**·Manga·Nouveau !·Service Presse

Cautious Hero, #1- 2

Série en cours avec Tuchichi Light au scénario, Koyuki au dessin. Les deux premiers tomes paraissent en France le 09/09/2020 aux éditions Doki-Doki (même niveau de publication au japon).

bsic journalism Merci aux éditions Doki-Doki pour cette découverte.

Prudence est mère de sureté

Le domaine unifié des dieux s’est donné une mission, d’importance capitale: sauver autant de mondes que possible à travers le cosmos. Les joies de la bureaucratie étant ce qu’elles sont, les mondes en détresse sont classifiés, selon la difficulté rencontrée pour les sauver.

La déesse Ristarte, relativement jeune, n’a pas un tableau de chasse mirobolant à son actif. Et pourtant, elle va se voir confier le sauvetage de Geanburande, une mission labélisée D, le plus haut niveau de difficulté !

Pour l’aider dans sa mission, chaque divinité peut invoquer un héros, choisi au hasard parmi l’ensemble des mondes. Alors qu’elle browse les dossiers des potentiels candidats, Ristarte découvre le profil de Seiya Ryûgûin, dont les statistiques défient toute proportion. La jeune déesse en est persuadée, Seiya est un héros comme on n’en trouve qu’un sur des millions. Persuadée par cette aubaine, Ristarte invoque aussitôt le jeune homme.

Toutefois, elle s’est peut-être emballée un peu vite. Seiya a un potentiel sans limite, certes, mais il est si prudent que son attitude vire presque à la paranoïa. Questionnant tout ce que la déesse lui fait découvrir, il se révèle être moins un atout imparable qu’un formidable boulet pour l’impétueuse Ristarte. Quand les choses se gâteront sur Geanburande, Seiya sera-t-il à la hauteur de ses fantastiques talents ?

Le Magicien Dose (et ose)

Pour cette nouvelle entrée dans le genre Isekai, l’auteur est parti sur un postulat intéressant: Et si un héros pouvant tout, n’osait rien ? Bien souvent, les histoires de Fantasy classiques n’ont qu’un questionnement dramatique: le héros aura-t-il la force de triompher de son adversaire ? Ici, la réponse, en théorie du moins, est claire: oui, Seiya peut sauver Geanburande. La véritable interrogation est de savoir si son défaut, la prudence excessive, le lui permettra.

Durant les premiers chapitres, l’auteur joue avec ce paradigme autant qu’avec les nerfs de sa protagoniste Ristarte, qui désespère de voir son champion passer à l’action. Il est assez amusant de voir comment Seiya prépare et anticipe chaque combat, chaque situation, et de voir comment un être sensé s’engagerait dans une quête de cette ampleur.

Le souci qui se présente assez vite, c’est que ce qui est sensé être un défaut venant compenser un statut quasi-divin finit par s’effacer. J’entends par là que ce qui, dans nos attentes de lecteurs, devrait entraver Seiya dans sa mission et le forcer à changer, s’avère finalement être son grand atout puisque c’est justement cela qui le tire de mauvais pas éventuels. D’excessivement prudent, il en devient excessivement préparé, ce qui, en fait, lui donne l’avantage sur tous les antagonistes, dont on s’aperçoit de façon systématiques qu’il a anticipé tous les coups bas, prévoyant en conséquence.

Pour faire une comparaison avec les comics, c’est comme si on décidait finalement que la kryptonite ne tuait pas Superman, mais qu’elle ne lui allait tout simplement pas au teint.

Ce ressort dramatique manqué donne à Seiya des allures de Mary Sue, le distanciant ainsi du potentiel sympathie des lecteurs. Il n’en demeure pas moins que Cautious Hero est une série au démarrage dynamique, empruntant aux codes des univers Fantasy mais plus particulièrement aux RPG. On attend encore l’écueil qui forcera Seiya à prendre des risques, peut-être dans le tome 3 ?

