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Empyre volume 1/4

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Premier volume de 168 pages de la mini-série écrite par Dan Slott et Al Ewing, dessinée par Pepe Larraz. Contient le premier numéro de la série ainsi que les prologues consacrées aux Avengers et aux Quatre Fantastiques.

Peur bleue et enfer vert

Dans notre réalité, il existe des conflits ancestraux, interminables, entre deux ennemis héréditaires, et dont peu de gens se souviennent des événements déclencheurs, comme par exemple le conflit israélo-palestinien. L’univers 616 de Marvel (la continuité classique, donc) reflète bien cet état de fait, au travers de la fameuse guerre Krees-Skrulls.

Les Krees sont une civilisation intergalactique fondée sur des valeurs guerrières, des sortes de spartiates de l’espace, à l’esprit conquérant et impitoyable. Les Krees ont déjà, par le passé, interféré avec l’Humanité, notamment par le biais d’expérimentations ayant engendré le peuple Inhumain. L’un des grands héros de l’écurie (et l’un des rares à ne pas avoir été ressuscité) Captain Marvel, premier du nom, est un guerrier Kree qui, par amour pour l’Humanité, a tourné le dos à son peuple pour devenir protecteur de la Terre. Après sa mort tragique, son titre revint à son faire-valoir de l’époque, le Colonel Carol Danvers, qui après des années passées sous les alias de Miss Marvel, Warbird ou Binaire, assuma enfin son héritage pour s’émanciper et devenir la nouvelle Captain Marvel.

Les Skrulls, quant à eux, sont des êtres métamorphes organisés eux aussi en civilisation intergalactique. Expansionnistes et belliqueux, ils utilisent leurs dons pour infiltrer les mondes cibles et utilisent ensuite leur technologie supérieure pour en prendre le contrôle. Depuis la destruction de leur planète par Galactus, les Skrulls ont des vues sur la Terre, qu’ils convoitent pour eux-mêmes. Motivés par une ferveur religieuse, sous la forme d’une prophétie qui leur promettait le salut sur Terre, ils ont tenté, en 2008, de conquérir la Terre après avoir remplacé de nombreux héros par leurs propres agents (Secret Invasion). Lors de cette attaque de grande ampleur, on s’apercevait que Hank Pym, Spider-Woman, Elektra, Flèche Noire et d’autres avaient été remplacés par des Skrulls, causant la confusion et semant la paranoïa parmi les héros.

Pris séparément, ces deux factions représentent déjà une menace pour l’Humanité. Mais si l’on prend en compte le conflit millénaire qui les oppose, le risque augmente alors de façon exponentielle. En effet, Krees et Skrulls se mènent une guerre sans merci à travers les galaxies, sans que les uns ou les autres ne prévalent jamais. Ce conflit s’est délocalisé sur Terre à plusieurs occasions, mais la plus connue reste la Guerre Krees Skrulls, racontée dans la saga éponyme dans les années 70.

Au milieu de tout ça, il existe un personnage, Teddy Altman alias Hulkling, qui, dans la série Young Avengers, découvrait son double héritage. Fils de Captain Marvel, héros Kree, et d’une princesse Skrull, il était le pont improbable entre les deux espèces, hybride porteur d’un message d’espoir et de paix. Malheureusement, qui veut la paix doit proverbialement se préparer à faire la guerre. Ainsi, Teddy, hissé à la hâte et bien malgré lui sur le trône des deux empires, subit le lobby des deux parties afin de les unifier contre un ennemi commun, la Terre…

Skrulls et autres Kree-minels

Comme à l’accoutumée, les Avengers, les plus puissants héros de la Terre, sont en première ligne pour accueillir la flotte combinée des Skrulls et des Krees. Mais ils ne sont pas seuls, car cette fois les Fantastiques, habitués aux contacts avec ces civilisations belliqueuses (Reed Richards, lors d’une des premières aventures des FF, avait hypnotisé des espions Skrulls pour les transformer en…vaches, qui furent plus tard mangées par des humains, entrainant des conséquences inattendues…mais c’est une autre histoire), sont aussi de la partie.

Les héros découvrent, via un appel de détresse, que Sequoia, le Messie Céleste, fils de deux anciens Avengers, est toujours en vie, et que son peuple, les Cotatis, sont la cible réelle de la coalition Kree-Skrull. Entre un jeune empereur réticent et dépassé par les événements, et deux races aliens prêtes à pulvériser la planète pour régler leurs différends, les Avengers et FF auront fort à faire tout au long des quatre volumes de la série.

Pour les lecteurs aguerris, les schémas de Marvel finissent par apparaître clairement, au bout de quelques années. Qui dit schéma dit redondance, et c’est ainsi que les cycles marveliens ont tendance à se répéter, pas forcément sur la forme, mais au moins sur le fond. En même temps, il faut bien avouer que les grandes sagas, tradition de l’éditeur, n’ont qu’un nombre limité de thèmes à aborder, si bien qu’il faut souvent recycler.

