***·Comics·East & West·Nouveau !

Year Zero #1

esat-west

Album de 110 pages comprenant les cinq volumes de la mini-série Year Zero, écrite par Benjamin Percy et dessinée par Ramon Rosanas. Parution en France chez Panini Comics le 17/03/2021.

Dur, dur d’être un zombie

En cette période pour le moins singulière où chacun de nous est un survivant, Panini Comics a jugé opportun de lancer deux nouveaux albums sur le thème de la pandémie. Cet argument de vente, certes opportun, d’en comporte pas moins des promesses de frissons, et, pourquoi pas après tout, de bonnes lectures.

Dans ce Year Zero, nous allons suivre les mésaventures d’un certain nombre de protagonistes, répartis dans le monde et ayant chacun leur manière d’affronter cette fin du monde.

Sara Lemons est en mission dans le cercle polaire, afin d’étudier les couches glaciaires. Elle espère y trouver un remède aux maux qui agitent notre siècle, qu’ils soient climatiques, énergétiques, sociétaux ou médicaux.

A Mexico, Daniel Martinez, jeune orphelin des rues, fait ce qu’il peut pour survivre et échapper aux cartels qui ont tué sa mère, convaincu qu’il survit par la grâce divine.

Saga Watanabe, lui, tue des gens pour vivre, principalement à Tokyo. Il exécute un dernier contrat censé lui offrir une porte de sortie, une retraite bien méritée avec l’amour de sa vie.

Fatemah Shah, quant à elle, vit en Afghanistan, où elle sert d’interprète et d’informatrice aux soldats américains.

B.J. Hool, enfin, est un américain moyen, un survivaliste nihiliste qui a passé sa vie à se préparer à ce genre d’événement.

Comment ces gens très différents vont-ils réagir lorsque les morts vont se relever, victimes d’un pathogène qui en fait des zombies anthropophages ? La réponse est simple: plutôt mal. Mais ça n’empêchera aucun d’eux de poursuivre ses objectifs ou de s’en trouver de nouveaux, car la vie, au contraire de la mort, n’a rien de permanent et évolue sans cesse.

Vaut mieux vivre avec des vrais morts qu’avec des regrets

Il apparaît assez vite après le premier chapitre que ces protagonistes ne sont pas destinés à se rencontrer. Oublions-donc tout de suite la perspective d’un récit choral ou de survie à la Walking Dead. Chacun des protagonistes possède sa propre ligne narrative, qui ne croise à aucun moment celle des autres, excepté celle de Sara Lemons, qui se déroule un an avant la pandémie, et qui influe donc sur le reste.

Les sauts et ellipses entre les différents personnages dynamise le rythme du récit mais donne également une sensation de survol, l’auteur se concentrant sur l’essentiel de sa narration sans étoffer davantage certains points qui auraient mérité de l’être.

Year zero - BDfugue.com

Le point de vue interne des protagonistes reste tout de même très intéressant, chacun d’entre eux ayant des croyances et un vécu qui définissent leur vision du monde, et nécessairement, leur réaction face l’apocalypse zombie. Saga Watanabe et Daniel Martinez recherchent la vengeance, tandis que Fatemah cherche l’émancipation et la rédemption. BJ Hool quant à lui, a vécu isolé toute sa vie et ne découvre que maintenant l’intérêt de créer du lien avec une autre personne.

Le parcours de Sara, qui sert de préquel, a des relents de The Thing (la base polaire, une créature sortie de la glace) mais n’exploite malheureusement pas le vivier horrifique que recèle cette prémisse, du fait des ellipses et du peu de temps consacré à cette partie. Le reste des trames individuelles est ô combien classique, hormis sans doute celle du nerd survivaliste qui tombe amoureux, qui comporte son lot d’ironie et d’humour grinçant.

Year Zero vous sera sans aucun doute un peu survendu par Panini Comics en raison du contexte pandémique, mais pas d’affolement: nous ne sommes pas en présence d’un incontournable du récit de zombies, même si l’exécution reste bonne et agréable à suivre. A priori, un deuxième volume est sorti aux US et ne devrait pas tarder à traîner des pieds jusqu’ici pour tous nous dévorer.

****·BD·Nouveau !·Service Presse

Poussière #3

La BD!

Troisième tome de 86 pages d’une série écrite et dessinée par Geoffroy Monde. Parution le 27/01/2021 aux éditions Delcourt.

bsic journalism

Merci aux éditions Delcourt pour leur confiance.

Attack of the Fifty-Foot Whatever

Mettez-y une femme revancharde, des titans anthropophages, des kaijus ou des cyclopes, dès qu’il s’agit de gigantisme, mon œil de lecteur est immédiatement attiré. 

Poussière nous raconte l’histoire d’une jeune guerrière éponyme, qui affronte depuis quelques années d’énigmatiques cyclopes, qui ravagent inlassablement sa planète, Alta, dont l’écosystème est régi par ce que l’on nomme l’Essence. Jusqu’ici pacifiques, les cyclopes sont devenus comme fous et se sont mis à piétiner tout ce qui se trouvait sur leur passage, provoquant une hécatombe et une série de cataclysmes écologiques dont Obel, le royaume dominant sur Alta, peine à se remettre. 

