BD·Jeunesse·Service Presse·Nouveau !·****

Terror-Island

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BD d’Alexis Nesme
Glénat (2022), 52 p., one shot.

bsic journalismMerci aux éditions Glénat pour cette découverte.

Respectant la charte de la très jolie collection Mickey de Glénat, l’album reprend la maquette du précédent album d’Alexis Nesme (en compagnie de Trondheim): une tranche toilée, vernis sélectif sur la couverture et le dos, ainsi que de superbes croquis en intérieur de couverture, qui montrent la grande technique du dessinateur sous ses peintures chatoyantes.

Terror Island - cartonné - Alexis Nesme - Achat Livre | fnacAprès avoir sauvé le chat de madame Gravier à Horrifikland, l’agence de détectives deMickey, Dingo et Donald partent au grand large pour retrouver M. Peppermint, explorateur disparu à la recherche du crâne de diamant! Découvrant une ile mystérieuse, les trois amis sont bien sur suivis par l’abominable Pat Hibulaire…

On ne change pas une recette qui gagne! Après le « terrifiant » séjour au parc Horrifikland, l’auteur des Enfants du Capitaine Grant repart pour une escapade référentielle, en solo cette fois. Les marqueurs qui ont fait le succès du précédent sont là dès les premières pages: une enquête simple, un Mickey en chef de troupe rationnel, un Donald peureux comme pas deux et un Dingo toujours aussi maladroit et dont la désinvolture permettra bien sur de déjouer tout un tas de chausse-trappes.

Voilà nos amis embarqués sur les traces du plus grand des aventuriers: Indiana Jones! Cet album est en effet truffé de références aux quêtes de l’homme au fouet et les plus fins connaisseurs des films de Spielberg et Lucas se poileront à voir cumuler les scènes bien connues. TERROR-ISLAND (Alexis Nesme) - Glénat (Zenda / Drugstore) - SanctuaryAjoutez à cela un peu de King Kong et évidemment les confrontations explosives attendues avec l’abominable Pat Hibulaire. Alexis Nesme s’amuse comme un petit fou en alignant sketch en mode strip et jeu sur les cases comme cet énorme labyrinthe en double page qui rappelle un jeu de plateau. Chaque page contient au moins un gag, regorge de petits détails que les plus jeunes s’amuseront à décortiquer et surtout, éblouie par sa beauté! C’est simple, on peut lire et relire l’album mille fois pour savourer les dessins, la technique, le design ou simplement le découpage généreux de créativité.

En cette fin d’année ce Terror-Island apparait comme un bonbon magnifique où le plaisir est partout. A lire à tout âge, seul ou en famille, un classique immédiat.

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***·BD·Nouveau !·Rapidos

Dans le ventre du Dragon #2: Xiu

Second tome de 46 planches de la série écrite par Mathieu Gabella et dessinée par Christophe Swal. Parution chez Glénat le 11 mai 2022.

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Dans le précédent tome, nous faisions la connaissance d’Udo, chasseur de dragons de son état, de Phylogène, savant spécialiste de ces reptiles magiques, et de Wei, pirate chinois avide de richesses et de pouvoir. Poussé par l’appât du gain, le petit groupe a eu la brillante idée de chasser le plus gros dragon jamais répertorié, qui écume les océans mais ne remonte que rarement à la surface. En effet, les dragons produisent toutes sortes de richesses, notamment de l’or, et plus gros est le lézard, plus haute sera la montagne d’or.

Nos aventuriers ont eu exactement ce qu’ils voulaient: embarqués dans un submersible fait maison, ils ont été avalés, perdant Wei au passage. Mais le pirate avait secrètement emmené sa soeur, Xiu, capable de maîtriser le dragon qui leur sert de monture. Ce qu’ils trouvent au sein de la titanesque créature défie l’imagination: une ville entière, des structures architecturales cyclopéennes, et des dragons à ne plus savoir qu’en faire. Et, plus surprenant encore, des humains, bien décidés à protéger leur hôte de ces chasseurs impromptus.

L’univers bâti par Mathieu Gabella nécessitait dans le premier tome une exposition conséquente: la nature et les capacités spéciales des dragons, le passé nébuleux du protagoniste, et la mise en place de l’intrigue étaient gourmands en pagination. L’auteur prend le parti d’explorer en flash-back le passé de son nouveau personnage, ce qui est susceptible de casser le rythme de l’intrigue, tout en nous donnant l’impression que le cœur du récit n’est pas encore atteint.