Ainsi, l’on passe de House of M (2005) à House X (2020) , de Civil War (2006) à Civil War 2 (2016), de Fear Itself(2011) à War of the Realms (2020), de la Guerre Kree-Skrull (1971) à Secret Invasion (2008) puis à Empyre. Il s’agit donc, pour le fan, de lutter contre l’éventuelle lassitude en prenant ces events pour ce qu’ils sont, un divertissement proposé à échéance régulière, et mettant en scène nos héros favoris.

Le minimum syndical que nous sommes en droit d’exiger, c’est donc, outre la partie graphique, des personnages bien campés, de l’action, si possible spectaculaire, et une intrigue un tant soit peu rythmée et cohérente.

Ce premier numéro d’Empyre (prononcer Aime-Paille-Heure), si l’on fait preuve d’indulgence quant à ses inévitables prologues, offre donc une entrée en matière tout à fait satisfaisante et promet une saga divertissante, à défaut d’être complètement révolutionnaire. Action ? check. Nos héros favoris ? check. Rebondissements ? check.

Vous l’aurez compris, rien de transcendant à ce stade, mais l’on peut faire confiance à Dan Slott et Al Ewing pour nous faire voyager, en faisant écho à l’héritage riche de Marvel et de sa longue continuité.

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Doggybags #17

La BD!

Dix-septième et dernier tome de la série d’anthologie créée par RUN, avec Nikho, Florent Maudoux, Diego Royer au scénario, Nikho, Allanva et Petit Rapace au dessin. Parution le 21/05/21 au Label 619 des éditions Ankama.

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Merci aux éditions Ankama pour leur fidélité.

This is the end

Clap de fin pour la série phare du Label 619, qui aura su au fil des numéros s’iconiser toujours plus tout en conservant son crédo d’origine, à savoir intégrer et mettre en avant de jeunes auteurs désireux de revisiter le genre grindhouse.

Ce chant du cygne version 619 nous réserve trois histoires courtes, dans autant de genres différents: De Monocerote, Birds of a Leather et Ténéré.

Le premier chapitre nous ramène chez ces bons vieux vikings, qui se disputent, de gentille arnaque en trahison fratricide, une corne prise à une créature légendaire : la Licorne. Lui prêtant des vertus magiques, les guerriers norrois vont se la disputer égoïstement, aveuglés par leurs désirs de grandeur, avec de bien funestes résultats. Ce récit met en exergue l’avidité intrinsèque de l’homme et la toxicité de ce dernier au sein même des sociétés qu’il a érigées. Le dessin de Nikho s’est amélioré depuis Horseback 1861, mais contient toujours des approximations anatomiques, que l’on pardonne davantage sur un format court tel que celui-ci. On ne peut toutefois s’empêcher de noter que l’auteur a du recourir au script doctoring de Mathieu Bablet, ce qui, conjugué à sa marge de progression manifeste sur Horseback, nous laisse penser qu’il n’est pas encore tout à fait mûr pour se lancer en solo et livrer un album qualitatif.

Le second chapitre, nous plonge dans les méandres de la folie, à travers le regard d’Helen, une femme de sénateur vivant dans l’ombre de la défunte épouse de ce dernier, et victime d’une sorte de délire lui faisant endosser les forces totémiques des fourrures animales qu’elle aime arborer. Ce récit-là nous rappelle un cruel paradoxe qui veut que seuls les humains sont capables d’actes inhumains, les animaux, régis le plus souvent par l’instinct (mais aussi par des émotions, détrompons-nous), n’agissant quant à eux jamais par malice. Si l’on prolonge la réflexion, on s’aperçoit alors qu’il est un tant soit peu malhonnête d’affubler des caractéristiques animales à des traits exclusivement humains (les vautours pour l’opportunisme et l’ambition crasse, par exemple, ou la vanité pour le paon). Au niveau de la narration, Bird of a Leather souffre d’un certain hermétisme lors de la première lecture, mais gagne néanmoins à être lu une seconde fois pour en saisir les subtilités.

La troisième partie prend place au cœur du Sahara, où une famille de touristes inquiets et leur guide sont traqués par des Touaregs. L’attrait de cette dernière histoire réside moins dans son twist final, décelable dès les premières pages, que dans son ambiance inquiétante et son rythme enlevé.

Cette charge finale rend honneur à l’ensemble de la série sans toutefois la transcender. Ce dernier numéro nous rappelle malgré tout l’impact important du Label 619 dans le paysage éditorial français, et l’espace que laisse Doggybags, après dix ans d’existence tonitruante, devra certainement être comblé d’une façon ou d’une autre.

