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SinOAlice #1 – Tsugumi project #4 – Appare Ranman #3

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  • SINoALICE #1 (collectif/Kurokawa) – 2022, 190p./volume, 1/4 volumes parus.
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Merci aux éditions Kurokawa pour cette découverte!

 Sine se réveille comme tous les matins pour se rendre au lycée où l’attend sa meilleurs amie. Sujette à un étrange rêve elle va se retrouver soudain entraînée dans un drame au sein du lycée. Lorsqu’elle se réveille la réalité semble avoir changé. Qu’est-ce qui est réel, qu’est-ce qui est un rêve? Qui est elle et que veut-elle lui demandent ces étranges poupées mécaniques qui parlent à son esprit?…

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SINoALICE est une  adaptation de l’univers du concepteur de jeu vidéo derrière les célèbres NieR. Introduisant dès les premières pages un parallèle avec le monde de Lewis Caroll qui fascine tant les auteurs, le manga joue sur la typographie typique de Taro que l’on pourrait traduire par « Péché d’Alice » (Sin of Alice). Outre une ambiance très noire et graphiquement fort réussie faite d’une certaine épure jouant sur les contrastes avec certains décors hyper-détaillés, ce premier tome brise la narration en nous plongeant dans une forme de torpeur visant à brouiller la frontière entre les différentes réalités. Après une première séquence à la focale centrée sur l’héroïne on bascule dans une sorte de Loop à la Un jour sans fin qui voit l’horreur surgir dans le quotidien de Sine. Entre un découpage qui déstructure toute temporalité et des insertions de textes qui semblent retoucher les images elles-mêmes, on ne sait plus qui voit quoi, qui est où et quand… très immersif même s’il ne fait qu’effleurer la surface d’un univers complexe, ce premier tome fait le job de nous intriguer et par son aspect original et dérangeant. La qualité graphique et les références aux contes (version dark) suffisent à donner envie de continuer pour voir. Bonne pioche donc, avec un second tome qui permettra de confirmer ou non ces bonnes impression, dès ce début septembre.

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    • Tsugumi Project #4 (Ippatu/Ki-oon) – 2022, 224 p./volume, 4 volumes parus.
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Merci aux éditions Ki-oon pour leur confiance!

Deux ans et demi entre le troisième et ce quatrième tome de la série originale Ki-oon on peut dire que ça explose littéralement les rythmes habituels de parution en manga! Etant donnée la qualité et la minutie des dessins on comprend que ça prenne du temps et l’auteur nous rassure en expliquant qu’il a engagé des assistants. Car depuis le premier volume de cette série post-apo le niveau d’exigence nous rapproche plus d’un dessin franco-belge avec des arrière-plans somptueux et aucune case qui se contente d’un personnage en premier plan comme souvent sur ce format. Niveau histoire on a ici une assez nette rupture puisque pas moins de deux flashback nous racontent le passé de Léon et du « monstre » Satake et la constitution d’une équipe qui nous sort des seules explorations des humains et de leur interaction avec Tsugumi, ici assez en retrait. On est donc surpris par un changement de ton qui nous passe de l’exploration post-apo à ce qui ressemblerait plus à une sorte de fantasy avec créatures finalement pas si anormales. Ce tome se concentre donc principalement sur cette puissante Satake et ses motivations pour ainsi venir en aide aux explorateurs. La création d’êtres semi-humanoïdes passionne Ippatu et si la finalité de cette odyssée reste brumeuse, on continue très volontiers le voyage à la découverte du Japon d’après.

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  • Appare Ranman #3 (AHN Dongshik- Appercacing/Doki-Doki) – 2022, 176p./volume, série finie en 3 tomes.

bsic journalismMerci aux éditions Doki-Doki pour leur confiance!

appare_ranman_3_dokiLigne d’arrivée en vue pour cette adaptation en trois tomes d’un animé populaire. Et comme souvent sur ce format très court, la qualité des dessins finissent pas être un peu courts pour compenser une intrigue… de dessin animé. Au menu grande révélation de l’identité cachée du gros méchant absolument méchantissime, alliances et trahisons et baston finale en trois temps. On peut dire que jusqu’au bout la mécanique du manga est très bien huilée, avec un scénario aux rebondissements réguliers. On pourra regretter un manque de folie sans doute à mettre sur le compte du carcan de l’adaptation. On est tout de même surpris par la place prise par les intermèdes et la brièveté des séquences d’action pourtant parfaitement fun. Hésitant toujours un peu entre course de bagnole steampunk et western, ce troisième tome se lit sans déplaisir mais avec un risque d’oublie une fois refermé le tome. Comme pour beaucoup de très bonnes séries Doki-Doki très dotées esthétiquement mais un peu courts pour une course de fond. Une trilogie donc portée par des personnages très charismatiques et qui fait le job pour une lecture-conso.

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***·Manga·Rapidos

Manga en vrac #29: FMA 10 – Shagahime 2&3 – Appare Ranman 2

  • Fullmetal Alchemist (Perfect edition) #10 (Arakawa/Kurokawa) – 2022, 248 p./volume. 10/17 volumes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Kurokawa pour leur confiance.

