Comics·Nouveau !·Numérique

Lazarus #7

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Comic de Greg Rucka et Michael Lark
Glénat (2020) – Image (2019), 132 p., série en cours.

badge numeriqueLe précédent volume commence à remonter puisque ma critique date d’un an et demi… Je n’ai pas lu le tome noté « 6 » chez Glénat, qui reprenait des épisodes spin-off apparemment peu intéressants. L’intrigue reprend donc bien au tome « 7 ». A noter que le nouveau cycle est sous-titré « Risen » chez l’éditeur original Image, Glénat ayant choisi de maintenir une continuité de tomaison. Espérons que cela n’oblige pas dans quelques volumes à une révision de la maquette sur les réeditions…

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Alors que la guerre des familles s’intensifie Forever noue un pacte avec sa sœur pour enfin rencontrer son clone. La défaite contre le Dragon a marqué les esprits et les alliances se font et se défont dans un monde sur le point de basculer…

Est-ce le fait d’avoir attendu un temps inhabituel entre le précédent opus et celui-ci? Le fait est que cette reprise, si elle est plus que jamais marquée du sceau de l’action (entre intervention commando hyper-technologique et affrontement primaire entre lazares), semble patiner un peu dans la résolution de l’affrontement géopolitique. Le nouveau contexte marqué par un réequilibrage interne à la famille est désormais connu mais les aller-retours géographiques avec des informations temporelles assez absentes pour le lecteur ne facilitent pas la compréhension. Une carte des noms des clans en début d’album aiderait grandement à contextualiser de qui on parle car dans ces discussions stratégiques on est un peu perdu. De même, le changement de coiffure de Forever rend parfois compliquée la lecture des actions entre des soldats tous harnachés de combinaisons de storm-troopers. Le style de Michael Lark peut diviser, personnellement j’ai du mal depuis le début de la série, ce qui ne m’empêche pas de’apprécier l’excellent scénario, très sombre, froid et psychologique de Greg Rucka. Hormis cela on assiste à des assassinats violents, à l’apparition de la matriarche Carlyle, au retour du Dragon et aux incidences de la guerre sur les populations civiles.

On attend toujours la série Amazon qui devrait propulser encore plus haut cette série dans la popularité geek et il faut reconnaître une solidité indéniable dans la progression dramatique (un peu lente….?) et des personnages forts. L’univers de Lazarus est noir, très très noir. Gageons que cette « résurrection » soit un chemin vers la lumière.

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***·Manga·Numérique·Rapidos

Glaucos #1

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Manga de Akio Tanaka

Glénat (2006-2007) – Kodansha (2004), 220p./volumes, série finie en 4 tomes.

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Cissé est né dans la mer, mystérieusement, et sauvé par des dauphins. Ayant grandi auprès d’un pécheur sur un îlot du Pacifique, il est un jour repéré par l’ancien champion du monde de plongée en apnée qui voit en lui le successeur destiné à récupérer le record de profondeur…Killy on Twitter: "À noter qu'Ascension est une adaptation du ...

L’ouvrage commence comme un mythe, surprenant, un peu brutal: l’image d’une femme accouchant au milieu de l’océan, sur des planches en couleur de toute beauté et très poétiques. Puis on bascule dix-sept ans plus tard: Cissé, jeune homme longiligne et sec, aux yeux et lèvres le rapprochant des poissons, danse au fond de l’eau. Le rythme de ce premier tome avance vite puisque en deux-cent pages on assiste à la naissance de Cissé, son départ pour le Japon, lui qui n’a jamais reçu la moindre éducation scolaire et n’est jamais parti de son îlot, ses analyses médicales surprenantes et le début de sa formation pour reconquérir le titre de champion détenu par un certain Petit dont l’image commence déjà à hanter le jeune homme. Les interactions entre les personnages sont assez intéressantes, avec ce champion déchu et revanchard dont on soupçonne la manipulation, la chercheuse qui voit en Cissé l’archétype de l’évolution du genre humain et ce héros tout à fait immature qui va devoir apprendre que les capacités innées, aussi incroyables soient-elles, ne suffisent pas sans entraînement et travail. Le travail graphique est plutôt réussi avec de très beaux paysages et des visages de type franco-belge malgré quelques faiblesses anatomiques assez surprenantes. J’ai retrouvé dans ce bel album l’énergie sport-nature d’Ascension de Shin’ichi Sakamoto (sorti après Glaucos), avec des images de nature aquatique, l’aspect technique du sport extrême et la figure classique du jeune homme rebelle mais à la volonté d’airain.  Une belle découverte!

