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La baleine blanche des mers mortes

La BD!
BD d’Aurélie Wellenstein et Olivier Boiscommun
Drakoo (2021), 88p., One-shot.

L’ouvrage comporte un cahier graphique humoristique en forme de journal intime, en fin d’album. La couverture comporte un vernis sélectif.

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bsic journalism Merci aux éditions Drakoo pour leur confiance.

Les mers sont mortes. Disparues. Asséchées. La faune et la flore qui les habitaient sont partis avec elles, ne laissant qu’une terre dévastée, des cités au sein desquelles des poignées d’humains s’efforcent de survivre, à la faim mais aussi aux fantômes. Car loin d’avoir été oubliées, les mers reviennent hanter les vivants par des vagues d’esprits marins aspirant les âmes. Là, Bengal et Chrysaora, deux étranges voyageurs vont rencontrer l’esprit de la Baleine…

https://publikart.net/wp-content/uploads/2021/10/9782490735709_p_3.jpegContinuant la très intéressante démarche initiale des éditions Drakoo, cet album voit l’auto-adaptation de son neuvième roman par Aurélie Wellenstein, déjà lauréate de plusieurs prix fantastiques dont celui des Imaginales. L’autrice propose pour le coup une vraie adaptation du livre, modifiants certains paramètres afin de s’adapter au format (court) d’un unique album tout en proposant une super ambiance à son partenaire.

Graphiquement on retrouve Olivier Boiscommun à son meilleur niveau en repassant sur sa technique habituelle en couleur directe et encrages légers, après l’expérimentation peu concluante de la trilogie Danthrakon scénarisée par le boss Arleston. On sent l’artiste particulièrement inspiré par l’atmosphère marine comme l’Ether des spectres inquiétants qui parcourent le ciel. Dans des gammes de couleurs très tranchées selon les séquences, son style sied parfaitement avec l’ambiance vaporeuse faite de flux mystiques comme aqueux où Boiscommun parvient à inspirer l’idée des créatures marines dans les costumes, les chevelures, les décors. Lorsque surviennent les fantômes de poissons on entre dans une ambiance de zombies, originaux pour le coup, et qui prennent une dimension très intéressants lorsque surviennent les séquences de rêverie/souvenirs très https://www.idboox.com/wp-content/uploads/2021/09/BALEINE-BLANCHE-3.jpgmarquantes en nous montrant les massacres des baleiniers et la disparition progressive de ce fantastique foyer de vie sur Terre. Malgré la profusion de créateurs bretons, ils ne sont pas si nombreux les albums de BD qui abordent sans détours le drame que la pollution, la surpêche et le réchauffement climatique font vivre au poumon de la planète. On pense par moments au Niourk de Vatine dont l’introduction sonnait comme un uppercut.

Projet très solide bâti sur un univers existant et un propos écologiste déterminé, La baleine blanche des mers mortes est une nouvelle réussite de l’éditeur, tant graphique que d’écriture, en déroulant une intrigue pas si facile à exposer et en tenant jusqu’au bout un suspens qui conclut très logiquement et poétiquement cette histoire. La brièveté du format et l’ambition modérée du projet ne se ressentent pas sur un travail (et ce n’est pas si fréquent sur ce format) parfaitement réalisé et qui sait proposer de la nouveauté dans le paysage éditorial BD. Une jolie trouvaille que je vous invite à découvrir.

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*****·BD·Nouveau !·Numérique·Service Presse

Le Dernier Atlas #3

La BD!

Dernier tome de 254 pages de la série écrite par Fabien Vehlmann, Gwen De Bonneval et dessinée/designée par Hervé Tanquerelle, Fred Blanchard, et Laurence Croix. Parution le 03/09/21 aux éditions Dupuis.

Le poids du monde sur les épaules

Coup de coeur! (1)
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Ismaël Tayeb, truand nantais dont l’ingéniosité et le charisme lui avaient permis de grimper les échelons du banditisme, a eu une révélation lors d’une mission en apparence peu commune. Chargé par le dangereux Legoff de récupérer la pile nucléaire contenue dans la carcasse du Georges Sand, le dernier des robots Atlas aujourd’hui tombés en désuétude, il a entrevu une catastrophe à même d’entraîner la chute de l’Humanité.

Cette catastrophe prit la forme d’un être étrange et d’origine inconnue, ayant la faculté d’altérer son environnement , de causer des tremblements de terre, des ondes électromagnétiques ainsi que des retombées radioactives, sans parler des altérations génétiques chez des nouveau-nés.

