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Dans la tête de Sherlock Holmes 2/2

La BD!
BD de Cyril Liéron et Benoit Dahan
Ankama (2021), 47 p., 2/2 volumes parus.

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bsic journalism Merci aux éditions Ankama pour leur confiance.

L’affaire du ticket a mis en lumière l’enlèvement de représentants de toutes les classes sociales de la société britannique impériale. Poursuivant leur enquête, Holmes et Watson dénichent enfin un indice crucial…

Coup de coeur! (1)Il y a deux ans Liéron et Dahan marquaient un grand coup dans le paysage éditorial avec la sortie du premier tome de Dans la tête de Sherlock Holmes. Véritable album-concept, à cheval entre le livre-jeu et la BD, l’ouvrage alliait la forme (avec cette fameuse couverture trouvée reproduite dans ce second volume) et le fonds, à savoir une véritable enquête tortueuse du plus grand détective. En utilisant le visuel pour nous guider au cours de l’enquête, les auteurs produisaient un redoutable effet d’immersion du lecteur et un plaisir de lecture total!

Affaire du ticket scandaleux (L') (par Benoît Dahan et Cyril Lieron) Tome 2Reprenant immédiatement à la fin du premier volume, ce tome conclusif reprend bien évidemment la recette avec fort logiquement un peu plus d’action à l’approche de la fin et de la confrontation finale avec le gang à l’origine de l’affaire. La générosité des auteurs est tout bonnement prodigieuse et on comprend qu’il ait fallu deux ans pour réaliser cette orfèvrerie sur papier. Chaque page regorge de détails, qu’ils soient de décors ou d’éléments utiles à l’enquête. On se plait ainsi à passer du temps à savourer chaque détail, l’hypermnésie sensorielle de Sherlock le poussant à analyser et relever chaque détail de son environnement, et nous avec! Et le miracle c’est que cette foule de détails s’agencent logiquement à l’aide du dessin. Si le style un peu brute du dessin m’avait laissé un peu sur ma faim au premier volume, on apprend à apprécier le travail ciselé, la précision des détails et la charge des pages, pas un centimètre-carré étant exempt de hachures. Cela donne une atmosphère tamisée, feutrée, qui nous envoie dans le cabinet mental de Holmes et l’ambiance cosy de la Londres victorienne.

Passons sur le concept dont j’avais déj parlé pour revenir à l’intrigue qui se dévoile enfin ici. Sans spoiler, il est intéressant que les auteurs profitent de ce projet ludique pour interroger les incidences impérialistes des britanniques et le comportement brutal déjà largement décrit dans la saga Shi par exemple. Ainsi on surprend une complexité dans le propos en se demandant si tout à ses préoccupations de résoudre ses enquêtes, une morale viendrait in fine à Holmes ou si tout cela restera un simple exercice. Il est en effet plus simple d’affronter un Moriarty que des problématiques issues des injustices du Régime et la conclusion, à la forme là encore surprenante, laisse penser que les auteurs ne se contentent pas de l’exercice de style et de leur marionnette. De là à penser que le succès (inévitable!) de ce diptyque les poussera à prolonger l’exercice il n’y a qu’un pas que je franchis avec envie…

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Manga en vrac #18: Toilet Bound Hanako-Kun #3 – Elio le fugitif #2 et 3 – La guerre des mondes #2

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  • Toilet-Bound Hanako-Kun #3 (Aidalro/Pika) – 2021 série en cours, 3/15 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Pika pour leur confiance.

toilet-bound-hana-kun-3-pikaLa chronique des deux premiers volumes se trouve ici.

J’avais été comme mes camarades de blog assez enjoué par ma découverte des deux premiers volumes sortis cet été. En entamant ce troisième tome je découvre que contrairement aux précédents le mystère des archives de 16h s’étale sur plusieurs chapitres qui forment l’intégralité de ce volume, ce qui change pas mal la donne en matière de rythme. Ce qui était présenté comme des histoires courtes avec rotation rapide de l’action et des personnages s’installe plus dans la durée, avec approfondissement notamment dans la recherches qu’entreprend Nene sur son maître-allié Hanako. Ce jeune esprit qui nous est décrit ici comme ni plus ni moins que le chef des Mystères de l’école est depuis le début fort mystérieux et on va ainsi se retrouver dans son passé pour comprendre comment il est devenu un esprit. Les pages du volumes sont toujours très agréables dans leur mise en scène destructurée et fourmillant de détails. L’humour et l’action sont en revanche un peu en retrait et j’ai découvert cette intrigue un peu moins enthousiaste, je dois le reconnaître. La difficulté de ce format était dès le début de parvenir à s’inscrire dans la longueur car autant on a regretté le format très court d’un Tetsu & Doberman autant pour Toilet Bound une tomaison sur les doigts de la main aurais sans doute suffi. Je dis cela alors qu’aucune intrigue au long court n’a eu le temps de se mettre en place, aussi il faudra voir (je rappelle que la série compte déjà quinze volumes au japon, ce qui laisse à Pika le temps de développer sa licence)