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Étonnante et perturbante entrée en matière pour ce dixième tome (on se rapproche de la fin!) puisqu’on se trouve dans un flashback lors de la « rencontre » entre Lin et Greed qui ont fusionné à la fin du précédent volume. Après un intermède assez creux qui retombe dans les quelques séquences longuettes du début on part pour la guerre d’Ishval où on se rappelle que tant sur les thèmes abordés que sur le traitement assez cru des évènements FMA n’est pas vraiment un Shonen… Cette seconde moitié est donc passionnante avec beaucoup de commentaires sur la guerre et la communication nationaliste. L’intrigue elle-même progresse également puisque nous allons brutalement découvrir l’origine des liens entre le colonel Mustang, Maes Hughes et Hawkeye mais également l’Alchimie très particulière des orientaux de Xing. Petit coup de mou qui manque un peu d’action donc mais qui rebondit pourtant bien vite et maintient la tension très haut sans jamais savoir où tout cela va nous mener.

  • Shigahime #2 et 3 (Hirohisa/Mangetsu) – 2022, 208p./volume, 3/5 volumes parus (série achevée en 5 volumes).

bsic journalismMerci aux éditions Mangetsu pour leur confiance.

shigahime_3_mangetsuAprès une amorce redoutable de violence et de crudité, on continue avec deux nouveaux tomes de cette courte série vampirique centrée sur les familiers des immortels. Atmosphère toujours aussi vénéneuse qui suit donc ce « héros » incapable d’utiliser ses nouveaux pouvoirs de chasseur et se refusant à perdre totalement son humanité pour servir sa patronne, une « originelle ». Les liens entre cette Miwako (plus sage que dans le premier volume) et son protégé sont très ambigus, abordent les thèmes classiques de la sexualité des jeunes dans les manga avec cette femme présentée comme une prédatrice sexuelle corrompant la pureté juvénile de deux lycéens. Si les thématiques sociales sont importantes dans Shigahime, on regrettera un peu des combats assez mineurs par rapport à ce qui nous était promis. La tension dramatique n’en est pas moins très bonne et l’univers graphique et thématique de ces créatures de la nuit suffisamment original pour nous maintenir en éveil pour la suite.

  • Appare Ranman #2/3 (Ahndongshik-Apperacing/Doki-Doki) – (2020) 2022, 208p., série finie en 3 tomes.

bsic journalismMerci aux éditions Bamboo pour leur confiance.

appare_ranman_2_dokiLe premier tome de cette courte série m’avait bien séduit et après une rapide introduction des personnages et la préparation de la course nous voilà parti sur les chapeaux de roue pour cette transaméricaine sauvage. Avec des dessins toujours aussi réussis dans un esprit Lupin III, ce qui surprend dans ce second opus c’est la part relativement réduite des séquences automobiles! Avec une importante galerie de personnages les auteurs préfèrent en effet se concentrer sur les interactions et manigances pour modifier l’ordre de la course. C’est un peu dommage même si l’optimisation de l’étonnant véhicule à vapeur d’Appare reste un fil rouge et que les séquences secondaires enchaînent très vite. Bref, on ne s’ennuie pas une seconde dans cette adaptation d’un anime de 2020 qui malgré une ambition modeste (seulement trois tomes) profite de sa brièveté pour ne pas perdre de temps en intermèdes et nous propose tout ce qui est attendu: des trognes bigger than life, des gunfight, des rebondissements en veux tu en voilà,… La conclusion arrive très vite chez nous puisqu’on connaîtra le dénouement début juillet chez Doki-Doki.

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Manga en vrac #26: Dai Dark #1 – Appare Ranman #1 – Ranking of kings #1

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Salut les mangavores! Je vous propose aujourd’hui une salve de premiers volumes de nouveautés assez fraiches et qui toutes perturbent les schémas du manga!

  • Dai Dark #1 (Q Hayashida/Soleil) – (2019) 022, 208p., 1/4 volumes parus.

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Merci aux éditions Soleil pour leur confiance!

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Après 23 volumes d’une série (Dorohedoro) fort réputée et adaptée en animé (visible sur Netflix) l’autrice Q Hayashida revient pour une nouvelle série qui sous ses aspects trash au possible recouvre bien l’approche shonen: un jeune garçon ère dans l’espace doté d’un pack magique nommé Sakadoh et de capacités en faisant une sorte de robot. Egalement équipé d’une « peau d’ombre » il apparaît tout puissant pour éliminer ses adversaires, comme les terribles pilleurs d’épave. Si le trait paraît souvent brouillon, l’ambiance à la Fluide glacial donne un ton bon enfant même si les démembrements, éviscérations et explosions en règle réserve ce manga aux jeunes peu sensibles. Une entrée en matière qui a le mérite de l’originalité en proposant une sorte de Berserk pour jeunes, entre la Légende de Ran et le fort sympathique Volcano Trash. Avec un design glauquissime fait d’os et lorgnant du côté de HR Giger, ce titre commence de façon intrigante, pour peu que l’autrice nous propose une véritable intrigue, pour l’heure pas du tout démarrée.

