***·Manga·Nouveau !·Service Presse

Dr. Stone #10

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Manga de Riichiro Inagaki et Boichi
Glénat (2020), 10/15 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Glénat pour leur confiance.

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La guerre est terminée et le royaume des sciences l’a emporté! Il est désormais temps de concentrer les forces physiques, techniques et intellectuelles sur un nouvel objectif: la découverte de la source du rayonnement qui a pétrifié l’humanité il y a des milliers d’année! Pour cela ils devront se rendre de l’autre côté du Globe… C’est l’ère des grandes explorations!

A l’occasion de la sortie du dixième tome (la productivité de Boichi est tout bonnement sidérante!) qui marque une grosse étape dans la série avec la fin effective de la première partie autour de l’affrontement entre le royaume de sciences de Senku et celui de la force de Tsukasa il est temps de faire un petit bilan d’étape.

Dr. Stone -10- Les Ailes de l'humanitéDr. Stone est la première incursion de l’auteur sud-coréen dans le Shonen, associé au scénariste Inagaki. Il peut ainsi mettre à profit son incroyable technique (je trouve notamment ses textures et ses encrages virant au pinceau magnifiques) sous contrôle en ne se vautrant pas dans le terrible fan-service qui rend sa série phare Sun-ken rock si inégale. Dans ma lecture des premiers tomes j’avais un peu oublié l’aspect Shonen et si j’avais beaucoup aimé l’aspect scientifique (assez unique il me semble dans la BD grand public…) j’avais trouvé l’intrigue et les dialogues un peu légers. J’insiste donc sur le fait que ce manga se destine à un public de jeunes… ce qui n’interdit en rien de l’apprécier lorsqu’on est adulte et lecteur coutumier de manga. Elle peut même être une porte d’entrée si vous voulez découvrir le manga et ses codes si particuliers. C’est un dessin agréable, facile qui vous permettra de vous familiariser avec cet univers culturel et si le pitch de départ est un peu WTF, l’approche des découvertes en mode jeu-vidéo est vraiment la qualité première de ce manga.

Dans ce dixième volume on passe donc véritablement un cap puisque les différentes intrigues annexes convergent maintenant que Tsukasa a été vaincu. Nous avions appris Scan Dr. Stone 85 VFvia les passages dans le passé avec le père de Senku que le rayonnement pétrificateur se situait en Amérique du Sud, aussi notre héro qui ne capitule jamais devant l’adversité entreprend un voyage en bateau de l’autre côté de la planète! Comme chaque fois on tique en se disant que cette fois ils va un peu vite en besogne mais entre l’annonce et la réalisation surviennent plein d’étapes permettant de découvrir de nouvelles étapes de la civilisation… matérialiste.

Si ce volume a les mêmes qualités que tous les autres je reconnais que pour la première fois j’ai tiqué sur l’apparition de l’argent et la présentation du pétrole comme formidable, sans que quiconque ne trouve à redire. Quand on met en parallèle la vision antagoniste très intéressante de Tsukasa qui estimait que la pétrification avait permis de purger le monde de ses perversions les plus graves (et notamment écologiques) on ne peut qu’espérer que les auteurs utilisent simplement cette découverte pour créer un nouveau méchant. A voir sur la suite mais le risque est très grand de transformer une série jeunesse très vertueuse en un plaidoyer pour la découverte technologie sans morale.

Je vous passe les différentes découvertes de ce tome et vous invite si ce n’est fait à découvrir cette série dont le succès est amplement justifié tant elle semble faite pour incarner l’essence du shonen.

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***·****·East & West·Jeunesse·Manga·Nouveau !

Dr. Stone #6-9

esat-westBillet spécial Dr. Stone, la série phénomène en cours de publication (quinze volumes parus au Japon et un rattrapage par Glénat probablement d’ici deux ans). J’avais stoppé ma lecture au cinquième tome et ai entrepris un rattrapage costaud pour rejoindre le dixième volume qui est juste sorti.

