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Sushi & Baggles #29

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Des trouvailles comics et Manga assez rafraîchissantes cette semaine, avec trois séries que je vais continuer avec plus ou moins d’envie mais sans se forcer non plus…


  • Mighty Thor #1 (Aaron/Dauterman-Molina/Pannini) – 2017, 128p.

badge numeriquecouv_304262Passé le buzz de la sortie de l’album autour de ce Thor féminin, que vaut cet arc par l’auteur du génial Massacreur de dieux? Le premier volume est assez étrange puisque les deux-tiers du volume dessinés par Russel Dauterman sont un enchaînement de bastons parcourues de bons mots et sans grand intérêt en l’absence de dimension épique. Thor est un dieu, il est déjà mort, est immortel, on ne sait plus trop, bref. Pour peu que vous suiviez un petit peu l’actu des comics vous savez déjà qui est cette Thorette et perdrez donc beaucoup du pseudo mystère qu’essaye d’instiller Aaron. Les dessins de Dauterman, assez banales ne permettent pas de dépasser ce niveau correcte mais sans plus. Dès la fin du volume en revanche, sur la section dessinée par un Jorge Molina en forme, l’ouverture des discussions cosmologiques entre dieux, les stratégies d’un Odin en mode dictateur ne supportant pas le port de Mjolnir par une femme, on se réveille soudain, titillé par un scénario que Jason Aaron semblait avoir oublié. Si le pseudo-féminisme à la mode ricain fait un peu sourire par son ambition minimaliste, les relations familiales de cette famille et l’aspect très négatif donné à Odin suffisent à donner envie de continuer cette série pour voir ce qu’elle a dans le ventre.

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  • Centaures #2 (Sumiyoshi/Glénat) – 2018, 4 vol parus, série en cours.

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badge numeriqueIl faut croire que la brutalité des transitions est le style de l’auteur car si le premier volume démarrait sans prévenir, le second enchaîne la seconde d’après le terrible Cliffhanger pour nous ballotter sèchement entre des émotions opposées et radicales. Entrecroisé de séquences d’humour délirant pas loin du SD Sumiyoshi assume son propos sur un monde noir où l’honnêteté et l’amour sont rares et où l’on ne peut compter à peu près sur personne. Le colosse héroïque nous montre ce qu’il y a sous la masse musculeuse en prônant le pardon et l’entraide quand le monde guerrier instauré par les humains pousse chacun à la faiblesse, à la trahison, à la capitulation. Il y a une vrais profondeur dans ce manga dont les planches sont parfois dures à lire mais au style résolument graphique, recherchant à se rapprocher de l’estampe. Je ne m’attendais vraiment pas à une telle immersion émotionnelle en commençant ce manga dont le deuxième volume marque déjà une rupture majeure dans l’intrigue. Je suis difficile en manga et je crois que Centaures est en passe de se rapprocher de mes grandes découvertes de ces dernières années avec Ajin, Innocent ou Radiant

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  • L’enfant et le maudit #2 (Nagabe/Komikku) – 2017, 7 tomes parus.

couv_305164mediathequeL’histoire reprend exactement sur le cliffhanger du premier tome qui a vu Sheeva touchée par un maudit… Le professeur interviendra et se retrouvera emmené avec d’autres maudits vers un début d’explication… très obscure pour lui comme pour nous. Le volume est moins ouvert que le précédent mais plus beau encore avec un travail sur les blancs plutôt absent jusqu’ici. On va également nous parler de la tante de la fillette que l’on soupçonne, comme toute la vie de l’enfant, d’être issue de son imaginaire… ou pas. La rêverie continue toute en douceur. Le manga se lit assez vite, agréablement, n’oublie pas de faire avancer (un peu) l’histoire et l’on a envie de continuer tranquilou cette rêverie qui fait penser par moment à l’univers d’Amano. On fait pire comme référence…

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Sushi & Baggles #28

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  • Dead body road (Jordan/Scalera-Dinisio/Delcourt) – 2019, one-shot, 128p.

