BD·C'est lundi...·Comics·Manga

C’est lundi, que lisez-vous? #146

septembre 2019

Ce rendez-vous a été initié par Galléane et son principe est de répondre aux trois questions:

1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?
2. Que suis-je en train de lire en ce moment?
3. Que vais-je lire ensuite ?
 
Cliquez sur les vignettes pour aller sur la critique quand il y en a une.
 

1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?

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Brigada - Tome 01 - Brigada - Enrique Fernandez - cartonné - Achat Livre |  fnac

2. Que suis-je en train de lire en ce moment?

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3. Que vais-je lire ensuite ?

Couverture de Dragon & Poisons -2- Le Bedonnant et le Balafré

Couverture de Nautilus -1- Le théâtre des ombresCouverture de Les artilleuses -2- Le Portrait de l'antiquaireCouverture de Le journal d'Anne Frank - Le Journal d'Anne Frank

Salut à tous et bienvenue sur une nouvelle semaine sur l’Etagère!

Semaine assez moyenne avec une bonne déception sur la grosse attente Les Ages perdus (critique à quatre mains jeudi)… J’ai pris en revanche un vrai plaisir sur une ancienneté, l’adaptation BD du best-seller La Delicatesse, qui est pourtant loin de mes genres de prédilections. Toujours en BD, le crowdfunding espagnol Brigada m’a fait un peu peur sur une première partie franchement complexe avant de pouvoir entrer dans l’histoire sur un univers graphique vraiment unique. Jylland, envoyé par l’éditeur est plutôt une bonne surprise dans le genre viking qui ne m’allèche pas spécialement par ailleurs.

Côté manga je commence à décrocher d’Egregor et ne suis pas certain de continuer longtemps. Après six tomes l’histoire reste éclatée et difficile à suivre. Dommage car l’univers est riche et a du potentiel… Tetsu et Doberman est une excellente surprise de même que le premier du diptyque Pika l’île entre deux mondes, graphiquement superbe. Je vais enchaîner pour finir mon retard sur le petit Tanuki et les deux volumes Dr. Stone avant de me remettre sur des nouveautés BD: les suites des deux très bonnes séries Drakoo de l’an dernier, une nouveauté Glénat sur Némo et le Nautilus (deux noms qui me donnent des palpitations à chaque projet qui en parle…) par le scénariste de l’excellent Blue note et une adaptation du Journal d’Anne Frank qu’on m’a prêtée et qui semble très originale. Je vous dirais ça dans une Trouvaille courant mai.
 
Bonne semaine à vous et n’hésitez pas à partager également vos bonnes découvertes (et aussi les lectures à éviter!).

 


Rappel des billets de la semaine dernière:

Début de semaine pas folichonne avant Jupiter’s Legacy et les fournées et manga et BD du week-end.

  • Mardi:

Exécution solide pour un post-apo zombiesque qui ne révolutionne pas le genre…

  • Mercredi:

Belle découverte graphique sur un premier tome qui demande confirmation.

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  • Jeudi:

Un Straczinsky mineur qui surfe sur la vague pandémique.

  • Vendredi:

Le dernier bon cycle de Thorgal pour le retour des Trouvailles!

… et un rétro Jupiter’s Legacy pour la sortie attendue de la série Netflix!

Jupiter’s legacy: l’adaptation NetflixJupiter's Legacy - Série TV 2021 - AlloCiné

  • Samedi:

Fournée Manga avec Tetsu et Doberman, Alpi the soulsender, L’ile entre deux mondes et Egregor…

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  • Dimanche:

Enfin immersion moyen-ageuse pour le jour du Seigneur et la fin de semaine!

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**·***·BD·Nouveau !·Rapidos

BD en vrac #19: Le moine mort – Ira Dei 4 – Jylland

La BD!

Salut les bdvores! Fournée de BD médiévales aujourd’hui, avec deux dessinateurs très graphiques et une découverte en terre viking.

  • Le moine mort #1 (Morvan-ScieTronc/Glénat) – 2021, 48p., série en cours.

badge numeriqueJe suis de plus en plus difficile avec Jean-David Morvan… comme avec tous les autres très bons scénaristes devenus plus solo-éditeurs que créateurs en perdant de vue le travail de préparation et de sélection de ce qu’est un bon album et en croyant pouvoir être sur tous les fronts. Quand on dit auteur prolifique ce n’est pas toujours en bien. Morvan aligne les projets personnels en mettant le pied à l’étrier à de jeunes auteurs et c’est tout à son honneur. Mais défricher les talents n’exige pas forcément d’aligner les scénarii sur ses épaules au risque de se noyer et de perdre en qualité… Bref, admettre des erreurs chez des primo scénaristes c’est normal quand on chronique un album. Chez un vétéran il n’y a pas d’excuse à proposer une simple introduction, si belles soit elle, sur un album entier au prix où sont aujourd’hui les BD. Surtout, la place et le confort doivent être justifiés par une progression narrative. Ce qui manque clairement à ce premier tome du Moine mort!

Le récit prend la forme désormais classique du narrateur monastique modèle Le Nome de la rose qui témoigne de la croisade fondamentaliste d’une Église imaginaire mais bien inspirée du pire de notre Histoire. Sous des pinceaux réellement inspirés du jeune ScieTronc (qui avait déjà impressionné sur le premier Boris Vian, déjà scénarisé par Morvan), on en restera donc là après 48 pages où l’on ne fait que découvrir l’univers tout en architectures et contre-plongées visiblement inspiré par les dessins du Piranese (qui donne son nom au héros). C’est beau mais c’est maigre. C’est vraiment dommage car graphiquement l’univers mis en place accroche réellement notre intérêt en s’appuyant peut-être sur le design semi-historique de la série Game of Thrones, mais surtout sur un sens du cadrage qui permet de donner un cachet fou à la plupart des cases. Il n’aurait fallu que quelques séquences de plus pour semer l’envie de découverte au lieu de quoi l’effet retombe un peu comme un soufflet en oubliant l’envie. Difficile donc de se prononcer sur une série pas vraiment commencée. Il faudra donc attendre le second tome pour se faire réellement un avis.