Néanmoins, ces flash-back ne sont pas gratuits pour autant, puisqu’ils prolongent l’exposition, notamment par rapport aux dragons et à leur intentions véritables. Le reste se déroule plutôt tranquillement, avec quelques sursauts dus à des révélations ou retournements de situation que l’auteur a gardé dans sa manche. Le concept de base, à savoir l’exploration d’un monstre par l’intérieur, est aussi exploité de façon constante, bien qu’il n’y ait pas encore de trouvaille choc (un dragon géant jouant le rôle d’alpha pour son espèce a déjà été exploité).

En bref, une suite correcte pour un récit d’aventure bien méné.

*****·BD·Nouveau !·Service Presse

Cristal 417

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BD de Mark Eacersall, Henri Scala, Boris Golzio et Robin Millet (coul.)
Glénat (2022), 114p., one-shot.

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bsic journalismMerci aux éditions Glénat pour leur fidélité.

Pauline vient d’intégrer la a prestigieuse brigade criminelle du 36 quai des Orfèvres, le saint des saints de la Police et partie majeure de la mythologie qui motive les jeunes policiers. Là elle va découvrir la réalité d’un nouveau boulot, loin de la misère matérielle des commissariats de quartiers, mais aussi la paperasse, le rythme permanent qui fait sauter d’un dossier à un autre. Le professionnalisme des collègues aussi et la sagesse nécessaire pour accepter de voir passer de nombreuses années pour résoudre un dossier sur un hasard…

image-10https://www.ligneclaire.info/wp-content/uploads/2022/10/Cristal-417-2.jpgLes scénaristes avaient marqué les esprits en 2020 pour leur première BD, Gost111, passionnant album qui abordait le monde des indics. Car derrière le pseudonyme Henri Scala se cache un vrai ancien flic, qui apporte toute sa connaissance du milieu et de ses humains. Comme une version BD du chef d’œuvre de Tavernier L617 on suit une novice qui va apprendre le métier sur le tas. Mais à la différence du film et de nombre d’œuvres sur les flics, c’est la tendresse et la bienveillance des collègues qui surprennent dans le ton de l’album. Nous avons tellement l’habitude de suivre le quotidien policier entre sordide et violence psychologique que cela fait un bien fou de pouvoir apprendre une foule de choses sur ceux qui nous protègent sans sombrer dans l’hyper-drama.

Le scénario, particulièrement clair et bien mené, nous fait suivre la sympathique Pauline, tout à fait crédible sans excès de caractérisation, avec en fil rouge l’enquête sur un buste de femme, vieille affaire dont elle est chargée pour se faire la main. Le long de celle colonne vertébrale elle participe à des perquisitions, filatures et interrogatoires entre des visites à ses parents et soirées entre collègues. Seule dans son petit logement parisien, on l’imagine accaparée par ce métier passionnant et dévorant. Mais c’est pudiquement Cristal 417 - (Boris Golzio / Mark Eacersall / Henri Scala) -  Policier-Thriller [BDNET.COM]évoqué sans pathos sur un mal être qui ici n’existe pas. Enquêteur à la Crim’ apparaît en somme comme n’importe quel boulot qu’on découvre, avec quelques cadavres en plus.

Empli de relations humaines dans le fil d’une héroïne qui attire notre empathie, on sent la passion des scénaristes et l’envie de partager un métier qui donnerait presque envie de s’engager! Et si cela ne suffisait pas le texte est habillé par la grande élégance des dessins de Boris Golzio et les superbes couleurs de Robin Millet qui proposent mine de rien une sacrée mise en scène dans un cadre pas évident puisque multipliant les dialogues et décors urbains réalistes. D’une très grande variété de scènes, croquant un quotidien à mille à l’heure, Cristal 417 est un coup de cœur immédiat qui trouve une alchimie totale dans son narratif. Une très grande réussite qui se place dans les meilleures sorties de 2022.

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*·Comics·East & West·Manga·Nouveau !·Rapidos

Sakamoto days #1

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Manga de Yuto Suzuki

Glénat (2022), 192, 5/9 volumes parus.

