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Les chroniques d’Atlantide #1: Eoden, le guerrier

Premier tome de la série écrite et dessinée par Stefano Martino. Parution chez Glénat le 30/03/22.

Si l’Atlantide m’était contée

L’Atlantide est un royaume prospère, ce qui ne signifie pas nécessairement qu’il est tranquille. En effet, comme toute civilisation qui l’aura suivie au fil des siècles, elle ne peut avoir bâtie son opulence et sa magnificence que sur les cendres de la guerre, notamment celle qui a couté son bras à Eoden.

Le guerrier mutilé, dont le corps sculpté sur les champs de bataille et encore aussi robuste que son esprit, s’est exilé sur une île lointaine au Sud, pour échapper au tumulte des cités et gérer son traumatisme. Eoden a laissé derrière lui la gloire des combats mais aussi son frère Leoden, qui fut couronné roi, aux côtés de Leyon, la femme dont Eoden est amoureux depuis toujours.

Alors qu’il profite de sa retraite, Eoden voit un jour débarquer un ancien compagnon d’armes, qui lui révèle de que Leoden est depuis longtemps sous la coupe de Hak-Na, un sorcier fourbe qui prêche une obscure religion, et dont les manigances, saupoudrées d’épices psychoactives, embrument l’esprit du jeune roi et menacent l’intégrité de l’Atlantide.

Toutefois, rien n’a moins d’intérêt aux yeux d’Eoden que le sort de l’Atlantide. En effet, lui qui a tout donné pour sa patrie n’a aujourd’hui pour elle qu’un regard amer, mais lorsque son ami mentionne le nom de Leyon, et le danger qui la guette aux mains de Hak-Na, le sang du guerrier ne fait qu’un tour. Il décide alors de se mettre en selle pour parler à son frère et tenter de le ramener à la raison. Les obstacles seront nombreux, à commencer par les hommes d’Hak-Na qui sont partout, prêts à se débarrasser de tout ce qui gênerait leur maître. Sans oublier Leoden, qui, poussé au bord de la folie par le vil prêtre, voit des ennemis partout et pourrait bien se retourner contre son frère.

Conan l’amoureux

Déjà connu pour des séries telles que La Geste des Chevaliers Dragons, Les Forêts d’Opale, ou encore Ghost War, Stefano Martino prend pour la première fois les rênes intégrale d’un projet, en tant que scénariste et dessinateur.

A première vue, l’auteur s’appuie, pour son premier galop d’essai, sur des références solides qu’il manie avec une certaine habileté. Nous avons un univers anachronique basé sur différents mythes, notamment celui de l’Atlantide, ce qui engendre un cadre fantasy mâtiné de péplum.

Eoden, le protagoniste de ce tome, est un personnage qui évite l’écueil de l’unidimensionnalité. Blessé physiquement, il porte aussi des stigmates psychologiques qui en font un personnage attachant, assez loin des stéréotypes invinciblement badass que le genre a pu produire. Son retour après des années d’exil permet au lecteur d’adopter son point de vue avec facilité, et rend l’exposition plus fluide, car nous découvrons en même temps que lui les changements qui se sont produits durant son absence.

L’immersion dans ce premier tome est donc très effective, de même que la dynamique entre les différents personnages. Le triangle amoureux, bien qu’encore balbutiant, est écrit avec tact et ajoute un souffle romantique à l’ensemble. Pour le reste de l’intrigue, on n’évite pas un certain classicisme, avec présentation du méchant sorcier et de la galerie d’antagonistes, mais l’ensemble est suffisamment bien orchestré pour conserver son intérêt.

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Fool night #1

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Manga de Kasumi Yasuda
Glénat (2022), série en cours, 1/3 tomes parus

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bsic journalismMerci aux éditions Glénat pour leur fidélité.

Cela fait désormais un siècle que le soleil ne perce plus la couche de nuage qui enserre la Terre. Toute végétation ayant disparu, l’humanité a du mettre au point une technique permettant la photosynthèse nécessaire à la vie: la transfloraison, consistant à transformer des humains volontaires en plantes. Dans cette société verticale où seuls les plus fortunés parviennent à survivre dignement et où les classes laborieuses sont souvent contraintes de « vendre » leur corps en transfloraison, Toshiro va se retrouver contraint de demander à son amie d’enfance, médecin, de procéder à l’opération…

Fool Night tome 1 : un jardin aux multiples plantes - Esprit OtakuSur un pitch sommes toutes très classique qui propose une société dystopique inégalitaire vaguement teintée d’écologie, le jeune auteur Kasumi Yasuda impressionne tant graphiquement que dans sa construction pour son premier manga. Dans un style qui rappelle celui de Hirako Waka sur le carton de 2020 My Broken Mariko (avec une atmosphère mélancolique assez proche également), nous allons suivre un « suicidé » pour cause de pauvreté (un classique dans les thématiques sociales japonaises) qui se retrouve doté d’une faculté rare qui pourrait permettre une immense avancée dans la connaissance de la transfloraison. Contacté par une concertiste recherchant la plante qu’est devenu son père, il va soudain devenir fort utile à ce système au premier abord fort cruel. Pourtant l’auteur ne se prononce pas clairement sur l’injustice du processus de transfloraison (qui évoque le thème du transhumanisme bien entendu). Si cette société à bout de souffle s’est renfermée sur une structure basée sur l’argent, la question de ce que sont devenus les transflorés est immédiatement posée. Est-ce un sacrifice ou un simple changement de forme? Les transflorés sont-ils conscients?

