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Cautious Hero, #1- 2

Série en cours avec Tuchichi Light au scénario, Koyuki au dessin. Les deux premiers tomes paraissent en France le 09/09/2020 aux éditions Doki-Doki (même niveau de publication au japon).

bsic journalism Merci aux éditions Doki-Doki pour cette découverte.

Prudence est mère de sureté

Le domaine unifié des dieux s’est donné une mission, d’importance capitale: sauver autant de mondes que possible à travers le cosmos. Les joies de la bureaucratie étant ce qu’elles sont, les mondes en détresse sont classifiés, selon la difficulté rencontrée pour les sauver.

La déesse Ristarte, relativement jeune, n’a pas un tableau de chasse mirobolant à son actif. Et pourtant, elle va se voir confier le sauvetage de Geanburande, une mission labélisée D, le plus haut niveau de difficulté !

Pour l’aider dans sa mission, chaque divinité peut invoquer un héros, choisi au hasard parmi l’ensemble des mondes. Alors qu’elle browse les dossiers des potentiels candidats, Ristarte découvre le profil de Seiya Ryûgûin, dont les statistiques défient toute proportion. La jeune déesse en est persuadée, Seiya est un héros comme on n’en trouve qu’un sur des millions. Persuadée par cette aubaine, Ristarte invoque aussitôt le jeune homme.

Toutefois, elle s’est peut-être emballée un peu vite. Seiya a un potentiel sans limite, certes, mais il est si prudent que son attitude vire presque à la paranoïa. Questionnant tout ce que la déesse lui fait découvrir, il se révèle être moins un atout imparable qu’un formidable boulet pour l’impétueuse Ristarte. Quand les choses se gâteront sur Geanburande, Seiya sera-t-il à la hauteur de ses fantastiques talents ?

Le Magicien Dose (et ose)

Pour cette nouvelle entrée dans le genre Isekai, l’auteur est parti sur un postulat intéressant: Et si un héros pouvant tout, n’osait rien ? Bien souvent, les histoires de Fantasy classiques n’ont qu’un questionnement dramatique: le héros aura-t-il la force de triompher de son adversaire ? Ici, la réponse, en théorie du moins, est claire: oui, Seiya peut sauver Geanburande. La véritable interrogation est de savoir si son défaut, la prudence excessive, le lui permettra.

Durant les premiers chapitres, l’auteur joue avec ce paradigme autant qu’avec les nerfs de sa protagoniste Ristarte, qui désespère de voir son champion passer à l’action. Il est assez amusant de voir comment Seiya prépare et anticipe chaque combat, chaque situation, et de voir comment un être sensé s’engagerait dans une quête de cette ampleur.

Le souci qui se présente assez vite, c’est que ce qui est sensé être un défaut venant compenser un statut quasi-divin finit par s’effacer. J’entends par là que ce qui, dans nos attentes de lecteurs, devrait entraver Seiya dans sa mission et le forcer à changer, s’avère finalement être son grand atout puisque c’est justement cela qui le tire de mauvais pas éventuels. D’excessivement prudent, il en devient excessivement préparé, ce qui, en fait, lui donne l’avantage sur tous les antagonistes, dont on s’aperçoit de façon systématiques qu’il a anticipé tous les coups bas, prévoyant en conséquence.

Pour faire une comparaison avec les comics, c’est comme si on décidait finalement que la kryptonite ne tuait pas Superman, mais qu’elle ne lui allait tout simplement pas au teint.

Ce ressort dramatique manqué donne à Seiya des allures de Mary Sue, le distanciant ainsi du potentiel sympathie des lecteurs. Il n’en demeure pas moins que Cautious Hero est une série au démarrage dynamique, empruntant aux codes des univers Fantasy mais plus particulièrement aux RPG. On attend encore l’écueil qui forcera Seiya à prendre des risques, peut-être dans le tome 3 ?

*****·Manga·Rapidos·Service Presse

Radiant #14

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Manga de Tony Valente,
Ankama (2020) – 184 p., coul+ nb, 14 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Ankama pour leur confiance.