  • Dr. Stone #6 (Boichi, Inagaki – Glénat)  – 2019

couv_365865Après une grosse pause depuis le tome cinq d’une série qui commençait à me lasser, ma fille qui est accro m’a incité à m’y remettre. Du coup cette pause a été bénéfique puisque j’ai bien accroché à ce sixième volume qui marque la fin du « Livre 1 » que l’on comprend comme l’introduction à cet univers après la pétrification et les explications de ce qu’il s’est passé juste après avec l’intervention du père de Senku, seul rescapé avec son équipage de la station spatiale internationale. Le lien entre avant et maintenant est désormais fait et le manga peut lancer la bataille entre le royaume de science de Senku et celui de la force de Tsukasa (arc de la « guerre de la pierre »). Les inventions reprennent de plus belle et l’arrivée de nouveaux personnages fait du bien ainsi que le personnage du mentaliste qui anime beaucoup les manigances des deux groupes. La construction est toujours un peu erratique et demande un peu de concentration avec beaucoup de sauts géographiques ou temporels un peu abruptes, comme dans tous les manga de Boichi du reste. Le niveau graphique reste phénoménal et le statut de best seller de ce manga est tout à fait compréhensible vue sa qualité générale, notamment dans le public Shonen.

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  • Dr. Stone #7 (Boichi, Inagaki – Glénat)  – 2019

couv_369340Senku et sa bande ont entrepris de construire un « smartphone »!!! Bien entendu comme depuis le début de la série il y a un gros écart entre ce qui est annoncé avec des dessins anachroniques et la réalisation assez fruste, mais l’idée y est et hormis les délais de réalisation tout cela reste assez crédible à compter du moment où les matériaux et la connaissance sont présents. Sur le plan technique et scientifique on continue à apprendre énormément de choses et il est intellectuellement fascinant d’imaginer comment reconstituer notre société technologique en très peu de temps. Le scénariste Riichiro Inagaki fait toujours de gros efforts pour nous prendre à contre-pied avec un héros qui place systématiquement la finesse et l’intelligence devant la force brute. Ainsi, alors que le Royaume de Tsukasa imagine avec crainte Senku réaliser des armes à feu pour gagner cette guerre, ce dernier proclame comme arme ultime… la communication par ondes radio! Je ne sais pas si le système scolaire a déjà identifié ce manga comme support pédagogique mais ce ne serait pas une mauvaise idée tant la qualité visuelle et la multitude d’informations scientifiques débordent de chaque chapitre. Multipliant les personnages, Dr. Stone avance à « deux-millions à l’heure » vers l’affrontement final en proposant dans ce volume pour la première fois la question de l’état du reste du monde après la pétrification et le lien au travers des âges via la découverte d’un enregistrement…

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  • Dr. Stone #8 (Boichi, Inagaki – Glénat)  – 2019

couv_374734Comme depuis le début de la série le volume propose plusieurs intrigues assez linéaires et séparées facilitant la lecture du public cible: les jeunes. On  a donc la conclusion de la guerre de communication avec l’affrontement pour capturer Homura, l’espionne de Tsukasa puis des tentatives de récupération de membres de part et d’autre des deux royaumes et pour finir, la fameuse voiture vue sur la couverture. C’est d’ailleurs un des éléments que j’apprécie dans cette série, les couvertures sont extrêmement fidèles à l’intrigue et ne se contentent pas de jolies visions graphiques comme dans trop de manga.

Ce tome propose beaucoup plus d’action que les autres et c’est tant mieux! Si Senku n’est jamais avare d’idées mystérieuses dont on ne voit pas tout de suite l’utilité, l’avancée vers l’affrontement simplifie le récit et chaque découverte a une utilité immédiate qui nous parle (il faut dire on est plus dans la mécanique que dans la chimie ou la physique élémentaire). Au niveau des enjeux en revanche, ça se complexifie avec pour la première fois depuis les tous premiers chapitres, des doutes sur la conduite à tenir (peut-on éliminer des statues qui seront de futurs adversaires? Le risque de voir le royaume des sciences de Senku mener à la même catastrophe environnementale que le monde d’avant n’est-il pas trop grand?). Ça densifie fortement l’ambition du manga et le fait monter d’un cran avec quatre Calvin!

