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Un loup est un loup

BD de Pierre Makyo, Federico Nardo et Antoine Quaresma (coul.)
Glénat (2015), série en 2 volumes, d’après le roman de Michel Folco.
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Racleterre en Rouergue, 1763. La femme du sabotier Clovis Tricotin donne naissance à des quintuplés… En cette époque de croyances et de rumeurs, ce qui s’annonce comme une bénédiction divine va transformer la vie du sabotier en enfer. Entre jalousies, méchancetés gratuites, bonne fortune et abus de pouvoir, c’est une destinée tragi-comique que celle des quintuplés de Racleterre…

Amazon.fr - Un loup est un loup - Tome 02 - Makyo, Nardo, Federico, Folco,  Michel - LivresL’objet de la rubrique de la Trouvaille du vendredi est de dénicher des perles méconnues, oubliées, plus ou moins anciennes et qui méritent d’être redécouvertes. Parfois on passe à côté mais quand on déniche un tel diptyque dont on n’avait absolument jamais entendu parler, avec une telle qualité, quel plaisir!

Adaptée d’une série de romans, cette BD est réalisée par le vétéran de la BD historico-fantastique Makyo et par l’italien Federico Nardo, passé par l’atelier à éclosion d’auteurs de Barbuci et Canepa, Monster Allergy, qui montre encore une fois la puissance de l’école italienne de dessin! D’un encrage parfois un peu épais, la technique du dessinateur est sans faille et montre une application sur les décors assez rare dans la BD d’aujourd’hui et qui participe grandement à la richesse du background historico-social. Que ce soit dans les recoins du château, dans les ruelles du village ou dans les couleurs de la campagne, les planches sont vraiment agréables à regarder et habillées d’une colorisation également remarquable. Dommage que les couvertures, esthétiques en tant que telles mais hautement trompeuses et décalées par rapport au ton de l’histoire ne jouent que partiellement leur rôle. Ne vous fiez pas à ces couvertures qui posent plutôt une intrigue d’aventure historique colorées… alors que l’album est plutôt une variation XVIII° des films des frères Coen!

Tragi-comédie tout le long des deux tomes, Un loup est un loup nous montre dans le premier tome les mésaventures de ce pauvre sabotier bien brave, pas spécialement benêt mais ô combien mal accompagné, puis dans le second le destin de Charlemagne, dernier né des quintuplés et capable de communiquer avec les animaux… Si le fantastique n’est qu’une très légère ficelle scénaristique pour faire de ce pauvre hère un héros, le travail sur la langue, entre patois local et ancien français coloré est tout à fait succulent et offre une Un Loup est un loup T2, bd chez Glénat de Folco, Makyo, Nardo, Quaresmagrande part du plaisir de lecture, dans ce qu’on adore chez un Lupano. La farce n’est jamais loin mais les auteurs ne tombent jamais dans le grotesque car l’histoire est au fond résolument tragique. Que ce soit dans les faces à l’expressivité appuyée ou aux scènes de comique de situation, on rit de la bêtise des contemporains de la fratrie sans jamais savoir où nous mène l’intrigue. En bon historien Makyo nous fait revivre les coutumes locales en nous rappelant combien le peuple fut longtemps bête et méchant, appuyé en cela par un catholicisme « magique » fortement teinté de traditions très païennes. Malgré un sort qui s’accable sur Tricotin, le scénario n’oublie jamais de nous surprendre efficacement, créant du même coup de l’amusement devant l’énormité et l’improbable comme ce duel de sang en ouverture qui ne s’achève pas du tout comme prévu!

Rafraîchissant, intelligent, cultivé, ce diptyque est donc une excellente surprise qui frôle les cinq Calvin en raison d’une fin qui semble attendre une suite et que j’ai cru comprendre liée à la légende de l’enfant sauvage. Un triptyque aurait été tout à fait justifié. Tant pis, on se contentera de ces deux jolis albums très bien écrits qui nous rappellent aussi qu’un format court est le plus pertinent.

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No body (intégrale)

La BD!

A l’occasion de la sortie de l’intégrale de la première saison je vous propose de relire ma chronique:

BD de Christian De Metter
Soleil-Noctambule (2016-2018), 72 p./album, 1 saison de 4 épisodes parue.

Les couvertures, le format comics, le découpage en épisodes et saisons, tout dans le projet de Christian De Metter vise à reprendre les principes d’une série TV américaine. Les livres sont élégants, on aurait aimé des commentaires de l’auteur ou de la documentation sur l’époque. A l’heure où de plus en plus d’éditeurs fournissent un travail éditorial (chez Urban ou dans les formats gazette par exemple) ce type de projet mériterait un peu plus de « hors texte ».

