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Space battle lunchtime #2

Rufus Stewart

Cette nouvelle rubrique vise à présenter un album jeunesse  en regard croisé parent/enfants. Mes deux zozo parlent donc d’un album en mode question-réponse, puis vous trouverez en fin d’article mon avis dans un format plus classique. En espérant que ça vous plaise. N’hésitez pas à me donner votre avis et idées sur la formule en commentaires!

  • Ma fille c’est « Talia » (c’est un pseudo): à onze ans elle a aime beaucoup Buddy Longway, La Rose écarlate, les Mythics, Harmony, les carnets de Cerise, Dragon Ball ou Flying Witch…

Comic jeunesse de Natalie Riess
Kinaye (2019) – Oni press (2016), 120 p. couleur, volume 2/2

bsic journalismMerci aux éditions Kinaye pour cette découverte.

Space Battle Lunchtime - Tome 2 : La recette du désastre par RiessL’ouvrage comporte quatre chapitres et quinze pages de bonus,avec des strips humoristiques, la reprise du concept du « et si… », une recette des cupcakes de Péony, des croquis, des esquisses des couvertures, une explication de la mise en couleur… très complet encore une fois pour plonger les jeunes dans la fabrication d’un album. et un dossier de fabrication qui intéressera les jeunes sur la conception d’un album. Côté fabrication, même couverture brochée avec rabats et vernis sélectif que sur le T1. Très belle édition colorée en format comics.

Péony a été enlevée et se retrouve sur le point de participer au terrible Cannibal Coliseum, le concurrent du Space Battle Lunchtime version combat à mort! Alors que ses amis se demandent pourquoi elle a renoncé à la finale de SBL, l’étrange Neptunia décide de partir à sa recherche…

Salut Talia! On arrive à la conclusion de cette histoire de cuisine spatiale. Tu avais fait des pronostics sur le tome 1, est-ce que ça s’est vérifié?

Résultat de recherche d'images pour "space battle lunchtime 2"Non! On a cru qu’elle ne pourrait pas participer à la finale. Mais elle est délivrée au dernier moment (mais la finale ne sera pas celle que l’on croit…)!

Les deux volumes me semblent très différents, le premier axé sur une compétition de cuisine, le second plus en bataille à mort dans le Coliseum. Qu’en penses-tu?

Dans le Coliseum soit tu es hachée menu soit tu hache menu! Moi je préfère le SBL par-ce qu’ils y font la cuisine et qu’on voit des ingrédients étranges. Mais la p’tite Magicorne est trop drôle avec son petit tablier, toute rose et son air gentil alors qu’elle veut découper tout le monde avec sa spatule.

Que peux-tu dire de l’évolution de la relation entre Péony et Neptunia?

Au début elles sont juste amies mais dans le deuxième tome elles sont amoureuses (homo-sexuelles) et s’embrassent.

Il y a beaucoup d’action dans ce volume, où on voit les capacités de Neptunia…

Je pense pas plus que dans le premier: on voit Péony et Neptunia travailler dans leur cuisine avec ces ingrédients bizarres, dans le tome deux quand elle va sauver Péony seule et défonce tout sur son passage!

La fin est inattendue, non?

Non, pas vraiment, je pense que Melonhead a tout manigancé depuis le début. Il est démoniaque! Il est assez faible mais très malin…


Résultat de recherche d'images pour "space battle lunchtime 2"Voilà pour le retour de la choupette… et le vieux qu’est-ce qu’il en dit?

Ce second volume est très différent, beaucoup plus action que le premier et je l’ai trouvé plus intéressant pour quelqu’un de pas super passionné par les émissions de cuisine. L’histoire se découpe en deux parties: la participation au Cannibal Coliseum avec la très drôle P’tite Magicorne (imaginez un Petit Poney aux yeux étoilés et… psychopathe!) et le retour surprise pour la finale du SBL où tout va aller de travers. La fuite de Péony est un peu en mode n’importe quoi (on retrouve l’esprit de Volcano Trash à ce moment) mais l’action défile et reste efficace. L’auteure arrive à nous surprendre à de nombreuses reprises et c’est ce qui rend ce volume supérieur au précédent. Si le méchant est repérable depuis le début et qu’on se doute qu’il est derrière l’enlèvement de Péony, ses actions sont toujours subtilement machiavéliques et manipulatrices? Du coup on ne peut se douter du déroulement de la finale (dans une sorte de moule géant et en apesanteur) et encore moins du vainqueur. Deux éléments sont également surprenants et bien vus dans un album jeunesse: un certain côté gore très drôle pendant le Cannibal Coliseum et l’histoire d’amour homosexuelle entre Péony et Neptunia. Souvent ce genre de thème est évoqué sous le couvert de la grande amitié. Ici un bisou langoureux ne laisse pas de doute. J’aime bien que l’on aborde des sujets très contemporains sans sourciller dans des ouvrages pour les enfants, qui sont généralement plus ouverts à la différence et l’inconnu que les grands. Ce n’est absolument pas un thème central mais un élément des relations entre personnages avec une approche tout à fait normale.