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badge numeriqueJ’ai déniché ce one-shot en lisant Slots, de la même collection chez Delcourt, et dont le nom de Scalera (lu sur Black science) m’a attiré autant que la très percutante couverture qui laisse imaginer la chevauchée sanglante du héros. On a donc bien une histoire classique de Vigilante sans morale décidé à décimer le gang qui a tué sa chérie. L’affaire s’annonce bien sur plus compliquée que cela et ça va défourailler sévère à coup de fusil à pompe et éclatage de boyaux sur la carelingue poussiéreuse de bagnoles poursuivies par des gangs de bikers camés… On connaît le cadre et si par moment le dessinateur italien sait placer de très bons cadrages, l’atmosphère poussiéreuse et quelques très belles poursuites de bagnole, les cases confuses restent trop nombreuses pour parvenir à nous maintenir sous tension. Si l’échappée commence plutôt pas mal et nous pose une belle galerie de salauds, une belle qui sait se défendre et un copains psychopathe, on finit par se perdre dans une intrigue qui piétine et des motivations assez confuses. Quelques incohérences physiologiques (le héros se prends x bastos et continue de cavaler sans conséquences) achèvent de décevoir sur cet album qui donne pourtant très envie d’être bienveillant. Dommage, une occasion ratée.

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  • Centaures #1 (Sumiyoshi/Glénat) – 2018, 4 vol parus, série en cours.

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badge numeriqueCentaures nous décrit le passage dramatique du monde d’avant où les hommes respectaient ces êtres fantastiques et majestueux à une nouvelle époque où l’homme prends possession de tout ce qui est au travers de ses guerres sanglantes. Après une entrée en matière un peu abrupte (comme certaines cases pas évidentes à lire dans la volonté de mouvement du mangaka), on voit le puissant Matsukaze, centaure des montagnes indomptable se faire capturer par une troupe d’humains. Emprisonné il laisse son fils seul et rencontre en captivité un jeune centaure, Kohibari, amputé des deux bras pour le transformer en quasi cheval. Il découvre les pratiques barbares et immorales des hommes… Ce manga, premier de son auteur, est une très bonne surprise tant graphique que thématique. A la fois dur avec une vision très rude du traitement fait aux centaures, assez cru, on saisit assez vite la portée du thème qui nous parle à la fois d’amérindiens, de la Traite négrière mais aussi par extension de la vision que l’homme a des animaux. Ce titre nous envoie une leçon d’humilité avec cet étonnant miroir que représentent les Centaures, à la fois hommes et animaux, permettant de nous questionner sur notre considération de ce qui est autre. Les dessins sont superbes, très vifs, avec une belle maîtrise anatomique des corps de chevaux,  proposant de belles visions de nature même si pas mal de cases sont pratiquement dépourvues de décors. La puissance et la rage de Matsukaze s’incarne graphiquement alors que son comparse est tout en finesse. Les dialogues sont assez basiques, parfois en mode ado mais ce n’est pas grave car on a envie de voir ce que deviennent cette puissance et son jeune ami dans ce qui se présente comme un apprentissage des vraies valeurs pour un centaure élevé en captivité auprès des hommes. Petit coup de cœur pour ce titre qui se finit en outre sur un redoutable cliffhanger…

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  • Ajin #14 (Sakurai/Glénat) – 2020, série en cours.

couv_383537badge numeriqueLa reprise de lecture est toujours compliquée dans les manga, avec cette habitude de découper un chapitre entre deux tomes… on reprend donc en pleine action sur le dernier acte de l’opération finale de Sato et immédiatement, comme depuis le début de ce manga majeur on retrouve ces idées multiples liées à la physique des Ajin. L’auteur évite le gore même si le hors champ reste terrifiant! Il y a de grandes proximités entre Ajin et le manga Démon, les deux auteurs semblant s’amuser comme des petits fous à imaginer les interactions physiques de leur univers décalé. Le lecteur en finit donc par oublier que les Ajin n’existent, pas non plus que leurs fantômes et découvrent avec les protagonistes certaines possibilités physiques toujours amusantes et qui donnent toute leur originalité aux combats. Ce volume (qui suit de très près la sortie japonaise puisque la publication originale compte seulement quinze volumes reliés) marque l’entrée en action de l’escouade anti-ajin dont on nous parle depuis longtemps et dont l’efficacité est redoutable. Le risque d’avoir construit un méchant aussi charismatique et machiavélique que Sato est de n’avoir aucune adversité sérieuse en face. C’était le cas jusqu’ici mais c’est en passe de basculer… On approche vraiment de la fin de la série… a moins que l’auteur et son scénario redoutable n’ait prévu quelque rebondissement inspiré par Sato!

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Sushi & Baggles #27

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  • Slots (Panosian/Delcourt) – 2019, one-shot, 134p.

