*****·BD·Jeunesse·Nouveau !

Voro #9: Le Tombeau des dieux troisième partie

Dernier tome de 166 pages de la série écrite et dessinée par Janne Kukkonen. Parution en France le 10/11/2021 aux éditions Casterman.

Le seigneur des flambeaux

Coup de coeur! (1)

Après avoir réveillé par inadvertance une dangereuse divinité du Feu, Lilya, une apprentie voleuse de la Guilde, s’est mise en tête de réparer ses erreurs quel qu’en soit le prix. Malheureusement, Ithiel, le Père Feu, est à l’apogée de son pouvoir: non seulement soutenu par la Tribu du Feu qui le vénère depuis la nuit des temps, il est également maître d’une armée de géants invincibles grâce à la Pierre de Feu, que Lilya a également contribué à rassembler.

Après avoir jeté ses forces dans la bataille, Lilya a échoué à éliminer Ithiel, qui s’est lancé dans une campagne de conquête du monde des hommes, lui qui se pense capable d’engendrer un monde idyllique aux antipodes de la cupidité et de la violence humaines. L’apprentie voleuse y a laissé la vie, mais elle a été tirée des limbes par la Mort elle-même, qui a semble-t-il un intérêt à assister à la chute de son rival Ithiel. Lilya a aussi reçu un coup de pouce de la part de la Demoiselle de la Nuit, la divinité que servait autrefois la Guilde des Voleurs.

Ses chances de succès sont bien minces, mais Lilya ne désespère pas. Résolue à sauver le monde des hommes, elle en appelle à la sagesse des hommes de bonne volonté que sont les Rois, mais ces derniers ont l’esprit trop occupés par leurs luttes de pouvoirs pour pouvoir agir de concert. Pire encore, depuis le dernier tome, Lilya ne peut même plus compter l’aide de son mentor Seamus, au vu des révélations qui ont été faites sur le passé de ce dernier.

Que pourra faire la jeune vaurienne pour prévaloir dans ce jeu de dupes où les hommes ne sont rien face aux rois, où les rois ne sont rien face aux dieux, et où les dieux manipulent leurs pions sur l’échiquier cosmique ?

Comme vous le savez , la série Voro est un incontournable parmi les séries jeunesse du moment. L’auteur finnois Janne Kukkonen, issu du monde de l’animation, est parvenu à créer un univers fantasy cohérent et original, mâtiné d’influences et de références nordiques, dans lequel évoluent des personnages marquants et attachants.

Le scénario parvient à éviter le manichéisme primaire en nuançant son propos ainsi que les valeurs portées par les personnages. En effet, difficile de donner totalement tort à Ithiel lorsqu’il méprise le monde bâti par les hommes et qu’il fait part de son amertume quant à sa trahison. Cela ajoute de la profondeur au personnage, ce qu’oublient bon nombre d’auteurs pourtant chevronnés. Il arrive en effet assez souvent de voir un antagoniste bien méchant, fréquemment cruel, et qui de surcroît affiche de la satisfaction à faire le mâââl, si bien que l’on bascule bien trop souvent dans le cliché.

Ici, ce n’est pas le cas, et chaque personnage possède sa part d’ombre ainsi que des qualités rédemptrices, qui rendent le récit engageant et le distingue de la masse des récits fongibles aux personnages interchangeables.

Dans Voro, l’action est toujours spectaculaire et jamais prétexte, et l’auteur arrive à accroître sans cesse la tension dramatique jusqu’au dénouement, faisant de ces neuf tomes une saga épique et enthousiasmante qu’il sera toujours bon de relire à l’occasion.

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**·***·BD·Nouveau !·Rapidos·Service Presse

BD en vrac #25: De Ira – Lanfeust de troy #9 – Le tueur, Affaires d’Etat #3

La BD!

  • De ira (Hirlemann/Delcourt) – 2021, 140p., niveau de gris, one-shot.

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Merci aux éditions Delcourt pour leur confiance!

couv_431661L’année 2021 est tout à fait prolifique pour Stephane Hirlemann puisque pour son entrée dans le monde de la BD le dessinateur propose pas moins de trois albums. Sans doute du fait des reports éditoriaux dus au COVID, mais cela montre une envie palpable. Après le plutôt raté Homme sans sourire qui était sauvé par des dessins où Hirlemann était à son aise dans une atmosphère de dystopie d’opérette issue d’Orwell, il propose avec ce one-shot un très gros coup de gueule gonflé mais risqué pour un premier album. 

