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Locke & Key Hors Série: Ciel et Terre

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Recueil de trois histoires courtes reliées à la série Locke & Key, écrite par Joe Hill et dessinée par Gabriel Rodriguez. Parution le 16/06/21 aux éditions HiComics

bsic journalism

Merci aux éditions Hi-comics pour leur confiance.

Une clef pour chaque serrure

Après le décès brutal de leur père, les trois orphelins Locke emménagent dans la vieille demeure familiale, située sur l’île de Lovecraft, Massachussetts, et vont y découvrir d’étranges pouvoirs contenus dans des clefs, disséminées à travers la maison. Ces clefs vont bien évidemment attirer la convoitise de personnes mal intentionnées, et il reviendra alors à la fratrie Locke d’assumer son rôle de gardiens des clefs.

La série Locke & Key, publiée en France par HiComics, est un des succès retentissants ces dernières années en terme de comics indépendants. Abouti et fascinant par son ambiance, Locke & Key réussit le savant mélange entre horreur et teen drama, démontrant ainsi que le talent, chez les King en tous cas, peut passer d’une génération à l’autre. 

Après la conclusion de la série au sixième tome, les auteurs décident de prolonger l’aventure avec une série d’histoires courtes faisant office de préquels et mettant le focus sur les aïeux de la famille Locke ou bien sur leur célèbre manoir du comté de Lovecraft, le bien nommé Keyhouse. La première partie, poétique, nous fait remonter d’un siècle pour rencontrer des ascendants de la famille Locke, dont le fils aîné est malade. Son père va alors réaliser l’impossible pour l’embarquer dans le voyage le plus mémorable qui soit tout en tentant de le préserver.

La seconde partie, plus tendue et anxiogène, montre comment des Locke ont du se défendre contre des home invaders braqueurs de banque et redoutablement retors. Bien évidemment, les plus dangereux ne sont pas ceux que l’on croit. La troisième partie, enfin, nous met en présence de Tyler, Kinsey et Bode, les héros de la série principale, qui vont encore se confronter brièvement au pouvoir des clefs. 

Une serrure pour chaque clef

Autant le dire tout de suite, ce hors-série Locke & Key vous laissera sur votre faim. Après une intrigue aussi dense, ingénieuse et aboutie, il est normal de nourrir un niveau élevé d’attente, même pour des one-shots de ce calibre. Toutefois, à part quelques rappels des clefs incontournables de la série et quelques ajouts, rien de significatif ne vient renforcer l’attrait de ce recueil. 


Bien que les trois histoires bénéficient de la qualité d’écriture de Joe Hill, elles se révèlent finalement anecdotiques. Décrocher la Lune, n’en demeure pas moins émouvante et poétique, tandis que Grindhouse sa tout du huis-clos tendu à souhait, mais Petit coin, qui conclue l’album et met en scène les héros de la série, n’apporte paradoxalement rien en terme de contenu. 
Ce HS ne constitue donc pas un point d’entrée idéal pour les nouveaux lecteurs, mais sera à réserver aux fans hardcore ET complétistes de la série principale. 

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The Plot #1

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Premier tome comprenant les 4 premiers chapitres (sur 8) de la mini-série écrite par Tim Daniel, Michael Moreci, et dessinée par Josh Hixson. Parution en France chez HiComics le 19/05/2021.

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Merci aux éditions Hicomics pour leur confiance.

