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Sushi & Baggles #31

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  • Lastman #2 (Balak, Vivès, Sanlaville/Casterman) – 2013, série finie en 12 volumes.

mediathequecouv_191184J’apprécie l’envie d’avancer rapidement dans cette série à lecture rapide. Ce tome voit la conclusion du tournoi entamé sur le premier volume et le développement du background de Richard et de sa relation avec le gamin et sa mère. L’univers est toujours surprenant, entre Moyen-Age et contemporain, sans que l’on sache si l’on est dans un monde post-apo ou non. Certainement que les auteurs vont profiter de la fin de ce premier arc pour construire leur univers et un antagonisme qui reste léger pour l’instant, hormis le fameux Lord Ignacio et son champion Cristo Canyon. Que ce soit sur les combats ou non le sens du cadrage et de l’action sont redoutables et confirment le talent de Michael Sanlaville pour transposer le dynamisme de l’Animation en BD.

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  • Ex-Arm #7 (Hi-rock/Shin-Ya Komi/Delcourt) – 2018

couv_326423Décidément cette série aux graphismes toujours impériaux fait les montagnes russes avec une vraie difficulté à maintenir une tension dramatique (sans doute du fait d’une intrigue générale assez légère…). Ce volume n’est pas mauvais en soi mais on sent l’aspect Ecchi gratuit (euphémisme?) prendre le dessus. C’est dommage car on commence par la fin du combat entamé au volume précédent et qui, comme toutes les bastons depuis le début est très bien tourné. Ça reste du corps à corps mais le dessinateur propose ce qui se fait de mieux en Manga en matière de cadrages et de dynamisme. Très vite on retombe ensuite dans de longues explications sur les relations entre les différentes mafia et sur le mystérieux « faucon du désert ». Depuis le début de l’arc on a bien compris que tout le monde possédait une Ex-arm et que la baston finale s’annonçait impressionnante. Le volume est donc un (nouvel) intermède permettant de voir Alma nue et les contre-plongées lourdingues sur les jolis arrières trains des demoiselles. On lit rapidos et on attend la suite…

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  • Ex-Arm #8 (Hi-rock/Shin-Ya Komi/Delcourt) – 2018

couv_345029On finira par s’y faire, dans cette série après un album passable vient toujours un autre excellent. Ce huitième volume des aventures de Minami et Alma l’androïde marquent une entrée dans l’action: les familles mafieuses se lancent dans une chasse sanglante dont il ne doit ressortir qu’une poignée d’enchérisseurs pour la vente des Ex-arm. De nombreux manipulateurs dans l’ombre surgissent et on a droit à de magnifiques combats dont les dessins font toujours autant baver, tant par la qualité du design que par la technique des dessins, jusqu’à la finesse des textures. Encore une fois, Ex-Arm est un manga très grand luxe! Comme l’histoire se développe (notamment des révélations sur le mystérieux roi du désert et ses liens avec Minami avant un combat dans le noir particulièrement tendu) on a moins de vues Ecchi et une intrigue plus linéaire ce qui fait du bien. Restent quelques ellipses brutales comme depuis le début mais cela reste un détail. Ce tome est pour moi le meilleur depuis le début et parvient à véritablement nous happer vers la suite. En espérant que cette tension se maintienne jusqu’au bout!

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La malédiction du pétrole

Le Docu du Week-End

BD de Jean-Pierre Pécau et Fred Blanchard
Delcourt (2020), one shot, 114 p., noir et blanc.

 

couv_386603badge numeriqueL’ouvrage s’ouvre comme toutes les BD Delcourt sur la biblio des auteurs et est composé d’un prologue, trois chapitres et un épilogue. En fin d’ouvrage trois textes prolongent l’album en le rattachant à l’hyper-actualité et une bibliographie documentaire indicative est proposée. La couverture, profitant des talents de designer de Fred Blanchard est assez efficace dans l’esprit documentaire.

