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Locke & Key Hors Série: Ciel et Terre

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Recueil de trois histoires courtes reliées à la série Locke & Key, écrite par Joe Hill et dessinée par Gabriel Rodriguez. Parution le 16/06/21 aux éditions HiComics

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Merci aux éditions Hi-comics pour leur confiance.

Une clef pour chaque serrure

Après le décès brutal de leur père, les trois orphelins Locke emménagent dans la vieille demeure familiale, située sur l’île de Lovecraft, Massachussetts, et vont y découvrir d’étranges pouvoirs contenus dans des clefs, disséminées à travers la maison. Ces clefs vont bien évidemment attirer la convoitise de personnes mal intentionnées, et il reviendra alors à la fratrie Locke d’assumer son rôle de gardiens des clefs.

La série Locke & Key, publiée en France par HiComics, est un des succès retentissants ces dernières années en terme de comics indépendants. Abouti et fascinant par son ambiance, Locke & Key réussit le savant mélange entre horreur et teen drama, démontrant ainsi que le talent, chez les King en tous cas, peut passer d’une génération à l’autre. 

Après la conclusion de la série au sixième tome, les auteurs décident de prolonger l’aventure avec une série d’histoires courtes faisant office de préquels et mettant le focus sur les aïeux de la famille Locke ou bien sur leur célèbre manoir du comté de Lovecraft, le bien nommé Keyhouse. La première partie, poétique, nous fait remonter d’un siècle pour rencontrer des ascendants de la famille Locke, dont le fils aîné est malade. Son père va alors réaliser l’impossible pour l’embarquer dans le voyage le plus mémorable qui soit tout en tentant de le préserver.

La seconde partie, plus tendue et anxiogène, montre comment des Locke ont du se défendre contre des home invaders braqueurs de banque et redoutablement retors. Bien évidemment, les plus dangereux ne sont pas ceux que l’on croit. La troisième partie, enfin, nous met en présence de Tyler, Kinsey et Bode, les héros de la série principale, qui vont encore se confronter brièvement au pouvoir des clefs. 

Une serrure pour chaque clef

Autant le dire tout de suite, ce hors-série Locke & Key vous laissera sur votre faim. Après une intrigue aussi dense, ingénieuse et aboutie, il est normal de nourrir un niveau élevé d’attente, même pour des one-shots de ce calibre. Toutefois, à part quelques rappels des clefs incontournables de la série et quelques ajouts, rien de significatif ne vient renforcer l’attrait de ce recueil. 


Bien que les trois histoires bénéficient de la qualité d’écriture de Joe Hill, elles se révèlent finalement anecdotiques. Décrocher la Lune, n’en demeure pas moins émouvante et poétique, tandis que Grindhouse sa tout du huis-clos tendu à souhait, mais Petit coin, qui conclue l’album et met en scène les héros de la série, n’apporte paradoxalement rien en terme de contenu. 
Ce HS ne constitue donc pas un point d’entrée idéal pour les nouveaux lecteurs, mais sera à réserver aux fans hardcore ET complétistes de la série principale. 

***·Comics·East & West·Nouveau !

Death or glory #2

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Comic de Rick Remender et Bengal
Urban (2021) – Image (2020), 165 p., série finie en 2 tomes.

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Ca sent le sang sur la route du Mexique et l’espoir d’une transplantation pour Red. Le bordel mis par Glory dans le business des trafiquants d’organe a fâché en haut lieu et c’est désormais toute une horde de tout ce que le monde compte de plus belles ordures qui se lance à ses trousses. Sa détermination et la « famille » suffiront-elles pour garder l’espoir de liberté?…