La hantise du Bayou

Après la mort brutale de son frère et sa belle-soeur, Chase Blaine se voit confier la garde de sa nièce Mackenzie et de son neveu Zach. En plus de devoir gérer le deuil de ce frère qu’il ne voyait plus depuis des années, Chase va donc devoir faire de la place à cette nouvelle famille, qu’il ne connait pas davantage. Ces événements vont le ramener sur la parcelle familiale, où se situe la maison des Blaine. Très vite, des secrets enfouis dans les marécages environnants, et les fondations même de la demeure, vont tenter de refaire surface. Des secrets liés de près à la mort de son frère et au destin de sa famille…

Le récit d’horreur est un exercice périlleux, surtout si l’on prend en compte les contraintes du médium utilisé. Le thème du retour à la maison est un lieu commun presque inévitable du genre, qui est presque indissociable de celui des secrets de famille, qui sert de colonne vertébrale à The Plot, sans que l’auteur ne donne, pour le moment, d’indice prégnant quant à la nature du pêché à l’origine du récit. Le deuil, bien sûr, est toujours un terrain propice à l’horreur et au surnaturel, tout comme l’exploration des dynamiques familiales (l’oncle éloigné qui récupère la garde de ses jeunes neveux orphelins rappelle le film Mama).

Vous l’aurez donc compris, The Plot s’inscrit dans le genre horrifique sans le révolutionner nécessairement. La tension est pourtant bien présente, au moyen de jump scares séquentiels bien utilisés, et d’une ambiance graphique immersive due à l’encrage lourd de Hixson et aux couleurs de Jordan Boyd.

Néanmoins, il apparaît évident que ces quatre premiers chapitres présentés tels quels font office de premier acte, les quatre derniers ayant certainement davantage de révélations et autres coups de théâtres en réserve (on soupçonne un pacte avec une entité engendrant une dette des Blaine). Il n’aurait donc pas été incongru de proposer les huit chapitres d’emblée en intégrale, au lieu de se contenter d’un premier tome d’exposition en espérant avoir accroché le public pour le second tome.

Étant donné sa nature essentiellement introductive, il n’y a donc pas énormément de choses à souligner sur ce premier tome de The Plot, si ce n’est sa correcte exécution et un mystère qui donne envie d’être découvert.

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Hella et les Hellboyz #1: Tout droit en Enfer

Premier tome de 48 pages d’un diptyque écrit par Kid Toussaint et dessiné par Luisa Russo. Parution le 03/03/2021 aux éditions Drakoo.

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Merci aux éditions Drakoo pour leur confiance.

Hella elle a…

Hasard de calendrier ou stratégie de dumping artistique, on retrouve encore une fois Kid Toussaint pour ce premier tome horrifique, qui nous conte les mésaventures de Hella, jeune adolescente en phase de rébellion. Alors qu’elle dégrade rageusement la voiture de son acariâtre professeur de maths en compagnie de son cher et tendre bad boy Kieran, Hella passe devant la maison située au 21 rue Duroc. Cette sinistre demeure éloigne généralement les curieux, en raison des nombreuses tragédies dont elle fut le théâtre depuis sa construction. Certains la disent même hantée !

Qu’à cela ne tienne, Kieran décide d’y entrer afin de se faire oublier après son méfait, mais il n’en ressortira jamais… Éplorée, Hella va à la recherche de son petit-ami. Quelle n’est pas sa stupéfaction lorsqu’en passant la porte, elle atterrit dans les limbes infernales !

Hella fait donc une double découverte: Comme tous ceux qui s’y sont aventurés avant lui, Kieran est maintenu prisonnier dans les limbes, dont personne n’est capable de s’échapper, hormis…Hella. La jeune fille semble être la seule capable de regagner le monde normal, et donc la seule en mesure de retrouver Kieran. Pour ce faire, elle devra venir à bout de tous les seigneurs des lieux, toujours avant le lever du soleil.

Hell-ène et les garçons

Dans sa quête infernale, Hella saura se dégoter des alliés locaux, notamment trois garçons, Zack, Billy et Tony, prisonniers depuis plusieurs décennies à en croire leur style vestimentaire. Leur présence prolongée dans ces lieux, comme les autres humains, a perverti leur apparence pour faire d’eux des démons, mais leur innocence leur a évité une totale corruption, faisant d’eux des alliés de choix. Ainsi entourée, il ne reste plus à Hella qu’à s’élancer à la poursuite de son aimé pour le libérer des limbes, si elle le peut.