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  • Elio le fugitif #2-3 (Hosokawa/Glénat) – 2021, série en 5 volumes, terminée au Japon

bsic journalismMerci aux éditions Glénat pour leur confiance.

elio-fugitif-2-glenatImpression mitigée et assez tranchée sur les deux volumes, qui recoupent au final le sentiment du premier volume. Le second tome est très faible (du niveau d’un calvin) même s’il met enfin en place une véritable intrigue liée à des vengeances dynastiques. Ce qui était attendu jusqu’ici s’étoffe donc un peu avec un descriptif politique de l’époque qui habille un peu une fuite tout à fait linéaire et que les quelques combats très hachés et coins d’humour shonen ne suffisent pas à rythmer. On attendait soit un récit historique à la Vinland Saga soit un prétexte en mode baston avec des personnages de jeux vidéo… on est au final entre deux et ce n’est guère satisfaisant, d’autant que les dessins juste correctes ne relèvent pas vraiment l’intérêt. Le personnage d’Elio dont le second degré touchait plutôt juste (un jeune gamin hyper-fort qui semble à peine réaliser dans quelles situations il est et s’en sort toujours haut la main) est ici plutôt effacé.

Sur le troisième volume on reprend de l’intérêt avec une histoire qui devient beaucoup plus structurée, simple mais cohérente avec une progression, des flashback sur les personnages et un final qui prépare un affrontement d’arène que l’on imagine aboutir la série sur les deux prochaine volumes. Si du coup le manga se laisse lire plus agréablement, les combats tout à fait rageurs, exagérés (les personnages sont presque aussi forts que dans Dragon ball!) souffrent d’un montage très haché et peu lisible, le lecteur devant fréquemment revenir en arrière avec l’impression d’avoir manqué des cases. Il ressort de tout cela l’impression d’une série de grande consommation destinée à ravir les boulimiques en attendant un prochain tome de Vinland Saga mais sans aucune ambition particulière.

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  • La guerre des Mondes (Ihara-Yokoshima/Ki_oon) – 2021, 170p., 2/3 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Ki_oon pour leur confiance.

guerre_des_mondes_2_ki-oonLa chronique du premier volume (détallant notamment la très jolie édition) est ici.

Ce second tome continue sur la même tonalité que le premier à savoir une course du personnage principal (témoin-photographe) parmi les populations fuyant devant l’avancée meurtrière des martiens. L’intrigue est donc tout à fait linéaire et construite autour des destructions terrifiantes et des quelques lueurs d’espoir qui surgissent avant d’être étouffées. Quelques morceaux de bravoure humaines (un peu désespérées) viennent donc pimenter ce qui pourrait devenir redondant et on enchaîne ces cent-soixante-dix pages à grande vitesse et un plaisir non feint. Les dessins, pas virtuoses mais très correctes et portés par des cardages  qui appuient le désespoir et le drame absolu portent ainsi bien ce récit qui confirme sa qualité et intrigue (pour qui ne se souviendrait pas par cœur du récit original) quand à son dénouement…

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Le château des étoiles (Gazette) #17-18-19

La BD!

BD d’Alex Alice
Rue de sèvres (2021), cycle III, volume 2.

Après le dernier album relié je reprend la série en format Gazette sur ce qui constituera le dernier volume de ce cycle. Consultez le précédent billet pour une explication sur le montage compliqué des dernières gazettes, le #19 revenant à l’édition classique avec plus de pages du Château après la fin des Chimères de Vénus.

Sept mois se sont écoulés depuis la rencontre avec l’Empereur et l’incarcération de Séraphin… Alors que l’Exposition interplanétaire de Paris s’ouvre, les Chevaliers de l’Ether ont mis en place un plan pour contraindre les dirigeants européens à intervenir pour le sort des populations martiales…

LE CHÂTEAU DES ÉTOILES – TOME 6 | Rue de SèvresCes trois derniers épisodes confirment le sentiment précédent: en revenant sur Terre les Chevaliers de l’Ether renouent avec ce qui avait tant plu sur le premier cycle lunaire! Les intrigues techno-coloniales colorées de rivalités historiques entre Prusse et France, l’aspect uchronique et steampunk avec ce paradigme ethérique qui en bouleversant les bases physiques permet une infinité de séquences originales. Appuyé sur une grande galerie de personnages tout relativement complexes, Alex Alice arrive à ne pas se diluer en restant concentré sur une intrigue relativement simple et linéaire qui prend la forme d’un braquage.

