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Seuls – Cycle 1

Rufus Stewart

La rubrique a quelques mois et semble plaire tant dans sa formule que sur les albums traités, tant mieux. Je vais tenter une autre formule pour le cycle 1 de la série phénomène « Seuls« . J’en entends parler depuis longtemps, les jeunes en sont archi acro et je viens de comprendre pourquoi tant cette série a de qualités. Mon fiston de 13 ans écrit un peu et avait envie de tenter une critique croisée en parallèle et non en question-réponse comme ce que l’on fait jusque là.

  • Mon fils c’est « Jean pédrovitch » (c’est un pseudo): à treize ans il a déjà lu une grosse partie de ma bdthèque, notamment Universal War 1&2, Thorgal, Blake et Mortimer, Largo Winch, Radiant,…

BD de Bruno Gazzotti et Fabien Vehlmann
Dupuis (2006-),  54 p. couleur. 2 cycle parus, cycle 3 en cours.

couv_118641Le premier cycle comprend les cinq premiers tomes de la série avec la couverture intérieurs en séparation. Aucun bonus, c’est bien dommage, surtout pour une série jeunesse où cela pourrait expliquer à ces gros consommateurs de lecture comment fonctionne un scénario de BD. A noter que l’intégrale du second cycle était épuisée depuis quelques mois mais sera ressortie pour la fin d’année en même temps que le dernier album.

Un matin un groupe d’enfants se réveille seuls. Les adultes ont disparu. Errant dans une ville désertée, ils constatent que seuls les animaux sauvages et les enfants sont encore là. De nombreux évènements mystérieux de produisent mais ils doivent avant tout apprendre à survivre en apprenant ce que les adultes faisaient jusqu’ici. Une nouvelle vie commence…


Jean-pédrovitch: J’ai découvert Seuls chez un pote qui l’avait reçu à son anniversaire mais cela ne m’a, au début, pas donné envie. Je n’étais pas trop BD jeunesse à la Titeuf ou Louca et rien que de voir le dessin et le style de la couverture ne m’a pas inspiré du tout et m’a fait penser à ce style . Mes copains ne lisais que des BD comme ça et je ne me fiait pas trop à eux pour les choix de lecture et je ne pensai pas du tout que se serais du fantastique ou de l’action comme j’ai l’habitude de lire. Mais à force d’en entendre parler Résultat de recherche d'images pour "seuls gazzotti"et de le voir partout, dans la cour, chez mes potes, à la médiathèque, j’ai d’abord feuilleté puis lu les premiers tomes, je m’y suis mit carrément à fond et ce que j’ai découvert m’a intrigué, ébahi, passionné, époustouflé, « suspensé », flippé, etc. Tout ce qu’on attend d’une BD. Le « seul » point négatif reste le dessin qui peut laisser penser que c’est une BD pour jeune, simple, gentille, rigolote… alors que la BD est un peu effrayante, flippante, compliquée, froide, plutôt pour ado,…

J’ai lu tous les Seuls sortis jusqu’au tome 11 ce qui fait deux cycles et demi. Le 1er cycle, à ce jour le plus gros, est composé de 5 tomes dont deux sont moyens car c’est le démarrage et la découverte des cinq personnages principaux. Les trois autres, surtout le dernier, sont vraiment super!!! Le 2ème cycle est fabuleux, le plus riche, révélateur et flippant et pourtant il est composé de 4 tomes à la différence du 1er cycle. Le 3ème est cependant le temps mort de la série et pour l’instant on a l’impression de n’avoir pas avancé d’un poil et que rien ne se passe.

Ce que j’ai préféré dans le 1er cycle ce sont les mystères cumulés et les choses inhabituelles inexpliquées qui sont en nombre importants. Ce sont des millions de petits détails en lien avec l’histoire comme les animaux de la zone rouge qui ont les yeux rouges, les insectes qui recouvrent le monolithe du centre de la zone rouge, les appareils électriques qui ne fonctionnent plus, ou comme la zone rouge elle même, mais qui n’ont, pour la plupart, même pas d’explications. Les personnages font eux-même pleins d’hypothèses et cela accapare l’attention même si ce n’est pas important. Les personnages sont très Résultat de recherche d'images pour "seuls gazzotti"variés, il y a Terry qui a 5 ans et est très capricieux, Yvan qui est intello est peureux, Leïla qui est casse-cou et très dégourdie, Camille qui est un peu Gnan, Gnan, et qui fait princesse, et enfin Dodji, le héros qui était maltraité par ses parents et est du coup renfermé, solitaire, autoritaire et violent. Il y a aussi Saul et Anton, qui apparaissent en cours de cycle et seront très importants et impliqués dans l’histoire. Mon préféré est bien sur Dodji car il est fort et héroïque mais aussi car parfois il s’agit un peu d’un anti-héros. Comme on vit presque avec les personnages, on est assez proches d’eux et les connaissons parfaitement après avoir seulement lu le premier cycle, ce qui ajoute un côté assez intéressant.

Seuls me fait beaucoup penser à Autre monde, une série Best-seller de Maxime Chattam qui raconte aussi l’histoire d’adolescent qui doivent se débrouiller seuls dans un monde plein de nouveau dangers et phénomènes alors que les parents ont disparu. C’est ma série de roman préférée ce qui explique aussi mon point faible pour Seuls.