Soyons honnêtes, le titre du nouveau Kid Toussaint interpelle par sa ressemblance avec un certain comic traitant justement des liens de son protagoniste avec l’Enfer… A priori, la comparaison s’arrête là, gageons cependant que le second tome explorera plus avant les origines de Hella afin d’expliquer a)ce nom si particulier, et b)sa faculté à passer à volonté entre Terre et Enfer. L’ambiance est horrifique bien que le ton reste grand public, l’auteur sachant doser les éléments d’épouvante en parsemant le tout de team drama.

Cependant, le scénario s’emballe assez rapidement en plongeant Kieran dans la demeure maudite dès les premières pages, sans prendre le temps d’augmenter le capital sympathie de son héroïne. Avant de séparer les tourtereaux, rien de significatif ne vient nous démontrer leur attachement, si bien que la quête éperdue de Hella ne nous est pas ancrée émotionnellement. L’auteur prend tout de même le temps d’étoffer son personnage principal, mais il aurait été moins préjudiciable à l’intrigue d’axer la recherche sur un membre de sa famille plutôt que sur un petit copain random dont on a pas eu le temps d’admirer les qualités.

Empruntant à la Divine Comédie (voyage dans les différents cercles de l’Enfer) autant qu’à Orphée et Eurydice (le protagoniste va chercher l’être aimé en Enfer) avec une évidente référence structurelle à Saint Seya (un long escalier reliant différents sanctuaires, avec des boss à vaincre à chaque étape), Hella et les Hellboyz reste une lecture sympathique, charge à l’auteur d’approfondir ses personnages grâce à un second tome tout en évitant les écueils promis par la linéarité de la prémisse.

A partir de 10 ans. 

***·Comics·East & West·Nouveau !·Rapidos·Service Presse

Bone Parish #2

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Second tome de 112 pages de la série écrite par Cullen Bunn et dessinée par Jonas Scharf. Publication en France chez Delcourt le 07/10/20.

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Merci aux éditions Delcourt pour leur confiance.

Enfers artificiels

Le premier tome de Bone Parish nous présentait le business tout particulier de la famille Winters, dont le décès récent du patriarche avait forcé Grace, la mère, à prendre les rennes et à faire face aux redoutables concurrents qui souhaitent mettre la main sur la Cendre, drogue fabriquée à partir de dépouilles permettant de revivre les instants de vie d’un défunt.

Frappés par le décès d’un des leurs, les Winters n’auront pas le temps de s’appesantir sur leur deuil, car déjà, les requins se massent autour d’eux. Grace, qui jusqu’ici comptait sur la Cendre pour diriger la famille grâce aux conseils de son défunt mari, va devoir faire des choix radicaux pour protéger son clan, tandis que Brae, le fils aîné, aspire toujours à plus et commence à prendre des risques pour prouver sa valeur. Brigitte, quant à elle, est sursollicitée pour fabriquer toujours plus de Cendre. Les cartels adverses, de leur côté, tentent de reproduire la Cendre, avec des résultats pour le moins préoccupants.

From ashes to ashes

Après un premier tome mettant l’accent sur une ambiance glauque et morbide, Cullen Bunn nous fait plonger plus profondément encore dans l’horreur, n’hésitant pas à y apporter une touche graphique pour appuyer son propos. Le rythme est sans doute moins porté vers l’action, l’intrigue avance néanmoins, l’auteur positionnant ses différents antagonistes en prévision du troisième tome qui doit conclure la série.

Les Winters maîtriseront ils la Cendre suffisamment pour prendre le pas sur leurs rivaux ? Quels secret cette maudite substance recèle-t-elle encore ? réponse dans le dernier tome !

****·BD·Jeunesse·Nouveau !

La Brigade des Cauchemars #4: Melissandre

La BD!