Pour Ismaël, la vision qu’il a eue, alors qu’il se tenait au bord du gouffre qui vit émerger la créature, était on ne peut plus claire. Le destin du dernier Atlas n’était pas de satisfaire les lubies d’un baron du crime, mais de servir une dernière fois pour stopper cette menace, surnommée l’UMO. Tayeb s’est donc entouré d’une équipe, constituée d’anciens pilotes d’Atlas et d’ingénieures indiennes, afin de remettre le mécha sur pied pour la grande bataille, toujours surveillé par Legoff.

Pendant ce temps, Françoise Halfort, reporter d’investigations, assiste aux perturbations provoquées par l’UMO, et en fait même personnellement les frais. Malgré une ménopause intervenue des années auparavant, Françoise tombe enceinte, d’une enfant qui se révélera très particulière. Alors qu’elle fuit le gouvernement français qui souhaite mettre la main sur sa fille Françoise va croiser la route de David et Hamid, alliés d’Ismaël, qui cherchent à échapper à Legoff et à ses hommes.

Après moult péripéties, le Georges Sand et son équipage feront face à l’UMO en Algérie. La créature, profondément inhumaine et insondable, ne montrera pas de réel signe d’hostilité lors de cette première confrontation et finira même par disparaître assez rapidement, au grand désarroi de l’équipage, qui entre temps s’est déchiré, littéralement, sur la meilleure stratégie à adopter.

Heal the world

Alors que le monde sombre peu à peu dans le chaos, l’UMO surprend tout le monde en réapparaissant, en France cette fois. Mue par une force invisible, la créature/structure mobile se déplace, attirée semble-t-il par la fille de Françoise Halfort, laissant dans son sillage radiations et perturbation telluriques en tous genres. Le dernier Atlas doit donc se préparer pour un second round. Mais Tayeb, lui, doit manœuvrer pour se soustraire au courroux de Legoff, qui n’en a pas fini avec celui qu’il considérait déjà comme son protégé, sinon son successeur.

En effet, vexé d’avoir été doublé par Tayeb, Legoff retient en otage son père ainsi que son épouse, contraignant le gangster algéro-nantais à jouer à un jeu de dupes.

Après quinze longs mois d’attente, voici la conclusion du récit-fleuve mêlant habilement polar, SF et intrigues politiques. Sur fond d’uchronie, les auteurs nous plongent dans un récit haletant et addictif, dont les enjeux augmentent progressivement au fil des chapitres qui le ponctuent. Cet aspect feuilletonesque permet un développement sans faute des nombreux personnages, dont les destins se croisent de sorte à former une toile cohérente et dense.

La conclusion du récit, vient apporter des éléments de réponse obtenus assez logiquement dans sa diégèse sans alourdir le propos. On regrette simplement que Tayeb, désigné assez naturellement comme le protagoniste, ne soit toutefois pas celui qui mette un terme au règne de Legoff. La dernière séquence, cependant, rattrape cette impression en nous offrant un final digne du Parrain, rien que ça.

Ce dernier volume reste donc dans la lignée des deux précédents, et son contenu a de quoi le faire entrer dans le panthéon de la franco-belge de ces dernières années.

****·Comics·East & West·La trouvaille du vendredi·Rétro

Punk Rock Jesus

Comic de Sean Murphy
Urban (2020) – Vertigo (2012), One-shot.

Cette édition est la troisième publiée en France (toujours chez Urban), après une première couverture couleur « punk », la précédente édition reliée très proche et enfin cette dernière intégrée au désormais célèbre Black Label de DC. Le volume comprend un édito de l’équipe éditoriale Urban clamant l’importance de ce titre et le choc qu’il leur a procuré. Viennent ensuite un sommaire des six chapitres et en fin d’ouvrage une post-face de Sean Murphy expliquant le lien entre ce projet et sa relation à la foi, une sélection de titres punk à écouter en lisant les parties, les covers originales de l’édition américaine et trois pages d’illustrations promotionnelles ou non retenues. Fabrication élégante dans le canon Urban mais rien d’exceptionnel en matière de bonus.

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Dans un futur proche, alors que le réchauffement climatique provoque des dégâts sur la planète, une société de production lance un projet de téléréalité fou: suivre un clone de Jésus-Christ à partir de sa naissance… Dans une Amérique droguée au spectacle et au fondamentalisme chrétien le show faut fureur. Mais humainement l’équipe qui entoure la mère porteuse et l’enfant vont rapidement vivre un enfer…