Le volume comprend comme tous les manga une jaquette couleur, un sommaire, cinq pages couleur en introduction et pour la première fois un résumé associé à un dramatis personae bien utile pour s’y retrouver dans tous les personnages. Il se termine par le coutumier Toum stak (courrier des lecteurs) et les pages perdues sont utilisées en publicité vers les autres manga de l’éditeur.

Lire la suite « Radiant #14 »

***·BD·Jeunesse·Nouveau !·Numérique

Le Roi Singe 3: La disgrâce de Wukong

La BD!

Troisième tome de 86 pages d’une tétralogie, écrite et dessinée par Chaiko. Parution le 15/07/20 aux éditions Paquet.

Road Trip Simiesque

badge numeriqueLe deuxième tome à peine sorti, nous voici catapultés dans la suite des aventures de Sun Wunkong, alias le Grand Saint Égal au Ciel, alias le Roi Singe. Après s’être frotté aux immortels du Royaume Céleste et en avoir tiré une amère leçon d’humilité, le prodigieux combattant simiesque a pris la route avec un moine en quête des Soutras qui l’aideront à atteindre l’illumination.

Sur leur route, le jeune moine et le singe facétieux ont rencontré bien des obstacles et des péripéties, qui ne constituaient en fait que les prémisses de leur voyage.

Équipée fantastique

Durant leurs pérégrinations, le moine et le Roi Singe ont accueilli parmi eux un nouveau venu, Bajie, créature porcine anthropomorphe dont la bonhommie va contraster avec l’impétuosité de notre héros Wukong.

La suite des aventures du Roi Singe reste dans le même esprit que les deux précédents tomes, avec des obstacles dressés sur la route des protagonistes de façon plutôt linéaire. Ici, Sun Wukong devra mettre à l’épreuve sa faculté à collaborer, lui qui est habitué depuis si longtemps à faire cavalier seul, pendant que les créatures du Royaume Céleste continuent de comploter contre lui.

Le graphisme de Chaiko est clairement le point fort de cette série. Son excellent trait donne des personnages très expressifs et aux mouvements dynamiques, empruntant juste ce qu’il faut aux codes du manga. La mise en couleur est subtile et participe à la cohérence graphique de l’ensemble.

Une épopée au scénario un tant soit peu linéaire mais dont le graphisme sublime la qualité !

****·BD·Jeunesse

Harald et le Trésor d’Ignir #2

Jeunesse

Second et dernier tome de la série écrite par Matthieu Brivet et dessinée par Antoine Brivet. 46 planches, parution le 08/01/2020 chez Bamboo Éditions.

La 13e guerrière

La vie n’est pas simple chez les Vikings. Entre les raids et les festins, ils doivent fréquemment repousser les cavaliers Magyars et se soustraire à toutes sortes de créatures magiques, en espérant conserver la faveur des dieux.

Harald en a fait la regrettable expérience, après avoir dérobé le joyau du trésor d’Ignir, redoutable dragon des mers dont le courroux n’a pas tardé à s’abattre sur son village. Pour récupérer son bien, Ignir a lancé sur le roi Dagmar, le père d’Harald, une sournoise malédiction qui le tue à petit feu.

Afin de le sauver et apaiser la colère du monstre, le jeune Viking va se lancer à la poursuite du joyau, dérobé par les brigands hongrois qui sillonnent les terres du Nord. Alors qu’Harald fait feu de tous bois en s’alliant avec une habile guerrière orientale pour retrouver le trésor perdu, la reine Silke, éplorée par la malédiction de son époux Dagmar, doit néanmoins protéger le trône de certaines convoitises.

Epic System

Matthieu Brivet utilise à bon escient le folklore et la mythologie nordiques pour créer un univers à la fois engageant, cohérent et varié. En effet, il joue la carte de la diversité en ajoutant à l’univers froid et rude des Vikings une touche subtile de différence et d’acceptation, sous la forme de l’envoûtante guerrière Sayaline, qui vient de la chaude cité Bagdad pour récupérer le joyau.