Ce diptyque se termine de manière très sympa

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Sushi & Baggles #16

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  • Hit-Girl à Rome (Scavone/Albuquerque/Panini) – 2019

couv_364209Cet album a été lu dans le cadre du programme SuperlecteursRésultat de recherche d'images pour "iznéo"

Après la Colombie et le Canada, la plus bourrine et tarée des Vigilante débarque à Rome pour botter des culs et trancher des têtes! Le relaunch de la série initiée par Mark Millar va ainsi voyager avec une équipe différentes pour chaque one-shot. Si le premier volume était loin d’être inoubliable, notamment par son côté sadique un peu poussé, ici on reste dans les canons du personnage (à savoir de l’action brutale à base d’un mort par page et un langage très fleuri de la demoiselle) mais la course-poursuite initiée avec une sorte de Catwoman permet des scénettes drôles et plus structurées. On ne va pas se mentir, Hit-Girl ce n’est pas de la poésie ni Usual Suspects. C’est une lecture rapide, de la baston, super bien dessinée (par un Raphael Albuquerque qui prépare la série Prodigy avec Millar) avec des étoiles qui donnent un aspect cartoon… et des découpages de méchants bien sanglants! Ici les affreux sont une mafia de religieux timbrés, nonnes et moines en robes de bure armés d’Uzi et de masses d’armes, commandés par une vieille peau aussi psychopathe que bigotte, à la recherche d’une relique. Le cliché italien est assumé, le personnage est toujours aussi foutraque et primaire mais l’ensemble est très sympathique dans le genre, notamment grâce aux dessins (bien que les décors soient assez vides). Du coup on attend la suite, surtout que des pointures sont annoncées aux crayons…

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  • All-new X-men #4: La bataille de l’Atome (Collectif/Pannini) 2013 (US)/2015

couv_255426Je poursuis la série Marvel NOW! des All-new X-men entamée par Brian Michael Bendis et Stuart Immonen au dessin qui m’avait fait forte impression sur les trois premiers volumes. L’écriture des premiers et les somptueux dessins d’Immonen se retrouvent partiellement dans cet affrontement entre X-men d’hier, de maintenant et du futur bien que l’équipe créative ait grossie: si les dialogues sont toujours très savoureux et le découpage, avec de nombreuses doubles pages, percutant, l’histoire tourne un peu en rond avec ces interminables interrogations de qui est qui, faut-il renvoyer Jean et Cyclope à leur époque contre leur gré et que font-ils ici?… Même chose pour les dessins, parfois superbes (Immonen toujours sur les quelques planches qu’il réalise, Bachalo étonnant) mais pour l’essentiel moyens (y compris sur les quelques planches de la bataille finale dessinées par Esad Ribic un peu en service minimum sur ce coup, Frank Cho pas très à l’aise dans l’univers super-héroïque). C’est dommage car sur le papier on a quand-même une sacrée dream-team, mais le concept semble s’essouffler et viser surtout les quelques pleines pages d’offensive collective X-men dont sont friands les fans et les dessinateurs. A noter tout de même le superbe design général des versions des X-men et notamment cette Xorg à la tête de mort, terriblement originale et réussie. On ne sait pas si cet arc est une transition vers quelque chose de plus grand mais malgré un plaisir certain entrecoupé de longueurs, on a le sentiment que la série aurait pu s’arrêter aux trois premiers, cohérents en tant que tels.