En 1872 les frères Nobel arrivent à Bakou, zone d’affleurement de pétrole connue de longue date et y importent technique et organisation qui feront rapidement de leur société la première entreprise d’exploitation pétrolière au monde. De l’autre côté de la planète un certain Rockfeller se lance également dans l’aventure du pétrole américain en associant banquiers et sociétés de chemin de fer. Ce n’est que le début d’une histoire d’argent facile, de rêve de grandeur et d’influence géopolitique qui décidera de notre civilisation libérale, capitaliste et financière…

Actu Malediction Petrole Double Visuel A1L’histoire n’est pas nouvelle et a déjà été brillamment détaillée dans la palme d’or de Michael Moore Farenheit 9/11 en 2004 notamment. Pour qui s’intéresse à l’actualité et à l’histoire, les choix initiaux, les rôles de Henry Ford, de Rockfeller, de la couronne britannique et des dirigeants américains dans le façonnement d’un monde biberonné au pétrole est connue. Comme tout bon documentaire, en recherche permanente d’équilibre entre profondeur du contenu et utilisation du graphisme, La malédiction du pétrole parvient à doser les deux.

Le rôle de Fred Blanchard, l’historique directeur de la collection Série B Delcourt (Carmen MacCallum, Travis, Soleil froid, Wonderball, Jour J, …) est majeur dans cet ouvrage très didactique, pas si pointu qu’il en a l’air et qui a le très grand mérite de rappeler au grand public les réalités des choix sociétaux faits par nos aînés, souvent encore au pouvoir…mais également par nous, citoyens-consommateurs qui nous passons difficilement des plaisirs procurés par cet or noir. Car l’objectif de cet ouvrage documentaire revenant aux sources du Mal est bien une prise de conscience du lecteur et de son rôle. On aurait vite fait de se vautrer dans la passivité d’une lecture plaisir sur une tranche d’histoire. C’est sans doute pour cela que les auteurs ont opté pour le format documentaire. Car les dessins de Blanchard, tout en crayonnés réutilisant massivement des morceaux d’images ou collant des cases identiques, s’appuient sur une imagerie fantasmagorique, voir mythologique dans ce récit tout en narration. Si bien qu’à force de voir ces représentations symboliques de l’Argent, de la Mort ou du Capital sous forme de cranes, de sirènes ou de Mamôn, on se prend à souhaiter que le duo ait plutôt opté pour une histoire fantastique sur le thème du formidable Black Monday Murders. Le plaisir aurait été grand mais le propos amoindri.

Si vous êtes de ceux qui pensent que les français tapent trop fort sur les Etats-Unis qui ne peuvent tout de même pas être responsable de tous les maux de la Terre… passez votre chemin ou préparez-vous à changer radicalement d’opinion. Car si le pétrole fait tourner les têtes de tous ceux qui l’approchent, c’est bien les américains qui se sont rapidement révélés les plus forts, les plus déterminés et les plus violents dans l’organisation du monde et de l’économie autour de leur intérêt immédiat totalement centré sur le pétrole. Et lorsque dans les dernières pages on comprend que la mondialisation financière, dont nous sommes peut-être en train de voir la fin sous le choc immense de la pandémie de Covid-19, est l’excroissance directe de la courbe descendante de l’extraction mondiale de pétrole, on est pris de vertige. La fantasmagorie sied décidément parfaitement au sujet tant le pétrole semble la véritable incarnation du Mal. Un tel ouvrage est nécessaire, surtout lorsqu’il s’adresse au grand public et parvient à se fondre dans le format BD avec une vraie réussite visuelle. Ce que j’appelle un bon docu-BD. Et l’année commence fort sur ce thème puisque le massif ouvrage sur la Bombe va inévitablement atterrir sur l’Etagère imaginaire

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Une interview des auteurs relatant la genèse du projet est disponible sur le site Delcourt.

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Sushi & Baggles #30

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Des trouvailles comics et Manga assez rafraîchissantes cette semaine, avec trois séries que je vais continuer avec plus ou moins d’envie mais sans se forcer non plus…


  • Magical girl Holy shit! #2 (Souryu/Akata) – 2018, série en cours (7 vol Jap/6 vol fr)..

badge numeriquecouv_348205En introduction de ce second volume nous avons droit à un résumé de l’histoire et des protagonistes. Pour un manga de ce genre (à consommation rapide) c’est bien vu. Le premier tome présentait une entrée en matière rapide et très axée action. L’auteur de Magical Girl Holy shit prends ici le temps de se poser un peu en introduisant des nouveaux personnages, dont une journaliste qui permet d’élargir un peu l’univers et de démarrer un erzats de scénario. Après la méga baston entre « gros nichons » et l’héroïne, le manga nous place quelques backgrounds sur cet alter-ego qui attire pour l’instant toute l’attention de Kayo. Mine de rien Souryu arrive à garder un équilibre pas évident entre déconnade pas trop redondantes, troisième degré et action graphique plutôt agréable. Un poil plus sage que le précédent, cet opus fait le job suffisamment bien pour remettre une pièce dans la machine et nous emmener vers un troisième…

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  • Centaures #3 (Sumiyoshi/Glénat) – 2018, 4 vol parus, série en cours.

