BD·Documentaire·Nouveau !·Service Presse

L’Empire #2: Sodome et Gomorrhe

Le Docu du Week-End
BD d’Olivier Bobineau et Pascal Magnat
Les Arènes (2018), 172 p. série prévue en 3 volumes.

005651623Ce gros album à la couverture très parlante propose une préface du scénariste (chercheur en histoire du christianisme), une double page de résumé du tome précédent (la série explore toute l’histoire politique du christianisme depuis sa naissance jusqu’à nos jours) et une page de références bibliographiques en fin d’album. Le premier tome traitant de la naissance de l’Eglise est sorti en 2015. Celui-ci vient juste de sortie, un troisième et dernier tome s’intitulera l’Apocalypse.

Attention le projet est touffu et il ne s’agit aucunement d’une « Histoire de l’église en BD » mais bien d’un ouvrage d’histoire de niveau universitaire, illustré pour le coup afin d’alléger la lecture. Le côté vulgarisation est donc ténu et ce livre s’adressera avant tout à des lecteurs s’intéressant au sujet. L’auteur s’efforce d’utiliser une narration légère mais l’on reste dans un bouquin d’historien, passionné mais pointu. Je précise que j’ai une formation d’historien et que je ne découvre pas le sujet… j’ai pourtant éprouvé le besoin de souffler pendant la lecture. Loin de moi l’idée de repousser le lecteur lambda féru de culture générale, simplement  il vaut mieux être prévenu que l’objet de la série n’est pas ludique mais bien équivalent à une lecture scientifique.

empire1.jpgL’idée d’illustrer une somme si copieuse est plutôt bonne et donne un peu de recul qui facilite clairement la compréhension de faits complexes. Le duo a par exemple choisi d’accompagner le lecteur avec une sorte de mascotte en la personne du guitariste du groupe Kiss,ou de celui d’AC/DC. On voit donc ce costume se balader à côté des papes et des chevaliers à différents moments de l’histoire! Le côté décalé et humoristique des dessins de Pascal Magnat répond au sérieux du propos de façon originale et permet de fixer des idées à l’aide de mille détails totalement anachroniques. L’apport visuel est indéniable. Si l’on est dans du dessin type « presse » (le côté esthétique n’est pas prévu dans le cahier des charges), celui-ci reste efficace et permet de passer certaines idées en une image. Le chercheur est incarné par un avatar et nous promène dans ces pages d’histoire un peu à la manière d’un Michael Moore en tissant un fil qui s’adresse directement au lecteur.

empire2.jpgL’ouvrage est découpé en plusieurs parties elles-mêmes subdivisées et sujets thématiques. Cela ne suffit pas à permettre une lecture d’affilée mais incite plutôt à se reporter à un thème puis à un autre, progressivement, dans une lecture étalée. Sur ce rythme là l’album est très agréable et aide bien à comprendre ce qui est expliqué. Tout ceci est fondamentalement passionnant, on touche au cœur de la culture, de la civilisation chrétienne occidentale avec un pouvoir qui jusqu’à récemment à été l’axe politique des soubresauts du monde. J’ai simplement trouvé dommage qu’Olivier Bobineau choisisse de démarrer l’ouvrage par un chapitre sur l’esthétique et les arts, liaison sans doute nécessaire à la démonstration historique, mais particulièrement complexe (on parle de Saint Thomas d’Aquin ou des explications théologiques au chant grégorien ou à l’arc cintré…) et qui m’a ralenti l’immersion dans le livre. La suite, bien plus politique, est passionnante et plus accessible. Elle profite également bien plus des dessins pour illustrer des événement objectivement ubuesques de l’histoire.

En résumé je dirais que ce gros ouvrage très complet et sérieux n’est pas à mettre entre toutes les mains mais vous permettra de découvrir une histoire passionnante avec le sourire aux lèvres. Je pense qu’un élève du secondaire, voir un étudiant pourra y trouver un bon complément plus léger à côté de ses manuels de travail. Éternel problème des formats, j’espère que les libraires auront la bonne idée de ranger ces volumes au rayon essai, à côté de la Revue dessinée où il trouvera mieux son public qu’entre Batman et Lupano.

