Comics·Nouveau !·Numérique

Lazarus #7

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Comic de Greg Rucka et Michael Lark
Glénat (2020) – Image (2019), 132 p., série en cours.

badge numeriqueLe précédent volume commence à remonter puisque ma critique date d’un an et demi… Je n’ai pas lu le tome noté « 6 » chez Glénat, qui reprenait des épisodes spin-off apparemment peu intéressants. L’intrigue reprend donc bien au tome « 7 ». A noter que le nouveau cycle est sous-titré « Risen » chez l’éditeur original Image, Glénat ayant choisi de maintenir une continuité de tomaison. Espérons que cela n’oblige pas dans quelques volumes à une révision de la maquette sur les réeditions…

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Alors que la guerre des familles s’intensifie Forever noue un pacte avec sa sœur pour enfin rencontrer son clone. La défaite contre le Dragon a marqué les esprits et les alliances se font et se défont dans un monde sur le point de basculer…

Est-ce le fait d’avoir attendu un temps inhabituel entre le précédent opus et celui-ci? Le fait est que cette reprise, si elle est plus que jamais marquée du sceau de l’action (entre intervention commando hyper-technologique et affrontement primaire entre lazares), semble patiner un peu dans la résolution de l’affrontement géopolitique. Le nouveau contexte marqué par un réequilibrage interne à la famille est désormais connu mais les aller-retours géographiques avec des informations temporelles assez absentes pour le lecteur ne facilitent pas la compréhension. Une carte des noms des clans en début d’album aiderait grandement à contextualiser de qui on parle car dans ces discussions stratégiques on est un peu perdu. De même, le changement de coiffure de Forever rend parfois compliquée la lecture des actions entre des soldats tous harnachés de combinaisons de storm-troopers. Le style de Michael Lark peut diviser, personnellement j’ai du mal depuis le début de la série, ce qui ne m’empêche pas de’apprécier l’excellent scénario, très sombre, froid et psychologique de Greg Rucka. Hormis cela on assiste à des assassinats violents, à l’apparition de la matriarche Carlyle, au retour du Dragon et aux incidences de la guerre sur les populations civiles.

On attend toujours la série Amazon qui devrait propulser encore plus haut cette série dans la popularité geek et il faut reconnaître une solidité indéniable dans la progression dramatique (un peu lente….?) et des personnages forts. L’univers de Lazarus est noir, très très noir. Gageons que cette « résurrection » soit un chemin vers la lumière.

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Glaucos #1

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Manga de Akio Tanaka

Glénat (2006-2007) – Kodansha (2004), 220p./volumes, série finie en 4 tomes.

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Cissé est né dans la mer, mystérieusement, et sauvé par des dauphins. Ayant grandi auprès d’un pécheur sur un îlot du Pacifique, il est un jour repéré par l’ancien champion du monde de plongée en apnée qui voit en lui le successeur destiné à récupérer le record de profondeur…Killy on Twitter: "À noter qu'Ascension est une adaptation du ...

L’ouvrage commence comme un mythe, surprenant, un peu brutal: l’image d’une femme accouchant au milieu de l’océan, sur des planches en couleur de toute beauté et très poétiques. Puis on bascule dix-sept ans plus tard: Cissé, jeune homme longiligne et sec, aux yeux et lèvres le rapprochant des poissons, danse au fond de l’eau. Le rythme de ce premier tome avance vite puisque en deux-cent pages on assiste à la naissance de Cissé, son départ pour le Japon, lui qui n’a jamais reçu la moindre éducation scolaire et n’est jamais parti de son îlot, ses analyses médicales surprenantes et le début de sa formation pour reconquérir le titre de champion détenu par un certain Petit dont l’image commence déjà à hanter le jeune homme. Les interactions entre les personnages sont assez intéressantes, avec ce champion déchu et revanchard dont on soupçonne la manipulation, la chercheuse qui voit en Cissé l’archétype de l’évolution du genre humain et ce héros tout à fait immature qui va devoir apprendre que les capacités innées, aussi incroyables soient-elles, ne suffisent pas sans entraînement et travail. Le travail graphique est plutôt réussi avec de très beaux paysages et des visages de type franco-belge malgré quelques faiblesses anatomiques assez surprenantes. J’ai retrouvé dans ce bel album l’énergie sport-nature d’Ascension de Shin’ichi Sakamoto (sorti après Glaucos), avec des images de nature aquatique, l’aspect technique du sport extrême et la figure classique du jeune homme rebelle mais à la volonté d’airain.  Une belle découverte!

