****·BD·Mercredi BD·Nouveau !

TER

BD du mercredi
BD de Rodolphe et Dubois
Daniel Maghen (2017-2019…), 62 p./album couleur, série en cours.

Couverture de Ter -1- L'étrangerCouverture de Ter -2- Le guideCouverture de Ter -3- L'imposteur

Comme à son habitude Daniel Maghen propose avec cette série SF une édition de grande qualité, voir luxueuse. Chaque album, grand format avec papier épais, propose un cahier graphique de seize pages très complet, comportant croquis, pages encrées et explications sur l’univers. Je le dis souvent, tous les éditeurs devraient proposer en standard pour ce prix (moins de vingt euros) de telles éditions augmentées. Les couvertures de ce premier cycle (achevé) sont très jolies, illustratives et inspirantes. Rien à reprocher, un Calvin pour l’édition.

Résultat de recherche d'images pour "TER dubois"Mandor n’a pas de souvenirs. Il est un être neuf hormis cet étrange tatouage sur l’épaule. Après avoir été découvert dans une tombe par le jeune Pip, il découvre ce monde aride où la vie semble s’être organisée autour du village fortifié de Bas Courtil. Il apprend le langage et les plaisirs de la vie et commence à poser des questions que personne ne posait. Où est-on? Qu’est-ce que TER? Pour cela il va entamer un voyage vers le nord avec ses compagnons…

Résultat de recherche d'images pour "TER dubois"Ne connaissant aucun des deux auteurs de cette série je découvre tout à la fois un style d’imaginaire (une version de l’exploration dans un univers de science-fiction teinté d’ethnographie) et un trait, assez classique en hachures (on est proche du Vicomte de Sasmira) et très technique. Le côté visuel rappelle les BD Glénat des années quatre-vingt-quatre-vingt-dix.

Très surprenante, cette série commence sur la découverte d’un monde avec sa technologie rétro-futuriste, son organisation sociale effleurée et très vite (dès la fin du tome un) bascule dans de la SF beaucoup plus classique lorsqu’est découvert le vaisseau. La suite nous décrit l’itinérance des héros dans les gigantesques couloirs de ce monde de métal déchiré par une guerre civile entre deux factions. On est donc surpris par la grande rapidité avec laquelle le récit évolue et change radicalement d’univers, de thématiques. Un peut trop sans doute pour un projet basé sur la découverte de mondes cohérents, on aurait aimé prendre plus le temps de découvrir chaque environnement rencontré, ce qui aurait sans doute nécessité des albums de quatre-vingt pages au lieu de cinquante…

Résultat de recherche d'images pour "TER dubois imposteur"De façon très cohérente avec leur objet, les dessins d’immenses décors architecturaux sont la grande force de cette série, le dessinateur se faisant de toute évidence plaisir à inventer un monde que le scénariste a construit de façon très poussée (bien qu’à peine effleuré dans la narration), comme le montrent les cahiers graphiques à la fois composés de planches avant colorisation (et superbes!), de recherches graphiques sur les personnages et d’éléments de l’univers qui donnent de la substance au scénario. Je le dis très souvent, ce qui solidifie une histoire c’est le hors champ, ce qui est à peine évoqué, un objet ou un costume dans un coin de l’image dont on ne sait rien mais que les auteurs ont placé là pour une bonne raison. Ici tout semble pensé et avoir une justification et le lecteur ressent alors ce monde bien au-delà des seuls dessins. Sur ce point le projet est une vraie réussite. Je tiquerais juste sur l’idée un peu saugrenue expliquant le monde du tome un et qui fait perdre en crédibilité l’intrigue. Passons…

Clipboard01Les personnages son un peu moins impressionnants que les décors (probablement en raison de la technique très classique de Dubois, qui peut rappeler Serpieri ou le Bourgeon de Cyann). Ils sont en outre peut-être un peu légers: hormis le héros qui apporte une certaine tendresse par sa naïveté, chacun est défini par une seule idée, le copain costaud, l’amoureuse, la femme fatale, le méchant chef religieux,… Dès que l’on pénètre dans le vaisseau l’augmentation de l’effectif renforce l’intrigue en complexifiant les problématiques bien que ceux de l’intérieur soient également assez manichéens.

