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Injustice – année zéro

esat-westComic de Tom Taylor et collectif.
Urban (2021)/2017, 160p., one-shot.

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bsic journalismMerci aux éditions Urban pour leur confiance.

Avant l’incident déclencheur d’Injustice, la Justice League et la Justice Society se retrouvent pour un moment de partage. Lorsque le Prince du crime se retrouve en possession d’un artefact très ancien, un engrenage meurtrier s’enclenche, constituant petit à petit les fondements sur lesquels la dictature de Superman va pouvoir s’installer…

Injustice: Year Zero Reveals the Secret History of This Dark DC Universe -  IGNTom Taylor est décidément un sacré loustic! Alors que je découvre en même temps sa dernière saga Dceased et celle qui l’a révélé, Injustice, je ne cesse de prendre un plaisir que je croyais impossible dans l’univers DC une fois sorti des chefs d’œuvre dédiés au Chevalier noir. Mes tentatives sur JL m’ont toujours laissé de marbre (y compris des events réputés comme Crise d’identité) et les aspects nostalgiques et érudits sur l’Age d’or et d’argent trop étrangers et kitsch). Surtout, l’aspect commercial de nombre d’évènements à rallonge me laisse très sceptique dès que sort un spin-off d’une série à succès. Tout ça pour dire qu’après le ratage de Hope at world’s end je m’attendais à pas grande chose de ce Year zero… Si je vous dis tout ça c’est évidemment par-ce que ce volume me fait mentir de façon magnifique puisque j’ai toujours cru qu’un Catwoman à Rome était une anomalie de réussite (sur Un long Halloween) et qu’un spin-off avait vocation à être au mieux correcte. Or ce préquel, outre de nous passionner sur des personnages crédibles dans leur humanité, de jeter un pont avec le Watchmen que tout le monde connaît mais dont pas grand monde n’a lu les inspirations, de reprendre les codes addictifs de Injustice, pose des bases incroyablement fines et construites permettant de comprendre ce qui nous paraît le plus aberrant dans le dévissage de l’Homme d’Acier!

Sur des planches franchement de très haut niveau du trait aux couleurs (dans un style entre Immonen, Varanda et Hairsine), on suit donc la folie meurtrière du Joker qui décime la SJ en parallèle d’un éloignement de Harley qui va rejoindre sa chérie Poison Ivy. Si les couples homosexuels mis en avant dans le spin off de Dceased m’avaient paru lourdingues et inutiles, les deux présentés ici sont très attendrissants et l’aspect psychologique particulièrement bien présenté. Le premier est un couple de vieux très aimant qui va être mis à mal par les attaques de Mister J, le second nous montre l’itinéraire de Harley dans Injustice et son émancipation de la mainmise psychologique du Joker. On approfondit ainsi la psychologie du personnage le plus intéressant de DC depuis Batman après Harleen et White knight.INJUSTICE: YEAR ZERO Features JLA vs. JSA (Exclusive Preview) - Nerdist

Taylor envoie du pâté en matière de dialogues cash et de morts véritables. Sans se vautrer dans le cracra mais dans une cohérence avec Injustice. Surtout (et en cela il est bien entendu vivement conseillé de lire Année zéro après le premier Injustice) il apporte une sacrée profondeur à l’acte initial du Joker et aux bascules de Kal-El, Wonder Woman et Harley. En Tom Taylor on Twitter: "Batman spars with Wildcat with the Justice League  and JSA watching on. Have you checked out our first chapters of Injustice:  Year Zero yet? @Rogeantonio @rainberedo @jesswchen https://t.co/wpgPbpCIM7…une fluidité épatante le scénariste parvient à lier une grande part du DCverse en nous donnant envie de prolonger chacun des thèmes mis en avant (les nazi, l’Age d’or, Hawkman, la filiation, la tradition, la morale,…). Tout pousserait à une exploitation commerciale de cette efficacité or cette année zéro restera (a priori) respectueuse du lecteur en restant dans le cadre fixé d’expliquer le contexte initial et de donner des racines à un event révolutionnaire qui sonnait jusqu’ici comme un elseworld. Je m’aperçois en écrivant ce billet que Batman Metal aura décidément été plus important que je ne le pensais en créant un exemple de ce que ne devrait pas être le DCverse et que l’on pouvait bien viser un pareil syncrétisme dans une optique bien plus accessible et élégante. Avec un tel Talent on ne peut qu’espérer que Tom Taylor prenne du galon chez DC et qui sait, puisse donner un petit coup de pouce à la re-création du Snyderverse au cinéma…

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Vei

La BD!

Recueil de 344 pages de la série (inédite en France) écrite par Sara Elfgren Bergmark et dessinée par Karl Johnsson. Parution aux éditions Ankama le 14/05/2021. 

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Merci aux éditions Ankama pour leur confiance.

