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Blue period #8/9 – La guerre des mondes #3 – Dragonball Super #16

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Salut la compagnie! retour des mangas avec deux belles séries que j’aime suivre chez deux éditeurs toujours qualitatifs. Pas mal de retard sur Blue period qui malgré mon enchaînement de deux tomes commence à voir son intérêt se tasser, à l’inverse de la Guerre des mondes qui m’a procuré un grand plaisir assez inattendu qui confirme le flair de ki-oon pour dénicher des pépites presque à chaque publication. Les aventures de Goku passent elles sans grand intérêt mais sans inquiétude non plus sur un probable rebond dès le mois prochain.

  • Blue period #8 et 9 (Yamaguchi/Pika) – 2022, 208p./volume, 9/12 vol. parus.
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Merci aux éditions Pika pour leur confiance!

 

blue_period_8_pikaVolume 8: ce huitième tome se partage en deux parties. Une première voit Yatora rencontrer un nouveau camarade un peu pot de colle et avec qui le courant ne passe pas vraiment. Le voilà embarqué dans des beuveries un peu contre sa volonté alors que les premières années doivent rendre un travail qui demande à notre peintre de se documenter sur le quartier de Shibuya qui l’avait tant inspiré lors de sa préparation du concours. Par la suite il découvre que les vacances estivales sont destinées à préparer la grande parade de l’Ecole en Septembre, exigeant un énorme travail d’équipe pour réaliser un char de toutes pièces. Si la créativité de ces jeunes artistes est tous les jours impressionnante, l’épuisement guette néanmoins ces passionnés. Tome un peu moins prenant du fait des séquences culturelles sur Tokyo, ses quartiers, sa gastronomie, qui n’intéresseront peut-être moins les lecteurs qui suivent Blue Period avant tout pour l’apprentissage artistique. Heureusement la seconde partie retrouve la fluidité et l’interaction entre personnages qui font tout le charme de cette série depuis le début.

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blue_period_9_pikaVolume 9: on enchaîne sur la fin de la construction du char et la fête qui s’ensuit puis après un épisode de découverte de Velasquez les étudiants entament un travail sur les techniques de la fresque et de la mosaïque. Toujours mal dans ses pompes Yatora navigue entre doute artistique et relations toujours faciles avec ses camarades… hormis avec le très complexe Yotasuke. Ce volume continue ainsi d’explorer les différentes facettes psychologiques du monde de l’art, avec les figures de professeurs parfois très originaux et des questionnements sur le moment où l’on devient un artiste, la différence entre profs et étudiants dans la relation à l’art (des étudiants ne peuvent-ils pas être plus doués que des prof?). L’enchaînement des séquences reste assez brutal et n’aide pas à suivre le cheminement de l’autrice qui par moment semble perdue dans ses pensées et souvenirs d’étudiante en école d’art. Ça reste intéressant et cohérent avec l’état psychologique un peu chaotique de son personnage mais on perd un peu en intérêt didactique.

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    • La guerre des mondes #3 (Yokoshima/Ihata/Wells) – 2022, 192 p./volume, 3/3 volumes parus, série finie.
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Merci aux éditions Ki-oon pour leur confiance!

guerre-des-mondes-3-ki-oonCette très belle série, beaucoup plus ambitieuse qu’il n’y parait, se termine donc sur ce troisième tome qui parvient à accentuer l’intérêt scénaristique alors que la conquête semble passer à un nouveau stade et que le héros découvre la source des terrifiants engins martiens et leur méthode génocidaire. Les deux précédents volumes décrivaient principalement des destructions et la sidération de certains personnages. Un peu moins de scènes de destruction ou de bravoure ici mais le constat de la perte de santé mentale de certains et une avancée certaines dans l’intrigue puisque l’on découvre l’organisation d’une forme de résistance aux martiens. En se basant sur le matériau d’origine les auteurs gardent une certaine contrainte qui explique la brutale conclusion, mais le tout est très intelligemment mené et fait de cette trilogie l’une des versions les plus intéressantes que l’on ait pu lire de ce grand classique de la littérature SF.

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  • Dragonball Super #16 (Toriyama-Toyotaro/Glénat) – 2022, 176 p./volume, 16 volumes parus, série en cours.

bsic journalismMerci aux éditions Glénat pour leur confiance!

dragon_ball_super_16_glenatOn continue sur ce nouvel arc original de la série bientôt quarantenaire (!!!)… qui malheureusement fait retomber les ardeurs perçues sur le quinzième tome. Pendant que Goku s’entraîne avec l’Ange Whis, Vegeta s’entraîne avec Beerus le dieu de la destruction… vous comprendrez comme moi vers quoi on s’oriente, notamment dans l’optique d’une fin possible (quand-même) de la série. L’idée est fort séduisante et aurait l’intérêt de la cohérence après tant de combats contre les plus dangereuses menaces de la Terre/galaxie/Univer(s)…  A côté de cela on nous fait suivre l’itinéraire de ce nouveau personnage « céréalien » qui va se retrouver doté de capacités gigantesques grâce à une des plus grosses feignantises scénaristiques de l’histoire de la saga. Pendant ce temps toujours pas de Freezer à l’horizon et on se demande bien comment Toriyama va se débrouiller pour éviter la redite en annonçant un nouvel affrontement contre « l’armée de Freezer ». Bref, ce tome ne brille vraiment pas par son scénario et n’a ni personnage charismatique ni combat rageur pour nous réveiller. Hormis le jeu avec Beerus et Whis qui fonctionne toujours bien on est donc franchement sur un intermède paresseux.