***·****·East & West·Jeunesse·Manga·Nouveau !

Dr. Stone #6-9

esat-westBillet spécial Dr. Stone, la série phénomène en cours de publication (quinze volumes parus au Japon et un rattrapage par Glénat probablement d’ici deux ans). J’avais stoppé ma lecture au cinquième tome et ai entrepris un rattrapage costaud pour rejoindre le dixième volume qui est juste sorti.

  • Dr. Stone #6 (Boichi, Inagaki – Glénat)  – 2019

couv_365865Après une grosse pause depuis le tome cinq d’une série qui commençait à me lasser, ma fille qui est accro m’a incité à m’y remettre. Du coup cette pause a été bénéfique puisque j’ai bien accroché à ce sixième volume qui marque la fin du « Livre 1 » que l’on comprend comme l’introduction à cet univers après la pétrification et les explications de ce qu’il s’est passé juste après avec l’intervention du père de Senku, seul rescapé avec son équipage de la station spatiale internationale. Le lien entre avant et maintenant est désormais fait et le manga peut lancer la bataille entre le royaume de science de Senku et celui de la force de Tsukasa (arc de la « guerre de la pierre »). Les inventions reprennent de plus belle et l’arrivée de nouveaux personnages fait du bien ainsi que le personnage du mentaliste qui anime beaucoup les manigances des deux groupes. La construction est toujours un peu erratique et demande un peu de concentration avec beaucoup de sauts géographiques ou temporels un peu abruptes, comme dans tous les manga de Boichi du reste. Le niveau graphique reste phénoménal et le statut de best seller de ce manga est tout à fait compréhensible vue sa qualité générale, notamment dans le public Shonen.

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  • Dr. Stone #7 (Boichi, Inagaki – Glénat)  – 2019

couv_369340Senku et sa bande ont entrepris de construire un « smartphone »!!! Bien entendu comme depuis le début de la série il y a un gros écart entre ce qui est annoncé avec des dessins anachroniques et la réalisation assez fruste, mais l’idée y est et hormis les délais de réalisation tout cela reste assez crédible à compter du moment où les matériaux et la connaissance sont présents. Sur le plan technique et scientifique on continue à apprendre énormément de choses et il est intellectuellement fascinant d’imaginer comment reconstituer notre société technologique en très peu de temps. Le scénariste Riichiro Inagaki fait toujours de gros efforts pour nous prendre à contre-pied avec un héros qui place systématiquement la finesse et l’intelligence devant la force brute. Ainsi, alors que le Royaume de Tsukasa imagine avec crainte Senku réaliser des armes à feu pour gagner cette guerre, ce dernier proclame comme arme ultime… la communication par ondes radio! Je ne sais pas si le système scolaire a déjà identifié ce manga comme support pédagogique mais ce ne serait pas une mauvaise idée tant la qualité visuelle et la multitude d’informations scientifiques débordent de chaque chapitre. Multipliant les personnages, Dr. Stone avance à « deux-millions à l’heure » vers l’affrontement final en proposant dans ce volume pour la première fois la question de l’état du reste du monde après la pétrification et le lien au travers des âges via la découverte d’un enregistrement…

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  • Dr. Stone #8 (Boichi, Inagaki – Glénat)  – 2019

couv_374734Comme depuis le début de la série le volume propose plusieurs intrigues assez linéaires et séparées facilitant la lecture du public cible: les jeunes. On  a donc la conclusion de la guerre de communication avec l’affrontement pour capturer Homura, l’espionne de Tsukasa puis des tentatives de récupération de membres de part et d’autre des deux royaumes et pour finir, la fameuse voiture vue sur la couverture. C’est d’ailleurs un des éléments que j’apprécie dans cette série, les couvertures sont extrêmement fidèles à l’intrigue et ne se contentent pas de jolies visions graphiques comme dans trop de manga.

Ce tome propose beaucoup plus d’action que les autres et c’est tant mieux! Si Senku n’est jamais avare d’idées mystérieuses dont on ne voit pas tout de suite l’utilité, l’avancée vers l’affrontement simplifie le récit et chaque découverte a une utilité immédiate qui nous parle (il faut dire on est plus dans la mécanique que dans la chimie ou la physique élémentaire). Au niveau des enjeux en revanche, ça se complexifie avec pour la première fois depuis les tous premiers chapitres, des doutes sur la conduite à tenir (peut-on éliminer des statues qui seront de futurs adversaires? Le risque de voir le royaume des sciences de Senku mener à la même catastrophe environnementale que le monde d’avant n’est-il pas trop grand?). Ça densifie fortement l’ambition du manga et le fait monter d’un cran avec quatre Calvin!