Finalement TER voit ses faiblesses dans sa force. Un peu comme les références citées plus haut l’on suit des personnages ballottés comme des fétus de paille au gré d’événements extérieurs  et sans réelle prise sur leur destinée. C’est un peu dommage car on perd ainsi en intensité dramatique ce que les dessins, les décors et l’univers construit donnent en corps. On a néanmoins grand plaisir à découvrir ces mondes lointains et à craindre les disparitions de personnages, pas loin d’être aussi fréquentes que dans Game of Thrones… A la fois trop courts et laissant deviner une série longue de plusieurs cycles, TER est une belle odyssée qui parvient à donner de l’originalité à un genre assez balisé et occupé par des auteurs et séries réputées.

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BD·C'est lundi...·Comics

C’est lundi, que lisez-vous? #58

septembre 2019

Ce rendez-vous a été initié par Galléane et son principe est de répondre aux trois questions:

1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?
2. Que suis-je en train de lire en ce moment?
3. Que vais-je lire ensuite ?
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1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?

All-New X-Men (Marvel Now! - 2014) -5- DéménagementCouverture de Ter -1- L'étranger

couv_280095Couverture de Ter -2- Le guide

2. Que suis-je en train de lire en ce moment?

3. Que vais-je lire ensuite ?

Gros plaisir de pouvoir avancer sur des séries commencées il y a longtemps ou que je voulais prendre le temps d’enchaîner (comme TER). Des hauts et des bas la semaine dernière avec la très inégale All-new X-men qui selon les albums propose du génial ou du très dispensable. Le Blake et Mortimer m’a un peu laissé sur ma faim (critique la semaine prochaine). Je savoure en ce moment Seven to Eternity qui volume après volume, patiemment, est en train de construire ce que seul Servitude m’a procuré depuis plusieurs années… Pour la suite, un imprévu dessiné par Kim Jung Gi déniché sur l’expo MacCurry à Lyon pour la rubrique Docu, un numérique Iznéo que j’ai hésité à acheter à sa sortie (Old Guard) et le rituel plaisir DB Super à lire avec mes enfants.

Et vous? qu’avez-vous découvert? Vos coups de cœur et trouvailles, ça m’intéresse!

 

***·BD·Jeunesse·Nouveau !·Service Presse

Space battle lunchtime #2

Rufus Stewart

Cette nouvelle rubrique vise à présenter un album jeunesse  en regard croisé parent/enfants. Mes deux zozo parlent donc d’un album en mode question-réponse, puis vous trouverez en fin d’article mon avis dans un format plus classique. En espérant que ça vous plaise. N’hésitez pas à me donner votre avis et idées sur la formule en commentaires!

  • Ma fille c’est « Talia » (c’est un pseudo): à onze ans elle a aime beaucoup Buddy Longway, La Rose écarlate, les Mythics, Harmony, les carnets de Cerise, Dragon Ball ou Flying Witch…

Comic jeunesse de Natalie Riess
Kinaye (2019) – Oni press (2016), 120 p. couleur, volume 2/2

bsic journalismMerci aux éditions Kinaye pour cette découverte.

Space Battle Lunchtime - Tome 2 : La recette du désastre par RiessL’ouvrage comporte quatre chapitres et quinze pages de bonus,avec des strips humoristiques, la reprise du concept du « et si… », une recette des cupcakes de Péony, des croquis, des esquisses des couvertures, une explication de la mise en couleur… très complet encore une fois pour plonger les jeunes dans la fabrication d’un album. et un dossier de fabrication qui intéressera les jeunes sur la conception d’un album. Côté fabrication, même couverture brochée avec rabats et vernis sélectif que sur le T1. Très belle édition colorée en format comics.

Péony a été enlevée et se retrouve sur le point de participer au terrible Cannibal Coliseum, le concurrent du Space Battle Lunchtime version combat à mort! Alors que ses amis se demandent pourquoi elle a renoncé à la finale de SBL, l’étrange Neptunia décide de partir à sa recherche…

Salut Talia! On arrive à la conclusion de cette histoire de cuisine spatiale. Tu avais fait des pronostics sur le tome 1, est-ce que ça s’est vérifié?

