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Emile ou de l’Education

Le Docu BD

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Manga de Isa Yoshitake (adapté de JJ. Rousseau).
Kurokawa (2021), 192p., one-shot, collection Kurosavoirs.

bsic journalismMerci aux éditions Kurokawa pour leur confiance!

On continue notre chevauchée dans le monde des manga documentaires avec cette fois un retour au format plus classique des ouvrages Kodansha (que l’on peut retrouver sur le récent Descartes ou Malthus). Après le très bon Cléopâtre, le format de celui-ci s’avère moins travaillé graphiquement et c’est surtout sur le traitement scénaristique que l’on trouve son intérêt. Alors que Rousseau imaginait l’éducation idéale d’un personnage fictif, récit graphique oblige on a ici l’histoire du propre fils de Rousseau, abandonné par le philosophe et devenu lui-même précepteur pour fils de puissants. Se retrouvant en charge d’un enfant, ce dernier décide d’appliquer les théories de son père pour mener l’éducation idéale d’Emile en l’emmenant grandir à la campagne. Après plusieurs âges éducatifs, Emile reviendra en société où il sera confronté à l’amour et à la rivalité, alors que le pédagogue se confrontera à son géniteur, Rousseau lui-même…

Serie Émile ou de l'Éducation [ESPRIT BD, une librairie du réseau Canal BD]On le voit, si la trame manga est celle assez classique d’un apprentissage et d’une confrontation entre personnages archétypaux, le traitement du cœur de la théorie de Rousseau est avantageusement mis en image avec de sympathiques séquences naturalistes qui éclairent les premiers âges de la vie de l’enfant. Suivant les chapitres du livre, le manga étonne à la fois par la longueur de la vie pédagogique, qui s’étire jusqu’à vingt ans, à une époque où l’homme du XXI° siècle imagine les enfants mariés à quinze. On comprend également la persistance de cette référence qu’est ce livre tant les concepts de liberté infantile restent très modernes encore aujourd’hui. L’idée principale voulant que l’enfant a besoin de se confronter en grande liberté à la Nature et sa découverte par la maïeutique avant d’être réellement pris en main, est exploitée dans le film Captain fantastic notamment, comme une forme de version moderne.

Le mérite principal de ce manga (comme de la plupart de la collection Kurosavoirs) reste donc de faciliter la découverte de ce monument de la culture humaniste dans une version abrégée, condensée et graphique. C’est également accessible assez jeune et c’est bien suffisant pour y trouver un intérêt!

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BD·C'est lundi...·Comics·Manga

C’est lundi, que lisez-vous? #172

septembre 2019

Ce rendez-vous a été initié par Galléane et son principe est de répondre aux trois questions:

1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?
2. Que suis-je en train de lire en ce moment?
3. Que vais-je lire ensuite ?
 

1. Qu’ai-je lu les semaines passées ?

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2. Que suis-je en train de lire en ce moment?

3. Que vais-je lire ensuite ?

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Salut à tous et bienvenue pour une nouvelle semaine sur le blog!

Semaine écoulée pas très productive pour moi même si de très bonne qualité puisque ma lecture des deux tomes de la dernière série de Frederik Peeters (sur Saint-Elme pour une critique dimanche) confirme l’incroyable talent de cet auteur, pour moi un des tous meilleurs dessinateurs au monde (oui j’assume!). Talent équivalent pour Henninot dans une adaptation sublime d’émotion et d’humanité de sa Horde du contrevent qui tire la substantifique moelle du chef d’œuvre d’Alain Damasio. Le billet le verra accompagné ce mercredi du nouveau UCC Dolorès et du dernier Aquablue pour une série en vrac très SF. Comme le planning est pour une fois détendu j’ai enfin pris le temps pour lire le gros Goldorak qui confirme l’énorme travail, le grand talent de gamins dans la force de leur expérience et le fait que quel que soit le sujet la passion est toujours très contagieuse. Dahaka avait déjà donné son avis sur le robot, je prendrais peut-être le temps de rédiger un second avis. Côté comics ce dernier vous convie chez les Avengers pour le célèbre run Original Sin demain et un gros plaisir coupable sur le Spider-island de Dan Slott jeudi.