Ainsi dans ce second tome, alors que l’on pourrait s’attendre à un choc des civilisations, l’auteur nous surprend avec des regards bienveillants et curieux portés par chacun des protagonistes sur une culture qui leur est étrangère. Loin d’affliger l’œuvre d’une vision naïve, ce procédé nous rappelle que l’Humanité n’a finalement jamais prospéré que dans les échanges et la collaboration.

L’intrigue du diptyque reste donc bien ficelée, et sert très justement le dessin d’Antoine Brivet, qui donne corps à cet univers grâce à un trait assuré et lisible et des couleurs maîtrisées.

Une belle collaboration fraternelle que ce Harald et le Trésor d’Ignir, à lire sans hésitation !

****·BD·Jeunesse·Nouveau !

Voro #4: l’Armée de la Pierre de Feu

Jeunesse

Premier tome du second cycle de la série écrite et dessinée par Janne Kukkonen. 101 pages couleurs, parution le 29/01/2020 aux éditions Casterman.

Qui vole un œuf… vole le secret des trois rois.

Lilya n’est pas une jeune fille ordinaire. Orpheline, elle arpente les rues du royaume en usant de ses dons pour dépouiller les passants et ainsi faire son beurre. Lilya espère un jour intégrer la Guilde des Voleurs en accomplissant des missions de plus en plus périlleuses, mais les traditions de cet aréopage de vauriens lui mènent la vie dure.

En effet, difficile pour les voleurs aguerris de prendre au sérieux cette petite canaille au caractère revêche. Seul Seamus, son mentor, croit en elle et en son potentiel de voleuse. Un jour, lasse de ne se voir confier que des tâches subalternes, Lilya décide de prendre les choses en main, et dérobe un parchemin de mission au maître de guilde, persuadée que ses exploits, en plus de lui obtenir l’absolution pour sa transgression, lui vaudront l’admiration de ses pairs.

La jeune voleuse s’en va donc perpétrer un vol dans une riche demeure, et violera au passage l’une des règles fondamentales de la Guilde: ne jamais dépouiller les morts. Cette faute va la mettre en porte-à-faux avec les voleurs, et permettra au Jarl Enard, le gouverneur de la région, de jeter sur elle son dévolu.

Piégée par le seigneur, qui tient Seamus en otage, Lilya va devoir mener trois missions périlleuses afin de retrouver trois mystérieuses clefs, sensées ouvrir la porte d’un immense coffre enfoui sous le château du Jarl. Ce qu’elle ignore, c’est que la Tribu du Feu, peuplade païenne crainte de tous les seigneurs, convoite aussi ce trésor, mais pour des raisons bien plus obscures…

 

Un nouveau départ

Durant le premier cycle, Lilya parviendra à trouver les clefs au cours de nombreuses péripéties mais n’échappera pas au courroux de la Tribu du Feu. La Guilde des Voleurs qu’elle aspirait si ardemment à intégrer sera détruite, forçant l’héroïne et son père putatif à prendre la clef des champs afin de se refaire une vie dans la capitale du royaume, au sein d’une nouvelle guilde.

Alors qu’elle prépare sa nouvelle carrière, Lilya ne se doute pas qu’elle a aidé la Tribu à atteindre son objectif, celui de ressusciter leur divinité, Ithiel. De nouveau vénéré par ses adorateurs, Ithiel prépare son grand retour, tandis que Lilya se voit confier une nouvelle mission durant laquelle elle entend bien démontrer tous ses talents.

Après un premier cycle rafraîchissant, dans lequel la Fantasy pure et dure ne faisait son entrée que tardivement, ce nouveau tome de Voro nous décrit le nouveau statu quo dans lequel Lilya va pouvoir, une fois de plus, semer une belle pagaille.