Finalement sous couvert de thématique SF qui peut rappeler le classique Soleil vert ce sont plus des sujets traditionnels de la société japonaise qui transparaissent: le lien entre générations avec la pression sociale des aînés et l’absence d’avenir choisi pour les jeunes (Toshiro devant se sacrifier pour sa mère, Sumi ayant été contrainte à entrer au conservatoire par son père), l’animisme et les esprits des plantes et animaux (les végétaux étant ici littéralement d’anciens proches). Le mélange de cette tradition et d’un futurisme recouvre ainsi parfaitement les facettes de ce Japon tiraillé entre tradition et modernité. Une vision originale qui sort tout à fait des sentiers battus du manga seinen. Une belle découverte à confirmer dans les prochains tomes.

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Dans le ventre du dragon #1: Udo

Premier tome de 54 pages d’une trilogie écrite par Mathieu Gabella, dessinée par Christophe Swal et mise en couleurs par Simon Champelovier. Parution chez Glénat le 23/02/2022.

L’aventure intérieure

Il y a bien des siècles, le héros Siegfried terrassa le dragon Fafnir, armé de son courage et de son épée. Mais cette victoire, dit-on, eut un prix. Tenté par les vaines promesses de la créature, Siegfried conclut un marché avec elle, promettant de l’épargner en échange d’un grand pouvoir qui le rendrait invincible face aux dragons.

Siegfried n’avait semble-t-il pas lu toutes les histoires qui nous mettent en garde contre les voeux que l’on est tenté de faire, si bien que son souhait s’est retourné contre lui d’une cruelle façon. Sous l’influence de la magie de Fafnir, Siegfried est bien devenu invincible face aux dragons, mais ce pouvoir l’a transformé en escogriffe difforme et s’est transmis depuis à tous ses descendants, qui sont de facto devenus de redoutables chasseurs.

Udo Von Winkelried use lui aussi de ce don familial pour perpétuer la tradition. Un beau jour, il est convié au château d’un certain Phylogène d’Esquamate, un savant qui consacre son temps à l’étude des dragons comme l’avaient fait ses parents. Ce dernier a un plan dont l’ambition est inversement proportionnelle aux chances de succès. Aidé de Wei, un pirate chinois capable de dresser les petits dragons, Phylogène compte traquer le plus grand de tous les dragons marins jamais répertorié. Comme la cuirasse de ce monstre est quasi impénétrable, l’équipe devra le tuer de l’intérieur, et donc, se faire avaler au préalable. Face à la perspective de terrasser un tel ennemi, et séduit par la promesse de montagnes d’or issues de la dépouille, Udo s’embarque lui aussi pour cette périlleuse mission. Mais c’est bien connu, aucun plan ne survit au contact de l’ennemi…

Swallowed Whole

Le dragon est une figure mythique incontournable, présente dans de nombreuses cultures et porteuse de symboles très divers. En occident, le dragon représente plus généralement des forces obscures et chtoniennes, des pulsions mortifères et négatives combattues par de vertueux héros. Empruntant leur caractéristiques aux reptiles ils ont marqué l’imaginaire jusqu’à aujourd’hui, et ce n’est visiblement pas près de s’arrêter.

Dans l’univers imaginé par Mathieu Gabella, les dragons sont métamorphes, et leur corps produit toutes sortes de matières précieuses, comme des joyaux en guise d’excréments, ou une mue qui se change en or. L’avidité dont on affuble généralement les dragons a donc changé de camp, puisque ces créatures féroces et agressives sont traquées pour les richesses que leur capture promet aux hommes. L’auteur prend donc son temps pour distiller toutes les informations nécessaires à la bonne exposition de son intrigue, pour introduire tous ses concepts et ses personnages principaux.

Règle n°1 du héros nordique: Toujours se fier aux promesses de pouvoirs faites par un reptile géant.

On aurait pu s’imaginer au premier abord que l’intrigue aurait la même structure qu’un film de casse (un caper en anglais), qui commencerait par le recrutement de l’équipe, la préparation du plan puis son exécution, avec la partie consacrée à l’improvisation ou à la révélation d’éléments connus des personnages mais pas du lecteur et qui expliqueraient le succès final de l’opération (structure typique des films Ocean’s Eleven/Twelve etc). Ici, l’auteur semble prendre une autre voie, et démarre son premier tome avec le plan déjà établi, et l’équipe quasiment réunie à l’exception d’Udo, et se ménage de la place pour des flash back qui viennent enrichir le passé du protagoniste, dépeignant l’effet de la malédiction de Siegfried sur ses descendants. Puis, une fois la mission lancée, l’auteur nous emmène dans les entrailles de ce Léviathan et nous conduit de surprise en surprise, promettant en fin d’album une aventure épique mais éloignée des codes du récit de braquage.

On ne peut donc s’empêcher de penser à des récits tels que Jonas et la Baleine dans l’Ancien Testament, qui semble être l’exemple le plus ancien de ce type de ressort dramatique (si l’on excepte Cronos et ses enfants dans la mythologie grecque, nulle mention n’y étant faite du point de vue des olympiens à l’intérieur du Titan, alors que l’épreuve de Jonas est décrite de son point de vue après qu’il ait été avalé), ou encore le film l’Aventure intérieure, où le héros explore un corps…de l’intérieur.