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***·Cinéma·Comics

Jupiter’s Legacy: la série

Salut à tous!

On commence cette semaine avec un retour sur la série Netflix dont la première saison de huit épisodes est diffusée à partir de mai 2021. Si vous ne savez pas de quoi on parle allez jeter un œil sur l’une des plus enthousiasmantes revisitation du thème superslip depuis Watchmen (si-si!) dont les chroniques des deux albums sont sur le blog (ici et ici). Qui dit deux albums dit deux saisons prévues (et peut-être trois puisque le spin-off en comics Jupiter’s circle développait le passé des super-héros)… qui s’arrêteront au milieu du gué. En effet, de manière assez incompréhensible, moins d’un mois après la mise en ligne de cette série à gros budget adaptée d’un monument BD Netflix annonçait l’annulation du show qui n’aura donc (probablement) jamais de conclusion. Les amis de Comicsblog ont depuis détaillé les raisons, principalement financières et de production, qui ont de fait avorté le projet avant même sa sortie. Un destin tragique mais de moins en moins rare dans les studio hollywoodiens très financiarisés (c’est un comble quand on connaît le thème de Jupiter’s legacy!) où le succès public et critique des créations audiovisuelles ont de moins en moins d’effet sur leurs suites (dernièrement avec la saga Snyder et ses projets chez DC où on rappelle que le mal aimé Dawn of Justice a rapporté 873 millions de dollars dans le monde, ce qui n’a pas suffit pour maintenir Zack Snyder à la baguette).

Alors que sort cette semaine la suite du comics original (et en attendant le second Magic Order dessiné par Immonen!!!) il est temps de revenir sur la version audiovisuel et de vous confirmer à la fois que le visionnage vaut le coup et combien il est dommage que la plus intéressante partie ne nous soit jamais montré (enfin, on fait confiance à Millar et Quitely, producteurs exécutifs, pour relancer la machine si les comics cartonnent). Le premier élément positif porte sur l’adaptation, un véritable travail de réappropriation qui ne se contente pas de transposer les scènes de la BD. Cette première saison alterne en effet deux époques, l’année 1939 qui a mené aux super-pouvoirs des personnages et notre époque où le code moral de l’Union est battu en brèche par l’évolution de la violence. Si la famille dysfonctionnelle d’Utopian est présentée, le cœur du show repose sur la jeunesse des premiers héros, dans une esthétique rétro très élégante et qui permet aux acteurs de montrer leur talent. Sans grosse tête d’affiche (économie pertinente), Jupiter’s legacy permet aux acteurs de s’exprimer avec charisme et sans le ridicule (il faut le dire) des perruques et costumes de l’autre époque.

Les lecteurs de la BD ne s’ennuieront donc aucunement puisque c’est une histoire presque originale qui nous est narrée (du moins placée entre les évènements du comic), en repoussant à la saison deux toute la partie politique et « occupy wallstreet » qui faisait le sel si radical du projet. C’est intelligent car cela permet de rester grand public tout en permettant la bascule entre deux parties. D’où la frustration, partiellement compensée par l’aspect origin story qui nous fait comprendre comment les originels se sont rendus sur l’Ile (pour rappel une énorme ellipse les y envoyait chez Millar et Quitely). La surprenante folie d’Utopian permet aussi d’expliquer sa morale d’airain sur le Code (qui renvoie bien entendu au Comic code Authority des comics que Millar a largement mis à terre dans son œuvre) et décortique un peu plus l’amitié très forte avec le futur Skyfox.

Clairement la partie contemporaine, outre des look assez kitsch pour les héros, est la plus faible et semble bouche-trou puisqu’il n’est pas vraiment prévu que le scénario ne se révèle avant la saison suivante. Étant donné l’historique de ce show il est donc préférable de prendre ce visionnage comme un bonus servant de prequelle à la BD et qui peut presque se suffire à lui-même de cette manière. Comme je l’ai dit, les acteurs sont vraiment impliqués et plutôt bons (avec notamment un excellent Walter Sampson avec des airs de Tom Hiddleston), quelques belles séquences de combat et d’effets spéciaux sont proposés et la mise en scène est tout sauf honteuse en regard de ce qui se fait sur Netflix. Les stat de visionnages avaient d’ailleurs confirmé une plutôt bonne accroche pour un budget certes conséquent mais moindre que Stranger things ou The Witcher (dont les retours sont plutôt moyens). Bref, encore un bien beau gâchis créatif qui montre combien la gestion de la production est souvent plus importante que le talent créatif ou l’originalité d’un projet.

