***·BD·Jeunesse·Nouveau !

Histoire(s) à dormir debout

BD de Pedro Rodriguez et Jorge Garcia
Les aventuriers de l’étrange (2019), 89 p. one-shot.

Prenez garde: le regard à la fois vide et hypnotique de ce chimpanzé va vous attirer dans un abîme d’effroi et de terreurs nocturnes !

Histoire(s) à dormir debout est le fruit de la collaboration de Pedro Rodriguez et Jorge Garcia, deux auteurs espagnols ayant déjà collaboré sur Les Aventures du jeune Jules Vernes en 2010. Il s’agit en fait ici d’une réédition de leur album intitulé « Macabre« , lui aussi sorti en 2010, et prend la forme d’un recueil d’histoires courtes, adaptées des récits signés par les grands noms de la littérature fantastique: Edgar Allan Poe, Sheridan Le Fanu, Guy de Maupassant, Robert-Louis Stevenson…

Vous croiserez donc, au fil de ces glaçantes lectures, des spectres, des mains étrangleuses, un vampire, et même… le Diable en personne !

Histoire(s) à dormir debout est une lecture accessible aux plus jeunes lecteurs, mais saura également saisir d’effroi les amateurs de BD plus expérimentés. Ici, point de gore ni de monstruosités, mais plutôt l’ambiance oppressante et l’angoisse propres aux récits d’épouvante qui ont fondé le genre.

Le dessin de Pedro Rodriguez est magnifique, parfaitement adapté aux univers sombres des ces auteurs. Son trait est tel que l’on pourrait croire que l’on regarde un métrage d’animation, couché sur papier ! J’ai pu entendre certains lecteurs se plaindre de l’usage trop répandu du dessin et des couleurs numériques, il n’en demeure pas moins que le résultat est ici très réussi.

S’agissant des différentes intrigues, on pourrait regretter la fin plutôt abrupte de certaines d’entre elles, personnellement, j’aurais apprécié de les voir extrapolées un peu plus.

Pour conclure, Histoire(s) à dormir debout est un très bel album, qui permettra aux petits comme aux grands de frissonner. N’hésitez donc pas à vous plonger dans l’effroi, sans oublier de jeter un œil du côté du catalogue des Aventuriers de l’Étrange !

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****·BD·Jeunesse·Nouveau !

Ultralazer #1

Rufus Stewart

Cette rubrique vous présente un album jeunesse en regard croisé parent/enfants. Mes deux zozo parlent donc d’un album en mode question-réponse, puis vous trouverez en fin d’article mon avis dans un format plus classique.

  • Ma fille c’est « Talia » (c’est un pseudo): à onze ans elle a aime beaucoup Buddy Longway, La Rose écarlate, les Mythics, Harmony, les carnets de Cerise, Dragon Ball ou Flying Witch…

BD de Maxence Henry , Pauline Giraud et Yvan Ducque
Delcourt (2019),  121 p. , série en cours.

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Sur la planète Topoï le jeune chevalier Horb protège l’équilibre en veillant sur le dieu des bêtes. Lorsque débarque une armée d’hommes-oiseaux décidés à dévaster ce paradis écologique. Horb entreprend alors la quête de l’Ultralazer, seule arme capable d’éliminer la menace…


Salut Talia, peux-tu nous présenter en une phrase ce nouvel album?

C’est un album plutôt destiné aux petits, assez comique, avec pas mal d’action. Ça raconte la fuite des héros face aux méchants et découvrent plein d’endroits qu’ils ne connaissent pas…

Il y a beaucoup de références dans cette BD, est-ce que tu en as reconnu certaines?

Ça m’a fait penser à Princesse Mononoke, avec le grand cerf.

Qu’est-ce qui est original dans cet album?

C’est un monde totalement imaginaire. Dès que le roi des animaux marche il crée des plantes. La végétation est très originale avec des formes rigolotes, avec des dimensions inhabituelles. Les méchants sont des hommes-poules ! … tout est complètement inventé. J’ai bien aimé cette inventivité. J’ai l’habitude de lire des BD plus réalistes.

