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TMNT #11: Leatherhead

Onzième volume de 128 pages de la série de Kevin Eastman, Bobby Curnow et Tom Waltz (scénario) et Mateus Santolouco et Dave Watcher (dessin). Parution le 21/08/20 aux éditions HiComics.

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Merci aux éditions HIcomics pour leur confiance.

Crocodile Dandy

Après un dixième tome réussi, voici la suite des rocambolesques aventures des célèbres Tortues Ninja. Alors que Maître Splinter continue sa régence du Clan Foot, Leo, Raph, Donnie et Mike retournent sur l’île où git le Technodrome, gigantesque engin de guerre du Général Krang, laissé après la défaite des Utroms.

Les quatre frères, convoqués sur l’île par leur ami Fugitoïde, vont devoir prendre toutes les précautions car l’île a été terraformée pour n’être habitable que par des Utroms. Sur place, ils vont entreprendre de libérer des Utroms pacifiques, et rencontreront un nouvel allié de circonstance: Leatherhead, un saurien mutant gardien de l’île.

Guerre des clans

Tandis que les Tortues s’échinent à régler la question Utrom, Splinter doit faire face aux machinations ourdies par l’immortelle Kitsune. La Clan Hamato sera-t-il à la hauteur sur les deux fronts ?

Encore une fois, les auteurs s’amusent à nous embarquer dans l’univers fou et décalé des Tortues Ninja, sorte de grand fourre-tout dans lequel des ninjas peuvent côtoyer des extra-terrestres et des pigeons mutants sans que cela ne nuise à la cohérence de l’ensemble. Dans ce tome 11, l’introduction de Leatherhead reprend le caractère ambigu du personnage initial, tantôt ami, tantôt ennemi.

Kevin Eastman et consorts reprennent donc efficacement le lore des TMNT pour refondre une série moderne et bien rythmée, dont les enjeux nous donnent envie de découvrir la suite !

***·Comics·Jeunesse·Nouveau !·Service Presse

Misfit City #2

Second tome de 112 pages de la série écrite par Kirsten « Kiwi » Smith et dessinée par Naomi Franquiz, parue outre-Atlantique chez BOOM! Studios. Parution en France chez Kinaye le 28/08/2020. Série terminée en deux volumes.

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Merci aux éditions Kinaye pour leur confiance.

Chasse au(x) trésor(s)

Nous parlions il y a peu du premier tome de Misfit City, série rafraîchissante, pastichant le film culte Les Goonies pour livrer un récit d’aventure moderne déjanté.

Wilder, Mace, Dot, Ed et Karma poursuivent leur quête du trésor laissé par Black Mary, pirate redoutée ayant fait l’histoire de la petite bourgade de Cannon Cove. Ce coin perdu, auquel Wilder souhaite échapper, n’est connu que pour être le lieu de tournage du film Les Gloomies et ne recèle pour nos cinq adolescentes qu’ennui et langueur. Si bien que lorsqu’elles mettent la main sur une mystérieuse carte au trésor, elles se jettent à corps perdu dans cette salvatrice distraction, qui, avec un peu de chance, pourrait leur permettre de quitter le marasme de la ville.

Le tome 1 se terminait par la révélation que les rumeurs entourant la mort du Capitaine Denby étaient, comme qui dirait, grandement exagérées. Ce dernier se terrait depuis un certain temps dans les galeries creusées il y a des siècles par Black Mary et son équipage, prêt à s’accaparer le trésor. Mais les choses ne vont pas s’arranger pour notre aréopage hétéroclite car leurs poursuivants ne comptent pas non plus renoncer au trésor.

Pirates et autres Flibustiers

La recette employée par Kiwi Smith continue de fonctionner dans ce second tome. Les péripéties de nos héros s’enchaînent avec encore moins de temps morts, tandis que le danger, qui jusque là peinait à être pris au sérieux, gagne en intensité.