DEATH OR GLORY #1-11 (Rick Remender / Bengal) - #9 par KabFC - Image Comics  - SanctuaryDans la foulée du précédent tome, cette conclusion sent la poussière, l’asphalte et l’azote liquide… Si l’ouverture prenait (un peu) le temps de développer le passé et le background de l’héroïne, ce second opus envoie du pâté aux hormones transgéniques radioactives dans une envie évidente de reproduire la furie du film Mad Max Fury Road, sans se soucier le moins du monde de la vraisemblance de quoi que ce soit. Rarement on aura vu autant de Deus Ex-machina, qui parfois semblent littéralement débarquer de nulle part. La physique de Death or Glory est issue des Looney Toons et l’héroïne semble vouée à être bringuebalée de sauts en explosions a priori tous mortels… mais pas ici. Remender a sorti l’artillerie lourde de toute l’iconographie mafieuse cracra à base de gangs mexicains et de méchants sans foi ni loi. A force de foncer sur le bidon de nitro, le scénariste (qu’on a connu plus subtile) ne prends pas le temps de développer des personnages pourtant inquiétants/intéressants comme ce caïd mexicain ou le big boss « Frankenstein l’eunuque ». Idem pour le trio albinos fort alléchant qui intervient bien ici mais disparaît aussi simplement sans profiter de l’outrance pour une mort jouissive ni exploiter ce pourtant génial pistolet à azote liquide.

Niveau action on est bien sur comblé avec un sens de la dynamique indéniable Death Or Glory #9 - Comics by comiXologychez Bengal et une colorisation vraiment chouette. Mais comme son modèle – les blockbusters CGI improbable – DoG finit presque par lasser devant tant d’invraisemblance et feignantise scénaristique. Comme le genre semble particulièrement fourni ces derniers temps, le comic ne brille pas forcément face à ses concurrents européens, pas plus intelligents mais bien plus équilibrés. Et à force de jouer au jeu de massacre et de balancer Glory dans la tourmente sans qu’elle ne semble jamais à l’origine des victoires, on devient un peu passif, abasourdi et un peu fatigué par ce maëlstrom.

Malgré la sagesse de reconnaître la simplicité du projet sur un format adapté de deux volumes, Rick Remender oublie un peu ses bases en troquant sur Death or Glory son talent narratif pour un vernis explosif irréel. Si le fonds familial est par moment touchant et le nihilisme de l’auteur surprenant, la linéarité de l’intrigue de ce second tome déséquilibre un tout où le plaisir est certain mais très vite oublié. A prendre pour ce qu’il est donc, un énorme blockbuster routier décérébré entre Tarantino et Fast and Furious.

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BD·C'est lundi...·Comics·Manga

C’est lundi, que lisez-vous? #154

septembre 2019

Ce rendez-vous a été initié par Galléane et son principe est de répondre aux trois questions:

1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?
2. Que suis-je en train de lire en ce moment?
3. Que vais-je lire ensuite ?
 
Cliquez sur les vignettes pour aller sur la critique quand il y en a une.
 

1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?

Toute la socio en BD - Tome 2 - Toute la socio en BD T2 : Opinion publique  et vote - Claire Fumat, Vincent Brascaglia - cartonné - Achat Livre | fnacdeath-or-glory-tome-2

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2. Que suis-je en train de lire en ce moment?

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3. Que vais-je lire ensuite ?

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Salut à tous et bienvenue sur une nouvelle semaine sur l’Etagère!

Encore une semaine pas terrible (ou plutôt, décevante!)… J’avais bien aimé la fraîcheur comique du premier Outsiders, manga original chez Ki-oon (éditeur que j’aime beaucoup pour sa politique de création et la qualité de ses choix) et le second volume m’a pas mal ennuyé en virant Shojo pure et en laissant de côté les enquêtes surnaturelles (la critique c’était samedi)… Même chose avec Death or Glory #2 (demain) qui, lui, ne m’a pas du tout ennuyé mais plutôt un peu fatigué par le sens unique, l’outrance de l’action et l’invraisemblance permanente. Pas le meilleur Remender, aussi efficace et fatigant qu’un Fast and Furious… Heureusement il y a eu deux très bonnes BD dans des genres très différents. D’abord Sur un air de Fado (mercredi), one-shot sur la dictature portugaise dont on a beaucoup parlé à sa sortie et qui revêt de très grandes qualité, en me faisant un peu penser à l’esprit de la série Matteo de Gibrat. Je vous le recommande!
 