S’inscrivant dans une ribambelle d’ouvrages s’inscrivant dans la colapsologie (avec des albums comme La Chute ou Carbone et Cilicium), De Ira (« de colère ») nous présente un groupe de rebelles anarchistes contestant la marche de leur société vers l’injustice, l’oppression des faibles et la progression inéluctable vers le fascisme, en affrontant parfois brutalement les tenants du système. Opérations coup de poing dans un camp de migrant, attaque de flics ou invasion d’amphithéâtres universitaires, ils sont déterminés à ne pas laisser faire…

On sent la rage de l’auteur devant une actualité qui mérite d’être effectivement condensée en des ouvrages qui nous rappellent l’anormalité des temps que nous vivons et le drame de l’indifférence. Ouvrage rebelle, anarchiste, De Ira est touchant par sa rage qui rappelle par moments le très sympathique Renato Jones. Maladroit, le scénario nous fait suivre sans trop de structure ces actions de rébellion avant d’approfondir un propos (y compris graphique) dans la seconde partie, plus intéressante. Le dessin propose un surprenant niveau de gris fort dommage et qui cache une rapidité d’exécution à la qualité très irrégulière. Ouvrage maladroit, pamphlet politique anarchiste intéressant, De Ira reste tout de même très imparfait et aurait mérité sans doute un peu plus de bouteille.

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Merci aux éditions Soleil pour leur confiance!

  • Lanfeust de Troy #9: la forêt noiseuse  (Arleston-Tarquin/Soleil) – 54p., 2021

couv_434346Retour au bercail pour les deux golden-boy de la naissance de Soleil! Après deux excellents cycles de huit tomes (Lanfeust de Troy puis sa suite directe SF Lanfeust  des Etoiles), les auteurs avaient lancé en 2009 un troisième cycle Odyssey prévu justement sur des diptyques permettant de ne pas étirer éternellement la recette… avant de changer de braquet pour partir sur le plus gros cycle (en dix tomes) très redondant qui avait fini par me lasser. Partis depuis faire l’éditeur avec Drakoo pour Arleston et sur sa série space-op solo pour Tarquin, le duo se reforme pour reprendre la suite directe de Lanfeust de Troy avec ce tome « 9 » en format one-shot. On ne comprend pas bien l’utilité de raccrocher cette Forêt noiseuse au cycle premier mais le format reste la meilleure idée qu’ils aient eu depuis dix ans.

Si l’idée de faire vieillir Lanfeust de treize ans d’un coup et de transformer Hébus en un érudit bibliothécaire fait un peu forcée, celle de contester le conservatisme d’Eckmül avec ce méchant siphonnant la magie du Magohamoth pour la redistribuer à sa guise est alléchante. Si les auteurs ne vont finalement pas plus loin que l’aventurette pleine de jeux de mots et de séquences débiles, on sent une dynamique toujours présente dans la tête d’Arleston et qui pourrait proposer des choses fort sympathiques par la suite, pour peu que le cadre one-shot soit respecté. Redémarrage forcément commercial donc, mais qui permet clairement à la jeune génération de découvrir cet univers toujours drôle et aux anciens de retrouver, parfois avec délectation, ces personnages qui ont bercé nos jeunesse BD.

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Merci aux éditions Casterman pour leur confiance!

  • Le tueur – affaires d’Etat #3:   (Matz/Jacamon/Casterman) – 64p., 2021

Quatrième cycle achevé en trois tomes. Le billet du premier volume est ici.

couv_433983Ce nouveau cycle court laisse un gout incertain dans la bouche. Les qualités et les défauts sont ceux décrits précédemment, notamment la pauvreté des décors où malheureusement le scénariste ne parvient pas à offrir à son dessinateur beaucoup de vues architecturales susceptibles de mettre du peps dans cette monotonie urbaine. Le propos de Matz concernant le cœur du sujet (le politicien populiste) est très ambigu et c’est cela qui intéresse le plus: présenté par tous les personnages comme une crapule, son discours ne laisse pourtant pas le lecteur désintéressé en disant des vérités sur le système politique et le discours mainstream médiatique. Loin de se contenter d’un ersatz raciste de Marine Le Pen, il semble bien convaincu par son rôle de poil à gratter. L’utilisation des caïd pour mettre de l’huile sur le feu et permettre un contexte qui lui est favorable n’annule pas pour autant des vérités qui rejoignent les pensées lucides du tueur. Sans nous guider particulièrement, Matz sème donc le doute en laissant son lecteur réfléchir tout seul sans savoir vraiment ce que pensent les auteurs de tout ceci. Le duo de flics est également un des points forts de cette intrigue où le Tueur reste bien passif et où on ne nous donnera pas beaucoup d’éléments sur les visées des services de renseignements et des affrontements internes à l’Etat. C’est le principal regret que l’on pourra avoir sur ces Affaires d’Etat que l’on aura espéré avoir plus d’ampleur. Si l’on regarde les cycle du pétrole on aura été beaucoup plus proche de ces affaires internationales mêlant politique, argent et enjeux économiques que sur cette trilogie. L’aspect froid et lent fait partie des codes du Tueur. On prend donc toujours du plaisir avec ce qui a plu jusqu’ici, un cran en dessous pourtant. Espérons que la suite aura plus d’envergure.

