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Voro #9: Le Tombeau des dieux troisième partie

Dernier tome de 166 pages de la série écrite et dessinée par Janne Kukkonen. Parution en France le 10/11/2021 aux éditions Casterman.

Le seigneur des flambeaux

Coup de coeur! (1)

Après avoir réveillé par inadvertance une dangereuse divinité du Feu, Lilya, une apprentie voleuse de la Guilde, s’est mise en tête de réparer ses erreurs quel qu’en soit le prix. Malheureusement, Ithiel, le Père Feu, est à l’apogée de son pouvoir: non seulement soutenu par la Tribu du Feu qui le vénère depuis la nuit des temps, il est également maître d’une armée de géants invincibles grâce à la Pierre de Feu, que Lilya a également contribué à rassembler.

Après avoir jeté ses forces dans la bataille, Lilya a échoué à éliminer Ithiel, qui s’est lancé dans une campagne de conquête du monde des hommes, lui qui se pense capable d’engendrer un monde idyllique aux antipodes de la cupidité et de la violence humaines. L’apprentie voleuse y a laissé la vie, mais elle a été tirée des limbes par la Mort elle-même, qui a semble-t-il un intérêt à assister à la chute de son rival Ithiel. Lilya a aussi reçu un coup de pouce de la part de la Demoiselle de la Nuit, la divinité que servait autrefois la Guilde des Voleurs.

Ses chances de succès sont bien minces, mais Lilya ne désespère pas. Résolue à sauver le monde des hommes, elle en appelle à la sagesse des hommes de bonne volonté que sont les Rois, mais ces derniers ont l’esprit trop occupés par leurs luttes de pouvoirs pour pouvoir agir de concert. Pire encore, depuis le dernier tome, Lilya ne peut même plus compter l’aide de son mentor Seamus, au vu des révélations qui ont été faites sur le passé de ce dernier.

Que pourra faire la jeune vaurienne pour prévaloir dans ce jeu de dupes où les hommes ne sont rien face aux rois, où les rois ne sont rien face aux dieux, et où les dieux manipulent leurs pions sur l’échiquier cosmique ?

Comme vous le savez , la série Voro est un incontournable parmi les séries jeunesse du moment. L’auteur finnois Janne Kukkonen, issu du monde de l’animation, est parvenu à créer un univers fantasy cohérent et original, mâtiné d’influences et de références nordiques, dans lequel évoluent des personnages marquants et attachants.

Le scénario parvient à éviter le manichéisme primaire en nuançant son propos ainsi que les valeurs portées par les personnages. En effet, difficile de donner totalement tort à Ithiel lorsqu’il méprise le monde bâti par les hommes et qu’il fait part de son amertume quant à sa trahison. Cela ajoute de la profondeur au personnage, ce qu’oublient bon nombre d’auteurs pourtant chevronnés. Il arrive en effet assez souvent de voir un antagoniste bien méchant, fréquemment cruel, et qui de surcroît affiche de la satisfaction à faire le mâââl, si bien que l’on bascule bien trop souvent dans le cliché.

Ici, ce n’est pas le cas, et chaque personnage possède sa part d’ombre ainsi que des qualités rédemptrices, qui rendent le récit engageant et le distingue de la masse des récits fongibles aux personnages interchangeables.

Dans Voro, l’action est toujours spectaculaire et jamais prétexte, et l’auteur arrive à accroître sans cesse la tension dramatique jusqu’au dénouement, faisant de ces neuf tomes une saga épique et enthousiasmante qu’il sera toujours bon de relire à l’occasion.

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Les Enfers: au royaume d’Hadès

La BD!

Histoire complète en 46 pages écrite par Clotilde Bruneau et dessinée par Diego Oddi. Parution le 10/11/2021 aux éditions Glénat, dans la collection La Sagesse des Mythes, dirigée par Luc Ferry.

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Merci aux éditions Glénat pour leur confiance.

L’Enfer, c’est les outres

La mythologie grecque a laissé une empreinte marquante sur la fiction encore aujourd’hui. Ces innombrables mythes, sont devenus pour beaucoup la quintessence de la narration à travers les âges, transformés de telle sorte que l’on prend aujourd’hui plaisir à les redécouvrir sous leur forme originelle.

Prenez Hadès par exemple. Toutes les histoires modernes tendent à le dépeindre de façon péjorative, majoritairement en tant qu’antagoniste, alors que les mythes grecs ne souffrent initialement pas de ce biais. Souvent comparé à Satan en fiction moderne, le Hadès classique est au contraire une figure plutôt neutre, bien qu’intransigeant vis à vis de son rôle et de la nature intrinsèque et inévitable du principe qu’il représente.

