***·BD·Edition·La trouvaille du vendredi·Rétro

Infinity 8: Retour vers le Führer!

La trouvaille+joaquim

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BD d’Olivier Vatine et Lewis Trondheim
Rue de Sèvres (2017), 88p. 3 volumes souples format comics et un volume relié.

Si vous suivez régulièrement ce blog vous savez combien j’aime les formats originaux, variés, qui permettent à tous les publics de trouver ce qu’ils cherchent, aux expérimentations des artistes et last but not least, aux porte-monnaie de souffler un peu sur des éditions légères. Lors de son démarrage le jeune éditeur Rue de Sèvres a été très actif en la matière puisque ce sont eux qui ont quand-même permis les magnifiques éditions journal du Chateau des Etoiles (pour lequel Alex Alice publie cette fin d’année un Art book qui s’annonce somptueux… stay tuned!), mais également l’original Infinity 8 qui, chose trop rare, avait lancé les deux premiers tomes en format comics très qualitatifs.

Pour rappel cette série proposait entre 2017 et 2019 des aventures solo au sein d’un croiseur spatial, chaque tome réalisé par une nouvelle équipe (le tout avec Lewis Trondheim en « showrunner »). Si les deux premiers tomes proposaient les dessins très qualitatifs de Bertail et Vatine, la suite m’a laissé de côté en migrant dans un style simpliste proche de celui de Trondheim. Si l’esprit de la série était cohérent, graphiquement ce n’était pas ma tasse de thé. Dernière précision: comme pour le partenariat avec le Label 619 (basculé récemment d’Ankama à Rue de Sèvres), Infinity 8 était Infinity 8 T2 | Rue de Sèvresproposé par le ComixBuro de Vatine, depuis parti chez Glénat. Bon et maintenant que Blondin à fait son prof, qu’est-ce que ça donne ce Retour vers le Führer?

L’agent Stella Moonkicker revient d’une suspension pour violence sur passager. Rageuse de ne pas avoir retrouvé son Megaboard, cette adepte des selfi va bientôt tomber sur une étonnante réception culturelle promouvant l’art de vivre Nazi. Alors qu’un virulent rabbin commence à agresser ces gentils animateurs elle se voit contrainte d’intervenir. Une intervention qui aura des conséquences dramatiques pour toute la communauté de l’Infinity 8…

Rappelons le concept d’Infinity8: la croisière intersidérale Infinity 8 est pilotée par un alien aux capacités très particulières puisqu’il reboot le temps toutes les 8 heures afin de sauver le vaisseau d’une menace mortelle. Chaque album voit donc un nouvel agent du vaisseau partir en mission… Et voici donc Stella Moonkicker poufiasse blonde passablement insupportable qui ne pense qu’à ses comptes de réseaux sociaux, chargée de protéger le vaisseau contre rien de moins que le retour d’Hitler, décongelé d’une épave spatiale. L’humour noir est bien entendu de mise tout le long à force d’inversions de valeurs incessants: le rabbin est un intégriste, les nazis de gentils naïfs et l’anti-héroïne qui va aider toute guillerette le génocide spatial du nouveau Hitleroïde.

Infinity 8 - Tome 2 - Infinity 8 tome 2 retour vers le fuhrer - Trondheim  lewis / vatine olivier - broché - Achat Livre ou ebook | fnacLe cœur de l’album réside dans la relation entre le robot (cousin du C3PO de StarWars) et la grognasse qui a plus de Tuco que de Blanche Neige. L’esprit WTF est omniprésent en tirant vers Fluide Glacial, avec deux auteurs toujours très portés sur la dérision. Les délires SF nazi ont toujours attiré les envies (notamment graphiques) et permis de s’éclater sans avoir à se préoccuper de questions morales. Mais soyons clairs, l’amour de Vatine pour les bimbo spatiales pulp est le principal intérêt de l’auteur qui malgré un trait simplifié à l’extrême reste un très grand dessinateur capable de créer une dynamique de cases folle avec quelques traits. Alors vous aurez droit à des plongées en scaphandres, de combats de robots, des légions nazies, des piratages informatiques et éviscérations sanguinolentes en tout genre dans ce Retour vers le Führer…

L’édition comics est bien entendu agrémentée de tout ce qui en fait le sel: fausses pub, cahiers graphiques et autres interviews créatives des auteurs. Le plein de bonus pour un délire so-pulp dans la veine du récent Valhalla Hotel. Et puis on ne boudera pas le plaisir de profiter de la dernière BD dessinée par le créateur d’Aquablue publiée…

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Actualité·BD·Edition·Graphismes

Thorgal: nouvelle colorisation

Actu

Salut la compagnie!

On va débuter cette nouvelle semaine par une actu éditoriale qui m’intéresse particulièrement puisque Thorgal reste une de mes séries préférées et parce que je suis toujours de près les démarches des éditeurs visant à réactiver des fonds de catalogue. Déformation professionnelle de bibliothécaire sans doute, c’est le même esprit qui anime ce blog lorsqu’on s’efforce de tisser des liens entre des séries, des auteurs et des genres ou pour rappeler à vos bons souvenirs des pépites qui méritent toujours l’intérêt des années après leur sortie.

L’info n’a pas vraiment fait les gros titres malgré le statut de série majeure dans les ventes de BD franco-belge depuis de longues décennies. Lorsque le Lombard a annoncé la recolorisation des premiers volumes de la saga du Ulysse scandinave beaucoup de spécialistes, fins connaisseurs ou patrimonialistes (les gardiens du temple) ont crié au loup, à l’opération commerciale cupide qui dénature affreusement l’œuvre du maître Rosinski. S’il est vrai que certaines expériences passées assez peu justifiées ont laissé des traces. Quand Casterman a colorisé le Grand pouvoir du Chninkel, œuvre majeur de la collection (A suivre) il n’y avait pas d’autre intérêt que de ressortir un fond de catalogue un peu oublié en croyant que les jeunes lecteurs allaient plus facilement plonger avec de belles couleurs. Pour rappel l’album était paru volontairement en n&b et on a pu comparer cela à la colorisation des Tontons flingueurs, autre œuvre choisie en monochrome par ses auteurs. La légitimité avait été garantie en clamant le soutien de Rosinski mais le découpage en trois volumes reliés ne pouvait que pointer l’aspect commercial.

Pour Thorgal ce n’est pas tout à fait la même chose puisqu’il faut reconnaitre que les tout premiers volumes de la série étaient dotés de colorisations typiques de l’époque (et de la technologie d’impression d’alors), souvent criardes et parfois baveuses. Ainsi le comparatif des premières pages de l’Ile des mers gelées donne plutôt envie de relire la nouvelle version qui modernise beaucoup les planches. Je ne fais pas partie des puristes qui crient au loup et à la trahison de « l’esprit » quand le résultat est amélioré. Ainsi les deux premiers tomes peuvent profiter de cette colo il est vrai très réussie (Gaetan Georges officie déjà depuis plusieurs années sur les séries Thorgal) mais dès Les trois vieillards du pays d’Aran (le tome trois) on touche les limites de l’exercice puisque hormis un assombrissement manifeste des ambiances (voulue pour manifester les cieux gris de scandinavie?) on ne voit pas bien ce qu’apportent les nouvelles teintes. Grzegorz Rosinski n’était pas un grand coloriste avant de se mettre en couleurs directes mais s’est amélioré tout le long et on n’imagine pas l’éditeur aller même jusqu’à reprendre le magnifique travail sur le cycle du Pays Qâ.