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mediatheque« slots » ça veut dire « fentes » en anglais. Et des fentes, Stanley Dance en a de magnifiques, les dents du bonheur, comme son sourire, éternelle fente qui glisse sur les galères de sa vie chaotique. Stan est le vrai atout de ce one-shot, étonnant album entièrement construit autour de ce sourire à la con, attirant le regard à chaque case. Il y a un peu du Ramirez de Pétrimaux chez Stan, une énorme sympathie que l’on ressent pour ce personnage de papier lancé sur une classique histoire de vengeance dans l’univers des loulous semi-mafieux de la cité du Vice, Las Vegas. Stan est un looser, il nous le dit d’entrée. Stan attire les emmerdes comme la mouche sur une charogne. Tout le monde a une bonne raison de lui en vouloir… mais comme le lecteur, tombe sous le charge de ce type qui vous convainc par son seul sourire de tenter avec lui le plus foireux des plans jamais conçus. Du coup, si l’album est aussi sympathique que son personnage, l’histoire reste tout à fait anecdotique et peinerait à nous intéresser sans Stan et des dialogues assez dynamiques. Le dessin plutôt sympa est habillé de grosses trames très vintage et fleure bon le comic Indé ricain. Au final Slots se laisse lire avec plaisir mais marche sur un fil qui peut très facilement tomber dans la banalité pour peu que vous ne soyez pas envoutés par son boxeur raté. Un peu comme Stan qui a tout pour perdre mais finit par s’en sortir, on ne sait pas bien comment…

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  • Radiant #13 (Valente/Ankama) – 2020, série en cours.

bsic journalismMerci aux éditions Ankama pour leur confiance.

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Radiant est mon manga chouchou dont je lis chaque tome avec mon fiston (que vous pouvez retrouver sur la rubrique L’avis des kids) tant on a plaisir à retrouver deux fois par an cette phénoménale galerie de personnages et cet humour si particulier de Tony Valente. Ce treizième tome continue le troisième Arc commencé sur le volume précédent qui voit Seth débarquer à Bôme (avec la classe et la discrétion qu’on lui connait désormais…), capitale de l’Inquisition! Si le roi de Bôme a fait une entrée fracassante il disparaît ici bien vite pour laisser la place à une pause narrative qui permet de découvrir le passé traumatisant de Mélie… Moins d’action donc, mais l’auteur a un tel talent graphique et pour nous faire désirer ses personnages qu’on dévore le tome comme les autres, avec juste un soupçon de regret que ces derniers disparaîssent aussi vite. Mais la richesse du monde est telle que l’on comprend que tout ne rentre pas. Je ne lis habituellement que des mangas assez courts afin de ne pas me faire déborder dans mes lectures mais j’avoue qu’avec Radiant je ferais volontiers une entorse si la série durait très très longtemps… A noter que pour la première vois Valente a pris un assistant pour la réalisation de l’album. Et un petit spoiler pour la route… l’ami Grimm revient…

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  • Beastars #1-2 (Itagaki/Ki_oon) – 2019, série en cours. 15 volumes au Japon.

Merci aux éditions Ki_oon de m’avoir permis cette lecture en numérique.

couv_358243Lors de mon marathon pour le jury BDGEST’arts j’ai questionné les blogueurs spécialisés en manga et tous avaient placé cette série dans leur top de 2019.  Avec huit volumes parus, l’éditeur poursuit un rythme très rapide d’un tome tous les deux mois. La version japonaise a commencé à paraître en 2016 et devrait être rattrapée très vite. A savoir qu’un anime est diffusé pour cette série très populaire de l’autre côté de la planète.

Si le sujet est classique (une histoire de lycéens, animaux anthropomorphes, dans un établissement regroupant toutes les espèces et faisant cohabiter prédateurs et proies), le dessin est la première originalité, avec un trait très léger et l’utilisation de trames parfois grossières, collées frustement, ce qui donne une esthétique originale. Je ne dirais pas que c’est du grand dessin mais dès le second tome on sent la technique se consolider et l’auteur propose des planches plus lisibles et agréables. Pour l’histoire, si on commence dès les premières pages avec le meurtre d’un herbivore par un carnivore, choquant la morale civilisée du lieu, c’est bien le conflit permanent qui habite Legoshi, héros et loup gris puissant, entre son instinct et sa conscience qui structure le manga. L’histoire suit le club de théâtre du lycée, avec la hiérarchie très connue qui a lieu dans la société japonaise et nous paraît toujours étonnante. Beastars est donc pour ce que j’en ai lu un manga de lycée assez classique, qui comporte quelques attraits lui permettant d’attirer l’attention, sans pour le moment justifier le statut d’oeuvre majeure.

