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Bots #3

Troisième et dernier tome de la série, 75 planches dessinées par Steve Baker et écrites pas Aurélien Ducoudray. Parution le 31/01/2020 aux éditions Ankama.

bsic journalismMerci aux éditions Ankama pour leur fidélité.

La Planète des Bots

couv_381512Rip-R, jeune robot mécanicien, fait la connaissance de son binôme, l’imposant War-Hol, sur l’un des champs de bataille perpétuels qui essaiment la planète depuis des temps immémoriaux. Ce duo improbable va se découvrir un destin hors du commun lorsqu’une étrange créature va émerger des entrailles de War-Hol: une toute petite unité d’un genre que personne n’a jamais vu, qui ne contient ni métal, ni batterie, ni boulon quelconque, et qui fait des drôles de bruits…

Car voyez-vous, les robots accomplissent leur programme et se sont reproduits depuis si longtemps que plus aucun d’entre eux n’a conscience de leur histoire, de leurs origines, ni de ce qui les a précédé. L’existence de l’Humanité relève dans le meilleur des cas du mythe, lorsqu’elle n’a pas été tout simplement effacée des bases de données.

Rip-R et War-Hol vont donc devoir percer à jour ce mystère, en découvrant ce que cette créature, ce « beh-beh », faisait à l’intérieur du robot de combat, et qui sont ceux que l’on appelle les « ohms ».

Après leur passage en prison et leur évasion spectaculaire dans le tome 2, le trio se retrouve aux prises avec des androïdes vouant un culte au bébé, qu’ils voient comme leur élu, la clef du renouveau du genre humain. Mais pour que l’élu puisse accomplir cette destinée, il va falloir le conduire à un endroit très dangereux…

Messie 2.0

Aurélien Ducoudray et Steve Baker concluent leur brillante trilogie en poursuivant dans la lignée des deux premiers tomes: des situations cocasses servies par des dialogues savamment écrits, des références graphiques et thématiques bien maîtrisées et des personnages attachants, désarmants d’humanité.

Sur le plan thématique, Bots explore la propension de l’Homme à s’autodétruire, ainsi que la trace qu’il laisse de son passage sur Terre, sous la forme de créatures à son image. Ici, point de haine de la créature envers son créateur ingrat, mais plutôt une bienveillance teintée d’émerveillement, qui rend l’artificiel plus humain que l’humain.

Comme Néo doit se rendre à la Source pour assurer le salut de l’Humanité, le « beh-beh » doit lui aussi se rendre là où tout doit recommencer, et dans les deux cas, le prix à payer prendra nos attentes à rebours.

Ce tome 3 de Bots confirme la virtuosité de l’écriture de Ducoudray et l’aisance graphique de Baker, une série à ne pas manquer !

***·BD·Nouveau !·Service Presse

Le Mur #1: Homo Humini Lupus

Premier tome d’une trilogie, 48 planches couleur écrites et dessinées par Mario Alberti, adaptées des travaux d’Antoine Charreyon, paru le 15/01/2020 aux éditions Glénat.

bsic journalismMerci aux éditions Glénat pour leur confiance.

 

Encore une fin du monde

Il est étonnant de constater qu’en cette période d’incertitude, où l’avenir de l’humain est pour le moins lugubre, le genre Post-Apocalyptique prospère et n’a jamais généré autant de propositions narratives, comme si la fiction cristallisait nos angoisses et nos projets.

C’est à se demander si, lorsque l’Humanité aura éventuellement accompli son expansion dans le cosmos, nous assisterons à une résurgence du Western et des récits de conquête.

Le Mur nous raconte le périple de Solal et sa sœur Eva, qui errent à travers la désolation d’un monde englouti par les débris de sa gloire d’antan. La civilisation s’est effondrée suite à un cataclysme qui ne nous est pas détaillé, mais dont on sait qu’il en a résulté la construction du Mur éponyme, une structure cyclopéenne érigée pour stopper les vagues de migration vers le Nord.