Punk Rock Jesus by Sean Gordon Murphy Issue 6 page 21 Comic ArtSean Murphy est l’un des auteurs américains les plus en vue, notamment depuis la sortie de son désormais mythique Batman White knight, locomotive du Black Label et des albums DC adultes. Non moins célèbre, cet album constitue sa troisième réalisation solo après le touchant Joe, l’aventure intérieure et Off road. Si graphiquement il n’est pas le plus impressionnant des trois et que son trait reste moins percutant que sur ses dernières réalisations, il marque un tournant et l’apparition d’un univers artistique marqué par la haine des extrémismes, de l’hypercapitalisme et une radicalité tant dans le trait que dans le propos. Par la suite Murphy collaborera avec les plus célèbres scénaristes de l’industrie comics, dont Scott Snyder sur The Wake (où il commence sa collaboration très fructueuse avec son coloriste désormais attitré Matt Hollingsworth), Mark Millar sur les Chrononautes, ou Rick Remender sur son coup de poing Tokyo Ghost qui reprend pas mal de thèmes de PRJ.

Réalisé intégralement en noir et blanc avec l’utilisation assez massive de trames (qui affadissent le dessin comme à peu près partout), PRJ propose une narration qui suit vaguement la vie du Christ, mais surtout une évolution narrative classique proposant exposition, crise et résolution. L’originalité de l’histoire est, outre de présenter ce touchant enfant clone enfermé dans une prison qui le formate pour les besoins du show et dont la crise d’adolescence va prendre la tournure de la scène punk, de croiser son destin avec le colosse Thomas, responsable de sa sécurité et ancien tueur de l’IRA traumatisé et touché par la foi. Très vite l’auteur sort la grosse artillerie (non pas graphique, il y a assez peu d’action dans Punk Rock Jesus) en dézinguant son pays pétri d’intégrisme chrétien autant que consumériste. Si l’on n’est pas aussi loin que dans Tokyo Ghost, l’Amérique de Georges Bush jr. en prend pour son grade. Murphy n’hésite pas à balancer en citant des noms. C’est ce qui fait sa marque, une sincérité toute punk qui donne une vérité et une énergie folle à l’ouvrage. Si vous connaissez les autres albums plus récents de l’auteur vous retrouverez des personnages graphiquement très proches et plein de tics graphiques. On est en terrain connu avec une homogénéité que personnellement j’aime beaucoup.

Punk Rock Jesus, de Sean MurphySéparé en deux parties contraintes par la progression temporelles de l’histoire, l’album se concentre au début sur la mère, pauvre fille catholique tout à fait représentative des innombrables victimes des TV show américains dont la vie a été détruite par cette artificialité totale créée pour les besoins du spectacle. Dépressive, sombrant dans l’alcoolisme et victime de l’impitoyable (et méchant très réussi) producteur, elle cherche l’alliance des employés de la société de production pour s’échapper avec une mauvaise conscience de mauvaise mère. On enchaîne dans la seconde partie sur le clone alors que les mésaventures de sa mère vont déclencher une rage en lui, synonyme de croisade contre tout ce qui l’a créé… Le liant entre ces deux parties est tissé par les personnages secondaires, presque plus intéressants que le faux Jesus, avec notamment la scientifique prix Nobel enfermée entre son conflit moral de collaboration à un projet qu’elle abhorre et sa volonté de trouver une solution au réchauffement climatique, mais également le colosse qu’adore croquer Murphy, dont on soupçonne les origines irlandaises patronymiques…

Malgré de légères déceptions dans la réalisation des scènes d’action un peu molles et une difficulté à traiter de façon satisfaisante les très nombreux (et passionnants) thèmes abordés dans l’album, l’aspect personnel que revêt PRJ pour Sean Murphy apporte un supplément d’âme qui le hisse parmi les tout meilleurs ouvrages de comics indé US. Sorte d’album fondateur et de jeunesse (Murphy a trente deux ans quand l’album sort), Punk Rock Jesus marque par la sincérité de son propos, par la créativité graphique d’un très grand artiste et la maîtrise scénaristique de l’auteur qui va ensuite peaufiner sa technique d’écriture auprès des plus grands avant d’accoucher de son chef d’œuvre. A découvrir!

Punk Rock Jesus – Par Sean Gordon Murphy – Urban Comics

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Les Géants #3: Bora et Leap

Troisième tome de 48 pages de la série écrite par Lylian, dessinée par Luisa Russo. Parution le 16/06/21 aux éditions Glénat. Encore trois autres tomes à paraître.

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Merci aux éditions Glénat pour leur confiance.

Si les pierres pouvaient parler

Depuis quelques temps, la planète donne à ses habitants des signaux de détresse, qui laissent nous prouvent chaque jour un peu plus l’impact négatif de l’Homme sur la nature. Alors que la crise se fait de plus en plus pressante, d’étranges créatures ont fait leur apparition, semble-t-il réveillées par des enfants aux dons extraordinaires.