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Manga en vrac #28: La Métamorphose – La Divine comédie – L’Iliade et l’Odyssée

Le Docu BD

Format mixte aujourd’hui puisque je vous propose une fournée de manga documentaires issus des différentes collections des éditeurs Kurokawa et Soleil, collection dont vous avez probablement déjà entendu parler en parcourant ce blog…

  • La métamorphose (Sugahara-Kafka/Kurokawa) – 2022, 176p., collection Kurosavoirs, one-shot.

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Merci aux éditions Kurokawa pour leur confiance!

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Après quelques très bonnes pioches chez Kurosavoirs, notamment avec la nouvelle sous-collection des Grandes figures de l’Histoire et sa réalisation de grande qualité, on tombe très bas avec cette « adaptation » de la Métamorphose de Kafka dont les dessins sont franchement rebutant. En choisissant de transposer l’intrigue de cette fable absurde dans le Japon contemporain, on perd en outre l’aspect documentaire et historique qui aurait pu permettre de s’appuyer sur des éléments vintage. Si l’histoire suit assez fidèlement le court roman, aucune analyse ne vient aider à comprendre l’intérêt de cette absurdité. Le choix de cette œuvre pour une adaptation manga aurait justement nécessité soit des dessins de qualité soit une variation dans l’horreur. Or les auteurs ont choisi la forme d’un manga semi-humoristique grossier. La lecture en devient pénible et on ne garde pas grand chose, encore moins l’envie de lire l’original, c’est un comble!

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  • La divine comédie (team Banmikas/Soleil) – 2021 (2008), 192p./volume, one-shot, collection « Classiques en manga ».

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Merci aux éditions Soleil pour leur confiance.

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La Team Banmikas s’est spécialisé depuis plus de dix ans dans l’adaptation manga de grands classiques de la littérature ou de la pensée scientifique. Si leurs manga ne brillent pas par une technique graphique très sophistiquée, ils ont acquis l’expérience de rendre (souvent) accessibles des œuvres pointues, comme cette Divine Comédie, Chant médiéval en huitains  développant autant l’importance de la foi chrétienne que les actions de nombreux personnages contemporains de Dante. La bonne idée du studio est d’avoir regroupé dans un manga court les trois chants (L’Enfer, le Purgatoire et le paradis)  en synthétisant à l’extrême, ce qui aboutit à une grande partie du volume dédiée aux cercles de l’Enfer. Cette première partie de l’œuvre est en effet la plus « graphique » et propice à quelques visions des peines que subissent les pécheurs. Le récit est donc totalement linéaire, Dante n’étant qu’un spectateur de son propre voyage accompagné du poète latin Virgile, à la recherche de son âme sœur Beatrice. Sans grand intérêt graphique, cette proposition aura néanmoins le mérite de permettre facilement à un large public d’avoir une idée de ce qu’est cet ouvrage majeur de la littérature mondiale, faute de montrer son influence (là aussi majeure) sur l’imaginaire graphique jusqu’à aujourd’hui. Une lecture facile bien que très modeste. Pour info Go Nagaï (l’auteur de Goldorak) a déjà proposé une version de la Divine Comédie.

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  • L’iliade et l’Odyssée (Banmikas/Soleil) – 2021 (2011), 224p./volume, série finie en 4 tomes.

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Merci aux éditions Soleil pour leur confiance.

iliade_odyssee_soleilOn termine par une bonne surprise, cette version (très) compacte des deux récits d’Homère, qui fait un très bon boulot de vulgarisation en condensant à l’extrême les quarante-huit chants des deux œuvres. Si les dessins sont minimalistes mais tout à fait acceptables, le travail de condensation a impliqué des coupes assez franches qui surprennent parfois la lecture. Cela est renforcé par l’articulation narrative originellement entrecroisée, voir chaotique, des œuvres, ainsi lorsqu’on commence l’Odyssée sans grande explication de ce que fait Ulysse sur l’ile de Calypso. Il ne faut donc pas en vouloir aux auteurs du manga même s’ils auraient pu retravailler leur intrigue pour la rendre plus fluide. On reconnaîtra donc une démarche de grande fidélité au matériau d’origine tout en permettant une lecture assez accessible malgré la profusion de personnages et de peuples. L’adaptation partie de la source n’a pas dû être facile! Certaines coupes franches ont en revanche été faites sur la partie la plus sympa, l’aventure d’Ulysse, où sont passés sous silence le passage de l’Hadès, les Lotophages, Circé ou Charybde et Sylla pour n’aborder que le retour à Ithaque. Un peu frustrant sur la seconde partie donc mais l’Iliade permet de réviser ses classiques et à certains de découvrir ces récits majeurs de la littérature mondiale.

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Furioso #1: Garalt est revenu

Premier tome du diptyque écrit par Philippe Pelaez et dessiné par Laval NG. Parution chez Drakoo le 06/04/22.

Merci aux éditions Drakoo pour leur confiance.

