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BD en vrac #28: Aquablue #17 – U.C.C. Dolores #4 – La horde du contrevent #3

Fournée SF aujourd’hui avec trois séries très différentes qui trustent les têtes de ventes à chaque opus. Justifié ou pas, je vous donne mon avis sur le dernier Aquablue, le troisième Horde du Contrevent et un surprenant redémarrage de la série Spaceop des Tarquin

    • Aquablue #17: la nuit de la miséricorde (Hautière-Reno/Soleil) – 2021, 62p., série en cours, second cycle achevé.

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Merci aux éditions Delcourt pour leur confiance!

couv_433437Aquablue c’est un peu la madeleine de Proust d’une génération d’auteurs et de lecteurs (quarantenaires). Un album fantasme qui été un choc qui m’a lancé dans la passion de la BD: le Corail noir (tome 4) sorti en 1993 et qui reste aujourd’hui encore un absolu de ce que peut être une folie de BD SF. Vatine n’a jamais pu conclure (j’avais ouï dire à l’époque qu’il s’était engueulé avec le scénariste Cailleteau) et le premier cycle a été bouclé un peu laborieusement par Tota. Vingt ans et quelques one-shot plus tard l’éditeur décida de lancer un second cycle qui s’achève ici après six albums d’une tenue graphique très rarement vue en BD. Reno est un fou furieux et si les plus puristes pourront lui reprocher son aspect très numérique (voir photoréaliste), chacun est obligé d’admettre qu’on a rarement été si proche d’un film en BD. Avec le changement de scénariste on pouvait espérer un nouveau souffle, appuyé sur une base d’univers magnifiquement riche. Malheureusement on constata vite que le syndrome des suites au cinéma s’applique aussi en BD avec un double effet de timidité à exploiter (voir exploser) le matériau et les personnages, et un aspect remake qui se termine par cette fin qui certes conclue rapidement les très nombreuses pistes complexes développées cinq tomes durant, mais nous laisse un peu avec un sentiment de gâchis. Trop long ou trop court, ce cycle aura patiemment développé une trame obscure en restant très timide en action. Hormis les grandioses dessins et la séquence de la prise d’otage du tome 15, il aura manqué un effet Waou indispensable, une dynamique des séquences, une énergie dont regorgeait le premier cycle. Du coup les révélations choc n’en sont pas vraiment à force d’étirer les allusions et la grande bataille attendue n’a pas vraiment lieu. De telles difficultés sont étonnantes de la part d’un scénariste chevronné comme Hautière et se pose la question de l’initiative et de l’objet de cette renaissance… que l’on a du mal à penser comme autre chose que commerciale et nostalgique. Un peu court pour proposer une grande série aux lecteurs très exigeants sur une série comme Aquablue. Résultat en demi-teinte donc, en attendant une suite, pour Aquablue comme pour Reno.

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  • UCC Dolores #4: la dernière balle (Tarquin/Glénat) – 2021, 46p., one-shot, série en cours.

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Merci aux éditions Glénat pour leur confiance!

couv_436435Après un petit retard à l’allumage, la série SF de Tarquin s’est très joliment conclue l’an dernier par un gros album très dramatique et épique comme il faut, de quoi redonner une envie de space-cowboys. Et voilà que nous tombe ce volume totalement déstabilisant. Quel est le projet du couple Tarquin concernant la série? Alors que la conclusion de la trilogie laissait entendre des aventures de pirates de l’espace avec un nouvel équipage constitué autour de Mony, voilà t’y pas qu’on nous envoie nous crasher sur une planète neigeuse, l’héroïne ayant tout juste accouché (ah bon elle était enceinte?) et embarquée dans une quête pour récupérer son nouveau né. Quelle ellipse galactique! Aucun lien n’est tissé avec les évènements précédents et l’impression d’avoir raté plusieurs tomes reste tenace. En outre si le style Tarquin reste agréable, l’intrigue est tout de même fort court, même pour un western spatial et on termine l’album comme on l’a commencé, stoïque, ne comprenant pas ce qu’on vient de lire et où nous emmène le dessinateur. Le potentiel est clairement présent et les dialogues sont toujours aussi savoureux en mode desperados. J’ai lu que le projet d’Albator de Tarquin était avorté et qu’il aurait pu donner naissance à cet album, qui s’avère assez Frankenstein. L’auteur n’a jamais eu de problème avec l’aspect commercial de certaines parutions et j’espère sincèrement qu’il a de vrais projets pour la suite de sa série car avec tout l’amour du monde pour le spaceop ses plus fidèles lecteurs risquent de finir par se lasser…

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  • La Horde du contrevent #3: la flaque de Lapsane (Henninot/Delcourt) – 2021, 76p., one-shot, série en cours.

Coup de coeur! (1)

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Merci aux éditions Delcourt pour leur confiance!