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Taro Sakamoto est un assassin légendaire qui s’est retiré du monde après avoir rencontré l’amour. Vivant désormais paisiblement comme épicier avec sa femme et sa fille, il va soudain voir débarquer la fine fleur des tueurs de la pègre mondiale bien décidés à lui faire la peau. L’étrange bonhomme cache pourtant encore bien des talents que vont découvrir les candidats à sa succession…

mediathequeParé d’excellents avis et d’une com’ en grandes pompes de Glénat lors de la sortie des deux premiers volumes au printemps dernier, je me suis laissé tenter par l’expérience Sakamoto days lors d’un passage en médiathèque. L’esprit décalé et le look wtf du super-tueur épicier avaient du potentiel et sans beaucoup d’exigence il suffisait d’un bon enchaînement d’action pour combles les attentes. Et je dois dire que mon envie a été assez rapidement douchée en constatant qu’on était loin des glorieux ainés du shonen… Bien Sakamoto Days (tome 1) - (Yuto Suzuki) - Shonen [CANAL-BD]que le design global des personnages et de Sakamoto soit sympathique, un chara-design ne suffit pas à faire une bonne série et on constate rapidement d’importantes lacunes dans un dessin approximatif, y compris dans les séquences de baston (nombreuses). Mais le nerf d’une bonne BD étant toujours son scénario, c’est là que le bas blesse le plus puisque dans la volonté d’aller vite, on ampute toute progressivité en balançant en quelques pages l’origin-story du personnages pour ensuite enchaîner sur des chapitres presque one-shot qui ont vocation à constituer une « Team Sakamoto » faite d’anciens assassins ou mafieux repentis. Du coup aucune trame longue n’est proposée et le volume enchaîne les combats sans enjeux du fait de la toute puissance du personnage et de la reproductivité des assassins lancés à ses trousses. Le seul point qui pourrait titiller l’envie repose sur l’étonnante capacité de télépathe de l’acolyte de Sakamoto, qui permet quelques jolies trouvailles humoristiques lorsque ce dernier ne cesse de « tuer en pensées » de la plus affreuse manière tout ce qui se trouve autour de lui. Malheureusement, si des DR. Slump, Tortue génial et mille autres petits-gros redoutables parsèment le monde du manga, Sakamoto semble manquer de bien des atouts pour creuser son sillon hormis comme seule consommation Shonen. Doté de trop peu d’atouts et de trop d’incohérences, c’est une vraie mauvaise pioche et la quantité de parutions manga ne justifient pas d’y passer plus de temps.

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****·East & West·Manga·Nouveau !·Service Presse

Trillion game #1

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Manga de Riichiro Inagaki et Ryoichi Ikegami
Glénat (2022), 208p., 1/4 tomes parus, série en cours.

bsic journalismMerci aux  éditions Glénat pour leur confiance.

Alors qu’il se fait agresser par des loubards, le timide Gaku voit voler à son secours le charismatique Haru. D’un tempérament que tout oppose, les deux jeunes gens vont se retrouver associés dans un étonnant pari, pour le meilleur et pour le pire: devenir milliardaires!L’un dispose d’un toupet et d’une tchatche hors du commun, l’autre est un génie de l’informatique. Ensemble ils vont renverser la table en partant de rien et sauter toutes les barrières sociales qui mènent au sommet…

052-053_TRILLION_GAME_T01_1Quel plaisir de retrouver le style Ikegami avec deux albums sortis à trente ans d’écart. Et l’on peut dire que si ses dessins se sont légèrement affinés et que ses textures sont autrement moins frustes que sur Sanctuary (chroniqué hier), les gueules d’anges qui font sa marque de fabrique sont toujours aussi efficaces pour nous charmer. Toujours dans le même schéma du duo masculin en Yin/Yang le maître se cale dans le rythme désormais connu du scénariste de DR.Stone. Alchimie parfaite des marques de fabriques des deux auteurs, on est finalement guère surpris de l’alliance de Inagaki avec un dessinateur qui n’est finalement pas si loin de Boichi, capables tous deux d’un très grand réalisme technique mais également de ruptures cartoon très drôles. Car si les anciennes œuvres polar d’Ikegami sont très premier degré, on se surprend à rire franchement grâce au personnage de Haru qui n’hésite pas à tomber dans le scato et dont l’absence totale de limite crée des situations rendues encore plus poilantes par les trognes de séries télé du dessinateur.