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badge numeriqueLes deux premiers volumes de cette étonnante et magnifique série m’avaient franchement emballé et la surprise de la chute sonnait comme un KO. Et pour cause, ces volumes formaient une sorte de prologue. Ici commence l’histoire des enfants centaures survivant de la terrible attaque des humains que nous avons vécu. Le ton est désormais beaucoup moins dur, comme le dessin, plus fin, moins estampes mais toujours aussi beau. Les quelques plans de nature en début d’ouvrage sont tout bonnement somptueux. Le monde en guerre que nous avons laissé a donné place quelques années plus tard à une étonnante cohabitation entre centaures et humains, que vont découvrir le fils de Matsukaze et celui de Kohibari. Si la tension a donc franchement baissé, malgré la peur permanente de ce que les centaures peuvent découvrir, l’auteur peut désormais s’atteler à imaginer à quoi peut ressembler une société japonaise civilisée habitée par des centaures. Il y a plein de bonnes idées de background et l’atmosphère de danger permanent instillée dans les deux premiers volumes infuse toujours chez le lecteur en créant une envie de connaître le destin de ces personnages. Les quelques effets brouillons des débuts ont presque disparu pour donner place à un manga très maîtrisé qui s’impose comme une valeur sure.

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  • Lastman #1 (Balak, Vivès, Sanlaville/Casterman) – 2012), série finie en 12 volumes.

mediathequecouv_183304On entend parler de Lastman depuis longtemps, avec un très bon buzz public. Le format me plait bien mais je reconnais que le style de la bande des Vivès/Sanlaville/Merwan/Gatignol, totalement issue de l’animation, me laisse parfois dubitatif. Pour quelqu’un qui aime les encrages précis d’un Toulhoat ou d’un Immonen, ce style épuré, à la fois très maîtrisé techniquement et déformé est perturbant. Le plaisir de lecture des Ogres-dieux ou de Mécanique celeste (mais surtout la sortie du dernier tome cette année!) m’a poussé à me lancer enfin. Du coup on a affaire à un classique tournoi d’arts-martiaux dans un univers composite rehaussé de magie. Le volume introduit un jeune garçon frêle désirant pratiquer les arts martiaux, le mystérieux et très charismatique Richard Aldana, redoutable combattant aussi fruste que déterminé et la jeune maman, une bombe qui attire l’attention et le désir. Le scénario est très fluide, intéressant en proposant un univers déjà riche de mystères et de méchants futurs. Beaucoup repose sur le disruptif Aldana en mode « faux connard » et le contraste avec le gamin attachant. Les dessins ont l’avantage de leurs défauts, pas très beaux mais terriblement efficaces par leur énergie et leur mouvement. On sent l’envie de mettre sur papier un dessin animé et il n’est pas étonnant que la série ait donné lieu à une version animée préquelle (qui m’intéresse pas mal du coup!) dont la première saison (11 minutes par épisode)  est disponible sur Netflix et la seconde le sera en 2021 sur le web de FranceTV. Cette série commence donc très bien, à la fois drôle, dynamique et mystérieuse. Je continue…

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Joker

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Comic de Brian Azzarello, Lee Bremejo et Patricia Mulvihill
Urban (2009), 122 p. one-shot.

badge numeriquecouv_375433Album hautement réputé qui développe le mythe moderne du Joker en prolongeant Killing Joke par un one-shot uniquement dédié à la Némésis de Batman, Joker est un monument! Étonnamment, très peu d’éditions de cet ouvrage sont sorties avec seulement une réédition en 2013 agrémentée d’un cahier graphique et une ressortie sous les couleurs du Black Label plus récemment. Cet album de dix ans déjà n’a absolument pas pris une ride et semble avoir fortement inspiré le Dark Knight de Christopher Nolan bien que les deux créations aient été réalisées en même temps. Le film Suicide Squad reprend le personnage du narrateur de l’album. Enfin, évidemment, le très récent succès du film Joker emprunte certains éléments psychologiques et le grand réalisme du projet.