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Quel choc les amis! On savait le roman un des plus pissants de la SF française jamais écrit. On avait constaté le talent d’Eric Henninot dès le premier tome. J’avoue ma surprise sur la concentration d’un tome entier sur la traversée de la Flaque de Lapsane, ne me souvenant pas de l’importance de ce passage dans le livre. Ce petit détail laisse imaginer une série en au moins six tomes et je pressens déjà un très gros dernier opus pour arriver à boucler ce monument. Pour rappel aux non initiés: il s’agit pour la Horde de traverser en « trace directe » une vaste étendue marécageuse dont le centre est un lac aux fonds variables et surtout parcourus de Chrones, entités redoutables qui dévient le temps et l’espace…

Le tour de force de ce volume est de nous happer malgré des décors absolument ternes, monotones, et par moment (la traversée centrale à la nage) vides! Mais la richesse des personnages, la tension dramatique et la maitrise narrative impressionnants de Henninot nous plongent dans ce maelstrom émotionnel de bout en bout sans nous laisser respirer et en procurant des sensations comme le permet rarement la BD. La tension permanente entre la hordière enceinte et le redoutable Golgoth respire sur les interventions quasi-surnaturelles du maître d’Erg le protecteur, d’un siphon qui agit sur le Temps puis d’une énigmatique tour que l’auteur passe avec une surprenante rapidité. Il faut bien faire des choix! La force de cette histoire c’est de nous faire (par moments) oublier l’aberration du projet en nous plongeant dans le cœur de l’Humain épicé de réflexions philosophiques sur l’être, le Temps, l’âme et l’individu. Un immense roman a donné naissance à une immense BD qui prends la suite de Servitude et Azimut comme étalon de la plus grande série BD en cours. Tout simplement.

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Farcry, les larmes d’Esperanza

La BD!
BD de Mathieu Mariolle, Salahdin Basti et Afif Khaled
Glénat (2021), 96p., One-shot.

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bsic journalismMerci aux éditions Glénat pour leur fidélité.

Après quelques tentatives de manga Isekaï me voilà à essayer un album parfaitement calibré, commercial, ce qu’on appelle une commande. On pourra appeler cela un projet crossmedia. Le fait est surtout qu’avec un vivier de gamers dans ce qui est depuis quelques années la première industrie culturelle mondiale, la major du jeu vidéo Ubisoft et l’un des premiers éditeurs de BD mondiaux s’associent pour un album en forme de prologue au jeu. De là à dire qu’il s’adresse principalement voir exclusivement aux joueurs de Farcry il n’y a qu’un pas que je franchis sans hésiter…

Far cry- Far cry - Les larmes d'EsperanzaEntendons nous bien, dans l’industrie culturelle des projets calibrés ne veulent absolument pas dire mauvaise qualité (pour preuve les franchises cinéma telles que le MCU ou Starwars) et avec une équipe d’auteurs chevronnés et l’envie d’une aventure fun on pouvait tout à fait avoir un bon blockbuster BD de la fin d’année dernière (l’album est sorti deux mois après le jeu). Je ne connais pas la franchise vidéoludique mais crois savoir que le point commun est l’envoi d’un mercenaire dans des pays exotiques en proie à une dictature bien cracra. C’est l’histoire qui nous sera ici contée.

Le premier élément qui dénote dans la BD est l’aspect graphique surprenant puisqu’outre l’utilisation de trames destinées à donner un aspect vintage, la colorisation se fait en aplats qui écrasent pas mal une ambiance que les graphismes des jeux veulent très lumineuses et colorées. Le parti pris graphique est donc décevant tant le très bon dessinateur Afif Khaled nous a habitué à des planches très numériques et chatoyantes dans ses précédents réalisations. Le dessin paraît souvent figé notamment dans les séquences d’action, ce qui est problématique pour un projet loisir. Ensuite le texte et l’intrigue semblent issus… d’un jeu vidéo (oui je sais c’est cliché, plein de jeux vidéo ont aujourd’hui des scénarios bien plus intéressants que pas mal de films…). Le côté caricatural des personnages et des postures ne sont pas en cause (série B oblige) mais un certain nombre de réparties sont très attendues et un peu lourdes. En outre on sent régulièrement le cahier des charges liant probablement la BD et le jeu. Enfin et surtout, le personnage principal qui devait être la carte maîtresse  du projet (un expert es guérilla alcoolique et doté d’une boule de cristal) n’est pas spécialement accrocheur. Au final on a donc un album de consommation très banal qui pourra mériter une hausse de la note pour les amateurs de la licence Ubisoft mais donc la lecture sera difficile à justifier pour les « simples » lecteurs de BD.

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Manga en vrac #24: Dragonball Super #15 – Shangri-la Frontier #2 – Alma #4 – Centaures #6 – Fullmetal Alchemist (perfect) #9

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Attention très grosse fournée manga aujourd’hui pour rattraper un retard important pris en fin d’année! Des séries en cours avec quelques déceptions et de surprenants anciens qui font de la résistance…

  • Dragonball Super #15 (Toriyama-Toyotaro/Glénat) – 2021, 192p., 15/17 volumes parus.