Je conseillerais de lire Seuls à partir de 9/10 ans.


Le papa: je suis totalement bluffé par cette série et m’interroge sur le choix de ce type de dessins et de la stratégie de l’éditeur Dupuis, plutôt spécialisé dans la BD jeunesse. Un peu comme avec Harmony, autre excellente série fantastique de l’éditeur, nous avons tous ce qui fait une bonne série de BD adulte mais avec des dessins de la veine Dupuis. Est-ce que les parents suivront, laisseront leurs enfants lire cette série résolument Résultat de recherche d'images pour "seuls gazzotti"inquiétante, dérangeante par moments avec des thématiques comme la maltraitance infantile, la sexualité des enfants, la manipulation mentale, le totalitarisme et l’effet de groupe,…? Les auteurs assument la situation d’enfants placés dans la situation de devoir assumer des rôles d’adultes avec la disparition des règles et de l’autorité. Cela plaira aux jeunes qui pourront fantasmer sur cette fausse utopie mais nous montre également des scènes étonnantes avec des enfants alcoolisés, utilisant des armes, tuant d’autres enfants,… C’est une ligne éditoriale assez gonflée et pour ma part j’apprécie ce risque qui induit que la qualité et l’intelligence permettent de dépasser les codes d’age. La littérature (et la BD) jeunesse ont longtemps été soumis à une morale chrétienne assez conservatrice. Voir ce type de BD fait du bien en tant que parent. Nous avons de longs débats à la maison sur quelles BD montrer à quel âge. Est-ce que Thorgal est lisible par un enfant? Blake et Mortimer? Finalement on réalise que ce n’est pas l’aspect graphique qui détermine et que les enfants sont beaucoup plus ouverts que les adultes, moins enfermés dans des codes (d’où leur lecture de mangas autant que de Résultat de recherche d'images pour "seuls gazzotti"franco-belge). Je pense que les auteurs ont conscience de leur responsabilité de ne pas dépasser une ligne choquante et assument une série très très ambitieuse à la fois artistiquement et thématiquement. La progression dramatique des révélations est très équilibrée, progressive en prenant les codes de la série télé avec apparition/disparition régulière de personnages. Les adultes pourront clairement bloquer sur les dessins mais je ne saurais que recommander cette lecture à tout âge (je dirais quand-même après 11 ans pour des jeunes qui seraient habitués aux Sisters ou à Ducobu) tant on est happé par un mystère aussi sophistiqué que sur des séries comme celles de Bec (qui devrait prendre exemple sur son collègue en matière de simplicité efficace).

J’adore la BD quand elle nous propose des choses aussi inattendues qu’ambitieuses en s’adressant à l’intelligence du lecteur. Un très grand bravo aux auteurs pour cette tentative de faire entrer un lectorat dans l’univers de l’épouvante et du fantastique. Seuls est la porte d’entrée idéale pour initier vos enfants à ce type d’univers imaginaires.

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BD et vrac #11

Aujourd’hui pas de jeunesse ni de docu mais une fournée spéciale nouveautés toutes fraîches avec de grosses sorties très grand public. Après la grosse artillerie de com’ autour de ces albums, en vrai qu’est-ce que ça vaut?

  • Le dernier dragon #2 (Pecau/Pilipovic/Delcourt) – 2019, 2 vol parus.

Critique réalisée sur version numérique pour Iznéo.

bsic journalismbadge numeriqueLe premier tome de cette série est paru en mars dernier et nous voilà déjà avec la suite d’une très bonne surprise du printemps. Si la couverture est tout aussi magnifique que la première, l’album souffle le chaud et le froid et l’on se demande du coup s’il n’a pas été réalisé un peu vite… Le scénario très étrange commence sur des récits de Léonard de Vinci avant de nous faire retrouver l’héroïne envoyée en Terre-sainte pour finir par retrouver les protagonistes des toutes premières pages de la série. Les sauts sont du coup un peu brutaux et le scénariste pourtant chevronné oublie un peu de développer son background et la liaison entre les séquences. Même chose pour les dessins de Pilipovic, parfois superbes et précis, parfois manquant étrangement de netteté. Le duo a un talent certain et le matériau est riche mais les affrontements dragoniers ne suffisent pas à maintenir l’intérêt au niveau du premier volume. Espérons que ce ne soit qu’un petit coup de mou car il serait vraiment dommage que cette série tombe dans une banalité du tout venant Fantasy.

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  • Danthrakon (Arleston/Boiscommun/Drakoo) – 2019, 1 vol/3 parus.

