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Fool night #1

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Manga de Kasumi Yasuda
Glénat (2022), série en cours, 1/3 tomes parus

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bsic journalismMerci aux éditions Glénat pour leur fidélité.

Cela fait désormais un siècle que le soleil ne perce plus la couche de nuage qui enserre la Terre. Toute végétation ayant disparu, l’humanité a du mettre au point une technique permettant la photosynthèse nécessaire à la vie: la transfloraison, consistant à transformer des humains volontaires en plantes. Dans cette société verticale où seuls les plus fortunés parviennent à survivre dignement et où les classes laborieuses sont souvent contraintes de « vendre » leur corps en transfloraison, Toshiro va se retrouver contraint de demander à son amie d’enfance, médecin, de procéder à l’opération…

Fool Night tome 1 : un jardin aux multiples plantes - Esprit OtakuSur un pitch sommes toutes très classique qui propose une société dystopique inégalitaire vaguement teintée d’écologie, le jeune auteur Kasumi Yasuda impressionne tant graphiquement que dans sa construction pour son premier manga. Dans un style qui rappelle celui de Hirako Waka sur le carton de 2020 My Broken Mariko (avec une atmosphère mélancolique assez proche également), nous allons suivre un « suicidé » pour cause de pauvreté (un classique dans les thématiques sociales japonaises) qui se retrouve doté d’une faculté rare qui pourrait permettre une immense avancée dans la connaissance de la transfloraison. Contacté par une concertiste recherchant la plante qu’est devenu son père, il va soudain devenir fort utile à ce système au premier abord fort cruel. Pourtant l’auteur ne se prononce pas clairement sur l’injustice du processus de transfloraison (qui évoque le thème du transhumanisme bien entendu). Si cette société à bout de souffle s’est renfermée sur une structure basée sur l’argent, la question de ce que sont devenus les transflorés est immédiatement posée. Est-ce un sacrifice ou un simple changement de forme? Les transflorés sont-ils conscients?

Finalement sous couvert de thématique SF qui peut rappeler le classique Soleil vert ce sont plus des sujets traditionnels de la société japonaise qui transparaissent: le lien entre générations avec la pression sociale des aînés et l’absence d’avenir choisi pour les jeunes (Toshiro devant se sacrifier pour sa mère, Sumi ayant été contrainte à entrer au conservatoire par son père), l’animisme et les esprits des plantes et animaux (les végétaux étant ici littéralement d’anciens proches). Le mélange de cette tradition et d’un futurisme recouvre ainsi parfaitement les facettes de ce Japon tiraillé entre tradition et modernité. Une vision originale qui sort tout à fait des sentiers battus du manga seinen. Une belle découverte à confirmer dans les prochains tomes.

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Bill Finger, dans l’ombre du mythe.

Le Docu du Week-End

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Roman graphique de Julian Voloj et Erez Zadok
Urban (2022), 184 pages, one shot.

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Merci aux éditions Urban pour leur confiance

Il y a trois ans le scénariste Julian Voloj proposait une très intéressante biographie de Joe Shuster, co-créateur de Superman reconnu sur le tard et désormais légalement annoncé sur chaque album de Superman. Dans ce passionnant ouvrage on découvrait notamment un système éditorial où de jeunes auteurs se soumettaient naïvement en cédant l’intégralité des droits de leurs personnages, habitude ancrée pendant longtemps et pratique qui fut mise à mal lorsque les comics devinrent un phénomène de masse. On y croisait Bob Kane, créateur de Batman qui semblait déjà très accroché à ses intérêts financiers…

https://www.avoir-alire.com/local/cache-vignettes/L672xH924/18_bill_finger_00-2-09ae8.jpg?1655299307Alors que Joe Shuster et Jerry Siegel gagnèrent leur crédit sur les albums de Superman en 1978 après des procès et un effet certain des films de Richard Donner, l’histoire est toute autre pour Bill Finger, le scénariste de Bob Kane qui ne fut crédité qu’à titre posthume en 2015 après une campagne de sa petite-fille et le militantisme du biographe Marc Nobleman dont l’enquête a fortement inspiré cet album. Le parallèle entre les deux albums écrits par Julian Voloj est très intéressant en permettant de comparer les similitudes et les différences entre les histoires de deux scénaristes restés dans l’ombre de leur personnage des décennies durant.

Si ses homologues de Superman se sont débrouillé seuls pour contester la première cession de leurs droits faits alors qu’ils étaient très jeunes, Bill Finger fut un auteur renfermé qui ne sut jamais revendiquer ses droits et dont abusa Bob Kane qui utilisa des nègres toute sa carrière durant. L’album ne dit pas clairement que le dessinateur écarta cyniquement ses collègues, expliquant qu’il était très doué pour négocier les contrats et que sa mise en avant permit à ses collaborateurs de vivre décemment. Décemment mais anonymement. Il s’agit donc ici d’une histoire d’honneur plus que d’argent.