Le contexte de l’exposition universelle parisienne donne lieu à des panorama gigantesques et incroyablement précis où l’auteur se régale à recréer la ville lumière dans son nouveau monde. L’abolition du problème de la gravité installe des escouades de dragons « volants » aux quatre coins des pages en oubliant de rendre ces soldats d’élite de Napoléon III idiots. Du coup les séquences d’action sont particulièrement dynamiques et tendues. A ce titre, contrairement à nombre de BD où le temps ne semble jamais avoir d’effets sur les organismes, Seraphin semble ici devenu presque adulte, déployant sa musculature devant une Sophie vaguement impressionnée et n’hésite pas à affronter à l’épée ses adversaires coriaces.

Le château des étoiles : Gazette N° 17.... de Alex Alice - Album - Livre -  DecitreArticulé autour de trois groupes (Sophie et Loïc le breton gueulard – la journaliste et l’officier prussien – Seraphin), l’opération de libération de la princesse martiale (en notant un nouveau jeu de langue d’Alice qui refuse de parler de « martien » comme pour confirmer la spécificité de son uchronie) se retrouve tout à fait épique et prenante. L’exotisme des paysages martiens trouve son pendant dans celui des technologies mises en œuvre par les forces impériales et colorent avantageusement la résolution de l’intrigue.

Le fait de voir réapparaître l’impératrice d’Autriche qui souhaite retrouver son roi Ludwig permet de retisser des liens avec les débuts de la série. Alors que la conclusion et les textes annexes commencent à évoquer Mercure et Jupiter, l’on réalise que la conquête du système solaire par les empires du XIX° siècle ne fait que commencer. Ce cycle est l’un des tous meilleurs de la saga en revenant à une simplicité scénaristique qui allie aventure, géopolitique et SF ambitieuse. Les équilibres entre personnages sont encore bien mobiles, permettant d’envisager encore bien des épisodes, tant Alex Alice semble se passionner pour cet univers, même s’il doit y passer encore une partie de sa carrière. Avec autant de panache et un héritage vernien si brillamment endossé on ne peut que dire oui!

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La guerre des mondes #1/3

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Manga de Daisuke Hihara et Hitotsu Yokoshima
Ki-oon (2021-),  200p./volumes, Série en 3 tomes, 1 vol. paru en France.

Ki-oon continue sa politique d’éditions de qualité à la suite de sa collection Lovecraft, avec cette édition reliée (mais sans pelliculage, donc assez fragile). L’édition comporte un sommaire et un joli cahier graphique de cinq pages qui permet de voir les intéressantes pistes visuelles pour les tripodes. L’album est classé Seinen. Je le qualifierais de Seinen pour jeune public (disons entre 9 et 16 ans) selon les habitudes de lecture.

Le siècle vient à peine de commencer lorsqu’une étrange météorite frappe la campagne de la petite ville de Maybury. C’est le commencement d’une guerre de colonisation… ou plutôt d’extermination de l’humanité…

La guerre des mondes fait partie des grands classiques que beaucoup (comme moi) n’ont probablement jamais lu mais que le nombre d’adaptation dans tout type de format rend totalement familier. Si Spielberg avait choisi une modernisation du récit, cette version manga se veut fidèle et rejoint la grande mode des adaptations de classiques de la littérature par les auteurs japonais.

L’histoire suit un photographe témoin de ce Premier contact, cet atterrissage du premier martien qui va très rapidement se transformer en génocide. Croisant comme dans tout bon récit de guerre les évènements généraux et les mésaventures d’un groupe de témoins (la petite histoire et la Grande Histoire), le manga a le mérite d’entrer très vite dans le vif du sujet avec ce qui intéresse bien entendu le lecteur: la trombine des vilains martiens belliqueux et de leurs monumentaux tripodes.