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bsic journalismAprès des années passées chez Soleil où son univers fantasy a très grandement participé à marquer la ligne éditoriale de l’éditeur toulonnais, Arleston a accepté de prendre en charge le nouveau label Drakoo de chez Bamboo, avec en ouverture de bal ce Danthrakon, série jeunesse prévue en trois tomes. Si vous suivez ce blog vous savez que je considère les séries de plus de six volumes comme des démarches commerciales, aussi ce format me mets dans de bonnes dispositions. Je connais l’univers d’Arleston et ai toujours aimé Lanfeust (au moins les deux premiers cycles), en revanche si j’aime bien les images des BD de Boiscommun je n’avais rien lu de lui jusqu’ici. Cet album nous présente un univers (ou plutôt une cité) de magie ou différentes races cohabitent et se rangent par fonction. Les mages prennent des apprentis à leur service dans des maisonnées organisées comme les domaines du XVIII° siècle. Une caste d’inquisiteurs surveille l’utilisation de la magie dont la variante « magie du sang », considérée comme primale et incontrôlable, est interdite. Le héros, jeune marmiton un peu niais (ça ne vous rappelle personne?) se retrouve dépositaire de la puissance magique d’un ancien grimoire, qui le transforme en bête surpuissante… Résultat de recherche d'images pour

J’avoue avoir été un peu déçu par cet album qui se confirme être destiné à un lectorat jeune, avec une simplicité d’action et de textes qui se justifient en cela. Tout d’abord le dessin d’O.G. Boiscommun est étonnamment faible et brouillon par rapport à ce qu’il a produit jusqu’ici. Je soupçonne l’encrage et la colorisation (réalisées par deux autres personnes) assez plate et informatique d’être la cause de cela puisque le cahier graphique de fin de tome montre de superbes dessins. Ce dessinateur nous a habitué à apprécier ses couleurs directes et le style que l’on apprécie est ici perdu, c’est très dommage! Pour ce qui est de l’univers et de l’histoire il n’y a rien de très surprenant. Encore une fois l’efficacité d’Arleston plaira probablement aux jeunes lecteurs mais contrairement à Lanfeust et d’autres séries du scénariste les adultes risquent d’avoir du mal à se laisser tenter. Pour l’originalité on attendra de voir les autres tomes mais pour l’heure on reste avec de la BD très formatée dont a peine à détecter la plus-value dans l’océan de la BD fantasy. Pour un démarrage de collection j’attendais quelque chose de plus qualitatif, surtout que ce qui s’annonce chez Drakoo semble plutôt alléchant.note-calvin1note-calvin1


  • Time lost #1 (Sala/Khaled/Soleil) – 2019

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On ne va pas se mentir, ce pulp plein de nazis, de soldats amérloques malpolis, de pom-pom girls, de dino et de Mechas se lit très très vite. Si tout est dans la couverture et que certains pourront trouver le ratio prix d’achat/temps de plaisir un peu dur, il est indéniable qu’Afif Khaled est un super dessinateurs qui maîtrise à merveille la technique numérique et que son dessin ne souffre que de très peu de défauts avec une minutie des détails remarquable. Jean-Luc Sala est un scénariste expérimenté qui aime les univers d’aventure décalés (son très bon Spynest et le plus complexe Cross-fire avec Pierre-Mony Chan) et il aurais pu nous en donner un peu plus pour cette entrée en matière. Du coup je crains la série à rallonge très commerciale… Il n’en demeure pas moins que l’on prend un plaisir certain dans cette immersion pop-corn proche de ce que va nous proposer Herenguel avec son Kong Crew: c’est chatoyant, plein de testostérone, de clichés qu’on aime, bref une BD de garçon coupable qui souffre surtout de dialogues franchement bof avec beaucoup de bons mots qui tombent à plat. Mais ce n’est pas très grave puisqu’on est là pour les dessins et l’action.

Et un autre avis chez Constellation. https://blogconstellations.home.blog/2019/09/27/time-lost-01-operation-rainbow-2-jean-luc-sala-et-afif-khaled/

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The storyteller: Dragons

Rufus Stewart

Cette nouvelle rubrique vise à présenter un album jeunesse  en regard croisé parent/enfants. Mes deux zozo parlent donc d’un album en mode question-réponse, puis vous trouverez en fin d’article mon avis dans un format plus classique. En espérant que ça vous plaise. N’hésitez pas à me donner votre avis et idées sur la formule en commentaires!

  • Ma fille c’est « Talia » (c’est un pseudo): à onze ans elle a aime beaucoup Buddy Longway, La Rose écarlate, les Mythics, Harmony, les carnets de Cerise, Dragon Ball ou Flying Witch…

Anthologie de légendes
Kinaye (2019) – Boom Studio (2016), 126 p. couleur.

bsic journalismMerci aux éditions Kinaye pour cette découverte.

couv_371977L’ouvrage comporte quatre histoires avec pour chacune une page d’intentions des auteurs (assez indispensable!) et la couverture originale. L’ouvrage se termine par un making-of de 23 pages comprenant des pages noir et blanc de chaque histoires avec un commentaire du dessinateur et des couvertures alternatives. Très riche comme d’habitude chez cet éditeur et cela permet d’entrer dans le processus de création et enrichit la portée de l’album.

Coucou Talia! Nouvelle lecture de chez Kinaye avec des légendes de dragons. Maintenant que tu as grandi est-ce que tu lis et aime encore les contes?

Oui j’aime bien mais c’est vrai que je n’en lis plus beaucoup. J’aime bien quand il y a une narration. Les passages avec le vieux monsieur sont rigolo, comme à la fin de l’histoire du ver où on voit le dragon de l’histoire dans un bocal cher le narrateur…

Résultat de recherche d'images pour "the storyteller dragons"A quelles époques et lieux se situent ces histoires?