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Merci aux éditions Glénat pour leur confiance!

dragon_ball_super_15_glenatDécidément quelle capacité de rebondissement chez maître Toriyama! Alors que le précédent tome paraissait mener vers un ultime essoufflement, ce quinzième remets avec malice une pièce dans la machine… La fin du combat contre Moro d’abord, qui arrive, chose incroyable, à proposer de l’originalité (vous aurez du mal à me croire je sais…) avec encore de très bonnes idées qui, insérées entre les poncifs, maintiennent le plaisir de lecture et le suspens des combats. Puis l’on bascule soudain sur un tout autre arc. Ces ruptures brutales font toujours bizarre mais en changeant radicalement le contexte, les personnages et le style dans un braquage spatial digne des meilleurs films d’action, l’auteur nous accroche immédiatement. On apprendra plus tard que ce nouvel arc est le premier de la série SUPER à être totalement décroché des animés et c’est plutôt bon signe tant certains volumes ont paru forcés par un cadre contraint. On va donc retrouver les Sayan (oui-oui, il, semble en rester) et un adversaire du passé convoqué de manière cohérente à notre plus grand plaisir. Une fraicheur qui pousse jusqu’à quatre Calvin, une sacrée perf pour une série aussi éculée!

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  • Shangri-la Frontier #2 (Katarina-Fuji/Glénat) – 2021, 192p., 2/6 volumes parus.

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Merci aux éditions Glénat pour leur confiance!

shangri-la_frontier_2_glenatTrès sceptique sur tout manga se réclament du genre Isekai j’avais été obligé de reconnaître la pertinence du choix de Glénat de publier ce qui est calibré comme un blockbuster.

Je ne vais pas m’attarder sur le scénario (on reste intégralement à l’intérieur du jeu pendant ce volume) mais insisterais sur la grande qualité de dessins d’une lisibilité remarquable que ce soit dans les incessantes séquences de baston que dans la présentation des personnages, lieux, et tout ce qui fait ce jeu de rôle massivement multijoueur. La richesse du système et de l’univers donne vraiment le sentiment de lire un guide illustré d’un jeu existant réellement. On se demande d’ailleurs si les auteurs n’ont pas produit cette série dans le seul but d’être recrutés par un studio de jeux vidéo majeur! Hormis les allergiques à la logique du gaming (qu’on peut résumer par: découvrir, optimiser, combattre, discuter), tout le monde se prendra au jeu d’une série qui confirme sa grande proximité avec le franco-belge Bolchoi Arena (avec la part dramatique en moins). Ce second opus confirme donc totalement la bonne réception du premier et déroule sans forcer, avec plaisir, sans réfléchir. Du très bon manga détente dont j’attend la suite.

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  • Alma #4 (Mito/Panini) – 2021, 208p., 4/4 volumes parus.

alma-4-paniniLe volume se compose donc de la conclusion de la série plus neuf pages d’illustrations bonus, une Bible d’univers de trente pages, d’une post-face sur la genèse et de l’histoire courte qui a donné naissance à la série.

Très bien commencé, un peu empêtré en son milieu, Alma se conclut un peu piteusement avec un final centré sur Trice et sa rencontre avec Ray, en forme de flashback. Doté de références patchwork, peinant à donner une ligne claire et se perdant par moment dans des réflexions compliquées, Alma est le type de première œuvre très ambitieuse mais dont l’auteur n’aura pas maîtrisé tout le potentiel. Ce final n’est pas inintéressant mais une fois les révélations majeures sorties dans le volume précédent on se perd un peu dans des prolongations qui semblent superflues et un message type des manga pour ado et leur message de vie… Dommage, certains design étaient vraiment élégants et quelques idées sur la post-humanités inspirées. On attendra donc la prochaine série de l’auteur qui aura sans doute muri et son trait et son propos.

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  • Centaures #6 (Sumiyoshi/Glénat) – 2021, 192p., 6/6 volumes parus.

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Merci aux éditions Glénat pour leur confiance!

centaures_6Même constat que sur le cinquième tome (qui ouvrait le dernier cycle de la jeunesse) et sur Ashidaka: l’autrice bourrée de talent a bien du mal à mener de front autant de projets et sa grande technique ne suffit pas à habiller des pages résolument vides et à l’apparence de crobars (certes très élégants mais vraiment rapides). En outre ce volume est scindé en son milieu entre la fin de l’histoire de Matsukasze (nous expliquant comment le jeune centaure un peu benêt est devenu le démon rouge qui terrorise les humains) et celle de Kohibari. Frustrant car on arrive un peu tard sur ce personnage qui ne nous apprend guère plus que le premier cycle sur son origine. Ce volume semble avoir été réalisé sur la forme d’historiettes prolongeant les précédents, avec ici pour objet de reboucler avec des premières pages de la série certes percutantes mais un peu abruptes. On lui saura donc gré de rendre plus intelligible le premier tome (avec nécessité de le relire donc!) mais il faudra vraiment qu’avec la fin de cette série l’autrice se recentre et prenne le temps de finaliser ses albums. Son talent l’exige!

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  • Fullmetal Alchemist (Perfect edition) #9 (Arakawa/Glénat) – 2021, 308p., 9/18 volumes parus.

