***·BD·Nouveau !·Service Presse

Sapiens Imperium

La BD!

Premier tome de 108 pages d’une série écrite par Sam Timel et dessinée par Jorge Miguel. Parution aux Humanoïdes Associés le 16/06/21.

bsic journalism

Merci aux Humanos pour leur confiance.

Sins of the Father

La planète Tazma n’est pas la destination rêvée par les vacanciers de la galaxie. Hostile, sa surface ne peut accueillir la vie, mais ses entrailles recèlent quelques ressources susceptibles de nourrir quelques êtres vivants. Qu’à cela ne tienne, le nouvel empereur Thésol, issu de la dynastie Kerkan, y enferme, après les avoir détrônés, tous les Kheleks et leurs partisans, sans autre forme de procès. 

Condamnés à la survie la plus abjecte dans un réseaux humide de grottes souterraines, les Kheleks et leurs amis Lektars finissent, au fils des décennies, par se réorganiser en clan, s’adaptant autant que possible à la vie cavernicole. Cependant, l’esprit de conquête des Sapiens n’a d’égal que leur soif de liberté. Aussi, Daridian, l’un des descendants de la dynastie Khelek, cherche-t-il inlassablement le moyen de quitter la grotte où lui et sa sœur Xinthia sont nés. 

Malheureusement, s’échapper de Tazma ne sera pas aussi simple qu’y échouer, car les prisonniers, affamés et démunis depuis des lustres, doivent faire face aux forces impériales et aux metalnauts qui gardent l’entrée, alors même que des schismes internes menacent leur équilibre et leur survie.

De l’autre côté du système, l’impérium a lui aussi de nombreux défis à relever. Non content d’avoir effacé les Kheleks de l’histoire, l’empereur a instauré un joug dont l’usure pousse les différentes dynasties à remettre en cause avec toujours plus d’hardiesse sa légitimité. Que fera-t-il lorsque ses anciens rivaux resurgiront des tréfonds de Tazma ? 

Depuis Dune , les grandes sagas de SF mettant en scène des luttes de pouvoirs entre différentes dynasties sont pléthores. Il y est souvent question de l’exploitation d’une ressource rare (l’Épice pour Dune , des algues ici) ainsi que d’une quête d’émancipation et de liberté, ce qui passe très souvent par la révolte et la lutte armée. Ajoutez-y un duel à mort et une rivalité entre deux héritiers et la comparaison entre Sapiens Impérium et Dune sera complète. 

Le premier tiers de l’album pose un cadre intéressant, pour lequel il aurait été aisé d’exploiter certains aspects claustrophobes. L’auteur évoque un peu rapidement comment des générations d’infortunés ont du s’adapter pour survivre dans les tréfonds de cette lune désolée, mais cède bien vite l’aspect survival au profit d’une lutte de pouvoir sur fonds de mutinerie. 

L’évasion en elle-même se fait assez promptement, mais pas sans peine, forçant néanmoins le scénariste à chercher ailleurs le souffle nécessaire à son histoire, d’où son introduction plutôt tardive du réseau de personnages gravitant autour des Kerkans.

Le dernier tiers de l’album, marqué par la liberté au prix de l’exode, se perd quelque peu au niveau thématique mais aborde des idées intéressantes comme celles de l’altérité et du partage. La fin ouverte annonce celle du premier cycle, ce qui promet une suite aux aventures de Xinthia et de sa cohorte. Côté graphique, c’est le point fort de l’album, Jorge Miguel offre un trait précis et détaillé (notamment les visages), ce qui magnifie l’ensemble de l’album. 

note-calvin1
note-calvin1note-calvin1note-calvin1
***·BD·Nouveau !·Numérique

La fin des Irin #2

Webcomics

Webcomic de Robert MacMillan, Wouter Gort, Laura R. Peinado et Arsenyi Popov
2021 – publication hebdomadaire les mercredi.

https://lastoftheirin.com/?lang=fr

Pour la présentation du projet vous pouvez consulter le billet traitant du premier tome.

la-fin-des-irin-logo

Le combat entre Yahweh et Baal dure depuis des millénaires. Issus des étoiles et d’une civilisation hautement technologique, ces êtres ont jeté leur dévolu sur la Terre à une époque où les autochtones étaient encore primitifs. Jusqu’à la mort du fils prodigue Marduk, tué par une épidémie de variole. A travers l’espace et le temps, c’est à une lutte universelle entre le bien et le mal, entre les frères ennemis et leurs descendants que nous sommes amenés à assister. Une lutte qui prends la Terre et ses habitants comme terrain de jeu…

irin1Changement de braquet pour ce second opus de La fin des Irin puisque à mesure que l’on avance l’histoire se simplifie à l’aune d’un trait bien plus BD et moins bluffant avec le changement de dessinatrice, Laura R. Peinado. Les planches restent très agréables, notamment la mise en couleurs numériques et le découpage est très dynamique (ça tombe bien puisque ce volume est bien plus axé action que le précédent). Simplement face à la technique impressionnante de Wouter Gort on revient à quelque chose de plus habituel… mais moins froid aussi. Disons que les visages et anatomies peuvent parfois laisser à désirer, mais c’est contrebalancé par d’autres grandes qualités de l’artiste espagnole. En outre la quantité de pages à dessiner peut justifier une baisse d’exigence compréhensible.