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  • Zetman #1 (Masakazu Katsura/Delcourt-Tonkam)  – 2004 – 20 tomes parus, série finie.

zetman01Je suis un grand fan de Masakazu Katsura, un des premiers mangaka, que j’ai découvert au travers de DNA2 à l’époque où l’éditeur-libraire Tonkam se lançait en premier (avec Glénat) dans l’aventure du Manga en France… Il est pour moi l’un des meilleurs dessinateurs japonais et si j’ai finalement lu peu de ses séries, j’avais depuis longtemps très envie de lire ce Zetman originellement issu de short-stories parues en 1997. La série a depuis été transcrite en dessin-animé.

Jin est un jeune orphelin vivant avec les sans abri. Élevé par son « grand-père » il est doté d’une force peu commune et s’occupe en défendant les gens contre les bandits. Lorsqu’une étrange créature non-humaine tue son grand-père, le naïf petit garçon se retrouve propulsé dans un univers violent où une étrange organisation semble le rechercher activement…

Je ne reviens pas sur les dessins vraiment chouettes, les nombreux tics et auto-références de l’auteur (la série animée Wingman qui l’a lancé, les petites culottes, les cheveu en pétard,…). Zetman commence vraiment bien avec un premier volume déjà plein d’action, de mystère fantastique un peu gore (la série est annoncée « mature ») et des personnages intéressants. L’auteur lance de nombreuses pistes qui ont vocation à se développer et nous mènent vers des expériences scientifiques monstrueuses liées à un enfant qui semble être un être doté de capacités hors norme. Ça va a cent à l’heures avec force cliffhangers entre les douze chapitres du volume avec pour objectif une première crise qui sort le héros de son état naïf initial pour l’emmener vers le statut de super-héros. Très riche mise en bouche qui donne envie d’enchaîner cette série finie à la taille maîtrisée.

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Sushi & Baggles #15

esat-west

 


  • Dragonball Super #7 (Toriyama/Toyotaro/Glénat) – 2019

couv_363975Le tournoi en mode Battle Royal pour la survie des univers commence, dans une arène adaptée et avec un respect des règles très stricte: tous les combattants s’engagent en même temps, il est interdit de tuer l’adversaire et toute sortie du ring vaut élimination. La présence de Freezer va quelque peu fausser cette bataille… Ce tome est entièrement dédié au tournoi. Du coup, comme souvent sur DB l’alternance humour/baston tourne ici totalement vers le combat avec quelques rebondissements classiques dus aux coups tordus de Freezer ou des pouvoirs particuliers de certains combattants. Les auteurs se lâchent un peu en mode « invente-moi un combattant » et l’on retrouve un peu l’imagination délirante des premiers Drabonball avec ses dinosaures et autres démons invoqués… A mesure que les combattants sont éliminés on devine un affrontement Goku/Vegena/Jiren/Hit mais Toriyama joue maintenant depuis quelques temps avec son lecteur sur la rivalité Goku/Vegeta et on risque d’avoir des surprises. Pas le plus original des albums de la série mais si vous aimez les combats dans DB c’est suffisamment dynamique pour ne jamais vous lasser.

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  • Innocent rouge #1 (Sakamoto/Glénat) – 2017

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J’ai enfin lu le premier volume de la suite, « Rouge« , du manga Innocent paru en 9 volumes et critiqués sur le blog. Si la césure en deux séries distinctes me laisse un peu dubitatif (la petite sœur terrible, Marie-Joseph, est déjà adulte et possédant un office de bourreau à la fin de la série mère), on commence ici sur exactement les mêmes bases avec une exécution « clinique », des dessins somptueux (réalisés en numérique, pour ceux qui s’interrogent…), un Charles qui semble rentré dans le rang après ses velléités de changer l’ordre établi et une Marie-Joseph décidée à utiliser tous les expédiant en sa possession pour venger la mort de son amant. Ce premier volume s’attarde sur l’exécution du responsable de l’incendie criminel où ont péri les enfants d’Alain et sur une pauvrette, mise enceinte à douze ans et condamnée à mort après un accouchement assez barbare. Ça commence doucement, avec toujours un grand soin à la précision historique. On en redemande curieux de voir comment les idées abolitionnistes des frangins Sanson vont opérer à l’aube de la Révolution…

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  • Bolchoi Arena #1 (Boulet/Aseyn/Delcourt) – 2018

