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Sushi & Baggles #29

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Des trouvailles comics et Manga assez rafraîchissantes cette semaine, avec trois séries que je vais continuer avec plus ou moins d’envie mais sans se forcer non plus…


  • Mighty Thor #1 (Aaron/Dauterman-Molina/Pannini) – 2017, 128p.

badge numeriquecouv_304262Passé le buzz de la sortie de l’album autour de ce Thor féminin, que vaut cet arc par l’auteur du génial Massacreur de dieux? Le premier volume est assez étrange puisque les deux-tiers du volume dessinés par Russel Dauterman sont un enchaînement de bastons parcourues de bons mots et sans grand intérêt en l’absence de dimension épique. Thor est un dieu, il est déjà mort, est immortel, on ne sait plus trop, bref. Pour peu que vous suiviez un petit peu l’actu des comics vous savez déjà qui est cette Thorette et perdrez donc beaucoup du pseudo mystère qu’essaye d’instiller Aaron. Les dessins de Dauterman, assez banales ne permettent pas de dépasser ce niveau correcte mais sans plus. Dès la fin du volume en revanche, sur la section dessinée par un Jorge Molina en forme, l’ouverture des discussions cosmologiques entre dieux, les stratégies d’un Odin en mode dictateur ne supportant pas le port de Mjolnir par une femme, on se réveille soudain, titillé par un scénario que Jason Aaron semblait avoir oublié. Si le pseudo-féminisme à la mode ricain fait un peu sourire par son ambition minimaliste, les relations familiales de cette famille et l’aspect très négatif donné à Odin suffisent à donner envie de continuer cette série pour voir ce qu’elle a dans le ventre.

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  • Centaures #2 (Sumiyoshi/Glénat) – 2018, 4 vol parus, série en cours.

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badge numeriqueIl faut croire que la brutalité des transitions est le style de l’auteur car si le premier volume démarrait sans prévenir, le second enchaîne la seconde d’après le terrible Cliffhanger pour nous ballotter sèchement entre des émotions opposées et radicales. Entrecroisé de séquences d’humour délirant pas loin du SD Sumiyoshi assume son propos sur un monde noir où l’honnêteté et l’amour sont rares et où l’on ne peut compter à peu près sur personne. Le colosse héroïque nous montre ce qu’il y a sous la masse musculeuse en prônant le pardon et l’entraide quand le monde guerrier instauré par les humains pousse chacun à la faiblesse, à la trahison, à la capitulation. Il y a une vrais profondeur dans ce manga dont les planches sont parfois dures à lire mais au style résolument graphique, recherchant à se rapprocher de l’estampe. Je ne m’attendais vraiment pas à une telle immersion émotionnelle en commençant ce manga dont le deuxième volume marque déjà une rupture majeure dans l’intrigue. Je suis difficile en manga et je crois que Centaures est en passe de se rapprocher de mes grandes découvertes de ces dernières années avec Ajin, Innocent ou Radiant

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  • L’enfant et le maudit #2 (Nagabe/Komikku) – 2017, 7 tomes parus.

couv_305164mediathequeL’histoire reprend exactement sur le cliffhanger du premier tome qui a vu Sheeva touchée par un maudit… Le professeur interviendra et se retrouvera emmené avec d’autres maudits vers un début d’explication… très obscure pour lui comme pour nous. Le volume est moins ouvert que le précédent mais plus beau encore avec un travail sur les blancs plutôt absent jusqu’ici. On va également nous parler de la tante de la fillette que l’on soupçonne, comme toute la vie de l’enfant, d’être issue de son imaginaire… ou pas. La rêverie continue toute en douceur. Le manga se lit assez vite, agréablement, n’oublie pas de faire avancer (un peu) l’histoire et l’on a envie de continuer tranquilou cette rêverie qui fait penser par moment à l’univers d’Amano. On fait pire comme référence…

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**·Comics·Numérique·Un auteur...

