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Sushi et Baggles #7

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Sun-Ken Rock #17-19

Couverture de Sun-Ken Rock -17- Tome 17Ces volumes concluent l’arc du combat entre la Sun-Ken team et le gang de Ban-Phuong. Dans le décors dantesque de l’immeuble en ruine rongé par les flammes d’un incendie, les deux chefs de clans s’affrontent dans un combat démentiel. Très peu de blagues dans cette séquence où Boichi peut faire parler sa virtuosité et régaler le lecteur sur ce pourquoi il lit ce manga. Comme depuis le début de la série, les combats sont entrecoupés de respirations sous la forme de dialogues assez plats sur la fraternité, l’identité de l’exilé Ban-Phuong, la vengeance etc. On a l’habitude, c’est un peu philo de comptoir mais dans la bouche de gangsters c’est relativement cohérent. Juste un peu trop redondant pour que l’on s’y intéresse, aussi on passe rapidement sur ces pages pour se régaler avec les planches de baston. Entre-temps Yumin s’est échappé et se retrouve à intervenir au cœur du combat avant l’intervention des forces spéciales du Clan du dragon blanc. Une ribambelle de jeunes filles en tenue très moulantes qui associées à l’amoureuse de Ken que les déboires ont placé en petite tenue, justifiant du fan-service habituel. Malgré toutes ces limites on est ici dans ce qui s’est fait de mieux depuis le début de la série et l’on approche de la fin. A noter que l’irruption des forces spéciales en mode grappin a clairement débouché sur la série dérivée Wall-Man, chroniquée sur l’Etagère et pour moi bien plus équilibrée que Sun-Ken Rock. Fin de la série dans le prochain billet manga.

 

Batman Metal #3

batman-metal-tome-3Attention, accident industriel! De mémoire de lecteur je n’ai jamais lu un tel effondrement sur une série en trois tomes. Parfois on a une disparition graphique en cours de route (Aquablue, Volunteer, …). Ici cela ne pose pas réellement de problème puisque l’on est dans un agencement d’épisodes d’un Event majeur de DC. Si Urban a généralement réussi plutôt bien à proposer aux lecteurs français une sélection d’épisodes centraux permettant de lire des Event sans se taper toutes les publications, ici cela a tenu deux volumes avant l’explosion en vol. Mes chroniques des tomes 1 et 2 étaient plutôt enthousiastes et laissaient la possibilité aux lecteurs non habitués à DC de lire les albums. Ici tout devient totalement incompréhensible mais pire, les quelques WTF vus dans les deux volumes précédents semblent devenir la norme. On se pince dix fois pour être sur qu’il ne s’agisse pas d’une liberté de traduction mais la correspondance de l’image ne laisse pas de doute: c’est du grand n’importe quoi! Je ne sais pas si les personnages débiles de cet album existent de longue date dans le catalogue DC mais les auteurs (et pourtant pas des moindres) semblent avoir mis un point d’honneur à ressortir tout ce qu’il y a de plus aberrant chez cet éditeur (entre Starro l’étoile de mer, le singe-Batman ou l’œuf de plastic-man…). Bref, j’arrête ici la mise à mort mais je dois avouer que la déception alliée à l’épuisement de cette lecture m’a vaguement dégoûté de tenter d’autres Event de chez DCHeroes in crisis me tentait bien. J’attendrais sagement les retours avant de me lancer.

 

Ninjak #3

Couv_306583Je continue ma lecture de Ninjak un peu dans le désordre (j’avais lu Shadowman intégrale et Rapture à sa sortie et commence juste à comprendre certaines choses). Une chose est certains, Valiant est monté d’un niveau graphique entre ses premières séries et les reboot récents. Ça reste très correcte mais disons que ce ne sont pas les dessins qui vous feront acheter l’album. Dans le troisième volume en forme de crossover Ninjak est envoyé avec Punk Mambo dans le monde des morts pour récupérer La Pie, la nouvelle forme de Shadowman (je ne spoil pas et vous envoie lire l’intégrale avant la nouvelle série à paraître en France en 2019). On a donc quelque chose proche de ce qui est proposé dans Rapture et qui se passe essentiellement de l’autre côté. Ninjak est toujours aussi invincible et un peu trop lisse par rapport à son inspiration (Batman) à mon goût. L’interaction avec la magicienne vaudou et les Loa est très sympa et les épisodes sont entrecoupés par la légende de la Pie. On oubliera la facilité à entrer chez les morts et à s’y promener  pour profiter de la grande réussite graphique du personnage du porteur de Loa. On est donc plus dans l’esprit de Shadowman et j’avais bien aimé cette série, du coup j’ai préféré ce troisième volume aux précédents même si je ne comprend pas pourquoi l’éditeur associe aussi fréquemment le seul héros sans pouvoirs à son personnage le plus magique, les deux univers ne collant pas selon moi. Si vous attendez des combats Ninja et de l’espionnage il faudra repasser.

