BD·C'est lundi...·Comics·Manga

C’est lundi, que lisez-vous? #163

septembre 2019

Ce rendez-vous a été initié par Galléane et son principe est de répondre aux trois questions:

1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?
2. Que suis-je en train de lire en ce moment?
3. Que vais-je lire ensuite ?
 

1. Qu’ai-je lu les semaines passées ?

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2. Que suis-je en train de lire en ce moment?

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3. Que vais-je lire ensuite ?

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Salut à tous pour cette nouvelle semaine!

Etrangement malgré la profusion de BD qui sortent en ce moment la fréquentation du blog se tasse. les mystères des stat… ce qui n’est pas le cas de ma PAL avec la semaine dernière de très bonnes lectures, hormis un dernier Chef d’œuvre de Lovecraft qui m’a légèrement déçu, au contraire du si attendu Radiant que je retrouve avec un plaisir immense tant cette série regorge de qualités! Vraiment, lisez là, car outre le fait d’être un manga 100% français, c’est un des meilleurs shonen qu’il m’ait été donné de lire. Le huitième Fullmetal Alchemist m’a sorti de ma torpeur en étant un gros coup de cœur que je n’attendais pas. Est-ce que la série passe un cap avec ce volume ou est-ce passager? Je vous le dirais en fin d’année pour neuvième tome. Dans la série manga je pense rattraper mon petit retard avec le cinquième Alpi qui me convaincra de continuer la série ou d’arrêter car depuis deux volumes je trouve qu’elle s’essouffle, et le dernier Elio, dont je n’attend pas grand chose mais qui peut tout de même conclure en beauté dans une arène où l’on attend des combats rageurs… Enfin Ajin, le dernier de cette magistrale série que je n’ose commencer par crainte de la déception tant le précédent m’avait laissé sans voix…

En comics, alors que vient de paraître l’alléchante bande-annonce du nouveau Batman, j’ai seulement lu la dernière sortie du toujours qualitatif Black Label, très bon Trois Joker dont je vous parle dès demain, avec enthousiasme. J’ai par contre entamé une série de Régis Loisel (Peter Pan, la Quête de l’oiseau du Temps) très réputée qui siège dans ma liste depuis longtemps, Le Grand mort, et ai été fort surpris par la tournure inquiétante et colapsologue qui résonne bizarrement avec notre époque de crise climatique, sociale et de pandémie… sur une série commencée il y a dix ans! Du coup, moyennement emballé au début, je commence à comprendre les qualités de cette série sur laquelle je pense pouvoir proposer une Trouvaille la semaine prochaine. Pour cette fin de semaine j’aborderais l’étonnant projet Instagram devenu album, le Dernier souffle, western muet en format italien et deux très grosses sorties Dargaud du moment avec les seconds Elecboy et Raven, avant de me plonger dans le nouveau Blacksad quand les conditions de lectures optimales seront réunies…

Je vais également devoir m’organiser pour le Jury Bdgest’arts qui commence très bientôt et pour lequel je vais devoir une nouvelle fois faire exploser mon compteur de lectures notamment sur pas mal de secteurs où je ne vais pas habituellement, dans une visée la plus exhaustive possible! L’idée de faire un petit journal de jury me trotte, pour peu que cela puisse être en conformité avec la nécessaire confidentialité des débats.

Bonne semaine à vous et n’hésitez pas à partager également vos bonnes découvertes (et aussi les lectures à éviter!). Et à indiquer quelles sont les sorties de la rentrées qui vous font le plus baver d’impatience…

 


 

****·BD·Jeunesse

Le Roi des Oiseaux

Album de 176 pages écrit et dessiné par Alexander Utkin. Parution aux éditions Gallimard Jeunesse le 26/08/2020.

La guerre de Troie aura bien lieu.

Les pommes, c’est bon. Mais mythologiquement parlant, ce fruit mi-juteux mi-farineux a une tendance assez marquée à provoquer des catastrophes. Demandez à Adam et Eve, demandez aux grecs et au troyens, aux Hespérides, ou encore, aux rois des animaux qui règnent sur les steppes.