Bien loin du Caïn rongé par la jalousie, et l’amertume d’avoir été relégué aux Enfers, Hadès est au contraire dépeint comme un régent juste et sévère du monde souterrain, et l’un des seuls dieux, si ce n’est le seul, à ne pas avoir trompé son épouse, ni fait preuve d’une cruauté infondée envers les hommes. Son royaume, censé être impénétrable (mais bien entendu visité par bien des héros de la mythologie), est doté d’une géographie tout singulière et d’une histoire foisonnante qui méritaient certainement un album à part entière.

Cet album nous plonge donc dans les méandres sinueux des fleuves qui irriguent et encerclent les Enfers, et nous fait découvrir ses différentes régions. Nous avons également droit aux différents mythes qui y sont liés, de Tantale à Sisyphe en passant par les Danaïdes.

Malgré la structure du récit à tiroirs, où une digression en appelle une autre, l’album possède un fil rouge, qui permet de conserver un semblant de structure dramatique tout au long. Le dossier en fin d’album, intitulé « Hadès ou le monde grec face au non-sens de la mort », est complet mais digeste et parvient à rester succin lorsqu’il dépeint des caractéristiques méconnues du dieu grec de la Mort.

En résumé, Les Enfers: au royaume d’Hadès est un album synthétique et très instructif sur une figure tristement controversée et incomprise de la mythologie grecque. Peut être dispensable pour les experts hellénistes, mais idéal pour tout lecteur souhaitant se cultiver.

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BD en vrac #26: Nautilus #2 – La chute #2

La BD!

 

  • Nautilus #2: Mobilis in Mobile (Mariolle-Grabowski/Glénat) – 2021, 54p., 1/3 volumes parus.

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Merci aux éditions Glénat pour leur confiance!

couv_431435Le premier Nautilus avait été une des excellentes surprises du printemps. Seulement quelques mois plus tard Mariolle et Grabowski (pour sa première BD!) ne nous laissent pas moisir comme le capitaine Némo et dévoilent enfin le mythique Nautilus! Et quel design les enfants! Le cahier graphique final laisse à ce sujet quelques points de frustration tant le dessinateur s’est régalé à créer l’intérieur du célèbre vaisseau sous-marin, dont on ne voit finalement que quelques éléments mécaniques (peut-être pour le grand final?) mais dont la coque est remarquablement élégante. Si l’intrigue de ce second volume peut paraître plus linéaire et moins surprenante que l’ouverture (en se résumant à une chasse avec pour but de découvrir le traître à bord…) on profite néanmoins de belles joutes verbales entre le héros et le sombre capitaine, pas aussi flamboyant qu’attendu mais parfaitement construit psychologiquement. Moins surprenant que le premier volume, cette suite semble aussi légèrement moins solide graphiquement, avec des décors intérieurs et sous-marins qui n’aident pas forcément. On reste cependant dans de la BD de grande qualité, de la grande aventure que l’on aimerait voir plus souvent dans le neuvième art. Vite la conclusion!

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  • La chute #2 (Muralt/Futuropolis) – 80p., 2021

couv_413919Sorti en plein début de crise du COVID le premier tome de La Chute avait beaucoup fait parler de lui, avec son style très documentaire, rugueux, sur les premiers jours du déclenchement d’une crise sans zombies ni guerre civile. Une pandémie normal, réaliste, froide. L’arrivée de se second tome et sa très belle couverture était donc attendu… et douche un peu les attentes. Après une entrée en matière dynamique menant ses personnages vers les montagnes dans une ambiance inspirée par le chef d’œuvre La Route, l’auteur semble patiner dans la neige en centrant sa focale sur l’ainée de la fratrie alors que le père blessé sort du jeu. Refusant toute violence graphique cinématographique, Muralt installe sa pesanteur dans la situation psychologique d’un chacun pour soi et d’une dureté relationnelle. Sur ce point on ressent la détresse des deux enfants. En revanche le contexte est un peu vaporeux avec ce village pas vraiment fortifié mais rejetant tout de même ce qu’ils appellent les « touristes » les citadins fuyant les villes ». Faute peut-être d’une caractérisation plus lisible et de dessins plus précis, on a le sentiment que la situation n’avance guère et l’on finit par s’ennuyer un peu. Espérons que l’auteur rebondisse après cet intermède peut-être nécessaire dans son scénario mais trop étiré sur quatre-vingt pages car son projet est sérieux et reste intéressant.

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Kill 6 Billion Demons

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Premier tome de la série écrite et dessinée par Tom Parkinson-Morgan. Parution en France chez Akileos le 06/10/2021.

C’est la fête au McGuffin

La jeune Allison n’a peut-être pas une vie facile, mais au moins ce soir, elle va prendre un peu de bon temps. Résolue à perdre sa virginité, elle s’acoquine avec son petit copain Zaid, qui n’a rien d’un foudre de guerre mais qu’elle aime quand même. Alors que le maladroit Zaid s’échine à la déshabiller, dans un de ces moments gênants que l’on a tous vécu (n’est-ce pas, hein ? hein ??), Allison voit la réalité se déchirer autour d’elle et une horde de démons débarquer d’un portail dimensionnel.