***·BD

Lastman #4-6

La BD!
BD de Balak, Vivès, Sanlaville
Casterman (2013-2019), env. 200p./vol., série finie en 12 volumes.
Un album préquelle Lastman Stories est paru en 2018.

Adrian et sa mère débarquent à Paxtown, cité du vice et de la Mafia. Le maître des lieux, Milo Zotis, y organise la Fight Fist Funeral Cup, le plus grand tournoi de combat libre… dont Richard Aldana était le grand champion! Aucunement impressionnée la jeune maman décide de s’inscrire avec Adrian…

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mediathequeCes trois albums marquent la fin du premier cycle des aventures de Mariane, Adrian et Richard… et l’on peut dire que les auteurs nous baladent brutalement d’un environnement à un autre avec le plaisir assumé de la série Z et des nanar de vidéoclubs des années quatre-vingt! Depuis les mésaventures des exilés de la vallée des rois à Nillipoli on sait que Lastman Lastman tome 5 - BDfugue.comva aller vers des aventures urbaines. Si ce monde ressemble au nôtre (ou plutôt à sa version viciée qui rappelle fortement une certaine Sin City…) rapidement les pouvoirs des arts martiaux de la Vallée interviennent et des êtres aux pouvoirs phénoménaux semblent décidés à venir à bout d’Aldana. Fantastique et polar mafieux se côtoient sans que les auteurs ne cherchent à donner une quelconque cohérence à l’ensemble. Ce qui fait le sel de Lastman c’est la liberté créative absolue, l’envie de se faire plaisir (Sanlaville a montré dans toute sa bibliographie combien il était amoureux des nanar). A Paxtown les filles sont des bimbo aux seins ENORMES, les gars des truands vicieux au look vaguement homo ou des golgoth sortis de Ken le survivant. Une nouvelle drogue fait des ravages et Adrian n’en finit plus d’assumer son statut d’anti-héros. Ce personnage présenté comme le cœur de la série s’avère d’ailleurs au final un peu décevant de passivité. A force de se faire défoncer par tous ses adversaires et bien peu doté en stratégie, il surnage surtout par ses répliques pas fines mais hautement sympathique (pour peu que l’on ait accroché avec l’esprit de l’œuvre). Du coup avec la quasi disparition de la mère et de son fils sur les volumes cinq et six on est un peu en manque de focus, les auteurs ne semblant soit pas se préoccuper de cela, soit trop hésiter devant leur galerie de joujoux, entre un super-flic mystérieux, le tout aussi cryptique Cristo Canyon vu au début de la série ou la gonflée Tomie Katana au nom d’actrice porno et destinée à courir partout comme toute bonne bimbo de film d’horreur qui se respecte…Lastman on Twitter: "Cristo Canyon - Lastman, tome 6 https://t.co ...Puisqu’il ne faut pas en demander trop à un scénario assumé comme de série Z, la puissance de cette série réside donc bien dans ses planches qui ne finissent pas de surprendre de simplicité et d’efficacité cinématographique. Le découpage est magistral, le mouvement est dans chaque case et l’on a clairement le sentiment d’avoir affaire à la mise en album d’un long métrage d’animation (tiens donc, les trois auteurs ne viendraient-ils pas de ce secteur créatif?…). Faute d’avoir la BO comprise dans les albums, je ne saurais Lastman : déjà plus de 800 pages d'aventure ! - ActuaBDque vous conseiller de lire Lastman avec une musique pas fine en fonds sonore. Une petite suggestion des auteurs? Bien entendu ce style n’est pas pour tous les goûts et même si vous vous faites à ces dessins à la très grande technique redoutablement camouflée il est impératif de goûter aux films de Schwarzenegger, à MadMax et à Dirty Harry pour bien apprécier la série. Attention, si les auteurs se font un plaisir coupable, dès que les planches reviennent à la Vallée des rois l’intrigue prends une épaisseur soudaine qui nous emmènera vers un second arc/saison introduit par un des Cliffhanger les plus gonflés que j’ai pu lire. Empli d’une générosité foutraque, débordant par moment de n’importe quoi à force d’aimer les films débiles, Lastman est une BD de garçons qui ne s’excusent pas d’aimer les nichons, les muscles et les explosions. Avec une attaque de la base étonnamment feignante et vaguement ennuyeuse, on se dit qu’on s’arrêtera là… avant d’être repris par l’addiction sur la dernière partie du tome six. Et la très grosse envie d’aller regarder l’animé sur Netflix en attendant de lire la suite…

***·BD·Jeunesse·Nouveau !·Numérique

Le Roi Singe 3: La disgrâce de Wukong

La BD!