Le récit est techniquement très bien fait avec une introduction apocalyptique avant de revenir aux évènements qui ont généré cette Guerre des mondes. Avec le témoin-photographe, des scientifiques nous expliquent tout de suite les lois physiques qui s’imposent aux envahisseurs (notamment la gravité bien plus importante sur Terre) avant que les inévitables militaires et leur mentalité obtue croient pouvoir mater cette irruption d’outre-espace à coups de canons. Bien entendu la supériorité technologique martienne est incommensurablement supérieure et les évènements s’orientent vite vers la situation d’un enfant écrasant des fourmis…

Graphiquement on est dans du classique semi-réaliste avec décors simplistes aux bâtiments rectilignes mais la lecture reste agréable et fluide, surtout pour le public ciblé. Comme adaptation illustrative, l’ambition de ce manga n’est donc pas de revisiter l’ouvrage de H.G. Wells mais plutôt de proposer une lecture graphique fidèle et ludique à des pré-ado et ado. Sur ce plan c’est plutôt réussi avec malgré tout quelques visions assez dures (des corps démembrés) et une guerre qui s’affiche crument.

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Maudit sois-tu #2: Moreau

La BD!

BD de Philippe Pelaez et Calros Puerta
Ankama (2021), 53 p., série en 3volumes.

bsic journalismMerci aux éditions Ankama pour leur confiance.

Comme le premier tome l’ouvrage se conclut par un important cahier documentaire revenant (iconographie de films et romans à l’appui) sur le contexte littéraire du roman gothique qui a inspiré ce projet. C’est bien écrit, documenté, intelligent. En fin d’album les premières pages de l’ultime opus Shelley sont présentées. Un calvin pour cette très belle édition.

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Un siècle et demi avant les évènements du premier volume, les premiers Zaroff et Moreau convient un aréopage de beaux esprits des lettres et des sciences dans un manoir afin de découvrir et célébrer le grand œuvre du savant. Bientôt Charles Darwin, Marie Shelley, Emily Brontë et Richard Burton vont découvrir un jeu de faux-semblants et l’abomination d’un savant fou recherchant l’adoubement de ses pairs…

Philippe Pelaez est un auteur exigeant. Maniant ses textes et dialogues avec aisance, il souhaite avec la trilogie Maudit sois-tu proposer une résurrection du genre du cinéma d’horreur gothique en format BD. A ce titre la technique hyper-réaliste de Carlos Puerta, si elle a ses amateurs comme ses détracteurs, s’avère tout à fait pertinente en nous plongeant dans des images qui semblent souvent extraites d’un film… qui n’existe pas. Les deux créateurs se rejoignent sur cet esprit intellectuel et hyper-référencé de leur série où sont abordés les détails des vies des Charles Darwin, Emily Brontë ou Mary Shelley, cette dernière étant le véritable cœur de l’intrigue à mesure que l’on remonte le temps.

wp-1611252482880.jpgSi le premier volume reprenait un schéma archétypal de la chasse à l’homme sur fonds d’expérience contre nature, cet épisode intermédiaire reprend peu ou prou la même structure et les mêmes personnages dans un parallèle intrigant. Le risque de la redite était réel mais Pelaez sait par un pas de côté dans ce XIX° victorien en diable relancer sa machine au travers de cette intrigue familiale autour de Shelley. Imperceptiblement il fait ainsi glisser le curseur du personnage de Zaroff à celui de Shelley. Ces deux-là et Moreau sont intimement liés et nous saurons comment sur le troisième et dernier volume. Si le duo de fous du premier volume citait l’origine de leur vengeance (que nous allons donc voir ici), ils ne disaient rien de la genèse dramatique liée à Lord Shelley (auteur du poème Ozymandias qui inspira Alan Moore pour Watchmen) et au mythe de Frankenstein… que la romancière et épouse Mary n’a pas déniché toute seule. Au travers de cette inter-influence monstrueuse du chasseur et du savant fou dans la BD c’est un écho à la collaboration artistique intense qui donna naissance au genre littéraire fantastique de monstres sur une courte période, entre Lord Byron, Polidori, Shelley, Welles et Stoker. Ce contexte hyper-référencé est très intéressant même s’il étouffe un peu le fil de la narration, pourtant aussi simple que dans le premier tome. Faute d’une grosse culture personnelle, malgré les notes de bas de page destinées à faciliter la lecture, une partie de l’intérêt de ce volume nécessitera quelques visites à wikipedia. Rien d’éreintant et on remercie le scénariste de nous inciter de la sorte à se cultiver!

wp-1611253018201.jpgComme précédemment l’histoire est basée sur les personnages, réels donc, dont Richard Francis Burton, le fantasque aventurier, est de loin le plus intéressant, comme moule historique de tous les héros d’aventure imaginaires. Les autres personnages apparaissent un peu courts entre le duo monstrueux et ce mâle iconoclaste qui est dans tous les morceaux de bravoure de l’album. L’avantage de cette transposition en BD des schémas des films de la Hammer est que ce sont les apparitions monstrueuses et l’action qui sont attendus et que personne n’attend de vraisemblance. Les débats intellectuels sur la Création et la place démiurges de l’homme grâce à la science ne sont pas inintéressantes mais simplement déjà vus.