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  • Dr. Stone #9 (Boichi, Inagaki – Glénat)  – 2019

couv_381482L’offensive finale a commencé pour ce tome qui marque la fin du premier arc de Dr. Stone. Chrome est prisonnier et le plan de Senku va rapidement être mis à mal par la redoutable équipe de Tsukasa. Le cœur de cette guerre est la caverne miraculeuse, située au cœur du Royaume de la force et détenant le précieux élixir de dé-pétrification. Assez vite les inventions de Senku vont se heurter à la stratégie de Tsukasa, ce qui provoque de nombreux renversements de situation… Comme dans le précédent volume l’action est bien plus soutenue et les dessins deviennent par conséquent encore plus impressionnants en laissant de la place à Boichi pour montrer la qualité de sa technique.Beaucoup de personnages s’avèrent jouer un double jeu, à l’avantage ou au désavantage de Senku et ce jusqu’à la conclusion en gros cliffhanger! J’ai l’impression que les auteurs ont trouvé enfin un bon équilibre entre l’humour, la vulgarisation et world-building et l’action-suspens. Et quand on sait que le dixième volume démarre l’arc des Grandes découvertes, on imagine que la série peut durer encore pas mal de temps avec probablement l’ambition (tant que le succès est au rendez-vous) de nous narrer l’histoire de l’humanité jusqu’à nos jours…

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***·BD·Nouveau !

Conan le Cimmérien #9: Les Mangeurs d’Hommes de Zamboula

La BD!

Neuvième tome de 46 planches, écrit et dessiné par Gess, d’après l’œuvre de Robert E. Howard. Parution le 11/03/2020 aux éditions Glénat.

Blondin avait proposé son avis.

Les Contes des Mille-Et-Un Barbares

Après avoir affronté les Clous Rouges et le Peuple du Cercle Noir, Conan fait étape dans la cité de Zamboula, pour y écluser quelques hectolitres de vins et s’encanailler d’une façon dont lui seul a le secret.

Zamboula est une ville cosmopolite et commerçante, dans laquelle cohabitent plusieurs tribus et plusieurs castes, sous la fragile houlette du Satrape, Jungir Khan. Conan doit redoubler de vigilance car les rues de Zamboula ne sont pas sûres: la rumeur veut que les voyageurs et autres gens de passage y disparaissent promptement à la faveur de la nuit, sans laisser de trace.

Evidemment, Conan, avec sa carrure inhabituelle et son encombrante épée, ne passe pas inaperçu, surtout en état d’ébriété. Il va donc devoir se réveiller un peu s’il veut pouvoir échapper aux mangeurs d’hommes éponymes et sauver sa peau.

Un Cimmérien sinon rien

Alors qu’il est immanquablement attaqué pendant la nuit par les fameux mangeurs d’hommes, Conan fait la rencontre de la mystérieuse (et nue) Zabibi, qui, par son charme vénéneux, convaincra le rugueux guerrier de l’aider à retrouver son bien-aimé, perdu lui aussi dans les rues de Zamboula.

Ce sera le début pour Conan d’une quête endiablée au pays des Mille-Et-Une Nuits, où les faux semblants sont monnaie courante. La durée de l’intrigue tient en une seule nuit, aussi la narration de Gess reste-elle fluide. Les enjeux pour Conan ne sont pas mirobolants, mais on se surprend à apprécier de le voir mené par le bout du nez par Zabibi, jusqu’à un dénouement surprenant qui montre que la force n’est pas le seul atout du guerrier Cimmérien.

Une lecture rapide et efficace, un ajout opportun à la série que ce neuvième tome de Conan.

***·BD·Comics·Nouveau !

Les Chroniques d’Under-York #2: Possession

La BD!

Deuxième tome d’une trilogie écrite par Sylvain Runberg et dessinée par Mirka Andolfo, 60 pages, parution le 18/03/2020 aux éditions Glénat.

 

Vivons heureux, vivons cachés

Alison Walker est une jeune new-yorkaise en apparence sans attaches. En apparence seulement, car la jeune artiste en devenir a, en réalité, fait le choix de fuir sa famille et de dévier du chemin qui lui était tracé par son clan.

