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Tracnar & Faribol #1

Jeunesse

BD de Benoit du Peloux
Bamboo (2020), 86 p., one-shot.

bsic journalismMerci aux éditions Bamboo pour leur confiance.

Une bien belle édition avec ce large format qui propose une impression de grand qualité avec un dessin crayonnés-aquarelle pas simple à rendre. Très joli logo-titre  avec un en-tête qui promet une série. Un très joli cahier graphique de 8 pages termine l’album. Un habillage général qui mets en appétit et mérite un Calvin.

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Il était une fois au royaume d’Arican, un roi tombé veuf sous les charmes de la belle Perfidy. Celle-ci captura l’âme de la jeune princesse Felicity à qui était promise la couronne. Voilà que tout était bien… jusqu’à ce qu’elle croise sur son chemin deux coquins, voleurs et bandits, le loup Tracnar et le renard Faribol, bien loin de se douter qu’ils allaient rien de moins que sauver le royaume…

Tracnar & Faribol (Vagabondage en contrées légendaires #1) • Benoît Du  PelouxLe ton est donné est connu: le campagnard Benoit de Peloux avait très envie de conter une aventure entre Perrault et Rabelais, au pays des rois et des reines mais aussi des brigands et des parleurs, des cuisiniers et des lingères. Mais ce n’est pas parce que tout ceci est familier qu’il est facile de le raconter à nouveau. Surtout, intéresser petits et grands comme l’ambitionne Peloux n’a rien d’évident. Et pourtant ce premier album d’une série qui va sans aucun doute se poursuivre au vu de sa qualité plaira au lecteur adulte comme aux jeunes.

Pour cela il y a d’abord les dessins, aquarelles sur crayonnés, superbes et précis tant dans les couleurs chatoyantes du château que dans la forêt enneigée et les terriers enracinés. L’auteur, habitué au dessin animalier sur les séries Zoé et Pataclop ou Triple Galop dans l’écurie Bamboo est parfaitement à l’aise avec les trombines caricaturales et grimaçantes de ses animaux anthropomorphes. La recette de Disney marche autant dans Blacksad qu’ici et la caractérisation animalière des tempéraments fait rire les adultes et comprendre rapidement aux enfants à qui ils ont affaire. Les aventures de Tracnar et Faribol donnent lieu bien entendu à moultes cabrioles, cascades et combats à coups de cruchons et de broche à cochons… Rabelais (ou Kaamelot!) n’est donc jamais loin tant les deux énergumènes recherchent plus la bonne pitance qu’un hypothétique trésor. Car les gens du peuple se contentent de peu et connaissent la valeur du concret…

30 Millions d'amis...la Bd Animalière / Tracnar et Faribol Vs. Richard au  pays des livres magiques - Conseils d'écoutes musicales pour Bandes  DessinéesLa bonne idée de Peloux repose sur cette fusion entre la princesse, jeune fille mal élevée et agaçante et Faribol, le renard peureux et malin. Par des péripéties que vous découvrirez la princesse se retrouve à parler par la voix du renard ce qui donne lieu à moultes quiproquos et situations décalées bien drôles. La progression dramatique est remarquable et la lecture se passe à une vitesse folle tant les séquences s’enchainent logiquement et avec fluidité, sans aucune faute de gout. Car outre la qualité technique et la bonne idée de faire se dérouler l’aventure en hiver (permettant ainsi une économie non négligeable de moyens pour créer des décors pourtant fort jolis), l’auteur propose un design remarquable tant dans les costules que dans le style des personnages. Encore une fois ce n’est pas parce que l’on croque un récit moyenâgeux que l’aspect général coule de source. Ici tout semble à la fois connu et original. Le trait léger y est sans doute pour beaucoup mais l’on a vu beaucoup d’autres histoires si proches de Walt Disney ou hésitant sur le réalisme. Le dessinateur est clairement à l’aise avec l’univers qu’il a créé et son envie transparaît dans le carnet graphique où il raconte les étapes de création, ses hésitations et ce qu’il faut s’attendre à trouver dans de prochains albums.

On sort de ce conte totalement enchanté, le sourire aux lèvres, les yeux caressés par ces si jolies planches et l’on n’a qu’une envie, de retourner dans le terrier de Faribol déguster un fumeux gigot…

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Misfit City #2

Second tome de 112 pages de la série écrite par Kirsten « Kiwi » Smith et dessinée par Naomi Franquiz, parue outre-Atlantique chez BOOM! Studios. Parution en France chez Kinaye le 28/08/2020. Série terminée en deux volumes.

bsic journalism

Merci aux éditions Kinaye pour leur confiance.