Pourtant, il est possible pour les guerriers d’Obel de lutter contre ces créatures, au prix de lourds sacrifices, qui paraissent vains tant la marche des géants est inexorable. En effet, les cyclopes font partie intégrante de l’écosystème et sont renvoyés à l’Essence après chaque défaite, pour mieux revenir ensuite, plus forts que jamais. 

D’après les rumeurs, cette lutte perpétuelle a commencé lorsque est apparu un certain Homme Noir dans les rues de la capitale d’Alta. Silhouette indéchiffrable, l’Homme Noir est apparu plusieurs fois de façon apparemment aléatoire, entraînant dans son sillage les terrifiants cyclopes. C’est donc à lui que l’on impute la catastrophe, sans savoir d’où vient cet homme ni pourquoi il agit ainsi. 

Entre deux attaques de cyclopes, Poussière veille sur son frère Pan et sa sœur Ayame, qui disposent de capacité les mettant en lien direct avec l’Essence. Et si tous ces événements étaient liés ? Quels secrets dissimule le gouvernement d’Obel à ses sujets terrifiés ? 

Gaïa’s Revenge

Les deux premiers tomes, sortis respectivement en 2018 et 2019, livrent les premières clefs du mystère grâce à quelques révélations choc: Suite à un accident de laboratoire, Alta a subi un échange de matière avec une planète nommée la Terre, qui est une jumelle d’Alta située dans une autre dimension. Ces transferts ont perturbé l’Essence, si bien que les conséquences des outrages des humains envers la nature ne se répercutent plus sur Terre mais bel et bien sur Alta. L’Homme Noir n’est lui aussi qu’un accident, un dommage collatéral qui a obtenu la faculté de passer furtivement d’un monde à l’autre. 

A l’issue du tome 2, des enfants d’Alta, incluant Ayame, capables de contrôler les cyclopes, furent envoyés sur Terre pour mener une expédition punitive et détruire l’Humanité, tandis que Poussière se retrouvait elle aussi piégée sur Terre. 

Nous voici donc à la conclusion de l’odyssée dimensionnelle de Geoffroy Monde, qui avait apporté un point de vue innovant et atypique pour une série  de SF. Les thématiques abordées, à savoir la revanche de la nature et le voyages dimensionnels, ne sont pas inédites mais traitées avec révérence et habileté, grâce à une alternance des points de vue entre Terre et Alta. Le discours écologique est donc tout à fait de mise, l’auteur s’amusant ici à la mettre en abîme puisque l’Humanité est ici jugée par sa jumelle Altienne qui subit injustement les conséquences de nos actions. 

Poussière tome 3 - BDfugue.com

Il convient également d’imputer à l’auteur un travail sérieux sur la construction de son monde fictif, exercice périlleux s’il en est qui est ici réussit haut-la-main. Les concepts philosophiques et religieux qui sous-tendent le monde d’Alta sont riches mais aussi complexes, ce qui pourrait perdre en route le lecteur tant il est parfois nécessaire de raccrocher les wagons avec les tomes précédents. 

Pour sa conclusion, on peut dire que Geoffroy Monde ouvre les vannes et va au bout de sa thématique, même si cela peut paraître abrupt. 

Poussière est donc une trilogie SF qui vaut le détour, tant sur le plan graphique que scénaristique, ce grâce à des influences évidentes mais qui n’en sont pas moins maîtrisées. 

***·BD·Nouveau !·Service Presse

Carthago #12: Albinos

La BD!

Douzième tome de 59 pages de la série Carthago, écrite par Christophe Bec et dessinée par Ennio Buffi. Parution le 03/02/2021 chez les Humanos.

bsic journalism

Merci aux Humanos pour leur confiance.

Les Dents de l’Amère

Suite et fin du diptyque consacré au personnage de Kaine, hybride d’humain et de triton dont l’existence avait été prouvée dans les précédents cycles de la série. Kaine, du fait de ses particularités physiques, ne passe jamais inaperçu dans les endroits où il passe. Rejeté par certains et traqué par d’autres, Kaine mène une vie de paria et de fugitif. Tombé entre les griffes de Wolfgang Fiersinger, le Centenaire des Carpates, le jeune hybride a subi la curiosité déshumanisante du collectionneur jusqu’à sa fuite. Poursuivi de toutes parts, Kaine avait fini par tomber à nouveau en captivité, exposé telle une bête de foire par des malfrats indonésiens (tout prend son sens dans le contexte).

Mon ami le Meg

Chez un être né de l’union de la Terre et de la Mer, la liberté est un appel inévitable. Aussi Kane s’échappe-t-il encore une fois pour retrouver les étendues aquatiques. Il apprend alors que les ports sont en ébullition suite à une série d’attaques commises par ce qui s’apparenterait à un Mégalodon, créature antédiluvienne, prédateur le plus féroce à avoir jamais parcouru les océans réapparu mystérieusement.

