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Le Mythe de l’Ossuaire, première partie

Série anthologique créée par Jeff Lemire (scénario) et Andréa Sorrentino (dessin). Parution chez Urban Comics le 21/04/2023.

Merci aux éditions Urban pour leur confiance.

Lemire fais-moi peur

L’auteur Jeff Lemire, connu pour un certain nombre de séries comme Sweet Tooth, Gideon Falls, Black Hammer, ou plus récemment Primordial et Little Monsters, revient en avril avec pas moins de deux sorties simultanées, se déroulant dans le même univers.

Dans Le Passage, nous croisons tout d’abord la route d’un auteur anonyme, qui s’isole afin de terminer son roman tout en faisant le point sur sa vie (tiens, tiens, ça me rappelle le pitch d’un roman/film, ne manque plus que l’hôtel hanté). Sur place, il va être harcelé par la personnification de ses pêchés et de ses doutes, une silhouette inquiétante qui va le faire douté de la réalité. Le second chapitre nous propulse dans une autre histoire, celle de John Reed, jeune géologue qui peine à gérer ses traumatismes d’enfance. Reed débarque sur une petite île, sur laquelle se tient un phare gardé par la vieille et amère Sally. Sally l’a fait venir pour inspecter une cavité, un trou à la profondeur difficilement mesurable, qui serait apparu spontanément. Le jeune géologue va devoir l’inspecter et déterminer non pas d’où vient ce trou, mais où il mène. Et la réponse risque de ne pas lui plaire.

Lemire nous plonge encore une fois dans l’horreur surréaliste, aidé en cela par l’ambiance glauque et oppressante dont Andréa Sorrentino a le secret. Le pitch nous rappelle forcément The Lighthouse, de Robert Eggers, dans lequel un protagoniste candide mais cachant de lourds secrets arrive sur un phare gardé par une personne plus âgée et elle aussi pleine de noirs secrets. Les lieux isolés sont bien souvent du pain béni pour les récits d’épouvante, surtout lorsque lesdits lieux manifestent une personnalité propre et un agenda hostile. Ajoutez à cela la primale terreur provoquée par les profondeurs marines, la claustrophobie engendrée par les espaces contigüs (le trou), et vous avez les ingrédients d’un récit d’horreur efficace et bien mené.

L’angoisse monte aussi d’un cran grâce au mystère qu’entretient l’auteur sur son univers et sur les motivations réelles des personnages, ainsi que sur l’origine ou la raison d’être de son Passage éponyme. Les pleines-pages d’Andrea Sorrentino ne faillissent pas à leur réputation et y sont pour beaucoup dans le succès de ce premier chapitre du Mythe de l’Ossuaire.

Dans Des Milliers de Plumes Noires, nous faisons la rencontre de Trish et Jackie, deux amies d’enfance aux caractères opposés mais complémentaires. Unies depuis toujours par la passion des jeux de rôle et des mondes imaginaires, les deux amies commencent par échanger sur leurs préférences littéraires, avant de se consacrer à l’écriture de leur propre jeu de rôle.

Plongées dans leur univers privilégié, les deux enfants, qui deviennent bien vite adolescentes, maitrisent tout et imaginent tout jusqu’au moindre détail. Elles passent le plus clair de leur temps chez Jackie, dans la peau de leurs avatars de JDR, à savoir une farouche guerrière pour Jackie et une habile magicienne pour Trish. Cependant, les années passent, et les centres d’intérêts de Jackie changent. Trish, plus introvertie, ne partage pas le gout de son amie pour les fêtes et les soirées alcoolisées entre copains. Au contraire, tout ce qu’elle a toujours voulu, c’est rester avec Jackie, à jouer à leur jeu favori et traquer Corvus le Roi des Corbeaux.

Un soir, alors qu’elle est de sortie, l’extravertie Jackie disparait sans laisser de traces. Après une année de recherches, elle est présumée morte, et le coupable échappe à la Justice. Trish, privée de sa moitié, quitte la ville pour refaire sa vie loin de ses douloureux souvenirs. Elle termine ses études puis devient autrice à succès, mais quelque chose la relie toujours au souvenir de Jackie, et aux regrets qu’elle entretient, de n’avoir pas été là pour la sauver. Mais l’aurait-elle pu ? Quel rôle a véritablement joué Trish dans la disparition de Jackie ? Et si… le Roi des Corbeaux y était pour quelque chose ?

Après l’introduction que constituait Le Passage, on a ici la sensation d’entrer dans le vif du sujet de ce fameux Mythe de l’Ossuaire. Une pagination plus généreuse permet à l’auteur de fouiller ses personnages, leurs psychologies et leurs relations, pour nous impliquer davantage encore dans leur sombre destinée. Malgré la chape de mystère qui est encore posée sur l’intrigue générale, on commence déjà à repérer quelques indices ça et là nous reliant au précédent volume.