Résultat de recherche d'images pour "space battle lunchtime 2"Non! On a cru qu’elle ne pourrait pas participer à la finale. Mais elle est délivrée au dernier moment (mais la finale ne sera pas celle que l’on croit…)!

Les deux volumes me semblent très différents, le premier axé sur une compétition de cuisine, le second plus en bataille à mort dans le Coliseum. Qu’en penses-tu?

Dans le Coliseum soit tu es hachée menu soit tu hache menu! Moi je préfère le SBL par-ce qu’ils y font la cuisine et qu’on voit des ingrédients étranges. Mais la p’tite Magicorne est trop drôle avec son petit tablier, toute rose et son air gentil alors qu’elle veut découper tout le monde avec sa spatule.

Que peux-tu dire de l’évolution de la relation entre Péony et Neptunia?

Au début elles sont juste amies mais dans le deuxième tome elles sont amoureuses (homo-sexuelles) et s’embrassent.

Il y a beaucoup d’action dans ce volume, où on voit les capacités de Neptunia…

Je pense pas plus que dans le premier: on voit Péony et Neptunia travailler dans leur cuisine avec ces ingrédients bizarres, dans le tome deux quand elle va sauver Péony seule et défonce tout sur son passage!

La fin est inattendue, non?

Non, pas vraiment, je pense que Melonhead a tout manigancé depuis le début. Il est démoniaque! Il est assez faible mais très malin…


Résultat de recherche d'images pour "space battle lunchtime 2"Voilà pour le retour de la choupette… et le vieux qu’est-ce qu’il en dit?

Ce second volume est très différent, beaucoup plus action que le premier et je l’ai trouvé plus intéressant pour quelqu’un de pas super passionné par les émissions de cuisine. L’histoire se découpe en deux parties: la participation au Cannibal Coliseum avec la très drôle P’tite Magicorne (imaginez un Petit Poney aux yeux étoilés et… psychopathe!) et le retour surprise pour la finale du SBL où tout va aller de travers. La fuite de Péony est un peu en mode n’importe quoi (on retrouve l’esprit de Volcano Trash à ce moment) mais l’action défile et reste efficace. L’auteure arrive à nous surprendre à de nombreuses reprises et c’est ce qui rend ce volume supérieur au précédent. Si le méchant est repérable depuis le début et qu’on se doute qu’il est derrière l’enlèvement de Péony, ses actions sont toujours subtilement machiavéliques et manipulatrices? Du coup on ne peut se douter du déroulement de la finale (dans une sorte de moule géant et en apesanteur) et encore moins du vainqueur. Deux éléments sont également surprenants et bien vus dans un album jeunesse: un certain côté gore très drôle pendant le Cannibal Coliseum et l’histoire d’amour homosexuelle entre Péony et Neptunia. Souvent ce genre de thème est évoqué sous le couvert de la grande amitié. Ici un bisou langoureux ne laisse pas de doute. J’aime bien que l’on aborde des sujets très contemporains sans sourciller dans des ouvrages pour les enfants, qui sont généralement plus ouverts à la différence et l’inconnu que les grands. Ce n’est absolument pas un thème central mais un élément des relations entre personnages avec une approche tout à fait normale.

Ce diptyque se termine de manière très sympa

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BD·Bilan·Comics·Manga

Bilan du semestre

Beaucoup d’imprévu dans ces six premiers mois BD et quelques jolies découvertes. Quelques albums inclus dans ce bilan sont sorti en 2018 mais, pour Reconquêtes cela m’a permis de découvrir le talent incroyable de François Miville-Deschênes qui a sorti récemment avec le même scénariste un Zaroff qui n’est pas passé inaperçu. Découverte également sur Luminary qui m’a attiré par sa couverture et m’a scotché par son traitement général où l’on ne peut séparer dessin et scénario. Les Cinq branches de coton noir fût un carton de l’an dernier, que je présente donc avec un an de retard mais il m’aurait paru étrange de ne pas en parler dans ce bilan tant il est puissant.