Je suis venu par accident sur cette série dont les dessins et l’ambiance ne m’attiraient pas. J’avais pourtant adoré la série True detectives dont No body s’inspire fortement, cette ambiance hyper-réaliste d’une Amérique post-rêve américain, sans vernis hollywoodien, une Amérique des bas-fonds, des familles détruites, des drogues et des névroses profondes, l’Amérique dépressive des films de boxe pluvieux et des guerres contre la drogue sans règles (comme le film Sicario)… Un pote me les a fourgué dans les mains en me disant « tu va voir… ». Et il avait raison! No Body est une très excellente série, qui contrairement à ce que laisse entendre sa numérotation se termine en 4 volumes. Quels sont les projets de l’auteur pour d’autres saisons, je n’en sais rien pour l’instant…

Résultat de recherche d'images pour "de metter no body"Je vais commencer cette chronique par le trait de De Metter: une sorte de crayonné poussé, rehaussé de peintures et crayons de couleurs qui donnent une texture assez artistique qui peut faire étrange sur une histoire policière hyper-réaliste. Derrière ce vernis un peu crado se cache un trait très maîtrisé, que ce soit dans les expressions des personnages ou dans les mouvements des corps. Ainsi ses planches sont assez colorées mais imprécises, ce qui renforce systématiquement les personnages. Pas très fan au début, je m’y suis fait et constate une étonnante évolution sur le quatrième tome de la série avec un gros saut qualitatif, plus classique mais que je préfère. On aimera ou pas le style graphique de Christian De Metter mais force est de reconnaître que sa démarche est originale et que le bonhomme sait tenir un crayon!

Mais la grande qualité de No Body est bien sa construction scénaristique basée sur une technique éprouvée: le récit d’un ancien super-flic qui va nous raconter ce qui l’a amené au crime dont il s’accuse lui-même. Technique toute cinématographique, permettant des aller-retour chronologiques entre le récit (le temps présent) et les récits, à différentes époques. Bien entendu tout ce récit est maîtrisé par le narrateur, avec quelques questions de la psychiatre permettant au lecteur de prendre le recul. Grace au graphisme et au rythme on est happé dans cette histoire violente de l’Amérique des années 60: le Vietnam, la contestation étudiante, les gangs de Bikers, Kennedy et les programmes noirs du FBI… cette époque est fascinante et l’ouvrage est relativement documenté bien que romancé. L’histoire de ce flic malgré lui sera celle d’un système sécuritaire sans limite faisant face à des criminels sans limite. Cela convient à notre homme, boxeur traumatisé par la disparition de son frangin au Vietnam et traversant son époque comme un fantôme, bras armé de l’Etat subissant tous les coups de ses opérations clandestines qu’il parcoure comme Dante les cercles de l’Enfer, citation assumée par le scénario et très bien utilisée.

https://chezmo.files.wordpress.com/2017/04/nobody0203.jpgL’histoire est dure. Pour le héros d’abord. Homme solide souhaitant simplement l’amour, la police lui tombera dessus et le liera pour toujours au destin des plus sombres criminels du pays. Sans états d’âme il la verra, son âme, s’assombrir sans que l’on ne sache jamais s’il est devenu insensible ou si la conséquence de ses actes et des dégâts collatéraux aura une incidence sur ses actes. Le personnage semble maudit, voyant mourir tout ce qu’il aime, tout ce qui l’entoure hormis les monstres, ses commanditaires ou les criminels. Il se justifiera en éliminant des ordures sans foi ni loi. Mais reste t-on indemne en vivant uniquement dans les bas-fonds à côtoyer le mal?

Formidable voyage dans une Amérique bien sombre autant que dans les tréfonds de l’âme humaine, histoire assez nihiliste d’un roc au cœur tendre, No Body parvient à atteindre le très difficile équilibre entre le ludique (le policier), le réflexif (l’Histoire), le symbolique (Dante) et le drame humain.

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BD·Rétro

Les BD d’Halloween (2020)

Brrr c’est le retour d’Halloween! Avec Dahaka on vous a dégotté quelques (bons) albums chroniqués cette année et qui traitent de ces vilains morts qu’on adore voir revenir. Il y en a pour tous les goûts, entre le Romero-like mexicain très encré (Muertos), la variation super-héroïque en mode mort-vivant (Dceased) ou la Tour infernale chez les vampires (Vampire state building). Côté manga, Egregor surf sur la vague Game of Thrones avec son lot d’invasion mort-vivante. Les jeunes ont aussi de quoi se mettre sous la dent avec La sorcière secrète et Malcolm Max, le détective de l’étrange. Vous constatez qu’on a beaucoup d’albums américains dans cette sélection (pas étonnant me direz-vous…).

Enfin on en profite pour signaler la sortie à point nommée de l’intégrale de The Goon, la série qui a lancé le talentueux Eric Powell chez Delcourt.