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Bitter root #1: affaire familiale

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Comic de David Walker, Chuck Brown, Sanford Green et Rico Renzi
Hi comics (2020) – Image (2018), 160 p. contient les épisodes 1-5.

bsic journalismMerci aux éditions Hi comics pour cette découverte.

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Les « racines amères » font à la fois référence aux racines utilisées comme décontaminateur par cette famille de chasseurs de monstres et aux racines de la famille (… et aux racines raciales des noirs américains). La très jolie couverture en mode photo de famille ancienne est attirante. L’album comprend beaucoup de bonus finaux avec une dizaine de texte d’auteurs et universitaires parlant de l’album, de la place des noirs dans la BD, du rôle politique des œuvres imaginaires dans la lutte pour les droit des noirs américains et la symbolique du monstre. Assez pointu et pas les plus sexy, mais intéressants pour élargir l’horizon, ces textes sont une excellente initiative de l’éditeur qui permettent de comprendre la portée historico-culturelle de l’ouvrage. Le tout est bien entendu agrémenté de couvertures alternatives.

Les monstres sont parmi nous! Incarnation des haines des hommes blancs, ils sont pourchassés depuis des générations par la famille Sangerye. Des noirs. Comme tous les afro-américains ils sont immunisés contre le mal… jusqu’à ce jour où une nouvelle forme apparaît, plus grande, plus forte et contre laquelle ils ne sont plus protégés. Lorsque le combat commence les tensions familiales refont surface et le sombre passé qui a vu certains des leurs périr…

Résultat de recherche d'images pour "bitter root sanford green"Après le très bon Coyotes les éditions Hi comics nous proposent une nouvelle illustration de BD ethnique (ou « Steamfunk » pour Bitterroot) que propose le pays du comic depuis quelques temps, en reflet d’une société plus multiculturelle que jamais et où l’archétype du super-héro blanc est définitivement passé de mode. Le changement c’est que l’industrie ne se contente plus de mettre des minorités dans des collants, elle permet à des team d’auteurs noirs de proposer des ouvrages proches de la blaxploitation (des ouvrages faits par des noirs à destination d’un public noir) et assumant la fierté noire. Sous la forme d’une longue baston digne des plus classiques Marvel/DC comics, l’allégorie d’un racisme transformant des blancs en monstres pourra en faire tiquer certains. Comme celle des hommes transformés en loup dans Coyotes, il faut comprendre le coup de gueule d’auteurs qui ne dénoncent bien entendu pas tous les hommes, tous les blancs mais ont choisi d’assumer une conflictualité que la lutte pour les droits civiques a permis de révéler au grand jour. C’est en disant tout haut ce que vivent une majorité de noirs que l’on cesse de minorer l’indicible. En système de miroir, l’équipe de Bitter Root montre visuellement la monstruosité que les racistes voient dans les noirs. Du reste l’équipe créative place son action dans les années 1920 et partiellement dans le sud profond avec une séquence de lynchage du Ku Kux Klan. Conscients du risque de mauvaise presse, ils montrent une rédemption de petit redneck après quelques mandales bien placées…Résultat de recherche d'images pour "bitter root sanford green"

Graphiquement c’est très bon, avec toute l’attention portée sur les membres de la famille Sangerye, révélés progressivement en jouant beaucoup sur le pagination et l’effet pageturner. Le design est redoutable, avec un léger steampunk dans l’équipement de certains, une virilité revendiquée et un soupçon de magie vaudou. Le méchant est également un noir, on ne comprend pas bien pour le moment l’antagonisme avec la famille hormis qu’ils n’ont pas la même vision de la monstruosité et de pouvoirs que peut apporter l’autre monde, accessible par un portail. La malédiction de la contamination est assumée par Résultat de recherche d'images pour "bitter root sanford green"certains, les Sangerye luttent grâce à leurs racines magiques. On devine une influence Shadowman par moments avec ce monde des monstres qui commence à se déverser sur le notre et une narration qui, une fois la présentation des personnages faite, vire vers une sorte d’invasion zombie de Harlem.

La grande lisibilité des cases est agréable et permet de dérouler une action punchy, badass et omniprésente. Comme avec les super-héros, les Sangerye sont submergés par les monstres mais jamais au tapis. Le background technologique n’est pas très développé malheureusement alors que le style des équipements est terrible, ainsi que l’intrigant personnage casqué de la couverture dont on ne nous révèle rien sur ce premier volume. Je regrette simplement le style de colorisation flashy qui atténue les dessins. C’est un style à part entière, on aime ou pas.