Dans les grosses sorties attendues l’adaptation des Nympheas noirs est très réussie et permet de se préparer à la version de Conan de Cassegrain qui semble monter en puissance cette année. Conan toujours avec celui de Virginie Augustin (et qui ne permet toujours pas de départager la version NB et couleur…). La bigleuse de Duhamel est, elle, aussi réussie et drôle que son artiste du Retour.

Revenons aux découvertes: l’artbook de Frederik Peeters me permet de mettre le nez dans son univers et sa technique sans faille avec Saccage. Le dernier dragon est une vraie surprise tant je m’attendais à de la fantasy habituelle: outre des dessins très sympa, l’univers proposé par Pécau est une vraie originalité dans un genre hyper-balisé. Côté OBNI le Iran Revolution de Michel Setboun chez mon partenaire Les Arènes mérite vraiment que vous vous y attardiez tant le travail visuel à partir de photos historiques perturbe et fascine.

J’ai noté Volcano Trash mais l’ensemble du catalogue du jeune éditeur Kinaye mérite votre attention (je chronique les sorties dans la rubrique L’avis des kids le dimanche). Dessous de Bones sorti chez feu-Sandawe (éditeur en crowdfunding qui a mis la clé sous la porte sans que l’on sache pourquoi…) est une vraie révélation graphique dans un univers lovecraftien classique. J’espère sincèrement qu’il trouvera un repreneur pour terminer sa série. Autre lovecrafterie avec l’adaptation très réussie des Montagnes hallucinées par un mangaka, avec magnifique édition simili cuir.

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****·BD·Mercredi BD·Rétro

L’odeur des garçons affamés

BD du mercredi
BD de Loo Hui Phang et Frederik Peeters
Casterman (2016), 104p. couleur, one-shot.

couv_275111J’entends parler de Frederik Peeters depuis quelques années mais n’avais jamais ouvert un de ses albums pour plusieurs raisons: d’abord l’homonymie avec l’autre Peeters (oui, j’en suis désolé mais il m’arrive de confondre des auteurs), ensuite des couvertures moyennement attirantes (L‘homme gribouillé pas du tout, celle-ci moyennement mais assez basiquement western). Mal m’en a pris puisque en découvrant son rêve métaphysique Saccage j’ai été éberlué par son très grand talent technique allié à un univers très personnel…

Oscar Forrest est photographe et participe à une expédition dans le grand Ouest, en compagnie d’un géologue fort en gueule et un garçon de ferme chargé de l’entretien du matériel. Le trio cohabite dans d’étranges relations entre méfiance et attirance. Autour d’eux les éléments à la puissance incommensurable, une nature belle et redoutable, mais aussi d’étranges rôdeurs. A mesure que chacun voit révéler les raisons de leur participation à ce voyage initiatique, les faux-semblants tombent…

Alors que le monde de la BD (re)découvrait le talentueux Meyer et son Undertaker érigé en héritier directe du Blueberry de maître Giraud, on en oubliait (moi le premier) combien ces garçons affamés se rapprochaient bien plus de l’univers ésotérique et un peu New Age prôné par l’auteur d’Arzach et son comparse Jodorowsky. Il y a clairement ces deux filiations dans cet album à l’atmosphère unique, faite de silences, de regards et de rêves. Ce dandy urbain transposé dans l’Ouest sauvage dénote et l’on sait rapidement qu’il fuit quelque chose. L’attitude des trois hommes est étrange dès les premières pages, comme des incarnations des trois ages de la vie, trois ages où l’appétit sexuel varie. Il est question d’homosexualité bien sur dans cette histoire, toute en pudeur, mais plus globalement des conventions et des normes. Je remarque souvent l’écriture des scénaristes femmes, assez différente de celle des hommes de par leurs thèmes et leur traitement. C’est le cas ici où Loo Hui Phang installe ses trois personnages comme se courant après, dans une hiérarchie rappelée par le chef Stingley qui a pourtant la curieuse manie de se promener fesses à l’air… Ses deux acolytes rejettent ces normes pourtant, celles qui font de Milton une sorte d’esclave et celles qui empêchent Oscar d’expérimenter librement son art photographique. Il est question de l’image aussi, celle de la BD, des grands espaces, des cadrages improvisés et renvoyant sans cesse à l’objectif du photographe, aux images mentales enfin, lorsque le monde intérieur, des rêves, des pensées, pénètre celui des vivants.

