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Ether

Deux premiers tomes de 114 pages, d’une série écrite par Matt Kindt et David Rubin. Parution dès 2017 aux US chez Dark Horse, parution en France le 21/09/2018 et le 30/08/2019 aux éditions Urban Comics, dans la collection Urban Indies.

Blondin avait publié un avis à la sortie du premier tome.

Enquêtes mortelles au pays des rêves

Boone Dias est un aventurier d’un genre bien particulier: après avoir découvert une nouvelle dimension, nommée l’Éther, ce scientifique rigoureux bien que controversé s’est lancé à corps perdu dans son exploration, devenant au fil des années une sorte d’enquêteur attitré pour cet univers régi par des règles étranges.

Si Boone Dias a pu résoudre des affaires toutes plus inextricables les unes que les autres dans l’Ether, c’est grâce à son esprit affuté et son absolu pragmatisme, qui sont à contre-emploi dans un monde dont le substrat semble défier toute logique. Le scientifique-explorateur met en pratique la fameuse Troisième Loi de Clarke, qui veut que toute science suffisamment avancée soit indiscernable de la magie, si bien qu’il perce aisément tous les mystères qui se présentent à lui en se raccrochant à ses connaissances.

Mais si l’Ether représente le rêve de tout aventurier, sa découverte et son exploration ont eu un coût exorbitant pour Dias: le temps passant différemment dans chaque monde, le scientifique a du laisser derrière lui sa vie terrienne, sacrifiée sur l’Autel de la Science…

Le Sherlock Holmes transdimentionnel

Lors d’une de ses excursions dans l’Ether, Boone va se voir confier une enquête bien particulière: élucider le meurtre de la Flamme d’Or, la gardienne réputée invincible du royaume. Ses investigations périlleuses vont le mener dans les recoins sombres et inexplorés d’Agartha, la capitale, et le confronter à son insidieux adversaire, Lord Ubel, gardien du savoir de l’Ether, maître de la duplicité et fourbe ourdisseur de complots les plus retords.

Dès les premiers chapitres d’Ether, on est frappé par la dynamique très holmesque de l’univers mis en place par Matt Kindt. Comme l’incontournable détective de Baker Street, Boone est un homme gouverné par la raison, doté d’un esprit si cartésien et détaché qu’il en devient presque antipathique, car sa manie de décortiquer les évènements magiques de l’Ether l’empêche d’en saisir toute la beauté (il faut savoir également qu’Arthur Conan Doyle n’aimait pas Sherlock, ou en tout cas, il souhaitait dénoncer à travers ce personnage le détachement scientifique).

Boone Dias se paie même le luxe d’avoir à ses côtés un Watson, en la personne de Glum, une Irène Adler en la personne de Violette, sans oublier son Moriarty, se cachant sous les traits de Lord Ubel.

Malgré ses manies, Boone reste un personnage attachant, notamment du fait des sacrifices auxquels il a consentis pour pouvoir explorer l’Ether. Chacun de ses retours dans le monde réel, chacun de ses départs pour le monde magique est déchirant, ce qui confère une dimension humaine à cet aventurier hors du commun.

Le dessin de David Rubin donne une forme spectaculaire à l’Ether, le dessinateur espagnol sait parfaitement rendre tangible l’architecture étrange et les personnages bigarrés qu’on y croise. Grâce à son trait, on saisit bien aussi la différence entre les deux mondes, par les jeux de couleurs notamment.

Les deux tomes d’Ether parus chez Urban comics sont une belle découverte, idéal pour combler votre confinement !

**·***·****·Comics·East & West·Manga·Numérique·Rapidos

Sushi & Baggles #31

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  • Lastman #2 (Balak, Vivès, Sanlaville/Casterman) – 2013, série finie en 12 volumes.

mediathequecouv_191184J’apprécie l’envie d’avancer rapidement dans cette série à lecture rapide. Ce tome voit la conclusion du tournoi entamé sur le premier volume et le développement du background de Richard et de sa relation avec le gamin et sa mère. L’univers est toujours surprenant, entre Moyen-Age et contemporain, sans que l’on sache si l’on est dans un monde post-apo ou non. Certainement que les auteurs vont profiter de la fin de ce premier arc pour construire leur univers et un antagonisme qui reste léger pour l’instant, hormis le fameux Lord Ignacio et son champion Cristo Canyon. Que ce soit sur les combats ou non le sens du cadrage et de l’action sont redoutables et confirment le talent de Michael Sanlaville pour transposer le dynamisme de l’Animation en BD.