Grass of parnassus

Webcomics

Stuart Immonen est une de mes révélations graphiques de ces dernières années. Pas tant en albums où hormis All-new X-men son travail est rarement à la hauteur de son talent (dans ce que j’ai lu en tout cas). Mais ce que l’on peut voir sur le net et notamment ses encrages (qui rappellent furieusement Olivier Vatine) me laissent sans voix. Assez rare, certainement car comme beaucoup de grands dessinateurs de comics l’industrie US ne lui convient pas (je pense à Travis Charest, son compatriote), Immonen a commencé depuis 2018 la publication d’un webcomic nommé Grass of parnassus, qui compte actuellement plus de six mille abonnés. La fréquence est  très très loin de la lenteur du Spacegirl de Charest et les férus peuvent suivre l’histoire chaque lundi sur l’instagram de l’auteur.

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#comics #space #immonen

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Grass of parnassus n’est pas vraiment une BD et en cela est intéressant. Je ne dirais pas que c’est une lecture plaisir et on ressent un peu de la frustration procurée par une autre création de dessinateur, le VS d’Esad Ribic, pas toujours beau dans ses expérimentations et assez obscure dans son propos. L’éternel débat de l’utilité d’un scénariste (beaucoup de dessinateurs aimeraient s’en passer), et beaucoup de projets de dessinateurs montrent malheureusement que tout est un métier… Immonen et sa femme ont pour eux le côté totalement personnel du projet (je fais ce que je veux avec mon Insta’). Cette œuvre est un délire en construction permanente (à mesure d’une publication par semaine, parfois d’une case parfois d’une dizaine, qui repose sur un absurde total de dialogues et de situations surréalistes. Jusqu’à l’été 2019 (soit plus de dix mois après le démarrage du projet) on nage dans le grand n’importe quoi, de scénettes entre des personnages plus ou moins improbables (notamment la scène des poissons syndicalistes bataillant pour chopper un bras!!). Depuis un semblant d’intrigue semble s’installer, moins verbeuse, plus visuelle. Grass of Parnassus pourrait rappeler par moment un dialogue à la con spécial Tarantino… mais au XV° millénaire. On trouvait déjà cette envie de bizarre chez le canadien (dans Empress notamment) et cette publi est à mon sens à réserver aux curieux et aux fanatiques du dessinateur. Je reconnais que mon niveau d’anglais ne m’a pas permis de saisir toutes les subtilités d’un langage très particulier mais il demeure que cet Objet Graphique Non Identifié risque d’en laisser plus d’un sceptique.

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Sushi & Baggles #28

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  • Dead body road (Jordan/Scalera-Dinisio/Delcourt) – 2019, one-shot, 128p.

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badge numeriqueJ’ai déniché ce one-shot en lisant Slots, de la même collection chez Delcourt, et dont le nom de Scalera (lu sur Black science) m’a attiré autant que la très percutante couverture qui laisse imaginer la chevauchée sanglante du héros. On a donc bien une histoire classique de Vigilante sans morale décidé à décimer le gang qui a tué sa chérie. L’affaire s’annonce bien sur plus compliquée que cela et ça va défourailler sévère à coup de fusil à pompe et éclatage de boyaux sur la carelingue poussiéreuse de bagnoles poursuivies par des gangs de bikers camés… On connaît le cadre et si par moment le dessinateur italien sait placer de très bons cadrages, l’atmosphère poussiéreuse et quelques très belles poursuites de bagnole, les cases confuses restent trop nombreuses pour parvenir à nous maintenir sous tension. Si l’échappée commence plutôt pas mal et nous pose une belle galerie de salauds, une belle qui sait se défendre et un copains psychopathe, on finit par se perdre dans une intrigue qui piétine et des motivations assez confuses. Quelques incohérences physiologiques (le héros se prends x bastos et continue de cavaler sans conséquences) achèvent de décevoir sur cet album qui donne pourtant très envie d’être bienveillant. Dommage, une occasion ratée.

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  • Centaures #1 (Sumiyoshi/Glénat) – 2018, 4 vol parus, série en cours.