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  • Ira Dei #4:  mon nom est Tancred (Brugeas-Toulhoat/Dargaud) – 2021, 54p., 2 cycles parus.

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Alors que le Strategos Maniakès revient sur le terrain les dissensions continuent entre les différents chefs mercenaires alors que le moine revient assisté d’un sicaire dont la cible reste mystérieuse…

Toujours compliqué de rester objectif lorsque j’ai entre les mains un album du duo Brugeas-Toulhoat qui propose toujours un niveau de réalisation très professionnel. C’est tout leur mérite quand on repense à la complexité du contexte et de l’intrigue qui évite toute linéarité. Avec ma formation d’historien j’imagine la difficulté d’appréhension de cette histoire de stratégie médiévale pour un lecteur qui n’aurait pas les références historiques. On peut prendre cela comme de la fantasy 100% imaginaires mais ça reste assez ardu. Reste donc une écriture tout à fait fluide et surtout ces planches explosives que seul Ronan Toulhoat propose parmi les dessinateurs réalistes actuels! En héritier de Lauffray, son plaisir du dessin se transmet dans des découpages toujours originaux, libres, rageurs, dont on ne se lasse pas. La finesse des détails et des décors habillent un encrage sauvage qui ne donne qu’une envie, continuer à savourer ses albums quoi qu’ils traitent! Si la stratégie machiavélique ravira les amateurs, le déroulement de ce tome reste un peu chaotique en ballotant le lecteur qui ne sait pas trop pourquoi on nous présente telle scène et pourquoi tel personnage disparaît soudain. Ce volume manque un peu de continuité, ce qui participe à l’inconfort sans doute recherché. La conclusion anticipée de la série a probablement joué également pour précipiter une fin un peu au milieu du gué qui ne résout vraiment rien. On sort ainsi de ces deux cycles (qu’il vaut mieux voir comme une vraie quadrilogie tant les quatre albums sont liés) vaguement déçu avec l’impression d’avoir participé par une fenêtre à une séquence historique sans début et sans fin. Un peu frustrant même si la qualité de ces albums restent dans le haut du panier en matière de bd médiévale.

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  • Jylland #1: Magnulv le bon (De Roover-Klosin/Anspach) – 2021, 44p., série prévue en 4 tomes.

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bsic journalismMerci aux éditions Anspach pour cette découverte.

Dans un thème très à la mode (appuyé sur des séries TV à succès), Jylland nous propose une nouvelle incursion dans l’univers des vikings, peuple qui ne cesse de fasciner les créateurs. Pour ses débuts en BD le polonais autodidacte Przemyslaw Klosin propose des planches sacrément pro. Si les couleurs n’arrangent pas forcément un dessin classique mais parcouru de visages très caractérisée, l’ensemble ne souffre pas de défauts majeurs dans une technique tout à fait remarquable. Ainsi le personnage principal, un machiavel à tresses, fils d’un roi viking mourant qui a choisi d’adopter la religion catholique et de renoncer aux coutumes du northland, imprime sa marque par une trogne brutale sans être caricaturale.  Si les autres personnages se distinguent surtout par leur coiffure (qui peut du coup prêter à confusion entre deux personnages), on sent un effort d’identification sur les rôles.

L’originalité de ce premier tome est donc le traitement de la christianisation pour ce peuple attaché aux traditions. L’itinéraire de ce second fils revanchard fait se rejoindre la jalousie familiale et le rejet de la nouvelle religion pacifique. Le scénariste lance des pistes intéressantes sur la sédentarisation et le passage de ce peuple de pilleur à un peuple commerçant, qui sera peut-être développé dans la suite de l’histoire. D’une lecture agréable, ce premier Jylland est donc une plutôt bonne surprise qui parvient à nous intéresser dans un océan d’albums sur les navigateurs de drakkars.

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**·****·Manga·Nouveau !·Rapidos·Service Presse

Manga en vrac #10: Alpi the soulsender 4 – Egregor 6 – Le Tetsu & Doberman 1 – L’ile entre deux mondes 1

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Petite pioche aujourd’hui avec des séries qui peinent un peu à prendre leur envol après quelques volumes déjà parus…

  • Alpi the soulsender #4 (Rona/ki-oon) – 2021, 4/5 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Ki-oon pour leur confiance.

alpi-soul-sender-4-ki-oonPetit accident dans ce quatrième volume qui passe un peu à côté avec cette histoire de bibliothécaire fou qui entraîne 2/3 de volumes en mode slasher gentillet et pas très intéressant… Cela permet tout de même d’approfondir de futurs antagonistes mais on lit ce volume en baillant et en attendant le retour des beaux dessins et un approfondissement de l’univers des soulsenders. C’est dommage car le volume précédent nous a renseigné sur les capacités martiales d’Alpi… qui seront finalement bien peu utilisées et son caractère qui a muri après le récit de Sersella ne semble pas avoir évolué ici. Cette intrigue un peu simpliste a tout de même le mérite de nous parler des traditions de colportage (que Magus of the Librarian traite plus en profondeur). C’est bien maigre et la quasi-absence d’Esprit divin sur ce tome est fort surprenante quand on se rappelle de la structure assez géométrique des tomes jusqu’ici avec deux esprits à chaque fois. On reprends espoir avec la confirmation d’un groupe désirant la suppression de toute religion en se disant que ce quatrième opus n’était qu’une introduction à un grand arc plus solide…