Côté manga je continue mes lectures de la très bonne collection Kurosavoirs puisque après Cléopâtre la semaine écoulée c’est chez Rousseau que l’on va piocher samedi, avant d’enchaîner sur Marie-Antoinette sur une semaine suivante qui devrait se lire de droite à gauche… Entre tout cela j’avance ma lecture du phénomène La fin des Irin, monumental webcomic à l’ambition gigantesque et dont les deux premiers volumes m’avaient laissé bonne impression. Verdict final fin janvier (et il n’est pas trop tard pour aller regarder de quoi il retourne puisque l’ensemble des volumes est lisible en français en accès libre sur le web!).

Je termine ce billet sans vous parler du report du festival d’Angoulême (dont les sélections ne me passionnent décidément jamais…) mais pour une invitation insistante à visionner la série animée Arcane sur Netflix, petit miracle imprévu qui laisse KO. J’en reparle dans un billet dédié la semaine prochaine (ou plus vite si ça me démange…). N’hésitez pas à dire en commentaires ce que vous en avez pensé si vous avez regardé cette première saison!

Bonne semaine à vous!


 

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Cléopâtre, destinée d’une reine d’Egypte

Le Docu BD

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Manga de Hiroshi Sakamoto, Utako Yikihiro et Chie Sasahara
Kurokawa (2021), 196p., one-shot

L’ouvrage issu de l’éditeur Kadokawa comporte une couverture à rabat (pas de jaquette) et s’ouvre sur seize pages couleur, dont des photos de représentations de Cléopâtre sur des sculptures, peintures ou bas-reliefs, avant l’entame propre du manga. Il se termine par un cahier documentaire de dix-neuf pages avec des focus sur personnages, lieux, évènements en mode magazine jeunesse et des références documentaires ainsi que des notes aux parents, démontrant la démarche très pédagogique). Une édition tout à fait remarquable qui mérite un Calvin!

bsic journalismMerci aux éditions Kurokawa pour leur confiance!

J’avais entamé ma découverte de la collection Kurosavoir avec le manga sur Malthus, où je rappelais les différentes collections de BD et manga documentaires. Les parutions s’accélèrent ces derniers mois puisqu’après une assez longue pause, Kurokawa a publié pas moins de trois volumes (sur Cléopâtre, sur Marie-Antoinette et sur le traité Emile ou De l’éducation de Rousseau), alors que Soleil manga revient également avec trois volumes sur Homère, Dante et James Joyce dans leur collection Classiques. Vous allez donc voir régulièrement passer des ces manga documentaires sur le blog, à mon grand plaisir puisque je m’efforce depuis longtemps de faire vivre la rubrique BD documentaire!

Cléopâtre : Destinée d'une Reine d'Égypte - (Utako Yukihiro / Hiroshi  Sakamoto) - Documentaire-Encyclopédie [BDNET.COM]Et Cléopâtre donc? L’imaginaire collectif est verrouillé sur le film de Mankiewicz et (dans une moindre mesure) sur Asterix, aussi il était temps de revenir à la source historique, sous la forme d’un récit proche du Shojo où l’on suit la jeune fille puis femme tenter de concilier son devoir de reine avec son amour (intéressé?) pour Jules César puis son successeur Marc-Antoine. Contrairement aux deux dernières parutions de la collection sur Descartes et Malthus, nous n’avons pas ici une création de la Team Banmikas, spécialisée dans l’adaptation pédagogique des grandes œuvres en manga. Leur travail est remarquable, mais graphiquement pas fou et souvent un peu austère. La grosse qualité de cette nouvelle sous-collection (les grandes figures de l’histoire) est qu’elle propose un vrai manga avec une trame scénaristique destinée à illustrer des faits historiques. On est donc moins illustratif et le message passe bien mieux notamment chez les plus jeunes qui pourront s’accaparer le personnage de Cléopâtre comme tout autre création dramatique de manga. La base historique n’en est pas moins solide puisque appuyées sur un historien et le travail d’insertion de faits historiques dans la trame est particulièrement fluide.