Bitter Root est une excellente surprise grand public qui jouit de dessins dans le haut du panier et a l’immense mérite d’apporter une fraîcheur politique absolument assumée qui sans changer les codes du Ghostbuster donne très envie de poursuivre cette chasse aux monstres vaguement lovecraftienne.

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Sushi & Baggles #26

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  • Tsugumi Project  #3 (Ippatu/Ki-oon) – 2019, 3 vol. parus.

bsic journalismMerci aux éditions Ki-oon pour leur confiance.

couv_381451Cette excellente série continue sur sa lancée avec des volumes assez différents et une pâte graphique dans un style crayonné rapide qui donne une dimension chaotique et terriblement esthétique à ce japon post-apo. Après les scènes d’action du précédent volume le rythme se repose un peu ici avec le retour du singe géant rencontré plus tôt et l’arrivée d’un nouveau personnage qui semble signifier la présence d’humains dans ce monde dévasté. L’album fait toujours la part belle aux paysages, pérégrinations muettes et échanges de vannes et de grimaces entre Léon et Doudou. Du coup ça se lit assez rapidement mais avec plaisir et toujours de nouvelles découvertes de créatures et personnages aux design géniaux. On sent que le projet prends sa source dans un univers graphique… ce qui peut laisser un peu de côté l’avancée de l’histoire. Entre recherches matérielles et infos progressives sur Tsugumi et la faune locale, l’intrigue est assez linéaire, mais Tsugumi project reste un très bon manga d’atmosphères montrant si besoin était la force du post-apo pour proposer des visions fascinantes.

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  • Ex-Arm #5 (Hi-rock/Shin-Ya Komi/Delcourt) – 2017

badge numeriquecouv_309944La troisième mission de la série commence très bien, juste après le redoutable Cliffhanger du précédent où toute la petite équipe se retrouvait prisonnière dans l’esprit d’Akira. Ce premier tiers de l’album permet d’installer une ambiance à la Inception, alors que l’équipe anti ex-arm tente de réveiller je jeune homme pour les libérer de la réalité virtuelle… ce qui permet bien entendu de provoquer quelques séquences sexy entre Akira et Minami. Je ne reviendrais pas sur les nombreux plans de petites culottes qui restent moins appuyés et vulgaires que dans Sun-ken Rock et ne dérangent pas outre mesure surtout quand on regarde la qualité graphique générale du manga qui flatte vraiment les yeux… Malheureusement une fois cette affaire résolue les auteurs nous lancent dans une dérisoire affaire impliquant une ex-arm, qui outre d’être très mal traduite avec coquilles en prime, n’est pas intéressante faute d’une narration suivie. On retombe dans les travers du début de série avec la très mauvaise habitude d’installer des coupes temporelles ou spatiales sauvages qui rendent le suivi compliqué. Comme l’intrigue ne brille pas par son originalité ni son ambition, ce cinquième volume apparaît comme un intermède bien dispensable. C’est dommage car la séquence VR promettait de bien belles choses et se paie le luxe de lancer quelques pistes qui, on l’espère seront reprises plus tard.

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  • Ex-Arm #6 (Hi-rock/Shin-Ya Komi/Delcourt) – 2017

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Ouf, le précédent volume n’était qu’un vague loupé entre deux et ce sixième tome installe enfin une histoire un peu plus sophistiquée en remettant l’aspect sexy aux seules tenues de l’androïde et surtout en proposant une intrigue simple mais efficace autour d’une vente aux enchères d’Ex-arms entre certaines des familles les plus puissantes du crime mondial. Les auteurs nous placent donc toute une ribambelle de personnages (très caricaturaux comme souvent en manga) dans le huis-clos d’un hôtel de luxe où nos héros vont se retrouver embarqués dans une partie de Blackjack fort sympathique en ce qu’elle permet de jouer sur les cadrages, de faire monter une tension de thriller un peu plus posée que ce l’action effrénée qu’on a eu jusqu’ici. On vire Mission impossible où Akira tente d’utiliser ses capacités pour deviner les statistiques qui permettront à Minami de l’emporter… Pour le côté graphique ça reste absolument royal, élégant et techniquement parfait. On a donc un début d’intrigue intéressant, faisant monter le niveau d’ambition dramatique, avec des méchants charismatiques, bref, un des meilleurs volumes jusqu’ici pour une série grand public qui reste vraiment sympa à suivre malgré quelques défauts.