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Très bonne surprise que cet album à la maquette et identité graphique surprenante. Que ce soit le dessin d’Aseyn qui emprunte totalement aux manga un peu rétro et mal imprimés ou aux vieilles BD vintage on sent dans la démarche du projet l’intention de s’éloigner des canons commerciaux faits de belles couvertures aux couleurs éclatantes. On a donc un vrai manga, que ce soit par son thème (de jeunes gens découvrent un monde virtuel qui prends le dessus sur leur vie réelle) ou par le dessin et design. Sur ce plan, si les personnages sont un peu rapidement dessinés, les plans larges spatiaux et vaisseaux sont remarquables par leur technicité et gigantisme. Du coup la lecture de ce premier volume est très agréable et nous introduit dans l’univers des jeux vidéo avec son langage particulier à base de Level et de respawn… Sur le pitch on est très proche du Ready player One de Spielberg, avec des airs narratifs des Jours qui disparaissent. On suit donc une étudiants du futur qui découvre ce monde virtuel et à tendance à s’y perdre, le récit passant abruptement de séquences virtuelles au réel de façon à montrer la perte de sens de l’héroïne qui s’éclate avec les possibilités fabuleuses de cet univers où elle semble exceller en tout. Une BD qui donne du peps et qui peut devenir un vrai blockbuster pour peu que le graphisme s’affine un peu.

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Telemaque#1

Rufus Stewart

Nouvelle rubrique sur le blog avec l’envie de parler d’albums destinés à la jeunesse et surtout d’en parler avec des kids, à savoir mes enfants! La rubrique sera en work in progress au début pour trouver la bonne formule (je ne suis pas encore esclavagiste et comme le blog ne rapporte rien je n’oblige pas mes enfants à rédiger des billets…). L’idée étant de donner à la fois mon avis d’adulte et l’avis d’un lecteur jeune je vais commencer par un format question réponse. N’hésitez pas à me donner votre avis et idées sur la formule en commentaires!

  • Ma fille c’est « Talia » (c’est un pseudo): à onze ans elle a aime beaucoup Buddy Longway, La Rose écarlate, les Mythics, Harmony, les carnets de Cerise, Dragon Ball ou Flying Witch…
  • Mon fils c’est « Jean-Pedrovitch »: à  treize ans il a déjà lu une grosse partie de ma bdthèque, notamment Universal War 1&2, Thorgal, Blake et Mortimer, Largo Winch,…

BD de Kid Toussaint et Kenny Ruiz
Dupuis (2018-2019), 62 p./album, 2 volumes parus.
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Ouvrage acheté dans le cadre de l’opération 48H BD.

Tout le monde connaît l’histoire d’Ulysse, parti dix ans avec les armées grecques à la guerre de Troie et égaré autour de la méditerranée à son retour vers Itaque. Ce que nous ne savons pas c’est ce qu’a fait son fils Télémaque pendant ce temps: il est parti à sa recherche aidé de compagnons très hétéroclites, dans des aventures hautes en couleur!

Salut les enfants! Est-ce que vous connaissiez la mythologie grecque avant de lire Telemaque?

JP: Oui j’avais lu l’Odyssée en abrégé à l’Ecole des Loisirs. On avait vu Ulysse 31 aussi et ça aide bien. C’est bien de connaître l’histoire d’Ulysse avant de lire la BD.

Talia: J’ai lu Les Agents secrets de l’Olympe (une série de romans jeunesse). Et Ulysse 31.

Et du coup pouvez-vous nous dire comment la BD est reliée à l’Odyssée?

JP: On reconnait des personnages (comme Polyphème qui a déjà perdu son œil et parle d’Ulysse). Il y a aussi Circée la magicienne et les Sirènes qui ont une forme de Harpie. Télémaque refait les aventures d’Ulysse mais à sa manière.

Résultat de recherche d'images pour "telemaque ruiz"Talia: Polyphème appelle Ulysse « l’homme aux mille ruses » mais le héros dit s’appeler « personne ». Le fils de Polyphème est rajouté par rapport à l’histoire d’Ulysse et il aide Télémaque et sa copine car il ne veut pas manger d’humains et dit à son père que c’est en essayant de manger les humains qu’il a perdu son œil. Il est fan d’Ulysse car il admire son intelligence et sa ruse.

JP: Les premières pages racontent la Guerre de Troie avant que commence l’aventure de Télémaque.

