****·Manga·Nouveau !·Service Presse

La couleur tombée du ciel

Histoire complète en 184 planches, écrite et dessinée par Gou Tanabe, d’après le roman du même nom de H.P. Lovecraft. Parution le 05/03/2020 aux éditions Ki-oon dans la collection Les Chefs-d’œuvre de Lovecraft.Blondin avait critiqué les Montagnes hallucinées et Dans l’Abime du temps.

bsic journalismMerci aux éditions Ki-oon pour leur confiance.

La chose au fond du puits

Un jeune technicien venu de la ville enquête sur la Lande Foudroyée, lopin de terre que les habitants de la région redoutent et décrivent comme maudit. Pour glaner encore quelques informations en vue de la construction prochaine d’un barrage destiné à engloutir la région, le technicien va se rendre auprès d’Ammi, un vieil homme esseulé et à la raison vacillante. Toutefois, Ammi, loin d’être totalement fou, va révéler à notre protagoniste une singulière histoire défiant la logique…

Ainsi, il y a cinquante ans, un mystérieux corps céleste s’est écrasé dans la propriété des Gardner, au grand étonnement de Nahum, le chef de famille. D’abord enthousiasmé par la gloriole qu’il peut retirer de ce phénomène, Nahum accueille avec une gouaille innocente les scientifiques venus étudier le phénomène. Mais bientôt, les choses vont dégénérer pour les Gardner: Alors que le météore se désagrège, la nature tout autour commence à changer, lentement, horriblement, pour ne finalement plus être qu’un reflet corrompu de ce qu’elle fut. La nuit, il se dégage de la végétation une lueur inconnue, une couleur impossible que nul n’a jamais contemplé.

L’horreur cosmique au pas de la porte

Lovecraft est un des auteurs dont l’influence a traversé les décennies et s’est exportée à travers différents médium, si bien qu’on lui attribue aujourd’hui la paternité d’un genre (rien que ça), celui de l’Horreur Cosmique. En effet, toute l’œuvre de H.P. Lovecraft est centrée autour de créatures extraterrestres à l’apparence indescriptible, aux motivations malsaines et hostiles, et dont la simple vue peut plonger un homme dans la folie, cette thématique ayant été reprise ensuite par de nombreux artistes.

Le souci qui pouvait se poser à l’adaptation d’un récit de Lovecraft est celui de la fidélité. Comment retranscrire à l’image une telle horreur ? Comment donner forme à l’indicible ? Certains auteurs comme John Carpenter s’y sont risqués avec un certain succès dans leurs propres travaux (The Thing, principalement), cependant, la gageure demeure pour ce qui est des adaptations littérales.

Concernant La Couleur tombée du ciel, la difficulté résidait justement dans cette couleur inconnue, et impossible à décrire. Gou Tanabe, fort de ses précédentes adaptations de Lovecraft, a géré cette problématique en conservant le noir et blanc propre au manga, rendant ainsi caduque la question chromatique.

Son graphisme reste sage mais joue habilement sur les ombres et lumières pour suggérer l’horreur. A plusieurs reprises, l’auteur semble mettre l’accent sur les réactions des personnages, employant le gros plan pour nous permettre de calquer nos impressions sur celles des protagonistes.

Signalons enfin la beauté du livre en tant que tel, avec sa couverture en imitation de cuir de toute beauté. Une lecture indispensable pour les fans du genre !

****·Comics·Nouveau !·Un auteur...

The shaolin cowboy #1-2

esat-west

Comic de Geoff Darrow
Futuropolis (2020) – Burlyman (2004-2007) – Dark Horse (2015-2018), 2/3 albums parus.

L’histoire éditoriale de cet OBNI est aussi complexe que le dessin de son auteur… Le premier volume de cette édition a été publié chez Burlyman avec une traduction chez Panini en 2008-2009). Le second volume correspond à la suite directe publiée chez Dark Horse (2015). Le troisième volume (à paraître) intitulé « qui arrêtera leur règne? » est également paru chez Dark Horse en 2017. Les éditions reliées des trois volumes sont parues chez Dark Horse (le premier après les deux autres…) et correspondent à cette édition Fututopolis. Le premier volume a été nominé aux Eisner Awards pour la meilleure nouvelle série, meilleur dessinateur, meilleure couleur. Darrow a obtenu un de ses trois Eisner sur ce tome comme meilleur auteur réaliste.