Le jeune hybride n’est pas qu’un bon nageur: son héritage de triton l’affuble d’une sensibilité particulière et d’un lien mystérieux avec les animaux aquatiques. Kane le sent: le Mégalodon Albinos traqué par tous les chasseurs de requin en mal de reconnaissance court paradoxalement un grand danger. Il s’embarque donc dans une course contre la montre afin de sauver ce trésor de la Nature.

Christophe Bec poursuit son exploration des origines de l’un de ses personnages principaux. Dans ce préquel, on retrouve les incontournables piliers de la série, London Donovan, Fiersinger et l’Albinos. Néanmoins, c’est bien Kane qui demeure au centre de l’intrigue, lui et son lien privilégié avec l’océan. Les scènes d’action puisent dans les parangons du genre et offrent quelques moments bien rythmés. La qualité du dessin d’Ennio Buffi est désormais notoire et participe en grande partie à l’attrait de l’album. Ce douzième tome raccroche les wagons avec l’intrigue principale tout en révélant les origines d’une protagoniste.

***·BD·Nouveau !·Service Presse

Démonistes #1: Vlad

La BD!

Premier tome de 48 planches du diptyque écrit par Olivier Gay et dessiné par GeyseR. Parution le 03/02/2021 aux éditions Drakoo.

bsic journalism

Merci éditions Drakoo pour leur confiance.

Dessine-moi un démon

Autrefois, la Terre était habitée par des démons. Exilé mystérieusement vers un autre plan d’existence, ils ont néanmoins laissé suffisamment d’indices derrières eux pour permettre à certains mages de les invoquer et les lier afin de les mettre à leur service.

Ces mages, nommés démonistes, étudient leur art dans une prestigieuse académie de Surin, qui leur enseigne l’invocation et le contrôle de ces puissantes créatures interdimensionnelles. Le réel problème survient lorsqu’une faille spontanée apparaît, menaçant de libérer des démons libres de toute contrainte humaine.

Face à l’échec des meilleurs démonistes disponibles, le Roi fait mander Vlad, pointure dans le domaine. Tout irait pour le mieux si Vlad n’avait pas disparu il y a vingt ans. Le monarque dépassé envoie donc une délégation chercher le démoniste boudeur avant qu’il ne soit trop tard. Tillie, démoniste de quelque renom et amour de jeunesse de Vlad, est aussi de la partie, tant l’enjeu est grand.

Démons et merveilles

Comme si la situation n’était pas déjà assez délicate, voilà que nos émissaires découvrent que Vlad, depuis plusieurs années maintenant, est plongé dans un profond coma, protégé par le démon Hepsar, qui prend son devoir de protection très à cœur. Toutefois, rien dans le règlement n’interdit Tillie de prendre le corps de Vlad avec elle. La démoniste virtuose prend donc le chemin du retour avec pour compagnie, un soldat couard, son ex-amant endormi, et le démon. Ce petit périple servira à éclairer le passé des deux mages, mais aussi le lien qui existe entre leurs amours contrariés et la faille qui menace le royaume.

Que dire de cette nouvelle entrée du catalogue Drakoo ? Narrativement parlant, la qualité est au rendez-vous. Olivier Gay maîtrise indéniablement son art, son expérience littéraire est ici un atout franc pour la mise en scène et le développement de l’univers. Connu pour sa saga littéraire Les Épées de Glace, Olivier Gay est aussi un auteur rompu aux travaux sous licence, ce qui tend à transparaître dans cet album. En effet, derrière chaque effet, chaque vanne, on sent l’ombre d’Arleston, qui, en bon chaperon, a sur modeler la ligne éditoriale de Drakoo à son image.

Ainsi, malgré le plaisir que l’on a à parcourir l’album, au gré des flash-back et des combats de démons, la trame n’en reste pas moins hantée par le spectre arlestonien. Le créateur de Lanfeust s’ingénie-t-il à attirer dans son giron uniquement des auteurs avec lesquels il sait avoir des atomes crochus, ou bien les drive-t-il pour qu’ils correspondent à son image et à son style ?

La question mérite d’être posée, et la réponse est susceptible de déterminer si Drakoo est bel et bien une jeune maison d’édition dynamique, capable d’oser des nouveautés, ou simplement un égo trip d’Arleston.

Démonistes est pour autant un bon album, drôle et intelligemment rythmé. Il reste maintenant à savoir si Olivier Gay saura, sur ses prochains albums, se détacher de la figure tutélaire qu’Arleston semble attaché à devenir.

***·BD·Nouveau !·Service Presse

Sirènes & Vikings #3: La Sorcière des mers du Sud

Troisième tome de 52 pages de la série créée par Gihef, avec Livia Pastore au dessin. Parution le 06/01/2021 aux éditions des Humanoïdes Associés.

bsic journalism

Merci auxHumanos pour leur confiance.

