BD·C'est lundi...·Comics·Manga

C’est lundi, que lisez-vous? #163

septembre 2019

Ce rendez-vous a été initié par Galléane et son principe est de répondre aux trois questions:

1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?
2. Que suis-je en train de lire en ce moment?
3. Que vais-je lire ensuite ?
 

1. Qu’ai-je lu les semaines passées ?

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2. Que suis-je en train de lire en ce moment?

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3. Que vais-je lire ensuite ?

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Salut à tous pour cette nouvelle semaine!

Etrangement malgré la profusion de BD qui sortent en ce moment la fréquentation du blog se tasse. les mystères des stat… ce qui n’est pas le cas de ma PAL avec la semaine dernière de très bonnes lectures, hormis un dernier Chef d’œuvre de Lovecraft qui m’a légèrement déçu, au contraire du si attendu Radiant que je retrouve avec un plaisir immense tant cette série regorge de qualités! Vraiment, lisez là, car outre le fait d’être un manga 100% français, c’est un des meilleurs shonen qu’il m’ait été donné de lire. Le huitième Fullmetal Alchemist m’a sorti de ma torpeur en étant un gros coup de cœur que je n’attendais pas. Est-ce que la série passe un cap avec ce volume ou est-ce passager? Je vous le dirais en fin d’année pour neuvième tome. Dans la série manga je pense rattraper mon petit retard avec le cinquième Alpi qui me convaincra de continuer la série ou d’arrêter car depuis deux volumes je trouve qu’elle s’essouffle, et le dernier Elio, dont je n’attend pas grand chose mais qui peut tout de même conclure en beauté dans une arène où l’on attend des combats rageurs… Enfin Ajin, le dernier de cette magistrale série que je n’ose commencer par crainte de la déception tant le précédent m’avait laissé sans voix…

En comics, alors que vient de paraître l’alléchante bande-annonce du nouveau Batman, j’ai seulement lu la dernière sortie du toujours qualitatif Black Label, très bon Trois Joker dont je vous parle dès demain, avec enthousiasme. J’ai par contre entamé une série de Régis Loisel (Peter Pan, la Quête de l’oiseau du Temps) très réputée qui siège dans ma liste depuis longtemps, Le Grand mort, et ai été fort surpris par la tournure inquiétante et colapsologue qui résonne bizarrement avec notre époque de crise climatique, sociale et de pandémie… sur une série commencée il y a dix ans! Du coup, moyennement emballé au début, je commence à comprendre les qualités de cette série sur laquelle je pense pouvoir proposer une Trouvaille la semaine prochaine. Pour cette fin de semaine j’aborderais l’étonnant projet Instagram devenu album, le Dernier souffle, western muet en format italien et deux très grosses sorties Dargaud du moment avec les seconds Elecboy et Raven, avant de me plonger dans le nouveau Blacksad quand les conditions de lectures optimales seront réunies…

Je vais également devoir m’organiser pour le Jury Bdgest’arts qui commence très bientôt et pour lequel je vais devoir une nouvelle fois faire exploser mon compteur de lectures notamment sur pas mal de secteurs où je ne vais pas habituellement, dans une visée la plus exhaustive possible! L’idée de faire un petit journal de jury me trotte, pour peu que cela puisse être en conformité avec la nécessaire confidentialité des débats.

Bonne semaine à vous et n’hésitez pas à partager également vos bonnes découvertes (et aussi les lectures à éviter!). Et à indiquer quelles sont les sorties de la rentrées qui vous font le plus baver d’impatience…

 


 

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Green Lantern Legacy

Histoire complète en 126 pages, écrite par Minh Lê et dessinée par Andie Tong. Parution en France le 10/09/2021 aux éditions Urban Comics, dans la collection Urban Link.

En plein jour ou dans la nuit noire…

Tai Phan est un adolescent américain typique. Passionné de dessin, gentil et attentionné, il a tissé des liens très étroits avec sa grand-mère Kim, qui, après avoir émigré du Viêt-Nam vers les États-Unis, a ouvert une boutique, qui est devenue au fil des décennies la clef de voûte communautaire. La grand-mère de Tai est une femme sage et respectée dans tout le quartier, auquel elle a consacré beaucoup de temps. Mais même les icônes ne sont pas éternelles, et Kim, âgée, finit par quitter ce monde, laissant à Tai un héritage bien singulier: l’anneau de jade qu’elle portait constamment au doigt, et qui semble avoir des propriétés toutes particulières…

Ce que Tai va découvrir avec stupéfaction, c’est que la bague de sa mère-grand n’était pas une simple babiole, mais un des objets les plus puissants de l’univers DC: un anneau de pouvoir, alimenté par la Batterie Verte de la Volonté. Kim était donc, à l’insu de tous, membre du corps des Green Lanterns, milice intergalactique chargée par les Gardiens de l’Univers de faire régner l’ordre et la paix dans chaque galaxie.

