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Sirènes & Vikings #1: Le Fléau des Abysses

Premier album de 52 pages, d’une tétralogie, écrit par Françoise Ruscak et dessiné par Philippe Briones, sur une idée originale de Gihef et d’Isabelle Bauthian. Parution le 09/09/20 chez Humanoïdes Associés.

bsic journalism

Merci aux Humanos pour leur confiance.

Touché-Coulé

Outre leur culture guerrière, leur férocité et leurs dieux à marteaux, les Norrois furent connus pour leurs talents de navigateurs, et dont certains indices historiques laissent penser qu’ils auraient pu découvrir les Amériques bien avant un certain C. Colomb.

Et si ces remarquables marins conquérants avaient eu maille à partir avec des habitantes des mers, les mythiques Sirènes ? C’est le point de départ de cette anthologie qu’est Sirènes & Vikings, prévue en quatre tomes.

Après une escarmouche en mer qui coûta une fois de plus la vie à une sirène, Arnhild, princesse du royaume sous-marin, décide contre l’avis de sa reine de réveiller de Jormungand, terrible dragon des mers, créature invincible capable de déchiqueter les vaisseaux vikings.

Ingvald, le fils du Jarl, s’illustre davantage par son esprit affûté que par sa force brute. Conscient du danger que représentent les sirènes et leur monstre, il imagine un plan destiné à s’emparer de la conque magique permettant d’asservir le Jormungand. Le conflit entre norrois et sirènes pourra-t-il se résoudre sans conduire à l’extermination des deux parties ?

Roméo et Ariel

Il est indéniable que Sirène & Vikings bénéficie d’un pitch simple et accrocheur: un peuple de navigateurs affronte un peuple marin mythique. L’auteure s’appuie sur différents éléments de mythologie pour ériger un univers qui demeure cohérent tout en étant fantastique, à grands renforts de dragons des mers et de trolls.

Cependant, l’on voit assez rapidement que la guerre entre les deux clans sert en fait de simple cadre à quelque chose de plus grand: l’amour. Amours rendues impossibles par la haine aveugle que se vouent les Vikings et les Amazones des mers, mais qui auraient pu ironiquement les rapprocher.

Comme dans toute querelle intergénérationnelle, la haine finit par se suffire à elle-même, et les belligérants se font la guerre sans se connaître, en se basant simplement sur des préconçus voulant que l’autre camp est maléfique. Cette perpétuation du cycle de violence est bien sûr exacerbée par des quiproquos amoureux, des rivalités politiques, et bien entendu, par des complots visant le trône.

Il est plaisant de constater que la série s’offre un équilibre très bien trouvé entre la romance et le conflit, les deux étant interdépendants et indispensable à la bonne conduite de l’intrigue. L’autre point appréciable et la fongibilité des stéréotypes de genre, qui offre encore ici une nouvelle piste de réflexion.

Les dessins de Briones, déjà connu pour la version Rebirth d’Aquaman, font ici des merveilles, grâce à des décors sous-marins magnifiques et des personnages bien campés au travers d’un trait propre et assuré. Toutefois, l’on peut se demander si le reste de l’anthologie n’en viendra pas à se répéter, l’essentiel des enjeux étant exploré dans ce premier tome. Faisons confiance aux auteurs qui se succéderont pour ouvrir d’autres pistes !

**·Comics·Numérique·Rapidos·Rétro

Luthor

Comic de Brian Azzarello, Lee Bermejo et David Stewart+ Jose Villarubia
Urban (2006-2019), 114 p. one-shot.