Sur les épaules des géants

Sur le drakkar affrété par le prince Eidyr, la tension a cédé au désespoir. Affamé, assoiffé, l’équipage a perdu de vue l’objectif de sa traversée, à savoir trouver et conquérir Jotunheim, la terre légendaire des géants des glaces. Alors que les marins ont presque cédé à la folie, ils trouvent flottant au milieu des eaux, le corps d’une jeune femme, qu’ils ramènent à bord et qui se révèle, contre toute attente, encore vivante. 

Vei, la miraculée, va cependant faire rapidement face à la convoitise des hommes, qui voient dans cette pêche providentielle une source de nourriture que leur situation a rendue alléchante. Qu’à cela ne tienne, Vei se défend férocement avant d’être finalement maîtrisée. Aidée par Dal, l’esclave de l’ambitieux prince Eidyr, Vei passe un marché avec l’équipage: elle les guidera jusqu’à Jotunheim, sa terre natale, afin de se soustraire aux estomacs vikings. 

Arrivés sur Jotunheim, les conquérants sont rapidement capturés par un gigantesque Jotnar, à l’exception de Dal, qui devient cette fois, assez ironiquement, dépendant de Vei pour sa survie. Dal, qui vénère Odin, le chef du panthéon nordique, doit donc compter sur une hybride d’humain et de Jotnar pour survivre sur la terre des ennemis des ses dieux. 

Le guerrier viking va néanmoins découvrir, que, comme dans bon nombre de conflits, le tout est une question de point de vue, car les Jotnar, dépeints comme des monstres sanguinaires, règnent de façon relativement bienveillante sur les humains de leur terre, qui les vénèrent comme des dieux. Chaque géant à son « troupeau » d’humain, parmi lesquels un élu, le Ran, est désigné à chaque génération. 

Il se trouve que Vei est le Ran de son troupeau, celui du géant Veidar. Les Ran sont entraînés pour Mistarileikir, un combat légendaire et putatif entre les Ases, dieux d’Asgard, et les Jotnar. Les vainqueurs de ce tournoi millénaire gagnent le droit de régner sur Midgard, la Terre, que convoitent les deux parties. 

Ultimate Showdown of Ultimate Destiny

Manque de bol, le Mistarileikir est pour cette année, obligeant Vei à participer aux joutes, qui depuis des millénaires, tournent invariablement en faveur des dieux asgardiens. La jeune femme va donc devoir lutter pour sa vie ainsi que pour le devenir de son peuple, alors qu’autour d’elle se jouent des complots et duperies dont seules  les divinités ont le secret. 

Afin de vaincre ses adversaires, Valkyries sanguinaires et monstres en tous genres, Vei va devoir rivaliser d’adresse et d’ingéniosité. Alors que ses camarades Rans tombent les uns après les autres, la jeune guerrière, soutenue par Dal, va également bénéficier des conseils avisés d’un dieu d’asgard, qui favorise son propre agenda. 

Vei fait une entrée fracassante en France par le biais des éditions Ankama. Revisitant habilement les mythes nordiques, Sara Bergmark offre une geste épique, en prenant le parti d’une introduction mystérieuse et cryptique. Dans le premier chapitre, Dal nous sert de substitut, car nous découvrons en même temps que lui le monde de Jotunheim, ses dangers et sa beauté intrinsèque, ce qui a pour effet de nous plonger dans le récit avant même que les enjeux ne soient clairement établis.

Lorsque la perspective d’un tournoi à la Dragon Ball se présente, on est tenté d’anticiper la redondance et la succession des combats, ce qui, vue la pagination, peut décourager. Or, il n’en est rien, l’histoire trouve le parfait équilibre entre combats, intrigue et relations des personnages. Le rythme est donc très bien dosé, ce qui rend les 344 pages hautement digestes, d’autant que leur graphisme maintient un niveau élevé du début à la fin. D’ailleurs, on note que les différences d’échelle entre humains, Jotnars et asgardiens est très justement mise en scène, jusqu’au final épiques dignes des plus grandes sagas nordiques.

En conclusion, Vei est un must pour les amateurs de Fantasy, de mythologie nordique (et de géants !).

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Big Girls

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Récit complet en 144 pages, écrit et dessiné par Jason Howard. Parution le 01/04/2021 chez 404 Comics

You are beautiful

Le monde tel qu’on le connaît s’en est allé (encore!). Un virus protéiforme nommé « le Mega Organisme » s’est attaqué aux enfants, notamment aux mâles, pour en faire des monstres dont la difformité n’a d’égale que la taille. Ces créatures, que l’on surnomme les « Jack« , ont ravagé la planète, obligeant les survivants à se retrancher au sein de zones sécurisées, dont la plus grande est la Réserve

Toutefois, aucun rempart, aucune muraille ne saurait retenir ces colosses destructeurs. La seule arme viable, ce sont les Big Girls, des femmes touchées par le Mega Organisme, ce qui leur confère une taille gigantesque, préservées des horribles mutations grâce à leurs gènes XX. Emberline, jeune fille de la campagne, est découverte enfant par l’officier Tannik, qui en la recrutant l’emmène à la Réserve, loin des siens. Là bas, elle est entraînée et conditionnée à repousser toutes les attaques de Jacks, aidée dans sa tâche par deux autres guerrières géantes, qui forment le seul rempart entre les humains et l’anéantissement. 