L’édition proposée par Futuro est franchement royale avec de magnifiques volumes au papier épais et du contenu additionnel. Cela aurait été parfait su l’éditeur avait eu la bonne idée d’un texte explicatif au premier volume aidant le suivi sur les trois tomes. On est un peu abandonné dans le cerveau fou de Darrow

couv_396022couv_398462

Le Shaolin cowboy parcourt les terres désertes d’une Amérique réactionnaire, déchue et parsemée de créatures improbables. Sur son mulet à casquette bavard et équipé d’un arsenal improbable, il affronte tout ce que le monde fait de timbrés et de démons… pour sauver sa vie. Et la philosophie on y pensera plus tard…

SNEAK PEEK: Darrow's Original SHAOLIN COWBOY Back in Print | 13th ...Geoff Darrows appartient à une mouvance d’illustrateurs nés au mauvais endroit! Avec les Richard Corben (Grand prix d’Angoulême 2018), Simon Bisley et ses peintures barbares dantesques qui ont influencé notamment Olivier Ledroit, l’italien Liberatore , la mouvance ultra-réaliste trash japonaise, et plus récemment les albums d’Eric Powell il fait partie des auteurs en liberté totale dont l’amitié avec Moebius n’est pas anodine tant son travail semble tout droit sorti du magazine Métal Hurlant. Son nom est sorti du cercle des initié en 1999 lorsque les sœurs Wachowski l’embauchent avec les yeux de Chimène pour mettre en place l’univers visuel et le storyboard des films Matrix. Quand on voit la finesse de son travail on les comprend…

Ce double album (j’y reviens) est un trip sous acide, un mélange entre le artbook déchaîné d’un auteur maniaque, le storyboard détaillé d’un film d’animation qui n’existe pas et une grosse farce sacrément gonflée. Ne cherchez pas de message, de sous-texte ou je ne sais quelle vision! Geoff Darrow utilise son Shaolin Cowboy pour latter du gang dégénéré, du zombie, du requin géant et du cadavre possédé… Vaguement frustrant du fait de la structure totalement apocalyptique du « récit », l’ouvrage est d’une générosité graphique folle car l’auteur ne connaît pas la contrainte. Ainsi le second volume, outre un texte de trois pages relatant des évènements potentiellement précédents et une nouvelle de soixante pages en fin d’ouvrage, reprend le récit au travers d’une sidérante séquence de démontage de zombie sur… cent pages! Cent pages muettes de baston virtuose, le plus long plan séquence de l’histoire du cinéma qui n’en est pas un, bref, quelque chose de jamais vu et qui ne sera certainement jamais refait. Gonflé, d’une précision diabolique, un peu lassant au bout de cinquante pages, mais quelle expérience!

Shaolin Cowboy #01 by Geof Darrow | Fumetti

Si le second volume est donc dispensable hormis pour les fana de Darrow et les collectionneurs, le premier est un délire totalement foutraque qui enchaîne les dialogues absurdes avec des personnages débiles à l’aspect surréaliste avant d’entamer des hostilités où le Shaolin cowboy fait parler sa technicité au combat en découpant des tranches de cou au katana, expulsant un cœur d’un coup de paume ou donc entamant une danse mortelle armé de son bâton à double tronçonneuse… Tout au long de la lecture on est sidéré autant par le grand n’importe quoi permanent que par le détail des Le Shaolin Cowboy T3 : Dans les entrailles de la ville (0), comics ...immenses planches qui nous donnent parfois le sentiment d’être dans un album « Où est Charlie » pour adulte. Car Shaolin Cowboy est pour les âmes solides et les adeptes du mauvais goût (il est étonnant que Fluide Glacial n’ait pas cherché à éditer ces ouvrages tant ils correspondent à l’esprit sale gosse de l’éditeur).

Le sourire aux lèvres et émerveillé à la fin du premier tome on est franchement frustré à la fin du second. Le troisième tome à paraître semble beaucoup plus narratif, proche du pamphlet contre l’Amérique de Trump et fidèle au premier. L’éditeur a choisi une étrange stratégie de publication  en deux fournées (les tomes 1 et 2 puis le trois) avec bien peu de communication qui ne facilitera pas la transmission au public d’une œuvre qui nécessite d’être accompagnée. J’espère avoir un petit peu contribué à cet accompagnement tant l’œuvre de Darrow mérite que l’amateur de BD s’y intéresse et tant on a rarement vu un album aussi généreux. Si vous aimez l’esprit Fluide, si vous aimez les zombies, si vous aimez Tarantino, si vous aimez les Monthy Python… foncez!

note-calvin1note-calvin1note-calvin1note-calvin1

***·Comics·Jeunesse·Nouveau !·Service Presse

Ronin Island #2

Jeunesse

Deuxième tome de 112 pages d’une série écrite par Greg Pak et dessinée par Giannis Milonogiannis. Parution en France le 19/06/2020 aux éditions Kinaye.

Blanche-Neige et les 47 Ronins

badge numeriqueLe premier tome de Ronin Island n’avait pas convaincu le père Blondin, de par une intrigue convenue et des graphismes sans touche particulière. Qu’en est-il de ce second tome ?

Hana et Kenichi ont grandi sur la même île, mais ils ne sont pas du même monde. Dans l’ère féodale du Japon, chacun ne survit que s’il sait rester à sa place, et le système de castes s’assure du respect de ce statu quo. Kenichi, fils d’un samouraï déchu, porte sur ses épaules le poids des traditions et de la gloire perdue de son clan. Hana, quant à elle, rêve d’un avenir meilleur que ce à quoi sa basse extraction semble la promettre.