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  • Ex-Arm #7 (Hi-rock/Shin-Ya Komi/Delcourt) – 2018

couv_326423Décidément cette série aux graphismes toujours impériaux fait les montagnes russes avec une vraie difficulté à maintenir une tension dramatique (sans doute du fait d’une intrigue générale assez légère…). Ce volume n’est pas mauvais en soi mais on sent l’aspect Ecchi gratuit (euphémisme?) prendre le dessus. C’est dommage car on commence par la fin du combat entamé au volume précédent et qui, comme toutes les bastons depuis le début est très bien tourné. Ça reste du corps à corps mais le dessinateur propose ce qui se fait de mieux en Manga en matière de cadrages et de dynamisme. Très vite on retombe ensuite dans de longues explications sur les relations entre les différentes mafia et sur le mystérieux « faucon du désert ». Depuis le début de l’arc on a bien compris que tout le monde possédait une Ex-arm et que la baston finale s’annonçait impressionnante. Le volume est donc un (nouvel) intermède permettant de voir Alma nue et les contre-plongées lourdingues sur les jolis arrières trains des demoiselles. On lit rapidos et on attend la suite…

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  • Ex-Arm #8 (Hi-rock/Shin-Ya Komi/Delcourt) – 2018

couv_345029On finira par s’y faire, dans cette série après un album passable vient toujours un autre excellent. Ce huitième volume des aventures de Minami et Alma l’androïde marquent une entrée dans l’action: les familles mafieuses se lancent dans une chasse sanglante dont il ne doit ressortir qu’une poignée d’enchérisseurs pour la vente des Ex-arm. De nombreux manipulateurs dans l’ombre surgissent et on a droit à de magnifiques combats dont les dessins font toujours autant baver, tant par la qualité du design que par la technique des dessins, jusqu’à la finesse des textures. Encore une fois, Ex-Arm est un manga très grand luxe! Comme l’histoire se développe (notamment des révélations sur le mystérieux roi du désert et ses liens avec Minami avant un combat dans le noir particulièrement tendu) on a moins de vues Ecchi et une intrigue plus linéaire ce qui fait du bien. Restent quelques ellipses brutales comme depuis le début mais cela reste un détail. Ce tome est pour moi le meilleur depuis le début et parvient à véritablement nous happer vers la suite. En espérant que cette tension se maintienne jusqu’au bout!

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***·****·Comics·East & West·Manga·Numérique·Rapidos·Rétro

Sushi & Baggles #30

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Des trouvailles comics et Manga assez rafraîchissantes cette semaine, avec trois séries que je vais continuer avec plus ou moins d’envie mais sans se forcer non plus…


  • Magical girl Holy shit! #2 (Souryu/Akata) – 2018, série en cours (7 vol Jap/6 vol fr)..

badge numeriquecouv_348205En introduction de ce second volume nous avons droit à un résumé de l’histoire et des protagonistes. Pour un manga de ce genre (à consommation rapide) c’est bien vu. Le premier tome présentait une entrée en matière rapide et très axée action. L’auteur de Magical Girl Holy shit prends ici le temps de se poser un peu en introduisant des nouveaux personnages, dont une journaliste qui permet d’élargir un peu l’univers et de démarrer un erzats de scénario. Après la méga baston entre « gros nichons » et l’héroïne, le manga nous place quelques backgrounds sur cet alter-ego qui attire pour l’instant toute l’attention de Kayo. Mine de rien Souryu arrive à garder un équilibre pas évident entre déconnade pas trop redondantes, troisième degré et action graphique plutôt agréable. Un poil plus sage que le précédent, cet opus fait le job suffisamment bien pour remettre une pièce dans la machine et nous emmener vers un troisième…

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  • Centaures #3 (Sumiyoshi/Glénat) – 2018, 4 vol parus, série en cours.