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couv_384552 couv_358382 MALCOLM MAX 01 C1C4.indd le garçon sorcière T2 - C1

 

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Batman au XIX° siècle

Comic de Brian Augustyn, Mike Mignola et Eduardo Barreto
Urban (2009), 114 p. one-shot.
Précédemment publié sous le titre Gotham by gaslight.

Bruce Wayne rentre d’un long voyage en Europe alors que sévissent à Londres les atroces crimes de celui qu’on dénomme déjà Jack l’éventreur. Alors que la vie mondaine commence à ennuyer l’héritier de Gotham, la police dirigée par le commissaire Gordon découvre des cadavres mutilés sur le même modèle que les victimes londoniennes… Bien vite le justicier nocturne de la cité reprends du service, bien décidé à protéger sa ville.

badge numeriqueAprès l’expérimentation d’Azarello et Bermejo sur Luthor j’ai décidé de me lancer dans une autre trouvaille qui remonte un peu, la variation steampunk sur Batman par monsieur Mignola. Sur le papier le paquet semble très alléchant avec un auteur réputé pour son exploration des mythes gothiques et l’idée d’une chasse entre le plus grand détective du monde Batman - Gotham by Gaslight - Mike Mignola, Brian Augustyn, Eduardo Barreto  - cartonné - Achat Livre | fnacet le plus grand assassin de l’histoire. Pour commencer je précise que l’album (assez court) rassemble deux histoires qui si elles ont pour point commun de se situer toutes deux dans une uchronique Gotham du XIX° (uchronique car transposant bien Bruce Wayne à cette époque et non son grand-père…), sont fort différentes tant graphiquement que scénaristiquement. Le principal apport original de ces histoires est de présenter un Wayne que l’on ne voit plus beaucoup dans les albums d’aujourd’hui: dandy, roublard et ravi de son mode de vie. On est bien loin du sombre milliardaire torturé et vaguement sociopathe… La brièveté des deux histoires rend au final cette lecture sympathique mais assez vide, loin d’une ambition supposée. La résolution de l’intrigue est finalement bien vite envoyée, sans enjeu réel sur l’itinéraire du Batman. Le design général ne déborde pas du simple gothique, le seul côté steampunk apparaissant dans la seconde intrigue et son dénouement surprenant. Contre toute attente le plus faible des deux est bien le Mignola même si le dessin du second épisode est sommes toutes vraiment classique et assez éloigné de l’aspect Dark-Knight… Au final cette lecture n’est pas franchement ratée mais bien peu ambitieuse et assez vite oubliée.

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Luthor

Comic de Brian Azzarello, Lee Bermejo et David Stewart+ Jose Villarubia
Urban (2006-2019), 114 p. one-shot.

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Lee Bermejo fait partie de la Top list des dessinateurs virtuoses les plus réputés du circuit et comme beaucoup de membres de cette liste… il a très peu publié. Plus illustrateur de couvertures que de planches intérieures (ce qui est compréhensible au vu de sa technique photo réaliste et de sa colorisation très poussée), il est connu surtout pour son énorme Joker avec son comparse Brian Azzarello. Poussant l’idée de ce dernier sur la Némésis de Superman, le duo propose une analyse psychologique centrée sur un méchant et comme sur Joker, Batman comme superman sont quasi absents de ce one-shot. Nightwing Falling Quotes. QuotesGramSouffrant des mêmes difficultés que toutes les histoires de superman que j’ai lu (hormis Red son et Injustice, et pour cause: Kal El y passe du côté des méchants…), Luthor fait un peu du surplace avec un personnage bien connu pour son idéalisme humain et sa jalousie envers ce Dieu tombé du ciel. Le scénario d’Azzarello ne va pas plus loin que le pitch de départ et si le début (qui a peut-être inspiré Zack Snyder sur Dawn of justice…?) nous accroche avec justement une alliance entre Lex et Bruce qui aurait pu être le cœur de l’intrigue, l’histoire se prolonge avec la classique création d’un super-humain voué à contrer l’homme d’acier. Le scénariste semble ne pas avoir su choisir entre ces différentes directions et sur une relativement courte pagination on passe d’une micro-histoire à une autre. Le dessin de Bermejo est moins poussé, moins inspiré que sur Joker, plus épuré aussi avec une évolution de sa colorisation qui aboutira à son style actuel, photoréaliste très impressionnant vu sur Damned ou sur la cover très alléchante de ce Luthor. Etrangement les séquences les plus efficaces sont celles mettant en action Batman et superman, la vision de ce dernier, très sombre, proche du faciès de Darkseid (le grand méchant de l’univers DC), l’image presque naïve de Luthor nous laissant un peu impliqués.

Inabouti, ce projet semble n’avoir pas su dépasser le concept lancé avec succès sur Joker alors que le personnage focus ne recouvre pas du tout la même psychologie. L’album se lit néanmoins sans ennui, notamment pour profiter des dessins tout de même très agréables. A réserver aux fanas de Bermejo ou de Superman.