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BD·La trouvaille du vendredi·Rétro

Charly 9

La trouvaille+joaquim

BD de Richard Guerineau
Delcourt (2013), 126 p. one-shot d’après le roman de Jean Teulé. Suivi de Henriquet, du même auteur.

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Les couvertures de Guerineau n’ont jamais été particulièrement bien inspirées, comme quoi on peut être un très grand dessinateur et pécher sur la couverture. L’image est du reste parlante même si, selon moi, pas forcément percutante. L’ouvrage est au format quasi-comics de l’excellente collection Mirages de Delcourt (que je vous recommande vivement d’explorer), papier épais. Pas de bonus particulier.

A 22 ans le jeune roi Charles IX, soumis à sa mère la redoutable Catherine de Medicis, ordonne les massacres de la Saint-Barthélémy, événement sans commune mesure dans l’histoire du royaume. Hanté par son acte, il finira son règne entre les poèmes de Ronsard et une gestion de la vie et de la mort immorale…

Image associéeJ’avais découvert Guérineau sur le Chant des Stryges, série sur les premiers cycles desquels il a fait montre d’un art du cadrage, du rythme et des encrages redoutables. Je dirais ensuite que sa finesse s’est usée, sans doute à l’usage d’une série très longue qui ne lui a que peu laissé le temps d’expérimenter d’autres univers. J’avais lu le très bon (et contemplatif) western Après la nuit ainsi que son XIII mystery très politique il y a quelques temps et espérait qu’il se produise sur des one-shot. Cela semble chose faite et maintenant que les Stryges le laissent en paix il ne semble aucunement lassé du dessin et enchaîne ce qui ressemble à une série sur les rois de France: Charles IX puis Henri III dans son récent Henriquet, l’homme-reine dont le personnage est issu du précédent. Étonnant aléa je lis cet ouvrage juste après la formidable adaptation de Jean Teulé (encore) Je, François Villon par Luigi Critone, où l’on retrouvait déjà la violence brute, l’indolence du personnage principal et une certaine expérimentation visuelle. Il semble que Jean Teulé ait inspiré le même genre de visions aux deux auteurs…

Ce qui marque dans cet album, c’est la très grande liberté d’un auteur qui s’assume comme tel et le sentiment que les contraintes de la série commerciale avec scénariste avait impliqué un besoin de grande respiration. On a toujours chez ce dessinateur un pessimisme noir sur l’humanité et une approche politique appuyée. Le point de départ, crime originel est la Saint-Barthélémy, qui entraîne une foule de réflexions en mode humour noir sur le pouvoir, la folie des guerres de religions et de monarchies consanguines, dégénérées et hors sol. Résultat de recherche d'images pour "charly 9 guerineau"La quatrième de couverture incite à la compréhension envers ce roi qui est néanmoins présenté comme un tyran, fou au milieu des fous. Pour illustrer cette désarticulation Guerineau alterne des planches assez classiques (et très belles), des expérimentations contrastées de rouge et de noir, des délires en mode Peyo,… Ce qui est perturbant ce ne sont pas les séquences en rupture graphique brutale mais l’alternance entre des planches encrées et d’autres bien moins travaillées sans que l’on comprenne bien pourquoi. Mais l’ensemble est particulièrement inspiré et sort tout à fait de l’ordinaire des albums BD.

Sur le plan du scénario, Guérineau se cale dans les pas de Dumas et la Reine Margot, ou de son adaptation magistrale par Patrice Chéreau au cinéma. Ainsi de l’hypothèse d’une Catherine de Medicis castratrice avec un roi terrorisé à l’idée de perdre son amour, ainsi surtout de l’idée d’un empoisonnement du roi par sa mère elle-même, scénario développé par Dumas mais ne reposant que sur de faibles supputations historiques. Nous sommes donc bien dans un objet immaginaire, fantasmé et réapproprié par un auteur. Le point de départ est cette séquence terrible en huis clos, ce tribunal où pour la seule fois le roi nous paraît humain. Après quoi il nous sera présenté comme un adolescent attardé, fuyant sa responsabilité en des jeux tantôt mortels, tantôt cruels, mais toujours violents.