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badge numeriqueCentaures nous décrit le passage dramatique du monde d’avant où les hommes respectaient ces êtres fantastiques et majestueux à une nouvelle époque où l’homme prends possession de tout ce qui est au travers de ses guerres sanglantes. Après une entrée en matière un peu abrupte (comme certaines cases pas évidentes à lire dans la volonté de mouvement du mangaka), on voit le puissant Matsukaze, centaure des montagnes indomptable se faire capturer par une troupe d’humains. Emprisonné il laisse son fils seul et rencontre en captivité un jeune centaure, Kohibari, amputé des deux bras pour le transformer en quasi cheval. Il découvre les pratiques barbares et immorales des hommes… Ce manga, premier de son auteur, est une très bonne surprise tant graphique que thématique. A la fois dur avec une vision très rude du traitement fait aux centaures, assez cru, on saisit assez vite la portée du thème qui nous parle à la fois d’amérindiens, de la Traite négrière mais aussi par extension de la vision que l’homme a des animaux. Ce titre nous envoie une leçon d’humilité avec cet étonnant miroir que représentent les Centaures, à la fois hommes et animaux, permettant de nous questionner sur notre considération de ce qui est autre. Les dessins sont superbes, très vifs, avec une belle maîtrise anatomique des corps de chevaux,  proposant de belles visions de nature même si pas mal de cases sont pratiquement dépourvues de décors. La puissance et la rage de Matsukaze s’incarne graphiquement alors que son comparse est tout en finesse. Les dialogues sont assez basiques, parfois en mode ado mais ce n’est pas grave car on a envie de voir ce que deviennent cette puissance et son jeune ami dans ce qui se présente comme un apprentissage des vraies valeurs pour un centaure élevé en captivité auprès des hommes. Petit coup de cœur pour ce titre qui se finit en outre sur un redoutable cliffhanger…

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  • Ajin #14 (Sakurai/Glénat) – 2020, série en cours.

couv_383537badge numeriqueLa reprise de lecture est toujours compliquée dans les manga, avec cette habitude de découper un chapitre entre deux tomes… on reprend donc en pleine action sur le dernier acte de l’opération finale de Sato et immédiatement, comme depuis le début de ce manga majeur on retrouve ces idées multiples liées à la physique des Ajin. L’auteur évite le gore même si le hors champ reste terrifiant! Il y a de grandes proximités entre Ajin et le manga Démon, les deux auteurs semblant s’amuser comme des petits fous à imaginer les interactions physiques de leur univers décalé. Le lecteur en finit donc par oublier que les Ajin n’existent, pas non plus que leurs fantômes et découvrent avec les protagonistes certaines possibilités physiques toujours amusantes et qui donnent toute leur originalité aux combats. Ce volume (qui suit de très près la sortie japonaise puisque la publication originale compte seulement quinze volumes reliés) marque l’entrée en action de l’escouade anti-ajin dont on nous parle depuis longtemps et dont l’efficacité est redoutable. Le risque d’avoir construit un méchant aussi charismatique et machiavélique que Sato est de n’avoir aucune adversité sérieuse en face. C’était le cas jusqu’ici mais c’est en passe de basculer… On approche vraiment de la fin de la série… a moins que l’auteur et son scénario redoutable n’ait prévu quelque rebondissement inspiré par Sato!

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Sushi & Baggles #27

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  • Slots (Panosian/Delcourt) – 2019, one-shot, 134p.

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mediatheque« slots » ça veut dire « fentes » en anglais. Et des fentes, Stanley Dance en a de magnifiques, les dents du bonheur, comme son sourire, éternelle fente qui glisse sur les galères de sa vie chaotique. Stan est le vrai atout de ce one-shot, étonnant album entièrement construit autour de ce sourire à la con, attirant le regard à chaque case. Il y a un peu du Ramirez de Pétrimaux chez Stan, une énorme sympathie que l’on ressent pour ce personnage de papier lancé sur une classique histoire de vengeance dans l’univers des loulous semi-mafieux de la cité du Vice, Las Vegas. Stan est un looser, il nous le dit d’entrée. Stan attire les emmerdes comme la mouche sur une charogne. Tout le monde a une bonne raison de lui en vouloir… mais comme le lecteur, tombe sous le charge de ce type qui vous convainc par son seul sourire de tenter avec lui le plus foireux des plans jamais conçus. Du coup, si l’album est aussi sympathique que son personnage, l’histoire reste tout à fait anecdotique et peinerait à nous intéresser sans Stan et des dialogues assez dynamiques. Le dessin plutôt sympa est habillé de grosses trames très vintage et fleure bon le comic Indé ricain. Au final Slots se laisse lire avec plaisir mais marche sur un fil qui peut très facilement tomber dans la banalité pour peu que vous ne soyez pas envoutés par son boxeur raté. Un peu comme Stan qui a tout pour perdre mais finit par s’en sortir, on ne sait pas bien comment…

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  • Radiant #13 (Valente/Ankama) – 2020, série en cours.

bsic journalismMerci aux éditions Ankama pour leur confiance.