La première histoire me fait penser à l’inde (note: en fait ce sont des amérindiens). Je pense que ça se situe au Moyen-Age. La seconde doit se dérouler en Angleterre à l’époque des croisades. La troisième se situe en Russie, peut-être à l’époque des romains. La dernière au Japon à l’époque des samuraï.

Visuellement c’est très différent. Lesquelles t’ont plus attiré ou pas?

Dans la première histoire le dragon est joliment dessiné, contrairement au japonais qui est un peu fouillis. J’ai bien aimé l’histoire du ver parce qu’elle est originale, ce n’est pas vraiment un dragon et que l’histoire est plus développée avec moins de combats. Et je l’ai trouvée bien dessinée.

Est-ce que tu vois des points communs à ces histoires?

Résultat de recherche d'images pour "the storyteller dragons"Ce sont des dragons méchants qui sont tués par des héros. Il y a deux garçons et deux filles. Les deux premières histoire se terminent plutôt mal pour le héros et son père, les deux autres se finissent bien

Et les dragons, est-ce qu’ils ressemblent à ceux qui sont dans ton imaginaire?

Je sais qu’il peut y avoir plein de sortes de dragons mais pour moi c’est plutôt comme Tugarin (dans la deuxième histoire) avec des ailes et une grande queue (comme dans les Royaumes de feu que je suis en train de lire). Normalement les dragons sont plutôt comme des animaux, ils ne parlent pas aux humains. Mais dans les légendes ils leur parlent. Dans l’album les deux premier dragons ne parlent pas, dans les deux histoires de filles ils parlent et ont une personnalité.


Voilà pour le retour de la choupette… et le vieux qu’est-ce qu’il en dit?

Résultat de recherche d'images pour "the storyteller dragons"Jim Henson est un mythe dans le monde de la TV, du cinéma et de l’imaginaire aux Etats-Unis. C’est lui qui a créé le Muppet Show et Dark Crystal, mais aussi l’émission de TV The Storyteller où un vieux monsieur incarné par l’acteur John Hurt racontait des histoires à son chien parlant au coin du feu. Cette tradition de récits pour les enfants s’est prolongée grâce à Boom! studio en une série d’anthologie développant quatre histoires sur un thème commun. Contrairement à la plupart des éditeurs de comics en France qui piochent essentiellement dans le catalogue d’un gros éditeur partenaire, le petit Kinaye fait un sacré boulot de défrichage parmi l’ensemble des labels de comics indépendants et nous trouve des projets de qualité.

La réussite de cet album est de proposer des variations assez différentes (même graphiquement) sur la figure du Dragon. Les légendes du monde le présentent parfois comme une bête féroce, parfois comme l’incarnation du Démon/Satan, parfois comme un esprit protecteur, sous forme de dinosaure, de serpent, de ver… Ce qui intéresse c’est la confrontation symbolique du Résultat de recherche d'images pour "the storyteller dragons"héros (tantôt le père amérindien, tantôt le chevaliers en recherche de rédemption, etc) au monstre, avec la portée symbolique qu’elle revêt. Dans toutes ces histoires, aux différents niveaux de lecture comme tout conte qui se respecte, la relation au père est présente. Le récit en lui-même est parfois un peu obscure, notamment du fait de dessins originaux mais pas toujours très lisibles. Les enfants apprécieront probablement la variété d’univers et de style graphique même si la fin pas toujours très claire peut les laisser circonspects en raison d’une narration très verbeuse. Il y a deux écoles en matière de contes: ceux qui considèrent que les enfants s’adaptent à la complexité pour peu qu’ils aient des supports imaginaires connus sur lesquels se reposer et ceux qui pensent qu’un conte doit respecter des formes et une structure connue. Je n’ai pas d’avis préconçu mais probablement que tous les contes de ce recueil ne plairont pas à tous les enfants. Personnellement le premier, celui du serpent-tonnerre m’a le plus touché, à la fois visuellement et dans son récit. Il est certain que les auteurs ont fait un travail remarquable pour rechercher un univers visuel issu de folklores particuliers et l’explication liminaire apporte beaucoup pour comprendre la démarche, que vous pourrez expliquer ensuite à vos enfants. Cette série qui se poursuivra avec les thèmes des sorcières, des géants et des fées, est une invitation au voyage dans les contes et légendes du monde et en cela très rafraîchissante.

A partir de 8 ans

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BD et vrac #10

BD du mercredi
  • Liberty Bessie #1(Djian/Vincent/Vent d’ouest) – 2019

bsic journalismbadge numeriqueCritique réalisée sur version numérique pour Iznéo.