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badge numeriqueLes deux premiers volumes de cette étonnante et magnifique série m’avaient franchement emballé et la surprise de la chute sonnait comme un KO. Et pour cause, ces volumes formaient une sorte de prologue. Ici commence l’histoire des enfants centaures survivant de la terrible attaque des humains que nous avons vécu. Le ton est désormais beaucoup moins dur, comme le dessin, plus fin, moins estampes mais toujours aussi beau. Les quelques plans de nature en début d’ouvrage sont tout bonnement somptueux. Le monde en guerre que nous avons laissé a donné place quelques années plus tard à une étonnante cohabitation entre centaures et humains, que vont découvrir le fils de Matsukaze et celui de Kohibari. Si la tension a donc franchement baissé, malgré la peur permanente de ce que les centaures peuvent découvrir, l’auteur peut désormais s’atteler à imaginer à quoi peut ressembler une société japonaise civilisée habitée par des centaures. Il y a plein de bonnes idées de background et l’atmosphère de danger permanent instillée dans les deux premiers volumes infuse toujours chez le lecteur en créant une envie de connaître le destin de ces personnages. Les quelques effets brouillons des débuts ont presque disparu pour donner place à un manga très maîtrisé qui s’impose comme une valeur sure.

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  • Lastman #1 (Balak, Vivès, Sanlaville/Casterman) – 2012), série finie en 12 volumes.

mediathequecouv_183304On entend parler de Lastman depuis longtemps, avec un très bon buzz public. Le format me plait bien mais je reconnais que le style de la bande des Vivès/Sanlaville/Merwan/Gatignol, totalement issue de l’animation, me laisse parfois dubitatif. Pour quelqu’un qui aime les encrages précis d’un Toulhoat ou d’un Immonen, ce style épuré, à la fois très maîtrisé techniquement et déformé est perturbant. Le plaisir de lecture des Ogres-dieux ou de Mécanique celeste (mais surtout la sortie du dernier tome cette année!) m’a poussé à me lancer enfin. Du coup on a affaire à un classique tournoi d’arts-martiaux dans un univers composite rehaussé de magie. Le volume introduit un jeune garçon frêle désirant pratiquer les arts martiaux, le mystérieux et très charismatique Richard Aldana, redoutable combattant aussi fruste que déterminé et la jeune maman, une bombe qui attire l’attention et le désir. Le scénario est très fluide, intéressant en proposant un univers déjà riche de mystères et de méchants futurs. Beaucoup repose sur le disruptif Aldana en mode « faux connard » et le contraste avec le gamin attachant. Les dessins ont l’avantage de leurs défauts, pas très beaux mais terriblement efficaces par leur énergie et leur mouvement. On sent l’envie de mettre sur papier un dessin animé et il n’est pas étonnant que la série ait donné lieu à une version animée préquelle (qui m’intéresse pas mal du coup!) dont la première saison (11 minutes par épisode)  est disponible sur Netflix et la seconde le sera en 2021 sur le web de FranceTV. Cette série commence donc très bien, à la fois drôle, dynamique et mystérieuse. Je continue…

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***·East & West·Manga·Nouveau !·Service Presse

Les 7 ninja d’Efu #1-3

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Manga de Takayuki Yamaguchi,
Meian (2019-), 190 p./tome, 4 tomes parus en VF (8 en VO).

bsic journalismMerci aux éditions Meian pour cette découverte.

L’édition est magnifique avec de superbes couvertures sur chaque tome, qui attirent vraiment l’œil et donnent envie de plonger dans cet univers barbare et sensuel. La jaquette comporte un effet brillant sur le titre. Le résumé de l’album est compris en quatrième de couverture et un résumé des épisodes précédents sur le rabat. Certains termes japonais (nombreux dans la série) sont expliqués en notes de bas de page. Les volumes se terminent par des pub pour les autres publications de Meian. Rien à redire, du travail éditorial très propre.