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  • Appare Ranman #1 (Ahndongshik-Apperacing/Doki-Doki) – (2020) 2022, 208p., série finie en 3 tomes.

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Merci aux éditions Bamboo pour leur confiance!

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Je suis toujours très friand de Steampunk et quand j’ai vu passer cette courte série du dessinateur de Renjoh Desperado (déjà un steampunk western découvert grâce aux opé Covid des éditeurs) ma curiosité s’est trouvée titillée. Ne perdant pas de temps en mise en place, ce premier tome nous envoie suivre deux japonais projetés en plein far-west alors qu’une coure de voitures « sauvage » s’apprête à partir traverser le continent. Si l’aspect samouraï reste pour le moment soft, l’apparition progressive des concurrents, tous fortement caractérisés (un milliardaire héritier industriel, redoutables bandits et noir expert en gunfight…) nous allèche avec l’impatience de voir l’action endiablée commencer dans la filiation d’un Streamliner. Avec un jeune héros aussi doué en bricole que Senku, ce qui surprend le plus c’est l’insertion d’un propos politique assez surprenant pour un shonen: entre la tradition d’obéissance japonaise pour lui, le jeune amérindien dont la famille a été massacrée, la jeune femme interdite d’être pilote en raison de sons sexe ou l’esclave affranchi, c’est une drôle de brochette de minorité opprimée qui se retrouve dans cette histoire! Fort bien dessiné et doté d’une progression lisible et dynamique, ce premier tome rappelle l’enthousiasme d’une autre trilogie Doki-doki: Tetsu et Doberman.

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  • Ranking of kings #1 (Toka/Ki-oon) – (2017) 2022, 208p., 1/10 volumes parus.

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Merci aux éditions Ki-oon pour cette découverte.

ranking-of-kings-1-kioonSorti dans la collection « transversale » Kizuna, Ranking of kings est d’abord un projet auto-publié sur le net avant de devenir un manga et un animé. Sous un aspect très enfantin qui peut rebuter de prime abord, on est d’abord surpris par ce personnage de prince-héritier d’une dynastie de roi-géant… qui s’avère être muet et très chétif! Alors que la seule valeur royale reconnue est la force brute, ce jeune Boji va s’avérer être un enfant touchant, sensible qui au travers de sa rencontre avec une « ombre » d’un clan d’assassins va révéler de surprenants talents. Si les planches sont donc assez basiques (mais rendront le manga aux allures de conte très adapté aux plus jeunes, une fois n’est pas coutume), c’est dans le traitement tout sauf manichéen des personnages que l’on est surpris. Contrairement aux habitudes des contes fantasy il est bien difficile de déterminer qui est gentil, qui est méchant et les motivations de chacun dans ce volume, dans un univers surprenant avec cet allié qui a la forme d’une ombre plate parlante. Une bonne surprise à découvrir!

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****·Comics·East & West·Jeunesse

Middlewest

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Comic de Skottie Young et Jorge Corona
Urban (2020-2021) env. 130p./album. Série finie en 3 volumes.
Info, Sélection officielle du 48e Festival d'Angoulême - Editions DupuisPrix jeunesse 12-16 ans Angoulême 2021

Série publiée en trois volumes chez Urban Link (label ado d’Urban comics) rassemblant les 18 chapitres de l’édition américaine publiée en 2018 chez Image. Les ouvrages sont au format comics, brochés, la première édition comportant les couvertures originales et des carnets de croquis.

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Abel est un p’tit gars du Middlewest qui n’a qu’une envie: que son paternel soit fier de lui. Il se lève tôt pour livrer le journal… mais rien n’est assez. Depuis le départ de sa mère, Dale maîtrise mal sa colère intérieure qui explose dans des accès de violence destructeurs. Abel se voit contraint de fuir à la recherche d’une enfance perdue…Middlewest, la recensione: di genitori, figli e tornado | Lega Nerd

mediathequeL’univers graphique coloré et géométrique du vénézuelien Jorge Corona claque immédiatement aux yeux. Si l’inspiration est celle du titre, ces plaines américaines balayées par les vents et cœur des Rednecks, ces populo qui habitent dans des caravanes et se constituent des communautés voyant les lois comme très lointaines, Skottie Young habille son monde d’un vernis steampunk et magique subtile qui Middlewest #15 | Image Comicspermet de basculer immédiatement dans la fable. Jamais loin du Magicien d’Oz et de tout l’imaginaire populaire américain, le scénariste vise néanmoins un propos relativement sombre, celui d’un jeune garçon victime de violences paternelle et qui doit partir en quête de sa propre identité. Afin de lui donner une magnifique concrétisation graphique, cette colère prend la forme d’une sorte de malédiction qui frappe cette famille, un mal d’amour qui transforme ses hôtes en des sortes de golems de tempête, des créatures de vent dont le potentiel destructeur ravage tous l’environnement, semant mort et désolation. Accompagné par un compagnon à la forme de renard parlant, une sorte de bon génie qui lui permet de rester maître de son corps, Abel est touchant dans sa fuite et sa recherche d’une famille d’adoption aimante, ce à quoi devrait avoir droit tout enfant.