Choisi à son tour par l’anneau, Tai est désormais doté d’un pouvoir limité seulement par son imagination. C’est donc une double épreuve qui se profile pour le jeune garçon: faire le deuil de cette grand-mère adorée dont il découvre peu à peu le véritable passé, et maîtriser les pouvoirs de l’anneau afin de se montrer digne de son héritage. Car Kim était un membre éminent des Lanternes Vertes, qui a protégé des années durant la Terre de la convoitise de Sinestro, un Lantern renégat doté de l’anneau jaune, matérialisation de la Peur.

Les ennuis de Tai ne s’arrêtent pas là, puisque la vie à Coast City n’a jamais été de tout repos pour les minorités ethniques. Harcelé par des bigots et des racistes, Tai sent monter en lui la tentation d’user de son pouvoir pour rectifier quelques injustices. Sera-t-il assez courageux pour respecter le serment des Green Lanterns ?

Affaires de famille

L’univers DC, au fil de décennies d’existence, fut marqué par un phénomène finalement assez commun dans les comics, à savoir la question transgénérationnelle et la transmission des identités secrètes. On peut citer en exemples le personnage de Flash, qui a connu pas moins de trois générations de héros, qui se sont transmis sinon les pouvoirs, du moins le titre. Ces noms-héritages se retrouvent aussi, dans une moindre mesure, chez Green Lantern, dont le nom représente pas moins de quatre ou cinq personnages distincts, sans parler du corps lui-même qui compte des milliers de membres.

L’idée du passage de flambeau est donc très présente dans les comics, sans doute motivée par leur longévité exceptionnelle (plus de 80 ans maintenant) et donc par la nécessité d’apporter au lectorat des personnages dans lesquels ils peuvent se projeter. Bien souvent, l’héritier commence l’aventure comme un novice naïf, qui ignore tout de l’univers dans lequel il s’apprête à plonger et le découvre peu à peu, ce qui en fait un substitut idéal pour les jeunes lecteurs.

Proposer une version hors-continuité du personnage en en faisant un adolescent se révèle donc assez logique de ce point de vue. L’auteur y a ensuite implémenté une part importante de son propre vécu, puisqu’il traite des difficultés d’intégration pour les communautés émigrées, et du fléau du racisme et de la xénophobie.

Thématiquement, immigration, identité transgénérationnelle et héritage culturel vont opportunément de pair avec les voyages interstellaires et l’aspect cosmique induit par le lore des Green Lanterns. En effet, comme chacun sait, les lanternes sont toutes alimentées par une émotion en fonction de leur couleur (vert=volonté, bleu=espoir, indigo=compassion, orange=avarice, rouge=colère, rose=amour et jaune=peur).

Il est donc finalement très cohérent que l’armée des Green Lanterns, cosmopolite et composée d’espèces vivantes toutes différentes, soit armée du pouvoir donné par la volonté et le courage, alors que les ennemis, motivés par la peur, créent la division en disant rechercher l’ordre. Il n’est pas étonnant, à ce titre, de voir la couleur jaune savamment reliée aux personnages racistes qui essaiment dans GLL, ou que le nom de l’antagoniste commence par un X. Si l’on cherche bien, on s’aperçoit également que l’auteur y va de sa critique de la gentrification, avec ce même personnage qui tente de racheter un quartier communautaire dans le but de le « réhabiliter ».

Le tout est donc habilement écrit, centré autour des personnages, mais contient tout de même quelques poncifs, pas nocifs, mais qui prêteraient tout de même les lecteurs les plus désabusés à sourire. Green Lantern Legacy remanie donc utilement le personnage en utilisant des thèmes sociétaux cruciaux, dans un habillage estampillé jeunesse qui demeure toutefois agréable à lire.

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C’est lundi, que lisez-vous? #162

septembre 2019

Ce rendez-vous a été initié par Galléane et son principe est de répondre aux trois questions:

1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?
2. Que suis-je en train de lire en ce moment?
3. Que vais-je lire ensuite ?
 

1. Qu’ai-je lu les semaines passées ?

couv_430454Manga - The Cave King

couv_426296Manga - Carole and TuesdayManga - Manhwa - Carole and Tuesday Vol.2

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2. Que suis-je en train de lire en ce moment?