Si graphiquement le changement de style passe très bien et si l’intrigue est moins nébuleuse, la difficulté de  scénario reste en revanche bien présente, rendant la lecture compliquée. L’intrigue elle-même étant plus linéaire (en bref, un braquage suivi de course-poursuite) cela permet de rester accroché, mais il est fort dommage que ce montage cryptique, notamment dans l’enchaînement des dialogues qui manquent parfois de suivi, empêchent de se plonger totalement dans cette belle aventure SF. irin3Car après avoir posé un background touffu l’auteur nous propose via l’héroïne bad-ass Anahita de découvrir la collaboration entre les puissances humaines et les propriétaires de la Terre, autour de la protection d’un coffre antédiluvien. Tout cela permet d’introduire les canons des récits conspirationnistes avec agence paramilitaire secrète et secte financière d’Illuminati. On passe donc de la SF intello exigeante à du blockbuster grand public, pour notre plus grand plaisir. Je précise que l’ouvrage a été lu en fichier pdf, sans le support des très nombreux et explicatifs à-côtés du site web. C’est  (pour rappel) une des spécificités de ce webcomic que de reposer énormément sur le hors champ qui se révèle presque indispensable pour apprécier les subtilités de l’univers et de l’histoire. Ce qui questionne un futur format album qui nécessitera impérativement l’insertion du glossaire dans le bouquin…

L’une des forces de la série est sa radicalité, qui n’hésite pas encore une fois à virer gore et sexy, et en introduisant cette fois l’humour via un personnage de militant altermondialiste débarquant dans une chasse occulte. La présence de séquences historiques (à l’époque d’Alexandre et des papes Borgia) n’apporte pas grand chose à l’intrigue et ont même plutôt tendance à obscurcir le récit, qui prends son élan dès que l’on rentre dans le feu de l’action après le premier tiers. Plus compacte, plus linéaire, plus action, l’histoire devient alors fort sympathique, bardée de ses artefacts technologiques, avant de se diriger vers l’Espace…irin2

Projet très ambitieux à la réalisation imparfaite, La fin des Irin fera fantasmer tous ceux qui ont vu, subjugués, le chef d’œuvre des Wachowski Jupiter Ascending, et interroge sur une fin qui ressemble à une conclusion finale en précipitant la résolution longtemps laissée cryptique. C’est un style mais aussi un manque d’expérience assurément, l’auteur n’ayant a priori jamais publié de BD auparavant. Il reste quoi qu’il en soit un des plus important projet de webcomic qui ait vu le jour.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1

***·BD·Jeunesse·Rapidos

Harmony #6: metamorphosis

La BD!
BD de Mathieu Reynès
Dupuis (2021), 2 cycles achevés (6 volumes).

couv_401449Je rattrape mon gros retard sur l’excellente série « jeunesse » Harmony avec ce dernier chapitre du second cycle… qui laisse un peu sur sa faim! Si Mathieu Reynes a montré qu’il savait parfaitement placer des cliffhangers redoutables dans sa série, il semble ici temporiser avec un flashback tout à fait artificiel qui a vocation à nous expliquer (un peu) comment Payne s’est transformé en homme-tigre à la fin du précédent opus. Du coup l’intrigue n’avance pas d’un iota pendant cet intermède et on rate complètement la chute de cycle qui aurait dû nous hyper à mort pour connaître la suite… Si le processus des flashback Harmony - BD, informations, cotess’inscrit très logiquement dans la structure des scénarii de l’auteur, on dira que c’était ici plutôt malvenu sur un sixième tome. Bref. A part ça les qualités de la série sont toujours là à commencer par des planches toujours superbes et qui doivent particulièrement plaire aux ado. C’est hyper référencé (on voit les affiches d’Akira et Avengers dans une chambre d’ado), l’auteur ne se dérange pas avec l’utilisation de noms de marques réelles (tant mieux) et place ses personnages de jeunes dans une relation compliquée avec les adultes. Harmony se retrouve dans cet épisode hébergée dans la famille d’un des chefs de l’organisation mutante et confrontée au fils de ce dernier, un peu couillon, mais qui souhaite entrer en contacte avec cette belle et mystérieuse blonde. On bascule donc totalement en teen-story et ça apporte une fraicheur fort sympathique à la série, avec des grimaces et scènes humoristiques efficaces. Reynès aime jouer avec ses planches et crée des effets visuels très sympa (floutés et autre grain lors de séquences de basse lumière) qui accentuent une mise en scène déjà fortement cinématographique. Et toujours ces couleurs magnifiques! Harmony est une valeur sure qui réussit le petit exploit d’être aussi qualitative pour de vieux briscards que pour des ado à l’univers desquels elle me semble matcher. On commence à voir arriver la conclusion (probablement au prochain cycle soit dans trois tomes) et si la série continue à éviter les fautes de goût à l’heure où les gros pouvoirs risquent de débarquer elle se confirmera comme un must-read!