BD inattendue pour moi, Charly 9 me donne très envie de lire la suite Henriquet et probablement les futurs one shot d’un illustrateur décidément très élégant et qui désormais loin des projecteurs rivalise avec la coqueluche du moment, un certain Ralph Meyer.

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East & West·Manga·Nouveau !·Numérique·Rapidos

Saltiness #1

East and west

29550-w360Saltiness est ce que je qualifierais de Manga sociétal, à mi chemin entre la chronique de l’otaku japonais et la critique de cette société. Le personnage principal est un marginal, se considérant comme une sorte de sage supérieur s’extrayant de la communauté humaine (et de ses codes) pour pouvoir les penser. La confrontation avec deux autres personnages marginaux va démontrer sa folie et sa perversion, le transformant en une sorte de gourou doté d’un pouvoir de persuasion phénoménal sur les deux autres et les entraînant à faire des actions délirantes et dévalorisantes. Cette immersion dans les relations tordues de deux paumés exploitant un jeune étudiant influençable met le lecteur mal à l’aise en découvrant ce qu’un homme charismatique peut forcer d’autres à faire par le seul langage. Au-delà du ridicule des situations il y a de la violence dans cette relation, qui reflète sans doute pour l’auteur la violence profonde d’une société japonaise qui a codifié la normalité à un niveau sans doute jamais atteint par aucune société moderne. Résultat de recherche d'images pour "saltiness"L’éloignement extrême de la société japonaise vis à vis de nos codes européens fait que l’on ne sais jamais exactement ce qui est pointé du doigt ou ce qui n’est qu’une simple illustration de situations balanes (comme l’histoire des petites culottes). Mais il est certain que Minoru Furuya est l’un des représentants de cette jeune génération de mangaka très critiques sur ses aînés et je japon d’aujourd’hui. Il dispose en outre d’une remarquable technique de dessin, très fine et détaillée notamment dans le dessin des personnages. Tout cela fait de Saltiness un manga adulte comme on en voit peu, qui joint une réflexion profonde avec le plaisir de belles planches.

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BD·Edition·Mercredi BD·Nouveau !

La mille et unième nuit

BD du mercrediBD d’Etienne Le Roux et Vincent Froissard,
Soleil-Metamorphose (2017), 80 p., one-shot.

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Attention chef d’œuvre! Je croyais que la claque du printemps Il faut flinguer Ramirez était un objet rare, pourtant quelques mois plus tôt Étienne Le Roux et Vincent Froissard avaient sorti un album dont la couverture et le thème (les mille et une nuits) m’avait attiré… mais comme on ne peut pas tout lire j’ai laissé passer le temps! Le sujet donne lieu à des essais réguliers, pas toujours réussis. La sortie de l’album dans la très prestigieuse collection Métamorphose était un bon signe… totalement confirmé en devenant l’une des pièces maîtresses de la très graphique collection de Soleil. Cette collection me plait par-ce qu’elle est l’une des rares à mettre autant d’importance à l’aspect matériel de ses albums et à ses finitions. Cela a son revers, l’absence systématique d’infos sur les auteurs et de bonus.

Résultat de recherche d'images pour "la mille et unième nuit froissard"La série Nils d’Antoine Carion s’était faite remarquer par son esthétique générale mais également par ses couvertures et maquette absolument sublimes. Sur La mille et unième nuit on est dans le même standard, qui vous fait pleurer les yeux avant d’ouvrir l’album avec une couverture et une tranche gaufrées et dorées, ceci étant harmonieusement accompagné par des cadres ouvragés revenant sur un certain nombre de pages de l’album. Le dernier album dont le travail de fabrication m’avait autant marqué c’était Les Ogres-Dieux.