 

Red Sonja: l’autre monde

Dans ce sympathique épisode de Red Sonja (l’alter ego de Conan, créée par Robert E. Howard et vue dans le film Kalidor avec Schwarzie), la guerrière vêtue d’un bikini en écailles de dragon se retrouve transportée à New-York à notre époque du fait d’un portail ouvert par le maléfique sorcier Kulan Gath.  Ce dernier a en effet pris l’identité d’un magnat capitaliste et envisage très naturellement de détruire le monde… Si le scénario, simple mais très bien tenu dans un second degré léger est assez anecdotique, la qualité première de cet album réside dans les dessins de Carlos Gomez, dessinateur argentin talentueux et rare. On est dans un style graphique de l’Ecole hispanique et perso j’adore! Red Sonja est montrée sous toutes les coutures avec sa tenue très aérée, sans que les dessins ne virent dans le vulgaire (la différence entre le fan-service made in USA et le japonais comme chez Boichi). Ça combat, la donzelle est aussi fine que Conan et les interactions anachroniques entre la bourrine amatrice de bibine et les personnages du XXI° siècle souvent drôles. La série est à suivre et le scénario de fantasy, bien qu’improbable, est suffisamment travaillé pour que l’on ait envie de poursuivre… pour peu que les dessins restent à la hauteur. Cet album m’a un peu fait pensé aux albums de Frank Cho genre Shanna. Du coup je vais essayer de dénicher d’autres albums de Gomez, notamment sa série Dago, vraisemblablement introuvable. Si quelqu’un a un filon…

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Sushi et Baggles #4

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Dr Stone #3

Dr. Stone - Tome 3Déjà le troisième tome de cette série très joliment dessinée par un Boichi en mode kawai qui semble se retenir pour ne pas dépoiler ses personnages féminins… On sent de plus en plus l’influence du jeu vidéo et ce tome plus qu’un autre reprend le fonctionnement des jeux de gestion avec l’acquisition de compétences et de niveaux progressifs pour la civilisation scientifique: d’abord l’age de pierre, puis du fer, puis du feu et enfin de l’électricité… Ce volume est centré sur la découverte par le héros du village de la jeune fille rencontrée au tome 2 et peuplé de natifs de l’après pétrification. L’humour et l’intérêt pédagogique retombent un peu par manque de révélations. On se rend compte que si le concept des découvertes scientifiques expliquées comme dans un Sciences et vie est sympa, il ne suffira pas à tenir en éveil le lecteur pendant des dizaines de volumes. A la vitesse à laquelle Senku avance dans l’histoire des sciences on commence à saisir que l’objet du manga n’est finalement pas la survie dans la nature mais plutôt la confrontation de deux civilisations surgies ex-nihilo, du world-building en manga. Il faudrait que ça rebondisse assez vite derrière sinon je risque de me lasser.

 

Couverture de Ninjak -1A- L'ArmurerieNinjak #1&#2:

Première relative déception depuis que j’ai commencé à lire des comics Valiant! Alors que Ninjak est un personnage central de l’univers partagé, très charismatique (une sorte de Batman moins perturbé et beaucoup plus fort physiquement), cette série est assez mineure pour son début, avec cette histoire d’infiltration d’une multinationale du crime dirigée par des super-assassins freaks. Les séquences d’infiltration sont très chouettes et l’univers des super-espions fun. On aurait pourtant aimé une origin story et l’on doit se contenter d’une avancée très progressive et décousue de la formation du héros entrecoupée de combats enCouverture de Ninjak -2- La Guerre des ombres mode boss de fin de niveau et parfois un peu WTF. Le dessin est inégal, entre les très bons Segovia et Man et les dessins médiocres de Juan José Ryp qui tranchent avec une certains classe à la James Bond qui sied au personnage. Les deux autres volumes permettront peut-être de rehausser l’intérêt, mais pour un début, sans être mauvaise, cette BD est assez dispensable. Dommage, j’espère que le reboot que Bliss sort en avril prochain sera plus ambitieux.