Grâce à un savant mélange d’astuce et de chance, les héroïnes se rapprochent de la vérité, et donc du trésor, si tant est qu’elles mesurent bien les risques et le prix d’une telle récompense. Les dialogues sont toujours drôles et plein d’esprit, l’éditeur ayant même ressenti la nécessité d’expliciter certaines notions au travers de notes de traduction. Il est fort possible que cela soit du au caractère tout public de la série, qui fait que certains jeunes lecteurs pourraient passer à coté de certaines subtilités.

Comme dans toute histoire d’adolescents, nous avons droit à une sous-intrigue soap grâce aux amours naissantes de Wilder et Todd, et aux conflit de loyauté de cela provoque pour Wilder.

La partie graphique assurée par Naomi Franquiz demeure dans la même veine que le premier volume, bien qu’on puisse estimer qu’elle est ici un poil en dessous.

Pour les amateurs de chasse au trésors et à ceux qui ont apprécié le premier tome !

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Avengers 1: La dernière armée

Premier tome de 160 pages de la nouvelle série Fresh Start Avengers, scénarisée par Jason Aaron et dessinée par Ed McGuiness. Parution le 17/06/2020 chez Panini Comics.

Unis malgré tout

Après des années de combats et de sacrifices, l’heure n’est toujours pas au repos pour les plus puissants héros de la Terre. En effet, une nouvelle menace se profile, face à laquelle les forces conjuguées de Captain America, d’Iron Man et de Thor risquent de ne pas suffire. Le glorieux trio va donc devoir reformer une nouvelle escouade, et vont faire appel à quelques poids lourds ayant fait les grandes heures de l’équipe, telles que Captain Marvel et Miss Hulk, des vétérans et experts dans leurs domaines comme Black Panther et Docteur Strange, et un jeune talent en la personne du nouveau Ghost Rider.

Le groupe a peine formé sera confronté à l’arrivée d’une nouvelle armée de Célestes, géants extra-terrestres quasi-divins, ayant engendré la vie aux quatre coins de l’univers et rasant occasionnellement les mondes qu’ils ont ensemencés pour des raisons qu’eux seuls peuvent appréhender. Les Avengers risquent de ne pas être de taille face à cette titanesque menace !

Jason Aaron, remarqué pour son run sur The Mighty Thor, qui déjà a l’époque avait redéfini le dieu du Tonnerre, nous embarque dans une nouvelle bataille cosmique contre des adversaires à la puissance incommensurable. L’introduction est simple, et sans ambages: Captain, Thor et Iron Man, ont chacun besoin d’un nouveau départ, chacun besoin de prouver à eux-mêmes qu’ils peuvent encore mener le bon combat tout en formant une nouvelle génération prête à leur succéder. Thor revient d’un long calvaire durant lequel il a du se réinventer et faire face à ses échecs, Iron Man se remet à peine de sa période Superior et des séquelles de Civil War 2, tandis que Captain a vu sa nature même dévoyée par Crane Rouge, qui a fait de lui un agent d’Hydra convaincu et dangereux qui a conquis rien de moins que l’Amérique. Tous trois s’appuient donc fortement sur la famille Avengers, en cette période particulière où les trois piliers ont montré les limites causées par leurs fêlures.

Cette fois-ci, le roster de l’équipe est un peu plus sage que ce qui avait pu se faire auparavant, avec des personnages connus des fans, et un seul véritable nouveau. Les dynamiques interpersonnelles sont donc assez facilement anticipables, avec néanmoins quelques petites surprises osées par l’auteur (franchement, qui aurait vu ces deux-là ensemble ?).

Le choix des Célestes comme antagonistes n’est pas anodin, étant donné qu’ils sont considérés comme les créateurs de la vie dans le marvelverse. En revanche, on peut déplorer le manque de continuité avec leur dernière grande apparition, dans le premier volume de la série Uncanny Avengers, où ils jouaient un rôle essentiel, et étaient destinés à revenir en force suite aux événements de la série.

