****·BD·Jeunesse

Le Roi des Oiseaux

Album de 176 pages écrit et dessiné par Alexander Utkin. Parution aux éditions Gallimard Jeunesse le 26/08/2020.

La guerre de Troie aura bien lieu.

Les pommes, c’est bon. Mais mythologiquement parlant, ce fruit mi-juteux mi-farineux a une tendance assez marquée à provoquer des catastrophes. Demandez à Adam et Eve, demandez aux grecs et au troyens, aux Hespérides, ou encore, aux rois des animaux qui règnent sur les steppes.

Le Roi des Oiseaux, personnage éponyme, est pris malgré lui dans une guerre contre les mammifères, à la suite d’une dispute entre une souris et un moineau au sujet d’un pomme d’immortalité en or. Affaibli par cette escarmouche, le Roi des Oiseaux se crashe dans la forêt, pour ensuite se trouver à la merci d’un Marchand, qui décide contre toute attente de lui offrir son hospitalité, considérant qu’il a obtenu d’un serpent le don de parler aux animaux.

Trois années passent, avant que le Roi des Oiseaux ne recouvre ses forces. Reconnaissant envers le Marchand, il va l’emmener avec lui visiter ses trois sœurs, dont l’une va le récompenser d’un coffre magique que l’honnête homme va fièrement ramener chez lui, sans se douter du nombre de péripéties que ce cadeau va engendrer….tout ça à cause d’une pomme.

Si Slave, c’est qui s’nettoie, si ce n’est toi, c’est donc ton frère.

Alexander Utkin utilise le folklore slave pour construire ce conte habile et enchanteur, parcouru de quêtes imbriquées les unes dans les autres. L’imaginaire russe n’est d’ailleurs pas le seul convoqué par l’auteur, qui va saupoudrer le tout d’imagerie sud-américaine ou encore nordique.

Le ton, comme le graphisme, sont légers, presque naïfs, et vont entraîner le lecteur dans une odyssée marquée de joie et d’émotions. Les thèmes convoqués, que ce soit l’honnêteté, la famille, l’amitié, l’amour ou la persévérance, conviennent donc bien à cet album familial, dont les pages au grain grossier viennent sublimer le trait gras et les couleurs pastel.

***·Comics·East & West·Jeunesse·Nouveau !·Service Presse

Green Lantern Legacy

Histoire complète en 126 pages, écrite par Minh Lê et dessinée par Andie Tong. Parution en France le 10/09/2021 aux éditions Urban Comics, dans la collection Urban Link.

En plein jour ou dans la nuit noire…

Tai Phan est un adolescent américain typique. Passionné de dessin, gentil et attentionné, il a tissé des liens très étroits avec sa grand-mère Kim, qui, après avoir émigré du Viêt-Nam vers les États-Unis, a ouvert une boutique, qui est devenue au fil des décennies la clef de voûte communautaire. La grand-mère de Tai est une femme sage et respectée dans tout le quartier, auquel elle a consacré beaucoup de temps. Mais même les icônes ne sont pas éternelles, et Kim, âgée, finit par quitter ce monde, laissant à Tai un héritage bien singulier: l’anneau de jade qu’elle portait constamment au doigt, et qui semble avoir des propriétés toutes particulières…

Ce que Tai va découvrir avec stupéfaction, c’est que la bague de sa mère-grand n’était pas une simple babiole, mais un des objets les plus puissants de l’univers DC: un anneau de pouvoir, alimenté par la Batterie Verte de la Volonté. Kim était donc, à l’insu de tous, membre du corps des Green Lanterns, milice intergalactique chargée par les Gardiens de l’Univers de faire régner l’ordre et la paix dans chaque galaxie.

Choisi à son tour par l’anneau, Tai est désormais doté d’un pouvoir limité seulement par son imagination. C’est donc une double épreuve qui se profile pour le jeune garçon: faire le deuil de cette grand-mère adorée dont il découvre peu à peu le véritable passé, et maîtriser les pouvoirs de l’anneau afin de se montrer digne de son héritage. Car Kim était un membre éminent des Lanternes Vertes, qui a protégé des années durant la Terre de la convoitise de Sinestro, un Lantern renégat doté de l’anneau jaune, matérialisation de la Peur.

Les ennuis de Tai ne s’arrêtent pas là, puisque la vie à Coast City n’a jamais été de tout repos pour les minorités ethniques. Harcelé par des bigots et des racistes, Tai sent monter en lui la tentation d’user de son pouvoir pour rectifier quelques injustices. Sera-t-il assez courageux pour respecter le serment des Green Lanterns ?

Affaires de famille

L’univers DC, au fil de décennies d’existence, fut marqué par un phénomène finalement assez commun dans les comics, à savoir la question transgénérationnelle et la transmission des identités secrètes. On peut citer en exemples le personnage de Flash, qui a connu pas moins de trois générations de héros, qui se sont transmis sinon les pouvoirs, du moins le titre. Ces noms-héritages se retrouvent aussi, dans une moindre mesure, chez Green Lantern, dont le nom représente pas moins de quatre ou cinq personnages distincts, sans parler du corps lui-même qui compte des milliers de membres.