Troisième tome de 86 pages d’une tétralogie, écrite et dessinée par Chaiko. Parution le 15/07/20 aux éditions Paquet.

Road Trip Simiesque

badge numeriqueLe deuxième tome à peine sorti, nous voici catapultés dans la suite des aventures de Sun Wunkong, alias le Grand Saint Égal au Ciel, alias le Roi Singe. Après s’être frotté aux immortels du Royaume Céleste et en avoir tiré une amère leçon d’humilité, le prodigieux combattant simiesque a pris la route avec un moine en quête des Soutras qui l’aideront à atteindre l’illumination.

Sur leur route, le jeune moine et le singe facétieux ont rencontré bien des obstacles et des péripéties, qui ne constituaient en fait que les prémisses de leur voyage.

Équipée fantastique

Durant leurs pérégrinations, le moine et le Roi Singe ont accueilli parmi eux un nouveau venu, Bajie, créature porcine anthropomorphe dont la bonhommie va contraster avec l’impétuosité de notre héros Wukong.

La suite des aventures du Roi Singe reste dans le même esprit que les deux précédents tomes, avec des obstacles dressés sur la route des protagonistes de façon plutôt linéaire. Ici, Sun Wukong devra mettre à l’épreuve sa faculté à collaborer, lui qui est habitué depuis si longtemps à faire cavalier seul, pendant que les créatures du Royaume Céleste continuent de comploter contre lui.

Le graphisme de Chaiko est clairement le point fort de cette série. Son excellent trait donne des personnages très expressifs et aux mouvements dynamiques, empruntant juste ce qu’il faut aux codes du manga. La mise en couleur est subtile et participe à la cohérence graphique de l’ensemble.

Une épopée au scénario un tant soit peu linéaire mais dont le graphisme sublime la qualité !

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L’Ange d’Yeu tome 1: Anges et Démons

La BD!

Premier tome de 46 planches de la série écrite par Pascal Davoz et dessinée Nicolas Bègue. Parution le 17/06/20 aux éditions Paquet.

Il était un petit navire

badge numeriqueEn 1936, Ange est un pêcheur expérimenté, qui a dédié sa vie à la mer. Il ne fait qu’un avec son bateau, hérité de son père, l’Ange d’Yeu, baptisé d’après l’île natale du sardinier. Ange aime tant son bateau qu’il fait pour ainsi dire partie de lui, et ferait presque de l’ombre à Agathe, son épouse, et à leur tout jeune enfant.

Gaston, le postier, le sait bien et n’espère qu’une chose: détourner la belle Agathe de son mari afin d’accaparer ses faveurs. Pour cela, le rival est prêt à employer tous les stratagèmes possibles, même les plus perfides. Ange va devoir redoubler de prudence s’il ne veut pas tout perdre sur l’autel de la cupidité du sournois postier.

Toutefois, il n’y a pas que ça. Depuis quelques temps, Ange est hanté par d’étranges rêves, durant lesquels il se voit, à différentes époques, invariablement confronté à un choix: sauver son épouse ou son bateau, et systématiquement, Ange choisit son embarcation, que ce soit face aux romains, aux vikings, aux croisés ou aux royalistes.

Lorsque les conspirations de Gaston emmèneront Ange sur un navire de guerre, ce dernier devra échapper aux nazis s’il veut espérer revoir sa femme…et son bateau.

