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BD en vrac #4

couv_357321Le château des animaux (gazette) #2

Ce deuxième épisode du Château des animaux s’est fait attendre. prévu par Casterman sur une périodicité de trois mois, il aura fallu pas moins d’un an pour lire la suite de nos animaux… Le troisième est annoncé pour le début de l’été et l’on espère que les délais seront cette fois-ci tenus (avec un album en fin d’année). L’édition est toujours aux petits oignons avec la même très jolie maquette, un rédactionnel qui revient sur les événements de l’épisode (et à lire après donc). Mais contrairement au Château des étoiles ou au dernier Bourgeon c’est surtout pour la BD qu’on lit cette version grand format et l’on aurait aimé des commentaires périphériques ou des éléments enrichissant le hors champ. Ce n’est pas très grave tant la BD en elle-même est superbe visuellement et très plaisante avec cette transposition de la célèbre Ferme des animaux d’Orwell. Dans l’épisode on entre dans le vif de la révolte avec l’élément extérieur, un rat saltimbanque qui au travers de son spectacle ouvre les yeux des animaux sur le despotisme du Taureau. Moi j’adore et je profite de ces immenses planches!

 

  • couv_357372Green class #1

bsic journalism Lu en numérique pour Iznéo.

Très efficace couverture pour ce survival-zombie, premier album d’un dessinateur que Jérôme Hamon a rencontré sur internet. Je m’attendais à une histoire de classe verte partant en mode trash, un peu comme sur le très efficace Rocher rouge. Walking Dead fait des émules mais le soucis de cette Green class est d’arriver dans un thème déjà bien encombré et par de très bons albums/séries. Gung-Ho (dont ce dernier est très proche) est excellent tant graphiquement que dans son traitement des relations entre ado et adultes, cela par-ce que le background est travaillé. C’est là la principale faille de pas mal d’histoires de Zombies (y compris Walking Dead et donc ce Green Class) que d’oublier d’expliquer le hors champ et le contexte pour fermer la focale sur un seul petit groupe. Non que cela soit inintéressant mais c’est déjà lu mille fois. Avec un dessin proche du manga très sympa pour les personnages mais assez vide pour les arrières-plans (pour un premier album, pour peu que l’auteur progresse ca reste très acceptable) et des couleurs que j’ai trouvé un peu passées la partie graphique ne suffit pas totalement à combler ce problème. Le scénario se concentre sur l’évolution des relations dans le groupe d’ado en situation de crise et tarde un peu à proposer des scènes choc que nécessitent ces histoires. C’est au final un travail honnête, pas fondamentalement original et qui vire vers le fantastique sur la fin en laissant de possibles perspectives d’aller vers quelque chose de plus novateur…

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  • Couverture de Les vieux fourneaux -5- Bons pour l'asileLes vieux fourneaux #5: Bons pour l’asile

La série des vieux fourneaux a dû attendre un film (fidèle mais moins bons que la BD) pour atteindre le grand public. Il faut dire que les couvertures, parti pris osé, sont plutôt un repoussoir… Il n’en demeure pas moins que nos trois vieux sont toujours aussi drôles et plaisants à suivre, sous la plume du génial Lupano, énervé comme jamais contre notre monde injuste et égoïste. Si toute la série est excellente, ce cinquième tome est pour moi le plus réussi par-ce qu’il assume une actualité immédiate et laisse un peu de côté les circonvolutions familiales pour se recentrer sur la force de la série: l’humour militant assumé et rageur. La dimension familiale n’est pas totalement oubliée mais sert l’humour et c’est pour cela qu’elle s »intègre mieux que jamais au projet de Lupano et Cauuet. Chapeau les artistes, on en redemande!

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  • Le dernier dragon

bsic journalism Lu en numérique pour Iznéo.