Dans toute série le second tome est le plus compliqué. La structure ternaire à rebours créée par Philippe Pelaez a l’avantage de jouer sur la redite tout en faisant de ce tome une porte vers l’origine. Comme hommage au roman gothique et aux films de monstres Moreau est une réussite qui parvient sans trop de casse à lier un grand nombre d’envies pour nous plonger dans un XIX° siècle effrayant et fascinant. L’aspect grandiloquant, le graphisme sans compromis de Puerta et une certaine redite narrative freinent un plein enthousiasme mais n’en donnent pas moins envie de poursuivre l’aventure jusqu’au début-conclusion sur Shelley, à paraître en fin d’année.

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L’oiseau rare #2: La grande Sarah

La BD!

BD de Cedric Simon, Eric Stalner et Florence Fantini.
Grand Angle (2021), 53 p., série en 2 volumes.

bsic journalismMerci aux éditions Grand Angle pour leur confiance.

Ce second tome comprend un résumé de l’épisode précédent et un cahier graphique de cinq pages.

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Tibor emprisonné et les économies de la bande passées dans la paye de l’avocat, c’est tout le rêve d’Eugénie qui s’est envolé. Alors qu’arrive le défi lancé par la Grande Sarah, la jeune fille n’a pas dit son dernier mot…

Second volume très différent d’un premier qui réussissait plutôt bien sa description historique en parvenant avec difficulté à s’envoler. Ici on change de registre en délaissant la chronique sociale pour un scénario d’arnaque. Eugénie avait dit à la fin du tome un qu’elle allait « faire raquer » la grande Sarah et sa supériorité pédante, voici donc son plan assez subtilement présenté par le scénariste, suffisamment pour qu’on n’y voit que du feu. Par l’enchevêtrement de séquences qu’il ne lie pas, Cédric Simon parvient progressivement à mener son histoire comme un agencement de saynètes que la conclusion fera se rejoindre. Le risque de ces schémas est celui du Deus ex Machina, de la conclusion un peu facile, un peu fabriquée. Cependant les personnages sont suffisamment installés (tant dans l’écriture que graphiquement) pour nous détourner l’attention comme les pickpockets qu’ils sont, le temps que la magie fasse son effet.

L'Oiseau rare T2 : La grande Sarah (0), bd chez Bamboo de Simon, Stalner,  FantiniTout part donc de ce défi lancé par Sarah Bernhardt à Eugénie, qu’elle va relever haut la main. La déception va pourtant être de mise lorsqu’elle réalise que c’est comme boniche du théâtre de l’actrice que la truande est embauchée. Alors qu’elle cherche des informations sur l’incendie de l’Oiseau rare, Constantin s’éloigne de l’équipe pour mener ses petites magouilles. L’histoire va donc alterner entre l’itinéraire de ce dernier et celui d’Eugénie.

Sans grande tension, l’intrigue se suit néanmoins avec plaisir, progressivement, à l’image du dessin d’Eric Stalner, fidèle à lui-même, croquant de superbes gueules pas toujours très différenciées mais magnifiquement encrées et réhaussées par une très jolie colorisation de Florence Fantini. La rupture entre les deux tomes et la grande différence de style ne permet pas de créer une continuité qui puisse tirer parti de la place laissée par le format en diptyque. Du coup on a le sentiment de lire deux épisodes séparés d’une même série avec un petit manque de souffle. Mais globalement il n’y a pas grand chose à redire sur les qualités intrinsèques de cet album bien dessiné, bien construit et aux dialogues plutôt efficaces. L’Oiseau rare se conclut comme une petite histoire très bien réalisée qui comblera les amateurs de Stalner et des chroniques historiques à la mode Glénat.

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Après l’enfer #2: le bayou d’oz

La BD!
BD de Damien Marie et Fabrice Meddour
Bamboo (2020), 56 p., série en 2 tomes.

bsic journalismMerci aux éditions Bamboo-Grand Angle pour leur confiance.

L’album s’ouvre sur un résumé de l’épisode précédent et se conclut sur un passionnant cahier documentaire et graphique de 8 pages précisant les références et le contexte de la série et la réalisation graphique. Une édition aux petits oignons qui mérite à Calvin.

