****·BD·Documentaire

Klaus Barbie – La route du rat

Le Docu BD

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BD de Jean-Claude Bauer et Frédéric Brrémaud
Urban (2022), 123p., one-shot. Contient un cahier documentaire de 22 pages.

En mai et juin 1987 se tient à Lyon le procès pour crimes contre l’humanité (le premier en France) contre Klaus Barbie, surnommé « le boucher de Lyon », chef de la gestapo lyonnaise pendant la seconde guerre mondiale. Lors de ce procès fortement médiatisé un dessinateur de presse couvre les audiences pour Antenne 2. Trente-cinq ans plus tard, alors que le dossier a été rendu communicable depuis 2017, Jean-Claude Bauer propose en parallèle d’une exposition aux Archives départementales du Rhône (jusqu’en mars 2023) un album de BD documentaire retraçant l’histoire criminelle de cet homme qui marqua l’histoire, en bordure de l’impunité et de la Justice. Associé au scénariste Frédéric Brrémaud il nous livre un impressionnant bilan aussi chargé émotionnellement que fluide dans sa lecture, qui permet de comprendre l’importance de ce procès dont tout le monde a entendu parler sans nécessairement comprendre sa signification.

Klaus Barbie : La Route du Rat - (Jean-Claude Bauer / Frédéric Brrémaud) -  Documentaire-Encyclopédie [CANAL-BD]Les auteurs ont articulé leur récit en aller-retour (tel un polar dirions-nous si le sujet n’était si grave) qui permet de créer une tension dramatique en montrant immédiatement au lecteur l’impensable: pendant plus de vingt ans ce tortionnaire sans remords coula une vie très paisible et confortable en Amérique du Sud, nous seulement couvert par la dictature bolivienne mais participant activement par son expérience aux entreprises criminelles de la nouvelle génération de bouchers. S’ouvrant sur une interview par le grand reporter Ladislas de Hoyos qui permit de confirmer les soupçons de sa présence de Barbie à La Paz, l’album alterne les planches illustratives, véritables séquences BD et dessins de presse lors du déroulé du procès. On apprend ainsi étape par étape les origines banales de Barbie, sa cruauté et sa détermination précoce à faire partie des plus efficaces agents du nazisme. Les éléments connus comme le massacre des enfants d’Izieu, l’assassinat de Jean Moulin ou la déportation des prisonniers de Montluc sont retracés sur une technique sanguine qui apporte le poids des photos d’archives au récit.

https://www.actuabd.com/local/cache-vignettes/L720xH991/117_klaus_barbie_00-42c5c.jpg?1652710590Souvent les documentaires BD axent leur focale sur un point particulier ce qui laisse de grands pans non traités. Ce n’est pas le cas et l’on est surpris en refermant le livre devant une telle complétude du sujet malgré le nombre d’éléments en considération. Ainsi l’on suit tout autant la démarche militante des Klarsfeld (qui préfacent l’album) que les crimes de Barbie, son itinéraire américain et l’immédiat aprè-sguerre où l’on apprend sidéré que les forces d’occupation Etats-Uniennes n’ont pas seulement utilisé ses compétences indirectement mais ont formellement embauché Barbie dans le contre-espionnage contre l’adversaire soviétique. S’ils se sont contentés de fermer les yeux sur sa fuite vers l’Amérique-latine lorsque sa collaboration s’est avérée trop visible, on imagine qu’il aurait tout Klaus Barbie : itinéraire d'un salaud - ActuaBDaussi bien pu être exfiltré par la toute jeune CIA. Et reste l’intrigante question du pourquoi du silence du pouvoir de la IV° République sur l’impunité de ce tortionnaire.

L’histoire est longue, passionnante, et le mieux est bien entendu de lire l’album pour (ré)apprendre pourquoi le cas Barbie est exceptionnel, illustratif d’une certaine absence d’épuration de la part de la RFA et du pouvoir américain qui assit son combat contre le communisme sur toute question morale dès les premiers jours de la Libération. L’histoire est froide et l’on ne se replonge jamais trop dedans pour comprendre notre actualité.

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****·BD·Documentaire·Rétro

Le tirailleur

Le Docu BD

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BD de Piero Macola et Alain Bujak
Futuropolis (2014), 96p.

Abdesslem est un vieux monsieur pauvre comme il y en a tant dans les foyers Sonacotra. Pourtant Abdesslem est un héros de guerre. Comme il y en eu tant lorsque la République avait besoin de bras et de chair pour affronter les allemands ou les guerres d’indépendance et qu’elle abandonna comme les indigènes qu’ils étaient. Avant de s’en retourner auprès des siens, Abdesslem a accepté de raconter sa vie au photographe Alain Bujak. Afin que son malheur, son sacrifice ne reste pas anonyme.