L’idée du passage de flambeau est donc très présente dans les comics, sans doute motivée par leur longévité exceptionnelle (plus de 80 ans maintenant) et donc par la nécessité d’apporter au lectorat des personnages dans lesquels ils peuvent se projeter. Bien souvent, l’héritier commence l’aventure comme un novice naïf, qui ignore tout de l’univers dans lequel il s’apprête à plonger et le découvre peu à peu, ce qui en fait un substitut idéal pour les jeunes lecteurs.

Proposer une version hors-continuité du personnage en en faisant un adolescent se révèle donc assez logique de ce point de vue. L’auteur y a ensuite implémenté une part importante de son propre vécu, puisqu’il traite des difficultés d’intégration pour les communautés émigrées, et du fléau du racisme et de la xénophobie.

Thématiquement, immigration, identité transgénérationnelle et héritage culturel vont opportunément de pair avec les voyages interstellaires et l’aspect cosmique induit par le lore des Green Lanterns. En effet, comme chacun sait, les lanternes sont toutes alimentées par une émotion en fonction de leur couleur (vert=volonté, bleu=espoir, indigo=compassion, orange=avarice, rouge=colère, rose=amour et jaune=peur).

Il est donc finalement très cohérent que l’armée des Green Lanterns, cosmopolite et composée d’espèces vivantes toutes différentes, soit armée du pouvoir donné par la volonté et le courage, alors que les ennemis, motivés par la peur, créent la division en disant rechercher l’ordre. Il n’est pas étonnant, à ce titre, de voir la couleur jaune savamment reliée aux personnages racistes qui essaiment dans GLL, ou que le nom de l’antagoniste commence par un X. Si l’on cherche bien, on s’aperçoit également que l’auteur y va de sa critique de la gentrification, avec ce même personnage qui tente de racheter un quartier communautaire dans le but de le « réhabiliter ».

Le tout est donc habilement écrit, centré autour des personnages, mais contient tout de même quelques poncifs, pas nocifs, mais qui prêteraient tout de même les lecteurs les plus désabusés à sourire. Green Lantern Legacy remanie donc utilement le personnage en utilisant des thèmes sociétaux cruciaux, dans un habillage estampillé jeunesse qui demeure toutefois agréable à lire.

***·Comics·East & West·Nouveau !·Rapidos·Service Presse

Rick et Morty tome 11

esat-west

Onzième tome de la série crée par Justin Roiland et Dan Harmon. Kyle Starks, Tini Howard et Magdalene Visaggio au scénario, Marc Ellerby, Philipp Murphy et Ian Mc Ginty au dessin. Parution le 15/09/21 aux éditions HiComics.

bsic journalism

Merci aux éditions Hicomics pour leur confiance!

Le Rick, c’est chic

Si vous connaissez Rick et Morty, cela signifie très probablement que vous vous êtes départi de vos douces illusions sur la vie et sur votre place dans l’Univers, pour ensuite embrasser une philosophie joyeusement nihiliste. La série animée des studios Adult Swim, s’est en effet faite connaître pour le traitement cruel et amer de ses personnages dans un univers SF totalement déjanté, qui laissait néanmoins la part belle à leur développement.

Avec quatre saisons complètes (disponibles sur Netflix) et un succès qui ne dément pas, R&M se sont offert une adaptation BD, qui reprend les codes et les gimmicks de la série principale pour extrapoler les aventures ironiquement ubuesques de la famille Smith/Sanchez. Pour ceux qui ne connaitraient pas encore, la série raconte les tribulations de Morty Smith, entraîné bien malgré lui par son grand-père Rick Sanchez, scientifique fou, dans des missions et aventures spatio-temporelles assez baroques.

Ce qui fait le sel de la série, c’est bien évidemment le personnage de Rick Sanchez, sexagénaire rude et cynique au génie inégalé, qui lui confère à la fois une vision tristement lucide sur les affres de l’Humanité et une bonne dose d’humour noir. Dans ce tome 11, vous verrez un Morty et une Summer « ricktifiés« , un Jerry Smith toujours aussi loser, et des gags cruels dont seul Adult Swim a le secret. Le comics singe donc correctement son homologue animé, bien que toutes les histoires n’affichent pas le même attrait. Sur cet album, seuls les chapitres mettant en scène Jerry aux prises avec une arnaque pyramidale cosmique et celui des « ricktifications » évoqué plus haut, se détachent du reste, bien que l’ensemble conserve un intérêt du fait des personnages et de leurs traits d’esprit. Le reste est constitué essentiellement de scénettes courtes qui ne comprennent pas nécessairement de chute.