L’idée de ces tempêtes est excellente puisqu’elle incarne dans un monde de magie cette réalité d’éléments du continent américain, cette nature indomptable, ces tornades qui deviennent des sortes d’esprits punitifs. L’approche psychanalytique du comic lui donne un propos à la lisière de la BD ado et adulte, le récit et l’univers graphique permettant toutefois une lecture très accrocheuse dans ces deux catégories de lecteurs. Pourchassé par ce père qui ne sait contrôler sa furie mais ne se pardonne pas son incapacité à aimer son fils, Abel se voit bientôt touché par ce « pouvoir » et seule l’amitié des forains qu’il va rencontrer lui permettra de maîtrises la malédiction. Comme dans tout bon conte, les drames relationnels, les failles intérieures se matérialisent.

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*****·Cinéma

Visionnage: Arcane saison 1

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Coup de coeur! (1)Dans la cité de Piltover les grandes familles gèrent la vie de la cité du haut du grand conseil où elles oeuvrent autant pour la sécurité de la population aisée d’en haut que pour la préservation de leurs intérêts. Dans les bas-fonds, la cité de Zaun est peuplée de va-nu pieds et de criminels qui luttent au quotidien pour survivre. Les relations entre les deux cités, reliées par un unique pont, est parsemée de révoltes violentes et d’expéditions punitives de la police aux ordres. Là, deux sœurs vont se retrouver tragiquement séparées et participer à cet affrontement alors qu’une découverte scientifique s’apprête à bouleverser l’équilibre technologique et magique de ce monde au passé très sombre que personne ne voir ressurgir… https://www.numerama.com/wp-content/uploads/2021/11/arcane-piltover.jpg

Quand on me parle de série d’animation Netflix adaptée d’un jeu vidéo à la mode je passe mon chemin… On a beau s’appeler Netflix, produire une série de neuf épisodes de quarante-cinq minutes ça coûte cher et les productions appuyées sur des franchises réputées mettent rarement les moyens (genre Castlevania). Pourtant des miracles il en existe… et Arcane est sans doute le plus beau miracle animé qui ait été produit depuis au moins vingt ans!

Date et heure de sortie Arcane Act 3, à quelle heure sortent les épisodes  7, 8 et 9 sur Netflix ? - topactualites.comJe ne connais pas du tout le jeu League of Legend mais le fait qu’il soit le jeu en ligne le plus joué au monde explique le budget de la série (réalisée pour les dix ans de LoL… ça me rappelle un autre grand succès de l’animation!) qui serait de plus de cinquante millions de dollars, soit presque dix fois plus que le budget moyen d’une série animée. Réalisée par un petit studio français rattaché commercialement à l’éditeur Riot games, Arcane semble avoir joui d’une immense liberté artistique tant les neuf épisodes ressemblent à un fantasme grandeur nature de concept artist et de créateurs de mondes.

Dans le cinéma il n’y a pas que les budgets et sur le plan purement artistique cette première saison (déjà renouvelée au vu des excellents retours) est un plaisir permanent. Que ce soie le design général tout à fait steampunk et coloré, les doublages fort réussis (j’ai visionné la VO) ou l’intrigue fort dramatique, on enchaîne chaque épisode en attendant le ventre-mou ou le cliché si fréquent dans les séries… las. L’exigence général des créateurs force le respect tant ils se sont fait une discipline de ne jamais aller là où on les attend, là où Revue Arcane : L'histoire des opposésl’intrigue mène. Outre les graphismes (j’y reviens), la très grande force d’Arcane ce sont ses personnages dont la psychologie et les relations (torturées) sont d’un grand réalisme. Élevées dans les bas-fonds les deux sœurs sont dures et ne devienne pas soudainement de belles héroïnes. Chaque personnage, des gentils aux méchants a sa part d’ombre, ses doutes, ses tendresses. Ainsi bien malin peut qualifier un personnage de méchant ou de gentil, les scénaristes ayant tout fait pour que chacun soit cohérent avec ses complexités. De même on évite soigneusement le manichéisme des nobles pourris oppressant sans morale un gentil peuple qui ne demande qu’a survivre. La réalité est bien plus compliquée et sincèrement aucun personnage ne laisse indifférent, que ce soit dans son design ou dans son itinéraire. Surtout, le personnage de Powder, à l’esprit détruit et schizophrène, impressionne et touche tant sa souffrance renvoie à une part humaine très crédible. Les dilemmes permanents, les manipulations, nous happent dans cette intrigue où l’on s’implique émotionnellement avec passion.Netflix Geeked on Twitter: "so cool seeing Vi's gauntlets in action  https://t.co/OzyU2ghTCm" / Twitter

L’aspect magique est occupé par une double technologie, une sorte de drogue utilisée par un seigneur du crime dans la basse ville, donnant des capacités surprenantes (mais très dangereuses) à ses consommateurs, quand la haute ville utilise une gemme énergétique dont la canalisation permet la fabrication d’artefacts surpuissants tels que la téléportation. La magie existe dans ce monde mais de façon lointaine, comme une réminiscence du passé glorieux que l’on n’ose plus invoquer.