L’album est de bonne facture, tant narrativement que graphiquement, on attend donc la suite prévue pour le mois de mai 2022.

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****·BD

Bettie Hunter #1

Premier tome du diptyque écrit par Aurélien Ducoudray et dessiné par Marc Lechuga. Parution chez Glénat/Comix Buro le 25/08/2021.

Bettie-re la première

Aux confins de la galaxie, Bettie Hunter a la vie dure. Il faut dire qu’être une humaine, orpheline de surcroît, au milieu de toutes les autres espèces qui peuplent l’univers, n’est pas chose aisée, surtout quand la plupart d’entre elles a subi de lourds préjudices aux mains des homo sapiens.

Heureusement, Bettie peut compter sur Harvey, un robot archiviste qui veille sur elle depuis son éviction de l’orphelinat. Déjà petite, Bettie était très douée, mais son intelligence s’est toujours déployée dans l’ombre de son appartenance au genre humain, si bien que malgré ses capacités, elle n’a pu valider aucun de ces doctorats en xénobiologie.

Qu’à cela ne tienne, Bettie s’est mise à joindre les deux bouts en devenant chasseuse de primes, utilisant à bon escient ses connaissances encyclopédiques sur toutes les espèces vivantes. On la retrouve d’ailleurs, au début de cette aventure, en pleine mission dans l’estomac d’un ver des sables géants, preuve que quand on sait où on met les pieds, on peut garder la tête froide…

Bien vite, Bettie est accostée devant chez elle par une cliente potentielle, Thalya Skraalgard. Cette dernière confie sa détresse à la chasseuse de prime car elle souhaite retrouver sa soeur Lydia, qui s’est rendue sur Minerva Prime pour une mission humanitaire et qui n’en est pas revenue. Obligée par la promesse d’une forte récompense, Bettie et Harvey se mettent en route vers Minerva. Mais la planète a bien entendu été marquée par l’interventionnisme humain il y a plusieurs siècles, si bien que les autochtones ne voient pas son arrivée d’un très bon oeil. Habituée au rejet, Bettie parvient tout de même à s’intégrer mais son enquête va bien évidemment révéler des secrets que certains préfèrent garder enfouis.

Space Opéra-tion

Après le déjanté mais décevant Amen, Comix Buro refait une incursion dans la SF avec Bettie Hunter. Le personnage bénéficie de l’écriture qualitative d’Aurélien Ducoudray, qui parvient sur ce premier tome à planter son décor sans effort, avec un humour acerbe et une subtilité qui tâche. Sans prendre de gant, l’auteur utilise les poncifs de la SF et du space Opéra pour dresser un parallèle avec l’histoire récente, notamment celle du colonialisme, faisant une fois de plus des humains la plaie du cosmos tout entier.

On a certes déjà vu cette métaphore au service d’une critique directe des travers humains, néanmoins, le scénariste parvient à le faire avec suffisamment d’originalité pour nous embarquer avec lui dans son histoire.

Après un préambule qui donne la part belle au space opéra, Aurélien Ducoudray adopte la structure du film de détective, avec une demoiselle en détresse, désespérée qui vient chercher de l’aide auprès d’un protagoniste désabusé et quelque peu réticent (mais alléché par la prime), qui accepte de mener une recherche de personne qui va révéler une conspiration aux ramifications insoupçonnées. Tout cela fleure bon le classicisme, mais on peut a priori faire confiance au scénariste pour prendre nos attentes à revers sur le second tome.

Le duo Bettie / Harvey est immédiatement attachant, offrant un intérêt supplémentaire à l’album. Le ton satirique est toujours employé à bon escient, la science de l’auteur étant de savoir jongler entre les différents tons au besoin. Côté graphique, la ligne claire de Marc Lechuga ne l’empêche pas de dessiner un bestiaire totalement déjanté mais pas dépourvu en références (on trouve, pelle-mêle, des vers géants issus de Dune, ou des crevettes humanoïdes vue dans District 9, qui était déjà un satire politique sur l’apartheid). Le design de son héroïne est irréprochable et catchy, et l’on ne peut s’empêcher d’imaginer cet artiste faire des merveilles sur un Spirou, par exemple. Il en résulte une petite réussite que l’on a hâte de poursuivre !

*·****·*****·Manga·Nouveau !·Rapidos·Service Presse

Manga en vrac #27: Alpi #6 – Radiant #16- Ashidaka #4 – L’atelier des sorciers #9

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Salut les sushi! Gros retard (comme d’hab 🙂 ) sur les manga et je vous propose une fournée de séries magistrales pour la plupart, avec un gros loupé au milieu tout de même (ça arrive). Si vous n’avez pas encore commencé ces séries précipites-vous, c’est le très haut du panier…

  • Alpi the soul sender #6 (Rona/Ki-oon) – 2022, 208p., série finie, 6/7 tomes parus.

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Merci aux éditions Ki-oon pour leur confiance!