Delcourt/Soleilsont familiers des séries fantasy, tellement qu’on se demande parfois comment ces dizaines de créations trouvent leur lectorat. C’est donc sans beaucoup d’attentes que j’ai entamé cet album doté d’une très belle couverture. Et heureusement, on trouve régulièrement dans ce genre hyper-balisé de très bonnes surprises dont Le dernier dragon fait partie! Dans une Europe de la Renaissance et des cités-Etat italiennes les dragons n’ont pas disparus. Ils sont protégés par on ordre de dragonnières descendant d’Eve et que de plus en plus de puissances politiques souhaiteraient voir disparaître à mesure que le nombre de dragons faiblit et le pouvoir de l’ordre avec. Car le crane de ces bêtes ancestrales renferme une pierre aux propriétés fantastiques que des chasseurs tentent de posséder au péril de leur vie… Outre les dessins très agréables de Léo Filipovic, le scénario de Pécaua l’originalité de transposer cet élément de fantasy dans un contexte historique bien connu, semant les premières pierres d’une intrigue géopolitique où dragons et dragonnières seront les derniers gardiens d’une ère qui s’éteint. Cet album parvient en 64 pages à poser un contexte, des personnages charismatiques et un univers très solides tout en offrant de l’action et le côté épique de toute BD grand public. Un des succès d’aventure de 2019 à prévoir.

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Sushi & Baggles #11

esat-west

  • Isola #1

isola-tome-1Les quelques planches diffusées sur le web pour ce comic récent m’avaient laissé par terre et il avait aussitôt rejoint ma pile de BD à venir. Et je dois dire que dès la couverture et tout au long des 150 pages du premier tome on a les yeux qui brillent. Pas tant pour le dessin lui-même, très pro sans être exceptionnel, mais plus pour l’ambiance générale, les couleurs sublimes et le design génial où l’on sent des auteurs inspirés. L’inspi majeure annoncée est celle de Miyazaki et son Princesse Mononoké mais aussi du mythe d’Orphée et Eurydice. Cette histoire d’amour impossible entre la capitaine de la garde et sa reine métamorphosée en tigre, dans une itinérance vers Isola, l’Ile des morts, ne ressemble à rien de ce que vous aurez déjà lu. D’abord car c’est une histoire d’amour platonique homosexuelle comme on n’en voir que très peu en BD. Ensuite par l’approche assez rude de la Nature. On a Résultat de recherche d'images pour "isola comic"souvent l’impression de lire un long métrage d’animation dans Isola, avec cette approche complexe, japonaise, toute en sous-entendus, presque zen et contemplative. Les expressions du soldat sont très réussies malgré un vague sentiment que les personnages ne font que suivre un cours qui les dépasse. Du coup le lecteur a un peu de mal à accrocher ces héros sans prise sur leur destinée. La construction scénaristique volontairement compliquée (entre présent et passé, réalité/monde des esprits) ne facilite pas les choses et c’est la bande de chasseurs qui donne le plus envie de connaître la suite de ces aventures en faux-rythme. Ces quelques partis pris n’empêchent pourtant pas de s’immerger dans cet univers baroque, sauvage et poétique. Point bonus pour la maquette superbe et les bonus comme Urban en fait rarement. Au final, si la partie graphique vaut le coup à elle seule, on attend la suite pour voir si l’on aura affaire à une très grande série ou à un projet abscons…

Résultat de recherche d'images pour "isola comic"Le #1 comporte les épisodes 1-5. La série continue sa publication chez Image aux Etats-Unis depuis janvier 2019 en étalant les issues tous les deux mois (contre 1 mois pour ceux du premier volume). Du coup on peut attendre un second volume en France probablement débit 2020.

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  • Atomic Robo

bsic journalismMerci aux éditions Casterman pour cette poilade.

Atomic Robo est une série d’action délirante publiée depuis 2007 aux Etats-Unis, sur douze volumes. le Robot en question a été créé par Nicola Tesla en 1923 et depuis, passe son temps à sauver le monde contre les génies du Mal, créatures géantes et autres inventions démoniaques. On est clairement dans le même esprit que le très drôle Shirtless Bear Fighter publié l’an dernier. Publié dans la collection comics « Paperback » de Casterman qui jouit d’un très bon écho dans la presse et blogs (format comics, couverture reliée avec quelques effets pelliculés mais pas de bonus… et petit détail, est imprimé en France!), la grande qualité de ces aventures repose sur leur écriture très vive jouant beaucoup sur l’absurde des situations et la répartie du héros. Si le dessin n’a rien d’extraordinaire, il reste lisible et le travail d’expressions (improbable) de ce robot limité à la fermeture de ses paupières métalliques est étonnant. Avec un dessin plus qualitatif on arrivait au niveau du Skybourne de Frank Cho, une de mes pépites de l’an dernier. Malgré la simplicité format timbre-poste des intrigues (en mode porte-monstre-trésor), les auteurs arrivent à varier les plaisirs absurdes comme cette expédition sur Mars où les techniciens ont oublié de donner des lectures au Robo pour les deux ans de voyage. Arrivé sur place il se vengera sur Stephen Hawking, responsable de son calvaire, au travers d’étonnantes constructions… Personnage invincible, le Robo est un gros bourrin qui disserte entre deux mitraillages, sur la possibilité théorique que des fourmis géantes existent. On se marre tout le long et on en redemande!

