BD·C'est lundi...·Manga

C’est lundi, que lisez-vous? #95

septembre 2019

Ce rendez-vous a été initié par Galléane et son principe est de répondre aux trois questions:

1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?
2. Que suis-je en train de lire en ce moment?
3. Que vais-je lire ensuite ?
 
Cliquez sur les vignettes pour aller sur la critique quand il y en a une.
 

1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?

couv_345029couv_356642couv_372107

couv_377354couv_386902Couverture de Thorgal -10- Le pays Qâ

https://www.unidivers.fr/wp-content/uploads/2020/01/2782788_image_82191072_2186541884988001_6089612684779585536_n.jpgcouv_303869

2. Que suis-je en train de lire en ce moment?

couv_385597Couverture de Le quatrième pouvoir -INT- Intégrale

3. Que vais-je lire ensuite ?

Couverture de Jakob Kayne -2- Le maître de l'oubliCouverture de Wonder Woman/Batman : La Chute de Tír na NógCouverture de Thorgal -11- Les yeux de Tanatloc

Couverture de Thorgal -12- La cité du dieu perduCouverture de Thorgal -13- Entre terre et lumièreCouverture de Jormungand -1- Tome 1

Avec le ralentissement des actu j’ai enfin réussi à enchaîner la série cyberpunk Ex-Arm, héritière directe de Ghost in the Shell et c’est de plus en plus bon malgré un retard à l’allumage. Je rattrape également le retard sur le dernier Blake et Mortimer (bof-bof…) et ai commencé le pavé documentaire du très bon dessinateur de Arale. Je constate que mes plans de lecture sont respectés et que la PAL descend. Ça ne permet toujours pas de se mettre à des vieilles séries (hormis Thorgal que je relis tranquilou avec ma fille… et c’est toujours aussi bon, ne serait-ce que cette sublime couverture de Rosinski sur le Pays Qâ!!!).

Pour la suite je vais continuer le cycle du paye Qâ avec ma fille (toujours génial de faire découvrir des saga aussi intenses…) avec probablement un billet qui suivra. La Chute de Tir na nog m’avait pas mal accroché graphiquement à sa sortie, il est temps de s’y mettre et pour finir je dois commencer la série Jormungand gentiment envoyée par mon nouveau partenaire Meian. Avec le pavé documentaire La bombe j’ai entamé en dernière minute l’intégrale du Quatrième pouvoir de Gimenez, magnifique auteur qui nous a quitté des suites du virus. Toujours dommage d’attendre la mort d’un auteur pour en parler mais il faudra que je fasse un billet sur cette intégrale voir un plus général sur l’auteur. Après il faudra que je me relise enfin Le Lama blanc


Rappel des billets de la semaine dernière:

  • Mardi:

Beaucoup de post-apo en ce moment sur le blog (symptôme d’une époque?). Dahaka a commencé la semaine avec le premier tome d’une série ambitieuse…

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  • Mercredi:

Série majeure qui termine son premier cycle sous les dessins toujours somptueux de Josep Homs!

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  • Jeudi:

Ankama propose décidément plein de petites séries très originales dont Bots, histoire de robots…

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  • Vendredi:

Fournée de BD en retard…

 

 

 

  • Samedi:

On continue les séries manga en cours avec le cyberpunk Ex-Arm et LastMan.

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  • Dimanche:

Changement de mois dit passage obligé par un bilan…

Le Bilan


 

Et vous? qu’avez-vous découvert? Vos coups de cœur et trouvailles, ça m’intéresse!

A propos...·Bilan

Le bilan du mois #13: mars 2020

Le Bilan

C’est l’heure du bilan du mois de mars, après un mois de février court et qui était passé sous les 2000 vues. Je ne cache pas que mon objectif est de maintenir le blog au-dessus de cette barre toute l’année, contrairement à l’an dernier où il y avait eu une baisse du printemps à l’automne. Pour le moment on reste donc (hormis le mois dernier à 1800) quasiment à 2000, de façon stable par rapport à 2019. L’étape cruciale c’est avril qui avait perdu de façon durable quelques 300 vues… Le passage à un billet quotidien depuis janvier aide à grossir les stat mais le ratio se maintient à environ 2.20 vues par personnes, ce qui est un gros gain par rapport à l’an dernier.