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Radiant est mon manga chouchou dont je lis chaque tome avec mon fiston (que vous pouvez retrouver sur la rubrique L’avis des kids) tant on a plaisir à retrouver deux fois par an cette phénoménale galerie de personnages et cet humour si particulier de Tony Valente. Ce treizième tome continue le troisième Arc commencé sur le volume précédent qui voit Seth débarquer à Bôme (avec la classe et la discrétion qu’on lui connait désormais…), capitale de l’Inquisition! Si le roi de Bôme a fait une entrée fracassante il disparaît ici bien vite pour laisser la place à une pause narrative qui permet de découvrir le passé traumatisant de Mélie… Moins d’action donc, mais l’auteur a un tel talent graphique et pour nous faire désirer ses personnages qu’on dévore le tome comme les autres, avec juste un soupçon de regret que ces derniers disparaîssent aussi vite. Mais la richesse du monde est telle que l’on comprend que tout ne rentre pas. Je ne lis habituellement que des mangas assez courts afin de ne pas me faire déborder dans mes lectures mais j’avoue qu’avec Radiant je ferais volontiers une entorse si la série durait très très longtemps… A noter que pour la première vois Valente a pris un assistant pour la réalisation de l’album. Et un petit spoiler pour la route… l’ami Grimm revient…

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  • Beastars #1-2 (Itagaki/Ki_oon) – 2019, série en cours. 15 volumes au Japon.

Merci aux éditions Ki_oon de m’avoir permis cette lecture en numérique.

couv_358243Lors de mon marathon pour le jury BDGEST’arts j’ai questionné les blogueurs spécialisés en manga et tous avaient placé cette série dans leur top de 2019.  Avec huit volumes parus, l’éditeur poursuit un rythme très rapide d’un tome tous les deux mois. La version japonaise a commencé à paraître en 2016 et devrait être rattrapée très vite. A savoir qu’un anime est diffusé pour cette série très populaire de l’autre côté de la planète.

Si le sujet est classique (une histoire de lycéens, animaux anthropomorphes, dans un établissement regroupant toutes les espèces et faisant cohabiter prédateurs et proies), le dessin est la première originalité, avec un trait très léger et l’utilisation de trames parfois grossières, collées frustement, ce qui donne une esthétique originale. Je ne dirais pas que c’est du grand dessin mais dès le second tome on sent la technique se consolider et l’auteur propose des planches plus lisibles et agréables. Pour l’histoire, si on commence dès les premières pages avec le meurtre d’un herbivore par un carnivore, choquant la morale civilisée du lieu, c’est bien le conflit permanent qui habite Legoshi, héros et loup gris puissant, entre son instinct et sa conscience qui structure le manga. L’histoire suit le club de théâtre du lycée, avec la hiérarchie très connue qui a lieu dans la société japonaise et nous paraît toujours étonnante. Beastars est donc pour ce que j’en ai lu un manga de lycée assez classique, qui comporte quelques attraits lui permettant d’attirer l’attention, sans pour le moment justifier le statut d’oeuvre majeure.

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Sushi & Baggles #26

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  • Tsugumi Project  #3 (Ippatu/Ki-oon) – 2019, 3 vol. parus.

bsic journalismMerci aux éditions Ki-oon pour leur confiance.

couv_381451Cette excellente série continue sur sa lancée avec des volumes assez différents et une pâte graphique dans un style crayonné rapide qui donne une dimension chaotique et terriblement esthétique à ce japon post-apo. Après les scènes d’action du précédent volume le rythme se repose un peu ici avec le retour du singe géant rencontré plus tôt et l’arrivée d’un nouveau personnage qui semble signifier la présence d’humains dans ce monde dévasté. L’album fait toujours la part belle aux paysages, pérégrinations muettes et échanges de vannes et de grimaces entre Léon et Doudou. Du coup ça se lit assez rapidement mais avec plaisir et toujours de nouvelles découvertes de créatures et personnages aux design géniaux. On sent que le projet prends sa source dans un univers graphique… ce qui peut laisser un peu de côté l’avancée de l’histoire. Entre recherches matérielles et infos progressives sur Tsugumi et la faune locale, l’intrigue est assez linéaire, mais Tsugumi project reste un très bon manga d’atmosphères montrant si besoin était la force du post-apo pour proposer des visions fascinantes.