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Mauvaise nouvelle, nous abordons la conclusion de cette très bonne série puisque le septième sera le dernier! C’est frustrant car depuis le tome cinq l’intrigue s’est fortement intensifié et cet avant-dernier tome confirme avec un long flashback qui nous narre l’origine de la rencontre entre Alpi et Pelenaï, en laissant presque totalement de côté les rituels. Du coup ce déroulé classique prend le temps d’installer un relationnel avec un très joli découpage qui nous guide dans la lecture. Ces explications densifient l’univers et permettent de mieux comprendre les derniers évènements. Le cliffhanger final rajoute une couche à l’envie, bien que je reste sceptique sur la possibilité de conclure correctement…dès le prochain tome, cette histoire qui démarre juste. On n’en voudra pas à l’autrice qui pour une première création flirte avec la qualité des mangas ethnologiques type Bride story ou L’Atelier des sorciers.

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  • Radiant #16 (Valente/Ankama) – 2022, 192p./volume, série en cours.

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Merci aux éditions Ankama pour leur confiance.

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Arrivés tranquilou au cœur de l’Inquisition en la cité de Bôme, Seth et ses amis se retrouvent désormais confrontés à la redoutable puissance des hommes de Torque. Seth emprisonné, Dragunov gravement blessé, Melie plongée dans sa torpeur psychopathe, bien malin celui qui dira comment se sortir de ce mauvais pas. A moins que… le mystérieux Grimm revient se rappeler à notre bon souvenir, fort de sa puissance monumentale, alors que les Domitor se rassemblent autour de leur chef Adhès… Ce tome est un poil moins marrant que ce à quoi Tony Valente nous a habitué mais compense allègrement par un dessin et un design redoutables d’efficacité. Surtout, le plaisir de l’auteur de jouer avec ses pouvoirs magiques et son univers est totalement jouissif et terriblement addictif. La peur qu’il se noie dans la profusion de concepts, personnages et sous-intrigues est toujours là à mesure que les tomes avancent sans que l’on sache bien vers quoi on va mais l’envoutement demeure suffisamment fort pour ne vraiment pas se préoccuper des finalité d’un manga qui reste toujours dans le top 5 des shonen les plus agréables à suivre. Avec les quelques indiscrétions que l’on peut piocher dans le cahier final au milieu de plein de n’importe quoi, on a suffisamment d’envie pour continuer à faire monter l’impatience à lire la suite.

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  • Ashidaka, the iron hero #4 (Sumiyoshi/Glénat) – 2022, 224p./volume, série finie en 4 tomes.

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Merci aux éditions Glénat pour leur confiance.

ashidaka_4_glenatAshidaka se conclut piteusement et confirme la fausse bonne idée d’une autrice dont les envies graphiques n’ont jamais trouvé d’histoire pour créer un intérêt. Par manque d’idée, manque d’ambition ou surestimation de sa capacité à assumer deux séries simultanées, la pourtant formidable Ryo Sumiyoshi s’écrase dans un gloubi-boulga de traits qui l’ont pas l’avantage de ce que le crayonné peut apporter à un dessin rapide. Si le premier tome permettait de s’accrocher à l’origin story et à la découverte d’un monde post-apo, ce manga n’aura jamais pu dépasser l’idée de bras robots accrochés aux dos des humains et de cette xénophobie pourtant si porteuse de drama. On termine donc la série aussi difficilement que l’autrice semble l’avoir réalisé, avec un combat final qui arrive maintenant mais aurait pu arriver deux tomes avant. Pour ne pas être complètement injuste on trouve encore quelques visions intéressantes et un épilogue qui montre le souhait de finir correctement. Mais c’est loin de suffire à justifier la lecture de plus que le premier tome, même pour les fans de l’autrice de Centaures. Dommage, vraiment dommage quand on connaît son talent et le potentiel de tout univers steampunk.

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  • L’atelier des sorciers #9 (Shirahama/Ki-oon) – 2021, 160p., 10 tomes parus au Japon.

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Merci aux éditions Pika pour leur confiance!

atelier-sorciers-9-pikaCoup de coeur! (1)Chronique très tardive pour ce dernier tome paru en fin d’année dernière, qui retrouve le grandiose des précédents volumes avec une richesse de mise en scène de chaque instant, un graphisme d’une minutie folle sur chaque case et un univers qui s’étoffe fortement avec la découverte de la Fête de la nuit d’argent. Après la pause du tome 8 l’autrice profite de chaque intermède pour nous présenter des créatures, des sorts et des costumes d’une esthétique incroyable qui donnent l’impression de naviguer dans un atelier de créateur de mode. Si les planches sont un très gros point fort de cette série majeure, l’aspect seinen prend le dessus avec l’évocation de violences, des arrestations musclées par la Milice et des des débats politiques qui nous font entrer plus avant dans la découverte du monde « moldus ». La bande de Coco reste un peu en retrait lors de ces premières heures dans la cité qui héberge la fête et on ne sait plus où donner de la tête devant la profusion de personnages, d’objets et de créatures qui font de ce manga un véritable Star Wars des magiciens. La lecture en est très rapide et l’on redoute l’attente du prochain tome, les japonais venant tout juste de le découvrir…

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*****·BD·Service Presse

La terre, le ciel, les corbeaux.

La BD!
BD de Teresa Radice et Stefano Turconi
Glénat (2022), 208 p., one-Shot.

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bsic journalismMerci aux éditions Glénat pour leur confiance.