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  • Dr. Stone #9 (Boichi, Inagaki – Glénat)  – 2019

couv_381482L’offensive finale a commencé pour ce tome qui marque la fin du premier arc de Dr. Stone. Chrome est prisonnier et le plan de Senku va rapidement être mis à mal par la redoutable équipe de Tsukasa. Le cœur de cette guerre est la caverne miraculeuse, située au cœur du Royaume de la force et détenant le précieux élixir de dé-pétrification. Assez vite les inventions de Senku vont se heurter à la stratégie de Tsukasa, ce qui provoque de nombreux renversements de situation… Comme dans le précédent volume l’action est bien plus soutenue et les dessins deviennent par conséquent encore plus impressionnants en laissant de la place à Boichi pour montrer la qualité de sa technique.Beaucoup de personnages s’avèrent jouer un double jeu, à l’avantage ou au désavantage de Senku et ce jusqu’à la conclusion en gros cliffhanger! J’ai l’impression que les auteurs ont trouvé enfin un bon équilibre entre l’humour, la vulgarisation et world-building et l’action-suspens. Et quand on sait que le dixième volume démarre l’arc des Grandes découvertes, on imagine que la série peut durer encore pas mal de temps avec probablement l’ambition (tant que le succès est au rendez-vous) de nous narrer l’histoire de l’humanité jusqu’à nos jours…

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Red sonja: l’autre monde #2

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  • Red Sonja #2 (Chu, Gomez, Mohan – Graph Zeppelin)  – 2020

couv_377313badge numeriqueSuite des aventures temporelles de l’alter-ego de Conan, la rouquine hyboréenne crée par Robert Howard, qui se poursuivront dans un troisième volume annoncé en fin d’album. L’ouvrage comporte donc cette seconde partie et se termine par un épisode préquel (non dessiné par Carlos Gomez) et comme pour le premier tome par une importante galerie de couvertures alternatives. Suite aux événements précédents Max se retrouve en Hyborée, ce qui permet les mêmes décalages humoristiques que ceux créés par la guerrière transportée au XXI° siècle. Si la rousse poursuit donc sa quête du « mage » qui lui permettra de rentrer chez elle (en lattant au passage méchamment une bande de bikers), le policier se retrouve lui accompagné de charmantes guerrières très impressionnées par ses talents. Le dessin de cette partie est toujours aussi bon, mais le scénario (qui n’ambitionne pourtant pas de révolutionner la fantasy) cale un peu faute du méchant renvoyé chez lui et de tension dramatique un tant soi peu travaillée. Du coup on a un peu l’impression d’une prolongation alimentaire pour les auteurs qui auraient aussi bien pu conclure sur l’ouvrage précédent ou sauter directement à un diptyque. Il reste plaisant de voir Sonja enquiller les bières, trancher des têtes (oui-oui, c’est un peu moins policé que chez le Big-two) et surtout dialoguer à la mode Conan, avec nombre de jeux de langue qui vous rappelleront l’humour d’Arleston (Lanfeust de Troy). Ce second volume est donc limité à une simple récréation dispensable qui se passera bien si vous aimez le style du dessinateur argentin.

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Injustice – les dieux sont parmi nous #3-4

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  • Injustice, les dieux sont parmi nous – Année 2, 1° partie (Taylor/Collectif/Urban) – 2015couv_253967

badge numeriqueLe kiff continue sur cette série qui commence à ressembler à tout ce que j’ai toujours voulu lire chez DC… Ce début de seconde année simplifie (ou densifie) encore l’intrigue et les dessinateurs puisqu’on se retrouve avec seulement deux artistes et l’impression d’une très grande cohérence graphique tout le long de la centaine de pages centrées autour de l’intervention du Green Lantern corp pour raisonner Superman. Batman et Wonder Woman, laissés mal en point à la fin du premier arc, sont absents et laissent donc la place à différents green lantern (qui ne pensent pas tous pareil bien entendu!) et une résistance au pouvoir totalitaire qui s’organise à Gotham. Les morts des héros dans les précédents volumes ont laissé des traces indélébiles qui cristallisent un affrontement qui va encore s’annoncer très violent. L’épisode a en outre le mérite de représenter une véritable porte d’entrée vers la thématique des Green lantern en étant très didactique pour les nouveaux venus dans cet univers et on s’aperçoit progressivement que le scénariste fait un gros travail de pédagogie permettant à tout un chacun d’entrer dans l’univers DC via cette dystopie fascinante. On continue!