Bill Finger : dans l'ombre du mythe. Une reconnaissance tardive. -  Superpouvoir.comL’autre intérêt de l’album repose dans sa forme qui suit une enquête à double période (la chronologie de Bill Finger et l’enquête de nos jours par Nobleman), avec une mise en abyme du biographe vis à vis du personnage de Batman. Les lignes se croisent ainsi et l’ouvrage revêt une forme de thriller très originale. Si graphiquement les planches d’Erez Zadok sont très agréables, elles restent artistiquement parlant moins puissantes que le travail de Thomas Campi sur Joe Shuster.

Si on pouvait craindre la réutilisation d’une recette qui marche, ce volume est un petit miracle qui permet de créer un diptyque cohérent et très différent. La lecture des deux albums est vivement conseillée pour tous ceux qui aiment les comics en permettant de découvrir les coulisses de la création et le statut des auteurs, sujet toujours très prégnant.

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Sweet Home #1

Webtoon de Kim Carny et Hwang Youngchang
Ki-oon (2022), webtoon (2020), série en cours, 1/12 volumes parus.

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bsic journalismMerci aux éditions Ki-oon pour leur fidélité.

Adolescent renfermé sur ses jeux vidéo, Hyeon-Su se retrouve soudain seul au monde lorsque sa famille disparaît dans un accident de voiture. Propulsé dans une gestion d’adulte il emménage dans une résidence qui doit lui permettre de subvenir à ses besoins. Lorsqu’une catastrophe inexplicable survient à l’extérieur il se retrouve confronté aux voisins et à une menace invisible et terrifiante…

Sweet Home (Kim) -1- Tome 1Les toujours excellentes éditions Ki-oon poursuivent dans dynamique des webtoon puisque après le best-viewer Bâtard ils nous proposent la nouvelle série du dessinateur Hwang Youngchang. De quoi continuer la semaine dans le numérique puisque dimanche Dahaka vous parlait d’une adaptation américaine cette fois d’un webcomic.

Ce qui surprend au premier abord c’est très logiquement la mise en page et le découpage puisqu’il sont pensés pour un défilement sur écran et non sur un enchaînement de pages. Cela a certainement une incidence sur le rythme de lecture mais cela ne se ressent pas négativement. Avec un dessin assez simple et une colorisation minimaliste, c’est donc bien le scénario qui importe dans cette entame qui flatte les maîtres du suspens à commencer par Hitchcock ou Carpenter. En effet, la tension est maintenue très longtemps puisque après une mise en place de contexte qui aide à entrer tranquillement dans le bain, on se retrouve dans un huis-clos glacial à la première personne où les interactions étranges avec les voisins feront avancer le récit, dans une montée de la tension sur une menace impalpable. Le cadre est connu: un immeuble très impersonnel en forme de labyrinthe de béton , une poignée de survivants enfermés en lutte pour leur survie, une menace terrifiante et indicible, tout est bon pour une tension sur les onze prochaine tomes de la série.Sweet Home (Webtoon de Youngchan HWANG, CARNBY Kim) - Sanctuary

Si l’aspect graphique n’est pas à proprement parler joli, il fait le job en permettant de se concentrer sur l’enchaînement des séquences, jouant sur les silences et la confrontation des tempéraments des survivants. Et sur le plan de l’intrigue les auteurs connaissent leurs gammes puisqu’on est happé de la première à la dernière page avec juste ce qu’il faut d’informations pour ne pas s’ennuyer au long de cette avancée lente vers l’horreur. n’en gardant pas trop sous le coude, on achève donc cette entame bien accroché, avec le déclencheur horrifique qui ne se sera pas trop fait attendre, des personnages installés et une chasse qui peut commencer. Y’a plus qu’à enchaîner pour cette très bonne surprise qui confirme que les jeunes auteurs ont souvent la fraicheur qui manque aux grosses cylindrées!

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Lore Olympus

Premier tome de 378 pages de la série écrite et dessinée par Rachel Smythe. Parution initiale sur la plateforme Webtoon, publication en format papier chez Hugo BD le 06/01/22.

Cinquante nuances de mythes

Les mythes grecs, sur l’Étagère, ça nous connaît. Alors autant vous dire que lorsque le phénomène de la plateforme Webtoon, Lore Olympus (les Traditions d’Olympus en VF) est paru en version papier (oui, on est vieux jeu sur l’Étagère), difficile de passer à coté.