Parle nous des dessins. Tu as peut-être l’habitude de pages plus réalistes dans ce que tu lis…?

Je lis des albums moins jeunesse. Les décors sont bien travaillés même si les dessins sont simples. Parfois on dirait des maquettes.


Résultat de recherche d'images pour "ultralazer"Le papa: Avec cette rubrique je me remets à chercher des albums jeunesse et constate régulièrement combien il est compliqué de trouver des albums lisibles par des adultes, s’adressant réellement à des jeunes sans être gnangnan. La BD jeunesse a longtemps été cantonnée aux « gros nez » genre petit Spirou, Ducobu ou les Sisters. Non que ces séries soient mauvaises, mais dès qu’on part dans un registre SF ou aventure on tire assez vite sur un public pré-ado ou ado. Et bien cette pépite montre que l’on peut s’adresser à un public jeune, avec un langage graphique et textuel adapté tout en gardant la créativité, la beauté et l’intérêt de l’aventure. Cela grâce à une bande d’auteurs qui ont auto-édité l’album Katarakt avant de signer cet Ultralazer chez Delcourt. On ne peut donc pas réellement parler de premier album et les auteurs ont tous suivi une formation d’arts graphiques… mais la qualité général de leur travail, que ce soit sur leur premier projet ou sur Ultralazer (qui semble en reprendre l’essence) est bluffante, suffisamment pour taper dans l’œil du jury BDGESTARTS auquel j’ai participé et qui m’a permis de découvrir ce bouquin passé sous mes radars… et atterri directement dans mon top jeunesse 2019!

Résultat de recherche d'images pour "ultralazer"On ressent dès la couverture et l’intérieur de couverture (qui comprend une sorte de planisphère du monde… renvoyant à la troisième de couverture que vous lirez à la fin de l’album!) l’influence du jeu vidéo et du design informatique. Sous un aspect assez plat et simple qui plaira aux enfants (un peu le même esprit jouet que Volcano Trash), les auteurs proposent un superbe monde cohérent, avec ses lois physiques, simples mais bien décrites et ludiques. Cela fourmille de détails architecturaux, végétaux, avec des jeux sur le rôle des minéraux et leurs propriétés associées créant des sortes de pouvoirs magiques. On peut parler d’écosystème pour enfant qui donne furieusement envie de manipuler des cartes et des objets sortis de cet univers. Avec la force de frappe de l’éditeur les auteurs ont d’ailleurs proposé une appli de réalité augmentée. Pas moins de vingt-neuf pages possèdent du contenu (cartes de cristaux, storyboard, peintures originales, pop-up 3D), c’est un des ouvrages avec appli le plus sympa que j’ai vu, bien plus intéressant que Bolchoi arena par exemple. Les auteurs ont d’ailleurs créé des compositions en papier issues de l’univers d’Ultralazer

Cette histoire de fuite devant un grand méchant à tête de poule ne manque pas d’action, qui défile à cent à l’heure en nous donnant envie de découvrir chacun des lieux avec une ambiance très inspirée des univers de Miyazaki, très écologique. Les personnages sont tous bien caractérisés avec un pouvoir et se balancent de grosses mandales et autres rayons de la mort. Ça reste une BD de garçon mais quelle générosité! Je ne suis rarement autant régalé sur une BD jeunesse (qui pourra être lus dès 7 ans), avec un peu d’aide étant donnée la pagination.

Le tome deux de cette série sort dès le 26 février, juste à temps pour rattraper votre retard!