Chasse au(x) trésor(s)

Nous parlions il y a peu du premier tome de Misfit City, série rafraîchissante, pastichant le film culte Les Goonies pour livrer un récit d’aventure moderne déjanté.

Wilder, Mace, Dot, Ed et Karma poursuivent leur quête du trésor laissé par Black Mary, pirate redoutée ayant fait l’histoire de la petite bourgade de Cannon Cove. Ce coin perdu, auquel Wilder souhaite échapper, n’est connu que pour être le lieu de tournage du film Les Gloomies et ne recèle pour nos cinq adolescentes qu’ennui et langueur. Si bien que lorsqu’elles mettent la main sur une mystérieuse carte au trésor, elles se jettent à corps perdu dans cette salvatrice distraction, qui, avec un peu de chance, pourrait leur permettre de quitter le marasme de la ville.

Le tome 1 se terminait par la révélation que les rumeurs entourant la mort du Capitaine Denby étaient, comme qui dirait, grandement exagérées. Ce dernier se terrait depuis un certain temps dans les galeries creusées il y a des siècles par Black Mary et son équipage, prêt à s’accaparer le trésor. Mais les choses ne vont pas s’arranger pour notre aréopage hétéroclite car leurs poursuivants ne comptent pas non plus renoncer au trésor.

Pirates et autres Flibustiers

La recette employée par Kiwi Smith continue de fonctionner dans ce second tome. Les péripéties de nos héros s’enchaînent avec encore moins de temps morts, tandis que le danger, qui jusque là peinait à être pris au sérieux, gagne en intensité.

Grâce à un savant mélange d’astuce et de chance, les héroïnes se rapprochent de la vérité, et donc du trésor, si tant est qu’elles mesurent bien les risques et le prix d’une telle récompense. Les dialogues sont toujours drôles et plein d’esprit, l’éditeur ayant même ressenti la nécessité d’expliciter certaines notions au travers de notes de traduction. Il est fort possible que cela soit du au caractère tout public de la série, qui fait que certains jeunes lecteurs pourraient passer à coté de certaines subtilités.

Comme dans toute histoire d’adolescents, nous avons droit à une sous-intrigue soap grâce aux amours naissantes de Wilder et Todd, et aux conflit de loyauté de cela provoque pour Wilder.

La partie graphique assurée par Naomi Franquiz demeure dans la même veine que le premier volume, bien qu’on puisse estimer qu’elle est ici un poil en dessous.

Pour les amateurs de chasse au trésors et à ceux qui ont apprécié le premier tome !

***·Jeunesse·Manga

Fullmetal alchemist (perfect edition) #1-2

Manga de Hiromu Arakawa
Kurokawa (2020) – Square Enix (2002), env. 260 p./volumes. Série finie en 27 volumes.

bsic journalismMerci aux éditions Kurokawa pour leur confiance.

Sortie en 2001 au japon, la série comporte 27 volumes (un des tous premiers manga publiés par Kurokawa à partir de 2005) et 13 volumes d’intégrales (regroupant 2 volumes volumes par album) sortis à partir de 2012. La présente édition est « remasterisée » et propose un superbe papier glacé, un format plus grand, de jolies illustration couvertures qui réparent le tort causé par les vraiment pas belles jaquettes d’origine. On pourra jaser sur le passage de moins de 7 euros  à presque douze mais étant donnée la qualité de fabrication il est difficile de râler. Simplement dommage que l’éditeur arrête l’édition classique… en tant que lecteur je préfère quand plusieurs formats sont proposés mais on peut imaginer que c’est compliqué à gérer commercialement et puis les lecteurs ont quand-même eu une bonne vingtaine d’année pour le lire…

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Les frères Elric sont des alchimistes de renom. Châtiés par leur imprudence dans la manipulation magique,  ils se retrouvent pour l’un avec un bras et une jambe en moins, sans corps pour l’autre, dont l’âme est désormais rattachée par un sceau à une armure de métal. Ces deux adolescents parcourent le monde issu de la Guerre civile à la recherche de la pierre philosophale, seul moyen de récupérer leurs corps…