Encore une fois, on retrouve le caractère roublard et attachant de l’héroïne, que le désir d’approbation force à se mettre dans des situations impossibles. L’auteur creuse encore davantage le background de l’univers qu’il a mis en place, notamment avec les coutumes de la Guilde des Voleurs et leurs anciennes croyances, dont on se doute qu’elles auront un rôle à jouer dans la suite de l’intrigue.

Non content de fournir une histoire et un univers attrayants, Janne Kukonnen bichonne toujours autant son graphisme à l’esprit jeunesse, qui contrairement aux a priori ne dessert pas le ton du scénario. Le tome 5 est prévu pour le 19/08/2020, ce qui laisse le temps aux amateurs d’aventure et de Fantasy de se plonger dans le premier cycle de cette surprenante série !

***·BD·Nouveau !·Service Presse

Danthrakon #2: Lyreleï la fantasque

La BD!

Deuxième tome de 56 pages d’une série écrite par Christophe Arleston et dessinée par Olivier Boiscommun. Parution le 01/07/2020 aux éditions Drakoo.

Blondin avait proposé une critique du premier volume.

bsic journalismMerci aux éditions Drakoo pour leur confiance.

Grimoire, mon beau Grimoire…

Le savoir est une arme, et la curiosité, un vilain défaut. Nuwan en a récemment fait les frais en découvrant qu’un grimoire magique très ancien, le Danthrakon avait investi son corps, lui conférant un certain pouvoir, mais hélàs ! pas la maîtrise requise pour en profiter.

Ainsi, Nuwan doit-il tenter de rompre le charme qui le place sous la coupe du Danthrakon, avec l’aide de Lerëh, une apprentie mage étudiant auprès du puissant Waïwo, chez qui Nuwan travaille en tant que cuisinier?

Le jeune marmiton va devoir se soustraire à la convoitise d’Amutu l’Inquisiteur, un redoutable mage qui souhaite accaparer la puissance du grimoire. Amutu va utiliser toutes les ressources à sa disposition, parmi lesquelles la terrible Mygatule, pour mettre la main sur le fauteur de troubles involontaire.

Lerëh, quant à elle, devra, s’il elle veut pouvoir sauver Nuwan, fouiller dans son nébuleux passé et exhumer quelques secrets relatifs à ses origines.

 

Necronomi-quoi ?

L’aventure se poursuit sur les chapeaux de roues dans ce Danthrakon volume 2. Arleston ne ménage pas ses efforts pour tenir le lecteur en haleine, à grand renforts de péripéties faites de traques et de batailles magiques. Les affaires de familles sont à l’honneur, puisque le spotlight est ici mis sur Lerëh et les liens qui l’unissent à ses parents.

On reconnaît la touche de l’auteur notamment à travers ses récitatifs et certains de ses dialogues, et l’on peut même percevoir quelques auto-références ça et là, faisant écho à ses succès précédents: un jeune héros naïf et ingénu, dépositaire malgré lui d’une magie ancienne et très puissante, qui devra s’émanciper pour assumer le plein potentiel de ses pouvoirs…

L’inconvénient d’une telle prémisse est qu’elle éclaire sans doute un peu trop le lecteur sur le déroulement global de la trilogie. Néanmoins, gageons qu’Arleston saura aller à rebours des attentes qu’il aura ainsi lui-même suscitées, et qu’il nous surprendra en changeant ingénieusement la direction de son récit dans l’ultime volume de la trilogie.

On s’interroge par exemple sur les desseins véritables du Danthrakon, qui nous paraît doué d’une volonté propre, et sur le sort final qui l’attend: fusionnera-t-il avec Nuwan ? Retombera-t-il encore une fois dans la servitude, entre les griffes d’un mage ambitieux ?

La balle est dans le camp des auteurs, rendez-vous en septembre 2020 pour le savoir !