J’ai pris le dessous de la PAL avec le dernier Lucky Luke sorti. Je suis très réservé sur l’intérêt de continuer les grands ancêtres après la mort de leurs auteurs (et suis très content qu’Hergé ait été le seul à anticiper en refusant une continuation de son œuvre). Les Asterix m’ont pas mal déçu. Les Blake et Mortimer c’est un peu différent car ce sont des projets d’auteurs différents (et jusque récemment, plutôt bons!). Ces reprises, au-delà de l’aspect commercial (pour rappel ces séries ancestrales ont des niveaux de vente stratosphériques sans commune mesure avec le reste de la BD) sont un vrai sujet éthique et artistique et je serais ravi de savoir ce que vous en pensez en commentaires. Je suis sur que même les lecteurs de manga ont commencé par là! Du coup ce Lucky Luke m’a plutôt séduit en traitant un sujet tout à fait original axé jeunesse et qui permet aux têtes blondes (ou noires, ou rousses…) d’apprendre la genèse esclavagiste de ce pays qui n’en a pas fini avec sa psychanalyse nationale. On y croise Tom sawyer et le Marshal Bass (premier Marshal noir qui apparaît dans un nombre croissant de séries BD depuis quelques temps, dont une série dédiée).
 
J’ai eu également deux lectures numériques. Tout d’abord un docu qui me tenait à cœur en lien avec l’actualité politique et l’abstention record des dernières élections, l’album de la Boite à Bulle sur les mécanismes de l’opinion et du vote m’a paru tout à fait éclairant pour se faire une idée de citoyen (le billet est sur l’édition Mediapart). J’ai également poursuivi la saga SF-mythologique La fin des Irin dont le volume 2 s’est achevé sur la parution web.
Enfin une légende barbare très sympathique et qui attendais depuis longtemps sur ma pile, avec les dessins magistraux de Jakub Rebelka dans une veine mignolesque, et une très surprenante, fraîche et drôle entrée en matière sur la nouveauté Pika Toilet-bound (billet samedi).
 
Après ce billet je vais marquer une pause puisque je serais en vacances. Nous avons essayé de maintenir un rythme de prépublication des billets soutenu même si on va tout de même ralentir un peu. Je vous souhaite un bel été, plein de lectures. Si vous avez besoin de faire le plein pas cher, n’oubliez pas la superbe sélection de comics Marvel chez Panini (s’il en reste…), celle d’Urban que je n’ai pas encore pu expérimenter cette année, et surtout les romans graphiques Casterman en format compact, avec d’excellents albums à la pagination volumineuse pour un prix dérisoire. Bref, allez faire une razzia en librairie avant de partir, c’est le moment ou jamais! On se revoit en août!…
 
Bonne semaine à vous et n’hésitez pas à partager également vos bonnes découvertes (et aussi les lectures à éviter!).

 

*****·Comics·Nouveau !

Silver-surfer: black

esat-westComic de Donny Cates, Tadd Moore et Dave Stewart (coul.)
Panini (2020), 100p., one-shot.

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Lors d’un combat le silver-surfer est aspiré dans une faille temporelle qui le renvoie à l’Aube des Temps, où il va devoir affronter une menace antédiluvienne contre l’Existence même…

Comic Review: Silver Surfer Black #5 - Sequential PlanetDepuis quelques albums je découvre par hasard (et notamment grâce à l’opé Printemps des comics!) l’auteur Donny Cates qui me passionne à chaque nouvel album par les sujets qu’il aborde et l’ambition de ses récits. Surtout il compose progressivement un univers partagé cohérent qui parvient (et ce n’est pas peu de chose!) à rendre accessible les concepts les plus fumeux de l’univers Marvel, comme Knull le dieu des Ténèbres ou Ego la planète vivante (vue dans le film Gardiens de la galaxy vol.2). Se basant sur l’un des fondements les plus puissants de l’univers Marvel récent, le diptyque du Massacreur de dieux où apparaît la nécro-épée, Cates donne une explication à cet artefact dans Venom Rex où il explique l’origine des symbiotes similaires à Venom avec la création de ce dieu maléfique. Après avoir fait du Surfer l’un des adversaires finaux de Thanos à la Fin des Temps, l’auteur propose avec le récent Silver-surfer: black une odyssée dans la genèse de l’univers Marvel, à l’Aube des Temps, alors que Galctus n’est pas encore né, que la planète Ego est en croissance et que Knull cherche à étendre son emprise sur le vivant… tout en convoquant le premier dessinateur du surfer, Jack Kirby, auquel Tradd Moore fait un hommage puissant…