Cléopâtre, destinée d'une reine d'Egypte - BDfugue.comAvec des dessins classiques mais très qualitatifs, le manga étonne par sa capacité à aborder des thèmes complexes tels que la guerre civile des deux triumvirats romains précédent l’Empire et les impératifs politiques qui faisaient de l’amour une variable très optionnelle dans les mariages antiques. Tout en s’adressant à un public jeune les auteurs abordent les mariages politiques et la jeunesse des époux, tout comme ils rappellent dès l’introduction l’origine de cette dynastie très particulière qui faisait de Cléopâtre plus une grecque qu’une nubienne (dynastie issue des généraux d’Alexandre le Grand qui avait conquis l’Egypte en même temps que la moitié du monde connu…). La dureté des relations familiales avec son père exilé, sa sœur n’hésitant pas à assassiner pour s’approprier le pouvoir et l’envie de protéger le royaume de la tutelle grandissante de Rome (encore République en expansion mais pas encore empire dominateur de toute la Méditerranée) sont aussi clairement abordés, faisant de l’ouvrage un vrai thriller (pour jeunes) aux vertus pédagogiques évidentes.

Réussissant sans simplification abusive à traiter d’une histoire compliquée abordant de nombreuses notions, appuyé sur beaucoup de documentations et très lisible, Cléopâtre réussit formidablement son pari de rester une lecture jeunesse ouvrant l’esprit à une figure complexe de l’Histoire. Un nouveau succès pour la collection, qui doit figurer dans tous les CDI de France!

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BD·C'est lundi...·Comics·Manga

C’est lundi, que lisez-vous? #171

septembre 2019

Ce rendez-vous a été initié par Galléane et son principe est de répondre aux trois questions:

1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?
2. Que suis-je en train de lire en ce moment?
3. Que vais-je lire ensuite ?
 

1. Qu’ai-je lu les semaines passées ?

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2. Que suis-je en train de lire en ce moment?

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3. Que vais-je lire ensuite ?

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Salut à tous et bienvenue sur le blog pour le retour des C’est lundi!

J’espère que vous allez bien. Sur le blog on a enfin repris une activité normale et on rattrape un peu la tonne d’albums parus l’an dernier avant de commencer les premières grosses parutions 2022. Gros retard côté manga qui va générer une série de chroniques sur la très qualitative collection Kurosavoirs, ouvrages pédagogiques chez Kurokawa dont le Cléopâtre m’a franchement surpris par des qualités que les précédents de la collection n’avaient pas. De quoi attendre avec envie les deux suivants sortis également cet automne, sur Marie-Antoinette et sur Rousseau. Avant cela j’ai pris grand plaisir à une des plus grosses sorties manga de ce mois de janvier avec le très attendu Leviathan, commande originale chez Ki-oon qui confirme un excellent auteur plein de talent (billet vendredi dernier).

En BD mon expérience de l’album issu de l’univers vidéoludique Farcry n’a pas été concluant (voir le billet)… Je prévois un billet groupé pour la semaine prochaine sur trois grosses séries: U.C.C. Dolores (dont le dernier tome juste paru laisse très perplexe quand au projet du couple Tarquin…), l’Aquablue qui conclue le long second cycle (aussi beau que frustrant) et le troisième Horde du Contrevent (série sans faute jusqu’ici). J’espère encore prendre le temps de lire le Goldorak qui me me fait les yeux doux sur ma table depuis quelques mois…

Pour cette semaine demain c’est comme d’habitude Dahaka qui entame le bal demain chez Marvel avec le King in black qui rappelle le symbiote Venom. J’enchaînerai avec un quasi coup de cœur pour le Mezkal tout juste sorti du duo qui nous a fait délirer l’an dernier sur leur Gun Crazy. Dahaka reprendra le flambeau jeudi pour le Lac de feu, intégrale de la série médiévale-SF du dessinateur de Folklords et on devrait conclure la semaine samedi en manga chez Cléopâtre donc et dimanche avec le retour des billets cinoche avec un énorme coup de cœur sur le Mortal Engines de Peter Jackson…

Portez vous bien, restez zen, révoltez vous et à tout de suite dans les commentaires pour vos trouvailles et discussions…

 

 


 

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Leviathan #1

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Manga de Shiro Kuroi
Ki-oon (2022), 172p., 1/3 volumes parus, série en cours.

bsic journalismMerci aux éditions Ki-oon pour leur confiance!