Mais contrairement à ce dernier l’album de Le Roux nous propose une histoire impressionnante de simplicité, de fluidité et qui nous transporte littéralement au pays des Djinn. Résultat de recherche d'images pour "la mille et unième nuit froissard"La bonne idée est d’imaginer une fin aux mille et une nuits mais de ne prendre finalement que le cadre (les personnages du Sultan Shéhérazade et sa sœur Dinarzad) pour partir sur une histoire libre mais totalement influencée par les contes orientaux. Ainsi il sera question de marchand voyant sa caravane prise dans une tempête pas si naturelle que cela, du roi des Djinn et du roi des lions, de fléaux naturels, de duplicité et de transformations…

Ces bonnes idées scénaristiques sont accompagnées par une voulez de détails rigolos et diablement esthétiques comme ces tapis volants aussi courants que des dromadaires. L’illustrateur a adopté une technique que je n’arrive pas à définir et qui semble utiliser un papier non lissé qui donne un relief incroyable aux planches. On a un mélange de crayon et de craie je pense mais je me demande s’il n’y a pas une retouche numérique (comme Chloé Cruchaudet sur Groenland-Manhattan) pour donner cet effet flou qui donne une folle classe a chaque case. J’ai passé un temps déraisonnable a lire cet album tant il n’y a pas une seule case banale!Résultat de recherche d'images pour "la mille et unième nuit froissard"

Les joyaux sont souvent simples et se laissent contempler a l’envi. C’est le cas avec ce magnifique album qui habille une histoire qui aurait pu faire partie du recueil des Mille et une nuit. De quoi hésiter à le ranger banalement au milieu de sa bdtheque…

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East & West·Manga·Nouveau !

Dragon ball super #4

esat-westManga de Akira Toriyama et Toyotaro
Glénat (2017-2018) – Ed. Japonaise Shueisha (2015), 4 vol parus en France (6 au Japon).

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Toujours autant de plaisir à lire un nouveau dragon Ball! Ce volume est l’avant dernier de l’arc de Goku black (qui se terminera donc au tome 5 à paraître le 7 novembre).

Après la fuite de Goku et ses compagnons dans le temps Trucks est sauvé in extrémistes. Alors qu’interviennent les Kaïo Shin de plusieurs univers, le détournement des règles par Zamasu oblige Goku et Vegeta à dépasser leurs limites pour empêcher qu’il n’achève son « plan zéro humains » et menace la marche même des univers…

Cet album est clairement axé action après quelques va et viens scénaristiques sur le voyage temporel et les rôles et pouvoirs des Kaïo Shin. Comme je l’avais expliqué dans le précédent volume, Akira Toriyama a tellement développé son univers fictionnel qu’il a parfois du mal à conserver une cohérence… mais en a-t’il l’envie? Personnellement je ne crois pas et ce qui anime cet auteur est bien l’action et le dynamisme au sein de personnages hauts en couleur et désormais très familiers. Il a un vrai talent pour créer des personnages, à la fois visuellement et sur le plan du caractère. A ce titre, si les héros ne changent guère de ce à quoi on est habitués, Toriyama introduit une étonnante subtilité en la figure (double) de Zamasu, en proposant pour la première fois dans cet univers (… depuis Végéta?) un soupçon de psychologie expliquant les raisons des agissements du méchant. On quitte un peu le manichéisme de la série pour proposer une réflexion sur les motivations profondes: Zamasu se serait-il trompé? Peut-il revenir en arrière? A-t’il peur de la puissance de Goku? C’est inattendu et bienvenu car cela relance un certain suspens dans un volume dont la plus grande partie est constituée du combat de Goku et Vegeta contre Black et Zamasu.

Du coup on perd un peu l’humour de situations qui avait prévalu dans les premiers volumes de la série mais on retrouve avec toujours autant de plaisir les débats sur les différents niveaux de pouvoirs des Sayans, les entraînements en urgence, les morts pas vraiment morts etc; bref, tout ce qui a fait le succès de Dragon Ball depuis tant d’années. Dans le combat les auteurs parviennent même à nous surprendre avec quelques trouvailles vraiment sympa (comme ces « portails »…) et nous laissent en plein suspens alors que le combat n’est pas prêt d’être fini.  DBS reste donc une série familière, qui se consomme et s’attend avec toujours autant de plaisir, sans nécessité de suivre la série animée (que je n’ai personnellement pas vue).

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Cinéma·Comics·Nouveau !

Visionnage: Les indestructibles 2

Film de Brad Bird
(2018) 1h58.