Comme il l’a déjà fait dans certaines de ses œuvres antérieures, l’auteur s’amuse ici à brouiller la frontière entre fiction et réalité, plongeant ainsi dans les affres d’un multivers malveillant et en même temps très cohérent. Lemire semble partir du principe que si une infinité de réalités existent simultanément, alors tout ce que nous pouvons créer de fictionnel ne l’est pas vraiment et existe nécessairement déjà, ce qui est une idée simple mais prompte à créer un malaise existentiel.

En refermant ce tome, magnifiquement illustré par Sorrentino (qui est ici capable de changer de style en fonction des époques et des mondes représentés), on est à la fois terrifié et intrigué par ce que nous réserve l’auteur pour la suite.

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Nero #1: Obscurci est le Soleil, ternes sont les étoiles

Premier tome de 122 pages, de la série écrite par Emiliano et Matteo Mammucari, avec Emiliano Mammucari et Alessio Avallone au dessin. Parution initiale en Italie, publication en France chez Dupuis le 03/02/2023.

Regards Croisés et djinns trop serrés

En l’an 551 de l’Hégire, soit en 1173, le Moyen-Orient se remet à peine de la Deuxième Croisade, et s’apprête à en vivre une Troisième. Le guerrier arabe Nero n’abandonne pas pour autant la lutte contre les croisés francs. Réputé pour sa férocité, il est craint autant par les croisés qu’il passe régulièrement par le fil de l’épée que par ses propres alliés, qui voient en sa férocité et son manque de discipline un défaut potentiellement fatal.

Nero n’en a cure, et se jette à corps perdu dans la bataille, mû par une rage inextinguible qui lui vient d’un traumatisme d’enfance. En effet, avant qu’il n’atteigne l’âge d’homme, son père a cherché à le sacrifier façon Aïd-El-Kébir, durant un obscur rituel visant à libérer une créature antédiluvienne, avant de succomber avec ses ouailles.

Lors d’une bataille, Nero, gouverné par sa haine, rompt les rangs pour plonger toujours plus profond dans la rage et l’hystérie de la guerre. Mais son arrogance et son impétuosité lui jouent des tours, lorsqu’il est piégé par un croisé qui abat son cheval et s’apprête à l’embrocher. Nero est sauvé in extremis par un autre chevalier croisé au visage recouvert par un heaume, qui le fait prisonnier et lui propose un étrange marché.

Le mystérieux chevalier franc semblent connaître notre guerrier bien plus qu’il ne devrait. Il est au courant pour le rituel avorté, et souhaite se rendre dans la grotte où il a eu lieu afin de l’achever. Selon lui, un ange y est retenu prisonnier, et quiconque le libère voit son voeu le plus cher exaucé. Nero, lui, connaît la vérité. Ce n’est pas un ange qui se cache dans cette grotte, mais une créature plus ancienne et plus retorse que ce que le franc est capable d’imaginer.

Pour Nero, son rôle est clair: il doit empêcher quiconque de libérer le mal enfoui dans cette montagne, quel qu’en soit le coût. Mais l’itinéraire des deux ennemis va, par la force du contexte, prendre des détours inattendus, car d’autres personnes convoitent le pouvoir de la créature, en premier lieu le Cadi, oncle de Nero et dirigeant du dernier bastion qui s’apprête à tomber aux mains des chrétiens, et qui aurait bien besoin d’un petit coup de pouce magique pour sauver sa citadelle.

Nero est une série italienne créée en 2021. Elle donne la part belle au grand spectacle et à l’action, sur fond de croisades et de rituels magiques. L’ambiance fait clairement penser au premier Assassin’s Creed, en premier lieu car les deux récits prennent place durant les Croisades en se plaçant du coté arabe, et en second lieu car les deux franchises mettent en scène un héros charismatique qui paie le prix de son arrogance et de son impétuosité tandis qu’il cherche la source d’un pouvoir magique qui pourrait modifier le cours du conflit.

Nero ajoute cependant un ressort différent, celui de la collaboration forcée entre deux personnages que tout oppose. Ce premier volume est divisé en deux actes comprenant leus lot de péripéties, menées tambours battants. Il est à noter que les deux actes sont dessinés par deux artistes différents, qui parviennent à homogénéiser leur style de façon plutôt remarquable.

Un lore fascinant dans un contexte historique qui l’est tout autant, un personnage charismatique et de l’action à foison, Nero aura tout pour plaire aux amateurs de récits fantastico-historiques. Et c’est un coup de coeur !

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Les sœurs de la brume

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BD  de Marlyn Spaaij
Kinaye (2023), 136p., one-shot.

L’album a été nominé aux Harvey awards 2022.

image-13Merci aux éditions Kinaye pour leur confiance.

