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Skyward #2

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Comic de Joe Henderson, Lee Garbett et Antonio Fabela
Hi comics (2020)  2 vol paru en France. Série achevée en 3 volumes aux USA. 136 pages/volume.

bsic journalismMerci aux éditions Hi comics pour leur fidélité.

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En fuite, Willa et Edison se retrouvent coincés au milieu de la campagne et découvrent l’étonnante évolution de la faune hors des villes. La belle histoire que Barrow a raconté aux citadins est bien loin de la réalité…

J’étais sorti un peu frustré de ma lecture du premier volume qui malgré un très bon démarrage et un personnage principal fort sympathique avait du mal à développer une intrigue véritablement originale et péchait par des planches un peu pauvres. Avec les mêmes limites ce second volume nous propose de déplacer le cadre vers la forêt occupée par des insectes ayant fortement grandi du fait de l’absence de gravité et de la contrainte liée. L’humanité se retrouve ainsi bien faible face à de tels monstres voraces et doit apprendre à utiliser certains animaux pour résister. MYSTERY COMICS: SKYWARD #7, de Joe Henderson et Lee GarbettCette aération du background fait du bien en ouvrant le champ des possibles avant que le grand méchant machiavélique arrive pour se rappeler à notre bon souvenir. L’intrigue est construite autour d’un triangle « amoureux » assez classique entre la foldingue Willa, le chétif Edison en mode bon copain et le colosse chez des fermiers qui semble recouvrer toutes les caractéristiques du héros parfait et qui ne laisse pas la demoiselle de marbre. Vous l’aurez compris, ni la structure ni l’intrigue ne révolutionnent le genre (des insectes géants ce n’est pas forcément révolutionnaire en SF…) et ce sont bien les interactions entre personnages qui permettent de s’intéresser à cette série. Les dialogues sont en effet assez savoureux (avec une très bonne traduction) et les auteurs s’amusent à créer des situations décalées qui nous décochent souvent un sourire. Pour le reste l’équipe a du savoir faire, sait gérer ses rebondissements et révélations… mais on a le sentiment qu’ils ne décollent jamais vraiment d’une ambition fort modeste accrochée au seul objectif hypothétique de rétablir la gravité grâce au carnet du papa de Willa. Si le scénario en profite pour nous rappeler à des thématiques écologiques fort actuelles (l’industrie agro-alimentaire opaque, le mythe du progrès, la séparation entre villes et champs, plus prégnante que jamais dans les Etats-Unis de Trump…), l’ensemble des conflits reposent sur l’intérêt pour les uns et pour les autres à maintenir cette situation zéro-G ou de l’abolir. L’idée de départ est intéressante mais c’est un peu court pour tenir trois longueurs. Il en est de même côté visuel avec une étonnante difficulté à gérer des séquences d’action profitant de l’élément physique pour créer des jeux de découpage et des mouvements innovants. On termine ainsi cet album comme le premier, un peu frustré et toujours en attente du coup de folie qui ferait sortir cette série de la vaste moyenne des comics juste sympa.

A noter que l’édition reliée du dernier volume est sortie en aout aux Etats-Unis, ce qui peut laisser envisager une conclusion chez nous en début d’année prochaine. Une édition intégrale est également annoncée pour mars aux Etats-Unis.

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Mind MGMT: Guerres psychiques et leurs influences invisibles

esat-westPremier tome de 329 pages, comprenant les douze premiers numéros de la série écrite et dessinée par Matt Kindt, parution le 19/03/2020 aux éditions Monsieur Toussaint Louverture.

Where is my Mind ?

Depuis la publication de son best-seller, dans lequel elle résout des meurtres jusque-là non-élucidés, Meru Marlow cherche le rebond, la nouvelle inspiration qui lui fera noircir les pages de ce roman qu’elle espère, et, au passage, qui l’aidera à payer son loyer.

Seulement, la gestation de cette nouvelle œuvre est plus délicate que ce que la jeune femme avait pressenti. Les jours s’égrainent, tant et si bien que la hype de son premier roman a laissé la place à un vide existentiel qu’elle a grand mal à combler.

Toutefois, un jour a priori comme un autre avachie devant son écran de télévision, Meru tombe sur la commémoration d’un incident qui a laissé le monde entier sans voix: il y a deux ans, les passagers du « Vol 815 » ont posé le pied au sol amnésiques. Plus étonnant encore: l’un des passagers, Henry Lyme, s’est volatilisé durant le vol, sans laisser aucune trace.

Meru y voit là les prémisses d’un roman-fleuve, une enquête passionnante qui sera la base de son nouveau roman. Toutefois, en débutant ses investigations, Meru va s’apercevoir qu’elle a posé le doigt sur une couture qui pourrait détricoter la nature même de la réalité telle qu’on la connaît. Et bien vite, les agents du Mind Management, soucieux de maintenir le statu-quo tant qu’il sert leurs intérêts, vont se mettre à sa poursuite.

Ceux qui croivent savoir se trompent

Meru ne l’a pas encore réalisé, mais elle va bientôt découvrir une effrayante et silencieuse conspiration. Le Mind MGMT, entité anonyme, insaisissable, regroupe des agents dotés de capacités mentales hors-normes, formés à toutes sortent de techniques de manipulation, de coercition et de déstabilisation.