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  • Egregor, le souffle de la foi #6 (Skwar-Jae Hwan/Meian) – 2021, 6 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Meian pour leur confiance.

egregor-6-meianComme attendu, ce tome marque une certaine pause en concluant les multiples combats entamés précédemment et en reprenant l’itinéraire des jeunes héros de cette saga foisonnante. On l’avait déjà constaté, Jay Skwar a une ambition très élevée pour sa série et a tendance à se noyer (et nous avec) dans une intrigue qu’il maintient toujours très cryptique et une ribambelle de personnages que l’on finit par avoir du mal à identifier malgré l’indispensable dramatis personae d’introduction d’album. De même pour une fort jolie carte (conçue par l’auteur d’Albator) pas assez détaillée pour nous assister dans la géographie d’Egregor. L’action continue installée depuis le début permettait de maintenir une accroche, malheureusement lors des pauses on souffre un peu à la lecture de dialogues parfois très « djeun’z » et qui manquent de relecture. Si les dessins restent tout à fait agréables à l’œil et assez lisibles avec des designs toujours réussis, ils ne suffisent pas à compenser une histoire qui peine à s’installer. Du coup on espère la prochaine scène d’action en attendant que les auteurs nous aident à nous attacher un peu à quelques personnages dans ce maelstrom permanent.

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  • L’île entre deux mondes #1 (Ishii/Pika) – 2021, 1/2 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Pikacouv_421997 pour leur confiance.

Tatsumi revient sur son île natale pour enseigner dans le seul établissement scolaire d’Aoshima. Parti à quatre ans, il souhaite renouer avec un passé paradisiaque, en communion avec les éléments. Désormais adulte, il va vivre des expériences inexplicables le rapprochant d’un monde spirituel qui semble naturel aux habitants…

L’ile entre deux mondes est entre le feel-good album et le contemplatif onirique, de ces créations japonaises qui rappellent la richesse des traditions dans la culture et l’identité d’un peuple schizophrène toujours tiraillé entre une hypermodernité mortifère et un passé animiste proche de Gaïa. Sur des planches sublimes tant par les encrages subtiles que les blancs lumineux l’artiste Asuka Ishii (dotée d’une formation artistique solide et également peintre) s’insère dans une atmosphère proche des films de Naomi Kawase où la spontanéité des relations interpersonnelles tranche avec la rigueur sociale habituelle du Japon et où les ambiances, les odeurs, les sensations priment. Sa maîtrise graphique parvient à nous immerger dans ce paradis insulaire fait de langueur et de communion, elle nous fait ressentir la chaleur du soleil, le bruissement des feuils, toutes ces sensations universelles qui ressurgissent ici des pages du manga. Le héros (cultivé) est relativement passif dans ce premier tome où il semble soumis aux impulsions des autres personnages, sa jeune collègue et les deux élèves de sa classe tout comme aux manifestations (peut-être) surnaturelles de la nature. Les évènements étranges qu’il expérimente ne trouvent pas d’explication immédiate mais l’autrice nous maintient dans le récit par ses images qui évitent l’hermétisme que peut recouvrir ce genre de récit. Du coup on prend un grand plaisir à parcourir les plages de l’île, à ressentir le brouillard humide ou à s’immerger dans les flots d’une cascade…

Le découpage en deux volumes et l’attente d’une explication temporisent une note de 5/5 qui sera peut-être réévaluée à la conclusion du diptyque (prévue en juillet). On est très très proche du coup de cœur (parce qu’on est difficiles!).

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  • Tetsu & Doberman #1 (Ohno/Doki-Doki) – 2021, 1/3 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Doki-Doki pour leur confiance.

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Tsutomu Ohno est assurément un jeune mangaka à suivre! Avec sept manga à son actif et seulement Buchimaru Chaos paru en France avant cette nouvelle série courte en trois tomes, Doki-Doki tient une potentielle poule aux œufs d’or tant on sent un potentiel (graphiquement évident et à voir sur le plan narratif). Jamais engagé sur des séries longues, l’auteur nous propose avec ce premier volume une introduction résolument sympathique sur un pitch simple: un jeune orphelin se retrouve pris sous sa coupe par un homme-chien, légende des limiers d’une corporation de chasseurs associant un humain et un chien humanoïde. Qui dit shonen dit baston, pouvoirs spéciaux issus de l’interaction entre les deux éléments du duo et intrigue simple basée sur l’apprentissage, l’héritage familial et de méchants conspirationnistes. Ce qui marque dès les premières planches ce sont déjà les dessins très maîtrisés et dynamiques, mais également un humour proche de celui de Radiant et qui fait mouche sur une traduction très réussie. Le design général permet aussi de se projeter dans une intrigue qui ne fait ici que commencer, avec un méchant chasseur à peine aperçu mais qui intrigue fortement. Tête brûlée décidée à devenir un super-chasseur pour protéger son orphelinat de la destruction de méchants capitalistes, Tetsu est le héros type de shonen. Légère déception pour Doberman qui, s’il est graphiquement réussi, reste assez en retrait alors que je l’attendais comme un vrai héros légendaire. A la décharge de l’auteur, ce volume de moins de deux-cent pages avance à cent à l’heure, ne nous laissant pas le temps de s’ennuyer, avec le corollaire d’aller toujours un peu vite. On sent dans ce premier volume les mêmes qualités et défauts que dans le récent Demon Tune, avec un manga qui pourrait devenir excellent pour peu qu’il soit parti sur un format plus confortable. Après le très sympathique Ballade de Ran, Doki-Doki montre qu’avec une ambition limitée, Bamboo arrive également à trouver sa place dans le rayon fortement concurrentiel du manga.