L’histoire commence avec le shogunat Tokugawa dont le fondateur décrète l’extermination de tous les samuraï rattachés à l’ancien régime. Des milices sanguinaires sont envoyées dans les campagnes pour dénicher toute personne, homme, femme, enfant relié de près ou de loin aux Toyotomi. A travers le Japon, différents guerriers tués par ces chasseurs se voient réincarnés en démons-guerriers dotés de terribles pouvoirs…

Résultat de recherche d'images pour "yamaguchi 7 ninja d'efu"Comme la plupart des mangas de Bushido il faut s’intéresser à la culture et l’histoire japonaise pour bien apprécier cette nouvelle série fantastique. Non que l’objet de l’auteur soit une véracité historique stricte, les 7 ninja d’Efu est avant tout une série fantastique parlant de démons, de pouvoirs et de combats impressionnants de créatures s’éloignant souvent d’un réalisme humain. L’approche est donc historico-mythologique et si le point de départ prends son origine dans un événement majeur de l’histoire de l’archipel (l’ère Edo qui mène du XVI° au XIX° siècle et l’isolement total), l’univers est résolument magique, ne serait-ce que dans le comportement des corps que le mangaka se plait à torturer et à soumettre à des traitements extrêmes (dépeçage vivant, découpages en règle et explosions,…). Que les héros soient des Ninja Onshin (guerriers-démons vengeurs) ne limite pas ces traitements atroces aux créatures fantastiques. Dans ce monde les guerriers du Bakufu (gouvernement militaire du Shogun) sont dotés d’armures pas très éloignées de celles des Chevaliers du Zodiaque et certains simples humains sont dotés d’une force ou d’une résistance permettant de briser une lame de katana avec son crane nu…

Résultat de recherche d'images pour "7 ninja d'efu"Le graphisme est étonnant, un peu daté années quatre-vingt mais très fouillé avec une très faible utilisation de trames, remplacées par des hachures très sophistiquées et une attention portée sur les objets, armes et armures. L’auteur est perfectionniste et on peut dire qu’il y a un sacré boulot graphique. On aime ou pas ce style extrême mais ça reste très plaisant visuellement. Les couvertures sont magnifiques et font regretter que tout le manga ne soit pas en couleur pour nous aider à distinguer la multitude d’éléments des dessins. C’est très fouillé avec une attention particulière de l’auteur aux tissus très décorés de motifs élégants, ce qui permet une vraie originalité. Le point faible est les personnages dont l’expressivité est assez limitée et la physionomie plus que caricaturale. C’est volontaire et fait référence au théâtre populaire traditionnel japonais fait d’outrances. Pour qui a l’habitude de lire des mangas vous ne serez pas surpris.

Résultat de recherche d'images pour "7 ninja d'efu"La complexité des termes, noms et organisations politique et géographique nous perdent un peu, comme souvent dans les mangas de genre Bushido. Il faut rester accroché, d’autant que l’aventure avance assez vite. L’auteur semble très intéressé également par l’utilisation du folklore et contes légendaires du Japon, ce qui permet de découvrir un peu plus cette culture si étrange. La structure des premiers tomes consiste à présenter la mort très gore des fameux ninja d’Efu et leur renaissance, en même temps que l’apparition des plus gros méchants (Au terme des trois premiers volumes cinq ninja d’Efu sont apparus).  Je dis « plus gros » car en seulement trois volumes on a un nombre de morts des deux côtés de l’affrontement assez phénoménal, et bien malin est celui qui peut dire qui sera un personnage récurent ou juste un méchant de passage. Tous semblent dotés d’une puissance phénoménale… avant de mourir en une case. Vous l’aurez compris, les 7 ninja d’Efu tranche sévère et fait partie des mangas très violents où l’auteur s’arrête longuement sur les supplices perpétrés par les abominables suppôts du Shogun. Dans la foulée, les scènes de nu virant parfois au Ecchi absurde (comme ce démon androgyne qui découpe ses victimes… avec son membre!). C’est un tout et si l’exagération vous dérange il vaut mieux passer votre chemin. Ce serait pourtant dommage car ce démarrage attire l’attention par bien des aspects et il faut reconnaître à l’auteur la sincérité de son projet.Résultat de recherche d'images pour "7 ninja d'efu"

Réservé à un public de garçons un peu initiés à un pan violent de la culture manga, les 7 ninja d’Efu donne envie de poursuivre, ne serait-ce que par-ce qu’à ce stade l’histoire a à peine commencé. On devine des combats dantesque à venir entre créatures increvables. En se concentrant un peu sur une histoire qui devrait se structurer vous prendrez un plaisir un peu burlesque a suivre les trouvailles anatomiques et guerrières de Takayuki Yamaguchi.