En discutant avec un libraire il me faisait remarquer un effet pervers de cette opération, qui donnait le sentiment de lire un album paru en 2020, en perdant un côté désuet d’origine. Si je ne regretterais jamais les jaunes fluo d’époque, je reconnais que cela procure une certaine uniformisation pas anodine, le coloriste allant bien plus loin qu’un simple changement de teintes en rajoutant ombres et effets de lumière. Je remarque souvent que des dessinateurs moyens peuvent se trouver très agréables à l’œil après le passage d’un grand coloriste. Pourquoi pas mais cela interroge sur la création de l’auteur.

Pour inverser le problème j’ai constaté que la version n&B de la série publiée par les éditions Niffle (comportant quatre tomes par intégrale) était très qualitative, peu chère (moins de dix euros par tome) et dans une version très qualitative puisque grand format. On a trop l’habitude des tirages de tête et éditions spéciales à prix luxe pour collectionneurs pour ne pas saluer cette initiative très grand public qui permet de profiter de la qualité incroyable des dessins bruts de Rosinski.

Pour conclure ne je peux qu’inviter ceux qui ne connaissent pas encore cette magistrale série à profiter de l’expérience (a cinq euros l’album, on ne peux pas dire que ce soit ruineux) sur les nouvelles couleurs avant de basculer, si cela vous plait, sur les albums classiques dès le cycle des Ombres. Vous pouvez d’ailleurs consulter les guides de lecture que j’avais chroniqué à partir de ce cycle.

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Le dernier souffle

La BD!
BD de Thierry Martin
Soleil (2021), 218p., One-shot.

L’ouvrage est à l’origine une publication instagram de l’auteur qui avait proposé une image par jour en construisant l’intrigue au fur et à mesure. Une édition reliée est ensuite sortie en financement participatif sur Ulule, avant cette édition bichromie chez Soleil.

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bsic journalism Merci aux éditions Soleil pour leur confiance.

Avec la piraterie le genre Western a le vent en poupe et inspire fortement les auteurs avec beaucoup d’albums depuis quelques années. Alors que Grand-Angle s’apprête à sortir le 3 novembre prochain un exceptionnel album anthologique avec la fine fleur du dessin BD (préparez vous, c’est impressionnant), Soleil permet à ceux qui sont déconnectés ou qui ont raté le financement participatif de découvrir le travail, lui aussi impressionnant, de Thierry Martin. Je ne connaissais pas cet auteur et j’ai été bluffé par sa maîtrise du cadrage, du découpage et même du dessin technique tant avec une économie de moyens il parvient à nous plonger, sans textes, dans cette traque qui respire la vengeance, le sang, la nature.https://media.sudouest.fr/6655119/1200x-1/dernier-souffle-110.jpg

Au fil de ces deux-cent pages (où la bichromie n’apporte pas grand chose…) nous suivons la vengeance d’un chasseur nocturne envoyé protéger son mentor contre une bande de portes-flingues envoyés en hordes, tantôt dans une forêt impénétrable, tantôt dans la petite ville enneigée. L’exercice de style place tout sur la mise en scène et en la matière on peut dire que l’auteur percute à chacune de ses cases. L’histoire est moins limpide et on ne lui en voudra pas étant donné le processus évolutif. Le format italien apporter un vrai plus avec cet effet cinématographique recherché comme l’essence du projet. Le genre western n’a jamais axé ses points forts sur les intrigues et sied parfaitement à une histoire muette. La rage est visuelle, on ressent le mouvement à chaque instant entre deux silences (oui-oui!) et l’on se dit par moments que finalement le verbe est peut-être plus un encombrement dans les histoires de l’Ouest… Rappelant par moments les débuts de Ronan Toulhoat dans son brut visant l’efficacité avant-tout, Thierry Martin marque les esprits en inscrivant un projet personnel et non commercial dans la Légende de l’Ouest. A savourer pour tous les amoureux des colt et des cache-poussière…

2019 - Dernier souffle page 171 par Thierry Martin - Illustration

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Printemps des comics Marvel

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Mélange d’albums anciens de 2001 (Spiderman bleu, Daredevil Jaune), de Fresh start de 2018 (Venom Rex, la Vie de Captain marvel, immortal Hulk), NOW! de 2016 (Mighty thor), Marvel Legacy de 2018 (Thanos gagne).

Chaque volume comprend une introduction de contexte, un récapitulatif du personnage et une bio des auteurs. Les couvertures originales des issues sont présentes en entrées de chapitres et le volume se termine par des propositions d’albums pour prolonger sur le personnage et un rappel des autres titres de la collection. A noter que les titres le correspondent pas toujours exactement au titre original. Sinon rien à redire, c’est très bien fabriqué, solide, joli et bien conçu pour l’objectif de faire découvrir des séries (et acheter les suites derrière).

Couverture de Le printemps des comics (Panini 2021) -2- Venom - RexCouverture de Le printemps des comics (Panini 2021) -4- Thor - La déesse du tonnerreCouverture de Le printemps des comics (Panini 2021) -5- Ultimates - Super-humain

Couverture de Le printemps des comics (Panini 2021) -6- Thanos - Thanos gagneCouverture de Le printemps des comics (Panini 2021) -7- Immortal Hulk - Ou est-il les deux ?Couverture de Le printemps des comics (Panini 2021) -8- Captain Marvel - La vie de Captain Marvel

Serie Daredevil : Jaune [BDNET.COM]

  • #2 Venom  – Rex (Cates-Stegman)

Venom Gets a New Power and a New LookVénom est à l’origine un méchant de l’univers Spider-man, symbiote extra-terrestre un temps fusionné avec le tisseur et qui lui donna son mythique costume noir mis à l’écran par Sam Raimi dans le laborieux Spider-man III (c’était le monde d’avant MCU, celui où seuls les X-men et les films de Raimi parvenaient à tirer les super-héros de la masse des blockbusters). Depuis, Venom est arrivé au cinéma sous la peau de Tom Hardy, dans le semble t’il catastrophique film de 2018 et s’apprête à remettre le couvert en se foutant sur la gueule avec l’autre symbiote (rouge), Carnage… Pas franchement convaincu par les myriades d’excuses de Marvel pour sortir des albums sur n’importe quel personnage j’ai entamé ce Venom Rex grâce aux dessins franchement sympathiques de Ryan Stgman, habitué du symbiote adepte du syndrome de la Tourette. Et je dois dire que j’ai pris un grand plaisir à découvrir cet univers sombre où une entité divine maléfique souhaite récupérer ses ouailles dont fait partie Venom. Dans un intrigue qui a l’immense mérite de s’interfacer avec l’énorme diptyque du Massacreur de dieux en développant l’origine de l’arme de Gorr (que l’on s’apprête à découvrir dans le prochain film Thor Love and Thunder), on voit passer rapidement Spidey-Morales pour une alliance temporaire bien sympa. C’est fort joli, sombre, ça bastonne et c’est plutôt bien écrit dans le carcan des multiples dialogues télépathiques habituels des comics et last but nos least ça peut tout à fait se lire en mode one-shot bien qu’il s’agisse d’une introduction d’arc. Du coup mission accomplie pour cette découverte qui fait le job de nous donner envie de prolonger sur les trois autres volumes.