Avengers (The) (2018) -1- The Final Host

Ici, Aaron ignore méticuleusement tout ce qui avait été révélé par Remender sur UA, et n’en mentionne aucun des éléments importants. Pour un lecteur assidus des Avengers, il y a donc là de quoi semer la confusion, mais rien de rédhibitoire pour un nouveau lecteur qui voudrait profiter du Fresh Start. En revanche, on retrouve bien dans ce premier tome la volonté farouche de l’auteur de déconstruire la figure du divin en la ramenant à des réalités et des mécanismes très prosaïques.

Le réel plus de la série est le saut temporel qu’elle nous offre, en nous rendant témoins des exploits des premiers vengeurs, héros préhistoriques et antédiluviens ayant déjà repoussé la menace céleste. Le casting est pour ainsi dire parfait, en ce sens qu’il est cohérent avec les lignées de héros décrites dans l’univers Marvel. On trouve de façon assez ironique Odin, le premier Black Panther, la première Iron Fist, le premier sorcier suprême Aggamoto, le Starbrand et le Ghost Rider et le Phoenix de cette époque.

Reconnaissons-le, le final de cet arc ne manque pas de panache, et l’on peut même risquer le petit jeu de mot en révélant que c’est du lourd. La partie graphique est assurée par un Ed McGuiness qui aime toujours autant injecter des stéroïdes à ses personnages, mais le tout reste cohérent et correct.

Ce premier tome du Fresh Start revient aux fondamentaux des Avengers, idéal si vous prenez (ou reprenez) le train en marche !

***·Comics

Heroes in crisis

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Récit de 224 pages, réunissant les 9 numéros de la série DC Comics Heroes in Crisis, écrite par Tom King et dessinée par Travis Moore, Clay Mann, Lee Weeks, Mitch Gerads et Jorge Fornés. Parution chez Urban Comics le 15/11/2019.

Thérapie de groupe

Dans l’univers DC Comics, les héros costumés font office de parangon de vertu, remparts inébranlables contre l’adversité, défendant le commun des mortels face à un monde dangereux. Mais comment réagiraient les honnêtes gens en découvrant que leurs héros, leurs protecteurs, ploient parfois sous le poids des épreuves et des sacrifices ? Auraient-ils toujours confiance en leurs héros ?

C’est sur ces interrogations que Tom King a construit sa série limitée Heroes in Crisis. Dès le premier numéro, on apprend que les super-héros, à l’initiative de Superman, Batman et Wonder Woman, bénéficient du Sanctuaire, un endroit secret et anonyme où ils peuvent récupérer des blessures physiques et psychologiques subies pendant leurs missions.

Un jour cependant, les choses tournent mal et un massacre est perpétré. De nombreux héros trouvent la mort, alors que deux suspects improbables se dégagent: Booster Gold, héros vantard et inconséquent venu du futur, et Harley Quinn, partenaire pas-si-psychotique du Joker.

L’inconvénient ici, c’est que chacun d’entre eux est persuadé que c’est l’autre le coupable. Mieux encore, ils ont chacun été témoin du massacre commis par le second. Qui a raison: le second couteau dont les trafics temporels ont déjà failli découdre le tissu du réel, ou bien la tendre moitié du pire criminel ayant jamais existé ?

Heroes Dead And Gone

Difficile d’être crédible si l’on qualifie Tom King de manchot. Le monsieur a tout de même dans sa bibliographie des œuvres récompensées telles que la série Miracle Man, The Vision, et a également laissé sa patte sur le Chevalier Noir en personne, après le relaunch de Rebirth.

Heroes in Crisis (2018-2019) No.4 - Comics de comiXology: WebL’auteur semble trouver le sel de son travail dans des ambiances intimistes, laissant la part belle à la psyché parfois torturée des personnages. King semble avoir un don pour se glisser dans la peau de héros même secondaires, afin de faire ressortir leurs fragilités, leurs doutes, leurs peurs.