Fullmetal Alchemist (Perfect Edition) - (Hiromu Arakawa) - Shonen [KRAZY  KAT, une librairie du réseau Canal BD]Lorsque l’on cherche sur internet les meilleurs shonen jamais publiés on tombe inévitablement sur Dragon ball, one piece, Naruto et… Fullmetal Alchemist. Toujours un peu sur ma réserve lorsque je parcours des planches de manga jeunesse surtout lorsqu’ils ont vingt ans (!!), j’ai d’abord été séduit par l’habillage de cette Perfect edition qui vise à réediterdans une belle édition un classique. Un peu ce que fait Glénat avec Akira. C’est commercial mais aussi une manière de ne pas abandonner les classiques et de permettre aux nouveaux venus dans le manga de découvrir les grandes séries. Cette édition a pour atout essentiel sa taille et la qualité du papier, l’intérieur ne comportant aucun bonus autres que quelques croquis imprimés sur la couverture intérieure (sous la jaquette). Je suis toujours surpris de la frilosité des éditeurs français en matière de bonus quand on regarde les standards en comics (notamment chez Bliss et parfois chez Urban sur les gros volumes un peu chers). Je suis convaincu que le matériau (interviews, croquis préparatoires, etc) existe et il est dommage de ne pas profiter de ces belles éditions pour mettre le paquet. Bref.

Ces deux premiers volumes introduisent donc les aventures des frères alchimistes dans ce monde Steampunk où l’Alchimie fait office de magie. Si le style de dessin peut faire enfantin au premier abord (on est dans un shonen), dès les premières pages et le premier combat on est frappé par la technique de l’auteur. Avec des décors assez vides mais des noirs très présents, j’ai été plutôt conquis par ce dessin qui prend toute sa force sur les gros plans et les séquences d’action, assez fréquentes. L’intrigue, comme souvent dans les manga, commence par plusieurs courtes aventures qui font avancer l’histoire très discrètement mais permettent surtout de découvrir l’univers et notamment cette alchimie très sympathique visuellement. Le ton est assez sombre puisque dès la première planche couleur du prologue on voit Edward Elric, le fameux Fullmetal alchemist ensanglanté, avant que des méchants n’hésitent pas à désintégrer des protagonistes, les découper ou les exploser simplement dans une marre de sang. Aucune insistance sur la violence mais c’est plutôt le ton de ces deux orphelins parcourant un monde se remettant à peine d’une terrible guerre civile qui marque. Pour contrebalancer cela l’humour est très présent, notamment via le très réussi personnage d’Alex Louis Armstrong, aussi costaud qu’intelligent.

I laughed so hard when I read this part xD #ALex #Armstrong #Ed #Elric  #Ihavecomeforyou #FMAB #OhShit | AnimeAu bout de seulement deux volumes on est déjà bien immergé dans ce qui s’annonce comme une conspiration impliquant le gouvernement ou l’armée avec une méchante peu présente mais aux apparitions marquantes. Les pages de combat sont rudes, percutantes en proposant de puissants antagonistes à ce qui restent deux fragiles adolescents, tout surdoués en matière d’alchimie qu’ils soient. J’ai beaucoup aimé cette approche d’Arakawa qui évite ma mièvrerie et la simplification. Son monde est dur, les méchants ne sont pas des enfants de cœur et les affres de la guerre, la perversion des âmes et la douleur des corps mutilés ne sont pas cachés. Avec son apparence toute bonhomme, Alphonse, enfermé dans son armure n’en souffre pas moins et les mutilations régulières qu’il subit avec son frère sur leurs parties mécaniques ne sont pas anodines pour leurs jeunes psychés. Le manga reste pourtant lisible par des ado dès dix ans dans la veine de Dragon ball ou Dr. Stone que de One Punch man ou Death note. Cette première immersion confirme donc totalement la qualité reconnue de cette série, un vrai shonen, qui sait allier habillage jeunesse avec un propos intéressant et une approche de la magie plutôt originale.

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Les Géants #1: Erin

bsic journalism

Premier tome de 45 pages d’une série en 6 tomes, écrite par Lylian et dessinée par Paul Drouin. Parution le 26/08/2020 aux éditions Glénat.

Merci aux éditions Glénat pour leur confiance.