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En pénétrant dans le Bayou, Alice et Dorothy entrent dans un autre monde, obscure, peuplé d’êtres décharnés et d’animaux sauvages, l’univers du vaudou où s’affrontent les hommes de la reine de cœur et ceux de la Mambo Glinda, un refuge pour les noirs comme pour les adeptes du Klan. Là, la jeune Alice va se découvrir un pouvoir capable de retourner les dominations, pour peu qu’elle arrive à apaiser ses démons intérieurs…

Après un premier album très psychologique qui proposait une vision graphique très monochrome visant à rendre une ambiance de fin du monde assez dépressive, ce second et dernier est assez différent en ce qu’il change de style en changeant d’environnement. La petite fille apeurée devient centrale dans cette relation avec le Chapelier (qu’on imagine son violeur) et l’itinéraire magique va faire d’elle la véritable héroïne de l’histoire. Les auteurs voulaient aborder la thématique du Vaudou, très intéressante dans cette période de libération des esclaves et de reconstitution de mondes séparés, la société tribale et magique du Bayou, l’armée blanche du Klan d’un autre côté. Cette immiscion de la magie permet d’aborder le monde des esprits, des Loa, à même de résoudre le trauma des protagonistes.

Capture d’écran du 2021-01-10 10-23-05La structure de l’album est bien plus simple en ce qu’elle reprend la chasse invisible dans un labyrinthe où Dorothy et ses protecteurs ne voient rien venir. Damien Marie (qui a proposé dernièrement le très bon 300 grammes) utilise sa culture cinématographique pour citer des références inattendues mais qui font mouche. Cette base référentielle plus axée sur la culture populaire que sur l’histoire ou le cinéma classique permet d’entrer dans ce qui pourrait à première vue ressembler à un patchwork casse-gueule. Associer en effet Le magicien d’Oz, Alice au pays des merveilles, Alien et Apocalypse now pourrait sembler très aventureux. Or ça fonctionne et avec une grande lisibilité du scénario et une relative simplicité des schémas narratifs on se passionne pour nos deux héroïnes.

Un peu moins inspiré graphiquement que le premier volume même si l’affinage de la technique d’encrage améliore la qualité générale, Le bayou d’Oz conclue logiquement et de manière tout à fait maîtrisée un projet très ambitieux  sur la résilience et la liberté individuelle. Un diptyque inattendu qui confirme un scénariste à suivre après cet excellent diptyque.

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Essai sur le principe de population

Le Docu du Week-End

Manga de Team Banmikas
Delcourt (2020), 191p. one-shot, collection Kurosavoir.

L’ouvrage a une couverture avec rabat mais sans jaquette. Il comprend une court biographie de Malthus en retour de couverture, une double page comprenant une bibliographie (… essentiellement japonaise) et une présentation des personnages et du concept de l’auteur, enfin un sommaire des quatre parties et une page finale expliquant la démarche de la collection Kurosavoir. On aurait aimé quelques documents de prolongation supplémentaires.

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Dans la seconde moitié du XIX° siècle l’Angleterre est résolument entrée dans la révolution industrielle, accompagnant son lot d’ouvriers pauvres et une explosion des inégalités avec une bourgeoisie capitaliste qui, engoncée entre sa domination absolue sur la société et sa morale chrétienne, ne sait que faire des ces hordes de miséreux. L’influence de l’universitaire Thomas Malthus et sa théorie sur le principe de population aboutira à la suppression en 1934 des lois sur les indigents installées depuis le XVI° siècle pour aider les miséreux.

Essai sur le principe de population simple (Kurokawa)La collection Kurosavoir a été lancée en 2019. Elle comporte actuellement huit volumes traitant autant d’ouvrages majeurs des sciences sociales que de classiques de la littérature. Elle fait suite à une collection analogue chez Soleil manga (« classiques ») lancée en 2011 et qui comporte vingt et un ouvrages, le dernier sorti en 2013. Ces collections qui proposent de véritables manga abordant des ouvrages ou des théories classiques se distinguent de la collection La petite Bdthèque des savoirs du Lombard qui propose plus des sortes de Que-sais-je que des albums de BD.