Triangle (amoureux) des bermudes

Pascal Davoz réussit à nous embarquer dans un récit mêlant mystères oniriques et intrigue amoureuse, le tout étant savamment dosé. Les séquences de rêves et les complots tramés par Gaston dans le présent alternent pour nous mener aux prémisses d’une plus grande aventure.

Quelle est l’origine de ses étranges rêves ? Sont-ils une forme de métempsychose ou un avertissement ? Une fois réellement confronté au choix, Ange choisira-t-il réellement son bateau ? Survivra-t-il à l’Odyssée qui se profile devant lui ?

Le deuxième tome de la série devrait nous éclairer encore davantage, ou qui sait, épaissir encore le mystère !

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Ronin Island #2

Jeunesse

Deuxième tome de 112 pages d’une série écrite par Greg Pak et dessinée par Giannis Milonogiannis. Parution en France le 19/06/2020 aux éditions Kinaye.

Blanche-Neige et les 47 Ronins

badge numeriqueLe premier tome de Ronin Island n’avait pas convaincu le père Blondin, de par une intrigue convenue et des graphismes sans touche particulière. Qu’en est-il de ce second tome ?

Hana et Kenichi ont grandi sur la même île, mais ils ne sont pas du même monde. Dans l’ère féodale du Japon, chacun ne survit que s’il sait rester à sa place, et le système de castes s’assure du respect de ce statu quo. Kenichi, fils d’un samouraï déchu, porte sur ses épaules le poids des traditions et de la gloire perdue de son clan. Hana, quant à elle, rêve d’un avenir meilleur que ce à quoi sa basse extraction semble la promettre.

Toutefois, sur l’île des Ronins, chacun peut faire la démonstration de sa valeur, et c’est ainsi que les deux jeunes gens ont pu suivre l’entraînement du même maître, Ito, qui a fait d’eux des combattants dévoués à la cause commune. L’isolement insulaire de cette petite communauté va cependant être rompu par l’incursion des soldats du Shogun, seigneur local qui envoie ses hommes réquisitionner tout ce qui peut l’être, pour l’aider dans la grande lutte contre les Byonins, démons invincibles qui ont dévasté le pays.

Kenichi, Hana et Ito vont donc être embarqués de force à la rescousse du Shogun, qui va s’avérer n’être qu’un lâche machiavélique et cruel. Nos héros vont donc devoir conspirer, à la manière des 47 Ronins de la légende, dans le but de se débarrasser de l’indigne seigneur et ainsi préserver leur île.

Roninera bien qui Roninera le dernier

Le problème, c’est qu’Hana et Kenichi ont chacun leur idée sur la meilleure façon de protéger les intérêts de l’Île. Parviendront-ils à repousser les Byonins tout en évitant le pire à leur communauté ?

Comme le soulignait Blondin, l’intrigue de Ronin Island promettait quelque chose d’intéressant, pour peu que l’on soit intéressé par les univers nippons et la culture des samouraïs. L’utilisation des créatures-qui-ne-sont-pas-techniquement-des-zombies nous ramène nécessairement aux poncifs liés à ce genre de récits, et à la lecture, on sent bien que Greg Pak, scénariste pourtant confirmé, a du mal à s’en départir.

L’intrigue tient néanmoins debout, même si quelques retournements de situations peuvent donner un sentiment d’inconstance chez les héros. Mais même cet aspect-là peut s’entendre, les héros étant jeunes et dans une situation qui les force à s’adapter sans cesse. A ce stade de l’intrigue, on distingue d’ailleurs assez bien les différences de point de vue entre les deux guerriers, et les causes qui expliquent ces façons de penser différentes.

Les créatures quant à elles, sont un exact miroir de celles que l’on peut trouver dans Green Class, la cause de la transformation étant ici clairement attribuée à un champignon. Les dessins de Giannis Milonogiannis lorgnent résolument, et de façon assez logique, du côté du manga, sans nécessairement taper dans l’appropriation culturelle.