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The Spider King

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One-shot de 192 pages, écrites par Josh Vann et dessinées par Simone D’Armini. Parution le 12/02/2020 aux éditions Glénat, collection Grindhouse (publication USA IDW publishing 2018)

 

Vikings et Envahisseurs

Alors que les guerres de clans font rage au sein de la Scandinavie moyenâgeuse, une pluie de débris cosmiques s’abat sur ses contrées glacées, au grand étonnement des vikings qui y guerroient.

Depuis qu’il a hérité, à son corps défendant, le trône du clan des Laxdale, Hrolf mène une guerre sans merci, mais perdue d’avance, contre son oncle l’impitoyable Aarek, suite à la trahison de ce dernier envers le clan. Alors qu’un affrontement décisif commence à faire couler le sang, le champs de bataille est ravagé par des objets tombés du ciel, des objets qu’aucun humain n’avait pu contempler jusqu’ici, venus de mondes lointains.

Des débris encore fumants, vont s’extirper des créatures hostiles munies d’une technologie supérieure, parmi lesquelles un seigneur de guerre malfaisant, qui, à défaut de la galaxie, se contentera bien de régner sur la Terre. C’est ainsi que ce seigneur de guerre naufragé va s’emparer du corps d’Aarek pour débuter sa campagne de conquête et de pillage, donnant à Hrold une double raison de terminer ce qu’il avait (difficilement) commencé.

Blood, Guts & Clarke’s Third Law

Déjà en difficulté face à son oncle, Hrold aura fort à faire contre l’union de ce dernier avec le conquérant intergalactique. Heureusement pour lui, il pourra compter sur sa nouvelle épée « magique » ainsi que sur ce qu’il lui reste de compagnons d’armes pour affronter ce danger mortel.

Bien évidemment, ce qui fait l’attrait de The Spider King est son pitch audacieux, qui mélange les genres tout en promettant de belles batailles, à défaut d’une intrigue profonde. Ce que l’on souhaite voir en effet en ouvrant l’album, c’est l’inévitable clash entre extra-terrestres belliqueux et vikings berserks, ainsi que le décalage des guerriers vikings percevant ces visiteurs aliens par le prisme de leurs croyances.

Le Roi Araignée remplit bien toutes ces promesses, et offre des planches parfois trash, souvent dynamiques, au service d’une intrigue divertissante. Le style de Simone D’Armini, issu du design vidéoludique, se prête bien au ton décalé de l’histoire, et oscille entre un Duncan Fegredo et un Michael Avon Oeming.

Résultat de recherche d'images pour "spider king d'armini"L’histoire, fortement rythmée au fil des chapitres de la mini-série, fonctionne bien en one-shot mais tend cependant à s’affaiblir sur le dernier chapitre, qui fait finalement office d’épilogue à la saga nordico-spatiale. On reste néanmoins emporté par cette aventure sans concession qui embarque son fruste protagoniste dans une guerre qu’il n’était pas prêt à mener.

En guise de bonus, l’album présente un court one-shot, qui était en fait le pilote de la série, ainsi que des couvertures alternatives pas piquées des hannetons.

The Spider King est une lecture prenante qui vient diversifier la collection Grindhouse de Glénat, et c’est heureux !

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Misfit City

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Premier tome de 112 pages de la série Misfit City, écrite par Kirsten « Kiwi » Smith, Kurt Lustgarten, dessiné par Naomi Franquiz et mis en couleur par Brittany Peer, paru le 14/02/2020 aux éditions Kinaye. Série finie en 2 deux volumes.

bsic journalism merci aux éditions Kinaye pour leur confiance.