A partir de 10 ans.

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*****·Actualité·Cinéma·Comics·East & West·Rétro

Jupiter’s legacy: l’adaptation Netflix

Jupiter's Legacy - Série TV 2021 - AlloCiné

Ça a mis le temps mais on y est: le chef d’oeuvre de Mark Millar et Frank Quitely, le diptyque qui a révolutionné la BD de super-héros est visible depuis aujourd’hui sur Netflix pour une série live. En attendant de voir ce que donne cette première concrétisation du rachat des œuvres de l’écossais (à l’origine de Superman Red Son, Old man logan, Civil War, Kick ass, The magic order ou encore Kingsman…!!!) par la plateforme (Magic Order, Sharkey et Space bandits sont également en travaux) je vous rappelle les billets chroniquant le comic que vous devez impérativement lire si ce n’est déjà fait!

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****·BD·Guide de lecture·La trouvaille du vendredi·Rétro

Thorgal: le cycle de Jolan

La trouvaille+joaquim

BD de Jean Van Hamme, Yves Sente et Gzegorz Rosinski
Le Lombard (2006-2010), cycle de 4 volumes.

Ce quatrième et dernier billet traite de ce qui est pour moi le chant du cygne de cette magistrale série. Jean Van Hamme souhaitait achever la série depuis plusieurs albums on le sait et la passation se déroulera sur l’album Moi Jolan. Le scénariste de la reprise, Yves Sente n’est pas un inconnu: directeur de collection au Lombard (l’éditeur de Thorgal et du one-shot de Van Hamme-Rosinski Western), il a fait ses classes sur le relaunch de Blake & Mortimer (en parallèle à Van Hamme) et a rencontré Rosinski sur une très belle variation sur le Comte de Monte-Cristo qu’ils ont réalisé ensemble (la Vengeance du comte Skarbek). C’est à l’occasion du Sacrifice que ce dernier mets superbement en application sa technique en couleur directe qu’il a expérimenté sur Skarbek.

Tentant de sauver Thorgal, gravement malade suite aux épisodes précédents, Aaricia, Jolan et Louve trouvent une aide inespérée en la personne du dieu Vigrid qui leur indique qui pourrait le sauver: Manthor le magicien, tapis dans l’Entremonde. Pour cela Jolan va devoir faire un serment qui l’amènera à l’aube de l’âge adulte sur les terres des Dieux où il va défier à son tour la Loi d’Odin…

Liste des critiques concernant ThorgalDrôle de cycle charnière, ces quatre albums proposent un magnifique adieu de l’auteur originel dans un émouvant parallèle entre le père/le fils et le créateur/son personnage sur la dernière page du Sacrifice, qui peut être un très bel album conclusif à la série après vingt-six ans de bons et loyaux services. De nouveaux lecteurs ont ainsi pu entamer leur découverte avec la passation de flambeau à Jolan… avec l’interrogation de savoir si la série devait changer de nom. Laissant ces tergiversations commerciales de côté, Sente propose une superbe aventure magique sur les terres de l’Entremonde et d’Asgard avec la première apparition des dieux majeurs et d’Odin sur les planches de la série! Excellente idée que de rompre ainsi une digue savamment maintenue jusqu’ici et interdisant à Thorgal de rencontrer ses tortionnaires. Jolan qui restait jusqu’ici un personnage secondaire avec quelques épisodes forts comme sur la Couronne d’Ogotaï, renverse la donne et laisse Thorgal un peu piteux se débattre avec Aaricia et le rejeton de Kriss, l’inquiétant enfant muet Aniel. Ainsi tout en lançant son nouveau héros, le scénariste maintient un fil narratif vers les futurs albums. Si cela finira de façon sassez catastrophique (artistiquement parlant), l’idée n’était pas mauvaise et nous tient en haleine avec une forte envie de tourner les pages tout en savourant les cases toutes plus belles les unes que les autres. Rosinski a sans doute atteint ici le sommet de son art. avant de se caricaturer sur la fin du cycle de Ka-Aniel…

Thorgal (Édition Spéciale 30 Ans) (tome 30) - (Grzegorz Rosinski / Yves  Sente) - Heroic Fantasy-Magie [CANAL-BD]Ce cycle, en assumant sa dimension fantastique, permet à l’artiste d’aller plus loin que jamais dans un superbe design de créatures et architectures de ces lieux magiques. A ce titre la bataille entre l’armée de chiffon et celle des géants de Loki est un monument où l’auteur se régale comme jamais depuis les grandes heures du Chninkel. La galerie de personnages de l’univers de Jolan est haute en couleur et si les marqueurs naïfs de la série restent présents et assurent une continuité, on sent un vrai vent de fraicheur, une vraie envie collectif de relancer cette série moribonde. Si l’on peut déterminer un bon passage de témoin à une nouveauté qui ne dépayse pas le lecteur, on peut dire que la transition Van Hamme/Sente s’est faite excellement. Sous la forme d’un voyage initiatique parsemé d’épreuves, cette quadrilogie nous fait presque oublier Thorgal qui a infusé sa morale d’airain en son fils, ce qui permet de retrouver le sel du personnage dans son fils, encore jeune et naïf. Cette dimension divine sera assumée dans les séries spin-off lancées par la suite par Sente en prévision d’un nouveau passage de témoin sur la série mère.