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Merci aux éditions Kurokawa pour leur confiance!

fullmetal_alchemist_perfect_9_kurokawaCoup de coeur! (1)Last but not least, vous avez sous les yeux braves gens pas moins que le meilleur tome de FMA depuis le commencement (jusqu’ici en tout cas)! Dans une lente progression, la saga de Arakawa est passée tranquilou-bilou de trois à quatre Calvin avant d’aboutir à ce coup de cœur de noirceur qui exploite l’action incessante et les cliffhangers éhontés (mais tellement savoureux) pour nous laisser en apnée sur des révélations majeures. A la moitié de la série il fallait bien cela! On dira que tout le dramatis personae est en place et que la grande bataille peut commencer, avec des héros multiples et dans de beaux draps. Maîtrisant comme personne la nécessité de produire de magnifiques méchants, l’autrice nous envoie Ed dans un combat rageur contre Glutony avant de le confronter à nouveau avec la Porte. Le roller-Coster émotionnel est à son comble et si certains volumes ont parfois trainé en explications politiques, il ne faut ici pas moins des trois-cent pages pour avancer ce tome bourré d’action. Il est très rare que je mette une telle note à un shonen et l’édition décidément superbe apporte en outre des informations très intéressantes sur les personnages dans les croquis inclus sur la reliure.

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Les Enfers: au royaume d’Hadès

La BD!

Histoire complète en 46 pages écrite par Clotilde Bruneau et dessinée par Diego Oddi. Parution le 10/11/2021 aux éditions Glénat, dans la collection La Sagesse des Mythes, dirigée par Luc Ferry.

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Merci aux éditions Glénat pour leur confiance.

L’Enfer, c’est les outres

La mythologie grecque a laissé une empreinte marquante sur la fiction encore aujourd’hui. Ces innombrables mythes, sont devenus pour beaucoup la quintessence de la narration à travers les âges, transformés de telle sorte que l’on prend aujourd’hui plaisir à les redécouvrir sous leur forme originelle.

Prenez Hadès par exemple. Toutes les histoires modernes tendent à le dépeindre de façon péjorative, majoritairement en tant qu’antagoniste, alors que les mythes grecs ne souffrent initialement pas de ce biais. Souvent comparé à Satan en fiction moderne, le Hadès classique est au contraire une figure plutôt neutre, bien qu’intransigeant vis à vis de son rôle et de la nature intrinsèque et inévitable du principe qu’il représente.

Bien loin du Caïn rongé par la jalousie, et l’amertume d’avoir été relégué aux Enfers, Hadès est au contraire dépeint comme un régent juste et sévère du monde souterrain, et l’un des seuls dieux, si ce n’est le seul, à ne pas avoir trompé son épouse, ni fait preuve d’une cruauté infondée envers les hommes. Son royaume, censé être impénétrable (mais bien entendu visité par bien des héros de la mythologie), est doté d’une géographie tout singulière et d’une histoire foisonnante qui méritaient certainement un album à part entière.

Cet album nous plonge donc dans les méandres sinueux des fleuves qui irriguent et encerclent les Enfers, et nous fait découvrir ses différentes régions. Nous avons également droit aux différents mythes qui y sont liés, de Tantale à Sisyphe en passant par les Danaïdes.

Malgré la structure du récit à tiroirs, où une digression en appelle une autre, l’album possède un fil rouge, qui permet de conserver un semblant de structure dramatique tout au long. Le dossier en fin d’album, intitulé « Hadès ou le monde grec face au non-sens de la mort », est complet mais digeste et parvient à rester succin lorsqu’il dépeint des caractéristiques méconnues du dieu grec de la Mort.

En résumé, Les Enfers: au royaume d’Hadès est un album synthétique et très instructif sur une figure tristement controversée et incomprise de la mythologie grecque. Peut être dispensable pour les experts hellénistes, mais idéal pour tout lecteur souhaitant se cultiver.

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Frankenstein

La BD!
BD de George Bess
Glénat (2021), 205 p., One-shot.

Le volume comprend dix-sept chapitres dotés d’une page de titre pour chacun et un cahier graphique final de cinq illustration n&b. Comme pour Dracula une édition prestige grand format dotée d’une couverture différente est parue en simultané aux éditions Glénat.

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bsic journalismMerci aux éditions Glénat pour leur fidélité.

Il y a deux ans le magistral dessinateur du Lama Blanc proposait un magnifique cadeau de Noël en une monumentale adaptation du roman original de Bram Stoker, Dracula. Après une assez discutable version SF new-age de Au cœur des Ténèbres, Bess enchaîne sur ses adaptations de la littérature gothique avec cette fois le monstre de Frankenstein, sous-titré Le Prométhée moderne par son autrice Mary Shelley. A noter que la trilogie de Philippe Pelaez centré sur les auteurs gothiques du XIX° se conclut le mois prochain autour de Mary Shelley également.