Trois sœurs passent l’été chez leur grand-mère, dans une ferme environnée de la mystérieuse forêt de Frygea où règnent de fantastiques créatures, dont le terrible chien des enfers et les Furies, réputées emporter les jeunes filles qui osent y pénétrer… A trois ages différents, Kyra, Margot et Janna ont toujours tout partagé. Pourtant Margot se comporte différemment cette année, s’isolant et faisant craindre à ses sœurs de la perdre. Bientôt Kyra devra rassembler tout son courage pour sauver sa grande sœur rongée par un mal qu’elle ne comprend pas…

Les Soeurs de la Brume - Editions KinayeLes sœurs de la brume est un très joli conte sur le passage à l’adolescence et les changements tant physiologiques que psychologique qu’ils engendrent. En se plaçant dans un univers exclusivement féminin, l’autrice néerlandaise Marlyn Spaaij, qui a travaillé jusqu’ici principalement dans l’animation, rejoint un peu l’atmosphère de conte féministe du magnifique Coyotes. En restant néanmoins dans l’univers de l’enfance et des contes, elle laisse le symbole masculin inquiétant à l’état de créature fantastique de la forêt. Si la figure du Loup des enfers incarne évidemment le danger mâle des contes de fées (à commencer par le petit Chaperon rouge), l’autrice se garde bien de détailler cette inspiration qui peut n’être vue que comme une créature similaire aux trolls baveux et aux Furies. Et c’est plus sur cette figure que Marlyn Spaaij s’attache, en proposant une étonnante vision du passage à l’âge adulte.

Les soeurs de la brume - BDfugue.comDans ce huis clos joliment colorisé et d’un découpage très libre où l’on sent l’expérience de l’Animation, l’autrice centre son intrigue sur la relation entre l’ainée et la cadette et l’incompréhension de celle qui est encore une enfant joueuse pour les changements de sa sœur qui se recentre sur elle-même dans ce moment particulier, en faisant craindre de perdre cette complicité de toujours. Envoutée par les Furies magiques, Margot va devoir être protégée par sa petite sœur jusqu’à la révélation finale très positive.

Très intéressant mélange de magie (doté de foret inquiétante, Petit-peuple et autres créatures des enfers) et de récit de l’enfance féminin, Les sœurs de la brume est encore une belle trouvaille de Kinaye qui allie très belle esthétique et une narration qui par son côté fantastique sait réinventer des thèmes classiques du conte.

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Ender Geister, l’ultime exorciste #1-2

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Manga de Takashi Yomoyama

Glénat (2023) – 2018, 192p./volume, 2/7 volumes parus.

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Merci aux éditions Glénat pour leur confiance!

Le monde que nous connaissons est parcouru d’un voile qui cache des entités démoniaques un peu partout sur la planète. Chaque pays fait appel à des exorcistes, combattants rodés à l’extermination de ces créatures maléfiques. Lorsqu’un dangereux pilier de matière démoniaque apparait au Japon, l’organisation des exorcistes fait appel à Michael, le plus talentueux des chasseurs, mais aussi le plus dangereux…

Dans la foultitude de manga d’action mettant en scène des bastons décérébrées contre des démons, la nouveauté Glénat réussit le miracle de se sortir la tête de l’eau par son énergie communicative et des dessins tout à fait correctes. En déroulant ses deux premiers tomes (parus simultanément) le lecteur est plongé dans une frénésie d’action violente, vaguement ecchi et rehaussée de dialogues dont le second degré nous maintient dans un esprit ludique décérébré, coloré de références ciné éparpillées un peu partout, à commencer par les titres de chapitres.

Review: Tsui no Taimashi - Ender Geister- (new-ish manga w/black female  characters) | Lipstick AlleySans prétention l’auteur (dont c’est la première création hormis un hentai) se fait plaisir en suivant un héros extrêmement puissant dont le secret nous est dévoilé dès l’introduction: il s’agit semble t’il d’un démon contrôlé par un maitre exorciste et capable d’utiliser l’énergie démoniaque pour générer des armes et se régénérer lui-même. Hormis cette introduction et quelques éléments de background sur la mystérieuse organisation, pas le temps de souffler puisqu’on est envoyé sur le terrain bastonner du troll amateur de vierges dénudées, de sorcière volante tout aussi légèrement vêtue ou de minotaure colossal armé de hache… Entre démembrements et prétexte à mettre les nichons à nu pour un rien, on est clairement dans du gros Seinen de garçon prépubère. Présenté comme ça le manga ressemblerait plutôt à de la grosse conso mais je dois reconnaitre que l’ensemble est ficelé de manière à nous capter sans prendre le temps de refléchir et avec un plaisir non feint. Dosant habilement un design très réussi, méchants charismatiques et très puissants et une bonne dose d’humour, Yomoyama parvient à donner une cohérence à l’ensemble qui pose de très bonnes bases pour la suite.