Thorgal (en allemand) -32- Die schlacht von AsgardLes intermèdes avec Thorgal à la poursuite des ravisseurs d’Aniel sont plus laborieux car un peu décalés, comme un monde d’avant qui refuse de mourir… Après la Bataille d’Asgard l’album Le bateau-sabre permet une jolie aventure neigeuse pour Thorgal après que Manthor ait missionné ses « avengers » (Jolan et ses compagnons dotés de capacités exceptionnelles) pour bouter les forces de l’envahisseur chrétien hors des terres du Nord. Outre que cette immiscion historique dans une série uchronique tranche avec l’ADN de la saga, Jolan disparaît purement et simplement, et brutalement, pour laisser Thorgal partir vers Bagdad. Après quoi les trois albums qui forment le cycle des mages rouges verse dans le n’importe quoi tant scénaristique que graphique, avec le passage express de Dorison sur un unique album avant le sauvetage en urgence par Yann, le scénariste de La jeunesse de Thorgal. N’étant pas dans les arcanes des éditeurs je ne connais pas l’origine du problème. Est-ce que le projet était foireux et a usé trois scénaristes-pompiers? Est-ce un conflit interpersonnel ou artistique? Toujours est-il que pour moi la série Thorgal s’est arrêtée là, en cours de route, lassé de rajouter de mauvais albums à une série qui ne le mérite pas. Suite au départ de Rosinski les albums semblent mieux montés et fréquentables, pour peu que l’on conçoive de lire une série de BD sans ses deux créateurs. Car il faut bien reconnaître que pour les trois séries majeures conçues par Jean Van Hamme, aucune des trois, si leurs lectures pos-transition restent acceptables, bine loin est le temps où elles faisaient la gloire du neuvième art…

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***·BD·Nouveau !·Numérique·Rapidos

La dernière ombre #1

La BD!
BD de Denis-Pierre Filippi et Yvan Gaspard
Vent d’ouest (2021), 46p., série prévue en 2 tomes.

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Dans les forêts enneigées de Russie les tirs allemands ne sont pas les seuls dangers. Pour une troupe de soldats soviétiques en retraite le salut semble venir de ce magnifique manoir semblant sorti d’un roman russe. Un couple de barons accepte d’abriter les réfugiés le temps du repos. Mais les tensions de la guerre peuvent transformer les désaccords en affrontement, laissant un groupe d’enfant en témoins observateurs…

badge numeriqueSacrée découverte graphique que ce dessinateur dont ce premier album claque la rétine d’une élégance artisanale à la précision folle. Ayant commencé sa carrière comme (excellent) coloriste sur les albums de Denis-Pierre Filippi et Silvio Camboni, il propose avec cette Dernière ombre un album d’une maturité tout à fait étonnante. Ciselant les cheveux, boiseries ou architectures, il joue d’une grande variété de cadrages destinés à provoquer le « regard extérieur » propice faire naître l’inquiétude. Chaque élément et traité avec une précision d’orfèvre et recouvert de couleurs et de textures magnifiques.

La Dernière ombreL’intrigue de ce premier tome est du reste assez simple, sa linéarité temporisant l’émergence d’une véritable tension dramatique. Si l’on nous présente rapidement une intéressante galerie de personnages tout à fait identifiables (l’officier froid et martial, l’adjoint rebelle, le médecin idéaliste et ses deux filles, le groupe d’enfants,…), le mystère peine à s’installer malgré quelques visions fantastiques dont nous n’aurons l’explication que dans la conclusion du diptyque. En dévoilant trop (les enfants) ou trop peu (les créatures), Denis-Pierre Filippi semble partir sur un tempo de série longue alors qu’il devra résoudre ce qui a à peine commencé dès le prochain tome. On est du coup un peu sceptique sur les possibilités d’accroche sur le seul volume deux…

Reste une atmosphère feutrée loin de la fureur des tranchées, un monde des rêves que l’on soupçonne au travers de ces quelques visions fantasmagoriques non expliquées et des personnages nombreux qui permettent une avancée rapide et au lecteur de rester au contact en savourant chaque case. Ayant la forme d’un préambule, La dernière ombre ne convainc pas totalement (comme le récent Elecboy) tout en évitant de nous ennuyer, grâce à des dessins superbes, un art du dialogue très pro de Filippi et une once de mystère qui suffit à nous donner envie d’attendre les révélations du prochain opus.

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BD·C'est lundi...·Comics·Manga

C’est lundi, que lisez-vous? #145

septembre 2019

Ce rendez-vous a été initié par Galléane et son principe est de répondre aux trois questions:

1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?
2. Que suis-je en train de lire en ce moment?
3. Que vais-je lire ensuite ?
 
Cliquez sur les vignettes pour aller sur la critique quand il y en a une.
 

1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?

alpi-soul-sender-4-ki-oon

couv_422687Couverture de Ira Dei -3- Fureur normande

couv_405647Couverture de 20th Century Boys -2- Tome 2Couverture de 20th Century Boys -3- Tome 3

Couverture de 20th Century Boys -4- Tome 4Couverture de 20th Century Boys -5- Tome 5

2. Que suis-je en train de lire en ce moment?

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3. Que vais-je lire ensuite ?

Brigada - Tome 01 - Brigada - Enrique Fernandez - cartonné - Achat Livre |  fnac

Salut à tous et bienvenue sur une nouvelle semaine sur l’Etagère!

