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Carthago #11: Kane

La BD!

Onzième tome de la série et première partie d’un diptyque, écrit par Christophe Bec et dessiné par Ennio Buffi. 54 planches couleurs, parution le 17/06/2020 chez Les Humanoïdes Associés.

bsic journalismMerci aux Humanos pour leur confiance.

 

Fugitif Amphibie

La série Carthago nous a évoqué l’existence d’êtres hybrides, issus de croisements entre l’espèce humaine et celle des Tritons Antiques. Ces contacts inter-espèces se sont faits au cours des millénaires, et ont eu un coût exorbitant pour les êtres aquatiques, qui ont frôlé l’extinction et ont du se confiner dans les abysses, pour être ensuite oubliés du reste du monde.

Les hybrides sont donc le témoignage d’un autre temps, et la preuve que le monde recèle encore bien des mystères. Wolfang Feiersinger, surnommé le « Centenaire des Carpates », en sait davantage que le commun des mortels. Depuis des décennies, il utilise son immense fortune pour assouvir sa soif d’exploration, usant de moyens peu conventionnels pour enrichir sa collection cryptozoologique avec l’aide de London Donovan, un aventurier à sa solde pour de bien obscures raisons.

Alors que des forages sous-marins ont libéré des prédateurs antédiluviens qui essaiment les océans, le Centenaire sans scrupule a mis la main sur ce qu’il appelle des « spécimens », des êtes hybrides détenus captifs en vue d’être étudiés.

Parmi ces infortunés, se trouve le sujet Kane, qui n’est autre que le père de Lou Melville, protagoniste de l’intrigue principale ayant hérité de ses traits amphibiens. A cette époque, le jeune Kane n’a pas encore rencontré Kim Melville, qui deviendra plus tard la mère de son enfant. Épris de liberté, il enchaîne les évasions du centre de recherche où il est détenu contre son gré, et tente de rejoindre la mer pour échapper au joug du milliardaire et de ses sbires. Malgré ses efforts, il est systématiquement ramené au bercail, incapable de passer totalement inaperçu.

Cependant, le désir de liberté est plus fort que tout et Kane va tenter une ultime évasion. Parviendra-t-il à se soustraire à la féroce convoitise de Feiersinger ?

Le Prince des Mers

Après un dixième tome au travers duquel transparaissait un essoufflement certain de la série et de son intrigue, Christophe Bec s’offre une petite respiration par le truchement du flash-back, sur l’énigmatique père de Lou Melville.

Le personnage traqué nous est immédiatement sympathique, car sa différence en fait à la fois un marginal et une victime des travers humains, tout comme l’ont été ses ancêtres tritons. Ainsi, Kane n’est pas en mesure de rester en mer trop longtemps, mais n’est pas tout à fait à son aise sur terre non plus. Déchiré entre deux éléments, entre deux horizons contraires, il ne parvient pas à se projeter dans une vie normale ni à nouer des liens avec les autres, en tous cas pas avant sa rencontre prochaine avec Kim.

Ennio Buffi produit ici de très belles planches, avec une attention particulière portée aux décors et aux ambiances, ce qui renforce le sentiment que le dessinateur était en pilote automatique sur le dernier tome.

Ce onzième tome, exempt de révélations quant à l’intrigue principale, n’en redonne pas moins un air de fraîcheur à une série qui laissait craindre un enlisement.

****·BD·Mercredi BD·Nouveau !·Service Presse

Le château des étoiles #5: de Mars à Paris

La BD!

BD d’Alex Alice
Rue de sèvres (2020), 69p., cycle III, volume 1.

bsic journalismMerci aux éditions Rue de sèvres pour leur confiance.

Pour les lecteurs de Gazette, ce volume comprend les épisodes 13 à 16 de cette dernière, parus à partir de janvier. Nouveauté impactant la parution en albums, l’arrivée d’une « édition internationale » de la gazette associant la BD d’Alice avec un spin-off sur l’expédition française de Vénus compliquera un peu la périodicité. La série voit son troisième cycle commencer dans cet album… à mi parcours puisque les gazettes 13 et 14 clôturent le cycle II (j’y reviens). La fabrication made in Rue de Sèvres est comme toujours parfaite avec ces désormais célèbres couvertures reprenant l’esprit des Voyages extraordinaires de Jules Verne aux éditions Hetzel avec un effet simili-toilé et un vernis sélectif. Les précédents cycles occupaient deux tomes chacun, on peut gager que ce sera également le cas ici…?

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Alors que les attaques des prussiens sur la population martiale se multiplient les Chevaliers de l’Ether atteignent enfin le pôle nord martien où les attendent des phénomènes toujours plus inattendus… Le Roi Ludwig y sera-t’il?…

Le Château des étoiles T5 : De mars à Paris (0), bd chez Rue de ...Étonnant pari que celui d’Alex Alice, dessinateur autodidacte révélé par Le Troisième Testament et dont la productivité a toujours été à la fois assez régulière et compacte, sur des séries assez courtes au développement long. Lorsque paraît le Château des Étoiles c’est dans un immense format journal en couleur qu’il est découvert par les lecteurs, avec un changement de style notable puisque Alice, dont les noirs étaient une grande force (sur Sigfried notamment) et a inspiré nombre de jeunes dessinateurs, abandonne les encrages pour une mise en aquarelle directement sur les crayonnés. Dans une publication plus ou moins orientée jeunesse (et dont l’inspiration évidente, Jules Verne, rend évidente la reprise des couverture Hetzel) ce style est tout approprié. Cette technique lui permet d’augmenter fortement sa productivité avec une parution régulière de quatre numéros de gazette et un album par an depuis maintenant cinq ans, sans aucun retard. Pour des dessins de cette qualité c’est tout à fait remarquable.

