****·BD·Jeunesse

Le Roi des Oiseaux

Album de 176 pages écrit et dessiné par Alexander Utkin. Parution aux éditions Gallimard Jeunesse le 26/08/2020.

La guerre de Troie aura bien lieu.

Les pommes, c’est bon. Mais mythologiquement parlant, ce fruit mi-juteux mi-farineux a une tendance assez marquée à provoquer des catastrophes. Demandez à Adam et Eve, demandez aux grecs et au troyens, aux Hespérides, ou encore, aux rois des animaux qui règnent sur les steppes.

Le Roi des Oiseaux, personnage éponyme, est pris malgré lui dans une guerre contre les mammifères, à la suite d’une dispute entre une souris et un moineau au sujet d’un pomme d’immortalité en or. Affaibli par cette escarmouche, le Roi des Oiseaux se crashe dans la forêt, pour ensuite se trouver à la merci d’un Marchand, qui décide contre toute attente de lui offrir son hospitalité, considérant qu’il a obtenu d’un serpent le don de parler aux animaux.

Trois années passent, avant que le Roi des Oiseaux ne recouvre ses forces. Reconnaissant envers le Marchand, il va l’emmener avec lui visiter ses trois sœurs, dont l’une va le récompenser d’un coffre magique que l’honnête homme va fièrement ramener chez lui, sans se douter du nombre de péripéties que ce cadeau va engendrer….tout ça à cause d’une pomme.

Si Slave, c’est qui s’nettoie, si ce n’est toi, c’est donc ton frère.

Alexander Utkin utilise le folklore slave pour construire ce conte habile et enchanteur, parcouru de quêtes imbriquées les unes dans les autres. L’imaginaire russe n’est d’ailleurs pas le seul convoqué par l’auteur, qui va saupoudrer le tout d’imagerie sud-américaine ou encore nordique.

Le ton, comme le graphisme, sont légers, presque naïfs, et vont entraîner le lecteur dans une odyssée marquée de joie et d’émotions. Les thèmes convoqués, que ce soit l’honnêteté, la famille, l’amitié, l’amour ou la persévérance, conviennent donc bien à cet album familial, dont les pages au grain grossier viennent sublimer le trait gras et les couleurs pastel.

****·Comics·East & West·Nouveau !

War of The Realms, la Guerre des Royaumes

Intégrale de la mini-série en six chapitres, écrite par Jason Aaron et dessinée par Russell Dauterman. Parution le 09/06/2021 chez Panini Comics.

War (huh!) what is it good for ?

Après le catastrophique Infinity Wars, intéressons-nous maintenant à War of the Realms, dont l’intégrale est sortie peu avant l’été. Le pitch est, ma foi, relativement simple: l’elfe noir Malekith mène une offensive globale contre les dix royaumes, ce qui inclue bien évidemment Midgard, la Terre. Il revient donc à Thor et à ses alliés de sauver l’ensemble des mondes.

Montrant qu’il n’y a finalement pas trente-six façons de faire la guerre, Malekith commence par envahir New York avec ce qui ressemble fortement à une blitzkrieg. Le roi des elfes noirs la joue fine et retire du jeu son principal adversaire, Thor, qu’il exile sur Jotunheim, le royaume des géants de glace, afin de le garder au frais en attentant de terminer son invasion. Odin, quant à lui, s’est exilé dans les ruines d’Asgard où il rumine ses nombreux échecs. Mais Malekith ne l’a pas oublié pour autant.

A la tête d’une armée invraisemblable de géants, de trolls, d’elfes, de démons du feu et autres créatures issues des neuf, pardon, des dix royaumes, Malekith va représenter un défi de taille pour les Avengers, ainsi que pour tous les autres héros prêts à se dresser contre la tyrannie. On ne doit pas ignorer la proverbiale force octroyée par l’union, néanmoins, si les héros espèrent s’en sortir, ils vont devoir se séparer en plusieurs factions et couvrir ainsi plusieurs fronts.

Une première équipe, constituée de Captain America, Spider-Man, les inséparables Luke Cage et Iron Fist, et le nouvellement ressuscité Wolverine, sont parachutés sur Jotunheim pour porter secours à Thor. Une seconde escouade, menée par Freyya, emmène Miss Hulk, le Punisher, Blade et le Ghost Rider à Svartalfheim afin de détruire le Bifrost Noir, atout majeur des envahisseurs. Et enfin, les War Avengers de Captain Marvel, supposés tenir la ligne de front. Le tout est supervisé par Daredevil, qui se substitue à Heimdall et devient le dieu Sans Peur, nouveau gardien du Bifrost.