Alison n’est pas une fille ordinaire, car elle est issu d’une communauté ancestrale, qui détermine en secret et grâce à la Magie le sort de New-York, recluse dans un sanctuaire sous-terrain invisible aux yeux des mortels. Alison avait d’autres ambitions et a donc décidé, au grand dam de ses parents, de délaisser sa prometteuse vocation de magicienne afin de les concrétiser.

C’est ainsi que nous la découvrons dans le premier tome, alors qu’elle va être rattrapée par ce monde magique qu’elle cherchait à fuir. Alison va devoir faire équipe avec son frère Bayard pour stopper une série de perturbations et d’attaques magiques, sans se douter que c’est non pas le sort de la ville, mais du monde entier qui est en jeu. Sera-t-elle aussi réticente lorsque la vérité lui apparaîtra ?

The Voodoo that you do

L’intérêt des Chroniques d’Under-York réside avant tout dans l’originalité de sa prémisse. Bien sûr les mondes magiques et cachés ont été évoqués et visités à l’envi auparavant, il n’en demeure pas moins que l’aspect visuel de l’Under-York, pentagramme servant de fondations à New York, reste saisissant et impose immédiatement à l’esprit du lecteur le concept de départ.

L’idée de revisiter la Gross Pomme sous l’angle de la sorcellerie ouvre la porte à des intrigues potentiellement passionnantes, entre luttes de pouvoir et influences occultes. Le scénariste débute ainsi cette exploration en mettant en scène la prochaine élection municipale, où se jouent autre chose que les taxes locales.

Néanmoins, à ce stade de la trilogie, l’intrigue principale, qui met Alison et Bayard sur la piste du démon babylonien Marduk, ne brille pas par son originalité, mais elle demeure bien construite. Nous en restons pour l’instant à un chassé-croisé entre les héros et le démon tout au long de l’album, avec, concédons-le, un cliffhanger saisissant qui donne envie d’enchaîner avec le tome 3, même si a priori, la situation ne peut-pas être aussi désespérée qu’elle y paraît, magie oblige.

A propos de magie, une des observations que l’on pourrait en faire dans Chroniques d’Under-York est, qu’alors que la volonté de l’auteur est assez explicitement établie (au travers de sa protagoniste) de se démarquer de la saga Harry Potter, le type de magie utilisé n’en diffère pas vraiment. Certes, plusieurs pratiques et ethnies y étant rattachées sont représentées (le clan d’Alison pratique le vaudou, un clan rival pratique le druidisme, etc), mais au final, on a quand même droit à des sorts relativement classiques, le tout dans un système dit de « magie douce » (par opposition à la « magie dure« , où les règles et les limites sont clairement établies).

Toutefois, ce que les Chroniques d’Under-York parviennent à faire, c’est rendre attachante la protagoniste Alison, par le biais notamment, d’un journal intime, dont les entrées disséminées au fil de l’album permettent d’approfondir le personnage en fouillant son vécu douloureux. Le thème de l’exclusion, de l’ostracisme, et celui des différences, sont opportunément illustrés par Alison, que ce soit dans sa volonté de s’exiler pour vivre sa propre vie ou encore son désir d’aider les plus démunis.

Les dessins de Mirka Andolfo sont impressionnants de dynamisme, on sent d’ailleurs l’influence notable de certains artistes issus du comics, Michael Turner en tête.

Les Chroniques d’Under-York est donc une œuvre pêchue bâtie sur une prémisse prometteuse, une trilogie à suivre !

****·East & West·Manga·Nouveau !·Numérique·Rapidos

Sushi & Baggles #33

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Excellente fournée Manga et Comics qui montre qu’il ne faut jamais désespérer de séries parfois mal embarquées et que les projets les plus improbables mènent parfois à de grandes choses…


  • Ex-Arm #11 (Hi-rock/Shin-Ya Komi/Delcourt) – 2020 série achevée en 14 volumes (Japon)

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badge numeriqueOn approche de la fin avec ce onzième tome où continue une action effrénée et un enchaînement de révélations. Je le répète, si cette série excellemment dessinée depuis le premier volume a un gros retard à l’allumage, dès le commencement de l’intrigue principale au tome 6 on se rapproche très fort du statut de digne successeur de Ghost in the ShellLa bataille finale a déjà commencé avec la disparition de la plupart des familles engagées dans le combat pour la possession de la dernière ex-arm. Confrontée à Alma, Minami se voit dans l’obligation d’assumer son rôle de flic, même si cela doit passer par l’élimination de son amie… Alors que l’arrivée de l’Ogre, ce cyborg à la puissance phénoménale est annoncée, la récupération d’Alma devient impérative pour éviter la destruction de tout le site. Seul Akira et sa puissance de Hacking peut pirater ce monstre via l’IA d’Alma. Alors que les Octopod déversent un déluge de feu qui menace de faire s’effondrer le stade, le propre frère de Minami s’apprête à révéler sa véritable puissance…