 

Lazarus #3: Conclave

Le terrible chef de famille Hock a mis la main sur Jonah, le frère de Forever et traître à la famille Carlyle. Un Conclave, réunion judiciaire de toutes les familles, est réuni pour trouver une solution au problème de cette détention. Enfermés sur une luxueuse plateforme en mer, Carlyle et Hock manigancent pour éliminer l’autre en usant de toutes les manipulations techniques ou d’allégeance des autres clans. Alors que Forever retrouve dans les autres Lazares des proches, la question de son appartenance réelle à la famille Carlyle revient sur la scène…

Cette série perturbe un peu par ses changements brutaux d’environnement, tantôt les déchets, ici le gratin des familles, Forever restant le seul fil conducteur. Ce personnage impitoyable, fort et dans le doute est touchant et très bien construit, comme tous les personnages du reste. Ce volume est le plus intéressant depuis le début de ma lecture, à la fois graphiquement et thématiquement. Encore une fois on s’accroche devant les dessins en essayent de trouver de la précision dans les visages… Encore plus frustrant quand on voit les très jolies couvertures originales. Bref… Quand je découvre qu’une série TV est en préparation chez Amazon mon sang ne fait qu’un tour et j’imagine déjà dans cette future série le successeur à Game of Thrones!

Lazarus #4:

Même constat que précédemment avec la mauvaise idée de casser à chaque début volume les très bons cliffhangers du précédent avec une rupture chronologique ou géographique complète. Du coup on mets quelques dizaines de pages à se raccrocher, le trait particulier n’aidant pas à repérer les personnages. Après un prologue intriguant on découvre un monde où la guerre déclarée entre Hock et Carlyle fait rage. Ce tome est un concentré d’action puisque Forever est plongée en pleine zone de guerre et va pouvoir faire parler ses incroyables talents guerriers. Je découvre que la série (ou plutôt le premier cycle) s’arrête dès le tome 5 alors que l’on commence juste à entrer dans le feu de l’action… Ce tome est néanmoins l’un des plus réussi depuis le démarrage.

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Sushi et Baggles #3

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Radiant #10

Ce dixième volume clôture l’arc des chevaliers-sorciers qui a un peu déporté l’intrigue des Nemesis vers l’affrontement Nature/sciences entre le royaume de Cyfandir des chevaliers-sorciers et les barons-marchands alliés à l’Inquisition. On a donc droit à un épisode séparé entre la fin de la guerre par l’intervention de Merlin et le début d’un nouvel arc qui voit l’équipe du héros retourner à l’Académie Artémis. L’arc des chevaliers-sorciers avait un peu perdu l’humour de la série pour de l’action grand format et des manigances politiques. On retrouve Seth et ses remarques à la con une fois retourné sur la cité des sorciers. On sent que l’univers est vaste et que l’on vient tout juste de le découvrir. L’Anime juste diffusé aidant on imagine que l’on en a encore pour des dizaines de tomes à rechercher le Radiant et c(‘est tant mieux tant Tony Valente parvient à associer rythme, action, humour et une certaine réflexion écologique et sur l’altérite dans ce manga référence.

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Ether #1

Boone Dias est le Sherlock Holmes de l’Ether, le seul humain ayant réussi à pénétrer longuement dans ce monde parallèle où les lois scientifiques semblent remplacées par la magie. Esprit profondément cartésien, ce scientifique de renom considère que même dans l’Ether tout trouve une explication rationnelle! Lorsqu’on le convoque pour découvrir le coupable de l’assassinat de la Flamme d’or, la mythique héroïne défenseuse de la loi et de l’ordre de ce monde, il commence une enquête qui impliquera sa vie privée et questionnera les sacrifices auxquels il a consenti pour pouvoir devenir un cartographe de l’Ether.