Le graphisme donc… utilisant une technique CGI habillée de dessins de type brush typique des concept-design de jeux vidéo, il bluffera tous ceux qui sont un jour tombé sur un compte instagram de dessinateur ou un art-book de film d’animation ou de jeux-vidéos. Un miracle vous disais-je, tant l’animation est fluide, le montage très dynamique en empruntant par moments à l’univers du graph et des cultures urbaines (un peu comme Spider-man New generation). Chaque plan, chaque décors, chaque costume est un enchantement, jusqu’aux trognes des personnages, tous différents et caractérisés par une identité qui dépasse largement leur seule coiffure.Arcane | Netflix divulga trailer e data da série animada de League of  Legends

Je pourrais parler encore longtemps de cette formidable série mais vous qui aimez la BD et le dessin dans son ensemble, vous ne pouvez qu’être conquis par ce chef d’œuvre d’émotion, d’approche artistique et de worldbuilding. Une véritable anomalie comme on en voit peut-être une fois par décennie. La saison deux est annoncée avant 2023… à très bientôt donc!

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*****·Cinéma

Mortal engines

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Ils ne sont pas nombreux les billets visionnages sur le blog. Non que je n’aime pas ça mais d’une part le planning BD est toujours chargé et surtout les films justifiant graphiquement d’en parler ne sont pas légion. Pour rappel je m’astreint à parler ici de tout ce qui est graphique, donc soit d’adaptation de BD soit de films d’animation, soit (plus rarement) de films dont le traitement revêt un grand intérêt visuel.Mortal Engines : des mythes antiques dans un futur steampunk – Antiquipop |  L'Antiquité dans la culture populaire contemporaine

Ce Mortal Engines (sorti en 2018) est l’adaptation du premier roman de la série de quatre livres Tom et Hester parus à partir de 2003. S’étant complètement planté au Box-office en récoltant quatre-vingt millions de dollars sur un budget de cent, le film a reçu une moyenne de 26% sur l’agrégateur de critiques Rotten tomatoes et (un peu mieux) 3.1/5 sur les critiques presse françaises. A peu près le même résultat que le chef d’œuvre Jupiter ascending, autre fantasme visuel réalisé par les Wachowski. Tout cela ne va pas vous donner très envie de regarder ce métrage… et pourtant!Film steampunk : Y aura-t-il un Mortal Engines 2 ? | EL X CRË

Sur une trame que l’on sent issue de la littérature ado, Peter Jackson et ses comparses du Seigneur des Anneaux Fran Walsh et Philippa Boyens démontrent une nouvelle fois leur qualité de scénaristes. Car sur Mortal Engines ils ne sont pas que producteurs et ont simplement confié la réalisation à un dessinateur qui a travaillé sur tous les films de Jackson. Un dessinateur aux manettes, ce n’est pas un détail et cela se voir sur tout les plans.

Shrike : r/MortalEnginesCar outre une thématique SF steampunk bien plus sombre que l’on aurait attendu, le film déroule une univers d’une richesse graphique totalement folle, ne délaissant aucun plan et surtout ne se reposant pas que sur le visuel. Doté d’une équipe de jeunes acteurs à peu près inconnus (et portés par un Hugo Weaving en méchant subtile fort charismatique) mais très talentueux, il est tout à fait surprenant que cette œuvre n’ait pas trouvé son publie tant il regorgeait d’énormément de point qui auraient pu en faire une nouvelle mythologie majeure du cinéma. Une fois dépassé le pitch WTF voulant que les cités du futur sont montées sur chenilles et parcourent la Terre, on suit très vite l’itinéraire d’une jeune femme balafrée, poursuivant une vengeance et elle-même poursuivie par une Nemesis impitoyable avant de rencontrer la chef des pirates reliée à un peuple sédentaire que Hugo Weaving et la noblesse de Londres veulent éteindre…

On est immédiatement happé dans une intrigue qui ne souffre d’à peu près aucun ventre mou et démarre sans mise en place. La fuite de Hester va la mener dans les terres sauvages à la rencontre de marchands d’esclaves, de charognards, de pirates du ciel dans une séquence tout droit sortie d’un fantasme de designer graphique. Autant les jeux vidéo nous abreuvent d’univers et de visuels fous, autant le cinéma peine à assouvie cette envie que Star Wars fut à peu près le seul à satisfaire. Le design général sidère, tant dans l’élégance XIX° des costumes de Londres que dans les mécaniques steampunk et les engins frustes dégoulinant d’huile. La relation entre Hester et son poursuivant est très intéressante et traitée subtilement jusqu’à une progression qui joue sur la culpabilité familiale et l’identité propre qui touche au thème de l’IA. Comme on pouvait s’y attendre de la part de la bande à Jackson, l’épique est omniprésent et dramatique dans cette attaque finale entre les deux sociétés. Refusant les trames classiques et cliché d’une grande partie des films d’action US, Mortal engines réussit clairement grâce au talent de Jackson qui ne tombe jamais dans l’attendu et joue entre les émotions et les envies artistiques loin d’un manichéisme ricain.Mortal Engines - Airhaven by Nick Keller : ImaginaryMindscapes | Mortal  engines, Weta workshop, Fantasy concept art

Très mal vendu à sa sortie, trop appuyé sur une iconographie teen, Mortal engines mérite une seconde carrière via sa sortie récente sur Netflix tant il constitue l’un des meilleurs films de SF que j’ai vu depuis très longtemps, au même titre qu’un Alita Battle angel ou un Ready player one. Un visionnage impératif pour tout amateur d’univers graphiques!