Alors Télémaque c’est un peu Ulysse en plus jeune?

JP: Il a le même courage que son père mais est assez bête! Pas de bol, il arrive après son père, et ses victimes en veulent à son fils.

Talia: Il est assez imprévisible… Il est bien moins rusé et sa copine (Polycaste) l’aide beaucoup à se sortir de ses problèmes. Télémaque est très impatient, maladroit et prétentieux, il n’a pas voulu attendre le retour de son père  et se précipite dans le danger.

Résultat de recherche d'images pour "telemaque ruiz"Visuellement quel style de BD on a? Qu’est-ce qui vous a marqué?

JP: C’est très « jeunesse », parfois ça fait trop dessin-animé.

Talia: Les dessins sont exagérés, les personnages font des sauts géants… C’est plutôt drôle.

Un dernier mot?

JP: Derrière le côté jeunesse c’est finalement assez politique et plus complexe que ça en a l’air. Il y a besoin de quelques références. J’ai trouvé ce tome assez amusant et j’attends la suite!

Talia: C’est intéressant mais ca reste une BD d’aventure et on ne la lit pas pour se documenter sur la mythologie grecque.


Voilà pour le retour des zouzous… et le vieux qu’est-ce qu’il en dit?

Résultat de recherche d'images pour "telemaque ruiz"Très bonne surprise que ce Télémaque, avec notamment une découverte, l’excellent dessinateur espagnol Kenny Ruiz, au style proche du manga  et aux encrages forts issus de l’école espagnole. L’équilibre n’est jamais évident à trouver pour les séries estampillées jeunesse, entre un intérêt scénaristique et une simplification qui parle aux jeunes. Les auteurs ont trouvé cet équilibre avec un vrai réalisme littéraire dans les noms grecs et la complexité mythologique comme politique du contexte de l’Egée antique. Les enfants pourront trouver cela un peu compliqué mais les férus de mythologie (ils sont nombreux) s’y retrouveront. L’action et le style manga est en outre diablement efficace, avec des personnages drôles et une succession de péripéties qui s’enchaînent en suivant l’itinéraire de l’Odyssée  de façon fluide et non forcée. Dans l’esprit on est proche d’Aliénor Mandragore, avec le même humour décalé et des personnages semblant des transposition de héros mythiques. Télémaque est cependant plus efficace visuellement et en matière d’action. Et le principe de l’équipée de copains aux caractéristique bien particulières qui revisitent l’itinéraire d’Ulysse permet des perspectives sur une série longue. Une vraie réussite!

A partir de 10 ans.

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Kiliwatch

BD du mercredi
BD de Eric Herenguel & co
Caurette (2017), 74 p., one-shot.

bsic journalismMerci aux éditions Caurette pour cette découverte.

kiliwatch-couverture-dc3a9finitive-700-x-1000-px-564x800L’album relié, au format comic comprend treize histoires des bandits Kili et son pote le robot Banjo, pré-publiées dans le mythique magazine Ekllipse (… qui a participé à nombre de découvertes d’auteurs pour votre serviteur!) et dans LanfeustMag. Les quatre premières histoires sont dessinées par Eric Herenguel, d’autres uniquement écrites par lui, certaines où il n’intervient pas. Une quinzaine d’auteurs participent à ce recueil délirant, dont Timothée Montaigne, le dessinateur du Troisième Testament-Julius. Les histoires sont découpées avec page de garde. Chose assez rare, l’album commence par des bulles dans l’intérieur de couverture en mode « ouverture de rideau et fermeture de rideau ». Enfin, un carton propose des bonus à télécharger. Un gros délire de la première à la dernière page, j’adore le concept. Seul bémol, la couverture, malgré la signature de la star maison de l’éditeur (Kim Jung Gi), est terne et assez peu engageante. Étonnant, mais pas suffisant pour ôter le Calvin pour l’édition.

Kili et Banjo ce sont les Bonnie & Clyde d’un futur en mode western, un univers désertique parcouru de camions géants et de stations service. Kili est une redoutable tireuse à la langue bien pendue et au verge très fleuri. Banjo est le dernier modèle des cyborg de type Mephisto, fabuleuse machine à tuer… dotée d’un défaut d’étanchéité qui le rend incontinent à l’huile de vidange!