Triton et Juliette

Après deux tomes axés sur le conflit entre les norrois et les créatures aquatiques, voici venir un troisième tome centré davantage sur le royaume du peuple des mers. Blodughadda, l’une des neuf filles du roi Aegir, coule des jours insouciants, qu’elle occupe essentiellement à jouer des tours à ses sœurs. Un beau jour, sa mère lui confie la garde de Gildwin, un singulier triton affublé d’une marque runique identique à celle de la jeune sirène.

Initialement réticente, Blodughadda va peu à peu ressentir une connexion spéciale avec le triton, malgré le caractère prohibé de leur relation. En effet, les lois sous-marines édictées par Aegir interdisent les liens entre sirènes et tritons, confinant ces derniers aux grottes sous-marines dans lesquelles ils n’ont d’autre choix que de s’adonner à leurs bas instincts.

Gildwin, fort de son signe distinctif, développe bien vite des dons pour la magie, ce qui l’amène inexorablement vers une voix qui l’appelle dans les abysses, une voix liée au secret de ses origines…

Ariel la petite sorcière

Ce troisième tome vient apporter une rupture de rythme salutaire, après deux tomes mettant les sirènes face aux vikings. Ici, l’on en apprend davantage sur le folklore des sirènes, leurs coutumes et le rôle des tritons dans la hiérarchie sous-marine. Les guerriers du Nord, quant à eux, sont relégués au second plan, ce qui permet à la série de reprendre son souffle, certainement pour un retour en fanfare au prochain tome.

Gihef met donc à profit la trame classique des « star-crossed lovers » (amants maudits en français) pour explorer plus avant son univers, insufflant dans ce tome une réflexion quant aux traditions et archaïsmes inhérents à une société de castes.

Sirenes et Vikings maintient donc sa qualité, tant sur le plan narratif que sur le plan graphique !

*****·Manga·Nouveau !

L’attaque des Titans #31 et #32

Deux tomes récents de la série japonaise créée par Hajime Isayama. Parution le 19/08/2020 et le 25/11/2020 aux éditions Pika.

Dans la gueule des géants

Etant donné son phénoménal succès, il est assez peu probable que vous soyez passés à côté du phénomène Shingeki no Kyojin. Néanmoins, dans un souci de clarté, revenons si vous le voulez bien sur les bases de ce manga désormais culte, qui est sur le point d’atteindre sa conclusion. L’attaque des Titans, de quoi ça parle ?

Les Titans sont une mystérieuse race de géants humanoïdes, dont il est dit qu’ils ont exterminé l’Humanité il y a un siècle. Invincibles mais mus seulement par l’instinct, ces derniers ont poussé les survivants à se retrancher derrière trois grands murs concentriques, censés les protéger des invasions de ces inexorables prédateurs anthropophages.

[SPOILER]

Le statu quo bascule lorsqu’un jour, un titan dont la stature dépasse celle des murs surgit, et perce une brèche qui cause le chaos. Eren Jager, jeune garçon têtu mais encore insouciant, voit sa mère dévorée par un titan, à qui il vouera ensuite une haine féroce.

Des années plus tard, Eren, suivi de près par ses amis d’enfance Mikasa et Armin, devient membre des bataillons spécialisés dans la lutte contre les Titans. Ce que le jeune homme ignore, mais ne tardera pas à découvrir de manière assez sanglante, c’est qu’il peut lui même se transformer, quasiment à volonté, en un féroce titan, tout en conservant (plus ou moins) son intelligence humaine. D’abord pris pour cible, Eren devient ensuite un élément crucial dans la reconquête des murs, grâce à ce pouvoir qui lui donne l’avantage sur les autres titans.

Toi et quelle armée ?

Cependant, d’autres titans spéciaux ne tardent pas à faire leur apparition, comme un titan féminin, le colossal qui détruisit les murs, et même un titan pourvu d’une solide cuirasse, tous semblant avoir un dessein centré autour de la capture d’Eren. Tout ceci prendra sens lorsque la vérité, enfouie dans le laboratoire du père d’Eren, sera révélée: les habitants des Murs ne sont pas seulement attaqués par les Titans, ils sont les Titans. En effet, tous appartiennent aux eldiens, le peuple d’Ymir, le premier Titan, qui légua à sa mort le pouvoir des Neufs Titans primordiaux à son peuple, qui l’utilisa pour conquérir le monde.

Lassé de ce bain de sang, l’un des rois eldiens décida de se retirer avec son peuple sur l’île du Paradis, laissant l’empire rival, Mahr, renaître de ses cendres. De nombreux eldiens demeurèrent sur le continent et subirent le joug de Mahr, persuadés de devoir expier les crimes de leurs ancêtres. Utilisant à leur tour le pouvoir des Titans par le biais de leurs esclaves eldiens, les Mahrs se mirent en tête de prendre leur revanche, en s’emparant du pouvoir du Titan Originel, qui était détenu non plus par la famille royale eldienne, mais par… Eren.