note-calvin1note-calvin1note-calvin1

****·Cinéma

Godzilla (Netflix)

Que vaut la trilogie Godzilla sur Netflix ? - Animation

Comme le rappelait Dahaka mardi, les géants c’est la coolitude! Pourtant, si Guillermo Del Toro a permis par son magistral hommage Pacific Rim de sortir le lézard atomique japonais de son archipel, je fais partie de ceux qui se sont toujours demandé comment on pouvait sérieusement proposer des films avec des papillons géants se mettant des mandales avec des dragons tricéphales, avec la problématique évidente de savoir: que faire des personnages humains dans cette affaire? Si les films catastrophes ont pour intérêt principal la destruction graphique du monde, ils restent focalisés sur les personnages qui subissent ces destructions. Avec Godzilla (et c’est le défaut principal des deux premières adaptations hollywoodiennes) on n’attend que les mandales de monstres, du coup les personnages ressemblent souvent à des fourmis dont on n’a que faire au milieu des décombres. Pourtant, comme j’adore les boom-boom de monstres et plus encore l’animation, je me suis tenté cette trilogie (… sans savoir en appuyant sur Play que je partais pour 3X1h30)…

Godzilla: Planet of Monsters review: Netflix anime has Easter eggs, little  else

Le résultat est bien supérieur à ce à quoi je m’attendais et très surprenant, même si les trois parties sont résolument différentes et inégales, à commencer par un troisième épisode dont vous pouvez clairement vous dispenser sans grande perte pour la compréhension/conclusion de l’histoire. Ce qui marque immédiatement c’est la noirceur absolument nihiliste qui recouvre ce projet. Si le thème de Godzilla est semble t’il souvent assez sombre, on a rarement atteint un tel désespoir! La courte séquence d’introduction nous pose le contexte: après l’apparition de Godzilla et de deux peuples extra-terrestres la Terre a été dévastée et les résidus de l’humanité ont fui dans un vaisseau spatial à destination d’une exo-planète habitable. En quelques minutes on est plongé dans un post-apo en hard-SF. Mais ce n’est pas fini: la terre de prédilection s’avère finalement inatteignable et contraint l’équipage de cette Arche à retourner sur Terre… plusieurs milliers d’années après leur départ du fait de Relativité…

Comme vous le voyez, très peu de Godzilla sur une grosse partie des films, avant de constater que cette créature de la taille d’une montagne ne pourra probablement jamais être vaincue. Pourtant le héros, d’une résolution sans faille, va tout faire pour comprendre le fonctionnement de cet être vivant et le contrer. La trilogie Netflix propose un nombre impressionnant et passionnant de concepts de la littérature SF: les extra-terrestres, l’espace-temps, l’IA, l’altérité ethnologique, les nanotechnologies ou encore le divin… Superbement mis en relation, ces thèmes forment un fond qui lie les séquences et permet de donner une cohérence et un intérêt à ce qui mène au cœur de la bataille: l’affrontement des humains contre Godzilla. Entité apocalyptique chassant les humains (et donc éminemment écologique), ce Godzilla impressionne par son design incertain sur lequel le Cell-Shading apporte beaucoup de mystère.

Graphiquement on est plutôt bluffé par la qualité technique de l’animation 3D et par l’élégance générale des costumes et des engins. Je ne m’attendais vraiment pas à cela au vu de quelques productions animées assez cheap sur Netflix. Le doublage est du reste excellent comme la musique qui accompagne parfaitement cette histoire noire. Après deux volumes proposant une évolution intéressante du conflit, on aboutit malheureusement à un troisième opus qui se vautre tout à la fois graphiquement avec un très moche Gidorah et une visée religieuse qui fonctionnait quand elle était un habillage de fonds mais devient ridicule quand elle se retrouve au centre. Pourtant, à ceux qui aiment les séquences de destruction, la fin de tout espoir et les thèmes scientifiques poussés, cette trilogie reste un très sympathique moment de cinéma inattendu qui renouvelle le genre en s’émancipant du cadre et en replaçant les hommes et leur destinée au cœur de cette histoire. De quoi attendre du bon sur le Godzilla VS Kong avec enthousiasme pour peu que la mythologie générale (la Terre creuse et l’Atlantide) soit développée comme il faut…

Quantum Enigma

***·****·Manga·Rétro

Manga en vrac #13: Adam l’ultime robot #4 – Astra lost in space #1 -Alma #1

esat-west

Séquence SF ce samedi manga avec deux premiers volumes de série et une conclusion, dans trois registres très différents…

  • Adam l’ultime robot #4 (Azuma – Pika) – (2016) 2021, série finie en 4 volumes.

bsic journalismMerci aux éditions Pika pour leur confiance.