SILVER SURFER : BLACK #1-5 (Donny Cates / Tradd Moore) - Marvel - SanctuaryCette aventure est de celles qui cherchent l’omnipotence, les failles entre les mondes, la rupture du temps et la genèse des astres… de ces combats cosmiques qui voient créer et détruire des soleils, broyer des dimensions et renaître après la mort. Le surfer est théoriquement immortel et tout puissant, doté de la puissance cosmique et son affrontement originel avec le dieu des Ténèbres s’inscrit dans une boucle/paradoxe du grand-père. En revenant à l’Aube des Temps il génère son propre destin, sa propre condamnation tout en cherchant sa rédemption, traumatisé par les infinités de vies que Galactus lui a fait prendre. Il est toujours compliqué pour les héros cosmiques d’intéresser les lecteurs sur des préoccupations humaines (la dualité Norin Radd/Héraut de Galactus) mais cet album parvient à rendre acceptable ce conflit intérieur et cosmique qui fait du Silver-Surfer une cosmogonie à lui tout seul puisque son voyage sera à l’origine de sa propre existence, de celle de son maître mais aussi de l’itinéraire de Knull et Ego. Totalement syncrétique, Cates semble parvenir à rattacher de façon cohérente tout ce qui a été fait sur le surfer auparavant, comme ces références au « cancer » qui dévore Radd dans le magnifique Requiem que lui ont offert Straczynski et Ribic.

SILVER SURFER : BLACK #1-5 (Donny Cates / Tradd Moore) - Marvel - SanctuaryGraphiquement, puisque c’est bien évidemment ce qui a été mis en avant autour de cette mini-serie, la partition de Moore et Stewart est clairement bluffante. Le multi-récompensé coloriste de Sean Murphy, Mignola et Tim Sale (sacrée carte de visite) complexifie encore plus le dessin déjà chargé de l’illustrateur en évitant le psychédélique par des teintes plutôt douces. C’est l’association des deux, comme dans un mandala, qui crée la surcharge magnifique qui explose la rétine en donnant vie à un combat galactique qui ne pouvait être sobre. Quand on perfore des planètes, que l’on taille la réalité, cela ne peut être lisse. Alors le duo fait parcourir les planches d’ondulations permanentes totalement empruntées à la technique de l’Animation. De l’infiniment grand à l’infiniment petit ces mondes fantastiques se reflètent sur la peau d’argent du surfer en une expérience sensorielle fascinante. Certains craindront le trop plein, mais chacun reconnaîtra la force et la complexité de ces dessins d’une profondeur organique sans nom…

Avec la fraîcheur de la jeunesse Donny Cates, Tradd Moore et Dave Stewart proposent avec ce one-shot un classique immédiat dont on reparlera sans doute dans quelques décennies. Que l’on aime/connaisse ou pas ce personnage si particulier, le Silver Surfer est le seul qui permette de telles odyssées graphiques alliées à la profondeur des thèmes philosophiques de la SF la plus exigeante.

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BD·C'est lundi...·Comics·Manga

C’est lundi, que lisez-vous? #153

septembre 2019

Ce rendez-vous a été initié par Galléane et son principe est de répondre aux trois questions:

1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?
2. Que suis-je en train de lire en ce moment?
3. Que vais-je lire ensuite ?
 
Cliquez sur les vignettes pour aller sur la critique quand il y en a une.
 

1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?

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2. Que suis-je en train de lire en ce moment?

3. Que vais-je lire ensuite ?

Toute la socio en BD - Tome 2 - Toute la socio en BD T2 : Opinion publique  et vote - Claire Fumat, Vincent Brascaglia - cartonné - Achat Livre | fnacLast of the Irin Vol. 2 Review I Animated Apparel Company

Salut à tous et bienvenue sur une nouvelle semaine sur l’Etagère!

Après un (léger) run comics mitigé (avec une grosse déception sur le Spider-man Noir et un coup de cœur sur son petit copain surfer de même couleur) c’est plutôt en BD que je me suis fait plaisir avec la très belle et poignante adaptation de Victor Hugo (billet mercredi) par un artiste que je regrette de ne pas voir plus souvent sur des ouvrages qui me conviennent plus… J’ai réussi à lire le dernier Harmony qui était en souffrance sous la PAL depuis l’automne (critique vendredi). Épisode un peu en deçà mais une série toujours aussi excellemment bien réalisée.

Niveau manga, semaine pas folichonne avec un Atelier des sorciers toujours très beau mais une grosse temporisation en mode Shonen qui ne fait pas bien avancer l’histoire. Je vais enchaîner sur le second Outsiders dont le premier volume m’avait bien plu avec une promesse d’enquêtes de cette agence de détectives humain/vampire/loup-garou.