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Lee Bermejo fait partie de la Top list des dessinateurs virtuoses les plus réputés du circuit et comme beaucoup de membres de cette liste… il a très peu publié. Plus illustrateur de couvertures que de planches intérieures (ce qui est compréhensible au vu de sa technique photo réaliste et de sa colorisation très poussée), il est connu surtout pour son énorme Joker avec son comparse Brian Azzarello. Poussant l’idée de ce dernier sur la Némésis de Superman, le duo propose une analyse psychologique centrée sur un méchant et comme sur Joker, Batman comme superman sont quasi absents de ce one-shot. Nightwing Falling Quotes. QuotesGramSouffrant des mêmes difficultés que toutes les histoires de superman que j’ai lu (hormis Red son et Injustice, et pour cause: Kal El y passe du côté des méchants…), Luthor fait un peu du surplace avec un personnage bien connu pour son idéalisme humain et sa jalousie envers ce Dieu tombé du ciel. Le scénario d’Azzarello ne va pas plus loin que le pitch de départ et si le début (qui a peut-être inspiré Zack Snyder sur Dawn of justice…?) nous accroche avec justement une alliance entre Lex et Bruce qui aurait pu être le cœur de l’intrigue, l’histoire se prolonge avec la classique création d’un super-humain voué à contrer l’homme d’acier. Le scénariste semble ne pas avoir su choisir entre ces différentes directions et sur une relativement courte pagination on passe d’une micro-histoire à une autre. Le dessin de Bermejo est moins poussé, moins inspiré que sur Joker, plus épuré aussi avec une évolution de sa colorisation qui aboutira à son style actuel, photoréaliste très impressionnant vu sur Damned ou sur la cover très alléchante de ce Luthor. Etrangement les séquences les plus efficaces sont celles mettant en action Batman et superman, la vision de ce dernier, très sombre, proche du faciès de Darkseid (le grand méchant de l’univers DC), l’image presque naïve de Luthor nous laissant un peu impliqués.

Inabouti, ce projet semble n’avoir pas su dépasser le concept lancé avec succès sur Joker alors que le personnage focus ne recouvre pas du tout la même psychologie. L’album se lit néanmoins sans ennui, notamment pour profiter des dessins tout de même très agréables. A réserver aux fanas de Bermejo ou de Superman.

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D.O.W. #1: Les ailes du Loup

La BD!

Premier tome de 64 pages d’une série écrite par Thilde Barboni et dessinée par Gabor. Parution le 11/09/2020 aux éditions Dupuis.

Art et Révolution

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A Nice, la ville ensoleillée, sévit un street-artist nommé D.O.W., qui, par ses œuvres engagées, dénonce des crimes et aide ainsi la police à lutter contre les trafics et le travail forcé des migrants clandestins.

Grapheur justicier la nuit, Aliocha Marni est tatoueur le jour. Prisé par les stars et autres personnalités influentes, il monnaie son coup d’aiguille chèrement, parfois à des gens peu recommandables. Mais si Aliocha se tisse des accointances louches, c’est parce qu’au-delà de sa soif de justice, il a des comptes à régler, et une vengeance personnelle à accomplir.

Graph et Haute-Voltige

Comme vous l’aurez constaté, le pitch de D.O.W. peut paraître frugal à première vue. Cependant, l’auteure nous plonge immédiatement dans l’action en faisant du grapheur-vengeur une figure locale connue, et appréciée. Son alter-égo, Aliocha, est lui aussi promptement introduit, ce qui évite les temps morts et une exposition trop longue. En moins d’un tiers de l’album, tous les protagonistes sont en place et les enjeux clairement établis, ce qui n’empêche pas des rebondissements distillés en seconde partie.

Comme dans toutes les revenge stories, il y a un certain manichéisme, et pour l’instant en tous cas, Aliocha n’a pas encore eu à compromettre sa moralité afin de se rapprocher de son objectif. Le personnage secondaire de Sacha, bien qu’utile à l’intrigue, m’a semblée légèrement superficielle, mais ce tort fut vite réparé au fil de l’album.

Le dessin de Gabor apporte une touche de fraicheur et de dynamisme à l’ensemble. Certaines planches oscillent entre du Todd Nauck et du Enrico Marini, et font plaisir à voir.

Une série qui démarre sur les chapeaux de roue, et dont on a hâte de connaître la suite !

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Le Dernier Atlas

La BD!

Série en trois tomes, écrite par Gwen de Bonneval et Fabien Vehlmann, dessinée par Hervé Tanquerelle. Deux tomes parus, le 15/03/2019 (205 pages) et le 24/06/2020 (228 pages), aux éditions Dupuis.