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Malcolm Max #1: les pilleurs de sépulture

La BD!

BD Peter Mennigen et Ingo Römling

Delcourt (2020), 72p., un volume paru sur quatre.

badge numeriqueLa série Malcolm Max est parue en Allemagne chez Splitter-Verlag avec quatre tomes et un spin-off

 

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Étonnante série que ce Malcolm Max, premier tome d’une série allemande qui en compte  déjà  quatre et propose un personnage à la Sherlock holmes dans une atmosphère très victorienne teintée de mystères. Ce début d’enquête autour de meurtres atroces perpétrés sur des femmes dans des conditions rationnellement impossibles fait fortement penser à la série récente Les métamorphoses 1858.  L’album, très didactique sur l’époque, s’ouvre sur un rappel du contexte et une présentation du duo improbable formé par ce dandy brillant et une demi-vampire… dont on ne saisit pas bien l’utilité fantastique au terme de cette première partie. Les auteurs jouent beaucoup sur le comique des échanges entre ces Malcolm Max -1- Les pilleurs de sépulturesdeux êtres vifs à la répartie percutante et prennent le temps de bien expliquer le cheminement de l’enquête, au risque d’un petit rythme. Je disais étonnante car de par les dessins proches du cartoon (entre Bones et Clevinger) et des dialogues à la simplicité déconcertante on envisage une lecture destinée à la jeunesse… Malcolm Max peut ainsi être une bonne introduction à cette ambiance d’enquête brumeuse même si certaines idées peuvent apparaître déplacés  (le « ver libidineux » ou le récit des crimes) pour un tel public. Doté de dessins très sympathiques d’un Igo Römling passé sur l’adaptation comic de la série d’animation Star wars Rebels, l’album pèche un peu au niveau des textes un peu appuyés comme son scénario pourtant assez accrocheur faute d’une folle originalité. Au final on a un bon démarrage pour débuter dans la BD fantastique avec des personnages assez cool… ce qui ne suffira pas à accrocher des lecteurs chevronnés faute d’une idée vraiment novatrice. A noter que l’album comprend un volumineux cahier final rempli d’explications sur la réalisation de l’album.

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Red sonja: l’autre monde #2

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  • Red Sonja #2 (Chu, Gomez, Mohan – Graph Zeppelin)  – 2020

couv_377313badge numeriqueSuite des aventures temporelles de l’alter-ego de Conan, la rouquine hyboréenne crée par Robert Howard, qui se poursuivront dans un troisième volume annoncé en fin d’album. L’ouvrage comporte donc cette seconde partie et se termine par un épisode préquel (non dessiné par Carlos Gomez) et comme pour le premier tome par une importante galerie de couvertures alternatives. Suite aux événements précédents Max se retrouve en Hyborée, ce qui permet les mêmes décalages humoristiques que ceux créés par la guerrière transportée au XXI° siècle. Si la rousse poursuit donc sa quête du « mage » qui lui permettra de rentrer chez elle (en lattant au passage méchamment une bande de bikers), le policier se retrouve lui accompagné de charmantes guerrières très impressionnées par ses talents. Le dessin de cette partie est toujours aussi bon, mais le scénario (qui n’ambitionne pourtant pas de révolutionner la fantasy) cale un peu faute du méchant renvoyé chez lui et de tension dramatique un tant soi peu travaillée. Du coup on a un peu l’impression d’une prolongation alimentaire pour les auteurs qui auraient aussi bien pu conclure sur l’ouvrage précédent ou sauter directement à un diptyque. Il reste plaisant de voir Sonja enquiller les bières, trancher des têtes (oui-oui, c’est un peu moins policé que chez le Big-two) et surtout dialoguer à la mode Conan, avec nombre de jeux de langue qui vous rappelleront l’humour d’Arleston (Lanfeust de Troy). Ce second volume est donc limité à une simple récréation dispensable qui se passera bien si vous aimez le style du dessinateur argentin.

