****·BD·Nouveau !·Numérique

Le Dernier Atlas

La BD!

Série en trois tomes, écrite par Gwen de Bonneval et Fabien Vehlmann, dessinée par Hervé Tanquerelle. Deux tomes parus, le 15/03/2019 (205 pages) et le 24/06/2020 (228 pages), aux éditions Dupuis.

Obsolescence programmée

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Ismaël Tayeb n’est peut-être qu’un petit tâcheron dans les rouages criminels de Nantes, mais il a tout d’un grand. Consciencieux et méthodique, brutal mais magnanime, il supervise, avec ses compères, un réseau de jeu clandestin très lucratif.

Lorsque son sang-froid et sa clairvoyance lui permettent de sauver la mise au grand patron Legoff, dit « Dieu le père », Ismaël va se voir donner l’occasion de grimper les échelons en prouvant sa valeur. Ainsi, le truand au grand cœur n’aura pas le droit à l’erreur pour sa nouvelle mission: se procurer une pile nucléaire, dans le cadre d’une transaction sensible dans laquelle Legoff lui-même joue gros.

Puisant dans ses souvenirs d’enfance, Tayeb va vite trouver le moyen de contourner cet épineux problème: retrouver la carcasse du Georges Sand, le dernier des Atlas. Les Atlas étaient des engins colossaux, des Mechas utilisés jusque dans les années 70 pour les grands travaux. Démantelés suite à une catastrophe qui a irradié la ville de Batna en Algérie, ils ont aussitôt été relégués au rang des vieilleries, à l’exception du Sand, qui ne doit son salut qu’à un conflit juridique du à sa présence sur le sol indien.

Alors qu’il rend visite à « Dieu le père », exilé en Algérie, Ismaël est témoin d’étranges événements en plein cœur du désert. Au plus profond d’une mystérieuse faille, il perçoit une entité malveillante qui semble affecter la faune et la flore alentours. C’est un moment charnière pour le truand nantais, qui, horrifié par la menace, imagine un plan aussi fou que désespéré pour la contrer: remettre le dernier Atlas sur les rails, et l’utiliser pour stopper ce qui s’extirpera inévitablement de la faille dans le désert. Pour cela, il va devoir prendre d’énormes risques, et jouer double-jeu avec d’impitoyables truands, dont l’altruisme n’est pas la qualité première…

Uchronie et fin du monde

Ce qui débute comme une petite histoire de truands prend rapidement une dimension à la fois épique et eschatologique, avec rien de moins en jeu que le sort du monde. C’est ce virage, opéré dès le premier volume, qui donne tout son intérêt à la série, en accrochant d’emblée le lecteur.

L’aspect feuilletonnesque, permis par la très généreuse pagination, est une qualité supplémentaire, qui permet aux auteurs de tisser une intrigue complexe, mêlant banditisme, luttes de pouvoirs, géopolitique, le tout sous-tendu par les codes du  » caper « .

Un autre point important du Dernier Atlas est son caractère uchronique, puisque les auteurs ont choisi de construire leur récit dans une version alternative de notre monde, dans laquelle la colonisation de l’Algérie n’a pas connu les mêmes évènements ni la même issue, ce qui influence grandement la narration.

Il est intéressant de constater à quel point, même lorsque l’on joue avec une version alternative, ces deux pays sont liés. Un lecteur attentif à ce genre de thématique constatera d’ailleurs, non sans une ironie certaine de la part des auteurs, que le colonialisme a la vie dure, même au sein du banditisme: le chef, Legoff, est un blanc, vivant sur le sol algérien dans une certaine opulence, tandis que la plupart de ses sous-fifres et de ses exécutants, notamment Ismaël, est d’origine algérienne. Il y a aussi, à l’instar de notre monde, des nostalgiques de l’Algérie française, ce qui finit de planter le clou. On trouve également fascinant le background des Atlas eux-mêmes, tant par leur mécanique que par le culte dont ils faisaient l’objet.