Forte de ses deux tomes, la série Ronin Island reste une lecture agréable, prenante et engageante, dont on a hâte de découvrir la suite notamment grâce à des personnages attachants et en pleine construction.

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Carthago #11: Kane

La BD!

Onzième tome de la série et première partie d’un diptyque, écrit par Christophe Bec et dessiné par Ennio Buffi. 54 planches couleurs, parution le 17/06/2020 chez Les Humanoïdes Associés.

bsic journalismMerci aux Humanos pour leur confiance.

 

Fugitif Amphibie

La série Carthago nous a évoqué l’existence d’êtres hybrides, issus de croisements entre l’espèce humaine et celle des Tritons Antiques. Ces contacts inter-espèces se sont faits au cours des millénaires, et ont eu un coût exorbitant pour les êtres aquatiques, qui ont frôlé l’extinction et ont du se confiner dans les abysses, pour être ensuite oubliés du reste du monde.

Les hybrides sont donc le témoignage d’un autre temps, et la preuve que le monde recèle encore bien des mystères. Wolfang Feiersinger, surnommé le « Centenaire des Carpates », en sait davantage que le commun des mortels. Depuis des décennies, il utilise son immense fortune pour assouvir sa soif d’exploration, usant de moyens peu conventionnels pour enrichir sa collection cryptozoologique avec l’aide de London Donovan, un aventurier à sa solde pour de bien obscures raisons.

Alors que des forages sous-marins ont libéré des prédateurs antédiluviens qui essaiment les océans, le Centenaire sans scrupule a mis la main sur ce qu’il appelle des « spécimens », des êtes hybrides détenus captifs en vue d’être étudiés.

Parmi ces infortunés, se trouve le sujet Kane, qui n’est autre que le père de Lou Melville, protagoniste de l’intrigue principale ayant hérité de ses traits amphibiens. A cette époque, le jeune Kane n’a pas encore rencontré Kim Melville, qui deviendra plus tard la mère de son enfant. Épris de liberté, il enchaîne les évasions du centre de recherche où il est détenu contre son gré, et tente de rejoindre la mer pour échapper au joug du milliardaire et de ses sbires. Malgré ses efforts, il est systématiquement ramené au bercail, incapable de passer totalement inaperçu.

Cependant, le désir de liberté est plus fort que tout et Kane va tenter une ultime évasion. Parviendra-t-il à se soustraire à la féroce convoitise de Feiersinger ?

Le Prince des Mers

Après un dixième tome au travers duquel transparaissait un essoufflement certain de la série et de son intrigue, Christophe Bec s’offre une petite respiration par le truchement du flash-back, sur l’énigmatique père de Lou Melville.

Le personnage traqué nous est immédiatement sympathique, car sa différence en fait à la fois un marginal et une victime des travers humains, tout comme l’ont été ses ancêtres tritons. Ainsi, Kane n’est pas en mesure de rester en mer trop longtemps, mais n’est pas tout à fait à son aise sur terre non plus. Déchiré entre deux éléments, entre deux horizons contraires, il ne parvient pas à se projeter dans une vie normale ni à nouer des liens avec les autres, en tous cas pas avant sa rencontre prochaine avec Kim.

Ennio Buffi produit ici de très belles planches, avec une attention particulière portée aux décors et aux ambiances, ce qui renforce le sentiment que le dessinateur était en pilote automatique sur le dernier tome.

Ce onzième tome, exempt de révélations quant à l’intrigue principale, n’en redonne pas moins un air de fraîcheur à une série qui laissait craindre un enlisement.

****·BD·Jeunesse

Harald et le Trésor d’Ignir #2

Jeunesse

Second et dernier tome de la série écrite par Matthieu Brivet et dessinée par Antoine Brivet. 46 planches, parution le 08/01/2020 chez Bamboo Éditions.

La 13e guerrière

La vie n’est pas simple chez les Vikings. Entre les raids et les festins, ils doivent fréquemment repousser les cavaliers Magyars et se soustraire à toutes sortes de créatures magiques, en espérant conserver la faveur des dieux.