Pour ma découverte de cette collection je suis plutôt agréablement surpris. Malgré une forme éditoriale un peu austère, j’ai été surpris de trouver un véritable manga avec un scénario reliant les personnages de trois courtes histoires qui illustrent différentes implication de la pauvreté en Angleterre victorienne et les limites des thèses de Malthus. On suit ainsi Malthus dans un premier chapitre où des bourgeois viennent le consulter sur ce qu’il convient de faire pour réduire la pauvreté, ce qui permet de nous expliquer le Principe de population. Ensuite vient l’histoire d’Oliver (… Twist), un orphelin qui subit la dure vie des hospices, illustrant le sort des pauvres et les limites des poor laws. Ensuite l’histoire d’Alexis Soyer, cuisinier français ayant fui la Révolution de 1830 pour devenir le meilleur cuisinier français de Londres et qui partit aider lors de la Grande famine irlandaise puis lors de la guerre de Crimée en inventant notamment la cuisinière portative de campagne. L’ouvrage se termine par l’histoire de Florence Nightingale, infirmière en chef lors de la guerre de Crimée et qui introduit la statistique dans la santé et la gestion des hospices.

La grande force de ce manga de vulgarisation est de ne pas essayer de rentrer dans des explications complexes mais bien d’illustrer à la fois la théorie de Malthus mais surtout le contexte de l’époque au travers de personnages historiques qui nous permettent à la fois de nous identifier et de comprendre les problématiques. Le découpage en quatre histoires permet en outre une aération du récit pourtant bien relié autour de cette problématique commune de pauvreté. Les auteurs abordent ainsi un très grand nombre de sujets passionnants qui donneraient presque envie de poursuivre ces histoires sur quelques tomes. Avec l’avertissement en préambule, ces histoires sont construites de manière à nous mettre en situation critique par rapport à l’établissement de la réflexion de cet économiste et pasteur (ce n’est pas un détail) qui publia sa première version au XVIII° siècle et qui comme beaucoup de théories classiques a beaucoup de limites mais Serie Essai sur le Principe de Population [BDNET.COM]permit d’influencer beaucoup d’intellectuels plus modernes tels que Darwin. On saisit ainsi subrepticement le paradoxes d’une théorie « pure et parfaite » conçue non pour s’appliquer au monde réel mais plutôt comme une idée mathématique comme le furent les idées des économistes classiques qui ne tenaient guère compte du facteur humain. Dans le manga nous voyons que ce sont bien les bourgeois dérangés par la question pauvre qui demandent de l’aide à Malthus et sont gênés aux entournures lorsqu’il leur explique qu’il ne faut pas aider les pauvres pour permettre une régulation naturelle de la population. Les chapitres suivants nous montreront concrètement les implications de cette théorie.

D’un dessin simple mais très efficace utilisant des personnages de souris anthropomorphes, l’Essai sur le principe de population est un remarquable manga de vulgarisation qui permet à un relativement jeune lectorat de s’initier à des problématiques socio-économiques du XIX° siècle fondatrices pour nos sociétés. Il a notamment toute sa place dans tout CDI de collège pour profiter de la popularité du manga (l’éditeur rappelle en post-face qu’un ouvrage illustré sur trois publié en France est un manga!) et apprendre de façon agréable.

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**·Comics·Numérique·Rapidos·Rétro

Batman au XIX° siècle

Comic de Brian Augustyn, Mike Mignola et Eduardo Barreto
Urban (2009), 114 p. one-shot.
Précédemment publié sous le titre Gotham by gaslight.

Bruce Wayne rentre d’un long voyage en Europe alors que sévissent à Londres les atroces crimes de celui qu’on dénomme déjà Jack l’éventreur. Alors que la vie mondaine commence à ennuyer l’héritier de Gotham, la police dirigée par le commissaire Gordon découvre des cadavres mutilés sur le même modèle que les victimes londoniennes… Bien vite le justicier nocturne de la cité reprends du service, bien décidé à protéger sa ville.

badge numeriqueAprès l’expérimentation d’Azarello et Bermejo sur Luthor j’ai décidé de me lancer dans une autre trouvaille qui remonte un peu, la variation steampunk sur Batman par monsieur Mignola. Sur le papier le paquet semble très alléchant avec un auteur réputé pour son exploration des mythes gothiques et l’idée d’une chasse entre le plus grand détective du monde Batman - Gotham by Gaslight - Mike Mignola, Brian Augustyn, Eduardo Barreto  - cartonné - Achat Livre | fnacet le plus grand assassin de l’histoire. Pour commencer je précise que l’album (assez court) rassemble deux histoires qui si elles ont pour point commun de se situer toutes deux dans une uchronique Gotham du XIX° (uchronique car transposant bien Bruce Wayne à cette époque et non son grand-père…), sont fort différentes tant graphiquement que scénaristiquement. Le principal apport original de ces histoires est de présenter un Wayne que l’on ne voit plus beaucoup dans les albums d’aujourd’hui: dandy, roublard et ravi de son mode de vie. On est bien loin du sombre milliardaire torturé et vaguement sociopathe… La brièveté des deux histoires rend au final cette lecture sympathique mais assez vide, loin d’une ambition supposée. La résolution de l’intrigue est finalement bien vite envoyée, sans enjeu réel sur l’itinéraire du Batman. Le design général ne déborde pas du simple gothique, le seul côté steampunk apparaissant dans la seconde intrigue et son dénouement surprenant. Contre toute attente le plus faible des deux est bien le Mignola même si le dessin du second épisode est sommes toutes vraiment classique et assez éloigné de l’aspect Dark-Knight… Au final cette lecture n’est pas franchement ratée mais bien peu ambitieuse et assez vite oubliée.