Pour la suite j’ai hâte de lire la suite enfin sortie d’un bon road movie de Remender et Bengal. J’ai dégoté un docu sur le vote, que je veux chroniquer rapidement en lien avec l’actualité des dernières élections et revenir à la très surprenante BD en ligne Last of Irin dont le second volume s’est achevé. Après ça je vais reprendre un gros rythme manga sur une grosse fournée nouveautés et la seconde moitié de 20th century boys que j’ai enfin pu récupérer à la bibli!

Bonne semaine à vous et n’hésitez pas à partager également vos bonnes découvertes (et aussi les lectures à éviter!).

 


Rappel des billets de la semaine dernière:

Semaine très BD

  • Mardi:

Entrée en matière un peu minime pour cette nouvelle série d’horreur chez Hicomics.

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  • Mercredi:

Cette superbe série post-apo continue sous les encrages toujours sublimes de Dimitri Armand!

  • Jeudi:

Déception assez franche pour cette mini-série Spider-man noir en mode Indiana Jones contre les nazis…

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  • Vendredi:

Cette fable encensée l’an dernier justifie son statut pour Dahaka, un coup de cœur!

  • Samedi:

Samedi c’était le bilan mensuel!

Le Bilan

  • Dimanche:

Nouveau polar par le scénariste du Tueur… qui passe un peu à côté de son sujet…

 

 

**·Comics·Nouveau !·Rapidos

Spider-man Noir: Crépuscule à Babylone

esat-westComic de Margaret Stohl et Juan Ferreyra
Panini (2021), 120p., one-shot.

Cet album est le second volume intégralement dédié au personnage uchronique de Spider-man de la Grande Dépression. L’univers Marvel Noir est lancé en 2009 avec la volonté de transposer dans l’univers des films noirs les principaux héros Marvel, à commencer par Spidey. Après une première série dessinée par Carmine Di Giandomenico le personnage de détective apparaît dans des jeux vidéo ou films, dans une période de cross-media chez l’éditeur. Suite à ses apparitions dans des crossover tels que Spider-verse et Spider-Geddon il est tué… avant d’être bien entendu ressuscité et nous revient donc en mode Indiana Jones dans cette seconde (récente) série.

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Tout devait être formidable dans cet album: une version dark de Spidey, une aventure archéologique totalement assumée comme un copier-coller de l’homme au fouet, des nazis, un dessinateur assez correcte et une scénariste à qui l’on doit le plutôt sympa Vie de Captain Marvel. Las, c’est une franche déception que voilà! A commencer par le fait qu’encore une fois il faut avoir lu les épisodes précédents pour comprendre de quoi il retourne, l’intrigue étant très liée à la première série Spider-man Spider-Man Noir #2 (VO-Marvel) | ComicstoriesNoir et sa résurrection. C’est toujours frustrant, surtout sur ce genre de format one-shot uchronique. Il y a décidément de grandes difficultés du Big Two à proposer des ouvertures (chose que seul Mark Millar semble être capable de réaliser brillamment) quand on voit ce à quoi aboutit Gotham by gaslight… C’est d’autant plus fou que tout est inspirant dans ces thématiques, du graphisme à l’esprit pulp. Pour être tout à fait honnête cet esprit primaire est plutôt bien tenu dans l’album avec des dialogues pas fulgurants mais qui respectent bien les codes des BD d’aventure des années trente et leur cadre idéologique tout à fait manichéen et simpliste.

Outre le manque d’introduction du personnage (ou plutôt des personnages), c’est bien l’intrigue qui déçoit. On pourrait admettre qu’une histoire de dieux anciens revenus via un artefact a déjà été vue mille fois, parfois comme prétexte facile pour de très beaux albums. Le soucis c’est que si l’intrigue n’est pas passionnante, elle est surtout expédiée à la grosse bertha, sans traitions aucunes, avec presque l’impression d’un crossover où les épisodes intercalaires seraient issues d’autres publications. On a l’habitude de ces techniques commerciales (que je trouve personnellement détestables artistiquement parlant)) et le pire c’est qu’on a bien un vrai one-shot entre les mains! La seule chose qui semble intéresser les auteurs c’est de nous introduire des personnages Marvel dans cette version détournée (on y va des wakandiens à Tony Stark, Black Widow et les adversaires habituels du tisseur). Du coup si quelques idées graphiques sont sympa et la conclusion plutôt intéressante, le tout va bien trop vite et ne se pose jamais sur un personnage, une scène dont on pourrait profiter. On a le sentiment d’assister à un film de Michael Bay, regorgeant d’idées mais tellement mal exploitées de façon épileptique. Un beau gâchis