Il arrive que certaines œuvres cultes, celles ayant marqué des générations, doivent leurs succès à leur format, leur prémisse de départ, ou encore aux archétypes qu’elles utilisent. Les films et séries cultes des années 80 ne font évidemment pas exception, et en y regardant de plus près, on peut discerner certains archétypes récurrents, notamment dans les œuvres mettant en scène des groupes.

Par exemple, il y a dans chaque groupe un leader, (Luke Skywalker, Hannibal Smith, Captain America, Venkman…) parfois volontaire, parfois réticent, un rebelle (Han Solo, Futé, Iron Man, Spengler…) qui contrebalance souvent les caractéristiques du leader, un génie (le duo C3PO-R2D2, Looping, Bruce Banner…) frêle mais intelligent, et un costaud (Chewbaca, Barracuda, Thor, Zeddemore…). On peut également trouver parfois un archétype dont le trait principal et la Féminité (Princesse Leïa, Black Widow…). Même un film comme les Goonies ne semble pas échapper à la règle: Mickey le leader, Bagou le rebelle, Data le génie et Choco le costaud.

Misfit City se veut une série à la fois nostalgique et moderne, reprenant ces archétypes de façon à les dépoussiérer façon 21e siècle par une astucieuse mise en abîme.

Cannon Cove est une petite bourgade portuaire quelque peu morose, où la vie ne semble pas trépidante. Le seul intérêt qui semble pouvoir être porté à la ville est du au fait qu’elle fut le lieu de tournage d’un célèbre film des années 80, The Gloomies, raison pour laquelle quelques touristes viennent encore souiller les côtes lors de leurs pèlerinages geeks.

Au milieu de ce marasme, Wilder (leader), Macy (rebelle), Dot (génie), Edwina (costaud), et Karma (féminin), tentent de survivre à l’ennui tout en esquivant les ennuis inhérents à la vie de lycéennes. C’est alors que disparaît le Capitaine Denby, figure locale quasi folklorique, qui lègue au musée de Cannon Cove un mystérieux et imposant coffre, dans lequel les adolescentes vont découvrir rien de moins qu’une carte au trésor. La réalité est-elle sur le point de dépasser la fiction ?

Toute ressemblance…

La scénariste Kirsten Smith, dont la masterpiece n’est autre que La revanche d’une blonde, nous sert ici ce qui faisait déjà le sel des Goonies il y a 30 ans: un groupe de jeunes se languissant dans une bourgade américaine, une chasse au trésor balisée par des indices, des codes à décrypter, la mélancolie à l’approche des séparations, et des bad guys qu’il faut distancer.

Le tout est rehaussé par les inévitables références au film culte que l’auteur s’est amusée à pasticher. Le groupe d’héroïnes, bien qu’archétypal, n’en demeure pas moins tout à fait complémentaire, crédible, et donc attachant, ce qui montre que les archétypes, lorsqu’ils sont bien utilisés, ne se transforment pas nécessairement en clichés.

Naomi Franquiz est une excellente dessinatrice, dont le style cartoon sied parfaitement à l’ambiance de l’histoire.

On suit donc avec délectation les péripéties de Wilder et compagnie jusqu’à un cliffhanger plutôt prévisible mais bien amené. Une œuvre tout public divertissante, à lire !

*****·Comics·East & West·Numérique·Rétro

Joker

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Comic de Brian Azzarello, Lee Bremejo et Patricia Mulvihill
Urban (2009), 122 p. one-shot.

badge numeriquecouv_375433Album hautement réputé qui développe le mythe moderne du Joker en prolongeant Killing Joke par un one-shot uniquement dédié à la Némésis de Batman, Joker est un monument! Étonnamment, très peu d’éditions de cet ouvrage sont sorties avec seulement une réédition en 2013 agrémentée d’un cahier graphique et une ressortie sous les couleurs du Black Label plus récemment. Cet album de dix ans déjà n’a absolument pas pris une ride et semble avoir fortement inspiré le Dark Knight de Christopher Nolan bien que les deux créations aient été réalisées en même temps. Le film Suicide Squad reprend le personnage du narrateur de l’album. Enfin, évidemment, le très récent succès du film Joker emprunte certains éléments psychologiques et le grand réalisme du projet.