Malgré les ravages causés par ces monstres, Ember ne peut s’empêcher de ressentir la tragédie des Jacks. Enfants innocents, leur seule alternative est d’être supprimé par Tannik et ses hommes ou de se transformer en géant sans âme. Sans-âme ? Ember se pose souvent la question, car, en observant de plus près leurs comportements violents et destructeurs, il semble à la jeune femme que quelque chose cloche, comme s’il y avait encore quelqu’un sous la carapace mutante… 

Attack of the Fifty Foot Woman

Jason Howard, que l’on connaissait jusque-là pour The Astounding Wolf Man et Trees, construit un récit au pitch délirant mais basé sur des thèmes sérieux et d’actualité. En effet, depuis quelques années maintenant, il est devenu nécessaire de mettre en lumière les écarts de l’engeance masculine, et les tourments qu’ils causent à la Femme. Pour cela, Howard met en place une métaphore, certes pas très subtile, mais qui a le mérite de la clarté: les Hommes sont des monstres dont la violence a ravagé les sociétés, et seules les femmes peuvent se dresser face à eux pour espérer les endiguer. Et, vous ne l’ignorez pas, ajouter des géants est un facteur instantané de coolitude pour n’importe quelle histoire (je vous invite d’ailleurs à vérifier, allez-y ! Imaginez du géant dans n’importe quelle histoire, et vous verrez !)

En lisant le pitch, j’ai immédiatement pensé au hashtag #éduquetonporcelet, qui avait suivi le fameux (et nécessaire) #balancetonporc. Ce hashtag laissait entendre, malheureusement, que les dérives dénoncées par BTP étaient la résultante de traits intrinsèques au genre masculin, et que, si certains hommes sont bel et bien des porcs, alors les garçons, qui ne sont finalement que des hommes miniatures, ne peuvent être considérés que comme des futurs porcs en puissance. L’ajout de la notion d’éducation vient instaurer la célèbre dichotomie de l’inné contre l’acquis, ce qui présuppose qu’un garçon nait avec des caractéristiques violentes et sexistes, et que seule une éducation adéquate permettra de le sauver des affres du sexisme. Si on poursuit le raisonnement, il apparaît que le #éduquetonporcelet vient planter l’idée que la bonté et la décence ne peuvent être que les fruits d’une éducation propice et en aucun cas de qualités intrinsèques à l’individu. 

Howard, pour en revenir à notre sujet, ne fait pas l’écueil de la généralité dans son Big Girls. Tous les jeunes mâles ne se transforment pas en monstres, mais ceux qui le font sont soit éliminés, soit ostracisés pour ne vivre qu’en marge de la société. Il faudra alors à Ember toute la bonne volonté du monde pour faire éclater la dérangeante vérité autour des Jacks et du Mega Organisme, et instaurer un nouveau paradigme qui inclut ces êtres, certes dangereux, mais toujours humains. Outre la place de la Femme et les dangers induits par les comportements masculins, l’intrigue de Howard nous met en garde contre les dérives belliqueuses (tient, encore une résonnance avec l’actualité…) et les modes de pensée sectaires qui les accompagnent souvent.

Chaque personnage a de bonnes raisons pour agir comme il le fait, et le tout s’imbrique toujours adéquatement dans les thématiques de l’auteur (Tannik qui chasse les Jack pour des raisons personnelles en mode Achab tout en prétendant servir l’intérêt général, Ember qui doute de plus en plus de son crédo, Gulliver qui se sert des Jack, etc).

Big Girls est donc plus qu’un prosaïque divertissement, il nous interroge sur les fondements de notre société et nous pousse à les remettre en question. Le tout avec des GÉANTS. 

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Plunge

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Comic de Joe Hill et Stuart Immonen et Dave Stewart (coul.).
Urban (2021) 168p., one-shot.

bsic journalismMerci aux éditions Urban pour leur fidélité.