Faisant parfaitement le job d’une introduction en posant suffisamment de mystère et de personnages pour donner envie de continuer, l’arrivée d’Ender Geister est pour moi parfaitement réussie.

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****·BD·Graphismes·Nouveau !

The Midnight Order

Anthologie de 272 pages, concoctée par Mathieu Bablet, Isabelle Bauthian, Claire Barbe, Sumi, Titouan Beaulin, Quentin Rigaud, Allanva, Thomas Rouzière, Prince Rours, Claire Fauvel et Daphné Collignon. Parution au Label 619 le 16/11/2022.

Merci aux éditions rue de sèvres pour leur confiance.

Mes sorcières bien cinglées

La figure populaire de la sorcière a inspiré bien des histoires, généré bien des peurs et provoqué bien des tueries au cours des siècles. La réalité est pourtant bien plus sombre et cruelle que ce qu’aucun conte sordide ne pourrait concevoir. Depuis des siècles, les sorcières-exclusivement féminines-représentent en fait le dernier rempart entre le monde matériel et son annihilation. Par-delà les dimensions, de sombres créatures démoniaques ourdissent de sombres projets, que seules les sorcières du monde entier, fédérées sous la bannière de l’Ordre de Minuit, sont capables de contrer.

Victimes de persécutions puis reléguées aux obscurs recoins de l’inconscient collectif, les Midnight Girls poursuivent leur combat contre les forces obscures. Le prix exigé par ces combats est élevé, mais l’enjeu l’est tout autant. Johnson et Sheridan, deux sorcières expérimentées, sont chargées depuis quelques années d’une mission toute particulière: identifier et appréhender un certain type de sorcières, celles dont les pouvoirs sont si grands qu’ils échappent immanquablement à tout contrôle. Si une telle sorcière s’éveille à ses pouvoirs et que son troisième Œil apparaît, c’est le sort du monde qui entre en jeu, ce que l’Ordre de Minuit ne peut pas permettre.

Johnson et Sheridan traquent donc leur semblables, avant de les livrer aux geôles de la Forteresse Blanche, où elles sont détenues sans autre forme de procès (ce qui est assez ironique pour une sorcière, avouons-le). Afin de les neutraliser, leurs mains, sources de pouvoirs puisqu’elles permettent de conjurer des sorts (à la Docteur Strange, ou encore Naruto) sont amputées. Cette mission pèse lourd sur la conscience de nos deux héroïnes, que l’on a vues officier à plusieurs reprises dans l’anthologie Midnight Tales, déjà chroniquée sur le blog.

Le format de l’anthologie, popularisé par le Label et plébiscité par le public, sert donc encore une fois de base à cet univers partagé dont Mathieu Bablet est à l’origine. A première vue, il ne semble pas nécessaire d’avoir lu les quatre précédents numéros de Midnight Tales pour pouvoir apprécier Midnight Order. Néanmoins, s’agissant d’une suite, il est préférable de les connaître, puisque un nombre important de personnages de MO est apparu dans MT. Je pense notamment au duo de sorcières, mais également aux sorcières emprisonnées et amputées, à certains personnages secondaires et à l’antagoniste principal.

Le niveau des dessin est globalement bon mais assez inégal selon les chapitres, avec parfois des disparités assez frappantes. L’intérêt principal de l’album est qu’il vient clôturer l’aventure des Midnight Girls, qui peut être vu comme le grand œuvre de Mathieu Bablet puisqu’il a initié la série.

L’intrigue fait des sauts dans le temps et montre les différentes missions du duo, dont certaines prennent une tournure très personnelle, ce qui va engendrer un inévitable schisme entre Johnson la pragmatique et Sheridan la sensible. La figure de la sorcière telle qu’on la connaît est devenue une figure de l’émancipation féminine, une dissidente oppressée par l’ordre patriarcal qui craint le pouvoir qu’elle détient. Mathieu Bablet semble l’avoir bien compris et file donc la métaphore en opposant ses sorcières à une institution devenue froide et insensible, qui oppresse et mutile des femmes sous prétexte qu’elles détiennent un pouvoir trop grand.

L’auteur insuffle aussi de l’émotion dans la chronique amère de cette amitié qui s’effiloche entre les deux sorcières, dont les points de vue diamétralement opposés nous questionnent à la fois sur la nature humaine et sur le poids de l’institution face à l’individu.

Sur le plan éditorial, la livre est aussi une œuvre d’art, dont la couverture bleu nuit ornée d’enluminures dorées peut suffire à lui seul à provoquer un achat. Rien d’étonnant la dedans, puisque le Label 619 s’illustre depuis sa création comme un véritable artisan du livre.