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Red sonja: l’autre monde #2

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  • Red Sonja #2 (Chu, Gomez, Mohan – Graph Zeppelin)  – 2020

couv_377313badge numeriqueSuite des aventures temporelles de l’alter-ego de Conan, la rouquine hyboréenne crée par Robert Howard, qui se poursuivront dans un troisième volume annoncé en fin d’album. L’ouvrage comporte donc cette seconde partie et se termine par un épisode préquel (non dessiné par Carlos Gomez) et comme pour le premier tome par une importante galerie de couvertures alternatives. Suite aux événements précédents Max se retrouve en Hyborée, ce qui permet les mêmes décalages humoristiques que ceux créés par la guerrière transportée au XXI° siècle. Si la rousse poursuit donc sa quête du « mage » qui lui permettra de rentrer chez elle (en lattant au passage méchamment une bande de bikers), le policier se retrouve lui accompagné de charmantes guerrières très impressionnées par ses talents. Le dessin de cette partie est toujours aussi bon, mais le scénario (qui n’ambitionne pourtant pas de révolutionner la fantasy) cale un peu faute du méchant renvoyé chez lui et de tension dramatique un tant soi peu travaillée. Du coup on a un peu l’impression d’une prolongation alimentaire pour les auteurs qui auraient aussi bien pu conclure sur l’ouvrage précédent ou sauter directement à un diptyque. Il reste plaisant de voir Sonja enquiller les bières, trancher des têtes (oui-oui, c’est un peu moins policé que chez le Big-two) et surtout dialoguer à la mode Conan, avec nombre de jeux de langue qui vous rappelleront l’humour d’Arleston (Lanfeust de Troy). Ce second volume est donc limité à une simple récréation dispensable qui se passera bien si vous aimez le style du dessinateur argentin.

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***·BD·Mercredi BD·Nouveau !·Service Presse

Dragon & poisons #1: Greyson, Névo et Nat

BD du mercredi
BD d’Isabelle Bauthian,  Rebecca Morse et Aurélie Kaori.
Drakoo (2019),  46p./album, 1 tome sur 2 parus.

bsic journalism Merci aux éditions Drakoo pour cette découverte.

couv_373266-1La présentation de cet ouvrage est vraiment mal conçue tant sur un titre qui vise sans doute à se référer à Donjons et Dragons… en tombant complètement à plat, que par un titre de volume qui se contente de reprendre les trois noms des protagonistes du triangle amoureux qui est au cœur de la série. On fait difficilement plus feignant. La couverture ne fait rien pour accrocher le lecteur non plus avec ces trois personnages qui semblent indiquer une farce et un dragon vaguement menaçant… assez illisible et pas particulièrement esthétique hormis pour les couleurs très réussies (sur tout l’album) d’Aurélie Kaori. Bref, une couverture qui ne fait pas du tout le job et peut tromper sur le type de lectorat visé (Dragon et poison n’est pas une BD jeunesse!)…

La cité de Pâmoison a basé son économie sur les poisons que les habitants extraient des nombreuses plantes et créatures vénéneuses qui l’entourent. Là, Greyson, Névo et Natch forment un triangle amoureux de jeunes aventuriers déterminés à faire fortune en défiant le légendaire Dragon dans son antre. Amis pour la vie, l’ambition va cependant faire tourner au vinaigre leur destinée…

DRAGON & POISONS de Bauthian et MorsePassée cette introduction qui vous paraîtra bien méchante, je coupe court à toute inquiétude: cet album est franchement sympathique! Comme sur les précédentes BD de chez Drakoo, on sent immédiatement la différence de traitement issu de la culture Roman de la scénariste et qui apporte une richesse de dialogues et de personnages que beaucoup de BD oublient de développer suffisamment. Arleston a eu une excellente idée d’aller chercher des romanciers pour constituer son catalogue. Album très surprenant à plus d’un titre que ce Greyson, Névo et Natch qui nous prend systématiquement à contre pied! D’une couverture indiquant donc une faribole pour la jeunesse on se retrouve avec ce triangle amoureux autour de cette belle Natch à la libido très développée (pas pour enfants je disais). Après une très chouette introduction basée sur l’univers vénéneux de cette série on réalise que ce décors n’est qu’un habillage avec bien peu d’implication sur l’intrigue… celle-ci se basant sur les sauts d’époque assez brutaux bien que maîtrisés. Ainsi après vingt pages on bascule vingt ans plus tard alors que le trio a été brisé. Aucun temps de mise en place, ce sera la seconde partie qui se chargera de détailler un peu le passé des trois lurons. Cet enchevêtrement complexifie un peu la lecture et enrichit une trame qui reste en substance très classique des ouvrages de fantasy.