Le pouvoir absolu corrompt absolument, le pouvoir titanesque corrompt…titanesquement ?

Suite à une habile ellipse temporelle, nous retrouvons Eren, quatre ans après ces fracassantes révélations. Infiltré chez les Mahrs, Eren observe ses véritables ennemis et prépare sa prochaine action, toujours guidé par son désir de vengeance. Convaincu de la justesse de sa cause, Eren profite d’une manifestation durant laquelle les dirigeants Mahrs déclarent la guerre totale aux eldiens, pour commettre un massacre, tant chez les militaires que chez les civils. Cet acte charnière marque un point de non retour chez notre protagoniste, qui passe donc dans la catégorie des anti-héros.

Peu de temps après, il dévoile son véritable plan, conçu grâce à une information cachée: maîtriser le pouvoir du Titan Originel pour libérer les Titans colossaux qui servirent à ériger les Murs de l’Île du Paradis, et les lancers à l’assaut du monde entier, provoquant ainsi le Grand Terrassement. Ainsi, Eren est allé au bout de sa logique, faire table rase du passé pour mettre fin au cycle de haine et de guerre qui lie les eldiens au reste du monde.

Nous arrivons donc bientôt, avec ces tomes 31 et 32, à la conclusion épique de la saga conçue par Hajime Isayama. Outre le fascinant worldbuilding basé sur différentes mythologies (notamment nordique et grecque), l’auteur impressionne par la qualité et la cohérence thématique de son intrigue. Loin des clichés manichéens, le mangaka utilise un arc narratif négatif pour son protagoniste Eren, ce qui lui permet d’apporter un propos nuancé et une morale relativiste dignes d’un grand seinen. Dans l’Attaque des Titans, aucun personnage n’est foncièrement bon ni mauvais, mais tous tentent de survivre ou agir au mieux en remplissant le rôle qui leur est dévoué. Par opposition à Eren, qui débute en protagoniste naïf pour finir en monstre génocidaire, on trouve le personnage de Reiner Braun, le Titan Cuirassé, qui devient notoire par sa duplicité et sa traîtrise pour ensuite attirer la sympathie du lecteur lorsque l’on en apprend davantage sur ses motivations.

Il va lui falloir un bon ostéo.

Sur le plan macro-narratif, les intentions de l’un ou l’autre des belligérants n’ont rien d’étranger à ce que l’on a pu voir dans notre monde. Comment en vouloir à Mahr de se méfier des eldiens et de les voir comme une menace potentielle ? Et en même temps, comment les excuser d’avoir parqué des eldiens pour en faire de la chair à canon ? Même chose pour Eldia, qui utilisa le pouvoir des Titans comme une arme dirigée contre le monde, avant de se retirer pacifiquement: comment juger des crimes vieux de plusieurs siècles, et comment excuser les actes d’Eren, qui, en voulant venger les torts commis aux eldiens, ne fait que confirmer l’image qu’en avait le monde ? Comme vous pouvez le constater, l’Attaque des Titans, ce n’est pas que des géants qui se cognent dessus (même si c’est important!), c’est aussi une trame complexe faite de personnages nuancés et de questionnements pertinents. L’un des meilleurs mangas de la décennie qui vient de se terminer, et dont la conclusion marquera certainement celle qui vient de débuter !

**·Manga·Service Presse

Mist gears blast

esat-west
Manga de Hajime TANAKA et Yoichi AMANO
Delcourt/Tonkam (2021), 192p. – Série achevée en 2 volumes.

bsic journalismMerci aux éditions Delcourt/Tonkam pour leur confiance.

Mist gears Blast est un projet transmedia de deux nouveaux venus dans le secteur puisqu’il s’agit du premier projet du scénariste et du second du dessinateur. Outre les deux volumes du manga (sortir simultanément par Delcourt), un roman est semble t’il paru  ainsi qu’un jeu vidéo pour smartphone, annoncé sur Android et IOS… mais indisponible sous nos latitudes. Du coup la démarche de l’éditeur français est un peu étrange puisque nous n’avons pas accès à la totalité du projet, ce qui est assez dommageable dans un univers conçu comme se répondant…

mist-gear-blast-1-delcourtmist-gears-blast-2-2-delcourt

Il y a 70 ans la Brume est apparue, tuant les humains et transformant les animaux en monstres féroces… Réfugiés sous terre, les hommes ont appris à vivre (ou plutôt survivre) dans ce nouveau contexte, loin de la sécurité car victimes de fuites de plus en plus fréquentes dans leurs refuges. Nagi est une jeune fille très déterminée qui décide un jour d’affronter l’interdit et de monter à la surface pour secourir son père disparu et rechercher ce qui pourra protéger le reste de l’humanité…