201 TRILLION_GAME_T01_1Ne perdant pas de temps les auteurs nous montrent dès les premières pages Gaku semblant désemparé dans le luxe de son gratte-ciel, avant de nous raconter comment il en est arrivé là au cours du jeu du Billion (… car comme vous le savez l’anglais ne connaît pas cette unité et passe du milliard au trilliard). On se demandera bien entendu où est passé Haru, histoire d’instiller un soupçon de tension dramatique. Car le ton reste de bout en bout celui de la farce légère, marque de fabrique qui a permis à DR. Stone de combler des millions de lecteurs.

Proposant un thème très moderne (l’immense richesse et le capitalisme boursier), les auteurs ne vont probablement pas s’embêter de réflexion écologique ou de justice sociale (point déjà fort absent dans la série de Boichi) et assumer le statut de série de pure loisir pour Trillion Game. Doté d’un dessin brillant et d’une recette scénaristique parfaitement rodée, la série a absolument toutes les clés en main pour être une des prochaines locomotives de l’industrie Manga. Il faudra juste voir si le rythme de parution endiablé proposé par Boichi pourra être suivi par son successeur auprès d’un public devenu très exigeant…

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***·****·East & West·Manga·Nouveau !·Rapidos·Service Presse

Leviathan #2 -Fool night #2 – Le Molosse – Shigahime #4-5

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Salut les mangavores! Fournées de suites récentes et globalement excellentes, qui montrent que la passion des jeunes auteurs a encore beaucoup à apporter et le dernier Chef d’oeuvre de Lovecraft de Tanabe.

  • Leviathan #2 (Kuroi/Ki-oon) – 2022, 224p., volume,2/3 tomes parus. Série originale Ki-oon.

bsic journalismMerci aux éditions Ki-oon pour leur confiance.

leviathan_2_kioonLe premier tomeLeviathan #1 sorti en début d’année nous avait happé dans un graphisme glacial tout à fait européen pour un huis-clos de survie spatiale en deux temporalités. Ici on s’attarde très peu sur les pilleurs dépave qui ne servent qu’à maintenir le suspens de qui est le survivant pour plonger résolument dans un Battle Royal qui évacue les éléments relationnels du précédent volume et tranche à tout va entre différents groupes et caïds du cerveau et des muscles. L’aspect le plus intéressant reste cette jeune fille qui mine de rien arrive à manipuler tout le monde pour viser le graal sans se salir les mains. Plus rythmé, plus linéaire mais tout aussi impliquant, ce deuxième épisode d’une série au format raisonnable coche donc toutes les cases d’efficacité dans le thriller spatial. Sacré performance pour une première œuvre et encore un strike pour cette création Ki-oon!

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  • Fool Night #2 (Yasuda/Glénat) – 2022, 208p., 2/4 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Glénat pour leur confiance.

fool_night_2_glenatPour sa première œuvre le mangaka Kasumi Yasuda avait impressionné sur un premier tome au dessin très inspiré et maîtrisé et qui demandait à confirmer. C’est chose faite avec ce second volume qui gagne directement un Calvin en simplifiant son intrigue vers une chasse au sérial killer. Pour une fois l’auteur évite ainsi d’étirer inutilement son entrée en matière et le cadre et les personnages étant posés il peut lancer son enquête paranormale avec comme vous vous en doutez un être transfloré qui semble avoir gardé la capacité de mouvement et décime la population, obligeant la police à collaborer avec l’Institut de Transfloraison en la personne de notre héros aux pouvoirs spéciaux. Tirant parti de cette atmosphère en clair-obscur alliant dynamisme issue de l’Animation et esthétique très polar, ce manga impressionne et convainc parfaitement en parvenant à garder un subtile équilibre entre cette mélancolie liée à la fin prochaine de ces êtres transformés et thriller classique très efficace. Aussi ne vous fiez pas à ces jaquettes atroces et à ce titre qui (pour l’instant) semble incongru et plongez dans une des plus jolies découvertes manga de cette année!

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  • Le Molosse (Tanabe/Ki-oon) – 2022, 176p., collection Les chef d’œuvres de Lovecraft.

bsic journalismMerci aux éditions Ki-oon pour leur confiance.