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**·***·BD·Nouveau !·Rapidos·Service Presse

BD en vrac #26: Nautilus #2 – La chute #2

La BD!

 

  • Nautilus #2: Mobilis in Mobile (Mariolle-Grabowski/Glénat) – 2021, 54p., 1/3 volumes parus.

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Merci aux éditions Glénat pour leur confiance!

couv_431435Le premier Nautilus avait été une des excellentes surprises du printemps. Seulement quelques mois plus tard Mariolle et Grabowski (pour sa première BD!) ne nous laissent pas moisir comme le capitaine Némo et dévoilent enfin le mythique Nautilus! Et quel design les enfants! Le cahier graphique final laisse à ce sujet quelques points de frustration tant le dessinateur s’est régalé à créer l’intérieur du célèbre vaisseau sous-marin, dont on ne voit finalement que quelques éléments mécaniques (peut-être pour le grand final?) mais dont la coque est remarquablement élégante. Si l’intrigue de ce second volume peut paraître plus linéaire et moins surprenante que l’ouverture (en se résumant à une chasse avec pour but de découvrir le traître à bord…) on profite néanmoins de belles joutes verbales entre le héros et le sombre capitaine, pas aussi flamboyant qu’attendu mais parfaitement construit psychologiquement. Moins surprenant que le premier volume, cette suite semble aussi légèrement moins solide graphiquement, avec des décors intérieurs et sous-marins qui n’aident pas forcément. On reste cependant dans de la BD de grande qualité, de la grande aventure que l’on aimerait voir plus souvent dans le neuvième art. Vite la conclusion!

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  • La chute #2 (Muralt/Futuropolis) – 80p., 2021

couv_413919Sorti en plein début de crise du COVID le premier tome de La Chute avait beaucoup fait parler de lui, avec son style très documentaire, rugueux, sur les premiers jours du déclenchement d’une crise sans zombies ni guerre civile. Une pandémie normal, réaliste, froide. L’arrivée de se second tome et sa très belle couverture était donc attendu… et douche un peu les attentes. Après une entrée en matière dynamique menant ses personnages vers les montagnes dans une ambiance inspirée par le chef d’œuvre La Route, l’auteur semble patiner dans la neige en centrant sa focale sur l’ainée de la fratrie alors que le père blessé sort du jeu. Refusant toute violence graphique cinématographique, Muralt installe sa pesanteur dans la situation psychologique d’un chacun pour soi et d’une dureté relationnelle. Sur ce point on ressent la détresse des deux enfants. En revanche le contexte est un peu vaporeux avec ce village pas vraiment fortifié mais rejetant tout de même ce qu’ils appellent les « touristes » les citadins fuyant les villes ». Faute peut-être d’une caractérisation plus lisible et de dessins plus précis, on a le sentiment que la situation n’avance guère et l’on finit par s’ennuyer un peu. Espérons que l’auteur rebondisse après cet intermède peut-être nécessaire dans son scénario mais trop étiré sur quatre-vingt pages car son projet est sérieux et reste intéressant.

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**·****·Manga·Nouveau !·Rapidos·Service Presse

Manga en vrac #23: Eden #5 – Ashidaka #3

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  • Ashidaka #3 (Sumiyoshi/Glénat) – 2021, 192p., série en cours 3/4 tomes parus.

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Merci aux éditions Glénat pour leur confiance!

ashidaka_3-glenatOn enclenche la troisième pour cette série que l’autrice aligne en même temps que sa grosse série Centaures. On avait laissé Ashidaka sur un très gros cliffhanger contre un adversaire au design impressionnant. Dans ce volume très orienté action et qui laisse très peu de place au développement d’un scénario on retrouve les mêmes marqueurs fortement shonen et les mêmes limites, à savoir une lisibilité souvent très moyenne dans l’action et des arrières-plans totalement dépouillés. La perte des textures et environnement forestier foisonnant de Centaures donne des planches où la virtuosité technique réelle de l’autrice ne compense pas une rapidité de réalisation qui risque de faire tiquer. Le déroulé alterne donc entre des apparitions de nouveaux personnages qui à la manière d’un jeu vidéo, ponctuent la progression, où la volonté hors norme et la bonté fondamentale du héros fait face à un nihilisme conflictuel de ses antagonistes. Le personnage en prend plein la poire face à des méchants vraiment très forts et plutôt bien caractérisés. C’est très simple, un peu court et les quelques très beaux dessins de personnages, le design techno-organique franchement intéressant dans ses possibilités et le groupe de guerriers plutôt réussis suffisent à peine à justifier de continuer une série qui doit passer la vitesse supérieur assez vite pour ne pas lasser.