Pour ceux qui n’y sont pas familiers, Webtoon est une plateforme de lecture de BD, dont la particularité est de proposer une lecture défilante, de haut en bas (on appelle ça du scrolling, d’après mes sources bien renseignées). La transposition en format classique n’a donc pas du être aisée, ne serait-ce que vis à vis du découpage, puisque en Webtoon, point de pages.

Lore Olympus, de quoi ça parle ? Tout simplement du mythe de Perséphone, la déesse du Printemps qui a été initialement enlevée par le roi des enfers Hadès, et qui l’a épousé sans qu’on lui demande trop son avis. Après un accord passé avec Hadès, Perséphone a gagné le droit de retourner à la surface la moitié de l’année pour y retrouver sa mère Déméter, ce qui explique selon les grecs anciens le cycle des saisons, puisque l’Hiver s’installe dès que la déesse du Printemps retourne en enfer.

Ici, le contexte crée par Rachel Smythe est résolument modernisé, puisque ses olympiens vivent dans un monde moderne, luxueux et glamour. La jeune Perséphone, préservée par sa mère jusqu’à l’étouffement, vit quelque peu éloignée de ses cousins divins. Mais un soir, alors que Déméter a consenti à lui lâcher la bride, elle se rend à une soirée olympienne et fait la rencontre d’un dieu ténébreux, le sulfureux Hadès.

Victime des malversations d’Aphrodite, qui ne supporte pas d’être éclipsée, même aux yeux d’Hadès que tout le monde déteste, Perséphone se retrouve droguée, puis cachée dans la voiture du roi des enfers, et se réveille hagarde dans son domaine, à la grande surprise des deux. Bien heureusement, Hadès se révèle être une personne décente et traite son hôte involontaire avec tous les égards, mais cela n’empêche pas ce quiproquo de créer une étincelle entre eux.

Bien évidemment, les choses ne seront pas aussi simples, puisqu’entre les malentendus, les appréhensions de chacun et le monde des olympiens fait de paraître et de faix semblants, les deux amoureux vont devoir surmonter bien des obstacles.

Love story infernale

A première vue, il semble aisé d’identifier les clefs du succès monumental (dans les 75 millions de vue sur WT) de Lore Olympus. En premier lieu, sa protagoniste, Perséphone, mue en une jeune fille naïve muselée par l’Institution, matérialisée par sa mère, mais également par les autres dieux. De lourdes attentes pèsent sur elles, alors qu’elle ne souhaite que vivre sa vie, comme elle l’entend. Pleine de doute et peu assurée, c’est une base solide à laquelle une grande partie du lectorat peut s’identifier ou en tous cas s’attacher.

En second lieu, la romance en elle-même, qui inclue tous les éléments-clefs de l’histoire d’amour telle qu’elle est fantasmée depuis la nuit des temps: une jeune femme innocente (Belle, Anastasia Steele, Bella Swan, Esmeralda les exemples sont nombreux) fait la rencontre d’un Monstre (La Bête, Christian Grey, Edward Cullen, Quasimodo) qu’elle parvient à dompter, et, élément ô combien important, qui change pour elle.

Immanquablement, l’élément masculin, le Monstre, présente une déviance, voire une difformité: il représente les aspects quintessentiels du mâle, il est souvent violent, agressif, dominant, et, dans la plupart des cas, possède également un statut social élevé et/ou une opulence matérielle: La Bête est un prince maudit pour son arrogance, qui vit dans un château, et en tant que Bête, il est la transcription littérale du monstre et de l’agressivité, que la Belle devra littéralement dompter; Christian Grey est un milliardaire séduisant, mais qui est adepte du sado-masochisme, et y renoncera par amour pour Anastasia; Edward Cullen fait également partie d’une riche famille de médecins, est très populaire (bien qu’introverti) au lycée, et cache une soif de sang (sans doute une métaphore du désir sexuel) qu’il maîtrise pour Bella.

La même recette semble s’appliquer à Lore Olympus: Perséphone rencontre Hadès, roi des Enfers (statut social élevé), qui souffre d’une mauvaise réputation et semble encore marqué par une relation toxique (déviances). Si ces archétypes ont la vie dure, c’est sans doute parce qu’ils matérialisent des atavismes, ancrés depuis les origines de l’Humanité: dans les temps anciens, il était certainement préférable pour une femme de trouver un partenaire puissant physiquement (agressivité, signe d’une place élevée dans l’échelle de domination), capable d’assurer une sécurité physique (opulence matérielle). Mais, paradoxalement, des caractéristiques de puissance et d’agressivité, si elles garantissaient survie, sécurité et descendance optimale, étaient aussi potentiellement insécurisante, puisqu’un mâle puissant avait tout intérêt à ne pas rester fidèle et à disséminer ses gènes à qui mieux-mieux.