Le Dernier Atlas est une histoire haletante, redoutablement bien écrite, assurément un incontournable du moment !

****·BD·Nouveau !

Carbone & Silicium

La BD!

BD de Mathieu Bablet
Ankama (2020), 287p. + cahier graphique de 37 pages, couleur. One-shot.

L’édition chroniquée est celle proposée par le réseau des librairies CanalBD et on peut dire que si la couverture n’est ni plus ni moins belle que celle de l’édition classique, les bonus sont tout à fait passionnants, ce que j’attends dans chaque édition spéciale pour entrer (un peu) dans la démarche créative de l’auteur. La préface d‘Alain Damasio, un peu lyrique, nous déblaye le terrain avant que Bablet ne détaille ses hésitations, sa démarche, l’évolution du projet, tout au long de nombreuses pages agrémentées de dessins à toutes les étapes de réalisation. Un vrai making-of absolument passionnant qui rehausse franchement une lecture… complexe. Un Calvin pour l’édition!

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***·BD

Lastman #4-6

La BD!
BD de Balak, Vivès, Sanlaville
Casterman (2013-2019), env. 200p./vol., série finie en 12 volumes.
Un album préquelle Lastman Stories est paru en 2018.

Adrian et sa mère débarquent à Paxtown, cité du vice et de la Mafia. Le maître des lieux, Milo Zotis, y organise la Fight Fist Funeral Cup, le plus grand tournoi de combat libre… dont Richard Aldana était le grand champion! Aucunement impressionnée la jeune maman décide de s’inscrire avec Adrian…

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mediathequeCes trois albums marquent la fin du premier cycle des aventures de Mariane, Adrian et Richard… et l’on peut dire que les auteurs nous baladent brutalement d’un environnement à un autre avec le plaisir assumé de la série Z et des nanar de vidéoclubs des années quatre-vingt! Depuis les mésaventures des exilés de la vallée des rois à Nillipoli on sait que Lastman Lastman tome 5 - BDfugue.comva aller vers des aventures urbaines. Si ce monde ressemble au nôtre (ou plutôt à sa version viciée qui rappelle fortement une certaine Sin City…) rapidement les pouvoirs des arts martiaux de la Vallée interviennent et des êtres aux pouvoirs phénoménaux semblent décidés à venir à bout d’Aldana. Fantastique et polar mafieux se côtoient sans que les auteurs ne cherchent à donner une quelconque cohérence à l’ensemble. Ce qui fait le sel de Lastman c’est la liberté créative absolue, l’envie de se faire plaisir (Sanlaville a montré dans toute sa bibliographie combien il était amoureux des nanar). A Paxtown les filles sont des bimbo aux seins ENORMES, les gars des truands vicieux au look vaguement homo ou des golgoth sortis de Ken le survivant. Une nouvelle drogue fait des ravages et Adrian n’en finit plus d’assumer son statut d’anti-héros. Ce personnage présenté comme le cœur de la série s’avère d’ailleurs au final un peu décevant de passivité. A force de se faire défoncer par tous ses adversaires et bien peu doté en stratégie, il surnage surtout par ses répliques pas fines mais hautement sympathique (pour peu que l’on ait accroché avec l’esprit de l’œuvre). Du coup avec la quasi disparition de la mère et de son fils sur les volumes cinq et six on est un peu en manque de focus, les auteurs ne semblant soit pas se préoccuper de cela, soit trop hésiter devant leur galerie de joujoux, entre un super-flic mystérieux, le tout aussi cryptique Cristo Canyon vu au début de la série ou la gonflée Tomie Katana au nom d’actrice porno et destinée à courir partout comme toute bonne bimbo de film d’horreur qui se respecte…Lastman on Twitter: "Cristo Canyon - Lastman, tome 6 https://t.co ...Puisqu’il ne faut pas en demander trop à un scénario assumé comme de série Z, la puissance de cette série réside donc bien dans ses planches qui ne finissent pas de surprendre de simplicité et d’efficacité cinématographique. Le découpage est magistral, le mouvement est dans chaque case et l’on a clairement le sentiment d’avoir affaire à la mise en album d’un long métrage d’animation (tiens donc, les trois auteurs ne viendraient-ils pas de ce secteur créatif?…). Faute d’avoir la BO comprise dans les albums, je ne saurais Lastman : déjà plus de 800 pages d'aventure ! - ActuaBDque vous conseiller de lire Lastman avec une musique pas fine en fonds sonore. Une petite suggestion des auteurs? Bien entendu ce style n’est pas pour tous les goûts et même si vous vous faites à ces dessins à la très grande technique redoutablement camouflée il est impératif de goûter aux films de Schwarzenegger, à MadMax et à Dirty Harry pour bien apprécier la série. Attention, si les auteurs se font un plaisir coupable, dès que les planches reviennent à la Vallée des rois l’intrigue prends une épaisseur soudaine qui nous emmènera vers un second arc/saison introduit par un des Cliffhanger les plus gonflés que j’ai pu lire. Empli d’une générosité foutraque, débordant par moment de n’importe quoi à force d’aimer les films débiles, Lastman est une BD de garçons qui ne s’excusent pas d’aimer les nichons, les muscles et les explosions. Avec une attaque de la base étonnamment feignante et vaguement ennuyeuse, on se dit qu’on s’arrêtera là… avant d’être repris par l’addiction sur la dernière partie du tome six. Et la très grosse envie d’aller regarder l’animé sur Netflix en attendant de lire la suite…