Mist Gears Blast Chapter 7 - Page 2Avec un pitch rappelant LOW et bien d’autres histoires post-apo, un design steampunk absolument réussi et des dessins dans le haut du panier, Mist Gears blast avait tout pour être un sympathique petit manga de baston grand public. Ca commence plutôt pas mal puisque, sur un rythme très rapide vue la très courte pagination globale, on démarre en pleine action après un historique concis, complet, qui ne recherche pas la complexité. Avant toute chose, je précise que ce diptyque est bien un Shonen qui s’adresse directement à des jeunes joueurs de jeux vidéo. Si l’on se range dans ce public on devrait apprécier cette histoire un peu décousue qui hésite tout le long entre la construction d’une intrigue et de personnages et le simple prétexte à des bourre-pif monumentaux dans des gueules de monstres titanesques…

Tout l’effort graphique est porté sur les personnages dans un Chara-design totalement inspiré des jeux-vidéo et absolument convainquant! Le dessinateur est franchement bon, assez minutieux et très varié dans un découpage qui joue entre pleines pages percutantes, cases destructurées et décors qui font le job. Du coup on est dans l’utilitaire classe avec des armes alimentées par la fameuse brume (pratique!) et maniées par un corps d’élite (les Gears) hiérarchisé avec cinq escouades dotées toutes d’un chef particulièrement travaillé et bien entendu totalement archétypal. Dans ce projet illustratif les justifications sont minimalistes et l’on trouve l’héroïne recrutée dans le quatrième escadron de Gears quelques pages après être sortie de son village de naissance. On ne traîne pas! On ne nous expliquera jamais comment cette mioche peut être aussi forte à terrasser d’une mandale des monstres géants et à bondir à quinze mètres de haut…

Sur le plan du « scénario » on alterne donc les séquences de baston montrant combien l’union fait la force et l’utilité des combo. Quelques onces de background nous narrent des identités masquées du royaume de l’extérieur et bien sur un papa disparu qui va inévitablement avoir un rôle inattendu. Les dialogues ne sont pas honteux (à l’inverse d’une nouvelle finale censée conclure l’intrigue avec moultes clichés misogynes et platitudes adolescentes) mais cassent quelque peu un rythme qui était tout à fait justifié à se contenter de l’action permanente. On ne comprend pas bien pourquoi le scénariste a tenu à développer un bourgeon d’histoire avec seulement deux volumes et une motivation originale qui n’en avait pas besoin.

Mist Gears Blast Chapter 1 - Read Mist Gears Blast Chapter 1 Online |  MangaRock.OnlineL’impression finale est celle d’un projet mal ficelé mais à la réalisation plutôt sympatoche. D’abord parce que, conçu comme trans-média, l’absence du jeu-vidéo en France pour appuyer cette petite histoire saborde l’aspect teasing en faisant du manga une finalité, qu’il n’avait pas lieu d’être. Originalement publié en épisodes dans un magazine on comprend bien le côté goodies et le format manga pose question. Ensuite parce que nous n’aurons jamais la fin de l’histoire! Delcourt a traduit les jaquettes originales indiquant l’existence du roman… en japonais (merci!). La nouvelle de sept pages insérée en fin ne résout rien alors que les deux tomes du manga avaient mené (au pas de charge mais sans grand soucis) l’histoire au seuil de la résolution avec promesse de bonnes grosses batailles, fort alléchés que nous sommes par les combats déjà vus. Du coup on ressort très frustrés par un tiers de projet qui en restera vraisemblablement là. Vraiment dommage car le transmedia est vraiment un concept novateur et intéressant et parce que le manga en lui-même s’en sort pas si mal. Gros appel à l’éditeur français donc pour qu’il traduise très rapidement le roman et diffuse le jeu sur les smartphones français!

note-calvin11note-calvin11

***·BD·Nouveau !·Service Presse

Maudit sois-tu #2: Moreau

La BD!

BD de Philippe Pelaez et Calros Puerta
Ankama (2021), 53 p., série en 3volumes.

bsic journalismMerci aux éditions Ankama pour leur confiance.

Comme le premier tome l’ouvrage se conclut par un important cahier documentaire revenant (iconographie de films et romans à l’appui) sur le contexte littéraire du roman gothique qui a inspiré ce projet. C’est bien écrit, documenté, intelligent. En fin d’album les premières pages de l’ultime opus Shelley sont présentées. Un calvin pour cette très belle édition.

9791033511946-475x500-1

Un siècle et demi avant les évènements du premier volume, les premiers Zaroff et Moreau convient un aréopage de beaux esprits des lettres et des sciences dans un manoir afin de découvrir et célébrer le grand œuvre du savant. Bientôt Charles Darwin, Marie Shelley, Emily Brontë et Richard Burton vont découvrir un jeu de faux-semblants et l’abomination d’un savant fou recherchant l’adoubement de ses pairs…

Philippe Pelaez est un auteur exigeant. Maniant ses textes et dialogues avec aisance, il souhaite avec la trilogie Maudit sois-tu proposer une résurrection du genre du cinéma d’horreur gothique en format BD. A ce titre la technique hyper-réaliste de Carlos Puerta, si elle a ses amateurs comme ses détracteurs, s’avère tout à fait pertinente en nous plongeant dans des images qui semblent souvent extraites d’un film… qui n’existe pas. Les deux créateurs se rejoignent sur cet esprit intellectuel et hyper-référencé de leur série où sont abordés les détails des vies des Charles Darwin, Emily Brontë ou Mary Shelley, cette dernière étant le véritable cœur de l’intrigue à mesure que l’on remonte le temps.