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Big Girls

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Récit complet en 144 pages, écrit et dessiné par Jason Howard. Parution le 01/04/2021 chez 404 Comics

You are beautiful

Le monde tel qu’on le connaît s’en est allé (encore!). Un virus protéiforme nommé « le Mega Organisme » s’est attaqué aux enfants, notamment aux mâles, pour en faire des monstres dont la difformité n’a d’égale que la taille. Ces créatures, que l’on surnomme les « Jack« , ont ravagé la planète, obligeant les survivants à se retrancher au sein de zones sécurisées, dont la plus grande est la Réserve

Toutefois, aucun rempart, aucune muraille ne saurait retenir ces colosses destructeurs. La seule arme viable, ce sont les Big Girls, des femmes touchées par le Mega Organisme, ce qui leur confère une taille gigantesque, préservées des horribles mutations grâce à leurs gènes XX. Emberline, jeune fille de la campagne, est découverte enfant par l’officier Tannik, qui en la recrutant l’emmène à la Réserve, loin des siens. Là bas, elle est entraînée et conditionnée à repousser toutes les attaques de Jacks, aidée dans sa tâche par deux autres guerrières géantes, qui forment le seul rempart entre les humains et l’anéantissement. 

Malgré les ravages causés par ces monstres, Ember ne peut s’empêcher de ressentir la tragédie des Jacks. Enfants innocents, leur seule alternative est d’être supprimé par Tannik et ses hommes ou de se transformer en géant sans âme. Sans-âme ? Ember se pose souvent la question, car, en observant de plus près leurs comportements violents et destructeurs, il semble à la jeune femme que quelque chose cloche, comme s’il y avait encore quelqu’un sous la carapace mutante… 

Attack of the Fifty Foot Woman

Jason Howard, que l’on connaissait jusque-là pour The Astounding Wolf Man et Trees, construit un récit au pitch délirant mais basé sur des thèmes sérieux et d’actualité. En effet, depuis quelques années maintenant, il est devenu nécessaire de mettre en lumière les écarts de l’engeance masculine, et les tourments qu’ils causent à la Femme. Pour cela, Howard met en place une métaphore, certes pas très subtile, mais qui a le mérite de la clarté: les Hommes sont des monstres dont la violence a ravagé les sociétés, et seules les femmes peuvent se dresser face à eux pour espérer les endiguer. Et, vous ne l’ignorez pas, ajouter des géants est un facteur instantané de coolitude pour n’importe quelle histoire (je vous invite d’ailleurs à vérifier, allez-y ! Imaginez du géant dans n’importe quelle histoire, et vous verrez !)

En lisant le pitch, j’ai immédiatement pensé au hashtag #éduquetonporcelet, qui avait suivi le fameux (et nécessaire) #balancetonporc. Ce hashtag laissait entendre, malheureusement, que les dérives dénoncées par BTP étaient la résultante de traits intrinsèques au genre masculin, et que, si certains hommes sont bel et bien des porcs, alors les garçons, qui ne sont finalement que des hommes miniatures, ne peuvent être considérés que comme des futurs porcs en puissance. L’ajout de la notion d’éducation vient instaurer la célèbre dichotomie de l’inné contre l’acquis, ce qui présuppose qu’un garçon nait avec des caractéristiques violentes et sexistes, et que seule une éducation adéquate permettra de le sauver des affres du sexisme. Si on poursuit le raisonnement, il apparaît que le #éduquetonporcelet vient planter l’idée que la bonté et la décence ne peuvent être que les fruits d’une éducation propice et en aucun cas de qualités intrinsèques à l’individu. 

Howard, pour en revenir à notre sujet, ne fait pas l’écueil de la généralité dans son Big Girls. Tous les jeunes mâles ne se transforment pas en monstres, mais ceux qui le font sont soit éliminés, soit ostracisés pour ne vivre qu’en marge de la société. Il faudra alors à Ember toute la bonne volonté du monde pour faire éclater la dérangeante vérité autour des Jacks et du Mega Organisme, et instaurer un nouveau paradigme qui inclut ces êtres, certes dangereux, mais toujours humains. Outre la place de la Femme et les dangers induits par les comportements masculins, l’intrigue de Howard nous met en garde contre les dérives belliqueuses (tient, encore une résonnance avec l’actualité…) et les modes de pensée sectaires qui les accompagnent souvent.

Chaque personnage a de bonnes raisons pour agir comme il le fait, et le tout s’imbrique toujours adéquatement dans les thématiques de l’auteur (Tannik qui chasse les Jack pour des raisons personnelles en mode Achab tout en prétendant servir l’intérêt général, Ember qui doute de plus en plus de son crédo, Gulliver qui se sert des Jack, etc).

Big Girls est donc plus qu’un prosaïque divertissement, il nous interroge sur les fondements de notre société et nous pousse à les remettre en question. Le tout avec des GÉANTS.

 

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Plunge

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Comic de Joe Hill et Stuart Immonen et Dave Stewart (coul.).
Urban (2021) 168p., one-shot.

bsic journalismMerci aux éditions Urban pour leur fidélité.