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  • Injustice, les dieux sont parmi nous – Année 2, 1° partie (Taylor/Collectif/Urban) – 2015couv_257190

badge numeriqueInjustice est un peu le Game of Thrones des super-héros… Le taux de mortalité de héros majeurs est très élevé et bouleverse tous les codes de l’univers. Il est impressionnant de voir combien la seule bascule psychologique de Superman (le drame originel) ouvre un infini des possibles dès lors que l’on a renoncé au manichéisme des codes du héro. Si l’on peut à la longue s’interroger sur ce qui peut faire basculer autant de braves à la morale d’airain (Superman est un être troublé par son origine, mais Wonder Woman? Flash? …), on participe très volontiers à cet affrontement cosmique qui fait monter d’un cran les enjeux avec l’arrivée du Green lantern corp, du corp de Sinestro et la conclusion franchement inattendue et énorme de cette seconde année. L’équilibre est parfait entre les enjeux terriens (la résistance sous l’égide de Batman), le tourment de Kal-el et le rôle des Gardiens de l’ordre et des Green lantern. Car à chaque intervention dramatique, si les actes de Superman sont d’évidence injustifiables, les remises en question qu’il porte sur le rôle des héros qui l’affrontent sont souvent pertinentes. Toujours beaucoup d’action mais là encore beaucoup plus équilibrée que dans la plupart des comics débordant de testostérone. Jouant sur la psychologie des héros, sur la fuite en avant totalitaire et on peut le dire, démoniaque de Superman (on se demande toujours après quatre volumes ce qui pourrait bien rompre cette dynamique), cette série reste en tout point exemplaire et parvient brillamment à faire ce que le Batman Metal de Scott Snyder n’a pas réussi, bouleverser tranquillement, intelligemment, l’univers DC.

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Faut pas prendre les cons pour des gens!

La BD!

BD de Nicolas Rouhaud et Emmanuel Reuzé
Fluide glacial (2019), 53 p.

Rien que le titre de cet album active les zygomatiques! Avec cet ouvrage 100% Fluide glacial, si vous êtes adeptes de l’humour de sales gosses du magazine vous serez comblé, sinon laissez vous tenter par ces blagues hyper-contemporaines qui ont le grand mérite d’aborder frontalement (par l’humour noir donc) les thématiques politiques de nos sociétés gangrénées par la surveillance, l’intolérance, l’hyper-modernité exigeant du consommateur-citoyen de s’adapter en permanence… La forme vous paraîtra figée, avec des séries de cases souvent identiques dont seul le texte change, un peu dans l’idée des strips de presse. C’est dommage car le dessin en lui-même est plutôt bon. Du coup, un peu comme pour un album du chat, je trouve un peu difficile de justifier un prix a peu près équivalent à celui d’une BD classique pour ce qui s’avère plus de l’image figée agrémentée de textes décalés. Le travail graphique est sommes toutes modéré.

On rigole donc tout le long de ces séquences quasi SF qui extrémisent des problématiques d’aujourd’hui, souvent vers le trash. Justement on est là pour ça. Il y a plein de SDF, de familles techno classe moyenne et de flics. Les cons, ce sont les adeptes de la secte d’Uranus qui renoncent à un suicide collectif car le prix de l’essence a augmenté, ces jeunes parents qui pensent à dénoncer leur bébé à la préfecture car il ne parle pas français ou (mon préféré), ces flics qui interrogent un homme sur les crimes qu’il va commettre… Orwell n’est donc jamais loin et comme toujours, dans la visée de dénonciation l’humour a encore un coup d’avance sur l’Anticipation par sa concision. Une vraie réussite donc qui aurait pu être un réel carton avec un peu d’ambition graphique. Assurément une bonne vente de Noël dernier et un excellent cadeau à faire.