S’il veut assurer la survie d’Eva, gravement malade, Solal n’aura pas d’autre choix que de tenter de franchir le Mur, afin de se procurer des médicaments, que l’on dit abondants de l’autre côté du Mur. Très rapidement, le duo fraternel va se retrouver entre les griffes de B.A.S.T.A.R.D, un sanguinaire chef de guerre qui rêve lui aussi de s’emparer des richesses qui l’attendent de l’autre côté. Solal ne s’en sortira qu’en démontrant ses aptitudes en mécaniques, qui, à défaut de lui faire gagner les bonnes grâces du méchant, lui assureront un poste de pilote kamikaze, et ainsi, lui offrir une opportunité de franchir l’impénétrable rempart…

La Grande Mur-Aïe

Étant donnée la nature même du genre Post-Apo, on ne peut décemment pas reprocher à une nouvelle œuvre s’y rapportant de faire dans le déjà-vu. Au contraire, on dira que les bases sont là, avec un monde dévasté, des hommes devenus ou redevenus barbares, la loi du plus fort ayant enterré l’État de Droit et une technologie archaïque faite de bric et de broc.

Tous les ingrédients sont là, et le Mur en ajoute d’autres issus de diverses influences du genre, comme la ségrégation entre les pauvres et les privilégiés (Elysium), la promesse du salut dans cette enclave dévolue aux élites (Elysium encore), le chef de guerre brutal à la fois craint et adulé (Mad Max Fury Road), ou le duo familial (La Route).

L’intrigue nous propulse in media res sans davantage d’explication, ce qui n’est pas un mal en soi mais qui oblige le lecteur à raccrocher les wagons en cours d’album, ce qui le ramène parfois au même niveau que les protagonistes.

On peut reprocher des dialogues peut-être pas assez intuitifs ou insuffisamment clairs, mais cela participe sans doute au sentiment de confusion diégétique généré par et dans l’histoire.

Les planches de Mario Alberti ont un style très rétro, renforcé encore davantage par la mise en couleur et le lettrage, et s’enchaînent rapidement jusqu’à un cliffhanger final habile qui donne tout son intérêt à l’album. Les scènes d’action peuvent donner du fil à retordre de par leur manque de lisibilité, toutefois elles ne gâchent pas totalement le plaisir de découvrir cet univers violent et plein de surprises. On a hâte de lire le second tome !

 

***·BD·Rétro

Le fléau vert

BD de Michael Sanlaville
Casterman (2012), 150 p. format comic relié. One-shot.

couv_161657On commence une semaine « animation » avec un OBNI sous amphet’ signé Michael Sanlaville. L’idée remonte à ma lecture du Mécanique Celeste de Merwan et des liens graphiques très forts entre une troupe d’auteurs passés par l’animation et dont le dessin respire une énergie de mouvement très intéressante. Il n’est pas surprenant que certains lecteurs crachent sur des planches qu’ils considèrent comme pas finies. L’envie de ces auteurs est de créer une dynamique permanente en s’éloignant souvent des canons techniques d’anatomie ou de perspective. Déformant leurs formes, créant des effets de caméra improbables ils cherchent à rendre l’effet des métrages d’animation sur papier. Ce n’est pas toujours heureux car si un dessin d’intervale peut justifier ses libertés par son association avec l’animation globale, sur un dessin fixe cela peut paraître exagéré. Un peu punk sur les bords, la troupe assume sa culture et se jette dans des projets pas franchement grand-public et qui parviennent parfois à le devenir. Je commence donc cette semaine spéciale par ce Fléau vert, nanarissime histoire tout droit sortie d’une mauvaise VHS section SF des années 70…

La prophétie de la Grande plante s’est réalisée: surgie des profondeurs de la terre, une racine cannibale a dévoré la totalité du genre masculin, laissant la Terre  gouvernée par un régime matriarcal autoritaire dirigé par Hildegarde. Les deux derniers survivants, le macho Murphy et le gamin Abdou, vont devoir faire équipe avec un transexuel et une bonne sœur pécheresse pour mettre à bas le régime de Hildegarde et la menace du Fléau vert…

Résultat de recherche d'images pour "fléau vert sanlaville"J’avais découvert Michael Sanlaville sur le très bon premier tome du Rocher rouge où j’avais pu apprécier son identité nanaresque et son approche graphique exagérée. Rencontré à l’occasion d’un salon de BD j’ai tenté l’aventure du Fléau vert en attendant de démarrer Lastman. Je savais à peu près le style de BD que j’avais sous la main mais j’avoue avoir été passablement surpris par la liberté totale et l’énergie de cet album que l’on imagine réalisé rapidement tant le dynamisme transpire chaque page que l’on imagine mal ciselée laborieusement. A l’inverse de Gatignol sur les Ogres-dieux et ses décors flamboyants, Sanlaville prépare ici ce qu’il fera sur la série à succès LastMan en tirant vers la simplification du trait dans la suite de Bastien Vivès.