Ainsi, Erin a-t-elle découvert son lien symbiotique avec Yrso, un géant élémentaire pouvant commander au règne végétal. Peu de temps après, ce sont les dons de Siegfried qui se sont éveillés, et ont fait sortir Adryel, géant des eaux, de sa torpeur. Pendant ce temps, la méga corporation Crossland a fait une découverte sensationnelle dans les glaces polaires: Alyphar, un autre géant énigmatique dont les réelles capacités sont encore inconnues.

Difficile à contrôler, et sans doute attiré irrésistiblement vers ses ennemis naturels, Alyphar s’est échappé et a été stoppé de justesse par l’intervention d’Yrso, Erin, Adryel et Siegfried. Toutefois, Alyphar n’a pas encore atteint son plein potentiel, et lorsqu’il le fera, deux géants et leurs jeunes compagnons ne suffiront pas à l’arrêter.

Alors que le reste du monde s’émerveille ou s’inquiète de ces nouveaux protecteurs, Bora et Leap, deux jumeaux cambodgiens, survivent tant bien que mal dans les rues de Siam Reap. Obligés de mendier pour vivre, ils subissent au quotidien les brimades des passants sans oublier le courroux alcoolisé de leur père.

Leap, douce et sage de nature, évoque régulièrement ses conversations avec les pierres du vieux temple, au grand désespoir de son frère Bora, qui, plus pragmatique, pense que sa sœur affabule afin de fuir leur dure réalité. La dure réalité, c’est plutôt Bora qui devra la digérer, lorsqu’il se retrouvera face à Kyma, une géante de pierre de 8 mètres de haut et pesant 45 tonnes.

Pierre qui roule n’amasse pas mousse

La série jeunesse initiée par Lylian, à qui l’on doit Titouan, Méto, la Famille Fantastique ou encore La Quête d’Ewilan, poursuit son bonhomme de chemin et parvient ainsi à la moitié de son cycle, avec cette fois un changement de dessinateur. La formule reste globalement inchangée, à savoir de jeunes protagonistes au quotidien étouffé par une problématique (Erin était orpheline et isolée, Siegfried était paraplégique et isolé, Bora et Leap vivent dans la misère et la violence) vont s’émanciper grâce à leur ami géant, tout en devant faire face à la convoitise d’une méga corporation qui agit dans l’ombre en ignorant les lois et en manipulant l’opinion publique.

Le thème de la « Mega Corp » est assez répandu dans les récits de genre (on peut citer de mémoire la Weyland-Wutani, OCP, la Tyrell Corp, la Zorg Corporation, Cyberdine, la Fédération du Commerce, etc), et sert souvent à critiquer le monde moderne et ses dérives en offrant une vision dystopique, et souvent à peine exagérée, dans lesquelles ces puissantes entités régissent l’ensemble du monde grâce à leur pouvoir économique, guidées le plus souvent par l’avidité.

Rien de bien neuf ici, donc, cependant il faut constater que c’est un bon moyen de mettre en lumière la thématique écologique sous-tendue par la série. Pour le moment, en revanche, le discours reste assez manichéen dans son ensemble, d’une part par le biais d’un méchant Crossland aux motivations floues, qui se fiche du devenir du monde et tente de contrôler l’incontrôlable personnification du chaos, et d’autre part à travers l’optimisme et la sagesse de ces enfants, à qui tout arrive mais qui arrivent à tout par la force de leur conviction et grâce à leur symbiose avec leurs amis géants.

Point positif, cet album, à défaut de joutes dantesques entre géants, nous éclaire tout de même sur les origines et motivations de ces formidables créatures, approfondissant ainsi la richesse de l’univers mis en place par Lylian.

Un série jeunesse agréable à poursuivre, dont les attraits principaux sont son discours écologique et ses protagonistes attachants.

***·BD·Nouveau !·Un auteur...

Brigada

La BD!
BD Henrique Fernandez
Spaceman Project (2021), 155p.+ artbook de 18 pages. Intégrale des trois tomes.

Projet édité en financement participatif sur la plateforme Spaceman Project. Intégrale fournie avec un jeu d’ex-libris et un storyboard relié du troisième tome. Certaines librairies diffusent les trois volumes de cette série.