Geste brusque

Les lecteurs réguliers du blog connaissent désormais notre appétence pour la fantasy et les récits inspirés de la geste arthurienne. Avec Fusioso, nous avons ici une adaptation graphique d’Orlando Furioso, le Roland Furieux du poète italien L’Arioste, qui fait suite au poème chevaleresque Roland Amoureux. Écrit au 16e siècle, le Roland Furieux est un long poème composé de 46 chants, qui est considéré aujourd’hui comme une inspiration majeure du genre heroic fantasy.

Rendu fou par l’amour non réciproque qu’il voue à la princesse Angélique, Roland, le neveu du Roi Kaarl (Charlemagne) se jette à corps perdu dans la guerre contre les Morts (les Maures dans la version originale), et au cours d’une bataille, tue Garalt (Roger). Garalt, outre son charme ténébreux, était considéré comme le meilleur chevalier au monde, un guerrier invincible. Rangé du coté des Morts, sa défaite des mains de Roland a marqué un tournant décisif dans la guerre, poussant Roland dans uns spirale de violence toujours plus cruelle.

Huit hivers après sa disparition, Garalt revient d’entre les morts, sous l’influence de la fée Alcyna, qui espérait gagner ainsi le cœur du vaillant guerrier. Mais ce dernier n’a d’yeux que pour Bradamante, la farouche guerrière qui est aussi la mère de son enfant, et va, sous couvert d’une fausse identité, participer en même temps qu’elle à la grande joute pour pouvoir l’approcher. Et pendant ce temps, évidemment, la fée Morgane complote pour renvoyer Garalt dans l’Outre-Monde, en attisant la folie de Roland et sa haine de Garalt.

Depuis la création de la maison d’édition Drakoo, son directeur artistique Arleston ne s’est pas privé d’agrémenter son catalogue avec des propositions rappelant les grandes heures des éditions Soleil, dont il était l’un des piliers. Le genre de la fantasy n’est donc pas étranger à Drakoo, qui nous a servi plusieurs incursions plus ou moins inspirées dans ce genre pléthorique.

Cependant, si l’on pouvait reprocher aux dernières sorties (je pense notamment à Danthrakon ou Démonistes) de singer trop grossièrement le style « Lanfeust« , ici, le fait que ce soit l’adaptation d’une œuvre littéraire aide à ancrer l’histoire dans un cadre moins bouffonesque et plus sombre. L’album bénéficie bien évidemment de l’écriture impeccable et exigeante de Philippe Pelaez, qui parvient sans mal à redonner du corps au poème italien.

Malheureusement, malgré sa qualité, l’album semble souffrir du syndrome « Valérian », je m’explique. Valérian et Laureline est un classique de la BD Franco-Belge, créée en 1967 par Pierre Christin et Jean-Claude Mézières. Précurseurs de la SF, les auteurs ont imaginé un univers cosmopolite qui a inspiré de nombreux auteurs, Georges Lucas en tête. L’influence de Valérian et Laureline fut telle que lorsque la BD fut adaptée au cinéma, ce qui en faisait un œuvre visionnaire à l’époque de sa sortie s’était dilué dans toutes les autres œuvres qui s’en étaient inspiré depuis lors (à noter qu’il s’est produit un phénomène similaire entre Seinfield et les sitcoms américaines). Le film a donc été un échec, car certainement perçu comme « pas assez original », voire « pompé sur Star Wars ».

Dans le cas qui nous intéresse, adapter directement un récit ancien qui a influencé les auteurs modernes autour d’un genre particulier donne nécessairement lieu à un sentiment de déjà-vu. Garalt ? On ne peut s’empêcher de penser à Geralt de Riv, le héros de The Witcher. Les intrigues politiques ? Game of Thrones. Vous l’avez compris, c’est le syndrome Valérian.

Le style si particulier de Philippe Pelaez trouvera ses admirateurs dans son exigence et sa maîtrise stylistique indéniable, déjà vue récemment sur Enfer pour aube, mais d’autres pourront trouver la narration par trop sophistiquée. On ne pourra cependant pas lui reprocher de chercher à transcrire une œuvre classique dans une BD fantasy. Car le projet, modeste dans sa tomaison heureusement, vise un certain classicisme où l’on retrouve le très qualitatif dessinateur d’Alter dans une technique qui emprunte cette fois autant à Mezière qu’à Druillet, dans leur aspect le plus foisonnant… jusque dans une mise en couleur un peu old school et qui écrase sans doute la finesse des planches. Si l’intrigue classique ne surprend guère, l’imagination graphique de l’artiste impressionne et montre une passion et une implication importante sur ce projet où l’on retrouve un syncrétisme mythologique allant chercher en Bretagne, dans la Geste chrétienne comme en scandinavie.

Au final on retrouve dans cette adaptation (accompagnée par un descriptif universitaire de la source pour les lecteurs les plus pointilleux) toutes les qualités d’un scénaristes qui a démontré depuis plusieurs albums sa qualité et son implication. Il permet à son compère de sublimer un matériau certes éculé mais que les plus habitués à la fantasy sauront apprécier dans son univers référentiel très important. C’est ce qu’on attend d’une bonne adaptation, non?

Billet écrit à 4 mains par Blondin et Dahaka.