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  • Injustice, les dieux sont parmi nous – Année 1, 1° partie (Taylor/Collectif/Urban) – 2014

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badge numeriqueTrès grosse surprise que cette excellente lecture! Si vous suivez ce blog vous savez combien je suis sceptique sur l’univers DC et son traitement par les scénaristes, ne trouvant hormis dans les album Batman, que peu de choses à sauver. Avec ce projet issu d’une série de jeux vidéo et alimenté par une fournée de dessinateurs et une couverture de jaquette de jeu j’aurais du fuir… Le pitch m’ayant toutefois fortement éveillé j’ai tenté le coup, et pris mon pied comme jamais depuis Red Son, autre histoire de Superman. L’idée: Alors qu’il s’apprête à être papa l’Homme d’acier voit le Joker commettre l’irréparable. Il décide alors de rompre avec son non interventionnisme et d’imposer la paix mondiale en utilisant ses pouvoirs partout où des personnes malveillantes agissent. Très vite deux groupe se forment dans la Ligue de justice. Pour les soutiens de Superman la fin justifie les moyens. Autour du Chevalier noir d’autres restent attachés à une règle morale d’airain… On le voit, Red Son comme le film Dawn of justice apportaient déjà ce sujet passionnant du rôle des super-héros et de la seule morale comme limite à un pouvoir absolu. Si ce traitement est passionnant avec une radicalité qui montre Superman tuer (on n’est pas chez Disney) et devenir assez flippant, le rattachement de cette histoire à des thèmes d’actualité et un contexte réel de la guerre en Irak ou en Syrie, des dictateurs africains ou de la péninsule arabique font poindre l’étincelle qui sort immédiatement cet album du lot des histoires de super-héros. Outre des dessins vraiment de très bon niveau avec une grande harmonie entre les différents dessinateurs, les dialogues sont bien menés, avec un rôle comique d’Harley Quinn très réussi. Je n’attendais plus depuis longtemps d’histoire adulte de super-héros avec de vrais enjeux qui rangent les délires cosmiques liés à Darkseid, aux boites mères et aux inter-mondes dans un placard. C’est une histoire politique avec des super-héros. Ce qui a passionné la planète dans le MCU revient ici chez DC et crée une grosse envie. Tout simplement excellent.

La série est découpée en cinq années de deux tomes (soit onze tomes), une suite intitulée Ground zero et une autre, Injustice 2, en cours de publication chez Urban.

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Sushi & Baggles #25

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  • Ex-Arm #3 (Hi-rock/Shin-Ya Komi/Delcourt) – 2016

couv_293965badge numeriqueL’équipe anti ex-arm enquête sur des assassinats en maison close particulièrement sanglants: l’assassin semble utiliser un laser de découpe qui rappelle des pratiques utilisées il y a quelques années dans une dictature d’Asie…

Pour ce début de seconde mission, les auteurs confirment la référence majeure Appleseed/Ghost in the Shell et corrigent un peu les quelques problèmes scénaristiques liés à des coupures temporelles trop brutales qui complexifiaient pour rien l’histoire. On se recentre se quelques protagonistes dont un méchant très charismatique et des technologies visuellement très réussies. Autres confirmations, Ex-arm est l’un des plus beaux mangas de ces dernières années et cet arc accentue (ponctuellement je pense) le côté Ecchi avec une première partie en total fan-service où Akira prends le contrôle de l’androïde Alma pour entrer sous couverture dans la maison close où les emmène leur enquête. S’ensuivent des scènes très explicites où le jeune homme découvre le plaisir féminin. C’est visuellement très beau, sans trop d’insistance et on repasse rapidement à l’action. Le lecteur sait dans quel manga il se trouve et personnellement j’ai trouvé que si ces quelques séquences ne servent en rien l’intrigue elles sont toujours moins aberrantes que dans un autre Ecchi, Sun-ken rock. Manga sans prétention, Ex-arm continue de remplir son cahier des charges avec brio avec une histoire plutôt supérieure à la première. J’espère que la suite développera les intrigues sur plus de volumes afin de laisser le temps à une narration de s’installer entre les séquences de combat super classes…