Certains de leurs agents sont capables, par exemple, de guérir n’importe quelle blessure par la seule force de leur volonté. D’autres encore ont le don d’anticiper l’avenir en décryptant les pensées de toutes les personnes autour d’eux, ou de créer des commandes subliminales par le biais de messages publicitaires ou de romans, manipulant ainsi les masses.

L’influence du Mind MGMT et ses ramifications sont insondables, quiconque étant susceptible de s’être fait effacer la mémoire, pour peu qu’il ou elle ait représenté une gêne. Meru est donc confrontée d’emblée à un ennemi invisible, invincible, même, qui peut prédire ses actions et jouer avec sa réalité comme bon lui semble.

Ainsi, les frontières du vrai et du faux se confondent-elles au fil des pages, au fur et à mesure que la jeune enquêtrice fauchée soulève les pierres que le MGMT aura bien voulu semer sur son chemin.

Encore une fois, Matt Kindt fait la retentissante démonstration de son talent d’auteur, en livrant une œuvre conceptuelle fourmillante de détails. L’ambiance y est pesante, et la paranoïa telle que l’on se surprend à revenir régulièrement en arrière, incertain de ce que l’on vient de lire un chapitre auparavant.

L’auteur pose patiemment les strates successives de son récit, alternant fausses pistes et révélations, certaines scènes posées dans un chapitre ne prenant sens que grâce à la nouvelle perspective apportée par une information jusqu’alors cachée. Dans Mind MGMT, la réalité perd de sa substance, elle se vide même de son sens étant donné qu’un souvenir peut être effacé, tronqué, altéré, ou tout bonnement fabriqué.

A l’ère de la toute-puissante information confrontée au péril de la Fake News, à l’heure des Deep Fakes et des algorithmes prédictifs, Mind MGMT vient apposer un filtre paralogique sur un questionnement quasi aporétique: où est la Vérité ?

Malgré une méta-narration maîtrisée de bout-en-bout, le graphisme de Kindt n’est clairement pas son point fort. On se laisse néanmoins porter par le trait esquissé et les chaudes aquarelles, qui accentuent encore le goût d’irréel qui traverse ce roman graphique d’une portée tout à fait étourdissante. Une lecture aussi dense que déroutante !

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Demon Tune #1

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Manga de Yuki Kodama,
Kurokawa (2020) – 1/4 volume paru.

bsic journalismMerci aux éditions Kurokawa pour cette découverte.

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Wizard city est une ville cosmopolite qui accueille tout un chacun. Travaillant pour des mafias, des humains corrompus par du sang de démon font la loi de la nuit. Lorsque la petite fée Fran est capturée par ces hommes de main elle se retrouve obligée d’utiliser son pouvoir de guérison sur un étrange enfant aux étonnantes capacités de Ninja. Lancés à la recherche du mystérieux Rouleau du cataclysme, ils vont rapidement trouver sur leur chemin le terrible Boogeyman mais aussi le MBI (magical Bureau of investigation)…

https://static.hitek.fr/img/up_m/1977622801/demontune22.pngTrès bonne surprise que ce premier tome d’une série très courte puisque prévue en quatre tomes. Probablement une des raisons de l’efficacité de la progression dans ce manga qui avance très vite en ne perdant pas de temps à installer une atmosphère ou une psychologie sophistiquée des personnages. 100% shonen, Demon Tune nous propose les aventures d’un enfant Ninja dont le flaire sur-développé va intéresser le MBI, l’agence chargée de combattre les Demon tuner, ces personnes qui utilisent du sang de démon pour transformer des humains en créatures surpuissantes. Le plus dangereux d’entre eux est le Boogey man, un être apparemment invincible dont les visées restent mystérieuses et qui sème la terreur dans les rangs de la pègre locale.

Dès le premier chapitre l’aspect sombre et assez violent attire l’intérêt en voyant Koyukimaru littéralement torturé à mort par un gang qui utilise la fée pour lui redonner les forces suffisantes à poursuivre l’interrogatoire… Même si la torture n’est que suggérée on ressent la dureté de la vie de cet enfant et seul le personnage de la fée amène un peu de légèreté dans une histoire assez noire. Car on parle de démons, de monde clandestin Yûki Kodama, l'auteur de Blood Lad revient en force - MANGA et ...et de corruption des corps… Le style de graphisme de l’auteur permet d’aborder cela sans tomber dans le malsain puisque les personnages sont assez ronds et, autre point fort, les arrières-plans sont travaillés essentiellement en contrastes, donnant un ton de polar à l’ensemble.

Sur le plan de l’action c’est franchement efficace, très lisible et fun avec un personnage principal au design travaillé et dont les combats sautillants au Katana sont percutants et dynamiques. Ce premier tome installe essentiellement le héros et le grand méchant, le Boogeyman et seul le dernier chapitre introduit l’équipe du MBI dont l’officier féminin imprime déjà sa marque et aura sans doute plus de place dans la suite.

Peu friand de shonen que je trouve souvent similaires, j’ai trouvé de vraies qualités graphiques à ce volume qui arrive à attiser notre curiosité par un remarquable équilibre narratif dans la mise en place de cet univers noir. A voir ce que cela donne par la suite mais cette entrée en matière est clairement réussie.