Quel plaisir de retrouver ce manga aux scènes d’action parfaites, d’une lisibilité, d’une élégance parfaites et aux thématiques enfin au niveau! Plus que trois tomes avant la conclusion… qui sera prolongée par une suite annoncée et un anime prévu pour cette année. Avec une durée très raisonnable il est vraiment temps de découvrir cette excellente série trop méconnue.

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  • Centaures #4 (Sumiyoshi/Glénat) – 2019, série finie en 4 volumes.

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Ce quatrième volume achève (déjà!!) une série qui se classe nettement dans le très haut panier des mangas publiés depuis pas mal d’années. Pour une première publication, ce double diptyque s’avère d’une maturité impressionnante tant par des dessins qui visent à rappeler l’estampe que par l’ambition du découpage et des thématiques utilisées. Pour rappel les deux premiers volumes narrent la résistance du colosse Matsukaze dans un monde qui persécute et mets en esclavage les centaures. L’auteur avait prévu d’achever son récit sur une note sombre au bout de deux volumes mais devant la qualité du récit un second cycle a été lancé qui s’achève avec cet opus. Après avoir découvert que la guerre était finie et qu’humains et centaures apprenaient désormais à vivre ensemble, le fils de Matsukaze dont le père a fait promettre de se battre jusqu’à la fin des persécutions, se retrouve démuni face à ce nouveau monde et la nécessité du pardon. Le dernier tome nous montre Gonta employé pour transporter des bois sur un chantier commun aux deux Centaures tome 4 - BDfugue.comespèces. Là il trouve un amour qu’il ne sait assumer… Elevé en guerrier, aux habitudes très éloignées de la civilisation humaine, de très nombreux questionnements se bousculent dans sa tête, l’empêchant d’envisager une vie paisible et amoureuse qui lui tend pourtant les bras. Le pardon pour les souffrances infligées par les humains, le renoncement au mode de vie ancien (faut-il porter le kimono, présenté comme civilisé par la nouvelle société ou continuer à se promener la croupe à l’air comme toujours?), l’oubli du père en abandonnant son combat, la liberté individuelle de Tanikaze contre la prédestination, sont autant de thématiques très riches abordées dans ce seul et dernier tome d’une série construite comme deux faces, un premier cycle très dur posant la résistance contre une espèce humaine impitoyable et un second beaucoup plus posé, renvoyant les personnages au passé. Imprévue et subtile, cette construction prends tout son sens dans une conclusion potentiellement ouverte et aussi réussie que l’ensemble de la série. Une série majeure assurément!

Et Glénat annonce déjà la parution du dernier manga (Ashidaka) de cet autrice très talentueuse!

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  • Injustice, les dieux sont parmi nous – Année 1, 2° partie (Taylor/Collectif/Urban) – 2015

badge numeriquecouv_236040Je m’étais pris une grosse claque inattendue en janvier avec ma lecture de la première partie de l’année 1 de cette série. Fort heureusement à partir de l’année 2 de vraies couvertures de comics avec des dessinateurs plus classiques apparaissent et c’est tant mieux… Doté de dessins un peu moins réussis que précédemment, le scénario monte encore d’un cran dans cette fuite annoncée vers le totalitarisme d’un Superman qui a brisé ses chaînes morales. Si la première partie se structurait autour de la constitution de deux camps, la rupture est désormais rompue avec l’équipe du Chevalier noir quand l’Homme d’Acier commet son premier meurtre sur un super-héro… et pas le dernier! Tom Taylor réalise ici ce que personnellement je n’ai vu que dans Watchmen, une déconstruction totale des personnages iconiques, en supprimant tout le vernis éditorial d’autocensure posé jusqu’ici par la horde d’auteurs qui se sont succédé sans jamais oser passer à l’acte. Dans Red Son Superman abordait le rôle de méchant mais avec le soutien de son gouvernement, la dystopie créant une simple bascule d’Ouest en Est. Beaucoup plus ambitieuse la série dirigée par Taylor dit toutes les facettes psychanalytiques sombres des héros, Superman comme Batman, Wonder Woman comme Green Arrow. Tout cet habillage bien pensant auquel on n’a jamais cru, ces bourres-pifs menant les méchants en prison, bref, toute la règle posée par le Comic Code Authority et jamais vraiment démentie jusqu’ici est mise par terre pour nous proposer l’un des premiers récits adultes de super-héros chez DC.