En conclusion, la version comics de Rick et Morty offre de bons moments de rire et permet de patienter entre deux saisons du show.

****·BD·Jeunesse·Nouveau !·Service Presse

Eli & Gaston #2 La Forêt des souvenirs

Second tome de la série écrite par Ludovic Villain et dessinée par Céline Dérégnaucourt. Parution le 17/09/2021 aux éditions Ankama.

bsic journalism

Merci aux éditions Ankama pour leur confiance.

Voir sans oublier

Eli et son chat Gaston sont inséparables. La jeune fille espiègle est revenue passer les vacances d’automne chez sa grand-mère Jo, qui vit à l’orée d’une immense forêt. Un soir, alors qu’Eli confesse son ennui à son félin ami, Mia, une chatte sauvage qui ne laisse pas Gaston insensible, débarque pour prévenir ses amis qu’un voleur est entré dans la maison.

Le sang d’Eli ne fait qu’un tour et la voilà descendue dans la cave, où une silhouette masquée est effectivement en train de fouiller les affaires de Jo. Malgré leur ardeur, ni Eli, ni Gaston, ni Mia ne parviendront à stopper le voleur, qui prend la poudre d’escampette avec une mystérieuse carte. Après quelques investigations, Eli découvre l’identité du coupable: Hermine, une jeune fille au caractère revêche, qui vit en plein cœur de la forêt avec son grand-père Edmond, qui est l’un de ses derniers gardiens.

Hermine et Edmond sont à la recherche de la Fleur de Lune, qui ne pousse qu’une fois tous les 100 ans, et qui permet à celui qui la cueille de retrouver tous ses souvenirs. Et le vieil homme, gagné par la sénescence, en a bien besoin afin de transmettre son vaste (et nébuleux) savoir à sa petite-fille qui doit lui succéder. Eli & Gaston s’engagent donc dans une quête sylvestre pour trouver la Fleur de Lune. Quels dangers devront-ils braver pour atteindre leur but ?

Le premier tome d’Eli & Gaston faisait mouche grâce à un univers à la fois naïf et profond, des personnages attachants et de belles thématiques, mises en valeurs par le trait accueillant et enfantin de Cécile Dergnaucourt. La recette est ici la même, avec quelques ingrédients supplémentaires qui satisferont les lecteurs séduits par le premier tome.

Le ton est léger, mais les enjeux sont clairement établis et le danger, s’il ne fait jamais réellement craindre pour la vie de notre duo, reste quand même suffisamment sérieux pour conserver notre intérêt jusqu’à la fin de l’album. L’album, qui peut se lire indépendamment du premier, traite avec poésie de sujets intéressants, comme celui de la transmission du savoir et des traditions, la discipline et la volonté d’apprendre, ou encore le lien qu’un individu conserve avec son propre passé et qui constitue une part même de son identité.

Graphiquement très travaillé, cet album jeunesse doux et philosophe ravira sans doute les jeunes lecteurs et lectrices.

***·Comics·East & West

Furtif

esat-west

Histoire complète en six chapitres, écrite par Mike Costa et dessinée par Nate Bellegarde. Parution initiale chez Skybound, publication en France par Delcourt depuis le 02/06/2021.

La Gloire de mon père

Autrefois au cœur de l’industrie automobile américaine, la ville de Détroit n’est plus aujourd’hui que l’ombre d’elle-même. Délabrée, laissée à l’abandon par une municipalité dépassée, elle s’est mue en un cloaque déprimant qui broie chaque jour davantage les rêves et les aspirations de ses habitants.

Crime et pauvreté sont toujours étroitement liés, il n’est donc pas étonnant que Détroit soit devenue au fil des ans, le repère de nombreux gangs qui rendent plus difficile encore la vie dans les quartiers. Mais tout le monde n’a pas abandonné Détroit. Depuis plusieurs décennies, un homme se dresse, seul, face au crime et à la corruption. Vêtu d’une armure high tech, Furtif patrouille les rues et mène une guerre sans merci contre tous les gangs. Malgré sa détermination, toutefois, le poids des années commence à se faire sentir, si bien que Furtif ne semble plus en pleine possession de ses moyens. Ces doutes sont dissipés lorsque le héros blindé s’en prend à des policiers, qu’il a confondus avec des gangsters.

Tony Barber est un jeune journaliste amer, frustré par la déchéance de sa ville natale. Vivant seul avec son père Daniel, il lutte contre l’apathie de sa rédactrice en chef qui préfère mettre les problèmes sous le tapis pour ne parler que de sujets superficiels, comme si penser à autre chose qu’aux crimes et à la violence qui gangrène la ville allaient suffire à la sauver.

Un soir, alors qu’il rentre chez lui, Tony fait une terrifiante découverte: celui que tout le monde nomme Furtif, ce héros discret et altruiste, n’est autre que son père, Daniel. Souffrant d’une dégénérescence d’ordre neurologique, ce dernier perd peu à peu ses souvenirs et ses capacités, ce qui, en plus d’être tragique, le rend tout à fait dangereux.