Non, non, allez-y, faites comme si j’étais pas là.

La horde semble poursuivre un étrange chevalier en armure, qui, juste après avoir été décapité, lui insère dans le crâne une boule lumineuse qui fragmente son corps telle une fractale. A son réveil, Allison constate que son petit-ami a été happé dans une dimension infernale par des démons, dont elle est elle-même prisonnière.

Accrochez-vous, puisque cette partie du pitch est, assez étonnamment, la plus facilement compréhensible. A partir de là, Allison va découvrir Trône, la ville gigantesque au centre du Multivers, jonchée des cadavres de divinités antiques, et peuplée de milliards de créatures, parmi lesquelles des démons abjects et des anges pour le moins étranges. Allison découvre qu’elle est désormais la détentrice de la Clé des Rois, un artéfact à l’infinie puissance, objet de convoitises depuis que les sept derniers dieux se sont divisés et se sont répartis les 777 777 univers composant le Multivers.

La jeune femme, perdue dans ce mortel bazar, va se retrouver sous la protection de « Chaîne Blanche » (son véritable nom est « Chaîne Blanche 82 née du néant qui revient pour soumettre le mal »), un Ange gardien de la Paix, qui va tenter de déterminer pourquoi la Clé des Rois s’est retrouvée dans le crâne d’une jeune humaine.

Weird is the new black

L’aventure de Kill Six Billion Demons a commencé en 2013 sous la forme d’un webcomic, ce média alternatif et décomplexé qui a permis à de nombreux auteurs de se faire la main tout en popularisant leurs travaux. Le phénomène ayant pris de l’ampleur, c’est Image Comics qui se positionnera sur le travail de Tom Parkinson-Morgan. Cette BD quasi inclassable se révèle faire en réalité partie d’un genre à part entière, un genre tout particulier puisqu’il se définit essentiellement en opposition par rapport à ses précurseurs: le New Weird.

Alors que la SF, le fantastique et l’horreur ont pris leur essor et se sont codifiés au cours du 20e siècle, la fin du 20e et le début du 21e ont vu un courant d’auteurs chercher à s’affranchir de ces codes, qui entre temps, étaient devenus des clichés pour certains. Il en a résulté un genre en soi, visant à détourner les lieux communs et les codes de la SF, de la fantasy, et autres, sans nécessairement verser dans la parodie.

On retrouve K6BD tout à fait dans cette veine, avec un concept de départ assez classique (une jeune femme doit plonger dans un univers infernal pour sauver son petit-ami: tiens, tiens, un pitch familier et récent), voire même un peu cliché (celui du « Je meurs, prends mon McGuffin« , que l’on peut voir par exemple dans Green Lantern, Saint Seya, Gundam, L’Incal, Casablanca, Le Cinquième Élément, Harry Potter…). Ces clichés seront néanmoins rapidement détournés, et mixés avec d’autres éléments, pour donner un tout délirant et baroque à souhait.

Attention, cependant, les amateurs d’intrigues ordonnées et de dialogues ciselées risquent de sombrer dans la folie à la lecture de cet album. Cela a l’avantage de refléter l’état de confusion dans lequel se trouve Allison face à ce monde inconnu, mais cela peut également noyer le lecteur, sous des répliques cryptiques qui frôlent parfois le non-sens.

Je ne parle pas seulement ici des tartines d’exposition qui nous sont servis à grands renforts de monologues, mais du délire ambiant, inhérent à ce type d’univers. S’agissant de l’exposition, on sent bien que l’auteur s’est senti tiraillé entre la nécessité de livrer les bases de son univers et le risque d’assommer les lecteurs avec. Par exemple, lors de la tirade de l’Ange sur les origines du Multivers, l’auteur insère des vannes visant à mettre en abîme le risque de perdre son auditoire avec ce genre de procédé.

Si l’on ne peut pas résolument classer cette série comme parodique, on ne peut pas non plus s’empêcher de déceler un certain degré de pastiche, comme dans les interludes récitant des psaumes de YINSUN. Ces textes, absurdes sur la forme, se révèlent grandement subversifs sur le fond, ne sont ni plus ni moins qu’un middle finger à tous les grands courants religieux et textes sacrés.

Petite touche toute personnelle, j’ai apprécié la représentation faite des anges, du moins dans leur apparence véritable, qui fait référence directement à leur description dans l’Ancien Testament. Le reste des dessins, s’ils peuvent souvent traduire la créativité débridée de Parkinson-Morgan, frisent parfois avec l’amateurisme, ou du moins dans ce qui peut souvent se voir dans certaines BD semi-pro.