Le Tirailleur - Par Alain Bujak et Piero Macola - Futuropolis - ActuaBDLa qualité des grands documentaires réside dans cette fibre humaine qui fait lier le récit graphique et une réalité qui transpire des mots et des images, qui rend la narration vraie. Le format du témoignage direct aide cela. Le dessin l’éloigne souvent en donnent un aspect fictif à des évènements pourtant bien vécus. Comme souvent les récits de témoins de guerre, innombrables, nous semblent toujours trop gros, inconcevables du confort de nos canapés du XXI° siècle. Pourtant l’indéniable véracité de ce que rapporte Bujak nous laisse sous le choc de l’injustice. On a beau connaître les fautes de la France envers ces sous-citoyens qu’étaient les indigènes, ces rappels crus, factuels, marquent notre éthique de citoyen en attente de justice.

Abdesslem est tout simplement enlevé par l’armée un beau jour de ses quinze ans. Il ne reverra sa famille que des années plus tard. On lui fait signer son engagement, lui l’analphabète jugé suffisamment grand pour porter un fusil pour aller se faire trouer la peau sur le Front. Heureusement pour lui la France la perd bien vite cette drôle de Guerre qui voit une armée de va-nu-pieds errer sur les routes de France devant l’avancée allemande, assez vite pour lui éviter de se faire tuer. Pourtant, avec sa morale de bon croyant soumis à l’Ordre il rempile, une fois, deux fois, trois fois. On lui dit qu’il est bon soldat. Il participe à la Libération et à la terrible bataille de Monte Cassino. Il semble traverser cette guerre puis les autres comme un passager, comme son enlèvement l’a rendu, ne comprenant pas bien sa situation mais acceptant son sort, comme celui d’une décision de dieu, peut-être, ou tout simplement parce que c’est ainsi.  Il continue en Indochine puis décide de cesser. Il aura passé dix ans de guerres pour un Régime qui lui a enlevé sa liberté, l’a forcé à s’engager pour l’illusoire pension d’ancien combattant.Le tirailleur - Suivi du Voyage chez Abdesslem de Alain Bujak - Album -  Livre - Decitre

S’il rentre au pays fonder une famille malgré tout, sa jeunesse a été prise et sa vieillesse le sera aussi par le biais du sarcasme administratif: pour toucher sa pension d’ancien combattant il doit résider neuf mois par ans en France. Ce sera à Dreux, dans un foyer, dans une chambre de seize mètres carrés. Comme un pauvre, un étranger à qui ce pays pour lequel il s’est battu demande encore ce sacrifice se rester loin des siens. Que faire d’autre?

Le Tirailleur - Alain Bujak et Piero Macola - A propos de livres...Sous les mots du photographe Alain Bujak la mémoire d’Abdesslem est claire, précise. Les faits sont là, gravés dans son esprit. Ils sont portés par la technique tout en sobriété crayonnée de Piero Macola. Les dessins impressionnent d’évocation, notamment lorsqu’il est question de montrer les nombreux paysages traversés. Je suis toujours effaré par la faculté de ces artistes à proposer des dessins très technique, précis, avec cette estompe grasse, comme son compatriote Turconi.

En conclusion de ce magnifique témoignage les photos de Bujak accompagnent un dernier voyage qu’il fit au Maroc pour annoncer à Abdesslem la revalorisation décidée en 2011 par le gouvernement français sur les pensions des tirailleurs. Car ils sont des milliers a avoir ainsi servi le pays qui les a colonisé et bien mal remerciés. Ce poignant témoignage est un hommage à tous ceux-la.

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***·BD·Nouveau !

Un général, des généraux

La BD!
BD de Nicolas Juncker et François Boucq
Le Lombard (2022), 132p., one shot.

L’ouvrage comprend des citations en regard et un cahier documentaire de cinq pages détaillant le contexte historique avec des photographies de l’époque.

couv_440574Mai 1958. Alors que la guerre d’Algérie s’enlise, l’armée installée à Alger craint un abandon des départements algériens et menace Paris d’un Coup d’Etat. Pendant ce temps le général de Gaulle attend sagement lors de sa retraite à Colombey les deux Eglises…