This is a Thor’s world

Durant son run, Jason Aaron a laissé une empreinte non négligeable sur le marvelverse, notamment sur la frange asgardienne, qu’il a revisité et transformé de bien des façons. Cela commença par la saga du Massacreur de dieux (bientôt adaptée au cinéma), qui sema la graine de la dévastation chez Thor, une dévastation qui durera plusieurs années et qui laissera le héros irrémédiablement transformé. Le tournant majeur du parcours de l’auteur sur son personnage fétiche sera Original Sin, crossover quelque peu inégal mais qui marquera les esprits par ses conséquences et ses ramifications.

La principale, c’est la déchéance de Thor, qui perd le bénéfice de son mythique marteau, et devient Thor l’Indigne. La nature (et Marvel!) ayant horreur du vide, un nouveau Thor brandit le marteau. Jane Foster, ancienne amante de Thor, devient donc une déesse du tonnerre peu commune, mais abandonnera son rôle lorsque Mjolnir sera détruit.

War of the Realms fait donc office de baroud d’honneur pour le scénariste, qui profite de l’occasion pour boucler toutes les pistes narratives initiées depuis 2012. Il y va donc de ses références et rappels aux évènements qui ont précédé le crossover, ce qui peut nécessiter d’avoir suivi les séries Thor et les événements susmentionnés.

On ne peut pas nier l’aspect épique d’un tel event, même si, encore une fois, les antagonistes, si forts soient-ils, laissent quelque peu à désirer côté charisme et motivations. Enfin, on ne va pas se plaindre pour autant, la bataille dantesque qui résulte de ce conflit manichéen fait plaisir à voir et ne laisse pas de sentiment d’incohérence, ni de confusion, que l’on pouvait voir dans Infinity Wars, par exemple.

Revoir certains team-ups était tout à fait satisfaisant, comme celui de l’équipe de secours de Jotunheim, qui rappelait la belle époque des New Avengers de Bendis. Le retour de certains personnages lors du climax apporte également son lot de satisfaction, ne serait-ce que par le sentiment de boucle bouclée que l’on y perçoit à première lecture.

Pour les lecteurs un peu plus anciens, War of the Realms rappellera forcément un autre event sorti en 2011, Fear Itself, qui impliquait lui aussi une incursion de la mythologie nordique dans le reste du marvelverse. Dans Fear Itself, Tony Stark utilisait déjà la forge des nains afin de créer un arsenal magique pour les héros de la Terre. Ici, il fait la même chose, mais le résultat est…beaucoup plus cool.

Bien sûr, à l’issue de WOTR, le statu quo de Thor et compagnie évoluent encore, les lectures à venir nous confirmerons, ou pas, l’intérêt de ces changements.

War of The Realms relève donc le niveau des crossovers chez Marvel, en offrant à la fois action épique, casting élargi, et références nombreuses au long run d’un auteur talentueux.

*****·BD·East & West·Nouveau !·Service Presse

Vei

La BD!

Recueil de 344 pages de la série (inédite en France) écrite par Sara Elfgren Bergmark et dessinée par Karl Johnsson. Parution aux éditions Ankama le 14/05/2021. 

bsic journalism

Merci aux éditions Ankama pour leur confiance.

Sur les épaules des géants

Sur le drakkar affrété par le prince Eidyr, la tension a cédé au désespoir. Affamé, assoiffé, l’équipage a perdu de vue l’objectif de sa traversée, à savoir trouver et conquérir Jotunheim, la terre légendaire des géants des glaces. Alors que les marins ont presque cédé à la folie, ils trouvent flottant au milieu des eaux, le corps d’une jeune femme, qu’ils ramènent à bord et qui se révèle, contre toute attente, encore vivante. 

Vei, la miraculée, va cependant faire rapidement face à la convoitise des hommes, qui voient dans cette pêche providentielle une source de nourriture que leur situation a rendue alléchante. Qu’à cela ne tienne, Vei se défend férocement avant d’être finalement maîtrisée. Aidée par Dal, l’esclave de l’ambitieux prince Eidyr, Vei passe un marché avec l’équipage: elle les guidera jusqu’à Jotunheim, sa terre natale, afin de se soustraire aux estomacs vikings. 

Arrivés sur Jotunheim, les conquérants sont rapidement capturés par un gigantesque Jotnar, à l’exception de Dal, qui devient cette fois, assez ironiquement, dépendant de Vei pour sa survie. Dal, qui vénère Odin, le chef du panthéon nordique, doit donc compter sur une hybride d’humain et de Jotnar pour survivre sur la terre des ennemis des ses dieux. 

Le guerrier viking va néanmoins découvrir, que, comme dans bon nombre de conflits, le tout est une question de point de vue, car les Jotnar, dépeints comme des monstres sanguinaires, règnent de façon relativement bienveillante sur les humains de leur terre, qui les vénèrent comme des dieux. Chaque géant à son « troupeau » d’humain, parmi lesquels un élu, le Ran, est désigné à chaque génération. 

Il se trouve que Vei est le Ran de son troupeau, celui du géant Veidar. Les Ran sont entraînés pour Mistarileikir, un combat légendaire et putatif entre les Ases, dieux d’Asgard, et les Jotnar. Les vainqueurs de ce tournoi millénaire gagnent le droit de régner sur Midgard, la Terre, que convoitent les deux parties. 