La séquence d’introduction mets KO comme savent le faire les séquences rapides des films d’animation. Ne s’embêtant pas de superflu, l’auteur rend pourtant chaque case parfaitement lisible (ce ne sera pas toujours le cas sur l’album) avec une maîtrise technique qui permet de suggérer un décors ou une mécanique par quelques traits. L’utilisation de floutés en premiers plans illustre la culture ciné et une profondeur de champ Résultat de recherche d'images pour "fléau vert sanlaville"que la BD classique permet rarement. Si le Manga a apporté le mouvement à la BD, ce type d’albums montre que l’on peut briser l’image fixe par la suggestion. Le principe du cinéma.

Passé ce choc on découvre une histoire totalement déglingue avec tous les poncifs du nanar: le savant-fou moustachu à l’esthétique issue de la culture homo et maniant la tronçonneuse, un héros blond, très Blond, roulant en 4X4, une chaste bonne-soeur très sexy ou un hélicoptère de combat soviétique…  Dès les premières scènes l’irruption parfaitement gore de la plante cannibale qui bouffe les parties génitales des hommes en les coupant en deux pose le décors. L’auteur se fait plaisir en mettant tous ce qu’il a envie de dessiner sans soucis de cohérence particulier. On nous raconte une histoire dont on n’a que faire et vole de bulle en bulle dans des dialogues tantôt marrants de dixième degré tantôt jouant de typographie pour produire des textes-onomatopées. Bref, un gros lâchage bien sympathique. Attention, c’est une BD de garçon, rempli de hordes de filles nues, de bite, de sperme, de bave et de sang. La modération, Michael Sanlaville ne connait pas et c’est tant mieux. Je remarque souvent dans mes chroniques que le plaisir éprouvé par les auteurs à réaliser leurs albums se ressent à la lecture, quelle que soit la qualité de l’histoire ou des dessins. C’était le cas du Ramirez de Petrimaux ou du Streamliner de ‘Fane (en beaucoup plus travaillé). C’est le cas ici, dans toute la démesure et l’efficacité du dessin. Si quelques passages semblent néanmoins mal raccrochés avec la fuite de Murphy et ses copains, l’auteur parvient même à proposer une fin étonnamment pertinente, réfléchie, cohérente après ce grand n’importe quoi. La preuve qu’un auteur inspiré peut partir en vrille tout en restant parfaitement lisible.

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***·BD·Rapidos

Renaissance #2: interzone

BD de Fred Duval et Emem
Delcourt (2018-2020…), 2 volumes parus/3.

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badge numeriqueL’an dernier Duval, Blanchard et Emem frappaient un coup avec une nouvelle réussite dans un genre SF surchargé où il est toujours compliqué de trouver une ouverture originale. Si Bec a opté pour la complexité sur son Crusaders, Duval, en vieux briscard du scénario d’anticipation joue la linéarité et l’épure de l’intrigue pour développer ce qu’il fait si bien: les retournements de rôles et la réaction des humains à des situations de crise. Le premier tome avait un peu brisé son récit avec un gros flashback qui n’est ici plus nécessaire et les auteurs peuvent se concentrer sur la découverte du contexte planétaire en suivant les deux femmes associées chacune à un membre du couple alien qui structure l’histoire. Une vois l' »invasion » passée, on peut enfin découvrir la véritable menace que constituent les désaccords entre les peuples composant une organisation Renaissance que l’on croyait si unifiée.

Résultat de recherche d'images pour "renaissance emem"Outre le design juste génial, la grande originalité repose dans l’attitude des aliens dont la quasi absence d’expressivité faciale vise à illustrer une civilisation maîtrisant totalement à la fois la psyché et la matière… bien sur tout ne sera pas si simple et les réactions des humains comme les imprévus montreront que quelque soit l’avancée d’une civilisation, l’humilité est toujours une nécessité pour éviter les drames. Emem propose à la fois des technologies d’anticipation très crédibles (basées sur ce que nous connaissons) et des artefacts aliens totalement futuristes et brillants de bon goût. En seulement trois tomes il n’est bien entendu pas prévu de développer une conspiration complexe et ce Renaissance apparaît plus comme une illustration de notre futur proche instillant de nombreuses piques sur la supériorité occidentale et américaine que comme une saga SF policière comme peut l’être Sillage par exemple.