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Blue in Green

Histoire complète de 144 pages écrite par Ram V et dessinée par Arnand RK. Parution française assurée par HiComics dès le 16/01/2023.

Merci aux éditions Hicomics pour leur confiance.

La salsa du démon

L’an dernier, le scénariste Ram V nous avait bluffé avec Toutes les morts de Laila Starr. Cette fois, il s’associe avec Arnand RK, un artiste indien, pour explorer encore davantage la thématique de la mort et du deuil.

Erik Dieter est un prof de musique, qui a toujours tutoyé la grandeur sans jamais l’atteindre lui-même. Après des années passées à Manhattan loin de sa famille, Erik doit retourner dans sa ville natale pour assister aux funérailles de sa mère Alana, avec laquelle les rapports ont toujours été délétères. Une fois leur mère mise en terre, Erik et sa soeur doivent mettre ses affaires en ordre. Erik s’aventure dans le bureau de cette femme qu’il craignait étant enfant, celle-là même qui refusait qu’il exploite son potentiel pour la musique. Alors que la vielle femme ne s’était jamais montrée si sentimentale, voilà qu’Erik trouve une mystérieuse photo qui attire immédiatement son regard. Le cliché est celui d’un musicien dans la fleur de l’âge dont il ignore l’identité. Qui était cet homme ? Que représentait-il aux yeux d’Alana, au point de taire son existence et d’emporter son nom dans la tombe ?

Erik va se lancer dans une enquête retorse pour retrouver le nom de cet homme. Ses recherches vont lui faire renouer avec son talent mais aussi avec des secrets qu’il valait certainement mieux laisser enfouis.

A première vue, Ram V nous propose une nouvelle enquête d’un protagoniste sur ses origines, avec secrets de famille au menu et supplément quête de soi. Mais il faut bien l’admettre, Ram V sait y faire et va ajouter à cette sauce déjà-vue une âme et coloration particulières. En passant par le prisme de l’horreur et du surnaturel, le scénariste ne se contente pas d’explorer le deuil, il évoque aussi l’héritage et la transmission, à la manière d’Ari Aster dans Hérédité.

L’auteur nous parle aussi de ce que recherche chaque artiste dans sa discipline, des tourments qu’il peut s’infliger pour trouver l’accomplissement dans les arcanes de son art. La musique étant un art exigeant, l’idée d’un pacte faustien n’en est que plus symbolique, même si elle induit que l’inspiration et le génie ne peuvent être dus qu’à de cruelles muses.

Graphiquement, Arnand RK fait des merveilles, son trait renforce l’ambiance vertigineuse et morbide liée à la quête d’Erik Dieter. Ses planches rappellent, tant dans la composition que dans la peinture, celles de Bill Sienkiewicz. La lecture de l’album donne donc l’impression d’une partition hallucinée, une impro de jazz savamment ourdie par des forces obscures.

Blue in Green plaira indubitablement aux amateurs de musique, à ceux qui connaissent le prix de l’excellence, mais aussi aux lecteurs réguliers d’épouvante.

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Korokke et l’esprit sous la montagne

Second tome de la série écrite par Josep Busquet et dessinée par Jonathan Cantaro. 104 pages, parution le 27/05/22 grâce à Spaceman Project.

Sauce Samouraï

Korokke, l’Oni rouge et bravache, parcourt le Japon en compagnie de son ami Fugu, un renard afin de se confronter aux meilleurs combattants du pays et ainsi, devenir les meilleurs lames nippones de tous les temps. Au cours de leur pérégrinations, Korokke et Fugu croisent la route de Negi, une nonne désespérée qui cherche par tous les moyens à sauver son temple, promis à la destruction par l’immonde Nobunaga.

Le conquérant, qui a sous ses ordres une armée de plus de vingt-cinq mille hommes, qu’il sacrifierait jusqu’au dernier pour accéder au trésor gisant sous la montagne qui abrite le fameux temple. Negi, qui n’a pas de quoi se payer les services de ronins aguerris, va faire des pieds et des mains pour bénéficier du secours de ce duo de sabreurs magiques. Mais Korokke, trop absorbé par sa quête de perfection, et déjà lésé autrefois par la malice des humains, n’est pas prêt à accorder sa confiance une nouvelle fois, et déboute la nonne éplorée.

Décidée à sauver son temple quoi qu’il en coûte, notamment en souvenir de son grand-père, va ruser pour convaincre l’oni et son ami renard de s’associer à sa cause. Ainsi vont commencer les nouvelles aventures de Korokke pour sauver l’esprit sous la montagne !

On peut compter sur les éditions Spaceman Project pour dégoter des projets originaux, variés, et leur donner leur chance via le financement participatif. Korokke, qui avait déjà été plébiscité par les lecteurs lors de la campagne de financement du premier tome, a reçu pour cette suite plus de 120% de participations.