 

  • #4 Thor, la déesse du tonnerre (Aaron-Dauterman)

Mighty Thor T.1 – Par Jason Aaron, Russell Dauterman & Jorge (...) - ActuaBDDécouvrez la nouvelle incarnation (inattendue!) de Thor après que ce dernier soit devenu indigne de porter Mjolnir… L’album avait déjà été chroniqué sur le blog:

Passé le buzz de la sortie de l’album autour de ce Thor féminin, que vaut cet arc par l’auteur du génial Massacreur de dieux? Le premier volume est assez étrange puisque les deux-tiers du volume dessinés par Russel Dauterman sont un enchaînement de bastons parcourues de bons mots et sans grand intérêt en l’absence de dimension épique. Thor est un dieu, il est déjà mort, est immortel, on ne sait plus trop, bref. Pour peu que vous suiviez un petit peu l’actu des comics vous savez déjà qui est cette Thorette et perdrez donc beaucoup du pseudo mystère qu’essaye d’instiller Aaron. Les dessins de Dauterman, assez banales ne permettent pas de dépasser ce niveau correcte mais sans plus. Dès la fin du volume en revanche, sur la section dessinée par un Jorge Molina en forme, l’ouverture des discussions cosmologiques entre dieux, les stratégies d’un Odin en mode dictateur ne supportant pas le port de Mjolnir par une femme, on se réveille soudain, titillé par un scénario que Jason Aaron semblait avoir oublié. Si le pseudo-féminisme à la mode ricain fait un peu sourire par son ambition minimaliste, les relations familiales de cette famille et l’aspect très négatif donné à Odin suffisent à donner envie de continuer cette série pour voir ce qu’elle a dans le ventre.

 

  • #5 Ultimates (Millar-Hitch)

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est panini-comics-2017-(-marvel-2002)-1494059315.jpgAprès avoir frôlé la banqueroute à l’aube du millénaire, Marvel a su remonter la pente et a entrepris de revenir sur le devant de la scène, grâce à des opérations moins risquées que leurs derniers débâcles (La Saga du Clone, Onslaught, c’est vous qu’on regarde !), ou en tous cas plus réfléchies. Le but était d’attirer de nouveaux lecteurs, sans les rebuter avec des lustres de continuité. Ainsi est née la gamme Ultimates, un univers Marvel alternatif présentant des héros avec un nouveau point de départ, c’est-à-dire des origines remises au goût du jour par des auteurs possédant une vision audacieuse. Cette ligne éditoriale pensée pour les lecteurs nouveaux a été, avec le recul, couronnée de succès et a permis de relancer la Maison des Idées, ouvrant la voie aux adaptations cinématographiques. Mark Millar, sale gosse notoire des comics, s’est fait connaître pour son style impertinent, comme beaucoup d’autres auteurs britanniques. Alors dans l’ombre des X-men, c‘est sans doute à partir de ce point que les Vengeurs ont repris du galon, jusqu’à revenir sur le devant de la scène en 2005 grâce à Brian Bendis (autre ponte du ultimate universe). Le scénariste n’hésite pas, surtout à cette époque, à retourner les codes des comics en y injectant un bonne dose de trash talk via des dialogues ciselés au style très reconnaissable, notamment lors des phases d’exposition. Sous sa houlette, Captain America devient un réactionnaire dépassé par le 21e siècle, Tony Stark un milliardaire excentrique en mal de frissons, Hank Pym un dépressif rongé par un complexe d’infériorité, tout comme Banner, que le reste de l’équipe s’échine à rabaisser, et Thor, un illuminé new age flirtant avec l’imposture. En gros, Millar prend la substantifique moelle de chaque héros, et le « flanderise » (terme faisant référence au traitement réservé à Ned Flanders au fil de la série The Simpsons) afin de servir son propos tantôt ironique, tantôt cynique. Ce tome introductif donne le ton du premier volume, dont la suite compte parmi les meilleurs travaux de Millar chez Marvel D’ailleurs, la série ne survivra pas au départ de l’écossais puisqu’elle perd tout intérêt après son volume 2. ce premier chapitre de The Ultimates est un classique de ce début de siècle, un des meilleurs travaux de Millar chez Marvel…

 

  • #6 Thanos gagne (Cates-Shaw)

Thanos Wins - Les Ailes ImmortellesTous les spectateurs des films Marvel connaissent maintenant Thanos l’immensément charismatique méchant de Marvel dont le principal point-faible narratif est sa puissance semble t-il infinie. Et dont acte pour Donny Cates qui aime décidément chroniquer les méchants (il est à l’œuvre sur le Venom Rex chroniqué plus haut) et nous raconte ce qui se passera quand le titan fou aura réussi son génocide galactique (d’une dimension autrement plus systématique que le gentil claquement de la guerre de l’Infinité!). Sur ce vrai one-shot Thanos se retrouve embarqué par le Ghost-rider, héraut de la vengeance, vers un futur où un vieux roi-Thanos a gagné son pari d’apporter à sa dulcinée – la Mort elle-même! – ses hordes d’âmes… Comme vous le comprenez on a là un récit galactique proche encore une fois des passages futuristes du Massacreur de dieux où le roi Thor s’associait avec le jeune Thor pour combattre l’invincible Gorr. Déjà vu donc mais superbement illustré et pas trop éclaté dans sa narration pour nous faire profiter de combats dantesques avec le Surfer, le Rider ou Hulk en une sorte de Requiem doté de quelques visions réellement inspirées lorsque la Mort survient. Avec les défauts de sa brièveté, Thanos gagne est un très sympathique What-if, un des meilleurs de la sélection Panini.

 

  • #7 Immortal Hulk (Ewing-Bennette et collectif)

The Stack – Best Of The Best: 2018 – COMICONArc assez réputé, ce premier Immortal hulk est une assez franche déception, tant par ses dessins, correctes mais terriblement classiques que par une intrigue un peu bancale. Cela démarre au milieu du gué avec un Bruce Banner semble t’il revenu d’entre les morts. Hulk désormais doté de la parole terrorise les petites frappes du pays avant que l’on bascule sur un évènement raconté par les témoins d’une journaliste dans un épisode alternant les styles graphiques. On connait l’idée, pas forcément mauvaise, mais cela n’aide pas à construire une continuité narrative où survient ensuite le Sasquatch, sorte d’alter-ego poilu en canadien de Hulk (les canadiens sont décidément tous bestiaux après Logan…) qui va se mettre des mandales avec le géant vert et nous ouvrir sur une histoire surnaturelle de passage entre les mondes. J’avoue que si j’aime bien voir Hulk tout casser j’ai toujours été sceptique sur la capacité du personnage à porter une histoire à lui seul. Sans doute la raison pour laquelle le géant n’est qu’un personnage secondaire dans le MCU… La suite permet peut-être de donner du corps à cette histoire mais je reconnais que pour qui ne serait pas familier avec la mythologie du monstre on est un peu balloté sur des concepts à la fois très peu originaux et un peu kitsch. Album très dispensable donc, sauf si vous êtes un fanatique de Hulk. 