***·BD·Nouveau !·Service Presse

Apocalypse selon Lola

Semaine très humour avec la ressortie d’une BD qui, après celle de mercredi, coche toutes les cases de l’humour Fluide

La BD!

BD d’Arthur Qwak
Akiléos (2020), 66p. + cahier graphique de 37 pages, couleur. One-shot.
Réedition de l’album « Lola Cordova », paru en 2005 chez Casterman.

bsic journalismMerci aux éditions Akiléos pour cette découverte.

Bel album relié au vernis sélectif, avec illustration d’intérieur de couverture, préface et introduction à cette réedition par le fondateur d’Akiléos et très imposant cahier graphique. Des couvertures d’un faux magazine ont été introduites au sein de l’album. Jolie édition avec nouveau titre (… je n’aime jamais trop cette méthode qui brouille le statut d’ancien album) et pitch redoutablement drôle et parlant… Très bonne édition globalement.

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***·BD·Nouveau !·Service Presse

Alter #2

La BD!

BD de Philippe Pelaez, Laval NG et Daniel Florent (coul.)

Drakoo (2020),104p., série finie en deux tomes.

Nouvelle édition de la série Parallèle parue en 4 tomes chez feu Sandawe.

bsic journalism Merci aux éditions Drakoo pour cette découverte.

La maquette du premier album est reprise avec une couverture élégante. Voir la critique du premier volume pour les éléments d’édition. Le cahier graphique final est moins intéressant que dans le premier tome et propose plutôt les prouesses graphiques de Laval NG et du matériau d’ambiance qui n’aide pas vraiment à mieux pénétrer cet univers faute d’explications des auteurs.

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Sylan Kassidy a récupéré sa femme… ou plutôt ce qu’il en reste, convaincu qu’il peut lui rendre sa forme humaine en revenant dans sa réalité. Pendant ce temps sur Terre le temps s’écoule en tenant compte des découvertes de la Terre alternative, dite « Alter ». Mais sans la solidité morale de l’ex-président Saint-John et du capitaine Kassidy, les projets des scientifiques risquent de mener la Terre à un chaos définitif…