D’où ce fantasme de transformation, cette idée récurrente dans la psyché féminine que changer le Monstre, le « réparer » pour en faire un partenaire souhaitable, est possible. A l’inverse, ces archétypes ont certainement engendré, au niveau évolutif, une forte pression sur les mâles, une compétition permanente, qui est à même de créer des insécurités pour ceux qui ne parviennent pas à s’élever sur l’échelle de domination sociale. D’où l’envie récurrente, chez le public masculin, de puissance, de protection (la figure du super-héros), et sans doute également le désir d’être accepté tel que l’on est (ce qui est en lien direct avec l’archétype de la Manic Pixie Dream Girl).

Mais revenons à nos moutons grecs. Là où Rachel Smythe fait mouche, c’est notamment dans la modernisation du mythe. En plaçant un contexte contemporain, l’auteure gagne en légitimité pour aborder des thématiques d’actualité, telles que le harcèlement sexuel, l’émancipation féminine, et la toxicité de certaines relations. Le langage moderne et les codes narratifs adoptés par la jeune génération (Y ? Z? j’ai perdu le fil) permettent une bonne appropriation de ces thèmes.

Graphiquement, la patte numérique est omniprésente, et permet de donner un aspect très cartoon à l’ensemble, surtout si l’on y ajoute les couleurs dynamiques et chatoyantes, qui ressortent plutôt bien sur papier.

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Banana sioule #1

La BD!
BD de Michaël Sanlaville
Glénat (2022), 208p., série en cours.

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badge numeriqueLe public a découvert Michaël Sanlaville avec la série à succès Lastman. Après un passage sur San-Antonio, cet artiste formé à l’animation revient à ce qui le fait kiffer: l’animation, la vitesse, l’énergie. Adoptant pour sa nouvelle série solo le format manga dans un style graphique toujours épuré, il reprend l’idée déjà pas mal abordée d’un sport de balle futuriste où une jeune prodige va découvrir les joies des sauts de quinze mètres, les patates atomiques et les shoot dragonballesques.

Banana Sioule -1- HelenaCar ce qui fait le talent de Sanlaville c’est cette énergie qui donne le sentiment d’assister à un dessin animé pêchu. Sauf que c’est bien du papier que nous avons sous les yeux et l’effet peut s’estomper si l’on s’attarde trop sur les dessins rapides, très rapides… Sur les deux-cent pages de l’album on n’en tiendra pas rigueur même si tout cela reste un peu cher au regard d’un « manga » classique. Je reconnais que la colorisation qui faisait le sel du Fléau vert ou du Rrocher rouge manque un peu et la monochromie écrase un peu la qualité technique indéniable du bonhomme.

Pour le reste on est bien pris dans le popcorn de cette bande d’ado dont la boss Helena se découvre soudain un talent évident pour ce sport où tous les coups sont permis. Entre les tiraillements des relations avec un père qui semble cacher un passé obscure, le langage djeunz et donc ces éclairs d’action tout à fait sympathiques, ce premier tome de Banana sioule est fort plaisant et laisse envisager une surmultipliée d’action dès le prochain volume et l’entrée de la star dans l’école de formation de la sioule…

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La fin des Irin #3

Webcomics

Webcomic de Robert MacMillan, Wouter Gort, Laura R. Peinado et Arsenyi Popov
2021-2022 – publication hebdomadaire les mercredi.

https://lastoftheirin.com/?lang=fr

Pour la présentation du projet vous pouvez consulter le billet traitant du premier tome. Le second tome est ici. Le troisième Livre est en cours de publication.

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Le combat entre Yahweh et Baal dure depuis des millénaires. Issus des étoiles et d’une civilisation hautement technologique, ces êtres ont jeté leur dévolu sur la Terre à une époque où les autochtones étaient encore primitifs. Jusqu’à la mort du fils prodigue Marduk, tué par une épidémie de variole. A travers l’espace et le temps, c’est à une lutte universelle entre le bien et le mal, entre les frères ennemis et leurs descendants que nous sommes amenés à assister. Une lutte qui prends la Terre et ses habitants comme terrain de jeu…

badge numeriqueLe projet de la Fin des Irin a un déroulé perturbant pour le lecteur. Le premier bon point c’est la variété des styles graphiques des trois illustrateurs choisis qui ont tous trois de grandes qualités esthétiques mais aussi quelques difficultés de lisibilité dans l’action. Sur le volume III qui vient de commencer Arsenyi Popov propose des planches dans un style speed-painting que personnellement j’aime beaucoup, notamment dans cet aspect texturé qui donne l’impression de regarder des toiles proches de ce que proposait Rosinski sur le Comte Skarbek. Capable d’adapter son dessin il navigue ainsi entre des pages très léchées dans un style BD plus classique et ces rough fort élégants. Les trois illustrateurs semblent avoir été choisie pour leur profile de « concept-designer », approchant cette œuvre d’un film sur papier, avec la puissance d’imaginaire nécessaire portée sur les costumes, vaisseaux et autres artefacts technologiques SF.LAST OF THE IRIN | Volume Three - The end of the trilogy is near