Au fin fond de la Russie trois hommes en fuite errent dans l’immensité glacée, à la poursuite de la liberté et de leur vie. Échappés d’une prison, ils voient leur destin lié alors qu’aucun ne souhaite subir la présence des autres. Pourtant ils vont devoir survivre ainsi, au milieu d’une nature bien moins inhospitalière que le monde des hommes. Arrivés au point de bascule, chacun devra faire des choix liant sa vie d’avant avec celle qu’il envisage après. Pour peu qu’ils envisagent quelque chose après cette guerre…

Coup de coeur! (1)Le coup Radice/Turconi revient nous offrir son talent brut et son amour de la vie et de la nature avec un nouveau joyau au ton unique. Album après album ils battissent ainsi, patiemment mais avec conviction, une des œuvres les plus impressionnantes du monde de la BD.

20220415_170915Pour chacun de leurs projets ils s’appuient sur un pan de la culture européenne. Après l’univers littéraire britannique, ses ports et ses mari perdus, ils migrent cette fois chez les auteurs russes, Tolstoï au premier chef, dans une alchimie dense entre leurs marqueurs et ceux de leurs inspirateurs. Car comme le montre la photo de l’atelier de Stefano Turconi, leur méthode de travail est de s’immerger dans un monde littéraire et sonore pour en tirer une substantifique moelle qui va alimenter leurs envies. Ces envies sont faites de Nature et de relations humaines, mais aussi de mémoire et d’espoir.

Leur personnage principal, un jeune contrebandier italien, se retrouve ainsi évadé de prison en compagnie d’un allemand bourru et d’un soldat russe captif, en plein cœur d’une guerre qui semble si lointaine. Figure du naïf philosophe, il va au fil des deux-cent pages de l’album nous faire naviguer sur ses pensées intérieures et ses analyses du genre humain (de ses compères de fuite). Découpé en sept chapitres, La terre, le ciel, les corbeaux est un album sensitif, où le narrateur s’allie aux sublimes planches à l’aquarelle pour ressentir une nature sauvage où le héros se remémore sa jeunesse faite de vent dans les arbres, de tartines chauffées à la pierre et des caresses d’une amante.

Dialoguant en russe ou en allemand, les trois personnages nous laissent extérieurs à la plupart de leurs échanges (… les dialogues ne sont en effet pas traduits!). On imagine la volonté des auteurs de faire ainsi ressentir au lecteur l’isolement linguistique du personnage. Malheureusement la lecture en devient par moment difficile, s’accrochant pour ceux qui gardent des notions de la langue de Goethe ou de Tolstoï à des bribes que la plupart ne comprendront pas. 20220415_171027C’est très frustrant même si la narration nous explique l’essentiel de l’action et fait de cet album une lecture exigeante, parfois intello. Radice et Turconi ne nous prennent pas par surprise, leur monument Le port des marins perdus utilisait déjà cette méthode et moultes références pas toujours connues.

Mais l’essentiel est ailleurs, dans cette construction d’orfèvrerie sur laquelle on glice en désirant la paix pour notre personnage chaque fois qu’il trouve un havre de repos, avant de repartir dans sa quête sans fin. Ouvrage philosophique, sans message particulier, La Terre… est un humanisme qui place un bel humain dans une situation absurde entre la vie et la mort, une sorte de purgatoire pour une ancienne faute où lui seul peut décider de son destin, le pardon ou la mort. L’intelligence de l’écriture comme la précision des émotions sensitives des planches nous happent dans la forêt blanche et les cabanes de bois à la suite de ce trio tout comme dans nos propres souvenirs. Un partage universel comme les proposent les plus grands auteurs.

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***·BD·Nouveau !

Immonde !

Histoire complète en 233 pages, écrite et dessinée par Elizabeth Holleville. Parution chez Glénat le 12/01/2022. Lecture conseillée à partir de 16 ans.

Horrifique nostalgie

Morterre est une petite bourgade comme en voit très souvent dans les récits de genre: isolée, et pourvue d’un nom qui devrait faire fuir toute personne censée. Pour Jonas et Camille, Morterre représente toutefois la seule perspective d’avenir. Pour tuer le temps en dehors du lycée, les deux ados regardent des films d’horreur et tournent des canulars vidéos qu’ils diffusent sur internet. Leurs parents, comme l’essentiel de la population d’ailleurs, travaille au sein de la grande usine d’Algemma, à côté du site d’extraction du tomium, un minerai radioactif servant désormais à alimenter les centrales nucléaires.

En résumé, Algemma fait vivre Morterre, dans un équilibre nécessaire auquel tout le monde semble contribuer. De son côté, Nour, qui ne se remet pas du décès de sa mère, emménage avec son frère, et son père et va se lier d’amitié avec le duo marginal. Mais tout n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît à Morterre, car l’Agemma semble cacher bien des choses à ses employés, à commencer par les effets du tomium sur la population…

Teenage wasteland

La nostalgie est ce qui transparait en premier à la lecture d’Immonde ! d’Elizabeth Holleville. D’emblée, la comparaison avec des classiques comme les Goonies ou d’autres œuvres traitant du désarroi adolescent, saute aux yeux du lecteur, comme avec des séries comme Stranger Things. Le scénario emprunte donc çà et là l’essentiel de ses éléments pour construire un tout fleurant résolument le déjà-vu.