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Voro #8: Le tombeau des dieux, deuxième partie

Huitième tome de la série écrite et dessinée par Janne Kukonnen. 174 pages, parution aux éditions Casterman le 07/07/2021.

Second souffle, seconde chance

Après avoir réveillé par erreur Ithiel, le dieu vénéré par la Tribu du Feu, la jeune voleuse Lylia a du faire face aux conséquences de ses actes. Déterminé à se venger de ceux qui l’avaient trahi, Ithiel est plus que jamais résolu à purifier le monde par le feu, et il faut bien avouer que peu d’obstacles se dressent sur sa route.

En effet, les royaumes humains, gouvernés par des rois cupides et belliqueux, sont divisés et affaiblis. Incapables d’opposer une quelconque résistance au Père Feu et à son armée de géants invincibles, ils sont promis aux flammes purificatrices qui précèdent inévitablement l’oubli. L’Oubli, Lylia en revient justement. Tuée par Ithiel après avoir tenté de l’achever avec la dague de la Demoiselle de la Nuit, la vaurienne au grand cœur est parvenue à convaincre la Mort elle-même, de lui donner une seconde chance.

Revenue chez les vivants, elle est de nouveau confrontée aux conséquences de ses erreurs et s’allie avec son mentor Seamus, mais aussi avec le maître Chaman de la Tribu du Feu et deux rois autrefois en guerre, afin d’éviter le pire à l’Humanité. Parviendront-ils à mettre leurs différends de côté afin d’œuvrer pour le bien commun ?

Come on baby, light my fire

Ce huitième tome est marquant d’abord par sa pagination, sensiblement plus élevée que les précédents tomes. Cela annonce donc un récit plus dense, où les rebondissements et les révélations seront nombreux. La galerie de personnages créée par l’auteur s’enrichit encore davantage, par des interactions inattendues et un compte à rebours qui se fait de plus en plus pressant.

De nouveaux items narratifs viennent donc s’ajouter, dont un personnage longtemps évoqué et suggéré, la fameuse Demoiselle de la Nuit, divinité autrefois vénérée par la Guilde des Voleurs à laquelle Lylia appartenait. La dimension mystique apportée par ce personnage est bienvenue et apporte une touche de nouveauté à l’ensemble, qui était toutefois déjà orienté fantasy.

Pour le reste, on relève une mise en lumière du personnage de Seamus, au travers d’une révélation choc qui remet irrémédiablement en question sa relation avec sa jeune protégée. Graphiquement, le trait de Janne Kukkonen a parfaitement imbibé l’univers original qu’il s’est constitué. Ce tome 8 fait monter les enchères et sera suivi par le tome 9 en novembre 2021, pour une conclusion certainement épique !

**·BD

Ion Mud

La BD!

Histoire complète en 274 pages, écrite et dessinée par Amaury Bundgen, parue aux éditions Casterman le 20/01/2021.

Le vieil homme et l’Espace

Perdu dans un vaisseau-monde aux proportions cyclopéennes, Lupo oscille entre survie et exploration depuis bien longtemps, probablement des décennies. Marqué par les années d’errance spatiale, le vieil homme semble néanmoins avoir un objectif, celui de retrouver ses amis, desquels il fut séparé suite à des événements dont nous ne connaîtrons pas la teneur exacte.

Ce gigantesque vaisseau, composé d’innombrables niveaux, tous dotés d’une technologie à peine entendable, n’est pas habité que par Lupo. En effet, une armée de drones en assure la maintenance, et d’autres espèces vivantes, plus ou moins hostiles et venues d’autres systèmes semblent avoir été embarquées contre leur gré, comme notre vieux passager. Comme si cela ne suffisait pas, une xéno-forme de vie infecte l’ensemble des passagers et se répand de façon pandémique, forçant les drones à confiner certaines zones du vaisseau pour éviter le crash.

Lupo cherche une Torana, une porte noire pouvant le mener à ses amis. Pour survivre et atteindre son objectif, l’explorateur devra donc compter sur son expérience, son ingéniosité et sa bonhommie. Cela lui suffira-t-il à encaisser les révélations quant aux raisons de sa présence sur le vaisseau et sa véritable destinée ?

Blame ! it on the Boogey

Convenons-en d’emblée: pour ce premier album, Amaury Bundgen se révèle meilleur dessinateur que scénariste. A l’image de son protagoniste Lupo, l’auteur donne l’impression de s’être perdu dans les vastes méandres de son scénario, qui s’étale sur plus de 200 pages mais dont la narration hachurée déconcerte plus qu’elle n’happe.