La série est en effet émaillée de courtes scènes représentant les séances de thérapie de ces héros hésitants, blessés et insécures, loin de l’image imperturbable qu’ils donnent à voir au grand public. Le reste de l’intrigue se consacre à la course contre la montre afin de déterminer le coupable, dans la tradition assez classique du whodunit. Le traitement non-linéaire peut donner un aspect décousu à l’ensemble, surtout si l’on prend en compte les différents shenanigans qui nous expliquent le fin mot de l’histoire, et qui, disons-le, n’ont pas fait grand sens à mes yeux en première lecture.

Hormis cette résolution d’intrigue alambiquée (à cause d’un élément qui relève nécessairement du spoiler), Tom King nous offre une plongée dans l’esprit torturé des héros, une façon élégante de remettre en cause à son tour la figure super-héroïque.

***·Comics·Nouveau !·Numérique

Punk Mambo

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Premier tome de 112 pages d’une série comprenant les cinq premiers épisodes de la série Punk Mambo, écrite par Cullen Bunn et Peter Milligan, dessinée par Robert Gill et Adam Gorham. Parution le 03/07/2020 chez Bliss Comics.

Punk is not dead (yet)

badge numeriqueAprès quelques années d’errance suite à une fugue, la jeune Victoria est tombée sous la coupe d’une troupe de punks, dont le leader n’était autre qu’un redoutable houngan, doublé d’un pervers, qui lui a fait subir de nombreux sévices auxquels elle a finalement échappé. Ce calvaire a éveillé les dons de Victoria pour la magie vaudou, si bien qu’elle s’est émancipée et est devenue une redoutable mambo, le pendant féminin du houngan en vaudou.

Depuis, Victoria se fait appeler la Punk Mambo et joue les redresseuses de tort en utilisant ses pouvoirs et son lien avec son Loa, sorte de puissant génie vaudou. Lorsque son génie lui est arraché par une entité maléfique, Punk Mambo découvre que quelqu’un kidnappe les loas dans un but malveillant, et se lance dans une quête pour les libérer, sous l’impulsion des dieux vaudous qui lui octroient un allié de circonstance, Josef.

Papa loves Mambo

Cullen Bunn nous offre avec cette série Valiant une protagoniste trash pétrie directement dans les poncifs du mouvement punk. Mambo a du caractère, de la répartie, et ne s’en laisse pas conter, que ce soit par des cannibales du bayou ni par des dieux vaudous. Le coté destroy n’est cependant pas poussé à l’extrême, et la protagoniste à la crête conserve tout de même les traits héroïques nécessaires à l’avancement de l’intrigue, qui demeure efficace et sans ambages.

On plonge donc avec plaisir dans les méandres fumeux de la magie vaudou, au cours des cinq épisodes que compte cet arc. L’album se conclue par un numéro 0 faisant office d’origin story, nous éclairant sur le passé de l’héroïne apparue dans la série Shadowman.

La partie graphique est agréable pour l’œil, mais comporte des inconsistances, certains plans larges manquant de soin alors que d’autres cases bénéficient d’un traitement plus minutieux.

**·Comics·Nouveau !·Service Presse

Rick et Morty: Pocket Mortys, soumettez-les tous !

esat-westHuitième tome de la série inspirée de la série animée créée par Dan Harmon et Justin Roiland. Scénario de Tini Howard et dessin de Marc Ellerby, parution en France le 27/05/20 aux éditions Hicomics.

bsic journalismMerci aux éditions Hicomics pour leur confiance.

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Un Morty peut (doit?) en cacher un autre

Morty Smith pourrait être un adolescent comme un autre, si son grand-père Rick Sanchez ne le trainait pas derrière-lui dans des missions périlleuses aux confins de l’espace, et parfois même, dans d’autres dimensions.

Rick est un génie, un savant fou qui a tout vu, tout vécu, et dont le cynisme n’a d’égal que sa propension à absorber du gin en quantités industrielles. Avec Morty, il s’embarque dans des aventures psychédéliques et bigarrées, qui convoquent adroitement tous les lieux communs de la SF, au travers de quatre saisons d’une série animée plébiscitée par le public.