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Sushi et Baggles #10

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  • Volcano Trash

bsic journalismMerci aux éditions Kinaye pour cette découverte.

La toute jeune maison d’édition Kinaye nous propose de découvrir l’auteur et illustrateur Ben Sears avec son couple d’aventuriers Plus Man et son robot philosophe Hank. L’éditeur vise à proposer des ouvrages de BD jeunesse américains et si graphiquement on peut dire que c’est le cas de ce Volcano Trash (qui comprend les deux premières aventures du duo), les dialogues se rapprocheraient plutôt de la tradition du strip de presse à la Calvin et Hobbes. Cet humour stoïque est assez percutant ; je ne suis pas certain que de jeunes lecteurs capteront toute la subtilité mais la linéarité du scénario et l’aspect général s’adressent en effet à des enfants. Outre un certain côté décalé de cet univers, j’ai beaucoup aimé le trait vraiment particulier de Sears, qui donne une matière à un monde aux formes arrondies, avec parfois l’impression de se trouver dans une chambre… d’enfants. La technologie de Plus man est rétro et lui permet d’à peu près tout faire, le héros s’en sort toujours avec le sourire dans une relation avec son robot qui reprend donc celle des héros de Watterson avec un humain bourrin à souhait et son acolyte très réfléchi. Il n’y a pas vraiment de sens à l’histoire, plutôt des prétextes à des situations absurdes et acrobatiques. La première histoire nous propose un château hanté dans un univers SF (ne cherchez pas à comprendre la logique), la suivante, plus longue, mets nos héros aux prises avec une sorte de secte belliqueuse dont l’insistance fait parfois penser aux policiers de Miyazaki. Hank sera emprisonné ce qui obligera Plus man à préparer son évasion dans un design très jeu vidéo de plateforme… Bien délire et une jolie découverte!

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  • Radiant #11

bsic journalismMerci aux éditions Ankama pour leur envoi.

Les aventures de Seth continuent, de retour sur l’Artémis avec la suite de la course en balais très inspirée de Mario Kart de l’aveu de l’auteur. Partis à la recherche de Grimm vers Bôme (le pays des Domitor) la bande de Seth est toujours aussi riche en idées et intéressante à suivre. Difficile de noter un manga et encore plus un volume isolé dans une série, mais pour l’ensemble de la série et par-ce que ce onzième volume parvient à allier poilade, dialogues que j’irais jusqu’à qualifier de virtuose et vrai gros travail de background, beaucoup plus que sur les autres épisodes, Tony Valente mérite 5 Calvin (… le premier de 2019!). Si le contexte de l’Inquisition et des Némésis avait été un peu mis de côté sur l’Arc de Cyfandir on revient ici à fond avec l’apparition de nouveaux inquisiteurs, des infos sur le monde du dessous, sur le conseil des Mages,… bref, un tombereau de background, ce qui différencie souvent une bonne BD d’une grande BD.