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BD·Bilan·Jeunesse

Bilan 2019: compte à rebours…#12

Il est compliqué de trouver des billets sur de véritables BD jeunesses sur des blogs. J’ai proposé depuis quelques mois une rubrique « L’avis des kids » pour faire une lecture croisée parent/enfant mais je reconnais que les albums lus s’orientent plus vers la BD ado, avec un curseur compliqué à placer. Grace au jury BDGEST j’ai néanmoins déniché d’excellents albums tout à fait jeunesse. A noter une « mention spéciale » à l’éditeur Kinaye qui s’il ne figure pas dans ce top, fait un super travail d’édition et de recherche d’ouvrages sur des viviers d’albums américains très variés et avec une vraie orientation jeunesse.


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Super découverte que ce premier gros album jeunesse qui emmène les jeunes lecteurs dans un monde proche de Miyazaki, avec un graphisme et des marqueurs simples qui permettent à un jeune public de lire autre chose que des BD « gros nez ». De la vraie BD d’aventure avec une influence jeu-vidéo qui peut même avoir des vertus pédagogiques sur la géographie. Une série à suivre et un vrai coup de cœur tardif!


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La série Mickey chez Glénat est inégale et cet album absolument magnifique arrive à plaire autant aux adultes qu’aux petits avec un jeu sur les personnages et les scènes qui peuvent tout autant être perçus au premier degré (l’aventure un peu inquiétante dans ce parc de fantômes) qu’au second. Les interactions en mode running gag sont très drôles, les marqueurs universels de Mickey sont là et rassurent les petits, bref un excellent album qui contrairement aux autres de la collection ne s’adresse pas juste aux adultes nostalgiques.


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Plus destiné à de jeunes lecteurs chevronnés mais surtout à des ado, cette variation de l’Odyssée par Télémaque a beaucoup de qualités, super belle, drôle et permet de s’initier à la mythologie. BD très intelligente dans l’humour et innovante dans la mise en cases, les passages politiques compliqués diminuent néanmoins l’aspect jeunesse. Ca reste une très très bonne BD jeunesse.

****·BD·Guide de lecture·Jeunesse

Seuls – Cycle 2

Rufus Stewart

On continue l’analyse de cette géniale série avec le cycle 2, toujours avec le fiston…

  • Mon fils c’est « Jean pédrovitch » (c’est un pseudo): à treize ans il a déjà lu une grosse partie de ma bdthèque, notamment Universal War 1&2, Thorgal, Blake et Mortimer, Largo Winch, Radiant,…

BD de Bruno Gazzotti et Fabien Vehlmann
Dupuis (2006-),  54 p. couleur. 2 cycle parus, cycle 3 en cours.

couv_314741Nous avons lu le second cycle sur les albums individuels, l’intégrale n’étant pour l’heure plus disponible (mais un retirage est prévu d’ici Noël), du coup aucun commentaire sur l’édition…

Après les événements marquants qui ont suivi la chasse vers le monolithe, deux clans se font face dans les Limbes. Maintenant que les lois régissant ce monde sont connues la donne a changé et nos héros vont bientôt devoir s’aventurer hors de la ville pour découvrir que les enjeux et les forces en présence sont bien plus complexes qu’ils ne le pensaient…


Toi qui a lu tous les albums jusqu’ici, parle-nous du changement entre le premier et le second cycle? A la lecture du début du cycle 3 on approche de la fin?

Résultat de recherche d'images pour "seuls gazzotti tome 9"Jean-pédrovitch: Sur ce cycle l’intrigue avance beaucoup plus vite. Les personnages ne sont plus « seuls »…: il y a beaucoup de personnages et de clans qui s’affrontent. Le premier était plus mystérieux et dans celui-ci on a beaucoup de révélations. Le groupe se sépare progressivement et on perd un peut l’esprit d’équipe. Globalement je l’ai préféré même si tous les volumes ne sont pas aussi bons. Le tome sept (l’échappée de Fortville) est clairement le meilleur de la série pour l’instant!

Sur le cycle trois, les deux premiers tomes ne font pas avancer l’intrigue et je trouve que ça baisse d’intérêt: les albums sont centrés sur un ou deux personnages.