Comme on vient de le dire, la petite bourgade dont un groupe d’adolescents se sent prisonnier et dont il s’évade grâce à la pop-culture, est un élément maintes fois traité, mais qui constitue encore aujourd’hui une base solide pour construire un récit d’ambiance. On peut aussi voir du côté des références la conspiration militaro-industrielle, dont l’inconséquence et la cupidité provoquent l’éruption de l’innommable, qui déferle dans les rues de la ville comme un tsunami.

Heureusement que le fond de l’album ne se résume pas à ces éléments de forme, car l’horreur et l’épouvante ne semblent être qu’un habillage pour l’auteure, qui s’en saisit pour mieux traiter en toile de fond des problématiques sociétales et environnementales. En premier lieu, les troubles adolescents et la découverte de soi, mais également l’identité et le genre, ou encore des sujets économiques comme le chantage à l’emploi, font partie des thèmes phares de l’album.

La première moitié s’avère très efficace pour instiller une ambiance pesante et accroître progressivement la tension, avant le réel basculement dans l’horreur pour la seconde moitié.

Néanmoins, on ressort tout de même de cette lecture avec un petit sentiment d’inachevé, car si les thématiques sont visibles et traitées tout au long de l’album, d’autres éléments, mentionnés de façon ostentatoire et donc forcément perçus comme importants par le lecteur, ne sont ensuite pas exploités comme il se doit par l’auteure.

Je prends pour exemple principal les capacités extrasensorielles de Nour, qui sont évoquées mais ne servent en rien le récit, puisqu’elles ne jouent aucun rôle dans la résolution de l’intrigue, qui se serait donc déroulé de la même manière sans cet élément. Il y avait pourtant matière à quelque chose de plus dynamique (cet élément est sûrement inspiré de Eleven dans Stranger Things), mais cela donne finalement l’impression que la scénariste ne savait plus quoi faire de cet élément une fois lancée dans la production du récit.

Il me semble aussi avoir vu des approximations quant au sujet en lui-même (Morterre est un lieu d’extraction de minerai, mais on parle ensuite de traitement des déchets radioactifs, qui sont deux activités différentes et séparées dans le temps, voir cet article qui détaille le tout), qui aurait mérité une meilleurs documentation ainsi qu’une exposition plus détaillée. En effet, si l’un des objectifs est de dénoncer la pollution nucléaire, mieux vaut savoir de quoi on parle. Les autres points qui auraient mérité un traitement plus approfondi, ce sont les différentes mutations provoquées par la radioactivité au sein de la population, qui sont sans lien apparent avec les créatures qui arpentent les galeries de la mine souterraine et qui apparemment résistent aux radiations.

Immonde ! peut donc être rangée dans la catégorie des œuvres citant des œuvres qui sont elles-mêmes des références, ce qui peut provoquer des déperditions en terme de message et de puissance narrative, malgré des thématiques vitales et bienvenues.

***·BD

Féroce #1: Taïga de sang

Premier tome de 54 pages, écrit par Gregorio Harriet et dessiné par Alex Macho. Parution chez Glénat le 01/09/21.

Les dents de la neige et Faits d’Hiver

Janvier 2019. Au cœur des terres gelées de la taïga russe, un commerce tout particulier a cours, un commerce qui se fait au détriment de la nature et de la faune locale: celui du bois, qui engendre une déforestation aux proportions plus alarmantes encore que celle de la région amazonienne.

Victor et Nikolay sont deux gardes forestiers dépassés par ces événements. Impuissants à arrêter la coupe et l’exportation de bois, ils doivent se contenter d’observer sans pouvoir en référer à leur hiérarchie, qui se plie elle aussi aux exigences des multinationales sans pitié qui pillent le territoire. Kostya, le fils de Nikolay, est quant à lui contraint de travailler à la découpe faute de mieux. Pendant ce temps, Sabine Koditz, Kristin et Mark sont venus afin de tourner un documentaire sur les Tigres de Sibérie, dont l’habitat et la vie sont menacés par l’exploitation du bois. Sabine est bien connue dans le milieu de l’activisme écologique, puisque ses précédents documentaires ont mis à jour l’enrichissement illégal de certaines corporation, ce qui lui vaut bien sûr l’inimitié de gens toujours très puissants, et rancuniers.

Alors qu’elle s’installe pour débuter le tournage, Sabine ignore qu’elle est la cible de représailles, de la part d’un trafiquant russe et d’une PDG chinoise. Malheureusement, les choses vont tourner au bain de sang, lorsque le chasseur chargé d’abattre Sabine se laisse tenter par l’appât du gain et tire sur un tigre de Sibérie. Le fauve, blessé, n’aura alors plus qu’une idée en tête: se venger et reprendre le contrôle de son territoire dévasté par les humains.

Dans la taïga, personne ne vous entendra saigner

Comme il est coutume de le rappeler, toutes les bonnes histoires d’épouvante comportent trois composantes essentielles, qui font monter la tension et forment les bases d’un bon récit de genre.

Premièrement, un monstre. Il peut s’agir d’un requin (Dents de la Mer) ou un xénomorphe (Alien), ou toute autre entité maléfique, hostile, surnaturelle ou non.