Ce succès a engendré des déclinaisons en jeux vidéos, en comics, et dans le cas présent, en comics adaptés du jeu vidéo ! Le jeu, Pocket Mortys, parodie le célèbre Pokémon® et exploite le concept du multivers qui fait tout le sel de la série animée: remplacez les dresseurs par des Rick interdimensionnels sadiques et les petites bêtes par des Morty apeurés et vous obtenez Pocket Mortys !

Rick-upérez-les tous !

Notre protagoniste pour ce tome est un Morty venant d’un univers non-identifié, qui découvre avec effroi que des Rick traquent et collectionnent des Mortys, pour les faire s’affronter dans des combats à mort.

Comme dans la série originale, Morty s’efforcera d’être la boussole morale de son grand-père (interdimensionnel) mégalomane en lui faisant comprendre la portée de ses actes, et en lui rappelant qui sont les ennemis de toujours: le Conseil des Rick, un groupe réunissant les plus puissants Rick venus de toutes les dimensions.

L’histoire en elle-même pourrait être intéressante, mais il faut avouer que ce tome est en deçà du reste de la série papier, certainement par le côté forcé de l’intrigue. En effet, on sent ici que la scénariste Tini Howard accomplit ici un travail de commande, dans lequel elle ne semble pas s’épanouir pleinement.

Le tout conserve donc un gout d’inachevé, bien que des thèmes chers à la série et quelques références soient abordés. Les scènes et les péripéties s’enchainent sans trop de fluidité, délaissant l’amertume en demi-teinte propre à l’écriture de Harmon. Néanmoins, il est plaisant de croiser certains personnages déjà aperçus dans la série, ce qui donne un sentiment de continuité assez bienvenu.

Sur le plan graphique, la cohésion entre ce tome et les précédents est assurée par Marc Ellerby, qui réussit très bien à adapter son trait aux graphismes de la série signée Adult Swim.

Pocket Mortys tente de capitaliser à la fois sur le succès de la série et sur le jeu vidéo Rick et Morty, mais peine à se hisser au niveau de son modèle. Malgré tout, un bon divertissement pour patienter entre deux saisons du show !

***·Comics·Nouveau !·Service Presse

TMNT #10: L’ordre du chaos

esat-westDixième tome de 128 pages de la série Teenage Mutant Ninja Turtles, avec Tom Waltz au scénario, Kévin Eastman et Bobby Curnow au dessin. La collection TMNT chez HiComics comprend le relaunch de la série principale, débutant au tome 0 et se poursuivant jusqu’au tome 10, ainsi qu’un hors-série intitulé L’Histoire Secrète du Clan Foot. On trouve également des crossovers comme Power Rangers & Tortues Ninja, et une autre série de deux tomes intitulée TMNT Classics. Parution de ce dixième tome en France le 17/06/2020 chez HiComics.bsic journalismMerci aux éditions Hicomics pour leur confiance.

Le Pouvoir aux Tortues !

Teenage Mutant Ninja Turtles Tome 14: Order From Chaos - Comics de ...Après moult batailles épiques qui ont décidé du sort de New York, les événements ont pris une surprenante tournure pour les tortues du clan Hamato. En effet, après un combat à mort ritualisé, Maître Splinter, alias Hamato Yoshi, a finalement vaincu sa nemesis, l’impitoyable Oroku Saki, alias Shredder. Cette victoire l’a hissé à la tête du Clan Foot, ce qui met à sa disposition toutes les ressources du plus puissant clan de ninja du monde.

Cela fait aussi peser d’énormes responsabilités sur les frêles épaules du rat combattant, qui souhaite détourner le Clan d’assassins vers de plus nobles actions. Il sera en cela aidé par ses fils, Leonardo, Raphaël, et Donatello. Michelangelo, lui, a préféré l’exil, incapable de se compromettre en prenant la tête du Clan qui voulait leur nuire il n’y a pas si longtemps encore.