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3. Que vais-je lire ensuite ?

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Salut à tous et bienvenue pour une nouvelle semaine sur le blog!

Ca y est, octobre est là et on rentre dans le dur de la haute saison des sorties BD… J’ai néanmoins profité de la semaine passée pour avancer sur quelques sorties manga récentes avec trois séries assez sympathiques dont vous trouverez mon avis sur le billet paru hier. je retiens notamment la capacité de Glénat à dénicher de petits shonen plutôt jolis et qui sortent le nekketsu d’un carcan balisé pour geek et une relative déception sur Alma, première série courte de l’auteur qui apporte quelques éléments post-apo intéressants mais reste perfectible. Sur les manga je vais enchaîner sur trois grosses sorties, les énormément attendus Radiant, une de mes séries chouchou en manga et le dernier Lovecraft, dans l’écrin toujours superbe concocté par Ki-oon. Il sort jeudi et je vous en parle samedi!

Côté comics j’ai un peu ralenti et laissé à l’ami Dahaka le soin de vous chroniquer l’actu des superslip. Je ne résiste néanmoins pas à un nouveau Black label, gage de grande qualité depuis son lancement chez DC, avec un Three Joker qui semble très ambitieux en visant à tisser des liens entre les ouvrages majeurs sur le prince du crime…

En BD l’Autopsie d’un imposteur est plutôt réussi mais le sujet m’a moyennement parlé, contrairement à la conclusion du concept-album Dans la têt de Sherlock Holmes et du nouveau Boiscommun qui rassure sur le talent de l’auteur après un Danthrakon plutôt loupé chez Drakoo. Pour finir et pour alimenter la rubrique des Trouvailles du vendredi, je vais enfin pouvoir démarrer le Grand mort qu’un pote m’avait passé… sans les deux premiers volumes! Cette série m’intrigue beaucoup, considérée par pas mal de monde comme un must-read. Effet Loisel ou vraie bonne bD, je vous le dirais la semaine prochaine!

Bonne semaine à vous et n’hésitez pas à partager également vos bonnes découvertes (et aussi les lectures à éviter!). Et à indiquer quelles sont les sorties de la rentrées qui vous font le plus baver d’impatience…

 


 

***·Comics·East & West·Nouveau !·Rapidos·Service Presse

Rick et Morty tome 11

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Onzième tome de la série crée par Justin Roiland et Dan Harmon. Kyle Starks, Tini Howard et Magdalene Visaggio au scénario, Marc Ellerby, Philipp Murphy et Ian Mc Ginty au dessin. Parution le 15/09/21 aux éditions HiComics.

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Merci aux éditions Hicomics pour leur confiance!

Le Rick, c’est chic

Si vous connaissez Rick et Morty, cela signifie très probablement que vous vous êtes départi de vos douces illusions sur la vie et sur votre place dans l’Univers, pour ensuite embrasser une philosophie joyeusement nihiliste. La série animée des studios Adult Swim, s’est en effet faite connaître pour le traitement cruel et amer de ses personnages dans un univers SF totalement déjanté, qui laissait néanmoins la part belle à leur développement.

Avec quatre saisons complètes (disponibles sur Netflix) et un succès qui ne dément pas, R&M se sont offert une adaptation BD, qui reprend les codes et les gimmicks de la série principale pour extrapoler les aventures ironiquement ubuesques de la famille Smith/Sanchez. Pour ceux qui ne connaitraient pas encore, la série raconte les tribulations de Morty Smith, entraîné bien malgré lui par son grand-père Rick Sanchez, scientifique fou, dans des missions et aventures spatio-temporelles assez baroques.

Ce qui fait le sel de la série, c’est bien évidemment le personnage de Rick Sanchez, sexagénaire rude et cynique au génie inégalé, qui lui confère à la fois une vision tristement lucide sur les affres de l’Humanité et une bonne dose d’humour noir. Dans ce tome 11, vous verrez un Morty et une Summer « ricktifiés« , un Jerry Smith toujours aussi loser, et des gags cruels dont seul Adult Swim a le secret. Le comics singe donc correctement son homologue animé, bien que toutes les histoires n’affichent pas le même attrait. Sur cet album, seuls les chapitres mettant en scène Jerry aux prises avec une arnaque pyramidale cosmique et celui des « ricktifications » évoqué plus haut, se détachent du reste, bien que l’ensemble conserve un intérêt du fait des personnages et de leurs traits d’esprit. Le reste est constitué essentiellement de scénettes courtes qui ne comprennent pas nécessairement de chute.