Comme beaucoup de séries jeunesses, Glénat propose un joli habillage pour cet album avec titre gauffré, vernis sélectif en première et quatrième de couverture et une annonce des couvertures des six volumes dès le verso. L’intérieur de couverture présente les six géants avec mise en lumière de celui de l’album qui nous intéresse, un prologue très efficace avec une arrivée de la page de titre en cinémascope avant d’enchaîner sur l’intrigue. Entrée en matière efficace qui se conclut par six parques-page cartonnés très jolis et une page d’annonce du prochain tome. Édition très travaillés et très réussie. Pour une publication jeunesse je suis sur qu’une fiche de personnages en plus aurait été grandement appréciée par les jeunes lecteurs!

L’algarade des Titans

La jeune Erin traverse une période difficile. Seule survivante de l’accident qui coûta la vie à ses parents, elle a été recueillie par des membres de sa famille qui tentent, en vain bien sûr, d’apaiser ses tourments. Seule face à son chagrin, Erin se réfugie dans sa passion pour son jardin, et le lien particulier qu’elle entretient avec les plantes dont elle prend soin quotidiennement.

Alors qu’elle subit une fois de plus les brimades d’un groupe de brutes, la jeune écossaise se rend compte que son attachement pour la nature semble réciproque. En effet, lorsqu’elle s’enfuit dans la forêt, les arbres eux-mêmes s’interposent pour la protéger ! Ce n’est que peu de temps après qu’Erin fait la rencontre de Yrso, un géant élémentaire personnifiant la Nature, avec lequel elle nouera un étonnant lien de symbiose.

Pendant ce temps, au Groenland, les équipes du milliardaire Calvin Crossland mettent la main sur un autre Géant endormi sous la glace, dont la haute stature cache de biens noirs desseins.

Une fille et son Géant

Ce premier tome des Géants nous plonge sans préavis dans un univers fantastique construit sur un ton résolument balisé « jeunesse » mais possédant par ailleurs ses cotés sombres. La première lecture m’a évoqué

Erin - (Paul Drouin / Lylian) - Aventure-Action [LIBRAIRIE M'ENFIN, une  librairie du réseau Canal BD]

quelques références assez surprenantes: la scène des arbres protecteurs m’a rappelé une certaine scène du film La Nurse, tandis que l’introduction avec le monstre prisonnier de la glace fait penser au préquel de The Thing (l’horreur en moins). L’intervention d’une corporation anonyme et malveillante déterminée à séparer la protagoniste de son nouvel ami extraordinaire avec lequel elle a un lien unique, ce serait plutôt à E.T qu’on le doit. Quant au Géants eux-mêmes, ont pourrait les rapprocher des fameux Titans de la mythologie, mais également ceux de l’Attaque des Titans, par la façon qu’ils ont d’être « pilotés » par un humain enchâssé dans leur monumentale carcasse.

L’histoire de Lylian nous présente d’emblée une protagoniste sympathique et attachante. Cette sympathie est causée autant par le deuil qu’elle traverse que par la résilience dont elle tâche de faire preuve. Le reste de l’aventure révèle suffisamment d’informations pour accrocher le lecteur tout en conservant suffisamment de billes pour la suite. On aime quand les scénaristes ne prennent pas les jeunes lecteurs pour des idiots et construisent des histoires avec de vrais méchants et des ramifications inspirées des séries TV. La mise en scène fonctionne très bien en alternant les séquences intimistes avec la famille ou dans l’esprit du géant et les grosses actions déjà vues dans tous les gros blockbusters hollywoodiens. Avec une histoire qui avance vite, beaucoup de révélations, les auteurs sont généreux et l’on se demande comment cet album va se raccrocher aux enfants et aux géants des autres volumes sans nous perdre. Le package semble pourtant très solide (avec une parution rapprochée), une colorisation jeunesse efficace et des schémas bien rodés pour une série sur de bons rails pour devenir un succès de librairie.

Billet écrit à quatre mains par Dahaka et Blondin.

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Le Roi Singe 3: La disgrâce de Wukong

La BD!

Troisième tome de 86 pages d’une tétralogie, écrite et dessinée par Chaiko. Parution le 15/07/20 aux éditions Paquet.

Road Trip Simiesque

badge numeriqueLe deuxième tome à peine sorti, nous voici catapultés dans la suite des aventures de Sun Wunkong, alias le Grand Saint Égal au Ciel, alias le Roi Singe. Après s’être frotté aux immortels du Royaume Céleste et en avoir tiré une amère leçon d’humilité, le prodigieux combattant simiesque a pris la route avec un moine en quête des Soutras qui l’aideront à atteindre l’illumination.