Parallèle -3- Moitié, moitiéNous avions laissé le très héroïque capitaine Kassidy abandonnant son équipage pour partir au secours de sa femme. L’album reprend sur un gros flash-back relatant les événements qui ont amené au début du premier tome, déflorant un peu plus l’événement physico-spatial qui a provoqué la projection dans l’univers parallèle. La structure de ce second volume est bien plus complexe que le précédent qui avait le mérite de nous faire suivre l’équipage uni en réduisant les sauts de narration à un unique passé. La grande difficulté des récits de réalité alternative et de paradoxes temporels est qu’ils exigent une très grande lisibilité et une rigueur scénaristique de tous les instants. Sur le premier point le dessin de Laval NG, s’il est toujours aussi élégant, ne permet pas toujours de s’y repérer entre les personnages, surtout que son scénariste complique la tâche en proposant différentes variantes de certains personnages et que d’autres apparaissent sans avoir été introduits (la nouvelle présidente). Du coup la lecture en devient compliquée et nécessite sans doute plusieurs passages pour bien saisir les subtilités du récit.

Le texte en lui-même est toujours aussi agréable et montre que le succès de Philippe Pelaez n’est pas dû au hasard tant son écriture a une fluidité  au-dessus de la moyenne. Alter est un projet ambitieux, surtout pour un scénariste Parallèle tome 4 - BDfugue.comdébutant et sa conclusion me laisse un peu la même impression que sur Brane zéro de Mathieu Thonon: un projet passionnant, très complexe, sur lequel les auteurs ont mis toutes leur passion… mais qu’un peu plus d’expérience aurait sans doute huilé un peu. Sans doute qu’une lecture d’affilée des deux volumes amoindrirait cette impression. Ce volume se concentre sur les conséquences sur les différentes réalités de ce qu’a provoqué le bombardement magnétique de 2070. L’action est bonne, les dessins agréables et les manigances politico-scientifique du Pouvoir nous font basculer d’un récit techno-scientifique (tome un) à un aspect plus conspirationniste. L’histoire est passionnante, mais le montage rend le suivi compliqué, si bien que je ne suis pas certain d’avoir compris la fin qui nous emmène dans une thématique carcérale. Il y a de l’idée pourtant dans ces alternances de pages en regard nous montrant les événements simultanément dans les deux réalités, comme cette excellente séquences initiale nous faisant vivre l’événement des deux vaisseaux. Alter fait partie de ces albums qui demandent au lecteur de travailler et personnellement j’adore. Peut-être que l’ajout d’un narrateur aurait pu accompagner la lecture…

On termine la lecture un peu décontenancé, avec l’impression d’avoir vécu une aventure généreuse, intelligente, ambitieuse et gourmande. Sans doute l’envie de jeunes auteurs de mettre tout ce qui leur plait dans un récit déjà complexe finit-t’il par un léger trop plein. Alter reste pourtant dans le club des très bonnes séries SF et n’a rien à rougir face aux albums de maître Fred Duval.

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****·Manga

Origin #4-5

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Manga de Boichi
Pika (2020), 9/10 tomes parus. Série finie au Japon.

Après avoir affronté un robot militaire Origin se retrouve envoyé au siège IA de l’AEE afin de remettre un rapport. Là-bas il va se retrouver au cœur d’une attaque terroriste avec un nouveau dilemme entre la nécessité d’intervenir et de protéger son identité…

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Origin - BD, informations, cotesPour preuve de l’implication de Boichi dans cette série qui lui tient particulièrement à cœur, les petites préfaces inclues sur la jaquette apportent des informations très intéressantes sur la démarche et éclairent d’un jour nouveau les planches du récit. Ainsi sur le volume quatre il nous décrit l’évolution récente du Cyberpunk dans les littératures de l’imaginaire et le plaisir à introduire le « personnage » de Y, l’IA surpuissante qui nous rappelle fortement l’IA de l’excellent manga Ex-Arm. Dans le cinquième tome il nous décrit dans un texte essentiel pour la compréhension de l’œuvre, de son envie de parler non seulement des robots mais surtout d' »êtres doués de pensée ». Par des rajouts réguliers de références à Asimov et ici à Arthur Clark il rattache sa série aux pères fondateurs du genre tout en citant Fritz Lang ou Terminator.