On avait déjà abordé la dictature avec le clan du Requin, mais là on passe à un autre cap avec Néosalem…

Jean-pédrovitch: Oui. Dans le clan de Saul c’était la personnalité de Saul qui organisait le groupe et les autres étaient des enfants qui le suivaient aveuglement. A Neosalem c’est une vraie société, il y a des lois inégalitaires mais elles s’appliquent à tous. L’ambiance est romaine avec des moyens de changer de caste.

Préfères-tu le mystère morbide du premier cycle ou l’action fantastique du deuxième? Il fait moins peur, non?

Résultat de recherche d'images pour "seuls gazzotti tome 9"Jean-pédrovitch: Je ne sais pas trop. Je ne dirais pas qu’il ne fait pas peur, le tome sept avec la brume et les enfants zombies est quand-même flippant! Les trucs mystérieux et de fantômes ont un peu disparu. En fait je pense que ce sont les épisodes entre les deux cycles, du 3 au 7 lorsqu’ils sont à Fortville, qui font le plus peur, sont mystérieux et sombres. Par contre je suis d’accord qu’il y a beaucoup plus d’action.

Tes pronostiques sur la suite: plutôt un développement de l’univers et de ses règles ou un retour à la survie et aux inventions du groupe de héros?

Jean-pédrovitch: Le début du cycle trois revient clairement à la survie. Le rythme se ralentit, il y a quelques ponts avec Néosalem. Le sort de Camille va être assez central mais je pense qu’on est parti encore pour au moins deux cycles car l’intrigue n’est vraiment pas bouclée! En tout cas c’est toujours aussi accrocheur.

Les auteurs ont trouvé un bon moyen de changer notre vision des personnages (certains étaient centraux au début, d’autres montent en puissance).

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Le papa: Avec ce second cycle la série Seuls bascule du survival pour enfants à un monde fantastique plus classique bien que très intéressant. Inévitablement les révélations (qui se poursuivent tout au long du cycle) sur le monde des limbes et le destin des enfants qui a laissé place aux seules hypothèses d’Yvan et Anton font baisser le mystère. Les auteurs compensent cela par beaucoup d’action et la description d’un monde très riche et beaucoup plus ancien que les protagonistes le pensaient, avec des Résultat de recherche d'images pour "seuls gazzotti tome 7"clans dominants et des castes plus ou moins écrasées par les autres.  On a finalement un peu le même mécanisme que sur le cycle un avec le gang du requin mais en montant d’un cran puisque nous savons désormais que la « magie » fait partie de ce monde d’après. On reste happé tout le long avec une grosse envie d’en savoir plus avant que de nouveaux mystères nous tombent sur le nez comme cette main vivante et le maître-fou, encapuchonné de rouge et dont la tête renferme des araignées… Le thème principal du cycle reste néanmoins la dictature de ces premières familles contre lesquels on attend avec impatience de voir une résistance s’organiser. La grande force de cette série est la richesse de ses très nombreux personnages, tous très travaillés et dotés de motivations crédibles, comme ce Toussaint qui survient en toute fin de cycle et doté d’un charisme redoutable…

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****·BD·Jeunesse·Nouveau !·Service Presse

Horrifikland

BD de Lewis Trondheim et Alexis Nesme
Glénat (2019), 44 p., one shot.

bsic journalismMerci aux éditions Glénat pour cette découverte.

couv_356538L’ouvrage respecte la charte de la collection Mickey Mouse de Glénat, collection commencée en 2016 par l’album de Cosey, suivi par onze autres dont le très bel Océan perdu et ce neuvième album. Comme pour la collection Conan, la ligne semble très libre pour des auteurs invités à créer un hommage one-shot respectant les codes du personnage et dans une certaine mesure la ligne Disney, avec lequel l’éditeur grenoblois est partenaire. L’ouvrage a une tranche toilée, vernis sélectif sur la couverture et le dos, ainsi que de superbes croquis des personnages de Disney par Nesme en intérieur de couverture.