Sur Twitter les stat sont stables, avec environ 15 nouveaux abonnés par mois (435 en tout) et un gros saut à 70.000 impressions ce mois-ci, ce qui double la moyenne. Des discussions avec des blogueurs m’incitent à grossir l’activité Twitter qui semble apporter pas mal de vues chez les autres. Il faudrait que j’envisage des concours et autres processus classiques d’attraction d’audience. Je pense que je ne tag pas suffisamment de gros attracteur, comme le montre mon petit billet sur Batman Ninja qui a procuré énormément d’impression. A l’inverse mon billet sur Ultralazer T2 a créé beaucoup d’audience pour assez peu de retours blog. Les voies des RS sont impénétrables… Sur FB je ne donnerais que le nombre d’abonnés de la page (environ 1000), stable depuis plusieurs mois. J’ai beaucoup de mal à lire les stat de page de FB pour en sortir des infos claires mais j’ai l’impression que FB n’est pas très efficace en matière de vues blog, contrairement au relationnel auteur qui marche très bien. Sur Instagram enfin j’ai pris 30 abonnés depuis janvier malgré une activité très maigre. Pas encore trouvé de moyen économique de fructifier sur Instagram qui m’apparaît comme un réseau spécifique qui n’a pas vocation à être lié aux autres. Autant publier les billets sur Babelio, BDgest ou senscritique ne prends pas beaucoup de temps, autant doubler l’activité avec instagram ne m’apparaît pas très efficace…

  • Les billets les plus vus du mois:

Comme depuis le mois dernier on reste sur des nouveautés, ce qui est positif. Rags continue à être un aspirateur à vues mais Sun ken-Rock a disparu, ce qui normalise l’activité. Je suis content car hormis les 7 Ninja d’Efu qui a profité de la grosse activité manga sur Twitter, les autres sont plutôt des outsiders (et de très bonnes BD). Dommage que l’excellentissime Streamliner ne soit pas dans le top mais bon… Le billet sur Le mur de Dahaka est tout récent, s’il continue sur sa lancée il est probable qu’on le retrouve le mois prochain! Pour tous ces billets on est entre 20 et 70 vues sur le mois.

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couv_372707  couv_382245 47dca0c62522ebfebb210ed1c0bab8eb

  • East & West: 8 billets
  • BD: 11 billets
  • Docu: 1 billets
  • C’est lundi…: 4 billets
  • La Trouvaille: 0 billet
  • Jeunesse: 3 billet
  • Visionnage: 1 billets

Je n’ai pas avancé sur les bannières et l’intitulé des billets manga/comics que je trouve un peu confus… On reste à un haut niveau de comics dans les billets et on va basculer sur un nouvel objectif de réequilibrage vers les manga. Nos partenariats sont maintenant costauds et nous donnent une bonne visibilité ce qui facilite découvertes et un bon panorama. Sinon comme d’habitude (c’est bon signe) les pages permanentes, notamment les Top annuels, A venir (que je dois consolider un peu) et la PAL vous intéressent toujours beaucoup.

Nous serions intéressés par votre avis sur la différence entre les billets de Dahaka et les miens notamment en matière de mise en page. On n’a pas voulu être trop formaté, du coup la forme change. Est-ce que c’est dérangeant? Souhaitez-vous un blog très homogène ou pas forcément?…

J’espère que ces infos back-office vous auront intéressés. N’hésitez pas à poser des questions en commentaires ou par mail et me faire part de vos suggestions sur l’évolution du blog, ce qui vous plaît ou pas. A très vite pour les billets du mois de mars!