Sur leur route, le jeune moine et le singe facétieux ont rencontré bien des obstacles et des péripéties, qui ne constituaient en fait que les prémisses de leur voyage.

Équipée fantastique

Durant leurs pérégrinations, le moine et le Roi Singe ont accueilli parmi eux un nouveau venu, Bajie, créature porcine anthropomorphe dont la bonhommie va contraster avec l’impétuosité de notre héros Wukong.

La suite des aventures du Roi Singe reste dans le même esprit que les deux précédents tomes, avec des obstacles dressés sur la route des protagonistes de façon plutôt linéaire. Ici, Sun Wukong devra mettre à l’épreuve sa faculté à collaborer, lui qui est habitué depuis si longtemps à faire cavalier seul, pendant que les créatures du Royaume Céleste continuent de comploter contre lui.

Le graphisme de Chaiko est clairement le point fort de cette série. Son excellent trait donne des personnages très expressifs et aux mouvements dynamiques, empruntant juste ce qu’il faut aux codes du manga. La mise en couleur est subtile et participe à la cohérence graphique de l’ensemble.

Une épopée au scénario un tant soit peu linéaire mais dont le graphisme sublime la qualité !

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Le Roi Singe 2: Le voyage en Occident

La BD!

Deuxième tome de 82 pages d’une série écrite et dessinée par Chaiko, parution le 17/06/2020 aux éditions Paquet.

Une grimace connue pour un vieux singe

badge numeriqueLa légende de Sun Wukong, le Roi des Singes, s’est répandue à travers tous les royaumes,favorisant son ascension au Royaume Céleste, où le simiesque guerrier-monarque a attiré sur lui le courroux de nombreux dieux. Ces facéties l’ont mené à un duel avec Bouddha, à l’issue duquel il paya son arrogance en restant captif de la Montagne aux Cinq Doigts.

Ce châtiment ne prit fin que cinq cent ans plus tard, lorsque le jeune moine Sanzang Tripitaka le libéra. Sun Wukong, désormais disciple du Moine, s’embarque avec ce dernier dans un voyage périlleux, dont le but est d’atteindre l’illumination. Le vieux singe, malgré son âge et les expériences passées, n’en a semble-t-il pas tiré toutes les leçons…

Odyssée simiesque

Sun Wukong n’a donc pas fini d’apprendre, que ce soit sur le monde qui l’entoure ni sur lui-même. Son impétuosité et son arrogance sont ses pires ennemies, et ce n’est que grâce à l’intervention du Moine et de la Bodhisattva qu’il évoluera afin de devenir meilleur.

Après un fracassant premier tome, l’univers crée par Chaiko reste fascinant, grâce à ses magnifiques dessins, dont l’influence manga est ici sensiblement plus perceptible. L’histoire en elle-même reste fidèle au folklore chinois, ceux étant déjà familiers de la légende du Roi Singe n’y trouveront peut-être pas de réelle surprise.

La lecture de ce second tome demeure néanmoins tout à fait prenante, grâce à un découpage dynamique au service d’un travail graphique de grande qualité. Le tome 3 est disponible bientôt !

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Ronin Island #2

Jeunesse

Deuxième tome de 112 pages d’une série écrite par Greg Pak et dessinée par Giannis Milonogiannis. Parution en France le 19/06/2020 aux éditions Kinaye.

Blanche-Neige et les 47 Ronins

badge numeriqueLe premier tome de Ronin Island n’avait pas convaincu le père Blondin, de par une intrigue convenue et des graphismes sans touche particulière. Qu’en est-il de ce second tome ?

Hana et Kenichi ont grandi sur la même île, mais ils ne sont pas du même monde. Dans l’ère féodale du Japon, chacun ne survit que s’il sait rester à sa place, et le système de castes s’assure du respect de ce statu quo. Kenichi, fils d’un samouraï déchu, porte sur ses épaules le poids des traditions et de la gloire perdue de son clan. Hana, quant à elle, rêve d’un avenir meilleur que ce à quoi sa basse extraction semble la promettre.