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Black Badge

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Roman graphique de 290 pages, réunissant les 12 épisodes de la série écrite par Matt Kindt et dessinée par Tyler Jenkins, parue initialement aux US chez BOOM! Studios, publié en France depuis le 04/03/2020 aux éditions Futuropolis.

Charlie et ses drôles de drames

Les organisations occultes et les agents secrets foisonnent dans les œuvres de fiction, que l’on parle du SHIELD, du BPRD, de Mission: Impossible ou du Kingsman. Elles sauvent invariablement le monde de catastrophes diverses au prix de nombreux sacrifices, la rédemption du monde étant leur seule récompense.

Et si une de ces organisations se dissimulait sous des atours simples, voire improbables ? Et si une confrérie inoffensive aux yeux de tous façonnait notre monde en secret ? Et si…les Scouts étaient de redoutables espions ?

C’est la prémisse choisie par Matt Kindt pour Black Badge, où il raconte le parcours de Kenny, Cliff, Mintz et Willy, jeunes membres de la division secrète éponyme, dont le rôle consiste à mener à bien des missions de sabotage, d’exfiltration ou d’assassinats sous couverture. Leur jeunesse est leur meilleur atout: en effet, qui se soucierait d’une bande d’adolescents, et a fortiori, qui les penserait capables de telles actions ?

Cependant, Black Badge doit faire face à des menaces bien plus insidieuses et subversives que les terroristes lambdas qu’ils affrontent ordinairement. Au cours de leurs missions, les jeunes scouts vont croiser le chemin d’autres cellules occultes, aux ambitions perfides. Mais, en matière d’espionnage, la réalité n’est bien souvent qu’un voile qui dissimule d’autres vérités, ce qui va forcer nos héros à remettre en question leur crédo.

Les Quatre Scout-tastiques

Matt Kindt nous plonge dans un monde dangereux et opaque, reprenant avec habileté la triste thématique des enfants-soldats. Comme c’était le cas dans la réalité, les protagonistes sont des orphelins ou des jeunes que l’on a soustraits à leur foyer, pour les conditionner et les envoyer prendre des risques au nom des adultes.

Nos audacieux Black Badges, tels les X-Men du Professeur Xavier, sont donc de dévoués soldats, conditionnés qu’ils sont à de pas questionner les ordres. C’est pourtant là le propre de la jeunesse, aussi nos héros vont-ils progressivement dévoiler le mystère qui entoure leur unité de Scouts, au fil des missions et des épreuves rythmées par les douze chapitres. La lecture qu’a Kindt du jeune soldat que l’on sous-estime m’a fait penser à celle qu’avait Ed Brubaker concernant Bucky, l’acolyte de Captain America lors des flash-backs de la saga du Winter Soldier.

Graphiquement, on doit reconnaître à Tyler Jenkins une constance certaine sur presque 300 pages. Les couleurs qu’il emploie, posent un filtre rétro sur cette aventure aux tons et aux circonvolutions parfois désuètes, fleurant bon les récits d’espionnages de la grande époque.

Si vous aimez les récits à tiroirs, les faux-semblants et le camping derrière les lignes ennemies, alors Black Badge est fait pour vous !

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Dr. Stone #6-9

esat-westBillet spécial Dr. Stone, la série phénomène en cours de publication (quinze volumes parus au Japon et un rattrapage par Glénat probablement d’ici deux ans). J’avais stoppé ma lecture au cinquième tome et ai entrepris un rattrapage costaud pour rejoindre le dixième volume qui est juste sorti.

  • Dr. Stone #6 (Boichi, Inagaki – Glénat)  – 2019

couv_365865Après une grosse pause depuis le tome cinq d’une série qui commençait à me lasser, ma fille qui est accro m’a incité à m’y remettre. Du coup cette pause a été bénéfique puisque j’ai bien accroché à ce sixième volume qui marque la fin du « Livre 1 » que l’on comprend comme l’introduction à cet univers après la pétrification et les explications de ce qu’il s’est passé juste après avec l’intervention du père de Senku, seul rescapé avec son équipage de la station spatiale internationale. Le lien entre avant et maintenant est désormais fait et le manga peut lancer la bataille entre le royaume de science de Senku et celui de la force de Tsukasa (arc de la « guerre de la pierre »). Les inventions reprennent de plus belle et l’arrivée de nouveaux personnages fait du bien ainsi que le personnage du mentaliste qui anime beaucoup les manigances des deux groupes. La construction est toujours un peu erratique et demande un peu de concentration avec beaucoup de sauts géographiques ou temporels un peu abruptes, comme dans tous les manga de Boichi du reste. Le niveau graphique reste phénoménal et le statut de best seller de ce manga est tout à fait compréhensible vue sa qualité générale, notamment dans le public Shonen.