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***·Comics·East & West·Nouveau !·Rapidos·Service Presse

The Plot #1

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Premier tome comprenant les 4 premiers chapitres (sur 8) de la mini-série écrite par Tim Daniel, Michael Moreci, et dessinée par Josh Hixson. Parution en France chez HiComics le 19/05/2021.

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Merci aux éditions Hicomics pour leur confiance.

La hantise du Bayou

Après la mort brutale de son frère et sa belle-soeur, Chase Blaine se voit confier la garde de sa nièce Mackenzie et de son neveu Zach. En plus de devoir gérer le deuil de ce frère qu’il ne voyait plus depuis des années, Chase va donc devoir faire de la place à cette nouvelle famille, qu’il ne connait pas davantage. Ces événements vont le ramener sur la parcelle familiale, où se situe la maison des Blaine. Très vite, des secrets enfouis dans les marécages environnants, et les fondations même de la demeure, vont tenter de refaire surface. Des secrets liés de près à la mort de son frère et au destin de sa famille…

Le récit d’horreur est un exercice périlleux, surtout si l’on prend en compte les contraintes du médium utilisé. Le thème du retour à la maison est un lieu commun presque inévitable du genre, qui est presque indissociable de celui des secrets de famille, qui sert de colonne vertébrale à The Plot, sans que l’auteur ne donne, pour le moment, d’indice prégnant quant à la nature du pêché à l’origine du récit. Le deuil, bien sûr, est toujours un terrain propice à l’horreur et au surnaturel, tout comme l’exploration des dynamiques familiales (l’oncle éloigné qui récupère la garde de ses jeunes neveux orphelins rappelle le film Mama).

Vous l’aurez donc compris, The Plot s’inscrit dans le genre horrifique sans le révolutionner nécessairement. La tension est pourtant bien présente, au moyen de jump scares séquentiels bien utilisés, et d’une ambiance graphique immersive due à l’encrage lourd de Hixson et aux couleurs de Jordan Boyd.

Néanmoins, il apparaît évident que ces quatre premiers chapitres présentés tels quels font office de premier acte, les quatre derniers ayant certainement davantage de révélations et autres coups de théâtres en réserve (on soupçonne un pacte avec une entité engendrant une dette des Blaine). Il n’aurait donc pas été incongru de proposer les huit chapitres d’emblée en intégrale, au lieu de se contenter d’un premier tome d’exposition en espérant avoir accroché le public pour le second tome.

Étant donné sa nature essentiellement introductive, il n’y a donc pas énormément de choses à souligner sur ce premier tome de The Plot, si ce n’est sa correcte exécution et un mystère qui donne envie d’être découvert.

BD·C'est lundi...·Comics·Manga

C’est lundi, que lisez-vous? #152

septembre 2019

Ce rendez-vous a été initié par Galléane et son principe est de répondre aux trois questions:

1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?
2. Que suis-je en train de lire en ce moment?
3. Que vais-je lire ensuite ?
 
Cliquez sur les vignettes pour aller sur la critique quand il y en a une.
 

1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?

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2. Que suis-je en train de lire en ce moment?

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3. Que vais-je lire ensuite ?

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Salut à tous et bienvenue sur une nouvelle semaine sur l’Etagère!