Ultimate Showdown of Ultimate Destiny

Manque de bol, le Mistarileikir est pour cette année, obligeant Vei à participer aux joutes, qui depuis des millénaires, tournent invariablement en faveur des dieux asgardiens. La jeune femme va donc devoir lutter pour sa vie ainsi que pour le devenir de son peuple, alors qu’autour d’elle se jouent des complots et duperies dont seules  les divinités ont le secret. 

Afin de vaincre ses adversaires, Valkyries sanguinaires et monstres en tous genres, Vei va devoir rivaliser d’adresse et d’ingéniosité. Alors que ses camarades Rans tombent les uns après les autres, la jeune guerrière, soutenue par Dal, va également bénéficier des conseils avisés d’un dieu d’asgard, qui favorise son propre agenda. 

Vei fait une entrée fracassante en France par le biais des éditions Ankama. Revisitant habilement les mythes nordiques, Sara Bergmark offre une geste épique, en prenant le parti d’une introduction mystérieuse et cryptique. Dans le premier chapitre, Dal nous sert de substitut, car nous découvrons en même temps que lui le monde de Jotunheim, ses dangers et sa beauté intrinsèque, ce qui a pour effet de nous plonger dans le récit avant même que les enjeux ne soient clairement établis.

Lorsque la perspective d’un tournoi à la Dragon Ball se présente, on est tenté d’anticiper la redondance et la succession des combats, ce qui, vue la pagination, peut décourager. Or, il n’en est rien, l’histoire trouve le parfait équilibre entre combats, intrigue et relations des personnages. Le rythme est donc très bien dosé, ce qui rend les 344 pages hautement digestes, d’autant que leur graphisme maintient un niveau élevé du début à la fin. D’ailleurs, on note que les différences d’échelle entre humains, Jotnars et asgardiens est très justement mise en scène, jusqu’au final épiques dignes des plus grandes sagas nordiques.

En conclusion, Vei est un must pour les amateurs de Fantasy, de mythologie nordique (et de géants !).

****·BD·Guide de lecture·La trouvaille du vendredi·Rétro

Thorgal: le cycle de Jolan

La trouvaille+joaquim

BD de Jean Van Hamme, Yves Sente et Gzegorz Rosinski
Le Lombard (2006-2010), cycle de 4 volumes.

Ce quatrième et dernier billet traite de ce qui est pour moi le chant du cygne de cette magistrale série. Jean Van Hamme souhaitait achever la série depuis plusieurs albums on le sait et la passation se déroulera sur l’album Moi Jolan. Le scénariste de la reprise, Yves Sente n’est pas un inconnu: directeur de collection au Lombard (l’éditeur de Thorgal et du one-shot de Van Hamme-Rosinski Western), il a fait ses classes sur le relaunch de Blake & Mortimer (en parallèle à Van Hamme) et a rencontré Rosinski sur une très belle variation sur le Comte de Monte-Cristo qu’ils ont réalisé ensemble (la Vengeance du comte Skarbek). C’est à l’occasion du Sacrifice que ce dernier mets superbement en application sa technique en couleur directe qu’il a expérimenté sur Skarbek.

Tentant de sauver Thorgal, gravement malade suite aux épisodes précédents, Aaricia, Jolan et Louve trouvent une aide inespérée en la personne du dieu Vigrid qui leur indique qui pourrait le sauver: Manthor le magicien, tapis dans l’Entremonde. Pour cela Jolan va devoir faire un serment qui l’amènera à l’aube de l’âge adulte sur les terres des Dieux où il va défier à son tour la Loi d’Odin…

Liste des critiques concernant ThorgalDrôle de cycle charnière, ces quatre albums proposent un magnifique adieu de l’auteur originel dans un émouvant parallèle entre le père/le fils et le créateur/son personnage sur la dernière page du Sacrifice, qui peut être un très bel album conclusif à la série après vingt-six ans de bons et loyaux services. De nouveaux lecteurs ont ainsi pu entamer leur découverte avec la passation de flambeau à Jolan… avec l’interrogation de savoir si la série devait changer de nom. Laissant ces tergiversations commerciales de côté, Sente propose une superbe aventure magique sur les terres de l’Entremonde et d’Asgard avec la première apparition des dieux majeurs et d’Odin sur les planches de la série! Excellente idée que de rompre ainsi une digue savamment maintenue jusqu’ici et interdisant à Thorgal de rencontrer ses tortionnaires. Jolan qui restait jusqu’ici un personnage secondaire avec quelques épisodes forts comme sur la Couronne d’Ogotaï, renverse la donne et laisse Thorgal un peu piteux se débattre avec Aaricia et le rejeton de Kriss, l’inquiétant enfant muet Aniel. Ainsi tout en lançant son nouveau héros, le scénariste maintient un fil narratif vers les futurs albums. Si cela finira de façon sassez catastrophique (artistiquement parlant), l’idée n’était pas mauvaise et nous tient en haleine avec une forte envie de tourner les pages tout en savourant les cases toutes plus belles les unes que les autres. Rosinski a sans doute atteint ici le sommet de son art. avant de se caricaturer sur la fin du cycle de Ka-Aniel…