adam-robot-ultime-4-pika

La difficulté première du genre SF est de parvenir à boucler des idées et réflexions souvent perchées très haut et qui aboutissent généralement à une fin en suspension (comme dans Origin), cryptique ou qui fait pschit… Très rares sont les œuvres de SF a boucler une thématique de façon satisfaisante, à commencer par le mythique Universal War one, qui se concluait en six tomes seulement. Avec seulement quatre volumes pour boucler une série au rythme plutôt lent, Ryuko Azuma choisit la seconde solution en proposant une fin entre deux eaux, ni pessimiste ni optimiste. S’il n’est pas véritablement en mesure d’expliquer tous les évènements qu’il a mis en place (notamment l’attaque martienne) non plus que la nature des Psyché, il nous révèle en revanche les secrets des personnages dans un final en mode thriller plutôt bien mené. L’innocence paradoxale d’Adam est touchante, fétu technologique balloté dans une complexité humaine emplie de nos pulsions autodestructrices. La réussite de cette série c’est d’avoir réussi à installer une psychologie cohérence pour cette IA en relation avec les humains. L’hypothèse sur l’objectif des Psyché et la destinée d’Adam est plutôt intéressante scientifiquement parlant, même si le déroulement proprement dit des évènements peut laisser sur sa faim avec une chronologie obscure. L’équilibre entre le pédagogique et le mystérieux est toujours compliqué dans une narration et on ne pourra pas reprocher à l’autrice ces quelques chiffonnements, pour une œuvre globalement remarquable de maîtrise, d’ambition et de lisibilité. Une très belle quadrilogie que je conseille à tous les amoureux de science fiction.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1

  • Astra – Lost in space #1 (Shinohara – Nobi nobi) – (2016) 2019, série finie en 5 volumes.
couv_367877

Très sympathique premier tome d’une série courte en cinq volumes, dotée d’excellents dessins qui compensent l’aspect retro absolument assumé! Du titre au design général, on est dans l’hommage complet aux manga et séries TV SF des années soixante à quatre-vingt: une équipe d’adolescents part pour une « classe verte » sur une planète éloignée… avant de se retrouvés projetés ailleurs, loin dans l’espace, perdus, seuls et contraints de survivre par leurs propres moyens… Présenté comme ça on sent un aspect dramatique qui n’est pourtant jamais présent dans Astra! Résolument Shonen, la série est joyeuse, lumineuse mais n’oublie pas pour autant de créer des antagonismes entre certains membres de l’équipée. Une des originalités qui accentuent l’intérêt ce sont les flashback dans l’enfance des différents personnages, qui nous aide à comprendre leur tempérament et leurs actes pour revenir sur leur chère Terre. Remarquablement maîtrisée, les deux-cent pages se lisent d’une traite, comme une bonne série animée en découvrant chaque personnages, leur équipement, leurs défauts, les caractéristiques de la première planète (on va « sauter » sur cinq astres sur l’itinéraire de retour) sans oublier un gros mystère autour de cette mystérieuse boule qui les a aspiré et semble les poursuivre. Manigance des enseignants pour les tester ou véritable anomalie spatiale? Vous le saurez en regardant le prochain épisode des aventures du lycée Caird!

note-calvin1note-calvin1note-calvin1

 

  • Alma #1 (Mito – Panini) – (2019) 2021, série finie en 4 volumes.

alma-1-paniniAuréolée de très bons retours j’ai débuté cette récente série courte sans trop savoir où je mettais les pieds mais enthousiasmé par des aperçus graphiques au-dessus de la moyenne. Et je dois dire que ce qui accroche résolument dans ce premier volume qui avance relativement vite entre la séquence d’exposition en la conclusion qui nous révèle la problématique de la quadrilogie ce sont ces superbes décors post-apocalyptiques. On suit en effet un jeune homme parcourant les terres et cités dévastées à la manière du dernier homme sur Terre (Je suis une légende) – et une influence de Blame! évidente – après que son amie robot ait été désactivée brutalement. On trouve ainsi le carcan classique déjà vu dans l’excellent Heart Gear, à ceci près que dans Alma les humains n’ont pas totalement disparu et que le héros bien mystérieux se voit assez vite doté d’une aura messianique. On navigue donc plus sur la nostalgie d’une vie rêvée que sur la relation avec l’Intelligence artificielle (mais l’on sent que ça va venir) et l’atmosphère propagée par ces décors et un background bien plus travaillé que sur Heart Gear nous immergent pour une odyssée qui nous attrape dans un rythme soutenu. Doté d’excellents graphismes et d’un fort joli design, d’une relation originelle qui laisse mélancolique et de mystère déjà en place, il ne reste plus qu’un fort antagonisme pour faire monter la série d’un cran, sans doute dès le prochain tome. 

note-calvin1note-calvin1note-calvin1note-calvin1

 

***·BD·Nouveau !·Service Presse

Peaux-épaisses

La BD!

Histoire complète en 96 pages, adaptée du roman de Roman Genefort. Au scénario, Serge Le Tendre, Pasquale Frisenda au dessin. La parution est le fruit de la collaboration entre les éditions Critic et les Humanoïdes Associés, le 12/05/2021.

Tanneurs des étoiles

Depuis des décennies, Lark est un redoutable mercenaire, qui écume tous les théâtres de guerre de l’univers connu. Cependant, depuis quelques temps, Lark se ramollit, sa conscience le ronge et il culpabilise d’avoir participé à tous ces massacres. Le mercenaire éhonté repense aux siens, le clan Nomaral, qu’il a quitté il y a bien longtemps pour mener cette vie solitaire et sanguinaire.