Intéressants dans tout ce qu’ils nous proposent, le trio confirme donc que (comme tout ce que touche Duval?) cette trilogie est une lecture à conseiller vivement. Seule l’ambition limitée du projet dispense d’en faire une série majeure, mais si vous aimez la SF intelligente et les beaux dessins n’hésitez pas une seconde!

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***·BD·Comics·East & West·Nouveau !

The Spider King

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One-shot de 192 pages, écrites par Josh Vann et dessinées par Simone D’Armini. Parution le 12/02/2020 aux éditions Glénat, collection Grindhouse (publication USA IDW publishing 2018)

 

Vikings et Envahisseurs

Alors que les guerres de clans font rage au sein de la Scandinavie moyenâgeuse, une pluie de débris cosmiques s’abat sur ses contrées glacées, au grand étonnement des vikings qui y guerroient.

Depuis qu’il a hérité, à son corps défendant, le trône du clan des Laxdale, Hrolf mène une guerre sans merci, mais perdue d’avance, contre son oncle l’impitoyable Aarek, suite à la trahison de ce dernier envers le clan. Alors qu’un affrontement décisif commence à faire couler le sang, le champs de bataille est ravagé par des objets tombés du ciel, des objets qu’aucun humain n’avait pu contempler jusqu’ici, venus de mondes lointains.

Des débris encore fumants, vont s’extirper des créatures hostiles munies d’une technologie supérieure, parmi lesquelles un seigneur de guerre malfaisant, qui, à défaut de la galaxie, se contentera bien de régner sur la Terre. C’est ainsi que ce seigneur de guerre naufragé va s’emparer du corps d’Aarek pour débuter sa campagne de conquête et de pillage, donnant à Hrold une double raison de terminer ce qu’il avait (difficilement) commencé.

Blood, Guts & Clarke’s Third Law

Déjà en difficulté face à son oncle, Hrold aura fort à faire contre l’union de ce dernier avec le conquérant intergalactique. Heureusement pour lui, il pourra compter sur sa nouvelle épée « magique » ainsi que sur ce qu’il lui reste de compagnons d’armes pour affronter ce danger mortel.

Bien évidemment, ce qui fait l’attrait de The Spider King est son pitch audacieux, qui mélange les genres tout en promettant de belles batailles, à défaut d’une intrigue profonde. Ce que l’on souhaite voir en effet en ouvrant l’album, c’est l’inévitable clash entre extra-terrestres belliqueux et vikings berserks, ainsi que le décalage des guerriers vikings percevant ces visiteurs aliens par le prisme de leurs croyances.

Le Roi Araignée remplit bien toutes ces promesses, et offre des planches parfois trash, souvent dynamiques, au service d’une intrigue divertissante. Le style de Simone D’Armini, issu du design vidéoludique, se prête bien au ton décalé de l’histoire, et oscille entre un Duncan Fegredo et un Michael Avon Oeming.

Résultat de recherche d'images pour "spider king d'armini"L’histoire, fortement rythmée au fil des chapitres de la mini-série, fonctionne bien en one-shot mais tend cependant à s’affaiblir sur le dernier chapitre, qui fait finalement office d’épilogue à la saga nordico-spatiale. On reste néanmoins emporté par cette aventure sans concession qui embarque son fruste protagoniste dans une guerre qu’il n’était pas prêt à mener.

En guise de bonus, l’album présente un court one-shot, qui était en fait le pilote de la série, ainsi que des couvertures alternatives pas piquées des hannetons.

The Spider King est une lecture prenante qui vient diversifier la collection Grindhouse de Glénat, et c’est heureux !