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Le Voirander se propage sur le monde, créant une nouvelle réalité démoniaque. La Brigade des nains est envoyée combattre les elfes noirs et se trouve prise dans le brouillard. Dotés d’un tempérament combatif, égoïste et puérile, ils semblent une arme bien dérisoire pour empêcher le chaos total, alors que dans la Cité, les sœurs-sorcières cachent un secret lié à l’origine du mal…

Brigada #1 page 09, Enrique Fernández on ArtStation at  https://www.artstation.com/artwork/v2eYA | Art, Artwork, PaintingHappé par les magnifiques projets de l’éditeur participatif espagnol Spaceman Project (allez jeter un œil, vous verrez, c’est vraiment très créatif!), j’ai découvert l’univers graphique unique d’Enrique Fernandez. Avec une dizaine d’ouvrages sur son CV il ne s’agit pas d’un perdreau de l’année et si sa qualité de coloriste de premier plan est évident, son style propose une étonnante variété, de la jeunesse crayonnée (comme sur le tout neuf Hammerdam chez Ankama) à la dark fantasy de Brigada.

Très enthousiaste à la réception de cette intégrale j’ai été franchement échaudé par une entrée en matière vraiment ardue qui nous plonge dans l’histoire sans explication, dans un déroulé narratif chaotique… Heureusement l’auteur recadre fortement son scénario dès le second tome qui s’avère hautement plus intelligible, lisible graphiquement et qui se poursuit sur un troisième volume essentiellement concentré sur la bataille finale, tout à fait réussie. Si vous comptez découvrir cette série vous pouvez commencer directement par le second tome, sans véritable perte (on nous fait quelques rappels utiles), la première partie faisant plutôt office de prologue.

BRIGADA 3 (DERNIER VOLUME) | Spaceman ProjectLe style graphique de Fernandez est donc vraiment intéressant. Avec des visages qui rappellent Mathieu Bablet, il propose des personnages SD dans un environnement torturé et tribal, un monde ancien fait de magie et de vestiges. On sent une influence de l’Animation chez cet auteur, qui explique peut-être la trop grande rapidité par moments à lire des séquences, l’absence des intervalles nécessitant une gestion des ellipses ou un explicatif qui ne viennent pas spontanément. D’une grande maîtrise formelle, Brigada émerveille ainsi devant cette gestion des lumières et des couleurs avec des personnages anguleux proche des représentations des contes.

Cette quête de la magie est du reste à la fois classique et très intéressante dans les éléments qu’elle fait maladroitement ressortir. Ainsi ce brouillard permet d’aborder le thème du temps non linéaire mais aussi la maîtrise des forces naturelles par l’industrie et l’urbain. Si l’interaction entre nains et elfes est clairement confuse, on finit par apprécier cette brigade de bras cassés, à la fois surpuissants individuellement et totalement incapables de collaborer pour affronter la menace. Par moment on retrouve des idées de la Horde du Contrevent dans la gestion du groupe mal assorti face aux éléments intraitables.

Projet maladroit qui aurait clairement nécessité l’appui d’un scénariste, Brigada n’en est pas moins une proposition artistique intéressante d’un auteur important qui possède indéniablement un univers à lui qu’il sait ciseler et modifier en fonction des albums. De quoi donner envie de creuser ses autres ouvrages sur des one-shot et en collaboration.

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Poussière #3

La BD!

Troisième tome de 86 pages d’une série écrite et dessinée par Geoffroy Monde. Parution le 27/01/2021 aux éditions Delcourt.

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Merci aux éditions Delcourt pour leur confiance.

Attack of the Fifty-Foot Whatever

Mettez-y une femme revancharde, des titans anthropophages, des kaijus ou des cyclopes, dès qu’il s’agit de gigantisme, mon œil de lecteur est immédiatement attiré. 

Poussière nous raconte l’histoire d’une jeune guerrière éponyme, qui affronte depuis quelques années d’énigmatiques cyclopes, qui ravagent inlassablement sa planète, Alta, dont l’écosystème est régi par ce que l’on nomme l’Essence. Jusqu’ici pacifiques, les cyclopes sont devenus comme fous et se sont mis à piétiner tout ce qui se trouvait sur leur passage, provoquant une hécatombe et une série de cataclysmes écologiques dont Obel, le royaume dominant sur Alta, peine à se remettre. 

Pourtant, il est possible pour les guerriers d’Obel de lutter contre ces créatures, au prix de lourds sacrifices, qui paraissent vains tant la marche des géants est inexorable. En effet, les cyclopes font partie intégrante de l’écosystème et sont renvoyés à l’Essence après chaque défaite, pour mieux revenir ensuite, plus forts que jamais. 

D’après les rumeurs, cette lutte perpétuelle a commencé lorsque est apparu un certain Homme Noir dans les rues de la capitale d’Alta. Silhouette indéchiffrable, l’Homme Noir est apparu plusieurs fois de façon apparemment aléatoire, entraînant dans son sillage les terrifiants cyclopes. C’est donc à lui que l’on impute la catastrophe, sans savoir d’où vient cet homme ni pourquoi il agit ainsi. 