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  • Dr. Stone #7 (Boichi, Inagaki – Glénat)  – 2019

couv_369340Senku et sa bande ont entrepris de construire un « smartphone »!!! Bien entendu comme depuis le début de la série il y a un gros écart entre ce qui est annoncé avec des dessins anachroniques et la réalisation assez fruste, mais l’idée y est et hormis les délais de réalisation tout cela reste assez crédible à compter du moment où les matériaux et la connaissance sont présents. Sur le plan technique et scientifique on continue à apprendre énormément de choses et il est intellectuellement fascinant d’imaginer comment reconstituer notre société technologique en très peu de temps. Le scénariste Riichiro Inagaki fait toujours de gros efforts pour nous prendre à contre-pied avec un héros qui place systématiquement la finesse et l’intelligence devant la force brute. Ainsi, alors que le Royaume de Tsukasa imagine avec crainte Senku réaliser des armes à feu pour gagner cette guerre, ce dernier proclame comme arme ultime… la communication par ondes radio! Je ne sais pas si le système scolaire a déjà identifié ce manga comme support pédagogique mais ce ne serait pas une mauvaise idée tant la qualité visuelle et la multitude d’informations scientifiques débordent de chaque chapitre. Multipliant les personnages, Dr. Stone avance à « deux-millions à l’heure » vers l’affrontement final en proposant dans ce volume pour la première fois la question de l’état du reste du monde après la pétrification et le lien au travers des âges via la découverte d’un enregistrement…

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  • Dr. Stone #8 (Boichi, Inagaki – Glénat)  – 2019

couv_374734Comme depuis le début de la série le volume propose plusieurs intrigues assez linéaires et séparées facilitant la lecture du public cible: les jeunes. On  a donc la conclusion de la guerre de communication avec l’affrontement pour capturer Homura, l’espionne de Tsukasa puis des tentatives de récupération de membres de part et d’autre des deux royaumes et pour finir, la fameuse voiture vue sur la couverture. C’est d’ailleurs un des éléments que j’apprécie dans cette série, les couvertures sont extrêmement fidèles à l’intrigue et ne se contentent pas de jolies visions graphiques comme dans trop de manga.

Ce tome propose beaucoup plus d’action que les autres et c’est tant mieux! Si Senku n’est jamais avare d’idées mystérieuses dont on ne voit pas tout de suite l’utilité, l’avancée vers l’affrontement simplifie le récit et chaque découverte a une utilité immédiate qui nous parle (il faut dire on est plus dans la mécanique que dans la chimie ou la physique élémentaire). Au niveau des enjeux en revanche, ça se complexifie avec pour la première fois depuis les tous premiers chapitres, des doutes sur la conduite à tenir (peut-on éliminer des statues qui seront de futurs adversaires? Le risque de voir le royaume des sciences de Senku mener à la même catastrophe environnementale que le monde d’avant n’est-il pas trop grand?). Ça densifie fortement l’ambition du manga et le fait monter d’un cran avec quatre Calvin!

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  • Dr. Stone #9 (Boichi, Inagaki – Glénat)  – 2019

couv_381482L’offensive finale a commencé pour ce tome qui marque la fin du premier arc de Dr. Stone. Chrome est prisonnier et le plan de Senku va rapidement être mis à mal par la redoutable équipe de Tsukasa. Le cœur de cette guerre est la caverne miraculeuse, située au cœur du Royaume de la force et détenant le précieux élixir de dé-pétrification. Assez vite les inventions de Senku vont se heurter à la stratégie de Tsukasa, ce qui provoque de nombreux renversements de situation… Comme dans le précédent volume l’action est bien plus soutenue et les dessins deviennent par conséquent encore plus impressionnants en laissant de la place à Boichi pour montrer la qualité de sa technique.Beaucoup de personnages s’avèrent jouer un double jeu, à l’avantage ou au désavantage de Senku et ce jusqu’à la conclusion en gros cliffhanger! J’ai l’impression que les auteurs ont trouvé enfin un bon équilibre entre l’humour, la vulgarisation et world-building et l’action-suspens. Et quand on sait que le dixième volume démarre l’arc des Grandes découvertes, on imagine que la série peut durer encore pas mal de temps avec probablement l’ambition (tant que le succès est au rendez-vous) de nous narrer l’histoire de l’humanité jusqu’à nos jours…

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Coyotes #2

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Comic de Sean Lewis et Caitlin Yarsky

Hicomics (2020), 128p., Série finie en 2 tomes.

bsic journalismMerci aux éditions Hicomics pour leur confiance.

Aï, si vous me suivez depuis longtemps sur ce blog vous savez combien je suis attaché à la bonne finition et cohérence dans la fabrication de l’objet livre… et là mauvais point, la tranche de ce second tome dénote du premier en introduisant un « tome 2 » qui décale totalement cette tranche, brisant l’harmonie de la série sur votre étagère. J’imagine que ce changement aura été rectifié sur les réimpressions (que j’imagine rapides) du premier volume, mais pour les heureux découvreurs précoces de la série ca fait bien moche… Hormis cela maquette superbe comme pour le premier volume qui nous permet de profiter des superbes couvertures des issues originales  et un cahier graphique de huit pages montrant des planches crayonnées et encrées ainsi que les photos de modèles utilisées par l’illustratrice pour s’aider. Identique au premier opus donc et belle édition accompagnée d’une très intéressante préface et  d’une post-face du scénariste.

La critique du premier volume est disponible ici.