Toutefois, sur l’île des Ronins, chacun peut faire la démonstration de sa valeur, et c’est ainsi que les deux jeunes gens ont pu suivre l’entraînement du même maître, Ito, qui a fait d’eux des combattants dévoués à la cause commune. L’isolement insulaire de cette petite communauté va cependant être rompu par l’incursion des soldats du Shogun, seigneur local qui envoie ses hommes réquisitionner tout ce qui peut l’être, pour l’aider dans la grande lutte contre les Byonins, démons invincibles qui ont dévasté le pays.

Kenichi, Hana et Ito vont donc être embarqués de force à la rescousse du Shogun, qui va s’avérer n’être qu’un lâche machiavélique et cruel. Nos héros vont donc devoir conspirer, à la manière des 47 Ronins de la légende, dans le but de se débarrasser de l’indigne seigneur et ainsi préserver leur île.

Roninera bien qui Roninera le dernier

Le problème, c’est qu’Hana et Kenichi ont chacun leur idée sur la meilleure façon de protéger les intérêts de l’Île. Parviendront-ils à repousser les Byonins tout en évitant le pire à leur communauté ?

Comme le soulignait Blondin, l’intrigue de Ronin Island promettait quelque chose d’intéressant, pour peu que l’on soit intéressé par les univers nippons et la culture des samouraïs. L’utilisation des créatures-qui-ne-sont-pas-techniquement-des-zombies nous ramène nécessairement aux poncifs liés à ce genre de récits, et à la lecture, on sent bien que Greg Pak, scénariste pourtant confirmé, a du mal à s’en départir.

L’intrigue tient néanmoins debout, même si quelques retournements de situations peuvent donner un sentiment d’inconstance chez les héros. Mais même cet aspect-là peut s’entendre, les héros étant jeunes et dans une situation qui les force à s’adapter sans cesse. A ce stade de l’intrigue, on distingue d’ailleurs assez bien les différences de point de vue entre les deux guerriers, et les causes qui expliquent ces façons de penser différentes.

Les créatures quant à elles, sont un exact miroir de celles que l’on peut trouver dans Green Class, la cause de la transformation étant ici clairement attribuée à un champignon. Les dessins de Giannis Milonogiannis lorgnent résolument, et de façon assez logique, du côté du manga, sans nécessairement taper dans l’appropriation culturelle.

Forte de ses deux tomes, la série Ronin Island reste une lecture agréable, prenante et engageante, dont on a hâte de découvrir la suite notamment grâce à des personnages attachants et en pleine construction.

**·Manga·Numérique·Rapidos

Lecture COVID: Berserk #1

esat-west

Les sources de lectures Covid que j’ai identifié sont les suivantes (vérifier sur les sites la durée de disponibilité variable). Si vous avez un compte Iznéo, les promo sont basculées mais en vrac entre les promo payantes et les véritables gratuits). N’hésitez pas à signaler en commentaire de ce billet des liens intéressants vers d’autres éditeurs!


couv_297286

Manga de Kentaro Miura
Glénat (1996-2019), série en cours (40 volumes)

badge numeriqueBerserk est considéré comme un monument par une bonne partie des lecteurs assidus de manga, un peu comme l’est Elric pour la fantasy en occident… Je vais sans doute me faire conspuer à cette comparaison entre deux univers que je maîtrise et connais très mal mais le parallèle m’est venu assez vite après avoir terminé ce premier tome (et ma lecture de l’adaptation en cours du plus célèbre albinos de la littérature). L’atmosphère glauquissime, les démons visqueux omniprésents et le antihéros violent et désintéressé du sort de ses semblables se retrouvent dans les deux œuvres.

Ce premier tome nous présente donc le héros, dont la caractéristique est d’être doté d’un bras métallique portant une arbalète à répétition et surtout, icône absolue du manga, une épée, que dis-je, un arbre de métal de deux mètres de long sur cinquante centimètres de large qu’il utilise pour découper allègrement tout ce qui se place en travers de sa route… Parti en quête de vengeance (on ne sait pas encore laquelle), il semble invulnérable aux attaques des démons qui parcourent le pays et refuse l’aide d’une petite fée qu’il a délivré des griffes de méchants. On ne s’ennuie pas lors de la lecture de cette introduction, du reste fort mal dessinée (le manga date du milieu des années 90) et très fournie en combats violents et démembrements. L’aura sulfureuse qui entoure ce manga n’y est sans doute pas pour rien dans sa notoriété et je dois dire que cela m’a laissé de marbre, assez peu friand que je suis de la fameuse culture « monstrueuse » qui parsème nombre de mangas et anime. Les dialogues, pas franchement subtiles, sont parsemés d’humour noir et d’un esprit sadique qui fait l’ADN du manga. Par tous ces aspects cette lecture ne m’a pas convaincu (mais il paraît que les dessins s’améliorent grandement par la suite…).