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Frankenstein

La BD!
BD de George Bess
Glénat (2021), 205 p., One-shot.

Le volume comprend dix-sept chapitres dotés d’une page de titre pour chacun et un cahier graphique final de cinq illustration n&b. Comme pour Dracula une édition prestige grand format dotée d’une couverture différente est parue en simultané aux éditions Glénat.

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bsic journalismMerci aux éditions Glénat pour leur fidélité.

Il y a deux ans le magistral dessinateur du Lama Blanc proposait un magnifique cadeau de Noël en une monumentale adaptation du roman original de Bram Stoker, Dracula. Après une assez discutable version SF new-age de Au cœur des Ténèbres, Bess enchaîne sur ses adaptations de la littérature gothique avec cette fois le monstre de Frankenstein, sous-titré Le Prométhée moderne par son autrice Mary Shelley. A noter que la trilogie de Philippe Pelaez centré sur les auteurs gothiques du XIX° se conclut le mois prochain autour de Mary Shelley également.

https://www.ligneclaire.info/wp-content/uploads/2021/11/Mary-Shelley-Frankenstein-3.jpegSi Dracula souffrait comme principal problème de la vision du film de Coppola passée dans l’imaginaire collectif, il profitait d’un récit très efficace, rythmé et varié dont l’inspiration graphique était évidente chez l’auteur. Frankenstein est publié presque un siècle avant Dracula et l’on retrouve dans l’adaptation graphique certaines failles désuètes d’un récit par moment redondant. L’album est structuré sur trois récits (le carnet du capitaine du navire arctique qui recueille Victor Frankenstein, le récit de ce dernier et enfin le récit que le monstre lui fit jadis) que Bess parvient avec souplesse à articuler dans son roman graphique. Bien plus naturaliste que gothique, l’histoire nous fait suivre sur une bonne partie les pérégrinations du monstre dans la Nature sauvage et son observation de l’humanité. Le cadre de roman initiatique (tout de même très sombre) est sur ce point intéressant avec un personnage naïf découvrant dans sa chair la violence inhérente à l’humanité et la contradiction avec sa propre nature bienveillante en contradiction avec son apparence monstrueuse. Si les hommes paraissent bons ils ont ainsi un fond malveillant et craintif, à l’inverse du monstre.

Graphiquement si Georges Bess sait toujours aussi bien inspirer des paysages, des ambiances et des corps, il semble plus engoncé avec son matériau qui tourne en grande partie autour d’une créature qui ne permet pas tellement d’expérimentations. Les planches restent très belles mais reproduisent les mêmes thèmes, ce qui par moment lasse un peu. Les parties les plus intéressantes sont les observations naturelles de Frankenstein puis de sa créature ainsi que les visions arctiques où le trait tranché de Bess subjugue dans une grande esthétique.

Frankenstein en BD: quand Georges Bess s'attaque à un monstre sacré -  Bubble BD, Comics et MangasDoté d’un récit plus plat et sans doute plus philosophique (donc moins graphique) que Dracula, ce Frankenstein réussit donc moyennement le succès précédent du fait d’une matière plus difficile. Avec un projet d’adaptation littéraire il n’était pas possible de dévier de la ligne et ces limites sont donc peu imputables à l’auteur. Par moment on ressent toutefois la dureté de ce que vit le monstre et l’on sent poindre l’émotion de cet être pur enfermé dans une gangue monstrueuse et toute la violence du monde s’abattre sur ses épaules. On pourra peut-être regretter un manque de rythme et d’action qui auraient pu nous emporter dans une action qui fait ici défaut.

Le projet n’en reste pas moins monumental, un travail colossal, intéressant, et que l’on espère reproduire sur d’autres textes gothiques.

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Claude Gueux

La BD!
BD de Séverine Lambour et Benoit Springer
Grand Angle (2021), 70 p, one-shot.

Claude Gueux est un court roman d’une centaine de pages de Victor Hugo, paru en 1834, deux ans avant le plaidoyer abolitionniste Dernier jour d’un condamné. A la lecture d’un fait-divers, le futur auteur des Misérables voit l’illustration de ce que la misère sociale et la violence de l’Etat créent une criminalité non voulue, à l’inverse d’une vision bourgeoise clamant l’immoralité congénitale des classes laborieuses. Pamphlet réaliste et moral, Hugo y traite des conditions carcérales via un colosse sage et bon qui préfigure le futur Jean Valjean.

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bsic journalismMerci aux éditions Delcourt pour leur confiance.

Benoit Springer et Severine Lambour travaillent ensemble depuis quelques temps. Le premier avait démarré sa carrière tambour battant sur la trilogie Terre d’ombre, en même temps qu’un certain Mathieu Lauffray avec lequel il partage un style fort, à la fois sauvage et précis. A l’inverse de l’auteur de Long John Silver, Springer a beaucoup évolué graphiquement ces dernières années, me laissant sur le carreau dans la trilogie vampirique Volunteer (sortie en même temps que les Rapaces de Marini) dont j’avais adoré les premiers volumes avant de décrocher sur une conclusion où le trait partait à l’épure, au brouillon, rompant totalement l’harmonie graphique. Par cette petite introduction je voulais montrer l’exigence (et les hésitations) artistique d’un auteur qui semble avoir fui les sirènes du grand public pour des créations plus intimistes à la fois thématiquement et dans une recherche graphique pas toujours facile à suivre.