Le protagoniste, Korokke, est un « oni », des démons issus du folklore japonais que l’on pourrait considérer comme des mélanges entre ogres occidentaux et djinns orientaux. Il est généralement admis que les oni rouges sont turbulents, agressifs, extravertis et fortes-têtes, tandis que les bleus seraient plus bienveillants, réfléchis et sereins. On trouve des duos oni rouge / oni bleu à de nombreuses reprises dans la pop culture, comme par exemple Captain America (bleu) et Iron Man (rouge), Superman (rouge) et Batman (bleu), Sonic et Knuckles, Leonardo (bleu) et Raphael (rouge), Hellboy et Abe Sapiens.

En parlant de Hellboy, on peut aisément faire le rapprochement avec Korokke, deux démons rouges au grand cœur qui parcourent le pays et affrontent des adversaires magiques. L’auteur mène cependant son intrigue sans trop de rebondissements ni coups de théâtre, jusqu’à un final qui fleure bon le deus ex machina. Cette fin gâchera quelque peu le plaisir de lecture aux lecteurs pointilleux, mais l’ensemble est suffisamment bien mené pour pour garder son sceau qualitatif.

Entre Hellboy et les Sept Samouraïs, Korokke emportera l’adhésion des amateurs de folklore japonais et d’aventures sabreuses.

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Lowreader #1

Anthologie de 120 pages, avec Run, Mud, Maudoux au scénario, et Singelin, Ghisalberti et Maudoux au dessin. Parution aux éditions Rue de Sevres chez le Label 619, le 26/01/2022.

Back for the dead

Après moult péripéties éditoriales et créatives, le Doggybags a fini par tirer sa révérence, et a rendu l’âme après 17 numéros sanglants et emplis d’effroi. Mais encore une fois, le magasine renaît de ses cendres, non pas sous la forme du phénix mais plutôt celle du Corbeau.

Sous l’égide de cet oiseau à la fois fascinant et inquiétant, que l’on pouvait déjà apercevoir dans le Doggybags, le Label 619 maintient sa vocation, celle de proposer des histoires courtes sur les thèmes de l’horreur, du surnaturel, du polar, bref, tout un pan de la pop-culture que l’on qualifie souvent de Grindhouse.

Le chapitre qui a la lourde charge d’ouvrir cette nouvelle anthologie s’intitule Devil’s Key. Un groupe de rock, les Headbangers, qui s’est compromis en acceptant de jouer dans une pub pour une chaine de fast food, doit subitement en payer les conséquences. En effet, on ne vend pas son âme au diable sans en payer le prix…

Dans une mégapole japonaise toujours plus déshumanisée, Mr Sato, un homme au caractère effacé, physiquement faible, subit chaque jour les brimades de ses collègues qui le considèrent comme un freak, et fait face à la violence de deux jeunes délinquants qui le rackettent. Lentement mais sûrement, Sato-san bascule dans une radicalité moderne, peinant à contenir la rage et la soif de vengeance qui couvent en lui. Mais que souhaite-t-il au fond ? Se venger, ou tout simplement exister, ne plus être transparent ? Pour le savoir, Mr Sato va devoir contourner la législation très sévère du Japon en matière de port d’armes, tout en tentant de s’affranchir des injonctions sociétales qui lui pèsent, comme par exemple le tri de ses déchets.

La troisième histoire, quant à elle, se déroule au cours d’une seule nuit. Masiko, personnage apparu dès le premier numéro de Doggybags back in the day, arpente les rues d’une petite ville avec sa fille sur le dos. Dès les premières cases, le sentiment d’urgence de la jeune mère est palpable. Sa fille a été mordue par une créature, mais personne n’est en mesure de lui venir en aide. En effet, depuis que le gang de bikers/loups-garous (également transfuge de Doggy) a pris le contrôle de la ville, les habitants vivent cloîtrés chez eux, paralysés par la peur. Masiko n’a donc personne sur qui compter. Si elle veut éviter à sa fille de se transformer en bête sauvage, elle va devoir affronter le Hellking et sa meute de loups à moto.

Le plaisir de retrouver le format DB, sous une autre forme, est indéniable. L’enchaînement des histoires courtes ne nuit pas à l’immersion et donne même l’impression, grâce à l’intervention du Corbeau en guise de narrateur, de regarder un épisode des Contes de la Crypte ou d’Au-delà du réel. Dans le trio, il faut admettre que Devil’s Key fait office de parent pauvre, notamment à cause d’une fin pas si percutante et de quelques aléas graphiques (Nicolas Ghisalberti faisait pourtant du bon travail sur Trenchfoot l’an dernier). En comparaison, Mr Sato offre une ambiance graphique maîtrisée (expérience oblige, Singelin) et une narration au diapason, oppressante et pleine de désespoir.