Ces deux volumes montent d’un cran en terme d’action puisque après l’introduction d’Origin à l’IA secrète développée par l’AEE les tomes quatre et cinq décrivent le déroulement de l’attaque des « frères » contre le centre. Moyen pour Boichi de faire parler la poudre avec des séquences d’action très puissantes et toujours aussi virtuoses. Le seul reproche que je ferais repose sur un rythme un peu haché du fait de la nécessité d’avancer rapidement dans cette série au format court (dix tomes en tout) et d’inutiles résumés des épisodes précédents, un peu comme dans certaines Scan Origin 44 VF - Lecture En Ligne Mangasséries américaines, ce qui fait perdre des pages de développement… Hormis cela, on est au cœur de l’action, avec toujours les réflexions d’Origin sur le meilleur moyen d’empêcher ses adversaires de tuer des humains (pour « vivre convenablement ») et les descriptifs techniques toujours passionnants sur les développements du corps des robots et les manœuvres pour parvenir à ses fins en utilisant le maximum des capacités de la « machine ». La baston est finalement un peu facile pour le héros mais on peut gager que cela va monter d’un cran avec l’arrivée des autres « frères ». Notons que le tome cinq profite étonnamment d’une séquence de résumé pour nous raconter l’origine des autres robots, ce qui n’avait pas été fait aussi clairement jusqu’ici et fait un peu retomber le mystère.

Sur ces volumes Boichi est particulièrement sage concernant ses tics puisqu’il y a très peu d’humour et aucun élément Ecchi, ce qui permet clairement de densifier le récit. Attention, la violence reste importante et l’auteur montre ce qu’il y a à montrer sans détours. Les bonnes idées foisonnent dans cette séquence, qui se rapproche donc beaucoup des idées dEx-Arm, manga récemment découvert, sublime graphiquement également et comme Origin descendant directe de l’œuvre de Masamune Shirow (Appleseed et Ghost in the shell… dont il faudra que je parle dans un billet dédié vu le nombre Origin: Chapter 42 - Page 18d’articles où je réfère au maître!). Je regrette simplement la première faute de gout avec le tank dont l’apparence semi-organique rappelle l’attrait de pas mal de manga pour les monstres à parties humaines (dents proéminentes, bouches multiples,…) et qui fait totalement tache ici dans une œuvre hyper-technologique (aspect graphique qu’assume mieux Ex-Arm). Dommage et j’espère que les combats contre les homologues androïdes reprendront rapidement. Je regrette également les bonus qui abandonnent (temporairement?) les fichiers techniques si passionnants des précédents volumes pour un journal de Boichi à l’humour tout à fait douteux…

Au final j’ai trouvé le volume quatre vraiment incroyable et le cinq un peu moins bon, dans une série qui reste particulièrement prenante autant intellectuellement que graphiquement et reste ce que Boichi à fait de mieux pour le moment dans ce que j’ai lu.

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****·Manga·Nouveau !·Rapidos·Service Presse

Dragon ball super #10-11

esat-westManga de Akira Toriyama et Toyotaro
Glénat (2017-2020) – Ed. Japonaise Shueisha (2015), 11 vol parus en France (12 au Japon).

bsic journalismMerci aux éditions Glénat pour leur confiance.

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Les fins de volumes de cette série comprenaient jusqu’ici essentiellement des back-office de la réalisation des pages avec les dessins de Toyotaro corrigés par Toriyama. A partir du nouvel arc de la Patrouille galactique ce sont des histoires bonus très intéressantes en ce qu’elles tissent des liens avec la très volumineuse production animée de l’univers Dragon Ball (un peu comme l’Univers étendu de Star Wars). On a par exemple des éléments sur le personnage de Broly que les lecteurs du seul manga n’ont jamais vu même si ils ont pu en entendre parler. Sinon comme depuis le début un sommaire, résumé des épisodes précédents et des personnages principaux aident la mémoire. Et je viens de réaliser (vieux motard que jamais…) que la quatrième de couverture (sous la jaquette) comprenait depuis le début de la série une variation sur l’image de couverture!