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Seff le loup géant s’est échappé après l’attaque des femmes. Désormais Rouge parcourt le pays avec Grand-mère pour retrouver d’autres victimes. Alors que deux clans aux visions de la Rédemption opposées se font face, la fratrie des trois Loups légendaires se met en chasse pour en finir définitivement avec Gaïa et ses descendantes…

Le comic Indé regorge décidément de surprises et Coyotes en est une. Excellente. Majeure! Sans crier gare, avec cette variation sur le thème du Chaperon rouge les deux « jeunes » auteurs Sean Lewis et Caitlin Yarski (dont le prochain ouvrage est déjà annoncé chez Hicomics) parviennent à proposer en seulement deux tomes une synthèse de ce que le fantastique et le Mythe peuvent apporter de plus puissant: une réflexion profonde et graphique sur la féminité, sur la violence, sur le pardon… avec une dimension philosophique indéniable. Attention, Coyotes n’est aucunement une série intello ennuyeuse voir ésotérique mais parvient à allier l’action, les visions graphiques très artistiques de Yarski et une profondeur qui donne sens et corps au projet.review] Coyotes tome 2 – Comics have the Power

En gardant la simplicité de l’intrigue du premier tome Sean Lewis monte encore d’un niveau en intégrant totalement son histoire dans le combat éternel et mythologique entre la masculinité et la féminité, deux approches du monde symbolisés par Gaïa et les loups que Lewis rattache par leurs noms aux grandes cosmogonies  (Fenrir, le vainqueur d’Odin lors du Ragnarök) et aux éléments fondamentaux (le feu, la glace, la violence,…). Alors que la Grand-mère raconte dès les premières pages l’origine de ce conflit à Rouge, l’autre clan de femmes (dont la cheffe Olive semble bien connaître la Duchesse) a une toute autre approche du combat contre les coyotes: le pardon par la reconnaissance des fautes commises. On sent là une vision toute américaine de la paix intérieure par le pardon des autres qui pourra laisser un lecteur européen dubitatif, mais également une opposition morale entre la vengeance et le pardon. Dilemme qui taraudera Rouge jusqu’au bout.

Coyotes #7 - Comics by comiXologyDepuis le début de la série la subtilité du discours politique de ce scénario m’a percuté. En donnant une peau noire à son chaperon, en introduisant des gardiennes vieilles, vulgaires, fumant le cigare, en plaçant un soupçon d’homosexualité discret au sein de cette communauté de femmes libérées, en montrant les hommes violents mais aussi aimant, soumis à une pulsion sociale ou manipulés, les auteurs nous proposent une approche hautement intelligente, non intellectuelle. Le projet aurait facilement pu basculer dans un schéma manichéen. Ce n’est pas le cas. Je constate souvent une approche, une sensibilité différente dans les scénarios d’autrices. Ici Sean Lewis fait preuve de la même sensibilité, différente de ce que la grande majorité des ouvrages d’un secteur très masculin proposent.

La partie graphique est ce qui saute immédiatement aux yeux. En alchimie avec le texte, Caitlin Yarski fait preuve d’une impressionnante maturité pour sa première BD. Son art est unique, parfaitement original. Dotée d’une technique sans faille mais invisible, elle REVIEW: 'Coyotes,' Vol 2 TPjour sur les lumières, les cadrages, le découpage (génial!) pour proposer une odyssée qui le ressemble à aucune autre, en cohérence totale. Ses visages sont d’une beauté divine, ses séquences à la fois d’un style simple et d’une parfaite lisibilité, ses personnages d’une expressivité folle, que ce soit la violence brute qui émane des gueules éructantes des loups ou la peur des hommes face à leurs actes. Dans une ambiance majoritairement nocturne travaillant sur des décors naturels, ce second tome est encore plus réussi que le premier, avec une colorisation chaude permettant la mise en valent des combats et de ces loups infernaux.

Le duo marque un très grand coup pour son arrivée dans le comic indé et je vais regarder de très près leurs prochains projets. La multitude de publication nous laisse parfois content mais un peu blasé à défiler les pages. Parfois une proposition nous est faite qui nous laisse pensif, heureux, conscient d’avoir découvert de vrais talents complets et un ouvrage important dans le monde de la BD.

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Red sonja: l’autre monde #2

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  • Red Sonja #2 (Chu, Gomez, Mohan – Graph Zeppelin)  – 2020

couv_377313badge numeriqueSuite des aventures temporelles de l’alter-ego de Conan, la rouquine hyboréenne crée par Robert Howard, qui se poursuivront dans un troisième volume annoncé en fin d’album. L’ouvrage comporte donc cette seconde partie et se termine par un épisode préquel (non dessiné par Carlos Gomez) et comme pour le premier tome par une importante galerie de couvertures alternatives. Suite aux événements précédents Max se retrouve en Hyborée, ce qui permet les mêmes décalages humoristiques que ceux créés par la guerrière transportée au XXI° siècle. Si la rousse poursuit donc sa quête du « mage » qui lui permettra de rentrer chez elle (en lattant au passage méchamment une bande de bikers), le policier se retrouve lui accompagné de charmantes guerrières très impressionnées par ses talents. Le dessin de cette partie est toujours aussi bon, mais le scénario (qui n’ambitionne pourtant pas de révolutionner la fantasy) cale un peu faute du méchant renvoyé chez lui et de tension dramatique un tant soi peu travaillée. Du coup on a un peu l’impression d’une prolongation alimentaire pour les auteurs qui auraient aussi bien pu conclure sur l’ouvrage précédent ou sauter directement à un diptyque. Il reste plaisant de voir Sonja enquiller les bières, trancher des têtes (oui-oui, c’est un peu moins policé que chez le Big-two) et surtout dialoguer à la mode Conan, avec nombre de jeux de langue qui vous rappelleront l’humour d’Arleston (Lanfeust de Troy). Ce second volume est donc limité à une simple récréation dispensable qui se passera bien si vous aimez le style du dessinateur argentin.