La première vertu de cette farce qui place François Boucq dans ses petits souliers est ce rappeler les circonstances insurrectionnelles dans lesquelles est née la cinquième République aujourd’hui remise en cause. Car si la forme est celle de la farce (qu’on imagine d’ailleurs facilement adaptable au théâtre), le sujet est éminemment sérieux: Général, des généraux (Un) (par François Boucq et Nicolas Juncker)comme cela l’a été largement documenté depuis, en quelques jours le général de Gaulle revient au pouvoir sous la menace d’un parachutage militaire sur Paris et alors que personne ne peut exclure que le projet d’ensemble n’ait pu être coordonné avec lui. Alors que la quatrième République brille par son inefficacité politique et que la guerre d’Algérie ne voit pas de perspectives de résolution, l’album montre clairement que l’armée s’est émancipée du gouvernement civile et que si le débarquement en Corse semble plus symbolique qu’autre chose, les références à Napoléon et le soutien de plusieurs gouverneurs militaires rend tout à fait crédible un renversement militaire à Paris par des putschistes qui comptaient confier le pouvoir à… de Gaulle.

La satire rend par moment confuse la réalité tant l’ensemble des protagonistes est montré comme un ramassis de débiles à épaulettes ou de vieux politiciens ronflants. Pourtant l’album est documenté et reprend le déroulé précis, avec une portée qui aurait sans doute été plus grande sur un traitement plus documentaire. Ne boudons pas notre plaisir pourtant de voir Boucq croquer le cirque des généraux à Alger où le Un Général, des généraux" par Boucq & Junker : une farce (...) - ActuaBDdécalage d’époque est flagrant entre ces romantiques nostalgiques de la grandeur de la France et voyant l’abandon de l’Algérie comme la fin d’un empire dont ils sont les gardiens. Les trognes et les scènes sont absurdes et l’on se demande à chaque instant si le ridicule a pu être aussi important. Le risque de rendre sympathiques des factieux est assumé et compensé par le rappel des déclarations des protagonistes politiques, notamment le président de la République René Coty, de Gaulle et Mitterrand qui rappelle à l’Assemblée que de Gaulle détient son pouvoir d’un coup de force et non d’une légitimité populaire.

Doté d’une mise en scène tantôt clownesque tantôt très solennelle du toujours pro François Boucq, cet album tombe à point pour nous rappeler que les circonstances d’arrivée ou de maintient au pouvoir d’un chef d’Etat ne sont pas anodines, comme un miroir (qu’il ne faut pas forcer… mais tout de même) à 2022. Très drôle, toujours joli, l’album est très réussi mais pâtit sans doute de son hésitation entre farce et chronique historique, amenuisant légèrement l’efficacité des deux. Il reste néanmoins d’une lecture détente tout à fait conseillée à l’entrée de l’été.

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Celle qui parle

Histoire complète en 216 pages, écrite et dessinée par Alicia Jaraba. Parution chez Grand Angle le 30/03/2022.

Merci aux éditions Grand Angle pour leur confiance.

Ne jamais se taire

Malinalli vit une enfance douce-amère dans le village d’Oluta, en Amérique Centrale. Née d’une famille noble, elle est la fille du Cacique (le chef du village), qui lui a appris les langues Nahuatl et Maya Chontal, avant d’être enlevé et exécuté par les Mexicas, autrement dit les Aztèques. Élevée par sa mère, qui a du épouser le nouveau Cacique, ainsi que par sa grand-mère, Malinalli tente de se faire entendre, malgré les obstacles dressés par une société patriarcale qui n’accorde pas beaucoup d’importance à la parole d’une femme.

Courir ou traduire, il faut choisir.

Vendue comme esclave suite aux manigances de son beau-père, Malinalli va vivre plusieurs années de souffrances aux mains d’Aztèques cruels, avant de tomber entre les mains des conquistadors, notamment du désormais célèbre Hernan Cortés. Les talents de Malinalli pour les langues va lui permettre de s’ériger en traductrice entre les mayas, les aztèques et les espagnols, chacun des belligérants ayant besoin d’elle pour servir ses intérêts propres.

C’est ainsi que Malinalli deviendra Dona Marina, puis la Malinche, une figure relevant tout autant de la légende que des faits historiques.

Toutefois, de nos jours, la figure de La Malinche n’est pas en odeur de sainteté auprès de tous au Mexique. Si certains la voient comme la matriarche du Mexique moderne, beaucoup la considèrent également comme l’archétype de la traîtresse, qui se serait donnée aux espagnols au détriment de son propre peuple. Encore aujourd’hui, il n’est pas évident d’établir une vérité historique fiable autour de ce personnage, si bien qu’elle demeure, et pour longtemps, l’icône ambivalente d’une période controversée.