Excellente variation sur Sherlock Holmes que cette nouvelle série dont le premier attrait est l’imagination débridée et délirante des auteurs pour créer ce monde magique. Malheureusement le dessin (qui fait penser à celui de Benjamin Blackstone) n’est pas au rendez-vous et ne facilite pas l’immersion du lecteur. La construction est également assez sophistiquée, nous immergeant dès la première page dans une intrigue déjà en place avec plusieurs flash-back qui nous racontent la rencontre entre Boone Dias et ce nouveau monde. Si vous accrochez aux dessins vous passerez un excellent moment qui vous donnera envie de prolonger l’aventure de cette enquête ésotérique. Si ce n’est pas le cas vous risquez de vous contenter de ce moment rafraîchissant à la croisée entre Hellblazer et Black Science.

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Sheriff of Babylon

Attention, one-shot touffu! Tant par un dessin au couteau qui joue énormément (trop?) sur la saleté et la surimpression de textures que par une intrigue que le scénariste fait tout pour faire avancer trèèèès lentement, cette intrigue ethno-géopolitique se mérite. Un peu à la manière d’un Black Monday Murders il faut faire ses preuves pour mériter cette lecture! La connaissance du terrain par l’auteur (ex agent de la CIA) se ressent, trop sans doute, en l’empêchant de décoller sur un scénario simple, accaparé qu’il est à faire ressentir la complexité locale, la chaleur, et à sortir des clichés américains. Sur ce plan l’album est une réussite – qui n’est plus si rare dans le milieu du comics Indé. L’organisation autour des trois personnages typés aurait dû aider le lecteur à suivre le récit mais la déconstruction et le côté tardif du sens de tout cela retarde d’autant l’immersion dans un album que l’on lit un peu trop extérieur pour vraiment l’apprécier. C’est dommage car ces personnages sont réellement intéressant et le héros, que l’on voit trop peu, est très réussi en faux candide au pays de Saddam. Une seconde lecture aidera sans doute à reprendre les bases pour peu que le dessin (très différent de la magnifique couverture malheureusement…) vous en donne envie. Dommage, la réalité d’une occupation de cowboys violents dans un pays dévasté par les tensions entre groupes est très intéressante. Dans le genre le Green Zone de Peter Greengrass, plus politique mais plus lisible, arrive à transcrire cette ambiance sans perdre le spectateur. Un album bien surévalué à mon goût.

Manga

Sushi et Baggles #2

Dr Stone #1

Dr. Stone - Tome 1J’ai découvert le très grand dessinateur Boichi sur Sun-ken Rock puis sur Wallman. Sa nouvelle série l’associe à un scénariste dans une sorte d’utopie philosophique: plusieurs milliers d’années dans le futur, après que la Terre ait été rendue à la nature suite à la pétrification soudaine des humains et d’une partie des animaux, un groupe de jeunes gens revient à la conscience et mets en oeuvre le retour à la civilisation…

Très bon démarrage pour une série écologique où assez rapidement après l’apocalypse  (version très originale que cette pétrification générale) se mettre en place différentes visions de ce que devra être la nouvelle humanité, associant le personnage principal (une sorte d’Einstein du futur), une force de la nature et un combattant hors paire. L’originalité du manga, outre le fait d’aborder des scènes culinaires (comme dans tous les Boichi) est son côté pédagogique et scientifique avec plein d’explications de réactions chimiques, de fonctionnement des inventions, bref de toute la science mise en oeuvre pour recréer outils et matériaux. Un premier tome qui donne bien envie d’enchaîner!

Dr Stone #2

Dr. Stone - Tome 2

L’aventure continue avec l’affrontement entre deux projets de civilisation, entre celle de la science et celle utopique d’un grand timonier dirigeant par la force. On découvre l’existence d’autres humains réveillés pendant que Senku projette de contrer la puissance brute de Tsukasa grâce à l’invention de la poudre à canon… Le projet de ce manga se structure autour de cette dualité intéressante de recréation de l’humanité sur de nouvelles bases. Le tout reste fortement axé autour des sciences pendant que Boichi nous régale de son trait toujours aussi élégant et de l’humour omniprésent. Manga qui ne m’intéressant pas spécialement au départ je trouve pour le moment que c’est plus construit et solide que Sun-Ken Rock, en restant un manga assez familial qui peut être lu assez tôt mais intéressera surtout les pré-ado je pense.