Résultat de recherche d'images pour "herenguel kiliwatch"Avec Kiliwatch Eric Herenguel a de toute évidence eu envie de rendre hommage à un chef d’œuvre que les quarantenaire ont découvert avec les premières publications de manga par Glénat au milieu des années quatre-vingt-dix: L’Appleseed de Masamune Shirow. On y découvrait dans un monde post-troisième guerre mondiale une vétéran de l’armée, machine à tuer accompagnée de son amoureux transformé en cyborg de type Hecatonshire aux capacités de perception phénoménales… Visuellement Kiliwatch est très proche du manga. Thématiquement on s’en éloigne avec un univers de sale gosse à la mode Fluide Glacial, beaucoup plus proche de Maëster. Les dialogues sont le gros point fort d’un album où on se marre franchement sur des réparties bourrines et vaguement vulgaires de Kili. Évidemment entre les histoires de gros (très gros!) flingues et les problèmes de fuite du robot, les histoires sont bardées d’allusions vaseuses basées sur les problèmes technologiques du robot ou sur la perfidie des bandits et autres salopards rencontrés. Mention spéciale au robot atteint du syndrome de la tourette. Amis de la finesse passez votre chemin!

Allez, sortez gentiment ou mon pote vous finit au bazooka. Et il est locké en mode combat sans échec. Le premier qui descend les mains sous les oreilles je lui frise la tête au 44 Magnum

Résultat de recherche d'images pour "herenguel kiliwatch"Graphiquement malgré la profusion de dessinateurs tout se tient sur un assez bon niveau, mention spéciale pour Herenguel dont la colorisation notamment est remarquable en créant une ambiance rouge-soleil et poussière avec des textures très élégantes. On est étonné de trouver une telle qualité graphique dans une BD d’humour.

Même si l’album est un peu cher pour un format comics et une pagination a peine plus importante qu’un album franco-belge je vous conseille cette virée virile au pays des gros flingues et des bons mots. Je vous passerais la foison de références ciné, vous l’aurez compris, Kiliwatch est une bonne poilade qui donne envie tout autant de relire du steampunk à la mode mad-max que de feuilleter ses albums de Fluide.

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Un putain de salopard #1: Isabel

BD du mercredi
BD de Régis Loisel et Olivier Pont
Rue de sèvres (2019), 88p., série en cours 1 vol. paru sur 3.

couv_360594La couverture est superbe et le titre diablement intrigant et accrocheur. Un pari réussi sur ce coup de poker étonnant qui a fait parler de lui! Une biblio des deux auteurs est proposée en ouverture. Hormis cela rien de particulier. A noter que contrairement à ses habitude, l’éditeur n’indique pas de nombre de tomes prévus, ce qui est bien dommage, surtout sur une série de Loisel qui nous a habitué à des séries relativement longues.

Années 70, frontière du Brésil, Max arrive en terre inconnue pour retrouver son père, dont il ne connaît pas le nom… Il tombe sur un trio de copines délurées qui le prennent sous leur aile. Entre chaleur tropicale, camps d’ouvriers où règne une loi très primitive et amours simples, Max entame une quête improbable au sein d’une hostile Amazonie où les Mythes et croyances semblent ne pas avoir tous disparus…

Je dois dire que le titre a été l’élément accrocheur qui m’a fait m’intéresser à cette série en titillant ma curiosité. Les deux noms d’auteurs m’ont poussé à l’acheter: si je ne suis pas un fanatique de Loisel dont j’ai tendance à apprécier plus les scénarios que les albums qu’il a dessiné, j’avais énormément aimé le style d’Olivier Pont sur Où le regard ne porte pas… série qui a beaucoup de proximités avec Un putain de salopard (j’y reviens).