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Injustice – les dieux sont parmi nous #3-4

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  • Injustice, les dieux sont parmi nous – Année 2, 1° partie (Taylor/Collectif/Urban) – 2015couv_253967

badge numeriqueLe kiff continue sur cette série qui commence à ressembler à tout ce que j’ai toujours voulu lire chez DC… Ce début de seconde année simplifie (ou densifie) encore l’intrigue et les dessinateurs puisqu’on se retrouve avec seulement deux artistes et l’impression d’une très grande cohérence graphique tout le long de la centaine de pages centrées autour de l’intervention du Green Lantern corp pour raisonner Superman. Batman et Wonder Woman, laissés mal en point à la fin du premier arc, sont absents et laissent donc la place à différents green lantern (qui ne pensent pas tous pareil bien entendu!) et une résistance au pouvoir totalitaire qui s’organise à Gotham. Les morts des héros dans les précédents volumes ont laissé des traces indélébiles qui cristallisent un affrontement qui va encore s’annoncer très violent. L’épisode a en outre le mérite de représenter une véritable porte d’entrée vers la thématique des Green lantern en étant très didactique pour les nouveaux venus dans cet univers et on s’aperçoit progressivement que le scénariste fait un gros travail de pédagogie permettant à tout un chacun d’entrer dans l’univers DC via cette dystopie fascinante. On continue!

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  • Injustice, les dieux sont parmi nous – Année 2, 1° partie (Taylor/Collectif/Urban) – 2015couv_257190

badge numeriqueInjustice est un peu le Game of Thrones des super-héros… Le taux de mortalité de héros majeurs est très élevé et bouleverse tous les codes de l’univers. Il est impressionnant de voir combien la seule bascule psychologique de Superman (le drame originel) ouvre un infini des possibles dès lors que l’on a renoncé au manichéisme des codes du héro. Si l’on peut à la longue s’interroger sur ce qui peut faire basculer autant de braves à la morale d’airain (Superman est un être troublé par son origine, mais Wonder Woman? Flash? …), on participe très volontiers à cet affrontement cosmique qui fait monter d’un cran les enjeux avec l’arrivée du Green lantern corp, du corp de Sinestro et la conclusion franchement inattendue et énorme de cette seconde année. L’équilibre est parfait entre les enjeux terriens (la résistance sous l’égide de Batman), le tourment de Kal-el et le rôle des Gardiens de l’ordre et des Green lantern. Car à chaque intervention dramatique, si les actes de Superman sont d’évidence injustifiables, les remises en question qu’il porte sur le rôle des héros qui l’affrontent sont souvent pertinentes. Toujours beaucoup d’action mais là encore beaucoup plus équilibrée que dans la plupart des comics débordant de testostérone. Jouant sur la psychologie des héros, sur la fuite en avant totalitaire et on peut le dire, démoniaque de Superman (on se demande toujours après quatre volumes ce qui pourrait bien rompre cette dynamique), cette série reste en tout point exemplaire et parvient brillamment à faire ce que le Batman Metal de Scott Snyder n’a pas réussi, bouleverser tranquillement, intelligemment, l’univers DC.

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Lecture COVID: Optic squad #1

La BD!

Dernière « lecture COVID » avec la nouvelle série SF de Runberg sortie cette année.


 

BD de Sylvain Runberg, Stephane Bervas et Florence Fantini (coul.)
Rue de sèvres (2019), série en cours.

badge numeriquecouv_374947Très jolie couverture SF qui donne envie pour cette nouvelle série que l’on imagine au long court et qui permet à l’éditeur Rue de sèvres de se lancer dans la BD d’anticipation à la mode Série B Delcourt

Les Optic squad sont une équipe resserrée rattachée à l’ONU et chargés d’infiltrer divers groupes de trafiquants sur la planète. Grace à des micro-caméra rattachée au nerf optique de ses agents, l’équipe peut ainsi rassembler des preuves des agissements des plus discrets criminels…