Le Roi des Oiseaux, personnage éponyme, est pris malgré lui dans une guerre contre les mammifères, à la suite d’une dispute entre une souris et un moineau au sujet d’un pomme d’immortalité en or. Affaibli par cette escarmouche, le Roi des Oiseaux se crashe dans la forêt, pour ensuite se trouver à la merci d’un Marchand, qui décide contre toute attente de lui offrir son hospitalité, considérant qu’il a obtenu d’un serpent le don de parler aux animaux.

Trois années passent, avant que le Roi des Oiseaux ne recouvre ses forces. Reconnaissant envers le Marchand, il va l’emmener avec lui visiter ses trois sœurs, dont l’une va le récompenser d’un coffre magique que l’honnête homme va fièrement ramener chez lui, sans se douter du nombre de péripéties que ce cadeau va engendrer….tout ça à cause d’une pomme.

Si Slave, c’est qui s’nettoie, si ce n’est toi, c’est donc ton frère.

Alexander Utkin utilise le folklore slave pour construire ce conte habile et enchanteur, parcouru de quêtes imbriquées les unes dans les autres. L’imaginaire russe n’est d’ailleurs pas le seul convoqué par l’auteur, qui va saupoudrer le tout d’imagerie sud-américaine ou encore nordique.

Le ton, comme le graphisme, sont légers, presque naïfs, et vont entraîner le lecteur dans une odyssée marquée de joie et d’émotions. Les thèmes convoqués, que ce soit l’honnêteté, la famille, l’amitié, l’amour ou la persévérance, conviennent donc bien à cet album familial, dont les pages au grain grossier viennent sublimer le trait gras et les couleurs pastel.

***·BD·Service Presse

Autopsie d’un imposteur

BD du mercredi
BD de Vincent Zabus et Thomas Campi
Delcourt (2021), 88p., One-shot.

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bsic journalism Merci aux éditions Delcourt pour leur confiance.

Louis Dansart est un jeune étudiant en droit dans le Bruxelles des années cinquante. Il est surtout issu de classes populaires et cette origine lui colle à la peau comme une tâche indélébile qui semble braquer tous les regards de la bourgeoisie bruxelloise à laquelle il aspire de se hisser. Il lui faudra bientôt faire un choix entre sa morale personnelle et son besoin de reconnaissance…

J’ai découvert le duo Campi/Zabus sur le très joli documentaire Les larmes du seigneur afghan, paru il y a quelques années chez Air Libre puis sur l’excellent biopic sur le créateur de Superman. Cette fois nous partons sur une pure fiction qui s’inscrit dans un rétro semi nostalgique semi critique des auteurs belges sur la capitale du royaume au sortir de la Guerre (je pense notamment à La bête ou au spin-off sur Blake & Mortier). S’ils sont tout à fait légitimes pour aborder le passé de leur pays, cet environnement m’a personnellement laissé un peu hors du récit. Le contexte n’est pas le seul intérêt de cet album bien sur mais comme un genre à part entière il donne la couleur recherchée dont l’intrigue et la construction ne sont que le fil de fer.

Si l’aspect un peu glauque de ce jeune homme contraint à se prostituer ne m’a pas passionné, la critique de la société bourgeoise corsetée dans les apparences fait mouche en revanche. Comme toute critique sociale cette autopsie d’un imposteur met mal à l’aise avec un destin qu’on imagine difficilement finir positivement. Peut-être trop court pour vraiment dépasser la satire semi-allégorique, l’album nous empêche de nous intéresser sérieusement au destin de cet étudiant. C’est dommage car l’aspect graphique comme la construction proposent de belles idées, comme ce jeu sur les masques et surtout ce dialogue entre le héros et le narrateur. Dès le prologue on voit ainsi le personnage de Louis se confronter à ce discours lui traçant un destin. Outre l’aspect ludique, on ressent alors cette rage de ne pas se laisser soumettre à un destin qui se confirmera dans les actes de Louis. La galerie de personnages est aussi assez intéressante avec ce maître chanteur dont on ne saura jamais s’il est réel ou produit des délires du personnage.

Construit comme un cauchemar absurde (avec notamment une absence de temporalité qui nous perd volontairement dans les perceptions de Dansart) l’album atteint son but et se laisse lire avec plaisir… pour peu que l’on accepte cette plongée plutôt pessimiste dans l’itinéraire d’une jeunesse incapable de s’en sortir par elle-même sans se salir au passage.