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Lorsque les frères MacReady reçoivent la visite d’un ponte de la multinationale Rococo corp. ils ne se doutent pas vers quel enfer ils partent… Embauchés pour récupérer le chargement d’une épave coulée il y a quarante ans, ils embarquent avec la biologique Moriah Lamb vers une île du détroit de Béring. Un voyage vers le froid et l’horreur dans ce coin reculé…

Joe Hill est l’auteur de la réputée série de comics Locke & Key (dont l’adaptation Netflix est diffusée en 2020)… et accessoirement fils de Stephen King. S’il a tenu à débuter sa carrière sous pseudo pour ne pas profiter de la notoriété de son père, il n’en subit pas moins (et c’est bien normal) l’influence en se rangeant dans le domaine de l’horreur matinée d’Amérique profonde. La post-face étonnante de modestie indique sans détour la volonté de se rattacher au cinéma fantastique des années quatre-vingt et au chef d’œuvre intemporel, The Thing de John Carpenter. Ainsi Plunge est bien un hommage croisé à John Carpenter (pour la forme) et à HP Lovecraft (pour le fonds)… le premier ayant par ailleurs construit son œuvre dans l’univers du maître de Providence.

Plunge de Joe Hill & Stuart Immonen en VF chez UrbanToujours méfiant lorsqu’un héritier débarque avec un attelage impérial (Stuart Immonen de retour dans le comics c’est un sacré évènement même si son embauche par Mark Millar n’avait pas fait que des étincelles…), j’ai été totalement happé par cet album dès les toutes premières pages. Par les dessins bien sur, le duo d’Immonen avec son coloriste Dave Stewart étant parmi ce qui se fait de mieux (le coloriste a par exemple bossé sur le Magic Order de Coipel ou avec Tim Sale sur Catwoman a Rome). Pour une première immersion dans le genre, le canadien nous explose les rétines par ses encrages profonds bien connus, par l’expressivité de ses visages et par son style tout simplement. Quand beaucoup d’illustrateurs réalistes abusent un peu trop de visages d’acteurs de cinéma pour créer leurs personnages, Immonen s’inspire mais reste évocateur, original, et renforce en cela la spécificité de sa création. A la fois dynamique, graphique et incroyablement efficace dans les plans devant faire peur, le dessinateur a bien entendu un rôle central dans l’efficacité de ce one-shot fantastique comme le reconnaît Joe Hill lui-même.

Pourtant le scénariste n’est pas un manche, proposant un découpage et un cadrage qui reprend les codes du cinéma tellement bien qu’on sent le mouvement, la musique et la tension monter. Rarement j’ai autant frémi à la lecture d’une BD, avec le petit sourire en coin de la peur confortable du canapé… Surtout, je découvre un sacré dialoguiste qui donne vie à des personnages que l’on capte par ce qu’ils disent et non seulement par leur coupe de cheveux. On rit aux punchlines pourries et beauf de ces sauveteurs ricains et aux situations décalées destinées à renforcer la montée dans l’horreur. On connaît les mécanismes, Hill aussi et c’est pourtant toujours aussi efficace! Etonnant que l’écrivain n’ait pas encore percé au cinéma tant nous sommes tous terriblement orphelins du cinéma de John Carpenter…

Plunge_3_4Album quasi-parfait jusqu’à la moitié du récit et l’irruption du fantastique pur, Plunge souffre alors malheureusement de la malédiction quasi-inévitable du genre. S’il évite la grandiloquence qui fait souvent sombrer les meilleurs pitch dans le n’importe quoi, Hill ne sait pourtant pas bien comment se dépatouiller de son histoire dès lors que les Grands anciens débarquent dans son intrigue. Signe d’une certaine fébrilité, son récit jusqu’ici construit avec une progressivité remarquable souffre alors de sauts de découpage qui laissent circonspect, avec le sentiment d’avoir loupé une scène. Manque de communication entre le scénariste et son dessinateur? On ne le sait, mais certaines images à l’approche de la fin restent sans explications. Normal dans un récit fantastique direz-vous… Sauf que ces problèmes marquent la compréhension de l’action et non la seule conclusion naturellement ouverte. Quel est ce soudain bandage de Gage? Quelle est cette gigantesque écoutille? Où l’indien a-t’il subi cette blessure?… Petit caillou dans une chaussure pourtant extrêmement confortable, cette fin saccadée rompt un peu le charme (… de l’horreur) d’une aventure en compagnie de personnages qu’on aurait aimé côtoyer plus longtemps et que l’on espère très vivement retrouver sans tarder au cinoche (avec, j’espère, plus de réussite que sur les adaptations du papa)…

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****·BD·Jeunesse

Voro #6: L’armée de la Pierre de Feu troisième partie

Troisième tome du second cycle de la série écrite et dessinée par Janne Kukkonen. 140 pages, parution le 14/10/2020 aux éditions Casterman

Mes chers parents, je vole

Son ombre planait insidieusement au dessus du royaume depuis le premier tome, les Trois Rois avaient tenté le tout pour le tout afin de le bannir, mais il est de retour: Ithiel, prince de la Flamme, roi du Brasier, a été ressuscité par Lilya dans le tome 3 suite à un concours de circonstances. 