Le premier acte, notamment, comporte bien des problèmes puisqu’il n’introduit qu’à grand peine l’univers développé par l’auteur, qui semble confondre mystère bien dosé et confusion. En effet, il se passe une cinquantaine de pages avant qu’un objectif ne soit clairement défini, bien que sur le plan diégétique, Lupo a commencé sa quête quarante ans auparavant. De nombreuses scènes, dont certaines rencontres faites par Lupo, déconcertent car elles n’amènent rien de spécifique à l’intrigue, que ce soit en terme de distillation de l’information (essentielle lors d’un premier acte), ou de caractérisation, et n’ont pas d’impact sur le reste de l’intrigue. Au contraire, d’autres rencontres relancent le rythme de façon plutôt artificielle, pour mener à un final convenable mais tout de même hâtif car composé essentiellement de réponses péremptoires.

L’auteur ne semble donc pas avoir bien saisi l’intérêt de préparer en amont ses péripéties et ses révélations, si bien que certaines d’entre elles semblent abruptes jusqu’en en perdre leur saveur. Le personnage principal demeure néanmoins sympathique, ce qui fait que l’on adhère plus ou moins à sa cause par la force des choses.

Ce constat est bien frustrant, car Ion Mud portait les germes d’un récit de genre à l’univers captivant, mais dont l’exécution hasardeuse manque de maîtrise, ce qui nuit à la qualité de l’ensemble. Il semble d’ailleurs très étonnant, de la part de l’éditeur qui a repéré Amaury lors d’un salon BD, que ce dernier n’ait pas bénéficié d’un suivi éditorial plus resserré qui aurait permis d’éviter les écueils narratifs qu’affiche l’album.

Graphiquement, Amaury Bundgen livre toute l’étendue de son talent en proposant des somptueuses planches en noir et blanc, dans lesquelles il fait montre de maestria quant aux décors.

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Voro #7: Le tombeau des dieux

Septième tome de 138 pages de la série écrite et dessinée par Janne Kukkonen. Parution chez Casterman le 28/04/2021.

Être ou ne pas être

Après de rocambolesques aventures, Lylia, jeune vaurienne aspirante voleuse, s’est attirée les foudres de la Guilde des Voleurs et du Jarl, ce qui a engendré une série d’évènements funestes dont la jeune fille a vite perdu le contrôle.

A son corps défendant, Lylia a réveillé Ithiel, le dieu de la Flamme, qui une fois ses forces recouvrées a entrepris de marcher à nouveau sur le monde, afin de se venger de la perfidie des hommes qui l’ont précipité jadis dans l’oubli.

Muni de la Pierre de Feu, un puissant artéfact relayant son pouvoir, Ithiel règne sur une armée de géants invincibles, empêchant quiconque de s’interposer. Lylia, quant à elle, a péri en tentant d’arrêter Ithiel. Ce qui est bien dommage, car la jeune voleuse était en possession de la seule arme capable de stopper le génocidaire incendiaire. Avec Lylia perdue au purgatoire, qui pourra empêcher Ithiel de purifier le monde par le Feu ?

L’ennemi de mon ennemi

Mine de rien, Voro atteint ici son troisième cycle, ce qui peut laisser craindre un essoufflement de l’intrigue ou des répétitions. Que nenni, point de redite ici puisque le status quo est renversé, ce qui force notre auteur et ses protagonistes à tenter de nouveaux schémas et à conclure des alliances contre-nature.

Lylia elle-même grandit et murit à l’occasion de son passage dans l’autre monde montrant bien que la série n’a pas encore donné tout son jus. On ne cesse donc d’être surpris avec Voro, et on me dit dans l’oreillette que le tome 8 est déjà sorti. Fichtre !

*****·BD

Aldobrando

La BD!

Histoire complète en 200 pages, écrite par Gipi et dessinée par Luigi Critone. Parution le 15/01/2020 aux éditions Casterman.

Heureux qui comme Aldo

Le jeune Aldobrando n’a aucun souvenir de ses parents. Élevé par un vieux sorcier soucieux de payer sa dette en lui transmettant les arcanes de son art, l’orphelin un peu distrait semble bien loin de la gloire passée de son père, qui fut victime d’un complot qui entraîna sa disgrâce et sa mort dans la Fosse

Alors qu’il prépare un sortilège nécessaire à son apprentissage de sorcier, l’étourderie  du jeune garçon provoque  une blessure au vieux sorcier. Seule l’herbe loup, une plante médicinale très rare, pourra le sauver. Aldobrando, pour la première fois de sa courte vie, va devoir s’aventurer seul dans l’a royaume, et affronter mille dangers pour sauver son père adoptif. Chétif et quelque peu naïf, Aldo va tomber de Charybde en Scylla et connaître bien des mésaventures qui feront de lui un aventurier glorieux…ou un homme mort.