Obsolescence programmée

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Ismaël Tayeb n’est peut-être qu’un petit tâcheron dans les rouages criminels de Nantes, mais il a tout d’un grand. Consciencieux et méthodique, brutal mais magnanime, il supervise, avec ses compères, un réseau de jeu clandestin très lucratif.

Lorsque son sang-froid et sa clairvoyance lui permettent de sauver la mise au grand patron Legoff, dit « Dieu le père », Ismaël va se voir donner l’occasion de grimper les échelons en prouvant sa valeur. Ainsi, le truand au grand cœur n’aura pas le droit à l’erreur pour sa nouvelle mission: se procurer une pile nucléaire, dans le cadre d’une transaction sensible dans laquelle Legoff lui-même joue gros.

Puisant dans ses souvenirs d’enfance, Tayeb va vite trouver le moyen de contourner cet épineux problème: retrouver la carcasse du Georges Sand, le dernier des Atlas. Les Atlas étaient des engins colossaux, des Mechas utilisés jusque dans les années 70 pour les grands travaux. Démantelés suite à une catastrophe qui a irradié la ville de Batna en Algérie, ils ont aussitôt été relégués au rang des vieilleries, à l’exception du Sand, qui ne doit son salut qu’à un conflit juridique du à sa présence sur le sol indien.

Alors qu’il rend visite à « Dieu le père », exilé en Algérie, Ismaël est témoin d’étranges événements en plein cœur du désert. Au plus profond d’une mystérieuse faille, il perçoit une entité malveillante qui semble affecter la faune et la flore alentours. C’est un moment charnière pour le truand nantais, qui, horrifié par la menace, imagine un plan aussi fou que désespéré pour la contrer: remettre le dernier Atlas sur les rails, et l’utiliser pour stopper ce qui s’extirpera inévitablement de la faille dans le désert. Pour cela, il va devoir prendre d’énormes risques, et jouer double-jeu avec d’impitoyables truands, dont l’altruisme n’est pas la qualité première…

Uchronie et fin du monde

Ce qui débute comme une petite histoire de truands prend rapidement une dimension à la fois épique et eschatologique, avec rien de moins en jeu que le sort du monde. C’est ce virage, opéré dès le premier volume, qui donne tout son intérêt à la série, en accrochant d’emblée le lecteur.

L’aspect feuilletonnesque, permis par la très généreuse pagination, est une qualité supplémentaire, qui permet aux auteurs de tisser une intrigue complexe, mêlant banditisme, luttes de pouvoirs, géopolitique, le tout sous-tendu par les codes du  » caper « .

Un autre point important du Dernier Atlas est son caractère uchronique, puisque les auteurs ont choisi de construire leur récit dans une version alternative de notre monde, dans laquelle la colonisation de l’Algérie n’a pas connu les mêmes évènements ni la même issue, ce qui influence grandement la narration.

Il est intéressant de constater à quel point, même lorsque l’on joue avec une version alternative, ces deux pays sont liés. Un lecteur attentif à ce genre de thématique constatera d’ailleurs, non sans une ironie certaine de la part des auteurs, que le colonialisme a la vie dure, même au sein du banditisme: le chef, Legoff, est un blanc, vivant sur le sol algérien dans une certaine opulence, tandis que la plupart de ses sous-fifres et de ses exécutants, notamment Ismaël, est d’origine algérienne. Il y a aussi, à l’instar de notre monde, des nostalgiques de l’Algérie française, ce qui finit de planter le clou. On trouve également fascinant le background des Atlas eux-mêmes, tant par leur mécanique que par le culte dont ils faisaient l’objet.

Le Dernier Atlas est une histoire haletante, redoutablement bien écrite, assurément un incontournable du moment !

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Hope one #2

La BD!
BD de ‘Fane et Grelin
Comix Buro/Glénat (2020), 68p. couleur, 2/2 volumes parus.