https://www.ligneclaire.info/wp-content/uploads/2021/11/Mary-Shelley-Frankenstein-3.jpegSi Dracula souffrait comme principal problème de la vision du film de Coppola passée dans l’imaginaire collectif, il profitait d’un récit très efficace, rythmé et varié dont l’inspiration graphique était évidente chez l’auteur. Frankenstein est publié presque un siècle avant Dracula et l’on retrouve dans l’adaptation graphique certaines failles désuètes d’un récit par moment redondant. L’album est structuré sur trois récits (le carnet du capitaine du navire arctique qui recueille Victor Frankenstein, le récit de ce dernier et enfin le récit que le monstre lui fit jadis) que Bess parvient avec souplesse à articuler dans son roman graphique. Bien plus naturaliste que gothique, l’histoire nous fait suivre sur une bonne partie les pérégrinations du monstre dans la Nature sauvage et son observation de l’humanité. Le cadre de roman initiatique (tout de même très sombre) est sur ce point intéressant avec un personnage naïf découvrant dans sa chair la violence inhérente à l’humanité et la contradiction avec sa propre nature bienveillante en contradiction avec son apparence monstrueuse. Si les hommes paraissent bons ils ont ainsi un fond malveillant et craintif, à l’inverse du monstre.

Graphiquement si Georges Bess sait toujours aussi bien inspirer des paysages, des ambiances et des corps, il semble plus engoncé avec son matériau qui tourne en grande partie autour d’une créature qui ne permet pas tellement d’expérimentations. Les planches restent très belles mais reproduisent les mêmes thèmes, ce qui par moment lasse un peu. Les parties les plus intéressantes sont les observations naturelles de Frankenstein puis de sa créature ainsi que les visions arctiques où le trait tranché de Bess subjugue dans une grande esthétique.

Frankenstein en BD: quand Georges Bess s'attaque à un monstre sacré -  Bubble BD, Comics et MangasDoté d’un récit plus plat et sans doute plus philosophique (donc moins graphique) que Dracula, ce Frankenstein réussit donc moyennement le succès précédent du fait d’une matière plus difficile. Avec un projet d’adaptation littéraire il n’était pas possible de dévier de la ligne et ces limites sont donc peu imputables à l’auteur. Par moment on ressent toutefois la dureté de ce que vit le monstre et l’on sent poindre l’émotion de cet être pur enfermé dans une gangue monstrueuse et toute la violence du monde s’abattre sur ses épaules. On pourra peut-être regretter un manque de rythme et d’action qui auraient pu nous emporter dans une action qui fait ici défaut.

Le projet n’en reste pas moins monumental, un travail colossal, intéressant, et que l’on espère reproduire sur d’autres textes gothiques.

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Le Dernier Livre

La BD!

Histoire complète en 72 pages écrite par François Durpaire et dessinée par Brice Bingono. Parution le 24/11/21 aux éditions Glénat.

Du pain, des virus et des jeux

Dans un futur pas si éloigné, une virulente pandémie a forcé les sociétés modernes à se réinventer et à proscrire autant que possible les contacts entre individus. S’en sont suivis une passation de pouvoir et un changement de régime, qui ont vu les géants du numérique s’emparer des principes de la démocratie.

Comme pour tout régime non-démocratique et autoritaire, l’accès au savoir a très vite été identifié comme antithétique, voire dangereux, car il favorise l’esprit critique et ne correspond plus à la consommation de masse qui est aujourd’hui la colonne vertébrale de nos sociétés. C’est donc tout naturellement que les écoles sont fermées, au profit d’une digitalisation du savoir. Les livres sont bannis, les librairies et le secteur du livre sont également prohibés, et le nouveau régime va même jusqu’à concevoir un nouveau langage à visée universelle.

Tout ceci est bien entendu appuyé par un état-policier. Tous les contrevenants qui conservent et utilisent encore des livres sont violemment traqués et punis, et la culture elle-même fait l’objet d’une censure, opérée à l’aune des objectifs mercantiles du nouveau gouvernement.

Car les seuls rassemblements permis sont dans les centres commerciaux, où les individus sont abreuvés de contenus digitaux prédigérés pour eux.

La jeune Héliade est née dans ce monde, qui n’a pas mis longtemps à sombrer dans l’obscurantisme et la violence. Ses parents se sentent impuissants à lui épargner cette mise à mort collective de l’esprit et de la culture, et font ce qu’ils peuvent pour préserver le peu qu’il leur reste de liberté de penser. Mais un beau jour, Héliade est enlevée en plein centre commercial, par un homme portant un masque à l’effigie de Victor Hugo. C’est le début d’un chassé-croisé risqué entre les résistants du livre et ses farouches opposants.

Fahrenheit 1984

François Durpaire, déjà auteur de la trilogie La Présidente, éditée aux Arènes, est un universitaire régulièrement aperçu à la télévision en tant que consultant expert des questions politiques et culturelles aux Etats-Unis. Il érige ici un récit fortement influencé par l’actualité récente, auquel il mêle des thématiques dystopiques bien connues et issues de la littérature américaine du XXe siècle.

En effet, l’idée des autodafés à grande échelle, en plus d’appartenir à l’Histoire, était déjà évoquée dans des œuvres telles que Fahrenheit 451 de Ray Bradbury. L’œuvre est d’ailleurs elle-même référencée dans l’album, dans une scène où l’un des personnages note la similarité des situations. La comparaison peut aller plus loin, puisque, comme dans le célèbre roman, les résistants qui étudient encore les livres s’éveillent à l’idée que le livre vit encore en eux, quand bien même la dernière copie qui en subsistait a été brûlée.