Remarqué à sa sortie, Aldobrando est une réussite en tout point. Dès les premières pages d’introduction , le scénariste parvient à nous faire aimer son protagoniste et à nous le rendre sympathique, ce qui a pour conséquence de nous faire véritablement (mais raisonnablement, plot armor oblige) redouter l’issue de son aventure. 

Le fait qu’Aldobrando soit un gentil gringalet, autrement dit qu’il soit le plus mal placé pour mener à bien cette quête, est un autre élément participant à la qualité du récit, car cela nous fait anticiper et donc craindre, son échec plus que probable, ce qui a pour conséquence de rendre sa victoire finale d’autant plus savoureuse. On est donc loin du héros ennuyeusement badass et survitaminé, qui bien souvent n’est qu’une projection fantasmée de l’auteur, et qui triomphe de façon exagérée des obstacles dressés face à lui. 

L’utilisation des quiproquos et des retournements de situations, en plus d’un casting de personnages intéressants et bien écrits, permet une immersion encore plus grande dans l’histoire, dont la mise en scène est servie par des dialogues savoureux. Le thème du passage à l’âge adulte est assez évident dès la première lecture, mais se conjugue agréablement avec d’autres thèmes comme celui de l’amour, de la destinée et de la corruption. Le ton de Gipi est résolument satirique, à en juger par la façon dont sont dépeint les aristocrates et autres bigots.

Graphiquement, eh bien c’est à Critone que l’on a affaire, donc autant dire que les planches sont sublimes, tant par l’expressivité de ses personnages que par la qualité de ses cadrages, sans parler des aquarelles qui sont à tomber par terre. Sublime à regarder, adroitement écrit, Aldobrando est l’une des réussites de l’an passé, à vous procurer si ce n’est pas déjà fait !

****·BD·Jeunesse

Voro #6: L’armée de la Pierre de Feu troisième partie

Troisième tome du second cycle de la série écrite et dessinée par Janne Kukkonen. 140 pages, parution le 14/10/2020 aux éditions Casterman

Mes chers parents, je vole

Son ombre planait insidieusement au dessus du royaume depuis le premier tome, les Trois Rois avaient tenté le tout pour le tout afin de le bannir, mais il est de retour: Ithiel, prince de la Flamme, roi du Brasier, a été ressuscité par Lilya dans le tome 3 suite à un concours de circonstances. 

Désormais revenu au faîte de son pouvoir, et soutenu par sa Tribu du Feu, Ithiel engage la lutte pour remettre la main sur un artefact qui lui permettra de commander à une armée de géants de sa création. Créatures invincibles, ces géants obéissent à quiconque possède la Pierre du Feu, raison pour laquelle elle fut scindée en plusieurs fragments. 

Hélas, manipulée par le prince héritier, Lylia a livré les fragments à la Tribu du Feu, qui est désormais en mesure de mettre ses plans à exécution. L’âge de l’Homme touche-t-il réellement à sa fin ?

Voler la Lune

Anticipée depuis la fin du premier cycle, voici enfin venue la confrontation entre le démon du Feu et notre jeune apprentie voleuse. L’affrontement est à la hauteur de nos attentes, malgré le fossé qui sépare la chapardeuse de son adversaire. L’auteur creuse substantiellement le passé du seigneur du feu, qu fait allusion à une trahison qu’il aurait subie de la part de la mystérieuse Demoiselle de la Lune, évoquée brièvement lors du premier cycle comme étant une icône vénérée autrefois par la Guilde des Voleurs.

Ce choix resserre le champs narratif en liant deux items importants de l’univers imaginé par l’auteur finnois. Et c’est tant mieux, car sur cette fin de cycle, les spécificités de voleuse de Lylia sont nécessairement moins marquées, la jeune fille devenant ici une héroïne un peu plus classique. Il est clair en effet que l’auteur a éclusé durant ces six tomes le potentiel des situations liées au vol et à la ruse, le forçant en quelque sorte à changer de braquet avec sa protagoniste.

Cette fin de cycle porte une teinte résolument plus sombre que les précédentes, mais promet une suite encore plus épique ! Voro confirme son statut d’excellente série jeunesse, à lire !

****·BD·Jeunesse·Nouveau !·Rapidos

Voro #5: l’Armée de la Pierre de Feu, deuxième partie

Second tome du second cycle de la série écrite et dessinée par Janne Kukonnen. 102 pages, parution le 19/08/2020 aux éditions Casterman.

Voler encore, voler toujours

Dans le précédent tome, nous assistions au nouveau départ de Lilya jeune aspirante voleuse, et de son mentor Seamus, dans une nouvelle cité du royaume. Souhaitant repartir sur des bases plus saines auprès d’une nouvelle Guilde des Voleurs, les deux comparses ont accepté une mission encore plus périlleuse que celle qui les avait menés au secret des Trois Rois.