Le tout conviendra certainement aux amateurs d’univers violents et déjantés, voire WTF. Attention toutefois au prix, qui peut être considéré comme prohibitif étant donné le format.

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La Cité sans nom #1: Menace sur l’empire Dao

Premier tome de 226 pages, écrit et dessiné par Faith Erin Hicks. Parution en France le 26/04/2017 aux éditions Rue de Sèvres.

Ma cité va couaquer

Le jeune Kaidu débarque dans la Cité aux mille noms, ou plutôt la Cité sans nom, baptisée ainsi en raison des nombreuses conquêtes dont elle a fait l’objet au cours des siècles. En effet, chaque conquérant a eu pour usage de lui donner son propre nom, si bien que la Cité et ses habitants ont fini par en oublier la dénomination originelle.

Kaidu fait partie du peuple Dao, régisseur actuel de la Cité. Empire autoritaire et martial, qui impose par la force sa vision d’un monde « cosmopolite », les Dao ne sont guère appréciés par les différentes peuplades qui composent la Cité. Kai y vient pour compléter son entraînement, mais aussi pour faire la connaissance de son père, qui vit dans la Cité depuis des années et espère trouver un équilibre entre Daos et habitants de la Cité.

Très vite, Kai se fait des ennemis parmi ses camarades de régiment, peu enclins à accepter dans leurs rangs ce jeune garçon doux et rêveur, qui n’a que faire des duels à l’épée et des Mawashi-geri. En explorant la ville, Kai fait la connaissance de Rate, une autochtone orpheline qui survit comme elle peut dans les rues. A la fois surpris et fasciné par l’agilité de la jeune fille, qui vole littéralement de toit en toit, Kai demande à Rate de l’initier à l’art du déplacement, en échange des victuailles dont elle manque cruellement. C’est le début d’une amitié qui aura des répercussions sur l’avenir même de la Cité.

Faith Erin Hicks est une artiste complète , qui a débuté sa carrière grâce aux webcomics, avant de réaliser des travaux chez Marvel et DC. Avec la Cité Sans Nom, elle renoue avec ses première amours en livrant un récit débridé dans un univers mêlant diverses architectures extrêmes orientales. Notre duo de protagonistes, Kai et Rate, fonctionnent sur la mécanique habituelle des « ennemis jurés », qui sont initialement défiants l’un envers l’autre pour ensuite apprendre à se découvrir et enfin apprécier leurs différences et devenir inséparables.

Cela n’a certes rien de surprenant mais conserve le mérite d’être efficace. Tout en introduisant peu à peu un contexte politique tendu et réaliste (une cité que se disputent plusieurs civilisations au cours des siècles, avec une dynamique oppresseurs/opprimés, ça ne rappelle rien à personne ?), l’auteur noue en parallèle sa relation amicale entre Kai et Rate, pour ensuite faire converger ces deux lignes narratives lors du troisième acte, montrant ainsi une maîtrise des codes narratifs et du storytelling.

Comme une majorité des dessinateurs issus du monde de l’animation, Faith Erin Hicks porte beaucoup d’attention au design des personnages ainsi qu’à leurs expressions. Les décors, pourtant grandioses, paraissent parfois un cran en dessous, alors que la Cité est en elle-même une part intégrante de l’histoire. Ceci est heureusement rattrapé par une magnifique mise en couleurs (signée Jordie Bellaire). Ce premier tome d’une trilogie est un excellent point d’entrée pour les amateurs d’univers asiatiques et les histoires traitant de tolérance en temps de guerre, d’amitiés et de passage à l’âge adulte.

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Carthago #13 : Abzu est notre seul dieu

La BD!

Treizième tome de 52 pages de la série écrite par Christophe Bec et dessinée par Ennio Bufi. Parution chez les Humanos le 03/11/2021.

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Merci aux Humanos pour leur fidélité.

We’re gonna need a bigger world

Après s’être accordé le temps nécessaire à un flashback (tomes 11 et 12), Carthago revient à ses moutons, ou plutôt à ses requins-géants-dévoreurs-de-moutons. Dans le tome 10, nous assistions à un contact historique entre l’Humanité et une race surnommée les Tritons Antiques, espèce intelligente qui a colonisé le plancher océanique.

Recyclant le ressort dramatique d’une autre de ses séries SF, Christophe Bec avait placé sur l’univers de Carthago un compte à rebours mortel, sous la forme d’une explosion nucléaire sous-marine, à même de provoquer la fin du monde. Grâce à la coopération entre les humains et les tritons, l’apocalypse sismo-nucléaire était évitée de peu. Lou Melville, protagoniste de ce nouveau cycle de la série, découvrait ainsi ses origines et embrassait son héritage en restant avec les tritons pour veiller sur les Mégalodons.