**·***·****·Comics·East & West·Manga·Numérique·Rapidos

Sushi & Baggles #31

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  • Lastman #2 (Balak, Vivès, Sanlaville/Casterman) – 2013, série finie en 12 volumes.

mediathequecouv_191184J’apprécie l’envie d’avancer rapidement dans cette série à lecture rapide. Ce tome voit la conclusion du tournoi entamé sur le premier volume et le développement du background de Richard et de sa relation avec le gamin et sa mère. L’univers est toujours surprenant, entre Moyen-Age et contemporain, sans que l’on sache si l’on est dans un monde post-apo ou non. Certainement que les auteurs vont profiter de la fin de ce premier arc pour construire leur univers et un antagonisme qui reste léger pour l’instant, hormis le fameux Lord Ignacio et son champion Cristo Canyon. Que ce soit sur les combats ou non le sens du cadrage et de l’action sont redoutables et confirment le talent de Michael Sanlaville pour transposer le dynamisme de l’Animation en BD.

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  • Ex-Arm #7 (Hi-rock/Shin-Ya Komi/Delcourt) – 2018

couv_326423Décidément cette série aux graphismes toujours impériaux fait les montagnes russes avec une vraie difficulté à maintenir une tension dramatique (sans doute du fait d’une intrigue générale assez légère…). Ce volume n’est pas mauvais en soi mais on sent l’aspect Ecchi gratuit (euphémisme?) prendre le dessus. C’est dommage car on commence par la fin du combat entamé au volume précédent et qui, comme toutes les bastons depuis le début est très bien tourné. Ça reste du corps à corps mais le dessinateur propose ce qui se fait de mieux en Manga en matière de cadrages et de dynamisme. Très vite on retombe ensuite dans de longues explications sur les relations entre les différentes mafia et sur le mystérieux « faucon du désert ». Depuis le début de l’arc on a bien compris que tout le monde possédait une Ex-arm et que la baston finale s’annonçait impressionnante. Le volume est donc un (nouvel) intermède permettant de voir Alma nue et les contre-plongées lourdingues sur les jolis arrières trains des demoiselles. On lit rapidos et on attend la suite…

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  • Ex-Arm #8 (Hi-rock/Shin-Ya Komi/Delcourt) – 2018

couv_345029On finira par s’y faire, dans cette série après un album passable vient toujours un autre excellent. Ce huitième volume des aventures de Minami et Alma l’androïde marquent une entrée dans l’action: les familles mafieuses se lancent dans une chasse sanglante dont il ne doit ressortir qu’une poignée d’enchérisseurs pour la vente des Ex-arm. De nombreux manipulateurs dans l’ombre surgissent et on a droit à de magnifiques combats dont les dessins font toujours autant baver, tant par la qualité du design que par la technique des dessins, jusqu’à la finesse des textures. Encore une fois, Ex-Arm est un manga très grand luxe! Comme l’histoire se développe (notamment des révélations sur le mystérieux roi du désert et ses liens avec Minami avant un combat dans le noir particulièrement tendu) on a moins de vues Ecchi et une intrigue plus linéaire ce qui fait du bien. Restent quelques ellipses brutales comme depuis le début mais cela reste un détail. Ce tome est pour moi le meilleur depuis le début et parvient à véritablement nous happer vers la suite. En espérant que cette tension se maintienne jusqu’au bout!

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**·***·****·BD·Nouveau !·Rapidos

BD en vrac #16

  • Les métamorphoses 1858 #3 (Ferret, Durand/Delcourt) – 2020

couv_381456badge numeriqueFerret du Durand avaient marqué un sacré coup de neuf lors de la sortie des deux premiers albums d’une série qui se termine ici. Conclusion oblige, on est ici dans le tome des résolutions et malheureusement, malgré un méchant plutôt réussi, les auteurs semblent ne pas savoir comment refermer les mystères et portes ouvertes. Commençant l’ouvrage avec un raccourci qui nous téléporte les deux visiteurs de l’ïle dans la fameuse clinique, on navigue ensuite dans une grande linéarité à base de destruction de laboratoire. Le découpage et cadrage sont toujours aussi sympathiques et percutants et les décors grandioses. Mais Le soufflet retombe donc sur un final qui ne soulève ni surprise ni grand enthousiasme. Il est toujours très compliqué de conclure une histoire et les auteurs l’éprouvent ici clairement. Ce n’est pas très grave et la série qui les a fait pénétrer le monde du neuvième art restera un très beau moment marqué par la passion et un sacré travail. De quoi attendre leurs prochaine création avec envie.