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*****·BD·Rapidos·Service Presse

Dans la tête de Sherlock Holmes 2/2

BD du mercredi
BD de Cyril Liéron et Benoit Dahan
Ankama (2021), 47 p., 2/2 volumes parus.

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bsic journalism Merci aux éditions Ankama pour leur confiance.

L’affaire du ticket a mis en lumière l’enlèvement de représentants de toutes les classes sociales de la société britannique impériale. Poursuivant leur enquête, Holmes et Watson dénichent enfin un indice crucial…

Coup de coeur! (1)Il y a deux ans Liéron et Dahan marquaient un grand coup dans le paysage éditorial avec la sortie du premier tome de Dans la tête de Sherlock Holmes. Véritable album-concept, à cheval entre le livre-jeu et la BD, l’ouvrage alliait la forme (avec cette fameuse couverture trouvée reproduite dans ce second volume) et le fonds, à savoir une véritable enquête tortueuse du plus grand détective. En utilisant le visuel pour nous guider au cours de l’enquête, les auteurs produisaient un redoutable effet d’immersion du lecteur et un plaisir de lecture total!

Affaire du ticket scandaleux (L') (par Benoît Dahan et Cyril Lieron) Tome 2Reprenant immédiatement à la fin du premier volume, ce tome conclusif reprend bien évidemment la recette avec fort logiquement un peu plus d’action à l’approche de la fin et de la confrontation finale avec le gang à l’origine de l’affaire. La générosité des auteurs est tout bonnement prodigieuse et on comprend qu’il ait fallu deux ans pour réaliser cette orfèvrerie sur papier. Chaque page regorge de détails, qu’ils soient de décors ou d’éléments utiles à l’enquête. On se plait ainsi à passer du temps à savourer chaque détail, l’hypermnésie sensorielle de Sherlock le poussant à analyser et relever chaque détail de son environnement, et nous avec! Et le miracle c’est que cette foule de détails s’agencent logiquement à l’aide du dessin. Si le style un peu brute du dessin m’avait laissé un peu sur ma faim au premier volume, on apprend à apprécier le travail ciselé, la précision des détails et la charge des pages, pas un centimètre-carré étant exempt de hachures. Cela donne une atmosphère tamisée, feutrée, qui nous envoie dans le cabinet mental de Holmes et l’ambiance cosy de la Londres victorienne.

Passons sur le concept dont j’avais déj parlé pour revenir à l’intrigue qui se dévoile enfin ici. Sans spoiler, il est intéressant que les auteurs profitent de ce projet ludique pour interroger les incidences impérialistes des britanniques et le comportement brutal déjà largement décrit dans la saga Shi par exemple. Ainsi on surprend une complexité dans le propos en se demandant si tout à ses préoccupations de résoudre ses enquêtes, une morale viendrait in fine à Holmes ou si tout cela restera un simple exercice. Il est en effet plus simple d’affronter un Moriarty que des problématiques issues des injustices du Régime et la conclusion, à la forme là encore surprenante, laisse penser que les auteurs ne se contentent pas de l’exercice de style et de leur marionnette. De là à penser que le succès (inévitable!) de ce diptyque les poussera à prolonger l’exercice il n’y a qu’un pas que je franchis avec envie…

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****·BD·Jeunesse·Nouveau !

Voro #8: Le tombeau des dieux, deuxième partie

Huitième tome de la série écrite et dessinée par Janne Kukonnen. 174 pages, parution aux éditions Casterman le 07/07/2021.

Second souffle, seconde chance

Après avoir réveillé par erreur Ithiel, le dieu vénéré par la Tribu du Feu, la jeune voleuse Lylia a du faire face aux conséquences de ses actes. Déterminé à se venger de ceux qui l’avaient trahi, Ithiel est plus que jamais résolu à purifier le monde par le feu, et il faut bien avouer que peu d’obstacles se dressent sur sa route.

En effet, les royaumes humains, gouvernés par des rois cupides et belliqueux, sont divisés et affaiblis. Incapables d’opposer une quelconque résistance au Père Feu et à son armée de géants invincibles, ils sont promis aux flammes purificatrices qui précèdent inévitablement l’oubli. L’Oubli, Lylia en revient justement. Tuée par Ithiel après avoir tenté de l’achever avec la dague de la Demoiselle de la Nuit, la vaurienne au grand cœur est parvenue à convaincre la Mort elle-même, de lui donner une seconde chance.