En conclusion, la version comics de Rick et Morty offre de bons moments de rire et permet de patienter entre deux saisons du show.

BD·C'est lundi...·Comics·Manga

C’est lundi, que lisez-vous? #161

septembre 2019

Ce rendez-vous a été initié par Galléane et son principe est de répondre aux trois questions:

1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?
2. Que suis-je en train de lire en ce moment?
3. Que vais-je lire ensuite ?
 

1. Qu’ai-je lu les semaines passées ?

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couv_281923Manga - Manhwa - 008 Apprenti Espion Vol.3

2. Que suis-je en train de lire en ce moment?

3. Que vais-je lire ensuite ?

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Salut les BDvores!

Ma semaine a été occupée par deux très gros chocs que sont Oleg, one-shot du phénoménal Frederik Peeters (billet mercredi) et Le port des marins perdus du duo italien derrière la très sympathique série jeunesse Violette autour du monde (Trouvaille dès vendredi). Le second est sorti il y a pas mal d’années et avait fait son petit effet parmi les critiques. Personnellement j’irai au-delà en proclamant un vrai chef d’œuvre tout à fait marquant, de ces gros volumes qui restent en mémoire longtemps et font oublier pas mal d’albums qui font l’actualité. Pour Oleg c’est plus récent (en attendant, déjà, un nouvel album de Peeters en octobre) mais la confirmation définitive du statut tout à fait à part de cet auteur qui se hisse dans le hall of fame des plus grands.

Vue la pagination des deux, le reste a été plus calme, avec tout de même le troisième Robilar qui confirme enfin ce qu’on attendait depuis dès le premier tome., un troisième Eden un peu plus calme que le démarrage, la grosse nouveauté Glénat Shangri-la Frontier est une très surprenante réussite et malheureusement un Agent 008 qui après trois tomes ne parvient pas à dépasser le statut de seul fan-service…

Pour la suite je vais reprendre Alma dont le premier tome m’est totalement sorti de la tête mais qui m’avait beaucoup plus. Également un manga récent inspiré par Minecraft qui pourrait être sympa et Autopsie d’un imposteur dont je ne sais à peu près rien mais qui m’a bien attiré graphiquement. Sans oublier les Trois jokers que j’attends depuis quelques temps chez le toujours bon Black label d’Urban…
 
Passez une excellente semaine et n’oubliez pas de partager vos bonnes pioches!

 


 

****·BD·Comics·East & West

Empyre volume 4/4

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Dernier volume de la série écrite par Dan Slott et Al Ewing, parution le 23/06/2021 chez Panini Comics.

Capable du meilleur comme de l’empire

Chapitre final de notre space opéra marvelien annuel. Les Avengers et les Quatre Fantastiques ont du unir leurs forces pour contrer une incursion de l’alliance Kree-Skrull, qui, après des millions d’années à se taper dessus, ont décidé de détourner leurs pulsions violentes vers les Cotatis, une espèce végétale avancée dont les derniers représentants avaient élus domicile dans la Zone Bleue de la Lune.

Parmi eux, Quoi, le Messie Céleste issu de l’union de deux anciens Avengers. Ce dernier, quelque peu chauffé par son père en coulisses et lassé de millénaires de persécution, a décidé, de façon assez radicale il faut bien l’admettre, d’éradiquer purement et simplement tous les représentants du règne animal à travers l’univers, en commençant par la Terre.

Pour ce faire, il compte utiliser une fleur spéciale qui décuple ses pouvoirs, et la faire pousser sur la montagne de vibranium qui fait la fierté du Wakanda, la patrie protectionniste de la Panthère Noire. Pendant ce temps, les Skrulls et les Krees grincent des dents mais acceptent d’aider les Avengers et les FF à repousser l’attaque.

Cependant, Quoi n’est pas le seul à avoir été manipulé. En effet, Teddy Altman, alias Hulkling, le fils du légendaire héros Kree Captain Marvel et de la Princesse Skrull Anelle, a été parachuté malgré lui à la tête de l’alliance, lui qui représente le pont idéal entre les deux civilisations belligérantes. Pétri de bonnes intentions, il était prêt à tous les compromis pour parvenir à la paix entre les deux peuples. Malheureusement pour lui, d’autres personnes haut placées avaient d’autres intentions bien plus néfastes. Teddy, ainsi que Quoi, ont donc fait les frais des ambitions mortifères de leurs aînés, ce qui fait d’eux les deux faces d’une même pièce.