Très grosse semaine lecture en terme de pagination puisque outre mon marathon 20th century boys de ce week-end j’ai réussi à lire l’omnibus CODA, que Dahaka avait déjà chroniqué avec enthousiasme et sur lequel je vous ai donné mon avis aussitôt la lecture terminée. Côté manga les ninja d’Efu sont toujours plaisants dans un genre totalement unique, qui ne plaira pas à tout le monde mais dont l’originalité le démarque néanmoins. Accident de parcours sur Alpi dont le troisième m’avait fort enthousiasmé et dont le dernier sorti est franchement ennuyant. J’espère que ce n’est que passager. Côté BD je me suis relu le second cycle d’Ira Dei avec toujours autant de plaisir pour cette conclusion précoce de la série, avant le gros album de pirates que nous prépare Ronan Toulhoat pour 2022. Si vous ne connaissez pas encore cet auteur, fouillez le blog, je suis fan et ai chroniqué toutes ses publications. Enfin la dernière ombre est une sacrée découverte graphique sur une histoire de soldats russes en retraite, parcourue d’un soupçon de fantastique. J’attends de voir le second tome pour me prononcer sur le scénario mais visuellement ça vaut sacrément le coup.

Je vais entamer la semaine avec mes derniers rattrapages manga avant de pouvoir reprendre des BD présentes sur ma PAL depuis pas mal de temps, dont Brigada que je vais enfin pouvoir découvrir. Cela signifie le retourr des Trouvailles du Vendredi, il était temps!

Bonne semaine à vous et n’hésitez pas à partager également vos bonnes découvertes (et aussi les lectures à éviter!).

 


Rappel des billets de la semaine dernière:

La semaine dernières les méchants étaient à l’honneur…

  • Lundi

Conclusion d’une excellente série écolo sur des mondes parallèles.

  • Mardi:

Fournée de manga en vrac avec FMA6, les deux derniers Ninja d’efu et le second Ashidaka.

  • Mercredi:

Pas loin du coup de cœur pour ce nouveau Grindhouse barré dans la veine d’Il faut flinguer Ramirez.

Jeudi:

Nouveau Rick et morty…

  • Vendredi:

Chute brutale pour une bonne série à la conclusion bâclée…

  • Samedi:

Coup double samedi avec le bilan du mois et mon avis express sur CODA que Dahaka avait déjà chroniqué en décembre.

Le Bilan

  • Dimanche:

Dahaka se régale toujours autant sur cette série finlandaise qui se rapproche doucement de sa conclusion.

 

 

****·Comics·East & West·Nouveau !

Coda Omnibus (avis 2)

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Devant la masse de nos lectures nous nous efforçons avec Dahaka de ne pas doubler nos avis sur les mêmes albums. Lorsque cela se présente soit nous publions un billet à quatre mains soit un second avis rapide qui complète dans le même billet.

Cet album et cette lecture sont cependant suffisamment marquants et particuliers pour justifier un « reblog » que je vais m’efforcer de faire bref. Mais je tenais à vous faire part des multiples émotions et impressions qui m’ont parcouru lors de cette aventure décidément à nulle autre pareil! Le premier billet (de Dahaka donc) est visible ici.

Au premier abord (graphique) je reconnais que j’ai eu du mal à entrer dans cet univers déglingos dont l’effet foutraque est renforcé par la mode décidément tenace de l’autre côté de l’Atlantique à coloriser en mode rétro les planches de comics. Les grands aplats de couleurs criardes nous remémorent les glorieuses heures des Blueberry ou Asterix. On a fait du chemin depuis et ce type de colo me gâche souvent le plaisir, même avec de très grande dessinateurs. Bergara est-il un grand dessinateur? Je ne saurais le dire très franchement, tant il propose tout autant un gros bordel parfois niveau maternelle que de magistrales pages d’une minutie folle. De la technique il en a quand on voit la cohérence de ce bordel. S’il y a une certaine originalité classique dans le design de cette féerie post-apo, ne j’ai pas été marqué hormis par une certaine démesure assez rare et très puissante.

Mais c’est bien le récit et le ton, tout à fait originaux et d’une immense sensibilité, qui m’ont perturbé. Le héros est un barde et le poids de ses récits est imposant, occupant parfois un peu trop l’attention pour pouvoir déchiffrer les pages que l’on a sous les yeux. Il faut prendre le temps dans la lecture des douze chapitres de CODA pour endurer les moments obscures, ultra-verbeux, car tout est cohérent et construit. La mise en abyme du barde narrant la geste de sa dulcinée et de ce monde mort s’installe lentement et atteint sa force sur la fin. De même sur le propos: non il ne s’agit pas du récit épique d’un chevalier avec sa licorne foutraque (celle-ci est bien moins centrale qu’attendu) mais bien d’une grande histoire d’amour passionnée et impossible. Le cœur de l’intrigue (enrobé par un machiavélique plan manipulatoire) est la passion entre ce héros vaguement dépressif et sa femme… particulière: elle est un guerrier berserk d’une race créée par les seigneurs des ténèbres avant leur victoire préambule! On est au-delà de l’effet « bad-ass » puisque cette héroïne d’une grande tendresse avec son « époux » est une combattante à peu près invincible mais dépendante de pulsions naturelles la poussant vers la destruction. Un chéri dépressif disais-je, une chérie bipolaire, cet attelage m’a fait penser au très réussi Mister Miracle qui mettait en scène un héros central mais impuissant et sa chérie Big Barda indestructible.