Alors que je pensais la série partie pour quelques volumes seulement, quelques éléments de contextes dans les gazettes et des allusions graphiques à Bismarck annonçaient progressivement une vraie saga qui semble boucler sa boucle ici avec ce début de troisième cycle, après que Séraphin et ses amis aient visité la Lune, puis Mars et reviennent donc sur une Terre bien changée. Ce volume est surprenant en ce que sa première moitié conclue les aventures martiennes, avec des tonalités et un décors très marqués. La chute, très brutale, inattendue et un peu bancale en ce que l’auteur rate un peu cet acmé de l’intrigue pour nous ramener sur Terre en une page tournée, donne l’impression qu’il n’a pas su comment assurer la transition entre ces aventures extra-terrestres et un retour à la dimension plus politique et rocambolesque des débuts.

Amazon.fr - Le château des étoiles Tome 5 : De Mars à Paris ...Car la seconde moitié, qui avance très vite, propose son lot de grandiose graphique et d’action effrénée permise par l’Ether, cette étonnante trouvaille de l’auteur qui donne une teinte désuète et historique si particulière à son œuvre. La série a grossit à mesure du succès et des envies de l’auteur et les gazettes indiquaient assez tôt l’idée d’exploration de Vénus. Alice a eu la bonne idée de ne pas diluer son intrigue principale dans un nouvel arc vénusien qui aurait probablement été redondant et de confier ce développement à une autre équipe pour achever son récit principal, probablement au prochain tome. On découvre ainsi l’empereur Napoléon III qui comme les autres grands personnages historiques n’est pas manichéen. Assez crédible il incarne la légère dose de réalisme historique qui donne un poids certain à la série. Si l’arc martien pour exotique qu’il était perdait un peu la densité dramatique, ce cinquième tome revient à une grande efficacité avec une structure ambitieuse en trois temps (maintenant-avant- maintenant) et notamment le personnage de la journaliste, très réussi et qui apporte de la nouveauté.

Le Château des Étoiles, Gazette Interplanétaire n° 13 - YOZONE

Une dernière remarque sur le format album qui en compactant légèrement les dessins et les posant sur du papier brillant renforce les traits et les couleurs et me font dire qu’il est graphiquement supérieur au format gazette. Cette série est décidément une sacrée aventure éditoriale et une immense réussite de l’ambitieux éditeur Rue de Sèvres en intégrant directement les éditions à l’intérêt de la série, chaque format ayant ses avantages et ses inconvénients. Si vous privilégiez les dessins optez pour les formats album (éditions classique et grand-format), si le background vous importe plus l’édition gazette est résolument plus développée. A moins que l’éditeur décide un jour de sortir une édition ultime (intégrale?) intégrant le rédactionnel, vous êtes contraints de faire un choix… ou de tout acheter, ce qui n’est absolument pas dramatique étant donnée l’honnêteté des propositions de Rue de sèvres.

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**·BD·Numérique

Carthago # 10: L’abîme regarde en toi

La BD!

badge numeriqueL’abîme regarde en toi est le dixième tome de la série Carthago, écrite par Christophe Bec, éditée aux Humanoïdes Associés. Ce tome de 54 pages paru le 23/10/2019, est dessiné par Ennio Buffi.

Nietzsche au fond de l’eau

Suite à un forage sous-marin trop aventureux, de redoutables créatures préhistoriques, témoins d’un autre temps, remontent à la surface des mers. Parmi ces monstres, on trouve le Mégalodon, le plus terrifiant prédateur marin sensé être éteint depuis des millions d’années. Alors que de nombreux spécimens sillonnent les mers du globe, certains se mettent en quête du secret de ces créatures et de leur soudaine résurgence. Ferseinger, le Centenaire des Carpates, mobilise ainsi son meilleur homme, London Donovan, ainsi que l’océanographe Kim Melville, dont la fille Lou manifeste un lien singulier avec les créatures allant de pair avec une physiologie tout à fait hors-norme.

Au fil des tomes, l’apparition des fossiles vivants laissera entrevoir un secret bien plus complexe, impliquant une civilisation humanoïde sous-marine, dont seules les anciennes traditions en lien avec la mer peuvent encore témoigner. Nos héros vont découvrir que ces « Tritons Antiques » sont entrés en contact avec les prémisses de l’Humanité, ce qui a conduit à leur quasi-extinction et leur retrait subséquent dans les profondeurs abyssales. Ces contacts, bien que brefs, ont conduit à des métissages, engendrant des lignées d’êtres hybrides tels que Lou Melville.