Ces jeux d’influence et de manipulation nous montrent bien qu’au final, les vieilles rancunes sont les plus tenaces et que les volontés bienveillantes de quelques bonnes âmes ne suffisent pas toujours pour étouffer les braises du conflit, comme c’est le cas dans la réalité. Cependant, on est ici chez Marvel, et même si on aime les propos à la fois amers et réalistes sur notre monde, il n’en demeure pas moins qu’on ouvre les pages de ces albums avant tout pour rêver et se divertir.

Nos héros parviennent donc à s’en sortir une fois de plus, avec plus ou moins de panache et d’effets pyrotechniques. On pourra apprécier de réelles bonnes idées, comme Reed Richards et sa nouvelle armure signée Stark, ou encore le playboy-milliardaire-philanthrope en pleine crise de foi. L’irruption de Thor fleure cependant le deus ex machina étant donné que sa quête de pouvoir auprès de sa mère Gaïa n’est pas traitée dans la mini-série, ni dans les tie-ins.

En somme, cet Empyre en quatre volumes constitue une agréable lecture popcorn, pas nécessairement de quoi secouer les fondations de l’univers Marvel, mais contenant malgré tout son lot d’action et d’émotions. Le casting est sans doute un peu trop large pour que chacun puisse briller comme il le devrait, mais les tie-ins apportent tout de même suffisamment de substance pour donner au tout le liant nécessaire.

***·Comics·East & West·Nouveau !

Empyre volume 3/4

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Troisième volume de 168 pages de la série écrite par Dan Slott et Al Ewing. Parution le 12/05/2021 chez Panini Comics.

Des racines et du seum

Troisième quart pour notre saga cosmique made in Marvel. Après des millions d’années de guerre, les Krees et les Skrulls ont jumelé leurs civilisations intergalactiques et n’ont rien trouvé de mieux pour sceller leur alliance que de venir sur Terre pour éradiquer les Cotatis, race extraterrestre végétale dont les origines remontent au fameux conflit.

Alors que les Avengers et les Quatre Fantastiques se sont opposés à ce projet, ils ont été trahis par Quoi (Sequoia de son véritable nom), le Messie Céleste des Cotatis, dont le projet est de venger des millénaires de massacres en éliminant toute créature non-végétale de l’univers, en commençant par sa planète d’origine, la Terre.

Alors que les héros sont divisés en factions pour défendre la Terre, les intrigues politiques au sein de l’empire spatial réunifié prennent racine, avec au centre l’empereur Dorrek VIII, alias Hulkling, dont les origines triples-Skrull, Kree, et Humain-sont à la fois une force et une faiblesse.

Alors que les Cotatis gagnent du terrain, les enjeux augmentent sérieusement, ce qui pousse les alliés à envisager des solutions radicales. Une fois de plus, c’est donc la Terre qui fait les frais d’un conflit intergalactique auquel elle n’était pas censée prendre part. Cela aura bien sûr des conséquences sérieuses pour nos héros, qui sont en première ligne du conflit.

Encore une fois, Empyre et ses séries dérivées se révèlent être une aventure rythmée et entraînante, avec quelques bémols toutefois. Le casting, proportionnel à l’ampleur de l’event, ne permet pas à tous les personnages de briller, notamment les FF. Certes, dans ce numéro, Ben Grimm (la Chose) a son quart d’heure de gloire, mais cela ne suffit pas à équilibrer la balance. Le reste se déroule de façon assez expéditive, mais contient tout de même suffisamment de coups de théâtre pour conserver un certain intérêt.

D’un point de vue éditorial, Panini Comics a insisté dans sa promo de l’event sur le format, similaire à celui qui avait été tenté sur House of X / Powers of X, mais la comparaison ne tient pas vraiment dans le sens ou ces deux mini-séries étaient conçues de façon complémentaire, ce qui n’est pas le cas d’Empyre vs ses tie-ins.

En conclusion, un lecteur quelque peu désabusé par la ribambelle de sagas à la qualité plus qu’inégale sera agréablement surpris, pour peu qu’il accepte le divertissement proposé pour ce qu’il est.

***·Comics·East & West·Nouveau !·Service Presse

Space Bastards

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Récit complet de 256 pages, écrit par Joe Aubrey et Eric Peterson, et dessiné par Darick Robertson.

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Merci aux Humanos pour leur confiance!

Going Postal

Si aujourd’hui, certaines personnes en viennent aux mains pour obtenir certains biens très convoités, demain, ce seront les livreurs qui s’entretueront pour avoir l’insigne honneur d’apporter aux clients leur précieuse marchandise.