Les seuls bémols que je mettrais sont l’irruption totalement WTF (et franchement mauvais goût) de Lobo, quelques dessins assez médiocres et quelques passages qui semblent rattachés à d’autres volumes et qui paraissent ici un peu perdus dans la trame scénaristique. Pour le reste Injustice est au bout de cette première « année » la meilleure chose que j’ai lu chez le Big Two depuis bien longtemps!

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**·Manga·Numérique·Rapidos

Lecture COVID: Berserk #1

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Les sources de lectures Covid que j’ai identifié sont les suivantes (vérifier sur les sites la durée de disponibilité variable). Si vous avez un compte Iznéo, les promo sont basculées mais en vrac entre les promo payantes et les véritables gratuits). N’hésitez pas à signaler en commentaire de ce billet des liens intéressants vers d’autres éditeurs!


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Manga de Kentaro Miura
Glénat (1996-2019), série en cours (40 volumes)

badge numeriqueBerserk est considéré comme un monument par une bonne partie des lecteurs assidus de manga, un peu comme l’est Elric pour la fantasy en occident… Je vais sans doute me faire conspuer à cette comparaison entre deux univers que je maîtrise et connais très mal mais le parallèle m’est venu assez vite après avoir terminé ce premier tome (et ma lecture de l’adaptation en cours du plus célèbre albinos de la littérature). L’atmosphère glauquissime, les démons visqueux omniprésents et le antihéros violent et désintéressé du sort de ses semblables se retrouvent dans les deux œuvres.

Ce premier tome nous présente donc le héros, dont la caractéristique est d’être doté d’un bras métallique portant une arbalète à répétition et surtout, icône absolue du manga, une épée, que dis-je, un arbre de métal de deux mètres de long sur cinquante centimètres de large qu’il utilise pour découper allègrement tout ce qui se place en travers de sa route… Parti en quête de vengeance (on ne sait pas encore laquelle), il semble invulnérable aux attaques des démons qui parcourent le pays et refuse l’aide d’une petite fée qu’il a délivré des griffes de méchants. On ne s’ennuie pas lors de la lecture de cette introduction, du reste fort mal dessinée (le manga date du milieu des années 90) et très fournie en combats violents et démembrements. L’aura sulfureuse qui entoure ce manga n’y est sans doute pas pour rien dans sa notoriété et je dois dire que cela m’a laissé de marbre, assez peu friand que je suis de la fameuse culture « monstrueuse » qui parsème nombre de mangas et anime. Les dialogues, pas franchement subtiles, sont parsemés d’humour noir et d’un esprit sadique qui fait l’ADN du manga. Par tous ces aspects cette lecture ne m’a pas convaincu (mais il paraît que les dessins s’améliorent grandement par la suite…).

L’apprenti Otaku vient justement de publier un guide de lecture de la série, que je vous conseille vivement si vous souhaitez vous lancer dans cette aventure. Pour ma part, suivant ses conseils, j’irais sans doute jusqu’à la fin des trois tomes d’introduction pour voir si le virus m’aura attrapé…

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****·BD·Nouveau !

La ballade du soldat Odawaa

BD du mercredi
BD de Cedric Apikian, Christian Rossi et Walter (couleurs).
Casterman (2019), 84p., One-shot.

couv_376239Pour son nouvel album, le vétéran Christian Rossi s’est associé à un nouveau venu dans le clan des scénaristes. Après son épisode sur les amazones que j’avais personnellement trouvé assez moyen scénaristiquement c’est une bonne nouvelle et je dois dire que le courant semble être passé excellemment entre les deux lorsque l’on regarde le rendu final, un one-shot sur un concept du reste assez classique mais à la construction complexe loin d’être évidente.

Le Front français de 1915 est noir comme une nuit éternelle. Dans cet enfer les soldats allemands le redoutent plus que l’assaut, plus que la mort. On le dit partout, capable de vous attraper où que vous soyez. Il serait immortel, envoyé par le diable même. Est-ce un soldat? On l’appelle Odawaa.