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Lorsque les frères MacReady reçoivent la visite d’un ponte de la multinationale Rococo corp. ils ne se doutent pas vers quel enfer ils partent… Embauchés pour récupérer le chargement d’une épave coulée il y a quarante ans, ils embarquent avec la biologique Moriah Lamb vers une île du détroit de Béring. Un voyage vers le froid et l’horreur dans ce coin reculé…

Joe Hill est l’auteur de la réputée série de comics Locke & Key (dont l’adaptation Netflix est diffusée en 2020)… et accessoirement fils de Stephen King. S’il a tenu à débuter sa carrière sous pseudo pour ne pas profiter de la notoriété de son père, il n’en subit pas moins (et c’est bien normal) l’influence en se rangeant dans le domaine de l’horreur matinée d’Amérique profonde. La post-face étonnante de modestie indique sans détour la volonté de se rattacher au cinéma fantastique des années quatre-vingt et au chef d’œuvre intemporel, The Thing de John Carpenter. Ainsi Plunge est bien un hommage croisé à John Carpenter (pour la forme) et à HP Lovecraft (pour le fonds)… le premier ayant par ailleurs construit son œuvre dans l’univers du maître de Providence.

Plunge de Joe Hill & Stuart Immonen en VF chez UrbanToujours méfiant lorsqu’un héritier débarque avec un attelage impérial (Stuart Immonen de retour dans le comics c’est un sacré évènement même si son embauche par Mark Millar n’avait pas fait que des étincelles…), j’ai été totalement happé par cet album dès les toutes premières pages. Par les dessins bien sur, le duo d’Immonen avec son coloriste Dave Stewart étant parmi ce qui se fait de mieux (le coloriste a par exemple bossé sur le Magic Order de Coipel ou avec Tim Sale sur Catwoman a Rome). Pour une première immersion dans le genre, le canadien nous explose les rétines par ses encrages profonds bien connus, par l’expressivité de ses visages et par son style tout simplement. Quand beaucoup d’illustrateurs réalistes abusent un peu trop de visages d’acteurs de cinéma pour créer leurs personnages, Immonen s’inspire mais reste évocateur, original, et renforce en cela la spécificité de sa création. A la fois dynamique, graphique et incroyablement efficace dans les plans devant faire peur, le dessinateur a bien entendu un rôle central dans l’efficacité de ce one-shot fantastique comme le reconnaît Joe Hill lui-même.

Pourtant le scénariste n’est pas un manche, proposant un découpage et un cadrage qui reprend les codes du cinéma tellement bien qu’on sent le mouvement, la musique et la tension monter. Rarement j’ai autant frémi à la lecture d’une BD, avec le petit sourire en coin de la peur confortable du canapé… Surtout, je découvre un sacré dialoguiste qui donne vie à des personnages que l’on capte par ce qu’ils disent et non seulement par leur coupe de cheveux. On rit aux punchlines pourries et beauf de ces sauveteurs ricains et aux situations décalées destinées à renforcer la montée dans l’horreur. On connaît les mécanismes, Hill aussi et c’est pourtant toujours aussi efficace! Etonnant que l’écrivain n’ait pas encore percé au cinéma tant nous sommes tous terriblement orphelins du cinéma de John Carpenter…

Plunge_3_4Album quasi-parfait jusqu’à la moitié du récit et l’irruption du fantastique pur, Plunge souffre alors malheureusement de la malédiction quasi-inévitable du genre. S’il évite la grandiloquence qui fait souvent sombrer les meilleurs pitch dans le n’importe quoi, Hill ne sait pourtant pas bien comment se dépatouiller de son histoire dès lors que les Grands anciens débarquent dans son intrigue. Signe d’une certaine fébrilité, son récit jusqu’ici construit avec une progressivité remarquable souffre alors de sauts de découpage qui laissent circonspect, avec le sentiment d’avoir loupé une scène. Manque de communication entre le scénariste et son dessinateur? On ne le sait, mais certaines images à l’approche de la fin restent sans explications. Normal dans un récit fantastique direz-vous… Sauf que ces problèmes marquent la compréhension de l’action et non la seule conclusion naturellement ouverte. Quel est ce soudain bandage de Gage? Quelle est cette gigantesque écoutille? Où l’indien a-t’il subi cette blessure?… Petit caillou dans une chaussure pourtant extrêmement confortable, cette fin saccadée rompt un peu le charme (… de l’horreur) d’une aventure en compagnie de personnages qu’on aurait aimé côtoyer plus longtemps et que l’on espère très vivement retrouver sans tarder au cinoche (avec, j’espère, plus de réussite que sur les adaptations du papa)…

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*****·Manga·Nouveau !

L’Attaque des Titans #33

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Comprend les chapitres 131 à 134 de la série écrite par Hajime Isayama.

Tabula Rasa

Eren l’avait promis, il l’a fait. Après s’être emparé in extremis du pouvoir incommensurable du Titan Originel, le jeune orphelin revanchard l’a utilisé pour déclencher le redouté Grand Terrassement, qui consiste à libérer simultanément tous les titans colossaux qui sommeillaient dans les murs d’enceinte de l’Île du Paradis. Le monde doit faire face une nouvelle fois à la colère des eldiens, sous la forme d’une implacable horde de titans qui piétinent tout sur leur passage. 