Malgré son apparence normale, bien que burinée par la guerre, il se trouve que les origines de Lark sont bien particulières. Il fait partie des Peaux-épaisses, une engeance génétiquement modifiée dont les propriétés physiques, principalement la peau, leur permettent de survivre au vide spatial et aux conditions extrêmes qu’il induit.

Utilisés pour les travaux périlleux durant la conquête spatiale, les Peaux-épaisses ont fini par tomber en désuétude et sont devenus des sortes de trophées de collection pour riches désabusés, qui les ont traqués et massacrés pour se faire ensuite des combinaisons spatiales de leurs peaux.

Lark, quant à lui, s’est fait retirer son épiderme spécial et a quitté son clan, qui a ensuite disparu dans les limbes intergalactiques. Mais un message crypté lui parvient, bien des années plus tard, laissant penser que les Nomaral ont besoin de lui. Lark va donc rompre les rangs et se mettre à la recherche des siens, sans savoir que la mega-corporation Colexo est également sur leurs traces. Le reste de l’aventure sera donc une course-poursuite spatiale entre Lark et l’un des anciens camarades, le cruel Roko Greach, qui souhaite faire d’une pierre deux coups en se vengeant des Nomaral puis en revendant leurs peaux…

Quelle est la mesure d’un transhumain ?

Nous sommes ici en présence d’un space-opéra bâti sur des concepts familiers de la SF. En effet, la science-fiction, grâce aux avancées technologiques qu’elle propose dans ses œuvres, est le terrain idéal pour projeter des notions philosophiques et éthiques d’aujourd’hui. Ici, le transhumanisme et l’édition génétique servent de prétexte pour explorer le racisme et la cupidité humaine.

Ces thèmes font également écho dans des classiques tels que Blade Runner et ses Réplicants, I,Robot et ses androïdes, La Planète des Singes, X-men, Underworld, et bien d’autres exemples encore. Ici, les Peaux-épaisses finissent par s’émanciper du joug des humains qui les exploitaient, mais doivent ensuite se cacher afin de se soustraire à leur cruauté. Ils ont formé une culture singulière, qui n’est qu’effleurée dans l’album, et adopté un mode de vie reclus en adéquation avec leurs particularités.

Au fil de l’album, on trouve en parallèle du racisme le thème de l’acceptation de soi, puisque Lark est allé jusqu’à se mutiler dans le but de passer pour un humain, et en devenant mercenaire, il a troqué une servitude contre une autre, plus avilissante encore. Malheureusement, ces débats sont quelque peu sacrifiés au profit de l’action, l’intrigue étant davantage centrée sur la course-poursuite que sur le besoin interne de Lark de se reconnecter avec ce qu’il est.

En parlant d’intrigue, il est possible qu’elle ait souffert du travail d’adaptation, puisque, sans toutefois spoiler, les motivations véritables de la Colexo, qui sont révélées en fin d’album, entrent quelque peu en contradiction avec ce que l’on sait des Nomaral, notamment le fait qu’ils vivent reclus.

La partie graphique assurée par Pasquale Frisenda reste dans une veine classique de la BD SF, avec un fort gout de métal hurlant. Le tout est un album aux thématiques fascinantes, qui ne sont abordées que de façon superficielle au profit de l’action.

****·Comics·Littérature·Nouveau !·Service Presse

L’Évadé de C.I.D. Island

esat-west

Récit complet en 125 pages écrit et dessiné par Ibrahim Moustafa. Parution française chez les Humanoïdes Associés le 07/04/2021.

bsic journalism

Merci aux Humanos pour leur confiance.

Monte-Cristo à Alcatraz

Le jeune Redxan Samud n’avait pas tout pour réussir, mais la chance semble tout de même lui sourire. De basse extraction, il a du redoubler d’efforts pour faire ses preuves sur le navire marchand où il trime depuis des années.

Après un énième exploit qui attire sur lui l’attention de l’armateur, Redxan est désigné capitaine de son navire. Cette promotion inespérée, qui récompense des années d’efforts, va lui permettre de demander l’élue de son cœur, Meris, en mariage.

Ulcéré par cette ascension, Onaxis, un homme fourbe et cupide issu de la noblesse, fomente un complot contre Redxan afin de provoquer sa chute. Accusé de trahison envers le régime, Redxan est condamné lors d’une glaçante parodie de justice, puis jeté dans les geôles de C.I.D. Island, une prison impénétrable dans laquelle il rejoint nombre de prisonniers politiques. Clamer son innocence ne fait que précipiter sa disgrâce et durcir son châtiment, si bien que Redxan perd tout, son honneur, son avenir et la femme qu’il aimait.

Forcé de lutter pour sa survie lors de combats à mort, Redxan perd peu à peu espoir et sombre presque dans la folie. Un jour, il fait la rencontre d’Aseyr, un vieil homme enfermé depuis des décennies, avec lequel il va se lier d’amitié. A partir de là, Redxan va retrouver la volonté de vivre, puis préparer sa vengeance, contre ceux qui lui ont tout pris…

Un homme trahi en vaut deux

Nous sommes ici face à une adaptation du célèbre Comte de Monte-Cristo, d’Alexandre Dumas. Un homme est trahi et perd tout, puis revient des années plus tard sous un nom d’emprunt pour accomplir sa vengeance.