L’autre source d’inspiration pourrait être 1984, qui s’est d’ailleurs payé plusieurs adaptations BD l’an passé. La surveillance de masse, la novlangue et la double-pensée ont clairement guidé le scénariste dans l’élaboration de son univers post-pandémie.

Néanmoins, si l’on peut accorder à cet album un poésie et un lyrisme maitrisés, il n’en demeure pas moins que les ressorts dramatiques qui en ressortent paraissent plats. Les personnages en eux-mêmes ne sont pas idéalement creusés, et on constate avec étonnement que le cœur de l’album, soit 24 pages, correspond à une seule scène, un échange entre une professeure et ses élèves retraçant amoureusement l’histoire du livre et de l’écriture.

Ceci laisse donc peu de place aux ressorts dramatiques, même si la conclusion, certes confondante de naïveté et d’optimisme, s’avère cohérente avec l’ensemble du récit. C’est ce qui fait que le Dernier Livre est moins un thriller d’anticipation dystopique (comme promis par la quatrième de couverture) qu’un vibrant hommage au prodige de l’écrit et du savoir (ce qui est tout naturel venant d’un universitaire engagé).

La partie graphique, quant à elle, est tout à fait sublime, grâce au talent de Brice Bingono, qui livre de superbes planches dans la lignée d’un Travis Charest.

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BD en vrac #27: Tarzan #2 – Conan le cimmérien: l’heure du dragon

La BD!

Salut à tous! J’espère que la digestion s’est bien passée. Si vous lisez déjà ces lignes c’est malheureusement que vous n’avez pas été inondés de BD sous le sapin… pour rebondir je vous propose deux adaptations littéraires de romans pulpissimes de la première moitié du XX° siècle, Tarzan et Conan.

    • Tarzan #2: au centre de la Terre (Bec-Dela Torre-Raffaele/Soleil) – 2021, 77p.

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Merci aux éditions Soleil pour leur confiance!

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Le premier tome des aventures de Tarzan scénarisées par Christophe Bec m’avait plutôt emballé ce printemps et la sublimes couverture de maître Eric Bourgier m’a fortement alléché pour enchaîner sur l’aventure de l’homme-singe dans la Terre creuse… Car si l’aventure originelle de Lord Greystoke est connue et très classique, ce second roman adapté part dans un délire pulp totalement débile sur le concept, comme seuls les magazines de littérature fantastique américains de l’époque savaient le faire, avec une naïveté désarmante. On entame donc avec une technique de flashback assez artificielle et d’énormes clichés de l’époque (paternalisme blanc, machismen…). C’est attendu et pas du tout grave car cela s’inscrit dans le respect du matériau d’origine. Personnellement je trouve même que c’est plutôt intéressant de maintenir cette coloration avec fidélité. Après que Tarzan ait découvert une cité perdue regorgeant d’or il part secourir ses amis perdus en Terre creuse… Une fois admis cette idée wtf on part volontiers dans ces aventures pour ado attardé et ça fonctionne parfaitement sous les dessins très réussis du dessinateur de Shadowman. On en a pour son argent avec des sauvages, des princesses dénudées, des dinosaures, vikings et autres dirigeables… n’en jetez plus, Edgar Rice Burrough semble avoir vidé tout son coffre à jouet sans se préoccuper le moins du monde de la cohérence de l’ensemble. Au final ce diptyque réussit fort bien ce pourquoi il est prévu et permet de découvrir deux très intéressants dessinateurs.

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  • Conan le cimmérien #12 (Blondel-Sécher/Glénat) – 81p., 2021

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Merci aux éditions Glénat pour leur confiance!

couv_436436On l’aura beaucoup attendu ce douzième album des aventures de Conan, qui arrive finalement avant celui de Subic et Bec (qui sort en janvier). Les aperçus des planches de l’impressionnant Valentin sécher dont le style semble se rapprocher le plus de l’imagerie collective attachée au cimmérien (et notamment à ce que Frazetta a posé) nous avaient mis en appétit et sur ce plan le plaisir est rendu.

Malheureusement une fois savourée cette ambiance résolument sombre et très technique, les visages assez interchangeables et plutôt figés du dessinateur ne facilitent pas l’immersion dans une intrigue fort touffue. Il faut dire que Blondel (après Elric) a choisi d’adapter le seul roman de la saga, dont l’objectif était de présenter au lectorat britannique un résumé de l’Age hyboréen. L’album entame donc avec un Conan sur le trône, bientôt déchu par un puissant sorcier (on a déjà vu ça, non?), esclave puis pirate,… Les muscles, batailles sanglantes et rageuses, les puissances ténébreuses et les débats d’antichambre entre puissants conspirateurs forment un tout cohérent mais soit trop plein soit pas assez explicatif et surtout avec un enchaînement bien trop rapide des séquences qui empêchent de bien pénétrer dans l’histoire. On ressort donc de ces presque quatre-vingt pages avec un sentiment se confusion, un manque de liant et un spectacle dont on reste un peu extérieur malheureusement. C’est fort dommage car le contenu est fort sympathique. Mais le carcan de l’adaptation semble poser les mêmes problèmes de lâcher prise à l’ensemble des auteurs, hormis peut-être le Recht qui propose sans doute la plus libre adaptation.