Revenue chez les vivants, elle est de nouveau confrontée aux conséquences de ses erreurs et s’allie avec son mentor Seamus, mais aussi avec le maître Chaman de la Tribu du Feu et deux rois autrefois en guerre, afin d’éviter le pire à l’Humanité. Parviendront-ils à mettre leurs différends de côté afin d’œuvrer pour le bien commun ?

Come on baby, light my fire

Ce huitième tome est marquant d’abord par sa pagination, sensiblement plus élevée que les précédents tomes. Cela annonce donc un récit plus dense, où les rebondissements et les révélations seront nombreux. La galerie de personnages créée par l’auteur s’enrichit encore davantage, par des interactions inattendues et un compte à rebours qui se fait de plus en plus pressant.

De nouveaux items narratifs viennent donc s’ajouter, dont un personnage longtemps évoqué et suggéré, la fameuse Demoiselle de la Nuit, divinité autrefois vénérée par la Guilde des Voleurs à laquelle Lylia appartenait. La dimension mystique apportée par ce personnage est bienvenue et apporte une touche de nouveauté à l’ensemble, qui était toutefois déjà orienté fantasy.

Pour le reste, on relève une mise en lumière du personnage de Seamus, au travers d’une révélation choc qui remet irrémédiablement en question sa relation avec sa jeune protégée. Graphiquement, le trait de Janne Kukkonen a parfaitement imbibé l’univers original qu’il s’est constitué. Ce tome 8 fait monter les enchères et sera suivi par le tome 9 en novembre 2021, pour une conclusion certainement épique !

BD·C'est lundi...·Comics·Manga

C’est lundi, que lisez-vous? #162

septembre 2019

Ce rendez-vous a été initié par Galléane et son principe est de répondre aux trois questions:

1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?
2. Que suis-je en train de lire en ce moment?
3. Que vais-je lire ensuite ?
 

1. Qu’ai-je lu les semaines passées ?

couv_430454Manga - The Cave King

couv_426296Manga - Carole and TuesdayManga - Manhwa - Carole and Tuesday Vol.2

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2. Que suis-je en train de lire en ce moment?

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3. Que vais-je lire ensuite ?

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Salut à tous et bienvenue pour une nouvelle semaine sur le blog!

Ca y est, octobre est là et on rentre dans le dur de la haute saison des sorties BD… J’ai néanmoins profité de la semaine passée pour avancer sur quelques sorties manga récentes avec trois séries assez sympathiques dont vous trouverez mon avis sur le billet paru hier. je retiens notamment la capacité de Glénat à dénicher de petits shonen plutôt jolis et qui sortent le nekketsu d’un carcan balisé pour geek et une relative déception sur Alma, première série courte de l’auteur qui apporte quelques éléments post-apo intéressants mais reste perfectible. Sur les manga je vais enchaîner sur trois grosses sorties, les énormément attendus Radiant, une de mes séries chouchou en manga et le dernier Lovecraft, dans l’écrin toujours superbe concocté par Ki-oon. Il sort jeudi et je vous en parle samedi!

Côté comics j’ai un peu ralenti et laissé à l’ami Dahaka le soin de vous chroniquer l’actu des superslip. Je ne résiste néanmoins pas à un nouveau Black label, gage de grande qualité depuis son lancement chez DC, avec un Three Joker qui semble très ambitieux en visant à tisser des liens entre les ouvrages majeurs sur le prince du crime…

En BD l’Autopsie d’un imposteur est plutôt réussi mais le sujet m’a moyennement parlé, contrairement à la conclusion du concept-album Dans la têt de Sherlock Holmes et du nouveau Boiscommun qui rassure sur le talent de l’auteur après un Danthrakon plutôt loupé chez Drakoo. Pour finir et pour alimenter la rubrique des Trouvailles du vendredi, je vais enfin pouvoir démarrer le Grand mort qu’un pote m’avait passé… sans les deux premiers volumes! Cette série m’intrigue beaucoup, considérée par pas mal de monde comme un must-read. Effet Loisel ou vraie bonne bD, je vous le dirais la semaine prochaine!