L’apprenti Otaku vient justement de publier un guide de lecture de la série, que je vous conseille vivement si vous souhaitez vous lancer dans cette aventure. Pour ma part, suivant ses conseils, j’irais sans doute jusqu’à la fin des trois tomes d’introduction pour voir si le virus m’aura attrapé…

note-calvin1note-calvin1

Achetez le sur Decitre, librairie en ligne, achat et vente livres

****·Comics·East & West·Guide de lecture·Nouveau !

RUMBLE

esat-west

Rumble est une série écrite par John Arcudi et dessinée par James Harren, éditée aux US chez Image Comics. La série est publiée en France par Glénat, avec un premier tome paru le 13/04/2016, un deuxième tome paru le 28/09/2016, et un troisième tome paru le 29/05/2019.

Urban Fantasy déjantée

Bobby LaRosa est un jeune adulte embourbé dans sa médiocrité. Derrière son bar miteux, il se lamente sur la vacuité de son existence morose auprès de son habitué Cogan, jusqu’à ce qu’un épouvantail vivant débarque armé d’une épée géante pour mutiler le vieil homme, qui s’enfuit, laissant derrière lui une mare de sang et un grand nombre de questions…

Ainsi débute la série Rumble, lancée en 2014 par le prolifique John Arcudi et le talentueux James Harren, reconnus tous deux pour leur passage sur la série B.P.R.D., le premier en étant l’un des architectes.

Face à ce déchainement soudain de violence, Bobby va devoir compter sur l’aide impromptue de son ami Del, et découvrir l’identité et les motivations de cet épouvantail: autrefois un grand guerrier immortel nommé Rathraq, il combattit des millénaires durant contre les Esus, une race de monstres malfaisants vouée à subjuguer les humains primitifs peuplant la Pangée. Après la trêve conclue entre les deux camps, le féroce et dévoué Rathraq avait perdu sa raison d’être, et fut banni, son âme immortelle dépouillée de son cadre charnel. Ce n’est que des millénaires plus tard qu’il s’est échappé de sa prison, déterminé à obtenir sa vengeance.

C’était (pas) sa guerre

Dans Rumble, Bobby, et dans une moindre mesure, le truculent Del, représentent notre ancrage, et se substituent en quelque sorte au lecteur, qui se plonge à travers eux dans cet univers dangereusement fantastique peuplé de monstres bigarrés. Le thème du monde caché, de la mascarade, est encore une fois exploité de telle sorte que nous suivons avec délectation les tourments de nos deux loosers aventureux, alors qu’une guerre antédiluvienne entre monstres et demi-dieux fait irruption dans la ville.

Toutefois, Bobby et Del ne sont pas les seuls à provoquer l’empathie. Le grand Rathraq, qui continue se se battre alors qu’il n’est plus qu’un écho pathétique de l’invincible guerrier qu’il fut, a de quoi nous émouvoir également, sûrement du fait du paradoxe entre sa fragilité physique et la force de son esprit.

James Harren fait ici un travail formidable en incarnant des personnages expressifs au look unique et marquant, des monstres difformes mais possédant chacun leur identité. Les scènes de combat sont dynamique et n’oublient jamais d’être gores à souhait, ce qui colle parfaitement au style du dessinateur, qui avait déjà fait des merveilles sur B.P.R.D. Ses planches décompressées plongent le lecteur dans une ambiance singulièrement glauque tout en maintenant un niveau de qualité constant sur toute la série.

Rumble est un comic indy qui donne à lire une histoire unique sortant des terrains battus du mainstream, à lire bien évidemment !

***·Comics·East & West·Graphismes·Rétro

Hate, chroniques de la haine

La trouvaille+joaquim
Comic d’Adrian Smith,
Glénat (2017) -Top Cow, 249 p. n&b, one-shot.

couv_303869

Adrian Smith est l’un des designers de l’univers Warhammer. Il y a trois ans il proposait aux amateurs de BD de découvrir une odyssée barbare dans la quintessence de la Dark Fantasy que les joueurs de wargames Game Workshop connaissent bien. Libre de toute contrainte il nous narrait l’itinéraire de Ver, insignifiante créature humanoïde, difforme, pourvue de trois jambes, que le destin a placé en possession d’un parchemin capable de libérer la Déesse Nature, emprisonnée par des rois-barbares sanglants… A noter que l’album comprend un cahier final de portraits de guerriers, très poussés… souvent plus que les pages de l’album lui-même…