Le SPI, le Service Postal Intergalactique, est une entreprise florissante qui loue les services de milliers de livreurs qui écument la galaxie pour satisfaire les envies des consommateurs, qu’ils vivent sur Terre où sur l’une de ses nombreuses colonies. Les livreurs sont payés en fonction du nombre de mains par lesquelles transitent les colis, si bien que les coups-bas sont légion et provoquent souvent des dégâts considérables, étrangement tolérés par les autorités.

Au milieu de tout ce chaos, Dave Proton, qui était sûr d’obtenir une promotion après des années de bons et loyaux services chez Powers, concurrents acharnés du SPI, se retrouve finalement licencié sans préavis. Désabusé, désespéré, Proton se lance dans cette activité dont tout le monde parle et qui rapporterait gros: livreur pour le SPI !

Cependant, Dave risque d’avoir du mal à s’adapter aux méthodes violentes des livreurs. A moins que, contre toute attente, l’ancien comptable ait ça en lui ? Aurait-il finalement trouvé sa voie ? Comment survivra-t-il dans ce monde impitoyable ?

Deliver or die trying

La société de consommation, paroxysme des mondes civilisés, est omniprésente et conditionne les vies et les mentalités de millions de personnes. Il n’est donc pas étonnant de voir fleurir, dans la pop culture, des satires qui attaquent et vilipendent, plus ou moins subtilement, ce mode de vie. Déjà à son époque, Robocop et son OCP, montraient une vision acerbe du futur et de la consommation.

L’ultralibéralisme, censé garantir la prospérité de tous, laisse beaucoup de gens sur le carreau et n’a donc généralement pas bonne presse non plus dans les œuvres de fiction. Récemment, par exemple, nous évoquions The Invisible Kingdom, qui mettait également en scène des livreurs de l’espace soumis aux affres d’une société toujours plus avide de possessions matérielles.

Space Bastards ne cache donc aucunement son affiliation avec la satire, qu’il déguise sous une bonne quantité de violence et de gore irrévérencieux. Ici, uberisation rime avec atomisation, si bien que la violence intrinsèque du système se traduit sur les pages par une violence tout à fait explicite entre les pauvres livreurs, ces rouages fongibles et sacrifiables, qui ne trouvent d’accomplissement que dans ce boulot mortellement dangereux.

Pourtant, à bien y regarder, la critique n’est pas dirigée que vers l’uberisation, car l’on s’aperçoit bien vite que beaucoup de livreurs adorent leur job, et y voient une catharsis de leurs pulsions violentes. En effet, être payé pour dégommer d’autres gens, qui n’en a jamais rêvé ? Cet aspect cathartique est finalement assez culpabilisant, si bien que dans Space Bastards, la critique n’est pas double, mais triple, puisqu’elle critique une société de consommation dont l’expansion la pousse à phagocyter des planètes entières et pousse des gens désespérés à faire un travail dangereux et précaire, puis vient la critique de ces gens, qui utilisent ce travail comme prétexte pour laisser libre cours à leurs pulsions, et enfin, elle nous critique, en sous-texte, nous qui apprécions ce spectacle.

L’intérêt principal de ce Space Bastards réside donc dans ce sous-texte et cette mise en abîme de la satire politico sociétale. L’intrigue en elle-même ne transcende pas les poncifs du genre, et reste même étrangement sage par certains aspects, surtout si on la compare, comme le fait le joli sticker de couverture, à The Boys, cocréée par Darick Robertson. Les personnages, comme c’est souvent le cas dans les œuvres misant tout sur leur pitch, sont un peu lisses, et se cantonnent pour certains à un rôle caricatural.

Space Bastards gagne donc à être lu pour sa vision cynique du phénomène de l’ubérisation et de l’ultralibéralisme, mais cette vision limite malheureusement ses propositions narratives.

BD·C'est lundi...·Comics·Manga

C’est lundi, que lisez-vous? #160

septembre 2019

Ce rendez-vous a été initié par Galléane et son principe est de répondre aux trois questions:

1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?
2. Que suis-je en train de lire en ce moment?
3. Que vais-je lire ensuite ?
 

1. Qu’ai-je lu les semaines passées ?

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2. Que suis-je en train de lire en ce moment?

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3. Que vais-je lire ensuite ?

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Salut à tous!