Un équipage de pilleurs d’épaves flotte dans le vide spatial, le gigantesque navire Leviathan, éventré, à sa merci. Dans le vaisseau vide ils découvrent un carnet de bord tenu par un collégien parti en voyage scolaire à bord du vaisseau. A mesure de leur progression dans les entrailles du Léviathan ils découvrent qu’une macabre danse s’est formée parmi les survivants du naufrage et que leur équipée de routine risque bien de s’avérer plus dangereuse que prévu…

📚 Rémi 📚 on Twitter: "Shiro Kuroi (@Kuroi_Siro) va publier "Léviathan"  chez @ki_oon_Editions en 2021. Une aventure qu'il a commencée en amateur en  vendant des fascicules comprenant les premières pages au Comitia.Continuant sa très ambitieuse politique d’édition de mangas originaux sous sa bannière (après Tsugumi project ou Roji! par exemple), Ki-oon a annoncé tôt l’année dernière ce manga prépublié dans son magazine et dont les premiers aperçus ont impressionné la mangasphère. Ce premier tome comprend quatre chapitres (dont quatre pages couleur en introduction) et un court cahier bonus final en forme de dramatis personae.

Premier album publié de l’auteur, Leviathan impressionne par sa forme graphique. Influencé par Otomo et Miyazaki, Shiro Kuroi travaille dans un style très européen (voir italien) fait de hachures enchevêtrées avec des trames tout à fait adaptées et invisibles dans son dessin. Dès l’image de jaquette on est attiré par cette jeune fille au regard énigmatique et un élément technologique derrière elle qui nous renvoie immédiatement à l’univers mental de HR Giger, le papa d’Alien. Si les décors du vaisseau, en forme de huis-clos) restent relativement plats, ce sont les gros plans et costumes qui impressionnent de précision et de matière. Encore soumis à quelques imprécisions techniques, le mangaka déroule une intrigue simple mais diablement bien construite avec pour ambition de créer une tension de thriller entre le Battle Royal et les dix petits nègres. Assez vite on comprend en effet que la survie des naufragés repose sur un secret dont la connaissance va entraîner la mort dans son sillage…

Léviathan #1 | BoDoï, explorateur de bandes dessinées - Infos BD, comics,  mangasSur une trame très proche du très bon Astra, Leviathan s’en détache par l’aspect huis-clos qui change résolument l’approche et l’ambiance délétère. Si l’on a bien l’idée d’un groupe d’adolescents terrifiés, l’arrivée de morts violentes pose l’atmosphère recherchée par l’auteur: un danger de tous les instants, une bataille à mort, des relations psychologiques manipulatoires malsaines.

Je m’attendais à lire un manga d’exploration spatiale et il s’avère que (pour le moment) l’équipage de pilleurs n’est que le témoin du récit, le scénario alternant régulièrement entre les deux trames temporelles. A mesure que la population du journal de bord va se réduire on peut imaginer que la première intrigue va inversement grossir. Il reste que malgré de très légers défauts que l’on pardonnera bien volontiers à une première œuvre, Leviathan nous happe de bout en bout dans son fiel inquiétant et impressionne par sa maîtrise générale qui n’a rien à envier à des auteurs chevronnés. L’éditeur a bien compris le potentiel de cette série et a lancé une grosse com’ justifiée. Un auteur à suivre et une nouveauté tout à fait enthousiasmante que je vous invite à entamer sans délai!

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Manga en vrac #24: Dragonball Super #15 – Shangri-la Frontier #2 – Alma #4 – Centaures #6 – Fullmetal Alchemist (perfect) #9

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Attention très grosse fournée manga aujourd’hui pour rattraper un retard important pris en fin d’année! Des séries en cours avec quelques déceptions et de surprenants anciens qui font de la résistance…

  • Dragonball Super #15 (Toriyama-Toyotaro/Glénat) – 2021, 192p., 15/17 volumes parus.