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  • couv_359231Dragonball Super #6

Comme d’habitude le volume est à cheval entre plusieurs séquences. On termine donc la méga baston entre les dieux de la destruction, vraiment chouette et où l’on voit apparaître un nouveau méchant potentiel. Puis Goku est chargé de rassembler son équipe pour le grand tournoi des champions des univers: un Battle Royal (tous contre tous!) avec 12 champions par univers… un joyeux bordel qui s’annonce et Goku a beaucoup de mal à trouver des héros du niveau suffisant, surtout que notre univers est réputé l’un des plus faibles, et va être contraint de faire appel à quelqu’un que personne ne souhaitait revoir… On retrouve donc Tortue Géniale (maître Kamesenin), Krillin (dont la fille n’a pas de nez!!), C17 en défenseur de la nature et C18 glaciale au possible. L’auteur développe les vies privées des personnages, nous montre ce qu’il se passe sur d’autres planètes et introduit tout doucement les personnages qui seront l’attraction principale de ce nouveau tournoi. Il égratigne au passage Goku, toujours aussi débile et gourmand. On trouve quelques lacunes graphiques sur certains nouveaux personnages qui s’éloignent un peu du canon Toriyama mais ce n’est pas bien grave, le plaisir est toujours là.

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  • Generation gone #1

La nouvelle publication de Hi Comics se veut innovante en proposant une revisitation du thème des jeunes gens aux pouvoirs brutalement déclenchés via une conspiration gouvernementale associée à un génie à moitié fou… Le thème d’Akira et Harmony en somme, avec la difficulté de se comparer à ces deux glorieux aînés. J’ai été fort attiré par le pitch, le traitement radical et violent (qui peut rappeler par moments un Jupiter’s Legacy) mais suis resté un peu sur ma faim avec l’impression d’un potentiel réel (notamment l’utilisation des mathématiques pour déclencher la mutation) butant sur quelques difficultés techniques à la fois scénaristiques et graphiques. Ainsi le dessin est plutôt chouette quand aux visages mais subit de réelles lacunes anatomiques et dans l’animation des corps. On sent pourtant une influence de Quitely et des dessins hyper-dynamiques chez Araujo et le découpage et mise en scènes sont très efficaces. Mais souvent on coince sur une image ou un saut temporel. De petites choses qui empêchent de profiter pleinement d’une intrigue résolument moderne et SF. Je gage que le projet tienne à cœur aux auteurs et que l’expérience effacera ces petits problèmes, Generation Gone (et sa conclusion) reste une plutôt bonne surprise dans l’univers du comic Indé.

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Kong Crew #2

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Comic de Eric Herenguel
Caurette Editions (2019), 56 p., anglais.

bsic journalismMerci aux éditions Caurette pour cette découverte.

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J’ai publié en fin d’année dernière une chronique du projet et du premier volume pour mon partenariat avec le site de comics Superpouvoirs. Ce deuxième épisode complète ce qui sera le premier volume au format BD classique et qui sortira en couleurs et en français en fin d’année chez Ankama. La série est prévue en six parties, soit trois volumes franco-belges. Caurette est un éditeur français spécialisé dans l’édition d’ouvrages du prodige Kim-jung Gi et de art-book vers le monde anglophone, ce qui explique cette édition étrange au format comics et an anglais d’une BD française. Dans l’esprit on reste bien dans du comic pulp, Eric Herenguel partageant avec Nicolas Petrimaux l’envie de développer un objet et un univers global. L’épisode comprend une préface de l’auteur, la BD (qui reprend la pagination à la suite du précédent), une pub de l’éditeur pour les  bouquins sur Kim-jung Gi et l’annonce de l’édition luxe n&b à sortir chez Caurette en fin d’année.

Manhattan est un no-man’s land, une terre rendue à une nature inextricable que seule peut survoler l’escadrille de pilotes Kong Crew. Kong? Oui, car après l’évasion du singe géant Kong et son combat sur l’Empire State building la population de la presqu’île a dû être évacuée. Depuis on ne sait presque rien. Pourtant, deux explorateurs ont décidé de pénétrer la zone interdite alors qu’un des pilotes de la Kong Crew s’écrase au milieu des immeubles et va découvrir un univers au-delà de l’entendement…

L’image contient peut-être : 1 personneThe Kong Crew c’est une grosse envie de Pulp d’Eric Herenguel, un hommage aux BD d’aventure des années 50, remplies de dinosaures, d’aventuriers et de beaux engins chromés. Sur ce plan c’est une vraie réussite, l’auteur se régalant à nous proposer une galerie de personnages tous archétypaux et de scènes épiques. Le premier volume présentait les protagonistes et le contexte avant de lancer directement l’action. Le second pourra sembler piétiner un peu du fait de ce découpage artificiel et cet effet sera sans doute atténué à la lecture de l’album complet. Étrangement le personnage principal est relativement absent, l’épisode faisant la part belle aux deux explorateurs bavards qui vont visiter les tunnels de New-York et découvrir la présence de redoutables dinosaures. Ce sont eux qui apportent le plus d’aventure et de mystère à cette histoire, avec cette flore qui se développe à une vitesse prodigieuse et leur confrontation avec ces étranges soldats équipés de lance-flamme…