Semaine pas folle niveau lectures avec des albums globalement correctes mais qui ne m’ont pas enthousiasmé plus que ça. A commencer par le court Elio qui a toujours du mal à justifier son propos et semble coincé entre la simplicité Shonen et une envie de trash de l’auteur. Contrairement au second Guerre des mondes qui confirme, lui, la qualité du démarrage avec une adaptation certes classiques mais très efficace. Si l’on compare la profusion de titres Glénat Manga et la sélectivité beaucoup plus prononcée chez Ki-oon je ne suis finalement guère surpris… Niveau comics j’en ai pris plein les mirettes avec la sacrée révélation graphique du dessinateur de Bleed them dry… album qui ne réussit pourtant pas le coup de maître de These savage shores sorti également chez Hicomics l’an dernier. Egalement assez joli bien que très variable puisque anthologique, le Harley Quinn Black White Red qui arrive à proposer une qualité le place au-dessus du simple produit d’appel. Pas de quoi décrocher la mâchoire mais ce n’est pas l’objectif non plus.

Côté BD le Photographe de Mathausen que je devais lire depuis longtemps pour une Trouvaille m’a vaguement déçu. Le sujet est certes fort et la réalisation plutôt bien faite mais je reconnais que j’ai un peu bloqué sur un dessin quasi cartoon qui sied mal à la dramaturgie de cette histoire vraie. La chronique est pour vendredi. Sur la fournée Soleil-Delcourt je n’attendais pas forcément grand chose et ai été assez déçu également par le très beau mais un peu loupé Voltaire-Newton, contrairement à Astra Saga qui nous rappelle que la ribambelle de Space-op formatés n’interdisant aucunement la parution épisodique d’un vaste projet ambitieux, fourni, riche et réalisé en mode explosion de rétines… un coup de cœur dont je vous parle mercredi. Dimanche, avec Voltaire, je vous parlerais aussi de la confirmation Shaolin #2 qui malgré son titre et son pitch tout à fait éculé, parvient à proposer une fantasy chinoise tout à fait prenante.

Du coup je vais enchaîner sur le troisième et dernier Robilar qui pourrait soit hisser cette série moyenne dans la catégorie excellence s’il sait lâcher la bride ou rester un peu trop sage comme ses prédécesseurs. Maintenant que j’ai un peu rattrapé mon retard BD (après un Port des Marins perdus très attrayant pour une nouvelle Trouvaille) je pense reprendre sur une des grosses sorties Glénat Manga et sur une série SF Panini (qui assure décidément un catalogue de très haut niveau après Eden!)…

Ce qui va me permettre de conclure ce C’est lundi… par de petits commentaires sur les éditeurs de ce genre pléthorique. Cela fait maintenant environ deux ans que j’ai noué des partenariats solides et conséquents avec plusieurs éditeurs manga qui ont permis au blog de monter la quantité de titres traités et je peux maintenant faire un petit bilan qualitatif en toute franchise (et j’aimerais bien entendu en discuter avec vous en commentaires pour voir si vous me rejoignez sur mes constats). J’en ai déjà parlé mais je reconnais que Ki-oon est un peu mon chouchou en publiant peu mais des titres d’une excellente qualité pour tout ce que je lis chez eux. Chez Glénat j’ai un peu du mal à me prononcer car entre les séries blockbuster (DB ou Dr. Stone) j’évite pas mal les shonen et lis trop peu de mangas pour suivre suffisamment leurs productions mais j’ai le sentiment qu’ils attrapent un peu tout ce qu’ils peuvent pour assumer la concurrence féroce sur ce marché (ce qui est de bonne guerre et une réponse aux attentes d’un public tout à fait boulimique). L’autre très bon catalogue qui m’impressionne est Panini où je retrouve un nombre conséquent de séries qui me font de l’œil. Décidément très étonnants maison qui agace toujours beaucoup côté comics en surfant sur sa licence aux œufs d’or Marvel et reste assez discrète côté manga en matière de com’ tout en proposant un sacré boulot d’édition. Remarque concernant Kurokawa et sa courageuse collection Kurosavoirs qui propose de découvrir des classiques de la littérature et des Sciences Humaines en format manga, outre la réédition de son blockbuster FMA et l’apparemment excellent Spy family… à côté duquel je suis passé à sa sortie! Je ne pourrais bien entendu pas parler de tous les (nombreux) acteurs du manga faute d’être spécialisé comme un certain nombre de collègues blogueurs mais je remarque qu’il est compliqué de proposer un catalogue qui ne soit pas de niche, un peu le cas côté Meian, chez qui on trouve quelques très bons titres (comme l’excellent Gannibal) mais aussi une grosse majorité d’Isekai. Un dernier point avant de vous laisser la parole, je remarque le nombre croissant de mangas originaux proposés directement par des éditeurs français, ce qui illustre l’énorme marché que nous représentons et la qualité du travail éditorial de ce secteur qui est sans doute le plus dynamique, et pas qu’en matière de parts de marché…

Sur ces réflexions je serais très intéressé de connaître vos remarques et expériences en matière d’éditeurs manga notables, là où on trouve des pépites etc. Et bonne semaine à vous!