Ma première surprise après avoir refermé ce premier volume porte sur le ton de l’album, que j’attendais beaucoup plus sombre au vu du titre. Or si le sujet est bien « Max au pays des salopards » avec un univers féroce qui contraste avec la bonhomie des « 3C » (Corinne, Charlotte, Christelle, les trois filles de l’équipée), le traitement rappel l’atmosphère colorée et rigolote du Magasin général ou du diptyque d’Olivier Pont et Grégoire Abolin. Dès les premières planches à la superbe mise en couleur de François Lapierre (que Loisel a amené dans ses valises depuis ses séries précédentes), on savoure le style à la fois cartoon et très graphique d’Olivier Pont, qui se retrouve dans un univers familier fait de cabanes bricolées, de ciels azure et de feuillages verts profonds. Les respirations ésotériques apportent cette touche de mystère que le dessinateur  avait su tisser dans son grand succès… une autre histoire de copains! Cette proximité entre les deux séries n’est pas une redite, elle raconte l’univers personnel d’un grand dessinateur qui rencontre un autre auteur amoureux de la nature. Car du vert il y en a dans ce Putain de salopard! Pages après pages, une bonne partie de l’histoire se déroule en effet dans une fuite de Max et son équipière muette, l’indienne Isabelle, aussi belle que mystérieuse, au sein de la jungle où entre fauves, pluie et maladies la chasse va se rapprocher de la quête initiatique. Malgré ce décors monotone, les planches ne le sont jamais. Avec un art du cadrage et des détails remarquable, le dessinateur (et son scénariste?) parvient à rendre chaque case superbe, inspirée, dessinée. Résultat de recherche d'images pour "un putain de salopard pont"Je note très souvent dans mes critiques la différence entre les bons albums où le dessinateur délaisse ses arrières-plans et les grands albums où chaque détail est travaillé. C’est le cas ici, au-delà d’un simple jeu premier/arrière-plan où la BD vire presque au documentaire animalier, Olivier Pont prends le temps tout au long de ses quatre-vingt pages de peaufiner ce qui fait vivre un univers, ces mille petits détails, mouvements, personnage qui donnent envie d’aller de l’autre côté de la page.

Cette vie est aussi apportée par les personnages, la grande force de Loisel. Ici l’on n’est pas chez les apollons et nymphes que beaucoup de BD nous dépeignent. Si le dessinateur sait dessiner de beaux traits, le duo croque volontairement des filles un peu grasses, un peu maigres, des ouvriers-esclavagistes pas-tibulaires mais presque, ou son héros bien couillon avec ses grandes dents. Les trognes de Corinne, la nympho libre, sont à mourir de rire et les séquences aux dialogues très dynamiques rendent la lecture rapide et joyeuse. On se sent bien avec les « trois C », un peu naïves, amoureuses de la vie, positives en diables et qui apportent une modernité à cet espace loin de la civilisation.

Résultat de recherche d'images pour "un putain de salopard pont"Le dernier élément qui rend cette BD attachante c’est son féminisme béat. Les deux gugus aux manettes de l’album nous dépeignent ce que l’on imagine la Guyane (l’album commence sur un tarmac au Brésil mais tout le monde parle français), où seules les femmes sont intelligentes et rassurantes. Les bonshommes sont soit moches, soit inquiétants, soit violents, soit les trois. Les filles sont amoureuses, optimistes et ont le savoir… J’ai pris beaucoup de plaisir en compagnie des quatre zigoto dans ce début d’odyssée contre l’injustice que l’on imagine virer vers le grand feu d’artifice dans les prochaines tomes. Sur un sujet presque aussi sombre que le Katanga de Nury et Vallée, je préfère cette lumière et cet optimisme où la beauté des feuillages rencontre la beauté des personnes. Et avec deux auteurs aussi talentueux on aurait presque envie que l’aventure se prolonge sur la longueur…

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Space battle lunchtime #1

Rufus Stewart

Nouvelle rubrique sur le blog avec l’envie de parler d’albums destinés à la jeunesse et surtout d’en parler avec des kids, à savoir mes enfants! La rubrique sera en work in progress au début pour trouver la bonne formule (je ne suis pas encore esclavagiste et comme le blog ne rapporte rien je n’oblige pas mes enfants à rédiger des billets…). L’idée étant de donner à la fois mon avis d’adulte et l’avis d’un lecteur jeune je vais commencer par un format question réponse. N’hésitez pas à me donner votre avis et idées sur la formule en commentaires!