Mike erre donc dans les rues de New York en quête de justice, alors que ses frères œuvrent pour restaurer le Clan Foot. April O’Neil et Casey Jones, quant à eux, doivent composer avec ce qui les oppose, ce qui met leur couple à mal.

Le Pouvoir corrompt

De l'Ordre et du Chaos - (Michael Dialynas / Ken Garing / Kevin ...La série TMNT version HiComics poursuit son cours en prenant des directions nouvelles et surprenantes. Il est toutefois amusant de noter que la série TMNT originelle avait presque démarré comme une blague, un pastiche des comics sombres qui prospéraient dans les eighties. Kevin Eastman et Peter Laird avaient donc repris des items développés par le célèbre Frank Miller, notamment dans son run de Dardevil: Ainsi, le Clan Foot (Le Pied) n’est autre qu’un reflet à peine déformé de The Hand (La Main), le clan qui harcèle l’Homme Sans Peur. Tout le reste emprunte à l’attrait quasi fétichiste de Miller pour la culture nipponne, avec un soupçon de délire ça-et-là.

Or, il se trouve que bien des années plus tard, Daredevil lui-même s’est vu confier la tête de La Main après un affrontement contre le Caïd, et lui aussi y avait vu une occasion d’utiliser ces nouvelles ressources pour optimiser son combat contre le crime. Cette apparente ascension a signé le début de sa chute, il serait donc intéressant d’imaginer que la série puisse prendre un chemin similaire…

Toujours est-il que l’univers TMNT conserve encore aujourd’hui son originalité, grâce à une galerie de personnages variée et des intrigues secondaires intéressantes. Ce tome 10 sonne comme un nouveau départ, voyons ce que nous réserve la suite !

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Black Hand & Iron Head #1

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Premier tome de 168 pages en format à l’italienne, écrites et dessinées par David Lopez, parution le 25 octobre 2019 aux éditions Urban Comics.

Sister Act(ion)

Alexia est une impétueuse jeune femme sur laquelle beaucoup d’espoirs sont placés. En effet, son père, le célèbre Iron-Head, est parvenu à mettre fin aux incessantes guerres entre super-héros et super-vilains grâce à sa Fondation, et canalise désormais les pulsions violentes de ces êtres surhumains par le biais de combats en cage retranscrits à la télévision, à mi-chemin entre les personnalités extravagantes du catch et la brutalité du MMA.

Le rôle d’Alexia dans tout ceci est très simple: reprendre le flambeau de son père à la tête de la Fondation, afin de maintenir la paix tout en entretenant le mythe d’un âge d’or des super-héros. Cependant, la jeune femme rêve d’autre chose, elle brûle de se jeter dans le feu de l’action pour réparer les injustices qui demeurent partout autour d’elle. Mais son père ne l’entend pas de cette oreille. Vieillissant, il compte bien prendre sa retraite après avoir confié les rênes à sa fille unique.

Après son décès soudain, Alexia, souhaitant respecter les dernières volontés de son père, va se retrouver propulsée à la tête de la Fondation. Mais elle découvrira durant les obsèques que son paternel cachait bien des secrets !

Je suis ta sœur !

Alors que les obsèques suivent leur cours, une jeune femme vindicative fait irruption dans la salle, clamant qu’elle est la fille illégitime…d’Iron Head ! Plus choquant encore, la jeune femme clame également être la fille de Black Hand, l’ennemie jurée d’Iron Head !

Ces révélations, corroborées par l’entourage d’Alexia, vont jeter une ombre sur cette figure paternelle bienveillante. Si Iron Head a menti quant à l’existence de sa propre fille, qu’a-t-il pu cacher d’autre sur sa vie et son accession au pouvoir ?

Alexia, déterminée marcher dans les traces de son père, devra d’abord déterrer ses secrets, tout en apprivoisant sa nouvelle sœur. Sacré programme !

Héritages et successions

Black Hand & Iron Head traite bien évidemment du thème de la transmission intergénérationnelle, de la façon que nous avons de nous conformer -ou pas- aux diktats familiaux et aux cases dans lesquelles les figures parentales veulent parfois faire entrer l’individu.