Très vite un petit mystère est présenté au travers de ces deux chasseurs, le pistolero défiguré et l’indien shaman. Que veulent-ils? L’un incarne sans doute la civilisation qui rechigne à laisser partir les deux jeunes gens, l’autre la liberté émancipée des corps… Comme dans tout récit initiatique, ésotérique, L’odeur des garçons affamés laisse son lecteur errer sur des images et des sons sans toujours véritablement comprendre ce qu’il voit. Et c’est agréable aussi de ne pas toujours chercher de sens lorsque le dessinateur laisse divaguer son imagination, comme Peeters l’explique dans ses motivations sur Saccage.

Résultat de recherche d'images pour "l'odeur des garçons affamés"Visuellement on a les couleurs de l’ouest, assez tranchées, dans les orangés et les verts tendres. Le trait du dessinateur est très élégant, très maîtrisé, à la fois encré et hachuré, permettant des lignes fines remplies d’ombres colorisées. Essentiellement constitué de plans rapprochés, des visages de ses personnages, l’album se savoure avec gourmandise. Un auteur que l’on sent capable de tout dessiner avec facilité…

L’odeur des garçons affamés est un magnifique one-shot sans autre lacune que l’aspect inexpliqué inhérent à ce type d’histoire. Mais l’on aime voir l’amour naître entre ces deux insolents et la magie shamanique prendre corps dans ce monde où la Nature semble permettre un retour à l’essentiel. Une belle histoire faite de beaux dessins répondant à une belle écriture. Une odyssée à lire assurément pour s’évader en compagnie de deux amants libres.

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BD·C'est lundi...·Comics

C’est lundi, que lisez-vous? #57

septembre 2019

Ce rendez-vous a été initié par Galléane et son principe est de répondre aux trois questions:

1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?
2. Que suis-je en train de lire en ce moment?
3. Que vais-je lire ensuite ?
Cliquez sur les vignettes pour aller sur la critique quand il y en a une.

1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?

Couverture de Zetman -1- Tome 1couv_367538

2. Que suis-je en train de lire en ce moment?

All-New X-Men (Marvel Now! - 2014) -5- Déménagement

3. Que vais-je lire ensuite ?

Couverture de Ter -1- L'étranger

Pas une grosse activité la semaine passée, j’essaye d’enchaîner sur la série X-men (avec assez grosse pagination) et je reprends doucement ma PAL une fois éclusées les nouveautés et SP. Lectures plus cool, plus choisies, ça sent les vacances! Trois BD que j’attends de lire depuis longtemps arrivent avec TER, le Blake et Mortimer et le Seven to eternity.

Et vous? qu’avez-vous découvert? Vos coups de cœur et trouvailles, ça m’intéresse!

 

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Hope one #1

BD du mercredi
BD de ‘Fane et Isabelle Rabarot
Comic Buro/Glénat (2019), 68p. couleur, 1/2 volumes parus.

couv_354106-1La jolie couverture très poétique de cet album et la maquette élégante (comme toujours chez Comix Buro) donnent envie d’ouvrir l’album. A noter que le studio d’Olivier Vatine publie désormais en tant que tel ses albums, dans le cadre d’une sorte de Join-venture avec Glénat, ce dernier gérant la fabrication quand tout le travail éditorial est intégré chez Comix-Buro. L’auteur ‘Fane a déjà collaboré avec le studio sur le diptyque Streamliner qui avait joui d’une excellente audience à sa sortie. Vatine travaille toujours en « famille » et je dois dire que si sa régularité d’auteur peut agacer, sa qualité artistique pour lancer projets, auteurs et collections impressionne.