Dans ce tome 10, Lou, devenue adulte après une habile ellipse, tente à son tour d’explorer les fonds marins pour contacter ces êtres aquatiques. Cependant, les abysses sont un endroit inhospitalier, même pour des plongeurs expérimentés. Lou et son équipe vont donc se retrouver piégés dans leur sous-marin endommagé, alors même que le réacteur nucléaire de l’engin menace d’exploser en engendrant une catastrophe planétaire.

Lou va donc douloureusement réaliser la portée de la maxime nietzschéenne qui sert de titre à l’album.

Les Dents de l’Abysse

Dès le premier tome de Carthago, l’on est frappé par un constat: la série porte en elle le germe de quelque chose de grand, amenant un sens du merveilleux à travers ses pages aux traits réalistes, traitant le sujet fascinant de la cryptozoologie dans une sorte d’uchronie très bien étudiée.

Le premier cycle laisse cependant apparaître le futur de son intrigue par des foreshadowings peut-être trop évidents pour le lecteur rompu à la SF et au fantastique. Ainsi, l’implication des Tritons et le croisement des espèces n’endosse pas nécessairement l’impact d’une révélation ou d’un twist, et l’on sent poindre très rapidement l’influence des classiques du genre, comme l’incontournable Abyss de James Cameron. Notons d’ailleurs, que, de façon assez prévisible, ce dixième volume partage avec le film, entre autres choses, la référence à Nietzsche.

Comme nous avions pu le remarquer sur d’autres séries de Christophe Bec, certains albums peuvent paraître dispensables à l’intrigue et semblent dépourvus de pivots majeurs, si bien qu’on finit par avoir une impression de longueur, voire de redondance entre certains volumes.

A la décharge du scénariste, qui ne répond peut-être qu’à une commande éditoriale, le nombre de situations dramatiques allant de pair avec la thématique de l’exploration sous-marine reste limité: fuir des monstres, traquer des monstres pour percer leur mystère, se retrouver piégé sous l’eau, on a l’impression avec ce dernier tome que tout a été vu, tout a été traité, à l’envi, si bien qu’au fil des album, l’auteur peut être tenté de recycler. L’intrigue tournant autour d’une explosion sous-marine dévastatrice colore elle-aussi l’album d’une teinte de déjà-vu, le scénariste ayant déjà basé sa série Olympus Mons sur ces enjeux-là. Les allers-retours surface/abysses effectués par les personnages au cours de ce volume ne font qu’enfoncer le clou.

Ce qui demeure également frappant, ce sont les dialogues parfois figés dans du techno-blabla, les personnages dépensant un nombre conséquent de phylactères à décrire des situations délicates en utilisant un jargon technique, qui, bien qu’adéquatement documenté, peut perdre le lecteur en l’éloignant de la tension dramatique. Il est toutefois possible que ce procédé puisse servir à immerger davantage le lecteur, mais ce n’est pas l’impression qui s’est imposée à nous en première lecture.

Côté graphique, Christophe Bec reste très bien entouré au fil de ses albums, Ennio Buffi respecte le canva suivi par la série jusque là.

Pour résumer, Carthago est une série portée par des thèmes fascinants, mais qui souffre d’une dilution trop importante de son intrigue, ce qui génère des redondances et parfois même, des redites avec d’autres série de l’auteur.

***·****·BD·Edition·Nouveau !·Rapidos

Festival des gazettes#2: Le Château des étoiles/La Gazette du Château

La BD!

Je suis un grand fan des éditions au format Gazette (vous pouvez retrouver sur le blog la quasi intégralité des épisodes du Château des étoiles, du Château des animaux et du Sang des Cerises de Bourgeon). Cette année marque un changement important pour deux d’entre elles. La périodicité, pour la série star de Delep et Dorison (qui a raflé plusieurs prix cette fin/début d’année), avec un retour à la normale après une parution chaotique des épisodes du premier volume. Et l’arrivée d’une série parallèle pour le Château des étoiles, scénarisée par un Alain Ayroles qu’on a adoré sur le scénario des Indes Fourbes. Si vous ne connaissiez pas ces éditions il est toujours temps d’embarquer sur ces très grands formats agrémentés de rédactionnels immersifs très réussis

  • Le château des étoiles #13: Terres interdites, suivi de Les chimères de vénus 1/5. Parution mensuelle.

Edition « interplanétaire » regroupant Le château des étoiles et Les chimères de vénus.

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Je ne tarie pas d’éloges sur les éditions Rue de sèvres qui font un formidable boulot depuis quelques années. Une fois n’est pas coutume l’augmentation ni vu ni connu des gazettes de cinquante centimes ne fait pas plaisir. On me dira que la pagination augmente avec l’arrivée de deux histoires dans chaque fournée mais bon…

La guerre contre les martiaux bat désormais son plein avec un corps expéditionnaire prussien qui fait des ravages sur une population dotée de pouvoirs psychiques mais pacifiste. Les propriétés physiques de la planète et de l’Ether contrecarrent cependant les plans des allemands dont certains commencent à douter de l’honnêteté des objectifs du régime. La migration vers le pôle continue et l’on nous reparle du Château des étoiles du roi… Pendant ce temps sur Terre les capitalistes français préparent la colonisation de Vénus, où la Nature reste relativement indomptable… Si la BD d’Alice continue son bonhomme de chemin, la nouvelle venue change assez franchement et le ton et le graphisme pour se tourner vers un style très proche du design des films d’animation Disney. Pas forcément ce que je préfère mais ça reste agréable à lire et très bien écrit en permettant une respiration par le changement de camp (partie de France, la série est depuis restée très centrée sur le monde germanique) et de thématiques. Plutot un bon point pour cette série dérivée et le format gazette permet de limiter de risque d’une série parallèle, toujours dangereuse à lancer.