Quatrième tome de la série écrite par Franck Thilliez et dessinée par Yomgui Dumont. Parution le 17/09/2020 aux éditions Jungle, collection Frissons.

Pieds nickelés aux pays des rêves

Il est assez surprenant d’apprendre que l’on passe un tiers de notre vie à dormir. Paradoxalement, la plus grosse partie de notre vie onirique, intérieure, se dérobe à nous dès l’aurore venue, bien qu’il en subsiste parfois les pans les plus marquants. En effet, s’il est difficile parfois de se souvenir de ses rêves, les cauchemars, quant à eux, peuvent faire de notre vie un calvaire, surtout s’ils sont récurrents.

Le professeur Albert Angus détient la solution à ce problème. Au sein de sa singulière clinique du sommeil, il accueille les jeunes gens tourmentés par leurs cauchemars afin de les en libérer, par un moyen assez peu orthodoxe.

Le Professeur Angus est un pionnier dans son domaine. Dans son établissement, les rêves prennent forme, littéralement, grâce une complexe machinerie régie par quelques règles strictes. Une fois le patient endormi, il est possible, en poussant une porte, de pénétrer dans le rêve angoissant et de l’explorer afin d’en déterminer la cause et débarrasser enfin le rêveur de ses angoisses.

C’est pour cette cause qu’a été créée la Brigade des Cauchemars, composée de Tristan, le fils du Professeur, et d’Esteban, jeune garçon amnésique adopté par le scientifique. Les deux collégiens sont des explorateurs de rêves aguerris: ils connaissent par cœur la distorsion temporelle entre rêve et réalité, et ont toujours à l’esprit les principales règles à respecter: il faut absolument quitter le rêve avant le réveil du patient sous peine d’y rester prisonnier, et ne rien laisser sortir du rêve, car tout ce qui est rêvé devient matériel, ce qui en cas de fuite pourrait créer des aberrations confondantes…

Teen-ception

Au fil des tomes, les secrets enfouis dans les couloirs de la cliniques refont surface et mettent danger non seulement nos deux héros, mais également les patients. D’où vient Esteban ? Que lui cache le professeur à propos de son passé ? Le jeune garçon taciturne mais altruiste découvrira, dans le tome 3, sa véritable nature: il est lui-même un personnage issu du monde des rêves, qui a traversé la porte pour rejoindre le monde matériel ! Quant à la mère de Tristan, la femme du Professeur, elle a disparu, piégée dans le cauchemar d’un ancien patient devenu fou. Toutes ces révélations mènent à ce quatrième tome, censé dévoiler la destinée d’Esteban et son devenir dans le monde matériel.

Franck Thilliez, auteur de romans policiers, fait ici sa première incursion dans la bande dessinée dans un registre résolument fantastique. Malgré un pitch osé et fantaisiste, le romancier pose dès le premier tome les bases d’un univers cohérent, dans lequel les règles sont martelées pour mieux être exploitées ou contournées en aval du récit.

L’intrigue est haletante, comporte parfois des ficelles visibles mais dont la mise en scène parvient tout de même à surprendre, ce qui est là la marque du talent de l’auteur. Bien sûr, on ne peut s’empêcher d’y trouver ça et là les influences probables et inévitables, parmi lesquelles Inception, où d’autres histoires tournant autour du voyage intérieur. Mais l’originalité demeure, et le tout donne une série jeunesse de grande qualité.

Les dessins de Yomgui Dumont correspondent parfaitement à l’univers crée par Franck Thilliez. Basculant avec aisance entre onirisme et réalité brute, le dessinateur donne à voir des pages sombres, parfois effrayantes, pour notre plus grande satisfaction !

***·Comics·East & West

October Faction #1

Comic de Steve Niles et Damien Worm
Delcourt (2019) – IDW (2014-…), épisodes 1-6, série en cours, 18 issues parues aux USA et deux séries dérivées.