De Kong on parle finalement peu également après l’attaque très brutale du premier épisode qui a fait s’écraser le héros. En revanche Herenguel nous propose ici de vraies visions fantastiques, en seulement quelques cases il parvient à instaurer une atmosphère totalement fantasmée, des images délurées sorties de l’imaginaire d’un dessinateur qui se fait plaisir. Le risque est toujours grand qu’une vision ne suffise pas à produire une histoire. La structure d’une BD en deux tomes est d’en garder trop sous le coude. C’est un peu le cas ici et hormis quelques révélations courtes et quelques planches à la très forte évocation visuelle (dont l’incroyable page 50!) on garde une envie d’action grand format, de Kong, de mitraille et d’avions hurlant. Eric Herenguel applique le principe « Alien » (montrer le moins pour monter en tension) comme celui de Hitchcock (meilleur est le méchant meilleur est l’histoire). Cela doit produire son effet sur l’ensemble de l’histoire.

La lecture reste fluide et a ses moments de bravoure, ainsi que la révélation d’une méchante très réussie. La seconde partie d’une histoire en quatre est toujours compliquée en ce qu’elle nous fait attendre la suite. On peut dire que la frustration est atteinte et que l’on a encore plus envie d’en savoir sur ces mystères qui ne sont qu’effleurés en 54 planches. Et de gager qu’il y aura sans doute de quoi développer une série au-delà des deux albums prévus si le succès est au rendez-vous.

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BD·Mercredi BD·Nouveau !

Mickey et l’océan perdu

BD du mercredi
BD de Denis-Pierre Filippi et Silvio Camboni
Glénat (2018), 56p. , collection Mickey vol.5 sur 8 parus.

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Depuis 2016 Glénat a commencé la parution (avec l’accord de Disney bien entendu) d’albums Mickey one-shot par différents auteurs souvent réputés. Je n’ai lu jusqu’ici que le volume 2 de Trondheim et Keramidas et avais moyennement accroché au concept de vrai-faux original qui impliquait que l’histoire était discontinue. L’esprit d’aventure qui va avec certains albums de Mickey originaux m’avait cependant bien rattrapé, comme c’est le cas sur cet album. L’ouvrage est grand format, avec tranche toilée, superbe illustration de couverture avec effets irisés sur le cadre steampunk, l’intérieur a un papier épais mat. Très belle édition et bon point pour Glénat.

Mickey et ses amis sont des chasseurs de trésor et notamment le  coralite, principale forme d’énergie utilisée pour faire fonctionner la technologie. Ils sont embauchés par le plus grand scientifique de leur temps pour récupérer un mystérieux objet au fond de l’Océan, mission pour laquelle ils disposent du seul équipement capable de résister à la pression…