Toutefois, sur l’île des Ronins, chacun peut faire la démonstration de sa valeur, et c’est ainsi que les deux jeunes gens ont pu suivre l’entraînement du même maître, Ito, qui a fait d’eux des combattants dévoués à la cause commune. L’isolement insulaire de cette petite communauté va cependant être rompu par l’incursion des soldats du Shogun, seigneur local qui envoie ses hommes réquisitionner tout ce qui peut l’être, pour l’aider dans la grande lutte contre les Byonins, démons invincibles qui ont dévasté le pays.

Kenichi, Hana et Ito vont donc être embarqués de force à la rescousse du Shogun, qui va s’avérer n’être qu’un lâche machiavélique et cruel. Nos héros vont donc devoir conspirer, à la manière des 47 Ronins de la légende, dans le but de se débarrasser de l’indigne seigneur et ainsi préserver leur île.

Roninera bien qui Roninera le dernier

Le problème, c’est qu’Hana et Kenichi ont chacun leur idée sur la meilleure façon de protéger les intérêts de l’Île. Parviendront-ils à repousser les Byonins tout en évitant le pire à leur communauté ?

Comme le soulignait Blondin, l’intrigue de Ronin Island promettait quelque chose d’intéressant, pour peu que l’on soit intéressé par les univers nippons et la culture des samouraïs. L’utilisation des créatures-qui-ne-sont-pas-techniquement-des-zombies nous ramène nécessairement aux poncifs liés à ce genre de récits, et à la lecture, on sent bien que Greg Pak, scénariste pourtant confirmé, a du mal à s’en départir.

L’intrigue tient néanmoins debout, même si quelques retournements de situations peuvent donner un sentiment d’inconstance chez les héros. Mais même cet aspect-là peut s’entendre, les héros étant jeunes et dans une situation qui les force à s’adapter sans cesse. A ce stade de l’intrigue, on distingue d’ailleurs assez bien les différences de point de vue entre les deux guerriers, et les causes qui expliquent ces façons de penser différentes.

Les créatures quant à elles, sont un exact miroir de celles que l’on peut trouver dans Green Class, la cause de la transformation étant ici clairement attribuée à un champignon. Les dessins de Giannis Milonogiannis lorgnent résolument, et de façon assez logique, du côté du manga, sans nécessairement taper dans l’appropriation culturelle.

Forte de ses deux tomes, la série Ronin Island reste une lecture agréable, prenante et engageante, dont on a hâte de découvrir la suite notamment grâce à des personnages attachants et en pleine construction.

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Harald et le Trésor d’Ignir #2

Jeunesse

Second et dernier tome de la série écrite par Matthieu Brivet et dessinée par Antoine Brivet. 46 planches, parution le 08/01/2020 chez Bamboo Éditions.

La 13e guerrière

La vie n’est pas simple chez les Vikings. Entre les raids et les festins, ils doivent fréquemment repousser les cavaliers Magyars et se soustraire à toutes sortes de créatures magiques, en espérant conserver la faveur des dieux.

Harald en a fait la regrettable expérience, après avoir dérobé le joyau du trésor d’Ignir, redoutable dragon des mers dont le courroux n’a pas tardé à s’abattre sur son village. Pour récupérer son bien, Ignir a lancé sur le roi Dagmar, le père d’Harald, une sournoise malédiction qui le tue à petit feu.

Afin de le sauver et apaiser la colère du monstre, le jeune Viking va se lancer à la poursuite du joyau, dérobé par les brigands hongrois qui sillonnent les terres du Nord. Alors qu’Harald fait feu de tous bois en s’alliant avec une habile guerrière orientale pour retrouver le trésor perdu, la reine Silke, éplorée par la malédiction de son époux Dagmar, doit néanmoins protéger le trône de certaines convoitises.

Epic System

Matthieu Brivet utilise à bon escient le folklore et la mythologie nordiques pour créer un univers à la fois engageant, cohérent et varié. En effet, il joue la carte de la diversité en ajoutant à l’univers froid et rude des Vikings une touche subtile de différence et d’acceptation, sous la forme de l’envoûtante guerrière Sayaline, qui vient de la chaude cité Bagdad pour récupérer le joyau.

Ainsi dans ce second tome, alors que l’on pourrait s’attendre à un choc des civilisations, l’auteur nous surprend avec des regards bienveillants et curieux portés par chacun des protagonistes sur une culture qui leur est étrangère. Loin d’affliger l’œuvre d’une vision naïve, ce procédé nous rappelle que l’Humanité n’a finalement jamais prospéré que dans les échanges et la collaboration.