Dragon et Poisons - Greyson, Névo et Natch, BD et tomes sur ZOOLa première chose qui marque ce sont les couleurs très agréables et un découpage lisible. Le contraste entre des dessins de style humour et un univers relativement sombre (et tout à fait gore!) est surprenant et rafraîchissant. J’ai beaucoup aimé la personnalité des trois personnages dont on découvre façon puzzle la personnalité d’avant et celle d’après. Je ne peux déflorer la chute de l’album (qui change totalement le paradigme de la suite du diptyque) mais la scénariste semble avoir pris grand plaisir à nous balader ainsi dans les strates temporelles de sa narration… Au vu des premières pages j’aurais attendu une BD un poil plus coquine et humour noir mais étant donné le rythme endiablé et la richesse de ce qui nous est proposé on ne fera pas la fine bouche.

Fort surpris donc par une lecture que je n’attendais pas du tout, je reconnais Dragon et poisons comme une bonne surprise de ce début d’année. Très bien conçu, assez joli et doté de personnages attachants, ce premier tome souffre d’un manque de définition éditoriale bien dommage et qui ne lui évitera pas, je l’espère, de trouver son public.

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****·Comics·East & West·Guide de lecture·Nouveau !

RUMBLE

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Rumble est une série écrite par John Arcudi et dessinée par James Harren, éditée aux US chez Image Comics. La série est publiée en France par Glénat, avec un premier tome paru le 13/04/2016, un deuxième tome paru le 28/09/2016, et un troisième tome paru le 29/05/2019.

Urban Fantasy déjantée

Bobby LaRosa est un jeune adulte embourbé dans sa médiocrité. Derrière son bar miteux, il se lamente sur la vacuité de son existence morose auprès de son habitué Cogan, jusqu’à ce qu’un épouvantail vivant débarque armé d’une épée géante pour mutiler le vieil homme, qui s’enfuit, laissant derrière lui une mare de sang et un grand nombre de questions…

Ainsi débute la série Rumble, lancée en 2014 par le prolifique John Arcudi et le talentueux James Harren, reconnus tous deux pour leur passage sur la série B.P.R.D., le premier en étant l’un des architectes.

Face à ce déchainement soudain de violence, Bobby va devoir compter sur l’aide impromptue de son ami Del, et découvrir l’identité et les motivations de cet épouvantail: autrefois un grand guerrier immortel nommé Rathraq, il combattit des millénaires durant contre les Esus, une race de monstres malfaisants vouée à subjuguer les humains primitifs peuplant la Pangée. Après la trêve conclue entre les deux camps, le féroce et dévoué Rathraq avait perdu sa raison d’être, et fut banni, son âme immortelle dépouillée de son cadre charnel. Ce n’est que des millénaires plus tard qu’il s’est échappé de sa prison, déterminé à obtenir sa vengeance.

C’était (pas) sa guerre

Dans Rumble, Bobby, et dans une moindre mesure, le truculent Del, représentent notre ancrage, et se substituent en quelque sorte au lecteur, qui se plonge à travers eux dans cet univers dangereusement fantastique peuplé de monstres bigarrés. Le thème du monde caché, de la mascarade, est encore une fois exploité de telle sorte que nous suivons avec délectation les tourments de nos deux loosers aventureux, alors qu’une guerre antédiluvienne entre monstres et demi-dieux fait irruption dans la ville.

Toutefois, Bobby et Del ne sont pas les seuls à provoquer l’empathie. Le grand Rathraq, qui continue se se battre alors qu’il n’est plus qu’un écho pathétique de l’invincible guerrier qu’il fut, a de quoi nous émouvoir également, sûrement du fait du paradoxe entre sa fragilité physique et la force de son esprit.