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  • Ex-Arm #5 (Hi-rock/Shin-Ya Komi/Delcourt) – 2017

badge numeriquecouv_309944La troisième mission de la série commence très bien, juste après le redoutable Cliffhanger du précédent où toute la petite équipe se retrouvait prisonnière dans l’esprit d’Akira. Ce premier tiers de l’album permet d’installer une ambiance à la Inception, alors que l’équipe anti ex-arm tente de réveiller je jeune homme pour les libérer de la réalité virtuelle… ce qui permet bien entendu de provoquer quelques séquences sexy entre Akira et Minami. Je ne reviendrais pas sur les nombreux plans de petites culottes qui restent moins appuyés et vulgaires que dans Sun-ken Rock et ne dérangent pas outre mesure surtout quand on regarde la qualité graphique générale du manga qui flatte vraiment les yeux… Malheureusement une fois cette affaire résolue les auteurs nous lancent dans une dérisoire affaire impliquant une ex-arm, qui outre d’être très mal traduite avec coquilles en prime, n’est pas intéressante faute d’une narration suivie. On retombe dans les travers du début de série avec la très mauvaise habitude d’installer des coupes temporelles ou spatiales sauvages qui rendent le suivi compliqué. Comme l’intrigue ne brille pas par son originalité ni son ambition, ce cinquième volume apparaît comme un intermède bien dispensable. C’est dommage car la séquence VR promettait de bien belles choses et se paie le luxe de lancer quelques pistes qui, on l’espère seront reprises plus tard.

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  • Ex-Arm #6 (Hi-rock/Shin-Ya Komi/Delcourt) – 2017

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Ouf, le précédent volume n’était qu’un vague loupé entre deux et ce sixième tome installe enfin une histoire un peu plus sophistiquée en remettant l’aspect sexy aux seules tenues de l’androïde et surtout en proposant une intrigue simple mais efficace autour d’une vente aux enchères d’Ex-arms entre certaines des familles les plus puissantes du crime mondial. Les auteurs nous placent donc toute une ribambelle de personnages (très caricaturaux comme souvent en manga) dans le huis-clos d’un hôtel de luxe où nos héros vont se retrouver embarqués dans une partie de Blackjack fort sympathique en ce qu’elle permet de jouer sur les cadrages, de faire monter une tension de thriller un peu plus posée que ce l’action effrénée qu’on a eu jusqu’ici. On vire Mission impossible où Akira tente d’utiliser ses capacités pour deviner les statistiques qui permettront à Minami de l’emporter… Pour le côté graphique ça reste absolument royal, élégant et techniquement parfait. On a donc un début d’intrigue intéressant, faisant monter le niveau d’ambition dramatique, avec des méchants charismatiques, bref, un des meilleurs volumes jusqu’ici pour une série grand public qui reste vraiment sympa à suivre malgré quelques défauts.

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  • Injustice, les dieux sont parmi nous – Année 1, 1° partie (Taylor/Collectif/Urban) – 2014