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  • Conan: les mangeurs d’hommes de Zamboula (Gess/Glénat) – 2020

badge numeriquecouv_386004La série Conan continue son bonhomme de chemin avec toujours la même interrogation sur le motif de réalisation de chaque album. Si le matériau de départ n’est pas extraordinaire (ce qui est patent sur ce tome), la liberté de choix des nouvelles par les auteurs contactés par Glénat crée parfois des ouvrages assez dispensables. Ce Mangeurs d’hommes de Zamboula  est des mots même de Patrice Louinet (le spécialiste de Conan qui co-dirige la collection avec JD Morvan) totalement dérisoire et parfaitement mercantile. Si les autres histoires déjà publiées n’ont pas pour qualité premières leur profondeur, on nage ici en plein nanar que vous apprécierez d’autant que vous le prendrez au quinzième degré. Dès l’entame, malgré une mise en scène efficace du chevronné Gess, on tombe en pleine discussion de Conan avec un vieillard qui nous fait nous demander si l’on a raté un épisode. Dans ce qui suit tout est absurde, du héros qui se jette dans la gueule du loup à l’irruption tout à fait raciste des noirs mangeurs d’hommes (et pour le coup fidèle au texte source que le dessinateur n’a fait qu’adapter) en passant par la donzelle qui se balade à poil sur la totalité de l’album. On remarquera d’ailleurs l’incohérence de l’éditeur qui pousse le coquin Cassegrain à l’autocensure quand ici la nudité ne pose pas de problème… Du reste dans le genre pulp, cet album cohérent avec le genre, Conan est invincible et jamais effarouché, les filles sont belles, les cités sont orientales et les magiciens de redoutables illusionnistes dont on ne cherche pas d’autres motivations que d’être méchants. Côté dessin si vous aimez Gess, c’est plutôt chouette, notamment sur les décors. Sinon vous retrouverez les mêmes choses qui font tiquer, des couleurs étranges à certaines difficultés anatomiques… Je conseillerais donc cet album aux fana de Conan ou de Gess, pour les autres, reportez-vous plutôt sur le Colosse noir ou le Augustin.

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  • Harmony #5 (Reynes/Dupuis) – 2019

Le premier volume du second cycle a été chroniqué ici. Le premier cycle est visible ici.

couv_377306La construction des scénarios de Mathieu Reynes est de plus en plus sophistiquée et pourraient en déstabiliser certains. L’alternance temporelle et des personnages n’est pas toujours linéaire, ce qui complexifie la lecture. Ce volume se concentre sur le grand méchant qui cherche à redonner vie au dieu déchu Azhel. On rentre ainsi dans une phase décisive où l’antagonisme entre deux groupes d’humains puissants se révèle, jusqu’à une scène qui fait directement référence à Akira, le modèle assumé. Mais la série Harmony a montré depuis son premier volume combien elle était dotée d’atouts propres, de ces inspirations digérées pour accoucher d’une création originale. Je reprocherais peut-être un peu le manque de scènes épiques, l’auteur flirtant parfois avec un fantastique qui peut virer grandguignole… mais sans jamais y tomber. Au contraire, la maîtrise graphique (et la colorisation, superbe), le découpage cinématographique et l’esthétique générale ainsi que l’existence de simples humains très « normaux » donnent du corps à la série. Si le premier cycle a donné lieu à force affrontements magiques, ce n’est pas le cas ici où l’intrigue reste assez sage. Comme depuis le début on attend un peu plus de révélation (je crains une série très longue) mais le plaisir reste très grand à la lecture de l’album. Une réalisation très sérieuse, très pensée d’un auteur en pleine maîtrise de son projet et des moyens pour le réaliser. Une des meilleurs séries fantastiques actuelles.

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****·BD·Nouveau !