L’album d’Alicia Jaraba jongle avec ce mythe pour mieux s’attarder sur la personnalité de Malinalli, car avant de devenir une icône, elle était surtout une femme, avec ses aspirations, son désir d’émancipation, et ses difficultés. Prise entre deux feux, l’auteur tente de nous convaincre qu’elle n’a pas vraiment eu le choix, et que son rôle de traductrice lui a permis d’éviter certains heurts entre aztèques et espagnols, même si l’histoire semble démontrer que les informations qu’elle a donné à Cortés lui ont permis d’accélérer sa conquête.

Le parcours de vie de Malinalli attire tout de suite la sympathie, phénomène qui ne fait que s’accentuer au fil des épreuves qu’elle doit subir durant sa vie: le deuil, la perte de sa liberté, les menstruations qui vont par la suite la confronter au désir des hommes, toutes ces thématiques font de Celle qui parle une odyssée captivante, au-delà d’une légende que d’ailleurs peu d’entre nous doivent connaître.

Sur le plan graphique, Alicia Jaraba, que l’on avait découverte sur la série Les Détectives du surnaturel chez Jungle, accomplit l’exploit de la constance sur plus de 200 pages. On trouve des procédés inventifs lors des scènes de traduction, avec superpositions des bulles, ou encore des dialogues illisibles pour signifier la barrière des langues qui s’estompe au fur et à mesure que Malinalli apprend les différentes langues de son répertoire.

En conclusion, Alicia Jaraba signe le portrait d’une femme, singulier et controversé, et explore le pouvoir des langues et du dialogue, mais aussi ses limites face à la violence des hommes.

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Le choix du chômage

Le Docu BD

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BD de Benoît Collombat et Damien Cuvillier
Futuropolis (2021), 269p., noir et blanc, one-shot.

Coup de coeur! (1)Dans quatre jours c’est le premier mai, fête du travail et période idéale pour aborder ce monument de la BD documentaire, trop peu mis en avant lors de sa sortie l’an dernier et que bon nombre d’électeurs auraient bien fait de lire… Les deux-cent soixante-neuf pages d’une densité impressionnantes rappellent l’énorme travail des auteurs de La Bombe, dont la complexité et la profondeur rejoint l’enquête de Collombat du Cuvillier. Dépassant de loin la norme moyenne des documentaires en BD, cet ouvrage est une somme à la lecture indispensable qui revient sur soixante-dix ans de construction européenne et d’essor d’une pensée dominante marquée par un ordolibéralisme assumé. Le choix du chômage n’est pas une question mais une certitude après avoir refermé cet album.

La sélection parfaite pour se fâcher avec vos proches : politique &  religion sous le feu de l'investigation BD - Bubble BD, Comics et MangasOrganisé en quatre partie volumineuses traitant des théories néolibérales, du pouvoir socialiste de François Mitterrand, de la construction européenne et la crise de 2008, les auteurs s’appuient sur les témoignages d’un très grand nombre d’acteurs de premier plan, de Jean-Pierre Chevènement à Pascal Lamy (ancien directeur de l’OMC) en passant par toute une galerie de directeurs de cabinet, hauts-fonctionnaires et responsables financiers. Le journaliste d’investigation multi-primé qui a enquêté sur l’affaire Boulin et sur les affaires de Bolloré en Afrique est déjà à l’origine du réputé Cher pays de notre enfance avec Davodeau. Sa neutralité journalistique est indéniable et la portée de ce nouvel ouvrage va bien plus loin que le précédent en ce qu’elle jette une lumière aveuglante non seulement sur le choix de favoriser l’inflation basse et un chômage haut en France (les mécanismes économiques opposant les deux) comme en Europe mais plus largement l’adoption d’une vision néolibérale par l’ensemble des acteurs de la construction européenne, des dirigeants français des quarante dernières années et le caractère assumé d’une supranationalité qui ne s’encombre pas de choix démocratiques comme le résumait en 2015 le président de la Commission Juncker. L’esprit chrétien de la prédestination et du mérite infuse une idée selon laquelle le peuple est dangereux dans ses passions et a besoin d’être forcé dans ses choix. Comme le font les auteurs de Res Publica, la quantité de citations in extenso des personnes qui ont été aux manettes ne laisse pas place au doute.

Le choix du chômage », une enquête sur les racines d'un fléau françaisLa lecture de l’album reste néanmoins ardue de part la densité des informations et la complexité des thèmes abordés. On parle en effet de mécanismes économiques comme d’arbitrages de cabinets, d’influence diplomatique entre Etats-Unis et gouvernements européens en reconstruction. Il faut s’accrocher par moment tant la précision est chirurgicale et le journaliste peut fort heureusement s’appuyer sur le talent indéniable de son dessinateur qui excelle tant dans sa qualité graphique sur les portraits des témoins clés que sur les mises en scènes illustratives au format dessin de presse. Rarement un documentaire aura autant profité de son dessin pour fluidifier le contenu sans oublier l’aspect artistique du format BD.