Désormais revenu au faîte de son pouvoir, et soutenu par sa Tribu du Feu, Ithiel engage la lutte pour remettre la main sur un artefact qui lui permettra de commander à une armée de géants de sa création. Créatures invincibles, ces géants obéissent à quiconque possède la Pierre du Feu, raison pour laquelle elle fut scindée en plusieurs fragments. 

Hélas, manipulée par le prince héritier, Lylia a livré les fragments à la Tribu du Feu, qui est désormais en mesure de mettre ses plans à exécution. L’âge de l’Homme touche-t-il réellement à sa fin ?

Voler la Lune

Anticipée depuis la fin du premier cycle, voici enfin venue la confrontation entre le démon du Feu et notre jeune apprentie voleuse. L’affrontement est à la hauteur de nos attentes, malgré le fossé qui sépare la chapardeuse de son adversaire. L’auteur creuse substantiellement le passé du seigneur du feu, qu fait allusion à une trahison qu’il aurait subie de la part de la mystérieuse Demoiselle de la Lune, évoquée brièvement lors du premier cycle comme étant une icône vénérée autrefois par la Guilde des Voleurs.

Ce choix resserre le champs narratif en liant deux items importants de l’univers imaginé par l’auteur finnois. Et c’est tant mieux, car sur cette fin de cycle, les spécificités de voleuse de Lylia sont nécessairement moins marquées, la jeune fille devenant ici une héroïne un peu plus classique. Il est clair en effet que l’auteur a éclusé durant ces six tomes le potentiel des situations liées au vol et à la ruse, le forçant en quelque sorte à changer de braquet avec sa protagoniste.

Cette fin de cycle porte une teinte résolument plus sombre que les précédentes, mais promet une suite encore plus épique ! Voro confirme son statut d’excellente série jeunesse, à lire !

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Le livre des merveilles

La BD!
BD d’Etienne le Roux et Vincent Froissard
Soleil (2021), 76p., one-shot.

bsic journalismMerci aux éditions Soleil pour leur confiance.

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Un vieil homme tire péniblement une carriole en rejoignant Rimini où l’attend un navire. Au jeune homme fasciné par son accoutrement et qui offre de l’aider, l’oriental raconte alors le fabuleux voyage qu’il entreprit enfant vers l’Orient où à la cour du grand Kubilaï Khan, le plus grand empereur que le monde n’ait jamais connu, celui qui se faisait appeler Marco Polo il parcourut le monde et des merveilles inimaginables…

Bam! Il est des livres qui restent bloqués dans vos mains, refusant de se refermer, les yeux comme collés aux planches que l’on ne finit pas de parcourir à la découverte de nouvelles merveilles. Comme le précédent du duo, un couple artistique qui est en train de poser sa marque dans l’univers de la BD! Les deux ont commencé dans l’écurie Delcourt à la grande heure des albums SF en compagnie des Lauffray (le Serment de l’ambre c’est eux qui l’ont repris à sa suite), Le Roux d’abord aux dessins avant de migrer vers la plume quand son comparse Froissard a officié essentiellement aux couleurs avant de commencer à dessiner épisodiquement, déjà avec son style actuel marqué par une matière et un effet de flou saisissant, affinant sa technique pour arriver aujourd’hui avec clairement le plus bel album (si ce n’est le meilleur?) de l’année entamée.

Bien arrivé dans la toujours esthétique collection Métamorphose, Le livre des merveilles est graphiquement proche de la Mille et unième nuit, qui revisitait déjà un récit mythique et du précédent qui illustrait le récit de voyage d’un aventurier allemand. On voit que la recette ne change pas mais se précise pour le duo. Ce qui marque chez Vincent Froissard c’est outre son utilisation d’une technique artisanale dont l’aspect flouté peut rappeler une Cruchaudet, une maîtrise de la profondeur sidérante. Sur un découpage généreux proposant de très grandes cases, proches du format manga avec parfois deux-trois vignettes voir des pleines pages, on se retrouve happé par un monde décrit de manière poétique, aux contours toujours imprécis, nimbé de voiles permanents qui découpent des silhouettes itinérantes quand ce ne sont pas des géants dont on distingue le contour lointain. Chacun de ses dessins est construit avec la volonté de nous immerger en proposant un grand nombre de plans qui font vivre des décors tous incroyables. La variété des décors permet ainsi subtilement de reprendre les estampes chinoises qui s’insèrent parfaitement dans le style du dessinateur. On pourra noter une gamme de couleurs assez ternes qui sont rehaussées par une utilisation de fins fils d’argent ou d’or donnant un relief qui fait presque sortir les personnages et éléments du cadre. Il ressort de cette technique très particulière et multiple un effet de trois dimensions rarement vu en BD.