Ballade du soldat Odawaa, bd chez Casterman de Apikian, Rossi, WalterL’ouvrage est présenté comme un western et je dois dire qu’il en revêt les thèmes et l’aspect mythique, presque fantastique. Le théâtre du front de 14/18 a beaucoup été abordé en BD, souvent de façon historique, parfois de façon fantastique, le plus souvent dans une veine lovecraftienne compréhensible et qui semble beaucoup inspirer les scénaristes. Ici le référent serait plutôt l’excellent Cinq branches de coton noir sorti début 2018 et qui utilisait cette fois la seconde guerre mondiale pour envoyer un commando noir derrière les lignes allemandes pour récupérer le premier drapeau de la Nation libre américains, aux mains d’un officier nazi collectionneur de reliques… On retrouve dans Odawaa l’idée du commando indigène (des indiens canadiens formant une équipe de snipers redoutables), la noirceur visuelle semblant reprendre la forme du « duel » final d’Apocalypse now, mais surtout l’aspect indéterminé: jamais nous ne savons si nous sommes dans un cauchemar, maintenant, avant, dans le réel ou non. Car le cœur de l’album est bien la figure d’Odawa, fantôme de terreur dont l’ombre parcourt subrepticement les pages de l’album comme les chants poétiques récités par son officier.

LA BALLADE DU SOLDAT ODAWAA (Cédric Apikian / Christian Rossi ...Dès les premières pages nous assistons à l’un de ses offices, chasseur implacable, inéluctable, terrorisant les allemands. Très vite aussi le scénariste trouble le lecteur: l’officier assassiné n’est pas mort. Pourtant nous l’avons vu mourir… Dès lors tout ne va être qu’un grand puzzle tentant de dénouer avec l’officier commandant le bataillon d’Odawaa la réalité de la quête qui commence lorsque l’Etat-major lui demande d’éliminer une troupe de maraudeurs allemands. Les auteurs jouent ainsi avec le lecteur, utilisant les ombres pour nous embrouiller avec délectation, posant des césures complexifiant la narration jusqu’au dénouement final en hommage au duel final du Bon, la brute et le truand. Vous l’aurez compris, l’ouvrage est bardé de références qui ont l’élégance de ne jamais être voyantes mais bien plutôt les références assumées des auteurs. Ce jeu de cache-cache prends longtemps la forme d’un duel à distance entre snipers. Il est par moment compliqué de Ballade du soldat Odawaa (La) - La Ribambullesuivre l’intrigue de par la multiplication des embuches visuelles, de découpage ou simplement de scénario posées par Apikian et Rossi. Encore une fois si la lecture aurait pu être facilitée un poil on prend autant de plaisir que dans un grand polar à décortiquer le signifiant et la réalité temporelle de ce qui nous est montré.

Ballade sanglante, barbare comme la guerre, cette BD se savoure à contempler la noirceur de la nuit et des ruines, aussi sombre que pouvait être lumineux le précédent album de Rossi. Bien plus réussi, ce dernier sait nous parler aussi de l’oubli et de l’identité volée, celle du fantôme Odawaa que l’on aimerait connaître. Un excellent album qui montre que les pas de côté mythologiques sur des thématiques connues sont souvent les meilleurs.

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****·Comics·East & West·Guide de lecture·Nouveau !

RUMBLE

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Rumble est une série écrite par John Arcudi et dessinée par James Harren, éditée aux US chez Image Comics. La série est publiée en France par Glénat, avec un premier tome paru le 13/04/2016, un deuxième tome paru le 28/09/2016, et un troisième tome paru le 29/05/2019.

Urban Fantasy déjantée

Bobby LaRosa est un jeune adulte embourbé dans sa médiocrité. Derrière son bar miteux, il se lamente sur la vacuité de son existence morose auprès de son habitué Cogan, jusqu’à ce qu’un épouvantail vivant débarque armé d’une épée géante pour mutiler le vieil homme, qui s’enfuit, laissant derrière lui une mare de sang et un grand nombre de questions…

Ainsi débute la série Rumble, lancée en 2014 par le prolifique John Arcudi et le talentueux James Harren, reconnus tous deux pour leur passage sur la série B.P.R.D., le premier en étant l’un des architectes.