Shi #4: Victoria

BD du mercrediBD de Zidrou et Homs
Dargaud (2020), 56 p., premier cycle de 4 volumes fini.

couv_383083Simple remarque en préambule: la fameuse citation affichée en page de garde de tous les albums de la série trouve ici son explication…

Alors que les crocs du redoutable limier de l’impératrice se referment sur Jay et Kita, l’heure de gloire des Glorieux Eriés semble venue quand Victoria adoube leur projet de flotte ultra-moderne de reconquête des colonies d’Amérique. C’est sans compter sur les sans-grade, ces enfants des rues invisibles à l’Empire mais qui ont bien décidé de prendre leur destin en main, sans crainte d’affronter la force des adultes…

Ça y est, le premier cycle de cette magnifique série victorienne un peu dérangeante se termine, dans les temps et en maintenant une qualité moyenne assez élevée. Ça semble enfoncer des portes ouvertes mais tenir à la fois une ligne graphique homogène (les dessinateurs évoluent souvent entre les albums) et un scénario équilibré entre les tomes est très loin d’être évident, même pour les grosses séries grand-public d’auteurs chevronnés. Il est donc l’heure de faire un premier bilan.

Shi - Victoria, BD et tomes sur ZOOComme d’habitude je vais commencer par les deux seuls points qui peuvent faire discussion, à savoir l’aspect fantastique et le croisement entre les mésaventures de Jay et Kita et l’époque contemporaine. Ce n’est pas un détail car ces deux aspects sont selon moi deux des trois éléments scénaristiques qui rendent cette série si intéressante. L’aspect fantastique donc est a mon avis le plus discutable en ce que pour l’heure il n’apporte à peu près rien et fait porter le risque d’atténuer la touche « dikensienne » de la série. Ce qui m’a marqué sur ces quatre albums c’est cette vision ultra-réaliste, très britannique, d’une société victorienne déconstruite par Zidrou en montrant la réalité la plus sordide de cette domination du mâle blanc de la haute société, si droits, si dignes dans leurs costumes et si pitoyables une fois en robe de chambre dans le cocon opaque du foyer. Une coloration assez proche de ce que faisait Loisel il y a vingt ans, mais finalement moins sordide. Histoire de sensibilité et de graphisme sans doute. Sur cet album plus encore que sur les deux précédents le scénariste abuse de ces démons issus des tatouages sur le dos des filles et du vieux mentor en en faisant l’outil majeur de la vengeance contre le projet des glorieux Eriés. En cela il permet à Homs de nous faire plaisir avec de vastes pages très graphiques mais cela atténue la tension avec ce Deus Ex Machina pour lequel on ne nous a toujours rien dit et qui semble une grosse facilité scénaristique. C’est d’autant plus dommage que la montée en puissance des enfants des rue, comme une foule de rats inarrêtables, ainsi que le couple vengeur formé par les deux femmes suffisait à passionner avec cette idée de faibles victimes renversant l’empire britannique… Gageons que les auteurs savent où ils vont et le pourquoi de cette régulière mais brève irruption fantastique dans la série.

Sans titreÉtrangement après deux albums construits en croisement temporel avec une enquête de nos jours les deux suivants se déroulent intégralement au XIX° siècle. C’est étonnant et l’on se demande si Zidrou ne s’est pas aperçu en cours de route de la difficulté à maintenir ce croisement entre plusieurs cycles et l’attente instillée chez le lecteur. Une inversion temporelle est à prévoir pour le prochain cycle étant donnée la conclusion de ce Victoria qui sonne comme une vraie conclusion permettant une prolongation généalogique. On imagine donc un second cycle au XXI° siècle avec quelques insertions des descendants des héroïnes. Les quelques narration épistolaires vues dans les quatre albums deviennent plus systématiques à mesure qu’on approche du dénouement et structurent ce volume. C’est esthétique et intéressant même si la chute m’a parue assez brutale. Globalement, si l’intrigue de vengeance est aboutie, beaucoup de pistes lancées (comme ces scènes familiales et intimes de l’impératrice…) n’ont guère progressé, ce qui peut produire une certaine frustration… de celles qui naissent de BD talentueuses.