 

  • #8 La vie de Captain Marvel (Stohl-Pacheco)

La vie de Captain de Marvel : Carol Danvers succombera-t-elle aux secrets  de son passé ? [avis] - Top ComicsSans doute une des plus mal connue des héroïnes Marvel, le personnage a une histoire compliquée, changeant de nom et d’identité plusieurs fois avant de se stabiliser sous la forme de Carole Danvers. En lisant ce one-shot assez touchant vous constaterez néanmoins que les distorsions entre comics et films restent importantes, signe d’un manque de fonds pour ce personnage… Pourtant doté d’attributs graphiques très réussis, cet ersatz de superman version marvel fonctionne parfaitement à l’image avec un look sexy élégant et une once de féminisme bienvenu. Cette fausse origin story a la bonne idée de ne pas nous plomber avec une lente progression pour lui préférer les flashback familiaux qui reprennent clairement le modèle de l’originaire de Krypton: après un gros coup de blues, Carole Danvers retourne dans sa ville natale (en mode Smallville) où elle renoue avec ses amis et sa famille, loin des turpitudes des Avengers malgré les appels répétés de Tony Stark. Alors qu’elle gère un drame, un alien débarque en mode chasseur et révèle un secret qui bouleverse ce que nous savons de ce personnage. A la lecture très agréable, alternant les styles graphiques tout en gardant une homogénéité, j’ai eu une impression de déjà-vu avec le récent Naomi chez DC. L’album dont on parle étant plus ancien, les auteurs de Naomi (Bendis, tiens…) ont clairement copié bien que la trame ne soit pas à proprement parler révolutionnaire. Au final, si cet album ne pousse pas plus que cela à prolonger sur d’autres titres, il reste tout à fait réussi, comme une pause bienvenue dans le monde si dark et violent des super-héros…

  • #10 Daredevil jaune (Loeb-Sale)

Appartenant à la très réputée série des couleurs du duo Tim Sale/Jeph Loeb qui proposait des origin-story rétro sur un certain nombre de héros Marvel à l’orée des années 2000 (Spider-man bleu que vous trouvez dans la sélection Panini de cette année, mais aussi Hulk Grey et Captain america White), Jaune est un des plus grands chefs d’œuvre des comics Marvel, rejoignant les mythes des Daredevil par Miller ou les saga X-men de Claremont par exemple. Sur un one-shot parfait le duo rappelle le premier costume du diable de Hell’s Kitchen qui deviendra rouge, dans un opéra urbain autour de la figure du père. Très touchant, sublime graphiquement dans ces lavis uniques du dessinateur daltonien Tim Sale qui sortait de l’énorme saga Batman Un long Halloween, Jaune est sans aucun doute le chef-d’œuvre du duo et le meilleur album de cette sélection. Un must have!

Amazing splash page by Tim Sale from “Daredevil:Yellow” (2001) : comicbooks

 

Voilà, après ces quelques review il ne vous reste plus qu’à faire votre choix… et nous devons dire que si personnellement nous n’avons pas pris toute la sélection, pour un fois on ne pourra que donner raison aux collectionneurs tant Panini a fait un travail remarquable tant pour le choix des volumes que pour le boulot éditorial de montage! De quoi donner une sacrée pression aux collègues d’Urban en pleine préparation de leur opé estivale

Actualité·BD·Comics·Edition·Jeunesse

Les promo de l’été des éditeurs

Actu

Concours de circonstance lié au confinement qui a décalé un certain nombre d’événements, ce début juillet voit se cumuler en librairies un nombre inhabituel d’opérations commerciales ou éditoriales, dont j’ai pu (partiellement) profiter. Vous pouvez trouver sur certains albums un lien vers la critique de l’Etagère (ou vers un autre album de l’auteur).

Free Comic Book Day 2020 : La liste des titres du FCBD France

Le Free comic book dayest un événement international permettant de découvrir chaque année les premières pages de comics à sortir chez les différents éditeurs et disponibles dans un réseau de librairies indépendantes. En nombre limité, ces fascicules sont l’objet d’une certaine collectionnite et se retrouvent assez rapidement à des prix spéculatifs sur le net. On n’évitera jamais ce genre de comportements… Si vous arrivez à mettre la main sur des fascicules (… et pensez à en laisser aux autres…) ça vaut le coup pour découvrir des productions inconnues. Il y a de tout, du blockbuster comme des trucs assez confidentiels, comme la participation de l’éditeur jeunesse Kinaye (partenaire de ce blog) cette année.


Urban comics, l’éditeur de DC en France, a sorti en même temps une excellente initiative (qui est partie comme des petits pains. En format réduit, broché, à ce prix là vous pourrez emmener à la plage le top de l’éditeur et je confirme que c’est un vrai must-have qui est proposé! Malheureusement… je n’ai pas réussi à mettre la main dessus après passage dans trois librairies… Est-ce que l’éditeur a vu trop court ou les librairies ont-ils été frileux à faire du stocke avant l’été après un Covid qui a dilué leur trésorerie? Étant donné le prix et la qualité impériale de ces albums il était très prévisible que cette opération soit un carton…

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48H BD

Les 48h BD c’est une sélection d’albums très bien vendus par certains éditeurs et que vous pourrez découvrir pour 2€. L’opération est passée mais généralement il reste un stock d’albums pendant plusieurs semaines. Les éditeurs sélectionnent logiquement des débuts de série pour vous donner envie de continuer. Pour ceux que j’ai lu, Gung-ho, Radiant et Ira dei sont d’excellentes séries que vous pouvez tester sans risque d’être déçus.

Les 48hBD auront bien lieu... en juillet ! - ActuaBD

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***·****·BD·Edition·Nouveau !·Rapidos

Festival des gazettes#2: Le Château des étoiles/La Gazette du Château

La BD!

Je suis un grand fan des éditions au format Gazette (vous pouvez retrouver sur le blog la quasi intégralité des épisodes du Château des étoiles, du Château des animaux et du Sang des Cerises de Bourgeon). Cette année marque un changement important pour deux d’entre elles. La périodicité, pour la série star de Delep et Dorison (qui a raflé plusieurs prix cette fin/début d’année), avec un retour à la normale après une parution chaotique des épisodes du premier volume. Et l’arrivée d’une série parallèle pour le Château des étoiles, scénarisée par un Alain Ayroles qu’on a adoré sur le scénario des Indes Fourbes. Si vous ne connaissiez pas ces éditions il est toujours temps d’embarquer sur ces très grands formats agrémentés de rédactionnels immersifs très réussis

  • Le château des étoiles #13: Terres interdites, suivi de Les chimères de vénus 1/5. Parution mensuelle.

Edition « interplanétaire » regroupant Le château des étoiles et Les chimères de vénus.