 

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Samurai 8 – la légende de Hachimaru #1-2

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Manga de Masashi Kishimoto et Akira Okubo
Kana (2019), 200p./volume, série finie en 5 volumes (3 parus en France).

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Projet très ambitieux scénarisé par l’auteur de Naruto, cette série prévue au long court à dû s’arrêter abruptement après seulement cinq volumes parus. Dotée de gros défauts que l’on constate dès le premier tome, l’univers et les concepts graphiques sont néanmoins assez passionnants et dotés de grande qualités. Le démarrage rappelle par moment un autre auteur un peu barré qui avait proposé il y a pas mal d’années une oeuvre aussi impressionnante qu’incompréhensible: le Orion de Masamune Shirow.

Hachimaru est un jeune handicapé. Relié à une machine qui le maintient en vie, il passe ses journées dans les mondes virtuels des jeux vidéo, couvé par un père inquiet. Jusqu’au jour où survient un étrange chat samouraï qui l’enjoint à se faire seppuku pour montrer sa bravoure et de devenir un samouraï-cyborg…

Index of /uploads/manga/samurai-8-tales-of-hachimaru/chapters/1Dès les premières pages de Samuraï8 on tombe sur des marques du Shonen avec son jeune garçon chétif et un peu otaku, la relation à l’autre sexe qui oblige à sortir de ses habitudes, le sacrifice et la rébellion contre l’autorité traditionnelle… Outre des dessins plutôt dans le haut du panier, ce qui distingue cette série c’est son approche original des histoires de Bushido mêlant tradition et grosse SF lorgnant vers le cyberpunk! En effet, dans ce monde la plupart des personnages semblent être des cyborgs extrêmement sophistiqués et équipés de corps se régénérant dans un matériau malléable et pouvant adopter des formes changeantes, un peu comme la nano-armure d’Iron Man… Accompagnés par une sorte d’animal-totem leur procurant armement et protection, ils doivent utiliser leur âme, une sorte de boule d’énergie gardée dans leur abdomen pour activer un katana de puissance. Mine de rien ces idées permettent beaucoup de possibilités, d’abord en matière de design, très très élégant et de variation sur des thèmes moraux et philosophiques propres au code des Samouraï, parlant de corps et d’esprit, d’âme, de cœur, etc.

Le premier volume est, disons le franchement, très laborieux et nous perd par une accumulation d’événements, de changements de temporalité et de personnages avant que l’on ait le temps de comprendre où on a mis les pieds. L’éditeur ayant eu la bonne idée d’insérer un résumé et rappel des personnages au début du tome deux, je ne saurais que vous conseiller de démarrer directement au second volume qui donne toutes les explications bien plus posément et entame une intrigue de façon moins échevelée. L’irruption d’un méchant terriblement puissant et charismatique renforce l’attrait de cet épisode qui rassure sur le potentiel d’une série partie pour une quête entre les planètes pour éviter la destruction de l’univers, rien que ça!ᴀʏʀs on Twitter: "The first chapter of “Samurai 8: Hachimaruden ...

Sachant que la série s’est arrêtée prématurément j’espère vraiment que les auteurs sont parvenue à construire une intrigue correcte alors que la richesse du monde permettait un développement assez conséquent. Pour ma part après un premier tome qui m’a franchement ennuyé, je me suis bien régalé sur le second et continuerais volontiers jusqu’au bout pour assister à des combats qui s’annoncent titanesques et hautement originaux.

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Lecture COVID: Space brothers #1

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Les sources de lectures Covid que j’ai identifié sont les suivantes (vérifier sur les sites la durée de disponibilité variable). Si vous avez un compte Iznéo, les promo sont basculées mais en vrac entre les promo payantes et les véritables gratuits).

Attention, avec l’annonce du déconfinement plusieurs éditeurs ont stoppé leur opération lecture gratuite. D’autres continuent au moins jusque fin mai. Si vous avez déjà ouvert un des albums proposés il se peut que la lecture soit toujours possible dans votre navigateur.