Entre deux attaques de cyclopes, Poussière veille sur son frère Pan et sa sœur Ayame, qui disposent de capacité les mettant en lien direct avec l’Essence. Et si tous ces événements étaient liés ? Quels secrets dissimule le gouvernement d’Obel à ses sujets terrifiés ? 

Gaïa’s Revenge

Les deux premiers tomes, sortis respectivement en 2018 et 2019, livrent les premières clefs du mystère grâce à quelques révélations choc: Suite à un accident de laboratoire, Alta a subi un échange de matière avec une planète nommée la Terre, qui est une jumelle d’Alta située dans une autre dimension. Ces transferts ont perturbé l’Essence, si bien que les conséquences des outrages des humains envers la nature ne se répercutent plus sur Terre mais bel et bien sur Alta. L’Homme Noir n’est lui aussi qu’un accident, un dommage collatéral qui a obtenu la faculté de passer furtivement d’un monde à l’autre. 

A l’issue du tome 2, des enfants d’Alta, incluant Ayame, capables de contrôler les cyclopes, furent envoyés sur Terre pour mener une expédition punitive et détruire l’Humanité, tandis que Poussière se retrouvait elle aussi piégée sur Terre. 

Nous voici donc à la conclusion de l’odyssée dimensionnelle de Geoffroy Monde, qui avait apporté un point de vue innovant et atypique pour une série  de SF. Les thématiques abordées, à savoir la revanche de la nature et le voyages dimensionnels, ne sont pas inédites mais traitées avec révérence et habileté, grâce à une alternance des points de vue entre Terre et Alta. Le discours écologique est donc tout à fait de mise, l’auteur s’amusant ici à la mettre en abîme puisque l’Humanité est ici jugée par sa jumelle Altienne qui subit injustement les conséquences de nos actions. 

Poussière tome 3 - BDfugue.com

Il convient également d’imputer à l’auteur un travail sérieux sur la construction de son monde fictif, exercice périlleux s’il en est qui est ici réussit haut-la-main. Les concepts philosophiques et religieux qui sous-tendent le monde d’Alta sont riches mais aussi complexes, ce qui pourrait perdre en route le lecteur tant il est parfois nécessaire de raccrocher les wagons avec les tomes précédents. 

Pour sa conclusion, on peut dire que Geoffroy Monde ouvre les vannes et va au bout de sa thématique, même si cela peut paraître abrupt. 

Poussière est donc une trilogie SF qui vaut le détour, tant sur le plan graphique que scénaristique, ce grâce à des influences évidentes mais qui n’en sont pas moins maîtrisées. 

***·BD·Jeunesse

Kanopé

Récit en deux tomes écrit et dessiné par Louise Joor, parution en 2014 et 2019 aux éditions Delcourt.

Jungle sauvage ouvre tes bras*

Les temps futurs n’ont pas été cléments envers l’Humanité. Survivant à peine dans un environnement devenu hostile et radioactif, les humains ont été forcés de se couper de ce qu’il restait de Nature sur Terre.

Quelque part en Amazonie, une zone encore vierge existe encore et abrite la vie, et même, la vie humaine. En effet, une petite communauté est parvenue à s’adapter à ces conditions impossibles, non sans quelques sacrifices et efforts. Leurs descendants ont continué à occuper la jungle, en accord avec les principes écologiques de leurs ancêtres.

Kanopé vient de la jungle. Elle y a passé sa vie, survivant comme les autres grâce aux bienfaits de la Nature. Néanmoins, la jeune femme, malgré son caractère trempé, fait figure d’exception dans la jungle, car elle vit seule, ostracisée par le Peuple de la Jungle qui avait aussi excommunié sa mère.

Tout change pour Kanopé lorsqu’elle fait la rencontre d’un transfuge de la ville, Jean, qui fuit un système totalitaire après avoir révélé des informations compromettantes sur les radiations qui empoisonnent la Terre. Au départ, Jean a le comportement typique d’un homme qui se pense supérieur à la Nature. Mais, privé de technologie, il lui sera bien vite nécessaire de s’adapter et de redescendre de son piédestal civilisationnel.

Ce sera, comme tout le monde s’en doute, le début d’une belle histoire d’amour contrarié, comme on les aime !

Radioactive Pocahontas

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Sur une thématique qui peut paraître galvaudée, celle du « syndrome du noble sauvage » (Lawrence d’Arabie, Blueberry, Danse avec les Loups, le Dernier Samouraï, Avatar, Pocahontas, John Carter…) dans laquelle le protagoniste rencontre une peuplade et s’y assimile, Louise Joor construit une fable écologique rafraîchissante. Elle n’oublie pas non plus d’être pertinente car elle interroge le lecteur sur l’avenir de la planète, en utilisant des problématiques actuelles.