S’il est choc, le titre est pourtant un peu trompeur en ce qu’il n’est qu’un lancement pour décrire la construction d’une Union européenne néolibérale dont le caractère non démocratique apparaît malheureusement inhérent au projet initial. Ne s’attardant malheureusement pas sur l’espoir qu’à fait naître l’esprit de l’Etat social lors du rejet du Traité constitutionnel de 2005, le projet de Collombat et Cuvillier est totalement déprimant tant il décrit un itinéraire autoritaire et manipulateur dans lequel il ne De Pompidou à Macron, les dirigeants ont fait le choix du chômagesemble pas y avoir d’échappatoire sauf à attendre le fascisme. Un fascisme dont s’accomode parfaitement le Capitalisme comme l’expérience chilienne nous l’a montré et comme l’expliquent la plupart des historiens et économistes hétérodoxes. Une conclusion qui fait refléchir pour un album sorti un an avant le funeste scrutin que nous venons de vivre et qui interroge sur une méfiance peut-être pas si franchouillarde de la population française envers une Union européenne que nombre de citoyens ont sans doute perçus comme loin de l’idéal présenté.

Il y a des ouvrages qui éclairent et des ouvrages qui bouleversent la perception du monde et de l’Histoire. Le Choix du chômage est de ces derniers tant vous ne pourrez plus regarder les politiques, les élections et l’Union Européenne avec le même regard. Un regard que ce magnifique album peut réveiller d’une longue torpeur pour nombre d’entre nous.

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Angel wings #7 : Mig madness

BD de Yann et Romain Hugault
Paquet (2022), 2 cycle de 3 volume (46 planches/album) paru. Une intégrale par cycle et les albums grand format disponibles. Troisième cycle en cours, 1/2 parus.

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bsic journalismMerci aux éditions Paquet pour leur confiance.

La Guerre du Pacifique a laissé la place à la Guerre Froide et plus que jamais le rôle de l’aviation permet de s’immiscer derrières les lignes ennemies sans risque de conflit généralisé. En pleine guerre de Corée Rob se retrouve ainsi envoyé récolter des éléments compromettants écrasés en territoire ennemi…

Décidés à prolonger les aventures de leur héroïnes Angela qui cartonnent à chaque album Yann et Hugault sentent manifestement que la recette commence à s’essouffler puisque ce troisième cycle est annoncé en https://www.ligneclaire.info/wp-content/uploads/2022/03/Angel-Wings-1.jpgseulement deux tomes, ce qui sera bien suffisant étant donnée la finesse de l’intrigue. On commence à en avoir l’habitude depuis la début de la série, Angela n’est finalement qu’un prétexte à des histoires typiques des périodes de guerre (ici la récupération d’un prisonnier). Je reste très dubitatif sur l’absence de rôle majeur de l’héroïne qui continue à courir, éplorée, derrière les mésaventures de son chéri, au risque d’oublier tout le versant féministe que l’on avait vu sur les précédents cycles. C’est bien simple, Angela apparaît sur sept pauvres pages, en larmes sur la moitié, dans un ration avions/héroïnes assez catastrophique.

Ne boudons pas notre plaisir, les albums Hugault sont avant tout là pour leurs sublimes séquences aériennes (… pas que, les décors sont remarquables de précision également), mais un tout petit effort scénaristique aurait permis de rendre honneur au personnage éponyme en forçant un poil la vraisemblance historique. Après tout dans un histoire on fait un peu ce qu’on veut! Avec une conclusion qui aurait même pu s’achever en one-shot, il est temps que cette recette se conclue, quel que soit le (grand) plaisir que l’on a à la suivre.

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****·Comics·Documentaire

Get up america #1/2

Le Docu BD

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BD de John Lewis, Andrew Aydin et Nate Powell
Rue de sèvres (2022), 1/2 volumes parus

bsic journalismMerci aux éditions Rue de Sèvres pour leur confiance.

image-14Meilleure biographie 2022 Eisner awards.

Suite directe de la trilogie Wake up America (March en VO) dont vous trouverez sur le blog les chroniques des trois tomes, ce diptyque a été achevé juste avant le décès de John Lewis en 2020. Comme pour la première série, l’éditeur a modifié le titre Run en Get up America. Chose notable, s’il est plus court, ce premier tome comprend un important cahier documentaire final comportant une impressionnante bibliographie, des sources audiovisuelles et de discours témoignant du monumental travail de documentation et des explications sur le travail d’adaptation des mémoires de Lewis dans le média BD. Cet enrichissement augmente fortement la plus value de ce documentaire dont la première trilogie était déjà un monument d’Histoire.