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Je ne tarie pas d’éloges sur les éditions Rue de sèvres qui font un formidable boulot depuis quelques années. Une fois n’est pas coutume l’augmentation ni vu ni connu des gazettes de cinquante centimes ne fait pas plaisir. On me dira que la pagination augmente avec l’arrivée de deux histoires dans chaque fournée mais bon…

La guerre contre les martiaux bat désormais son plein avec un corps expéditionnaire prussien qui fait des ravages sur une population dotée de pouvoirs psychiques mais pacifiste. Les propriétés physiques de la planète et de l’Ether contrecarrent cependant les plans des allemands dont certains commencent à douter de l’honnêteté des objectifs du régime. La migration vers le pôle continue et l’on nous reparle du Château des étoiles du roi… Pendant ce temps sur Terre les capitalistes français préparent la colonisation de Vénus, où la Nature reste relativement indomptable… Si la BD d’Alice continue son bonhomme de chemin, la nouvelle venue change assez franchement et le ton et le graphisme pour se tourner vers un style très proche du design des films d’animation Disney. Pas forcément ce que je préfère mais ça reste agréable à lire et très bien écrit en permettant une respiration par le changement de camp (partie de France, la série est depuis restée très centrée sur le monde germanique) et de thématiques. Plutot un bon point pour cette série dérivée et le format gazette permet de limiter de risque d’une série parallèle, toujours dangereuse à lancer.

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  • La gazette du château #4 (3° année, janvier 2020) – Parution trimestrielle:

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A l’inverse du précédent, celui des animaux baisse de cinquante centimes avec une baisse de pagination… Les voies de l’édition sont décidément impénétrables. Le seuil de 3€ pour 1/3 d’album non relié me semble un ratio à ne pas dépasser. Cette nouvelle année Casterman ne s’engage pas sur une périodicité de sa gazette, échaudé par un très gros retard sur les précédentes. Vu le rendu final de Delep on serait malhonnêtes de râler et je pense que cette solution est plus sage et plus rassurante pour tout le monde. Le prochain épisode est néanmoins annoncé pour mai.

On retrouve donc Misse B et ses amis lapin et rat à la tête d’une révolte qui a bien ébranlé l’assurance du pouvoir dictatorial du président Silvio. L’hiver arrive et passé l’effet de surprise, il devient nécessaire de convaincre les animaux du pouvoir de la non-violence et d’actions des plus intelligentes…. Si les rédactionnels de la première saison étaient très agréables à lire, je trouve que l’esprit « propagande années trente » perd l’effet nouveauté et tourne un peu en rond avec une simple reprise textuelle de ce qui se passe dans l’album. IL serait bien que les auteurs développent le background, le hors-champ afin que cette édition enrichisse vraiment la série. En attendant c’est toujours aussi (plus?) magnifique, notamment dans la gestion des couleurs et textures. Delep est un véritable virtuose, les textes de Dorison font mouche et on est toujours happés par cette série qui se révèle ici une suite quasi officielle de la Ferme des animaux. On se demandait, c’est confirmé!

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Actualité·BD·Edition

Actu: grève des auteurs BD à Angoulême

Actu

Le quarante-septième festival international de la BD d’Angoulême s’est clôturé hier et l’on peut dire que cette année a été historique par l’irruption du mouvement de contestation des auteurs dans ce grand événement médiatisé. Ceux qui suivent l’actualité littéraire savent que depuis plusieurs années la profession s’organise pour faire remonter des revendications argumentées auprès des décideurs et assumer un bras de fer avec des éditeurs dont le secteur économique se concentre chaque année plus avant. Ainsi, outre les tribunes (notamment celle, remarquée, du directeur artistique du festival), un « débrayage » a eu lieu samedi avec une manifestation très remarquée. Sur les Résultat de recherche d'images pour "manifestations auteurs angoulême""réseaux sociaux certains festivaliers s’agacent de ce mode d’action… je ne ne peux pour ma part que constater la conjonction d’une grogne nationale de plus en plus visible et radicale et de mouvements (comme celui des auteurs, mais c’est loin d’être la seule profession dans ce cas) voyant leur situation devenir de plus en plus précaire. Il est très compliqué de savoir la réalité, tant les situations sont diverses, la pudeur (ou le mensonge) des uns et des autres (auteurs, éditeurs) n’aidant pas à savoir qui touche quoi. Le grand public ne peux que regarder les phénoménaux chiffres de vente des grandes séries en imaginant difficilement que même sur une logique de « ruissellement » les auteurs n’en bénéficient pas. Le problème c’est que la profusion de sorties entraîne, ce n’est pas nouveau), une baisse des tirages, des ventes par album et mécaniquement une concentration des achats sur les grosses séries. Dans un modèle libéral (littéralement « non réglementé »), comme dans tous les autres secteurs, un oligopole économique débouche sur l’enrichissement de ceux qui vendent déjà bien et un appauvrissement d’une majorité. Se pose alors la question du rôle des éditeurs.Renaud Scheidt

La tribune du directeur du festival pointe des éléments intéressants que je rejoins (à mon très modeste niveau) en notant seulement un angle mort, celui de la lecture numérique. Adepte de ce type de lecture via la plateforme Iznéo (vrai modèle économique vertueux s’apparentant à l’idée d’une licence globale) pour des raisons très pratiques, je constate que ce mode de lecture plait et marche sans doute bien mieux que celui de la lecture de romans dont les éditeurs n’ont jamais voulu et qui reste à des tarifs incompréhensibles au regard du papier. J’imagine que les éditeurs objecteront que les chiffres de consommation du numérique sont sans commune mesure avec ceux du papier, mais entre l’amélioration des coûts d’impression (très attentif à la fabrication des ouvrages je remarque que nombre d’éditeurs, pas toujours gros, tirent en Europe si ce n’est en France), les ventes numériques et les chiffres globaux, la question de leur stratégie se pose. Depuis plus de dix ans l’édition française est tirée par la BD. Avec cet afflux d’argent, un éditeur doit-il fournir au lecteur ce qu’il demande ou lui proposer des nouveautés? Jamais autant de séries commerciales n’ont vu le jour (entre les séries soleil, les labels Luc Ferry ouvrant les portes de l’Education Nationale et les séries thématiques), ce qui signifie qu’elles vendent bien. Sans juger de la qualité artistique, on peut bien parler de commercial. Si le réseau d’éditeurs doit permettre l’expérimentation et l’émergence de jeunes (souvent chez de petits éditeurs avant de monter), je pense que l’éditeur a un rôle à jouer sur l’orientation des financements, vers un plus petit nombre d’albums sortis afin de consolider la rémunération des artistes. Ce qui posera la question à la corporation de la difficulté pour un jeune à commencer une carrière. Il semble compliqué (hormis à subventionner massivement, ce qui est plus ou moins demandé par certains acteurs) d’avoir et l’un et l’autre. Boris Golzio

Au-delà de la question, technique, des retraites d’une profession indépendante fragile (sujet qui rejoint la question générale de la réforme du gouvernement), le mode de rémunération est le sujet discuté par la profession et sur lequel on n’a que peu entendu les grande éditeurs, hormis à pousser des cris d’orfraie en disant qu’ils ne veulent pas financer seuls… comme tout patron qui se respecte. La question de la rémunération de la présence des auteurs en salons est réelle: si l’on considère que c’est l’auteur qui fait venir le public et non l’éditeur, les ventes réalisées sur le salon se font sur une personne présente bénévolement. Cela semble aberrant et assez simple à régler. Pour peu qu’un rapport de force soit installé. D’où la grève des auteurs. La boucle est bouclée… On imagine mal ce gouvernement imposer au patronat (pas plus à celui de la BD que de l’industrie) un tel financement. L’idée d’un paiement des dédicaces sur le modèle américain reviendrait à taper un lectorat qui peut effectivement assumer cela mais au risque de voir baisser sa capacité d’achat. Ce serait une fausse solution qui aurait pour seul mérite de sortir les éditeurs de l’équation… ce qui peut paraître pour le moins décalé. L’Etat a comme toujours un rôle à jouer, sur la fiscalité des rémunérations annexes par exemple. Mais la balle me semble bien dans le camp des éditeurs qui doivent lâcher du leste pour retrouver un équilibre économique et artistique.Witko