L’agence de détectives de Mickey, Donald  Dingo va mal. Prêts à tout pour renflouer leur activité, les amis se précipitent à la recherche du chat Blacky qui aurait disparu dans le parc d’attraction Horrifikland. Là-bas entre les manèges horrifiques, de vrais fantômes et un Pat Hibulaire décidé à un nouveau mauvais coup, les aventures ne font que commencer…

Résultat de recherche d'images pour "horrifikland nesme"Un peu dubitatif sur l’intérêt de cette collection dont on parle à chaque nouvel album avec l’impression qu’il s’agissait plus pour des auteurs reconnus de se faire plaisir sur des souvenirs d’enfance (sans doute suis-je un peu jeune pour fantasmer sur Mickey…) je ne l’ai suivie que de loin, avec l’ouvrage de Trondheim et Keramidas, sympathique mais un peu bancal dans son concept de vraie-fausse trouvaille et donc l’album très beau et improbable de Camboni qui plaçait Mickey et ses amis dans un futur steampunk avec des thématiques tout à fait SF. Le présent ouvrage m’a attiré de par son dessinateur, Alexis Nesme qui produit depuis quelques années de magnifiques peintures et m’avais enchanté avec ses Enfants du capitaine Grant. L’atmosphère à la Tim Burton a achevé de m’entraîner dans ces pages…

Résultat de recherche d'images pour "horrifikland nesme"… et j’ai été totalement conquis! Le duo a réussi en une subtile alchimie à proposer un véritable album jeunesse qui puisse parler autant aux très jeunes avec son esprit naïf, ses personnages connus aux comportements manichéens (Donald le peureux, Mickey l’intelligent et Dingo le benêt) qu’aux plus grands et aux adultes avec un second degré de tous les instants et des situations très drôles grâce aux personnages. Le thème graphique en lui-même est un gros second degré avec ce parc d’épouvante en forme de train fantôme qui regorge de détails de mécanismes et autres boutons qui déflorent le trucage et que les petits auront plaisir à dénicher.

L’intrigue est linéaire au possible mais se suit sans ennui avec un jeu de piste pour nos détectives Résultat de recherche d'images pour "horrifikland nesme"préférés où Pat Hibulaire intervient finalement surtout pour tomber dans des pièges. Si le chat en question est très vite retrouvé tout le monde semble surtout chercher à explorer le plus longtemps possible ce décors sublimé par un Nesms qui s’éclate entre couleurs chatoyantes et ombres mystérieuses. Les deux auteurs nous promènent dans leur parc d’attraction et l’on n’aurait qu’une envie c’est d’aller y faire nous aussi des glissades. Pendant un long moment de mystérieux fantômes verts que personne ne veut prendre au sérieux nous tiennent en haleine en se demandant si on aura droit à une once de fantastique… ou pas.

Au final l’opération est totalement réussie dans un équilibre loin d’être évident et qui permettra de lire l’album en famille comme aux vieux briscard de la lecture BD de passer un moment sympathique, régressif et un brin nostalgique des Mickey parade et Picsou géant en se rappelant que Mickey n’est finalement pas moins un aventurier que Tintin…

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***·BD·Jeunesse·Nouveau !·Rapidos·Service Presse

Les sisters #14: juré, craché, menti!

BD de Cazenove et William
Bamboo (2019), 48p., série en cours.

bsic journalismMerci aux éditions Bamboo pour leur fidélité.

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Le quatorzième album des Sisters propose quarante-trois histoires d’une page chacune avec pour thème assez bien respecté les mensonges de Marine, la petite « sister ». L’intérieur de couverture est dessiné et les deux dernières pages présentent des pub pour les albums jeunesse de chez Bamboo. A noter qu’outre les nombreuses adaptations en roman, albums issus de la série TV et autres goodies que l’éditeur est très fort pour développer, les deux auteurs ont transposé leurs deux personnages dans une série super-héroïque à la manière du Spif le spationaute de Calvin et Hobbes.