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BD en vrac #26: Nautilus #2 – La chute #2

La BD!

 

  • Nautilus #2: Mobilis in Mobile (Mariolle-Grabowski/Glénat) – 2021, 54p., 1/3 volumes parus.

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Merci aux éditions Glénat pour leur confiance!

couv_431435Le premier Nautilus avait été une des excellentes surprises du printemps. Seulement quelques mois plus tard Mariolle et Grabowski (pour sa première BD!) ne nous laissent pas moisir comme le capitaine Némo et dévoilent enfin le mythique Nautilus! Et quel design les enfants! Le cahier graphique final laisse à ce sujet quelques points de frustration tant le dessinateur s’est régalé à créer l’intérieur du célèbre vaisseau sous-marin, dont on ne voit finalement que quelques éléments mécaniques (peut-être pour le grand final?) mais dont la coque est remarquablement élégante. Si l’intrigue de ce second volume peut paraître plus linéaire et moins surprenante que l’ouverture (en se résumant à une chasse avec pour but de découvrir le traître à bord…) on profite néanmoins de belles joutes verbales entre le héros et le sombre capitaine, pas aussi flamboyant qu’attendu mais parfaitement construit psychologiquement. Moins surprenant que le premier volume, cette suite semble aussi légèrement moins solide graphiquement, avec des décors intérieurs et sous-marins qui n’aident pas forcément. On reste cependant dans de la BD de grande qualité, de la grande aventure que l’on aimerait voir plus souvent dans le neuvième art. Vite la conclusion!

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  • La chute #2 (Muralt/Futuropolis) – 80p., 2021

couv_413919Sorti en plein début de crise du COVID le premier tome de La Chute avait beaucoup fait parler de lui, avec son style très documentaire, rugueux, sur les premiers jours du déclenchement d’une crise sans zombies ni guerre civile. Une pandémie normal, réaliste, froide. L’arrivée de se second tome et sa très belle couverture était donc attendu… et douche un peu les attentes. Après une entrée en matière dynamique menant ses personnages vers les montagnes dans une ambiance inspirée par le chef d’œuvre La Route, l’auteur semble patiner dans la neige en centrant sa focale sur l’ainée de la fratrie alors que le père blessé sort du jeu. Refusant toute violence graphique cinématographique, Muralt installe sa pesanteur dans la situation psychologique d’un chacun pour soi et d’une dureté relationnelle. Sur ce point on ressent la détresse des deux enfants. En revanche le contexte est un peu vaporeux avec ce village pas vraiment fortifié mais rejetant tout de même ce qu’ils appellent les « touristes » les citadins fuyant les villes ». Faute peut-être d’une caractérisation plus lisible et de dessins plus précis, on a le sentiment que la situation n’avance guère et l’on finit par s’ennuyer un peu. Espérons que l’auteur rebondisse après cet intermède peut-être nécessaire dans son scénario mais trop étiré sur quatre-vingt pages car son projet est sérieux et reste intéressant.

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**·****·Manga·Nouveau !·Rapidos·Service Presse

Manga en vrac #23: Eden #5 – Ashidaka #3

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  • Ashidaka #3 (Sumiyoshi/Glénat) – 2021, 192p., série en cours 3/4 tomes parus.

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Merci aux éditions Glénat pour leur confiance!

ashidaka_3-glenatOn enclenche la troisième pour cette série que l’autrice aligne en même temps que sa grosse série Centaures. On avait laissé Ashidaka sur un très gros cliffhanger contre un adversaire au design impressionnant. Dans ce volume très orienté action et qui laisse très peu de place au développement d’un scénario on retrouve les mêmes marqueurs fortement shonen et les mêmes limites, à savoir une lisibilité souvent très moyenne dans l’action et des arrières-plans totalement dépouillés. La perte des textures et environnement forestier foisonnant de Centaures donne des planches où la virtuosité technique réelle de l’autrice ne compense pas une rapidité de réalisation qui risque de faire tiquer. Le déroulé alterne donc entre des apparitions de nouveaux personnages qui à la manière d’un jeu vidéo, ponctuent la progression, où la volonté hors norme et la bonté fondamentale du héros fait face à un nihilisme conflictuel de ses antagonistes. Le personnage en prend plein la poire face à des méchants vraiment très forts et plutôt bien caractérisés. C’est très simple, un peu court et les quelques très beaux dessins de personnages, le design techno-organique franchement intéressant dans ses possibilités et le groupe de guerriers plutôt réussis suffisent à peine à justifier de continuer une série qui doit passer la vitesse supérieur assez vite pour ne pas lasser.