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Orbital, cycle 2 (intégrale)

A l’occasion de la sortie de la seconde intégrale de la série, je re-publie ma critique récente de ces quatre volumes…


BD de Sylvain Runberg et Serge Pellé
Dupuis (1999-2005), série en cours, 8 volumes parus. 46 p./album

Couverture de Orbital -INT02- Deuxième époque

J’avais découvert le premier « cycle » de cette série réputée, à moitié convaincu mais intrigué par le phénoménal design installé par Pellé et par la richesse d’un univers qui ne demande qu’à être exploré. Je confirme mon impression des quatre premiers albums concernant la structure de la série: il n’y a absolument ni cycles ni missions, mais bien une continuité de l’intrigue du premier au huitième tome. Très étrange que cette présentation en diptyques qui ne correspond pas au récit…

Caleb est aux portes de la mort après l’attaque du Varosash et laisse Mézoké seule face à une tentative de déstabilisation de la Confédération toute entière. Alors que les factions opposées cherchent à utiliser la situation de crise  et que le pouvoir saute de camp en camp à chaque incident, les deux agents diplomatiques vont se retrouver en fuite pour sauvegarder l’ordre établi… pour peu qu’il doive être sauvé…

L’intrigue évolue assez vite dans cet arc, avec l’arrivée de la plutôt réussie sœur de Caleb dont nous n’avions plus entendu parler depuis le premier tome. Sa personnalité explosive et son opposition de mentalité avec son frère sont intelligemment amenés et participent au développement de la relation avec Mézoké en faisant réaliser aux deux agents diplomatiques qu’ils ont finalement beaucoup en commun. A noter que ce sont résolument les femmes qui mènent la danse et tissent notre intérêt dans cette série, en laissant les mâles dans des rôles assez ingrats! De nouveaux personnages majeurs arrivent également et nous permettent de mieux comprendre le rôle d’Angus le Nevronome que l’on voit beaucoup depuis le début sans savoir comment ni pourquoi. Comme pressenti, cette série monte en puissance lentement mais surement, chaque tome gagnant en intérêt, en qualité, en complexité. C’est vraiment étrange et je ne crois pas avoir déjà ressenti cela sur une autre série. Passer ainsi de l’assez banal à l’une des meilleures séries SF en quelques tomes n’est pas commun.

Clipboard02.jpgCela est d’abord dû à la noirceur assumée d’une série dont les dessins des personnages tranchent avec l’intrigue politique complexe (Runberg nous y a habitués). L’aspect politique très poussé est l’autre atout avec une galaxie tombant dans la guerre civile dans une progression particulièrement réaliste pour une série SF et qui pourrait sans soucis ranger Orbital dans la catégorie Thrillers politiques. On décortique de multiples facteurs, de l’attentat ayant coûté la vie aux parents de Caleb et sa sœur aux tensions sécessionnistes, xénophobes, aux débats de conception politique au sein d’Orbital entre différents courants qui veulent mettre leur chef sur le siège de dirigeant… Tout cela est mené très finement, sans manichéisme (ou presque), les méchants ayant tous des motivations crédibles avec pour point de convergence la peur. Car mine de rien cette série aborde des problèmes actuels et universels qui mènent aux conflits, qu’ils soient locaux ou galactiques avec le plus souvent comme moteur la peur de l’autre, de l’étranger, de la perte, de l’inconnu. Ainsi le rôle des Nevronomes (dont l’action est centrale sur ces quatre tomes) est très intéressant de par la gestion du mystère laissé par Runberg. On ne sait à peu près rien de ces vaisseaux pensants qui Résultat de recherche d'images pour "orbital 7 pellé"semblent terrifier la confédération et dont on peine à comprendre la nature et les motivations. Cela nous titille dans l’envie d’en savoir plus et les auteurs vont distiller de tout petits cailloux jusqu’à la conclusion marquante du tome huit qui ouvre de nouvelles portes et monte d’un cran dans l’ambition de la série. Même chose, plus subtilement, avec les Sandjar, la race que représente Mézoké et qui est physiquement androgyne, perturbant les humains qui ne savent pas s’ils ont affaire à un mâle ou une femelle… ce qui permet de pointer sans en avoir l’air la question du déterminisme sexuel et du schéma hétérosexuel de nos sociétés (Florent Maudoux avait abordé cette question dans son étonnant et superbe Vestigiales)

Même si Pellé est toujours aussi imaginatif dans sa description des aliens et des lieux (la superbe cité du crime!) et tend à faire évoluer ses personnages humains vers des traits légèrement plus réalistes, ces derniers restent le point noir de la série. C’est vraiment dommage car cela empêche le lien d’empathie avec le lecteur (en contre-exemple du superbe travail d’expression de Corentin Rouge sur Rio et de Paul Gastine sur Jusqu’au dernier). Les personnages humains sont finalement peu nombreux mais demeure le putatif héros, Caleb, qui malgré ses pouvoirs temporaires ne parvient pas à endosser le statut de personnage central.Clipboard01.jpg