J’entends parler de la série Les sisters par ma fille (Talia qui participe aux rubriques l’Avis des kids) depuis pas mal de temps et profite de la sortie du dernier tome pour plonger dans cet univers de sales gosses qui rappelle bien sur Calvin et Hobbes, le Petit Spirou ou encore les Gnomes de Troy. A l’origine le dessinateur William croquait les bêtises de ses filles sur son blog, ce qui est devenu une BD puis un dessin-animé très populaire. La série est centrée sur les deux filles, Wendy la grande collégienne et Marine (ce qui fait W et M Résultat de recherche d'images pour "les sisters 14 juré craché"comme Mario et Wario…) la petite peste qui passe son temps à déformer la langue et à énerver sa grande « sister ». On est donc sur le format classique de l’humour avec une scène par page. Ce qui m’a marqué, outre l’humour évident, ce sont les références permanentes, tant aux BD des auteurs (la série Tizombi) qu’à la BD dans son ensemble. On trouve par exemple des figures familières dans le parc où se promènent les filles (un petit garçon et son chien roux et un autre blond avec un tigre…. ça ne vous rappelle rien?) et les coins supérieurs des pages sont habités par Puduk, le doudou de Marins qui vit des aventures parallèles et muettes à la manière de la coccinelle de Gotlib.

Alors après quatorze albums à recycler un concept c’est parfois redondant mais le format court évite l’essoufflement et si les dessins sont vraiment agréables et m’ont surpris par leur maîtrise, les blagues familières font mouche chaque fois notamment pour tous les parents qui y verront sans aucun doute une part de leur quotidien. L’univers familier autour des licornes ou du pied nu de Marine participent au plaisir de lecture. Généralement dans ces séries au long cours tant que les auteurs se font plaisir ça marche, et avec les Sisters ça semble être le cas!

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The storyteller: Sorcières

Rufus Stewart

Cette rubrique vous présente un album jeunesse en regard croisé parent/enfants. Mes deux zozo parlent donc d’un album en mode question-réponse, puis vous trouverez en fin d’article mon avis dans un format plus classique.

  • Ma fille c’est « Talia » (c’est un pseudo): à onze ans elle a aime beaucoup Buddy Longway, La Rose écarlate, les Mythics, Harmony, les carnets de Cerise, Dragon Ball ou Flying Witch…

Anthologie de légendes
Kinaye (2019) – Boom Studio (2016), 126 p. couleur.

bsic journalismMerci aux éditions Kinaye pour cette découverte.

couv_376333Comme pour le précédent de la collection, l’ouvrage comporte quatre histoires avec pour chacune une bio et une page d’intentions des auteurs et la couverture originale. En matière de bonus, comme très souvent dans les comics, on est bien plus maigre que sur le premier tome, avec seulement quelques planches noir et blanc. Ici ce n’est pas trop gênant du fait de l’explication systématique des auteurs en début d’histoire.

C’est la semaine Halloween Talia et on va donc parler de sorcières! Peux-tu me dire en deux mots ce que tu as retenu de ce nouveau Storyteller par rapport à celui dédié aux dragons?

Dans les deux albums on a quatre histoires de différentes régions du monde et d’époques différentes. Sur cet album il y a deux histoires avec des formats particuliers, avec des textes dans les images et une où les pages sont inclinées par rapport à la lecture habituelle.

Justement les formats des quatre histoires sont très originaux. Peux-tu m’en parler?

Résultat de recherche d'images pour "storyteller sorcières"La première histoire n’est pas vraiment une BD, c’est plus un conte. Le texte est très différent, il suit la trace du dessin, nous oblige parfois à tourner le livre. La police est aussi très différente, elle est dessinée et peut changer à chaque mots. J’ai bien aimé ces pages…

Visuellement laquelle des histoires as-tu préféré? Et par rapport aux dessins du Storyteller: Dragons?