Résultat de recherche d'images pour "mickey océan perdu"Le premier élément qui saute aux yeux de ce nouveau Mickey c’est le visuel. Pas que les dessins, très jolis, les couleurs, magnifiques, mais le design général de l’album porté par une ambiance SF steampunk que l’on n’attendait pas, avec rouages et rivets en veux-tu en voilà. C’est à la fois fidèle à l’esprit d’aventure du héros Disney que l’on a déjà vu en semi-Indiana Jones par le passé et étonnamment moderne. Ce n’est finalement pas l’aspect SF qui modernise et surprend le plus mais bien le parti pris double de rendre Mickey relativement passif au travers de l’ellipse que vous découvrirez en lisant l’album et de bouleverser les rôles avec Pat Hibulaire. Dans cette chasse aux trésors écolo les auteurs ont en effet choisi de mettre l’ensemble des éléments de l’univers Mickey dans un Shaker et de les ressortir modifiés. Est-on toujours dans un Mickey? La question se pose, vraiment. Est-ce gênant? Absolument pas car Filipi et Camboni parviennent à utiliser l’aura et la familiarité de ces personnages iconiques pour en faire tout autre chose, avec le respect du contrat: offrir un grand récit d’aventure aux lecteurs de 7 à 77 ans. Sur la pertinence de la rupture de mi-album je suis plus réservé même si elle agit comme un véritable aiguillon d’intérêt dans la lecture, par cette surprise alimentée visuellement par une des magnifiques doubles pages parmi les nombreuses que comporte l’album.Résultat de recherche d'images pour "mickey océan perdu"Que dire du travail de Silvio Camboni (ou bien de la colorisation d’Yvan Gaspard?) tant les planches explosent toutes à la figure? Certains pourront critiquer le côté numérique, lissé, brillant, mais il est indéniable que cet univers visuel correspond parfaitement à l’esprit Mickey. L’équipe scénariste-dessinateur-coloriste travaille ensemble depuis plusieurs séries maintenant l’on peut dire que l’alchimie fonctionne parfaitement. Je ne suis donc pas loin de penser que l’album doit plus à la mise en couleur vraiment impressionnante qu’aux dessins, si ce n’était le design général et la mise en cases qui sont tout de même marquantes, de part la sensation d’espace, de panoramas et que la thématique de l’Océan aérien permet de magnifier.Résultat de recherche d'images pour "mickey océan perdu"A vouloir décortiquer les mérites de chaque intervenant on finit par perdre l’essence de l’art et de la BD, à savoir le plaisir, plaisir du récit, de l’imaginaire et plaisir graphique. Mickey et l’océan perdu procure les trois en cinémascope et sincèrement, si l’on ne peut pas parler d’album d’auteur (le peut-on sur un Mickey?), cet album respire le plaisir de la production et du partage d’un imaginaire d’enfant où la noirceur n’existe pas. J’appelle ça un bonbon sucré.

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Saint-Barthélémy

BD du mercredi

BD Pierre Boisserie et Eric Stalner
Les Arènes (2016-2018), 174 p., série complète en 3 tomes.

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Merci aux éditions Les Arènes pour cette découverte.

 

Couv_343545Très belle édition intégrale des Arènes, avec une couverture toilée et titre gaufré au vernis sélectif sous une jaquette avec illustration originale. La quatrième est illustré par des vers de Voltaire dans la Henriade. Les trois tomes s’enchaînent comme trois chapitres (sans les couvertures originales des albums). L’ouvrage se termine par un cahier graphique de croquis de  six pages. Très joli travail même si du fait du sujet et du sérieux de la BD j’aurais apprécié une préface ou un texte de contexte historique en accompagnement. L’éditeur pourra toujours prendre cette initiative dans une future réedition.

Alors que les protestants ont marqué une étape importante dans la guerre civile qui les oppose aux seigneurs catholiques, sous le regard calculateur de la Couronne, le mariage de leur chef Henri roi de Navarre (futur Henri IV) avec la sœur du roi Charles IX va donner lieu à un assassinat planifié des principaux chefs de guerre huguenots à Paris, le 24 août 1572. Ce récit nous rend témoins de ces évènements au travers des yeux d’Elie Sauveterre, un jeune noble dont la famille est impliquée des deux côtés de la religion…

Résultat de recherche d'images pour "saint-barthélémy stalner"Je ne suis pas très attiré par les BD historiques classiques de chez Glénat, leur préférant des œuvres plus sombres ou penchant vers la fantasy comme le Roy des Ribauds ou Servitude. Mes très bonnes relations avec l’éditeur Les Arènes (qui publie peu mais globalement de très bons albums sur des projets d’auteurs) me permettent de découvrir cette BD que je n’aurais probablement pas ouvert en librairie. Comme quoi on gagne à sortir de ses habitudes…

Si Saint-Barthélémy est sorti en trois albums, le découpage et la chronologie des évènements en fait plus un gros one-shot qui mérite grandement d’être lu d’une traite. Une lecture concentrée et rapide tant ce survival est dense et tortueux, comme les ruelles de Paris que le Résultat de recherche d'images pour "saint-barthélémy stalner"personnage principal parcourt dans tous les sens afin d’accomplir sa mission et échapper aux fanatiques guisards. Pour qui ne connaît pas bien cette partie de notre histoire, le complexe jeu politique entre les membres de la couronne (le roi fou Charles IX d’un côté, son frère guisard et futur Henri III ou la Reine-mère Catherine de Medicis de l’autre), les protestants (Henri de Navarre futur Henri IV) ou les rajouts narratifs du scénariste Pierre Boisserie) pourra paraître très complexe. Pourtant la construction scénaristique et l’intelligence de mettre la focale sur Elie de Sauveterre et le drame familial qu’il découvre permettent au lecteur une lecture agréable qui aide à suivre en parallèle un récit d’action dramatique entrecoupé des débats ciselés dans les chambres du Louvre.