wp-1611252482880.jpgSi le premier volume reprenait un schéma archétypal de la chasse à l’homme sur fonds d’expérience contre nature, cet épisode intermédiaire reprend peu ou prou la même structure et les mêmes personnages dans un parallèle intrigant. Le risque de la redite était réel mais Pelaez sait par un pas de côté dans ce XIX° victorien en diable relancer sa machine au travers de cette intrigue familiale autour de Shelley. Imperceptiblement il fait ainsi glisser le curseur du personnage de Zaroff à celui de Shelley. Ces deux-là et Moreau sont intimement liés et nous saurons comment sur le troisième et dernier volume. Si le duo de fous du premier volume citait l’origine de leur vengeance (que nous allons donc voir ici), ils ne disaient rien de la genèse dramatique liée à Lord Shelley (auteur du poème Ozymandias qui inspira Alan Moore pour Watchmen) et au mythe de Frankenstein… que la romancière et épouse Mary n’a pas déniché toute seule. Au travers de cette inter-influence monstrueuse du chasseur et du savant fou dans la BD c’est un écho à la collaboration artistique intense qui donna naissance au genre littéraire fantastique de monstres sur une courte période, entre Lord Byron, Polidori, Shelley, Welles et Stoker. Ce contexte hyper-référencé est très intéressant même s’il étouffe un peu le fil de la narration, pourtant aussi simple que dans le premier tome. Faute d’une grosse culture personnelle, malgré les notes de bas de page destinées à faciliter la lecture, une partie de l’intérêt de ce volume nécessitera quelques visites à wikipedia. Rien d’éreintant et on remercie le scénariste de nous inciter de la sorte à se cultiver!

wp-1611253018201.jpgComme précédemment l’histoire est basée sur les personnages, réels donc, dont Richard Francis Burton, le fantasque aventurier, est de loin le plus intéressant, comme moule historique de tous les héros d’aventure imaginaires. Les autres personnages apparaissent un peu courts entre le duo monstrueux et ce mâle iconoclaste qui est dans tous les morceaux de bravoure de l’album. L’avantage de cette transposition en BD des schémas des films de la Hammer est que ce sont les apparitions monstrueuses et l’action qui sont attendus et que personne n’attend de vraisemblance. Les débats intellectuels sur la Création et la place démiurges de l’homme grâce à la science ne sont pas inintéressantes mais simplement déjà vus.

Dans toute série le second tome est le plus compliqué. La structure ternaire à rebours créée par Philippe Pelaez a l’avantage de jouer sur la redite tout en faisant de ce tome une porte vers l’origine. Comme hommage au roman gothique et aux films de monstres Moreau est une réussite qui parvient sans trop de casse à lier un grand nombre d’envies pour nous plonger dans un XIX° siècle effrayant et fascinant. L’aspect grandiloquant, le graphisme sans compromis de Puerta et une certaine redite narrative freinent un plein enthousiasme mais n’en donnent pas moins envie de poursuivre l’aventure jusqu’au début-conclusion sur Shelley, à paraître en fin d’année.

*****·Comics·East & West·Nouveau !

Wonder Woman: Dead Earth

Récit complet en 176 pages, regroupant les quatre premiers épisodes de la mini-série écrite et dessinée par Daniel Warren Johnson pour le Black Label de DC Comics. Parution en France le 27/11/2020 chez Urban Comics.

After the End

Le Black Label est une collection particulière de DC Comics, qui se concentre sur des récits hors-continuité mettant en scène les personnages les plus populaires de la Distinguée Concurrence. Parmi les plus récentes publications en France, on trouve Batman White Knight, et sa suite, Curse of the White Knight, Batman: Last Knight on Earth, et le très remarqué Harleen.

Cet opus nous amène dans un monde post-apocalyptique. Wonder-Woman, la farouche mais bienveillante princesse amazone, se réveille d’un sommeil long de plusieurs siècles, pour émerger dans les ruines d’un monde ravagé par les radiations. Les quelques survivants doivent lutter pour trouver de l’eau et de la nourriture, et n’évitent qu’à grand peine les Haedras, créatures monstrueuses qui écument les plaines irradiées.

Perturbée par son réveil, Diana n’a plus aucun souvenir des évènements et ses pouvoirs ont grandement décliné. Parviendra-t-elle à survivre suffisamment longtemps pour rassembler les bribes de son passé et faire la lumière sur le grand cataclysme qui a englouti la planète ?

Mad Diana: the Amazon Warrior

Voici donc la célèbre amazone propulsée dans un univers tout à fait millerien, avec son lot de dangers, de microcosmes guerriers hiérarchisés et de monstres cannibales. Le récit de Johnson, que l’on avait déjà vu officier sur du post-apo avec Extremity, nous donne à voir une Diana loin des clichés fanservice auxquels elle est parfois confinée, pour se concentrer sur ce qui fait l’essence du personnage crée autrefois par Marston.