Get up America 1 (par Nate Powell, Andrew Aydin et John Lewis) Tome 1 de laAprès l’adoption du Voting right act de 1965 (qui est actuellement fortement remis en cause par les Etats du Sud depuis la présidence de Donald Trump) la société ségrégationniste ne baissa pas les armes et s’échina à démontrer qu’il y avait un monde entre le Droit et la pratique du Droit, abusant de l’autonomie constitutionnelle des Etats américains qui se lavent les mains des lois fédérales lorsqu’elles les dérangent trop. Le Nord, embarqué dans l’intervention au Vietnam ne souhaite pas s’impliquer trop avant pour la défense de populations qu’il considère au fond comme étrangère. Face aux exactions du KKK l’harmonie idéologique non-violente qui a prévalue dans le sillage de Martin Luther King se fissure rapidement et voit apparaître un courant séparatiste proclamant le Pouvoir Noir qui s’incarne dans un parti politique radical que l’on nommera bientôt Black Panther party

Cette suite directe a eu un développement artistique un peu compliqué puisque comme je l’annonçais dans le précédent billet c’était la dessinatrice Afua Richardson qui devait produire les planches avant de passer la main à un autre dessinateur… qui jeta également l’éponge. Au final c’est exactement la même équipe qui rempile avec donc Nate Powell aux pinceaux et une harmonie graphique conservée. Lorsque l’album s’ouvre rien ne semble avoir changé, montrant que l’objectif des auteurs n’est pas de créer un récit mais bien de rendre compte d’évènements précis. Cela crée une complexité documentaire déjà vue dans le précédent triptyque lorsque s’entament des débats politiques entre les tenants de différentes lignes de conduite. Dans tout mouvement de lutte il y a des désaccords et celui des droits civiques n’échappa pas à cela avec l’apparition marquante – et traumatisante pour Lewis – des Black Panther qui assumèrent la séparation entre deux peuples américains, le refus de se soumettre à une domination blanche, l’affirmation d’une fierté noire (principe que l’on retrouve aujourd’hui dans la lutte pour les droits des minorités sexuelles) et surtout, le basculement d’un combat éminemment chrétien parti des églises à une lutte des classes où les noirs sont considérés comme l’incarnation du prolétaire. La conscription pour le Vietnam fut un élément déclencheur qui marginalisa les tenants de la non-violence et décida d’entamer la lutte politique séparément du grand Parti Démocrate.Amazon.fr - Run - Aydin, Andrew, Lewis, John, Fury, L., Powell, Nate -  Livres

Il est toujours aussi passionnant de se replonger dans cette histoire pas si lointaine d’une nation Etats-unienne qui dans ces deux décennies sortit d’un conservatisme réactionnaire pour s’ouvrir à un idéal de melting-pot. Comme la présence de vétérans de guerres (39-45 ou Algérie chez nous) permet de réaliser la réalité choquante ce qu’on nous relate, celle de John Lewis (dont il s’agit, rappelons-le, des mémoires) nous rappelle à chaque page que tout ce qu’on nous montre s’est bien passé, même si on a du mal à le croire. A la lecture de cette dense BD on doute toujours d’avoir vu passer huit ans durant un noir dans le Bureau ovale cinquante ans seulement après ces évènements tant ce pays vient de (très) loin. Avec cet héritage, après Trump on se demande comment cette Nation fait pour tenir ensemble. En attendant on attend avec impatience la conclusion de cette série sur l’émergence du mouvement politique noir.

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Le Bossu de Montfaucon

Premier tome de 56 pages de la série écrite par Philippe Pelaez et dessinée par Eric Stalner. Parution le 23/02/22 aux éditions Grand Angle.

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Merci aux éditions Grand Angle pour leur confiance!

Ça bosse dur

Fin du XVe siècle, le royaume de France est en proie au déchirement et aux querelles de pouvoir. Suite au trépas de Louis XI, c’est son fils, Charles VIII, qui hérite de la couronne. Mais son jeune âge l’empêche de régner, aussi, c’est à sa sœur Anne de Baujeu, que l’on confie la régence du royaume, jusqu’à la majorité du nouveau roi. Tout comme son père, Anne de Baujeu est retorse, perfide, et adepte des manoeuvres les plus fourbes. Sa régence n’augure donc rien de bon pour la France.