Sans titreGraphiquement Josep Homs continue de nous ravir, malgré des pages bien plus sombres que d’habitude mais qui lui permettent de montrer son travail de textures et de hachures. L’espagnol n’est pas seulement un très grand coloriste, ses dessins se suffisent à eux-même. Les personnages qu’il crée sont terriblement marquants et justes, entre la caricature et le réalisme. Le dessinateur est à l’aise dans tout ce qu’il dessine, de près, de loin, architecture comme corps, tissus comme nature… la véritable révélation de Shi c’est lui et sur le plan graphique c’est un sans faute total!

Le dernier tome de ce premier cycle est à la fois efficace comme conclusion d’un arc cohérent et marqué par les quelques hésitations scénaristiques d’un auteur qui semble avoir parfois du mal à ne pas mettre tout ce qu’il voudrait dans ses histoires. Je me garderais bien de critiquer, tant la richesse de ses intrigues, des personnages, du découpage ou surtout de la peinture sociale sont les marques d’un grand scénariste. Shi apparaît ainsi comme la version BD de ces grands films hollywoodiens qui parviennent à propose des histoires visuellement impressionnantes et grand-public tout en assumant une radicalité sociale et historique qui dépassent très largement le seul entertainment. Une série majeure assurément.

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BD·C'est lundi...·Manga

C’est lundi, que lisez-vous? #94

septembre 2019

Ce rendez-vous a été initié par Galléane et son principe est de répondre aux trois questions:

1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?
2. Que suis-je en train de lire en ce moment?
3. Que vais-je lire ensuite ?
 
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1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?

couv_377306couv_383083Couverture de Seuls -10- La machine à Démourir

Couverture de LastMan -2- Tome 2couv_326423couv_374565

2. Que suis-je en train de lire en ce moment?

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3. Que vais-je lire ensuite ?

couv_356642couv_372107Couverture de Centaures (Sumiyoshi) -4- Tome 4

La semaine spéciale vous a bien plu! Je ne sais pas si c’est dû aux albums choisis ou sur le principe thématique (n’hésitez pas à me le dire en commentaire!) mais ça donne envie de prolonger. On avais déjà fait la même chose sur les collections Grindhouse de Glénat et H1 des Humanos avec Dahaka et je pense qu’on va essayer de se coordonner pour en faire d’autres.

Sinon je profite du confinement pour descendre la PAL avec grand plaisir! Le dernier tome du cycle 1 de Shi confirme que cette série est décidément très grande et à part, idem pour Harmony, baisse de régime en revanche sur le cycle 3 de Seuls… Je me mets enfin au dernier Blake et Mortimer qui peine pas mal et rappelle les difficultés de Shakespear et snsuite je compte terminer Ex-Arm et avancer sur les séries manga en cours chez Iznéo notamment l’excellent Centaures.


Rappel des billets de la semaine dernière:

  • Mardi:

Pour cette semaine dédiés à la bande à Vivès on a commencé par un bon gros délire sous acide de l’auteur de San Antonio.

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  • Mercredi:

Troisième (et dernier?) tome de la saga des Ogres-dieux.

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  • Jeudi:

Visionnage sympatoche en mode WTF de ce Batman au pays des Shogun…

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  • Vendredi:

Retour des Trouvailles avec ce premier album de Merwan.

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  • Samedi:

Fournée manga avec notamment le premier LastMan qui clôt cette semaine spéciale.

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  • Dimanche:

Retour des documentaires (ça faisait longtemps!) avec le grand public et très graphique album de Pécau et Blanchard sur l’histoire d’un Or noir qui a déterminé notre civilisation moderne…

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Et vous? qu’avez-vous découvert? Vos coups de cœur et trouvailles, ça m’intéresse!

***·BD·Documentaire·Nouveau !·Numérique

La malédiction du pétrole

Le Docu du Week-End

BD de Jean-Pierre Pécau et Fred Blanchard
Delcourt (2020), one shot, 114 p., noir et blanc.