L’affrontement contre Moro est finalement bien plus compliqué que prévu pour les deux Sayan Goku et Vegeta qui doivent empêcher que le sorcier ne réunisse les Dragon Ball sur la planète Namek. Pendant que le mystérieux chef de la Patrouille, Mérus, peaufine sa stratégie, un ancien adversaire bien connu est convoqué pour éliminer Moro…

Dragon Ball Super 044 - Page 46 - Manga Stream | Dragon ball super ...Le nouvel arc de la Patrouille galactique a débuté dans le précédent tome alors que Goku et Vegeta sont enrôlés pour arrêter le redoutable sorcier Moro. Un peu hautains quand au rapport de force après avoir participé au plus grand tournoi de l’histoire, ils vont déchanter devant les capacités magiques de Moro… qui ne sont pas sans rappeler les pouvoirs si particuliers de leurs anciens adversaires de la Terre. Si le précédent arc était sympa question combats et créatures, il commençait à devenir redondant et c’est un très grand plaisir que l’on a de retrouver les aventures spatiales des héros, de découvrir de nouvelles planètes, pouvoirs magiques et un humour mis un peu sous le couvert précédemment. La capacité de Toriyama à développer son univers est tout bonnement prodigieuse et si l’on trouve forcément un peu de familiarités voir de redites (les entraînements entre deux combats), la richesse des personnages et des intrigues ne cesse de me fasciner. On est sans cesse ballotté (assez rapidement d’ailleurs!) entre facilité et désespoir total  et ça fonctionne pour nous tenir en haleine. Si l’auteur a beaucoup joué sur les niveaux et couleurs de cheveux des personnages, il revient ici à un esprit plus proche des débuts de Dragon ball Z pour mon grand plaisir. J’espère sincèrement que les aventures de patrouilleurs se poursuivront sur de nombreux tomes tant les possibilités sont grandes et les univers planétaires infinis. Ajoutons à cela un Jaco toujours aussi drôle (lisez vite son aventure solo si ce n’est déjà fait, c’est tordant!) et du des coups de théâtre efficaces et vous obtenez une série qui est presque aussi fraîche qu’à ses premières années!

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***·Manga·Rapidos

Bolchoi arena #2: la somnambule

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BD de Boulet et Aseyn,
Delcourt (2020), 164 p., 2 volumes parus.

L’étonnante maquette au format comics voit (comme pour les manga) les informations auteurs, éditeur, titre notés sur une jaquette plastique, la couverture proprement dite proposant une illustration. Une courte bio des auteurs est inclue sur un rabat et une page de résumé du tome précédent ouvre l’album.

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Marje a disparu dans le Bolchoï… Après l’accident majeur qui a coupé le réseau, son esprit se retrouve enfermée et semble se dissocier de plus en plus de son corps physique, entraînant un risque de mort. Pendant que les médecins et ses amis s’affairent sur son cas, elle décide d’explorer le Bolchoi plus avant et prendre tous les risques, quoi qu’il en coûte…

Preview BD Bolchoi arena T2 : La Somnambule - DelcourtmediathequeJ’avais été agréablement surpris par ma lecture du premier tome qui apportait quelque chose de frais et rétro dans l’univers de la BD. Ce vrai-faux manga développe plein de thématiques intéressantes… mais si le tome précédent fascinait par son exploration en compagnie de Marje de cet univers virtuel fantastique (et infini!), celui-ci se centre principalement sur le destin tragique de l’étudiante. L’idée d’une implication physiologique des addictions aux univers virtuels a déjà été traitée, souvent sous la forme de la consommation de drogues compensant le décalage de perception entre les deux univers. Ici les auteurs vont plus loin et c’est assez glaçant d’imaginer ce cerveau perdant tellement pied qu’il en oublie de gérer ses fonctions corporelles… à l’intérieur du Bolchoï c’est surtout la guerre entre consortiums qui est abordée avec un rôle d’électron libre semant la pagaille assumé par Marje qui décide, étant donnée son espérance de vie, de bouleverser la connaissance du monde virtuel. Et lorsque une découverte scientifique sème le doute sur le le fait que le Bolchoï soit un monde réellement fictif on rejoint une des idées fascinantes du best seller chinois Le problème à trois corps (pour ceux qui connaissent).BOLCHOI ARENA T02 par LABANDEDU9 - La bande du 9 : la communauté ...