La famille est donc le paradigme utilisé par David Lopez pour développer son récit, durant lequel on prend plaisir à voir ces deux sœurs que tout oppose, apprendre à se connaître et se refléter en opposition à leur père.

Ce comics pourrait s’inscrire dans la même veine que Jupiter’s Legacy de Mark Millar, principalement par les thématiques abordées, l’ambiance du récit mais aussi par la disruption qu’il opère sur le compas moral habituellement attribué aux histoires de super-héros.

En outre, David Lopez nous offre un très beau comics au format à l’italienne, dans lequel il déploie tout le talent qu’il avait déjà mis au service des Big Two, durant une carrière étonnamment fournie.

 

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Nextwave: Rendez-vous avec la H.A.I.N.E

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Intégrale de 265 pages, parue le 05/02/2020 chez Panini Comics, comprenant les douze numéros de la mini-série Marvel Nextwave, écrite en 2006 par Warren Ellis et dessinée par Stuart Immonen.

Voyage au cœur de l’absurde

L’escadron Nextwave est un aréopage disparate de surhumains outsiders, chargé par l’organisation H.A.I.N.E (il y des noms, comme ça, qui devraient faire fuir) de contrer ce qu’il convient d’appeler des « Armes Non-Conventionnelles de Destruction Massive« . Ainsi, Monica Rambeau, alias Photon, mène ses compères l’androïde Aaron Stack, la chasseuse de monstres Elsa Bloodstone, la mutante Tabitha Smith et l’ivrogne Captain, dans un combat acharné contre une flopée de monstres et de créatures bigarrées, toutes plus fantaisistes les unes que les autres.

Bien évidemment, durant leur croisade, Nextwave s’apercevra qu’on les a dupés, et ils devront lutter pour lever les faux-semblants, jusqu’à un final abracadabrantesque qui restera dans les annales, à tel point que la validité de la série dans la continuité Marvel sera longtemps débattue et référencée.

Une parodie de parodies

Warren Ellis est un auteur britannique connu pour ses travaux iconoclastes. Il est l’un des architectes de l’univers Wildstorm , avec à son actif quelques bijoux comme The Authority, Planetary, ou encore Transmetropolitan. Chez Marvel, Ellis est responsable notamment de la refonte du mythe d’Iron Man, grâce à sa saga Extremis.

Ellis aime donc jouer avec les codes narratifs, à la manière d’un Alan Moore, le côté sale gosse en plus. Son appétence pour le trash et la violence ne sont plus un secret, et, bien qu’elle reste estampillée Marvel, Nextwave ne déroge pas à la règle.

De son propre aveu, pour écrire Nextwave, Ellis a régurgité The Authority, tout en s’interdisant d’y inclure quelque forme que ce soit de logique, d’intrigue, ou de développement de personnage. Il a également fait peu cas de la continuité, réécrivant certains de ses personnages à rebours de ce qui avait été fait des années auparavant (on pense à certains flash-back revenant sur le passé des héros, ou encore au personnage d’Aaron, qui jusque là était un personnage assez dramatique et grandiloquant, transformé ici en ivrogne cynique).

Tout lecteur familier de Marvel reconnaîtra la trame de la série et ce qu’elle pastiche: H.A.I.N.E est un ersatz du SHIELD, tandis que S.I.L.E.N.C.E prend la place d’HYDRA, le personnage de Dirk Anger s’affichant quant à lui comme un Nick Fury déjanté.

En y réfléchissant, Ellis, en voulant casser des jouets qui n’étaient pas les siens, n’a finalement fait que tracer la voie à ce qui se fit peu de temps après dans la continuité principale, à savoir la découverte, par Fury lui-même, que le SHIELD était lui-même gangréné par HYDRA, de la même façon que H.A.I.N.E n’est qu’une façade de S.I.L.E.N.C.E.