Lazarus #1:

Beaucoup entendu parler de cette série du scénariste tendance Greg Rucka, du coup je me lance: dystopie absolue où le monde est régi par des grandes familles à la tête de multinationales, qui font la loi, la police, la guerre, bref, dirigent le monde en un système proche de la féodalité. Les humains sont répartis en trois classes: les familiers (la famille élargie), les serfs, travaillant pour la Famille, et les déchets qui sont considérés comme inutiles. Ce monde est absolument terrible et le scénariste nous fait suivre les pas du Lazare de la famille Carlyle, Forever, machine de guerre invincible formée dès son plus jeune age pour assurer la sécurité de la famille. Impitoyable, elle est néanmoins humaine et s’interroge sur sa place dans la famille et sur l’amour supposé de ce père génétique, le patriarche de la Famille qui entretien une relations ambiguë avec elle.

Si les dessins sont assez difficiles pour moi (style américain fait de numérique très noir et pas toujours précis (style que pouvait avoir Bec à une époque et qui allie photoréalisme et aspect très froid), je reconnais que ce monde sorti des cauchemars de Renato Jones est passionnant en même temps que terriblement dur. On part sur un format long dans le style des séries US et l’histoire (très axée sur la psychologie des personnages) et l’univers justifient de poursuivre la lecture.

Lazarus #2:

Ce second tome intercale l’enfance de Forever faite d’entrainement très intense et d’amour filial avec son maître de combat et le projet d’attentat d’un groupe de déchets. On sort un peu de l’univers des Familles pour découvrir comment vivent (ou pas) les humains dans ce monde sauvage. La structure du récit et de la rupture attendue se mets en place, nous faisant comprendre progressivement que toute rébellion est vouée à l’échec. Hormis si un Lazare décide de rompre le ban… Vraiment dommage qu’un artiste plus esthétique ne soit pas aux dessins, la lecture donne vraiment très envie d’une adaptation ciné à laquelle cette histoire se prête absolument.

Beauty #1:

Excellent pitch très original que celui de Beauty! Dans un futur proche un virus sexuellement transmissible contamine une bonne partie de la population, provoquant un effet étonnant: les corps rajeunissent, les traits s’affinent… les malades deviennent beaux! Dans ce contexte, un duo de flics de la section spéciale de la police chargée des affaires autour du Beauty enquête sur des décès par combustion spontanée de malades. Très vite ils constatent une conspiration au plus haut niveau, alors que leu vie privée se retrouve perturbée…

Ce premier tome est vraiment bon, alliant enquête de police, conspiration politico-pharmaceutique et action débridée. Graphiquement c’est très correcte même si la colorisation informatique classique de beaucoup de comics aplatit un peu la qualité du trait. Au-delà de l’intrigue efficace j’aime beaucoup ce qu’apportent les différents effets indésirables du Beauty sur la psychologie des personnages et sur les ambitions personnelles. Série à suivre.

Manga

Manga en vrac #4

Radian #9

Résultat de recherche d'images pour "radiant 9 valente"La guerre fait rage en Cyfandir: la situation est plus désespérée que jamais, l’alliance entre les barons marchands et l’Inquisition ayant bloqué toute utilisation du Fantasia et donc toute protection aux chevaliers-sorciers. La défaite semble inexorable pour la reine Boadicée qui tente une charge désespérée contre les puissants Thaumaturges… ces derniers n’ont pourtant pas livré toute l’étendue de leur puissance. Ce volume est « l’Empire contre-attaque » de la série de Tony Valente! La convergence des forces de ce vaste et mystérieux univers magique donne lieu à une magnifique bataille épique au possible, faite de désespoir, de trahisons et de l’héroïsme forcené de set et ses alliés. L’originalité des pouvoirs est toujours aussi grande et on est immergé comme jamais (j’avais trouvé la première bataille de Rumble Town un peu brouillon) dans l’action avec mille interventions et rebondissements. L’équilibre entre action/histoire/Humour est toujours aussi réglé. Du très très bon manga!

Green blood #1-2:

Résultat de recherche d'images pour "green blood manga"Ce manga en cinq volumes propose de découvrir (un peu à la manière du Gangs of New-York de Scorsese) la préhistoire de la Grosse pomme: une ville boueuse où arrivent par bateaux des hordes d’immigrants crève la faim et prêts à tour pour survivre. Un sous-prolétariat qui va permettre l’essor d’un capitalisme débridé… Dans le manga, le « green blood » est le sang irlandais, basse couche de ce prolétariat, localisé aux Five points, quartier où règlent les gangs sur les bordels et toute l’activité économique. Le Grim Reaper est le tueur du gang des Grave Diggers. Il travaille la nuit pour récolter l’argent qui lui permettra d’échapper à cette misère avec son jeune frère. Cette double vie et les mensonges qui l’accompagne vont faciliter la tâche à ses adversaires… Ce manga a le grand mérite de nous proposer un propos assez politique sur une période mal connue. Dans les premiers volumes la couleur western est assez ténue pour prendre plus la forme d’un polar noire, très noir, ne serai-ce que par le graphisme qui semble sorti d’un film d’horreur, avec des rictus absolument atroces et une violence crue et sans détour.