Les Sentiers de l'Imaginaire:::Pourtant Benoit Springer a un sacré talent! Ce projet émotionnellement très puissant (on n’adapte pas Victor Hugo à la légère!) frise l’épure. Doté de très peu de textes, l’album porte essentiellement sur un découpage lent, répétitif mais extrêmement parlant, jouant sur les regards et les champs-contre-champs pour faire ressentir l’incompréhension d’un homme bon, calme, bon camarade qui assume sa faute (le vol de pains et de bois pour son fils et sa femme) en purgeant une peine qu’il ne conteste pas. Le cadrage suit Gueux à chaque instant et les planches ne visent pas le misérabilisme. Très fort pour croquer des visages réalistes, Springer apporte une matière à ses dessins par des estompes charbonnées. A la fois précis dans les décors et dans des gueules incroyablement expressives, il donne forme à la simplification documentaire que vise le texte original, comme un BRUT en format BD.

Le propos de l’album n’est pas tant les conditions de détention (comme le violent Vagabond des étoiles, adapté de Jack London, un frère de plume de Hugo) mais plutôt l’absurdité et la toute puissance d’un directeur qui brime parce qu’il le veut. Nous n’aurons pas de scènes violentes classiques des récits de prison. Les prisonniers ne semblent pas maltraités… seulement Claude Gueux est un colosse à qui la maigre ration ne suffit pas. Il se lie alors d’amitié avec un autre prisonnier, son « ami » qui lui cède la moitié de sa ration. Lorsque le directeur décide de les séparer Gueux conteste à la fois sa maigre pitance et le fait de le brimer gratuitement. On ne dit ni ne montre rien des faveurs sexuelles probable entre les deux « amis » car c’est une fable que cet album, montrant des être simples face à l’absurdité sociétale. Les auteurs veulent rester centrés sur le propos en évacuant tout pathos. Les plus grands textes humanistes se concentrent sur la raison pure: qu’est-ce qui justifie qu’un homme de loi, un homme au pouvoir, refuse le seul plaisir d’un autre résumé à des relations humaines? Aucune sanction n’est présentée, Gueux est un prisonnier modèle qui présente poliment des demandes vitales: a manger dignement et un contact humain. Il va jusqu’à dénouer une révolte par sa seule aura. Mais cela ne suffit pas. Victor Hugo a toujours dénoncé le pouvoir qui par son seul fait permettait des injustices, sans autre justification que le bon vouloir. C’est ainsi bien les réminiscences de l’absolutisme contre le droit qui est pointé symboliquement.

L’album n’aborde pas la dernière partie du roman qui a trait à la peine de mort elle-même. Il s’achève à la vue de l’échafaud en posant la question de l’intérêt rationnel pour une société de décapiter d’honnêtes gens que la seule injustice de l’Etat pousse au crime. Et de rappeler que seule l’éducation, en formant la morale, en formant au métier, permettra de réduire une violence issue directement de l’inégalité et de l’injustice. De la première à la derrière planche les auteurs parviennent à donner corps à un propos profond, essentiel, et central dans l’œuvre de Victor Hugo. Du fait de son origine et de son thème on aurait souhaité une prolongement par un cahier documentaire qui aurait permis à l’ouvrage de hisser encore plus son sujet. Dommage, mais l’album en lui-même est une sacrée réussite alliant la forme au fonds.

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Gun Crazy #2 – Elric #4

La BD!

Aujourd’hui deux sorties récentes de chez Glénat, deux séries qui se clôturent, rapidement pour la première, après neuf ans pour la seconde! Et comme vous le savez elles ne sont pas si nombreuses les séries qui parviennent à maintenir une cohérence et une qualité de bout en bout. C’est le cas pour Gun Crazy et Elric. Allez on part entre Vegas et Melniboné pour deux virée saglantes…

bsic journalismMerci aux éditions Glénat pour leur confiance.

  • Gun crazy #2 (Steve D-jef – Glénat) – 2021, 117p., diptyque achevé.