couv_453273Avec sa frénésie de publications Ki-oon a rejoint avec ce recueil les publications japonaises de Tanabe, ce qui signifie qu’il faudra attendre un peu avant de voir paraitre l’Abomination de Dunwich qui est parue fin 2021. Étranges choix éditoriaux que de sortir coup sur coup la dernière parution en date de Tanabe (Le Cauchemar d’Innsmouth) puis sa première tentative chez Lovecraft. Du coup l’intérêt pour ces trois courtes nouvelles qui auront les mêmes limites que Celui qui hantait les ténèbres, à savoir leur brièveté et leur aspect d’ébauche. Surtout, ce sont des histoires antérieures au Mythe de Ctulhu puisque ce dernier s’étale de 1926 à 1936 quand les trois nouvelles ici adaptées sont publiées au tout début des années vingt. Ce qui est étonnant c’est que Tanabe n’a pas encore figé le style tramé qui fait le succès des autres publications de cette collection, avec des visages plus classiques du manga, plus agréables aussi. Il commet en outre quelques erreurs comme ce drapeau nazi sur un sous-marin allemand en 1920. Si La cité sans nom peut paraitre assez redondante avec Dagon et Le Molosse un peu précipité, le Temple nous rappelle que Lovecraft est à l’origine d’à peu près tous les thèmes de l’épouvante fantastique moderne, cette nouvelle ayant été adaptée dans Sanctuaire et ayant inspiré à peu près toutes les histoires de fantômes en sous-marins, notamment le magique Namor d’Esad Ribic qui ressort enfin cet automne chez Panini.

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  • Shigahime #4 et #5 (Hirohisa/Mangetsu) – 2022, 208., série terminée en 5 volumes.

bsic journalismMerci aux éditions Mangstsu pour leur confiance.

shigahime_5_mangetsuVoici la série bouclée après moins d’un an pour cette série d’un jeune auteur (qui annonce travailler seul, sans assistant, en post-face) qui a le grand mérite d’une pleine sincérité dans ce qu’il fait. Assumant le format court il nous a ainsi proposé une intrigue simple dont la conclusion prend très pertinemment le temps d’un long épilogue qui donne tout son sens au manga en lui évitant de se limiter à une simple orgie de démembrements et de relations perverses. Car on peut dire qu’en matière d’atmosphère dérangeante Sato Hirohisa est parvenu en peu de volumes à instiller un malaise et une noirceur qui joue sur le cliché romantique du trio amoureux et de la vampire manipulatrice. Si les trois premiers volumes développaient le personnage d’Osamu, le quatrième tome voit l’arrivée de la sœur de Miwako dont l’affrontement avec sa frangine va permettre à Soichi de retrouver ses capacités mais aussi entraîner un dénouement tragique. Je n’en dis pas plus mais sachez que ça éviscère plus que ça ne se dépoile sur les deux derniers volumes où l’on surprend l’auteur à proposer une intrigue à plusieurs niveaux et bien plus subtile que les planches ne semblent l’illustrer. Loin se de contenter comme nombre de mangas à un fan-service déviant, il cache sous son univers ultraviolent une parabole sur la solitude du monde moderne… Je vous laisse découvrir cette très jolie découverte que nous a proposé Mangetsu!

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Talion Opus II: Veines

La BD!
BD de Sylvain Ferret
Glénat (2021), 60p., série prévue en 3 tomes.

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bsic journalismMerci aux éditions Glénat pour leur confiance.

Tadeus et Billie ont du fuit la cité de Forenhaye après les tragiques évènements passés. Errant dans les terres mortes, entre toxicité et bellicisme des groupes humains qui y survivent, ils sont contraints de se rendre dans le royaume d’Orfèvre, où tout à commencé…

Talion tome 2 - BDfugue.comA ceux qui ont vécu la lecture du premier tome de cet ambitieux triptyque dans la frustration d’un récit touffu et par trop cryptique je les rassurerais sur le déroulé beaucoup plus linéaire de cette suite. Le mode d’expression de Sylvain Ferret n’est pas devenu soudainement accessible pour autant: comme expliqué précédemment son grand sens du cadrage cinématographique très créatif demande beaucoup d’interprétation au lecteur. La réduction du nombre de personnages (l’Opus I s’était terminé dans de belles effusions de sang…) et la concentration de la focale sur le duo central font pourtant beaucoup de bien et logiquement aident à s’immerger dans ce monde poisseux et désespéré.

Le worldbuilding et l’esthétique générale vaguement inspirés des design Wahammer 40K et des jeux vidéos convainquent parfaitement et frôlent parfois l’épique attendu. Les limites techniques pour une telle démesure empêchent des délires à la Ledroit qui demandent une grande lisibilité mais on ne peut que saluer le courage d’un si jeune auteur qui n’a pas attendu d’avoir dix ans de bouteille pour donner libre court à ses envies.