J’ai été moins impliqué dans ce volume du fait de la thématique confirmée de l’album de Le Boucher Ces jours qui disparaissent, qui ne m’avait pas plus de par une atmosphère très dépressive que l’on retrouve un peu ici. L’absence d’évolution dans les dessins me dérange aussi car si sur un premier album on peut comprendre l’économie, ici le graphisme pose tout de même problème pour suivre les personnages. Les quelques séquences d’action sont aussi un peu brouillonnes visuellement et l’on attend un recentrage plus simple, plus lisible sur le troisième volume.

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**·Comics·Nouveau !·Service Presse

Rick et Morty: Pocket Mortys, soumettez-les tous !

esat-westHuitième tome de la série inspirée de la série animée créée par Dan Harmon et Justin Roiland. Scénario de Tini Howard et dessin de Marc Ellerby, parution en France le 27/05/20 aux éditions Hicomics.

bsic journalismMerci aux éditions Hicomics pour leur confiance.

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Un Morty peut (doit?) en cacher un autre

Morty Smith pourrait être un adolescent comme un autre, si son grand-père Rick Sanchez ne le trainait pas derrière-lui dans des missions périlleuses aux confins de l’espace, et parfois même, dans d’autres dimensions.

Rick est un génie, un savant fou qui a tout vu, tout vécu, et dont le cynisme n’a d’égal que sa propension à absorber du gin en quantités industrielles. Avec Morty, il s’embarque dans des aventures psychédéliques et bigarrées, qui convoquent adroitement tous les lieux communs de la SF, au travers de quatre saisons d’une série animée plébiscitée par le public.

Ce succès a engendré des déclinaisons en jeux vidéos, en comics, et dans le cas présent, en comics adaptés du jeu vidéo ! Le jeu, Pocket Mortys, parodie le célèbre Pokémon® et exploite le concept du multivers qui fait tout le sel de la série animée: remplacez les dresseurs par des Rick interdimensionnels sadiques et les petites bêtes par des Morty apeurés et vous obtenez Pocket Mortys !

Rick-upérez-les tous !

Notre protagoniste pour ce tome est un Morty venant d’un univers non-identifié, qui découvre avec effroi que des Rick traquent et collectionnent des Mortys, pour les faire s’affronter dans des combats à mort.

Comme dans la série originale, Morty s’efforcera d’être la boussole morale de son grand-père (interdimensionnel) mégalomane en lui faisant comprendre la portée de ses actes, et en lui rappelant qui sont les ennemis de toujours: le Conseil des Rick, un groupe réunissant les plus puissants Rick venus de toutes les dimensions.

L’histoire en elle-même pourrait être intéressante, mais il faut avouer que ce tome est en deçà du reste de la série papier, certainement par le côté forcé de l’intrigue. En effet, on sent ici que la scénariste Tini Howard accomplit ici un travail de commande, dans lequel elle ne semble pas s’épanouir pleinement.

Le tout conserve donc un gout d’inachevé, bien que des thèmes chers à la série et quelques références soient abordés. Les scènes et les péripéties s’enchainent sans trop de fluidité, délaissant l’amertume en demi-teinte propre à l’écriture de Harmon. Néanmoins, il est plaisant de croiser certains personnages déjà aperçus dans la série, ce qui donne un sentiment de continuité assez bienvenu.