Le problème de se lancer dans ce genre c’est justement que Série B est passée par là, et notamment le maître du genre, un certain Fred Duval, le véritable Van Hamme de l’anticipation, capable presque chaque fois de proposer des concepts originaux qui nous emmènent dans un futur proche et crédible. Que proposer de nouveau avec toutes ces séries déjà sorties? Ce premier tome d’Optic squad se lit bien, avec un joli design, de belles planches, des séquences d’action assez efficaces… seulement le pitch de départ fait pschit’ en ce qu’on ne voit absolument pas ce que cette idée de caméras greffées peut apporter d’original. On se retrouve donc avec une banale intrigue policière d’infiltration d’un réseau de prostitution infantile particulièrement glauque. Dans un album policier classique cela aurait pu passer mais ici le titre même semble n’apporter aucune valeur ajoutée à l’intrigue qui n’exploite aucune idée liée à ces caméras omniprésentes hormis l’équipe logistique à l’arrière du terrain d’opération. Entre du policier à l’ancienne et Ghost in the shell il y a un gouffre que ne parvient pas à combler cet album d’une série qui aura beaucoup de mal à trouver son public si Sylvain Runberg ne propose pas dès le prochain tome une bonne raison de s’intéresser à son héroïne. Grosse déception donc, pour un auteur qui sait créer de l’intérêt sur des schémas pourtant très classiques (je pense au récent Dominants ou à Zaroff).

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Carthago # 10: L’abîme regarde en toi

La BD!

badge numeriqueL’abîme regarde en toi est le dixième tome de la série Carthago, écrite par Christophe Bec, éditée aux Humanoïdes Associés. Ce tome de 54 pages paru le 23/10/2019, est dessiné par Ennio Buffi.

Nietzsche au fond de l’eau

Suite à un forage sous-marin trop aventureux, de redoutables créatures préhistoriques, témoins d’un autre temps, remontent à la surface des mers. Parmi ces monstres, on trouve le Mégalodon, le plus terrifiant prédateur marin sensé être éteint depuis des millions d’années. Alors que de nombreux spécimens sillonnent les mers du globe, certains se mettent en quête du secret de ces créatures et de leur soudaine résurgence. Ferseinger, le Centenaire des Carpates, mobilise ainsi son meilleur homme, London Donovan, ainsi que l’océanographe Kim Melville, dont la fille Lou manifeste un lien singulier avec les créatures allant de pair avec une physiologie tout à fait hors-norme.

Au fil des tomes, l’apparition des fossiles vivants laissera entrevoir un secret bien plus complexe, impliquant une civilisation humanoïde sous-marine, dont seules les anciennes traditions en lien avec la mer peuvent encore témoigner. Nos héros vont découvrir que ces « Tritons Antiques » sont entrés en contact avec les prémisses de l’Humanité, ce qui a conduit à leur quasi-extinction et leur retrait subséquent dans les profondeurs abyssales. Ces contacts, bien que brefs, ont conduit à des métissages, engendrant des lignées d’êtres hybrides tels que Lou Melville.

Dans ce tome 10, Lou, devenue adulte après une habile ellipse, tente à son tour d’explorer les fonds marins pour contacter ces êtres aquatiques. Cependant, les abysses sont un endroit inhospitalier, même pour des plongeurs expérimentés. Lou et son équipe vont donc se retrouver piégés dans leur sous-marin endommagé, alors même que le réacteur nucléaire de l’engin menace d’exploser en engendrant une catastrophe planétaire.

Lou va donc douloureusement réaliser la portée de la maxime nietzschéenne qui sert de titre à l’album.

Les Dents de l’Abysse

Dès le premier tome de Carthago, l’on est frappé par un constat: la série porte en elle le germe de quelque chose de grand, amenant un sens du merveilleux à travers ses pages aux traits réalistes, traitant le sujet fascinant de la cryptozoologie dans une sorte d’uchronie très bien étudiée.