Thorgal (Édition Spéciale 30 Ans) (tome 30) - (Grzegorz Rosinski / Yves  Sente) - Heroic Fantasy-Magie [CANAL-BD]Ce cycle, en assumant sa dimension fantastique, permet à l’artiste d’aller plus loin que jamais dans un superbe design de créatures et architectures de ces lieux magiques. A ce titre la bataille entre l’armée de chiffon et celle des géants de Loki est un monument où l’auteur se régale comme jamais depuis les grandes heures du Chninkel. La galerie de personnages de l’univers de Jolan est haute en couleur et si les marqueurs naïfs de la série restent présents et assurent une continuité, on sent un vrai vent de fraicheur, une vraie envie collectif de relancer cette série moribonde. Si l’on peut déterminer un bon passage de témoin à une nouveauté qui ne dépayse pas le lecteur, on peut dire que la transition Van Hamme/Sente s’est faite excellement. Sous la forme d’un voyage initiatique parsemé d’épreuves, cette quadrilogie nous fait presque oublier Thorgal qui a infusé sa morale d’airain en son fils, ce qui permet de retrouver le sel du personnage dans son fils, encore jeune et naïf. Cette dimension divine sera assumée dans les séries spin-off lancées par la suite par Sente en prévision d’un nouveau passage de témoin sur la série mère.

Thorgal (en allemand) -32- Die schlacht von AsgardLes intermèdes avec Thorgal à la poursuite des ravisseurs d’Aniel sont plus laborieux car un peu décalés, comme un monde d’avant qui refuse de mourir… Après la Bataille d’Asgard l’album Le bateau-sabre permet une jolie aventure neigeuse pour Thorgal après que Manthor ait missionné ses « avengers » (Jolan et ses compagnons dotés de capacités exceptionnelles) pour bouter les forces de l’envahisseur chrétien hors des terres du Nord. Outre que cette immiscion historique dans une série uchronique tranche avec l’ADN de la saga, Jolan disparaît purement et simplement, et brutalement, pour laisser Thorgal partir vers Bagdad. Après quoi les trois albums qui forment le cycle des mages rouges verse dans le n’importe quoi tant scénaristique que graphique, avec le passage express de Dorison sur un unique album avant le sauvetage en urgence par Yann, le scénariste de La jeunesse de Thorgal. N’étant pas dans les arcanes des éditeurs je ne connais pas l’origine du problème. Est-ce que le projet était foireux et a usé trois scénaristes-pompiers? Est-ce un conflit interpersonnel ou artistique? Toujours est-il que pour moi la série Thorgal s’est arrêtée là, en cours de route, lassé de rajouter de mauvais albums à une série qui ne le mérite pas. Suite au départ de Rosinski les albums semblent mieux montés et fréquentables, pour peu que l’on conçoive de lire une série de BD sans ses deux créateurs. Car il faut bien reconnaître que pour les trois séries majeures conçues par Jean Van Hamme, aucune des trois, si leurs lectures pos-transition restent acceptables, bine loin est le temps où elles faisaient la gloire du neuvième art…

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*****·Manga·Nouveau !

L’attaque des Titans #31 et #32

Deux tomes récents de la série japonaise créée par Hajime Isayama. Parution le 19/08/2020 et le 25/11/2020 aux éditions Pika.

Dans la gueule des géants

Etant donné son phénoménal succès, il est assez peu probable que vous soyez passés à côté du phénomène Shingeki no Kyojin. Néanmoins, dans un souci de clarté, revenons si vous le voulez bien sur les bases de ce manga désormais culte, qui est sur le point d’atteindre sa conclusion. L’attaque des Titans, de quoi ça parle ?

Les Titans sont une mystérieuse race de géants humanoïdes, dont il est dit qu’ils ont exterminé l’Humanité il y a un siècle. Invincibles mais mus seulement par l’instinct, ces derniers ont poussé les survivants à se retrancher derrière trois grands murs concentriques, censés les protéger des invasions de ces inexorables prédateurs anthropophages.

[SPOILER]

Le statu quo bascule lorsqu’un jour, un titan dont la stature dépasse celle des murs surgit, et perce une brèche qui cause le chaos. Eren Jager, jeune garçon têtu mais encore insouciant, voit sa mère dévorée par un titan, à qui il vouera ensuite une haine féroce.