  • Ma fille c’est « Talia » (c’est un pseudo): à onze ans elle a aime beaucoup Buddy Longway, La Rose écarlate, les Mythics, Harmony, les carnets de Cerise, Dragon Ball ou Flying Witch…

Comic jeunesse de Natalie Riess
Kinaye (2019) – Oni press (2016), 120 p. couleur, volume 1/2

Space-battle lunchtime a été lu dans le cadre d’un Mass critique spécial de Résultat de recherche d'images pour "babelio"et je les remercie de cet envoi. Vous trouverez ce billet sur le site de Babélio ici.

couv_360367L’ouvrage comporte quatre chapitres et dix pages de bonus, dont un descriptif des personnages et un dossier de fabrication qui intéressera les jeunes sur la conception d’un album. Couverture brochée avec rabats et vernis sélectif. Très belle édition colorée en format comics.

Péony tient une pâtisserie sur Terre. Un jour elle voit débarquer une étrange grenouille humanoïde qui lui propose de participer à un concours de cuisine… Mais pas n’importe lequel: devenir la meilleure chef au Space battle Lunchtime, le plus populaire des show de cuisine télévisés de la galaxie! Transportée instantanément sur une station spatiale elle va vite constater que les rivalités entre les extra-terrestres participants va transformer ce concours en une course d’obstacles…

Salut Talia, tu viens de lire Space Battle Lunchtime, est-ce que ça t’a plus?

Résultat de recherche d'images pour "space battle lunchtime"Oui, c’était drôle et j’ai bien aimé l’idée du concours bizarre avec des ingrédients « beurk » ou immangeables comme cette pierre avec laquelle il faut faire des gâteaux! Les personnages extra-terrestres ont des têtes étranges, ça les rends rigolo…

Est-ce que tu connais les émissions de cuisine à la TV?

-Non, je n’ai jamais entendu parler de ce genre d’émissions. Par contre j’adore cuisiner!

Et parle-moi de l’intrigue…

Péony ne connaît personne quand elle arrive sur la station-studio de TV. Elle doit remplacer au dernier moment une concurrente mystérieusement disparue… Elle découvre des instruments compliqués à utiliser mais finit par s’en sortir avec l’aide du caméraman. Mais Melonhead est toujours là pour saboter les préparations!

C’est le méchant?

Oui, il avait perdu un tournoi avant et veut se venger. Maintenant il est prêt à tout pour gagner le concours. Du coup il triche tout le temps et sabote les ingrédients et les ustensiles.

Donc le Space Battle Lunchtime se joue entre Péony et Melonhead?

Résultat de recherche d'images pour "space battle lunchtime ries"Non, il y a aussi Neptunia qui devient plus tard l’amie de Péony. Je l’aime bien car elle est sérieuse et mystérieuse. Péony ne la connaît pas bien au début, Neptunia est méfiante, mais Péony lui fait goûter ses cupcakes et elles se retrouvent obligées de travailler ensemble sur une manche du concours.

 

Tu as envie de lire la suite?

Oui. Je pense qu’ils vont choisir deux concurrents ex-aequo et que ce sera Péony et Neptunia! Mais j’espère que Cherisa et Péony vont revenir après leur disparition…


Voilà pour le retour de la choupette… et le vieux qu’est-ce qu’il en dit?

Résultat de recherche d'images pour "space battle lunchtime"La structure de l’album est très simple, avec une entrée en matière immédiate puisqu’il suffit de quelques pages pour démarrer le show. J’ai été surpris que Péony ne soit pas plus perturbée que cela de l’étrangeté dans laquelle elle est transportée, mais visiblement cela ne chagrine pas les jeunes lecteurs… On a donc plusieurs séquences du concours où chaque fois un concurrent est éliminé, jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un. Outre l’univers hyper coloré et farfelu (on a en fin d’album une version « crustacés » des personnages!), on a progressivement une complexification de l’histoire, avec l’interaction entre Péony et Neptunia (qui ne semble pas commode) qui se développe grâce à l’empathie de l’humaine, mais aussi des mystères comme ce cameraman qui semble amoureux d’elle et les infos sur cet atroce concours cannibale parallèle où les concurrents sont dévorés… Je ne suis absolument pas intéressé par ce genre de Show TV mais pour un album jeunesse le côté tournoi progressif (ce qui marche dans Dragon Ball par exemple) avec plein de personnages bons et méchants fonctionne très bien. Les dessins sont correctes, les couleurs très vives et le découpage, sans être fou, se permet des effets en mode dessin-animé très sympa. Au final, si on n’est pas surpris du déroulement, on a hâte de connaître le fin mot de cette histoire, notamment grâce à un cliffhanger particulièrement redoutable!

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