Dans cette histoire le lecteur de BD a un rôle, celui d’être vigilant et d’accompagner tout ce qui déconcentre l’édition, notamment les financements participatifs et s’interroger sur l’assistance à la prolongation de séries qui ne durent que par l’apport d’argent qu’elles engendrent en provoquant des aberrations de plus en plus fréquentes d’albums qui n’auraient jamais du voir le jour. L’article pointe également la baisse des ventes de frano-belge et la hausse des deux autres secteurs, ce qui ne m’étonne en rien. Dans mon activité de blogueur j’ai très souvent lu des avis de lecteurs trouvant tel album (les Indes Fourbes pour ne pas le nommer) ou la BD franco-belge en général trop chère. J’ai toujours trouvé cela surprenant de la part de lecteurs qui achètent des séries souvent longues à 7-9€ l’album. Je comprend l’argument prix/page mais si chacun peut préférer la BD japonaise, américaine ou franco-belge, je trouve l’argument financier un peu léger (n’hésitez pas à m’interpeller en commentaires si vous vous sentez concerné, ça m’intéresse!). Ainsi le consommateur de BD (je sais c’est un gros mot mais c’est une réalité que je m’applique…) doit être conscient de son rôle comme acteur économique. Leurs achats permettent surtout à de petits éditeurs d’apparaître avec un budget léger reposant sur le seul achat de licences étrangères. Editeurs qui sont la plupart du temps rachetés assez vite par un gros… Voici donc une conclusion inattendue à ce billet d’actu: j’invite tous les lecteurs de comics et de manga à s’intéresser à la BD franco-belge dans laquelle ils trouveront des choses fabuleuses et souvent très proches de ce qu’ils connaissent.

Voir le site sur l’année de la Bande décimée.

Pour finir sur une note plus artistique, je vous colle ci-dessous le palmarès de l’édition 2020 du festival:

Découvrez le palmarès 2020 !

BD·Edition

Les financements participatifs en BD

ActuA l’heure où les réseaux sociaux et internet en général bruissent autour des problématiques de droit d’auteur, de surproduction du livre alors même que la BD est (depuis des années maintenant) un secteur moteur  de l’Edition, les projets de financement participatif se multiplient, à mon grand plaisir. Ce système est à mon sens une des incarnations du renouveau démocratique du système capitaliste dans lequel nous nous mouvons et une des avancées majeures permises par internet. Pour ceux qui ne connaissent pas ce que les anglo-saxons appellent « crowdfunding », il s’agit ni plus ni moins de couper court à tout intermédiaire (ou presque) en lançant (pour un auteur, pour un petit éditeur, pour un projet spécifique) un appel à financement directement auprès des clients. C’est la base du système boursier en quelque sorte mais revenu à une taille maîtrisable et limitée par des participations indiquées en différentes catégories.

Les plateformes de financement participatif sont nombreuses: le porteur du projet pose un délai pour atteindre un objectif financier, avec des paliers de participation liés à des récompenses. C’est là où c’est le plus intéressant car cela permet d’aller généralement pour un album BD de la cotisation minimum avec le pdf de l’album à la plus classique 1 album + son nom dedans etc, jusqu’aux paliers collector incluant des bisous de l’auteur, un carambar dédicacé et que sais-je autres joyeusetés. Surtout le projet prévoit généralement une montée en gamme pour le produit proposé, avec une qualité de papier, vernis sélectif, fourreau etc selon que l’on atteint 150%, 200%, … Ceci permet d’impliquer tout le monde sans distinguer les gros contributeurs des petits puisqu’au final tout le monde aura un produit plus ou moins qualitatif selon le nombre de participants.

Capture.PNGPar exemple le projet d’art-book de Pierre-Mony Chan, très talentueux dessinateur de la série Cross-Fire dons les expériences avec ses éditeurs ont été difficiles et qui a atteint 1106% lors de sa clôture. Visiblement l’auteur avait anticipé le succès et les incertitudes portaient surtout sur la qualité finale du package. S’il permet de financer en totalité de beaux projets, le financement participatif implique aussi pour le porteur de réaliser toute la fabrication des fichiers et la recherche d’imprimeur… ce qui semble du reste être le lot de la plupart des auteurs de BD et qui peut les pousser à se passer d’un éditeur.

Mon chouchou Ronan Toulhoat, pourtant bon vendeur de séries grand public, passé sans difficultés d’Akileos, petit éditeur qui l’a lancé et a vu sa notoriété monter grâce à Block 109 ou le Roy des Ribauds chez Dargaud, a lancé un projet perso d’artbook sur le thème du western, auquel j’ai participé. Il n’a franchi que le second palier sur quatre, ce qui exclue l’impression améliorée. Tant pis… La page du projet permet en outre un véritable échange et work in progress  avec un artiste et nous donne à voir les étapes d’un travail qui habituellement est dans l’ombre jusqu’à l’arrivée en librairie.Capture du 2019-07-24 18-25-09.pngL’éditeur Sandawe a fonctionné pendant dix ans sur ce principe, proposant des projets d’auteurs que les « édinautes » finançaient, ce qui permettait de déterminer quel projet allait aboutir ou non. Plus que du financement participatif il s’agissait d’une formule mixte de co-édition avec les acheteurs finaux. D’excellentes séries comme Dessous ou Sara Lone ont ainsi vu le jour et permis à des auteurs de naître sur le marché très concurrentiel de la BD. L’éditeur a malheureusement cessé son activité au printemps dernier sans que cela ne remette pourtant en question la viabilité de ce modèle.

Plus récemment l’éditeur Kamiti (qui est mon partenaire sur le blog et dont les projets sont remarquablement variés et matures) a lancé un financement sur la plateforme Ulule afin de minimiser ses risques sur le tome 2 de l’ambitieuse série SF Red Sun dont le premier volume m’avait fait très bonne impression. Dessinée par la « débutante » et pourtant très impressionnante Alessandra de Bernardis  et scénarisée par Stephane Louis (auteur de nombreuses BD SF et d’aventure chez Soleil-Delcourt notamment) la série a son prochain tome (à paraître en 2020) garanti avec déjà 150% atteints mais je vous invite à y participer pour découvrir cette BD soutenir l’initiative d’un petit éditeur qui peine à voir ses albums placés sur les présentoirs des librairies face au renouvellement incessant des gros catalogues d’éditeurs…

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J’ai constaté que auteurs comme éditeurs semblent particulièrement attirés par cette formule pour les art-book, ce qui semble logique étant donné le marché de niche que cela représente et le caractère relation-fans que le processus enclenche autour d’un objet justement destiné aux personnes particulièrement amatrices d’un dessinateur.