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  • Eden, it’s an endless world #5 (Endo/Panini) – 2021, 5/9 volumes parus.

eden_perfect_edition_5_paniniChoc annoncé, le cinquième Perfect d’Eden nous balance d’entrée de jeu dans une prise d’otage qui confirme la grosse avancée dans la connaissance du background géopolitique. Il faut dire qu’on est déjà à la moitié de la série et on appuierait presque sur les freins tellement la perspective de se rapprocher de la conclusion… On connaît désormais la méthode scénaristique d’Hiroki Endo qui nous fait sauter sans coup férir d’un personnage à un autre, sur des ellipses de plusieurs mois voir années, voir sur la disparition brutale régulière d’un personnage. C’est diablement efficace et l’intelligence de l’auteur qui n’est plus à démontrer (il suffit de lire ses réflexions en fin de volume) rend chaque dialogue, chaque sujet abordé, passionnant. Les séquences d’action sont absolument énormes, les thèmes SF très réalistes et l’envie de proposer une anticipation quasiment documentaire  permanente. On sent la documentation importante de l’auteur qui apporte un sérieux mais sait aussi proposer de l’humour avec ce nouveau personnage de flic que l’on a très envie de suivre. La qualité des personnages d’Eden fait qu’il est quasi impossible de savoir si untel sera un personnage secondaire, deviendra central, ou disparaîtra subitement. Eden est une immense série, de celles qui rendent l’attente très très longue…

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**·****·Manga·Nouveau !·Rapidos·Service Presse

Manga en vrac #22: Les architectes de Babel – L’ile entre deux mondes #2 – Wombs #1

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  • Les architectes de Babel (Ashimo/Glénat) – 2021, 544p., one-shot.

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Merci aux éditions Glénat pour leur confiance!

architectes_de_babel_glenatAï! Quand on tient un blog on lis énormément d’albums et on sélectionne par définition ce qui nous tente. Parfois on tombe sur de mauvais albums, parfois on se trompe de clientèle… Ce très gros volume (regroupant les deux tomes japonais originaux) était une de mes grosses attentes de cet automne, avec une envie d’Histoire et d’architecture… las, je suis tombé sur un assez laborieux shonen pas très bien dessiné et qui hormis quelques idées graphiques comme la représentation du roi Hammourabi et le personnage de Nimrod, n’apporte pas grand intérêt ni dans un esprit d’aventure ni dans un esprit historique.  On pourra être indulgent avec un auteur semi-pro dont c’est la première production éditée (à l’origine réalisée sur le web), mais je suis sceptique sur le créneau de cet album. Un vrai loupé quand au potentiel que pouvait procurer cette histoire…

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  • L’Ile entre deux mondes (Ishii/Pika) – 2021, 2/2 volumes parus.

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Merci aux éditions Pika pour leur confiance!

couv_425710Le premier volume de cette histoire m’avait subjugué par ses planches d’une qualité graphique rare. Ne se contentant pas de dérouler de beaux paysages et visions très graphiques, l’autrice y proposait un découpage très sophistiqué, esthétisant jusqu’aux cases et leur agencement. La lecture d’une histoire en deux parties est toujours compliquée car le plus souvent la césure est plus d’ordre externe (le boulot de l’auteur) que justifiée par le scénario. Ce second volume reprend donc les mêmes qualités que son prédécesseur, à savoir une atmosphère onirique apaisante, une nature magnifique et une cohésion de ce petit monde avec les forces de la Nature. Avec une séquence dans le passé qui déstabilise légèrement la concentration du lecteur, on n’est à la fin de l’histoire pas certain d’avoir tout compris mais néanmoins conquis par cette beauté éternelle qui reflète totalement l’idée d’une harmonie entre les époques, les générations et entre les espèces vivantes… Une des plus belles bouffées de positif de cette année!

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  • Wombs #1  (Shirai/Akata) – 2021, 224p., 3/5 volumes parus.

wombs-1-akataSur une planète lointaine, une guerre coloniale fait rage avec pour enjeu la préservation de l’environnement. L’un des belligérants a mis au point une technologie utilisant les propriétés d’une graine indigène qui, implantée dans l’uterus de femmes-soldats, leur donne la faculté de téléporter tout ce qui se trouve dans leur environnement. Un pouvoir redoutable, qui exige des sacrifices…

badge numeriqueJ’avais vu un très bon bouche à oreille sur cette série du petit éditeur Akata et ai profité du jury BDGEST pour me lancer dans le premier volume, avec plaisir. Si j’ai mis quelques dizaines de pages à me faire aux dessins (et surtout à la « colorisation » numérique franchement grossière et pas très élégante), j’ai fini par entrer dans cet univers à la fois dur mais proposant une idée SF très intéressante. Surtout, le mystère est maintenu subtilement sur la véritable nature de ces graines alors que l’on suit l’entraînement d’une troupe de jeunes porteuses. Le parallèle entre l’inquiétude de la grossesse chez les jeunes femmes et cette hypothèse SF est intéressant et laisse le lecteur seul responsable de son analyse, l’autrice se contentant de développer son propos froidement. Une entrée en matière qui donne bien envie de poursuivre l’aventure,  sans risque sur un format court de cinq volumes.

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