***·****·BD·Edition·Nouveau !·Rapidos

Festival des gazettes#2: Le Château des étoiles/La Gazette du Château

Je suis un grand fan des éditions au format Gazette (vous pouvez retrouver sur le blog la quasi intégralité des épisodes du Château des étoiles, du Château des animaux et du Sang des Cerises de Bourgeon). Cette année marque un changement important pour deux d’entre elles. La périodicité, pour la série star de Delep et Dorison (qui a raflé plusieurs prix cette fin/début d’année), avec un retour à la normale après une parution chaotique des épisodes du premier volume. Et l’arrivée d’une série parallèle pour le Château des étoiles, scénarisée par un Alain Ayroles qu’on a adoré sur le scénario des Indes Fourbes. Si vous ne connaissiez pas ces éditions il est toujours temps d’embarquer sur ces très grands formats agrémentés de rédactionnels immersifs très réussis

  • Le château des étoiles #13: Terres interdites, suivi de Les chimères de vénus 1/5. Parution mensuelle.

Edition « interplanétaire » regroupant Le château des étoiles et Les chimères de vénus.

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Je ne tarie pas d’éloges sur les éditions Rue de sèvres qui font un formidable boulot depuis quelques années. Une fois n’est pas coutume l’augmentation ni vu ni connu des gazettes de cinquante centimes ne fait pas plaisir. On me dira que la pagination augmente avec l’arrivée de deux histoires dans chaque fournée mais bon…

La guerre contre les martiaux bat désormais son plein avec un corps expéditionnaire prussien qui fait des ravages sur une population dotée de pouvoirs psychiques mais pacifiste. Les propriétés physiques de la planète et de l’Ether contrecarrent cependant les plans des allemands dont certains commencent à douter de l’honnêteté des objectifs du régime. La migration vers le pôle continue et l’on nous reparle du Château des étoiles du roi… Pendant ce temps sur Terre les capitalistes français préparent la colonisation de Vénus, où la Nature reste relativement indomptable… Si la BD d’Alice continue son bonhomme de chemin, la nouvelle venue change assez franchement et le ton et le graphisme pour se tourner vers un style très proche du design des films d’animation Disney. Pas forcément ce que je préfère mais ça reste agréable à lire et très bien écrit en permettant une respiration par le changement de camp (partie de France, la série est depuis restée très centrée sur le monde germanique) et de thématiques. Plutot un bon point pour cette série dérivée et le format gazette permet de limiter e risque d’une série parallèle, toujours dangereuse à lancer.

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  • La gazette du château #4 (3° année, janvier 2020) – Parution trimestrielle:

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A l’inverse du précédent, celui des animaux baisse de cinquante centimes avec une baisse de pagination… Les voies de l’édition sont décidément impénétrables. Le seuil de 3€ pour 1/3 d’album non relié me semble un ratio à ne pas dépasser. Cette nouvelle année Casterman ne s’engage pas sur une périodicité de sa gazette, échaudé par un très gros retard sur les précédentes. Vu le rendu final de Delep on serait malhonnêtes de râler et je pense que cette solution est plus sage et plus rassurante pour tout le monde. Le prochain épisode est néanmoins annoncé pour mai.

On retrouve donc Misse B et ses amis lapin et rat à la tête d’une révolte qui a bien ébranlé l’assurance du pouvoir dictatorial du président Silvio. L’hiver arrive et passé l’effet de surprise, il devient nécessaire de convaincre les animaux du pouvoir de la non-violence et d’actions des plus intelligentes…. Si les rédactionnels de la première saison étaient très agréables à lire, je trouve que l’esprit « propagande années trente » perd l’effet nouveauté et tourne un peu en rond avec une simple reprise textuelle de ce qui se passe dans l’album. IL serait bien que les auteurs développent le background, le hors-champ afin que cette édition enrichisse vraiment la série. En attendant c’est toujours aussi (plus?) magnifique, notamment dans la gestion des couleurs et textures. Delep est un véritable virtuose, les textes de Dorison font mouche et on est toujours happés par cette série qui se révèle ici une suite quasi officielle de la Ferme des animaux. On se demandait, c’est confirmé!

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***·BD·Mercredi BD·Nouveau !