Résultat de recherche d'images pour "les indestructibles 2"Les Indestructibles premier du nom est encore très présent dans ma mémoire (et pas que la mienne visiblement), comme l’un des tous meilleurs films de super-héros de l’histoire avec Incassable et Watchmen. L’esthétique rétro, l’humour Pixar toujours aussi efficace, le scénario à la James Bond,… étaient un concentré de bonnes références re-digérées idéalement en un film joli, marrant et plein d’action. Et l’intrigue classique des films de super-héros (la loi interdisant leur activité, sujet vu dans Watchmen ou X-men) le rattachait pleinement à la lignée des comic-books.

On savait qu’un second épisode était prévu et malgré l’impatience, la durée de l’attente était un gage que ce numéro 2 ne sortirait pas pour des raisons commerciales mais par envie réelle du réalisateur Brad Bird, l’un des plus talentueux artistes de Pixar (déjà à l’origine d’une revisitation du mythe de King-Kong avec son Géant de Fer, considéré comme l’un des meilleurs dessins-animés jamais produits). Le rachat de la boite par Disney entre temps pouvait faire craindre une contamination de bien-pensance. Qu’en est-il?

Alors que la famille Parr voit la disparition du programme de réinsertion des super-héros, un étrange mécène propose de les embauches pour réhabiliter le rôle des héros dans la société. Ce sera Elastigirl qui fera le test en se lançant à la poursuite de l’Hypnotiseur…

Résultat de recherche d'images pour "les indestructibles 2"Et bien personnellement j’ai passé un excellent moment avec la famille indestructible! Le principal manque est celui de la nouveauté. C’était inévitable mais du coup on est forcément en terrain connu, surtout pour ceux qui ont vu le court-métrage sur Jack-Jack et ses pouvoirs, qui coupe un peu le principal apport de ce film. Le bébé apparaît en effet un peu comme le Scrat de l’Age de glace, focalisant les meilleurs séquences sur ses capacités. Mais contrairement au film givré tout le métrage ne repose pas que sur ces moments et c’est tant mieux.

Le film débute immédiatement après la fin du premier, c’est du coup un peu perturbant de se remettre dans le bain après quatorze ans d’attente et je conseille vivement de se revoir le premier épisode avant (bien que ce ne soit pas indispensable, mais ça aide à se rappeler le contexte). Le film voit le retour de Frozone, Edna et des voix françaises particulièrement réussies. Les séquences d’action sont nombreuses mais ce sont bien les problèmes de famille qui restent dans les mémoires en tirant sur les zygomatiques. Les affres de la garde d’un super-bébé, le combat contre le raton-laveur, les conséquences de l’effacement de mémoire sur la vie sentimentale de Violette sont autant de moments qui nous rappellent la force de cette franchise et de tout bon film de super-héros: les éléments de la vie quotidienne pour des personnes anormales…

Résultat de recherche d'images pour "les indestructibles 2"La brochette de nouveaux héros est dotée de pouvoirs très originaux et l’équipe du film s’éclate à créer des situations tordantes à partir de ces pouvoirs. Visuellement j’ai été un peu déçu par rapport au premier. Le design général est très proche mais le cadre plutôt nocturne et urbain ne permet pas le dynamisme que comportait ne premier film avec la maison d’Edna, l’ile secrète ou le look rétro de la maison Parr.

Malgré ces très petits bémols, Les indestructibles 2 est largement à la hauteur du premier et on hésite à vouloir une nouvelle suite tant il sera difficile de proposer un scénario qui bouleverse réellement l’intrigue et le risque de tomber dans la redondance.

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Comics·East & West·Numérique·Service Presse

Secret Weapons

esat-westComic de Eric Heisserer, Raul Allen, Patricia Martin et Adam Pollina
Bliss (2018)/ Valiant (2017), 144 p., cahier graphique.

couv_332550Secret Weapons est (de ce que j’ai lu) le plus fourni en documents de fin de volume: outre des couvertures alternatives (alors que le design général du livre est partie intégrante du projet), de nombreuses et longues interview des auteurs de la BD, ainsi que les désormais habituelles planches noir-et blanc. Le texte introductif est en revanche un peu évasif sur le contexte général de l’histoire et on en apprend finalement plus pendant la lecture que par cet éditorial. Mais sincèrement on peut difficilement de mander plus comme bonus.