Il serait abusif de parler de Bande-Dessinée à Hate, l'heroic fantasy sombre et violente d'Adrian Smithpropos de Hate. D’une par car il faut bien l’avouer, le scénario est totalement insignifiant et simple prétexte à dessiner les pérégrinations du très sympathique personnage au sein de landes terrifiantes, de batailles sanglantes et de cavernes putrides. Étonnamment c’est ce petit personnage muet et insignifiant qui est la première réussite du livre! On peut se demander pour quelle raison l’auteur a tout de même voulu placer de-ci de-là quelques bulles agrémentées de borborygmes ou de phrases le plus souvent réduites à un mot. Des récits graphiques totalement dépourvus de texte existent déjà  (genre Saccage ou Tremen) et la page préliminaire résumant l’intrigue se suffit à elle-même, d’un texte bien écrit pour nous mettre dans l’atmosphère sombre et désespérée de ce monde. Pour résumer, le héros doit récupérer plusieurs clés destinées à libérer Gaïa et reconquérir le monde naturel de la pourriture des empires guerriers humains. Frêle et seulement capable de fuir, il affronte des hordes démoniaques et des guerriers chaotiques féroces… bien.HATE - LES CHRONIQUES DE LA HAINE (Adrian Smith) - Glénat Comics ...

Ce que recherche l’auteur c’est nous livrer les visions de son monde noir, dégénéré, fait de perversions corporelles. L’ouvrage aurait pu s’appeler Hell tout aussi bien tant on a rarement été aussi près d’une vision infernale en BD (hormis sans doute le Requiem de Ledroit). Aux férus de Warhammer qui attendent des légions guerrières rangées et leurs champions chevauchant des dragons, on est plus près de l’univers de Brom fait de racines vivantes, de vomissures et de créatures difficilement reconnaissables comme humaines. Cela notamment car Smith adopte une technique toute numérique, travaillant principalement sur les ombres et reflets, qui parfois est difficilement lisible. Adoptant une brosse en peigne, il crée un effet de flou très perturbant lorsqu’on ouvre le livre pour la première fois, en se demandant si l’on n’a pas attrapé une impression ratée. Il faut donc lire le livre en pleine lumière, pas trop près (ça tombe bien, le magnifique tirage de Glénat est grand format et très confortable). Le bénéfice ressort sur certaines planches par l’impression d’une quasi photo, de reflets métalliques qui nous rapprochent… des figurines Warhammer!

Hate - Les chroniques de la haine de Adrian Smith - BDfugue.comLa taille du projet, la pagination énorme, entraîne malheureusement Smith à privilégier certaines pages en laissant d’autres pratiquement à l’état de rough. Cela peut s’entendre par moment mais ici on aurait aimé que l’ouvrage soit plus resserré (le scénario le permettait clairement) pour permettre à Adrian Smith de se concentrer sur plus de beaux tableaux poussés à fond. On débouche ainsi sur les défauts classiques de nombre d’ouvrages de dessinateurs un peu trop gourmands et qui oublient qu’un récit nécessite une narration, qu’elle soit graphique ou textuelle. L’insertion d’une galerie de guerriers à la fin est tout à fait éclairante sur, peut-être, la conscience de l’auteur qu’il n’est pas totalement parvenu à ses fins et qu’il n’est jamais meilleur que sur de l’illustration libre. Il n’en demeure pas moins que le projet est phénoménal et propose une intrusion dans le monde noir de l’auteur et de toute une facette de l’imaginaire collectif. Personnellement je reste plus féru d’artistes qui concluent tels Brom ou Frazetta mais si vous aimez la Dark Fantasy, la lecture de ce pavé vaut le coup.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1

Achetez le sur Decitre, librairie en ligne, achat et vente livres

 

Hate, l'heroic fantasy sombre et violente d'Adrian Smith

Lush & Bloody War In CHRONICLES OF HATE, BOOK 2 Preview - MATURE ...

****·BD·Nouveau !

Green Class #2: L’Alpha

Deuxième tome de 56 planches, dessiné par David Tako, écrit par Jérôme Hamon, paru le 14/02/2020 aux éditions du Lombard.

The Walking Misfits

couv_383029Après la sortie fracassante de Pandémie, Jérôme Hamon et David Tako poursuivent leur série Post-Apo (ou oserais-je dire PostAdo) avec le tonitruant L’Alpha.

Lors d’une sortie éducative en Louisiane, un groupe de jeunes inadaptés canadiens se retrouve piégé dans une zone de quarantaine alors qu’éclate une épidémie mystérieuse. Les ados rebelles iront de charybde en scylla lorsque l’un d’entre eux s’avérera infecté par le virus, qui le métamorphosera inexorablement en une créature hybride, sorte de colosse mi-organique, mi-fongique.

Dans le premier tome, on découvrait avec horreur le danger viral ainsi que ses effets sur les personnes infectées, le tout rythmé par quelques ellipses menant à un final surprenant et bien amené, tandis que ce second tome profite de toutes les possibilités offertes par la conclusion du premier. L’auteur de l’excellente série Nils (Blondin avait émis un avis un peu plus mitigé...) s’engouffre dans la brèche qu’il a ouverte dans le mur de quarantaine, pour élargir son monde, ajoutant des factions antagonistes au milieu desquelles se retrouvent nos héros, qui ne devront leur survie qu’à leur détermination, leur ingéniosité, et, pour certains, à une chance insolente.