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Samurai 8 – la légende de Hachimaru #1-2

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Manga de Masashi Kishimoto et Akira Okubo
Kana (2019), 200p./volume, série finie en 5 volumes (3 parus en France).

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Projet très ambitieux scénarisé par l’auteur de Naruto, cette série prévue au long court à dû s’arrêter abruptement après seulement cinq volumes parus. Dotée de gros défauts que l’on constate dès le premier tome, l’univers et les concepts graphiques sont néanmoins assez passionnants et dotés de grande qualités. Le démarrage rappelle par moment un autre auteur un peu barré qui avait proposé il y a pas mal d’années une oeuvre aussi impressionnante qu’incompréhensible: le Orion de Masamune Shirow.

Hachimaru est un jeune handicapé. Relié à une machine qui le maintient en vie, il passe ses journées dans les mondes virtuels des jeux vidéo, couvé par un père inquiet. Jusqu’au jour où survient un étrange chat samouraï qui l’enjoint à se faire seppuku pour montrer sa bravoure et de devenir un samouraï-cyborg…

Index of /uploads/manga/samurai-8-tales-of-hachimaru/chapters/1Dès les premières pages de Samuraï8 on tombe sur des marques du Shonen avec son jeune garçon chétif et un peu otaku, la relation à l’autre sexe qui oblige à sortir de ses habitudes, le sacrifice et la rébellion contre l’autorité traditionnelle… Outre des dessins plutôt dans le haut du panier, ce qui distingue cette série c’est son approche original des histoires de Bushido mêlant tradition et grosse SF lorgnant vers le cyberpunk! En effet, dans ce monde la plupart des personnages semblent être des cyborgs extrêmement sophistiqués et équipés de corps se régénérant dans un matériau malléable et pouvant adopter des formes changeantes, un peu comme la nano-armure d’Iron Man… Accompagnés par une sorte d’animal-totem leur procurant armement et protection, ils doivent utiliser leur âme, une sorte de boule d’énergie gardée dans leur abdomen pour activer un katana de puissance. Mine de rien ces idées permettent beaucoup de possibilités, d’abord en matière de design, très très élégant et de variation sur des thèmes moraux et philosophiques propres au code des Samouraï, parlant de corps et d’esprit, d’âme, de cœur, etc.

Le premier volume est, disons le franchement, très laborieux et nous perd par une accumulation d’événements, de changements de temporalité et de personnages avant que l’on ait le temps de comprendre où on a mis les pieds. L’éditeur ayant eu la bonne idée d’insérer un résumé et rappel des personnages au début du tome deux, je ne saurais que vous conseiller de démarrer directement au second volume qui donne toutes les explications bien plus posément et entame une intrigue de façon moins échevelée. L’irruption d’un méchant terriblement puissant et charismatique renforce l’attrait de cet épisode qui rassure sur le potentiel d’une série partie pour une quête entre les planètes pour éviter la destruction de l’univers, rien que ça!ᴀʏʀs on Twitter: "The first chapter of “Samurai 8: Hachimaruden ...

Sachant que la série s’est arrêtée prématurément j’espère vraiment que les auteurs sont parvenue à construire une intrigue correcte alors que la richesse du monde permettait un développement assez conséquent. Pour ma part après un premier tome qui m’a franchement ennuyé, je me suis bien régalé sur le second et continuerais volontiers jusqu’au bout pour assister à des combats qui s’annoncent titanesques et hautement originaux.

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Strange fruit

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Comic de Mark Waid et J.G. Jones.
Delcourt (2017), 128p., one-shot.

L’ouvrage comporte une préface d’un critique  américain qui revient sur la portée politique de l’album quand au positionnement des comics sur le racisme anti-noir aux Etats-Unis (et qui rappelle le récent Bitter-root), une post-face de Mark Waid, une bio des auteurs et un carnet graphique fourni (vingt pages) comportant plein de couvertures originales et alternatives ainsi que des storyboards et planches en cours de réalisation qui permettent de voir l’important changement de ligne avec le précédent titre sous-titré « black colossus ». Rarement un cahier aussi intéressant aura été proposé, permettant d’entrer véritablement dans le processus de création graphique et d’ambiance de J.G. Jones alors qu’aucun texte ne vient détailles le projet.L’édition française reprend la première cover américaine et l’on peut voir, outre la portée politique de l’ouvrage, l’importance du contexte, le dessinateur ayant travaillé sur un design résolument futuriste reprenant les affiches de propagande des années vingt. Magnifique édition très complète donc!

couv_300866Chatterlee, Mississippi, 1927. La crue historique du fleuve tempétueux menace la ville et toute la population se mobilise pour bâtir à bras d’hommes des digues dérisoires. Alors que les esprits s’échauffent entre blancs et noirs dans cette terre du Klan, surgit un géant noir, muet et doté d’une force herculéenne. Qui est cet homme qui menace la domination suprémaciste en ces temps troublés?