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  • Eden, it’s an endless world #5 (Endo/Panini) – 2021, 5/9 volumes parus.

eden_perfect_edition_5_paniniChoc annoncé, le cinquième Perfect d’Eden nous balance d’entrée de jeu dans une prise d’otage qui confirme la grosse avancée dans la connaissance du background géopolitique. Il faut dire qu’on est déjà à la moitié de la série et on appuierait presque sur les freins tellement la perspective de se rapprocher de la conclusion… On connaît désormais la méthode scénaristique d’Hiroki Endo qui nous fait sauter sans coup férir d’un personnage à un autre, sur des ellipses de plusieurs mois voir années, voir sur la disparition brutale régulière d’un personnage. C’est diablement efficace et l’intelligence de l’auteur qui n’est plus à démontrer (il suffit de lire ses réflexions en fin de volume) rend chaque dialogue, chaque sujet abordé, passionnant. Les séquences d’action sont absolument énormes, les thèmes SF très réalistes et l’envie de proposer une anticipation quasiment documentaire  permanente. On sent la documentation importante de l’auteur qui apporte un sérieux mais sait aussi proposer de l’humour avec ce nouveau personnage de flic que l’on a très envie de suivre. La qualité des personnages d’Eden fait qu’il est quasi impossible de savoir si untel sera un personnage secondaire, deviendra central, ou disparaîtra subitement. Eden est une immense série, de celles qui rendent l’attente très très longue…

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BD en vrac #24: Les Artilleuses #3 – Parias #1 – Les vacances de Donald

La BD!

 

  • Raven #2: les contrées infernales (Lauffray/Dargaud) – 2021, 62p./volume, 2/3 tomes parus.

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Merci aux éditions Drakoo pour leur confiance!

couv_433410C’est la conclusion de cette fort sympathique trilogie qui aura su être une vraie locomotive pour le jeune éditeur Arleston et sa maison Drakoo. Un guide pour tous les futurs projets lancés assurément!

Les deux précédents tomes arrivaient à allier stabilité et une certaine différence de structure. C’est encore plus le cas ici où le scénario nous surprend tout le long en enchaînant un faux-rythme retardant une conclusion en nous maintenant sous pression jusqu’à la grande bataille finale. Si le tome est moins axé action que les autres, les révélations très progressives et remarquablement bien expliquées confirment l’excellente tenue de la conspiration diplomatique, en référence aux feuilletons policiers et aux Brigades du Tigre. L’attelage improbable entre fantasy, braquage et politique s’avère absolument concluant et encore une fois la richesse de l’univers permet à Pierre Pevel de n’utiliser qu’avec parcimonie une galerie de personnages très foisonnante et que l’on sent solide. Surtout, une fois la conclusion de l’intrigue – tout à fait satisfaisante – aboutie, on sent fortement une envie des auteurs et une grande probabilité de prolonger l’aventure sur de nouvelles enquêtes maintenant que l’organisation derrière tout ça a été dévoilée et que la collaboration entre les Artilleuses et les Renseignements français est installée. Cette trilogie aura tout réussi (avec peut-être une petite progression du dessin à souhaiter) et installé un contexte qui permet d’envisager avec grand plaisir une série au long court.

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  • Parias #1:  (Emeriau-Bezelin/Komics initiative) – 120p., 2021

Cet album est sorti au début de l’été après un financement participatif auquel j’ai participé et qui m’alléchait pas mal. J’aime beaucoup ce type de publication où de jeunes auteurs restent très libres de créer sans certaines contraintes commerciales que peuvent poser les éditeurs. Encore faut-il que l’album soit bon… or ce n’est pas le cas de celui-ci qui malgré un travail d’habillage et de maquette sympathique où l’on trouve des textes de développement d’univers type feuilleton et journaux, le texte comme le dessins sentent malheureusement plus l’amateur que l’auteur professionnel. Je soutiens toujours les premiers albums malgré leurs défauts, y compris graphiques. Le problème c’est que les deux auteurs ici présents n’en sont pas à leurs débuts et que Boris Beuzelin a proposé par le passé des planches beaucoup plus abouties.

On comprend parfaitement l’envie de pulp steampunk ambiance Ligue des gentlemen extraordinaires. Du coup on ne cherche pas forcément l’originalité mais plutôt une atmosphère, comme sur les Artilleuses chroniquées ci-dessus. Le problème ce sont bien les texte très appuyés et une intrigue qui n’avance guère après la seule exposition de ces freaks contraints de voler pour le compte d’un milliardaire machiavélique. Sans parler des quelques coquilles que l’on pardonnera volontiers, les dialogues sont lourds et les textes de développement peu inspirés malgré une passion certaine. Au final et à grand regret (en attendant un hypothétique dernier tome du, lui, excellent Dessous, lui aussi issu du crowdfunding) j’en resterais là…