Des années plus tard, Eren, suivi de près par ses amis d’enfance Mikasa et Armin, devient membre des bataillons spécialisés dans la lutte contre les Titans. Ce que le jeune homme ignore, mais ne tardera pas à découvrir de manière assez sanglante, c’est qu’il peut lui même se transformer, quasiment à volonté, en un féroce titan, tout en conservant (plus ou moins) son intelligence humaine. D’abord pris pour cible, Eren devient ensuite un élément crucial dans la reconquête des murs, grâce à ce pouvoir qui lui donne l’avantage sur les autres titans.

Toi et quelle armée ?

Cependant, d’autres titans spéciaux ne tardent pas à faire leur apparition, comme un titan féminin, le colossal qui détruisit les murs, et même un titan pourvu d’une solide cuirasse, tous semblant avoir un dessein centré autour de la capture d’Eren. Tout ceci prendra sens lorsque la vérité, enfouie dans le laboratoire du père d’Eren, sera révélée: les habitants des Murs ne sont pas seulement attaqués par les Titans, ils sont les Titans. En effet, tous appartiennent aux eldiens, le peuple d’Ymir, le premier Titan, qui légua à sa mort le pouvoir des Neufs Titans primordiaux à son peuple, qui l’utilisa pour conquérir le monde.

Lassé de ce bain de sang, l’un des rois eldiens décida de se retirer avec son peuple sur l’île du Paradis, laissant l’empire rival, Mahr, renaître de ses cendres. De nombreux eldiens demeurèrent sur le continent et subirent le joug de Mahr, persuadés de devoir expier les crimes de leurs ancêtres. Utilisant à leur tour le pouvoir des Titans par le biais de leurs esclaves eldiens, les Mahrs se mirent en tête de prendre leur revanche, en s’emparant du pouvoir du Titan Originel, qui était détenu non plus par la famille royale eldienne, mais par… Eren.

Le pouvoir absolu corrompt absolument, le pouvoir titanesque corrompt…titanesquement ?

Suite à une habile ellipse temporelle, nous retrouvons Eren, quatre ans après ces fracassantes révélations. Infiltré chez les Mahrs, Eren observe ses véritables ennemis et prépare sa prochaine action, toujours guidé par son désir de vengeance. Convaincu de la justesse de sa cause, Eren profite d’une manifestation durant laquelle les dirigeants Mahrs déclarent la guerre totale aux eldiens, pour commettre un massacre, tant chez les militaires que chez les civils. Cet acte charnière marque un point de non retour chez notre protagoniste, qui passe donc dans la catégorie des anti-héros.

Peu de temps après, il dévoile son véritable plan, conçu grâce à une information cachée: maîtriser le pouvoir du Titan Originel pour libérer les Titans colossaux qui servirent à ériger les Murs de l’Île du Paradis, et les lancers à l’assaut du monde entier, provoquant ainsi le Grand Terrassement. Ainsi, Eren est allé au bout de sa logique, faire table rase du passé pour mettre fin au cycle de haine et de guerre qui lie les eldiens au reste du monde.

Nous arrivons donc bientôt, avec ces tomes 31 et 32, à la conclusion épique de la saga conçue par Hajime Isayama. Outre le fascinant worldbuilding basé sur différentes mythologies (notamment nordique et grecque), l’auteur impressionne par la qualité et la cohérence thématique de son intrigue. Loin des clichés manichéens, le mangaka utilise un arc narratif négatif pour son protagoniste Eren, ce qui lui permet d’apporter un propos nuancé et une morale relativiste dignes d’un grand seinen. Dans l’Attaque des Titans, aucun personnage n’est foncièrement bon ni mauvais, mais tous tentent de survivre ou agir au mieux en remplissant le rôle qui leur est dévoué. Par opposition à Eren, qui débute en protagoniste naïf pour finir en monstre génocidaire, on trouve le personnage de Reiner Braun, le Titan Cuirassé, qui devient notoire par sa duplicité et sa traîtrise pour ensuite attirer la sympathie du lecteur lorsque l’on en apprend davantage sur ses motivations.

Il va lui falloir un bon ostéo.

Sur le plan macro-narratif, les intentions de l’un ou l’autre des belligérants n’ont rien d’étranger à ce que l’on a pu voir dans notre monde. Comment en vouloir à Mahr de se méfier des eldiens et de les voir comme une menace potentielle ? Et en même temps, comment les excuser d’avoir parqué des eldiens pour en faire de la chair à canon ? Même chose pour Eldia, qui utilisa le pouvoir des Titans comme une arme dirigée contre le monde, avant de se retirer pacifiquement: comment juger des crimes vieux de plusieurs siècles, et comment excuser les actes d’Eren, qui, en voulant venger les torts commis aux eldiens, ne fait que confirmer l’image qu’en avait le monde ? Comme vous pouvez le constater, l’Attaque des Titans, ce n’est pas que des géants qui se cognent dessus (même si c’est important!), c’est aussi une trame complexe faite de personnages nuancés et de questionnements pertinents. L’un des meilleurs mangas de la décennie qui vient de se terminer, et dont la conclusion marquera certainement celle qui vient de débuter !