Soufflant le chaud et le froid, cette grosse épopée regorge de références, de sous-texte, d’un humour second degré très fin et procure de vraies émotions. Pas si souvent en BD! Il est peu probable que vous vous y sentiez en terrain connu et elle mérite franchement de sortir de sa zone de confort pour apprécier une sacrée œuvre d’un auteur, Simon Spurrier qui m’avait déjà franchement impressionné par son écriture et son iconoclasme dans le récent Alienated, rappelant la richesse d’un autre grand, Rick Remender.

A propos...·Bilan

Le bilan du mois #25 avril 2021

Le Bilan

Salut à tous !

On a explosé les compteurs de nombre d’albums traités ce mois-ci avec plusuers billets BD et manga en vrac. La lecture de certains bilans mensuels de blog m’a incité à développer le contenu de ces rendez-vous qui portaient jusqu’ici essentiellement sur les stat… qui ne sont pas forcément ce qui vous intéressent le plus (même si ça donne des infos sur le back-office du blog). Du coup je reviens plus bas sur nos lectures coup de coeur du mois. 

Statistiques budgétaires et financières 2018 des départements et des  régions / 2018 - Actualités / Archives des actualités / Archives -  Ministère de l'Intérieur

Niveau stat c’est particulièrement stable par rapport à mars avec 3000 vues (+1000 sur un an) mais surtout une progression du nombre de visiteurs qui se rapprochent de 1500. Généralement mai et juin sont de gros mois et d’assez grosses sorties devraient participer à doper les vues. On gagne +13 abonnés blog (142) et +45 abonnés FB/Twitter (1745). Les relais des billets sur manganews commencent à être visibles sur les stat et j’en suis ravis car la lecture des manga est quand-même chronophage! L’heure la plus visitée est le lundi midi, confirmant l’attrait de la rubrique C’est lundi… A noter que nos articles notés 4/5 ont désormais dépassé les 3/5… est-ce qu’on se ramolit? En tout cas on essaye de rester le plus objectifs possibles.

Sur Insta arrive à 570 abonnés (+70 sur un mois) et le dynamisme de ce réseau qui se confirme mois après mois me donne envie de m’y concentrer plus avant en diversifiant les publi. Les simples extraits des billets blog ne me semblent pas sasisfaisants et je pense développer des bannières et des rubriques spécifiques que le blog ne laisse pas le temps de traiter, comme une rétro sur un auteur ou des albums déjà abordés par Dahaka sur L’étagère et dont je pourrais donner mon avis rapide sur Insta. Bref, du pain sur la planche pour un média qui demande encora à être apprivoisé!

Les billets les plus vus du mois:

Ce mois-ci les billets les plus vus ne sons guère surprenants, avec des manga (qui ont souvent de grosses vues, illustrant l’activité des mangavores sur le web), le lièvre sun-ken Rock habitué aux top stat et deux très bonnes BD dans une période qui est souvent maigre et qui cette année encore me laisse sur ma faim en franco-belge. A noter que hormis l’Attaque des titans les autres manga ici présentés l’ont été dans un billet « en vrac ». Si Dahaka est dythyrambique sur l’Attaque, je ne saurais que vous conseiller l’incroyable Livre des Merveilles, encore une pépite de la collection Metamorphose, après le Peer Gynt du mois dernier.

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sunkenrock1_16062008_185503Manga - Manhwa - Grand Blue Vol.1magus-of-the-library-1-ki-oon

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  • East & West: 10 billets comics , 13 manga.
  • BD: 12 billets.
  • BD Docu: 1 billet Mediapart.
  • Trouvaille du vendredi: 1 billet.
  • Jeunesse: 3 billet.
  • Avis des kids: 1 billet.

Plusieurs billets « en vrac » ce mois-ci qui augmentent sensiblement le nombre de titres traités. C’est plus compliqué niveau visibilité et relai RS mais ce format permet de rester relativement proche de la sortie et surtout de parler brièvement des séries en cours pour lesquelles il n’est pas utile de tout reprendre par le menu. Nous espérons que cela vous convienne. Je suis content d’être parvenu à replacer un Avis des kids (sur la très sympa nouveauté Urban Kids Antihéros), toujours trop rares et qui plaisent toujours autant.

  • Côté comics ce mois n’a pas été fou, avec un plutot sympa Once& Future #2 pour ouvrir le bal et l’excellent Dernier des dieux dans la nouvelle collection Urban proposant des comics au format franco-belge. Pour le reste ça a plutot été décevant, notamment le spin-off de Dceased et le second Bitter Root, dont comme tout le monde, j’attandais beaucoup. Sur le tunnel Spidey de Dahaka il faut ressortir le second tome du run de Dan Slott et Stuart Immonen, les autres étant plus modestes.

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  • En manga j’ai donc entamé une découverte Urasawa sur 20th century boys, que je vais poursuivre avec Pluto en parallèle (dans les manga en vrac #7). Le gros coup de coeur du mois c’est la série Gannibal que j’avais juste commencé précédement et que j’ai rattrapé avec un immense plaisir. Avec des dessins super fins et un scénario retors, c’est une série à découvrir! Mon nouveau partenariat Pika m’a également permis de découvrir (enfin) Adam l’ultime robot et Blue Period, dont je lis beaucoup de bien depuis des mois et mes lectures confirment la qualité de ces deux séries. Le trosième Alpi monte encore la qualité de cette superbe série (avant un petit accidant sur le tome 4…). Enfin FMA est toujours aussi agréable à lire avec une complexité qui le rapproche d’un Seinen…

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  • En BD c’est plutot Dahaka qui a bossé ce mois-ci en nous dégotant plusieurs suites de séries et surtout Yojimbot sur lequel il s’est régalé, mais aussi la conclusion du triptyque multiversiel Poussière. Pour ma part j’ai enfin pris le temps de poursuivre Travis dont la qualité est encore au rendez-vous après tant d’années! Et donc un gros kiff aussi sur le superbe Livre des merveilles et le Grindhouse Gun Crazy.

