddock, alias Psylocke, et le mystérieux Fantomex, issu comme Wolverine du programme Arme Plus, auxquels s’adjoindra le délirant Wade Wilson alias Deadpool, et ce quelques années avant son entrée fracassante au box-office cinématographique.

Dans le premier volume, Wolverine et ses assassins-ou plutôt ses farouches défenseurs de la cause mutante-affrontaient une résurgence du terrifiant Apocalypse, aussi connu sous le nom d’En Sabah Nur, un vieil ennemi des X-Men, mutant aussi ancien que puissant, dont la philosophie darwiniste le place en opposition directe avec la vision intégrationniste et pacifique de Xavier. Apocalypse est également connu pour forcer des mutants à devenir ses cavaliers (Mort, Guerre, Peste et Famine), ce qu’il a infligé à plusieurs X-men, notamment Angel, qu’il transforma en Mort. Il faut également noter qu’Apocalypse et si dangereux et si prévalent qu’il existe une ligne temporelle, jugée quasi-inévitable, dans laquelle il règne en maître sur un monde dévasté.

Après sa dernière défaite, En Sabah Nur avait réussi à revenir d’entre les morts, cette fois sous la forme… d’un enfant, tout à fait oublieux de son passé morbide, même si ses partisans s’échinaient à le reconditionner pour qu’il redevienne le tyran qu’il était.

Après avoir douloureusement lutté contre les Cavaliers Ultimes d’Apocalypse, la X-Force est parvenue à atteindre En Sabah Nur, s’apercevant par la même occasion de sa nouvelle condition. Se déchirant entre eux, ils ont du répondre à cet épineux dilemme éthique: peut-on tuer un enfant pour sauver le monde ? Est-il acceptable de supprimer un être encore innocent pour prévenir ce qu’il n’a pas encore fait ?

La réponse sera trouvée par Fantomex, qui face au refus de Wolverine et Psylocke et à l’hésitation d’Angel, prendra la décision de supprimer l’enfant d’une balle entre les deux yeux, sans état d’âme, suivant ainsi sa programmation de Sentinelle, en quelque sorte.

Ange déchu

Ce que les mutants radicaux ignorent, c’est que cet acte a déclenché un processus inéluctable dont il devront souffrir les conséquences. En effet, supprimer définitivement Apocalypse n’a fait que provoquer l’ascension de son successeur désigné, en la personne d’Angel, en qui il avait implanté une Graine de Mort issue de ses maîtres Célestes. Pour éviter à la personnalité de Warren d’être totalement effacée au profit de celle d’Archangel, X-Force va devoir tenter l’impossible et récupérer une Graine de Vie dans le futur, et pas n’importe lequel: la fameuse Ere d’Apocalypse.

Sauf que, règle dramatique oblige, rien ne va se passer comme prévu, Archangel ayant ses propres plans pour l’avenir.

La Saga de l’Ange Noir est fascinante à plus d’un titre. Tout d’abord, les dessins somptueux de Jérôme Opeña, qui servent avec brio la narration âpre de Remender. Ensuite, l’histoire en elle-même, qui est un concentré de ce que Remender a fait de mieux dans sa carrière d’auteur.

Lorsqu’on lit ses œuvres, il apparaît assez clairement que Remender tourne autour d’un certain nombre de thématiques qu’il affectionne (ou qui le terrifient, sans doute). La première et celle de la déchéance du héros, perverti par une influence interne qui lui a été imposée.

En effet, on retrouve souvent ce concept dans plusieurs de ses séries (Archangel dans X-Force, bien entendu, Sentry, et Banshee dans Uncanny Avengers, Ant-Man dans Secret Avengers, Hank Pym dans Rage of Ultron, et bien entendu tous les héros dans Axis), comme si la figure héroïque se devait inévitablement de choir face à un monde intrinsèquement mauvais.

La seconde thématique, qui est un corollaire de la première, est celle de l’inné contre l’acquis, que l’on voit traitée grâce au personnage d’Evan, clone d’En Sabah Nur. Evan, en plus de représenter la faute originelle dont découlent tous les ennuis ultérieurs des héros (notez qu’Evan choisit assez ironiquement l’alias Genesis) représente un défi personnel pour Fantomex, qui en clonant l’enfant qu’il avait assassiné et en veillant à ce qu’il soit élevé positivement, voulait s’assurer que l’inné pouvait être supplanté par l’acquis, le ramenant à son propre conditionnement par le programme Arme Plus.

L’intrigue se veut haletante, les héros étant constamment sur le point d’être vaincus, la situation est à chaque page plus désespérée, jusqu’à un final à la fois tragique et émouvant.