La première et la quatrième pour les dessins et la manière de raconter l’histoire. La dernière aussi est bien dessinée même si certains personnages le sont moins, peut-être volontairement pour les rendre méchants. La dernière m’a fait penser à l’histoire matriochka et aux contes russes.

Et les sorcières, finalement sont-elles méchantes ou gentilles? Quelle relation ont-elles avec les humains?

Dans la plupart on croit qu’elles sont méchantes et en fait ont des raisons. Seule Baba-Yaga est totalement méchante et ne pense qu’à elle. Elles sont souvent amoureuses d’un humain.

Il y a pas mal de références à des mythes, des films et personnages des contes. En as-tu reconnu certains?

La Baba-Yaga et Cendrillon dans la quatrième histoire. Il y a le Maître des brumes de Tomi Ungerer aussi sur l’histoire de l’Ile et la légende de Tir Na Nog.

Pour finir je me demande si finalement dans cet album les sorcières ne sont pas plus des représentantes de la Nature que des êtres maléfiques?

Oui c’est vrai. La sorcière des neiges fait venir le froid et les tempêtes et les humains n’y sont pas adaptés. Le seigneur de la forêt veut protéger la foret des humains. A l’inverse dans l’histoire de l’île fantôme elles ont besoin de l’humain et ses histoires pour reconstruire leurs cités.


Voilà pour le retour de la choupette… et le vieux qu’est-ce qu’il en dit?

  • L’oie magique et le maître de la forêt:

Cette première histoire est un peu particulière puisqu’elle adopte plus la forme du conte jeunesse illustré que de la BD. S’il y a bien quelques bulles, l’essentiel du travail de l’auteur porte sur une mise en page et en texte impressionnants. J’aime toujours quand le texte prends une dimension graphique dans les BD et c’est absolument le cas ici (…on pense d’ailleurs au boulot qu’a dû représenter la traduction d’un tel album!). Si les dessins sont superbes, l’histoire de cette princesse protégeant son frère d’une sorcière avec en fonds le conflit entre civilisation humaine destructrice de la Nature et peuple magique des forêts est un peu alambiquée avec une continuité logique parfois difficile à suivre. C’est dommage car cela risque d’être un peu compliqué pour de jeunes lecteurs. L’univers enfantin et du conte sont en revanche parfaitement rendus, avec une mention spéciale pour le design du roi de la forêt!

  • La sorcière des neiges:

Format très original à nouveau avec une histoire en format à l’italienne avec un aspect estampes puisque cela se passe au japon. J’ai bien aimé le dessin et le thème de l’amour impossible entre humain et être surnaturel. L’histoire la plus solide et intéressante.

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  • L’Ile fantôme:

Je crains pas mal ce genre de dessins aux traits épais… Hormis cela l’histoire de cet Résultat de recherche d'images pour "storyteller sorcières"homme arrivé sur l’île d’Avalon, hors du temps, et du pouvoir de l’imaginaire humain pour construire la réalité de cet endroit (thème qui rejoint le concept global du Petit peuple vivant de l’imaginaire) est plutôt intéressante et parlera sans difficulté aux enfants. Probablement l’histoire la plus exotique du recueil, qui peut ouvrir les jeunes sur les mythes celtiques.

  • Vassilia la belle:

Une variation sur le mythe de la sorcière Baba-Yaga, ici une affreuse exploiteuse un peu bête, dans une histoire mélangée avec la jeune fille maltraitée par sa belle-mère et ses filles. Des concepts connus des enfants et faciles à lire donc. On perd un peu le côté Nature et Sorcière mais les dessins sont très sympa et le personnage de Baba-Yaga est toujours sympa à voir.


Globalement j’ai préféré ce recueil à celui des dragons. Peut-être plus simple d’approche pour les jeunes et graphiquement un ton au-dessus.

A partir de 8 ans

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