Megan se réveille d’un sommeil de 49 ans, amnésique. Son hôte lui dit qu’elle était volontaire sur le projet Hope, anticipation d’un apocalypse nucléaire sur Terre et destiné à recommencer l’humanité avec une équipe triée sur le volet. Mais Megan a peur. Elle doute, elle panique. Elle veut sortir de cette station spatiale, cercueil autour d’une planète devenue inhabitable…

Résultat de recherche d'images pour "'fane hope one"Hope One est une version d’un genre très balisé: le huis-clos paranoïaque post-apocalyptique, ici transposé dans un vaisseau en orbite. Beaucoup de très bons films notamment sont sortis sur cette intrigue (récemment Cloverfield lane)et il est difficile de surprendre tant les hypothèses sont peu nombreuses et basées principalement sur la capacité de l’auteur à focaliser l’attention du lecteur sur le personnage principal et son esprit perturbé. Pour moi la réussite d’un tel album réside ainsi surtout dans l’efficacité et le respect des canons du genre. Faute d’originalité il faut parfaitement exécuter la figure de style.

Sur ce plan l’album est très réussi et montre une grande maturité, notamment scénaristique, de ‘Fane qui déroule son intrigue progressivement dans un faux-rythme constitué de coupures temporelles destinées à nous rendre impossible toute appréciation d’une continuité. L’idée est de nous faire ressentir la désorientation de son héroïne. Le cadrage de l’intérieur du vaisseau (assez réussi et détaillé) nous interdit toute exploration de l’environnement, qui ne transparaît que subrepticement par le hublot. et par des plans extérieurs de la station. Là encore dans une technique éprouvée, le lecteur ressent l’angoisse en étant obligé d’imaginer ce que peut être le hors champ.

Résultat de recherche d'images pour "'fane hope one"Tout se passe donc entre les deux personnages et rapidement on réalise que Megan est totalement dépendante de ce que lui dit Adam. Celui-ci, d’un physique et d’une allure très bienveillante, bonhomme, rassure dans un premier temps, avant que Megan ne panique et nous fasse douter de lui. Quelques éléments font monter la pression, comme ces cachets qu’il lui fait avaler ou le fait de se réveiller chaque jour nue dans son lit sans se souvenir du comment… Adam agit normalement, en technicien de vol qu’il est, opérant des sorties spatiales, suivant le protocole de contact des autres Hope en orbite autour de la Terre, mais chaque fois il est impossible à Megan d’en savoir plus. Il lui explique que son amnésie et l’isolement spatial provoquent une paranoïa qu’il lui faut contrôler. Qui dit vrai?

J’avais feuilleté Streamliner et avais moyennement accroché sur les dessins, pas assez précis. ‘Fane est très clairement dans la filiation Vatine, avec des visages parfois presque sans contours, de beaux encrages mais une certaine économie du trait qui se repose sur la très jolie colorisation d’Isabelle Rabarot (coloriste de Vatine et figure incontournable Image associéede la collection Série B Delcourt à l’époque). Je trouve cela dommage et reprocherais donc la même chose à cet album qu’aux dernières BD d’Olivier Vatine: une qualité graphique un peu gâchée. On pourra dire que la sortie rapprochée des deux volumes de la série (le second était annoncé pour mai, on peut prévoir une sortie à l’automne) justifie une réalisation rapide. En outre on voit déjà une progression du trait de l’auteur depuis sa précédente série.

En conclusion, Hope one s’avère un album très formaté, comme tout bon blockbuster ciné, surfant sur des ressorts psychologiques éprouvés mais très bien maîtrisés. Hormis l’atypique Mort vivante (en raison du graphisme unique de Varanda), les albums de Comix Buro, comme ceux de Série B autrefois, n’ont pas une grande ambition mais assurent le job tant graphiquement que par leurs concepts. Je le disais en introduction le risque des histoire à twist final est d’être déçu. Il faudra voir le prochain album pour savoir où on en est après le cliffhanger attendu. D’ici là cet album jouit d’une réalisation tout à fait solide, qui donne du plaisir et fait attendre la suite. C’est ce qu’on attend avant tout…

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