Le premier cycle laisse cependant apparaître le futur de son intrigue par des foreshadowings peut-être trop évidents pour le lecteur rompu à la SF et au fantastique. Ainsi, l’implication des Tritons et le croisement des espèces n’endosse pas nécessairement l’impact d’une révélation ou d’un twist, et l’on sent poindre très rapidement l’influence des classiques du genre, comme l’incontournable Abyss de James Cameron. Notons d’ailleurs, que, de façon assez prévisible, ce dixième volume partage avec le film, entre autres choses, la référence à Nietzsche.

Comme nous avions pu le remarquer sur d’autres séries de Christophe Bec, certains albums peuvent paraître dispensables à l’intrigue et semblent dépourvus de pivots majeurs, si bien qu’on finit par avoir une impression de longueur, voire de redondance entre certains volumes.

A la décharge du scénariste, qui ne répond peut-être qu’à une commande éditoriale, le nombre de situations dramatiques allant de pair avec la thématique de l’exploration sous-marine reste limité: fuir des monstres, traquer des monstres pour percer leur mystère, se retrouver piégé sous l’eau, on a l’impression avec ce dernier tome que tout a été vu, tout a été traité, à l’envi, si bien qu’au fil des album, l’auteur peut être tenté de recycler. L’intrigue tournant autour d’une explosion sous-marine dévastatrice colore elle-aussi l’album d’une teinte de déjà-vu, le scénariste ayant déjà basé sa série Olympus Mons sur ces enjeux-là. Les allers-retours surface/abysses effectués par les personnages au cours de ce volume ne font qu’enfoncer le clou.

Ce qui demeure également frappant, ce sont les dialogues parfois figés dans du techno-blabla, les personnages dépensant un nombre conséquent de phylactères à décrire des situations délicates en utilisant un jargon technique, qui, bien qu’adéquatement documenté, peut perdre le lecteur en l’éloignant de la tension dramatique. Il est toutefois possible que ce procédé puisse servir à immerger davantage le lecteur, mais ce n’est pas l’impression qui s’est imposée à nous en première lecture.

Côté graphique, Christophe Bec reste très bien entouré au fil de ses albums, Ennio Buffi respecte le canva suivi par la série jusque là.

Pour résumer, Carthago est une série portée par des thèmes fascinants, mais qui souffre d’une dilution trop importante de son intrigue, ce qui génère des redondances et parfois même, des redites avec d’autres série de l’auteur.

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Lecture COVID: Sanctuaire Genesis

La BD!

badge numeriqueSanctuaire Genesis est une mini-série dont les deux tomes sont parus en 2015 aux éditions des Humanoïdes Associés. Philippe Thirault et Christophe Bec au scénario, Stefano Raffaele au dessin.

 

Les origines du Mal

Quelques années après avoir conclu en tant que dessinateur son angoissante trilogie sous-marine Sanctuaire, Christophe Bec reprend le flambeau de cet univers crée avec le concours de Xavier Dorison, cette fois en tant que scénariste, afin d’en livrer un préquel, grâce aux dessins de Stefano Raffaele.

Alors que la série principale contait les mésaventures d’un équipage de sous-marin aux prises avec une entité malveillante prisonnière de l’éponyme sanctuaire, cette série nous amène un peu plus avant, à l’aube de la Second Guerre Mondiale, pour raconter la lutte de pouvoirs qui s’est opérée entre les différents belligérants qui souhaitaient exploiter le pouvoir de l’entité à leurs propres fins, ignorant que c’est une force impossible à maîtriser.

Attraper le Diable est une chose, le retenir en est une autre.

Ainsi, l’on va en savoir davantage sur les événements qui ont conduit au désastre de l‘USS Nebraska dans la série originale. Delorme, un archéologue de renom, se voit déjà récolter les lauriers de la découverte d’une immense cité Ougharit, une civilisation ancienne, dont on n’explique pas le soudain déclin. Il traîne derrière lui Marlène, sa réticente épouse, qui aimerait être autre chose qu’un bagage qu’on amène avec soi pour le déposer simplement à chaque étape de son voyage.

Petit problème, les nazis sont sur le coup eux aussi, et vont prendre le couple en otage afin que l’archéologue leur montre la voie du Sanctuaire et de ce qu’il renferme en son sein. Sous la menace constante, le couple va de disloquer, amenant l’épouse déçue dans les bras d’Otto, l’archéologue au service des allemands.