Portrait de famille

couv_378763Bien souvent, les relations que l’individu entretient au sein de sa famille constituent plus tard le ciment de sa personnalité, et peuvent, également, conditionner certains de ses choix. Les familles fictionnelles ne font bien évidemment pas exception, y compris les familles badass qui chassent des monstres.

Autrefois, Fredrick Allan était un redoutable chasseur de monstres. Rompu à la traque des créatures surnaturelles et exceptionnellement érudit en sciences occultes, il a finalement décidé de se ranger pour mener une vie plus ou moins normale, au grand désarroi de son épouse Deloris, à qui le frisson de la chasse manque terriblement, et de ses enfants Geoff et Vivian, qui ne rêvent que de reprendre l’activité familiale. Fredrick va bien entendu être ramené dans le feu de l’action par des affaires qu’il pensait (littéralement) enterrées.

Les monstres sont parmi nous

Steve Niles, l’auteur de l’incontournable 30 jours de nuit, s’amuse dans October Faction à faire état des liens dysfonctionnels qui unissent les membres d’une famille hors du commun, comme on peut aussi s’en délecter dans Les Indestructibles ou La Famille Adams.

Pas de doute, le scénariste maîtrise bien les codes du genre, et n’hésite pas à employer vampires et loups-garous lors des flash-backs nous donnant un aperçu du glorieux passé du couple Allan. Côté horrifique, je trouve cependant dommage que l’on reste cantonnés à ces créatures, déjà croisées à l’envie dans ce type d’histoire, plutôt que d’explorer des folklores un peu moins exploités, comme dans les univers de Mignola, par exemple.

L’intrigue reste toutefois prenante, car il est difficile de ne pas s’attacher aux membres de cette famille étrange malgré leurs activités morbides. Les liens se renouent au cœur du danger, l’amour refleurit par-dessus les tâches de sang, c’est tout ce que l’on s’attend à lire en voyant la couverture d’October Faction, qui emprunte autant à la Famille Adams qu’aux Winchester de la série Supernatural.

Côté graphique, le travail de l’espagnol Damien Worm fait penser à la fois aux ambiances de Ben Templesmith, qui officiait déjà avec Niles sur 30 jours de nuit, mais aussi à Clayton Crain, qui s’est déjà surpassé sur des ambiances glauques et horrifiques auparavant.

Amateurs de monstres, de frissons, d’épouvante et de cohésion familiale retrouvée, il ne vous reste plus qu’à vous plonger dans cette BD sombre avant d’éprouver vos nerfs sur l’adaptation qu’en a fait Netflix© !

***·BD·Nouveau !

Vampire State Building #1

 
Scénario de Ange et Renault, Dessin de Charlie Adlard, couleurs de Sebastien Gerard
Editions Soleil (2019), 2 vol. parus, 56p. /vol.

Un monstre, un lieu clos, et un secret, il n’en faut généralement pas davantage pour mettre sur pied une bonne histoire d’horreur ou d’épouvante. Ange et Patrick Renault ne s’en sont pas privés, et, secondés par l’immense Charlie Adlard, nous livrent ainsi l’étonnant diptyque Vampire State Building, aux éditions Soleil.

 

La Tour Infernale

Comme nous le disions, Vampire State Building réunit les ingrédients quintessentiels de l’épouvante. Tout d’abord, un lieu clos, et non des moindres: le célèbre Empire State Building, qui fut longtemps le gratte-ciel le plus haut de la Grosse Pomme, le même qui vit tomber le titanesque King Kong, image désormais inscrite dans l’imaginaire collectif. Ensuite, un monstre: et là, les scénaristes, connus respectivement pour La Geste des Chevaliers Dragons et Indicible, sont allés chercher un incontournable du genre, le Vampire. Et enfin, un secret, dont le dévoilement lance l’intrigue: le dieu des Vampires a passé des décennies emmuré au sein de la tour, plongé dans un sommeil réparateur par ses « enfants ». Propulsez dans tout ceci un groupe de jeunes gens innocents et vous obtenez un Die Hard croisé avec 30 jours de nuit , une bd qui va vous maintenir accroché à sa reliure page après page !