****·Comics·East & West·Nouveau !

Thor: la mort de la puissante Thor

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Recueil de la série Mighty Thor, écrite par Jason Aaron et dessinée par Russel Dauterman. Contient les numéros 700 à 706, parution en France chez Panini Comics le 10/07/2019.

Les rumeurs sur ma mort n’étaient…pas si exagérées.

Depuis des millénaires, le nom de Thor rime avec guerres, batailles, gloire et tonnerre. De ses exploits antiques à ses faits d’armes modernes, le dieu du tonnerre a tissé sa légende à travers les siècles, secondé par Mjolnir, son fidèle marteau d’Uru.

Confronté à Gorr, le massacreur de dieux, Thor a fini par admettre une vérité, qui lui fut révélée durant le chant du cygne de Nick Fury (saga Original Sin): Gorr avait raison, les dieux sont indignes de l’honneur et de la vénération qui leur sont faits par les mortels. Ce choc à suffi à rendre le fils d’Odin indigne de brandir son marteau, qu’il laissa planté sur le sol lunaire, signe ostensible de sa disgrâce.

La nature ayant proverbialement horreur du vide, le marteau ne tarda pas à trouver un nouveau maître, en la personne de Jane Foster. C’est donc l’ancienne amante du fils d’Odin qui devint la nouvelle déesse du tonnerre, recevant par le biais de l’enchantement divin les pouvoirs asgardiens.

Malgré la rage d’Odin, Jane reprit le rôle et le nom de Thor de façon flamboyante, se révélant cent fois à la hauteur du défi. Mais le pouvoir et l’héroïsme ont un prix élevé, et Jane ne tarde pas à en faire les frais. Souffrant d’un cancer sous sa forme humaine, chaque transformation annule les bénéfices des traitements qu’elle subit, affaiblissant progressivement et dangereusement sa santé.

Confrontée aux plus terribles adversaires d’Asgard, Jane sera face à un dilemme : poursuivre son combat contre le cancer, ou brandir le marteau une dernière fois.

A Thor et à travers

Alors que les neufs royaumes sombrent peu à peu dans la guerre et les ténèbres par l’action malveillante de Malekith le Maudit, le terrible Mangog refait surface. Créature bestiale et gigantesque personnifiant le plus grand crime d’Odin, Mangog ne vit que pour un seul but: à l’instar de Gorr, sa rage envers les dieux le pousse à tous les massacrer.

Après des années passées à forger le destin du dieu du tonnerre, après l’avoir fait choir de son piédestal, après nous avoir introduit et fait aimer cette nouvelle Thor, Jason Aaron s’ingénie à nous offrir une épopée digne de son héroïne. On peut dire que les enjeux sont de taille, tant sur le plan externe (la force de Mangog, qui est sans égale) qu’interne (Thor, tout comme Odinson avant elle, affronte un être dont la rage contre les dieux est largement justifiée, ce qui la confronte aux valeurs qu’elle défend en tant que déesse). Le tout est sous-tendu par le thème fétiche d’Aaron, le rapport à la divinité.

L’intrigue est donc simple, mais solide, et nous offre un final émouvant pour des personnages attachants, dotés d’arcs narratifs construits avec élégance et cohérence. Tous les personnages crées ou remis au gout du jour par Aaron sont présents (Thor le Guerrier, Odinson l’indigne, Odin, le Roi Thor…), ce qui donne à l’ensemble une agréable sensation de boucle bouclée.

Coté graphique, notons que le numéro 700 qui ouvre l’album accueille de nombreux artistes, parmi lesquels Daniel Acuna et James Harren. Russel Dauterman livre quant à lui de très belles planches à la hauteur du défi représenté par la conclusion de cette Thor féroce et déterminée.

***·BD·Nouveau !·Numérique

Sirènes & Vikings #1: Le Fléau des Abysses

La BD!

Premier album de 52 pages, d’une tétralogie, écrit par Françoise Ruscak et dessiné par Philippe Briones, sur une idée originale de Gihef et d’Isabelle Bauthian. Parution le 09/09/20 chez Humanoïdes Associés.

bsic journalism

Merci aux Humanos pour leur confiance.

Touché-Coulé

Outre leur culture guerrière, leur férocité et leurs dieux à marteaux, les Norrois furent connus pour leurs talents de navigateurs, et dont certains indices historiques laissent penser qu’ils auraient pu découvrir les Amériques bien avant un certain C. Colomb.

Et si ces remarquables marins conquérants avaient eu maille à partir avec des habitantes des mers, les mythiques Sirènes ? C’est le point de départ de cette anthologie qu’est Sirènes & Vikings, prévue en quatre tomes.

Après une escarmouche en mer qui coûta une fois de plus la vie à une sirène, Arnhild, princesse du royaume sous-marin, décide contre l’avis de sa reine de réveiller de Jormungand, terrible dragon des mers, créature invincible capable de déchiqueter les vaisseaux vikings.