Asile d’Arkham, Gotham city. Le portail s’ouvre. Une ombre apparaît. Le Joker vient d’être relâché. Le prince a perdu son royaume et compte bien le reconquérir. Pour cela il doit rendre visite aux plus grande criminels de Gotham, sa façon: barbare et démente. Lorsque le Chevalier noir est absent le crime se répand. Joker est le prince du crime et voici ce qu’il se passe lorsqu’il n’affronte par son alter-ego…

Résultat de recherche d'images pour "bermejo joker"La couverture de cet album, hautement provocatrice est inscrite dans la veine trash des Arkham Asylum et Killing Joke en donnant naissance quelques années plus tard au Deuil de la famille de Snyder et Capullo. Cette seule image, ultra-réaliste tout en gardant l’esthétique d’un dessin BD est un chef d’œuvre qui dit le projet dans sa totalité. L’album doit évidemment beaucoup à Lee Bremejo, passé par Wildstorm avant de lancer 100 bullets avec son comparse Azzarello où il se situe dans la lignée directe de Frank Miller. Son dessin évolue ensuite vers une ligne plus réaliste, naviguant entre du Eduardo Risso et tirant vers Alex Ross. Le risque de ce style graphique est l’aspect figé du photoréalisme… défaut que n’a jamais Bermejo, qui parvient dans Joker à associer un vrai talent de mise en scène en mode polar noir, esthétique BD dans les encrages très dentelés et le mouvement. La colorisation de Patricia Mulvihill est absolument parfaite avant que Bermejo passe en couleurs directes sur le dernier Batman: Damned.

Résultat de recherche d'images pour "bermejo joker"J’avais déjà apprécié l’art de la mise en scène d’Azzarello sur d’autres albums. Dès les premières pages on comprend que la focale ne lâchera pas ce Joker d’exception, qui n’aura jamais été aussi réaliste, aussi réussi. Totalement fou, il profite de la quasi totale absence de Batman pour attirer toute l’attention. L’idée était risquée tant la rareté fait souvent la qualité et tant ce méchant iconique brille souvent par ses apparitions aussi improbables qu’inexplicables. Et c’est pourtant cette absence du héros qui permet à l’ouvrage de donner toute son ampleur barbare, comme une illustration que le clown ne souffre d’aucune concurrence sur la scène du théâtre pour donner toute sa démesure. Beaucoup d’albums laissent penser qu’ils ont été réalisés pour leur future adaptation ciné. Et si ce Joker pourrait donner un superbe film (mais en a donc inspiré plus d’un…), la BD garde sa propre spécificité qui nous faire dire qu’animée cette histoire ne serait pas pareil. Du fait du pouvoir du crayon de Bermejo sans doute.

Résultat de recherche d'images pour "bermejo joker"Construit comme une longue chasse du Joker contre ses adversaires du crime, l’ouvrage est narré par un personnage pas si anodin qu’il n’y paraît. Sorte de Robin du Joker, il le craint comme il l’admire lors de ce ballet sanglant. Tirant le texte à lui Jonny rééquilibre une histoire qui aurait pu sombrer à n’être qu’une illustration du Joker. Et il permet d’utiliser tous les codes classiques du polar qui donnent une saveur noire et glacée aux nuits de Gotham. Le réalisme de l’approche parvient en outre à réinventer les personnages classiques de Batman avec une imagination et une pertinence indéniable.

Album hors norme (déjà passé à la postérité et ayant influencé tous ceux qui viennent après) que vous soyez féru de la mythologie Batman ou non, Joker est pour moi je plus grand album autour de Batman que j’ai lu avec le White Knight (qui utilise également cette inversion d’attention entre le Joker et le Batman). Une lecture indispensable, un régal de BD qui vous fera peut-être découvrir, cerise sur le gâteau, un des dessinateurs majeurs du comic US.

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Omni

Recueil de 96 pages réunissant les épisodes 1 à 5 de la série Omni, écrite par Devin Grayson, dessinée par Alitha E. Martinez. Parution le 12/02/2020 aux Humanoïdes Associés.

couv_385571Le nouveau label H1 Comics, dont la diffusion en France est assurée par les Humanoïdes Associés, nous propose un univers partagé dans lequel évoluent des super-héros d’un nouveau genre. Les premières publications de cette écurie naissante, Ignited, Meyer, Strangelands et Big Country, ont posé les premiers jalons, et sont suivies par Omni. Blondin vous proposera samedi son avis sur Nicnevin.