Ensuite, la faute, ou le pêché, qui fait surgir ce monstre. Pour les Dents de la Mer, il s’agira du refus par le Maire de faire évacuer la station balnéaire, craignant les retombées économiques pour sa ville. Pour Alien, ce sera la naïveté de répondre à un signal de détresse qui n’en est pas un, puis la volonté d’étudier un organisme trop dangereux.

Et enfin, un lieu clos: une plage, un vaisseau spatial, une maison hantée, ou tout autre lieu dont on ne peut pas s’échapper facilement. Généralement, pour surmonter le Monstre, le protagoniste devra en premier lieu se confronter au pêché qui l’a fait surgir.

Pour ce premier tome de Féroce, on retrouve bien ces trois éléments fondamentaux: un tigre (monstre), attaque des gens prisonniers de la taïga gelée (lieu clos), pour se venger d’un contrebandier cupide (pêché). Cela promet donc un récit à sensations fortes, d’autant plus que l’histoire semble adaptée, selon l’éditeur, d’un fait divers similaire.

Le scénariste prend le temps de poser son cadre au cours de ce premier album. D’emblée, le contexte géopolitique est posé (mention spéciale et point bonus à l’auteur, qui évoque avec une étonnante clairvoyance le conflit russo-ukrainien) et avec, les enjeux écologiques et environnementaux. On pourrait reprocher des antagonistes trop caricaturaux, mais après tout, est-ce si éloigné de la réalité (encore une fois, l’actualité ne ménage pas ses efforts pour nous le prouver) ?

Grâce à l’écriture de Harriet, on a le loisir de s’attacher aux personnages, notamment le duo père/fils (ce qui tend à démontrer que les autres sont sacrifiables…les paris sont ouverts!), on se laisse happer par l’ambiance polaire et la tension croissante, à mesure que les pages défilent et que le tigre se fait désirer.

Graphiquement, Macho bombe le torse et produit des planches impeccables, tant sur les décors glacés, que pour les personnages, qui sont tous très bien caractérisés au travers du dessin, montrant ainsi la complémentarité de la narration.

Féroce est donc férocement à conseiller, car il parvient à mettre en avant une thématique écologique majeure tout en nous faisant craindre pour ses personnages.

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***·****·Manga·Nouveau !·Rapidos·Service Presse

Manga en vrac #25: Aposimz #7 – Shangri-la Frontier #3 – La danse du soleil et de la lune #1 – Pilote sacrifié #1

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Salut les amis! Retour des manga avec une grosse fournée, en attendant les suivantes pour écouler le retard sur les nouveautés. Au programme aujourd’hui deux suites (blockbusters) et deux premiers tomes (plus délicats) et autant d’excellentes lectures!

  • Aposimz #7 (Nihei/Glénat) – 2022, 192p., 16/17 volumes parus.

bsic journalism

Merci aux éditions Glénat pour leur confiance!

Une fois n’est pas coutume, j’ai voulu tester la série en cours de Tsutomu Nihei (Blame!) sur le dernier volume sorti, sans connaître l’histoire… Première bonne nouvelle, le tome comporte un résumé des derniers évènements et des personnages impliqués, ce qui permet de raccrocher les wagons assez facilement. N’ayant rien lu de Nihei à ce jour (mon fils a l’intégrale de Blame! et j’ai cependant vu l’adaptation anime sur Netflix), je connais néanmoins son univers urbain sombre et labyrinthique et ai été surpris par des planches au trait extrêmement dépouillés (sorte de négatif de Blame!) qui tirent de plus en plus vers les manga de Miyazaki.  Sur le plan narratif, on a une vraie BD, avec dialogues et progression, même si les pérégrinations dans des décors monumentaux restent l’ADN de l’auteur. L’intrigue semble très sympathique avec cet empire dirigeant des « marionettes », sortes d’androïdes organiques qui combattent un héros qui a comme ses comparses la particularité de changer de forme sans prévenir. C’est ce qui perturbera le plus, (avec un certain manque de lisibilité du à l’épure) le lecteur, sans exclure que tout cela soit expliqué plus tôt dans le manga. Je ressors de ma lecture avec une plutôt bonne impression, à la réserve près que l’édition Full color actuellement en cours de publication au Japon me semble une excellente initiative qui permettra de rendre plus accessible cette série. Gageons que Glénat n’attendra pas la conclusion de la série pour sortir une Perfect qui remettrait en tête de gondole un auteur qui le mérite.

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  • Shangri-la Frontier #3 (Katarina-Fuji/Glénat) – 2021, 192p., 3/7 volumes parus.

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Merci aux éditions Glénat pour leur confiance!

shangri-la_frontier_3_glenatEngagé dans un combat très inégal contre un monstre unique semblant invincible, Sunraku parvient néanmoins à accomplir la mission « au pays des lapins Vorpalins » (terme directement emprunté à Lewis Carroll). Désormais détenteur de l’esprit vorpalin (sans bien savoir ce qu’il signifie), notre héros va continuer à optimiser son personnage en attendant de parvenir au niveau suffisant qui lui permettra d’aider ses comparses à combattre l’un des Sept suprêmes, les plus puissants PNJ du jeu!