Sans doute pas l’homme le plus dangereux de la ville, puisque ce titre revient sans doute à Dead Hand, un gangster albanais doté d’un terrifiant pouvoir résidant dans sa main droite. Ce dernier, ennemi de longue date de Furtif, comprend que le justicier n’est plus au top et prévoit ainsi d’accélérer sa chute.

Tony, lui, digère mal la nouvelle puisqu’il en fait immédiatement les frais, passé à tabac par son père, qui perd la tête. Bien décidé à investiguer pour trouver des réponses sur l’armure de son père, Tony espère trouver un moyen de le sauver, avant que l’irréparable ne soit commis.

La Chute du Faucon Noir

N’ayant plus grand chose à prouver depuis le succès de The Walking Dead et Invincible, Robert Kirkman navigue désormais dans des eaux plus ambitieuses, puisqu’il dirige désormais son propre label, Skybound, ce qui lui donne une plus grand liberté créative et ouvre ses horizons vers d’autres médias.

A la manière d’un Mark Millar, Kirkman lance donc des projets promis dès leur génèse à une adaptation ciné ou télé. C’est le cas avec Furtif (Stealth en VO), dont la vectorisation sur grand écran a déjà été annoncée. Tout comme Invincible explorait la relation père-fils dans un univers violent et déjanté, Furtif vient mettre en lumière les dynamiques filiales et paternelles dans un monde de gangsters et d’armures cybernétiques.

Ce thème est même ici plus central que dans les autres œuvres de Kirkman, qui a cette fois délégué l’écriture à Mike Costa. L’auteur livre une partition classique dans sa construction, avec son lot de rebondissements et de scènes intimistes entre le père et le fils, alternant avec des séquences d’action explosives (assez facilement transposable sur écran). Seul le final pêche et fait office de fausse note, son côté quelque peu absurde-ou du moins incohérent-faisant sortir l’intrigue des rails.

Le scénariste tente également, avec un certain succès, d’évoquer des problématiques sociales-paupérisation, violence et criminalité, gestion des crises sociales et économiques-mais y apporte sur le dernier chapitre (le fameux final) une touche d’optimisme un peu gauche sortant de nulle part.

Au milieu de tout ça, on trouve quand même la thématique du vieillissement, de la sénescence, traitée sous un angle tragique et émouvant. Daniel lutte en effet pour poursuivre sa croisade contre le crime, mais possède tout de même suffisamment de moments de lucidité pour se voir sombrer, ce qui en ajoute encore à la tragédie. Si on doit parler de l’antagoniste, ce sera pour dire qu’il effleure constamment la limite menant à la caricature, sans pour autant la franchir.

Cynique, parfois lâche, il ajoute une petite touche acide à l’ensemble, malgré un aspect légèrement pompé sur Harvey Dent, alias Double-Face. Justement, tant qu’on évoque les inspirations, le design de Furtif nous fait immédiatement penser à un savant mélange de Falcon, Darkhawk, chez Marvel, avec un soupçon de Guyver. Graphiquement, Nate Bellegarde fait un très bon travail, élevé encore d’un cran par la mise en couleur signée Tamra Bonvillain.

Furtif ne révolutionne donc pas le genre mais offre une vision intéressante et peu usitée du héros et de la relation père-fils. La fin pose clairement question mais ne gâche pas la lecture pour autant.

****·Comics·East & West·Nouveau !

We only find them when they’re dead #1

esat-west

Comic de Al Ewing, Simone Di Meo et Mariasara Miotti (coul.)
Hicomics (2021) – Boom! (2020), 144 p., série en cours.

couv_427717

bsic journalism

Merci aux éditions Hicomics pour leur confiance.

Nous sommes en 2367, le Vihan II est un vaisseau nécropsique comptant quatre membres d’équipage. Nous étions en 2323, le Vihan était un vaisseau nécropsique comptant quatre membres d’équipage… Entre maintenant et hier, voici l’histoire du capitaine Georges Malik, hanté par son passé, et son équipage qui comme ses confrères prélève la dernière ressource: la viande de corps gigantesques qui apparaissent soudainement dans l’espace. Les règles sont strictes et pour ceux qui voudraient s’en extraire, c'(est la mort qui s’annonce…

Voyageur (Le) (par Al Ewing et Simone Di Meo) Tome 1 de la série We only  find them when they're deadAuréolé d’aperçus sublimes, d’une notoriété importante et d’une mise en avant exceptionnelle de la part de l’éditeur Sullivan Rouaud, WOFTWTD nous arrive dans une édition reprenant la classique maquette Hicomics. Petit regret lorsque l’on voit les sublimes cover originales et leur logotitre immense mangeant l’illustration. La couv française est certes très jolie mais manque de la percussion de l’œuvre originale…