Côté action Nextwave nous en donne pour notre argent. On a droit à des kaijus, des mechas, des conquérants interdimmensionnels, et des MODOKS en mode Rockabilly. Des explosions comme s’il en pleuvait, et surtout, des dialogues hilarants et du non-sens à tous les étages.

Warren Ellis et Stuart Immonen sont donc responsables d’une des plus grosses farces de l’histoire moderne des comics, à redécouvrir en intégrale chez Panini Comics !

****·BD·Comics·East & West

Black Hammer

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Black Hammer est une série écrite par Jeff Lemire et dessinée par Dean Ormston, parue aux US dès 2017 chez Dark Horse. La publication française est assurée par Urban Comics, avec un premier tome paru le 28/10/2017, un second tome paru le 13/04/2018, et un troisième tome paru le 05/07/2019.

Champions Oubliés

Notre histoire débute dans une ferme typique américaine, habitée par une famille quelque peu dysfonctionnelle mais que l’on sent unie par des liens profonds, plus profonds sans doute que les liens de sang.

Abe, le patriarche de ce singulier aréopage, s’échine à faire tourner son exploitation tout en portant à bout de bras sa tribu de marginaux excentriques. Toutefois dire que les apparences sont trompeuses serait ici un monumental euphémisme. En effet, Abe, Gail, Mark et les autres ne sont pas de simples citoyens, mais des êtres surhumains, des super-héros, qui, en pensant se sacrifier pour sauver la Terre du sinistre Anti-Dieu, ont finalement échoué dans cette banale bourgade américaine. Tout irait donc pour le mieux s’ils n’étaient pas prisonniers de cette petite ville, incapables d’en quitter le périmètre sous peine de disparaitre, à l’instar de leur leader Black Hammer , qui tenta dès le premier jour de rentrer chez lui et en fit les frais, laissant son éponyme marteau derrière lui.

Les héros désemparés ont donc passé 10 ans dans cet univers, cachant leurs véritables identités au reste des habitants, gérant ou fuyant leurs problèmes, selon leur caractère. Mais, alors que certains d’entre eux, tel Abe, voient dans cet exil forcé une chance de vivre une vie normale, d’autres, comme Gail, piégée dans le corps enfantin de son alter-égo, ne rêvent que de s’échapper pour retrouver le sel de leur ancienne existence.

Héros déconstruits

Dès les premières pages de Black Hammer, le lecteur accoutumé aux comics percevra les références assumées par l’auteur Jeff Lemire. Abe, le vieux combattant, est un hommage à Captain America et aux héros du Golden Age des comics. Barbalien est sans aucun doute un ersatz du Martian Manhunter de DC Comics, tandis que Golden Gail nous rappelle Shazam. Le Colonel Weird serait alors un Adam Strange sous acide. Black Hammer, quant à lui, serait un amalgame en Thor et Superman, sans oublier des références aux New Gods de DC.

Le reste de l’histoire se construira autour d’un enjeu principal: celui pour les héros de rentrer chez eux, dans leur monde d’origine. Alors que ces derniers luttent face à la normalité et à leurs propres démons, sur Terre, Lucy, la fille de Black Hammer, mène sa propre enquête pour ramener son père, et se faisant, se rapproche de la vérité.

Au fil des tomes, on se prend d’amitié pour ces héros désabusés, ces êtres extraordinaires contraints de revêtir un masque par-dessus le masque, exilés après un brave sacrifice. Plus que l’enquête de Lucy et les mystères de Mme Dragonfly, ce sont les liens et les tourments des personnages principaux qui font l’intérêt de cette série.

Le tome 3 est certes un peu plus orienté vers l’action et tend vers la résolution de l’intrigue grâce à quelques révélations, mais le tout reste cohérent et centré sur les personnages.

S’agissant de la partie graphique, Dean Ormston paraît être l’architecte idéal pour cette univers à la fois étrange et familier, livrant un dessin qui sort des carcans du comics pour embrasser des univers et des références plus variés.

Black Hammer a reçu un Eisner Award de la meilleure nouvelle série en 2017, et cette récompense n’est absolument pas usurpée !