Le tome 13 opère une certaine ellipse et nous emmène dans un monde ravagé par des explosions nucléaires, ce qui rend caducs les exploits du tome 10. Lou, craignant pour le bien-être des Mégalodons prisonniers, plaide leur cause auprès des tritons, qui acceptent de les relâcher dans la nature, en donnant pour consigne à Lou, qui peut communiquer télépathiquement avec eux, de ne pas les approcher de la surface de l’océan.

Les choses ne se passent évidemment pas comme prévu et Lou se retrouve échouée à la surface. Recueillie in extremis, elle se réveille sur une plateforme pétrolière désaffectée, occupée aujourd’hui par des moines qui en ont fait un monastère flottant afin de fuir les pillards qui écument le continent. Remise de sa convalescence, Lou s’acclimate et reprend des forces, mais ne peut s’empêcher de s’interroger sur ce lieu singulier, où règne une ambiance pesante, sans parler des allées et venues nocturnes de certains moines.

Les blues des abysses

Certaines tendances ont la vie dure, ce tome de 13 de Carthago ne fait pas exception. Encore une fois, Christophe Bec, se reposant sur un concept attractif, délaye son propos en faisant en deux tomes ce qui aurait pu tenir en un seul. Certes, il tisse des intrigues secondaires (le sous-marin, le retour du Centenaire des Carpates) qui porteront leurs fruits plus tard, mais l’action présente s’en trouve amoindrie, et peut malheureusement se résumer en quelques mots (Lou échoue sur une plateforme occupée par des moines dont certains se sont mis à vénérer les Mégalodons), ce qui donne la sensation de beaucoup d’images pour au final peu d’action.

Si l’on considère ce diptyque du Bagarreur comme une histoire en soi, auto contenue, alors ses trois actes seraient répartis entre les deux tomes. Or, ce premier tome fait office au mieux de premier acte, ce qui risque de déboucher sur un déséquilibre, qui aurait pu être évité en condensant et le scénario et le découpage, dont on ne saurait dire s’il est cinématique ou dilatoire.

Graphiquement, la qualité est toujours présente grâce à Ennio Bufi, qui s’est désormais imposé comme identité graphique de la série. De plus, il nous gratifie d’une sublime couverture, à mi-chemin entre King Kong et l’Appel de Cthullu.

Carthago se relance donc sur de nouveaux rails mais risque de perdre des lecteurs en cours de route, la faute à un scénario dilué et un rythme morne.

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Jonna

Premier tome de la série écrite par Chris et Laura Samnee et dessinée par Chris Samnee. Parution en France aux éditions 404 le 09/09/2021.

Plus dure sera leur chute

L’un des grands défauts de l’Homme est de se persuader que la Terre lui appartient. C’est faux, elle appartient à ceux qui auront la force de s’en emparer, et Homo Sapiens ne sera pas toujours sur la première marche du podium. La jeune Rainbow en a eu la preuve tout récemment, lorsque d’immense créatures ont surgi des entrailles de la terre pour tout piétiner sur leur passage.

Prise dans les tremblements de terre et les glissements de terrain, Rainbow a perdu sa sœur Jonna ce jour-là. Sauvage, taciturne et intrépide, la petite Jonna s’est évaporée lorsque les monstres ont surgi, mais un an après, Rainbow a encore l’espoir de la retrouver saine et sauve. Aussi, elle parcourt les terres désolées à la recherche de Jonna, jusqu’à effectivement tomber presque par hasard sur la petite, qui depuis une année entière, s’est débrouillée entièrement seule pour survivre…

Comment renouer avec elle ? Comment la convaincre de rejoindre la civilisation alors qu’elle semble épanouie dans ce nouveau monde ? C’est tout le questionnement que Rainbow traversera durant l’album, alors que les deux sœurs seront pourchassées par les monstres et rejoindront un groupe de survivants qui fait route vers un camp protégé.

Après un passage remarqué chez Marvel, Chris Samnee joint ses ressources créatives à celles de son épouse pour mettre sur pied un univers post apocalyptique bigarré et attractif, à mi-chemin entre le Kamandi de Jack Kirby et les films de Kaijus nippons. Visuellement, c’est peu de dire que l’album est une réussite. Loin du style réaliste qu’auraient privilégié d’autres auteurs dans le genre foisonnant du post-apo, Chris Samnee arrondit les traits, il élargit ses perspectives pour donner toute la mesure et le gigantisme de ses monstres.