Orbital est ne singulière série que je ne classerais pas dans les blockbusters mais qui par ses défauts et son évolution que l’on ressent instinctive attire une grande sympathie par la générosité de ses auteurs qui semblent passionnés par leur univers sans être certain qu’un plan d’ensemble existe. Une BD qui semble progresser volume par volume avec talent et qui gomme progressivement ses quelques problèmes en nous emmenant sur des concepts SF très intéressants, vers l’infini, et au-delà…

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Fausse garde (Nouvelle édition)

A l’occasion de la ressortie de l’album (indiquée comme comportant une nouvelle couverture et un cahier graphique… mais surtout en grand format!) je republie ma critique sur la précédente édition.

Fausse Garde - NE
Bd de Merwan
Vent d’ouest (2009), 188p, format comics broché avec couverture à rabats, one-shot.

couv_84922Premier album virtuose de Merwan, Fausse Garde est sorti en grand format en 2004 sous le titre Pankat et prévu en plusieurs volumes. Cet album propose donc une réédition qui clôture l’histoire. Le choix de réduire le format est assez dommageable puisque la finesse des dessins de l’auteur nécessite de la place, ce qu’a compris Dargaud sur son dernier album Mécanique Céleste. Excellente nouvelle, l’éditeur ressort dans les prochains jours cet album en format original agrémenté d’une couverture originale et de de bonus.

A Irap, tentaculaire cité du désert, le Pankat occupe une place centrale. Des écoles de combat, celles du champion Eiam est la plus réputée, par la gloire de l’arène et la morale d’airin qu’il enseigne à ses disciples. Lorsque le jeune Mané arrive dans la cité, son idéalisme va se confronter à la dureté du traitement fait aux sans grade. Doté de facultés exceptionnelles pour le Pankat il va devoir assumer des choix entre la lumière de l’arène et l’ombre des gens de sa condition qui contestent l’ordre établi.

Résultat de recherche d'images pour "fausse garde merwan"Cet album m’a été très vivement conseillé par mon libraire lorsque je suis passé acheter le récent Méacnique Céleste du même auteur. Avant toute chose il faut bien distinguer les deux ouvrages, premier et dernier de la bibliographie de Merwan Chabane, virtuose passé par les Arts décoratifs, école donnant une technique graphique très poussée, et le dessin animé. Adepte d’arts martiaux, Merwan est aussi compagnon de route de la bande à Vivès. Un peu plus âgé que les Bastien Vivès, Michael Sanlaville, Bertrand Gatignol, il est le premier de la bande à publier son album en 2004, où l’on retrouve à la fois une grosse influence du manga (école Otomo, Merwan avait participé à l’ouvrage Tribute to Otomo publié à l’occasion d’Angoulême 2016) en même temps qu’un ADN de l’animation dans l’envie de mouvement. Si Bastien Vivès est le plus médiatique du groupe, Merwan est pour moi le maître technique en proposant dès cette époque un postulat, celui de s’affranchir des canons anatomiques et de perspective de la BD franco-belge pour y apporter, sous condition d’une très grande maîtrise technique donc, des effets de caméra que l’animation donne sur ses intervalles. C’était une vraie proposition artistique car il y a tout de même une sacrée différence entre un dessin-animé à vingt-cinq images par secondes et une case de BD qui peut faire appel à la mémoire visuelle du lecteur mais garde le côté extrême de ces déformations, nécessaires dans l’animation. A partir de là Merwan est celui qui est resté le plus proche de la BD, entre monsieur mouvement (Sanlaville) et monsieur épure (Vivès).

Résultat de recherche d'images pour "fausse garde merwan" Fausse garde est donc un premier ouvrage, qui comporte les défauts d’un projet précoce conçu sans l’aide d’un scénariste. Dès la série suivante il travaille d’ailleurs avec le déjà chevronné Fabien Nury et Fabien bedouel. Sur son dernier opus l’auteur a beaucoup mûri graphiquement, techniquement mais aussi scénaristiquement.