L’auteur s’approprie bien sûr l’histoire à sa manière, notamment en utilisant un décorum SF, qui n’impacte toutefois pas l’intrigue de façon significative. Si la première partie reste fidèle au modèle, la suite prend néanmoins une tournure plus personnelle à l’auteur. En effet, sur fond de lutte des classes, le scénario va passer du cadre intimiste de la vengeance personnelle à celui plus large de la révolution.

Cette direction élude donc tout un pan des manœuvres originelles d’Edmond Dantes, qui dans l’œuvre de Dumas, éliminait un à un ses anciens persécuteurs avec patience et froideur. Dans C.I.D. Island, la duplicité du héros ne dure qu’un temps, puisque le tout bascule bien vite dans l’action pure et les affrontements frontaux, ce qui est finalement dommageable, bien qu’entendable dans le cadre d’une adaptation.

Le tout est traversé par un souffle épique, en grande partie grâce aux fabuleux graphismes d’Ibrahim Moustafa, qui fait mouche tant sur les personnages que sur les décors. Vaisseaux volants, robots de guerre et îles flottantes, duels au sabre, tous les ingrédients sont réunis pour constituer ce récit prenant et divertissant.

En bref, L’Évadé de C.I.D. Island est un récit d’action et de vengeance fort bien réalisé, ambitieux et cohérent dans son ensemble, même si l’on aurait aimé que la partie mascarade, qui fait tout le sel de l’œuvre originale, soit davantage mise à l’honneur.

***·Comics·East & West·Nouveau !·Service Presse

Rick et Morty tome 10

esat-west

Dixième tome de la série inspirée du show du même nom crée par Dan Harmon et Justin Roiland. Tini Howard et Kyle Starks au scénario, Marc Ellerby au dessin, parution le 17 mars 2021 aux éditions HiComics

bsic journalism

Merci aux éditions Hicomics pour leur confiance.

This is a Rick’s world

En apparence, le scientifique Rick Sanchez a tout d’un savant fou. Alcoolique, irresponsable, il vit aux crochets de sa fille Beth et méprise copieusement son gendre Jerry. Rick repousse même les limites de l’inconséquence puisqu’il embarque, depuis 4 saisons maintenant, son petit-fils Morty dans des aventures spatiales et dimensionnelles toutes plus dangereuses les unes que les autres. 

Toutefois, Rick n’est pas qu’un ivrogne sans vergogne. On pourrait même dire que tout ceci n’est qu’une façade, visant à cacher les blessures profondes d’un homme esseulé, que son génie isole encore davantage du reste du monde. Le show nous montre ainsi, entre deux blagues potaches et deux situations abracadabrantes, les tourments internes de cet homme brillant, qui est si lucide sur la vacuité de la vie et de l’univers qu’il se réfugie dans l’alcool et la contrebande inter dimensionnelle. 

A n’en pas douter, donc, Rick & Morty redéfinit et redynamise la série animée, en allant plus loin encore qu’une série comme Futurama. 

En parallèle de cet indéniable succès, le comic Rick & Morty tente de prolonger le plaisir en couchant les aventures du duo générationnel sur papier. 

Un Rick-anement Morty-fère

Ce dixième tome nous fait découvrir un énième délire de Rick, qui, pour souffler et catharsiser  ses émotions négatives, a construit un parc parcouru par des androïdes, sur lesquels il peut se défouler, à la manière d’un certain parc à thème mettant en scène des cyborgs dans l’Ouest Sauvage… 

Le comic book marche donc sur les traces de son ainé télévisuel en reprenant un concept SF déjà usité et en y ajoutant une bonne dose d’impertinence, voire de cynisme. La philosophie nihiliste de Harmon et Roiland semble avoir contaminé les scénaristes du comic book, qui reprennent donc allègrement les parangons de pop culture (ici, la série Wesworld, vous l’aurez compris) pour les tordre, les détourner de façon drôlement cruelle, ou cruellement drôle. 

Mention particulière pour l’épisode spécial, qui en l’espèce reprend verbatim le concept d’un épisode de la série, dans lequel Morty redécouvre les souvenirs traumatisants que Rick lui a retirés à sa demande. Comme dans l’animé, c’est l’occasion de rire face aux mésaventures tantôt humiliantes, tantôt horrifiantes du jeune paltoquet, qui est toujours condamné à revivre de façon récursive les mêmes traumas. 

Entre détournement des poncifs SF et cruauté froide d’un univers indifférent, les amateurs de la série animée sauront savourer ce tome 10 en attendant la prochaine saison du show !

****·BD·Nouveau !·Service Presse

Poussière #3

La BD!

Troisième tome de 86 pages d’une série écrite et dessinée par Geoffroy Monde. Parution le 27/01/2021 aux éditions Delcourt.

bsic journalism

Merci aux éditions Delcourt pour leur confiance.