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Merci aux éditions Glénat pour leur confiance!

dragon_ball_super_15_glenatDécidément quelle capacité de rebondissement chez maître Toriyama! Alors que le précédent tome paraissait mener vers un ultime essoufflement, ce quinzième remets avec malice une pièce dans la machine… La fin du combat contre Moro d’abord, qui arrive, chose incroyable, à proposer de l’originalité (vous aurez du mal à me croire je sais…) avec encore de très bonnes idées qui, insérées entre les poncifs, maintiennent le plaisir de lecture et le suspens des combats. Puis l’on bascule soudain sur un tout autre arc. Ces ruptures brutales font toujours bizarre mais en changeant radicalement le contexte, les personnages et le style dans un braquage spatial digne des meilleurs films d’action, l’auteur nous accroche immédiatement. On apprendra plus tard que ce nouvel arc est le premier de la série SUPER à être totalement décroché des animés et c’est plutôt bon signe tant certains volumes ont paru forcés par un cadre contraint. On va donc retrouver les Sayan (oui-oui, il, semble en rester) et un adversaire du passé convoqué de manière cohérente à notre plus grand plaisir. Une fraicheur qui pousse jusqu’à quatre Calvin, une sacrée perf pour une série aussi éculée!

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  • Shangri-la Frontier #2 (Katarina-Fuji/Glénat) – 2021, 192p., 2/6 volumes parus.

bsic journalism

Merci aux éditions Glénat pour leur confiance!

shangri-la_frontier_2_glenatTrès sceptique sur tout manga se réclament du genre Isekai j’avais été obligé de reconnaître la pertinence du choix de Glénat de publier ce qui est calibré comme un blockbuster.

Je ne vais pas m’attarder sur le scénario (on reste intégralement à l’intérieur du jeu pendant ce volume) mais insisterais sur la grande qualité de dessins d’une lisibilité remarquable que ce soit dans les incessantes séquences de baston que dans la présentation des personnages, lieux, et tout ce qui fait ce jeu de rôle massivement multijoueur. La richesse du système et de l’univers donne vraiment le sentiment de lire un guide illustré d’un jeu existant réellement. On se demande d’ailleurs si les auteurs n’ont pas produit cette série dans le seul but d’être recrutés par un studio de jeux vidéo majeur! Hormis les allergiques à la logique du gaming (qu’on peut résumer par: découvrir, optimiser, combattre, discuter), tout le monde se prendra au jeu d’une série qui confirme sa grande proximité avec le franco-belge Bolchoi Arena (avec la part dramatique en moins). Ce second opus confirme donc totalement la bonne réception du premier et déroule sans forcer, avec plaisir, sans réfléchir. Du très bon manga détente dont j’attend la suite.

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  • Alma #4 (Mito/Panini) – 2021, 208p., 4/4 volumes parus.

alma-4-paniniLe volume se compose donc de la conclusion de la série plus neuf pages d’illustrations bonus, une Bible d’univers de trente pages, d’une post-face sur la genèse et de l’histoire courte qui a donné naissance à la série.

Très bien commencé, un peu empêtré en son milieu, Alma se conclut un peu piteusement avec un final centré sur Trice et sa rencontre avec Ray, en forme de flashback. Doté de références patchwork, peinant à donner une ligne claire et se perdant par moment dans des réflexions compliquées, Alma est le type de première œuvre très ambitieuse mais dont l’auteur n’aura pas maîtrisé tout le potentiel. Ce final n’est pas inintéressant mais une fois les révélations majeures sorties dans le volume précédent on se perd un peu dans des prolongations qui semblent superflues et un message type des manga pour ado et leur message de vie… Dommage, certains design étaient vraiment élégants et quelques idées sur la post-humanités inspirées. On attendra donc la prochaine série de l’auteur qui aura sans doute muri et son trait et son propos.

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  • Centaures #6 (Sumiyoshi/Glénat) – 2021, 192p., 6/6 volumes parus.

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Merci aux éditions Glénat pour leur confiance!

centaures_6Même constat que sur le cinquième tome (qui ouvrait le dernier cycle de la jeunesse) et sur Ashidaka: l’autrice bourrée de talent a bien du mal à mener de front autant de projets et sa grande technique ne suffit pas à habiller des pages résolument vides et à l’apparence de crobars (certes très élégants mais vraiment rapides). En outre ce volume est scindé en son milieu entre la fin de l’histoire de Matsukasze (nous expliquant comment le jeune centaure un peu benêt est devenu le démon rouge qui terrorise les humains) et celle de Kohibari. Frustrant car on arrive un peu tard sur ce personnage qui ne nous apprend guère plus que le premier cycle sur son origine. Ce volume semble avoir été réalisé sur la forme d’historiettes prolongeant les précédents, avec ici pour objet de reboucler avec des premières pages de la série certes percutantes mais un peu abruptes. On lui saura donc gré de rendre plus intelligible le premier tome (avec nécessité de le relire donc!) mais il faudra vraiment qu’avec la fin de cette série l’autrice se recentre et prenne le temps de finaliser ses albums. Son talent l’exige!