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badge numeriqueTrès grosse surprise que cette excellente lecture! Si vous suivez ce blog vous savez combien je suis sceptique sur l’univers DC et son traitement par les scénaristes, ne trouvant hormis dans les album Batman, que peu de choses à sauver. Avec ce projet issu d’une série de jeux vidéo et alimenté par une fournée de dessinateurs et une couverture de jaquette de jeu j’aurais du fuir… Le pitch m’ayant toutefois fortement éveillé j’ai tenté le coup, et pris mon pied comme jamais depuis Red Son, autre histoire de Superman. L’idée: Alors qu’il s’apprête à être papa l’Homme d’acier voit le Joker commettre l’irréparable. Il décide alors de rompre avec son non interventionnisme et d’imposer la paix mondiale en utilisant ses pouvoirs partout où des personnes malveillantes agissent. Très vite deux groupe se forment dans la Ligue de justice. Pour les soutiens de Superman la fin justifie les moyens. Autour du Chevalier noir d’autres restent attachés à une règle morale d’airain… On le voit, Red Son comme le film Dawn of justice apportaient déjà ce sujet passionnant du rôle des super-héros et de la seule morale comme limite à un pouvoir absolu. Si ce traitement est passionnant avec une radicalité qui montre Superman tuer (on n’est pas chez Disney) et devenir assez flippant, le rattachement de cette histoire à des thèmes d’actualité et un contexte réel de la guerre en Irak ou en Syrie, des dictateurs africains ou de la péninsule arabique font poindre l’étincelle qui sort immédiatement cet album du lot des histoires de super-héros. Outre des dessins vraiment de très bon niveau avec une grande harmonie entre les différents dessinateurs, les dialogues sont bien menés, avec un rôle comique d’Harley Quinn très réussi. Je n’attendais plus depuis longtemps d’histoire adulte de super-héros avec de vrais enjeux qui rangent les délires cosmiques liés à Darkseid, aux boites mères et aux inter-mondes dans un placard. C’est une histoire politique avec des super-héros. Ce qui a passionné la planète dans le MCU revient ici chez DC et crée une grosse envie. Tout simplement excellent.

La série est découpée en cinq années de deux tomes (soit onze tomes), une suite intitulée Ground zero et une autre, Injustice 2, en cours de publication chez Urban.

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**·BD·Numérique

Les espèces menacées contre-attaquent

Webcomics

Hop, déjà le retour du webcomic sur l’Etagère imaginaire avec cette semaine du dessin de presse découvert via Mediapart avec Les espèces menacées contre-attaquent, par Ulysse Gry, diplômé de journalisme et dessinateur de presse au CV déjà impressionnant à seulement 31 ans comme le montre son blog présentant des travaux divers et aux graphiquement intéressants et variés. Le bonhomme a bossé avec Canal+, France24, Mediapart, le Musée de l’homme.

Clipboard04.jpgLa série publiée sur Médiapart (en accès abonné donc) mais aussi en libre accès sur son compte instagram, propose quinze épisodes de quatre cases en monochrome bleu qui utilisent de légères animation. Ulysse Gry semble s’intéresser justement aux possibilités de l’outil numérique pour dépasser le seul dessin par des formats originaux, comme ces commandes de dessins en 360° dits « VR » qui rappellent un peu l’idée de la formidable « BDfilée » Phallaina que j’avais chroniqué aux tout débuts du blog. C’est plus gadget que réellement révolutionnaire mais cela permet des expérimentations de lecture que je trouve intéressantes.

Sur la série qui nous intéresse on reste dans le très classique dessin de presse avec pour pitch les espèces animales menacées qui préparent un plan pour se sauver des méfaits de l’homme et la planète avec eux. Mais bien entendu toutes les espèces ne regardent pas dans la même direction et chaque épisode prévoit une idée simple sur le thème humoristique. Tout n’est pas forcément réussi mais certaines séries sont réellement drôles comme celle des chats (vous m’en direz des nouvelles en commentaire). Le grand sujet est donc bien l’impacte de l’homme sur son environnement, Trump fait évidemment un passage et l’auteur aborde tout de même quelques sujets importants dans la question environnementale.

J’ai trouvé cette série plutôt sympa, sans révolutionner le genre Ulysse Gry arrive à nous tirer sourires et condamnations et propose des cartons efficaces. Je vous laisse consulter et revenir en discuter ici.

https://www.instagram.com/Ulystrations/

 

****·BD·Mercredi BD·Nouveau !·Numérique

Muertos

BD du mercredi
BD de Pierre Place
Glénat (2020), 149p., one-shot.

couv_381406badge numeriqueOn continue la semaine avec une histoire américaine après Le serpent et la lance, le nouveau pavé aztèque de Hub, je vous invite au Mexique zapatiste pour une nouvelle histoire de zombies par un auteur qui a tout à fait digéré les codes de ses prédécesseurs…