Lors du premier volume nous avions découvert cette longue introduction dynastique destinée à intégrer l’histoire biblique dans une hypothèse d’intervention extra-terrestre sur la destinée des humains. Après une virée très action et « x-files » sur le volume II, nous voici à revenir sur Terre en découvrant l’exploitation industrielle des hommes par les Sirusiens et la tentative de cette nouvelle noble qu’est l’héroïne Anahita de sauver son peuple descendants de Yahweh et sa planète d’origine des visées punitives de Desala d’une menace originale: le remplacement pur et simple de l’espèce humaine par des « mules », ouvriers humanoïdes génétiquement créés et rêve de tout capitaliste du XXXI° siècle…

Capture d’écran du 2022-02-16 09-51-27Si le thème d’une Terre comme simple fief commercial de puissances galactiques (thème central de Jupiter Ascending des Wachowski) est toujours aussi chouette à suivre, on retrouve dans cet ultime volume les mêmes difficultés d’enchaînement entre les séquences, qui créent une lecture heurtée. Les causes en sont multiples: gigantesque « bible » de background qui confirme la nécessité d’une lecture en ligne avec ce corpus sous la main, amour du cryptique de l’auteur, problèmes techniques dans la fluidité de l’enchaînement des séquences… C’est vraiment dommage car les séquences longues nous replongent régulièrement dans le rythme, ensuite cassé par des ruptures frustrantes.

On retrouve également les grandes qualités des précédents volumes, notamment une figure héroïque féminine tout à la fois sexy, bad-ass et révolutionnaire qui revêt désormais le double habit de noble sirusienne et de jeune mère. L’attelage des personnages secondaires qui l’accompagnent fonctionne également très bien et Capture d’écran du 2022-02-16 09-57-45ajoute un humour qui allège la densité gigantesque du projet. La jeune femme devra donc affronter les tenants humains de l’ancien système et les rebelles fidèles à sa branche dynastique. Le tout offrira ses morceaux de bravoure avec comme toujours des références à notre actualité de manifestations et cet esprit conspirationniste plus pertinent que jamais.

Avec des défauts affirmés qui empêchent La fin des Irin de revendiquer le statut de classique SF, le projet de Robert MacMillan jouit comme il souffre de sa démesure. D’une érudition folle, d’une exigence artistique indéniable, ce webcomic est un fantasme géant qui aurait mérité un auteur chevronné pour mettre de l’huile dans cette superbe mécanique. Demandant de l’investissement et un temps de lecture confortable (on parle de plus de cent pages par volume), il mérite amplement votre intérêt

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Mon rond-point dans ta gueule

Le Docu BD
Bd de Sandrine Kerion
La boite à bulle (2022), 144p., One-shot.

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bsic journalismMerci à la Boite à bulle pour cette découverte

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On oublie vite. Une crise en remplace une autre et l’on se retrouve à la lecture de ce formidable reportage BD à se rappeler qu’il y a moins de deux ans s’est déroulé une des plus importantes révoltes populaires  de notre histoire, qui a fait vaciller le pouvoir jupitérien de la Cinquième République. Le Covid est depuis passé par là, concluant un moment qui s’était déjà refermé, participant à son oubli et aggravant les symptômes qu’avaient révélé les gilets jaunes.

https://media.ouest-france.fr/v1/pictures/MjAyMTEyMjFlNDYxYzE0N2QwOTAxYzZlOTlhNjVmODljY2RlMDQ?width=480&focuspoint=50%2C25&cropresize=1&client_id=bpeditorial&sign=3c3e628c1aa773f2228b999cb3ad13dc0f4039d70d1bbc94c2edda1724cabe6eBien qu’elle se présente comme une simple citoyenne la démarche et le travail de Sandrine Kérion sont résolument journalistiques et absolument professionnels dans sa réalisation. Refusant de se positionner (tout en expliquant en préface qu’elle a petit à petit découvert la pertinence de la révolte) elle se propose au travers de ces neuf portraits de raconter des histoires de vie, celle de la très grande majorité de nos concitoyens vivant souvent de petits boulots, plus ou moins abîmés par la vie, aux cultures familiales et sociales variées mais se rejoignant dans une certains modestie, souvent choisie, celle des gens qui n’attendent guère d’aide mais constatent que leurs efforts deviennent dérisoires au regard d’une France d’en haut qui les méprise.