The White Privilege, White Audacity, and White Priorities of ...Étant tombé sur les magnifiques planches de J.G. Jones sur internet j’ai découvert cet ouvrage qui m’a paru au premier abord comme une variation noire de Superman Red son, le chef d’œuvre de Mark Millar… or il n’en est rien! Ne vous trompez pas donc sur ces origines qui rappellent l’arrivée de Kal-el sur notre bonne Terre, le « strange fruit » ce titan arrivé par accident au milieu d’une chasse ségrégationniste n’est donc qu’un prétexte, la coloration super-héro inhérente au genre Comics pour dresser un puissant pamphlet contre le racisme et la ségrégation raciale du Sud américain. Référence directe à la mythique chanson de Billie Holliday, elle-même référence aux « fruits étranges » pendus aux arbres par le Ku Kux Klan, le titre donne le ton.

Nous plaçant comme témoins d’une situation installée, Mark Waid utilise son évènement fantastique comme seule barrière évitant à cette intrigue de basculer dans l’horreur. Ainsi alors que le fleuve semble intenable et que l’ingénieur noir envoyé par Washington pour aider les autorités locales (très apprêté et incongru en cette terre d’injustice) ne parvient pas à convaincre les locaux blancs, l’annonce de la disparition d’un enfant blanc met le feu aux poudres. Les hommes du Klan passent faire un razzia d’ouvriers noirs afin de les forcer à travailler sur la digue… Car l’eau ne menace finalement que les terres des propriétaires et ces journaliers préfèrent se divertir que de sauver leurs maîtres. C’est intolérable pour les blancs qui se jettent sur l’un d’eux, désigné  coupable de la disparition de l’enfant…

Strange Fruit's complicated, controversial place in comics ...Rarement un comic non documentaire n’aura abordé aussi frontalement le sujet et de façon aussi violente. Attention il ne s’agit pas ici de choquer ou de montrer l’horreur visuelle de ces fascistes. Les auteurs sont dans la peinture froide d’une époque. Le style hyper-réaliste du dessinateur (qui rappelle évidemment le Alex Ross de Uncle Sam) renforce énormément cet aspect documentaire en appuyant sur les visages très expressifs. J’ai été surpris par la surexposition des planches, voulues par l’auteur mais qui atténuent à mon avis la puissance de ces peintures. Il aurait été inspiré d’imprimer Strange Fruit est disponible !sur papier noir sans doute afin de renforcer le contraste, d’autant que l’histoire se déroulant pendant une période de pluies une atmosphère sombre aurait été plus appropriée. Malgré cela les planches éclatent au visage, de précision, de réalisme, accompagnées par un découpage très dynamique n’hésitant pas à envoyer des pleines pages et des lames biseautant des doubles pages.

Je n’ai presque pas parlé de ce venu d’ailleurs, ce géant noir que l’on comprend rapidement venir d’une autre planète. Il est bien présent sur un certain nombre de séquences mais muet il ne peut agir que par sa force brute. Utilisé comme deus ex machina d’une intrigue dont on imaginait la fin, on nous donne quelques indications homéopathiques sur son origine et ses capacités. Les fondus de super-héros pourront rester sur leur faim. Ce serait dommage tant cet album apparaît comme une inattendue alchimie d’histoire de super-héros adulte osant aborder un sujet qui fâche.

Strange fruit est une vraie réussite qui aurait certainement mérité un développement plus conséquent (la pagination impliquant une intrigue très linéaire et simple). Et un nouvel exemple que la meilleure façon de parler de super-héros c’est avec des sujets sérieux.

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STRANGE FRUIT -3 - Comics ZoneStrange Fruit 2 Issues (2015 - 2016) (Boom! Studios)

****·East & West·Manga·Nouveau !·Numérique·Rapidos

Sushi & Baggles #33

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Excellente fournée Manga et Comics qui montre qu’il ne faut jamais désespérer de séries parfois mal embarquées et que les projets les plus improbables mènent parfois à de grandes choses…


  • Ex-Arm #11 (Hi-rock/Shin-Ya Komi/Delcourt) – 2020 série achevée en 14 volumes (Japon)

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badge numeriqueOn approche de la fin avec ce onzième tome où continue une action effrénée et un enchaînement de révélations. Je le répète, si cette série excellemment dessinée depuis le premier volume a un gros retard à l’allumage, dès le commencement de l’intrigue principale au tome 6 on se rapproche très fort du statut de digne successeur de Ghost in the ShellLa bataille finale a déjà commencé avec la disparition de la plupart des familles engagées dans le combat pour la possession de la dernière ex-arm. Confrontée à Alma, Minami se voit dans l’obligation d’assumer son rôle de flic, même si cela doit passer par l’élimination de son amie… Alors que l’arrivée de l’Ogre, ce cyborg à la puissance phénoménale est annoncée, la récupération d’Alma devient impérative pour éviter la destruction de tout le site. Seul Akira et sa puissance de Hacking peut pirater ce monstre via l’IA d’Alma. Alors que les Octopod déversent un déluge de feu qui menace de faire s’effondrer le stade, le propre frère de Minami s’apprête à révéler sa véritable puissance…