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  • Fullmetal Alchemist (Perfect edition) #9 (Arakawa/Glénat) – 2021, 308p., 9/18 volumes parus.

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Merci aux éditions Kurokawa pour leur confiance!

fullmetal_alchemist_perfect_9_kurokawaCoup de coeur! (1)Last but not least, vous avez sous les yeux braves gens pas moins que le meilleur tome de FMA depuis le commencement (jusqu’ici en tout cas)! Dans une lente progression, la saga de Arakawa est passée tranquilou-bilou de trois à quatre Calvin avant d’aboutir à ce coup de cœur de noirceur qui exploite l’action incessante et les cliffhangers éhontés (mais tellement savoureux) pour nous laisser en apnée sur des révélations majeures. A la moitié de la série il fallait bien cela! On dira que tout le dramatis personae est en place et que la grande bataille peut commencer, avec des héros multiples et dans de beaux draps. Maîtrisant comme personne la nécessité de produire de magnifiques méchants, l’autrice nous envoie Ed dans un combat rageur contre Glutony avant de le confronter à nouveau avec la Porte. Le roller-Coster émotionnel est à son comble et si certains volumes ont parfois trainé en explications politiques, il ne faut ici pas moins des trois-cent pages pour avancer ce tome bourré d’action. Il est très rare que je mette une telle note à un shonen et l’édition décidément superbe apporte en outre des informations très intéressantes sur les personnages dans les croquis inclus sur la reliure.

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BD·C'est lundi...·Comics·Manga

C’est lundi, que lisez-vous? #170

septembre 2019

Ce rendez-vous a été initié par Galléane et son principe est de répondre aux trois questions:

1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?
2. Que suis-je en train de lire en ce moment?
3. Que vais-je lire ensuite ?
 

1. Qu’ai-je lu les semaines passées ?

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2. Que suis-je en train de lire en ce moment?

3. Que vais-je lire ensuite ?

Salut à tous et bienvenue pour une dernière semaine avant Noel!

La semaine écoulée j’ai lu deux séries énormissimes, le cinquième tome d’Eden, meilleur manga lu depuis Akira, et relecture des Compagnons du Crépuscule, le monument de Bourgeon qui semble avoir beaucoup titillé au vu des stat de consultation du billet. J’ai été très surpris, pour une Trouvaille, d’une BD très classique que beaucoup de jeunes lecteurs ne connaissent pas. Comme blogueur et comme bibliothécaire je suis aux anges puisque c’est l’essence de cette activité que de faire des liens entre nouvelles et anciennes BD pour aider chacun à développer sa culture. Et quand les lecteurs sont au rendez-vous, c’est mon petit cadeau de Noël à moi…

Le troisième Ashidaka en revanche confirme les lacunes d’une série d’une autrice pleine de talent mais qui semble aller trop à l’économie et sur un cadre shonen archi-balisé et un peu minimaliste. Pas sur de continuer longtemps du coup…

La semaine à venir s’annonce sous les auspices des X-men avec un gros run (qui commence demain) de Dahaka sur les quatre épisodes de X of Swords qui poursuit le relaunch de Jonathan Hickman de la saga mutante. De mon côté je prévois pour ce week-end un double billet d’aventures pulp avec la concomitance de la sortie d’un nouveau (et très attendu!) Conan dans la collection Glénat et du deuxième Tarzan, adapté des romans de Edgard Rice Burroughs. Toujours sympathique de comparer des adaptations littéraires plus ou moins fidèles et qui à l’image des formidables Cthulhu de Tanabe permettent à un large lectorat de s’immiscer dans une culture littéraire spécifique, hyper influente. En écrivant ces lignes je réalise qu’à l’image du cinéma, on constate depuis plusieurs années une grosse vague d’adaptations qui, qu’elles qu’en soient les qualités, n’en cachent pas moins un certain manque d’imaginaire soit des auteurs soit des éditeurs. Que ce soit Conan, Goldorak ou Boris Vian, ce carcan du texte empêche des folies telles que Ramirez, Servitude ou Les indes fourbes. C’est un marqueur jamais très positif sur la vitalité et le renouvellement d’un secteur de l’imaginaire…