A noter que le blogueur Yradon soutient une grande quantité de projets et en parle régulièrement sur son blog dans une rubrique dédiée. Je suis impressionné par son activisme et trouve formidable que la blogosphère puisse ainsi aider le travail artisanal à petite échelle par des passionnés et pour des passionnés! Maintenant vous savez ce qu’il vous reste à faire…

Actualité·Bilan·Edition·Littérature·Numérique

Amazon et les librairies

ActuUne fois n’est pas coutume je vous propose un billet de fonds sur le problème de la librairie et globalement du marché de la création graphique, avec chaque fois depuis pas mal d’années maintenant un acteur majeur (… titanesque) au cœur d’à peu près tous les débats au point d’empêcher de réfléchir: Amazon.

Comme bibliothécaire je connais bien le sujet des acteurs du numérique et de la diffusion du contenu sur internet. Depuis que je bosses  le grand méchant loup Google est montré du doigt par-ce que vous allez voir quand il sera tout seul il passera tout payant et ce sera l’horreur et on sera tous clients et les créateurs n’auront plus un rond etc. En attendant, sans être naïf sur la nature de l’ogre en question, je constate que hormis sur la question environnementale (et fiscale) avec ses fermes de serveurs qui font fondre la glace du pôle, Google a basé depuis le début son modèle économique sur la semi-gratuité et surtout l’omniprésence quel qu’en soit le coût pour lui. Il veut être indispensable et l’est devenu. En attendant il numérise à tour de bras, crée des bibliothèques numériques, des musées, des planisphères à la puissance dingue et tout ça gratuitement pour le commun des mortels (ou pour les Etats). Je ne parlerais pas des revenus qu’il génère sur les données personnelles, c’est un autre débat.Résultat de recherche d'images pour "usine amazon"

Amazon en revanche est ce qu’on peut appeler un vampire. Même objectif (être omniprésent), sauf qu’en matière de nuisance, en France on a des librairies, on est très attachés au livre papier et Amazon tue les librairies. Blam, c’est envoyé… mais plus précisément? On a régulièrement des appels de libraires ou de membres du gouvernement qui crient au loup contre le grand méchant Amazon. Alors oui c’est vrai Amazon bouffe les parts de marché des petits libraires. La librairie est un secteur difficile avec de très petites marges qui créent une vulnérabilité très grande aux aléas économiques. Mais la librairie est aussi une entreprise avec les impératifs de gestion et son insertion dans la loi de l’offre et de la demande. Historiquement très soutenu par les pouvoirs publics, ce secteur a un statut à part qui pose question: est-il public ou privé?

Premier élément: la loi. La France a une relation particulière au livre depuis la loi fondatrice de Jack Lang sur le prix unique qui interdit toute concurrence tarifaire et oblige Amazon ou Carrefour à vendre au même prix que La Librairie de la fontaine de votre commune. Sauf que la loi ça doit évoluer car la société évolue et se créent des fissures dans lesquelles s’engouffrent allègrement les vampires. Exemples: lorsque Amazon vend un petit classique comme Phèdre à 2.50€ avec frais de port gratuit, qui peut croire qu’il ne s’agit pas de vente à perte? Amazon n’est pas en cause, c’est un vampire et la nature du vampire est de se nourrir. En revanche comment se fait-il qu’aucune administration ne retape le vendeur pour non respect de la loi? Or on touche là le cœur du problème puisque le jour où les frais de port seront payants sur Amazon, personne n’aura plus d’intérêt à acheter sur Amazon que chez le libraire du coin… pour peu que ce dernier fasses le job.

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Ensuite la plateforme. Cela fait plusieurs années que des initiatives appuyées par le ministère sont lancées pour mutualiser les catalogues des petites librairies. Entre Chez mon libraire, feu 1001 libraires et le nouveau www.lalibrairie.com, l’idée est la même: mutualiser en permettant de récupérer gratuitement l’ouvrage chez son libraire de proximité. Malheureusement certains « détails » font tiquer, comme les délais réels de livraison, la limite du catalogue, absence d’appli, l’absence de remise ou carte de réduction (les fameux 5%). Considérant souvent que les consommateurs amoureux du livre doivent avoir une consommation solidaire et faire l’effort, ils oublient qu’il s’agit d’un secteur concurrentiel et qu’ils doivent apporter une plus-value… pourtant évidente par rapport à des plateformes numériques comme FNAC.com ou Amazon. La logistique ne devrait pas être un problème. Aujourd’hui un libraire doit être en mesure de fournir un ouvrage sous 7 jours maximum, fidéliser son client avec des remises et être capable de conseiller. Combien de fois me suis-je vu retourner un simple » je ne l’ai pas » en demandant une BD de plus de 2 ans…Résultat de recherche d'images pour "libraire sympa"

Enfin, vous, chers lecteurs! On parle souvent du pouvoir du consommateur pour faire changer les choses. J’y crois fermement et si on ne peut faire porter au seul acheteur la responsabilité de faire grossir Amazon, il a celle de s’interroger cinq secondes sur la nécessité de cliquer sur une commande Amazon. Personnellement j’utilise la plateforme comme panier permanent où je peux ajouter très rapidement des ouvrages que j’irais commander chez mon libraire réel. Les gros lecteurs ont souvent une PAL copieuse qui ne justifie pas un besoin de recevoir un ouvrage dans sa boite sous 24h. J’habite à la campagne mais peux aller régulièrement sur Lyon chercher ma liste de BD et je crois que c’est le cas de la majorité des lecteurs. On ne peut demander aux lecteur d’être tous des militants de la cause des librairies, mais une consommation raisonnable ne vous coûtera rien et participera à contrôler le vampire qui se joue allègrement du droit du travail et de l’impôt. Et puis si certaines librairies sont un peu feignantes, la majorité sont tenues par des passionnés qui se feront un plaisir de vous faire découvrir plein de trucs, par exemple de passer du Manga à la BD ou de Satrapi à Jim Lee…

Voilà, j’espère que je vous aurais convaincu à réfléchir sur votre « consommaction » et que vous retrouverez le plaisir d’aller papoter avec un libraire et y dénicher des achats imprévus! Par exemple ce que je vais vous faire découvrir dès samedi avec un nouveau Sushi & Baggles

BD·Edition·Graphismes

Interview: Bones

L’excellente découverte de la série Dessous que j’ai chroniqué mercredi m’a donné envie d’en savoir plus sur la fabrication d’un album en crowdfunding et sur son auteur, Frederic Bonnelais alias Bones. Ce dernier a gentiment accepté de répondre à quelques questions.

Bonjour et bravo pour votre série Dessous, dont le tome 2 viens de sortir, trois ans après le premier volume. Pouvez-vous nous présenter le parcours artistique qui vous a amené à cette édition participative chez Sandawe?

Bonjour, tout d’abord merci pour l’invitation. Mon parcours artistique est assez récent car, même si je dessine depuis que je suis en âge de tenir un crayon, mes divers essais pour percer dans la BD durant des années n’ont pas étés concluants. Je me suis donc tourné comme beaucoup vers un boulot alimentaire. J’ai travaillé comme bibliothécaire, vendeur en grands magasins, agent de voyage… rien de bien passionnant.