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  • La gazette du château #4 (3° année, janvier 2020) – Parution trimestrielle:

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A l’inverse du précédent, celui des animaux baisse de cinquante centimes avec une baisse de pagination… Les voies de l’édition sont décidément impénétrables. Le seuil de 3€ pour 1/3 d’album non relié me semble un ratio à ne pas dépasser. Cette nouvelle année Casterman ne s’engage pas sur une périodicité de sa gazette, échaudé par un très gros retard sur les précédentes. Vu le rendu final de Delep on serait malhonnêtes de râler et je pense que cette solution est plus sage et plus rassurante pour tout le monde. Le prochain épisode est néanmoins annoncé pour mai.

On retrouve donc Misse B et ses amis lapin et rat à la tête d’une révolte qui a bien ébranlé l’assurance du pouvoir dictatorial du président Silvio. L’hiver arrive et passé l’effet de surprise, il devient nécessaire de convaincre les animaux du pouvoir de la non-violence et d’actions des plus intelligentes…. Si les rédactionnels de la première saison étaient très agréables à lire, je trouve que l’esprit « propagande années trente » perd l’effet nouveauté et tourne un peu en rond avec une simple reprise textuelle de ce qui se passe dans l’album. IL serait bien que les auteurs développent le background, le hors-champ afin que cette édition enrichisse vraiment la série. En attendant c’est toujours aussi (plus?) magnifique, notamment dans la gestion des couleurs et textures. Delep est un véritable virtuose, les textes de Dorison font mouche et on est toujours happés par cette série qui se révèle ici une suite quasi officielle de la Ferme des animaux. On se demandait, c’est confirmé!

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By night

esat-westScénario de John Allison, dessin de Christine Larsen, couleurs de Sarah Stern. Paru le 31/01/2020 chez Bliss Éditions. Récit complet en 320 pages.

bsic journalismMerci aux éditions Bliss pour cette découverte.

badge numeriqueLa fiction nous a appris à de nombreuses reprises que pour se découvrir soi-même, il faut parfois explorer le lointain et se confronter à l’altérité. C’est sur ce paradoxe que surfent l’auteur britannique John Allison et la dessinatrice Christine Larsen, au travers des 12 numéros du comic book By Night, édité en récit complet chez Bliss Comics.

URBI ET URBEX

Jane est une jeune femme brillante, qui occupe un poste de technicienne dans un laboratoire, pour lequel elle est assurément surdiplômée. Peu aventureuse, elle a laissé derrière elle ses ambitions artistiques, elle qui rêvait de faire des films pour montrer le monde au travers de sa caméra. C’est alors que débarque l’impétueuse Heather, amie d’enfance qui a fait ce à quoi Jane n’a pas su se résoudre: voir du pays et crapahuter ça et là, loin du mouroir qu’est devenue leur ville natale, Spectrum. Après leurs impromptues retrouvailles, Heather embarque avec Jane pour une session improvisée d’exploration urbaine (pratique aussi appelée « urbex« ) au travers de ce qui s’apparente désormais à une ville fantôme. Mais leurs insouciantes pérégrinations vont les mener beaucoup plus loin que ce qu’elle imaginaient, à travers les dimensions et les sombres secrets tapis au cœur de la bourgade.

LES COPINES D’ABORD

Jane et Heather vont tomber par hasard sur une étrange machine, cachée dans l’usine qui autrefois donnait tout son ressort économique à Spectrum, et qui ouvre un portail vers une non moins étrange dimension, peuplée de diverses créatures surnaturelles et monstrueuses. Dès lors, les deux amies vont se lancer dans une singulière entreprise: explorer ce nouveau monde et en rapporter des preuves filmées, afin d’en tirer gloire et fortune. Mais les propriétaires de l’usine ne l’entendent pas de cette oreille…

Au fil des 12 épisodes, Jane et Heather vont former ce duo improbable et pourtant complémentaire, qui, tout en composant avec ce qui les oppose, franchiront ce pas difficile qu’est l’âge adulte. Le monde qu’elles explorent pourrait être sorti tout droit d’un épisode de Rick & Morty, et on doit reconnaître aux dialogues de John Allison leur caractère percutant. Ce dernier manie l’ironie avec une aisance indéniable, transformant le moindre échange entre ses personnages en joute verbale drôle et ciselée.

J’ai une réserve quant au personnage de Heather, qui à la première lecture, m’a semblé tout à fait conforme à l’archétype décrié de la Manic Pixie Dream Girl, ne servant finalement qu’au développement du personnage de Jane. Toutefois, leur relation est bien traitée et on ne peut que s’y attacher.

BY NIGHT séduira les amateurs d’aventure et de fantastique, mais également ceux qui recherchent avant tout une intrigue laissant la part belle aux relations entre ses personnages. Une belle trouvaille chez Bliss Comics !

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*****·BD·Mercredi BD·Nouveau !