Sanctuaire Genesis s’amuse à nous rejouer la carte des films d’aventure sur une trame assez classique. En effet, la fiction regorge de monstres et d’entités malveillantes, emprisonnés grâce au sacrifice d’un peuple ancien ou une faction occulte dont les derniers descendants gardent encore craintivement le secret (je pense à La Momie, Indiana Jones, Le Prince des Ténèbres…), et réveillés par l’inadvertance ou la cupidité des hommes.

On l’aura compris, Sanctuaire Genesis ne comprend pas d’élément réellement surprenant, ni une recette particulière, cependant, on se laisse prendre par le coté soap apporté par le triangle amoureux Delorme/Marlène/Otto. En revanche, on aurait apprécié en apprendre davantage sur les origines ou le background de Moth, le fameux antagoniste maléfique, qui reste finalement en arrière plan, muet la plupart du temps, ne se distinguant que par l’influence morbide dont on le devine instigateur. Il est possible, sur ce point, que les scénaristes n’aient pas souhaité faire doublon avec le reboot de la série, sorti entre temps, et intitulé Sanctuaire Redux, qui offrait déjà quelques flashbacks très instructifs.

Graphiquement, Stefano Raffaele, que l’on retrouvera de nouveau en tandem avec Christophe Bec sur la série Olympus Mons, faisait déjà ici un très bon travail sur les ambiances et les décors.

Sanctuaire Genesis demeure une agréable lecture, même si elle ne comporte pas d’élément surprise qui changerait le paradigme de la série principale.

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Lecture COVID: Sanctuaire

La BD!

badge numeriqueSanctuaire est une série en trois tomes, écrite par Xavier Dorison et dessinée par Christophe Bec, parue entre 2001 et 2004 aux éditions des Humanoïdes Associés. L’intégrale la plus récente a été éditée en novembre 2018.

Couverture de Sanctuaire -INT- Intégrale

Les Lois de l’enfermement

En ces temps troublés de confinement mortifère où l’extérieur est redevenu un danger et où le prochain une menace, quoi de mieux que de se plonger dans un thriller aquatique claustrophobe, dans lequel les membres d’équipage d’un sous-marin sont piégés dans un lieu maudit au fond des eaux ?

Sanctuaire est une série dont l’impact sur le neuvième paysage artistique est indéniable, et qui a généré rien de moins qu’un reboot en cinq tomes (Sanctuaire Redux) ainsi qu’un prequel (Sanctuaire Genesis). Dans un contexte de guerre (pas si) froide, l’USS Nebraska patrouille au large de la Syrie et intercepte un mystérieux signal de détresse. Ce qu’ils vont trouver dépasse l’entendement: un vieux sous-marin soviétique échoué, aux abords d’une antique cité engloutie par les eaux. C’est en voulant explorer d’un peu trop près ces ruines que l’équipage va découvrir que quelque chose d’ancien et de malveillant y rôde, et que cette entité a jeté son dévolu sur eux…

Angoisse sous-marine

Dès lors, l’ambiance va assez rapidement dégénérer entre les parois du navire submersible. Les esprits vont s’échauffer, les angoisses patiemment refoulées vont resurgir violemment, pour donner place à une folie galopante, et même…à une incompréhensible épidémie à bord. Tandis que dans le sous-marin endommagé, les quelques hommes encore sains d’esprits tentent de trouver une issue favorable à cette débâcle, l’équipe d’expédition fait face de façon beaucoup plus frontale à un mal ancestral, pour qui les ruines servaient de prison, et qui a hâte de goûter à nouveau à la liberté.

Xavier Dorison utilise les trois tomes de Sanctuaire pour créer une ambiance paranoïaque et hallucinée, enchaînant les événements inexpliqués pour mieux plonger ses marins dans un océan de confusion, qui leur était étrangère jusque-là. Alors que ces soldats aguerris et rompus à la navigation sont formés pour faire face à toutes sortes de situations potentiellement létales, le scénariste va prendre un malin plaisir à les projeter face à l’inconnu, l’indicible même, mettant à l’épreuve leurs facultés mentales ainsi que leur instinct de survie.