Planeta Extra

BD du mercredi
BD de Diego Agrimbau et Gabriel Ippoliti
Sarbacane (2020) – Planeta deAgostini (2009), 78 p., one-shot.

bsic journalismMerci aux éditions Sarbacane pour cette découverte.

couv_384966L’album est grand format avec vernis sélectif sur le titre et la tranche. Il est indiqué que l’album, sorti en 2009, a remporté le premier prix de la BD du grand groupe d’édition espagnol Planeta deAgostini. L’éditeur Sarbacane indique que l’ouvrage a parcouru seulement 410 km entre son lieu de fabrication (impression Pollina en France) avant livraison au distributeur. C’est la première fois que je vois cela et c’est tout à fait louable! En revanche le résumé en dos d’album comporte une erreur puisque la base Luna Europa est indiquée à 640 millions de km et non à « plusieurs années-lumières de la Terre »… A noter que l’image finale est placée dans l’intérieur de quatrième de couverture.

La Terre est une poubelle. Tous ceux qui en ont les moyens et la chance se sont réfugiés dans l’espace, sur la Lune ou sur Luna-Europa, une station luxueuse et utopique située à plusieurs années de voyage. Kiké a une entreprise de déménagement et magouille ce qu’il peut pour faire vivre sa famille. Lorsque sa fille aînée débarque avec un gendre dont il se passerait bien, il se retrouve embarqué dans un très mauvais plan. La jalousie est un vilain défaut…

Résultat de recherche d'images pour "planeta extra"Gabriel Ippoliti (ainsi que son comparse Agrimbau avec qui il travaille depuis leur premier album) est un auteur majeur de la sphère histanique. Étonnamment méconnu, il réalise le tour de force de voir presque tous ses huit ouvrages publiés en France chez un éditeur différent… Planeta Extra est le troisième album du duo (même s’il s’agit bien d’une première parution en France grâce à Sarbacane) et si l’on y trouve encore quelques tâtonnements expérimentaux dans la mise en couleur, le trait y est déjà affirmé, entre  très grande maîtrise technique et jeu avec les corps et les formes aboutissant à un design futuriste résolument réussi. L’album Guarani sorti il y a deux ans chez Steinkis et qui avait été un vrai coup de cœur reste donc pour l’heure la dernière œuvre du dessinateur argentin.

Résultat de recherche d'images pour "planeta extra"Le thème de l’album est un grand classique vu mille fois et permettant d’aborder l’humanité et le futur dans une vision hautement pessimiste. L’originalité de cette vision est justement son origine argentine, qui change résolument la coloration et la focale des auteurs. On ressent ainsi l’atmosphère langoureuse des cités argentines, entre chaleur et rythme calme. Kikké le colosse et son énorme bedaine promène son camion de petits arrangements en repas de famille. Bon macho il n’accepte pas la modernité d’une fille résolue à quitter le berceau de l’humanité avec un compagnon bien plus âgé qu’elle. Celui-la appartient à la haute société argentine faite de réceptions grand luxe dans des villa occupée par des majordomes et des maîtresses de maison retendues et décolorées directement issues des telenovela. Comme souvent en SF c’est donc bien la société argentine contemporaine qui semble croquée par les compères avec force caricature, choisie comme style par Ippoliti. On est dans de la BD loisir semi-réaliste où on prend un grand plaisir à voir cette galerie de trognes déformées, du menton Scwarzyesque de Kikké à la face de singe de son beauf en passant par les moultes moustaches et calvities des fonctionnaires Résultat de recherche d'images pour "planeta extra ippoliti"divers croisés dans l’aventure…

En un seul album l’intrigue avance vite et n’a pas vraiment le temps de se poser une fois l’action démarrée. Pourtant on ne s’ennuie jamais, basculé d’une poursuite à une arnaque, le tout sous couvert d’un sous-texte de contestation terroriste et de chronique sociale avec ses fonctionnaires véreux et ses huissiers impitoyables. On saute d’un lieu à un autre rapidement et l’on n’a pas trop le temps de chercher d’éventuelles incohérences tant la structure semble simple à l’épure et d’une grande efficacité. Pour une œuvre de « jeunesse » les qualités de l’album, tant graphiques que scénaristiques, sont très nombreuses et l’on s’amuse beaucoup en compagnie de ces bras cassés de la truande dont le héros a parfois du Stan de Slots. Avec la maturité graphique atteinte désormais par le dessinateur argentin cet album serait à coup sur en tête de gondoles et dans les meilleures ventes de BD. C’est ce qu’on lui souhaite et je vous invite vivement à découvrir cet auteur et sa biblio déjà riche.

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