L’escadre frêle

BD du mercredi
BD de Eric Henninot
Delcourt (2019), 74p., La Horde du contrevent t2., série en cours

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Pour ce second volume on reprend le même format avec six planches de moins. Comme l’ensemble de l’album, Eric Henninot semble avoir eu conscience de na nécessité d’éclairer un peu sa série et la couverture est bien plus lumineuse, colorée, accrocheuse. La structure de la Horde est toujours présente en début d’ouvrage (les personnages), avec un résumé du tome précédent. A noter que l’intérieur de couverture varie à chaque tome, reprenant une case en format avant découpe (et ici très belle). L’édition grand-format NB est renouvelée comme pour le tome un.

Lorsque le navire amiral fréole plante soudainement ses ancres dans la prairie au milieu de la Horde, son univers est bouleversé: à la solitude succède la fête, le danger du vent fait place à celui des hommes et bientôt se profile sur leur route la Flaque de Lapsane, vaste étendue d’eau qu’aucune Horde n’a jamais traversée…

20191210_221158.jpgLors de ma critique du tome un j’avais conscience de mon manque d’objectivité tant l’ouvrage source m’avait marqué, le seul fait d’adapter avec concentration le livre suffisait à me combler. Au risque de passer sous silence les qualités intrinsèques de cette série qui très discrètement commence à marcher sur les traces de ce qui est pour moi la saga majeure des dix dernières années, le Servitude de Bourgier et David. L’immense sérieux de l’écriture comme du dessin, le temps pris pour peaufiner chaque case, chaque rythme se ressent sur les deux séries qui donnent une profondeur globale que très peu de séries de BD ont. Je l’avais déjà dit, les personnages et leurs dialogues étaient la grande réussite de l’adaptation, même si le lecteur pouvait trouver austère cette succession d’échanges à couteau tiré. Si les bases (du roman…) restent les mêmes ce second opus monte franchement d’un cran en rectifiant cette sobriété, en rajoutant de l’action et une couverture dramatique très touchante en appuyant là où ça fait mal: le pourquoi du Contre, le pourquoi de vies passées à remonter à pied sans autre espoir de vie que de voir le bout du monde…

20191210_221101.jpgLa séquence des fréoles était dans le livre l’une des plus fortes, avec ce vaisseau que l’on imaginait difficilement. Henninot a fait ses choix graphiques que certains n’aimeront pas mais qui s’avèrent totalement cohérents, d’un design redoutabelement élégant (comme en réponse à la rigueur de la roche et des paysages désolés du premier volume) et en introduisant via les fréoles nombre de questions de fonds sur l’univers de la Horde du contrevent, les factions à l’œuvre à Aberlas, les différentes confréries humaines sur ce monde redoutable et un aperçu de ce qui les attend en extrême-amont.  Les pistes sont tissées pour la suite et le background s’étoffe fortement, dès l’introduction qui reprend (comme le premier volume) une séquence de la formation initiale des enfants qui deviendront la trente-quatrième Horde. J’ai trouvé que l’auteur réussissait ici à élargir son lectorat qui peut désormais se passer complètement de la lecture du roman et découvrir cet univers d’une richesse folle et au scénario très accrocheur. On dévore la BD d’une traite malgré les très nombreux textes. On se passionne pour ces personnages dont Henninot sacrifie la plupart en arrière-plan pour se concentrer sur le scribe (personnage central), Oroshi (personnage magnifique!), le redoutable et ombrageux Golgoth et Callirohé qui apportera un doute terrible qui prends aux tripes. Cela faisait longtemps qu’une BD ne m’avais autant accroché émotionnellement. Là encore il y a un 20191210_221027.jpgmatériau, mais l’auteur de l’album a totalement digéré cet écosystème relationnel, cette famille faite de compétences, de nécessités, de violence impitoyable et d’amour profond et réciproque.

Effaçant les quelques difficultés du premier volume (je ne parlerais pas de défaut mais de passage obligé de l’adaptation), L’escadre frêle fait soudainement passer La Horde du contrevent de bonne adaptation à grande série BD! Et c’était loin d’être évident. L’inventivité visuelle, la finesse du trait (et n’oublions pas le remarquable travail sur la couleur de Gaétan Georges tout en douceur!) et surtout la richesse des relations interpersonnelles font de cet album un magnifique moment de lecture qui ne donne qu’une envie, de retourner dans le Fer en rêvant de Norska…

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Horrifikland

BD de Lewis Trondheim et Alexis Nesme
Glénat (2019), 44 p., one shot.

bsic journalismMerci aux éditions Glénat pour cette découverte.

couv_356538L’ouvrage respecte la charte de la collection Mickey Mouse de Glénat, collection commencée en 2016 par l’album de Cosey, suivi par onze autres dont le très bel Océan perdu et ce neuvième album. Comme pour la collection Conan, la ligne semble très libre pour des auteurs invités à créer un hommage one-shot respectant les codes du personnage et dans une certaine mesure la ligne Disney, avec lequel l’éditeur grenoblois est partenaire. L’ouvrage a une tranche toilée, vernis sélectif sur la couverture et le dos, ainsi que de superbes croquis des personnages de Disney par Nesme en intérieur de couverture.