Dans l’hacienda les bourgeois festoient… pendant que les contremaîtres cuvent leur vin… et que les peon meurent. Dans le Mexique du XX° siècle naissant les morts se révoltent conter une injustice sociale terrible et mettent à bas une nation. Mais s’agit-il bien de morts? Un groupe de survivants entame une fuite éperdue devant la vague de mort, pendant laquelle l’humanité de chacun est questionnée et les faux-semblants tombent…

Résultat de recherche d'images pour "muertos place glénat"Encore une découverte graphique avec cet album d’un dessinateur passé par les Arts décoratifs (encore un!) qui propose avec Muertos ce que j’attendais d’un Dominique Bertail (leur style est très proche) depuis longtemps. Étonnante idée que celle d’une histoire de zombies dans un contexte mexicain. Si ce cadre aurait très bien pu être placé ailleurs, l’utilisation du contexte social (sociétal) pour développer l’intrigue correspond entièrement à l’essence du projet romérien. Georges Romero, dès le film qui a créé le genre, la Nuit des morts vivants, a pour objet d’interpeller la société, ses valeurs et ses (des)équilibres sociaux. Ce n’est pas le fait de montrer des attaques de morts qu’il a inventé comme genre mais celui d’utiliser l’invasion inexplicable et inexpliquée pour briser les codes, les constantes de la société dans une approche sulfureuse et politiquement incorrecte. Hormis le premier film du réalisateur jamais on n’explique l’origine du phénomène et cela n’a (presque) jamais intéressé les repreneurs du sujet. Ainsi the Walking dead marche sur ce chemin à l’inverse de World War Z qui travaille un background qui éloigne l’oeuvre du projet de Romero.

Pierre Place se situe donc bien dans le sillage du maître en ce que dès les premières sections (l’album est découpé par des titres mettant le focus sur un groupe ou un moment) il traite des relations amoureuses sans lendemain, des mœurs honteuses des riches, de la misère des peons, bref, de tout ce qui fait la société et permettra de créer des tensions dramatique dans la course effrénée devant l’avancée biblique des morts. Ce qui est intéressant dans cette variation c’est qu’on doute assez vite de la nature de ces « calaveras« : si leur aspect est indéniablement morbide, décharné, plusieurs éléments tentent de nous expliquer une cause rationnelle, tantôt maladie, tantôt émeute paysanne,… La galerie de personnages est suffisamment fournie pour permettre (autre constante des histoires de zombies) des pertes régulières sans que l’on n’ait jamais l’assurance de qui va durer et qui va tomber. Le dessinateur est du reste étonnamment sobre dans la démonstration de gore, laissant souvent au second plan les massacres. De l’action il y en a bien, avec notamment le chef des contremaîtres qui aurait tout du héros si ce n’était un salaud de la dernière espèce. Un salaud d’un autre type que les autres, plus violent, plus primaire, mais finalement pas bien pire que l’ensemble des autres humains engagés avec lui dans la survie. Place n’utilise pas ce prétexte pour nous le rendre sympathique ni proposer un côté badass. Il préfère rester dans la zone grise et un peu déstabilisante d’un spectateur qui ne sait décidément pas où le mène cette odyssée sanglante.

Graphiquement on est donc dans une école plutôt humoristique, proche de Fluide glacial, mais ici dans un dessin assez réaliste où la technique transparaît de toute évidence et où la grosse pagination laisse la place à l’auteur de faire admirer ses encrages profonds (on est dans une bichromie avec un gris très agréable) et par moment des visions hyper-graphiques en ombres chinoises. Le niveau de détail est impressionnant et l’on imagine la quantité de boulot qu’a du représenter un ouvrage si volumineux. Les aperçus n’en donnent pas une très bonne idée mais cet album est une très grande réussite graphique, du niveau d’implication d’un Shagri-la.

Je ne connaissais pas du tout cet auteur qui réussit sans aucun doute son grand œuvre ici avec ce vrai western grand public d’action intelligente qui maintient sa qualité jusqu’à une conclusion peu évidente mais très cohérente. Si j’adore la culture pulp j’ai tendance à considérer les histoires de zombies comme un peu dérisoires notamment du fait de leur absence de background et de leur destinée circulaires. Pierre Place est parvenu à m’accrocher tout le long par un travail de ses personnages, une générosité dans les sujets et une qualité de dialogues et de dessin remarquables. Ma première excellente lecture de l’année.

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