Harald en a fait la regrettable expérience, après avoir dérobé le joyau du trésor d’Ignir, redoutable dragon des mers dont le courroux n’a pas tardé à s’abattre sur son village. Pour récupérer son bien, Ignir a lancé sur le roi Dagmar, le père d’Harald, une sournoise malédiction qui le tue à petit feu.

Afin de le sauver et apaiser la colère du monstre, le jeune Viking va se lancer à la poursuite du joyau, dérobé par les brigands hongrois qui sillonnent les terres du Nord. Alors qu’Harald fait feu de tous bois en s’alliant avec une habile guerrière orientale pour retrouver le trésor perdu, la reine Silke, éplorée par la malédiction de son époux Dagmar, doit néanmoins protéger le trône de certaines convoitises.

Epic System

Matthieu Brivet utilise à bon escient le folklore et la mythologie nordiques pour créer un univers à la fois engageant, cohérent et varié. En effet, il joue la carte de la diversité en ajoutant à l’univers froid et rude des Vikings une touche subtile de différence et d’acceptation, sous la forme de l’envoûtante guerrière Sayaline, qui vient de la chaude cité Bagdad pour récupérer le joyau.

Ainsi dans ce second tome, alors que l’on pourrait s’attendre à un choc des civilisations, l’auteur nous surprend avec des regards bienveillants et curieux portés par chacun des protagonistes sur une culture qui leur est étrangère. Loin d’affliger l’œuvre d’une vision naïve, ce procédé nous rappelle que l’Humanité n’a finalement jamais prospéré que dans les échanges et la collaboration.

L’intrigue du diptyque reste donc bien ficelée, et sert très justement le dessin d’Antoine Brivet, qui donne corps à cet univers grâce à un trait assuré et lisible et des couleurs maîtrisées.

Une belle collaboration fraternelle que ce Harald et le Trésor d’Ignir, à lire sans hésitation !

****·BD·Jeunesse·Nouveau !

Voro #4: l’Armée de la Pierre de Feu

Jeunesse

Premier tome du second cycle de la série écrite et dessinée par Janne Kukkonen. 101 pages couleurs, parution le 29/01/2020 aux éditions Casterman.

Qui vole un œuf… vole le secret des trois rois.

Lilya n’est pas une jeune fille ordinaire. Orpheline, elle arpente les rues du royaume en usant de ses dons pour dépouiller les passants et ainsi faire son beurre. Lilya espère un jour intégrer la Guilde des Voleurs en accomplissant des missions de plus en plus périlleuses, mais les traditions de cet aréopage de vauriens lui mènent la vie dure.

En effet, difficile pour les voleurs aguerris de prendre au sérieux cette petite canaille au caractère revêche. Seul Seamus, son mentor, croit en elle et en son potentiel de voleuse. Un jour, lasse de ne se voir confier que des tâches subalternes, Lilya décide de prendre les choses en main, et dérobe un parchemin de mission au maître de guilde, persuadée que ses exploits, en plus de lui obtenir l’absolution pour sa transgression, lui vaudront l’admiration de ses pairs.

La jeune voleuse s’en va donc perpétrer un vol dans une riche demeure, et violera au passage l’une des règles fondamentales de la Guilde: ne jamais dépouiller les morts. Cette faute va la mettre en porte-à-faux avec les voleurs, et permettra au Jarl Enard, le gouverneur de la région, de jeter sur elle son dévolu.

Piégée par le seigneur, qui tient Seamus en otage, Lilya va devoir mener trois missions périlleuses afin de retrouver trois mystérieuses clefs, sensées ouvrir la porte d’un immense coffre enfoui sous le château du Jarl. Ce qu’elle ignore, c’est que la Tribu du Feu, peuplade païenne crainte de tous les seigneurs, convoite aussi ce trésor, mais pour des raisons bien plus obscures…

 

Un nouveau départ

Durant le premier cycle, Lilya parviendra à trouver les clefs au cours de nombreuses péripéties mais n’échappera pas au courroux de la Tribu du Feu. La Guilde des Voleurs qu’elle aspirait si ardemment à intégrer sera détruite, forçant l’héroïne et son père putatif à prendre la clef des champs afin de se refaire une vie dans la capitale du royaume, au sein d’une nouvelle guilde.