Sun-Ken Rock #14-16:

Résultat de recherche d'images pour "sun-ken rock 16"Le combat contre le groupe de Ban-Phuong, téléguidé par le gang yakuzas du dragon blanc dirigé par le père de Yumin… commence. Réfugié dans une tour désaffectée (a l’aspect d’un donjon) le gang semble imbattable. A différents niveaux les membres de la sun-ken rock affrontent un adversaire doté d’une technique spécifique.

Comme lors du précédent combat majeur dans l’hôtel, le manga s’oriente vers un format jeu vidéo avec des niveaux et des boss dotés d’une technique particulière. Étant donnée le côté manichéen de l’intrigue ce que le lecteur attend c’est bien cette mise en scène optimale des combats dans un décors tragique et barbare de ruines urbaines. La série Sun-ken Rock a des hauts et des bas, mais depuis l’épisode 14 l’on sent que l’on rentre dans le dur, la couenne: l’affrontement final pour le leadership en Corée. Le graphisme se fait très sombre, les cases s’élargissent pour des combats furieux dans des décors décadents. Du coup on enchaîne les pages et les volumes sans temps mort et avec quelques retours de l’humour lourdingue mais sympathique de l’auteur. Enfin!

 

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Manga en vrac #3

East and west

Couverture de Radiant -7- Tome 7 Radiant#7: Seth se retrouve enfermé dans la forêt de Myr et s’y entraîne en compagnie du lutin qui lui révèle la nature du Fantasia et de l’Inquisition… Suite de l’arc chez les chevaliers-sorciers et qui oriente de plus en plus Radiant vers la fantasy écologique. Le personnage d’Ocoho prend de l’importance alors que Grimm a disparu… Comme pour la question des migrants dans le début de la série, la question de l’occupation de la terre par les hommes, de la cupidité du commerce (les barons marchands) et de la cohabitation avec la nature est assumée comme un sujet politique en phase avec la situation du monde réel. Radiant est pour cela un manga intelligent qui pose de vraies questions tout en restant ludique.

Radiant#8: La grande bataille de Cyfandir commence alors qu’on vient juste d’apprendre la conspiration des barons-marchands. Cet album semble une fin d’arc tant s’accumulent les révélations. La grande bataille est très impressionnante, le nombre de personnages conséquent et Tony Valente maîtrise parfaitement l’art d’en laisser sous le coude avec par exemple ces Thaumaturges dont on sait encore bien peu à dont chaque nouveau pouvoir semble plus puissant que le précédent… Visiblement Radiant est parti pour être une série longue puisque dans les échanges avec les lecteurs (en fin de chaque album) l’auteur semble confesser qu’il n’a encore abordé qu’une toute petite partie de l’univers de sa série. Tant mieux car tout ça est fort agréable à chaque tome! Et le tome 9 vient tout jute de sortir

Innocent #9: La première série Innocent se clôture d’étrange manière: reprenant à la césure du tome 8, l’histoire voit Charles-Henri remporter traitreusement son duel sur sa sœur pour la contraindre au mariage. On constatera qu’il est devenu la figure autoritaire et perverse de son père, gardien d’une lignée maudite mais que Marie-Joseph n’a pas dit son dernier mot en ayant parfaitement maîtrisé la situation des femmes et du pouvoir en cette fin de XVIII° siècle. Après des passages vraiment spéciaux inspirés des comédies musicales et des élucubrations sur la vie de cour autour de Marie-Antoinette, les auteurs nous redonnent envie sur la fin avec l’irruption d’une ancienne connaissance, idéaliste projetant d’ouvrir des écoles du peuple pour étendre les Lumières, accompagné d’une réflexion sur les régimes politiques en Occident. Il était temps, cette pourtant excellente série commençait à s’embourber dans les visions un peu farfelues des auteurs. Si la suite Innocent Rouge s’oriente vers la noirceur et la réflexion sociétale des premiers tomes je la lirais très volontiers.