couv_422214Le premier volume sonnait comme une superbe déclaration d’amour aux VHS pirates des années 80. Si Ramirez est la version Tony Scott luxueuse du concept, Gun Crazy est plus proche de l’univers défoncé de Michael Sanlaville et son Lastman. Maintenant que tous nos protagonistes sont à Vegas, il n’y a plus qu’à… Et en bon scénario tarantinesque ça ne se passe pas totalement comme prévu avec d’improbables incidents qui perturbent les plans biens huilés de ces anti-héros, à commencer par ce chien (le chien indiens-phobe de Chuck Norris pour rappel) redoutable et imprévisible. Jef se fait toujours autant plaisir à travailler ses planches par des couleurs baveuses délavées et autres effets eyefish qui laissent intrigués sur les optiques utilisés pour la réalisation du bidule… Après une mise en place si bien construite les personnages secondaires se retrouvent un peu relégués face à l’affrontement attendu entre Superwhite-man et les deux lesbiennes. Dans la continuité du premier tome on a de nouveau droit à un intermède publicitaire toujours aussi délirant et le tout se termine bien entendu dans des morts bien gores. Le cahier des charges était posé et on en a pour son argent pour peu que l’on accroche à ce délire graphique totalement maîtrisé bien qu’esthétiquement douteux. Une fois qu’on sait à quoi s’attendre il n’y a plus qu’à savourer cette série Z avec une bonne bière en regrettant peut-être que le « montage » ait pris le pas sur un scénario qu’on aurait pu attendre plus surprenant. Mais ne boudons pas le plaisir devant un boulot si rondement mené, maintenant qu’il est compliqué de pouvoir lire ce qu’il reste de vos vieilles K7…

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  • Elric #4: la cité qui rêve (Blondel – Cano – Telo/Glénat) – 2021, 55p., premier cycle de 4/4 achevé

Pour l’avis sur les trois premiers tomes c’est ici.

Après les révélations du tome précédent sur le passé des Melnibonéens, Elric, plus décidé que jamais à détruire la civilisation qui l’a faite empereur et à émanciper sa belle de l’idéologie du chaos monte une expédition pour aller aux sources de son peuple, là où tout commence, là où Arioch corrompit les hommes… Le premier cycle qui se termine ici a mis huit ans à se réaliser, faisant rouler les dessinateurs de Recht à Telo, en solo sur cet opus, tout en parvenant à maintenir une relative homogénéité graphique sur les quatre volumes. Car comme tout gros projet tenu par un maître d’œuvre (je pense aux 5 terres) le travail de storyboard et de préparation graphique crée un liant important. J’avais un peu décroché sur les deux précédents tomes et je dois dire que j’ai apprécié le retour à Melniboné dont la démesure est un élément indéniable dans l’intérêt de cette adaptation par rapport à la ribambelle de BD de fantasy. La relation entre Elric, son épée et le dieu Arioch est particulièrement retorse et pathétique (littéralement) et crée un vrai intérêt bien que l’on reste toujours un peu sceptique devant cet empereur déchu d’un peuple ultra-violent devenu presque pacifique dans son adversité envers les dieux. En seulement cinquante pages l’histoire avance vite dans une construction dotée d’un prologue enchevêtré très originalement mis en scène par Blondel et Cano, où les morts seront bien sur nombreux, avant d’aborder une énième confrontation (sanglante) entre le dieu et l’albinos. Le thème du temps est abordé ici (sujet toujours passionnant) avant une attaque de l’île aux dragons un peu rapide bien que graphiquement flamboyante… Bref, on pourra principalement reprocher à cet album de ne faire que la taille d’un album normal au vu de la quantité de lieux et d’actions à entreprendre. On imagine qu’une pagination doublée aurait encore prolongé la production qui reste d’une très grande tenue en parvenant à vulgariser une œuvre classique dotée de sa personnalité propre.

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****·BD·La trouvaille du vendredi·Littérature·Rétro

Le journal d’Anne Frank

BD d’Ari Folman et David Polonsky
Calmann-Levy (2017), 162p., one-shot.

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Le Journal d’Anne Frank est un monument auquel il est difficile de toucher de par son lien avec la Shoah et l’exceptionnelle émotion que sa lecture procure. Publié par le père d’Anne, rescapé de la Guerre, en 1947 aux Pays-Bas, il est adapté dans les années cinquante au théâtre et au cinéma, avant de voir d’autres adaptations pour les cinquante ans de la mort d’Anne. Les années deux-mille dix voient un renouveau des adaptations à l’approche de l’entrée dans le Domaine-Public du texte. Un conflit juridique commence avec le Fonds Anne Frank, chargé par le père de gérer l’héritage du texte. C’est cette fondation qui commande au réalisateur israélien Ari Folman une adaptation du texte en BD.

Le journal d'Anne Frank - roman graphique de Anne Frank, Ari Folman, David  Polonsky - BDfugue.comPour qui comme moi a lu le livre à l’âge recommandé (à tort), vers douze ans, on ne peut qu’être sidéré par la modernité, la maturité et la qualité d’écriture de la jeune fille qui a treize ans lorsqu’elle se retrouve enfermée, deux années durant, dans une maison cachée en compagnie de ses parents, sa grande sœur, et de deux autres familles. Comme il l’explique dans la passionnante post-face, Folman et son dessinateur commencent l’album de façon très graphique pour progressivement laisser plus de place au texte original sur la fin, à mesure que les réflexions intimes d’Anne deviennent trop complexes à mettre en image. Si l’adaptation proprement dite occupe donc une grosse moitié de ce gros volume, les moments les plus impressionnants, là où on réalise la force du propos, c’est quand on se retrouve ainsi plongé dans ce journal intime d’une fille qui ne semble pas voir la mort arriver mais souffre seulement de ne pouvoir vivre pleinement son adolescence et ses amours naissantes.