Le premier des trois chapitres est le plus impressionnant, à la fois puissant visuellement, doté d’une colorisation superbe (un des points forts de Merwan) très contrastée et vive et posant un cadre scénaristique très lisible. Ensuite cela se gâte avec un dessin qui s’affine mais évolue aussi vers quelque chose de plus estompé, perdant la force des encrages et des contrastes, tout comme l’intrigue qui se complexifie par trop d’ellipses et de sous-entendus parfois difficiles à capter. On attend une histoire d’ascension sportive vers la gloire, schéma archétypal connu et souvent réussi lorsqu’il reste simple. Les personnages sont là avec le héro naïf mais talentueux, les deux pères spirituels, le décors. Mais à force de chercher l’intelligence du lecteur l’auteur oublie parfois de suivre la linéarité nécessaire et de se concentrer sur des combats annoncés dès le titre (l’original s’intitulait Pankat). On a le sentiment que l’auteur a tout donné dans la première section, s’est vidé et a cherché à simplifier son travail pour la suite. On sort ainsi des quelques deux-cent pages un peu déçu, alléché par ce qui était proposé et un peu sur sa faim.

Résultat de recherche d'images pour "fausse garde merwan"Les qualités de l’album sont cependant nombreuses. Le dessin d’abord, qui malgré cette évolution vers du trait plus léger reste totalement maîtrisé en suggestion même si certaines cases de combat sont compliquées à lire. L’univers ensuite, ce monde très orientalisant, au design inspiré et coloré nous immerge et donne envie de suivre un héros attachant.Je dirais que la partie la plus contestable est pourtant ce qui semble intéresser le plus l’auteur, cette pulsion qui pousse le héros à renoncer à la lumière toute tracée pour suivre le sombre père, ce sicaire très violent aux motivations obscures jusqu’au bout. L’idée de cette opposition des mentors était intéressante pour peu que l’on comprenne ce qui pousse Mané à provoque le si charismatique et puissant Eiam. Toute la partie de l’école de Pankat et des tournois est superbement mise en scène. Les autres séquences d’école buissonnière du héros moins engageantes notamment par-ce que l’on s’éloigne du Pankat et ses séquences qui font le talent de Merwan.

Œuvre de jeunesse partiellement aboutie et qui aurait mérité d’être plus concentrée, Fausse garde reste une expérience visuelle très intéressante et qui donne envie de découvrir la bibliographie de Merwan Chabane et une variante proche de ce que proposeront plus tard Sanlaville et ses potes sur LastMan.

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Solo #1: les survivants du chaos

La trouvaille+joaquim

Comic d’Oscar Martin
Delcourt (2014), 108 p.+12 pages de carnet de notes sur l’univers.
Série en cours, 4 tomes parus +1 HS et 1 série dérivée: « chemins tracés ».

L’album en format comics comprend deux illustration différentes en intérieur de couverture. L’édition Delcourt comprend les deux premiers chapitres de 48 et 55 planches et se termine par un « dossier technique » de 12 pages développant l’univers.

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Le monde est rude. La vie est chienne. L’homme est un loup pour l’homme. Solo sait que son enfance se termine. Il va devoir quitter le foyer pour fonder le sien. Une bouche de trop c’est la mort de tous. Il part dans la plaine, luttant contre les éléments, contre les esclavagistes, contre les bêtes féroces. Pour sauver sa vie il va devenir un roc. Un bloc de violence. Et perdre son âme. Peut-être…

Preview Solo (Martín) 1. Les survivants du chaosmediathequeCette série espagnole d’un auteur élevé au cartoon américain (comme beaucoup de ses compatriotes) jouit d’une réputation impressionnante, du niveau d’un Saga. Format hybride, proche du comics mais résolument européen, Solo est un Post-apo dépressif, nihiliste présentant un univers dont on ne sait rien hormis que les humains et humanoïdes sont regroupés en communautés fragiles ou soumises au despotisme de seigneurs tout puissants dans des places fortes surarmées. Ce premier volume au dessin élégant proche des albums de fantasy pour ado prend la structure du film Conan de John Milius avec un Solo capturé et devenu gladiateur dans une arène mortelle. L’intrigue est faite essentiellement de combats, contre des maraudeurs dans les wastlands ou des Golgothes dans l’arène. Cela aurait pu faire court si ce n’était le choix de narration très intéressant choisi par Oscar Martin. Le rat humanoïde devenu machine à tuer a été bien élevé, dans une famille aimante lui ayant inculqué les valeurs humaines. Alors que son physique est rattrapé par ce monde mort, son esprit reste accroché à cette humanité, même quand tout semble perdu. Parcourant des cases généreuses faites d’action et de créatures  grossières, les phylactères élégants proposent les réflexions intérieures de ce philosophe de l’extrême. On se plait à lire ces jolis textes en regard de la barbarie graphique cinématographiquement menée.

Pullbox Reviews: Oscar Martin's Solo - Survivors of Chaos - The ...Solo est un héro, un vrai, invincible. Passant d’une famille (dont on ne sait rien après les premières planches) à l’arène déshumanisant, l’album se clôture par le retour de l’espoir et la découverte de l’amour. On imagine le pire pour la suite et l’on tremble, ayant appris à nous intéresser à ce personnage sensible pour lequel on souhaite tout le bien du monde. Une fois l’album refermé je reste dans l’attente de quelque chose de grand, de noir, de radical. C’est déjà le cas sur cette introduction mais la répétition des combats violents et la toute puissance du personnage atténuent quelque peu le danger et la tension narrative. L’arrivée du bonheur induit nécessairement le drame à venir. A suivre donc dans un second tome qui je l’espère confirmera les bonnes intention du premier.