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J’espère que ces infos back-office vous auront intéressés. N’hésitez pas à poser des questions en commentaires ou par mail et me faire part de vos suggestions sur l’évolution du blog, ce qui vous plaît ou pas. A très vite pour les billets du mois de juin.

****·BD·Nouveau !·Service Presse

Gun Crazy #1

La BD!
BD de Steve D et Jef
Glénat (2021), 117p., 1 tome sur 2paru.

bsic journalismMerci aux éditions Glénat pour leur confiance.

Comme pour son grand frère Il faut flinguer Ramirez, la maquette générale de Gun Crazy, conçue comme une véritable VHS pourrave, fait partie intégrante du projet et revêt une importance égale aux dessins! Pas de contenu additionnel à proprement parler mais tout l’habillage comportant fausses pub, effets visuels vidéo et design de logos qui nous plongent résolument dans cette atmosphère que les moins de quarante ans ne peuvent pas connaître…. A noter une étrangeté: un copyright indiqué sur la page de titre en chiffres romains en… 1997! Mystère et boule de gomme…

Il y a d’abord Lanoya et Dolly, belles comme le plomb, semant la mort dans les boui-boui crasseux de l’Amérique trumpiste. John Saint-Pierre verse lui dans la punition des méchants prêtres. Le truc de Superwhiteman c’est la purge des races inférieures.  Le Sheriff Nolti enfin, se débat avec la notion de justice… Tout ce beau monde se dirige vers Vegas, cité du péché, pour une réunion… explosive!

Gun Crazy T1, bd chez Glénat de Steve D, JefDécidément, Glénat se spécialise dans le Grindhouse! A côté de la très qualitative collection éponyme (qui tirerait plutôt sur le fantastique), l’éditeur collectionne ainsi les gros albums d’auteurs désireux de se défouler dans des projets complets travaillant autant le fond que la forme. Les réjouissances avaient été lancées en 2018 par le génial Il faut flinguer Ramirez (et sa suite). Cette année on passe la quatrième avec un album plus classique mais encore plus déjanté avec le Valhala Hotel de Perna et Bedouel chez Comixburo (distribué par Glénat) qui nous amène à ce Gun crazy. A noter que les deux derniers ont été conçus en one-shot et voient leurs deux volumes sortir à quelques mois d’écart. Et pour le coup on  ne reprochera pas un coup commercial à l’éditeur puisque le découpage correspond totalement au concept cinoche.

Si vous avez déjà lu l’un ou l’autre de ces albums (sinon il faut vous dépêcher sous peine d’être blacklisté de ce blog!) vous connaissez la formule: des filles (lesbiennes si possible), des flingues (des gros et en grand nombre), des chicanos/nazis/rednecks au choix, une grosse dose d’humour troisième degré matinée de gore et d’explosions thermonucléaires (dans ces univers issu du ciné B la moindre balle provoque une déflagration de 15 pétajoules minimum) et une grosse louche de mauvais goût tendant vers l’immoral… Ramirez est plutôt l’option luxueuse. Valhalla se rapproche de ce Gun Crazy en plus graphique (Bedouel est quad-même un sacré morceau niveau dessin!) dans un esprit débile/tordu. L’album qui nous intéresse va également chercher son inspiration dans le monument du Z: le mythique Shaolin Cowboy. Bon, maintenant que je vous ai assommé sous les références, est-ce que c’est bien?

Gun Crazy (tome 1) - (Jef / Steve D) - Policier-Thriller [LEGEND BD, une  librairie du réseau Canal BD]Oui et sacrément! Si le scénariste est inconnu, le dessinateur Jef, autodidacte, est de l’école artisanale lorgnant vers les années quatre-vingt. Il a faut ses classes en compagnie de Matz sur des adaptations de polars de Walter Hill (déjà du cinéma…). S’il ne coure pas dans la même catégorie que ses comparses Pétrimaux, Darrow et Bedouel, il s’en sort sacrément bien notamment en matière de mise en scène sur une colo tradi un peu old school. Pas forcément ma tasse de thé au départ mais l’ambiance générale colle parfaitement avec le style recherché, vieillot, usé comme une vieille VHS pleine de grain. Si Petrimaux usait déjà allègrement de fausses pub et background divers pour renforcer l’immersion, Jef va plus loin en « montant » son album avec intermède débilissimes de speakerine alanguie et générique où l’on entend presque le vieux rock redneck. L’histoire? Pas franchement importante puisqu’elle est plutôt un prétexte pour faire se rencontrer une galerie de personnages qui font tout le sel de l’album. Si on reste un poil sur notre faim en matière de pétarades, les protagonistes sont eux diablement foutraques avec une pointe d’actualité puisque si les auteurs clament en introduction leur amour pour le Nouvel Hollywood, ils parlent aussi de l’Amérique trumpiste (là on tire vers le Shaolin Cowboy) avec sa bigoterie, sa sous-culture sudiste et ce superwhiteman et au chapeau de KKK et sa moustache adolfienne… terrible!

Bien sur c’est un genre vaguement déviant qu’on a le droit de ne pas aimer. Mais l’emballage général respire tellement l’amour du projet qu’on savoure tout le long ce triple-album cinémascope qui n’a jamais été si proche du vrai cinéma. Ce n’est pas (plus) original, mais il n’y a pas tromperie sur la marchandise et perso, moi j’adore!

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