Sun-ken rock #12: le volume s’ouvre sur la fin de la baston contre KG et enchaîne sur une dépucelage de la bande à Ken dans un bordel (ça faisait longtemps que le mangaka n’avait pas eu le loisir de dessiner des filles à poil). On enchaîne sur des histoires de cuisine puis sur l’intro du nouvel arc où la bande va s’engouffrer dans l’immobilier.

Encore un album à oublier. Je ne comprends pas ce qui amène Boichi à se perdre ainsi, loin de son histoire mafieuse ouverte il y a presque six volumes. Les lecteurs aiment SKR pour ses mafieux en costards poseurs, ses bastons dantesque et sa radicalité…

MANGA SUN-KEN ROCKSun-ken rock #13: les choses sérieuses commencent pour la Sun-Ken rock team avec l’arrivée d’une équipe d’assassins professionnels qui ont pour mission d’éliminer ces éléments gênants. Le colosse de la bande se retrouve à affronter un trio de tueurs redoutables. Ouf! ce qui me plaisait dans cette série reprends sur les chapeaux de roue après un peu trop de volumes dispensables. Le sens de l’action, du mouvement, la puissance des dessins de Boichi s’expriment dans les combats. Quelle matière dans ces visages hurlant de toutes leurs veines, appuyés par des traits insaisissables… J’espère que cela ne va plus s’arrêter et que l’auteur va arrêter avec ses délires culinaires ou sexuels…

Sun-ken rock #14: Tae-Soo  découvre que le soutien politique du gang (corrompu) est tombé et tente de savoir qui est derrière la menace alors que l’attitude de Ken fait vaciller la confiance de la Pioche. Alors que Tae-Soo planifie  une embuscade, le Boss prépare la contre-offensive pour montrer aux assassins mais aussi au Hakuryu-kai.

Mine de rien cette série construit à mesure des volumes une photographie sociale et politique de la Corée assez intéressante, avec l’histoire du pays avec ses voisins, la corruption politique, l’immobilier galopant… Étonnant manga avec ses côté vraiment « fan service » ou redondants (la bouffe…), caricaturaux et la noirceur de certaines séquences, la puissance des scènes d’action et la réflexion finalement assez ambitieuse.

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Sanctum

esat-westMagna de Boichi et Masao Yajima
Glénat (2012), série finie (5 volumes).

Lu en numérique grâce à Iznéo.

150597_cJ’ai découvert Boichi avec Sun-Ken Rock puis Wallman, et chacune des traduction de ses publications (tout récemment Dr. Stone) donne lieu à un gros engouement. Il faut dire que le coréen possède un style graphique très alléchant et puissant.

Sanctum, série courte, propose une immersion dans le monde de l’ésotérisme eschatologique chrétien et toute l’iconographie fantastique que cette mythologie recouvre: conspiration de sectes occultes dans un contexte d’arrivée de la Fin des Temps… Le cadre est classique chez Boichi: une jeune japonaise voit sa famille mourir devant ses yeux et se retrouve liée avec un démon (aux courbes loin d’être démoniaques…) par un pacte. Ce premier volume à la progression complexe (plusieurs sauts dans le temps entre le récit directe et des récits secondaires de certains personnages) est plus dans la comédie familiale naïve typique de Boichi que dans le fantastique. Pourtant l’on a déjà quelques fulgurances visuelles de l’auteur et l’environnement général est en place en attendant de comprendre quel va être le rôle de l’héroïne: un trio d’amis (le blond voué au célibat, le brun marrant, la fille orpheline), une société multinationale impliquée dans l’armement, un démon qui fait commettre des crimes à des hommes faibles, une organisation secrète liée au Vatican et une secte organisant des orgies mystiques…

Ce volume est donc une mise en place mais suffisamment accrocheuse visuellement et thématiquement pour donner envie de lire la suite, surtout que l’on ne part pas pour une série fleuve. Pour ceux qui ne connaissent pas Boichi ça peut être une bonne porte d’entrée: des personnages caricaturaux, un humour visuel appuyé en même temps que des séquences très réalistes et belles, un peu de baston et quelques courbes féminines. L’album est en outre agrémenté de quelques pages finales expliquant quelques termes « techniques » autour de l’Ancien Testament et les éléments mystiques autour des prophéties millénaristes.