Toutefois, Louis II d’Orléans, prince de sang et second prétendant au trône après Charles, n’entend pas rester sur la touche. Exilé, il se réfugie en Bretagne, d’où il prépare son plan ambitieux pour monter enfin sur le trône. Ce que Louis ignore encore, c’est que ses rêves de conquête du trône en toute légitimité vont être broyés, tués dans l’oeuf par sa rivale Anne. En effet, Louis d’Orléans reçoit la visite impromptue d’un homme, Pierre d’Armagnac, dit le Bâtard, qui dit avoir connaissance d’un document prouvant que Louis ne peut légitimement prétendre au trône.

Quand t’as pas d’amis, prends un mâchicoulis.

Fait notable, Pierre est accompagné par un bossu, dont la difformité dissimule un cœur d’or, et que l’on a déjà vu arpenter les anfractuosités de Notre-Dame-de-Paris, un certain…Quasimodo.

Pierre et Quasimodo vont donc se lancer à la recherche du fameux document, mais vont devoir pour cela devancer Axel Lochlain, redoutable assassin à la solde des Beaujeu. Quelles sont les motivations réelles du Bâtard ? Et l’ambitieux Louis d’Orléans vaut-il la peine pour nos héros de risquer ainsi leurs vies ?

Big Bosse

Après le très bon Pinard de Guerre, nous retrouvons Philippe Pelaez aux commandes d’un récit de cape et d’épées sur fond historique, qui s’amuse à reprendre la fin de Notre Dame de Paris de Victor Hugo. Si le roman unit tragiquement Quasimodo et Esméralda dans la mort, ici, Pierre retrouve le bossu endeuillé juste avant qu’il n’expire aux côtés de sa bien-aimée, et le recueille ainsi pour tirer avantage de sa force prodigieuse.

La suite n’a cependant pas grand chose de romanesque puisque l’intrigue reprend les événements historiques de la Guerre folle. Le travail de documentation est donc palpable et profite même de l’excellente écriture de Philippe Pelaez, qui livre une fois de plus une prose maîtrisée. S’il faut du temps pour appréhender les nombreux personnages et leurs rôles respectifs, on apprécie toutefois rapidement les méandres de l’intrigue politique qui n’a rien à envier à GOT. Comme quoi, la réalité a souvent ce qu’il faut pour dépasser la fiction, surtout si l’on y ajoute de la fiction !

Pour le moment, il est difficile de juger de l’impact de l’emprunt à Victor Hugo, pour une série qui aurait très bien pu se contenter de coller à la vérité historique. Mais gageons que la plus-value de Quasimodo se fera sentir dès le second tome.

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Marie-Antoinette, destin d’une reine de France

Le Docu BD

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Manga de Mayuho Hasegawa et Yuho Ueji
Kurokawa (2021), 165p., one-shot

Vous trouverez un rappel de la formule éditoriale sur le précédent album dédié à Cléopâtre.

bsic journalismMerci aux éditions Kurokawa pour leur confiance!

Marie-Antoinette, destin d'une reine de France, manga chez Kurokawa de  Hasegawa, KomagataAlternant chaque semaine un album Kurosavoir me revoilà sur un volume de la nouvelle formule dédiée aux grandes figures de l’histoire et le plaisir de constater son efficacité. En voyant le sujet dédié à Marie-Antoinette et la passion un peu désuète des japonais pour la Révolution française et les perruques je craignais de trouver un traitement à côté de la plaque d’un sujet parfaitement dramatique, la Révolution et la chute de la royauté. Et comme pour la reine égyptienne la garantie apportée par un historien change totalement la donne en parvenant une nouvelle fois à intéresser sur le plan manga et sur le traitement historique.

On navigue tout le long sur le fil d’une défense de la jeune noble fille d’empire sans tomber dans un contre-sens historique. On nous présente ainsi simplement le contexte familial très dur de la famille impériale d’Autriche et de la mère qui envisageait ses enfants comme de simples matrices destinées à donner des héritiers pour souder les alliances entre Nations. Envoyée à quatorze ans a mille cinq cent kilomètres de la famille qu’elle n’avait jamais quitté, elle se trouve alors confrontée à la rudesse de l’étiquette hyper-développée de la Cour de Versailles. Soumise à toutes les manigances de cour, la jeune femme se réfugia dans les loisirs futiles à mille lieues des problématiques du bon Marie-Antoinette, destin d'une reine de France - BDfugue.compeuple…

Abordant autant les problématiques économiques que les difficultés d’intégration de cette pauvre fille et ne passant pas sous silence la dureté des évènements de la période révolutionnaire (qu’on passe rapidement pour dispenser les jeunes lecteurs de séquences violentes), le manga est passionnant en joignant l’utile et l’agréable. Ce qui étonne tout le long dans cette collection c’est la capacité à traiter très sérieusement le fond avec un habillage léger de manga shojo. L’aspect psychologique de la situation de Marie-Antoinette la rend touchante même si l’on n’oublie pas le décalage criminel de cette noblesse coupée des réalités et se vautrant dans le luxe devant la misère du peuple.