Mue par un amour inconditionnel pour l’engeance humaine contre laquelle on l’a pourtant longtemps mise en garde, et bien que mise face aux échecs cuisants de ces derniers, Diana va voler au secours des survivants et les rassembler sous sa protection. Mais bien évidemment, ce qui était mauvais alors est devenu pire depuis l’apocalypse, ce qui confrontera notre héroïne à des désillusions quant à son sacerdoce.

Les révélations iront bon train à chaque chapitre, levant peu à peu le voile sur une vérité qui ébranlera irrémédiablement notre amazone.

Daniel Warren Johnson réussit un coup de maître en nous servant un récit à la fois amer et plein d’espoir, qui met l’accent sur les qualités intrinsèques de la guerrière amazone tout en la passant à la moulinette. Une petite bombe, expression qui prend tout son sens après lecture de l’album !

***·Comics·East & West

Venom vs Toxine: la nuit des tueurs de symbiotes

Recueil de 112 pages de la série Venom, écrite pour Marvel Comics par Cullen Bunn et dessinée par Declan Shalvey. Contient les épisodes 31 à 35 de la série, parution en France chez Panini Comics le 02-01-2019 dans sa collection Marvel Dark

Jamais sans mon hôte

Les fans du spider-verse le savent bien, l’histoire de Venom est pleine de circonvolutions et de coups de théâtres en tous genres, mais elle finit toujours par revenir à ses fondamentaux: la relation particulière qui unit l’entité extra-terrestre à son hôte le plus fameux, Eddie Brock

Ramené sur Terre par Peter Parker à l’issue des premières guerres secrètes, l’être symbiotique Venom, rejeté par son hôte arachnéen, a fini par se lier à Eddie Brock, ancien reporter amer et revanchard ayant une dent contre le Tisseur. De cette terrible union est née l’un des adversaires les plus coriaces de Spider-Man, qui n’aura de cesse de le pourchasser tout en clamant être lui-même le « protecteur létal » des rues new-yorkaises. Doté d’un sens de l’honneur qui lui est propre, le duo infernal a traversé bien des épreuves, jusqu’à ce que le symbiote décide de quitter son hôte malade pour se trouver une nouvelle marionnette humaine. 

Laissant Brock lutter seul contre son cancer, Venom a choisi de se lier à Mc Gargan, autre adversaire du Tisseur précédemment connu comme étant le Scorpion. Enrôlé parmi les Sinistres Douze puis les Thunderbolts, le duo Gargan/Venom durera quelques années, jusqu’à une nouvelles séparation. Sous contrôle gouvernemental, le symbiote sera confié à nul autre que Eugene Flash Thompson, ancien camarade de classe de Peter Parker et vétéran de guerre… 

Entre temps, Brock, lui aura touché le fond avant de remonter la pente. Devenu l’Anti-Venom (je vous passe les détails de cette transformation), puis le nouveau Toxin, Brock s’est lancé dans une croisade visant à débarrasser le monde des parasites extra-terrestres, ce qui inclue son ancien partenaire Venom. Qui que soit le nouvel hôte, aussi bon soit-il, Brock l’a décidé: Venom doit mourir ! 

Bienvenue à Philadelphie

Flash, après quelques aventures mouvementées qui lui ont montré les limites du contrôle qu’il pensait exercer sur le symbiote, décide de prendre un nouveau départ en s’installant à Philadelphie, ville apparemment sans super-héros. Alors qu’il peine à s’acclimater à sa nouvelle vie, Flash/Venom va devoir faire face à la fois à une nouvelle créature hostile, et à un ennemi déjà connu, Brock. Comment notre héros va-t-il s’en sortir face à ces menaces conjuguées ?

Débutée en 2011, la série Venom a été étonnamment bien menée. Centrée sur un duo improbable (qui aurait imaginé Flash Thompson, le bully qui martyrisait Peter Parker, en super-héros ?), elle a su mettre en lumière ces seconds couteaux en exploitant de façon opportune le lore finalement assez méconnu des symbiotes.

La rédemption de Flash est donc plutôt crédible, de brute à soldat pour finir en vétéran mutilé. Un héros sympathique, des pouvoirs difficiles à contrôler, il n’en faut pas beaucoup plus pour provoquer l’adhésion du lecteur. L’idée de l’opposer à Brock/Toxin est plutôt inspirée, Brock étant l’illustre partenaire du symbiote, et Toxin, sa progéniture. L’effet miroir fonctionne donc ici à plein, notamment grâce aux interactions entre les deux hôtes.

Les scènes d’action sont un réel plaisir, même si l’antagoniste extra-terrestre reste assez anecdotique. Les amateurs du personnage apprécieront ce numéro, qui pave la route au grand retour des symbiotes dans Venomverse et Absolute Carnage.