Alors qu’elle prépare sa nouvelle carrière, Lilya ne se doute pas qu’elle a aidé la Tribu à atteindre son objectif, celui de ressusciter leur divinité, Ithiel. De nouveau vénéré par ses adorateurs, Ithiel prépare son grand retour, tandis que Lilya se voit confier une nouvelle mission durant laquelle elle entend bien démontrer tous ses talents.

Après un premier cycle rafraîchissant, dans lequel la Fantasy pure et dure ne faisait son entrée que tardivement, ce nouveau tome de Voro nous décrit le nouveau statu quo dans lequel Lilya va pouvoir, une fois de plus, semer une belle pagaille.

Encore une fois, on retrouve le caractère roublard et attachant de l’héroïne, que le désir d’approbation force à se mettre dans des situations impossibles. L’auteur creuse encore davantage le background de l’univers qu’il a mis en place, notamment avec les coutumes de la Guilde des Voleurs et leurs anciennes croyances, dont on se doute qu’elles auront un rôle à jouer dans la suite de l’intrigue.

Non content de fournir une histoire et un univers attrayants, Janne Kukonnen bichonne toujours autant son graphisme à l’esprit jeunesse, qui contrairement aux a priori ne dessert pas le ton du scénario. Le tome 5 est prévu pour le 19/08/2020, ce qui laisse le temps aux amateurs d’aventure et de Fantasy de se plonger dans le premier cycle de cette surprenante série !

***·BD·Nouveau !·Service Presse

Danthrakon #2: Lyreleï la fantasque

La BD!

Deuxième tome de 56 pages d’une série écrite par Christophe Arleston et dessinée par Olivier Boiscommun. Parution le 01/07/2020 aux éditions Drakoo.

Blondin avait proposé une critique du premier volume.

bsic journalismMerci aux éditions Drakoo pour leur confiance.

Grimoire, mon beau Grimoire…

Le savoir est une arme, et la curiosité, un vilain défaut. Nuwan en a récemment fait les frais en découvrant qu’un grimoire magique très ancien, le Danthrakon avait investi son corps, lui conférant un certain pouvoir, mais hélàs ! pas la maîtrise requise pour en profiter.

Ainsi, Nuwan doit-il tenter de rompre le charme qui le place sous la coupe du Danthrakon, avec l’aide de Lerëh, une apprentie mage étudiant auprès du puissant Waïwo, chez qui Nuwan travaille en tant que cuisinier?

Le jeune marmiton va devoir se soustraire à la convoitise d’Amutu l’Inquisiteur, un redoutable mage qui souhaite accaparer la puissance du grimoire. Amutu va utiliser toutes les ressources à sa disposition, parmi lesquelles la terrible Mygatule, pour mettre la main sur le fauteur de troubles involontaire.

Lerëh, quant à elle, devra, s’il elle veut pouvoir sauver Nuwan, fouiller dans son nébuleux passé et exhumer quelques secrets relatifs à ses origines.

 

Necronomi-quoi ?

L’aventure se poursuit sur les chapeaux de roues dans ce Danthrakon volume 2. Arleston ne ménage pas ses efforts pour tenir le lecteur en haleine, à grand renforts de péripéties faites de traques et de batailles magiques. Les affaires de familles sont à l’honneur, puisque le spotlight est ici mis sur Lerëh et les liens qui l’unissent à ses parents.