Ingvald, le fils du Jarl, s’illustre davantage par son esprit affûté que par sa force brute. Conscient du danger que représentent les sirènes et leur monstre, il imagine un plan destiné à s’emparer de la conque magique permettant d’asservir le Jormungand. Le conflit entre norrois et sirènes pourra-t-il se résoudre sans conduire à l’extermination des deux parties ?

Roméo et Ariel

Il est indéniable que Sirène & Vikings bénéficie d’un pitch simple et accrocheur: un peuple de navigateurs affronte un peuple marin mythique. L’auteure s’appuie sur différents éléments de mythologie pour ériger un univers qui demeure cohérent tout en étant fantastique, à grands renforts de dragons des mers et de trolls.

Cependant, l’on voit assez rapidement que la guerre entre les deux clans sert en fait de simple cadre à quelque chose de plus grand: l’amour. Amours rendues impossibles par la haine aveugle que se vouent les Vikings et les Amazones des mers, mais qui auraient pu ironiquement les rapprocher.

Comme dans toute querelle intergénérationnelle, la haine finit par se suffire à elle-même, et les belligérants se font la guerre sans se connaître, en se basant simplement sur des préconçus voulant que l’autre camp est maléfique. Cette perpétuation du cycle de violence est bien sûr exacerbée par des quiproquos amoureux, des rivalités politiques, et bien entendu, par des complots visant le trône.

Il est plaisant de constater que la série s’offre un équilibre très bien trouvé entre la romance et le conflit, les deux étant interdépendants et indispensable à la bonne conduite de l’intrigue. L’autre point appréciable et la fongibilité des stéréotypes de genre, qui offre encore ici une nouvelle piste de réflexion.

Les dessins de Briones, déjà connu pour la version Rebirth d’Aquaman, font ici des merveilles, grâce à des décors sous-marins magnifiques et des personnages bien campés au travers d’un trait propre et assuré. Toutefois, l’on peut se demander si le reste de l’anthologie n’en viendra pas à se répéter, l’essentiel des enjeux étant exploré dans ce premier tome. Faisons confiance aux auteurs qui se succéderont pour ouvrir d’autres pistes !

****·BD·Nouveau !·Service Presse

300 Grammes

Histoire complète en 144 pages noir et blanc, écrite par Damien Marie et dessinée par Karl T. Parution le 25/09/2020 aux éditions Kamiti. Album préfinancé su la plateforme de crowdfungind Ulule avec un bilan de 439% du financement initial.

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Merci aux éditions Kamiti pour leur confiance.

Pirates et Danaïdes

Agnès arpente les rues malfamées d’Amsterdam depuis plus longtemps qu’elle ne saurait se souvenir. Survivant parmi les petites gens et les orphelins, elle va de petites combines en gros trafics, noyant ses turpitudes dans l’Épicine.

L’Épicine est une drogue très puissante, connue de quelques rares initiés à Amsterdam. Hautement addictive, elle fait voyager ses utilisateurs dans des paradis artificiels qu’il n’aspire ensuite qu’à retrouver. Agnès ne fait pas exception et trempe dans toutes sortes de transactions louches afin de pouvoir soutenir sa consommation.

Cependant, la jeune femme intrépide, aux abois, va conclure un marché de dupe pour 300 grammes, et se retrouvera poursuivi par une troupe de bandits prêts à lui faire la peau. Jusqu’où ira Agnès pour sauver sa peau ? Continuera-t-elle à fuir son passé alors que son avenir est des plus sombre ?

Triangle des Bermudes

Tandis qu’Agnès se débat avec ses propres problèmes, se joue autre chose, une quête menée par d’autres initiés et dont la jeune femme pourrait représenter la clé.

Avec 300 Grammes, les auteurs nous offrent un voyage physique, mais aussi temporel et spirituel. En effet, le récit, qui nous emmène aux Caraïbes après nous avoir fait explorer Amsterdam, entremêle les temporalités, comme pour refléter la perdition dans laquelle s’enfonce l’héroïne. Ses errances sont donc aussi celles du lecteur, qui doit maintenir son attention pour reconstituer l’odyssée d’Agnès.

Violence, cruauté, il s’agit bel et bien d’un monde de pirates, toutefois Damien Marie superpose à cet univers de forbans une dimension ésotérique très intéressante, mystérieuse et bien amenée. A cela s’ajoute une intrigue épistolaire parallèle, racontant la quête du descendant d’un des personnages de l’intrigue principale, fort bien écrite et complétant parfaitement le tableau.

Pour sublimer cette épopée mythologique, le dessin de Karl T utilise un trait impeccable taillé pour le noir et blanc. L’artiste nous bluffe par la qualité de ses plans et de ses personnages, surprend par ses décors et met la cerise sur le gâteau grâce son encrage.