Après avoir jugé ce monde qui lui a tout pris, Eren l’a condamné à la ruine et se fait désormais le bourreau de sa propre sentence. Transformé en une créature lovecraftienne comme on en avait rarement aperçu dans le manga, il préside à son armée de titans, rasant l’empire Mahr sans broncher. Les seuls qui semblent être en mesure de le stopper sont un petit groupe constitué d’amis et d’anciens adversaires, parmi lesquels Armin et Mikasa, ses amis d’enfance, Hansi, Livaï et Conny, compagnons d’armes, puis Reiner, Peak et Annie, trois guerriers Mahr d’origine eldienne, eux aussi détenteurs de titans primordiaux. 

Cet escadron hétéroclite et autrefois ennemi s’est décidé à collaborer, non sans quelques grincements de dents. Ils ont du affronter, dans le tome précédent, les forces eldiennes partisanes d’Eren et de sa croisade. Ensemble, ils sont parvenus à quitter l’île, dans le sillage du Grand Terrassement, et espèrent aborder leur ami par la voie des airs afin de le faire changer d’avis, ou le cas échéant, l’abattre. Mais est-il seulement possible de vaincre un être aussi puissant et résolu qu’Eren avec un hydravion et quelques bombes ?

Guerre Fratricide

Fidèle à sa formule, Hajime Isayama nous offre un dosage parfait entre suspense et réflexion, grâce à un jeu d’alliance et une situation complexe dont les rouages ont été savamment mis en place dans les tomes précédents. L’auteur confronte encore une fois les points de vue autour de sa thématique de la liberté, et du cycle de violence inhérent à l’histoire humaine. Eren aura été de bout en bout un protagoniste fascinant, dont l’évolution est à la fois tragique et parfaitement cohérente.

Dans ce 33e tome, malgré les mesures extrêmes qu’il vient de prendre, il nous est encore donné de voir les doutes qu’il a pu avoir, et les éléments qui ont influencé son choix final. La cohérence thématique est encore de mise, puisqu’en chantre de la liberté, il laisse à ses amis celle de venir l’arrêter, alors qu’il aurait le pouvoir de faire taire, grâce à l’Originel, toute opposition parmi les eldiens. 

Coté intrigue, la tension atteint son paroxysme grâce à cet assaut désespéré et aux mille façons qu’il aurait d’échouer. Obstacles, sabotages, sacrifices, tout est mis en place pour maintenir le lecteur scotché en attendant le dénouement. L’affrontement fratricide n’en est donc que plus déchirant, surtout quand on regarde du côté des intrigues secondaires (Annie, Falco et Gaby) qui vont forcément converger pour le grand final. 

Comme vous vous en doutez, attendre le dernier tome confine à la torture, et il n’est pas question d’aller se spoiler !

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Nautilus #1: le théâtre des ombres.

La BD!
BD de Mathieu Mariolle et Guenael Grabowski
Glénat (2021), 56p., série en trois tomes.

La première édition comporte un cahier graphique final et une pos-face du scénariste expliquant la genèse du projet et ses deux références: Jules Verne et Kipling. Les intérieurs de couverture comportent d’ailleurs intelligemment une citation de chacun de ces deux grands auteurs. La quatrième de couverture présente l’illustration du tome deux et annonce une série en trois tomes. Initiative que j’apprécie beaucoup comme vous le savez si vous suivez ce blog. Avec un très joli logo-titre, un titre inspiré et une très belle mise en scène de la couverture de ce premier volume, l’emballage de cette ouverture est on ne peut plus réussi.

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Lors d’une mission de filature l’espion britannique Kimball O’Hara se retrouve accusé d’un gigantesque attentat qui coule un navire où se trouvait l’élite russo-britannique dans l’Inde coloniale. Devenu l’ennemi public numéro un, il se trouve contraint de fuir à la recherche d’un fantôme seul à même de l’emmener dans les profondeurs du port pour récupérer les preuves de son innocence et éviter par incidence une guerre entre les deux empires. Un fantôme qui se nomme « personne »…

Nautilus - Le théâtre des ombres Tome 01 - Nautilus - Mathieu Mariolle,  Guénaël Grabowski - cartonné - Achat Livre | fnacOn ne compte plus les tentatives d’adaptation et de poursuite fantasmée de l’ouvre de Jules Verne qui impulsa chez nombre d’auteurs l’envie de raconter (et dessiner) des histoires. Si la plus réussie des mises en image du Nautilus et de son célèbre capitaine revient sans aucun doute à Richard Fleischer sur son film de 1954, un récent projet tombé à l’eau a attisé des envies chez nombres d’auteurs de BD… Le film de Christophe Gans sur lequel a travaillé le chef de file d’une génération d’artistes, Mathieu Lauffray, a créé une immense frustration et remis une pièce dans la machine à idée… on ne va pas s’en plaindre! Et après bien peu de projets aboutis, l’auteur de l’excellent Blue note et le débutant Guenaël Grabowski (lancé par Thimothée Montaigne… coloriste lui-même de Lauffray sur Long John Silver) nous offre sur ce premier tome un espoir au souffle d’aventure et de magie que l’on n’attendait plus!