Comme soulevé précédemment dans la chronique consacrée à Carthago, cette fois scénarisée par Christophe Bec, les dialogues, axés autour de la résolution de problèmes et parcourus par un jargon technique, donnent un aperçu du travail de documentation effectué par l’auteur, ce qui a pour effet de crédibiliser l’ensemble, mais peuvent être de nature à faire décrocher le lecteur non-initié ou pas assez attentif.

Le reste demeure impeccable, la trame générale de la trilogie reposant sur le ressort classique du Mal-scellé-dans-un-endroit-mystérieux et générant une terreur lovecraftienne à chaque recoin de planche. Xavier Dorison distille ce qu’il faut de background pour que le lecteur reste accroché, avide de réponses quant au sort des Le sanctuaire - AU COEUR DES BULLESprotagonistes ou à l’origine de l’être qui hante le Sanctuaire. On peut toutefois déplorer un clap de fin un peu brusque, qui contraste avec le soin apporté au reste de l’œuvre.

La partie graphique assurée par Christophe Bec, montre l’aisance de ce dernier avec le monde sous-marin, que l’auteur a exploré par la suite dans d’autres de ses œuvres (Carthago en tête). En revanche, il est possible de rester un tantinet perplexe face à certains de ses visages, qui, personnellement, m’ont peu fait traverser la fameuse Vallée de l’Étrange sur certaines cases (du coup, je ne suis pas sûr, mais j’ai cru comprendre que le dessinateur s’était inspiré d’acteurs pour certains personnages, les plus reconnaissables étant Bruce Willis ou encore Johnny Depp).

En résumé, Sanctuaire est un classique du genre Fantastique, possédant une intrigue solide et une ambiance angoissante garantie. Vous y repenserez sûrement la prochaine fois que vous visiterez des ruines antiques sous-marines !

Vous retrouverez Sanctuaire avec un article sur Sanctuaire Genesis dès demain!

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Lecture COVID: Space brothers #1

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Les sources de lectures Covid que j’ai identifié sont les suivantes (vérifier sur les sites la durée de disponibilité variable). Si vous avez un compte Iznéo, les promo sont basculées mais en vrac entre les promo payantes et les véritables gratuits).

Attention, avec l’annonce du déconfinement plusieurs éditeurs ont stoppé leur opération lecture gratuite. D’autres continuent au moins jusque fin mai. Si vous avez déjà ouvert un des albums proposés il se peut que la lecture soit toujours possible dans votre navigateur.


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Manga de Chuya Koyama
Pika(2013-), série en cours,20/37 vol. parus en France.

badge numeriquePour être franc en commençant cet album j’avais confondu avec le pavé Planètes et croyais donc m’attaquer à un manga achevé (j’évite systématiquement de commencer des grosses séries manga non achevées)… Cela obère la probabilité que je continue sur le long terme, pour autant j’ai pris un très grand plaisir à lire cette introduction particulièrement prenante sur un sujet que je n’attendais pas. Deux frères se sont promis de devenir astronautes… quelques années plus tard l’un d’eux a accompli son rêve et est en partance pour la Lune avec une équipe américaine. L’autre est ingénieur au chômage. Bousculé dans son honneur il est poussé à s’inscrire les tests d’intégration de l’agence spatiale japonaise…

Doté de dessins correctes mais loin d’être virtuoses, d’un sujet qui peut paraître banal, ce manga a pour première qualité l’intelligence de sa construction et de ses dialogues. Sur ce volume on entre assez vite dans le vif du sujet en suivant les différentes épreuves d’accession à l’Agence. Entre des qualités que l’on n’a pas le temps de connaître et un supposé piston lié à la stature de son illustre frère, le héros passe étape après étape en rencontrant ceux que l’on imagine faire partie de sa future formation. Happé de la première à la dernière page on prends fait et cause pour cet aîné qui n’a pas confiance en lui et tiré par un rêve commun. C’est drôle, touchant et donne très envie d’enchaîner les volumes de cette très belle histoire!

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