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Manga de Chuya Koyama
Pika(2013-), série en cours,20/37 vol. parus en France.

badge numeriquePour être franc en commençant cet album j’avais confondu avec le pavé Planètes et croyais donc m’attaquer à un manga achevé (j’évite systématiquement de commencer des grosses séries manga non achevées)… Cela obère la probabilité que je continue sur le long terme, pour autant j’ai pris un très grand plaisir à lire cette introduction particulièrement prenante sur un sujet que je n’attendais pas. Deux frères se sont promis de devenir astronautes… quelques années plus tard l’un d’eux a accompli son rêve et est en partance pour la Lune avec une équipe américaine. L’autre est ingénieur au chômage. Bousculé dans son honneur il est poussé à s’inscrire les tests d’intégration de l’agence spatiale japonaise…

Doté de dessins correctes mais loin d’être virtuoses, d’un sujet qui peut paraître banal, ce manga a pour première qualité l’intelligence de sa construction et de ses dialogues. Sur ce volume on entre assez vite dans le vif du sujet en suivant les différentes épreuves d’accession à l’Agence. Entre des qualités que l’on n’a pas le temps de connaître et un supposé piston lié à la stature de son illustre frère, le héros passe étape après étape en rencontrant ceux que l’on imagine faire partie de sa future formation. Happé de la première à la dernière page on prends fait et cause pour cet aîné qui n’a pas confiance en lui et tiré par un rêve commun. C’est drôle, touchant et donne très envie d’enchaîner les volumes de cette très belle histoire!

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Dragon & poisons #1: Greyson, Névo et Nat

BD du mercredi
BD d’Isabelle Bauthian,  Rebecca Morse et Aurélie Kaori.
Drakoo (2019),  46p./album, 1 tome sur 2 parus.

bsic journalism Merci aux éditions Drakoo pour cette découverte.

couv_373266-1La présentation de cet ouvrage est vraiment mal conçue tant sur un titre qui vise sans doute à se référer à Donjons et Dragons… en tombant complètement à plat, que par un titre de volume qui se contente de reprendre les trois noms des protagonistes du triangle amoureux qui est au cœur de la série. On fait difficilement plus feignant. La couverture ne fait rien pour accrocher le lecteur non plus avec ces trois personnages qui semblent indiquer une farce et un dragon vaguement menaçant… assez illisible et pas particulièrement esthétique hormis pour les couleurs très réussies (sur tout l’album) d’Aurélie Kaori. Bref, une couverture qui ne fait pas du tout le job et peut tromper sur le type de lectorat visé (Dragon et poison n’est pas une BD jeunesse!)…

La cité de Pâmoison a basé son économie sur les poisons que les habitants extraient des nombreuses plantes et créatures vénéneuses qui l’entourent. Là, Greyson, Névo et Natch forment un triangle amoureux de jeunes aventuriers déterminés à faire fortune en défiant le légendaire Dragon dans son antre. Amis pour la vie, l’ambition va cependant faire tourner au vinaigre leur destinée…

DRAGON & POISONS de Bauthian et MorsePassée cette introduction qui vous paraîtra bien méchante, je coupe court à toute inquiétude: cet album est franchement sympathique! Comme sur les précédentes BD de chez Drakoo, on sent immédiatement la différence de traitement issu de la culture Roman de la scénariste et qui apporte une richesse de dialogues et de personnages que beaucoup de BD oublient de développer suffisamment. Arleston a eu une excellente idée d’aller chercher des romanciers pour constituer son catalogue. Album très surprenant à plus d’un titre que ce Greyson, Névo et Natch qui nous prend systématiquement à contre pied! D’une couverture indiquant donc une faribole pour la jeunesse on se retrouve avec ce triangle amoureux autour de cette belle Natch à la libido très développée (pas pour enfants je disais). Après une très chouette introduction basée sur l’univers vénéneux de cette série on réalise que ce décors n’est qu’un habillage avec bien peu d’implication sur l’intrigue… celle-ci se basant sur les sauts d’époque assez brutaux bien que maîtrisés. Ainsi après vingt pages on bascule vingt ans plus tard alors que le trio a été brisé. Aucun temps de mise en place, ce sera la seconde partie qui se chargera de détailler un peu le passé des trois lurons. Cet enchevêtrement complexifie un peu la lecture et enrichit une trame qui reste en substance très classique des ouvrages de fantasy.