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badge numeriqueLe premier tome de  Hope One avait été une réussite dans le genre efficace du huis-clos spatial qui s’achevait par un twist en apnée. Le second a pris beaucoup de retard puisqu’il était annoncé la même année que le premier et on le retrouve donc après un délai plus classique… avec la surprise de voir un nouveau dessinateur prendre en charge les planches. Et la surprise ne s’arrête pas là puisque l’on change totalement de registre avec une très classique enquête policière dans l’Amérique profonde (et neigeuse) des années soixante-dix! Je ne sais si ‘Fane a très bien caché son jeu mais de mémoire de bdvore je n’ai jamais assisté à un tel retournement de style dans une même série. Pour gonflé c’est gonflé et passée la surprise on se laisse porter https://www.ligneclaire.info/wp-content/uploads/2020/08/Hope-One-2-1-800x1098.jpg.webppar cette recherche de disparus en suivant un agent du FBI alcoolique et tout à fait antipathique accompagné par une policière de bourgade plus habituée à régler les querelles de voisinage que de retrouver des morts. Surtout quand l’un des disparus est son cher papa… le sheriff du bled! On connait le talent de ‘Fane pour les dialogues et les personnages couillus depuis son excellent Streamliner. On retrouve cette patte ici et le changement de dessinateur perturbe un peu en matière de style (on n’est pas du tout dans le même registre que le tome 1) mais sans perte de qualité. La principale qualité de l’album est donc cette ambiance proche des frères Cohen et la dynamique verbale entre les personnages, franchement réussie. On en oublierait presque que les deux tomes sont liés. Malheureusement la jointure est parfaitement téléphonée (il aurait été compliqué de faire autrement au vu du Grand Canyon qui sépare les deux intrigues) et on repose l’ouvrage un peu nostalgique des promesses (déçues) du début de diptyque et sans bien comprendre ce qu’a voulu faire l’auteur. Une fausse bonne idée probablement…

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Le Roi Singe 3: La disgrâce de Wukong

La BD!

Troisième tome de 86 pages d’une tétralogie, écrite et dessinée par Chaiko. Parution le 15/07/20 aux éditions Paquet.

Road Trip Simiesque

badge numeriqueLe deuxième tome à peine sorti, nous voici catapultés dans la suite des aventures de Sun Wunkong, alias le Grand Saint Égal au Ciel, alias le Roi Singe. Après s’être frotté aux immortels du Royaume Céleste et en avoir tiré une amère leçon d’humilité, le prodigieux combattant simiesque a pris la route avec un moine en quête des Soutras qui l’aideront à atteindre l’illumination.

Sur leur route, le jeune moine et le singe facétieux ont rencontré bien des obstacles et des péripéties, qui ne constituaient en fait que les prémisses de leur voyage.

Équipée fantastique

Durant leurs pérégrinations, le moine et le Roi Singe ont accueilli parmi eux un nouveau venu, Bajie, créature porcine anthropomorphe dont la bonhommie va contraster avec l’impétuosité de notre héros Wukong.

La suite des aventures du Roi Singe reste dans le même esprit que les deux précédents tomes, avec des obstacles dressés sur la route des protagonistes de façon plutôt linéaire. Ici, Sun Wukong devra mettre à l’épreuve sa faculté à collaborer, lui qui est habitué depuis si longtemps à faire cavalier seul, pendant que les créatures du Royaume Céleste continuent de comploter contre lui.

Le graphisme de Chaiko est clairement le point fort de cette série. Son excellent trait donne des personnages très expressifs et aux mouvements dynamiques, empruntant juste ce qu’il faut aux codes du manga. La mise en couleur est subtile et participe à la cohérence graphique de l’ensemble.

Une épopée au scénario un tant soit peu linéaire mais dont le graphisme sublime la qualité !

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Crusaders #2: Les Emanants

La BD!
BD de Christophe Bec et Leno Carvalho
Soleil (2020), 49p., série en cours, 2 vol. Paru.

Album lu en numérique dans le cadre du programme Superlecteurs Résultat de recherche d'images pour "iznéo".