Autrefois jeunes talents convoités par la Fondation Harbringer de Toyo Harada, trois jeunes psiotiques ont été abandonnés et désormais pourchassés par un mystérieux tueur. Livewire, l’une des plus puissantes psiotiques en rupture de ban avec le chez de Harbringer se mets sur la trace de ces jeunes gens dans le but de les protéger et d’en faire une véritable équipe…

Secret Weapons #0, Nikki's Story, Valiant Entertainment Writer: Eric Heisserer Artist: Adam Pollina Cover Artist: Raul Allen, Veronica Fish, Sibylline Meynet, Sija Hong, Adam PollinaLorsque l’on commence un one-shot de Valiant se pose la question du public ciblé. J’ai commencé il y a peu mon immersion dans cet univers (très sympathique au demeurant) et commence à repérer certains personnages clés, mais suis loin de maîtriser toutes les interactions. Je suis donc encore un lecteur novice et je peux dire qu’à ce titre j’ai bien apprécié Secret Weapons. Cela signifie que le scénario permet à lui seul d’apprécier l’album comme un vrai one-shot en donnant suffisamment d’infos (notamment dans les deux prologues dédiés à Nikki et Owen) pour apprécier le contexte général. Plus que cela, ces séquences donnant un aperçu de mêmes scènes de différents points de vue intrigue et donne envie de lire les albums consacrés à Harbringer et les psiotiques. A noter que le scénariste est celui du film Premier contact de Denis Villeneuve, dont l’intelligence m’avait marqué.

Ce qui donne un intérêt réel à ce comic c’est son humour et son aspect décalé: le choix de raconter l’histoire de mutants recalés dotés de pouvoirs tout à fait pourris, est gonflé et permet de se concentrer sur autre chose que des affrontements apocalyptiques auxquels l’industrie du comics nous a malheureusement trop habitués. Nikki communique avec les pigeons, Owen fait apparaître des objets tout à fait inutiles (genre parapluie ou aspirateur…), Avi se transforme en statue et le quatrième comparse fait briller les objets… on a vu plus impressionnant comme héros! On assiste donc à des combats totalement second degré mais aussi à des personnages qui assument leurs capacités et se débrouillent pour contrer les menaces, qu’elles viennent de Harada ou du tueur, une sorte de cyborg végétal, croisement entre Groot et Robocop. https://i.kinja-img.com/gawker-media/image/upload/t_original/upv9zmpgyb3dh85a9qvt.pngCe méchant est à mon sens la seule faute de goût des auteurs, son design n’étant pas particulièrement heureux.

Le dessin du duo espagnol adopte une sorte de ligne claire transposée dans l’univers SF de Valiant et surtout rehaussée de tonalités chromatiques calées sur chacun des personnages. On va donc passer de séquences à dominante rose pour Nikki à d’autres vertes ou bleu-gris. Cette esthétique est vraiment réussie et donnent à l’objet global un véritable intérêt graphique (les traits en eux-même sont très sympa également mais comme toute ligne claire, assez sobres). A cela s’ajoute un découpage très réussi utilisant beaucoup de successions de cases verticales provoquant des effets de ralentis ou de comique de situation. Mention spéciale enfin aux deux épisodes « #0 » sur les deux personnages principaux et notamment celui sur Nikki qui enchaîne des cases pleine largeur en mode « plan fixe » sur Nikki qui nous relatent l’année passée, du lycée à la fondation Harbringer et l’apparition de ses pouvoirs. Outre le découpage, on plonge donc directement dans la naissance d’un psiotique et c’est très intéressant.

Résultat de recherche d'images pour "secret weapon valiant"D’un album qui semblait d’une assez modeste ambition, on aboutit ainsi à un projet qui aide le nouveau venu à pénétrer en douceur dans l’univers Valiant, crée une familiarité avec des personnages et un dessin soft qui pourra même intéresser les non férus de fantastique. Un joli bouquin assez tendre, loin du bruit et de la fureur d’un Bloodshot et autres Harbringer wars. Cela donne une autre vision de ces histoires et parfois cela fait du bien.

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