Éveil Cognitif et ubiquité mentale

Cecelia Cobbina est une brillante chirurgienne qui n’a pas peur de se mettre en danger pour honorer son serment d’Hippocrate. Alors qu’elle opère en zone de guerre, en Afrique, son don s’active sous l’effet du stress. Dès lors, Cecelia sera capable de penser à une vitesse époustouflante, mobilisant neuf types d’intelligences qui lui permettront d’optimiser le traitement des informations par son cerveau.

Transformée en génie par cette expérience, Cecelia va, dans un premier temps, chercher à retrouver et aider des individus qui ont eux-aussi été « activés » de par le monde afin de lever le voile sur le mystère de leurs origines, avant d’envisager de mettre ses capacités au service de tous.

3, 2, 1, 0… Ignited !

Omni réussit le pari de traiter un personnage exceptionnellement intelligent de façon crédible, ce qui n’est jamais chose aisée. En effet, j’ai toujours trouvé périlleux de vouloir retranscrire plausiblement le fil d’une pensée surdouée lorsque l’on n’est soi-même pas un génie (ou en tous cas pas dans les proportions décrites dans l’œuvre), et ce, sans dissimuler ses inévitables lacunes dans un blala technique artificiel et souvent inadéquat.

C’est ce qui arrive malheureusement assez souvent, notamment dans les œuvres utilisant la science: l’auteur ne sait pas vraiment comment fonctionne tel ou tel concept, finit par en livrer une version fantasmée en croisant les doigts pour que le lecteur/spectateur ne relève pas davantage.

Ici, le personnage de Cecelia n’affiche pas une science décalée, noyée dans un propos volontairement obscur ou faussement complexifié. Ses déductions restent logiques et bien argumentées, basées de façon adéquate sur les différentes ressources intellectuelles qu’elle mobilise. Sur le plan de la narration, il faut souligner la trouvaille assez ingénieuse des auteurs, qui ont justement adopté un code couleur pour chaque type d’intelligence afin que le lecteur puisse s’y retrouver.

Parmi ces éléments de mise en scène, Omni évoque habilement des thématiques d’actualité, comme les enjeux écologiques, la place de la femme dans la société et le traitement des minorités.

S’agissant de l’univers partagé en lui-même, il demeure attractif pour le moment, même si le nombre de titres et leur publication très récente ne permet pas encore de juger sur le long terme.

Ce n’est pas un défaut en soi, mais on ne peut que relever des similitudes avec certaines autres œuvres , notamment celles qui utilisent le concept d’un évènement global qui provoque une génération spontanée de super-pouvoirs: le célèbre Rising Stars de J. Michael Straczynski, The New Universe avec son « Instant Blanc« , The End League de Rick Remender, sans oublier l’incontournable Earth X chez Marvel.

Omni offre des personnages attachants, évoluant dans un univers neuf et en pleine expansion. Espérons que la suite de la série saura transformer l’essai !

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La Reine Oubliée

Récit complet en 106 pages de la mini-série Valiant intitulée « The Forgotten Queen« , avec Tini howard au scénario, Amilcar Pinna au dessin, et Ulises Arreola aux couleurs. Parution le 14/02/2020 aux éditions Bliss.

On poursuit notre parcours parmi les publications des éditions Bliss, avec La Reine Oubliée, récit qui traite de la genèse et du retour en force de la Belliciste, une antagoniste qu’ont déjà affronté les héros de l’univers Valiant.

Vexana n’est pas une femme comme les autres. En effet, elle parcourt les siècles, et voit défiler les millénaires sans être affectée par les ravages du Temps: c’est une immortelle, aux origines obscures mais dont l’empreinte s’est faite sentir aux quatre coins du globe, au sein des empires les plus puissants que compte l’Histoire.

Car si Vexana s’est faite connaître sous de nombreux noms, c’est celui de la Belliciste qui l’a rendue notoire dans l’univers Valiant. En effet, elle a le pouvoir de littéralement provoquer la guerre, en éveillant chez les hommes autour d’elle une inextinguible soif de violence et de sang. Par ce biais, elle a généré d’innombrables conflits, aidant des empires comme celui de Genghis Khan à s’étendre.

Cependant, même une immortelle ne peut se soustraire longtemps aux affres de l’ennui, et Vexana ne fera pas exception. Se lassant des hommes faibles et pathétiques qui n’arpentent son chemin que pour succomber à son pouvoir, elle octroie ses « services » à des rois ambitieux sans en retirer de satisfaction particulière, jusqu’à tomber sur celle qui fera chavirer son cœur…

La Reine Oubliable

L’univers Valiant contient de nombreuses séries innovantes et intéressantes, comme Faith, Divinity, Harbinger, ou encore Bloodshot. Malheureusement, cette introduction au personnage de la Belliciste ne s’avère pas aussi convaincante. Les quatre numéros de la mini-série ne permettent pas au personnage de briller réellement, ni par sa psychologie, ni par sa prestance.