On continue à découvrir le monde de Shanfro avec notre héros et les mêmes qualités que précédemment. Si l’intrigue développe légèrement les relations entre les personnages extérieur au jeu (et les incidences qui auront lieu dans Shanfro) l’essentiel reste centré sur la découverte des fonctionnalités, techniques de combat, créatures et lieux, comme dans tout bon jeu vidéo à monde ouvert, ce qui nous fait parfois nous demander si le but de cette série est de remplir les rares temps « libres » des hard-core gamers ou de combler la frustration de ceux qui n’ont pas les moyens de s’équiper en consoles new-gen… Reste qu’on prend toujours autant de plaisir, graphique notamment, avec des séquences extrêmement lisibles, un design très classe et en somme tous les ingrédients pour assouvir la conso manga d’une large clientèle djeun’z Shonen.  On retrouve ainsi la découverte si gratifiante de jeux comme Zelda Breath of the wild et on n’a qu’une envie en sortant de sa lecture, attraper des manettes!

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  • Pilote sacrifié – chroniques d’un kamikaze #1 (Azuma-Kokami/Delcourt) – (2018) 2022, 208p., 1/10 volumes parus.

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Merci aux éditions Delcourt pour cette découverte.

pilote-sacrifie-1-delcourtJolie découverte que ce premier tome d’une série partie pour durer et qui nous chronique de façon très documentée l’histoire d’un membre de la première escouade Kamikaze de l’armée impériale du Japon lors de la seconde guerre mondiale… qui vécut malgré cela jusqu’en 2016! Cette seule incongruité historique suffit à nous intriguer et nous plonger dans une lecture qui nous fait découvrir sur ce premier opus la très courte formation (en quelques pages) d’un amoureux des avions présenté comme un naïf romantique avant de partir pour la mission kamikaze. Rythme très rapide donc, appuyé sur un dessin à la fois technique et très élégant qui fait plaisir aux mirettes et au-dessus de la moyenne. On découvre l’intérieur de cette armée à la fois fidèle mais dont les mêmes ne sont pas des fous furieux fanatiques comme il est souvent montré. Les auteurs jouent sur le suspens de savoir comment un kamikaze peut bien rechaper se con attaque suicide en alternant entre la guerre et les derniers jours de Sasaki alors qu’un jeune homme souhaite récolter son témoignage. A découvrir pour les amateurs d’Histoire et de drames militaires.

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  • La danse du soleil et de la lune #1 (Matsuura/Ki-oon) – 2021, 208p., 1/3 volumes parus.

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Merci aux éditions Ki-oon pour cette découverte.

danse_du_soleil_et_de_la_lune_1_ki-oonSur un chara design très maîtrisé, l’autrice  Daruma Matsuura nous plonge dans un japon féodal où l’héritier d’une lignée de modestes samouraï se trouve touché d’une malédiction: son corps repousse le métal, l’empêchant de pouvoir exercer la dignité dynastique du maniement des armes. Totalement dépressif il attend la mort avant que sa vie ne bascule brutalement lorsqu’une magnifique et mystérieuse jeune femme demande sa main… Nous avons ainsi affaire dans cette introduction à un classique récit de Samouraï mâtiné d’un vernis fantastique qui reste sobre jusqu’à la séquence finale où une accélération brutale nous aspire vers un terrible cliffhanger. L’autrice joue sur une réalité brouillée pour cet être anéanti par son malheur et qui ne s’autorise pas l’éventualité du bonheur. Touchant, le personnage nous agace un peu comme Calimero en tong s’appesantissant sur son sort. La narration est assez hachée entre différentes séquences qui nous intriguent dans une chronologie trouble. Encore une jolie trouvaille de l’éditeur ki-oon.

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***·BD·Nouveau !·Numérique·Rapidos

Banana sioule #1

La BD!
BD de Michaël Sanlaville
Glénat (2022), 208p., série en cours.

Banana-Sioule

badge numeriqueLe public a découvert Michaël Sanlaville avec la série à succès Lastman. Après un passage sur San-Antonio, cet artiste formé à l’animation revient à ce qui le fait kiffer: l’animation, la vitesse, l’énergie. Adoptant pour sa nouvelle série solo le format manga dans un style graphique toujours épuré, il reprend l’idée déjà pas mal abordée d’un sport de balle futuriste où une jeune prodige va découvrir les joies des sauts de quinze mètres, les patates atomiques et les shoot dragonballesques.

Banana Sioule -1- HelenaCar ce qui fait le talent de Sanlaville c’est cette énergie qui donne le sentiment d’assister à un dessin animé pêchu. Sauf que c’est bien du papier que nous avons sous les yeux et l’effet peut s’estomper si l’on s’attarde trop sur les dessins rapides, très rapides… Sur les deux-cent pages de l’album on n’en tiendra pas rigueur même si tout cela reste un peu cher au regard d’un « manga » classique. Je reconnais que la colorisation qui faisait le sel du Fléau vert ou du Rrocher rouge manque un peu et la monochromie écrase un peu la qualité technique indéniable du bonhomme.

Pour le reste on est bien pris dans le popcorn de cette bande d’ado dont la boss Helena se découvre soudain un talent évident pour ce sport où tous les coups sont permis. Entre les tiraillements des relations avec un père qui semble cacher un passé obscure, le langage djeunz et donc ces éclairs d’action tout à fait sympathiques, ce premier tome de Banana sioule est fort plaisant et laisse envisager une surmultipliée d’action dès le prochain volume et l’entrée de la star dans l’école de formation de la sioule…

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