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  • Ex-Arm #4 (Hi-rock/Shin-Ya Komi/Delcourt) – 2017

couv_297350badge numeriqueExcellente nouvelle, ce quatrième volume montre que la série, après un démarrage gentil, monte en puissance et choisir de complexifier les intrigues dans la thématique cyberpunk (l’humain, la machine, le corps). Ces thématiques sont passionnantes et si pour l’heure cette seconde moitié d’enquête qui clôt (toujours un peu brutalement) l’affaire des têtes disparues reste principalement orientée action, la fin nous lance sur une piste qui peut s’avérer géniale pour la suite. Dans ce tome qui enchaîne directement l’action du précédent on voit Akira « occuper » un prototype d’androïde militaire pour combattre son puissant adversaire, alors que l’armée américaine s’apprête à envoyer une bombe « thermobarique » (oui, Ex-Arm joue aussi le côté technique avec des notes sur les organisations et équipements militaires utilisés) qui détruira toute la zone où se trouvent les héros… Le personnage d’Akira prends clairement le dessus sur les autres protagonistes de l’équipe anti ex-arm avec de superbes séquences de baston et un scénario qui propose de belles énigmes. Si la suite reste à ce niveau, Ex-arm pourrait bien entrer dans le petit cercle de mes manga préférés!

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  • Dragon ball Super #9 (Toyotaro/Toriyama/Glénat) – 2019

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Comme le titre ce volume, le combat des univers s’achève de façon tout à fait inattendue en nous réveillant un peu après des multiples combats. On se retrouve donc en conclusion totale en milieu de tome, avec un intermède nous expliquant (comme quelques épisodes avant) les suites qui ont lieu dans les films et animé, notamment l’histoire de Broly. Cela nous rappelle le caractère hybride de ce manga qui n’est ni une transposition des dessins-animés ni tout à fait original mais très lié à eux comme une sorte de hors-champ. Personnellement cela ne me dérange pas car Toriyama continue à œuvrer de façon très pro avec son apprenti. J’avoue que je suis content de voir débuter un nouvel arc avec le retour de la Patrouille galactique qui va enrôler Goku et Vegeta (désormais inséparables) dans de nouvelles aventures, sur le ton d’humour décalé que l’on aime tant. DB parvient donc toujours à allier ses deux axes, l’aventure parodique et le combat titanesque. Comme le second atteint ses limites on apprécie les délires galactiques à l’humour si particulier. Un bon tome de transition.

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  • L’enfant et le maudit #1 (Nagabe/Komiku) – 2017, série en cours, 6 vol. parus.

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mediathequeÉtonnante fable découverte en médiathèque, cet Enfant et le maudit nous présente dans ce premier tome une petite fille dont s’occupe un monstre, dans une masure isolée en forêt. Assez contemplatif et très réussi visuellement avec un dessin tout en délicatesse malgré le travail de contraste entre les ombres et les lumières, ce volume d’entrée en matière se lit agréablement, sans se presser, avec l’introduction progressive de la thématique de l’exclusion et de la xénophobie, celle des soldats de l’Intérieur partis en chasse de tout ce qui est suspecté d’être de l’Extérieur et donc Maudit. Car quiconque est touché par un maudit le devient à son tour… L’on apprend donc très peu de choses, mais l’essentiel, à savoir l’atmosphère teintée d’enfance et de mystère vaguement inquiétant, celui du noir dans la chambre. C’est la vision de l’enfant à qui on cache la réalité du monde pour la protéger qui est présentée, en naïveté et en beauté de celle qui ne sachant pas encore la différence, trouve tout naturel de côtoyer ce monstre à l’apparence bestiale. Alliant une poésie raffinée et des thématiques très actuelles et hautement politiques, ce surprenant manga donne très envie de connaître la suite. Pas encore manga fleuve mais avec déjà six volumes parus, j’espère simplement que l’auteur saura donner la brièveté nécessaire à cette histoire simple très bien réalisée.