L’écriture n’est pas en reste puisqu’on retrouve des protagonistes attachantes, tirées du fameux duo archétype Rouge/Bleu: le rouge est dynamique, extraverti, le bleu plus mesuré, plus réservé: on pense par exemple à Bagheera/Baloo (Le Livre de la Jungle), Frozone/Mr Indestructible (Les Indestructibles, Woody/Buzz l’Éclair (Toy Story), Marty McFly/Doc Brown (Retour vers le futur), Tyler Durden/Le Narrateur (Fight Club), Hellboy/Abde Sapiens (Hellboy), Riggs/Murtaugh (L’arme fatale), Captain America/Iron Man (Avengers), Batman/Superman, etc…

Jonna tient quant à elle du héros naïf et puissant, comme San Goku ou Gon Freecs, faisant de cette BD un savant mélange de plusieurs influences. En revanche, on se doit de souligner que cet album se lit très vite, ce qui, conjugué à sa qualité, pourrait laisser beaucoup de lecteurs sur leur faim. En effet, l’univers de Jonna n’est ici qu’esquissé, sans que les auteurs ne s’attardent sur les éléments de background. Ce n’est pas un point négatif, car après tout, le lore se doit d’être secondaire par rapport aux personnages et aux enjeux. Mais il reste à espérer que le reste de la série saura approfondir des bases qui semblent déjà solides.

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Wynd #1: L’envol du Prince

Premier tome en 260 pages d’une trilogie écrite par James Tynion IV et dessinée par Michael Dialynas. Parution le 20/08/2021 aux éditions Urban Comics, collection Kids.

Un vent de changement

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Wynd pourrait être un adolescent classique, s’il ne vivait pas à Tubeville, une enclave qui isole le dernier royaume humain d’un monde empli de créatures magiques malfaisantes et difformes. Recueilli très jeune par Madame Molly et sa fille Olyve, Wynd donne un coup de main au Noir de Jet, l’échoppe tenue par Molly, et profite de la moindre accalmie en cuisine pour s’éclipser sur les toits, et observer de loin les jardins royaux, car il n’est pas indifférent au charme de Ronsse, l’apprenti jardinier.

Cependant, Wynd cache un secret qui lui gâche la vie: ses oreilles pointues, signe qu’il appartient aux Sang-Blet, réceptacles d’une magie corruptrice dont les humains doivent s’éloigner à tout prix. Le jeune garçon doit donc dissimuler sa nature véritable à tout moment, sous peine d’être traqué et tué par les soldats du Roi, dont le plus redoutable est celui que l’on nomme l’Écorché, dont l’efficacité notoire a causé la mort de nombreux sang-blet qui tentaient de trouver une vie normale dans l’enceinte de Tubeville.

De son côté, Ronsse, l’apprenti jardinier, rend visite à son ami d’enfance le prince Yorik, qui va devoir très bientôt devoir reprendre les rênes du royaume et perpétuer les Lois du Sang et l’épuration ethnique qui en constituent la base. Mais un complot se trame pour l’accession au trône, et Yorik n’est plus en sécurité. Yorik, Ronsse, Wynd et Olyve vont se retrouver embarqués dans une quête effrénée pour quitter Tubeville devenue inhospitalière, afin de rallier Norport.

Remarqué pour son passage sur Batman et Justice League, James Tynion IV livre une œuvre plus personnelle et nous introduit à un univers original empruntant à la fantasy. Dès les premiers chapitres, l’auteur parvient à mettre en lumière un protagoniste attachant et un casting cohérent qui fonctionne parfaitement sur l’ensemble de l’album, et promet même une épopée enrichissante sur les deux autres tiers de la trilogie.

L’album sait prendre son temps pour nous familiariser avec ses héros, les enjeux et les règles de son univers, et faisant preuve d’une étonnante maturité dans ses dialogues et dans le traitement de la psychologie des personnages.

Avec subtilité et sans forceps, le scénariste imprègne son histoire de la thématique essentielle de l’acceptation de soi, mais aussi de celle de la quête d’identité. Les univers fantasy sont souvent le terrain propice à la parabole sur le racisme, et Wynd en fait ici les frais, ce qui donne une profondeur supplémentaire à cette série qui montre déjà de grandes qualités d’écriture.

Michael Dialynas nous emmène dans des décors parfois intimistes, parfois grandioses, avec des paysages urbains mais aussi une nature sauvage et indomptée, empli de créatures bigarrées, qui peuvent se révéler majestueuses, effrayantes ou attendrissantes.

Wynd est donc une sacré bonne surprise, le seul point négatif, et il n’est toutefois pas des moindres, c’est qu’il va falloir attendre la suite !!

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Les Éternels: Seule la Mort est éternelle

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Recueil comprenant les premiers numéros de la série Marvel The Eternals (2021) écrite par Kieron Gillen et dessinée par Esad Ribic. Parution en France chez Panini le 03/11/2021.

Mytho-logique

En sus de la réédition des Éternels par Neil Gaiman puis des Éternels par les frères Knauf, Panini s’empresse de battre le geek tant qu’il est hype en publiant la récente mouture des Éternels par Gillen, qui sort concomitamment avec le film du même nom.