Asile d’Arkham, Gotham city. Le portail s’ouvre. Une ombre apparaît. Le Joker vient d’être relâché. Le prince a perdu son royaume et compte bien le reconquérir. Pour cela il doit rendre visite aux plus grande criminels de Gotham, sa façon: barbare et démente. Lorsque le Chevalier noir est absent le crime se répand. Joker est le prince du crime et voici ce qu’il se passe lorsqu’il n’affronte par son alter-ego…

Résultat de recherche d'images pour "bermejo joker"La couverture de cet album, hautement provocatrice est inscrite dans la veine trash des Arkham Asylum et Killing Joke en donnant naissance quelques années plus tard au Deuil de la famille de Snyder et Capullo. Cette seule image, ultra-réaliste tout en gardant l’esthétique d’un dessin BD est un chef d’œuvre qui dit le projet dans sa totalité. L’album doit évidemment beaucoup à Lee Bremejo, passé par Wildstorm avant de lancer 100 bullets avec son comparse Azzarello où il se situe dans la lignée directe de Frank Miller. Son dessin évolue ensuite vers une ligne plus réaliste, naviguant entre du Eduardo Risso et tirant vers Alex Ross. Le risque de ce style graphique est l’aspect figé du photoréalisme… défaut que n’a jamais Bermejo, qui parvient dans Joker à associer un vrai talent de mise en scène en mode polar noir, esthétique BD dans les encrages très dentelés et le mouvement. La colorisation de Patricia Mulvihill est absolument parfaite avant que Bermejo passe en couleurs directes sur le dernier Batman: Damned.

Résultat de recherche d'images pour "bermejo joker"J’avais déjà apprécié l’art de la mise en scène d’Azzarello sur d’autres albums. Dès les premières pages on comprend que la focale ne lâchera pas ce Joker d’exception, qui n’aura jamais été aussi réaliste, aussi réussi. Totalement fou, il profite de la quasi totale absence de Batman pour attirer toute l’attention. L’idée était risquée tant la rareté fait souvent la qualité et tant ce méchant iconique brille souvent par ses apparitions aussi improbables qu’inexplicables. Et c’est pourtant cette absence du héros qui permet à l’ouvrage de donner toute son ampleur barbare, comme une illustration que le clown ne souffre d’aucune concurrence sur la scène du théâtre pour donner toute sa démesure. Beaucoup d’albums laissent penser qu’ils ont été réalisés pour leur future adaptation ciné. Et si ce Joker pourrait donner un superbe film (mais en a donc inspiré plus d’un…), la BD garde sa propre spécificité qui nous faire dire qu’animée cette histoire ne serait pas pareil. Du fait du pouvoir du crayon de Bermejo sans doute.

Résultat de recherche d'images pour "bermejo joker"Construit comme une longue chasse du Joker contre ses adversaires du crime, l’ouvrage est narré par un personnage pas si anodin qu’il n’y paraît. Sorte de Robin du Joker, il le craint comme il l’admire lors de ce ballet sanglant. Tirant le texte à lui Jonny rééquilibre une histoire qui aurait pu sombrer à n’être qu’une illustration du Joker. Et il permet d’utiliser tous les codes classiques du polar qui donnent une saveur noire et glacée aux nuits de Gotham. Le réalisme de l’approche parvient en outre à réinventer les personnages classiques de Batman avec une imagination et une pertinence indéniable.

Album hors norme (déjà passé à la postérité et ayant influencé tous ceux qui viennent après) que vous soyez féru de la mythologie Batman ou non, Joker est pour moi je plus grand album autour de Batman que j’ai lu avec le White Knight (qui utilise également cette inversion d’attention entre le Joker et le Batman). Une lecture indispensable, un régal de BD qui vous fera peut-être découvrir, cerise sur le gâteau, un des dessinateurs majeurs du comic US.

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