Alternant entre le petit voyage du vieillard et ses quelques péripéties et l’immense périple de vingt-quatre ans de Marco Polo à travers l’Asie le récit est bien entendu très narratif, sur un texte très finement ciselé qui nous envoie dans ces pays de cocagne semi-fantastiques. Car le récit (et son illustration graphique) abonde d’éléments qui semblent sortis de l’imaginaire du voyageur… à moins qu’il n’illustre la réalité d’un monde inimaginable? C’est ce double jeu entre le récit historique et l’imaginaire fantastique participe à faire de cet album one-shot (et qui aurait-pourrait donner lieu à une suite sans forcer l’intrigue) un formidable dépaysement à la lisière entre l’adaptation et la fantasy. Jusqu’à un dénouement d’une grande intelligence qui interroge sur la réalité du récit et mets en abyme la vie passée du vieillard et celle débutant du jeune apprenti, bouclant parfaitement et logiquement un projet parfait jusqu’à la dernière page.

C’est bien sur d’abord les phénoménales planches qui font au premier chef de cet album un chef d’œuvre graphique mais elles s’appuient sur une narration d’une grande fluidité qui ferait dévorer l’album si notre regard n’était pas bloqué sur les mille et un détails des dessins. Magnifique ouvrage qui fait honneur au mythique récit de Marco Polo, Le livre des merveilles est (pour l’instant) le sommet de la carrière des deux artistes et un album indispensable à votre bibliothèque. Et l’on se demande bien lequel des innombrables récits picaresques de la littérature ils vont vouloir adapter par la suite pour notre immense plaisir.

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Bitter root #2: la rage et la rédemption

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Comic de David Walker, Chuck Brown, Sanford Green et Rico Renzi
Hi comics (2021) – Image (2020), 160 p.

Lauréa du Eisner award 2020 pour la meilleure série.

bsic journalismMerci aux éditions Hi comics pour leur confiance.

Après un premier album très porté par l’éditeur qui en fait sa tête de gondole (à raison vu l’Eisner raflé apparemment unanimement par la profession), ce second est construit de la même manière avec un très gros cahier final empli d’analyses de chercheurs et spécialistes de la culture et de l’histoire des noirs américains et de la littérature imaginaire. A l’heure du #blacklivesmatter et des controverses lunaires en France sur les réunions des minorités voir la puissance militante des noirs américains fait du bien. L’éditeur a ajouté également les toujours intéressantes étapes de conception de pages avec storyboard et travail sur la couleur. Niveau édition c’est royal et mérite bien entendu 1 Calvin.

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Le jeune Cullen a été aspiré dans l’autre monde et y découvre une armée de combattants en première ligne face aux hordes infernales… Pendant ce temps la famille entame un périple dans le Sud profond à la rencontre de Walter Sylvester, à l’origine de la venue du Mal, qui prends conscience que sa souffrance provoque la dévastation du monde…

Bitter Root Tome 2. La rage et la rédemption de David F. Walker - Album -  Livre - DecitreAprès un sacré coup de maître réalisé sur le premier Bitter Root, les auteurs passent la seconde en changeant assez radicalement la construction narrative en prenant le risque de la complexification. Et je dois dire qu’il faut s’accrocher pour suivre ces séquences qui alternent très souvent les lieux, les époques, les personnages à différents âges, voir les dimensions… La première séquence, la plus linéaire, introduit plusieurs artistes (plutôt pas mal) pour nous narrer plusieurs flashbacks sur des membres de la famille et surtout introduire l’élément moteur de l’intrigue, le massacre de Tulsa, déjà vu récemment dans la série Watchmen qui en faisait également un axe central. Ce moment majeur dans le racisme violent du KuKuxKlan devient fondateur dans la genèse du mal qui ronge le docteur Sylvester, grand méchant du premier tome et dont ce volume suit l’itinéraire rédempteur dans le Sud profond. Densifiant le background historique de la famille Sangerye (la première page présente d’ailleurs un arbre généalogique totalement vital pour rester accroché), ce second tome progresse peu dans l’intrigue au risque de la redondance.

Bitter Root (2018-) Chapter 10 - Page 10Etrangement il y a très peu de révélations dans ce volume justement titré « Rage et rédemption » et surtout la personnification du mal dans le racisme des blancs transformés en monstres disparaît presque pour quelque chose de plus classique: le démon Adro qui incarne bien sur cette haine mais qui perd l’originalité précédente. Du coup si les relations entre les membres de la famille sont toujours aussi réussies et complexes on reste sur une sorte d’intermède narratif jusqu’à un dénouement qui semble boucler avec la fin du premier volume. C’est donc bien l’opus du méchant, une forme de renaissance qui nous est contée en brouillant pas mal la structure mise en place.