Enfin, ce qui fait d’Uncanny X-force une lecture importante, c’est la portée qu’elle aura pour le marvelverse, vu que ses ramifications s’étendront jusqu’à sa période Marvel Now ! à savoir dans la série Uncanny Avengers.

Rick Remender aura construit son intrigue sur plusieurs séries de très bonnes factures, allant crescendo jusqu’à la mini-série Axis, qui a malheureusement été un échec en demi-teinte, notamment du fait de l’interventionnisme éditorial qui a vidé l’event de sa substance. Mais c’est une autre histoire !

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Vision: un peu moins qu’un homme, à peine mieux qu’une bête

Réédition de la mini-série Marvel Vision, écrite par Tom King et dessinée par Gabriel Hernandez Walta. Recueil de 280 pages couleur, paru le 05/02/2020 chez Panini Comics.

 

Behold…the Vision !

couv_386345La Vision est un personnage à part dans l’univers Marvel, et notamment parmi les Avengers. En effet, lors de sa création dans les pages de la série en 1968, les Avengers ne réunissaient pour l’essentiel que des personnages préexistants dans l’univers partagé, en premier lieu des têtes d’affiche telles que Hulk, Thor et Iron Man, pour ensuite accueillir des seconds couteaux comme Œil-de-Faucon, Vif-Argent et la Sorcière Rouge, tous déjà apparus en amont dans d’autres séries.

En revanche, La Vision est le premier vengeur crée spécifiquement dans le cadre de la série, dont l’existence résulte principalement de sa continuité interne. Vision est un être artificiel (un synthézoïde), une création de l’androïde Ultron, ennemi mortel des Avengers, lui-même fruit des travaux de Hank Pym, membre fondateur du groupe plus connu sous le nom d’Ant-Man, l’Homme Fourmi.

Cet acte malencontreux de Pym, sorte de pêché originel pour les plus grands protecteurs de la Terre, reviendra longtemps hanter le héros, et aura également engendré des fruits inattendus, comme la création de Vision, prêtant ainsi au comic book des aspects de dynastie tragique s’étalant sur plusieurs générations.

Vision a initialement été conçu pour détruire les Avengers au nom de son créateur, contre lequel il finira toutefois par se rebeller, usant de sa conscience pour défaire sa programmation. Puis il sera envisagé plus tard par Ultron comme un cheval de Troie, grâce à des commandes secrètes, enfouies profondément dans son intelligence artificielle au moment de sa création. Cela fait de Vision l’illustration parfaite de la lutte entre l’inné et l’acquis, le synthézoïde devant sans cesse lutter entre sa conscience et sa programmation.

Ce qui a également caractérisé La Vision au fil des années, c’est sa relation amoureuse avec la Sorcière Rouge, qui aura longtemps été un des fils rouge de la série. Au travers de cette romance et de ses dramatiques conséquences (Mariage–Impossibilité d’avoir des enfants–Folie de la Sorcière Rouge–Destruction de la Vision et Séparation des Avengers–House of M–Décimation des Mutants), les auteurs ont également exploré la thématique de l’humanité, qu’elle soit acquise, perdue ou retrouvée.

Si l’Homme est la mesure de toute chose

Après avoir purgé de son système d’exploitation les émotions liées aux souvenirs traumatiques de son passé, Vision entreprend de démarrer une nouvelle vie. Pour cela, il fonde une famille synthézoïde à son image, composée de son épouse Virginia, sa fille Viv et son fils Vin, puis part s’installer en Virginie afin de mener une vie ordinaire, et ainsi, se prouver, enfin, qu’il peut être un Homme.

Cependant, il est bien connu que les bonnes intentions à elles seules ne suffisent pas. Épiés par un voisinage inquiet de voir débarquer ces êtres étranges, les Visions ne vont pas tarder à être confrontés à une forme symbolique de racisme, dont les conséquences seront tout sauf plaisantes.

…quelle est la mesure de l’Homme ?

Tom King ne fait pas dans la demi-mesure et va pousser le protagoniste synthétique dans ses retranchements, mettant à mal sa foi en cette Humanité dont il rêve de faire Résultat de recherche d'images pour "vision king hernandez"partie depuis sa première apparition en 1968. Singulièrement bien écrit par King, Vision va s’obstiner dans sa quête de la normalité et de l’humain, lui qui finalement, pourrait aspirer à bien plus. Car ce que nous apprend cette mini-série, c’est qu’en fin de compte, être autre chose qu’un humain ne signifie pas nécessairement être moins qu’un humain.