L’intrigue du diptyque reste donc bien ficelée, et sert très justement le dessin d’Antoine Brivet, qui donne corps à cet univers grâce à un trait assuré et lisible et des couleurs maîtrisées.

Une belle collaboration fraternelle que ce Harald et le Trésor d’Ignir, à lire sans hésitation !

Actualité·BD·Comics·Jeunesse

Les promo de l’été des éditeurs

Actu

Concours de circonstance lié au confinement qui a décalé un certain nombre d’événements, ce début juillet voit se cumuler en librairies un nombre inhabituel d’opérations commerciales ou éditoriales, dont j’ai pu (partiellement) profiter. Vous pouvez trouver sur certains albums un lien vers la critique de l’Etagère (ou vers un autre album de l’auteur).

Free Comic Book Day 2020 : La liste des titres du FCBD France

Le Free comic book dayest un événement international permettant de découvrir chaque année les premières pages de comics à sortir chez les différents éditeurs et disponibles dans un réseau de librairies indépendantes. En nombre limité, ces fascicules sont l’objet d’une certaine collectionnite et se retrouvent assez rapidement à des prix spéculatifs sur le net. On n’évitera jamais ce genre de comportements… Si vous arrivez à mettre la main sur des fascicules (… et pensez à en laisser aux autres…) ça vaut le coup pour découvrir des productions inconnues. Il y a de tout, du blockbuster comme des trucs assez confidentiels, comme la participation de l’éditeur jeunesse Kinaye (partenaire de ce blog) cette année.


Urban comics, l’éditeur de DC en France, a sorti en même temps une excellente initiative (qui est partie comme des petits pains. En format réduit, broché, à ce prix là vous pourrez emmener à la plage le top de l’éditeur et je confirme que c’est un vrai must-have qui est proposé! Malheureusement… je n’ai pas réussi à mettre la main dessus après passage dans trois librairies… Est-ce que l’éditeur a vu trop court ou les librairies ont-ils été frileux à faire du stocke avant l’été après un Covid qui a dilué leur trésorerie? Étant donné le prix et la qualité impériale de ces albums il était très prévisible que cette opération soit un carton…

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48H BD

Les 48h BD c’est une sélection d’albums très bien vendus par certains éditeurs et que vous pourrez découvrir pour 2€. L’opération est passée mais généralement il reste un stock d’albums pendant plusieurs semaines. Les éditeurs sélectionnent logiquement des débuts de série pour vous donner envie de continuer. Pour ceux que j’ai lu, Gung-ho, Radiant et Ira dei sont d’excellentes séries que vous pouvez tester sans risque d’être déçus.

Les 48hBD auront bien lieu... en juillet ! - ActuaBD

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Le garçon-sorcière #2: la sorcière secrète

Rufus Stewart

Cette  rubrique vise à présenter un album jeunesse en regard croisé parent/enfants. Mes deux zozo parlent donc d’un album en mode question-réponse, puis vous trouverez en fin d’article mon avis dans un format plus classique. En espérant que ça vous plaise. N’hésitez pas à me donner votre avis et idées sur la formule en commentaires!

  • Ma fille c’est « Talia » (c’est un pseudo): à douze ans elle aime beaucoup Buddy Longway, La Rose écarlate, les Mythics, Harmony, les carnets de Cerise, Dragon Ball ou Flying Witch…

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Comic de Molly Knox Ostertag
Kinaye (2020), 210 p. premier volume de la trilogie.

bsic journalismMerci aux éditions Kinaye pour leur confiance.

L’édition suit l’originale chez Scholastic (à noter que Kinaye indique systématiquement les éditeurs originaux en quatrième de couverture, ce que je trouve intéressant…). Édition toujours aussi propre (et reconnue comme telle par les lecteurs apparemment!), avec vernis sélectif, couverture à rabats et présentation du troisième et dernier album de la série à paraître en 2021. Une carte des lieux visités est présentée en ouverture de l’album.

Après la défaite du grand-père Mikasi, Aster suit enfin l’enseignement des sorcières comme il n’a toujours voulu… mais ce n’est pas si simple et le travail est autre chose que jouer avec ses pouvoirs! Pendant ce temps une nouvelle venue arrive au collège de Charlie et ne semble pas du tout à l’aise avec ses camarades…

Salut Talia. On retrouve déjà Aster qui avait vaincu son grand-père. Peux-tu nous dire en deux mots de quoi parle ce second tome de la série?