Quel plaisir de retrouver ce manga aux scènes d’action parfaites, d’une lisibilité, d’une élégance parfaites et aux thématiques enfin au niveau! Plus que trois tomes avant la conclusion… qui sera prolongée par une suite annoncée et un anime prévu pour cette année. Avec une durée très raisonnable il est vraiment temps de découvrir cette excellente série trop méconnue.

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  • Centaures #4 (Sumiyoshi/Glénat) – 2019, série finie en 4 volumes.

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Ce quatrième volume achève (déjà!!) une série qui se classe nettement dans le très haut panier des mangas publiés depuis pas mal d’années. Pour une première publication, ce double diptyque s’avère d’une maturité impressionnante tant par des dessins qui visent à rappeler l’estampe que par l’ambition du découpage et des thématiques utilisées. Pour rappel les deux premiers volumes narrent la résistance du colosse Matsukaze dans un monde qui persécute et mets en esclavage les centaures. L’auteur avait prévu d’achever son récit sur une note sombre au bout de deux volumes mais devant la qualité du récit un second cycle a été lancé qui s’achève avec cet opus. Après avoir découvert que la guerre était finie et qu’humains et centaures apprenaient désormais à vivre ensemble, le fils de Matsukaze dont le père a fait promettre de se battre jusqu’à la fin des persécutions, se retrouve démuni face à ce nouveau monde et la nécessité du pardon. Le dernier tome nous montre Gonta employé pour transporter des bois sur un chantier commun aux deux Centaures tome 4 - BDfugue.comespèces. Là il trouve un amour qu’il ne sait assumer… Elevé en guerrier, aux habitudes très éloignées de la civilisation humaine, de très nombreux questionnements se bousculent dans sa tête, l’empêchant d’envisager une vie paisible et amoureuse qui lui tend pourtant les bras. Le pardon pour les souffrances infligées par les humains, le renoncement au mode de vie ancien (faut-il porter le kimono, présenté comme civilisé par la nouvelle société ou continuer à se promener la croupe à l’air comme toujours?), l’oubli du père en abandonnant son combat, la liberté individuelle de Tanikaze contre la prédestination, sont autant de thématiques très riches abordées dans ce seul et dernier tome d’une série construite comme deux faces, un premier cycle très dur posant la résistance contre une espèce humaine impitoyable et un second beaucoup plus posé, renvoyant les personnages au passé. Imprévue et subtile, cette construction prends tout son sens dans une conclusion potentiellement ouverte et aussi réussie que l’ensemble de la série. Une série majeure assurément!

Et Glénat annonce déjà la parution du dernier manga (Ashidaka) de cet autrice très talentueuse!

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  • Injustice, les dieux sont parmi nous – Année 1, 2° partie (Taylor/Collectif/Urban) – 2015

badge numeriquecouv_236040Je m’étais pris une grosse claque inattendue en janvier avec ma lecture de la première partie de l’année 1 de cette série. Fort heureusement à partir de l’année 2 de vraies couvertures de comics avec des dessinateurs plus classiques apparaissent et c’est tant mieux… Doté de dessins un peu moins réussis que précédemment, le scénario monte encore d’un cran dans cette fuite annoncée vers le totalitarisme d’un Superman qui a brisé ses chaînes morales. Si la première partie se structurait autour de la constitution de deux camps, la rupture est désormais rompue avec l’équipe du Chevalier noir quand l’Homme d’Acier commet son premier meurtre sur un super-héro… et pas le dernier! Tom Taylor réalise ici ce que personnellement je n’ai vu que dans Watchmen, une déconstruction totale des personnages iconiques, en supprimant tout le vernis éditorial d’autocensure posé jusqu’ici par la horde d’auteurs qui se sont succédé sans jamais oser passer à l’acte. Dans Red Son Superman abordait le rôle de méchant mais avec le soutien de son gouvernement, la dystopie créant une simple bascule d’Ouest en Est. Beaucoup plus ambitieuse la série dirigée par Taylor dit toutes les facettes psychanalytiques sombres des héros, Superman comme Batman, Wonder Woman comme Green Arrow. Tout cet habillage bien pensant auquel on n’a jamais cru, ces bourres-pifs menant les méchants en prison, bref, toute la règle posée par le Comic Code Authority et jamais vraiment démentie jusqu’ici est mise par terre pour nous proposer l’un des premiers récits adultes de super-héros chez DC.

Les seuls bémols que je mettrais sont l’irruption totalement WTF (et franchement mauvais goût) de Lobo, quelques dessins assez médiocres et quelques passages qui semblent rattachés à d’autres volumes et qui paraissent ici un peu perdus dans la trame scénaristique. Pour le reste Injustice est au bout de cette première « année » la meilleure chose que j’ai lu chez le Big Two depuis bien longtemps!

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