Première lecture de ces deux auteurs, dont le scénariste est l’auteur du fameux Grand Mort avec Régis Loisel, que je n’ai pas encore lu mais qui est prévu tant on en dit du bien. Le nom de l’auteur de Peter Pan sort comme une évidence tant le dessinateur semble également s’inspirer directement du style du grand auteur, malgré un univers bien éloigné de celui de Loisel. J’ai été attiré par une couverture fort réussie qui laisse envisager une BD d’aviation avec une femme pilote noire dans les années 50. C’est partiellement le cas et dès le début on est plongé dans la seconde guerre mondiale au sein de l’escadrille noire des Red tails, dont l’Amérique parle pas mal depuis quelques temps. De premières planches d’aviation militaire comme les fait si bien Romain Huguault (et j’adore ça!)… qui basculent rapidement dans l’histoire familiale teintée de ségrégation raciale. La fille d’un des pilotes, quelques années après la fin de la guerre, est formée au pilotage et part à la recherche de son père dont elle soupçonne qu’il n’est peut-être pas mort. Un périple qui l’emmène, jeune femme noire, seule dans une Europe marquée par l’emprise des mafias et trafics en tous genres. Il ressort de cette BD une impression plutôt positive avec une envie communicative d’auteurs qui croient dans leur projet. Les dessins sont correctes avec une excellente colorisation qui gomme les quelques défauts, le scénario qui alterne entre récit du journal du paternel et action est efficace avec des dialogues et personnages réussis. L’héroïne manque peut-être un peu de caractère pour nous emmener réellement derrière elle et l’histoire ne nous montre pas suffisamment où l’on va entre les premières planches d’aviation pure très réussies, les séquences avec les trafiquants et le récit familial. A suivre donc, cet album qui se cherche encore et qui se révélera sans doute au prochain épisode.

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  • Capitaine Albator: mémoires de l’Arcadia (Alquié/Kana) – 2019. Série en 3 tomes.

couv_368527Quand j’ai appris qu’une ribambelle d’adaptations de mangas des années 70-80 allait être lancée par des auteurs franco-belges, comme beaucoup d’entre vous mon cerveau s’est mis en pause et je me suis précipité sur cet Albator par l’auteur des Mythics. On parle ici du Albator 78 avec le vaisseau bleu. Tout d’abord je précise qu’il s’agit ici d’un ouvrage résolument jeunesse, qui contrairement à nombre de séries qui peuvent plaire à différents ages, se destine avant tout aux plus jeunes et aux fanatiques  de la première heure du personnage. La fidélité au matériau d’origine, tant dans le design des personnages que dans l’esprit du récit est totale et validée par le maître Leiji Matsumoto, l’auteur d’origine. La colorisation impeccable nous donne l’impression de lire un Anime comic alors que l’on est bien dans une création originale. On sent que l’auteur s’est fait plaisir avec un très grand sérieux pour pour proposer cette histoire d’armada Sylvidre (des extra-terrestres humanoïdes semi végétales) revenant sur Terre alors qu’une période glaciaire enserre la planète dont les dirigeants corrompus ne gèrent pas grand chose. L’album reprend des éléments désuets de l’Anime et la simplicité de l’intrigue comme des personnages laissera les lecteurs adultes sur leur faim. Pour peu que l’on ne se soit donc pas trompé de cible, ce premier volume d’un triptyque remplit donc totalement son objectif et permettra aux enfants de la génération club-Dorothée de faire découvrir cet univers fascinant à leurs jeunes enfants.

A partir de 7 ans.

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Telemaque#2

Rufus Stewart

Nouvelle rubrique sur le blog avec l’envie de parler d’albums destinés à la jeunesse et surtout d’en parler avec des kids, à savoir mes enfants! La rubrique sera en work in progress au début pour trouver la bonne formule (je ne suis pas encore esclavagiste et comme le blog ne rapporte rien je n’oblige pas mes enfants à rédiger des billets…). L’idée étant de donner à la fois mon avis d’adulte et l’avis d’un lecteur jeune je vais commencer par un format question réponse. N’hésitez pas à me donner votre avis et idées sur la formule en commentaires!

  • Ma fille c’est « Talia » (c’est un pseudo): à onze ans elle a aime beaucoup Buddy Longway, La Rose écarlate, les Mythics, Harmony, les carnets de Cerise, Dragon Ball ou Flying Witch…
  • Mon fils c’est « Jean-Pedrovitch »: à  treize ans il a déjà lu une grosse partie de ma bdthèque, notamment Universal War 1&2, Thorgal, Blake et Mortimer, Largo Winch,…

BD de Kid Toussaint et Kenny Ruiz
Dupuis (2018-2019), 62 p./album, 2 volumes parus.
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mediathequeNous avions laissé Télémaque et ses amis en mauvaise posture sur l’île de la magicienne Circé à la fin du premier album de cette étonnante série. Ce second volume va les emmener aux portes de l’Hadès…

Salut les enfants! On retrouve le monde mythologique pour cette suite. Comment avez-vous trouvé ce second épisode par rapport à vos souvenir du premier?

JP: j’ai trouvé que le premier avait posé les bases mythologiques qui permettent de continuer sur l’histoire de la bande de Télémaque. De nouveaux compagnons continuent à les rejoindre mais sur la première étape alors que le premier  volume était plus progressif.

Talia: je l’ai trouvé dans la continuité du premier.

Vous pouvez me décrire la construction du récit?

JP: il y a une double trame; la quête de Télémaque et les menaces de guerre sur les Cités grecques, qui se renforcent sur cet album. J’ai bien aimé les passages politiques. C’est plus compliqué à suivre alors que les pages avec Télémaque sont plus axées humour et jeunesse.

Talia: moi j’ai préféré les parties avec Télémaque. Dans les parties politiques c’est beaucoup de dialogues et il y a moins d’action.

L’histoire continue à suivre les pas d’Ulysse avec les différents épisodes de l’Odyssée, parfois un peu rapidement. Est-ce que vous avez eu du mal à reconnaître ces passages?