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Thorgal: le cycle de Shaïgan

La trouvaille+joaquim

 

 

BD de Jean Van Hamme et Gzegorz Rosinski
Le Lombard (1991-1997), cycle de 5 volumes.
Disponible dans le quatrième volume de l’intégrale nb chez Niffle. et dans le diptyque du Lombard (épuisé) comprenant étrangement les seuls marque des bannis et La couronne d’Ogotaï.

Ce troisième billet de guide de lecture de la saga s’intéresse au dernier véritable cycle de Thorgal, le Cycle de Shaïgan où le héros va perdre la mémoire et se retrouver dans la peau du terrible pirate Shaïgan. Comme vous le constaterez, à mesure que la sève scénaristique de Van Hamme s’est tarie la taille des cycles a grossi jusqu’à brouiller les bornes. Ainsi, si le cycle du Pays Qâ commence véritablement avec l’apparition du personnage de Kriss de Valnor dans Les archers, celui de Shaïgan débute sur La Gardienne des clés à la fin duquel il décide de quitter les siens. Cet album marque avec L’épée soleil (qui voit le retour de la méchante) une sorte de diptyque préparatoire. On peut donc envisager le cycle de Shaïgan sur sept tomes et non les cinq que j’aborde ici. Après La cage viendront cinq albums solo tout à fait commerciaux et très loin de l’inspiration des origines puis un petit miracle avec la reprise de la série par Yves Sente sur le cycle de Jolan qui aurait dû marquer le point final de la série. Mais j’y reviendrais dans un billet consacré à ce cycle particulier.

L’apparition d’anciens ennemis et les caprices des Dieux ont lassé Thorgal des dangers dans lesquels il met sa famille. Souhaitant les protéger il décide de s’éloigner sans se rendre compte que les conséquences seront plus terribles encore pour Aaricia, Jolan et Louve. Il apprend bientôt qu’une Forteresse invisible, cachée des Dieux, doit lui permettre de se faire oublier des habitants d’Asgard…

Longtemps mal perçu par moi du fait d’une structure compliquée qui semble évoluer au fil des albums, avec la forte impression que le talent brut de Jean Van Hamme permet seul de donner une cohérence à l’ensemble en sortant de son chapeau quelques idées géniales, ma relecture avec ma fille m’a permis de réhabiliter quelque peu ce cycle. Shaïgan correspond à une époque où la nouvelle série Largo Winch aspire toute la sève du créateur (avec un troisième diptyque H/Dutch connection qui est pour moi le meilleur de la série), laissant par exemple le pauvre XIII dans ses laborieuses aventures sud-américaines. A partir de cette époque les lecteurs sentent que le poids financier de ces deux séries oblige ses auteurs à les prolonger sans que ni l’envie ni la nécessité créatrice ne le justifient.  Malgré cela Van Hamme a encore assez de génie pour proposer, notamment sur La marque des bannis et La couronne d’Ogotaï, peut-être les deux meilleurs albums de la série! Si La Forteresse invisible propose une aventure assez classique de Thorgal (donc au-dessus de la moyenne des séries équivalentes), l’album suivant est le seul et unique où le héros est totalement absent! Idée gonflée et superbe qui permet aux auteurs d’assumer une description particulièrement sombre en faisant assumer à la douce Aaricia de terribles supplices. C’est dans la structure narrative que le hollandais maîtrise à la perfection, la chute (qui plus elle sera profonde et terrible plus elle surprendra le lecteur et permettra une ascension dramatique puissante derrière) que l’album sort du lot. Le principe de détruire fort pour rebâtir haut. Cela permet aussi pour la première fois de véritablement faire monter Jolan sur la scène, jeune garçon qui sera au cœur de La Couronne d’Ogotaï, comme son titre l’indique, rattachée au cycle précédent.

Couvertures, images et illustrations de Thorgal, tome 21 : La ...En rappelant le thème SF avec le voyage temporel, le scénariste utilise un gros Deus Ex machina… qui passe pourtant sans problème tant l’album est héroïque et résout partiellement les problèmes du personnage. Ce thème avait déjà été utilisé en one-shot sur le superbe Maître des montagnes, mais ici l’insertion de liens profonds, tels les grands arcs des comics qui convoquent parfois des personnages ou évènements passés il y a des années et des dizaines d’albums, crée une familiarité et un intérêt indéniable. La Mythologie Thorgal fait son effet et c’est là toute la force d’une série qui n’oublie jamais son passé pour le voir ressurgir régulièrement. Ces deux albums, outre de créer de nouveaux personnages importants pour la suite, sont la rampe de lancement vers ce qui tardera un peu à venir, le cycle de Jolan lors du passage de témoin à son successeur Yves Sente.