We only find them nous conquièrt immédiatement dès les premières pages d’une beauté spatiale froide et colorée à la fois. Ces dessins dans un style totalement issu de l’Animation chatoient et impressionnent par les très nombreux effets optiques (floutés, déformations, brillances,…) que certains trouveront gadget mais qui participent totalement à l’esprit de proposer un album de la qualité d’un Anime sans la perte graphique qui l’accompagne généralement dans ce genre de cas. Tout le long on est ébahi par la pureté des couleurs et la force de l’atmosphère d’un espace hostile. Noyés dans une pénombre éclairée par les écrans et rayons multiples de cet univers, on est transporté dans un space-opera intimiste et familial, celui d’un équipage qui comble difficilement la tragédie familiale de ce capitaine au look de pirate.Simone Di Meo a Twitter: "Paula Richter. It was fun create this character  design. @Al_Ewing wrote a great character. From WE ONLY FIND THEM WHEN THEY'RE  DEAD. Pre-Order at your local comic

Beaucoup de très belles BD oublient la nécessité d’une bonne histoire, ce qui n’est pas le cas ici. Avec sa construction en aller-retours entre trois époques et sa ritournelle de narration les auteurs densifient leur univers graphique d’un aspect littéraire fort élégant. Et chose remarquable pour un comic (genre plutôt habitué à la sur-complexification) l’histoire est relativement simple et permet ainsi d’apprécier le découpage sophistiqué sans se perdre.

WE ONLY FIND THEM WHEN THEY'RE DEAD #1-7 (Al Ewing / Simone Di Meo) - Boom!  Studio - SanctuaryMais venons en à l’originalité du background qui est sans doute ce qui fascine le plus: dans un univers techno très poussé des équipages se ruent sur des corps de « dieux » morts apparaissant dans l’espace et proposant des morceaux de viande de différents choix selon la partie repérée. Cette chasse est fortement règlementée et surveillée par un corps de limiers impitoyables qui éliminent immédiatement tout vaisseau débordant de son quotas ou tentant de s’échapper. Autrefois Georges Malik a dû faire un choix dramatique au sein de son équipage familial… dont il est le dernier représentant. Aujourd’hui capitaine sombre mais respecté, il va devoir assumer sa responsabilité dans la survie de son groupe entre règlement de compte avec leur limier de faction et nécessité de subvenir à leurs besoins. Histoire simple mais parfaitement tendue donc.

Si ce premier tome met en place une histoire torturée, le background n’évolue guère qu’en toute fin sur un cliffhanger très efficace dans une atmosphère qui rappelle le danger d’un 2001 l’Odyssée de l’Espace ou d’un Alien. Avec ce risque omniprésent, les interactions se font essentiellement par radio, proposant de belles joutes verbales où excelle le scénariste Al Ewing. Des « Dieux » on n’en verra que des bouts, en fonds de texte de même que les vaisseaux mystérieux du fait d’une gestion de l’éclairage hypnotisante. Tout à fait manipulatoire, le scénario nous capte du début à la fin en nous envoûtant par les planches fascinantes. A la réserve que l’on ne sait encore que peu de chose de l’aspect fantastique (ou cosmogonique) de cette histoire qui emprunte plus à la chasse à la baleine et au manga Drifting Dragons qu’à Star Trek, We only find them réussit haut la main son passage en donnant très envie de lire une suite certainement aussi structurée que cette ouverture.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1note-calvin1

***·BD·Nouveau !·Service Presse

Jukebox Motel #1: la mauvaise fortune de Thomas Shaper

La BD!

Premier tome d’un diptyque écrit par Tom Graffin, adapté de son roman éponyme. Marie Duvoisin au dessin et à la couleur, parution le 28/04/21 aux éditions Grand Angle.

bsic journalism

Merci aux éditions Grand-Angle pour leur confiance.

Contre mauvaise fortune bon cœur

Pour réaliser son rêve, Thomas Shaper a dû s’affranchir des attentes paternelles, et a quitté son Québec natal pour aller vivre à New York étudier aux Beaux-Arts. Son père, qui espérait que son fils reprendrait l’exploitation familiale, était loin d’approuver ce voyage, forçant Thomas à partir sous l’opprobre de ceux qu’il aime.

Une fois l’amertume passée, Thomas se jette à corps perdu dans la peinture, et fait la rencontre de Joan, dont il tombe éperdument amoureux. A force de travail, Thomas finit par attirer l’attention d’Andy Warhol himself après un coup d’éclat graphique, ce qui le propulse sous le feu des projecteurs, à son grand désarroi.

Pris dans l’engrenage nauséabond du marché de l’art, Thomas reçoit une forte somme d’argent en acompte, en échange de dix nouvelles toiles. Des billets verts plein les bras, incertain de sa capacité à reproduire l’exploit qui l’a fait connaître, Thomas décide de faire un break, et prend la route vers la Californie.