JP: moi je me souvenais des étapes que l’on voit ici (il y en a quatre comme dans le premier album), grâce à mes souvenirs d’Ulysse 31. Par contre je ne me souvenais pas des guerriers cimmeriens quand ils arrivent à Hadès.

Talia: je ne connais pas tous les passages, notamment Charybde et Sylla.

Résultat de recherche d'images pour "kenny ruiz telemaque tome 2"

Et alors le monde des morts…?

Talia: les pages tournent dans tous les sens, les cases forment un cercle et nous amènent à tourner l’album dans nos mains… C’est la première fois que je vois ça dans une BD. Les personnages sont séparés et les cases bizarres les relient. Ils rencontrent ceux qu’ils voulaient voir depuis toujours, des héros morts et les parents d’Ulysse.

JP: ils entrent dans l’Hadès sans passer par Charon le passeur du fleuve Styx. Ils sont détachés de leur corps et la séquence se passe dans leur imaginaire. Je pense que c’est pour ça que le découpage est dans tous les sens, comme dans un rêve où il n’y a pas de lien logique. C’est un peu énervant de tourner la BD dans tous les sens mais sinon c’est original! L’Hadès nous permet de voir des personnages qu’on ne connaît pas dans l’Odyssée.

Finalement les dieux sont moins acharnés contre Télémaque et ses potes que contre son père, non??

Résultat de recherche d'images pour "kenny ruiz Telemaque portes de l'enfer"JP: oui! Finalement tous les adversaires d’Ulysse vont plutôt aider Télémaque. Ou alors Charybde et Sylla qui font des blagues pour faire peur aux gens…

Talia: … en même temps si les potes de Télémaque n’étaient pas là il n’irait pas loin! Télémaque est fougueux et pas très prudent.

Vous avez relevé l’aspect féministe?

Talia: il y a beaucoup de filles. Polycaste est maligne alors que Télémaque est un peu débile, mais c’est vrai que contrairement à elle il n’a pas eu son père pour lui apprendre! Circé n’aime pas les hommes et les transforme en porcs…

JP: … pour leur montrer leur véritable image! La fille de Ménélas veut donner son avis sur son mariage comme Polycaste dans le premier tome. Et c’est vrai que Télémaque est un peu crétin!


Voilà pour le retour des zouzous… et le vieux qu’est-ce qu’il en dit?

Sans titre.jpgL’opération 48h BD qui nous avait permis de découvrir cette série est décidément l’occasion de vraies trouvailles tant ce second volume confirme amplement les qualités et l’ambition du premier. Avec la réserve que justement on irait presque vers de la BD ado-adulte à la Lanfeust tant les thématiques et la complexité des noms et des péripéties politiques sont moyennement adaptés à de jeunes lecteurs. La carte en deuxième de couverture présente l’itinéraire de la bande sur les albums précédents et en troisième de couverture elle montre la progression de l’album lu. Très jolie carte très utile pour suivre l’intrigue, surtout que certaines ellipses sont un peu abruptes (le passage des lotophages à Charybde et Sylla par exemple… qui montre la difficulté à suivre le cahier des charges des étapes de l’odyssée tout en tenant dans un format d’album). Un résumé en forme de mosaïque (très esthétique également) prends les trois premières pages.

Résultat de recherche d'images pour "telemaque aux portes enfer ruiz"Comme l’ont dit les enfants, les thématiques politiques, féministe, sont assez étonnantes pour un album jeunesse, alors que par ailleurs les personnages sont tout en décalage avec leur milieu d’origine (Personne et anthropophagisme), procédé fréquent lorsqu’on s’adresse à un public jeune. Si l’intrigue de Télémaque est plus linéaire ici que dans le précédent volume, le développement du conflit entre Cités est un peu ardu à suivre du fait de la multiplicité des noms grecs et des liens diplomatiques. Je suis un peu circonspect sur l’attelage des deux intrigues mais laissons aux auteurs le temps de justifier cela.

Le passage dans l’Hadès est asses fascinant tant le découpage est sophistiqué et intelligent. J’ai rarement vu cela hormis chez un Ledroit ou dans certains comics. Cette séquence majeure confirme l’ambition visuelle d’un dessinateur vraiment très fort et en totale maîtrise de ses planches et que Télémaque est, contrairement à ce que son pitch pouvait laisser penser, une des séries ado majeure du moment. De très grandes qualités qui en font une série à suivre assurément pour peu que la mythologie grecque ne vous rebute pas.

A partir de 12 ans.

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Space battle lunchtime #2

Rufus Stewart

Cette nouvelle rubrique vise à présenter un album jeunesse  en regard croisé parent/enfants. Mes deux zozo parlent donc d’un album en mode question-réponse, puis vous trouverez en fin d’article mon avis dans un format plus classique. En espérant que ça vous plaise. N’hésitez pas à me donner votre avis et idées sur la formule en commentaires!

  • Ma fille c’est « Talia » (c’est un pseudo): à onze ans elle a aime beaucoup Buddy Longway, La Rose écarlate, les Mythics, Harmony, les carnets de Cerise, Dragon Ball ou Flying Witch…

Comic jeunesse de Natalie Riess
Kinaye (2019) – Oni press (2016), 120 p. couleur, volume 2/2

bsic journalismMerci aux éditions Kinaye pour cette découverte.