Chronologiquement, la dernière fois que les Éternels ont été vus, c’était dans la série Avengers par Jason Aaron, qui les avait sacrifiés sans ménagement sur l’autel de son run grandiloquent (mais efficace). En effet, après un million d’années passés à servir religieusement les dieux de l’espace et leur impénétrable dessein, les Éternels ont découvert que leur sacerdoce n’était qu’une farce, qu’ils ne protégeaient en réalité aucun équilibre cosmique immanent, mais qu’ils avaient été crées dans le seul but d’aider les Célestes à lutter contre leur ennemi naturel, La Horde. Cette révélation a rendu fou les homo immortalis, qui se sont retournés les uns contre les autres avant de mettre fin à leurs jours.

Ressusciter ? C’est comme se réveiller un lendemain de cuite.

Hélas ! Si l’immortalité peut être vue comme un don extraordinaire, elle peut en revanche se transformer en malédiction pour celui ou celle qui souhaiterait en finir avec une existence aussi longue que vide de sens. Car le propre des Éternels, c’est d’être ressuscité après chaque mort brutale, par une Machine d’une infinie complexité, qui se révèle être ni plus ni moins que la personnification de la Terre.

Voici donc nos immortels revenus une énième fois d’entre les morts, avec pour certains un changement radical d’apparence ou de genre (afin de matcher avec leurs homologues cinématographiques). Pour la plupart, le choc des dernières révélations fut aisé à digérer, pour d’autres, la Machine a du procéder à une réécriture mémorielle afin de corriger les éventuelles dissonances cognitives.

C’est alors que l’impensable se produit: Zuras, le chef suprême, le Premier Éternel, est sauvagement assassiné, par quelqu’un qui fait nécessairement partie de la maison puisqu’il emprunte le réseau de téléportation des Éternels. Ikaris et Sprite, fraîchement ressuscités, vont se lancer dans une course contre la montre pour trouver le coupable, alors même que la toute-puissante Machine dysfonctionne, rendant inopérante toute tentative de résurrection…

Les yeux dans les dieux

Le coupable est vite trouvé par notre héros: Thanos, le Titan fou, qui dans les comics est un parent proche des Éternels, issu de Titan, la lune de Saturne. Cette force de la Nature, maniaque génocidaire (voire omnicidaire, si vous me passez le néologisme) que même la Mort a rejeté, s’en prend aux immortels qui pour la première fois, font l’expérience de la mortalité. Que peut-il bien arriver de pire ?

Après la lecture des trois séries successives consacrées aux Éternels ces dernières années, on s’aperçoit de la forte empreinte biblique que présentent les personnages de Jack Kirby. En effet, ils peuvent être perçus comme des Anges, ces êtres créés de la main de Dieu pour veiller sur le monde. Initialement sans défaut, les Anges vont être progressivement influencés, voire infectés, par l’Humanité, au point pour certains, de se rebeller contre leur créateur. Dans la Bible, on peut citer sans hésitation Lucifer, qui dans un acte d’orgueilleuse rébellion va devenir le symbole du Mal. Chez les Éternels, on peut dresser un parallèle avec L’Oublié, ou encore Druig. Ikaris, lui, ferait plutôt officie d’Archange comme Gabriel ou Michael, dont la vertu ne sera jamais ternie dans les textes sacrés. Le parallèle est d’autant plus frappant qu’Ikaris rappelle par son nom un personnage ailé…

Concernant la série de Gillen, on peut ici parler de soft reboot, car si l’essentiel est là, l’auteur introduit tout de même de nouveaux concepts et de nouveaux personnages, qui sont détaillés au travers de diagrammes rappelant, ou pastichant, allez savoir, ceux qu’aime faire Jonathan Hickman dans plusieurs de ses séries. On y apprend donc davantage sur la Machine, mais également sur les mœurs et les systèmes politiques qui ont régi la vie des Éternels durant un million d’années.

Le ton adopté par Gillen est souvent ironique, second voie troisième degré, que ce soit dans les dialogues ou dans la narration pas si omnisciente de la Machine. Attention, certains lecteurs pourraient trouver que l’auteur en fait trop, peut être au détriment de l’implication du lecteur dans les enjeux de l’histoire.

Les lecteurs de plus longue date pourront dénicher un petit recyclage d’idée de la part de l’auteur, qui fait du personnage de Sprite une sorte d’écho de Kid Loki, jusque dans sa relation avec Ikaris, qui nous rappelle bien évidemment le tandem Thor/Kid Loki.

Toujours est-il que le scénariste sait où chercher les moteurs de l’histoire, il faut lui reconnaître ça. Des personnages immortels qui ressuscitent inévitablement après chaque mort ? Privez-leur de cet item narratif pour obtenir un enjeux plus élevé. Des croyances infaillibles qui ont récemment été réduites à néant ? Accentuez-en l’impact en ajoutant de nouvelles révélations choc qui ébranleront encore davantage les personnages. Bref, la série de ne manque pas d’enjeu ni de qualité, surtout si l’on ajoute les dessins d’Esad Ribic, qui fait encore un travail dantesque (mais qui loupe encore quelques visages çà et là).