Talion tome 2 - Veines - Bubble BD, Comics et MangasL’évolution du scénario intègre le très tendance concept de transhumanisme ainsi que les plus classiques camps d’esclaves dans un néoféodalisme vu précédemment. Si le premier tome était centré sur Billie, ce second développe plus largement le passé du très mystérieux et charismatique Tadeus qui apparaît plus clairement comme le personnage principal. A la fois surpuissant, sombre, dramatique, il a tous les attraits du héros de BD que l’on a envie de voir vaincre l’injustice!

Avec un final qui assume un gros cliffhanger en mode veillée de bataille, on a la promesse d’une montée en puissance qui, libérée des scories d’un démarrage un peu poussif par l’envie de trop bien faire a tout pour proposer une conclusion grandiose, pour peu que l’auteur ailles là où il est le meilleur: un montage dément pour des batailles épurées et rageuses. La sophistication des concepts SF ne nécessite pas de brouillages narratifs. Si l’Opus III pousse dans la direction du II on devrait avoir du très bon l’année prochaine…

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Le troisième œil #2: le veilleur du crépuscule

La BD!
BD d’Olivier Ledroit
Glénat (2022), 144 p., série prévue en 3 volumes.

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bsic journalismMerci aux éditions Glénat pour leur confiance.

Ce second tome (sur trois) est l’exemple caricatural de ce que peut donner un dessinateur de talent en roue libre et sans contrainte ni d’un scénariste ni d’un scénario et repose la question du rôle de l’éditeur dans la cohérence d’un projet éditorial. Car ce Troisième œil ne semble pas être un projet éditorial mais uniquement une envie graphique. Situation étonnante lorsqu’on se souvient qu’après la trilogie Sha, Ledroit s’était aventuré sur une série SF post-apo en solitaire qui s’était arrêtée au tome un faute d’un lectorat suffisant et un parti pris risqué. Le troisième oeil tome 2 - BDfugue.comSérie injustement avortée qui jouissait d’une structure scénaristique très correcte, cette Porte écarlate fera peut-être réfléchir l’auteur alors qu’il entame le tome de conclusion d’une série où il aura mis pas moins de deux-cent pages avant de commencer son histoire. De mémoire de lecteur BD je n’ai jamais vu un tel phénomène (hormis sans doute en manga), qui risque fort logiquement de dissuader beaucoup de monde de s’aventurer sur une série aussi bancale. C’est bien simple, si le premier tome (de cent pages) correspond à l’ouverture d’un album généralement réglée en une dizaine de planches, le second met le même nombre de planches (certes très belles) à reproduire grosso-modo la même structure: une itinérance nocturne semi-psychédélique à contempler à travers son troisième œil le paris occulte et le voile surnaturel qui couvre notre monde. On pourra reconnaitre la tendre histoire d’amour qui donnera au héros un motif de se battre (les passages les plus solides au niveau de l’intrigue, les plus impliquant et, guère surprenant, les plus solides graphiquement) et des combats très brefs, avant de déclencher les personnages secondaires, l’enquête de police sur les cadavres étranges et les antagonistes quarante pages seulement avant la conclusion…

Cette chute très crue, lorgnant vers la radicalité d’un Requiem Chevalier-vampire, n’est certes pas fine (on aura oublié avec Wika combien Ledroit règne sur un monde de cuir gothique nihiliste) mais a enfin les atours d’une BD et donne envie de Preview] Le Troisième OEil T2 - Le Veilleur du crépusculedémarrer enfin cette série. L’avantage c’est qu’avec l’inflation vraisemblable on peut s’attendre à cent-cinquante voir deux-cent pages d’un combat chaotique grandiloquent qui peut suffire à sauver in-extrémis cette trilogie. Les cadres sont là et hormis l’interrogation du pourquoi des deux-cent pages perdues on est parés pour un gros ride sous acide bien gore, bien déviant, pour un apocalypse new-Age en grande pompe. Les quelques fulgurances de mise en scène et la liberté absolue de l’auteur peuvent laisser optimistes et la qualité indéniable des planches devraient suffire à trainer les réticents. Pour la cohérence générale et la place prise sur les étagères on demandera une immense tolérance. A ce stade on est donc sur le fil entre la possibilité d’une bonne série et l’achèvement d’un nanar psycho-ésotérique. Morale de l’histoire: l’équilibre scénariste-dessinateur est souvent justifié…

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***·East & West·Manga·Nouveau !·Service Presse