D’abord illustratif des derniers jours de liberté de ces gens, l’album nous montre la vie des années quarante aux Pays-Bas, plein de l’humour que dégage Anne en permanence, un sarcasme envers ces adultes si puérils dans leurs exigences matérielles. Probablement enfant précoce, Anne Sandra Marrs+John Chalmers on Twitter: "The annex also really comes  visually alive, more so for us than in the original diary. After reading  the original we went to see the house toanalyse avec une acuité et un détachement fous ses relations avec sa mère, vue très durement, aves sa sœur, la perfection incarnée et avec son père auquel elle voue une admiration excluant tout autre. L’absence de progressivité narrative aurait pu rendre la lecture compliquée. Il n’en est rien grâce à ces planches très libres qui montrent des saynètes de la vie tragique des Frank sans chercher à ajouter de la matière exogène au texte. En cela la fidélité avec le matériau est remarquable et le projet totalement abouti en permettant une facilité d’immersion (par le graphisme) sur un texte dont l’aspect historique voir scolaire pourrait rebuter. Au contraire cette adaptation est pleine de vie, d’une joyeuseté qui semble n’avoir jamais quitté Anne tout au long de sa captivité.

L’immense qualité de cet ouvrage est de donner envie de se replonger dans le texte intégral après avoir été sidéré par la maturité de réflexions (sur elle come sur ses contemporains ) d’une jeune fille qui explose de vie à chaque page. Ce qui rend son destin d’autant plus tragique et émotionnellement profondément touchant.

A partir de 12 ans.

 

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****·BD·La trouvaille du vendredi·Rétro

La délicatesse

BD de Cyril Bonin
Futuropolis (2021), 92p., one-shot.
Adapté du roman de David Foenkinos.

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Nathalie est un ange. Alors que tout lui réussit, un drame la plonge dans une fuite en avant professionnelle où la vie et les relations humaines semblent lui être désormais interdites. Jusqu’à ce qu’elle rencontre Markus, petit employé de son entreprise chez qui rien ne l’attire. Mais la vie réserve des surprises…

Très peu attiré par ce genre de littératures pas plus que ce genre de BD, je suis tombé sur La Délicatesse par hasard, intrigué par l’adaptation d’un best-seller de l’édition et ces teintes pastelles plutôt agréables. Et je me suis laissé prendre à cette histoire simple comme la vie et racontée principalement en narration. Ne vous arrêtez pas au pitch semblant destiné à une adaptation ciné dans le mode cliché des oppositions. Cyril Bonin ne se laisse pas avoir par la tentation d’appuyer sur l’idée de la Belle et la Bête. Si son héroïne est bien présentée comme un ange, belle, délicate, brillante, elle n’en est pas pour autant suffisante. Markus lui n’est pas si moche, pas si médiocre qu’on aurait pu le craindre. L’auteur préfère mettre en contact deux personnes qui ne semblaient pas faits l’un pour l’autre mais que la vie fait se rencontrer. Comme le mari de Nathalie rencontré dans la rue. 

La Délicatesse, bd chez Futuropolis de Foenkinos, BoninComme souvent dans ce genre d’histoire c’est par les textes, les dialogues et les récitatifs, que se noue l’étincelle. Un peu comme sur Le tueur, on contemple la vie de Nathalie et les jolies formules qui font prendre de la hauteur. Le dessin n’est pas particulièrement marquant (Bonin vient pourtant des Arts Décoratifs….) mais accompagne le texte avec un sens du cadrage très élégant, en se focalisant essentiellement sur les regards. Et cela fonctionne malgré la simplicité du trait. Car de par l’omniprésence du texte on est pris par une musique permanente qui nous fait glisser sur les cases. A noter que la BD a été réalisée après la sortie du film (que je n’ai pas vu) qui l’a sans doute influencé tant on sent le caractère cinématographique du projet.

La Delicatesse c’est l’histoire de la simplicité, de la spontanéité de ce suédois semblant tombé de la Lune que la perfection de sa belle n’impressionne pas plus que ne le fait son gros directeur dominateur. C’est la convention bousculée déclenchée par une pulsion venue d’on ne sait où. C’est la vie qui prends le dessus sur le deuil et sur la norme et c’est cela qui est très beau dans cet album… délicat.

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*****·Actualité·Cinéma·Comics·East & West·Rétro

Jupiter’s legacy: l’adaptation Netflix

Jupiter's Legacy - Série TV 2021 - AlloCiné

Ça a mis le temps mais on y est: le chef d’oeuvre de Mark Millar et Frank Quitely, le diptyque qui a révolutionné la BD de super-héros est visible depuis aujourd’hui sur Netflix pour une série live. En attendant de voir ce que donne cette première concrétisation du rachat des œuvres de l’écossais (à l’origine de Superman Red Son, Old man logan, Civil War, Kick ass, The magic order ou encore Kingsman…!!!) par la plateforme (Magic Order, Sharkey et Space bandits sont également en travaux) je vous rappelle les billets chroniquant le comic que vous devez impérativement lire si ce n’est déjà fait!

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