La grande idée de Mariolle est d’avoir principalement prolongé un roman méconnu de l’auteur du Livre de la Jungle, auquel il a interfacé une suite de l’île mystérieuse. Ainsi il évite les attendus et une familiarité en nous maintenant tout le long de l’album un certain mystère tant sur le personnage de Némo que sur le héros lui-même, découvert en pleine opération. Hormis ceux qui auront lu le livre de Kipling, les lecteurs découvriront ainsi progressivement au fil d’échanges avec ses interlocuteurs (et chasseurs!) qui est ce personnage aux airs d’Indiana Jones mâtiné de Corto Maltese. Si l’introduction est un peu brutale et déstabilisante, cette longue chasse dans les superbes paysages indiens puis le blanc de Russie nous happe comme un grand film d’aventure en cochant tout ce que l’on aime: une cheffe de la police qui a un contentieux ancien avec Kim (que l’on ne nous révèle pas encore), une prison monumentale et poisseuse aux fins-fonds de l’empire russe, des trains indiens sur des itinéraires vertigineux, un fils à retrouver et un mystérieux prisonnier… Le vent de Dumas et de tous les romans d’aventure de l’âge classique soufflent sur cet album qui revêt quelques petites fautes graphiques mais sait nous emporter dans ses cadrages et ses encrages de grande qualité. Sachant maintenir beaucoup de mystère en révélant juste ce qu’il faut pour nous titiller, le scénariste pose une structure quasi-parfaite sur son histoire, se payant le luxe d’une grande variété de décors, d’ambiances et nous abandonne juste quand il faut: sur la découverte du fantastique vaisseau…

Le théâtre des ombres est une entrée en matière quasi-parfaite qui laisse entrevoir une série magnifique avec toutes les clés en main, y compris un dessinateur débutant déjà fort doué et qui risque de progresser dans les années à venir!

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*****·Actualité·Cinéma·Comics·East & West·Rétro

Jupiter’s legacy: l’adaptation Netflix

Jupiter's Legacy - Série TV 2021 - AlloCiné

Ça a mis le temps mais on y est: le chef d’oeuvre de Mark Millar et Frank Quitely, le diptyque qui a révolutionné la BD de super-héros est visible depuis aujourd’hui sur Netflix pour une série live. En attendant de voir ce que donne cette première concrétisation du rachat des œuvres de l’écossais (à l’origine de Superman Red Son, Old man logan, Civil War, Kick ass, The magic order ou encore Kingsman…!!!) par la plateforme (Magic Order, Sharkey et Space bandits sont également en travaux) je vous rappelle les billets chroniquant le comic que vous devez impérativement lire si ce n’est déjà fait!

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Le livre des merveilles

La BD!
BD d’Etienne le Roux et Vincent Froissard
Soleil (2021), 76p., one-shot.

bsic journalismMerci aux éditions Soleil pour leur confiance.

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Un vieil homme tire péniblement une carriole en rejoignant Rimini où l’attend un navire. Au jeune homme fasciné par son accoutrement et qui offre de l’aider, l’oriental raconte alors le fabuleux voyage qu’il entreprit enfant vers l’Orient où à la cour du grand Kubilaï Khan, le plus grand empereur que le monde n’ait jamais connu, celui qui se faisait appeler Marco Polo il parcourut le monde et des merveilles inimaginables…

Bam! Il est des livres qui restent bloqués dans vos mains, refusant de se refermer, les yeux comme collés aux planches que l’on ne finit pas de parcourir à la découverte de nouvelles merveilles. Comme le précédent du duo, un couple artistique qui est en train de poser sa marque dans l’univers de la BD! Les deux ont commencé dans l’écurie Delcourt à la grande heure des albums SF en compagnie des Lauffray (le Serment de l’ambre c’est eux qui l’ont repris à sa suite), Le Roux d’abord aux dessins avant de migrer vers la plume quand son comparse Froissard a officié essentiellement aux couleurs avant de commencer à dessiner épisodiquement, déjà avec son style actuel marqué par une matière et un effet de flou saisissant, affinant sa technique pour arriver aujourd’hui avec clairement le plus bel album (si ce n’est le meilleur?) de l’année entamée.