Encore un coup au but sous ce format et l’on attend avec impatience le prochain!

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Cléopâtre, destinée d’une reine d’Egypte

Le Docu BD

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Manga de Hiroshi Sakamoto, Utako Yikihiro et Chie Sasahara
Kurokawa (2021), 196p., one-shot

L’ouvrage issu de l’éditeur Kadokawa comporte une couverture à rabat (pas de jaquette) et s’ouvre sur seize pages couleur, dont des photos de représentations de Cléopâtre sur des sculptures, peintures ou bas-reliefs, avant l’entame propre du manga. Il se termine par un cahier documentaire de dix-neuf pages avec des focus sur personnages, lieux, évènements en mode magazine jeunesse et des références documentaires ainsi que des notes aux parents, démontrant la démarche très pédagogique). Une édition tout à fait remarquable qui mérite un Calvin!

bsic journalismMerci aux éditions Kurokawa pour leur confiance!

J’avais entamé ma découverte de la collection Kurosavoir avec le manga sur Malthus, où je rappelais les différentes collections de BD et manga documentaires. Les parutions s’accélèrent ces derniers mois puisqu’après une assez longue pause, Kurokawa a publié pas moins de trois volumes (sur Cléopâtre, sur Marie-Antoinette et sur le traité Emile ou De l’éducation de Rousseau), alors que Soleil manga revient également avec trois volumes sur Homère, Dante et James Joyce dans leur collection Classiques. Vous allez donc voir régulièrement passer des ces manga documentaires sur le blog, à mon grand plaisir puisque je m’efforce depuis longtemps de faire vivre la rubrique BD documentaire!

Cléopâtre : Destinée d'une Reine d'Égypte - (Utako Yukihiro / Hiroshi  Sakamoto) - Documentaire-Encyclopédie [BDNET.COM]Et Cléopâtre donc? L’imaginaire collectif est verrouillé sur le film de Mankiewicz et (dans une moindre mesure) sur Asterix, aussi il était temps de revenir à la source historique, sous la forme d’un récit proche du Shojo où l’on suit la jeune fille puis femme tenter de concilier son devoir de reine avec son amour (intéressé?) pour Jules César puis son successeur Marc-Antoine. Contrairement aux deux dernières parutions de la collection sur Descartes et Malthus, nous n’avons pas ici une création de la Team Banmikas, spécialisée dans l’adaptation pédagogique des grandes œuvres en manga. Leur travail est remarquable, mais graphiquement pas fou et souvent un peu austère. La grosse qualité de cette nouvelle sous-collection (les grandes figures de l’histoire) est qu’elle propose un vrai manga avec une trame scénaristique destinée à illustrer des faits historiques. On est donc moins illustratif et le message passe bien mieux notamment chez les plus jeunes qui pourront s’accaparer le personnage de Cléopâtre comme tout autre création dramatique de manga. La base historique n’en est pas moins solide puisque appuyées sur un historien et le travail d’insertion de faits historiques dans la trame est particulièrement fluide.

Cléopâtre, destinée d'une reine d'Egypte - BDfugue.comAvec des dessins classiques mais très qualitatifs, le manga étonne par sa capacité à aborder des thèmes complexes tels que la guerre civile des deux triumvirats romains précédent l’Empire et les impératifs politiques qui faisaient de l’amour une variable très optionnelle dans les mariages antiques. Tout en s’adressant à un public jeune les auteurs abordent les mariages politiques et la jeunesse des époux, tout comme ils rappellent dès l’introduction l’origine de cette dynastie très particulière qui faisait de Cléopâtre plus une grecque qu’une nubienne (dynastie issue des généraux d’Alexandre le Grand qui avait conquis l’Egypte en même temps que la moitié du monde connu…). La dureté des relations familiales avec son père exilé, sa sœur n’hésitant pas à assassiner pour s’approprier le pouvoir et l’envie de protéger le royaume de la tutelle grandissante de Rome (encore République en expansion mais pas encore empire dominateur de toute la Méditerranée) sont aussi clairement abordés, faisant de l’ouvrage un vrai thriller (pour jeunes) aux vertus pédagogiques évidentes.

Réussissant sans simplification abusive à traiter d’une histoire compliquée abordant de nombreuses notions, appuyé sur beaucoup de documentations et très lisible, Cléopâtre réussit formidablement son pari de rester une lecture jeunesse ouvrant l’esprit à une figure complexe de l’Histoire. Un nouveau succès pour la collection, qui doit figurer dans tous les CDI de France!

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