Apparemment destiné à croiser des célébrités, Thomas fait une nouvelle rencontre fortuite, avec rien de moins que Johnny Cash ! Le chanteur, désabusé lui aussi par le succès, a taillé la route, à la recherche d’un endroit où se retrouver. Pris d’une amitié soudaine, ou simplement d’humeur joueuse, Cash met au défi Thomas de trouver pour lui ce « diable d’endroit« , ce havre pour les âmes en peine.

I walk the house

Comme nous le disions, Tom Griffin adapte lui-même son roman éponyme, grâce au concours de Marie Duvoisin. Nous plongeant dans les affres du processus créatif et des angoisses propres aux artistes, l’auteur nous fait traverser les tourments de son protagoniste, au travers duquel il est permis de penser qu’il s’est projeté lors de l’écriture.

L’ascension fulgurante de Thomas est un parallèle évident aux nombreux artistes qui ont sombré peu de temps après leur accès à la notoriété. Jukebox pose donc une question essentielle et paradoxale de la vocation artistique: et après ? Quelle finalité accorder au geste de création artistique ?

Au cours de l’histoire, Thomas est en effet confronté à cet épineux problème: comment dompter l’inspiration authentique ? Incapable de peindre sur commande, Thomas choisit la fuite, afin de se trouver, et de régénérer cette partie de lui qu’il sacrifie à chaque fois qu’il peint une toile. Il en va de même pour Johnny Cash, qui recherche cette étincelle perdue, cette volonté de chanter avant tout pour lui et non plus pour courir après l’approbation du public.

Jukebox Motel nous interroge donc sur une composante essentielle de la création artistique, et mettant en lumière le paradoxe entre création authentique et mercantilisation de l’art.

***·Comics·East & West·Nouveau !·Rapidos·Service Presse

The Plot #1

esat-west

Premier tome comprenant les 4 premiers chapitres (sur 8) de la mini-série écrite par Tim Daniel, Michael Moreci, et dessinée par Josh Hixson. Parution en France chez HiComics le 19/05/2021.

bsic journalism

Merci aux éditions Hicomics pour leur confiance.

La hantise du Bayou

Après la mort brutale de son frère et sa belle-soeur, Chase Blaine se voit confier la garde de sa nièce Mackenzie et de son neveu Zach. En plus de devoir gérer le deuil de ce frère qu’il ne voyait plus depuis des années, Chase va donc devoir faire de la place à cette nouvelle famille, qu’il ne connait pas davantage. Ces événements vont le ramener sur la parcelle familiale, où se situe la maison des Blaine. Très vite, des secrets enfouis dans les marécages environnants, et les fondations même de la demeure, vont tenter de refaire surface. Des secrets liés de près à la mort de son frère et au destin de sa famille…

Le récit d’horreur est un exercice périlleux, surtout si l’on prend en compte les contraintes du médium utilisé. Le thème du retour à la maison est un lieu commun presque inévitable du genre, qui est presque indissociable de celui des secrets de famille, qui sert de colonne vertébrale à The Plot, sans que l’auteur ne donne, pour le moment, d’indice prégnant quant à la nature du pêché à l’origine du récit. Le deuil, bien sûr, est toujours un terrain propice à l’horreur et au surnaturel, tout comme l’exploration des dynamiques familiales (l’oncle éloigné qui récupère la garde de ses jeunes neveux orphelins rappelle le film Mama).

Vous l’aurez donc compris, The Plot s’inscrit dans le genre horrifique sans le révolutionner nécessairement. La tension est pourtant bien présente, au moyen de jump scares séquentiels bien utilisés, et d’une ambiance graphique immersive due à l’encrage lourd de Hixson et aux couleurs de Jordan Boyd.

Néanmoins, il apparaît évident que ces quatre premiers chapitres présentés tels quels font office de premier acte, les quatre derniers ayant certainement davantage de révélations et autres coups de théâtres en réserve (on soupçonne un pacte avec une entité engendrant une dette des Blaine). Il n’aurait donc pas été incongru de proposer les huit chapitres d’emblée en intégrale, au lieu de se contenter d’un premier tome d’exposition en espérant avoir accroché le public pour le second tome.

Étant donné sa nature essentiellement introductive, il n’y a donc pas énormément de choses à souligner sur ce premier tome de The Plot, si ce n’est sa correcte exécution et un mystère qui donne envie d’être découvert.

***·Comics·East & West·Nouveau !·Service Presse

Rick et Morty tome 10

esat-west

Dixième tome de la série inspirée du show du même nom crée par Dan Harmon et Justin Roiland. Tini Howard et Kyle Starks au scénario, Marc Ellerby au dessin, parution le 17 mars 2021 aux éditions HiComics

bsic journalism

Merci aux éditions Hicomics pour leur confiance.