Je vais (donc…) enchaîner sur le Frankenstein de Bess qui nous avait subjugué en 2019 avec son Dracula (et en espérant qu’il enchaîne sur un Monsterverse sur d’autres albums!), le Goldorak sur lequel je suis en retard (mais que Dahaka a déjà chroniqué) et une toute récente trouvaille via Instagram, que l’éditeur a bien voulu m’envoyer et qui sous des planches sublimes semble proposer une biographie d’une figure féministe du XX° siècle proche de celle de  Marion Barbara Carstairs. Je vous en parle probablement dès la semaine prochaine entre la bûche et le champagne!

Bonne semaine à vous, en vacances j’espère et sinon passez excellentes fêtes avec plein de BD sous le sapin!


 

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Manga en vrac #23: Eden #5 – Ashidaka #3

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  • Ashidaka #3 (Sumiyoshi/Glénat) – 2021, 192p., série en cours 3/4 tomes parus.

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Merci aux éditions Glénat pour leur confiance!

ashidaka_3-glenatOn enclenche la troisième pour cette série que l’autrice aligne en même temps que sa grosse série Centaures. On avait laissé Ashidaka sur un très gros cliffhanger contre un adversaire au design impressionnant. Dans ce volume très orienté action et qui laisse très peu de place au développement d’un scénario on retrouve les mêmes marqueurs fortement shonen et les mêmes limites, à savoir une lisibilité souvent très moyenne dans l’action et des arrières-plans totalement dépouillés. La perte des textures et environnement forestier foisonnant de Centaures donne des planches où la virtuosité technique réelle de l’autrice ne compense pas une rapidité de réalisation qui risque de faire tiquer. Le déroulé alterne donc entre des apparitions de nouveaux personnages qui à la manière d’un jeu vidéo, ponctuent la progression, où la volonté hors norme et la bonté fondamentale du héros fait face à un nihilisme conflictuel de ses antagonistes. Le personnage en prend plein la poire face à des méchants vraiment très forts et plutôt bien caractérisés. C’est très simple, un peu court et les quelques très beaux dessins de personnages, le design techno-organique franchement intéressant dans ses possibilités et le groupe de guerriers plutôt réussis suffisent à peine à justifier de continuer une série qui doit passer la vitesse supérieur assez vite pour ne pas lasser.

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  • Eden, it’s an endless world #5 (Endo/Panini) – 2021, 5/9 volumes parus.

eden_perfect_edition_5_paniniChoc annoncé, le cinquième Perfect d’Eden nous balance d’entrée de jeu dans une prise d’otage qui confirme la grosse avancée dans la connaissance du background géopolitique. Il faut dire qu’on est déjà à la moitié de la série et on appuierait presque sur les freins tellement la perspective de se rapprocher de la conclusion… On connaît désormais la méthode scénaristique d’Hiroki Endo qui nous fait sauter sans coup férir d’un personnage à un autre, sur des ellipses de plusieurs mois voir années, voir sur la disparition brutale régulière d’un personnage. C’est diablement efficace et l’intelligence de l’auteur qui n’est plus à démontrer (il suffit de lire ses réflexions en fin de volume) rend chaque dialogue, chaque sujet abordé, passionnant. Les séquences d’action sont absolument énormes, les thèmes SF très réalistes et l’envie de proposer une anticipation quasiment documentaire  permanente. On sent la documentation importante de l’auteur qui apporte un sérieux mais sait aussi proposer de l’humour avec ce nouveau personnage de flic que l’on a très envie de suivre. La qualité des personnages d’Eden fait qu’il est quasi impossible de savoir si untel sera un personnage secondaire, deviendra central, ou disparaîtra subitement. Eden est une immense série, de celles qui rendent l’attente très très longue…

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Gannibal #5-6

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Manga de Ninomiya Masaaki
Meian (2021) , 192p./volume, volume 7/13.

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Merci aux éditions Meian pour leur confiance!