Face à ce déchainement soudain de violence, Bobby va devoir compter sur l’aide impromptue de son ami Del, et découvrir l’identité et les motivations de cet épouvantail: autrefois un grand guerrier immortel nommé Rathraq, il combattit des millénaires durant contre les Esus, une race de monstres malfaisants vouée à subjuguer les humains primitifs peuplant la Pangée. Après la trêve conclue entre les deux camps, le féroce et dévoué Rathraq avait perdu sa raison d’être, et fut banni, son âme immortelle dépouillée de son cadre charnel. Ce n’est que des millénaires plus tard qu’il s’est échappé de sa prison, déterminé à obtenir sa vengeance.

C’était (pas) sa guerre

Dans Rumble, Bobby, et dans une moindre mesure, le truculent Del, représentent notre ancrage, et se substituent en quelque sorte au lecteur, qui se plonge à travers eux dans cet univers dangereusement fantastique peuplé de monstres bigarrés. Le thème du monde caché, de la mascarade, est encore une fois exploité de telle sorte que nous suivons avec délectation les tourments de nos deux loosers aventureux, alors qu’une guerre antédiluvienne entre monstres et demi-dieux fait irruption dans la ville.

Toutefois, Bobby et Del ne sont pas les seuls à provoquer l’empathie. Le grand Rathraq, qui continue se se battre alors qu’il n’est plus qu’un écho pathétique de l’invincible guerrier qu’il fut, a de quoi nous émouvoir également, sûrement du fait du paradoxe entre sa fragilité physique et la force de son esprit.

James Harren fait ici un travail formidable en incarnant des personnages expressifs au look unique et marquant, des monstres difformes mais possédant chacun leur identité. Les scènes de combat sont dynamique et n’oublient jamais d’être gores à souhait, ce qui colle parfaitement au style du dessinateur, qui avait déjà fait des merveilles sur B.P.R.D. Ses planches décompressées plongent le lecteur dans une ambiance singulièrement glauque tout en maintenant un niveau de qualité constant sur toute la série.

Rumble est un comic indy qui donne à lire une histoire unique sortant des terrains battus du mainstream, à lire bien évidemment !

***·BD·Nouveau !

Le Cimetière des Âmes

BD du mercredi

Album de 88 pages, premier tome d’une série écrite par Éric Corbeyran et dessinée par Francisco Manna. Parution le 18/09/2019 aux éditions Glénat dans la collection Grindhouse.

Contre la fin de tout

Bill Night, Olivia et Ashley, des agents de l’Académie Parallèle, mènent frénétiquement des recherches d’une importance capitale. En effet, si l’on se réfère à une prophétie découverte peu de temps auparavant, la fin du monde tel que nous le connaissons pourrait survenir très bientôt, livrant la Terre au règne du Linceul, une entité antédiluvienne et abstraite qui n’aspire qu’à répandre partout ses cendres mortifères.

Le seul qui semble capable de contrer l’avènement du Linceul est un énigmatique occultiste surnommé Red De Ath, qui serait sûrement très efficace s’il n’était pas mort, il y a 200 ans. Nos aventuriers de l’occulte se lancent donc à la recherche de sa dépouille, espérant y trouver des indices ou un moyen d’éviter l’Apocalypse. Ce qu’ils trouveront sera tout de même bien plus intéressant, puisque par un concours de circonstances, ils parviendront à ressusciter Red De Ath, alias Archibald Donehue.

Le vieil homme avait anticipé sa mort et sa résurrection, dans un plan fomenté durant l’une de ses bitures, afin de vaincre le Linceul lors de sa résurgence. Toutefois, la traversée a fait d’Archibald un être instable. Sera-t-il l’allié précieux que nos héros espèrent ?

La Grande Faucheuse arrive

L’incontournable Corbeyran, auteur à l’impressionnante bibliographie, établit dès les premières pages de cette série une ambiance singulière, entre horreur et aventure. Edgar Allan Poe, cité en référence par Achibald, et H.P. Lovecraft ne sont jamais très loin, entre goules voraces et entités malveillantes à la forme insaisissable.

En lisant les péripéties de l’Académie Parallèle, dotée d’un agent non-humain aux capacités particulières (Bill le Gorille génétiquement modifié), on ne peut s’empêcher de penser au célèbre Hellboy, qui s’est depuis longtemps imposé en parangon du genre. L’auteur offre d’ailleurs un background intéressant à Bill Night, qui donne des allures de dystopie à cet univers encore en expansion.

La seconde partie de l’album impulse des nouveaux enjeux et des nouveaux antagonistes de façon assez bienvenue, ce qui éveille notre curiosité et nous donne envie de découvrir la suite. Sortie l’année dernière, Le Cimetière des Âmes est un élément solide de la collection Grindhouse !