300 Grammes est une excellente découverte, qui nous démontre qu’un ouvrage de qualité peut être porté par un éditeur capable de sortir des sentiers battus !

***·BD·Nouveau !

Les Mentors

Série en cours, écrite par Zidrou et dessinée par Francis Porcel. Deux tomes de 44 pages parus en 2019 et 2020 aux éditions Grand Angle.

Jamais sans mon fils

Ana était jadis une jeune fille à qui l’avenir souriait. Mais alors qu’elle allait donner naissance à son enfant, un commando fit irruption dans la salle d’accouchement, et, après avoir massacré le personnel soignant, lui déroba le nouveau-né, laissant à sa place une bombe à laquelle Ana ne réchappa que par miracle.

Vingt ans plus tard, Ana n’est plus que l’ombre d’elle-même. Traumatisée par cet incident, elle souffre d’autant plus que personne ou presque ne crut à ses allégations sur le mystérieux commando. Depuis lors, le seul objectif d’Ana fut de retrouver la trace de son enfant, quoi qu’il lui en coûte. La mère éplorée n’hésite pas à recourir aux services d’une agence de détectives internationaux, dans l’espoir qu’il pourront glaner des informations sur des rapts similaires, en vain.

Non loin de là, Joye tente de s’extirper des milieux interlopes dans lesquels elle naviguait en tant qu’escort girl, afin de repartir de zéro à l’étranger. Pour cela, il va lui falloir échapper aux griffes de son ancien souteneur, qui en plus de vouloir récupérer sa « marchandise », a un compte personnel à régler avec Joye.

Le destin va réunir ces deux femmes que tout oppose, l’une sans attache et fuyant vers l’avant, l’autre, bloquée dans le passé et incapable de surmonter la perte de son enfant.

Lève-toi et marche

La série du prolifique Zidrou débute comme un thriller psychologique, avec cette pauvre jeune femme à qui l’on a pris son enfant pour des raisons inexpliquées. L’auteur parvient, au travers de dialogues incisifs dont il a le secret, à nous plonger dans cet univers tout en éveillant un début d’empathie pour Ana, qui bien que totalement dévastée, n’en demeure pas moins poignante.

La seconde partie opère un franc virage vers le fantastique, sans que cela ne dénature le propos ni la cohérence de l’intrigue en elle-même. Le sous-texte religieux évident donne même de la consistance à l’ensemble, en inscrivant les déboires d’Ana dans un contexte historico-fictionnel qui pose autant de questions qu’il n’en résout.

Par certains aspects, la série Les Mentors rappelle d’autres œuvres récentes, la série Messiah en tête. Dans ces deux tomes, l’auteur ne s’embarrasse certes pas encore des chamboulements géopolitiques que causerait l’arrivée d’un être messianique, mais la thématique reste présente néanmoins.

Les dessins de Francis Porcel font dans l’efficacité, et posent bien le cadre réaliste voulu par le scénariste. Les Mentors offrent donc une intrigue prenante, agréablement mise en image et fort bien dialoguée, à lire !

***·BD·Jeunesse·Nouveau !·Numérique

Le Roi Singe 3: La disgrâce de Wukong

Troisième tome de 86 pages d’une tétralogie, écrite et dessinée par Chaiko. Parution le 15/07/20 aux éditions Paquet.

Road Trip Simiesque

badge numeriqueLe deuxième tome à peine sorti, nous voici catapultés dans la suite des aventures de Sun Wunkong, alias le Grand Saint Égal au Ciel, alias le Roi Singe. Après s’être frotté aux immortels du Royaume Céleste et en avoir tiré une amère leçon d’humilité, le prodigieux combattant simiesque a pris la route avec un moine en quête des Soutras qui l’aideront à atteindre l’illumination.

Sur leur route, le jeune moine et le singe facétieux ont rencontré bien des obstacles et des péripéties, qui ne constituaient en fait que les prémisses de leur voyage.

Équipée fantastique

Durant leurs pérégrinations, le moine et le Roi Singe ont accueilli parmi eux un nouveau venu, Bajie, créature porcine anthropomorphe dont la bonhommie va contraster avec l’impétuosité de notre héros Wukong.

La suite des aventures du Roi Singe reste dans le même esprit que les deux précédents tomes, avec des obstacles dressés sur la route des protagonistes de façon plutôt linéaire. Ici, Sun Wukong devra mettre à l’épreuve sa faculté à collaborer, lui qui est habitué depuis si longtemps à faire cavalier seul, pendant que les créatures du Royaume Céleste continuent de comploter contre lui.

Le graphisme de Chaiko est clairement le point fort de cette série. Son excellent trait donne des personnages très expressifs et aux mouvements dynamiques, empruntant juste ce qu’il faut aux codes du manga. La mise en couleur est subtile et participe à la cohérence graphique de l’ensemble.

Une épopée au scénario un tant soit peu linéaire mais dont le graphisme sublime la qualité !