This is a Rick’s world

En apparence, le scientifique Rick Sanchez a tout d’un savant fou. Alcoolique, irresponsable, il vit aux crochets de sa fille Beth et méprise copieusement son gendre Jerry. Rick repousse même les limites de l’inconséquence puisqu’il embarque, depuis 4 saisons maintenant, son petit-fils Morty dans des aventures spatiales et dimensionnelles toutes plus dangereuses les unes que les autres. 

Toutefois, Rick n’est pas qu’un ivrogne sans vergogne. On pourrait même dire que tout ceci n’est qu’une façade, visant à cacher les blessures profondes d’un homme esseulé, que son génie isole encore davantage du reste du monde. Le show nous montre ainsi, entre deux blagues potaches et deux situations abracadabrantes, les tourments internes de cet homme brillant, qui est si lucide sur la vacuité de la vie et de l’univers qu’il se réfugie dans l’alcool et la contrebande inter dimensionnelle. 

A n’en pas douter, donc, Rick & Morty redéfinit et redynamise la série animée, en allant plus loin encore qu’une série comme Futurama. 

En parallèle de cet indéniable succès, le comic Rick & Morty tente de prolonger le plaisir en couchant les aventures du duo générationnel sur papier. 

Un Rick-anement Morty-fère

Ce dixième tome nous fait découvrir un énième délire de Rick, qui, pour souffler et catharsiser  ses émotions négatives, a construit un parc parcouru par des androïdes, sur lesquels il peut se défouler, à la manière d’un certain parc à thème mettant en scène des cyborgs dans l’Ouest Sauvage… 

Le comic book marche donc sur les traces de son ainé télévisuel en reprenant un concept SF déjà usité et en y ajoutant une bonne dose d’impertinence, voire de cynisme. La philosophie nihiliste de Harmon et Roiland semble avoir contaminé les scénaristes du comic book, qui reprennent donc allègrement les parangons de pop culture (ici, la série Wesworld, vous l’aurez compris) pour les tordre, les détourner de façon drôlement cruelle, ou cruellement drôle. 

Mention particulière pour l’épisode spécial, qui en l’espèce reprend verbatim le concept d’un épisode de la série, dans lequel Morty redécouvre les souvenirs traumatisants que Rick lui a retirés à sa demande. Comme dans l’animé, c’est l’occasion de rire face aux mésaventures tantôt humiliantes, tantôt horrifiantes du jeune paltoquet, qui est toujours condamné à revivre de façon récursive les mêmes traumas. 

Entre détournement des poncifs SF et cruauté froide d’un univers indifférent, les amateurs de la série animée sauront savourer ce tome 10 en attendant la prochaine saison du show !

****·Comics·Jeunesse·Nouveau !·Service Presse

Antiheros

Rufus Stewart
Comic de Kate Karyus Quinn, Demetria Lunetta et Maca Gill,
Urban (2021), 154p., one-shot
La collection Urban Kids vise à introduire les plus jeunes dans l’univers pas si évident des super-héros et des comics en général. Sous des licences plus larges que le seul catalogue DC, Urban propose ainsi essentiellement des on-shot très graphiques mais aussi quelques séries courtes issues des séries d’animations mythiques de Paul Dini. Les  autrices de cet album travaillent habituellement dans la littérature adulte et pour les trois c’est leur premier album de comics.

bsic journalismMerci aux éditions Urban pour leur confiance.

Cette  rubrique vise à présenter un album jeunesse en regard croisé parent/enfants. Mes deux zozo parlent donc d’un album en mode question-réponse, puis vous trouverez en fin d’article mon avis dans un format plus classique. N’hésitez pas à me donner votre avis et idées sur la formule en commentaires!
  • Ma fille c’est « Talia » (c’est un pseudo): à treize ans elle aime beaucoup Buddy Longway, La Rose écarlate, les Mythics, Harmony, les carnets de Cerise, Dragon Ball, FMA ou Flying Witch…

Tout oppose Piper et Sloane, deux collégiennes de Gotham East… hormis le fait que la nuit elles enfilent leur costume de super-héroïnes! Jusqu’au jour où un mystérieux artefact les envoie chacune dans le corps de l’autre! Elles vont être obligées de s’ouvrir l’une à l’autre pour résoudre ce mystère et espérer retrouver leur entièreté…