L’ouvrage s’ouvre sur un remarquable récapitulatif de trente pages qui fait un bien fou à qui a raté le départ ou a eu du mal à comprendre le déroulé et les objectifs des manifestants dans un traitement médiatique qui a, on peut le dire, été fortement déloyal. L’autrice ne verse pas dans l’accusation facile et explique par moment les raisons d’une méfiance et d’une difficulté à comprendre l’identité d’un mouvement qui n’en avait guère d’autre que ce gilet. Les témoignages qui suivront rappelleront bien la présence de violents, de racistes, avec qui la cohabitation n’a finalement pas été possible. Ce fut une les raisons communes du retrait du mouvement parmi les personnes rencontrées par Sandrine Kérion. Le déclenchement de la violence en fut une autre, permettant au système politico-médiatique et à la frange « bourgeoise » de ne plus voir autre chose que le vernis sur la colère.

Ce qui marque dans ces itinéraires, outre de rappeler ce que sont les français, c’est qu’il n’y a pas de misérabilisme. Dans ce secteur particulier (il faut le reconnaître), cette Bretagne de l’agroalimentaire industrielle, ces gilets jaunes sont la frange gauche, majoritairement non violente, non raciste et plutôt encline à voter Melenchon. Comme on l’a vu si à l’origine l’autre frange, réactionnaire et raciste avait occupé les ronds-points, assez vite plus rien ne pouvait coller. Surtout, la répression policière féroce des Amazon.fr - Mon rond-point dans ta gueule: Portraits de gilets jaunes -  Kerion, Sandrine, Le Bolloc'h, Yvan - Livresmanifestation, après que le pouvoir eut compris qu’aucune structuration pérenne n’était à attendre du fait même de la trop grande différence entre les membres, a beaucoup joué dans le retrait des témoins.

Ces gens sont des français moyens, pas nécessairement dotés d’une famille dysfonctionnelle, n’ayant pas toujours échoué à l’école, simplement des gens qui n’ont pas de patrimoine, ni culturel ni matériel et qui pensent que seule la volonté suffit pour s’en sortir honnêtement. Quasiment tous convergent, après une pointe d’amertume, pour reconnaître le formidable mouvement d’éducation politique et des vertus du collectif parmi ces milliers de femmes et d’hommes qui ne savaient pas qu’ensemble on est plus fort que seuls.

Incroyablement honnête, juste, cet ouvrage tombe à point nommé pour rappeler d’où l’on vient et que rien n’est inéluctable. Et s’il confirme l’échec inéluctable de la révolte, Covid ou pas, il nous dit aussi que tous ces gens qui se sont redécouvert un pouvoir citoyen n’ont pas disparu et ne sont sans doute pas plus visible dans les radars des instituts de sondage qu’à la veille du déclenchement de la révolte des ronds-points.

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Search and Destroy

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Manga de Kaneko Atsushi
Delcourt (2021) – (2018), 300p./volume, série finie en 3 volumes.

Dans une cité monumentale perdue dans les plaines enneigées et gangrénée par les Yakuza et un pouvoir totalitaire régnant sur une plèbe androïde, Hyaku cherche vengeance. Enfant elle a été dépecée et poursuit désormais impitoyablement ceux qui lui ont dérobé ses membres et organes. Accompagnée du gamin Doro, sa chasse s’annonce sanglante… 

badge numeriqueSacrée surprise que cette trilogie qui transpose dans un univers de SF dystopique un manga d’Osamu Tezuka, originalement située au Moyen-Age japonais. Si le nom du grand maître du manga est toujours une tentation d’accroche commerciale, je ne suis pas certain que ce choix de mise en avant soit parlant et efficace tant le projet d’Atsushi Kaneko est particulier, empreint d’une ambiance torve aux influences punk et cronenbergiennes, bien loin du classicisme de l’œuvre de Tezuka.

Search and Destroy, tome 1 - Atsushi Kaneko - Les portes du MultiversAu premier abord les dessins peuvent sembler pauvres, techniquement étranges, avant de constater la force d’une ligne contrastée offrant aux ombres et lumières un rôle central. La comparaison qui m’est immédiatement venue à la lecture de ce manga fut l’immersion improbable d’un autre maître de la BD, Will Eisner, dans un univers de SF cyberpunk. Comme le dessinateur américain, Kaneko possède en effet ce style très BD européenne à la fois très tranché et par moment simplement posé en touches. Volontiers provocateur, les simples couvertures de Kaneko (pas forcément les plus attirantes), évoque immédiatement une certains SF des années soixante-dix et ses vilaines jaquettes des collections de romans populaires.