FMA (Perfect) #11 – Dragonball Super #17 – Dai Dark #2 – Le cauchemar d’Innsmouth #2

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  • Fullmetal Alchemist  – Perfect #11 (Arakawa/Kurokawa) – 2022, 354p., 11/18 volumes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Kurokawa pour leur confiance!

fullmetal_alchemist_perfect_11_kurokawaLe volume conclut la guerre (le génocide) Ishval avec le très grand mérite de clore enfin les révélations sur l’origine de Scar, ses motivations, la réalité du génocide qui nous place enfin dans de bonnes conditions pour saisir les motivations du (jusqu’ici) assez plat Mustang, mais aussi de la très charismatique Hawkeye, ainsi que l’apparition d’un nouveau méchant en la personne de l’Alchimiste d’Etat que nous découvrons en couverture. Après un retour à Central city pour remettre les pieds dans le contextes avant flashback (une petite révision trois tomes plus tôt ne fera pas de mal) on part pour le Nord, nouveau territoire où vont les frères Elric dans la recherche du mystère de l’alchimie de Xin et où ils vont rencontrer la sœur du commandant Armstrong…

Maintenant que toutes les pièces sont en place et les enjeux enfin posés (la restauration de la Démocratie dans ce régime militaire corrompu par les Homonculus) Arakawa semble décidée à nous faire voyager pour réunir ce qui devrait former la résistance au régime de King Bradley. Avec une galerie de personnages et d’intrigues secondaires faramineux mis en place on espère que la structure est bien préparée pour éviter de se perdre. La matière est là, les longueurs aussi dans ce tome qui semble être un pivot avant un dernier arc, mais cette série reste de très bon niveau pour peu que les belles séquences d’action ne soient pas trop rares pour dynamiser l’ensemble.

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  • Dragonball Super #17: le pouvoir du Dieu de la destruction (Toriyama-Toyotaro/Glénat) – 2022, 192p./volume, 17/19 volumes parus.
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Merci aux éditions Glénat pour leur confiance!

 dragon-ball-super-17-glenatAprès un quinzième très bon tome, un assez piteux seizième, ce volume exclusivement centré sur l’affrontement entre nos deux Sayan et Granola s’ouvre sur peut-être une des meilleures séquences de combat de toute la série! Dans une pleine maîtrise de son dessin et de la technique de matérialisation de la vitesse, Toyotaro propose des pages nerveuses de baston pure sans chichi de superpouvoirs et de fireballs. Mine de rien depuis les tournois des meilleurs combattants de la Terre on n’était jamais vraiment revenu à cet esprit arts-martiaux. Les coups sont secs, directs, le combat équilibré… avant de retomber dans l’habituel échange entre guerriers surpuissants et passages de niveaux cachés. On flirte sans cesse avec le stade ultime ce qui ne surprend guère. Chose étonnante en revanche, ce volume ne comporte pas les habituelles coupures scénaristiques. De ce fait si le combat seul est très réussi, le rythme de l’album (à la lecture fort brève) est un poil linéaire. Avec un Vegeta qui semble revenir à ses anciennes rancœurs maléfiques, on a comme souvent sur DB un enrobage fort classique et quelques fulgurances visuelles ou scénaristiques, très brèves. Mais on reste très tolérant avec cet ancêtre toujours fringant que sont les aventures de Son Goku.

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    • Dai Dark #2 (Q-Hayashida/Soleil) – 2022, 208 p./volume, 2/5 volumes parus.
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Merci aux éditions Soleil pour leur confiance!

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Les aventures de Sanko Zaha, son robot-chien Spectrum, le Sakadoh Avakian et la redoutable Death Delamort se poursuivent alors que les tueurs de la Photoforce se sont lancés dans une chasse impitoyable pour détruire les quatre Fléaux…

Sur le même ton délirant que précédemment et sur des thèmes absolument typiques du shonen, Q-Hayashida envoie ses héros dans une sorte d’Ikea spatial pour faire leurs emplettes avant de se lancer dans une cuisine du futur faite de boulettes lyophilisées et de pain en boite. Comme sur le premier tome ce qui continue de surprendre dans ce manga c’est qu’il semble destiné à une catégorie très particulière de jeunes lecteurs, comme si des enfants de métalleux gothiques percés proposaient un manga issu de cet univers. Le contrats entre les dialogues très simples, les intrigues linéaires et l’univers graphique extrêmement noir et délibérément répugnant ne cesse de surprendre. Sans doute le même attrait que celui des films d’horreur et une certaine passion pour les insectes pourra donner envie de lire ce manga qui sort résolument des sentiers battus. Le lecteur adulte pourra s’impatienter devant ce manque d’intrigue qui nous laisse dans la même situation initiale après deux tomes même si l’imagination délirante de l’autrice et l’humour(noir) tout à fait efficace rendent la lecture sympathique.