Space Battle Lunchtime - Tome 2 : La recette du désastre par RiessL’ouvrage comporte quatre chapitres et quinze pages de bonus,avec des strips humoristiques, la reprise du concept du « et si… », une recette des cupcakes de Péony, des croquis, des esquisses des couvertures, une explication de la mise en couleur… très complet encore une fois pour plonger les jeunes dans la fabrication d’un album. et un dossier de fabrication qui intéressera les jeunes sur la conception d’un album. Côté fabrication, même couverture brochée avec rabats et vernis sélectif que sur le T1. Très belle édition colorée en format comics.

Péony a été enlevée et se retrouve sur le point de participer au terrible Cannibal Coliseum, le concurrent du Space Battle Lunchtime version combat à mort! Alors que ses amis se demandent pourquoi elle a renoncé à la finale de SBL, l’étrange Neptunia décide de partir à sa recherche…

Salut Talia! On arrive à la conclusion de cette histoire de cuisine spatiale. Tu avais fait des pronostics sur le tome 1, est-ce que ça s’est vérifié?

Résultat de recherche d'images pour "space battle lunchtime 2"Non! On a cru qu’elle ne pourrait pas participer à la finale. Mais elle est délivrée au dernier moment (mais la finale ne sera pas celle que l’on croit…)!

Les deux volumes me semblent très différents, le premier axé sur une compétition de cuisine, le second plus en bataille à mort dans le Coliseum. Qu’en penses-tu?

Dans le Coliseum soit tu es hachée menu soit tu hache menu! Moi je préfère le SBL par-ce qu’ils y font la cuisine et qu’on voit des ingrédients étranges. Mais la p’tite Magicorne est trop drôle avec son petit tablier, toute rose et son air gentil alors qu’elle veut découper tout le monde avec sa spatule.

Que peux-tu dire de l’évolution de la relation entre Péony et Neptunia?

Au début elles sont juste amies mais dans le deuxième tome elles sont amoureuses (homo-sexuelles) et s’embrassent.

Il y a beaucoup d’action dans ce volume, où on voit les capacités de Neptunia…

Je pense pas plus que dans le premier: on voit Péony et Neptunia travailler dans leur cuisine avec ces ingrédients bizarres, dans le tome deux quand elle va sauver Péony seule et défonce tout sur son passage!

La fin est inattendue, non?

Non, pas vraiment, je pense que Melonhead a tout manigancé depuis le début. Il est démoniaque! Il est assez faible mais très malin…


Résultat de recherche d'images pour "space battle lunchtime 2"Voilà pour le retour de la choupette… et le vieux qu’est-ce qu’il en dit?

Ce second volume est très différent, beaucoup plus action que le premier et je l’ai trouvé plus intéressant pour quelqu’un de pas super passionné par les émissions de cuisine. L’histoire se découpe en deux parties: la participation au Cannibal Coliseum avec la très drôle P’tite Magicorne (imaginez un Petit Poney aux yeux étoilés et… psychopathe!) et le retour surprise pour la finale du SBL où tout va aller de travers. La fuite de Péony est un peu en mode n’importe quoi (on retrouve l’esprit de Volcano Trash à ce moment) mais l’action défile et reste efficace. L’auteure arrive à nous surprendre à de nombreuses reprises et c’est ce qui rend ce volume supérieur au précédent. Si le méchant est repérable depuis le début et qu’on se doute qu’il est derrière l’enlèvement de Péony, ses actions sont toujours subtilement machiavéliques et manipulatrices? Du coup on ne peut se douter du déroulement de la finale (dans une sorte de moule géant et en apesanteur) et encore moins du vainqueur. Deux éléments sont également surprenants et bien vus dans un album jeunesse: un certain côté gore très drôle pendant le Cannibal Coliseum et l’histoire d’amour homosexuelle entre Péony et Neptunia. Souvent ce genre de thème est évoqué sous le couvert de la grande amitié. Ici un bisou langoureux ne laisse pas de doute. J’aime bien que l’on aborde des sujets très contemporains sans sourciller dans des ouvrages pour les enfants, qui sont généralement plus ouverts à la différence et l’inconnu que les grands. Ce n’est absolument pas un thème central mais un élément des relations entre personnages avec une approche tout à fait normale.

Ce diptyque se termine de manière très sympa

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***·BD·Jeunesse·Nouveau !·Service Presse

Les enfants de la colère

Rufus Stewart

Cette nouvelle rubrique vise à présenter un album jeunesse  en regard croisé parent/enfants. Mes deux zozo parlent donc d’un album en mode question-réponse, puis vous trouverez en fin d’article mon avis dans un format plus classique. En espérant que ça vous plaise. N’hésitez pas à me donner votre avis et idées sur la formule en commentaires!

  • Ma fille c’est « Talia » (c’est un pseudo): à onze ans elle a aime beaucoup Buddy Longway, La Rose écarlate, les Mythics, Harmony, les carnets de Cerise, Dragon Ball ou Flying Witch…
  • Mon fils c’est Jean-Pédrovitch: à  treize ans il a déjà lu une grosse partie de ma bdthèque, notamment Universal War 1&2, Thorgal, Blake et Mortimer, Largo Winch,…

BD de Damian et Nico Naranjo
Ankama (2019) volume 1/2

bsic journalismMerci à Ankama pour cette découverte.