Search and Destroy est trash, cash, totalement japonais dans sa fascination organique pour les bizarreries anatomiques et les amputations, découpages et mutilations. Car l’intrigue est simple: Hyaku chasse les druides qui lui ont volé son corps, grâce aux implants armés qui hérissent son corps. Le premier intérêt vient, outre du dessin très intéressant, des thématiques SF fort nombreuses évoquées pourtant avec talent en seulement trois volumes. Search and Destroy (Manga) | AnimeClick.itProposant une société où post-humains puissants améliorés cohabitent avec un prolétariat de robots ouvriers, il aborde frontalement les sujets asimoviens de ce qu’est un être vivant alors qu’un humain peut être découpé, que des robots peuvent se greffer des morceaux humains et que les androïdes purs semblent dotés de plus d’émotions que leurs dominants.

Utilisant autant l’esthétique rétro-futuriste des totalitarismes années trente, l’auteur extrémise ses planches via des tempêtes de neige, des hordes de robots oppressés et des salons de sexe déviant aux stroboscopes  éblouissant. On entendrait presque l’assourdissante musique qui semble recouvrir cet opéra destroy et rageur.

Jouissant de bien peu de défauts (hormis son esthétique qui ne plaira peut-être pas à tout le monde), Search and Destroy est une sacrée claque, une bien belle découverte tant graphique que scénaristique qui montre une nouvelle fois que les sujets les plus simples sont souvent les meilleurs quand ils sont habités par un liant intelligent.

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Injustice – les dieux sont parmi nous, année 5

Comic de Brian Bucchelatto et collectif.
Urban (2014-2021), édition intégrale par année, 5/5 vol. parus., 320p./volume.

Chaque volume d’intégrale par année rassemble deux volumes de la série publiée de 2014 à 2018 plus les épisodes « annual » intercalés et permettant de développer les interstices de cette bataille des Dieux… A savoir que DC a sorti récemment un Omnibus rassemblant l’intégralité de la série en deux volumes, mais qui ne semblent pas prévus pour le moment chez Urban

Attention spoilers!

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Désormais seul aux commandes du Régime, sans adversaires, Superman reste hanté par la résistance pourtant si faible de Batman. Alors que ses propres alliés commencent à manifester des signes de lassitude face à son comportement autoritaire, les seuls qui semblent en mesure de faire pencher la balance sont les super-vilains libérés par l’action folle d’Elastic-man. Rompant toute morale, l’Homme d’acier décide de faire appel aux services des plus grands criminels de la Terre pour retrouver le chevalier noir…

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Ça y est, c’est la fin de cette immense saga qui aura su pour une fois me faire presque totalement adhérer à une intrigue de la Justice League grâce au grand talent de Tome Taylor (dont je parlais hier sur Dceased2). Pour une raison qui m’échappe, alors qu’il a tenu l’essentiel des quatre premières « années » d’Injustice, Taylor a ici complètement passé la main, avec pertes puisque cette ultime intégrale revient à un niveau qualitatif assez moyen où les incohérences et trous dans la raquette scénaristique deviennent bien plus visibles au milieu des affrontements. Est-ce à cause du ménage fait dans les rangs des héros ou simplement du fait d’une moins bonne liberté créative, cet opus retombe dans une certaine banalité qui siéra aux fans de DC mais risque de décevoir ceux qui comme moi ont vu dans Injustice un miracle inattendu.Slings & Arrows

Si le principal intérêt de ces derniers actes réside dans la faiblesse de Batman et la quasi disparition de sa résistance, les événements de crise qui avaient pu justifier jusqu’ici l’allégeance sans faille des autres héros n’ont plus lieu ici et on tique pas mal sur l’acceptation par des personnes à la morale la plus élevée des crimes perpétrés par le tyran. Il manque cette friction que l’on attend depuis le début, ce qui rendait le précédent opus intéressant lorsque l’Invincible Wonder Woman se retrouvait face à Superman. A la place on nous instille l’idée que Luthor pourrait agir en coulisse sur différents plans dont on ne nous révèle finalement rien, laissant entendre que certains événements sont à lire dans d’autres publications. Ainsi ce qui faisait la force de cette intégrale à savoir rassembler la totalité de l’intrigue (vraiment!) semble ne plus marcher et nous confronte a l’éternel problème des ties-in, devenus souvent indispensables. Par exemple ces séquences rattachées au spin-off Ground zero (non inclu) et qui nous laissent sans conclusion. De même avec cette conclusion qui part d’une bonne idée… mais semble attendre une suite immédiate.Superman VS Batman (Injustice Gods Among Us Year 5) – Comicnewbies