Bonne semaine à vous et n’hésitez pas à partager également vos bonnes découvertes (et aussi les lectures à éviter!). Et à indiquer quelles sont les sorties de la rentrées qui vous font le plus baver d’impatience…

 


 

*****·BD·Nouveau !·Numérique·Service Presse

Le Dernier Atlas #3

BD du mercredi

Dernier tome de 254 pages de la série écrite par Fabien Vehlmann, Gwen De Bonneval et dessinée/designée par Hervé Tanquerelle, Fred Blanchard, et Laurence Croix. Parution le 03/09/21 aux éditions Dupuis.

Le poids du monde sur les épaules

Coup de coeur! (1)
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Ismaël Tayeb, truand nantais dont l’ingéniosité et le charisme lui avaient permis de grimper les échelons du banditisme, a eu une révélation lors d’une mission en apparence peu commune. Chargé par le dangereux Legoff de récupérer la pile nucléaire contenue dans la carcasse du Georges Sand, le dernier des robots Atlas aujourd’hui tombés en désuétude, il a entrevu une catastrophe à même d’entraîner la chute de l’Humanité.

Cette catastrophe prit la forme d’un être étrange et d’origine inconnue, ayant la faculté d’altérer son environnement , de causer des tremblements de terre, des ondes électromagnétiques ainsi que des retombées radioactives, sans parler des altérations génétiques chez des nouveau-nés.

Pour Ismaël, la vision qu’il a eue, alors qu’il se tenait au bord du gouffre qui vit émerger la créature, était on ne peut plus claire. Le destin du dernier Atlas n’était pas de satisfaire les lubies d’un baron du crime, mais de servir une dernière fois pour stopper cette menace, surnommée l’UMO. Tayeb s’est donc entouré d’une équipe, constituée d’anciens pilotes d’Atlas et d’ingénieures indiennes, afin de remettre le mécha sur pied pour la grande bataille, toujours surveillé par Legoff.

Pendant ce temps, Françoise Halfort, reporter d’investigations, assiste aux perturbations provoquées par l’UMO, et en fait même personnellement les frais. Malgré une ménopause intervenue des années auparavant, Françoise tombe enceinte, d’une enfant qui se révélera très particulière. Alors qu’elle fuit le gouvernement français qui souhaite mettre la main sur sa fille Françoise va croiser la route de David et Hamid, alliés d’Ismaël, qui cherchent à échapper à Legoff et à ses hommes.

Après moult péripéties, le Georges Sand et son équipage feront face à l’UMO en Algérie. La créature, profondément inhumaine et insondable, ne montrera pas de réel signe d’hostilité lors de cette première confrontation et finira même par disparaître assez rapidement, au grand désarroi de l’équipage, qui entre temps s’est déchiré, littéralement, sur la meilleure stratégie à adopter.

Heal the world

Alors que le monde sombre peu à peu dans le chaos, l’UMO surprend tout le monde en réapparaissant, en France cette fois. Mue par une force invisible, la créature/structure mobile se déplace, attirée semble-t-il par la fille de Françoise Halfort, laissant dans son sillage radiations et perturbation telluriques en tous genres. Le dernier Atlas doit donc se préparer pour un second round. Mais Tayeb, lui, doit manœuvrer pour se soustraire au courroux de Legoff, qui n’en a pas fini avec celui qu’il considérait déjà comme son protégé, sinon son successeur.

En effet, vexé d’avoir été doublé par Tayeb, Legoff retient en otage son père ainsi que son épouse, contraignant le gangster algéro-nantais à jouer à un jeu de dupes.

Après quinze longs mois d’attente, voici la conclusion du récit-fleuve mêlant habilement polar, SF et intrigues politiques. Sur fond d’uchronie, les auteurs nous plongent dans un récit haletant et addictif, dont les enjeux augmentent progressivement au fil des chapitres qui le ponctuent. Cet aspect feuilletonesque permet un développement sans faute des nombreux personnages, dont les destins se croisent de sorte à former une toile cohérente et dense.

La conclusion du récit, vient apporter des éléments de réponse obtenus assez logiquement dans sa diégèse sans alourdir le propos. On regrette simplement que Tayeb, désigné assez naturellement comme le protagoniste, ne soit toutefois pas celui qui mette un terme au règne de Legoff. La dernière séquence, cependant, rattrape cette impression en nous offrant un final digne du Parrain, rien que ça.