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Mister miracle

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Comic de Tom King et Mitch Gerads
Urban (2019), one-shot., 264 p.

couv_367135badge numeriqueA peu près à chacune de mes incursions sur des albums DC je me dis que l’on ne m’y reprendra plus. Parfois quelques chefs d’œuvres ou anomalies (White Knight par exemple) vient contrarier ma résolution. Ce Mister Miracle n’aurait normalement jamais dû tomber dans ma besace: j’avais été très déçu par le récent Sheriff of Babylon du même duo et la mythologie spatiale de DC autour des planètes Neo-Genesis et Apokolypse m’a toujours parue totalement désuète. Pourtant le feuilletage de l’album, son travail graphique original, son découpage en gaufrier intégral et les très bons échos de la blogosphère m’ont fait tenter la lecture de ce très gros volume. Avec un résultat déconcertant…

Scott Free est un dieu. Le fils du Haut-Dieu de Néo-génésis, la planète paradisiaque et fils adoptif du terrible Darkseid sur l’enfer d’Apokopypse a trouvé refuge sur Terre sous le costume du roi de l’évasion Mister Miracle, sorte de champion de cirque où il coule le parfait amour avec Big Barda, elle aussi élevée dans les fosses ardentes de l’enfer. Un jour il tente de se suicider… avant que les évolutions guerrières des deux planètes divines ne lui tombent sur le nez. Or Scott n’a qu’un envie, vivre simplement avec ses t-shirt de super-héros et la guerrière géante qu’il aime…

Résultat de recherche d'images pour "mister miracle gerads"En librairie cette couverture m’avait fait de l’œil (en même temps que Omega men). Si vous vous posez la question je vous confirme qu’il ne s’agit aucunement d’une BD de super-héros et que l’insertion dans l’univers DC est totalement artificiel. Mister Miracle raconte avant tout l’histoire d’un type naïf, qui veut une vie simple avec son amoureuse et à qui la vie ne fait pas de cadeaux. C’est la chronique d’une vie, des joies et des peines, du rôle paternel, bref de tout un chacun… transposé dans l’univers too much des néo-dieux. Les auteurs des Big-Two s’amusent depuis la nuit des temps avec les slip, les séquences décalées entre l’attitude et le style absolument iconique de ces personnages et la trivialité du quotidien. Ainsi le volume se déroule en aller-retour entre la Terre et les deux planètes divines via les tunnels-boom, sorte de portails dimensionnels instantanés et nous montrent ces dieux menant une bataille homérique tout en se préoccupant de la température du biberon de bébé… Scott n’a visiblement aucun pouvoir et se fait dérouiller chaque fois qu’il affronte quelqu’un… mais il reste l’héritier du Haut-dieu et absolument revanchard Résultat de recherche d'images pour "mister miracle gerads"envers Darkseid, le grand méchant que l’on ne voit pratiquement pas de l’album. Scott est sous la protection de Big Barda, la valkyrie bad-ass géante qui est très touchante dans ses attentions envers son petit chéri si faible. Ça regorge de saynètes très drôles, jouant souvent du même registre de décalage entre dialogues très terre à terre qui nous rappellent vaguement du Woody Allen et visuel gore, guerrier ou totalement WTF, comme quand Darkseid se retrouve à manger une assiette végétarienne…

Tout cela est aidé par un découpage en simple gaufrier (oui-oui, un gaufrier exacte sur presque trois-cent pages!) qui accentue l’aspect strip classique, au risque de lasser. On pourra le prendre comme un exercice de style (plutôt réussi) ou comme une facilité un peu banale, tout dépend des goûts. En tout cas cela colore la narration en instillant cette platitude, cet anti-héroïsme jusqu’à reprendre par moment (lors des combats entre les deux armées) l’esprit Deadpool avec notre Mister-Miracle qui sort du cadre tout en Résultat de recherche d'images pour "mister miracle gerads"parlant ou qui enfile son collant avec difficulté… Le dessin de Gerads est très maîtrisé même si personnellement je coince un peu sur cette école qui fait dégrader des dessins très beaux par des trames un peu pourries et des couleurs délavées. L’utilisation en continue d’effets de distorsion (pour instiller une inquiétude sur la réalité de ce que l’on voit) ne m’a pas convaincu surtout que jusqu’à la conclusion pas très compréhensible on n’en connait pas la raison (ou alors j’ai raté quelque chose…).

Déstabilisant mais intellectuellement très intéressant, Mister-Miracle parvient à nous émouvoir en observant ce gentil gars mis sur des responsabilités qu’il n’a pas demandé. J’ai également aimé cette chose rare qui veut qu’il n’y ait pas de drame, pas de trahison, pas de lâchetés… Scott aime Barda. Barda aime Scott. CA ressemblerait presque à du Riverdale chez les dieux si ce n’était le visuel un peu foutraque qui décale encore un peu l’histoire. Cent pages de moins n’auraient pas été gênantes mais même en l’état l’album se lit plutôt bien et sort du lot du tout-venant comic en produisant l’improbable: un véritable comic indé chez les héros DC.

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