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Arrivés à destination dans une « colonne de fer » aux proportions titanesques, l’équipage des Crusaders se voit enfin révéler le motif de leur venue. Les Emanants, race antédiluvienne à la technologie inimaginable, ont convoqué toutes les races intelligentes de l’univers pour faire face à une menace qui met en danger l’existence même de la vie…

badge numeriqueOn peut dire qu’en ce moment en matière de très bonnes BD de « Premier contact » on est gâtés! En parution concomitante avec les excellents Dominants de Runberg et Renaissance de Duval, Crusaders se hisse largement au même niveau avec un second Capturetome qui confirme amplement l’impression du premier. Avec un récit pas évident à mettre en image puisqu’il alterne des visions galactiques et des artefacts aliens avec les discussions des humains sur la conduite à tenir, on est happé par cette SF gigantesque qui assume les concepts de pointe de la physique la plus récente. Bec aime jouer avec la sophistication et délaisse ici les mythes humains pour le mur de Planck, la physique quantique et le multivers. Se faisant pour une fois pédagogue, il utilise (comme dans le tome un) les discussions passées entre l’enfant Natalia mais aussi celles avec l’ambassadeur Emanant pour nous faire part de réflexions passionnantes sur notre méconnaissance de la physique et de l’univers en extrapolant les hypothèses majeures  des scientifiques visant à dépasser le modèle d’Einstein.

On peut bien sur tiquer sur le méchant peuple destructeur (encore tout à fait énigmatique) et certains dialogues très ricains mais le fait est que tous les reproches que l’on a pu faire au scénaristes sur ses séries passées et en cours tombent ici devant une belle grande série de Science-fiction généreuse, exigeante, belle (pleine de doubles-pages impressionnantes) et originale esthétiquement. Axant le cœur de son propos sur la découverte incommensurable de l’univers par des témoins humains, il nous emmène sur son vaisseau avec la promesse d’une belle odyssée qui fait briller les yeux de tous les amoureux d’espace.

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Punk Mambo

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Premier tome de 112 pages d’une série comprenant les cinq premiers épisodes de la série Punk Mambo, écrite par Cullen Bunn et Peter Milligan, dessinée par Robert Gill et Adam Gorham. Parution le 03/07/2020 chez Bliss Comics.

Punk is not dead (yet)

badge numeriqueAprès quelques années d’errance suite à une fugue, la jeune Victoria est tombée sous la coupe d’une troupe de punks, dont le leader n’était autre qu’un redoutable houngan, doublé d’un pervers, qui lui a fait subir de nombreux sévices auxquels elle a finalement échappé. Ce calvaire a éveillé les dons de Victoria pour la magie vaudou, si bien qu’elle s’est émancipée et est devenue une redoutable mambo, le pendant féminin du houngan en vaudou.

Depuis, Victoria se fait appeler la Punk Mambo et joue les redresseuses de tort en utilisant ses pouvoirs et son lien avec son Loa, sorte de puissant génie vaudou. Lorsque son génie lui est arraché par une entité maléfique, Punk Mambo découvre que quelqu’un kidnappe les loas dans un but malveillant, et se lance dans une quête pour les libérer, sous l’impulsion des dieux vaudous qui lui octroient un allié de circonstance, Josef.

Papa loves Mambo

Cullen Bunn nous offre avec cette série Valiant une protagoniste trash pétrie directement dans les poncifs du mouvement punk. Mambo a du caractère, de la répartie, et ne s’en laisse pas conter, que ce soit par des cannibales du bayou ni par des dieux vaudous. Le coté destroy n’est cependant pas poussé à l’extrême, et la protagoniste à la crête conserve tout de même les traits héroïques nécessaires à l’avancement de l’intrigue, qui demeure efficace et sans ambages.

On plonge donc avec plaisir dans les méandres fumeux de la magie vaudou, au cours des cinq épisodes que compte cet arc. L’album se conclue par un numéro 0 faisant office d’origin story, nous éclairant sur le passé de l’héroïne apparue dans la série Shadowman.

La partie graphique est agréable pour l’œil, mais comporte des inconsistances, certains plans larges manquant de soin alors que d’autres cases bénéficient d’un traitement plus minutieux.

***·BD·Nouveau !·Numérique·Service Presse

L’Ange d’Yeu tome 1: Anges et Démons

La BD!