A la lecture, on a quelques difficultés à voir où Tini Howard veut en venir en racontant le parcours de cette maîtresse de la guerre. Certes, il est intéressant de constater le poids qu’aurait l’immortalité sur l’âme humaine, mais c’est un sujet déjà maintes fois traité. On notera que l’histoire d’amour entre Vexana et Khutulun aide à ajouter une dimension salvatrice au personnage, qui par ailleurs, ne brille pas par son charisme.

Les dessins d’Almicar Pinna rappellent le trait d’un Salvador Larroca, en plus précis cependant. L’artiste maîtrise bien les sauts dans le temps entre présent et passé, et ses personnages sont correctement caractérisés.

La Reine Oubliée n’est a priori pas le point d’orgue de l’univers Valiant, diffusé en France avec le concours de Bliss Éditions, bien qu’il détaille les origines d’un personnage récurrent. Ce récit complet sera donc destiné avant tout aux amateurs des séries concernées qui souhaiteraient approfondir leurs précédentes lectures.

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Incursion

Recueil de 112 pages comprenant les quatre numéros de la mini-série Incursion édité aux USA chez Valiant. Parution le 24/01/2020 aux éditions Bliss, scénario d’Andy Diggle et Alex Paknadel, dessin de Doug Braithwaite.

Conan the Bodyguard

badge numeriqueTransformé par les pouvoirs du Don, Gilad est devenu le Guerrier Éternel, un homme élevé au-dessus du commun des mortels et qui, depuis des temps immémoriaux, n’a qu’un sacerdoce: protéger les Géomanciens, une lignée continue d’avatars de la planète Terre. Pour lui, la mission est simple: protéger le Géomancien, c’est protéger la Terre, quoi qu’il en coûte. Gilad l’ignore encore, mais une menace cosmique est en chemin: l’Impératrix Virago, conquérante stellaire et antithèse des Géomanciens, en ce qu’elle manipule non pas la vie florissante d’une planète, mais les énergies nécromantiques issues de la Mort. L’Impératrix, comme tout bon tyran nécromantique, ne dépend que des planètes qu’elle conquiert, et dont elle draine les énergies vitales afin d’assurer sa subsistance. Et bien évidemment, la Terre se trouve être la prochaine étape sur le banquet de jouvence de cette mortelle conquérante. Gilad va donc faire ce qu’il a toujours fait, protéger le Géomancien, ou plutôt, la Géomancienne, Tama, jeune enfant qu’il a pris sous son aile.

Voyage au bout du Monde des Morts

Gilad va être confronté à un compte à rebours pour sauver Tama, infectée par un mal mystérieux qui, de par son lien symbiotique avec la planète, se répand à travers le monde, préparant ainsi le festin dont se repaîtra Virago lors de son arrivée. Le héros immortel voyagera donc à travers le Monde des Morts, sortes de limbes infernales, pour trouver un remède, ou tuer l’Impératrix, si toutefois il en a la force.

Andy Diggle est un auteur britannique issu de la scène Indy, connu notamment pour avoir officié chez 2000AD, ainsi que pour ses runs des Thunderbolts et de Daredevil chez Marvel. Il s’associe au moins expérimenté Alex Paknadel pour nous servir une histoire menée tambours battants, et dont le rythme haletant ne permet pas forcément d’approfondir les relations entre Gilad, héros taiseux et badass, et sa petite protégée surpuissante mais malade. Le tout reste fluide, compréhensible et rythmé, toutefois, on aurait sans doute aimé voir quelques scènes supplémentaires pour illustrer davantage l’attachement du Guerrier Éternel à la jeune Géomancienne.

Cela dit, sa dévotion se traduira principalement par des actes, Gilad ne reculant devant aucun sacrifice pour assurer la protection du monde, et par extension, de celle qui pourrait être considérée comme sa fille adoptive. Les dessins de l’immense Doug Braithwaite apportent le souffle nécessaire à l’histoire, bien que l’affrontement final, amené dans les dernières pages, puisse laisser le lecteur sur sa faim. Incursion reste un album efficace, au prix abordable, et qui ravira les amateurs d’action et les lecteurs assidus de Valiant !