Alors que l’intrépide vaurienne s’échine à gagner ses galons de voleuse, sur les terres de la Tribu du Feu, la grande nouvelle s’est répandue: le Père Feu, Ithiel, a été tiré de son sommeil millénaire, par nulle autre que Lilya, et il est prêt à reprendre son cortège de conquête.

La guerre du Feu

Après nous avoir attaché à sa jeune voleuse, Janne Kukonnen augmente les enjeux en déployant le spectre d’une guerre dévastatrice, dans un univers désormais fort de 4 tomes de développement. Son trait est toujours aussi simple et efficace, mais il n’éclipse pas la qualité de l’intrigue, qui ne manque ici pas de rebondissements !

Nouveaux enjeux, nouveau Macguffin, anciens adversaires en quête de revanche, sont ici rassemblés pour nous montrer que Voro a encore de la ressource dans ce cinquième tome ! Mais, parbleu… le tome 6 est déjà sorti !

***·BD·Guide de lecture

Lastman cycle 2 (#7 – #12)

BD de Balak, Vivès, Sanlaville
Casterman (2013-2019), env. 200p./vol., série finie en 12 volumes.
Un album préquelle Lastman Stories est paru en 2018. Une série animée Netflix est également disponible (1 saison)

[Atention Spoilers!]

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Cela fait dix ans que Richard Aldana croupit dans les cachots de la vallée des rois. Dix ans que Marianne a été tuée et qu’Adrian a disparu. Dans ce nouveau monde Paxtown est devenue une ville respectable dirigée d’une main de fer par le maire Tomie Katana et la vallée des rois est devenue une tyrannie où la justice est devenue expéditive après la réactivation de la Garde royale. Aldana a l’art de se trouver au mauvais moment au mauvais endroit. Lorsqu’on le fait évader ce nouvel équilibre va rapidement voir surgir le feu et le sang…

mediathequeCe second cycle est un sacré pari tant il est dissocié du premier par une ellipse temporelle assez vertigineuse de dix ans, qui rebat tout ce que nous avons pu découvrir précédemment. Comme en forme de reboot, on démarre très fort avec un premier volume situé essentiellement dans la Vallée et l’on retrouve le constat fait sur les tomes passés: c’est ce contexte qui développe l’intrigue la plus dramatique, la plus solide, la plus intéressante.

LastMan -9- Tome 9Après un sérieux passage à vide sur le tome huit franchement inintéressant en forme de soap basé sur les retrouvailles des personnages, on repart de plus belle en mode feu d’artifice et surtout avec les réparties terribles d’Aldana! Car ce personnage est décidément une belle réussite d’anti-héros qui parvient à apporter à un genre qui a transformé ces personnages en archétypes assez banals. Résolus à surprendre à chaque instant en prenant le lecteur à contre-pied, les auteurs accentuent le côté looser du héros qui ne cesse de s’attirer les foudres de tout le monde avec sa propension à se trouver au pire endroit au pire moment, victime d’injustices à répétition. Mais le barbu à la couenne solide même si l’on prend pitié pour ce pauvre gars bien sympa et bien moins égoïste qu’il ne veut bien le faire croire…

Le problème de ce cycle c’est qu’à force de ruptures on en vient à casser un rythme pourtant redoutablement efficace. Ainsi tous les deux volumes un changement de narration rompt l’itinéraire inéluctable vers un grand n’importe quoi apocalyptique. Ce que j’avais apprécié sur le débilissime Fléau vert de Sanlaville (tout seul) se confirme ici avec du shoot de zombie, du fight de prisonniers évadés, des dragons, des vaisseaux volants, des hommes en jarretelles ou en slip, des barbus, encore des barbus, un peu de cyborg… et toujours cette dynamique folle dans l’action grâce à une technique de dessin d’une immense maîtrise. Le tome dix se consacre à un gros flashback, pas inintéressant hormis le fait d’être narré d’une seule traite, mais adoptant un effet estompé qui n’est pas moche en soi mais qui sur cent-cinquante pages est un peu lassant visuellement. Le double album final (avec cette sympathique couverture séparée en deux parties) reprend dans une Vallée des rois infernale où tout le monde est mort ou presque et une nouvelle réalité est apparue. En ayant laissé la bande d’Aldana presque deux volumes avant on se retrouve un peu perdu. Le grand méchant caché est apparu et le combat final survient, tenant toutes ses promesses bien que l’on ait par moment l’impression d’une improvisation scénaristique avec des deus-ex machina qui passent parce qu’on est dans une série B-Z et parce que le talent brut est là mais qui donnent un peu un sentiment de facilité.Lastman T12 par LABANDEDU9 - La bande du 9 : la communauté du 9ème art