 

couv_386603badge numeriqueL’ouvrage s’ouvre comme toutes les BD Delcourt sur la biblio des auteurs et est composé d’un prologue, trois chapitres et un épilogue. En fin d’ouvrage trois textes prolongent l’album en le rattachant à l’hyper-actualité et une bibliographie documentaire indicative est proposée. La couverture, profitant des talents de designer de Fred Blanchard est assez efficace dans l’esprit documentaire.

En 1872 les frères Nobel arrivent à Bakou, zone d’affleurement de pétrole connue de longue date et y importent technique et organisation qui feront rapidement de leur société la première entreprise d’exploitation pétrolière au monde. De l’autre côté de la planète un certain Rockfeller se lance également dans l’aventure du pétrole américain en associant banquiers et sociétés de chemin de fer. Ce n’est que le début d’une histoire d’argent facile, de rêve de grandeur et d’influence géopolitique qui décidera de notre civilisation libérale, capitaliste et financière…

Actu Malediction Petrole Double Visuel A1L’histoire n’est pas nouvelle et a déjà été brillamment détaillée dans la palme d’or de Michael Moore Farenheit 9/11 en 2004 notamment. Pour qui s’intéresse à l’actualité et à l’histoire, les choix initiaux, les rôles de Henry Ford, de Rockfeller, de la couronne britannique et des dirigeants américains dans le façonnement d’un monde biberonné au pétrole est connue. Comme tout bon documentaire, en recherche permanente d’équilibre entre profondeur du contenu et utilisation du graphisme, La malédiction du pétrole parvient à doser les deux.

Le rôle de Fred Blanchard, l’historique directeur de la collection Série B Delcourt (Carmen MacCallum, Travis, Soleil froid, Wonderball, Jour J, …) est majeur dans cet ouvrage très didactique, pas si pointu qu’il en a l’air et qui a le très grand mérite de rappeler au grand public les réalités des choix sociétaux faits par nos aînés, souvent encore au pouvoir…mais également par nous, citoyens-consommateurs qui nous passons difficilement des plaisirs procurés par cet or noir. Car l’objectif de cet ouvrage documentaire revenant aux sources du Mal est bien une prise de conscience du lecteur et de son rôle. On aurait vite fait de se vautrer dans la passivité d’une lecture plaisir sur une tranche d’histoire. C’est sans doute pour cela que les auteurs ont opté pour le format documentaire. Car les dessins de Blanchard, tout en crayonnés réutilisant massivement des morceaux d’images ou collant des cases identiques, s’appuient sur une imagerie fantasmagorique, voir mythologique dans ce récit tout en narration. Si bien qu’à force de voir ces représentations symboliques de l’Argent, de la Mort ou du Capital sous forme de cranes, de sirènes ou de Mamôn, on se prend à souhaiter que le duo ait plutôt opté pour une histoire fantastique sur le thème du formidable Black Monday Murders. Le plaisir aurait été grand mais le propos amoindri.

Si vous êtes de ceux qui pensent que les français tapent trop fort sur les Etats-Unis qui ne peuvent tout de même pas être responsable de tous les maux de la Terre… passez votre chemin ou préparez-vous à changer radicalement d’opinion. Car si le pétrole fait tourner les têtes de tous ceux qui l’approchent, c’est bien les américains qui se sont rapidement révélés les plus forts, les plus déterminés et les plus violents dans l’organisation du monde et de l’économie autour de leur intérêt immédiat totalement centré sur le pétrole. Et lorsque dans les dernières pages on comprend que la mondialisation financière, dont nous sommes peut-être en train de voir la fin sous le choc immense de la pandémie de Covid-19, est l’excroissance directe de la courbe descendante de l’extraction mondiale de pétrole, on est pris de vertige. La fantasmagorie sied décidément parfaitement au sujet tant le pétrole semble la véritable incarnation du Mal. Un tel ouvrage est nécessaire, surtout lorsqu’il s’adresse au grand public et parvient à se fondre dans le format BD avec une vraie réussite visuelle. Ce que j’appelle un bon docu-BD. Et l’année commence fort sur ce thème puisque le massif ouvrage sur la Bombe va inévitablement atterrir sur l’Etagère imaginaire

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Une interview des auteurs relatant la genèse du projet est disponible sur le site Delcourt.