L’agence de détectives de Mickey, Donald  Dingo va mal. Prêts à tout pour renflouer leur activité, les amis se précipitent à la recherche du chat Blacky qui aurait disparu dans le parc d’attraction Horrifikland. Là-bas entre les manèges horrifiques, de vrais fantômes et un Pat Hibulaire décidé à un nouveau mauvais coup, les aventures ne font que commencer…

Résultat de recherche d'images pour "horrifikland nesme"Un peu dubitatif sur l’intérêt de cette collection dont on parle à chaque nouvel album avec l’impression qu’il s’agissait plus pour des auteurs reconnus de se faire plaisir sur des souvenirs d’enfance (sans doute suis-je un peu jeune pour fantasmer sur Mickey…) je ne l’ai suivie que de loin, avec l’ouvrage de Trondheim et Keramidas, sympathique mais un peu bancal dans son concept de vraie-fausse trouvaille et donc l’album très beau et improbable de Camboni qui plaçait Mickey et ses amis dans un futur steampunk avec des thématiques tout à fait SF. Le présent ouvrage m’a attiré de par son dessinateur, Alexis Nesme qui produit depuis quelques années de magnifiques peintures et m’avais enchanté avec ses Enfants du capitaine Grant. L’atmosphère à la Tim Burton a achevé de m’entraîner dans ces pages…

Résultat de recherche d'images pour "horrifikland nesme"… et j’ai été totalement conquis! Le duo a réussi en une subtile alchimie à proposer un véritable album jeunesse qui puisse parler autant aux très jeunes avec son esprit naïf, ses personnages connus aux comportements manichéens (Donald le peureux, Mickey l’intelligent et Dingo le benêt) qu’aux plus grands et aux adultes avec un second degré de tous les instants et des situations très drôles grâce aux personnages. Le thème graphique en lui-même est un gros second degré avec ce parc d’épouvante en forme de train fantôme qui regorge de détails de mécanismes et autres boutons qui déflorent le trucage et que les petits auront plaisir à dénicher.

L’intrigue est linéaire au possible mais se suit sans ennui avec un jeu de piste pour nos détectives Résultat de recherche d'images pour "horrifikland nesme"préférés où Pat Hibulaire intervient finalement surtout pour tomber dans des pièges. Si le chat en question est très vite retrouvé tout le monde semble surtout chercher à explorer le plus longtemps possible ce décors sublimé par un Nesms qui s’éclate entre couleurs chatoyantes et ombres mystérieuses. Les deux auteurs nous promènent dans leur parc d’attraction et l’on n’aurait qu’une envie c’est d’aller y faire nous aussi des glissades. Pendant un long moment de mystérieux fantômes verts que personne ne veut prendre au sérieux nous tiennent en haleine en se demandant si on aura droit à une once de fantastique… ou pas.

Au final l’opération est totalement réussie dans un équilibre loin d’être évident et qui permettra de lire l’album en famille comme aux vieux briscard de la lecture BD de passer un moment sympathique, régressif et un brin nostalgique des Mickey parade et Picsou géant en se rappelant que Mickey n’est finalement pas moins un aventurier que Tintin…

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Kong Crew #1 (album)

Comic de Eric Herenguel
Ankama (2019), 54 p. + cahier graphique. 1 vol. paru

bsic journalismMerci aux éditions Ankama pour leur fidélité.

2805_couvL’ouvrage est paru en format comics (2 vol.) aux éditions Caurette. Vous trouverez sur le lien ma critique des deux premiers épisodes en version noir&blanc comics. La série est prévue en trois albums couleur et il me semble que la pré-publication (destinée au marché anglosaxon avant tout) en format comics est prévue pour la suite, ce qui permet notamment à Eric Herenguel de se faire plaisir avec tous les abords de la BD à base de goodies d’aviateur et de journaux pulp. Sachant que cette ambiance participe grandement au plaisir de la lecture, on ne peut que l’y inciter!

Comme à son habitude l’éditeur Ankama prends soin de son album avec la traditionnelle tranche toilée que je trouve toujours aussi élégante, une très évocatrice couverture (… qui risque de frustrer plus d’un lecteur étant donnée la grande timidité de Kong dans ce premier volume…) avec vernis sélectif sur le titre et un très élégant design d’aviation en quatrième de couverture. L’auteur a en outre inséré (comme son comparse Pétrimaux) en tout début d’ouvrage une jolie page toute prête et habillée pour la dédicace. A l’heure où nombre d’auteurs sont lassés du principe même de la dédicace cela montre qu’Herenguel reste attaché au contacte des lecteurs. En outre un cahier graphique final très chouette nous permet de nous régaler les yeux et de lire quelques explications de l’auteur mais aussi de découvrir qu’une série animée est prévue! L’album  Caurette sort également une édition de luxe N&B en fin d’année. J’ajoute sans sourciller un Calvin pour l’édition aux trois donnés à l’album comics.

Résultat de recherche d'images pour "kong crew herenguel"Je vous laisse lire la critique sur le lien en haut pour l’histoire elle-même, mais j’ajoute que la version couleur apporte beaucoup au déjà très bon dessin (j’aime toujours les dessinateurs encrés), notamment par-ce que Herenguel est l’un des meilleurs coloristes selon moi, avec une technique qui semble tout à fait traditionnelle. Si vous aimez la bonne humeur, le ping-pong verbal, le pulp et les flying-jacket, courez lire cette fausse suite de King Kong qui ni vu ni connu pourrait même finir par être un des cartons de ces prochaines années.