Premier tome de 46 planches de la série écrite par Pascal Davoz et dessinée Nicolas Bègue. Parution le 17/06/20 aux éditions Paquet.

Il était un petit navire

badge numeriqueEn 1936, Ange est un pêcheur expérimenté, qui a dédié sa vie à la mer. Il ne fait qu’un avec son bateau, hérité de son père, l’Ange d’Yeu, baptisé d’après l’île natale du sardinier. Ange aime tant son bateau qu’il fait pour ainsi dire partie de lui, et ferait presque de l’ombre à Agathe, son épouse, et à leur tout jeune enfant.

Gaston, le postier, le sait bien et n’espère qu’une chose: détourner la belle Agathe de son mari afin d’accaparer ses faveurs. Pour cela, le rival est prêt à employer tous les stratagèmes possibles, même les plus perfides. Ange va devoir redoubler de prudence s’il ne veut pas tout perdre sur l’autel de la cupidité du sournois postier.

Toutefois, il n’y a pas que ça. Depuis quelques temps, Ange est hanté par d’étranges rêves, durant lesquels il se voit, à différentes époques, invariablement confronté à un choix: sauver son épouse ou son bateau, et systématiquement, Ange choisit son embarcation, que ce soit face aux romains, aux vikings, aux croisés ou aux royalistes.

Lorsque les conspirations de Gaston emmèneront Ange sur un navire de guerre, ce dernier devra échapper aux nazis s’il veut espérer revoir sa femme…et son bateau.

Triangle (amoureux) des bermudes

Pascal Davoz réussit à nous embarquer dans un récit mêlant mystères oniriques et intrigue amoureuse, le tout étant savamment dosé. Les séquences de rêves et les complots tramés par Gaston dans le présent alternent pour nous mener aux prémisses d’une plus grande aventure.

Quelle est l’origine de ses étranges rêves ? Sont-ils une forme de métempsychose ou un avertissement ? Une fois réellement confronté au choix, Ange choisira-t-il réellement son bateau ? Survivra-t-il à l’Odyssée qui se profile devant lui ?

Le deuxième tome de la série devrait nous éclairer encore davantage, ou qui sait, épaissir encore le mystère !

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Le Roi Singe 2: Le voyage en Occident

La BD!

Deuxième tome de 82 pages d’une série écrite et dessinée par Chaiko, parution le 17/06/2020 aux éditions Paquet.

Une grimace connue pour un vieux singe

badge numeriqueLa légende de Sun Wukong, le Roi des Singes, s’est répandue à travers tous les royaumes,favorisant son ascension au Royaume Céleste, où le simiesque guerrier-monarque a attiré sur lui le courroux de nombreux dieux. Ces facéties l’ont mené à un duel avec Bouddha, à l’issue duquel il paya son arrogance en restant captif de la Montagne aux Cinq Doigts.

Ce châtiment ne prit fin que cinq cent ans plus tard, lorsque le jeune moine Sanzang Tripitaka le libéra. Sun Wukong, désormais disciple du Moine, s’embarque avec ce dernier dans un voyage périlleux, dont le but est d’atteindre l’illumination. Le vieux singe, malgré son âge et les expériences passées, n’en a semble-t-il pas tiré toutes les leçons…

Odyssée simiesque

Sun Wukong n’a donc pas fini d’apprendre, que ce soit sur le monde qui l’entoure ni sur lui-même. Son impétuosité et son arrogance sont ses pires ennemies, et ce n’est que grâce à l’intervention du Moine et de la Bodhisattva qu’il évoluera afin de devenir meilleur.

Après un fracassant premier tome, l’univers crée par Chaiko reste fascinant, grâce à ses magnifiques dessins, dont l’influence manga est ici sensiblement plus perceptible. L’histoire en elle-même reste fidèle au folklore chinois, ceux étant déjà familiers de la légende du Roi Singe n’y trouveront peut-être pas de réelle surprise.

La lecture de ce second tome demeure néanmoins tout à fait prenante, grâce à un découpage dynamique au service d’un travail graphique de grande qualité. Le tome 3 est disponible bientôt !