Bien arrivé dans la toujours esthétique collection Métamorphose, Le livre des merveilles est graphiquement proche de la Mille et unième nuit, qui revisitait déjà un récit mythique et du précédent qui illustrait le récit de voyage d’un aventurier allemand. On voit que la recette ne change pas mais se précise pour le duo. Ce qui marque chez Vincent Froissard c’est outre son utilisation d’une technique artisanale dont l’aspect flouté peut rappeler une Cruchaudet, une maîtrise de la profondeur sidérante. Sur un découpage généreux proposant de très grandes cases, proches du format manga avec parfois deux-trois vignettes voir des pleines pages, on se retrouve happé par un monde décrit de manière poétique, aux contours toujours imprécis, nimbé de voiles permanents qui découpent des silhouettes itinérantes quand ce ne sont pas des géants dont on distingue le contour lointain. Chacun de ses dessins est construit avec la volonté de nous immerger en proposant un grand nombre de plans qui font vivre des décors tous incroyables. La variété des décors permet ainsi subtilement de reprendre les estampes chinoises qui s’insèrent parfaitement dans le style du dessinateur. On pourra noter une gamme de couleurs assez ternes qui sont rehaussées par une utilisation de fins fils d’argent ou d’or donnant un relief qui fait presque sortir les personnages et éléments du cadre. Il ressort de cette technique très particulière et multiple un effet de trois dimensions rarement vu en BD.

Alternant entre le petit voyage du vieillard et ses quelques péripéties et l’immense périple de vingt-quatre ans de Marco Polo à travers l’Asie le récit est bien entendu très narratif, sur un texte très finement ciselé qui nous envoie dans ces pays de cocagne semi-fantastiques. Car le récit (et son illustration graphique) abonde d’éléments qui semblent sortis de l’imaginaire du voyageur… à moins qu’il n’illustre la réalité d’un monde inimaginable? C’est ce double jeu entre le récit historique et l’imaginaire fantastique participe à faire de cet album one-shot (et qui aurait-pourrait donner lieu à une suite sans forcer l’intrigue) un formidable dépaysement à la lisière entre l’adaptation et la fantasy. Jusqu’à un dénouement d’une grande intelligence qui interroge sur la réalité du récit et mets en abyme la vie passée du vieillard et celle débutant du jeune apprenti, bouclant parfaitement et logiquement un projet parfait jusqu’à la dernière page.

C’est bien sur d’abord les phénoménales planches qui font au premier chef de cet album un chef d’œuvre graphique mais elles s’appuient sur une narration d’une grande fluidité qui ferait dévorer l’album si notre regard n’était pas bloqué sur les mille et un détails des dessins. Magnifique ouvrage qui fait honneur au mythique récit de Marco Polo, Le livre des merveilles est (pour l’instant) le sommet de la carrière des deux artistes et un album indispensable à votre bibliothèque. Et l’on se demande bien lequel des innombrables récits picaresques de la littérature ils vont vouloir adapter par la suite pour notre immense plaisir.

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Le dernier des dieux #1

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Comic de Philip Kennedy Johnson, Ricardo Federici et Sunny Gho (coul).
Urban (2021) 70p.

bsic journalismMerci aux éditions Urban pour cette découverte.

L’album au format franco-belge s’ouvre sur une superbe carte du monde de Cain Anuun et insère au milieu des trois chapitres de nombreux textes de background, légendes, récits et chants qui approfondissent largement l’expérience de lecture. On aurait aimé un cahier créatif mais en tant que tel l’album est fort joli avec sa couverture épique et son élégante typographie. A noter qu’outre le format BD cette série s’inscrit dans le Black label dont elle confirme une nouvelle fois la qualité très largement supérieure au canon DC.

Cela fait trente ans que les Traquedieux ont vaincu le Dieu du Vide et la Pestefleur. Trente ans que le roi Tyr règle sans partage sur Cain Anuun en sa capitale Tyrgolad. Eyvindr est un enfant de la paix, un enfant des héros. Et le jour où la peste reparaît sur la terre des hommes, son monde, sa légende s’effondre…

Le mois dernier Urban, le label DC comics de Dargaud, publiait simultanément deux albums au format original, très proche du format franco-belge avec une approche artistique également très européenne. Le Decorum de Hickman proposait une SF ésotérique ambitieuse mais complexe, tant par son graphisme que par sa construction. Comme une illustration de la règle du « plus simple est plus fort » Le dernier des dieux prend le contre-pied de son collègue en installant un récit linéaire et extrêmement lisible sur un univers d’une richesse très profonde. Si l’on peut souvent reprocher aux comics de privilégier la forme sur le fonds, on peut dire qu’ici Philip Kennedy Johnson  et Ricardo Federici s’approche du sommet que constitue la saga tout juste achevée Servitude en matière de construction d’univers.

S’ouvrant sur le récit de la saga des Traquedieux on nous prévient immédiatement que tous les mythes comportent leurs mensonges. Toute l’histoire qui s’ensuit part de ce postulat simple mais diablement efficace de déconstruction du mythe: le lecteur prévenu très tôt va devoir trier entre les images qu’il voit, ce qu’on lui raconte et les légendes écrites dans les textes de background. Se construire son propre récit à partir de mensonges. Ainsi la BD va alterner entre deux époques progressant en miroir: celle du jeune gladiateur Eyvindr découvrant peu à peu les mensonges sur lesquels il a bâti ses victoires et ses rêves et celle de la reine et des Traquedieux progressant vers leur destin, un destin sans doute bien différent des récits mythifiés.