On reconnaît la touche de l’auteur notamment à travers ses récitatifs et certains de ses dialogues, et l’on peut même percevoir quelques auto-références ça et là, faisant écho à ses succès précédents: un jeune héros naïf et ingénu, dépositaire malgré lui d’une magie ancienne et très puissante, qui devra s’émanciper pour assumer le plein potentiel de ses pouvoirs…

L’inconvénient d’une telle prémisse est qu’elle éclaire sans doute un peu trop le lecteur sur le déroulement global de la trilogie. Néanmoins, gageons qu’Arleston saura aller à rebours des attentes qu’il aura ainsi lui-même suscitées, et qu’il nous surprendra en changeant ingénieusement la direction de son récit dans l’ultime volume de la trilogie.

On s’interroge par exemple sur les desseins véritables du Danthrakon, qui nous paraît doué d’une volonté propre, et sur le sort final qui l’attend: fusionnera-t-il avec Nuwan ? Retombera-t-il encore une fois dans la servitude, entre les griffes d’un mage ambitieux ?

La balle est dans le camp des auteurs, rendez-vous en septembre 2020 pour le savoir !

***·Comics·East & West·Nouveau !

Black Badge

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Roman graphique de 290 pages, réunissant les 12 épisodes de la série écrite par Matt Kindt et dessinée par Tyler Jenkins, parue initialement aux US chez BOOM! Studios, publié en France depuis le 04/03/2020 aux éditions Futuropolis.

Charlie et ses drôles de drames

Les organisations occultes et les agents secrets foisonnent dans les œuvres de fiction, que l’on parle du SHIELD, du BPRD, de Mission: Impossible ou du Kingsman. Elles sauvent invariablement le monde de catastrophes diverses au prix de nombreux sacrifices, la rédemption du monde étant leur seule récompense.

Et si une de ces organisations se dissimulait sous des atours simples, voire improbables ? Et si une confrérie inoffensive aux yeux de tous façonnait notre monde en secret ? Et si…les Scouts étaient de redoutables espions ?

C’est la prémisse choisie par Matt Kindt pour Black Badge, où il raconte le parcours de Kenny, Cliff, Mintz et Willy, jeunes membres de la division secrète éponyme, dont le rôle consiste à mener à bien des missions de sabotage, d’exfiltration ou d’assassinats sous couverture. Leur jeunesse est leur meilleur atout: en effet, qui se soucierait d’une bande d’adolescents, et a fortiori, qui les penserait capables de telles actions ?

Cependant, Black Badge doit faire face à des menaces bien plus insidieuses et subversives que les terroristes lambdas qu’ils affrontent ordinairement. Au cours de leurs missions, les jeunes scouts vont croiser le chemin d’autres cellules occultes, aux ambitions perfides. Mais, en matière d’espionnage, la réalité n’est bien souvent qu’un voile qui dissimule d’autres vérités, ce qui va forcer nos héros à remettre en question leur crédo.

Les Quatre Scout-tastiques

Matt Kindt nous plonge dans un monde dangereux et opaque, reprenant avec habileté la triste thématique des enfants-soldats. Comme c’était le cas dans la réalité, les protagonistes sont des orphelins ou des jeunes que l’on a soustraits à leur foyer, pour les conditionner et les envoyer prendre des risques au nom des adultes.

Nos audacieux Black Badges, tels les X-Men du Professeur Xavier, sont donc de dévoués soldats, conditionnés qu’ils sont à de pas questionner les ordres. C’est pourtant là le propre de la jeunesse, aussi nos héros vont-ils progressivement dévoiler le mystère qui entoure leur unité de Scouts, au fil des missions et des épreuves rythmées par les douze chapitres. La lecture qu’a Kindt du jeune soldat que l’on sous-estime m’a fait penser à celle qu’avait Ed Brubaker concernant Bucky, l’acolyte de Captain America lors des flash-backs de la saga du Winter Soldier.

Graphiquement, on doit reconnaître à Tyler Jenkins une constance certaine sur presque 300 pages. Les couleurs qu’il emploie, posent un filtre rétro sur cette aventure aux tons et aux circonvolutions parfois désuètes, fleurant bon les récits d’espionnages de la grande époque.

Si vous aimez les récits à tiroirs, les faux-semblants et le camping derrière les lignes ennemies, alors Black Badge est fait pour vous !