L’histoire d’amour entre Jean et Kanopé, bien que d’une facture classique, nous emporte dans cette aventure où se mêlent émotion et conscience écologique. Les décors qu’elle dépeint, cette jungle qui accuse le coup des radiations, sont très immersifs et permettent de fantasmer cette jungle future/imaginaire.

Le bémol qui s’impose toutefois est sur la cohérence dans le traitement de Kanopé, dont la continuité dans le langage, les dialogues, les attitudes n’est pas toujours présente. On garde malgré tout plaisir à lire ce diptyque de Louise Joor, qui poursuit sa croisade écologique avec la série Résilience.

***·Comics·East & West·Nouveau !·Service Presse

Omni #2: Éveillée

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Second tome de la série Omni, avec Devin Grayson et Melody Cooper au scénario, Giovanni Valeta, Enid Balam, et Alitha Martinez au dessin. Parution le 03/02/2021 aux éditions des Humanoïdes Associés.

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Merci aux Humanos pour leur confiance.

Omni-potence

Dans le premier tome, nous faisions la connaissance de Cecelia Cobbina, jeune médecin se découvrant des capacités intellectuelles soudainement décuplées. Ce phénomène, nommé « l’ignition« , a touché plusieurs personnes de par le monde, leur octroyant diverses capacités surnaturelles, que l’on découvre dans la série Ignited, se déroulant dans le même univers.

Après avoir appris à maîtriser ses nouvelles facultés, Cecelia a pris la tête d’Omni, une organisation dédiée au recrutement des Ignited, ces êtres extraordinaires, recherchés par certains, craints et détestés par d’autres. Malgré la vitesse fulgurante de sa pensée, Cecelia aura tout de même du mal à mener à bien sa mission, contrariée par les plans antagonistes d’organisations concurrentes et motivations bien sinistres.

A chaque Yin son Yang

Cecelia, aidée de son amie Mae, partant donc en road trip afin de localiser et encadrer les Ignited dont les pouvoirs se révèlent de par le monde. Cependant, leur quête va les mettre en opposition avec Gary Herrick, agent du gouvernement, mais aussi avec le Front Patriotique Européen, dont les idéaux racistes se répandent chaque jour un peu plus. Si l’on ajoute à ça les attaques dirigées contre les Ignited, vous comprendrez que notre jeune prodige à fort à faire.

Comme nous l’évoquions dans la chronique du premier tome, il n’est pas aisé d’écrire un personnage doué d’un intellect hors-nome de façon crédible. Jusque-là, Cecelia remplissait le cahier des charges, faisant preuve de déductions logiques cohérentes représentant adéquatement ses capacités.

Cet aspect est malheureusement atténué dans ce second tome. Les déductions à la Sherlock ont laissé la place à une démonstration plus basique de son intelligence, sans pour autant tomber dans le cliché ni le techno-blabla. Toutefois, comme pour les autres séries de l’univers H1 Comics, Omni ne centre pas son propos sur les seules capacités de sa protagoniste, fussent-elles prodigieuses. La série oriente donc ses thématiques autour de problématiques sociales et environnementales, dont l’urgence se fait ici sentir avec toujours plus d’acuité.

Le scénario, guise de fil-rouge, continue d’explorer le background lié aux Ignited, et met sur la route de Cecelia quelqu’un qui pourrait bien être son égal. Attention, nous ne sommes pas ici sur un affrontement Holmes/Moriarty, mais l’on sent bien que la complémentarité Cece/Herrick sera de mise lorsque le scénario l’exigera.

Ce second tome d’Omni voit donc le concept de base s’affaiblir quelque peu, en faveur d’un discours engagé autour de thématiques fortes.

**·BD·Nouveau !·Rapidos

La Geste des princes-démons#1: le prince des étoiles

La BD!
BD de JD. Morvan, Paolo Traisic et Fabio Marinacci (coul).
Glénat (2020), série en cours, 55p./album

D’après les romans de Jack Vance.