Dragon et Poisons - Greyson, Névo et Natch, BD et tomes sur ZOOLa première chose qui marque ce sont les couleurs très agréables et un découpage lisible. Le contraste entre des dessins de style humour et un univers relativement sombre (et tout à fait gore!) est surprenant et rafraîchissant. J’ai beaucoup aimé la personnalité des trois personnages dont on découvre façon puzzle la personnalité d’avant et celle d’après. Je ne peux déflorer la chute de l’album (qui change totalement le paradigme de la suite du diptyque) mais la scénariste semble avoir pris grand plaisir à nous balader ainsi dans les strates temporelles de sa narration… Au vu des premières pages j’aurais attendu une BD un poil plus coquine et humour noir mais étant donné le rythme endiablé et la richesse de ce qui nous est proposé on ne fera pas la fine bouche.

Fort surpris donc par une lecture que je n’attendais pas du tout, je reconnais Dragon et poisons comme une bonne surprise de ce début d’année. Très bien conçu, assez joli et doté de personnages attachants, ce premier tome souffre d’un manque de définition éditoriale bien dommage et qui ne lui évitera pas, je l’espère, de trouver son public.

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Lecture COVID: Renjoh desperado #1

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Les sources de lectures Covid que j’ai identifié sont les suivantes (vérifier sur les sites la durée de disponibilité variable). Si vous avez un compte Iznéo, les promo sont basculées mais en vrac entre les promo payantes et les véritables gratuits). N’hésitez pas à signaler en commentaire de ce billet des liens intéressants vers d’autres éditeurs!


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Manga de Ahndongshik
Kurokawa (2018-), 200 p./volume série terminée en 6 volumes.

badge numeriqueCette première série de l’auteur aurait fort pu trouver sa place dans la collection WTF de l’éditeur Akata tant l’idée semble totalement délirante: Renjoh Desperado propose de suivre une jeune ronin-desperado dotée d’un bras robot pouvant servir ce canon-propulseur (on pense à Berserk entre autres) et lancée dans une recherche de l’amour parfait… tout cela dans un croisement parfait entre l’Ouest des Renjoh Desperado tome 1 : à la recherche du parfait amour - Esprit ...cow-boys et le japon des samouraï… Clairement l’auteur a voulu se faire plaisir en un bon gros délire (fort bien dessiné du reste) où une succession de courtes histoires solo mettent l’héroïne dans des situations souvent similaires mais dont le ressort principal ressort sur l’improbable. Et je dois dire que cela fonctionne très bien, à la fois par un graphisme très clair, un design et une atmosphère originaux et un humour mêlé d’action très efficaces. Au sortir de ce premier volume on ne sait encore pas grand chose de ce cœur d’artichaut ni de ce qu’il est arrivé à son bras, seul élément steampunk du manga pour l’instant mais petit détail bien sympathique. Côté action ça défouraille fort, ça chevauche au grand air dans la rocaille rocailleuse et ça braque volontiers les trains quand un lézard des sables géant ne vous découpe pas la troupe en un tour de griffe. J’ai pris plaisir à cette lecture avec la seule réserve que des histoires courtes sur plusieurs volumes risquent de lasser le lecteur. J’espère qu’une intrigue générale sera construite par la suite mais en attendant, pour de la lecture rapide et délire ce manga fait clairement le job!

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****·BD·Mercredi BD·Nouveau !