Laissé au cœur du domaine Goto et en très mauvaise posture, Daigo est sauvé in extrémis et découvre que la police départementale est beaucoup plus impliquée qu’il ne l’avait cru dans l’affaire Goto. Bien décidé à aller au bout de sa démarche pour sauver les enfants, il se lance dans le plongée dans l’antre de ces supposés cannibales alors que nous sont révélées les racines familiales…

gannibal_6_meianOn continue l’odyssée en apnée permanente dans ce thriller toujours impressionnant d’efficacité dans son montage désormais connu mais si percutant. Le fait de savoir que la série est désormais achevée et que l’on est déjà à la moitié permet d’accepter ces aller-retour sur la structure des séries TV où l’on croit à chaque album arriver au dénouement ultime avant qu’un twist ne nous renvoie à nos pénates pour savoir ce que font vraiment les GOTO dans leur domaine et si le héros va enfin parvenir à stopper ces horreurs…

Le volume cinq approfondit pas mal la source du Mal en nous révélant des informations sur la mère de l’enfant au visage dévoré (l’informateur majeur des précédents tomes), mais aussi sur Keisuke qui se confirme comme un élément perturbateur dans le code familial du clan. En élargissant le contexte à la police départementale on monde d’un cran dans l’échelle de l’intrigue mais l’on perd aussi la peur de la cellule familiale isolée au milieu des fous, qui fonctionnait à merveille au début. Ce n’est pas grave car si Daigo se retrouve un peu en retrait, ces volumes paraissent comme une densification tant attendue autour de la figure démoniaque de Gin Goto, la vieille peau à l’influence de gourou qui régissait aux destinée du clan.

Ainsi le volume six voir une nouvelle confrontation avec Lui… bien évidemment aussitôt aperçu, aussitôt disparu. Ninomiya Masaaki contrôle toujours précisément ses révélations et ses secrets enchevêtrés. Maintenant que le rôle de Gin et de Keisuke sont dévoilés et que les tensions inhérentes au clan apparaissent, on garde le gros morceau pour la fin, bien dérangeant et bien flippant bien sur… Certains relèveront l’abus de ce montage en saccades. Pourtant cela devient familier et l’on n’attend plus vraiment de longues séquences explicatives, habitués à des surgissements d’un autre temps, d’un autre lieu. En revanche on attend le retour du héros et l’on n’ose frémir en croyant difficilement que sa petite famille soit définitivement à l’abri de la menace. Un sentiment de paranoïa tout à fait approprié et signe que l’on est résolument pris dans les filets d’un auteur en pleine forme!

BD·C'est lundi...·Comics·Manga

C’est lundi, que lisez-vous? #169

septembre 2019

Ce rendez-vous a été initié par Galléane et son principe est de répondre aux trois questions:

1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?
2. Que suis-je en train de lire en ce moment?
3. Que vais-je lire ensuite ?
 

1. Qu’ai-je lu les semaines passées ?

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2. Que suis-je en train de lire en ce moment?

3. Que vais-je lire ensuite ?

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Salut à tous et bienvenue pour une nouvelle semaine BD sur le blog,

Semaine bien trashos dans des lectures très éclectiques! J’ai commencé par le diptyque graphiquement plaisant mais un peu inabouti de Stalner sur la période de la Peste noire. Hormis le parallèle avec notre contexte Covid et quelques éléments historiques ce n’est pas la meilleure production de l’auteur. Je vous renvoie à la critique de ce week-end. J’ai en revanche dévoré le docu sur l’affaire Aslthom et la suite du manga effrayant Gannibal (critique demain) qui confirme son statut de découverte manga de cette année! Autre suite, Once and future qui s’approche de la fin avec un troisième épisode un peu moins bon mais qui annonce un festival prochain (et toujours ces planches à tomber!)…

J’ai enfin entamé le monument de François Bourgeon, les Compagnons du Crépuscule qui ressort en en intégrale chez Delcourt (après un vraie saga éditoriale qui a fait passer la série par pas moins de trois éditeurs). C’est de la grande BD classique que les plus jeunes ne connaissent sans doute pas. C’est une orfèvrerie d’écriture et de dessin… patience jusqu’au billet rétro de vendredi!

Pour la suite je vais me remettre aux manga avec une grosse pile très en retard et je pense ajouter le second Tarzan scénarisé par Bec (le premier avait été une plutôt bonne surprise en début d’année) pour un billet de suites BD pour ce week-end.

Bonne semaine à vous et n’hésitez pas à partager également vos bonnes découvertes (et aussi les lectures à éviter!).