Ça parle plutôt d’amitiés des fois remises en cause. C’est compliqué pour certains de se faire des amis et ils ont peur d’être trahis.

On parle moins de la famille dans ce volume et plus des copains-copines. Qu’est-ce que tu as retenu des problèmes que rencontrent Ariel et Sedge?

Sedge a peur de se re-transformer par-ce qu’il a utilisé de la magie noir. Ariel ne maîtrise pas ses pouvoirs, elle ne comprend pas les conséquences de les laisser se développer. Ils n’ont pas trop d’amis. Ils échangent leur place en quelque sorte, Sedge ne veut plus faire partie d’une famille de sorciers et Ariel est adoptée, du coup elle ne se sent pas à sa place.

On découvre dans ce volume la famille de Charlie… qui est assez particulière!

Oui! Elle a deux papa… Ils ont l’air tous les deux très gentils et laissent Charlie faire beaucoup de choses. L’un des deux est le principal du Collège.

Comment est présentée la famille dans cet album? Est-ce que les enfants sont libres de leurs choix?

Chez Charlie oui. Chez Ariel ils la menacent si ça se passe encore mal au collège (elle en change souvent) alors qu’elle ne fait que se défendre. Chez Aster au début on lui interdisait la sorcellerie. Dans ce tome il a le droit de suivre les cours mais sa tante a du mal a admettre qu’il soit sorcière. Sa grand-mère accepte de lui donner des cours particuliers en cachette. Aster aide finalement Mikasi qui n’avait jamais été accepté comme sorcière autrefois, ce qui l’avait rendu méchant. Du coup c’est assez partagé mais au départ les familles ont du mal à accepter les choix des enfants.

Charlie et Ariel sont très différentes et finalement très copines. Comment peux-tu les décrire?

Ariel est plutôt fermée sur elle-même mais grâce à Charlie on a l’impression qu’elle se détend. Charlie lui propose d’elle-même son amitié ce qui surprend Ariel, elle n’a pas l’habitude. Du coup elle se dit que ça va peut-être enfin bien se passer dans ce nouveau Collège. Charlie est tout le temps positive! Elle aime aider les gens en difficulté.

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Merci Talia! On a résolu l’énigme de la Sorcière secrète, il n’y a plus qu’à se préparer à découvrir la Sorcière du solstice…


Voilà pour le retour des enfants… et le vieux qu’est-ce qu’il en dit?

L’autrice Molly Knox Ostertag, malgré une carrière relativement courte a une remarquable maturité pour proposer des thèmes complexe de façon très accessible aux jeunes lecteurs sans tomber dans la mièvrerie. Elle aborde dans sa trilogie des sujets complexes comme le carcan de la famille, l’homosexualité et les familles recomposées, le mal-être adolescent… avec une grande fluidité qui articule chronique sociale et fantastique. Les droits de l’œuvre ont été achetés pour un projet d’animation.

Ce second volume évite la redondance en décentrant la focale de la famille d’Aster pour découvrir ce qu’il se passe dans la ville et l’envie de normalité du cousin Sedge qui souhaite poursuivre une scolarité classique. Le thème des communautés est assez étranger pour des lecteurs occidentaux et pourra intriguer de jeunes lecteurs chez nous. On aborde également les difficiles relations entre adolescents, le personnage de Charlie marquant en roc de joie de vivre et d’empathie spontanée. On découvre par son biais un discours humaniste sur le libre arbitre par rapport à la norme familiale et sociale, les relations garçons/filles, parents-enfants, avec un fil conducteur depuis le tome précédent sur la colère poussant à la corruption de l’âme et empêchant les relations humaines.

Depuis le premier tome je suis impressionné par un projet qui propose une formidable ouverture à la différence (raciale, sexuelle, identitaire,…) avec une très grande humanité et simplicité. Ce n’est vraiment pas courant en littérature jeunesse et on ne saura trop remercier l’éditeur Kinaye pour la qualité de son travail de prospection de projets tous très différents dans son catalogue. Ostertag crée une vraie appétence pour ces personnages et on lit très facilement ces gros volumes avec hâte d’en connaître la conclusion l’année prochaine!

A partir de 9 ans.

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