 


 

***·Comics·East & West·Nouveau !·Service Presse

Bleed them dry – Harley Quinn: Black+white+red

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Salut la compagnie! Aujourd’hui petite fournée de deux nouveautés estivales et très graphiques, venues de chez DC et Vault comics, que je vous propose en mode rapidos.

  • Comic de Eliott Rahal, Dike Ruan et Miguel Muerto (coul.) – Hicomics (2021), 164p., one-shot.

bsic journalismMerci aux éditions Hicomics pour leur confiance!

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Dans le futur, l’humanité vit pacifiquement avec les vampires, dans une cité idéale et technologique. Mais une série de meurtres remet en cause les équilibres lorsqu’il apparaît que malgré leur apparente intégration les vampires ne sont pas que de doux collègues…

Sous les atours d’un polar très classique transposé dans une cité futuriste, Bleed them dry propose une variation Ninja du thème du vampire que l’on connait, sa puissance bestiale, sa manipulation mentale et sa victime déchirée entre ses nouvelles capacités et le deuil de son ancienne vie. Etrange projet qui boucle une intrigue sur seulement six chapitres en nous laissant un peu sur notre faim. Alors que le récent These savage shores du même éditeur parvenait à instiller une nouveauté envoutante dans cette trame éculée, l’habillage techno et les dessins superbes du jeune prodige Dike Ruan, s’ils font passer un bon moment en mode Blockbuster bad-ass ne suffisent pas à nous enthousiasmer réellement dans cette trame qui n’a ni le temps ni l’envie de développer un background. On nous raconte bien l’histoire cachée derrière cette cité idéale et les affrontements comme les dialogues sont tout à fait fun mais lorsque l’on aborde un genre aussi fréquenté que le thème du vampire nocturne il est important de proposer un décalage novateur. C’est sans doute ce qui manque à ce donc fort joli album, qui défouraille et tranche sévère. Un conseil, débranchez vos neurones pour apprécier à plein cette « enquête » qui mord…

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  • Comic collectif – Urban (2021), 240p., one-shot.

bsic journalismMerci aux éditions Urban pour leur confiance!

couv_428643En 2016 DC comics proposait à une ribambelle d’auteurs de BD de proposer leur vision du chevalier noir en mode court, avec comme seule consigne le noir et blanc. Cette année rebelotte avec la plus foldingue des copines des anti-héroïnes de Gotham qui reprend le même format en lui adjoignant (bien évidemment) le rouge. A noter que l’heure est aux anthologies puisque vient de sortir également un Batman The World qui vise à proposer cette fois le Dark Knight à un panel d’artistes non américains, histoire de montrer l’universalisme du personnage.

Au travers de dix-neuf courtes histoires d’une dizaine de pages chacune, c’est une sacrée brochette de stars (mais aussi de jeunes talents) de l’industrie du comics qui nous permet de découvrir une grande variété de styles. Premier constat qui ne surprendra pas les habitués des BD DC, la quantité d’artistes non américains est conséquente, ce qui ne cesse de nous interroger sur la destinée d’une école graphique américaine qui semble en déshérence (ou peut-être orientée plutot vers l’Indé?). J’ai constaté depuis pas mal de temps combien ces étrangers biberonnés à la culture US élèvent le niveau graphique en apportant une sensibilité nécessaire, et c’est tant mieux. Le second constat c’est que les scénarios sont résolument orientés humour avec un personnage de Harley complètement foldingue, qui aime raconter des histoires en mode petite fille trash. Et c’est souvent très drôle. Pour qui entre dans cet univers, on constate également combien l’ex-copine du Joker (oui-oui c’est déjà fini!) a évolué depuis sa naissance dans la série animée des années quatre-vingt-dix, désormais plus ou moins en couple avec Poison Ivy voir chef d’une équipe de super-héros/super-vilains -on ne sait jamais vraiment avec Harley). Au final cette anthologie navigue entre la vraie découverte dans un format idéal, quelques interventions de stars un peu au forceps (on pense au Stjepan Sejic ou au trop rare Adam Hughes) et le produit d’appel destiné à lancer le très très attendu spin-off de Batman White knight: Harley Quinn. Chaque lecteur y verra son intérêt mais on peut dire que l’offre est généreuse et devrait trouver un public assez large.

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