C’est lors du licenciement massif pour délocalisation dans la dernière boite dans laquelle j’ai bossé que j’ai de nouveau saisi ma chance. En effet, ils offraient quelques heureux avantages ainsi qu’une formation au choix pour reconversion professionnelle.

Je me suis donc inscrit à l’école Jean Trubert, à l’époque la seule école de BD sur Paris. La formation s’est déroulée sur une année très intensive avec au bout, l’obtention d’un diplôme (qui dans ce métier ne veux pas dire grand chose cela dit…).

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Durant cette année il fallait bosser un projet personnel à présenter en fin de cycle… Un projet présenté devant un parterre de professionnel. C’est là que j’ai développé Dessous. J’ai donc eu ce fameux diplôme en présentant Dessous.

L’image contient peut-être : dessinEn sortant de l’école j’ai tout de même repris tout ce que j’avais dessiné pour le remanier car je n’en étais pas satisfait. C’est au bout de quelques mois que je me suis décidé à envoyer le dossier un peu partout… j’ai essuyé beaucoup de refus (quand on prenait la peine de me répondre) et deux réponse positive.

L’une d’elle ne payait pas, ou très peu, l’autre, celle de Patrick Pinchart m’en offrait plus à condition que le financement se fasse. J’ai donc choisi l’option financement participatif.

Le financement s’est bien déroulé, on a mis un peu moins d’un an pour récolter la somme et j’ai pu enfin commencer le bouquin. Il m’a fallu un an et demi pour le faire, c’est long je le sais… mais pour ma défense je suis au scénario, au dessin et à la couleur, j’ai les trois casquettes.

Dessous s’insère très fort dans l’univers du Mythe de Ctulhu et graphiquement celui de Mignola. Quand avez-vous découvert l’un et l’autre et qu’est-ce qui vous a donné envie de proposer votre propre histoire dans ce genre?

Pour ce qui est de Lovecraft cela vient des parties de jeu de rôle de mon adolescence, c’est un univers que je j’affectionne particulièrement contrairement à l’Heroic Fantasy qui me gonfle passablement.

J’ai découvert Mignola et beaucoup d’autres lors des premières éditions françaises d’Hellboy, ça collait vraiment à ce que j’aimais. En revanche si le graphisme de Mike me hante encore, il y a des choses qui m’ont marquées plus durablement comme La Ligue de Gentlemen extraordinaires de Moore et O’Neill et La Brigade Chimérique de Lehman et Gess.

La série est-elle prévue en 3 volumes dès l’origine?

J’ai pensé Dessous comme une trilogie dès le départ, mais c’était assez chaud de lancer le crowdfunding d’une série de trois tomes comme ça. J’ai donc fait en sorte que le premier tome puisse se lire seul. Quand nous avons constaté que le financement du premier tome marchait bien on a pu lancer la suite.

 

Votre style est très particulier. Travaillez-vous en numérique ou « à l’ancienne » et quelles sont vos influences graphiques ?

Je fais mes planches à l’ancienne, sur du lavis technique 300g, je les scan ensuite pour bosser la couleur sur photoshop.

Mes influences graphiques sont Mignola (évidement), Kevin O’ Neill, Miller, Gess, Andreas, Bonin… Il y en a d’autres mais ce serait long de tous les énumérer.

Story board / Planche definitive

Quelle a été la part de l’éditeur sur la fabrication ?

Chez Sandawe j’ai eu une liberté totale de conception, jamais Patrick n’est intervenu pour me faire retoucher, par exemple, le scénario ou changer la couverture. En revanche, une fois tous les éléments en main, ils font le boulot d’un éditeur normal. Les planches, la couverture et tout le matériel sont envoyés à des graphistes qui s’occupent de la mise en page avant impression.

Avez-vous d’autres projets et pensez-vous tenter l’aventure d’un éditeur plus classique ou cette formule crowdfunding vous convient-elle?

Dessous. : ...J’ai un projet avec un ami scénariste (toujours dans une veine comics) que nous aimerions placer chez un éditeur plus classique, oui. Non pas que je sois insatisfait de Sandawe. Ils sont tous adorables et abattent un travail monstrueux mais, c’est une petite structure, un petit éditeur et j’ai l’impression qu’ils ne sont pas pris au sérieux par la diffusion ou même certains libraires. Et puis, il faut avouer qu’animer le financement de ses bouquins durant des années est assez éreintant… J’aimerais donc voir comment ça se passe ailleurs.

Concernant les spécificités du Crowdfunding et se ses paliers, quels sont vos échanges avec les édinautes? Qui de vous ou de l’éditeur propose les bonus et à quel moment de la production les réalisez-vous?

Les échanges avec les édinautes sont bons et même plutôt sympas… j’en connais même pas mal « pour de vrai » maintenant.

Concernant les bonus, c’est un peu 50/50… certains sont proposés par l’éditeur, d’autres, comme le carnet de croquis ou le mini comics, sont des idées qui m’appartiennent.

La réalisation des contreparties se fait en parallèle à celle de l’album… du moins pour ma part car chacun fonctionne comme il le souhaite du moment que c’est fini à temps pour l’envoi des colis. Ça me fait penser que j’ai encore quatre dessins à réaliser et envoyer à des édinautes.

Le tome 3 est-il déjà avancé et avez-vous une idée de la période de sortie (Sandawe annonce la parution comme garantie)? Aura-t’il la même pagination?

Je n’en suis qu’à l’étape du storyboard qui devrait être terminé d’ici un mois et demi. L’album fera exactement le même nombre de pages et à ce stade je ne sais pas encore quand il sortira… Quelque part en 2020 très certainement. La parution était garantie une fois les 75% atteints, c’était une règle qui a maintenant disparue.L’image contient peut-être : texte

Enfin j’ai vu passer la couverture d’une histoire bonus sur Bär, en collaboration. Pouvez-vous nous en dire plus?

L’image contient peut-être : texteC’est l’une des contreparties. Cette toute petite histoire est axée sur l’Allemand Bär. Dedans on en sait un peu plus sur le pourquoi de son bras armé et d’où il connaît Andreas, en gros c’est une toute petite « origine story » qui fait prélude à La Montagne Des Morts.

Xavier Henrion est l’auteur de Toxic Boy (aussi sur Sandawe), série que je vous encourage à lire aussi, c’est bien barré! Il se trouve qu’on s’entend plutôt bien et que je voulais bosser avec lui. Je lui ai d’abord proposé un western post apocalyptique, sur lequel on est toujours, bien qu’il soit en stand-by. En attendant et en guise d’essai je lui ai demandé s’il voulait bien se charger de cette petite histoire et il a accepté. Le résultat est super intéressant et à des années lumière de ce que je fais, c’était tout l’intérêt de l’exercice et il s’en est tiré à merveille. Je me suis ensuite chargé des couleurs et de la mise en page du comics.

Ce petit bouquin a été tiré à très peu d’exemplaires, j’en aurai quelques-uns dans certains festivals, ça va partir très vite et il ne sera jamais réimprimé, du moins sous cette forme.

Merci beaucoup pour toutes ces informations et j’invite vivement les lecteurs à plonger dans cette trilogie d’horreur hautement graphique!