On est d’emblée pris d’empathie pour ces personnages atypiques et attachants, et l’on vit leurs douloureuses épreuves avec eux. Certains personnages, particulièrement Virginia, l’épouse modèle conçue sur mesure afin de satisfaire les désirs d’intégration de son créateur, ont même une consistance tout à fait tragique oscillant entre le mythe de Pygmalion et la créature de Frankenstein.

Côté graphique, Hernandez pose avec maestria le décor faussement idyllique de la banlieue idéale tout en campant des personnages à la fois colorés et crédibles.

Vision, par Tom King et Gabriel Hernandez est une excellente mini-série, un must-have que Panini a eu la clairvoyance de rééditer en intégrale !

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Sushi & Baggles #29

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Des trouvailles comics et Manga assez rafraîchissantes cette semaine, avec trois séries que je vais continuer avec plus ou moins d’envie mais sans se forcer non plus…


  • Mighty Thor #1 (Aaron/Dauterman-Molina/Pannini) – 2017, 128p.

badge numeriquecouv_304262Passé le buzz de la sortie de l’album autour de ce Thor féminin, que vaut cet arc par l’auteur du génial Massacreur de dieux? Le premier volume est assez étrange puisque les deux-tiers du volume dessinés par Russel Dauterman sont un enchaînement de bastons parcourues de bons mots et sans grand intérêt en l’absence de dimension épique. Thor est un dieu, il est déjà mort, est immortel, on ne sait plus trop, bref. Pour peu que vous suiviez un petit peu l’actu des comics vous savez déjà qui est cette Thorette et perdrez donc beaucoup du pseudo mystère qu’essaye d’instiller Aaron. Les dessins de Dauterman, assez banales ne permettent pas de dépasser ce niveau correcte mais sans plus. Dès la fin du volume en revanche, sur la section dessinée par un Jorge Molina en forme, l’ouverture des discussions cosmologiques entre dieux, les stratégies d’un Odin en mode dictateur ne supportant pas le port de Mjolnir par une femme, on se réveille soudain, titillé par un scénario que Jason Aaron semblait avoir oublié. Si le pseudo-féminisme à la mode ricain fait un peu sourire par son ambition minimaliste, les relations familiales de cette famille et l’aspect très négatif donné à Odin suffisent à donner envie de continuer cette série pour voir ce qu’elle a dans le ventre.

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  • Centaures #2 (Sumiyoshi/Glénat) – 2018, 4 vol parus, série en cours.

couv_323278

badge numeriqueIl faut croire que la brutalité des transitions est le style de l’auteur car si le premier volume démarrait sans prévenir, le second enchaîne la seconde d’après le terrible Cliffhanger pour nous ballotter sèchement entre des émotions opposées et radicales. Entrecroisé de séquences d’humour délirant pas loin du SD Sumiyoshi assume son propos sur un monde noir où l’honnêteté et l’amour sont rares et où l’on ne peut compter à peu près sur personne. Le colosse héroïque nous montre ce qu’il y a sous la masse musculeuse en prônant le pardon et l’entraide quand le monde guerrier instauré par les humains pousse chacun à la faiblesse, à la trahison, à la capitulation. Il y a une vrais profondeur dans ce manga dont les planches sont parfois dures à lire mais au style résolument graphique, recherchant à se rapprocher de l’estampe. Je ne m’attendais vraiment pas à une telle immersion émotionnelle en commençant ce manga dont le deuxième volume marque déjà une rupture majeure dans l’intrigue. Je suis difficile en manga et je crois que Centaures est en passe de se rapprocher de mes grandes découvertes de ces dernières années avec Ajin, Innocent ou Radiant

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  • L’enfant et le maudit #2 (Nagabe/Komikku) – 2017, 7 tomes parus.

couv_305164mediathequeL’histoire reprend exactement sur le cliffhanger du premier tome qui a vu Sheeva touchée par un maudit… Le professeur interviendra et se retrouvera emmené avec d’autres maudits vers un début d’explication… très obscure pour lui comme pour nous. Le volume est moins ouvert que le précédent mais plus beau encore avec un travail sur les blancs plutôt absent jusqu’ici. On va également nous parler de la tante de la fillette que l’on soupçonne, comme toute la vie de l’enfant, d’être issue de son imaginaire… ou pas. La rêverie continue toute en douceur. Le manga se lit assez vite, agréablement, n’oublie pas de faire avancer (un peu) l’histoire et l’on a envie de continuer tranquilou cette rêverie qui fait penser par moment à l’univers d’Amano. On fait pire comme référence…

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