Pour raconter cela l’italien Ricardo Federici (qui a pris la suite de Serpieri sur la série Saria) utilise une technique très réaliste rehaussée par de superbes couleurs qui épousent parfaitement les traits d’aspect crayonnés. On sent une sensibilité européenne qui rappelle parfois un Esad Ribic, aussi à l’aise dans les expressions faciales que dans la dynamique des corps. Surtout il crée un design monstrueux particulièrement réussi malgré la nécessité de tentacules et autres aberrations organiques, souvent vulgaires dans les imaginaires graphiques. Ici la texture rocailleuse, écailleuse, permet de superbes planches de combats épiques où lames s’entrecroisent avec fluides divers, magiques ou aqueux, quand ils ne rencontrent pas des animaux fantastiques que les textes de background ont auparavant bien enrichis pour en faire bien plus que des décors de combat.

Il ressort de ce premier tome une richesse rarement vue qui se paie le luxe de correspondre à l’élégance graphique évidente. Ainsi les défauts récurrents du genre comics disparaissent totalement avec une matière qui vous happe dans un récit d’une très grande fluidité au service d’un projet passionnant, aux origines des mythes. Partis sur des bases fabuleuses on ne voit pas ce qui pourrait faire dérailler le duo dans une série partie pour être un classique immédiat.

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*****·East & West·Manga·Nouveau !·Service Presse

Ajin, semi-humain #15-16

East and west

Manga de Gamon Sakurai
Glénat (2015-2021) – ed. japonaise Kodansha (2012). 228 p., 16 volumes parus (série finie en 17 vol.).

bsic journalism

 

Merci aux éditions Glénat pour leur confiance.

 

couv_414624La base d’Iruma dévastée, Sato dans son Jet, son bras a été récupéré et inséré dans le piège qui doit mettre un point final à l’odyssée de ce génie du crime… Mais alors que Kei Nagaï et son équipe ne voient toujours pas le retour de Sato, le doute étreint le jeune homme: est-il seulement possible de vaincre Sato? Son esprit n’est-il pas tout simplement supérieur au leur?

Attention Spoilers! Il vaut mieux être à jour avant de lire cette chronique…

Scan Ajin 78 VF scan • one piece scanEn miroir des héros d’Ajin, le lecteur qui entame les trois derniers volumes (de ce qui est pour moi la meilleure série manga depuis Akira!) doute en se demandant comment l’auteur va pouvoir boucler son intrigue avec un dix-septième tome paru au Japon… Quand on aime se faire manipuler par des scénarii minutieux on ne peut bouder son plaisir devant cette série qui a donné le jour à rien de moins que le plus charismatique méchant jamais vu en BD… Cela permet de maintenir le lecteur sur la brèche, ne sachant jamais où va tourner le vent.

Après une nouvelle bataille épique dans une base exsangue l’intervention de l’équipe anti-Ajin semble boucler le plan infaillible de Kei Nagaï. Personne ne voit comment Sato peut s’en sortir… et pourtant! Avec toujours un coup d’avance ce dernier décide de quitter le Japon pour poursuivre son oeuvre révolutionnaire aux Etats-Unis… Le fil est tout trouvé pour réintroduire le professeur Ogura, le très désinvolte spécialiste des Ajin qui révéler des sa vision de l’origine des Ajin. A ce moment, surpris de ces révélations tardives alors même que l’intrigue semble loin d’être finie, on assiste à l’apparition d’un Flood, cette génération spontanée évoquée plus tôt dans la série par le professeur et qui crée une situation proche d’un apocalypse zombie…

AJIN: Demi-Human No.74.5 - Comics de comiXology: WebA ce stade, toujours sidéré par la précision des dessins et une action effrénée dans la maîtrise des corps et du mouvement on imagine que la conclusion de la série ne peut être que le commencement d’un autre cycle, plus vaste? J’ai eu le sentiment que les dessins des derniers volumes avaient évolué, notamment le visage de Nagaï, adolescent au début du manga et qui semble avoir acquis une physionomie adulte arrivé au seizième tome. Est-ce juste une progression technique de l’auteur ou une volonté d’exprimer dans les corps les effets de toutes ces morts et mutilations? Toujours est-il que rien à ce stade ne laisse penser dans le déroulement des opérations comme dans la structure du récit (qui propose un nouveau flash-back et des concepts sur les Ajin) que l’on arrive à la fin. Du coup la tension est à un niveau insoutenable avant d’entamer un dernier tome que l’on imagine probablement très frustrant… conclusion dans quelques mois!

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