Magnifique semaine BD avec trois séries dont la qualité ne faiblit pas à chaque volume supplémentaire. Ce n’est finalement pas si fréquent, surtout quand on lit énormément d’albums et qu’on devient difficile… Si vous n’avez pas commencé les séries (plus ou moins longues) dont vous voyez les couvertures plus haut dépêchez-vous, ce n’est que du bonheur! Le Valhalla Hotel d’abord (prévue en 3 tomes) est un run régressif et jouissif aussi impressionnant graphiquement que poilant de dixième degré. Le Convoyeur montre (comme Fausses pistes) le talent de son dessinateur et qu’on peut encore innover en post-apo. Même chose avec Crusaders qui réconcilie ceux que Christophe Bec désespérait. Enfin, les 5 Terres, dont vous avez sans doute entendu parler et dont la réputation n’est absolument pas usurpée et qui vous comblera (sauf si vous êtes allergique à Game of Thrones). Le billet groupé de tout ce travail formidable c’était hier sur le blog. Seule fausse note avec le Spider-man noir dont l’esprit Indiana Jones me tentait beaucoup (et puis j’adore les uchronies)… et qui est assez loupé malheureusement (billet pour jeudi).

Après ce run franco-belge j’enchaine avec quelques mangas avec notamment le dernier Atelier des sorciers dont les quelques retours que j’ai indiquent une grosse baisse de qualité. Zut… je vous dis ça samedi normalement. Pour la suite je compte reprendre quelques comics entre deux SP dont cette adaptation de Victor Hugo par un auteur (Springer) que je suis depuis ses débuts dans les années quatre-vingt-dix et dont l’évolution graphique m’avait laissé de côté jusqu’à cet album dont j’attends beaucoup. Le Silver surfer black m’impressionne au premier feuilletage et ma découverte récente de l’auteur Donny Cates sur les sélections Printemps des comics me dit que ce doit être très très bien. Death or Glory marque le retour d’un des auteurs les plus solides en comics, le trop rare (mais est-ce un défaut?) Rick Remender, dont le Seven to eternity me laisse toujours impressionné, de même que Low dont on attend impatiemment la fin et ce road movie dont le premier tome était sympathique sans plus et dont la suite va peut-être hisser le niveau vers l’excellence…?

 
Bonne semaine à vous et n’hésitez pas à partager également vos bonnes découvertes (et aussi les lectures à éviter!).

 

 

 

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Invisible Kingdom #2: La Bordure

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Second tome de 110 pages de la série écrite par G. Willow Wilson et dessinée par Christian Ward. Parution le 19/05/21 aux éditions HiComics.

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Merci aux éditions Hicomics pour leur confiance.

Le prix de la rébellion

Dans le premier tome, nous faisions la connaissance de Vess, une jeune Rooliane qui quittait le confort relatif de son foyer pour s’engager auprès de l’église de la Renonciation, un culte intergalactique aux milliards de fidèles. Ce faisant, Vess savait qu’elle faisait défaut aux attentes placées en elle par son peuple, dont les traditions exigeaient d’elle qu’elle se reproduise pour perpétuer l’engeance Rooliane.

Alors qu’elle découvrait les arcanes secrètes de la Renonciation, qui prône le détachement matériel et la frugalité, Vess fit la rencontre de Grix et de son équipage, qui travaillent pour comme livreurs galactiques pour la méga-corporation Lux.

Lux est une métaphore à peine dissimulée de géants commerciaux bien réels comme Amazon, qui s’oppose depuis toujours aux idéaux prônés par la Renonciation. Toutefois, Vess découvre bien malgré elle un lien secret entre les deux entités, rendant caduc tout ce en quoi elle croyait. Depuis le début, Lux et l’église conspirent ensemble pour manipuler les foules planétaires, et maintenir un équilibre dont eux seuls semblent bénéficiaires. Consommez par-ci, mais renoncez par-là, les habitants de la galaxie semblent piégés dans cette seule alternative.

Témoins gênantes et alliées bien malgré elles, Vess et Grix sont poursuivies par la corporation à travers la Bordure, et échouent dans une région inhospitalière, où le vaisseau de Grix, véritable épave spatiale, tombe en rade. Était-ce là le prix de leur révolte ?

On retrouve donc dans ce tome 2 nos protagonistes en fâcheuse posture, perdues au milieu d’un champ de débris, promise à une lente agonie, et surtout, la proie des pirates qui écument la région. Désormais prisonnières, les deux rebelles vont devoir lutter pour leur survie, en mettant de côté leurs différends, alors même quelque chose de nouveau semble poindre entre elles…

Après un premier tome qui offrait une métaphore acerbe sur notre société de consommation et sur la assujettissement des masses, Invisible Kingdom met la contestation et le débat philosophique en pause pour se consacrer au développement de la relation entre ses deux héroïnes. Tout en augmentant les enjeux de leur survie, la scénariste se consacre à semer les graines de leur romance, une romance quelque peu attendue et qui n’offre pas de grande surprise en soi.