La suite est assez classique même si on y retrouve de beaux dessins et la mythologie magique chère à la série, et se conclut sur une séquence puissante dans la Cage où refusant un happy end trop facile, Van Hamme montre combien la souffrance d’Aaricia ne peut s’effacer par le simple retour d’un héros toujours naïf. Cette belle histoire d’amour universelle aurait pu s’arrêter là tant tant la boucle semblait bouclée, le lecteur sachant que la fuite en avant pourrait ensuite se prolonger en tirant vers le ridicule.Géants - Tome 22 - Thorgal-BD

Graphiquement Rosinski est toujours au niveau dans son style classique et ne passera en couleur directe (après les expériences de Western et du Comte Skrabek) que sur le dernier album du duo, le Sacrifice, après cinq albums où dessin comme scénarios seront devenus assez piteux. On se contente alors pour les plus fans des couvertures toujours superbes… Le Cycle de Shaïgan mérite d’être (re)lu pour ce qu’il est, le dernier arc d’une série en équilibre entre impératifs économiques et création sincère. Sans doute la transmission à un nouveau scénariste aurait-elle dû être faite dès la fin de ce cycle pour repartir sur de bonnes bases, mais on sent tout de même l’envie de donner une conclusion digne et cohérente à un héros (et sa famille!) en préparant le fils à une relève pertinente.

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Batman: last knight on earth

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Comic de Scott Snyder et Greg Capullo
Urban (2020) – (DC (2019), one-shot.

L’album est paru dans la collection Black label de DC. Il comprend un texte introductif relatant le contexte éditorial dans lequel paraît cette histoire, étrangement découpée en trois livres de neuf chapitres.

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Bruce Wayne se réveille, ligoté dans une chambre blanche. Un étrange docteur au sourire appuyé lui dit qu’il est enfin soigné et sorti de son délire paranoïaque. Toutes ces années il s’est construit une image mentale de vengeur masqué, terré dans une folie que les psy d’Arkham n’étaient jamais parvenu à réduire…

Batman : Last Knight on Earth - BD, informations, cotesCe pitch est génial, et l’album commence franchement bien, nous plongeant immédiatement dans un doute que la publication de ce one-shot dans le black label avait toutes les raisons de confirmer… Hélas! Très clairement le logo noir apposé sur la couverture est absolument non pertinente tant il n’y a aucune différence d’approche entre ce livre et les précédentes productions de Snyder et Capullo. Comme beaucoup j’imagine, j’espérais que les auteurs profiteraient de la spécificité de la collection pour produire leur grand œuvre, un projet adulte chargé de changer notre regard sur le Dark Knight avec une prise de risque sur un récit innovant. L’idée est folle et aurait dû être poussée. Car depuis des années nombre de récits du Batman nous instillent le doute sur sa santé mentale, nombre d’auteurs travaillent sur cette question, celle de l’identité de Wayne, traumatisé, de son double maléfique aux cheveux verts et sur l’aberration de ce bestiaire impossible à Gotham. Ce sous-texte rend les histoires de Batman les plus intéressantes pour les conteurs et pour les lecteurs et récemment Sean Murphy est parvenu à pousser assez loin cette idée. Les premières pages de Last knight on earth nous poussent dans cette direction (avec une superbe couverture comme toujours!), celle d’une réalité réveillée nous expliquant comment Wayne a transformé tel personnel d’Arkham en méchant et sa propre identité idéalisée en Chevalier noir… Mais cela ne dure que quelques pages, avant de retomber dans les délires Dcesques proches de ce que Snyder a créé sur Metal.

Ten Page Preview of Batman: Last Knight On Earth by Scott Snyder ...Rien ne nous est proposé pour lier les deux parties, malgré un récit coupé sur plusieurs temporalités et complexifié sans raison, comme Snyder aime le faire. Rapidement on découvre une dystopie reprenant l’idée d’Old Man Logan, avec un double maléfique de Batman (on commence à connaître…) suite à l’intervention (encore une) de Darkseid. Le fait de voir des versions alternatives et abîmées de Wonder Woman, Superman et d’autres personnages est toujours sympathique et Greg Capullo sait toujours aussi bien produire des planches à la fois lisibles et dynamiques. Mais rapidement l’histoire devient lourde, trop hachée, répétitive et surtout sans explication intéressante. On en ressort avec une grande impression de gâchis et la certitude que Snyder n’est plus capable que de recycler ses formules sans grande créativité, se reposant sur le talent de son comparse… qui ferait bien de refléchir à la suite de sa carrière s’il ne veut pas s’enterrer dans son couple qui n’a plus rien à dire.

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