Loin de moi l’envie de laisser une mauvaise impression sur ce second et dernier cycle d’une série inclassable, iconoclaste, qui si elle est bourrée de défauts a pour elle une sympathie et une entièreté d’artistes qui font joujou en pariant que leur amusement sera communicatif. Lastman a les qualités de ses défauts, à savoir l’aspect foutraque, le grand magasin rempli de tout ce qui plait à ces garçons. La perte de Marianne est un vrai gros point noir dans ce cycle et clairement les meilleurs passages sont autour du héros quand le retour d’Adrian est assez transparent et décevant. Si l’émotion du début de cycle fonctionne, elle s’estompe à mesure qu’on perd de vue Aldana et Adrian.  Non que les histoires de magiciens noirs ne soient pas intéressantes mais disons que cela devient plus banal que ce que nous ont proposé les auteurs jusque là. Si vous avez adoré le premier cycle vous pouvez sans soucis continuer, le plaisir (et les personnages!) reste là. Si l’aspect déstructuré du premier cycle vous a chagriné il n’est pas forcément nécessaire de continuer, l’histoire pouvant absolument se passer de sa prolongation.

***·****·BD·Bilan·Comics·Manga·Nouveau !

Marathon lectures

Copie de Le Bilan 2019

Salut les bdvores!

A l’occasion du jury BDGEST’arts (dont j’ai déjà parlé), j’ai entamé un marathon lectures depuis début novembre, souvent hors de mes cibles habituelles et ça m’a permis de découvrir quelques pépites qui ne m’avaient pas fait envie ou que j’avais loupé. Je vous propose un avis bref sur une série d’albums cités par mes camarades de Jury comme candidats potentiels aux meilleurs albums de l’année…

  • Asadora (Urasawa – Kana – 2020), 3 tomes parus, série en cours.

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Urasawaest un des gros trous dans mes lectures manga. Cité par beaucoup de monde comme un des mangaka majeurs de ces dernières années, il était temps que je découvre son univers et son style… qui m’ont tout à fait conquis sur cette dernière série (en cours de publication depuis 2018 au Japon). Comme la couverture de Kana l’indique il s’agit d’un feuilleton mêlant fantastique et vie quotidienne autour de la jeune Asa dont le tempérament explosif m’a conquis dès les premières pages. L’intrigue de ce premier volume suit la jeune fille, dernière d’une famille nombreuse, dans des pérégrinations autour d’un typhon qui ravage Nagoya. Résolue à aider les gens du haut de ses douze ans, la fillette va mobiliser les énergies autour d’elle… On retrouve un peu de l’esprit positif d’Amélie Poulain dans cette ambiance qui permet de plonger au cœur du japon quotidien des années soixante et un dessin BD d’une redoutable efficacité. Du coup je vais enchaîner les tomes disponibles à la médiathèque avant de m’attaquer au grand œuvre 20th century boys

  • Après le monde (Leman – Sarbacane- 2020), one-shot.

couv_400409Sur le seul pitch je n’aurais pas donné un kopeck à cet album qui reprend un thème éculé: des enfants se retrouvent seuls après la disparition de toute la population et l’apparition de grandes tours au loin. Et pourtant ce premier album de Timothée Leman est très maîtrisé tant techniquement, avec une teinte gris-sépia fort élégante et cauchemardesque, que narrativement avec une histoire simple, linéaire, qui sait poser du mystère, de demi-explications et une progression vers un final impressionnant bien que laissant un goût d’inachevé. Je ne critiquerais pas, ce type d’histoire est a peu près impossible à terminer, attaquée soit par son côté cryptique soit par un happy ou bad end souvent vu comme trop facile. Cela reste un très bel exercice de style assez poétique, très beau, sur l’itinéraire de deux enfants livrés à eux-mêmes, et bien sur ces paysages urbains désolés, toujours fascinants.

  • GoSt111 (Easersall/Mousse – Glénat- 2020), one-shot.

Couverture de GoSt 111Cette fois-ci c’est graphiquement que je n’aurais pas osé cet album qui propose une adaptation très originale en BD des histoires back-office des systèmes de sécurité français comme le Bureau des légendes. Venu du scénario TV et associé à un ancien commissaire, Mark Eacersall nous plonge dans l’univers des indics de la police. Univers sale, légalement incertain, entre deux univers, on se passionne pour le destin de cet immigré serbe pas très malin qui se retrouve contraint d’endosser le rôle d’indic pour un flic pas vraiment ripoux mais pas bien réglo non plus. Ce thème, plutôt nouveau et passionnant montre que sur un sujet classique (le polar) on peut toujours trouver le biais qui ouvrira notre attention. Si les dessins font le job ce sont bien le scénario et les dialogues qui font le sel de ce one-shot à lire comme une très bonne série policière. Il ne serait d’ailleurs pas du tout surprenant que l’on en voit une adaptation sur petit écran dans les années à venir.

  • Glouton (B-gnet/Milan – 2020), 2 tomes, série en cours.