Night of the living Groot(s)

Loin du sentiment d’urgence qui régnait dans le premier épisode, l’auteur donne grâce à ce deuxième tome une ambiance de monde nouveau, crépusculaire, incertain et violent, dans lequel tous ceux qui ont survécu sont en sursis. Les infectés sont désormais arrivés à maturité pour la plupart, créant une nouvelle espèce qui entend bien se faire une place dans l’écosystème déjà précaire de la planète.

Alors que nos héros courent après leurs amis disparus, ils ne peuvent que supposer le sort du reste du monde, tandis que partout, s’affrontent ceux qui traquent les infectés et ceux qui leur portent un intérêt scientifique teinté de religieux. Noah, le benjamin du groupe d’adolescents désormais totalement transfiguré par le virus, va se retrouver au centre de toutes les attentions, attirant la convoitise des uns et la haine des autres. Nos djeuns survivants parviendront-ils à le sauver sans y laisser leur peau ?

On embarque aisément avec les héros Lucas, Naïa, Sato, et les autres, dans cette aventure effrénée dont les mystères s’épaississent au fur et à mesure de l’album. Un bémol se dégage cependant quant à certaines parties des dialogues, qui manquent parfois de punch tout en se voulant refléter le langage adolescent. Rien de rédhibitoire malgré tout, cela relève davantage des sensibilités personnelles.

Les dessins et le découpage dynamiques de David Tako rendent l’ensemble très attractif, car on sent que l’artiste a gagné en maîtrise depuis Pandémie. Les postures et mouvements des personnages m’ont paru plus ciselés, il y a même des scènes de poursuites franchement impressionnantes.

Green Class, l’Alpha confirme fermement la qualité de la série, à lire absolument !

***·Comics·East & West

October Faction #1

Comic de Steve Niles et Damien Worm
Delcourt (2019) – IDW (2014-…), épisodes 1-6, série en cours, 18 issues parues aux USA et deux séries dérivées.

Portrait de famille

couv_378763Bien souvent, les relations que l’individu entretient au sein de sa famille constituent plus tard le ciment de sa personnalité, et peuvent, également, conditionner certains de ses choix. Les familles fictionnelles ne font bien évidemment pas exception, y compris les familles badass qui chassent des monstres.

Autrefois, Fredrick Allan était un redoutable chasseur de monstres. Rompu à la traque des créatures surnaturelles et exceptionnellement érudit en sciences occultes, il a finalement décidé de se ranger pour mener une vie plus ou moins normale, au grand désarroi de son épouse Deloris, à qui le frisson de la chasse manque terriblement, et de ses enfants Geoff et Vivian, qui ne rêvent que de reprendre l’activité familiale. Fredrick va bien entendu être ramené dans le feu de l’action par des affaires qu’il pensait (littéralement) enterrées.

Les monstres sont parmi nous

Steve Niles, l’auteur de l’incontournable 30 jours de nuit, s’amuse dans October Faction à faire état des liens dysfonctionnels qui unissent les membres d’une famille hors du commun, comme on peut aussi s’en délecter dans Les Indestructibles ou La Famille Adams.

Pas de doute, le scénariste maîtrise bien les codes du genre, et n’hésite pas à employer vampires et loups-garous lors des flash-backs nous donnant un aperçu du glorieux passé du couple Allan. Côté horrifique, je trouve cependant dommage que l’on reste cantonnés à ces créatures, déjà croisées à l’envie dans ce type d’histoire, plutôt que d’explorer des folklores un peu moins exploités, comme dans les univers de Mignola, par exemple.

L’intrigue reste toutefois prenante, car il est difficile de ne pas s’attacher aux membres de cette famille étrange malgré leurs activités morbides. Les liens se renouent au cœur du danger, l’amour refleurit par-dessus les tâches de sang, c’est tout ce que l’on s’attend à lire en voyant la couverture d’October Faction, qui emprunte autant à la Famille Adams qu’aux Winchester de la série Supernatural.

Côté graphique, le travail de l’espagnol Damien Worm fait penser à la fois aux ambiances de Ben Templesmith, qui officiait déjà avec Niles sur 30 jours de nuit, mais aussi à Clayton Crain, qui s’est déjà surpassé sur des ambiances glauques et horrifiques auparavant.

Amateurs de monstres, de frissons, d’épouvante et de cohésion familiale retrouvée, il ne vous reste plus qu’à vous plonger dans cette BD sombre avant d’éprouver vos nerfs sur l’adaptation qu’en a fait Netflix© !

****·BD·Nouveau !

Les Sauroctones #1

Premier tome de 230 pages écrit et dessiné par Erwann Surcouf, paru le 31/01/2020 aux éditions Dargaud.

La figure du Sauroctone, littéralement « tueur de lézards« , est très ancienne puisqu’on en retrouve les premières traces au Paléolithique Supérieur. Il s’agit d’un héros venant à bout d’un dragon, ou de toute autre créature malfaisante représentant généralement les forces naturelles destructrices, et le Mal.