La grande force de cette BD est de nous mettre en plein cœur d’un des évènements majeurs de l’histoire de France et de l’histoire du christianisme (les Arènes avaient déjà publié une histoire politique de l’Église que j’ai chroniqué ici). La puissance visuelle du film de Chéraud La reine Margot est dans toutes les têtes et il est toujours difficile d’aborder cet évènement sans citer le film. Les auteurs y parviennent en se concentrant sur le témoignage de Sauveterre. https://i2.wp.com/sdimag.fr/Img_PAO/Matos_BD/SaintBarthe%CC%81lemy_T2_pl3.jpgL’histoire peut être répartie en trois thèmes: les errements de ce dernier dans Paris et son témoignage des massacres, l’évolution presque heure par heure de cette nuit et des jours qui l’entourent ainsi que les motivations politiques des différents responsables politiques, enfin, pour cadrer le tout, le récit de la fratrie de Sauveterre, répartie entre les trois parties de la BD et dont les révélations expliqueront en partie les décisions d’assassinats. Encore une fois la subtilité des discussions politiques est vraiment remarquable! Si le fanatisme est bien sur au cœur du récit (avec quelques exagérations graphiques de Stalner dans les séquences de foules), tout est politique et l’on comprend vite que la finalité de l’affaire reste bien la prise du trône de France: dans un contexte de guerre civile qui affaiblit la couronne Valois avec un souverain fou sur le trône, dynasties protestantes comme catholiques cherchent à récupérer la dignité royale à l’aune d’une crise majeure.

Résultat de recherche d'images pour "saint-barthélémy stalner"Avant de commencer la lecture je ne voyais pas bien l’intérêt d’une BD sur un évènement en particulier. J’ai été détrompé en découvrant une remarquable construction aux multiples points d’intérêt, notamment graphiques. Eric Stalner propose des planches très détaillées avec notamment des visages impressionnants. La colorisation est un atout majeur des planches en apportant élégance et détails à des encrages déjà très maîtrisés du dessinateur. On pourra tiquer sur quelques tics comme ces textures sanglantes omniprésentes même sur les habits des nobles qui n’ont pas quitté le Louvre mais cela participe à une ambiance morbide de folie collective qu’avait déjà fort bien représenté Corbeyran sur son Charly 9. N’ayant rien lu de Stalner précédemment, je découvre un dessinateur confirmé et de caractère. Les quelques faiblesses des arrières-plans ou de décors seront mis à sa décharge sur la quantité de travail de l’ensemble du projet.

D’une lecture complexe, cette BD donne le sentiment d’un temps suspendu, de minutes de conciliabules politiques en même temps que du déroulement des massacres. Une sorte de théâtre dramatique en trois actes. Un ouvrage maîtrisé de bout en bout, jusque dans le travail d’édition. La portée du projet peut sembler restreinte du fait d’un cadre serré, presque documentaire, mais l’ampleur historique de l’événement suffit à balayer ces impressions en aboutissant à une BD importante.

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Le caravage

BD du mercredi

BD de Milo Manara
Glénat (2015-), 52 p., 2 vol parus, série finie.

Couv_351631Couv_241292A l’occasion de la parution du tome 2 de conclusion de cette histoire dessinée par le maître Manara j’ai entrepris la lecture du double album dans son intégralité. Si j’admire le talent de l’artiste italien, comme beaucoup sa bibliographie m’a déçu et je ne parle que des albums non érotiques. La saga ultra violente de Jodorowsky sur les Borgia dépeignait les mêmes lieux (Rome et l’Italie) un siècle avant où Manara reprenait déjà ses thématiques graphiques à la fois fascinantes et redondantes: la plèbe, les ruines de la Cité, les paysages de l’Italie, la violence et la crudité de la vie. Peu attiré par le sujet je profite de l’occasion pour découvrir un double album apaisé où l’on découvre les mœurs de l’époque mais aussi beaucoup le quotidien artistique, le travail des peintres de la Renaissance que l’on n’a jamais aussi bien vu en action.