Attack of the Fifty-Foot Whatever

Mettez-y une femme revancharde, des titans anthropophages, des kaijus ou des cyclopes, dès qu’il s’agit de gigantisme, mon œil de lecteur est immédiatement attiré. 

Poussière nous raconte l’histoire d’une jeune guerrière éponyme, qui affronte depuis quelques années d’énigmatiques cyclopes, qui ravagent inlassablement sa planète, Alta, dont l’écosystème est régi par ce que l’on nomme l’Essence. Jusqu’ici pacifiques, les cyclopes sont devenus comme fous et se sont mis à piétiner tout ce qui se trouvait sur leur passage, provoquant une hécatombe et une série de cataclysmes écologiques dont Obel, le royaume dominant sur Alta, peine à se remettre. 

Pourtant, il est possible pour les guerriers d’Obel de lutter contre ces créatures, au prix de lourds sacrifices, qui paraissent vains tant la marche des géants est inexorable. En effet, les cyclopes font partie intégrante de l’écosystème et sont renvoyés à l’Essence après chaque défaite, pour mieux revenir ensuite, plus forts que jamais. 

D’après les rumeurs, cette lutte perpétuelle a commencé lorsque est apparu un certain Homme Noir dans les rues de la capitale d’Alta. Silhouette indéchiffrable, l’Homme Noir est apparu plusieurs fois de façon apparemment aléatoire, entraînant dans son sillage les terrifiants cyclopes. C’est donc à lui que l’on impute la catastrophe, sans savoir d’où vient cet homme ni pourquoi il agit ainsi. 

Entre deux attaques de cyclopes, Poussière veille sur son frère Pan et sa sœur Ayame, qui disposent de capacité les mettant en lien direct avec l’Essence. Et si tous ces événements étaient liés ? Quels secrets dissimule le gouvernement d’Obel à ses sujets terrifiés ? 

Gaïa’s Revenge

Les deux premiers tomes, sortis respectivement en 2018 et 2019, livrent les premières clefs du mystère grâce à quelques révélations choc: Suite à un accident de laboratoire, Alta a subi un échange de matière avec une planète nommée la Terre, qui est une jumelle d’Alta située dans une autre dimension. Ces transferts ont perturbé l’Essence, si bien que les conséquences des outrages des humains envers la nature ne se répercutent plus sur Terre mais bel et bien sur Alta. L’Homme Noir n’est lui aussi qu’un accident, un dommage collatéral qui a obtenu la faculté de passer furtivement d’un monde à l’autre. 

A l’issue du tome 2, des enfants d’Alta, incluant Ayame, capables de contrôler les cyclopes, furent envoyés sur Terre pour mener une expédition punitive et détruire l’Humanité, tandis que Poussière se retrouvait elle aussi piégée sur Terre. 

Nous voici donc à la conclusion de l’odyssée dimensionnelle de Geoffroy Monde, qui avait apporté un point de vue innovant et atypique pour une série  de SF. Les thématiques abordées, à savoir la revanche de la nature et le voyages dimensionnels, ne sont pas inédites mais traitées avec révérence et habileté, grâce à une alternance des points de vue entre Terre et Alta. Le discours écologique est donc tout à fait de mise, l’auteur s’amusant ici à la mettre en abîme puisque l’Humanité est ici jugée par sa jumelle Altienne qui subit injustement les conséquences de nos actions. 

Poussière tome 3 - BDfugue.com

Il convient également d’imputer à l’auteur un travail sérieux sur la construction de son monde fictif, exercice périlleux s’il en est qui est ici réussit haut-la-main. Les concepts philosophiques et religieux qui sous-tendent le monde d’Alta sont riches mais aussi complexes, ce qui pourrait perdre en route le lecteur tant il est parfois nécessaire de raccrocher les wagons avec les tomes précédents. 

Pour sa conclusion, on peut dire que Geoffroy Monde ouvre les vannes et va au bout de sa thématique, même si cela peut paraître abrupt. 

Poussière est donc une trilogie SF qui vaut le détour, tant sur le plan graphique que scénaristique, ce grâce à des influences évidentes mais qui n’en sont pas moins maîtrisées. 

****·Manga·Nouveau !·Service Presse

Adam l’ultime robot #1-3

esat-west

Manga de Ruyko Azuma
Pika (2020-2021), 212 p./volume, série finie en 4 volumes.

bsic journalismMerci aux éditions Pika pour leur confiance.

Tetsuwan Adam (en référence au Tetsuwan Atom, le culte Astroboy de Tezuka) est a priori le premier manga de Ryuko Azuma, commencé en 2016 au Japon et conclu en quatre tomes. Entre chaque chapitre l’auteur se lace dans de passionnantes discussions de vulgarisation sur des sujets scientifiques aussi variés que le rôle de l’alcool pour les humains, la disparition des Dinosaures ou la Fusion nucléaire, tout en lien avec le manga. Une référence d’ouvrage sur le sujet est ensuite proposée avec un court strip d’humour décalé utilisant les personnages. Sous les superbes illustrations de la jaquette nous trouvons un personnages en tête dessiné tout le long de la couverture. Edition très élégante et complète.