Salut Talia! Aujourd’hui on découvre deux nouvelles super-héroïnes. Avant toute chose peux-tu nous dire ce que tu connais de l’univers DC et de ses héros? Colors - Sarah SternJ’ai lu Harleen, le Batman de Marini, Wonder Woman année 1, j’ai vu les films du DCEU… Peux-tu maintenant nous présenter Piper et Sloane, le jour et dans leur identité secrète? Piper est une super-héroïne qui essaye d’empêcher les méchants mais avec sa super-force elle casse tout sur son passage  du coup les policiers l’appellent la « Chips au fromage » (par-ce qu’elle aime grignoter) ou le « boulet de démolition ». Elle n’aime pas du tout ces surnoms! A l’école elle a du mal mais le vit plutôt bien mais sa grand-mère trouve qu’elle devrait travailler plus. Son tonton est policier et a affaire à elle le soir sans savoir que c’est Piper. Ses parents sont partis depuis longtemps pour travailler et elle aimerait les revoir, ce qui provoque des sujets de dispute avec sa grand-mère. Sloane est une super-vilaine qui cambriole. Elle a un super-cerveau qui la rend super-intelligente. Elle a une IA qui l’aide, des drones qui obéissent à sa voix. Elle travaille pour son grand-père qui est un truand et par-ce que sa mère ne peut pas travailler mais la maman ne le sait pas. Le jour elle est très forte à l’école mais elle n’a pas d’amis notamment par-ce que sa famille a mauvaise réputation. Est-ce que Batman et les autres héros sont impliqués? Anti/Hero Asks You to Walk a Mile in Someone Else's Secret Identity | DCBatman apparaît rapidement mais il n’intervient pas dans le combat contre l’Ours. Le changement de personnalité est un peu compliqué à suivre, non? Oui! On a tendance à s’y perdre car on ne sait plus qui est qui: elles gardent la même apparence mais le texte change de personnalité. Mais c’est plutôt drôle à lire… Au début on nous présente Piper comme une justicière et Sloane plutôt comme une vilaine. Est-ce que ça se confirme? Après s’être rencontré Piper convainc Sloane que ce n’est pas bien de cambrioler et sa mère essaye de la dissuader de travailler pour l’Ours. Piper de son côté réalise qu’elle doit faire attention à ne pas détruire les biens des autres quand elle intervient  comme le Colibri. Elles réalisent toutes les deux les incidences de leurs actions. Après avoir changé plusieurs fois leurs corps elles réalisent qu’elles peuvent y arriver même là où elles ne sont pas très douées. Merci pour ton avis et à bientôt pour un prochain Avis des kids! Voilà pour Talia… et le vieux qu’est-ce qu’il en dit? Il y a quelques années je cherchais des comics destinés aux jeunes en permettant d’ouvrir cet univers des Batman, Superman et Wonder Woman (mais plus largement des super-héros) à des enfants, sans la complexité inhérente au genre… et j’avais été très surpris en discutant avec des libraires de découvrir que rien n’était réellement prévu pour ce lectorat. Sans doute conscients que toute une génération geek était maintenant parent les éditeurs ont commencé à développer ce genre d’ouvrages en ouvrant comme ici (sur une même stratégie payante que Drakoo en franco-belge) leurs pages à des auteurs qui ne viennent pas de l’univers des comics. Chez DC c’est partiellement rangé dans la très qualitative collection Urban Kids mais cela déborde sur le créneau adolescent ou young adult comme sur la nouvelle héroïne Naomi par exemple.Review: Anti/Hero | LaptrinhX / News Le schéma de ce one-shot prenant place à Gotham dans l’ombre de Bruce Wayne (dont il est fait référence et qui apparaît brièvement) est celui de l’inversion des rôles entre deux personnalités très différentes. Outre le très amusant jeu du qui est qui (pendant toute une partie les deux héroïnes alternent puis ré-alternent, brouillant les pistes pour le lecteur), j’ai été surpris par une autre inversion: l’héroïne « lumineuse » est brise-fer, bordélique et un peu bouboule (pas franchement des marqueurs positifs) quand Sloane est une brillante jeune fille marquée par une vie familiale difficile. Comme sur le Garçon-sorcière on creuse bien plus profondément dans la psychologie des personnages principaux que dans les comics habituels et je pense que ça parlera aux jeunes lecteurs (les personnages sont collégiennes). Surtout la situation sociale et familiale est Anti/Hero — Demitria Lunettadéterminante pour faire comprendre au lecteur pourquoi l’une est du mauvais côté de la loi (un peu comme Batman tiens!) et l’autre est une justicière. Le contexte est très américain avec un aspect ethnique marqué tout comme des familles compliquées (parents absents pour l’une, mère au chômage pour l’autre). Les valeurs mises en avant sont classiques et attendues: la découverte de l’autre, l’amitié, la collaboration. C’est classique mais pas trop appuyé pour éviter la bien-pensance. Graphiquement c’est franchement sympathique avec des dessins simples plutôt colorés qui évitent un aspect dessin-animé plat que l’on trouve dans beaucoup de BD jeunesse. Les personnages des deux héroïnes (et leurs trombines) sont agréables et expressifs, notamment dans les séquences inversées. Au final on passe un très agréable moment qui a la bonne idée de ne pas prolonger au-delà du format one-shot et permettra sans s’engager ni besoin de connaître le background DC, d’entrer dans le monde des héros. note-calvin1note-calvin1note-calvin1 A partir de 7 ans