Michelangelo Merisi arrive à Rome en provenance de Milan après une formation dans l’atelier d’un disciple du Titien. Jeune homme fougueux, ambitieux, son talent est rapidement repéré par un cardinal humaniste qui tente de le protéger de son envie de vérité qui le mets en danger face à deux ennemis: l’intégrisme de la foi et les souteneurs des prostituées qu’il utilise comme modèles…

Les BD sur le Moyen-Age ont ceci de fascinant qu’elles ont souvent un côté naturaliste qui dénote totalement avec les images d’Épinal ou de la Fantasy anglo-saxone. Elles permettent en outre de mettre en lien une vie quotidienne crue et simple avec des œuvres ou événements mis sur des piédestal dans les musées ou narrés par la Geste historique officielle. A ce titre l’album de Milo Manara sur le Caravage ressemble à la magnifique trilogie de Luigi Critone sur François Villon, où l’on retrouvait en outre un style graphique italien de paysages vaporeux (visuels qui inspirent aussi Marini sur sa série Scorpion). Il y a beaucoup de similitudes dans le traitement de ces deux personnages, grands artistes inspirés et hommes simples, soumis à des pulsions violentes qui les entraînent dans des déboires judiciaires. Seule l’admiration de puissants seigneurs humanistes les sauve de leurs démons. La violence des époques, la sexualité et la corruption de sociétés basées sur la force  et la religion sont dépeintes dans ces deux séries.

Dans Caravage les deux albums sont relativement distincts, et c’est ce qui rend la série intéressante. Si les décors romains occupés par des foules besogneuses ont déjà été illustrés par Manara dans d’autres BD, le second album intitulé « Grâce » (dans l’attente de la grâce judiciaire du Caravage suite à son combat du premier album), se déroule dans le sud, entre les territoires lumineux du château de Malte et les villages de Sicile. Quand le premier volume se situait au cœur du pouvoir et des arts, la suite nous dépeint une société d’ordre militaire, celle des chevaliers de Malte, et montre combien ce monde de la Renaissance tout juste échappé du Moyen-Age est morcelé, éloigné et illustre l’absence de Nation italienne à l’époque. Le découpage est un peu abrupte avec une continuité assez décousue et des deus ex machina qui indiquent que Manara reste un grand dessinateur avant d’être un grand scénariste. Mais l’histoire est intéressante et prends par moment la forme de récits d’aventure et de cape et d’épée de par la propension violente du grand peintre. L’auteur a la bonne idée de ne pas faire de sa série  un précis d’histoire de l’art qui aurait étouffé la vision épique. Avec un premier tome plus porté sur l’acte de création et un second plus aventureux, la lecture s’enchaîne très légèrement.

Le Caravage - Tome 2 de Milo ManaraLes dessins ne sont pas les plus précis qu’ait réalisés Manara mais son style est toujours aussi clair, esthétique et ses colorisations rendent parfaitement des ambiances toutes particulières, celle des paysages méditerranéens ou des intérieurs du XVII° siècle, avec nombre de citations graphiques de Piranese et d’autres peintres de la Renaissance. La plèbe permet au dessinateur de montrer les belles formes habituelles de ses demoiselles, mais sans excès, restant sur son sujet. Les expressions faciales en revanche sont réellement très percutantes.

Manara s’est toujours intéressé à la création et l’histoire de l’art (le Giuseppe Bergman critiqué sur ce blog portait déjà sur le sujet). Sa description de l’homme Caravage plus que du peintre permet un récit populaire d’une époque fascinante. Très équilibrée, sa série est probablement l’une des plus intéressantes et accessible de la bibliographie du maître de l’érotisme, associant intérêt graphique, historique et artistique. Il est bien dommage que Glénat n’ait pas anticipé la publication d’une intégrale augmentée pour les fêtes de Noël tant Caravage ferait un très beau cadeau.

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