Depuis, beaucoup de mythes se sont rattachés à ce type de récit, d’Hercules terrassant l’Hydre de Lerne à Saint-Georges mettant à bas le Dragon. Quoi de plus logique alors, dans un monde post-apocalyptique ravagé par des monstres, que de puiser dans les récits fondateurs des anciennes civilisations pour convoquer de nouveau ces héros d’un autre temps ?

C’est l’exercice auquel s’adonne avec panache Erwann Surcouf dans le premier tome des Sauroctones !

Tératomachie déjantée

Erwann Surcouf, que l’on peut connaître grâce à Mars Horizon ou Pouvoirpoint, crée ici un monde nouveau qui peine à se reconstruire sur les ruines de l’ancien. Les survivants, regroupés en communautés, luttent quotidiennement contre des créatures qui infestent les contrées désolées, décimant bien souvent les rangs de ceux qui osent leur faire face. Au travers de ces carnages, un héros tire son épingle du jeu: Axel Excel, le plus célèbre des sauroctones, tueur émérite de nombreux monstres.

Axel Excel voyage avec sa troupe d’élite, à la recherche du plus redoutable des monstres: le Tamarro, colosse insectoïde invincible, qu’il s’acharne à traquer, tel le Capitaine Achab poursuivant de façon obsessionnelle son ennemi juré Moby Dick. Il est guidé dans la région par Lander, Fadet et Urtsi, trois ados aspirant eux aussi à la chasse aux monstres aux cotés de leur idole.

Au gré des rencontres, va donc se dérouler une quête initiatique, dans ce monde à la fois violent, ironique, et ultra-référencé.

The Walking Tremors

L’auteur prend ici le parti de mettre tous ses personnages de départ sur la sellette, car ceux que l’on considère comme des protagonistes peuvent passer l’arme à gauche à tout moment, généralement pas de façon délicate. C’est ici une force, qui, comme dans le célèbre (et regretté, désormais) comic The Walking Dead , cela vient nous rappeler le monde cruel et impitoyable dans lequel évoluent les personnages.

Les créatures, sans avoir de design particulier, restent menaçantes pour la plupart sans toutefois constituer la seule source d’antagonisme. En effet, et comme le veulent les nouvelles normes narratives instaurées par les piliers du genre post-apo, la plus grande source de danger n’est pas le zombie/scolopendre mutant auquel on s’attendrait, mais plutôt le proverbial Loup que l’Homme est pour son prochain….

Le monde qu’a construit Erwann Surcouf pour son album comprend de nombreuses références à la pop-culture, insérées ingénieusement et de façon diégétique, puisqu’elles en sont partie intégrante. On citait plus haut Moby Dick et The Walking Dead, et l’on pourrait aisément ajouter des séries B comme Tremors et même les comics avec les X-Men, et même le légendaire Kamandi de Jack Kirby.

En effet, comme dans ce classique du King des comics, les héros évoluent dans les vestiges d’un monde qui s’est auto-détruit, et dont le souvenir échappe même aux plus anciens, ce qui mène à des interprétations approximatives de ce qu’était tel objet ou tel bâtiment. Ainsi, certains passages, comme celui au sein de la Tribu de Lelolenn, m’ont clairement fait penser au phénomène du Culte du Cargo, pratiqué par certains peuples d’Océanie.

Les Sauroctones d’Erwann Surcouf nous plonge donc dans un univers original tout en étant construit sur des références solides, une très bonne lecture en ce début d’année !

***·BD·Nouveau !·Service Presse

Les Dominants #1: la grande souche

La Grande Souche, premier tome de 54 planches d’une série écrite par Sylvain Runberg, dessinée par Marcial Toledano, paru le 08/01/2020 aux éditions Glénat.

 

Merci aux éditions Glénat pour cette découverte.

 

L’ouvrage est très classieux, avec une belle maquette, un design de titre travaillé, un pitch de quatrième de couverture efficace et une couverture très attirante (et pas trompeuse!). L’album comprend huit pages de bonus, recherches de personnages, storyboard et texte journalistique agrémenté de descriptions des Dominants. On n’apprend rien de plus que dans l’album (dommage) mais ça reste toujours très agréable. Le travail éditorial des auteurs et de l’éditeur sont de ceux qui mettent dans d’excellentes conditions et atténuent l’impression de classicisme qui ressort de ce premier volume.

The end is here

Il y aura toujours différentes façons d’envisager la fin de notre monde. Les récits eschatologiques divers nous renseignent tous sur la façon dont notre réalité tirera sa révérence, à grands renforts de cataclysmes cosmiques et de tables rases divines, sur fonds de Jugement Dernier purificateurs.

Et si la fin n’était pas aussi tonitruante que ce que l’on s’imagine ? Et si notre civilisation, note engeance humaine, s’éteignait sans bruit, dans le mutisme plat d’un univers indifférent ? Que se passerait-il si cette hécatombe silencieuse était scrutée par des êtres Résultat de recherche d'images pour "toledano dominants"inconcevables arpentant la Terre pour témoigner de notre chute ?