Résultat de recherche d'images pour "les enfants de la colère bd"Sur la planète Aegis, le Nord, supérieur technologiquement, entame une conquête d’un Sud ravagé par la guerre et en résistance. Lors d’un assaut meurtrier, un robot de combat ennemi est capturé par les résistants. C’est le début d’un programme de reconquête qui commence…

Alors aujourd’hui on parle de Science fiction les enfants. Est-ce que vous pouvez présenter cette nouvelle série?

Talia: Il y a le Nord qui attaque le Sud avec des Mechas et les défenseurs récupèrent des méchas pour se défendre… Les enfants sont en colère car on a tué leur famille. Ils sont manipulés par les militaires pour former la résistance.

Qu’est-ce que c’est des Méchas? Vous avez des exemples?

Jean-Pédrovitch: Ce sont des sortes d’exosquelettes géants pour le Sud. Pour le Nord ils sont contrôlés à distance, ils sont beaucoup plus forts technologiquement, ils dominent. Les héros sont plus malins, se sont des enfants qui dirigent directement les Méchas qu’ils ont bricolés, car ils sont plus vifs et compensent le manque technologique. J’en ai vu dans les séries Aquablue ou Météors.

Les Méchas sont donc différents? Lequel préférez-vous?

Jean-Pédrovitch: Ceux du Nord sont faits en série et sont identiques. Ceux des héros sont bricolés et ont leurs particularités: un sniper, un épéiste, un boxeur,… J’aime bien le robot du chef des méchants.

Talia: Les méchas ressemblent aux enfants: celui qui a un couteau pilote un robot avec une lame en fusion,…

Les personnages principaux ne sont pas vraiment des héros invincibles…

Talia: Ils sont traumatisés et veulent se venger. Ils mènent leur enquête tout seuls. Les enfants généralement ne font pas la guerre.

Jean-Pédrovitch: Oui, il y a un personnage impulsif qui mets les autres en difficultés par-ce qu’il prend des décisions tout seul. Les autres essayent de travailler en équipe, c’est la seule solution pour contrer les adversaire. Les autres ont presque tous un problème, une est accro aux jeux vidéos, un autre est violent, etc.

Et visuellement comment vous avez trouvé l’album?

Résultat de recherche d'images pour "les enfants de la colère naranjo"Talia: Les dessins ne sont pas très réalistes, plutôt enfantins et ne correspondent pas trop à l’histoire. J’ai pas trop aimé le dessin, sauf les méchas qui sont très différents. On retrouve le caractère des enfants dans leur robot. Les couleurs sont un peu bizarres, parfois il n’y a pas de fonds dans les cases.

Jean-Pédrovitch: Les dessins sont irréguliers, parfois très simplistes et parfois poussés. Ça ne me gène pas sur les mangas par exemple mais en BD ce n’est pas pareil. Les couleurs sont assez grossières.

Alors vous continuerez sur la suite de l’histoire?

Talia et Jean-Pédrovitch: Oui par-ce que l’histoire est sympa.


Voilà pour le retour des enfants… et le vieux qu’est-ce qu’il en dit?

Résultat de recherche d'images pour "les enfants de la colère naranjo"En entamant la lecture des Enfants de la colère je ne pensais pas lire un album jeunesse… C’est pourtant le cas et cela ne m’a absolument pas gêné tant la mise en case est dynamique, utilisant les techniques du manga pour illustrer la rapidité d’action. J’ai notamment beaucoup aimé l’utilisation très poussée des onomatopées qui sont ici un vrai personnage graphique, prenant une place importante dans l’image, suivant des courbes et des formes qui apportent à l’impression souhaitée au-delà de la sonorité même du texte. Ce n’est pas absolument nouveau mais assez rare et j’aime beaucoup ce genre d’innovation dans le genre BD qui est assez formaté.

L’intrigue est une trame simplifiée d’un récit guerrier avec méchants soldats hyper-équipés et gentils résistants avec un groupe d’enfants abîmés qui se vengent en utilisant des robots. Car c’est là le gros atout de la BD et l’envie des auteurs: proposer aux enfants une histoire de Mechas. Leur design est très réussi, permettant aux lecteurs d’identifier le caractère de chaque robot à l’enfant qui le pilote. Je pense d’ailleurs que Talia et Jean-Pédrovitch ont surtout accroché à cet élément. Les dialogues sont plutôt sympa, les personnages très archétypaux mais variés et la bande de jeunes est une mécanique habituelle aidant les jeunes lecteurs à s’immerger dans l’intrigue. Graphiquement Nico Naranjo se rattache plutôt à l’école Miyazaki avec des contours ronds et des hachures qui textures les formes. Il hésite un peu entre deux styles, ce qui a pu perturber les enfants, avec en effet une histoire assez dure et des dessins jeunesse. Le découpage en revanche est très dynamique et renforce l’action, assez omniprésente dans ce premier volume.

Comme pour Garbage Night qui proposait un post-apo aux jeunes, l’album des espagnols Damian et Nico Naranjo a le mérite d’initier les enfants à de la SF militaire (pas toujours drôle!) et aux combats de robots.

A partir de 9 ans.

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