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***·BD·Nouveau !·Service Presse

L’oiseau rare #1: Eugénie

La BD!

BD de Cedric Simon et Eric Stalner
Grand Angle (2020), 53 p., 1/2 volumes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Grand Angle pour leur confiance.

Très belle édition avec une couverture alléchante, à la fois mystérieuse et révélatrice de l’atmosphère historique. L’album s’ouvre sur une introduction et se clôture par un cahier documentaire de sept pages comprenant des photographies historiques et revenant sur la Zone (les bidonvilles entourant Paris et terrain du récit), l’actrice Sarah Bernhardt qui apparaît dans l’ouvrage et le photographe Emile Atget à l’origine de l’album.

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Autour de Paris, de 1844 à 1930 s’étend une zone interdite à la construction, devant permettre de voir venir d’éventuelles attaques allemandes. S’y installent très vite des populations pauvres, parfois chassées par la spéculation immobilière des travaux haussmanniens, en un amoncellement de bidonvilles formant une société populaire inédite. Dans la Zone vivent Eugénie et ses acolytes, formant une improbable famille de truands. Le rêve d’Eugénie est de rebâtir le mythique théâtre l’Oiseau rare…

Dès les premières pages et le préambule on comprend que le cœur de ce projet est de faire revivre une certaine époque, ce fascinant XIX° siècle finissant, plein de sang et de larmes mais aussi d’espoir, époque que nous voyons aujourd’hui dans le reflet des pays du tiers-monde, du Brésil à une certaine Europe où immenses richesses côtoient la plus basse misère avec la juxtaposition de plusieurs sociétés que seule la Nation relie. En écho aux Yslaire, Tardi et Bourgeon , L’oiseau rare s’attache à un travail documentaire, faisant la part belle aux trognes qu’un Eric Stalner à la productivité débordante (plus d’un album par an depuis pfiouuuu…), issu de la tradition de BD historique Glénat, sait remarquablement croquer. La reconstitution nous emmène ainsi des bidonvilles de la Zone, sous-société tolérée par l’Etat en ce qu’elle se situe hors du champ de vision de la bourgeoisie, aux rapines dans les rues parisiennes. Ce sont ces séquences fort sympathiques, celles des petits œuvrant de malice pour détrousser le bourgeois ou le gros commerçant, qui attirent le plus l’attention du lecteur. Dans l’esprit rebelle d’un Robin des bois ou de Jay et Kita, on aime cette liberté, cette vie qui dénote avec une société parisienne corsetée (… que l’on ne voit guère dans l’album).

https://www.ligneclaire.info/wp-content/uploads/2020/08/LOiseau-rare-1-800x1083.jpg.webpC’est sur l’intrigue en revanche que la réussite fléchit. Comme une fausse bonne idée, le scénariste dit partir d’un cliché, il est vrai fascinant, pour décrire l’itinéraire d’une jeune fillette idéaliste et emplie de joie. Il n’y a pas de pathos dans cet album qui laisse l’inquiétude de côté hormis concernant le grand-père qui cache un secret révélé en fin de tome. Mais un portrait ne suffit pas et en refermant l’album on a l’étrange impression d’avoir fait du sur-place après un voyage de carte postale documentaire dans l’arrière-cour de la République. On apprend à découvrir les personnages, la pègre, avec quelques séquences mystérieuses bien amenées. Techniquement c’est solide. Mais l’histoire semble finalement moins importer aux auteurs que le cliché, comme cette irruption de Sarah Bernhardt finalement assez brève et périphérique qui semble se justifier par le seul caractère historique du personnage. L’histoire est prévue en deux volumes et il ne faut pas condamner une intrigue peut-être prévue en progression.

Ce diptyque commence donc agréablement pour peu que l’on se passionne pour cette époque et pour les récits des gens de peu. L’ouvrage profite de dessins très réussis d’un Stalner inspiré et l’on espère quel’intrigue saura dépasser la seule intrigue familiale en proposant dans le second volume une tension un peu légère jusqu’ici.