L’album se termine en apothéose avec She-Wolf and Cub, nous soumettant à un rythme effréné et sanguinolent. Le seul bémol qui ressort donc de ce Lowreader, c’est la sensation de redite qui s’en dégage, notamment par le format anthologique et les thématiques abordées. La présence de personnages issus de la précédente collection finit d’ailleurs d’enfoncer le clou. Ce n’est pas un mal en soi, mais le message offert semble clair: les directeurs de collection n’ont pas l’intention de se réinventer, et préfèrent plutôt s’appuyer sur une recette qui a déjà fait ses preuves. Le Label 619, qui faisait initialement figure de renouveau sans compromis de la BD franco-belge, semble donc désormais soumis aux mêmes dilemmes et contraintes que les éditeurs mainstream, et donne l’air, comme beaucoup d’entre eux, de s’ankyloser par peur du renouveau.

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Hella et les Hellboyz #2: L’Épreuve du Feu

Second tome du diptyque écrit par Kid Toussaint et dessiné par Luisa Russo. 48 pages, parution le 02/02/22 aux éditions Drakoo.

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Merci aux éditions Drakoo pour leur confiance!

Orphée et Hell-idyce

Comme vu dans le premier tome, Hella est une adolescente rebelle et mal dans sa peau. Un soir, après un mauvais coup fait à leur prof de maths, son petit-copain Kieran va se cacher au 21 rue Duroc, dans une maison réputée hantée, dont il ne ressortira pas. Inquiète pour lui, Hella pénètre à son tour dans la maison et découvre qu’il s’agit d’un portail vers l’enfer.

Là, un étrange lapin démoniaque la guide et lui fait découvrir cet univers hostile, qu’elle va devoir traverser de part en part pour retrouver celui qu’elle aime. Aidée des Hellboyz, trois jeunes garçons perdus dans les limbes depuis des décennies, Hella va affronter un à un chacun des gardiens des enfers, avec une seule restriction: y entrer durant la nuit et ressortir impérativement avant le lever du jour sous peine d’être piégée elle aussi.

Durant ce second tome, Hella va en savoir davantage sur les motivations réelles du lapin, ainsi que sur la nature réelle de cet endroit, sans oublier les bonnes petites révélations sur ses origines.

Le premier tome de Hella et les Hellboyz laissait déjà entrevoir quelques faiblesses d’écriture, pour lesquelles on espérait que l’auteur saurait corriger le tir. Or, les bonne intentions proverbiales qui pavent l’Enfer ont sans doute fait trébucher Hella durant son périple, et ce pour plusieurs petites raisons, qui viennent s’accumuler à ce que l’on avait relevé la dernière fois.

Tout d’abord, un manque d’attachement envers Kieran et, par voie de conséquence, un manque d’investissement émotionnel dans la quête que mène Hella pour le retrouver. En effet, comment s’inquiéter de la réussite d’Hella si l’on se fout de celui qu’elle chercher à sauver ? Expédié dans la maison infernale dès les premières pages de l’histoire, nous n’avons aucun élément en tant que lecteur, qui nous rende le personnage sympathique ou même vaguement attachant. Rayer la voiture d’un prof de maths décrit comme acariâtre, ce n’est clairement pas suffisant, cela aurait sans doute nécessité quelques dialogues supplémentaires, et a minima, un geste de Kieran qui montre bien le véritable attachement que les deux tourtereaux se portent.

On ne peut que poursuivre ce raisonnement pour l’appliquer aux Hellboyz: s’ils sont sympathiques à première vue, rien ensuite ne les rattache au cœur de l’intrigue, si ce n’est que l’un d’entre eux est le frère du policier qui enquête sur la maison hantée. Les trois garçons servent au mieux de faire-valoir, ce qui, convenons-en, n’est pas top pour un personnage secondaire. On peut même aller plus loin et imaginer l’histoire sans eux, sans que le déroulement n’en soit vraiment altéré, en tous cas pas dans ce second volume. Et, comble du comble pour un perso secondaire, lorsque Kid Toussaint sacrifie artificiellement l’un d’entre eux à la fin du deuxième acte pour augmenter vainement les enjeux. En gros, ces Hellboyz éponymes ne servaient pas à grand-chose, en tous cas pas en trois exemplaires puisque un seul se voit attribuer le rôle d’agneau sacrificiel, qui aurait d’ailleurs largement pu être attribué à Louis, le nice guy nécessairement amoureux d’Hella, qui la seconde dans sa quête. Cela aurait fait une économie de deux voire trois personnages !