Ce tome 2 donne donc la sensation de n’être qu’un interlude, puisque l’équipage de Grix se retrouve durant un bon moment dans une situation passive, eux qui avaient pris dans le premier tome une décision courageuse. Lux et La Renonciation sont bien évidemment citées, mais de telle façon qu’on ne peut qu’avoir l’impression de s’éloigner de l’intrigue principale.

Si une histoire est traditionnellement découpée en trois actes, le second est classiquement considéré comme celui où l’auteur tient ses promesses, celles faites dans le premier acte. Or, ici, force est de constater que ce n’est pas le cas. Espérons que le troisième tome se recentrera sur l’intrigue principale, celle qui fait tout l’intérêt d’Invisible Kingdom.

BD·C'est lundi...·Comics·Manga

C’est lundi, que lisez-vous? #151

septembre 2019

Ce rendez-vous a été initié par Galléane et son principe est de répondre aux trois questions:

1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?
2. Que suis-je en train de lire en ce moment?
3. Que vais-je lire ensuite ?
 
Cliquez sur les vignettes pour aller sur la critique quand il y en a une.
 

1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?

Couverture de 20th Century Boys -6- Tome 6Couverture de 20th Century Boys -7- Tome 7Couverture de 20th Century Boys -8- Tome 8

Couverture de 20th Century Boys -10- Tome 10injustice-year-zero

2. Que suis-je en train de lire en ce moment?

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3. Que vais-je lire ensuite ?

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Salut à tous et bienvenue sur une nouvelle semaine sur l’Etagère!

La semaine dernière j’ai réussi (j’en doutais…) mon rush 20th century boys et je suis en situation de stress post-traumatique car mon réseau de médiathèques (bienvenue dans la France, tiers-monde de la lecture publique…) n’a que la moitié de la série… A quoi ça sert de claquer 100€ pour acheter 11 volumes d’une série dont il manque la moitié?  Et qui n’est pas récente…? Comme Iznéo ne les a pas je suis en galère si je veux rester dans le légal… bref, heureusement que ma PAL est bien fournie ça va me permettre d’oublier que je ne sais toujours pas QUI EST AMI!!!!! Outre le régal manga je m’éclate toujours autant sur Injustice dont l’année zéro vient de sortir et est au moins aussi bonne que la série mère!! Lisez Injustice, surtout si vous n’aimez pas les super-héros, c’est aussi bien que Game of Thrones (si vous n’aimez pas les super-héros ET GOT… je ne peux plus rien pour vous… lisez Urasawa dans ce cas 🙂 J’ai fini ma semaine sur le dernier carton de Wilfried Lupano (un de mes auteurs préférés)… et j’ai été un peu déçu, surtout pas un dessin un peu faible je trouve, même si le propos anti-raciste reste très percutant.
Je vais reprendre le rythme sur les BD car il y a une grosse fournée d’albums qui me font très très envie: la réedition de Spoon&White chez Bamboo va me permettre de découvrir cette série policière qui semble délire! Tout autant que les cochons nazi de Valhalla, en attendant de lire le superbe Dimitri Armand sur son post-apo Le convoyeur (dont j’avais beaucoup aimé le premier volume). Autre délire attendu avec le nouveau Duhamel bref, je suis à peu près sur de me régaler avec toutes ces signatures garanties!
 
Bonne semaine à vous et n’hésitez pas à partager également vos bonnes découvertes (et aussi les lectures à éviter!).

 


Rappel des billets de la semaine dernière:

Semaine remplie de super-héros et de géants avec un niveau très relevé et pas moins de deux coups de cœur!

 

  • Mardi:

Dahaka adore les géants et a eu un coup de cœur pour ce comic féministe…

  • Mercredi:

Superbe (et volumineuse) saga nordique mythologique et un second coup de cœur pour Dahaka!

  • Jeudi:

Très joli prequel d’Injustice qui met en scène la Société de Justice qui a inspiré Watchmen…

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  • Vendredi:

Année 4 de l’intégrale d’Injustice, LA série DC que vous devez lire!

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  • Samedi:

Jolie série SF en mode vulgarisation scientifique.

 

  • Dimanche:

Sympathique conte animalier dans le Paris impressionniste.

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