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Kirth Gersen a vu ses parents disparaître dans la fureur d’une attaque de l’armée du terrible Attel Malagate. Résolu à se venger, il a forgé son corps et son esprit dans l’unique but d’éliminer le pirate sanguinaire qui a ruiné sa vie. Pour cela il devra parcourir la galaxie sur la piste des plus terribles criminels, ceux qu’on appelle les princes-démons…

Le projet avait tout pour allécher l’amoureux de Science-fiction que je suis! L’adaptation d’un des maîtres de la littérature SF par Jean-David Morvan, le très éclectique scénariste et directeur de collection (Conan c’est lui) avec aux crayons un jeune italien aux visions proches du gothique Sloane , une couverture inspirée par Druillet autant que Matteo Scalera, tout semblait destiné à assouvir les envies de space-opéra coloré et épique. Une intrigue simple tournée vers l’action, un héros-assassin, bref, le feuilletage en librairie m’a immédiatement convaincu…

Las, cette lecture est clairement une des grosses déceptions de ces derniers mois! Les dessins n’y sont pour rien puisque Paolo Traisci réussit parfaitement une partition attendue tant dans la dynamique que dans le design général. Citons tout de même le rôle loin d’être mineur du coloriste Fabio Marinacci dont on se demande par moments si ce n’est pas lui la véritable star graphique de l’ouvrage tant en quelques panorama spatiaux il arrive à nous projeter dans cet « Au-delà » empli d’aventures et de mystères. La seule séquence introductive arrive à nous accrocher par sa simplicité, sa rage et la pertinence des designs technologiques.

Le soucis est donc clairement à rechercher du côté d’un scénario hautement laborieux. Ainsi une fois l’introduction passée on se retrouve avec une pseudo enquête pour retrouver le grand méchant, sans que le pourtant chevronné Morvan ne s’embête à nous installer une ambiance, un fil à dérouler. On nous balance au beau milieu d’une situation qu’on ne comprend pas et on poursuit un héros que l’on n’a pas pris le temps d’apprécier faute d’acte de bravoure. On reste ainsi tout à fait extérieur à une intrigue que le scénariste semble tracer en oubliant son lecteur. Et ce ne sont malheureusement pas ces quelques visions grandioses qui suffisent, non plus qu’un humour pas très percutant et des méchants qui débarquent comme un cheveu sur la soupe. Scénario de débutant par un des plus réputés scénaristes du grand éditeur Glénat, personnellement je passe difficilement l’éponge de ce gros raté. Il est toujours temps de rectifier le tir mais on termine ce lancement avec la très désagréable impression d’un projet commercial sur lequel l’auteur n’aura pas pris le temps de réviser ses gammes…

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****·BD·Nouveau !·Rapidos

Les vieux Fourneaux #6: l’oreille bouchée

La BD!
BD de Wilfried Lupano et Paul Cauuet
Dargaud (2020), série en cours, 54p./album.
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Ça sent le pâté pour l’association Ni yeux ni maître qui est sous la menace d’une expulsion après le décès de Fanfan. Alors que Pierrot rumine comme jamais, Antoine lui rappelle qu’ils embarquent prochainement pour la Guyane sur l’invitation mystérieuse de Mimile, jamais à court de surprises…

Les vieux fourneaux ce sont les papy adorés de tous les lecteurs de BD. Avec des hauts, des bas, et surtout un plaisir jamais perdu de les retrouver, leurs tronches sous les pinceaux très efficaces de Paul Cauuet et surtout la gouaille sans équivalent de Wilfried Lupano. Alors bien sur à l’approche de ce déjà sixième volume l’on sent poindre le risque de l’enlisement dans une routine commerciale… Ce serait mal connaître le scénariste, anticapitaliste affirmé et un des auteurs les plus politiques du circuit, qui ne loupe pas une occasion de nous parler de l’actualité sociale et écologique dans ses péripéties grabataires. Ici les aventures guyanaises des anciens nous rappellent le scandale (en cours!!) du projet de « Montagne d’or », énorme projet de mine à ciel ouvert au cœur de la forêt guyanaise et de luttes juridiques entre opposants écologistes, financiers et État français qui ne cesse de botter en touche pour ne pas froisser les investisseurs sans contredire ses engagements écologiques.

Les Vieux Fourneaux tome 6, vacances militantesContrairement aux commentaires trouvés sur les sites et réseaux j’ai retrouvé le même plaisir que précédemment sur ce tome, qui est dans la ligne du précédent et donc plutôt mieux que les premiers, du fait de l’abandon des affaires familiales. On peut depuis quelques volumes avancer en one-shot sans soucis de narration longue et le talent des deux auteurs est toujours présents sans que l’on ressente des ficelles éculées. Les histoires des trois gus permettent facilement de sortir de nouveaux lapins du chapeau, de nouveaux personnages et de nouveaux secrets qui densifient une histoire construite pour aborder le sujet écologique majeur. La série n’a jamais été conçue comme un James Bond et la dénonciation des abus de notre monde a toujours été l’objectif claire de Lupano. Personnellement j’adore ces BD impliquées qui assument de mettre du fonds dans le loisir et les Vieux fourneaux sont en cela toujours une excellente série, avec un humour qui fait encore mouche! Au suivant…

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