C’est l’intrigante prémisse choisie par Sylvain Runberg et Marcial Toledano pour l’entrée en matière de leur nouvelle série, Les Dominants.

Ce que beaucoup craignaient est arrivé: un mal d’origine inconnue, nommé « la Grande Souche« , a fait son apparition en 2020. En l’absence de remède efficace, l’épidémie s’est répandue au-delà de toutes les prévisions, pour finir en une pandémie qui a ravagé les populations de par le monde.

Les conséquences furent sévères: des milliards de morts, ce qui a précipité la chute du monde tel que nous le connaissions. Parmi les ruines, errent les survivants, qui ont du de surcroît faire face un nouveau problème: des organismes extra-terrestres, débarqués en masse après la pandémie, évoluent sur Terre, toisant de façon insondable une Humanité déclinante qui, face à ces bouleversements, se divisent en trois grandes catégories. Les Résistants sont ceux qui ont choisi de se battre contre ces envahisseurs muets, certains de leurs intentions néfastes, et déterminés à reprendre le contrôle de leur planète. Les Croyants sont quant à eux mus par une ferveur religieuse à l’endroit de ces créatures, considérés comme de nouvelles divinités à qui il faut vouer un culte. Résultat de recherche d'images pour "les dominants toledano"Enfin, on trouve les Survivants, pour qui seule compte la perspective d’un jour de plus passé en vie.

Au sein de ce monde à la fois nouveau et au bord de l’agonie, Andrew Kennedy fait ce qu’il peut pour tirer son épingle du jeu. Écumant les musées à la recherche d’œuvres d’art lui rappelant sa famille perdue, il vit au jour le jour en aidant une communauté de survivants, sorte de famille de fortune réunie autour de quelques terres cultivables. Cependant, s’il est possible de composer avec les mystérieux envahisseurs, certains groupes d’humains optent pour une approche plus radicale de la survie…

 

La Gigantomachie n’aura pas lieu

 

Les Dominants est une énième entrée dans le genre désormais pléthorique du Post-Apocalyptique. Seulement, cette série, en jouant sur ses codes, parvient à créer l’intérêt dès les premières pages en cultivant le mystère, notamment autour du bestiaire original crée par le scénariste.

En effet, les fameux Dominants, que ce soit par leur stature, leurs formes relevant parfois de l’étrange, voire de l’indicible, ou leurs indéchiffrables motivations, captent immédiatement l’intérêt du lecteur: d’où viennent-ils ? pourquoi la Terre ? quel lien avec l’épidémie ? Autant de questions qui vont certainement nous tenir en haleine tout au long de la série. L’insertion en début et fin d’album des chroniques d’une journaliste avant et après la pandémie permet de perturber notre chronologie des évènements. C’est bien vu même si cela rend du coup certaines explications des personnages redondantes. On se demande si ce texte n’est pas le projet envoyé à l’éditeur et il aurait peut-être été préférable de l’insérer en bonus final.

Certaines créatures m’ont rappelé les fameux Ogdru Hem de l’univers Hellboy et du B.P.R.D., notamment de par leur design empruntant à la fois à l’insectoïde et au crustacéen.

Là où Les Dominants reste classique en revanche, c’est dans les luttes claniques qui agitent les survivants. En effet, comparés à certains individus violents et/ou fanatiques, les aliens s’apparentent davantage à une nuisance, ou à des forces semi-naturelles avec lesquelles il faut composer. Car c’est bien connu, et suffisamment ressassé dans les œuvres de fiction, lorsque tombent les carcans légaux et les structures étatiques, l’Homme laisse libre cours à ses pulsions basiques quitte à se retourner contre les siens (Hobbes avait raison, vive le Léviathan !), tout en cherchant à instaurer un semblant d’ordre par la force.

Résultat de recherche d'images pour "les dominants toledano"

Sylvain Runberg, à l’instar d’un Kirkman au travers du personnage de Negan, illustre ce propos grâce à la caste des Résistants, qui tyrannisent tout le monde au nom d’un intérêt commun qu’ils sont les seuls à concevoir. On retrouve également la thématique de la très bonne série du duo Toulhoat/Brugeas Chaos Team où l’irruption extra-terrestre est surtout là pour rebattre les cartes de l’équilibre socio-politique mondial.

Le rythme du récit est très justement dosé (bien que d’un didactisme un peu appuyé), l’exposition que représente ce premier album distillant adéquatement les informations essentielles tout en cheminant progressivement vers un cliffhanger très bien amené, et dont la teneur m’a immédiatement rappelé Y, Le Dernier Homme.

Sylvain Runberg et Marcial Toledano nous offrent le début d’une série très prometteuse, au pitch inventif et à l’exécution accrocheuse, dont on attend la suite !

Billet écrit à quatre mains par Dahaka et Blondin