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  • Les vacances de Donald (Brremaud-Bertolucci/Glénat) – 49p., 2021

couv_432577En attendant un nouvel album de leur magnifique série documentaire animalière Love (après leur passage chez Glénat), les compères Brrémaud et Bertolucci nous proposent une nouvelle aventure Disney, avec cette fois Donald qui ne supporte plus le bruit et la violence de la ville et s’échappe pour une escapade forestière. Malheureusement ses vacances ne vont pas être si idylliques puisqu’il va découvrir que la cohabitation avec les animaux sauvages n’est pas évidente…

Ce one-shot muet s’inscrit totalement dans le canon Disney avec ses séquences d’humour, un peu de sadisme sur le pauvre Donald et une interaction en mode plan/poursuite avec les animaux, pour certains familiers (Tic et Tac). On pourrait par moment presque croire à une variation jeunesse du thème de Love, ces longs passages contemplatifs sur la nature et la vie sauvage qui semblent tant inspirer les auteurs. On n’est donc pas dépaysé et les planches restent superbes même si je les trouve un ton en dessous de ce que Bertolucci a produit sur Love. On retrouvera tout de même une thématique écologique et une critique de la société bruyante plutôt de bon ton. Un très chouette album donc qui pourra se lire très tôt, avec ou sans les parents.

Dès 6 ans.

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*****·BD·Nouveau !·Service Presse

Astra saga #1

BD du mercredi
BD de Philippe Ogaki
Delcourt (2021), 54p., série en cours.

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bsic journalismMerci aux éditions Delcourt pour leur confiance!

Des éons après le Ragnarök qui vit s’affronter les Ases aux titanesques géants, l’empire galactique s’est hissée sur les ruines fumantes des trois réalités. Dans ce système féodale organisé autour d’une complexe diplomatie entre grandes maisons le destin des jeunes princes n’est pas forcément plus envieux que celui des orphelins de la plèbe. Lorsqu’un croiseur spatial renfermant un précieux chargement est attaqué se révèlent des forces issues de l’ancien temps et bien décidées à reprendre leurs droits sur l’univers…

Coup de coeur! (1)

Le space-opera, tout le monde en a plein la tête et fantasme dessus, et pourtant on a presque autant de déceptions que d’albums du genre… Sans doute parce que comme toutes les envies graphiques, on oublie souvent que toute bonne histoire se doit d’avoir un fond. Et l’on pouvait craindre avec Astra Saga soit un projet jeunesse aux inspi manga soit une énième série Delcourt qui ferait passer la forme avant le fond. Or c’est tout le contraire puisque ce premier tome nous colle d’entrée de jeu une claque inattendue où dès l’intérieur de couverture on comprend que le projet est vaste…

Là où certains se seraient contentés de transposer le Ragnarök dans l’espace, Philippe Ogaki (formé à l’école du scénario par un certain Fred Duval, summum de l’intelligence dans la BD SF) ne prend que cette inspiration pour reconstruire un espace original appuyé sur une base historique et cosmologique solide. On comprend la citation de l’Or du Rhin de Wagner, on saisis aussi une envie de stratégie galactique issue du manga Les Héros de la galaxie mais aussi de complexesastrasaga - Explore | Facebook relations dynastiques tout droit empruntées à notre XIX° siècle européen. D’ailleurs le formidable design SF vaguement steampunk arrive à s’inspirer des costumes de dragons impériaux de Napoléon en les rendant diablement classes dans le vide spatial et leur aspect futuriste. Appuyé sur un outil 3D qui lui permet de composer avec précision de dantesques confrontations navales en orbite planétaire, Ogaki nous plonge d’office en grand écran dans un rêve de geek totalement immersif et remarquablement composé qui nous rappelle l’orgie de l’introduction de StarWars Episode III…

De l’action il y en a à revendre dans ce premier tome d’Astra Saga, mais également des dialogues ciselés et élégants autour de personnages bien construits. On navigue ainsi entre cette trame principale autour de l’attaque d’une flotte renfermant un trésor, et plusieurs trames alternatives suivant de jeunes nobles que le destin va faire s’émanciper des rails familiaux. A l’heure de la sortie de la nouvelle adaptation de Dune on ressent bien entendu l’influence élégante du chef d’œuvre de Frank Herbert au travers du cet équilibre féodal entre Empereur et seigneurs plus ou moins éloignés du Centre, alors que les voies de navigation spatiale (sur un concept très inintéressant, vous verrez) rendent les échanges capricieux. Que ce soit cette escouade de dragons bad-ass surgie au début de l’histoire ou ces jeunes héros que le caractère bien trempé nous donne envie de suivre, on se fait balloter avec plaisir entre plusieurs intrigues liées, plusieurs environnements très différents et réunis dans une envie d’esthétique grandiose par l’auteur et qui rappelle le chef d’œuvre méconnu des Wachowski, Jupiter Ascending. (sur lequel a travaillé l’immense designer George Hull… avant de participer au Dune de Villeneuve).

Saga épique impériale entre Wagner et Dune, la nouvelle série de Philippe Ogaki est un choc SF aussi bien écrit qu’esthétique et a tout pour devenir une des grandes séries spaceop des prochaines années. ne boudez pas votre plaisir et lancez vous à l’assaut des étoiles!

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