BD

Goldorak

La BD!

Histoire complète en 136 pages, suivies de 28 pages de cahier graphique. Xavier Dorison et Denis Bajram à l’écriture, Brice Cossu, Denis Bajram et Alexis Sentenac au dessin, Yoann Guillo à la couleur. Parution le 15/10/2021 aux éditions Kana.

Goldorak Go !

La Pop Culture est un monstre. Une entité protéiforme, composée de personnages et d’œuvres diverses, qui ont toutes en commun l’empreinte laissée dans les esprits de millions de spectateurs. Goldorak est l’une des nombreuses têtes de cette hydre vidéoludique, un précurseur du genre pléthorique du Mecha qui fait encore aujourd’hui, 43 ans après sa création, l’objet d’un culte inextinguible.

Xavier Dorison, Denis Bajram, Alexis Sentenac, Brice Cossu et Yoann Guillo font partie de ceux-là, les jeunes enfants marqués très tôt par la silhouette cyclopéenne du robot de l’espace et qui ont, bien des années plus tard, continué à y rêver. En tant qu’auteurs, cette dream team de la BD française est parvenue à convaincre le créateur du personnage, Go Nagai, de leur permettre de proposer leur version toute personnelle.

Toute personnelle, pas nécessairement, puisque la crainte, pour un auteur qui s’attaque à un tel monument de la pop culture, de s’émanciper du mythe originel, doit être grande, paralysante, même. Le défi consiste donc ici à livrer un opus de qualité, pertinent, qui vient puiser dans le vivier de l’œuvre originale sans nécessairement le singer maladroitement. Nos ambitieux démiurges bédéphiles ont-ils su remplir cet exigeant cahier des charges ?

Goldorak returns

Pour cette résurgence du robot cornu et de son célèbre pilote, les auteurs ont opté non pas pour un remake, mais pour une suite directe de la série animée. Des années après la défaite de Véga, le prince Actarus, qui de réfugié s’était érigé en défenseur de la Terre, est retourné sur sa planète d’origine, accompagné de sa sœur Phénicia, espérant pouvoir y sauvegarder un semblant de civilisation après les ravages causés par Véga.

Les années se sont écoulées de façon relativement paisibles, pour les terriens et notamment les anciens camarades d’Actarus: le professeur Procyon, père putatif d’Actarus, sa fille Vénusia, le pilote bravache Alcor, puis les joyeux drilles Mizar et Rigel. En l’absence de menace à combattre, chacun a déposé les armes et continué sa vie, soit en devenant médecin (Venusia) ou inventeur milliardaire (Alcor).

Mais le Grand Stratéguerre Véga n’était pas la seule menace venue des étoiles. Les derniers représentants de la planète Stykades, eux aussi privés de leur planète, n’ont désormais plus le choix. Là où la conquête de la Terre relevait davantage du caprice machiavélique pour Véga, c’est désormais une urgence vitale qui meut ses dernières ouailles, qui entendent bien profiter de l’absence de Goldorak pour faire plier les forces terriennes. Où est passé Actarus ? La paix qu’il cherchait sur sa planète aura-t-elle eu raison de sa force et de sa rage de vaincre ?

Le première chose que l’on peut dire à propos de ce Goldorak, c’est que le défi est relevé. Usant du thème devenu classique du « retour du héros », les auteurs débutent leur album par une ambiance crépusculaire pleine d’amertume, avant d’offrir des combats et scènes d’action dignes de l’anime. Dorison et Bajram n’oublient pas d’implémenter une réflexion sur les affres de la guerre et ses conséquences, sans toutefois délaisser le manichéisme et la naïveté du propos initial de l’œuvre. Non pas que Goldorak mérite un traitement « plus mature » ou une relecture plus sombre, mais il aurait peut-être été possible d’introduire un dilemme plus poignant et plus couteux encore pour le héros.

Le point qui paraît le plus perfectible à la première lecture est celui des dialogues, qui auraient gagné à être plus fluides. Sans être catastrophiques pour autant, ils donnent l’impression d’avoir été écrits hâtivement, et conservent, malgré les relectures multiples que l’on peut leur supposer, quelques maladresses.

Graphiquement, en revanche, ce french touch Goldorak est très abouti, et démontre les talents conjoints de pas moins de trois dessinateurs, rien que ça. Les scènes d’action sont lisibles, fluides et dynamiques, tandis que les personnages, bien campés et très reconnaissables, bénéficient toujours d’un cadrage et d’une mise en couleur superbes.

Pari tenu pour nos auteurs français, qui ont su démontrer leur savoir faire sur l’un des titans de la pop culture.