 

Sang pour Sang

Au milieu de ce tumulte, on retrouve le protagoniste Terry, jeune homme taciturne qui vient de s’engager dans l’armée, dont le départ pour l’Irak est imminent. En guise de fête d’adieu, ses amis lui organisent une visite au sommet du célèbre building, au moment même où une horde de fanatiques morts-vivants fait irruption pour libérer son impie divinité.

On comprend bien vite que l’engagement de Terry n’est qu’un exil auto-imposé, une façon pour lui de fuir ses problèmes et le deuil de son père. Sauf que là, la fuite sera résolument plus compliquée et deviendra littéralement une question de vie ou de mort.

 

Le Dernier des Morts-vivants

Si la mythologie des vampires conserve ici ses codes principaux, elle est néanmoins revisitée d’une façon fort intéressante, sous l’angle des croyances amérindiennes.

Le décor est utilisé à bon escient, les couloirs de la tour deviennent autant de pièges que les héros auront bien du mal à éviter. Le dessin de Charlie Adlard, qui n’a plus à faire ses preuves depuis The Walking Dead, est sublimé par les couleurs de Sébastien Gérard. Son design des vampires se révèle simple et efficace, et on note un effort particulier quant à l’aspect d’U’tlun’ta, le Manitou Noir.

L’intrigue reste fidèle à l’aspect survival, et la confrontation finale ne manque pas de punch !

En conclusion, Vampire State Building est une série qui tient ses promesses et offrira son lot de frissons aux amateurs du genre !

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***·BD·Jeunesse·Nouveau !

Histoire(s) à dormir debout

BD de Pedro Rodriguez et Jorge Garcia
Les aventuriers de l’étrange (2019), 89 p. one-shot.

Prenez garde: le regard à la fois vide et hypnotique de ce chimpanzé va vous attirer dans un abîme d’effroi et de terreurs nocturnes !

Histoire(s) à dormir debout est le fruit de la collaboration de Pedro Rodriguez et Jorge Garcia, deux auteurs espagnols ayant déjà collaboré sur Les Aventures du jeune Jules Vernes en 2010. Il s’agit en fait ici d’une réédition de leur album intitulé « Macabre« , lui aussi sorti en 2010, et prend la forme d’un recueil d’histoires courtes, adaptées des récits signés par les grands noms de la littérature fantastique: Edgar Allan Poe, Sheridan Le Fanu, Guy de Maupassant, Robert-Louis Stevenson…

Vous croiserez donc, au fil de ces glaçantes lectures, des spectres, des mains étrangleuses, un vampire, et même… le Diable en personne !

Histoire(s) à dormir debout est une lecture accessible aux plus jeunes lecteurs, mais saura également saisir d’effroi les amateurs de BD plus expérimentés. Ici, point de gore ni de monstruosités, mais plutôt l’ambiance oppressante et l’angoisse propres aux récits d’épouvante qui ont fondé le genre.

Le dessin de Pedro Rodriguez est magnifique, parfaitement adapté aux univers sombres des ces auteurs. Son trait est tel que l’on pourrait croire que l’on regarde un métrage d’animation, couché sur papier ! J’ai pu entendre certains lecteurs se plaindre de l’usage trop répandu du dessin et des couleurs numériques, il n’en demeure pas moins que le résultat est ici très réussi.

S’agissant des différentes intrigues, on pourrait regretter la fin plutôt abrupte de certaines d’entre elles, personnellement, j’aurais apprécié de les voir extrapolées un peu plus.

Pour conclure, Histoire(s) à dormir debout est un très bel album, qui permettra aux petits comme aux grands de frissonner. N’hésitez donc pas à vous plonger dans l’effroi, sans oublier de jeter un œil du côté du catalogue des Aventuriers de l’Étrange !

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