Ce dernier volume reste donc dans la lignée des deux précédents, et son contenu a de quoi le faire entrer dans le panthéon de la franco-belge de ces dernières années.

*****·BD·La trouvaille du vendredi·Rétro

Le port des marins perdus

BD Teresa Radice et Stefano Turconi
Glénat (2016), 294p., one-shot.

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mediathequeCoup de coeur! (1)Un matin d’été sur une plage ensoleillée du Siam, un jeune homme est recraché de la mer. Recueilli par l’équipage de l’Explorer, navire de la Compagnie des Indes orientales, il n’a d’autre souvenir que son nom. Pourtant ses talents de marin et sa grandeur d’âme surprennent les hommes, surtout pour un si jeune garçon. De retour au pays, Abel sera pris sous l’aile protectrice du capitaine Roberts où il entamera un long périple sur les eaux comme dans son cœur, pour comprendre qui il est, quel est son rôle dans ce théâtre étrange de la vie. Un aventure au bout de l’âme, jusqu’au mystérieux Port des marins perdus…

Amazon.fr - Le Port des Marins Perdus - Radice, Teresa, Turconi, Stefano -  LivresJ’ai découvert ce couple d’auteurs (elle écrit, lui dessine) lors de mon unique voyage à Angoulême et obtint une très jolie dédicace sur la série jeunesse Violette autour du monde. Les jolis crayonnés et l’intelligence des scénarios mêlant relations humaines, culture et poésie naturelle m’avaient bien plus et j’avais très envie de me plonger dans ce gros one-shot sorti juste après et salué largement par la critique. Alors que le couple a sorti (l’an dernier) un spin off, les filles des marins perdus, je peux enfin parler de cette aventure en grand format qui rejoints le panthéon des albums exceptionnels! Le chef d’œuvre de la carrière des auteurs, qui sont retournés depuis dans le registre jeunesse auquel se prête très bien les dessins de Stefano Turconi.

Le dessin d’abord, qui est un parti pris radical, pour des raisons autant pratiques qu’esthétiques. Etant donné le pavé de trois-cent pages, il est compréhensible que l’absence totale d’encrage (comme le fait Alex Alice avec talent depuis le début de sa saga steampunk Le Chateau des Etoiles) fait gagner un temps gigantesque au dessinateur sans avoir à passer cinq ans sur son projet. Etant données les compétences techniques de l’artiste ce choix permet aussi une spontanéité et une élégance qui siéent totalement à l’ambiance Le Port des Marins Perdus, envoûtante course au largevaporeuse qui enrobe cette saga semi-mystique. Pour qui apprécie les carnets bonus en fin de certains albums, les sketchbooks et autres croquis préparatoires publiés sur les réseaux sociaux de nos dessinateurs préférés, ce volume est un enchantement de la première à la dernière page, qui montre tout ce qu’on est capable de produire avec une simple mine de plomb, de l’absolue finesse à des transparence qui nécessitent habituellement des effets spéciaux de colorisation. Avec l’outil du pauvre il arrive ainsi bien mieux à produire un univers précis et évocateur qu’avec deux étapes supplémentaires. Cela fait ainsi réfléchir à la norme du dessin de BD qui exige habituellement le passage par l’encrage (qui souvent dégrade la finesse du dessin) puis par la couleur. Assez fréquents sont les albums en noir et blanc, beaucoup plus rares les albums entièrement crayonnés… et encore plus avec un rendu aussi fini.

Le texte totalement inspiré de Teresa Radice n’est pas en reste puisque (a priori directement en français car il n’est pas indiqué de traducteur), souvent en narration, il parvient à nous immerger tant dans un champ lexical de marine et son vocabulaire si particulier que dans une poésie de l’amour, du voyage et du lien, tout à référençant fortement son récit d’une somme d’auteurs et d’ouvrages de la littérature classique anglaise quand ce ne sont pas des chants de marins qui viennent habiller les planches. De la première page à la dernière, Radice construit son récit comme une pièce de théâtre ou comme un film, jouant sur les enchaînements de parties, jusqu’à un « générique » de fin qui prolonge le plaisir avec son épilogue tardif.