Mattéo – 5° époque

BD du mercredi
BD de Jean-Pierre Gibrat
Futuropolis (2020), 60 p. Série Mattéo, 5 tomes parus.

couv_377558Le tome précédent a été chroniqué sur le blog avec un petit rappel des épisodes précédents. Je ne détaille pas la fabrication et édition, toujours superbes avec notamment des illustrations de couvertures à tomber et que l’on aimerait bien avoir en tirage encadré… A noter que l’éditeur a sorti une intégrale du premier cycle (tomes un et deux) et que chaque volume existe en grand format. La pagination des albums de la série a tendance à baisser… Je ne vais pas râler car il est toujours préférable qu’un auteur n’en mette pas trop mais dans l’absolu avec treize pages de moins que le tome trois on pourrait attendre un prix de vente légèrement diminué…

Le village d’Alceteria a été pris et la République socialiste et anarchiste peut installer ses idées dans cette enclave. Propulsé au rang de chef, Mattéo prend le temps de discuter avec le vieux franquiste en fauteuil roulant qui occupe le bas de l’hacienda où il réside avec ses compagnons d’arme… lorsqu’il ne doit pas calmer les ardeurs guerrières de la belle Aneschka. Mais rapidement les nuages s’annoncent sur leur utopie quand la guerre civile se rappelle à eux…

Les textes de cette série sont grands! De ceux qui respirent l’énergie intelligente, à la fois très politiques, drôles, sans doute écrits avec facilité par un auteur dans son jardin. Je rappelle régulièrement combien être scénariste ne s’improvise pas et que beaucoup de dessinateurs confondent les deux rôles. Comme son confrère Bourgeon il fait partie des pas si nombreux auteurs de BD à part entière dont les scénarios sont au moins aussi excellents que les dessins.

Nous n’écoutons pas les mêmes hymnes, peut-être pouvons-nous nous accorder sur les bruits…

Aux beuveries désinvoltes du précédent volumes qui faisaient écho à un esprit naïf de ces guerres idéologiques du XX° siècle, cette cinquième époque apporte l’hiver de la dure réalité de la guerre. Celle des morts et de la défaite. Si le texte reste léger et cynique comme son narrateur, le drame est réelle et le lecteur un peu historien le sait inéluctable. Il n’y a rien de plus amère que de revoir ce qui aurait pu être, de voir dans les magnifiques aquarelles de Gibrat cette utopie anarchiste naître et mourir. J’avais été surpris de voir la série emprunter aussi fermement (presque trois tomes sur le sujet) les sentiers de la guerre civile espagnole après deux albums assez thématiques (la première guerre mondiale et la révolution russe). Or, plus sans doute que la russe, cette guerre entre deux systèmes radicalement opposés parle pour tout le siècle et nous voyons l’importance de ce qui se joue. Utilisant sans cesse des rappels au conflit fondamental, civilisationnel, entre le collectif, le libertarisme, l’athéisme, la démocratie face au fascisme allié à l’Eglise, l’auteur donne une dimension majeure à sa série. Il a créé son personnage comme témoin destiné à traverser la sombre première moitié du XX° siècle, utile rappel d’enjeux jamais résolus.

Un premier passage juste pour voir, un second juste pour tuer… dieu n’avait sans doute jamais vu autant d’anarchistes courir à l’église…

Dans ce volume Mattéo voit revenir Amélie dont il imagine le calvaire de la captivité chez les phalangistes. En couple avec Aneschka il tente d’assumer son rôle de chef en organisant la défense du village alors que le hasard rappelle sa généalogie et l’histoire cachée de son espagnol de père… La finesse du scénario, jouant sans cesse entre l’intime, la petite histoire et la grande Histoire, reste toujours aussi remarquable. En cinq volumes rarement une série aura maintenu un niveau d’excellence aussi haut.

N’osant parler de chef d’oeuvre (plus facile à attribuer à un one-shot), je qualifierais néanmoins Mattéo de très grande série alliant beauté formelle jusque dans l’édition, dialogues dignes d’un Audiard sans jamais tomber dans la facilité et importance dramatique. Avec finalement assez peu de textes, beaucoup de plans muets voir contemplatifs, cet album clôt le second cycle et annonce un troisième à partir de 1939 et une seconde guerre mondiale qui va sans doute être plus difficile pour le héros dont le cynisme risque de se confronter à la froide dureté de cet holocauste. On souhaite à Gibrat de trouver l’angle qui permettra de maintenir ce peps et le plaisir de lecture qui nous donne envie de suivre Mattéo jusque très loin dans le siècle…

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