Comme souvent le passage de la seconde est compliqué narrativement parlant et je dirais qu’en brouillant un schéma plutôt linéaire sur le premier acte les auteurs atténuent la portée de la parabole. S’ils oublient de créer le moment d’action qui devait élever la tension dramatique ils justifient les chapitres précédents et transforment un méchant en probable allié tout puissant, en attendant de voir d’où va renaître le danger dans l’acte trois…

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Carthago #12: Albinos

La BD!

Douzième tome de 59 pages de la série Carthago, écrite par Christophe Bec et dessinée par Ennio Buffi. Parution le 03/02/2021 chez les Humanos.

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Merci aux Humanos pour leur confiance.

Les Dents de l’Amère

Suite et fin du diptyque consacré au personnage de Kaine, hybride d’humain et de triton dont l’existence avait été prouvée dans les précédents cycles de la série. Kaine, du fait de ses particularités physiques, ne passe jamais inaperçu dans les endroits où il passe. Rejeté par certains et traqué par d’autres, Kaine mène une vie de paria et de fugitif. Tombé entre les griffes de Wolfgang Fiersinger, le Centenaire des Carpates, le jeune hybride a subi la curiosité déshumanisante du collectionneur jusqu’à sa fuite. Poursuivi de toutes parts, Kaine avait fini par tomber à nouveau en captivité, exposé telle une bête de foire par des malfrats indonésiens (tout prend son sens dans le contexte).

Mon ami le Meg

Chez un être né de l’union de la Terre et de la Mer, la liberté est un appel inévitable. Aussi Kane s’échappe-t-il encore une fois pour retrouver les étendues aquatiques. Il apprend alors que les ports sont en ébullition suite à une série d’attaques commises par ce qui s’apparenterait à un Mégalodon, créature antédiluvienne, prédateur le plus féroce à avoir jamais parcouru les océans réapparu mystérieusement.

Le jeune hybride n’est pas qu’un bon nageur: son héritage de triton l’affuble d’une sensibilité particulière et d’un lien mystérieux avec les animaux aquatiques. Kane le sent: le Mégalodon Albinos traqué par tous les chasseurs de requin en mal de reconnaissance court paradoxalement un grand danger. Il s’embarque donc dans une course contre la montre afin de sauver ce trésor de la Nature.

Christophe Bec poursuit son exploration des origines de l’un de ses personnages principaux. Dans ce préquel, on retrouve les incontournables piliers de la série, London Donovan, Fiersinger et l’Albinos. Néanmoins, c’est bien Kane qui demeure au centre de l’intrigue, lui et son lien privilégié avec l’océan. Les scènes d’action puisent dans les parangons du genre et offrent quelques moments bien rythmés. La qualité du dessin d’Ennio Buffi est désormais notoire et participe en grande partie à l’attrait de l’album. Ce douzième tome raccroche les wagons avec l’intrigue principale tout en révélant les origines d’une protagoniste.

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Folklords #1

East and west

Premier tome de la série écrite par Matt Kindt et dessinée par Matt Smith, qui comprend les 5 premiers épisodes du comic initialement publié par BOOM! Studios. Parution en France chez Delcourt le 03/02/2021.

La quête des quêtes

Ansel n’est pas un garçon comme les autres. Alors que tous les jeunes de son âge se questionnent sur la Quête qu’ils choisiront de mener à bien, Ansel connaît déjà la sienne. Pour lui, point de Toison d’Or, ni de trésor caché, ni de dragon, ni princesse à délivrer. Bercé par ses rêves récurrents, dans lesquels il voit un monde étrange, fait de hauts bâtiments, de charriots sans chevaux et d’engins volants, il ne rêve que de quitter son village pour trouver le « Maître-Peuple » et ainsi découvrir ce monde caché.

Tout serait plus simple pour Ansel si son village n’était pas sous le joug autoritaire des Bibliothécaires, une secte qui bannit la simple mention de ce « Maitre-Peuple ». S’il souhaite mener à bien sa quête, et ainsi trouver des réponses, Ansel va devoir braver l’interdit, ce qu’il fera accompagné de son ami elfique Archer. Leur mission va les confronter au secret le mieux gardé du monde, que tous, elfes, trolls ou gnomes, sont loin d’envisager.

Désenchantement du monde

Sur la route, les péripéties vont s’enchaîner pour les deux héros débutants. Peu rompus aux principes de la quête fantastique, Ansel et Archer vont d’abord rencontrer Laide, une force de la nature qui espère rencontrer le prince charmant qui la soulagera du « sortilège » qui la prive de sa beauté. Mais avant de s’en faire une alliée, il leur faudra échapper au tueur qui sévit dans la Forêt…

Rien d’étonnant à ce que l’on retrouve une nouvelle traduction d’une œuvre signée Matt Kindt, tant ce scénariste a su s’imposer grâce à des séries originales et bien pensées (Ether, Black Badge, Mind MGMT). Avec Folklords, il s’empare des contes de fées et de la fantasy (ce qu’il faisait déjà avec Ether dans une certaine mesure) et provoque un effet miroir qui retourne le paradigme habituel. Ici, ce n’est pas un garçon ordinaire qui va découvrir un monde fantastique, mais un garçon issu d’un monde fantastique qui rêve de notre monde.