Si la structure de cette Année cinq ne diffère pas fondamentalement des autres, elle n’a pas la thématique et les rebondissements des précédentes années et se résume à une interminable série d’affrontements avec les vilains et autour de ce faux superman dont on ne saura au final pas grand chose. Comme si les auteurs n’avaient pas su achever leur histoire et que Taylor avait un peu lâchement abandonné le bateau avant l’arrivée au port. Assez décevante donc, cette conclusion donnera suite deux ans plus tard à une série Injustice 2, bien moins volumineuse et décrivant semble t’il l’évolution du monde après la chute du Tyran (… et sans sa protection). A suivre donc…

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****·Comics·East & West·Nouveau !·Numérique

Skulldigger & Skeleton Boy

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Histoire complète en six chapitres, écrite par Jeff Lemire et dessinée par Tonci Zonjic. 168 pages, parution en France chez Urban Comics Indies le 15/10/2021.

Punisher begins

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Après avoir perdu ses parents dans une rue sombre de Spiral City, un jeune garçon voit débarquer un colosse en armure, vêtu d’un masque de squelette, qui liquide brutalement le tueur sous ses yeux. Cette machine à tuer, c’est le Skulldigger, un justicier brutal et sanguinaire, qui nettoie les rues de façon expéditive, armé d’une masse d’arme en forme de crâne.

Impressionné par le cran de l’enfant, et se sentant coupable de ne pas avoir pu sauver ses parents, Skulldigger va l’enlever, et lui donner la possibilité de devenir son partenaire. Ainsi entraîné et affublé lui aussi d’un masque en forme de crâne, le jeune garçon, rebaptisé Skeleton Boy, va prendre part, de façon impromptue et prématurée, à la croisade de son nouveau mentor.

Le duo va donc se retrouver pris entre deux feux: d’une part, le gangster Grimjim, sorte de Joker démoniaque, qui a des comptes à régler avec son ancien ennemi juré aujourd’hui candidat à la mairie, et l’inspecteur Reyes, qui cherche à coincer le justicier depuis un moment.

Jeff Lemire nous avait déjà impressionné par des séries comme Sweet Tooth, Descender, Sentient, Gideon Falls ou encore Black Hammer. Cette dernière, déconstruction très pertinente de la figure superhéroïque, a donné lieu à un embryon d’univers partagé, avec les récentes mini-séries sur Doctor Star et Sherlock Frankenstein, et même un crossover avec la Justice League.

Le scénariste poursuit son exploration du Black Hammer-verse, en jumelant deux héros aux parcours parallèles mais pourtant très différents: Batman et le Punisher. Cependant, il ne s’agit pas ici de resservir des codes narratifs déjà digérés par des auteurs comme Frank Miller sur Batman ou Garth Ennis et Warren Ellis sur le Punisher, mais plutôt de changer le paradigme en s’intéressant aux sideckicks, ces fidèles acolytes, souvent mineurs, dont l’homme chauve-souris le plus célèbre du monde a l’habitude de s’entourer.

Le point de vue sera donc celui du jeune narrateur, qui débute son parcours à la manière d’un Bruce Wayne, mais qui a finalement davantage de points communs avec Robin. Embrigadé par cet homme taciturne et violent qu’est le Skulldigger, le jeune Skeleton Boy sera l’illustration parfaite de la critique que Jeff Lemire souhaite apposer aux justiciers urbains tels qu’on les a vus fleurir dans les ’90.

Quand tu ne sais pas comment t’habiller le matin.

Car l’univers Black Hammer, c’est aussi ça, à la fois une ode au genre, à ses codes et à ses icones, autant qu’une critique des lieux communs, qui à force d’usure, se transforment en cliché. Toujours lucide, jamais cynique, ou du moins pas gratuitement, Lemire dépeint des personnages tangibles, qu’ils soient sensibles ou cruels, tout en évitant le manichéisme basique.

Tout y est familier, et donc automatiquement rassurant pour le cerveau du lecteur, tout en présentant suffisamment de nouveauté pour éveiller notre intérêt. C’est là toute la force de l’écriture de Lemire, qui parvient à se renouveler tout en continuant d’aborder ses thèmes fétiches, à savoir les liens familiaux dysfonctionnels.

En effet, comme pour tout sidekick qui se respecte, Skeleton Boy entretient une relation filiale avec Skulldigger, qui a lui-même des comptes à régler avec ses propres figures paternelles. La mise en abime montre bien la cohérence réflective de Lemire, qui ne se complaît jamais de son propre travail, comme ont pu le faire nombre de scénaristes prometteurs au fil des années.

« T’as pas un truc à me dire ? »

Le seul regret que nous ayons, c’est que la série ne compte effectivement que six chapitres à ce jour, après plus d’un an et demi de publication, ce qui laisse en suspens certaines questions dramatiques distillées çà et là.