James Harren fait ici un travail formidable en incarnant des personnages expressifs au look unique et marquant, des monstres difformes mais possédant chacun leur identité. Les scènes de combat sont dynamique et n’oublient jamais d’être gores à souhait, ce qui colle parfaitement au style du dessinateur, qui avait déjà fait des merveilles sur B.P.R.D. Ses planches décompressées plongent le lecteur dans une ambiance singulièrement glauque tout en maintenant un niveau de qualité constant sur toute la série.

Rumble est un comic indy qui donne à lire une histoire unique sortant des terrains battus du mainstream, à lire bien évidemment !

***·BD·Comics·East & West·Nouveau !

The Spider King

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One-shot de 192 pages, écrites par Josh Vann et dessinées par Simone D’Armini. Parution le 12/02/2020 aux éditions Glénat, collection Grindhouse (publication USA IDW publishing 2018)

 

Vikings et Envahisseurs

Alors que les guerres de clans font rage au sein de la Scandinavie moyenâgeuse, une pluie de débris cosmiques s’abat sur ses contrées glacées, au grand étonnement des vikings qui y guerroient.

Depuis qu’il a hérité, à son corps défendant, le trône du clan des Laxdale, Hrolf mène une guerre sans merci, mais perdue d’avance, contre son oncle l’impitoyable Aarek, suite à la trahison de ce dernier envers le clan. Alors qu’un affrontement décisif commence à faire couler le sang, le champs de bataille est ravagé par des objets tombés du ciel, des objets qu’aucun humain n’avait pu contempler jusqu’ici, venus de mondes lointains.

Des débris encore fumants, vont s’extirper des créatures hostiles munies d’une technologie supérieure, parmi lesquelles un seigneur de guerre malfaisant, qui, à défaut de la galaxie, se contentera bien de régner sur la Terre. C’est ainsi que ce seigneur de guerre naufragé va s’emparer du corps d’Aarek pour débuter sa campagne de conquête et de pillage, donnant à Hrold une double raison de terminer ce qu’il avait (difficilement) commencé.

Blood, Guts & Clarke’s Third Law

Déjà en difficulté face à son oncle, Hrold aura fort à faire contre l’union de ce dernier avec le conquérant intergalactique. Heureusement pour lui, il pourra compter sur sa nouvelle épée « magique » ainsi que sur ce qu’il lui reste de compagnons d’armes pour affronter ce danger mortel.

Bien évidemment, ce qui fait l’attrait de The Spider King est son pitch audacieux, qui mélange les genres tout en promettant de belles batailles, à défaut d’une intrigue profonde. Ce que l’on souhaite voir en effet en ouvrant l’album, c’est l’inévitable clash entre extra-terrestres belliqueux et vikings berserks, ainsi que le décalage des guerriers vikings percevant ces visiteurs aliens par le prisme de leurs croyances.

Le Roi Araignée remplit bien toutes ces promesses, et offre des planches parfois trash, souvent dynamiques, au service d’une intrigue divertissante. Le style de Simone D’Armini, issu du design vidéoludique, se prête bien au ton décalé de l’histoire, et oscille entre un Duncan Fegredo et un Michael Avon Oeming.

Résultat de recherche d'images pour "spider king d'armini"L’histoire, fortement rythmée au fil des chapitres de la mini-série, fonctionne bien en one-shot mais tend cependant à s’affaiblir sur le dernier chapitre, qui fait finalement office d’épilogue à la saga nordico-spatiale. On reste néanmoins emporté par cette aventure sans concession qui embarque son fruste protagoniste dans une guerre qu’il n’était pas prêt à mener.

En guise de bonus, l’album présente un court one-shot, qui était en fait le pilote de la série, ainsi que des couvertures alternatives pas piquées des hannetons.

The Spider King est une lecture prenante qui vient diversifier la collection Grindhouse de Glénat, et c’est heureux !