Matt Kindt plonge donc son héros dans un abîme de perplexité et sème les graines d’une révélation méta comme les auteurs de comics indé aiment en faire depuis un certain temps. En lisant le quatrième chapitre, j’ai eu l’impression de retrouver le concept développé il y a quelques années par Mark Millar dans son controversé Unfunnies. Bien entendu, Matt Kindt y ajoute sa patte en se détournant in extremis de cette conclusion attendue.

Comme de coutume, Kindt sait travailler ses personnages pour les rendre attachants dès les premiers chapitres. Ainsi, Ansel, a-t-il tout du protagoniste sympathique, ayant tout de même suffisamment de particularités pour ne pas devenir générique. L’auteur altère suffisamment les clichés fantasy pour que chaque concept soit original, ce qu’il devra néanmoins faire pour conserver l’intérêt durant la seconde partie.

La partie graphique de Matt Smith apporte une touche efficace de simplicité à la mise en abyme de Kindt. Son trait à des similitudes avec celui de Duncan Fregedo, qui de façon assez ironique, est aussi présent dans la galerie d’illustrations faisant office de bonus.

Folklords est une aventure exploitant des lieux communs galvaudés pour produire un récit inédit et innovant.

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Ajin, semi-humain #15-16

East and west

Manga de Gamon Sakurai
Glénat (2015-2021) – ed. japonaise Kodansha (2012). 228 p., 16 volumes parus (série finie en 17 vol.).

bsic journalism

 

Merci aux éditions Glénat pour leur confiance.

 

couv_414624La base d’Iruma dévastée, Sato dans son Jet, son bras a été récupéré et inséré dans le piège qui doit mettre un point final à l’odyssée de ce génie du crime… Mais alors que Kei Nagaï et son équipe ne voient toujours pas le retour de Sato, le doute étreint le jeune homme: est-il seulement possible de vaincre Sato? Son esprit n’est-il pas tout simplement supérieur au leur?

Attention Spoilers! Il vaut mieux être à jour avant de lire cette chronique…

Scan Ajin 78 VF scan • one piece scanEn miroir des héros d’Ajin, le lecteur qui entame les trois derniers volumes (de ce qui est pour moi la meilleure série manga depuis Akira!) doute en se demandant comment l’auteur va pouvoir boucler son intrigue avec un dix-septième tome paru au Japon… Quand on aime se faire manipuler par des scénarii minutieux on ne peut bouder son plaisir devant cette série qui a donné le jour à rien de moins que le plus charismatique méchant jamais vu en BD… Cela permet de maintenir le lecteur sur la brèche, ne sachant jamais où va tourner le vent.

Après une nouvelle bataille épique dans une base exsangue l’intervention de l’équipe anti-Ajin semble boucler le plan infaillible de Kei Nagaï. Personne ne voit comment Sato peut s’en sortir… et pourtant! Avec toujours un coup d’avance ce dernier décide de quitter le Japon pour poursuivre son oeuvre révolutionnaire aux Etats-Unis… Le fil est tout trouvé pour réintroduire le professeur Ogura, le très désinvolte spécialiste des Ajin qui révéler des sa vision de l’origine des Ajin. A ce moment, surpris de ces révélations tardives alors même que l’intrigue semble loin d’être finie, on assiste à l’apparition d’un Flood, cette génération spontanée évoquée plus tôt dans la série par le professeur et qui crée une situation proche d’un apocalypse zombie…

AJIN: Demi-Human No.74.5 - Comics de comiXology: WebA ce stade, toujours sidéré par la précision des dessins et une action effrénée dans la maîtrise des corps et du mouvement on imagine que la conclusion de la série ne peut être que le commencement d’un autre cycle, plus vaste? J’ai eu le sentiment que les dessins des derniers volumes avaient évolué, notamment le visage de Nagaï, adolescent au début du manga et qui semble avoir acquis une physionomie adulte arrivé au seizième tome. Est-ce juste une progression technique de l’auteur ou une volonté d’exprimer dans les corps les effets de toutes ces morts et mutilations? Toujours est-il que rien à ce stade ne laisse penser dans le déroulement des opérations comme dans la structure du récit (qui propose un nouveau flash-back et des concepts sur les Ajin) que l’on arrive à la fin. Du coup la tension est à un niveau insoutenable avant d’entamer un dernier tome que l’on imagine probablement très frustrant… conclusion dans quelques mois!

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