Malgré ces défauts, on trouve tout de même de bonnes idées dans le scénario de Kid Toussaint, comme par exemple les gardiens qui sont d’anciennes victimes attirées par la maison et qui affichent tous un des fameux Péchés Capitaux, les différentes créatures qui sont autant de formes brouillonnes et parcellaire de l’Homme, la rébellion des anges contre le Démiurge, qui sont pour la plupart des concepts que l’on retrouve dans plusieurs dogmes religieux. Malheureusement, là encore l’album souffre de maladresses puisque toutes ces révélations sont jetées en pâture au lecteur, qui a déjà du mal à conserver l’entrain nécessaire pour suivre les pérégrinations d’Hella et ses inutiles petits frères.

Le tout laisse l’impression d’avoir été expédié, ce qui est d’autant plus dommage que l’histoire avait du potentiel, malheureusement gâché par des approximations et par ce que l’on devine être des présomptions hâtives de l’auteur.

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***·Comics·East & West·Nouveau !·Service Presse

Campus

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Histoire complète en 128 pages, écrite par Jon Ellis, et dessinée par Hugo Petrus. Parution le 19/01/2022 aux Humanoïdes Associés.

bsic journalism

Merci aux Humanos pour leur confiance!

Amitiés et Fraternité

Wyatt et Jake se le sont juré, ils sont amis pour la vie. Rien de plus évident pour ces deux gamins, qui ont grandi ensemble et se connaissent par cœur. Malheureusement, un déménagement plus tard, les voilà séparés géographiquement, à plusieurs heures d’avion l’un de l’autre, après le départ de Jake. Mais l’amitié est la plus forte, et grâce aux nouvelles technologies, les deux garçons peuvent continuer à se voir et se parler, faisant fi de la distance qui les sépare.

Les années passent, et la distance va toutefois venir peser sur la relation de Jake et Wyatt. L’âge des premiers émois, le sport, le lycée, éloignent progressivement les deux amis, sans pour autant ternir l’affection qu’ils se portent. Ainsi va la vie !

Malgré tout, on peut dire que la vie finit par se rattraper. En effet, Wyatt apprend, au sortir du lycée, qu’il est admis dans la même université que Jake ! Des étoiles plein les yeux, empli des souvenirs de leur enfance heureuse et de leur indéfectible amitié, Wyatt se prépare à partir, mais un terrible accident va entacher cette douce euphorie… Lorsqu’il retrouve enfin Jake à la fac, Wyatt, désormais endeuillé, ne peut s’empêcher d’être désappointé. L’idée qu’il se faisait de leurs retrouvailles était sans doute exagérée, ou du moins teintée par son enthousiasme et par sa nostalgie.

Même si Jake est heureux de le retrouver, quelque chose a bel et bien changé dans leur relation. Les kilomètres auraient-ils finalement eu raison de leur amitié ? C’est ce que Wyatt finit par penser, seul dans la chambre universitaire, qu’il partage avec Jake. Lui qui aime se plonger des heures durant dans des jeux vidéos, constate avec amertume que son meilleur ami aime plutôt faire la fête. C’est à cette occasion que Jake, attiré par la séduisante Amber, va chercher à intégrer la fraternité Omega Zeta Nu, qui le soumet à des rites d’initiation et à un bizutage.

Or, si d’ordinaire les bizuts des fraternités doivent prouver leur valeur et leur loyauté grâce à beaucoup d’alcool et quelques humiliations, ici, à OZN, les choses semblent différentes, et pourraient même lorgner du côté du surnaturel. Wyatt parviendra-t-il à faire entendre raison à son ami, malgré la distance qui les sépare désormais ?

Sympathy for the campus

Jon Ellis nous plonge dans l’univers parfois controversé des fraternités américaines, ces entités composées d’étudiants, qui ont parfois fait parler d’elles suites à des drames. En effet, il est courant que les fraternités soient dénoncées, après les fameuses semaines d’intégration, pour des pratiques abusives telles que le bizutage, ou même des beuveries extrêmes qui tournent mal.

Bien évidemment, le scénariste travestit ici cette réalité au travers du fantastique et de l’occulte, puisqu’en guise de bizutage, les étudiants auront droit dans cette BD à un rituel démoniaque qui va échapper à leur contrôle. Cependant, l’aspect horrifique n’est là que pour mettre en lumière la relation entre Jake et Wyatt, afin d’illustrer le thème assez universel de l’amitié. C’est sûrement ce qui explique l’aspect très vague des règles liées à l’invocation des démons et à la possession, qui ne sont pas clairement définies ni trop expliquées au cours de l’album (sacrifices d’animaux, déroulement du rituel, hiérarchie des démons, etc).

Si l’exposition est soigneusement mise en place, on peut néanmoins relever un tant soit peu de répétition par la suite, et un troisième acte plutôt foutraque, mais généreux en émotion. La conclusion, quant à elle, est poignante, voire déchirante, et nous amène à nous questionner sur nos propres relations amicales.

Sur le plan graphique, Hugo Petrus fait un formidable travail de caractérisation grâce à des personnages reconnaissables, expressifs et fort bien designés.

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