 

 

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TER

BD du mercredi
BD de Rodolphe et Dubois
Daniel Maghen (2017-2019…), 62 p./album couleur, série en cours.

Couverture de Ter -1- L'étrangerCouverture de Ter -2- Le guideCouverture de Ter -3- L'imposteur

Comme à son habitude Daniel Maghen propose avec cette série SF une édition de grande qualité, voir luxueuse. Chaque album, grand format avec papier épais, propose un cahier graphique de seize pages très complet, comportant croquis, pages encrées et explications sur l’univers. Je le dis souvent, tous les éditeurs devraient proposer en standard pour ce prix (moins de vingt euros) de telles éditions augmentées. Les couvertures de ce premier cycle (achevé) sont très jolies, illustratives et inspirantes. Rien à reprocher, un Calvin pour l’édition.

Résultat de recherche d'images pour "TER dubois"Mandor n’a pas de souvenirs. Il est un être neuf hormis cet étrange tatouage sur l’épaule. Après avoir été découvert dans une tombe par le jeune Pip, il découvre ce monde aride où la vie semble s’être organisée autour du village fortifié de Bas Courtil. Il apprend le langage et les plaisirs de la vie et commence à poser des questions que personne ne posait. Où est-on? Qu’est-ce que TER? Pour cela il va entamer un voyage vers le nord avec ses compagnons…

Résultat de recherche d'images pour "TER dubois"Ne connaissant aucun des deux auteurs de cette série je découvre tout à la fois un style d’imaginaire (une version de l’exploration dans un univers de science-fiction teinté d’ethnographie) et un trait, assez classique en hachures (on est proche du Vicomte de Sasmira) et très technique. Le côté visuel rappelle les BD Glénat des années quatre-vingt-quatre-vingt-dix.

Très surprenante, cette série commence sur la découverte d’un monde avec sa technologie rétro-futuriste, son organisation sociale effleurée et très vite (dès la fin du tome un) bascule dans de la SF beaucoup plus classique lorsqu’est découvert le vaisseau. La suite nous décrit l’itinérance des héros dans les gigantesques couloirs de ce monde de métal déchiré par une guerre civile entre deux factions. On est donc surpris par la grande rapidité avec laquelle le récit évolue et change radicalement d’univers, de thématiques. Un peut trop sans doute pour un projet basé sur la découverte de mondes cohérents, on aurait aimé prendre plus le temps de découvrir chaque environnement rencontré, ce qui aurait sans doute nécessité des albums de quatre-vingt pages au lieu de cinquante…

Résultat de recherche d'images pour "TER dubois imposteur"De façon très cohérente avec leur objet, les dessins d’immenses décors architecturaux sont la grande force de cette série, le dessinateur se faisant de toute évidence plaisir à inventer un monde que le scénariste a construit de façon très poussée (bien qu’à peine effleuré dans la narration), comme le montrent les cahiers graphiques à la fois composés de planches avant colorisation (et superbes!), de recherches graphiques sur les personnages et d’éléments de l’univers qui donnent de la substance au scénario. Je le dis très souvent, ce qui solidifie une histoire c’est le hors champ, ce qui est à peine évoqué, un objet ou un costume dans un coin de l’image dont on ne sait rien mais que les auteurs ont placé là pour une bonne raison. Ici tout semble pensé et avoir une justification et le lecteur ressent alors ce monde bien au-delà des seuls dessins. Sur ce point le projet est une vraie réussite. Je tiquerais juste sur l’idée un peu saugrenue expliquant le monde du tome un et qui fait perdre en crédibilité l’intrigue. Passons…

Clipboard01Les personnages son un peu moins impressionnants que les décors (probablement en raison de la technique très classique de Dubois, qui peut rappeler Serpieri ou le Bourgeon de Cyann). Ils sont en outre peut-être un peu légers: hormis le héros qui apporte une certaine tendresse par sa naïveté, chacun est défini par une seule idée, le copain costaud, l’amoureuse, la femme fatale, le méchant chef religieux,… Dès que l’on pénètre dans le vaisseau l’augmentation de l’effectif renforce l’intrigue en complexifiant les problématiques bien que ceux de l’intérieur soient également assez manichéens.

Finalement TER voit ses faiblesses dans sa force. Un peu comme les références citées plus haut l’on suit des personnages ballottés comme des fétus de paille au gré d’événements extérieurs  et sans réelle prise sur leur destinée. C’est un peu dommage car on perd ainsi en intensité dramatique ce que les dessins, les décors et l’univers construit donnent en corps. On a néanmoins grand plaisir à découvrir ces mondes lointains et à craindre les disparitions de personnages, pas loin d’être aussi fréquentes que dans Game of Thrones… A la fois trop courts et laissant deviner une série longue de plusieurs cycles, TER est une belle odyssée qui parvient à donner de l’originalité à un genre assez balisé et occupé par des auteurs et séries réputées.