Sur le plan graphique, la cohésion entre ce tome et les précédents est assurée par Marc Ellerby, qui réussit très bien à adapter son trait aux graphismes de la série signée Adult Swim.

Pocket Mortys tente de capitaliser à la fois sur le succès de la série et sur le jeu vidéo Rick et Morty, mais peine à se hisser au niveau de son modèle. Malgré tout, un bon divertissement pour patienter entre deux saisons du show !

***·Comics·Nouveau !

Sharkey, le chasseur de primes

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Comic de Mark Millar et Simone Bianchi
Panini-Netflix (2020), 146p., one-shot.

L’album relié au format comics assure le service minimum avec les classiques texte d’intro, galerie de couvertures alternatives et bio des auteurs en conclusion.

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Sharkey est un looser. C’est aussi un chasseur de primes. Côtoyant les redoutables guerriers de la profession, l’état de ses finances l’incitent à répondre au mandat posé sur la plus redoutable terroriste de l’univers…  Déjà mal barré avant qu’un gamin ne lui demande de le ramener chez lui…

Mark Millar sait attirer dans ses filets les dessinateurs les plus en vue du circuit. Rarement pour le meilleur tant les Scalera, Immonen ou Bianchi ont produit bien mieux que sur leur collaboration avec le golden boy du comic. Ma lecture du récent Space bandits m’avait plutôt déçu la semaine dernière… et ce n’est heureusement pas le cas de ce nouveau Millar!

Sharkey le chasseur de primes - BD, informations, cotesDans un scénario aussi léger que les autres réalisations de l’écossais, ce volume attire pourtant une grande sympathie grâce à l’improbable réussite du personnage de Sharkey et son duo avec le gamin. Le scénariste a chargé la barque pour cet anti-héros chauve, naviguant dans un camion à glace reconverti et sauvé chaque fois par des amis ou ennemis quand ce n’est pas par la providence. Toutes les séquences d’action se vautrent dans la facilité mais ce qui intéresse les auteurs ce sont les dialogues et les situations très drôles basées sur les idées farfelues et vaguement naïves de Sharkey mais surtout sur l’innocence désarmante du gosse avec ses yeux de cocker qui voient en ce gros naze de chasseur de prime le plus grand héros de la galaxie. Sharkey le chasseur de prime est donc bien une comédie d’action fleurant bon les comédies improbables du cinéma mettant en association des gros costauds et des êtres chétifs…

Sur le plan graphique Simone Bianchi est très inégal, proposant certaines cases et couvertures de parties vraiment magnifiques quand d’autres sont des rough colorisés. De même l’utilisation du numérique fait cohabiter des dessins aux traits très grossiers avec d’autres réduits et aux détails très fins. Le design général est très original, avec une technique plutôt réussie même si elle peut par moment manquer de lisibilité, elle procure une vraie originalité qui permet de sortir l’album des standards graphiques du comic. La création de l’univers, si elle sent là encore le rapidement posé, propose de Sharkey The Bounty Hunter #4 - READING WITH A FLIGHT RINGbelles trouvailles comme cette fille post-humaines qui se prépare à se transformer en androïde de combat après une nuit d’amour avec Sharkey ou les armes des boss comme ce vaisseau furtif et le concept de l’entité astéroïde en quête de son double reproductif…

Il est indéniable que Mark Millar fourmille de trouvailles. Il est tout aussi agaçant de voir la feignantise dont il fait oeuvre dans ses projets qui pourraient être vraiment géniaux avec un tout petit peu de boulot. Sharkey parvient à sortir du lot plutôt par l’humour très réussi et un petit quelque chose que n’avaient pas ses précédentes productions. A voir si le succès permettra des suites comme ce crossover annoncé avec Space bandits. Je le placerais au même niveau qu’Empress, une aventure sympathique même si elle le casse pas les rétine ni le révolutionne un genre très balisé.

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