C'est pas les hommes qui prennent la mer... / Le Port des Marins Perdus Vs.  Master and Commander - Conseils d'écoutes musicales pour Bandes DessinéesIl y a une humanité folle dans ce récit construit sur un faux-semblant qui nous fait rencontrer Abel, puis le capitaine Roberts, puis les filles du héros disparu, avant de glisser sur le cœur de l’ouvrage, cet amour impossible entre le vaillant capitaine MacLeod, sorte de double du capitaine Stevenson (nom très référencé bien entendu) et de la prostituée Rebecca. Il y a ainsi deux parties dans cette grande saga qui utilise une once de fantastique pour interroger philosophiquement sur le sens de la vie et comme dans les histoires de vampires, permet d’aller à l’essence du lien et de l’amour entre deux êtres. Il y a du drame, des morts et de l’aventure dans Le port des marins perdus qui est aussi une vraie histoire de pirates. Mais le texte est tellement intelligent, tellement nostalgique et les visages si mélancoliques que l’on est pris tout le long dans une sorte de torpeur émouvante en nous prenant d’affection pour ces trois belles âmes que sont Abel, Rebecca et Nat’ MacLeod.

Rappelant par moment la perfection d’un Malgré tout dans son alliance symbiotique du texte, de la construction et de l’image, Le port des marins perdus est de ces ouvrages que l’on veut choyer d’une belle place dans sa bibliothèque, que l’on parcourt ensuite avec l’amour de feuilleter ses superbes dessins  avec l’envie d’y replonger, un peu, juste ce qu’il faut entre le souvenir et le regard. Un album qu’il faut lire dans sa vie de lecteur.

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*****·BD·Un auteur...

Oleg

BD du mercredi
BD de Frederik Peeters
Atrabile (2020), 184p., One-shot.

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Coup de coeur! (1)mediatheque

C’est l’histoire d’un mec qui s’appelle Oleg. Il est dessinateur de BD le mec… C’est l’histoire d’un mec qui s’appelle Frederik. Il est aussi dessinateur BD… Oleg est Frederik, mais Frederik n’est pas Oleg. Ensemble ils partagent le quotidien d’un auteur, qui allie vie de famille et création, hyper-sensibilité sensorielle, observation du quotidien. Ils sont des spectateurs du monde qui nouent un partenariat entre une manifestation graphique de leurs pensées et influence du quotidien. Oleg ce n’est pas vraiment une autobiographie de Frederik Peeters mais c’est une autobiographie d’un auteur de BD…

Prix des libraires BD 2022, Oleg et Blanc Autour premiers en liceLe suisse Frederik Peeters (aucun rapport avec celui des Cités obscures) m’impressionne à chacune de ses sorties depuis ma découverte sur son OBNI Saccage paru en 2019 et qui m’avait totalement subjugué par la capacité à créer une forme de récit avec une liberté graphique propre au art-book. Il est question de la genèse de ce livre dans Oleg, forme de mise en abyme où l’on voit des croquis préparatoires et les réflexions de sa compagne ainsi que ses doutes propres sur ses envies, entre l’inspiration exigeante et le commercial grand public. Et on ne peut pas dire que Peeters vise la facilité, tant dans les sujets de ses projets que dans le style graphique qu’il adopte et qui pourra en rebuter… au premier aperçu. Car cet auteur est pour moi l’un des plus impressionnants dessinateurs du circuit, au sein des plus grands dont les planches ne nous choquent pas forcément au premier regard mais qui respirent une vérité immédiate. On dit souvent que Picasso a dû déstructurer son dessin après avoir atteint très jeune la perfection technique. C’est le cas de beaucoup de grands auteurs BD qui semblent chercher la difficulté, tels des Pratt, Giraud, ou Vivès. On ressent cette aisance chez Peeters et l’absence d’intrigue a proprement parler lui permet de donner libre court, non à un lâchage mais plutôt à un œil libre. Comme dans Saccageil s’astreignait à donner une structure narrative, un fil à ses explosions imaginaires, dans Oleg il utilise le récit du quotidien pour exprimer graphiquement des sensations: un éclat du soleil, un effleurement tactile, le son intermittent du nageur…