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***·BD·Jeunesse·Nouveau !·Service Presse

Garbage night

Rufus Stewart

Cette rubrique propose une lecture/critique croisée parent-enfant sur un album jeunesse.

  • Ma fille c’est « Talia » (c’est un pseudo): à onze ans elle aime beaucoup Buddy Longway, La Rose écarlate, les Mythics, Harmony, les carnets de Cerise, Dragon Ball ou Flying Witch…

Comic jeunesse de Jen Lee
Kinaye (2019) – Nobrow (2017), 98 p. couleur, one-shot.

bsic journalismMerci aux éditions Kinaye pour cette découverte!

album-cover-large-38922L’ouvrage est composé de Garbage Night et de la préquelle « Vacancy« … proposée à la fin de l’histoire (…  alors qu’il a été publié originalement en amont). Pas de bonus. Service minimum donc, avec la maquette désormais habituelle de Kinaye (couverture à rabat avec vernis sélectif).

Dans un monde déserté par les humains, trois amis animaux parcourent des villes abandonnées à la recherche de nourriture. Lorsqu’ils rencontrent Barnaby ils croient avoir trouvé le leader né qui les aidera à trouver un coin plus serein. Mais bien vite l’équilibre de l’amitié dans le groupe est menacé par ce nouveau venu…

Salut Talia, est-ce que tu peux nous résumer ta nouvelle lecture Garbage Night?

Ça parle d’un chien, un raton-laveur et un rêne qui quittent leur maison pour chercher à manger, par-ce que la ville a été désertée par les humains. Ils veulent aller à la ville d’à-côté et croisent Barnaby (un chien) qui dit connaître le chemin. Au début Cliff le raton-laveur et Reynard se méfient mais Simon le chien lui fait entièrement confiance. Mais on finit par comprendre que Barnaby essaye de se débarrasser des deux amis pour garder seulement Simon avec lui…

Qu’est-ce qui t’a intéressé dans cet album?

C’est rare les histoires avec uniquement des animaux, d’habitude ils sont mélangés aux humains ou bien il n’y a que des humains. Ça parle de personnes qui ont faim mais qui ne trouvent pas à manger, ce sont des démunis. Je n’ai jamais lu d’histoire de gens comme ça et j’ai trouvé ça original.

Que peux-tu me dire des relations entre les personnages?

Barnaby n’aime pas Cliff et Reynard par-ce que ce qui l’intéresse c’est d’avoir avec lui Simon qui est plus fort et courageux par-ce que c’est un chien. Il a déjà combattu des coyotes et Barnaby n’en a jamais affronté. Il respecte la force et ne veut pas s’encombrer d’animaux qui ne lui servent pas.

Simon est donc le héros? Comment est-ce qu’il réagit?

Non, ce sont Cliff, Reynard et Simon. Au début Simon pense que ses amis se méfient pour rien mais au final il voit que Barnaby est un menteur: il était prêt à se débarrasser de ses amis quand ils sont tombés dans le trou. Quand il a compris que Simon était fidèle à ses amis il décide de partir.

Et pour finir comment as-tu trouvé les dessins?

J’ai bien aimé les couleurs, elles sont originales, un mélange de vif, de foncé et de clair. J’aime bien le dessin des personnages. Ils sont à la fois réalistes et dessin-animé. Il y a une ambiance un peu triste et on a pitié d’eux.

 


Comme d’habitude, après l’avis de la principale intéressée, voilà mon avis sérieux de papa concerné…:

Image associéeJ’ai trouvé cet album étonnamment mature pour un ouvrage jeunesse. L’autrice, américaine, est freelance et a travaillé dans le design, ce qui se ressent fortement à la fois quand au trait, à la gestion de la profondeur et aux motifs de colorisation. Ses images sont à la fois très schématiques, ce qui se prête à de la BD jeunesse et assez techniques et lisibles. J’ai notamment beaucoup aimé les arrières-plans désolés, emplis d’herbes et de feuilles, d’architectures abîmées par l’abandon. C’est très plat mais l’espace est bien géré dans l’action.

Résultat de recherche d'images pour "garbage night lee"Surtout, l’ai été assez impressionné par le fait de proposer une histoire post-apo s’inscrivant totalement dans ce genre de la SF, souvent sombre voir désespéré, mais clairement destinée aux jeunes. Un peu comme pur Volcano Trash je trouve très chouette cette sorte d’initiation via le prisme des relations « humaines », la gestion compliquée des relations avec les amis et les personnes charismatiques, dans un contexte hostile. La peur irrationnelle et le danger sont notamment très bien rendus. Comme dans toute histoire post-apo c’est le changement, le vide qui crée une ambiance de tension. L’album est du reste relativement calme mais si on peut commencer à le lire à partir de 8 ans me semble t’il, je conseille une lecture partagée jusqu’à 10-11 ans pour atténuer cette pesanteur. Le scénario très verbeux permet cependant de garder le lecteur concentré sur ses personnages et de ne pas trop « regarder derrière le rideau »… Une très bonne surprise qui fait plaisir car la BD jeunesse est souvent gentillette ou inintéressante pour un adulte, ce qui n’est pas le cas. Garbage Night est un album exigeant qui ouvre sur un univers inhabituel pour les enfants et reste accessible pour parents comme enfants, ce qui est assez rare.

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