2045. Depuis quelques mois l’espère humaine a découvert une existence extra-terrestre par des attaques d’entités appelées Psyché, des créatures semi-humanoïdes envoyées comme super-bombes pour exploser à la surface de la Terre. Le dernier espoir de notre planète réside dans le programme Adam, un robot doté d’une IA émotionnelle et seul capable jusqu’ici de résister à ces attaques. Mais bien entre les manigances de l’armée américaine pour récupérer la direction du programme et d’étranges liens qui semblent exister entre le concepteur d’Adam et les Psyché, les assauts de ces dernières se rapprocher à chaque attaque d’un succès synonyme d’extinction pour la race humaine…

ない暇つぶし: 鉄腕アダム#23感想La vulgarisation scientifique semble en vogue dans les manga depuis quelques temps, avec notamment les deus séries phares de Boichi, Dr. Stone et Origin (également chez Pika). Si ce dernier faisait des efforts, notamment sur les premiers tomes, pour rendre accessibles les concepts parfois très techniques de SF, le Shonen pétrificateur reste le mètre-étalon de la vulgarisation en s’amusant! Eh bien les aventures de Senku ont aujourd’hui leur pendant Seine, avec Adam l’Ultime Robot! Se rangeant humblement dans les pas de ses aînés (on nous explique rapidement la référence au chef d’œuvre d’Osamu Tezuka avant de citer Dr. Stone), l’auteur ne cherche pas à révolutionner un genre déjà couru mais à aborder des sujets scientifiques en apportant sa propre réflexion. Ainsi les pages de journal dialogué abordant un des thèmes traité dans le chapitre précédent sont à la fois très agréables à lire et passionnantes. Les personnages de la série, des scientifiques très pointus, sortent ainsi de l’intrigue pour développer le background effleuré dans les pages assez épurées à la fois graphiquement et textuellement. Du coup ces séquences, si elles hachent un peu la lecture, deviennent indispensable pour densifier un manga qui aurait été un peu léger sans elles.

La surprise viens des dessins. Plutôt élégants, en évoquant à la fois le Bertrand Gatignol des Ogres-dieux et le Gou Tanabe des adaptations de Lovecraft, je les attendais plus impressionnant… Les pages sont plutôt froides sous un blanc cru avec des trames très légères. Si le design technique est franchement réussi j’ai eu un peu de mal avec celui des aliens issus de l’influence organique des monstres de manga. Les séquences d’affrontement spatiales, un peu répétitives faute d’explication (et pour cause, ce thriller sf distille très progressivement les graines de son intrigue…), jouent sur un montage brutal, affichant soudainement chaque nouvelle variante de Psyché en quasi-pleine page pour alterner avec le ballet propulsé d’Adam. Avec peu de textes, ces séquences sont à la fois impressionnantes par ce superbe contraste entre le noir spatial et la blancheur des dessins et parfois peu lisibles du fait d’une anatomie métamorphe des créatures et d’une mise en planches très graphique. Chacun trouvera cela à son goût ou pas mais disons que l’action n’est pas la force première de ce manga.Les Trésors du Nain: Tetsuwan Adam, tome 1 | Gaak

Comme je le disais, assumant ses références avec discrétion, Ryuko Azuma ne craint pas la comparaison avec Evangelion (l’invasion désespérée par des créatures à peu près invincibles), et s’approche de la finesse du récent Carbone & Silicium en proposant dès les premières pages la spécificité de cette IA conçue pour ressentir des émotions. L’auteur vise ainsi bien le cinéma SF intello dans le sillage de Kubrick (2001 évidemment) ou du Alex Garland d’Ex Machina (la relation Adam l'ultime robot #1 • Ryuko AzumaCréature/créateur). De ce fait la lecture s’avère exigeante, notamment sur un premier tome assez austère. La progression globale sur les trois premiers volumes est tout à fait bien gérée et il est conseillé (comme souvent sur des séries courtes) d’enchaîner les quatre volumes pour profiter de la conception fort maîtrisée et réfléchie.

Avant la conclusion du tome quatre, l’origine des monstres reste bien énigmatique mais le nombre et la qualité des thèmes abordés et l’élégance de l’écriture de Ryuko Azuma suffisent à nous emporter dans ce futur proche dans une aventure dont l’originalité est d’utiliser les mathématiques et des concepts physiques poussés pour créer la problématique à priori basique (l’extermination de l’humanité par une attaque apocalyptique). Comme je le disais, la trame d’Evangelion n’est qu’une coquille où mille auteurs différents peuvent insérer leurs problématiques. C’est donc d’apparence répétitif mais recouvre une grande intelligence réflexive autour de l’énigme sur l’origine du robot et son lien avec ces créatures que les journaux intermédiaires peuvent rattacher à n’importe quel concept, du multivers quantique à la physique atomique en passant par le rôle de l’information dans la trame de l’univers… rien de moins. Si vous aimez la SF sophistiquée et vous cultiver via l’imaginaire, n’hésitez pas une seconde pour plonger dans cette œuvre remarquablement maîtrisée pour une première création.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1note-calvin1