Oleg», ou Frederik Peeters entre imaginaire et quotidien - PressReaderEntre ces visions à la première personne, ce sont les relations interpersonnelles qui habillent notre lecture, d’un langage intelligent, référence, drôle. Car Peeters est aussi un excellent scénariste qui donne une justesse à ses personnages pourtant souvent caricaturaux. Cette famille simple, normale, est touchante. Ce père aimant, très amoureux de sa femme entrée dans un âge mur comme on dit. Elle doute, intégrée dans la norme sociale plus que lui, ermite de la table à dessin. On peut deviner un sacrifice professionnel de la femme pour que son compagnon n’ait pas à assumer des boulots plus dans le système. Ce n’est pas dit et aucun reproche n’est exprimé. L’amour est vrai, simple, quotidien, de petites attentions, d’un regard, d’une caresse. Oleg est presque agaçant à ne jamais s’énerver. Touchant de naïveté lorsque le racisme ordinaire lui saute au visage, agressant son moi le plus profond en suggérant sa participation à ces idées nauséabondes. On aime le voir partager sa passion du cinéma Frederik Peeters, auteur culte bientôt adapté au cinéma par Shyamalan, sort  une nouvelle BD, "Oleg"à sa grande fille, ces moments de complicité avec son ado qui se cherche. Il la titille sur ses copains-copines sans jamais être lourd. Ermite, il n’est pas asocial, s’astreignant à un partage en se rendant dans des établissements scolaires pour parler de BD… avant d’être rappelé rapidement à la médiocrité omniprésente de son temps. Si le dessin est simple et les dialogues nombreux, l’expressivité générale de cet album laisse sans voix. Chaque case, chaque mouvement des corps joue son rôle pour faire ressentir. Plus qu’une simple chronique de vie Frederik Peeters nous propose un ouvrage sensoriel qui traduit la magie du dessin, ce que l’on aime dans ces traits qui expriment le monde sans le copier. Un regard artistique et humain sur notre existence. Un superbe moment et une lecture obligatoire pour tout amoureux de BD.

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BD·C'est lundi...·Comics·Manga

C’est lundi, que lisez-vous? #161

septembre 2019

Ce rendez-vous a été initié par Galléane et son principe est de répondre aux trois questions:

1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?
2. Que suis-je en train de lire en ce moment?
3. Que vais-je lire ensuite ?
 

1. Qu’ai-je lu les semaines passées ?

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couv_281923Manga - Manhwa - 008 Apprenti Espion Vol.3

2. Que suis-je en train de lire en ce moment?

3. Que vais-je lire ensuite ?

Manga - The Cave Kingcouv-variante-red-hood-carte-3

Salut les BDvores!

Ma semaine a été occupée par deux très gros chocs que sont Oleg, one-shot du phénoménal Frederik Peeters (billet mercredi) et Le port des marins perdus du duo italien derrière la très sympathique série jeunesse Violette autour du monde (Trouvaille dès vendredi). Le second est sorti il y a pas mal d’années et avait fait son petit effet parmi les critiques. Personnellement j’irai au-delà en proclamant un vrai chef d’œuvre tout à fait marquant, de ces gros volumes qui restent en mémoire longtemps et font oublier pas mal d’albums qui font l’actualité. Pour Oleg c’est plus récent (en attendant, déjà, un nouvel album de Peeters en octobre) mais la confirmation définitive du statut tout à fait à part de cet auteur qui se hisse dans le hall of fame des plus grands.

Vue la pagination des deux, le reste a été plus calme, avec tout de même le troisième Robilar qui confirme enfin ce qu’on attendait depuis dès le premier tome., un troisième Eden un peu plus calme que le démarrage, la grosse nouveauté Glénat Shangri-la Frontier est une très surprenante réussite et malheureusement un Agent 008 qui après trois tomes ne parvient pas à dépasser le statut de seul fan-service…

Pour la suite je vais reprendre Alma dont le premier tome m’est totalement sorti de la tête mais qui m’avait beaucoup plus. Également un manga récent inspiré par Minecraft qui pourrait être sympa et Autopsie d’un imposteur dont je ne sais à peu près rien mais qui m’a bien attiré graphiquement. Sans oublier les Trois jokers que j’attends depuis quelques temps chez le toujours bon Black label d’Urban…
 
Passez une excellente semaine et n’oubliez pas de partager vos bonnes pioches!