Glouton -2- La boule des neigesAttention, cela fait longtemps que je n’ai pas autant ri sur une BD, depuis le Grand méchant Renard sans doute (avec quand-même les Viocs en passant…)! Glouton est le plus dangereux prédateur du Grand Nord, mais devenu feignant il a grossi et va devoir regagner son statut… Des BD d’humour animalier il y en a autant que de types d’humour. C’est souvent drôle… Glouton se lit la larme à l’œil de la première à la dernière page en dressant des situations improbables, des dialogues décalés, le tout d’une finesse juste géniale. Pas sur que cet humour parle aux plus jeunes mais vous, lecteur adultes, foncez sur ce nouveau personnage qui vous fera vous poiler comme rarement!

  • Square Eyes (Jones/Mill – Delcourt- 2020), One-shot

Couverture de Square EyesNouvel OBNI au royaume de la BD avec ce très gros album carré tout à fait conceptuel qui propose une variation sur la réalité augmentée, les réseaux sociaux et un futur dystopique comme jamais vu en BD. Des films SF visuellement innovants sur ces sujets il y en a régulièrement. Des tentatives scénarisées d’aborder ces sujets en BD également, mais une telle proposition graphique je n’en avais jamais vu. Disons le tout de suite, Square Eyes n’est pas grand public. C’est long, très compliqué à lire du fait d’un découpage et d’une mise en scène volontairement embrumés comme l’est l’héroïne. En essayant de nous faire voir le monde tantôt de l’extérieur tantôt par les yeux de ces personnes connectées à un réseau global où une réalité augmentée se superpose au monde physique, les auteurs brouillent notre regard et nous fascinent. En sort un questionnement philosophique sur la réalité même du monde dès lors que la réalité physique devient secondaire. Il en est de même sur la temporalité et l’identité de l’être qui peut se voir pirater sa vision et regarder par des yeux d’un autre ou via un enregistrement passé… La transposition graphique de ce concept est variée, fascinante, créant des planches « ilinéaires ». On est perdu la plupart du temps mais convaincu d’avoir assisté à une sacrée expérience artistique en BD…

  • Killer smile (Lemire/Sorrentino – Urban – 2020), One-shot

Couverture de Joker : Killer SmileNouvelle sortie du décidément très qualitatif Black Label de DC, Killer smile nous propose la vision de deux auteurs , chevronnés et réputés, d’une idée très proche de la tentative avortée de Snyder et Capullo sur Last Knight on earth. La réalité Batman n’en finit décidément plus d’être attaquée par des auteurs qui cherchent non plus à remettre en question les constantes du Batverse mais à tout simplement en finir! Après la révolution White Knight (la critique du second volume arrive avant Noël, promis!), nous voilà à nouveau confronté à ce redoutable Joker, véritable manipulateur des esprits et du monde qui l’entoure. Partant du même pitch que Harleen, un jeune psy tente d’achever son protocole de soin psy sur l’homme aux cheveux verts sans se perdre et sa famille avec. Je n’en dis pas plus, les références citées suffisent, mais ce one-shot propose un vortex psychologique diablement réussi malgré des dessins que je crains un peu dans leur aspect crado-hyper réalistes. Si vous passez cette spécificité graphique, vous entrerez dans une narration manipulatoire qui cite bien évidemment le mythique Killing Joke et vous laissera groggy sans trop savoir si le Chevalier Noir va survivre à cette année pandémique…

  • Seules à Berlin (Juncker – Casterman – 2020), One-shot.

Couverture de Seules à BerlinLes histoires sur la défaite allemande et l’état de Berlin à la Libération sont à la mode. Est-ce une forme de revanche culturelle française? Toujours est-il que le sujet ne me passionne pas et que j’ai à nouveau pu découvrir un excellent album ma foi bien sombre (voir glauquissime par moments) sur un sujet bien funky: une allemande qui a perdu son nazi de mari sert de fille de joie à des officiers de l’armée « de libération » soviétique alors qu’une traductrice du NKVD, idéaliste, découvre la réalité des femmes dans ce pays détruit… Dit comme ça ça donne envie de se tirer une balle et les dessins en lavis gris sur des décors d’apocalypse ne font rien pour enjouer tout ça. Pourtant ce gros volume de 200 pages arrive à construire sur des dessins très simples une atmosphère via un découpage sec très rythmé et nous passionne sur ce microcosme humain extrême que seules les histoires de guerre ou Post-apo peuvent transcrire. Alternant entre l’ubuesque quête du squelette du Führer par l’administration soviétique et la relation entre les deux femmes (mais aussi avec les officiers, les vieux allemands rescapés,…), Nicolas Juncker nous happe dans cet enfer où les bornes morales ont depuis longtemps volé en éclat pour laisser les cœurs à nu dans la plus grande simplicité humaine ou inhumaine. Très bel album malgré sa dureté, d’un auteur que je découvre et que je vais suivre de plus près…