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  • Le cauchemar d’Innsmouth #2 (Tanabe/Ki-oon) – 2022, 240p., collection Les chef d’oeuvres de Lovecraft.

cauchemar-dinnsmouth-2-ki-oonLe cauchemar d’Innsmouth est l’un des romans les plus connus de Lovecraft et son dernier publié. Si l’on peut comprendre l’intérêt économique pour Ki-oonde vendre deux volumes d’une pagination importante on rappellera que Dans l’abîme du temps (le meilleur pour l’instant) est paru en un unique volume pour une taille à peine moindre.

On reprend donc exactement là où le précédent s’arrêtait, avec cette fois une confrontation assez rapide avec les habitants pisciformes de la localité maudite, et c’est parti pour une fuite implacable du protagoniste devant une horde inouie de créatures maléfiques. C’est sombre comme jamais et un peu longuet dans un sens unique bien que la séquence très tendue de l’hotel soit redoutablement efficace pour nous faire stresser. Malheureusement les limites mythologiques très courtes sur cette histoire (pas d’archéologie, pas de Grand Ancien) atténuent sensiblement l’inétrêt jusqu’à oublier quelque peu le principe même du fantastique et les aller-retour entre la certitude de l’horreur et le doute rationel. Problème de rythme donc avec cette très longue découverte d’Innsmouth sur le tome un suivi d’une très longue échapée répétitive. Quelques planches feront leur effet terrifiant mais le sel de Lovecraft manque pour nous happer dans l’abîme indiscible recherché. On a au final une des histoires les plus faibles de la série, à réserver aux complétistes donc.

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Lord Gravestone #2/3: Le Dernier Loup d’Alba

La BD!
BD de Jérôme Le Gris et Nicolas Siner
Glénat (2022), 55p., 2/3 tomes parus.

Attention spoilers!

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Merci aux éditions Glénat pour leur confiance.

Zut, mille fois zut! J’ai une vraie tendresse pour Nicolas Siner, aussi talentueux qu’adorable et modeste et étais ravi de voir enfin arriver une nouvelle série aussi assumée dans le registre gothique. Malheureusement, si le premier tome réussissait parfaitement son entrée en matière entre fan-service vampirique et background travaillé, cet album charnière tome assez à plat en ne parvenant pas à relier l’introduction au combat final contre l’empereur du Mal. L’action tonitruante précédente laisse ici la place à une fort longue convalescence du héros Hauts-Loups d'Alba (Les) (par Jérôme Le Gris et Nicolas Siner) Tome 2 de lamordu une fois par Camilla la vampire qui cherche à se venger de sa lignée mais qui va commencer à douter de la malfaisance de ce chasseur de dentus. Outre un rythme qui oublie d’alterner révélations historiques, action et scène intimistes pour laisser dérouler une assez interminable romance dans un château en ruine, l’intrigue tombe dans pas mal d’incohérences logiques: des loups-garou du titre on n’en entendra finalement guère parler, de la redoutable vampire transformée en douce servante on a du mal à imaginer le cœur guimauve qui la fait désobéir à la loi de la Nuit,… Alors soyons juste, de belles idées surgissent comme cet état d’Incube en sursis entre l’état d’homme et celui de vampire et les dessins magistraux de Nicolas Siner qui nous plongent dans une Ecosse où le jour ne semble jamais se lever. C’est d’autant plus dommage que l’on voit bien où voulait en venir Jérôme le Gris dans un format ternaire en faisant de cet héritier lisse un héros tragique en rupture avec son héritage, en liant le bon et le mal. Mais il semble se prendre les pieds dans son déroulé, gardant sans doute trop pour le final ce qui aurait dû alléger la linéarité sur ce second tome. Rien n’est perdu puisqu’avec un joli matériau graphique comme thématique la pente peut être remontée sur le final. Surtout avec une conclusion qui replace un état dramatique nécessaire en rendant le héros soudain plus intéressant. Le rythme est décidément un bien dur exercice en matière de scénario…

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